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CONFIANCE EN DIEU

 

Paul Fuzier

Les sous-titres ont été ajoutés par Bibliquest ; ME 1945 p. 6

Plan de lecture :

1     La Parole de Dieu base de la confiance en Dieu

2     Promesses faites à la confiance

3     Christ comme modèle, David comme exemple

3.1      2 Samuel 16 — Fuite devant Absalom

3.2      2 Samuel 24 — Le dénombrement

 

 

1                        La Parole de Dieu base de la confiance en Dieu

La Bible, la Parole, est le Livre qui a été laissé entre nos mains pour le temps du voyage. Elle renferme la réponse à tous les besoins de notre âme et de notre cœur ; édification, exhortation, consolation, nous recevons tout par son moyen. 2 Timothée 3:16, 17 nous dit quel est le but de l’Écriture inspirée de Dieu : enseigner, convaincre, corriger et instruire dans la justice. Mais encore, la Parole ne nous a-t-elle pas été donnée afin que nous mettions notre confiance en Dieu ?

Pour se confier en quelqu’un, il faut d’abord le connaître. La Parole nous fait connaître Dieu, un Dieu d’amour qui nous est révélé dans la Personne et par le don de son Fils. Plus nous le connaîtrons et mieux nous pourrons nous confier en Lui. Toutes les circonstances de notre vie, ces circonstances qu’Il dirige Lui-même pour les faire concourir à notre bien, devraient avoir un même résultat : nous apprendre à le connaître davantage et, par suite, à nous confier entièrement en Lui. Car l’un est bien la conséquence de l’autre, ainsi que David l’a exprimé : « L’Éternel sera une haute retraite pour l’opprimé, une haute retraite dans les temps de détresse. Et ceux qui connaissent ton nom se confieront en toi » (Ps. 9:9, 10). Nous expérimentons ainsi, chemin faisant, ce que les Écritures nous ont dit de Lui et cette connaissance pratique — confirmation de celle que nous a donnée la Parole — devrait toujours nous conduire à la confiance en Dieu.

« Il a établi un témoignage en Jacob, et il a mis en Israël une loi qu’il a commandée à nos pères, pour qu’ils le fissent connaître à leurs fils, afin que la génération à venir, les fils qui naîtraient, les connussent, et qu’ils se levassent et les annonçassent à leurs fils, et qu’ils missent leur confiance en Dieu » (Ps. 78:5-7). La Parole n’est-elle pas pour nous — dans une toute autre mesure et sous un autre caractère sans doute — ce qu’était autrefois la loi pour Israël ? Ne renferme-t-elle pas aussi « les paroles des sages », ces paroles au sujet desquelles Salomon peut dire : « afin que ta confiance soit en l’Éternel, je te les ai fait connaître à toi aujourd’hui » ? (Prov. 22:19). Ce sont deux passages qui nous confirment dans la pensée que la Parole conduit à une entière confiance en un Dieu pleinement révélé par elle. Qu’elle s’adresse à un inconverti ou à celui qui possède la vie divine, elle est là pour nous inviter à nous confier sans réserve en Celui qu’elle nous fait connaître.

En maints endroits, elle contient à cet égard de pressantes exhortations : « Confie-toi de tout ton cœur à l’Éternel », dit encore Salomon dans ce même Livre des Proverbes (3:5). « Confiez-vous en l’Éternel à tout jamais »sera-t-il proclamé dans le cantique qui sera chanté dans le pays de Juda (És. 26:4). Et David a écrit dans un Psaume (37:3-7) : « Confie-toi en l’Éternel... Remets ta voie sur l’Éternel et confie-toi en lui... Demeure tranquille, appuyé sur l’Éternel, et attends-toi à lui… », et encore : « Confiez-vous en lui en tout temps » (Ps. 62:8).

