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CROÎTRE DANS SA CONNAISSANCE

 

Paul Fuzier

Les sous-titres ont été ajoutés par Bibliquest ; ME 1944 p. 283

Table des matières :

1     L’aspiration de l’apôtre Paul : connaître Christ

2     Croître dans la connaissance de Christ : Exhortations et progrès de Pierre

2.1      Luc 5:1-11 — Pierre découvre le Sauveur

2.2      Matthieu 14 — Pierre et la puissance d’amour du Seigneur et Sauveur

2.3      Matthieu 16 — Pierre et le Seigneur comme Fils de Dieu

2.4      Matthieu 17 — Pierre et la communion avec le Père au sujet du Fils

2.5      Matthieu 17 — Pierre associé au Seigneur comme fils

2.6      Luc 22 et Jean 13 — Pierre et le Seigneur comme Souverain sacrificateur

2.7      Jean 21 — Pierre et le Seigneur qui restaure et prépare au service

3     Notre croissance dans la connaissance de Christ

3.1      Au travers des circonstances

3.2      Au travers des Écritures

3.3      Connaissance pratique de Christ

4     Résultat de la croissance dans la connaissance de Christ : Culte et adoration

 

 

 

Par grâce, il nous a été accordé de « discerner le Fils » et de croire en Lui. Nous avons ainsi la vie éternelle, c’est la volonté du Père ! (Jean 6:40). C’est ensuite le désir du cœur du Père de nous amener à fixer les yeux sur Jésus et à faire des progrès dans la connaissance de sa Personne.

 

1                        L’aspiration de l’apôtre Paul : connaître Christ

L’apôtre Paul exprime, dans l’épître aux Philippiens, ce à quoi aspire le chrétien : « Le connaître, Lui » (3:10). Il nous montre ce que doit être sa seule préoccupation : chercher à connaître Christ, fixer sur Lui ses regards, faire de Lui le seul objet de son cœur. Dans le chap. 8 de l’épître aux Romains, il définit la position du nouvel homme, il la rappelle dans le chap. 3 de l’épître aux Philippiens « trouvé en Lui » (v. 9), il nous expose en outre ce que doit être la marche pratique qui convient à un tel homme. Cette épître n’est cependant pas une théorie, la description d’une marche proposée, mais qu’il est plus ou moins difficile de réaliser : l’apôtre l’a réalisée lui-même. Et il faut bien remarquer que dans cette épître (comme aussi dans les deux épîtres aux Thessaloniciens et dans l’épître à Philémon) il ne prend pas le titre d’apôtre. Nous aurions pu penser, un effet, que seul un apôtre pouvait manifester de tels caractères dans la vie pratique. Mais non, c’est un croyant, un « esclave de Jésus Christ » qui est devant nous comme exemple de la vie d’un chrétien, nous présentant la marche d’un homme céleste à travers ce monde. Il nous dit quelle est sa position : en Christ — son objet : connaître Christ — son espérance : être rendu semblable à Christ. Notre position est parfaite en vertu de l’amour de la croix, notre espérance aura sa pleine réalisation : nous Lui serons semblables, car nous le verrons tel qu’Il est. Mais quel est notre seul objet : est-ce bien de connaître Christ ?

 

2                        Croître dans la connaissance de Christ : Exhortations et progrès de Pierre

Lorsque l’apôtre Pierre termine sa deuxième épître, il nous adresse cette exhortation : « Croissez dans la grâce et dans la connaissance de notre Seigneur et Sauveur Jésus Christ » (3:18). Ce sont ses dernières paroles, les dernières qui nous aient été conservées ! Nous avons tous le souvenir des dernières paroles qui nous ont été dites par des êtres chers, alors qu’ils arrivaient au bout de la course. Quel prix elles ont pour nous ! Elles sont ineffaçables de notre souvenir. Ne devrait-il pas en être de même pour celles qui nous ont été adressées par l’apôtre Pierre, alors que sa carrière était tout près de son terme ?

S’il peut ainsi nous exhorter à croître dans la grâce et dans la connaissance de Christ, s’il veut fixer dans notre pensée cette chose importante par-dessus tout, n’est-ce pas parce qu’il en avait réalisé lui-même toute la nécessité et toute la valeur ? Combien il est instructif de suivre les diverses étapes de la vie de l’apôtre, telles qu’elles nous sont retracées dans les Évangiles ! Nous y verrons quels progrès Pierre a été amené à faire dans la connaissance de la personne du Seigneur Jésus.

