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Ce qui est requis de ceux qui sont « à la tête »

 

et ce qui leur est dû

Paul Fuzier

Les sous-divisions ont été ajoutées par Bibliquest. ME 1950 p. 253

Table des matières :

1     Les passages qui parlent de ceux qui sont « à la tête »

1.1      Romains 12:6-8

1.2      Hébreux 13:7

1.3      1 Pierre 5:2-3 et 1 Tim. 4:12

2     Ce qui est dû à ceux qui sont « à la tête ». Risques de désordres

2.1      Tendances à la contestation

2.2      Défaillances de ceux qui sont à la tête. Ce qui en résulte

2.3      Défaillances de ceux qui ont à être soumis

2.4      Découragement de ceux qui sont à la tête

3     Les contestations contre Moïse — Nombres 12

 

 

1                        Les passages qui parlent de ceux qui sont « à la tête »

1.1   Romains 12:6-8

Nous avons tous, frères et sœurs, une responsabilité devant Dieu, soit pour ce qui concerne notre marche individuelle, soit dans le témoignage collectif. Mais certains frères ont une responsabilité spéciale, relative à la marche de l’Assemblée. Romains 12:6 à 8 nous enseigne qu’il y a différentes fonctions dans le corps et que chaque croyant a un service à remplir, la capacité nécessaire lui étant donnée pour cela. Nous n’avons pas, dans ces versets, l’énumération complète des services ; sept seulement nous sont indiqués — une plénitude ! Parmi ces sept services, il en est un qui est celui du conducteur : « celui qui est à la tête, qu’il conduise soigneusement ». Les dangers sont nombreux sur le chemin ; l’ennemi multiplie pièges, ruses et artifices... ; il faut que « celui qui est à la tête » reçoive de Dieu sagesse et discernement afin d’en avoir une claire perception. Il doit ensuite avertir, mettre en garde, conduire avec soin. Il y a parfois des questions très difficiles dans la vie de l’Assemblée ; combien est délicat le service de « celui qui est à la tête », combien grande est sa responsabilité ! Le Seigneur seul, qui a qualifié celui qui a reçu un tel service, pourra donner tout le secours nécessaire.

 

1.2   Hébreux 13:7

Hébreux 13:7 nous exhorte à nous souvenir de nos conducteurs qui nous ont annoncé la parole de Dieu et ont été recueillis dans le repos ; leur enseignement et leur exemple nous restent. Imitons leur foi ! — Le verset 17 du même chapitre réclame de nous obéissance et soumission à nos conducteurs ; il s’agit là, par conséquent, de ceux qui demeurent encore avec nous. Dieu les a établis et, dans sa grâce, nous les conserve afin de « veiller pour nos âmes ». Telle est leur responsabilité particulière et ils auront « à rendre compte ». Ce passage de la Parole nous dit que, s’il y a soumission aux conducteurs, ils pourront remplir leur service « avec joie ». Dans le cas contraire, ce serait « en gémissant » et l’apôtre ajoute : « cela ne vous serait pas profitable ».

 

1.3   1 Pierre 5:2-3 et 1 Tim. 4:12

1 Pierre 5 donne un même enseignement au sujet de la responsabilité de ceux qui ont à veiller sur le troupeau : « paissez le troupeau de Dieu qui est avec vous, le surveillant non point par contrainte, mais volontairement, ni pour un gain honteux, mais de bon gré, ni comme dominant sur des héritages, mais en étant les modèles du troupeau » (v. 2 et 3). — L’apôtre Paul adresse à Timothée une exhortation semblable : « sois le modèle des fidèles, en parole, en conduite... » (1 Tim. 4:12). « Celui qui est à la tête » n’aura aucune autorité morale pour l’accomplissement de son service s’il n’est un modèle à imiter, « en parole » et surtout « en conduite ». — Au jour des récompenses, « quand le souverain pasteur sera manifesté », ceux qui ont servi fidèlement recevront « la couronne inflétrissable de gloire » (1 Pierre 5:4). Ayant rempli leur service et fait valoir ce que Dieu leur avait confié, chacun d’eux entendra cette parole, expression d’une pleine satisfaction : « Bien, bon et fidèle esclave ; tu as été fidèle en peu de chose, je t’établirai sur beaucoup ; entre dans la joie de ton Maître » (Matt. 25:21, 23).