 

2                        Promesses faites à la confiance

À côté de ces exhortations — et, en quelque sorte, pour nous engager à mieux les suivre — nous avons des assurances qui sont données, des promesses qui sont faites à tous ceux qui savent se confier en Dieu. Dans le passage d’Ésaïe que nous venons de rappeler, nous lisons ceci : « Tu garderas dans une paix parfaite l’esprit qui s’appuie sur toi, car il se confie en toi ». Une paix parfaite ! N’est-il pas précieux de la connaître et d’en jouir au milieu d’un monde angoissé ? Les croyants hébreux, ayant enduré un grand combat de souffrances et accepté avec joie l’enlèvement de leurs biens, s’étaient en cela confiés en Dieu ; l’apôtre leur écrit : « Ne rejetez donc pas loin votre confiance, qui a une grande récompense » (Héb. 10:35). Une grande récompense ! Pensons-nous à ce que nous perdons du fait de notre manque de confiance ? Nous éprouverons cette perte devant le tribunal de Christ. Des fidèles définitivement établis sur la montagne de Sion, après avoir expérimenté au travers de la tribulation que ceux qui s’attendent à Lui ne sont jamais confus, il sera dit : « Ceux qui se confient en l’Éternel sont comme la montagne de Sion, qui ne chancelle pas, qui demeure à toujours » (Ps. 125:1). Si David nous adresse les exhortations rappelées (individuelle au Ps. 37, collective au Ps. 62), c’est bien parce qu’il a pu faire, lui aussi, des expériences telles qu’il a écrit : « Oh ! que ta bonté est grande, que tu as mise en réserve pour ceux qui te craignent, et dont tu uses devant les fils des hommes envers ceux qui se confient en toi ! Tu les caches dans le lieu secret de ta face, loin des complots de l’homme ; tu les mets à couvert dans une loge, loin des contestations des langues » — « Le méchant a beaucoup d’afflictions ; mais l’homme qui se confie en l’Éternel, la bonté l’environnera » — « Tous ceux qui se confient en toi se réjouiront, ils chanteront de joie à toujours, et tu les protégeras » (Ps. 31:19, 20 ; 32:10 et 5:11). Bonté connue : protection assurée au milieu de tous les dangers, car « il est un bouclier à tous ceux qui se confient en lui » (Ps. de David. 18:30) ; joie dans le cœur au travers de la souffrance, telle est la part de celui qui met sa confiance en Dieu seul. Aussi la Parole l’appelle-t-elle un bienheureux : « Bienheureux l’homme qui se confie en lui ». — « Bienheureux l’homme qui a mis en l’Éternel sa confiance » — « Bienheureux l’homme qui se confie en toi » (Ps. de David.. 34:8 ; Ps. de David 40:4 ; Ps. 84:12).

« Ainsi dit l’Éternel : Maudit l’homme qui se confie en l’homme, et qui fait de la chair son bras, et dont le cœur se retire de l’Éternel ! Et il sera comme un dénué dans le désert, et il ne verra pas quand le bien arrivera, mais il demeurera dans des lieux secs au désert, dans un pays de sel et inhabité. Béni l’homme qui se confie en l’Éternel, et de qui l’Éternel est la confiance ! Il sera comme un arbre planté près des eaux ; et il étendra ses racines vers le courant ; et il ne s’apercevra pas quand la chaleur viendra, et sa feuille sera toujours verte ; et dans l’année de la sécheresse il ne craindra pas, et il ne cessera de porter du fruit » (Jér. 17:5-8). Cet « arbre », c’est Christ lui-même, Christ homme, homme dépendant, homme obéissant, celui qui a pu dire par la bouche du psalmiste (et ce psalmiste c’est encore David !) : « Garde-moi, ô Dieu ! car je me confie en toi » (Ps. 16:1). Il s’est véritablement confié en Dieu comme homme et reste ainsi pour nous le parfait modèle de la confiance parfaite. Se confier en Dieu, c’est refléter quelque chose de Christ.

 

3                        Christ comme modèle, David comme exemple

La Parole nous adresse donc des exhortations. avec les encouragements et les promesses qui les accompagnent ; elle nous présente aussi le divin Modèle qui seul les a réalisés en perfection. Mais une pensée pourrait nous arrêter : les exhortations sont si difficiles à suivre, le Modèle placé devant nous est si grand et nous sommes tellement faibles, notre foi est si petite... Alors, comme pour répondre à l’avance à de semblables objections, Dieu nous retrace dans son Livre la vie d’hommes « ayant les mêmes passions que nous », ayant été caractérisés aussi par des infirmités et des manquements — qui, cependant, ont su honorer Dieu d’une confiance entière et sans réserve. Il nous rappelle ce qu’ils ont été, par quel chemin ils ont dû passer et semble nous dire ensuite : Voilà quelqu’un qui, au travers de tout, a su se confier en moi.