 

2.1   Luc 5:1-11 — Pierre découvre le Sauveur

Tout d’abord — et c’est bien par là qu’il faut commencer — il a appris à le connaître comme Sauveur. Tandis qu’il était occupé à laver ses filets, sur les rives du lac de Génésareth, le Seigneur monte dans sa nacelle et le prie, en premier lieu, de s’éloigner un peu de terre, puis, après qu’Il eût enseigné les foules, de « mener en pleine eau ». Là, Il va se révéler à Simon en même temps qu’Il l’amènera à se connaître lui-même. Cette double connaissance est exprimée dans les paroles prononcées aux genoux de Jésus : « Seigneur, retire-toi de moi ; car je suis un homme pécheur ». Le Seigneur ne se retirera pas. Bien au contraire, Il a une parole qui remplira de paix le cœur de Simon et apaisera sa conscience angoissée : « Ne crains pas... » Quelle connaissance que celle de la personne du Sauveur par une âme qui a été amenée au sentiment de son état de péché ! Elle nous conduit à tout quitter pour Le suivre. Le cœur a trouvé un objet ! (Luc 5:1-11).

Dans le chemin dans lequel Il nous engage ainsi à Sa suite, toutes nos circonstances seront dirigées par Lui pour nous faire progresser dans Sa connaissance. Ce fut le cas pour Pierre.

 

2.2   Matthieu 14 — Pierre et la puissance d’amour du Seigneur et Sauveur

Avec les autres disciples (Matt. 14), sur l’ordre du Seigneur, Pierre est monté dans une nacelle pour passer à l’autre rive. Mais le vent est contraire et la tempête fait rage. Lorsqu’à la quatrième veille de la nuit, Jésus vient vers eux, marchant sur la mer, ils sont troublés et disent : « C’est un fantôme ». Mais Jésus est là pour calmer les craintes et les angoisses des siens : « Ayez bon courage ; c’est moi, n’ayez point de peur ». Qu’il est doux de le connaître sous ce caractère ! Sympathie précieuse de son cœur toujours prêt à nous encourager par sa présence et à nous réconforter avec des paroles qui nous font du bien ! Pierre connaîtra plus encore que Sa sympathie : la puissance de Son bras ! Son désir est d’aller vers Jésus. Il est le but qu’il souhaite atteindre, car c’est vers Lui que son cœur est attiré. Et s’il y a des difficultés, il sait que sa parole est suffisante pour les vaincre : il a déjà expérimenté l’autorité de cette parole dans la scène de Luc 5:1-11. Aussi, il peut dire avec confiance : « Seigneur, si c’est Toi, commande-moi d’aller à Toi sur les eaux ». Quand le Seigneur a dit : viens ! Pierre quitte la nacelle — seul endroit d’apparente sécurité sur cette mer tourmentée — sans aucune crainte. Les yeux fixés sur Jésus, il a ainsi la puissance de marcher sur les eaux pour aller jusqu’à Lui. De même que lui, le croyant peut dominer les circonstances s’il sait détourner ses regards d’elles et les diriger vers Jésus seul. Pierre commence à enfoncer lorsqu’il regarde aux vents et à la mer. Quel avertissement pour nous ! Dans les difficultés, la seule chose à ne pas perdre de vue est précisément la seule que nous oublions : la puissance de notre Dieu. Mais au travers de notre faiblesse et de notre manque de foi, nous apprenons à connaître le Seigneur dans sa puissance et dans son amour — nous apprenons à le connaître comme Celui dont Darius pouvait dire : « Il sauve et Il délivre ! » (Daniel 6:27).

À l’appel de Pierre, Jésus « étendant la main le prit... » (Matt. 14:22-33). Il n’a eu qu’à étendre la main ! C’est donc que Pierre était tout près d’arriver : un instant de foi de plus et il n’aurait pas enfoncé. Regarderons-nous aux circonstances alors que nous sommes si près d’atteindre le but ? — quoiqu’il en soit, si notre faiblesse est grande, si notre foi est petite, si nous sommes souvent en danger de commencer à enfoncer, le Seigneur reste le même ! Il se fait connaître à nous comme le Sauveur toujours fidèle, prêt à nous secourir et à nous tirer hors des eaux.

 

2.3   Matthieu 16 — Pierre et le Seigneur comme Fils de Dieu

Une nouvelle circonstance (Matt. 16:13) permettra à Pierre de connaître le Seigneur Jésus sous un autre caractère : ce qu’Il est en lui-même, le Christ, le Fils du Dieu vivant. C’est le Père qui le lui a révélé et le Seigneur ajoute qu’Il est le fondement sur lequel l’assemblée sera bâtie. Bâtie sur ce roc, les portes du hadès ne prévaudront pas contre elle ! Le fondement de l’assemblée est dans le ciel, au-delà des portes du hadès, c’est ce qui lui donne son caractère céleste. Le croyant est une pierre de cet édifice.