 

2                        Ce qui est dû à ceux qui sont « à la tête ». Risques de désordres

Les Écritures nous disent quelle est la responsabilité de ceux qui sont « à la tête ». Mais elles nous enseignent aussi au sujet de l’attitude que nous devons avoir à leur égard : il nous convient de leur obéir, de leur être soumis (Héb. 13:17), plus encore, « de connaître ceux qui travaillent parmi nous, et qui sont à la tête parmi nous dans le Seigneur, et qui nous avertissent, et de les estimer très haut en amour à cause de leur œuvre » (1 Thess. 5:12-13).

 

2.1   Tendances à la contestation

Nous connaissons bien ces portions de la Parole de Dieu, lues et souvent méditées. Il est nécessaire cependant de les rappeler à notre mémoire. Ce monde s’achemine rapidement vers un état d’anarchie qui sera atteint lorsqu’il n’y aura plus sur la terre ni « ce qui retient », ni « celui qui retient » (2 Thess. 2:6-7). À un pareil désordre, succédera d’ailleurs un état d’ordre apparent, sous le pouvoir de la Bête. C’est alors que l’on dira : « qui est semblable à la Bête, et qui peut combattre contre elle ? » (Apoc. 13:4), et encore : « Paix et sûreté ». Mais « une subite destruction viendra sur eux... et ils n’échapperont point » (1 Thess. 5:3). Mais il est hors de doute que l’autorité et l’ordre selon Dieu sont actuellement de moins en moins respectés dans le monde christianisé.

 

2.2   Défaillances de ceux qui sont à la tête. Ce qui en résulte

Parmi ceux qui ont une responsabilité particulière dans l’assemblée, comme étant à la tête, beaucoup ne savent plus y faire face, tandis que ceux qui n’y sont pas appelés voudraient exercer l’autorité. C’est parfois la faiblesse des premiers qui pousse les autres à prendre une place qui ne leur appartient pas. L’ordre établi par Dieu (Romains 13:1-2) est ainsi peu à peu ébranlé, comme il l’est d’ailleurs dans les familles et parmi les peuples. La Parole nous exhorte à ne pas nous conformer à ce siècle (Romains 12:2) ; craignons donc de nous laisser gagner par l’esprit d’un monde au milieu duquel nous avons à vivre, mais dont nous ne sommes pas. Veillons à cet égard, maintenons les portes fermées, n’oubliant pas de poser « les battants, les verrous et les barres », aussi bien « vis-à-vis de nos maisons » qu’à l’égard de l’assemblée (cf. Néhémie 3). Peut-être y a-t-il déjà des brèches ? Hâtons-nous de les réparer !

Dieu prend soin des éléments qui sont « à la tête » et les exerce, sans aucun doute, au sujet d’enseignements aussi importants que ceux qui les concernent dans les passages déjà cités, Rom. 12:8 ; 1 Tim. 4:12 ; Héb. 13:17 ; 1 Pierre 5:2-3, car s’il y avait défaillance de leur part, les brebis seraient comme un troupeau qui n’a pas de berger et peut-être même, en est-il certains qui pourraient être conduits à prendre alors une place qui n’est pas la leur. Dans « les jours où les juges jugeaient », les éléments responsables avaient failli à leur mission. En ces jours-là, il n’y avait pas de roi en lsraël, aussi « chacun faisait ce qui était bon à ses yeux » (Juges 21:25).

 

2.3   Défaillances de ceux qui ont à être soumis

L’Assemblée est l’Assemblée de Dieu. Dieu est un Dieu d’ordre et la Parole nous enseigne au sujet de l’ordre qui convient à la Maison de Dieu. Des jeunes gens qui ne seraient pas soumis aux anciens, des cœurs qui perdraient de vue que Dieu leur assigne une place de subordination et les exhorte à « apprendre dans le silence », ne leur permettant pas « d’enseigner, ni d’user d’autorité, sur l’homme » (1 Tim. 2:11 à 14), méconnaîtraient l’ordre établi par Dieu et désobéiraient à la Parole. Un cœur qui aime le Seigneur ne peut ni désirer, ni accepter une chose semblable.