Dans les passages de la Parole que nous avons déjà cités, nous avons remarqué de nombreux psaumes qui sont des psaumes de David, dans lesquels il nous dit qu’il se confie en Dieu (Ps. 16. Et nous pourrions citer encore : Ps. 7:1 ; 11:1 ; 13:5 ; 18:2 ; 25:1 ; 26:1 ; 52:8 ; 55:23 ; 56:3, 4, 11 ; 141:8 ; 143:8), puis nous décrit la part heureuse de ceux qui se confient en Lui (Ps. 5 ; 8 ; 31 ; 32 , 34 ; 40), enfin, nous exhorte à nous confier en Celui qui seul est digne de notre confiance (Ps. 37 ; 62). David est, en effet, un homme qui a mis sa confiance en l’Éternel. S’il a pu le faire, c’est bien parce qu’il le connaissait. N’a-t-il pas écrit : « Ceux qui connaissent ton nom se confieront en toi » (Ps. 9:10) ? Lisons le Ps. 23, nous verrons ce qu’il nous dit de son Berger, quels progrès il avait faits dans sa connaissance et dans la jouissance de sa communion. Serait-il possible, connaissant vraiment un tel Berger, de ne pas se confier en Lui ?

Sa confiance en l’Éternel brille tout au long de sa vie, dans la plupart des circonstances qu’il a eu à traverser ; nous en avons la preuve dans les nombreux psaumes que nous venons de citer. Nous pourrions considérer et ces circonstances et ces psaumes un à un, avec le plus grand profit. David ne s’est-il pas confié en Dieu quand il a dû affronter le géant Goliath, ou encore à Kehila, au désert de Ziph, au désert de Maon et même à Tsiklag brûlée par le feu ? Mais nous désirons seulement nous arrêter sur deux moments de sa vie, particulièrement douloureux pour lui, durant lesquels il s’est confié en Dieu d’une manière bien touchante.

 

3.1   2 Samuel 16 — Fuite devant Absalom

2 Samuel 16 nous présente la première circonstance dont nous aimerions nous occuper. « Et le roi David vint jusqu’à Bakhurim ». Il n’y a jamais un mot de trop dans la Parole ; s’il est écrit « le roi David », c’est bien parce que l’Esprit de Dieu veut attirer notre attention sur le fait qu’il était roi, bien que s’enfuyant de devant Absalom son fils. Où était sa place ? sur le trône. Où était-il ? Pourchassé par un homme de la maison de Saül qui le maudissait et jetait des pierres contre lui, déclarant qu’il était pris dans son propre mal et l’accusant d’être un homme de sang. Et pourtant, David avait refusé de verser le sang de Saül et de s’emparer du royaume par ce moyen, bien qu’il eût pu le faire à deux reprises (1 Sam. 24 et 26).

Au lieu de se révolter, David se confie en Dieu malgré tout. Il accepte les circonstances comme permises et même commandées par Lui, selon ce qu’exprimera plus tard le prophète : « Qui est-ce qui dit une chose, et elle arrive, quand le Seigneur ne l’a point commandée ? N’est-ce pas de la bouche du Très-Haut que viennent les maux et les biens ? Pourquoi un homme vivant se plaindrait-il, un homme, à cause de la peine de ses péchés ? » (Lament. de Jérémie 3:37-39). Aussi il dit à Ahishaï : « Oui, qu’il maudisse ; car l’Éternel lui a dit : Maudis David ! » Or, 2 Samuel 19:16-20 nous montre que l’Éternel ne le lui avait pas dit. Mais David savait ce qu’il méritait ; il savait que s’il était injustement accusé par Shimhi, il était par contre coupable sur certains points à l’égard desquels il n’était pas accusé. Il n’avait pas versé le sang pour s’emparer du royaume, mais ne l’avait-il pas fait pour essayer d’effacer la trace de son péché, dans l’affaire d’Urie ? Si Shimhi l’ignorait, Dieu le savait.

David accepte donc les circonstances de la main de Dieu et, se confiant dans sa bonté, il ajoute : « Peut-être l’Éternel regardera mon affliction, et l’Éternel me rendra le bien pour la malédiction qui tombe aujourd’hui sur moi » (v. 12). Il peut ainsi continuer son chemin en paix, ayant l’assurance que le cœur de Dieu est un cœur d’amour et qu’Il fera tourner en bien la malédiction qui pèse aujourd’hui sur lui.