 

2.4   Matthieu 17 — Pierre et la communion avec le Père au sujet du Fils

Sur la montagne de la transfiguration, Pierre fera de nouveaux progrès dans « la connaissance de notre Seigneur et Sauveur Jésus-Christ » : il le contemplera comme Celui qui est tout à la fois le centre de la gloire du ciel et le Fils bien-aimé du Père, objet de ses délices éternelles. Il verra alors où aboutit le chemin qui commence à la croix (Matt. 16:21-28). Il apprendra aussi, sur cette montagne, que des hommes sont associés au Fils de l’Homme dans sa gloire. Puis, dans la nuée, il se trouvera dans le lieu même de la communion — communion avec le Père au sujet de son Fils ! (Matt. 17:1-8).

 

2.5   Matthieu 17 — Pierre associé au Seigneur comme fils

Après que Pierre a répondu inconsidérément aux receveurs des didrachmes, le Seigneur 1’a amené à dire que les rois de la terre reçoivent des impôts des étrangers et non de leurs fils, Jésus ajoute : « Les fils en sont donc exempts. Mais afin que nous ne les scandalisions pas, va-t’en à la mer, jette un hameçon, et prends le premier poisson qui montera ; et quand tu lui auras ouvert la bouche, tu y trouveras un statère ; prends-le, et donne-le leur pour moi et pour toi ». Il associe Pierre à Lui-même dans sa position de fils ! (Matt. 17:24-27).

 

2.6   Luc 22 et Jean 13 — Pierre et le Seigneur comme Souverain sacrificateur

Plus tard, Pierre apprendra encore à connaître Christ comme souverain Sacrificateur, sous les deux grands aspects de Sa sacrificature : celle qu’Il exerce pour nous devant Dieu (Héb. 7:25) et celle en vertu de laquelle Il vient nous apporter le secours au moment opportun (Héb. 4:14-16). Le premier côté nous est présenté en Luc 22:31, 32. Pierre ne sait pas encore par quel chemin il aura à passer, mais le Seigneur le sait. À l’avance, Il a prié pour son disciple ! Nous ne savons pas non plus, bien souvent, quelles sont les circonstances qui seront devant nous, mais qu’il est précieux d’entendre le Seigneur nous dire à chacun : « J’ai prié pour toi ! » Heureux ceux qui le connaissent comme Celui qui intercède en leur faveur ! Il y a, dans sa sacrificature, ce précieux côté : au moment du besoin, Il vient au devant de nous pour nous secourir. Alors que Pierre aurait pu penser qu’il n’y avait plus pour lui aucune ressource, « le Seigneur se tournant regarda Pierre » (Luc 22:60-62). Quel regard ! N’était-ce pas là le secours dont il avait besoin ? Ce regard ne disait-il pas au disciple en chute : Tu vois, malgré tout, je t’aime encore, je t’aime toujours ! Aussi, la conscience exercée et labourée sans doute, mais assuré de l’amour de Jésus, Pierre pourra continuer tandis qu’est commencée en lui l’œuvre de la restauration.

Jean 13 nous montre également Pierre apprenant à connaître le Seigneur comme souverain sacrificateur, dans l’aspect secourable de sa sacrificature. Sur la montagne de la transfiguration, il avait été introduit dans le lieu même de la communion ; ici, il apprend ce qui est nécessaire pour en jouir, pour y être maintenu ou ramené : la sacrificature de Christ.

 

2.7   Jean 21 — Pierre et le Seigneur qui restaure et prépare au service

Et puis enfin, Jean 21 place devant nous deux scènes remarquables au cours desquelles Pierre va encore gravir quelques degrés dans la connaissance de la personne de Christ. Jésus est là Celui qui lui enseigne comment il pourra servir, de quelle nourriture il aura besoin pour le service — celle qu’Il a préparée pour lui ; Celui qui ensuite le restaure entièrement, lui confiant la nourriture des agneaux, la surveillance des brebis et la nourriture de tout le troupeau. Dans sa mort, il glorifiera Dieu (21:18, 19) : la gloire divine pourra être manifestée dans un vase brisé, n’ayant d’autre force que celle de Dieu et étant entré dans une connaissance toujours plus étendue de la personne de Christ.

Nous avons seulement retracé, à grands traits, quelques scènes de la vie de l’apôtre (dans sa première partie seulement) au cours desquelles il lui a été accordé de faire des progrès dans la connaissance du Seigneur — bien que sans doute il ne soit pas toujours entré dans la pleine compréhension des révélations qui lui étaient faites ; il ne put les saisir que plus tard, après le don du saint Esprit. Nous comprendrons mieux alors la portée de sa dernière exhortation : « Croissez dans la grâce et dans la connaissance de notre Seigneur et Sauveur Jésus Christ ».

