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AVEUGLEMENT

 

Paul Fuzier

Les sous-titres ont été ajoutés par Bibliquest

 

Table des matières :

1     Aveuglement lié à un développement spirituel insuffisant

1.1      Discernement lié au développement de la vie divine

1.2      Vivre selon la chair ou faire la volonté de Dieu

1.3      L’homme naturel aveugle et dans les ténèbres — Les yeux ouverts par Christ, par l’évangile, par la Parole de Dieu

1.4      Le chrétien en danger d’être aveuglé de nouveau

2     La fin d’une dispensation est marquée par l’aveuglement

2.1      Éli le sacrificateur et ses fils

2.2      Nakash l’Ammonite

2.3      Samson

2.4      Sédécias

2.5      Laodicée

3     Ressources

 

ME 1949 p. 253

 

1                        Aveuglement lié à un développement spirituel insuffisant

Allant souvent de pair avec un état d’enfance spirituelle, le manque de discernement des croyants est l’une des raisons pour lesquelles tant de fausses doctrines ont pu si aisément se propager dans la chrétienté. Alors qu’ils devraient normalement se développer, croissant « dans la connaissance de notre Seigneur et Sauveur Jésus Christ », beaucoup restent « de petits enfants, ballottés et emportés çà et là par tout vent de doctrine dans la tromperie des hommes, dans leur habileté à user de voies détournées pour égarer » (Éph. 4:14). Si nous sommes « charnels » au lieu de nourrir nos âmes de la Parole et de Christ dans la Parole, nous demeurerons — comme autrefois les Corinthiens (1 Cor. 3:1-2) — des nains spirituels. Et cela, malgré toutes les prétentions à la connaissance et à la puissance ! Une étude purement intellectuelle de la Bible n’aidera guère au développement du croyant (elle serait plutôt un obstacle), car les vérités du saint Livre doivent être goûtées et senties par le cœur dans lequel l’amour de Dieu a été versé, de telle façon que le tranchant de la Parole soit éprouvé par une conscience exercée. C’est seulement ainsi que la vie spirituelle est enrichie et que la marche pratique correspond à la pensée de Dieu.

L’absence de discernement conduit souvent le croyant à ne se laisser guider que par ses propres sentiments. Combien, par exemple, seraient en peine d’expliquer pour quelle raison ils se rattachent à telle dénomination plutôt qu’à telle autre ? Ils ont trouvé quelque sympathie, on leur a manifesté une affection à laquelle ils ont été sensibles et c’est ce qui, en définitive, les a décidés. Cela dénote, au fond, un certain égoïsme : n’est-ce pas dire que l’on va dans le rassemblement pour soi, au lieu d’y aller pour Dieu ? Si, au contraire, on a saisi par la foi que c’est Dieu qui veut rassembler les siens, on sera conduit à rechercher dans sa Parole les enseignements qu’Il nous donne à cet égard. Ce ne seront plus alors les sentiments naturels qui guideront, mais la Parole de Dieu.

Si, par grâce, la plupart d’entre nous ont été instruits à ce sujet, ne nous arrive-t-il pas, cependant, de manquer de discernement soit pour ce qui concerne notre marche individuelle, soit pour ce qui concerne la vie et l’administration de l’assemblée ? Là aussi, les considérations sentimentales naturelles ont parfois plus de poids que celles qui devraient seules nous diriger. Nous arrêterions-nous à de telles considérations si nos âmes étaient tellement occupées et nourries de Christ qu’il nous devienne impossible de faire passer quoi que ce soit avant la gloire du Seigneur et ses intérêts ici-bas ?

 

1.1   Discernement lié au développement de la vie divine

Pour que nous puissions « discerner les choses excellentes », il est nécessaire que « notre amour abonde encore de plus en plus en connaissance et toute intelligence » (Phil. 1:9 à 11) — c’est-à-dire, que la vie divine en nous se développe et porte des fruits. Si, au contraire, nous recherchons ce qui plaît à nos cœurs naturels, nous n’aurons pas le discernement qui convient dans les choses de Dieu. Peut-être, dans telle ou telle circonstance, aurons-nous le désir d’être fidèle, d’accomplir la volonté de Dieu, mais nous ne saurons pas « voir » ce qu’Il nous demande. Qui ne l’a expérimenté ?