Nous pourrons aussi cheminer en paix si, dans des circonstances semblables, nous savons mettre notre confiance en Dieu. Nous répéterons avec David les paroles qu’il a pu prononcer « lorsqu’il s’enfuyait de devant Absalom son fils : « Combien sont multipliés mes ennemis... Mais toi, Éternel ! tu es un bouclier pour moi ; tu es ma gloire et celui qui élève ma tête... Je me suis couché et je m’endormirai : je me réveillerai, car l’Éternel me soutient. Je n’aurai pas de crainte des myriades du peuple qui se sont mises contre moi tout autour... De l’Éternel est le salut... » (Ps. 3).

 

3.2   2 Samuel 24 — Le dénombrement

2 Samuel 24 retrace la deuxième circonstance à laquelle nous avons fait allusion. Après avoir procédé au dénombrement de ses hommes de guerre, David traverse encore une douloureuse épreuve, conséquence de son péché. « Le cœur de David le reprit, après qu’il eût dénombré le peuple... » Après... Sans doute l’avait-il déjà repris avant. Mais avant, on ne veut pas écouter. Quand le cœur fait entendre sa voix, on lui impose silence ; la passion parle plus haut et étouffe sa voix. Ensuite, quand le péché est consommé, c’est tout différent : il n’est plus possible de faire taire le cœur.

Ici, David n’a plus besoin du prophète pour l’amener au sentiment de son état de péché. Il déclare lui-même : « J’ai grandement péché ». Il avait dit souvent : « Ô Éternel, ma force » — « L’Éternel est la force de ma vie » — « L’Éternel est ma force et mon bouclier » ou encore : « Toi, tu es ma force » (Ps. 18:1 ; 27:1 ; 28:7 ; 31:4) et même : « Ceux-ci font gloire de leurs chars, et ceux-là de leurs chevaux, mais nous, du nom de l’Éternel, notre Dieu » (Ps. 20:7). En dénombrant ses hommes de guerre, il accomplissait un acte qui démentait de telles paroles. Agir d’une manière qui apporte le démenti à nos paroles, n’est-ce pas un grand péché ?

David se souvenait sans doute des paroles de Nathan : « L’Éternel a fait passer ton péché ». Il espérait en la grâce de Dieu et il pouvait certes le faire, car cette grâce demeure quoiqu’il en soit de nous. Heureux sommes-nous de le savoir ! Mais il y a toujours le jugement gouvernemental de Dieu que nous nous attirons par notre désobéissance. Ayant passé une nuit entière dans la prière, l’humiliation et la confession de son péché, David a entendu au matin les paroles de Gad. Trois choses entre lesquelles il fallait choisir, trois châtiments douloureux : sept années de famine, trois mois de poursuite par ses ennemis ou trois jours de peste ! Grande détresse ! Mais c’est encore pour David une occasion nouvelle de montrer comment il va se confier en Dieu. Il sait qu’il a mérité l’une de ces trois choses — il ne sait laquelle il faut choisir. Ce qu’il désire, c’est « tomber entre les mains de l’Éternel ». Car il sait bien que lorsque Dieu nous frappe en discipline, son cœur souffre avec nous et beaucoup plus que nous. Il connaissait le cœur des hommes, dur et méchant, mais aussi le cœur d’amour du Dieu dans lequel, malgré tout, il plaçait encore sa confiance !

Quel exemple nous est ainsi proposé ! Une telle confiance nous humilie, car David n’avait pas de révélation de Dieu comme un bon et tendre Père. Nous qui le connaissons sous ce caractère, combien mieux devrions-nous savoir nous confier en Lui ! Nous réaliserions ainsi que là se trouve le secret de la force et de la joie, comme nous le disent les deux passages suivants :

« Dans la tranquillité et dans la confiance sera votre force » (És. 30:15).

« Voici, l’œil de l’Éternel est sur ceux qui le craignent, sur ceux qui s’attendent à sa bonté, pour délivrer leur âme de la mort et pour les conserver en vie durant la famine. Notre âme s’attend à l’Éternel ; il est notre aide et notre bouclier. Car notre cœur se réjouira en lui, puisqu’en son saint Nom nous avons mis notre confiance » (Psaume 33:18-21).

Quel enseignement et quels encouragements, pour les jours actuels surtout ! Puissions-nous dire et réaliser, comme David : « ...mais moi, je me confierai en Toi » (Ps. 55:23).