 

2.4   Découragement de ceux qui sont à la tête

Nous venons de voir par Hébreux 13:17 que ceux auxquels Dieu a confié une responsabilité spéciale comme étant « à la tête » peuvent être parfois découragés : si la soumission fait défaut chez ceux de qui elle est requise, ils accomplissent leur service « en gémissant » et cela n’est profitable à personne. Il faut toute l’énergie spirituelle et morale que Dieu seul peut donner pour lutter. Dieu se plaît à encourager ceux qui n’ont en vue que la gloire du Seigneur dans son Assemblée ; Il apprécie ce qui est fait pour Lui et veut prendre Lui-même, si c’est nécessaire, la défense de ses serviteurs. L’histoire de Moïse nous en fournit un exemple.

 

3                        Les contestations contre Moïse — Nombres 12

Dans l’accomplissement de la charge qui était la sienne comme conducteur du peuple, Moïse ne pensait ni à sa propre gloire, ni à sa propre réputation (Nomb. 11:24 à 29). Il remplissait son service avec amour et dévouement pour le peuple de Dieu, sans aucun esprit de jalousie. Cependant, « Marie et Aaron parlèrent contre Moïse » (Nomb. 12:1). Ce qu’ils dirent ne semble d’ailleurs pas correspondre au véritable motif de leur action : s’élevant contre leur frère « à l’occasion de la femme éthiopienne qu’il avait prise », ils s’écrient : « L’Éternel n’a-t-il parlé que par Moïse seulement ? n’a-t-il pas parlé aussi par nous ? » (v. 2). C’était tout à la fois un manque de droiture et l’expression de sentiments d’envie et de jalousie. Moïse avait une responsabilité particulière comme conducteur du peuple, responsabilité qui n’incombait ni à Aaron, ni à Marie. Peut-être Marie et Aaron (Marie est nommée en premier lieu car elle était sans doute l’instigatrice de toute cette affaire, et par conséquent la plus responsable) avaient-ils pensé que l’Éternel n’entendrait pas les critiques qu’ils formulaient à l’égard de Moïse ? Mais, « l’Éternel l’entendit » (v. 2). Dieu entend toutes nos paroles !

La suite du chapitre montre comment Il est intervenu. De même qu’au jour de la révolte de Coré, Moïse ne dit rien pour sa défense, il laisse tout entre les mains du Maître qu’il sert. L’Éternel s’adresse alors à Aaron et Marie : « Pourquoi n’avez-vous pas craint de parler contre mon serviteur, contre Moïse ? » (v. 8). « Et la colère de l’ Éternel s’embrasa contre eux, et il s’en alla ; et la nuée se retira de dessus la tente : et voici, Marie était lépreuse... » (v. 9-10). La colère de l’ Éternel s’est embrasée contre Aaron et Marie, mais Marie seule, la plus responsable sans doute (si dans une telle affaire, un homme était coupable, combien plus une femme !), a été frappée de lèpre. Si Aaron ne l’a pas été, il a souffert cependant quand il « se tourna vers Marie, et voici, elle était lépreuse » (v. 10). Un travail de conscience s’opère alors, qui conduit à la confession du péché (v. 11-12), de telle façon que Moïse peut intercéder auprès de Dieu : « Et Moïse cria à l’Éternel, disant : Ô Dieu ! je te prie, guéris-la, je te prie ! » (v. 13). L’Éternel pardonna au bout de sept jours d’exclusion, Marie put être recueillie dans le camp. Cependant, « le peuple ne partit pas jusqu’à ce que Marie eût été recueillie » (v. 15). Ainsi, les paroles prononcées par Marie et Aaron contre Moïse, conducteur du peuple, avaient amené ce double résultat : d’une part, pour eux-mêmes, la colère de l’Éternel s’embrasant contre eux, Dieu agit dans son gouvernement et frappe Marie de lèpre — d’autre part, pour le peuple d’Israël, arrêt de sept jours dans sa marche vers la terre de Canaan : tout le peuple de Dieu avait à souffrir, à supporter les conséquences du fait que Marie et Aaron, par jalousie, avaient parlé contre Moïse !

« Car toutes les choses qui ont été écrites auparavant ont été écrites pour notre instruction... » (Rom. 15:4).

« ... elles ont été écrites pour nous servir d’avertissement » (1 Cor. 10:11).