 

1.2   Vivre selon la chair ou faire la volonté de Dieu

De sorte que si nous vivons « selon la chair »,  nous manquerons de discernement dans les choses spirituelles et, par suite, nous nous laisserons conduire par les pensées de nos propres cœurs au lieu de nous laisser gouverner par la volonté de Dieu. L’apôtre Pierre nous dit que celui qui ne manifeste pas les caractères du nouvel homme est « aveugle » (2 Pierre 1:5 à 9). Il n’a pas le discernement de son propre état, l’aurait-il des pensées de Dieu ? Pour que nous soyons rendus capables de « discerner la volonté de Dieu » (Rom. 12:2), il faut que nous marchions habituellement dans sa crainte, séparés du mal et vivant de la vie de Christ. « Ne vous conformez pas à ce siècle », siècle qui est caractérisé par l’activité des pensées de l’homme et par les ténèbres dont Satan est le prince. C’est la séparation extérieure ; elle doit découler d’une vraie séparation intérieure pour Dieu : « soyez transformés par le renouvellement de votre entendement ».  Le croyant fidèle évitera toute conformité au monde — social, politique ou religieux — parce qu’il a une nouvelle nature qui doit produire chez lui une nouvelle manière de penser et d’agir. Son entendement est renouvelé, renouvellement effectué une fois pour toutes, car le nouvel homme est une création entièrement nouvelle et non le résultat de l’amélioration du vieil homme. Dans la mesure dans laquelle le croyant vit de la vie du nouvel homme, une séparation intérieure est produite de laquelle découle la séparation extérieure qui nous transforme, ou nous transfigure. Cette transformation est obtenue par la contemplation de « la gloire du Seigneur » (2 Cor. 3:18), car c’est Lui qui nous a donné la vie nouvelle, qui en est aussi l’objet et l’aliment. Ainsi « transformés », nos pensées ne sont plus celles du cœur naturel, elles sont en accord avec les pensées de Dieu, de telle sorte que nous avons le discernement de sa volonté. Cette volonté est « bonne, et agréable, et parfaite ».  Seul le cœur renouvelé peut le dire en vérité. Au contraire, pour la vieille nature, pour le croyant qui vit « selon la chair », la volonté de Dieu est chose pénible et ne présente aucun des trois caractères que nous venons de rappeler. « La pensée de la chair est inimitié contre Dieu, car elle ne se soumet pas à la loi de Dieu, car aussi elle ne le peut pas » (Rom. 8:7). Il y a donc là une pierre de touche : si la volonté de Dieu (que nous n’aurons pas discernée nous-mêmes, mais qui nous aura été présentée), nous est un lourd fardeau, c’est que nous vivons « selon la chair ». Elle est « bonne, et agréable, et parfaite » pour celui qui a suivi les exhortations de Rom. 12:2. Combien cela nous éclaire quant à notre véritable état !

 

1.3   L’homme naturel aveugle et dans les ténèbres — Les yeux ouverts par Christ, par l’évangile, par la Parole de Dieu

Dans son état naturel, l’homme est aveugle, il est dans les ténèbres. Ces ténèbres morales l’ont envahi parce que le péché l’a éloigné de Dieu, seule source de lumière et de vie. La lumière divine fait ressortir l’opposition, l’incompatibilité qui existe entre elle et les ténèbres. « Et la lumière luit dans les ténèbres : et les ténèbres ne l’ont pas comprise » (Jean 1:5). Christ est apparu ici-bas, « la vraie lumière », mais Il y a été rejeté : « les hommes ont mieux aimé les ténèbres que la lumière : car leurs œuvres étaient mauvaises » (Jean 1:9 à 11 ; 3:19-20). Cependant, nous le voyons tout au long de son chemin accomplir son œuvre de grâce : Il ouvre les yeux des aveugles (Matt. 9:27 à 29 ; 11:5 ; 12:22 ; 15:30-31 ; 20:29 à 34 ; 21:14 ; Marc 8:22 à 26 ; 10:46 à 52 ; Luc 4:19 ; 7:22 ; Jean 9) — illustration de l’œuvre qu’il opère encore aujourd’hui, en vertu de sa mort expiatoire et de sa résurrection glorieuse. L’évangile est prêché dans ce monde, le même qu’annonçait l’apôtre Paul, envoyé par le Seigneur vers les nations « pour ouvrir leurs yeux, pour qu’ils se tournent des ténèbres à la lumière » (Actes 26:16 à 18).

