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Un grand gain — 1 Tim. 6:6

 

Paul Fuzier

ME 1966 p. 309-313

 

Table des matières :

1     Le lien entre le contentement et la piété

2     Le cas d’Israël de l’Ancien Testament

3     Forcer les circonstances ? Dépendance du Seigneur

4     Content dans les circonstances où l’on se trouve. Exercice de la piété

 

1                    Le lien entre le contentement et la piété

La piété et le contentement ! L’un nous manque souvent tout autant que l’autre et cela parce que nous nous laissons gagner par l’esprit de ce siècle, fortement marqué d’impiété et d’insatisfaction. Tant de fois notre seule volonté propre est en jeu pour accomplir tel acte, choisir telle voie, parce que nous ne cultivons pas assez ces heureux rapports de crainte et de confiance de l’âme avec Dieu, combien nécessaires pour que nous puissions jouir vraiment de son amour et de sa grâce, cette grâce qui nous enseigne à « renier l’impiété et les convoitises mondaines » et à « vivre dans le présent siècle sobrement, et justement, et pieusement » (Tite 2:12). Quand, jetant un regard en arrière, nous considérons ce qu’a été le christianisme de tant de croyants fidèles, avec leurs faiblesses sans doute mais attachés de cœur au Seigneur, avançant à genoux, nourris de la Parole, « lampe à leur pied » et « lumière à leur sentier » (cf. Ps. 119:105), nous devons confesser avec humiliation le déclin de la piété. Elle a fléchi dans nos maisons tout autant que dans nos vies individuelles et cela explique, en grande partie, l’affaiblissement du niveau spirituel dans les assemblées et tant de circonstances profondément douloureuses sur lesquelles nous gémissons !

Ne soyons donc pas surpris que l’on trouve si peu de croyants vraiment heureux, satisfaits de leur sort, « contents de ce qu’ils ont présentement » et pouvant dire comme le parfait Serviteur parlant par l’Esprit prophétique : « Les cordeaux sont tombés pour moi en des lieux agréables » (Héb. 13:5 ; Ps. 16:6). Cela n’a rien de surprenant car les deux sont étroitement liés : seule une vie de piété nous procurera le contentement d’esprit qui devrait toujours nous caractériser. Chose frappante, mais nullement étonnante, les croyants les plus heureux que l’on est amené à rencontrer sont généralement ceux dont les circonstances extérieures sont éprouvantes à un très haut degré ; ce sont ceux qui au travers d’un chemin difficile ont quelque peu appris, comme Paul autrefois, à être « contents en eux-mêmes dans les circonstances où ils se trouvent » (cf. Phil. 4:11). Ce qui nous montre bien que le secret du contentement n’est pas dans les circonstances mais dans l’état de nos cœurs et de nos âmes. Murmures et insatisfaction témoignent d’un état intérieur auquel il convient d’apporter les remèdes propres à faire trouver ou retrouver la crainte de Dieu, la confiance en Lui, la communion intime avec le Seigneur.

 

2                    Le cas d’Israël de l’Ancien Testament

L’Écriture retrace l’histoire d’Israël en Égypte, dans le désert et en Canaan, histoire qui illustre trois conditions différentes du croyant ici-bas. Certains se débattent encore en Égypte, nous voulons dire dans le monde ; ils ne peuvent pas y être vraiment heureux même s’ils y prospèrent matériellement. D’autres ne connaissent pas autre chose que le désert, un lieu où le peuple a souvent murmuré — l’Écriture ne nous rapporte que deux circonstances où nous le voyons chanter un cantique, tout au début et à la fin de son voyage (cf. Ex. 15 et Nomb. 21) — et partout, l’Éternel a-t-Il jamais manqué ? Ni la manne, ni l’eau du rocher n’ont fait défaut, leur vêtement ne s’est pas usé pendant ces quarante années (cf. Deut. 8:3, 4 ; Néhémie 9:20, 21). Et en dépit de tant de bontés renouvelées jour après jour, ce peuple n’a été caractérisé ni par le « contentement » ni par la « piété » : il a murmuré, il a été un peuple « de col roide » et Amos 5:25, 26 nous dit jusqu’où il a été dans son impiété. Néhémie 9, le Psaume 106 retracent sa douloureuse histoire. Mais cette histoire ne parle-t-elle pas à nos consciences, à nos cœurs aussi ?