 

3                        Notre croissance dans la connaissance de Christ

3.1   Au travers des circonstances

Nous traversons les uns et les autres des circonstances diverses. Les circonstances générales sont les mêmes pour tous — ce sont aujourd’hui des jours d’épreuve — puis il y a celles qui sont particulières à chacun. Nous sommes-nous demandé pourquoi Dieu les permet, et les dirige ainsi ? Certainement parce qu’Il veut les faire concourir à notre bien, en nous apprenant telle ou telle leçon dont nous avions besoin. Sans nul doute aussi parce qu’au travers de tout, Il veut nous faire faire des progrès dans la connaissance de Celui dont Il nous a fait don !

 

3.2   Au travers des Écritures

Il y a une double connaissance de Christ. Tout d’abord, celle que nous donnent les Écritures. C’est celle dans laquelle Marie était heureuse d’entrer : assise aux pieds de Jésus, elle écoutait sa parole. En l’écoutant, elle apprenait à mieux le connaître. Lisons beaucoup, lisons davantage les Écritures avec le désir d’y chercher Christ, de nous nourrir de Lui dans la Parole, de discerner ses gloires, ses beautés, ses perfections. Contemplons-le dans la Parole comme le Sauveur parfait de misérables pécheurs perdus, comme Celui qui veut secourir les siens en détresse, comme le Fils du Dieu vivant, le roc sur lequel est bâtie l’assemblée, comme le centre de la gloire du ciel, le Fils bien-aimé du Père, comme Celui qui a voulu nous associer à Lui dès ici-bas dans la position de Fils de Dieu, comme notre précieux et fidèle souverain sacrificateur, comme Celui qui se plaît à nous confier un service dans ce monde et nous donne toutes les ressources nécessaires pour l’accomplir, comme Celui qui nous relève dans nos chutes ! Connaissance précieuse, en vérité, dans laquelle nous avons tellement besoin de faire des progrès ! Et c’est là le vrai remède à tant de difficultés, de misères et de souffrances sur lesquelles nous gémissons...

 

3.3   Connaissance pratique de Christ

Mais une telle connaissance, si précieuse qu’elle soit, ne suffit pas. Il en est une autre qui en est, en quelque sorte, l’aboutissement, et le complément. C’est la connaissance pratique ! Dans nos circonstances même, apprendre ce qu’est Jésus, apprendre à le connaître toujours mieux ! C’est souvent dans l’épreuve, quand notre foi est en exercice, que nous faisons à cet égard le plus de progrès. Marie a dû passer par un semblable chemin pour entrer dans une connaissance personnelle plus profonde et plus riche de Celui aux pieds duquel elle avait été assise. Rien de ce qu’aurait pu lui dire Jésus ne lui aurait appris à goûter la sympathie de son cœur, ne lui aurait fait sentir et savourer tout ce qu’il y a en Lui pour les siens, comme elle a pu le faire quand Il était près d’elle, pleurant avec elle ! Riche connaissance du cœur dans laquelle — au travers des larmes souvent — il est si doux de faire des progrès...

Dieu veuille que les jours actuels, si difficiles à tant d’égards, amènent les rachetés du Seigneur à croître dans la grâce et dans la connaissance de notre Seigneur et Sauveur Jésus Christ !

 

4                        Résultat de la croissance dans la connaissance de Christ : Culte et adoration

Quel en sera le résultat ? Pour Marie, ce fut le parfum de nard pur de grand prix répandu aux pieds du Sauveur ! Ayant appris à le connaître, elle peut exalter et magnifier sa Personne, célébrer son Nom, ce Nom qui est un parfum répandu. Son cœur est rempli à déborder, aussi la louange s’élève et la maison est remplie de l’odeur du parfum ! Oui, les progrès réalisés dans la connaissance de Jésus feront de nous des adorateurs. Pourquoi notre culte est-il souvent si pauvre, si entaché d’infirmité ? Pourquoi n’est-il que trop limité aux quelques instants passés le premier jour de la semaine autour de la table du Seigneur, alors que l’exhortation d’Héb. 13:15 demeure ? C’est bien parce que nous connaissons tellement peu la personne adorable de notre bien-aimé Sauveur ! Si nous le connaissions mieux, murmures et découragement feraient place à une louange incessante, débordant de nos cœurs reconnaissants !

« Croissez dans la grâce et dans la connaissance de notre Seigneur et Sauveur Jésus Christ. À lui la gloire, et maintenant et jusqu’au jour d’éternité ! Amen ».