Le peuple d’Israël ayant rejeté son Messie, puis le témoignage du Saint Esprit, est l’objet d’un jugement de Dieu, agissant dans son gouvernement : ses oreilles ont été rendues pesantes, ses yeux ont été bouchés (Ésaïe 6:10) ; un voile est tout à la fois sur les Écritures, Livre fermé pour lui et sur le cœur de ce peuple infidèle, coupable d’avoir crucifié Christ. Dans un jour à venir, le voile sera levé, ses yeux seront ouverts (Ésaïe 29:18). C’est pendant le temps de la grâce, alors que ce jugement pèse sur Israël, que l’Évangile est prêché parmi les nations, s’adressant à tous sans exception. Mais l’ennemi déploie des efforts incessants pour empêcher l’homme de le recevoir : « le dieu de ce siècle a aveuglé les pensées des incrédules, pour que la lumière de l’évangile de la gloire du Christ, qui est l’image de Dieu, ne resplendît pas pour eux » (2 Cor. 4:4). Au travers de cette opposition, Dieu opère par sa Parole et son Esprit (Jean 3. 3 à 5) afin d’amener des âmes à la connaissance de la vérité, les arrachant à la puissance de Satan. Encore aujourd’hui, Il ouvre les yeux des aveugles !

 

1.4   Le chrétien en danger d’être aveuglé de nouveau

Nos yeux ouverts, nous avons à repousser les assauts, à déjouer les ruses d’un adversaire qui ne se tient jamais pour battu et essaie, par tant de moyens, de nous « aveugler » à nouveau. Si nous ne veillons pas, si nous ne prenons pas garde, bien que nous ne soyons plus « dans la chair », il nous fera vivre « selon la chair », nous conduisant ainsi à agir comme les incrédules, comme ceux qui sont encore « aveugles » et nous serons alors de ceux qui dorment « entre les morts ».  Ceux qui dorment n’ont aucune vision, ils sont, semblables à des aveugles — et même à des morts. Comment pourraient-ils donc « marcher soigneusement... comme étant sages » ? (Éph. 5:14-15).

 

2                        La fin d’une dispensation est marquée par l’aveuglement

Nous sommes sans doute tout à la fin de la dispensation de la grâce. Dans les Écritures, à plusieurs reprises, la fin d’une dispensation est caractérisée par un état d’aveuglement.

 

2.1   Éli le sacrificateur et ses fils

Alors que le temps des Juges approchait de son terme et qu’allait être suscité Samuel, le premier prophète, l’infidélité de la sacrificature était manifeste. Les fils d’Éli foulaient aux pieds et les droits de l’Éternel et ceux des fidèles qui s’approchaient pour adorer. Au sein d’un tel état de choses, Éli manquait du discernement spirituel qui l’aurait conduit à faire face à sa responsabilité. « Ses yeux commençaient à être troubles, il ne pouvait voir ».  Et encore : « Il avait les yeux fixes et il ne pouvait voir » (1 Sam. 3:2 ; 4:15). Certes il comprenait que ses fils agissaient mal et, même, souffrait de leur conduite et les reprenait (1 Sam. 2:22 à 24), mais il ne discernait pas ce qu’il aurait dû faire. Éli était un homme pieux, mais manquant de l’énergie nécessaire pour exercer l’autorité qui lui appartenait ; le discernement spirituel lui faisait défaut pour cela (1 Sam. 2:27 et suivants ; 3:12-13).

Il ne suffit pas de voir le mal, de dire sa désapprobation, il convient de s’en séparer. Bien des choses, aujourd’hui encore, sont susceptibles de retenir un chrétien pieux qui voit le mal et en souffre, mais ne s’en sépare pas. Ce seront, par exemple, des relations selon la chair, des sentiments auxquels on donnera le pas sur toute autre chose.