 

3                    Forcer les circonstances ? Dépendance du Seigneur

L’insatisfaction peut avoir certaines conséquences sur lesquelles il est utile d’arrêter notre attention. Un croyant mécontent de sa condition présente est souvent tenté de forcer les circonstances afin de les disposer à son gré au lieu de les accepter telles que Dieu a trouvé bon de les envoyer. Le cœur naturel n’est jamais satisfait, c’est pourquoi il court toujours à la recherche de ce qui lui semble meilleur, à la poursuite de ce qu’il convoite, ayant sans cesse de nouveaux désirs lorsqu’il a pu satisfaire en partie au moins les premiers. Plus que jamais l’insatisfaction caractérise les hommes de ce monde, elle est d’ailleurs entretenue par maints organismes dont c’est au fond la raison d’être : ils s’efforcent d’obtenir quelques avantages nouveaux pour leurs adhérents et cesseraient d’exister si un jour ces derniers estimaient n’avoir plus rien à demander ; il est donc nécessaire d’entretenir leur insatisfaction. Disons, par parenthèse, que c’est là une des raisons pour lesquelles le croyant fidèle se tient à l’écart de telles organisations, pour autant que cela dépend de lui. — Il peut arriver aussi, et c’est sans doute plus grave encore, que quelqu’un cherche à forcer non pas ses propres circonstances mais celles d’autres croyants, parents ou amis, les incitant à changer de situation, de résidence, de conditions de vie, afin de les avoir plus près de soi ou pour toute autre raison, au lieu de les exhorter et de les encourager à réaliser « la piété avec le contentement » là où le Seigneur a trouvé bon de les placer et avec ce qu’il a voulu leur donner. Combien il est sérieux d’engager un croyant à quitter en fait le chemin du Seigneur, surtout quand il est manifeste qu’il s’y trouve effectivement, pour l’amener sous les raisons les plus diverses à suivre une autre voie ! Les conséquences peuvent en être très graves pour un foyer chrétien et la condition spirituelle de ceux qui devant Dieu ont seuls la responsabilité de leur propre vie de famille peut s’en trouver compromise. N’y a-t-il pas là au fond nu certain manque de soumission à la volonté divine l’absence de ce « contentement » qui nous fait accepter avec joie et reconnaissance les circonstances du chemin, telles que Dieu a voulu les disposer pour nous et pour ceux que nous aimons, et qui nous rend heureux dans ces circonstances mêmes ?

 

4                    Content dans les circonstances où l’on se trouve. Exercice de la piété

Être « content en soi-même dans les circonstances où l’on se trouve », quelle précieuse part ! C’était celle de Paul, et pourtant qui a connu comme lui des circonstances difficiles et éprouvantes ? Elles l’étaient au plus haut point quand il écrivait son épître aux Philippiens, mais il ne demande pas qu’elles soient changées, il les accepte dans une heureuse soumission à la volonté divine, réalisant que « la piété avec le contentement est un grand gain ». Puissions-nous le réaliser aussi, quelle que soit l’aridité du désert — n’oubliant jamais que le « contentement » est « en soi-même » et non dans les circonstances, que le mécontentement a sa source non dans les circonstances mais dans l’état de notre cœur — jouissant déjà par la foi de notre part en Christ dans les lieux célestes. Israël entré en Canaan en avait fini avec l’Égypte et le désert, il pouvait alors habiter le « pays ruisselant de lait et de miel » ; c’est l’image de la condition d’un croyant qui, bien qu’encore dans le désert, peut jouir de la Canaan céleste et goûter déjà quelque chose de ce qui sera notre part éternelle. Pour connaître une telle condition spirituelle, retenons l’exhortation de l’apôtre à Timothée son « véritable enfant dans la foi » : « Exerce-toi toi-même à la piété... ». Il y faut en effet une application, un exercice constant — le « mystère », ou le secret en est la connaissance de Dieu révélé en Christ (cf. 1 Tim. 3:16) — et il en vaut bien la peine car « la piété est utile à toutes choses, ayant la promesse de la vie présente et de la vie qui est à venir » (1 Tim. 4:7, 8). Avec une telle Personne, avec une telle promesse, nos cœurs ne seraient-ils pas satisfaits ? Que nous faudrait-il de plus ?