Quelle obéissance et quelle fidélité que celle des fils de Lévi ! Ils prirent leur épée contre leur frère, leur compagnon, leur intime ami, malgré tout ce qu’il leur en coûtait ; il était douloureux d’accomplir l’acte que leur commandait l’Éternel, s’adressant à eux par la bouche de Moïse, mais ils mirent de côté les sentiments du cœur, car la gloire de l’Éternel passait avant tout ! Pour Éli également, il était pénible d’agir à l’égard de ses fils et il a reculé devant l’accomplissement de ce devoir ; aussi, Dieu lui a fait adresser cette parole : « tu honores tes fils plus que moi » (1 Sam. 2:29-30 ; cf. Matt. 10:37). Dans son aveuglement, il avait fait passer les sentiments de son cœur avant la gloire de l’Éternel. Peut-être pensait-il que, tout en réprouvant le mal de ses fils, il pouvait cependant le tolérer, user de grâce envers eux ? — Quel aveuglement ! — N’ayant pas retenu ses fils, ne s’étant pas séparé du mal qu’ils avaient commis, Éli en demeurait solidaire (voir 1 Sam. 2:29 ; remarquez le « vous » dans lequel Éli est compris). Aussi Dieu va le mettre de côté ! Combien c’est sérieux. Malgré sa piété, il est considéré comme un sacrificateur infidèle, car Dieu déclare : « Je me susciterai un sacrificateur fidèle » (1 Sam. 2:35).

 

2.2   Nakash l’Ammonite

Considérons l’enseignement de 1 Sam. 11:1 et 2. L’Ammonite, ennemi du peuple de Dieu et à l’égard duquel un jugement sévère avait été prononcé (Deut. 23:3-4) monte et campe contre Jabès de Galaad. Les hommes de Jabès reculent devant le combat qu’il eût fallu livrer à l’adversaire et préfèrent lui proposer une alliance, prêts à le servir. À cette alliance, Nakhash l’Ammonite pose une condition : « Que je vous crève à tous l’œil droit. ».  Manquer d’énergie pour le combat, perdre de vue la position de séparation qui est celle du peuple de Dieu, s’associer au mal sous quelque forme que ce soit, conduira toujours à ce résultat : œil droit crevé, affaiblissement de la vision spirituelle.

 

2.3   Samson

Citons encore l’exemple de Samson. Si les Philistins purent s’emparer de lui et lui crever les yeux, c’est parce que sa force s’en était allée : « l’Éternel s’était retiré de lui ».  Pourquoi en était-il ainsi ? Parce qu’il avait perdu l’un des caractères du nazaréat ! Celui qui devait être « nazaréen de Dieu dès le ventre de sa mère » avait livré le secret de sa force et le rasoir était passé sur sa tête. Les mêmes causes produisent toujours les mêmes effets : si nous ne sommes plus des « séparés », si nous ne manifestons pas les caractères du nazaréat, nous serons sans force spirituelle, sans discernement spirituel.

 

2.4   Sédécias

Sédécias ; dernier des rois de Juda, a eu également les yeux crevés (2 Rois 25:7). C’était un jugement de Dieu, comme aussi dans le cas de Samson. Sédécias avait fait ce qui est mauvais aux yeux de l’Éternel ; il avait refusé de s’humilier après avoir entendu les paroles de Jérémie, dites de la part de Dieu ; rejeté l’autorité de Nébucadnetsar, bien que ce dernier lui eût fait jurer par Dieu ; roidi son cou et endurci son cœur pour ne pas retourner à l’Éternel (2 Chron. 36:12-13). Une telle conduite reçoit sa punition. L’aveuglement peut constituer un jugement gouvernemental envers celui qui marche dans le chemin de la désobéissance et qui, méprisant les avertissements de Dieu et sa répréhension, refuse d’écouter et de s’humilier. C’est le cas, nous l’avons vu, pour le peuple d’Israël.

 

2.5   Laodicée

Ce qui nous est dit de la fin de l’histoire de l’Église responsable contient des enseignements qui nous concernent tout spécialement, puisque nous sommes au terme de cette histoire.

L’un des traits qui caractérisent Laodicée est celui-ci : aveugle. Ce qui est plus grave encore, c’est qu’elle n’en a même pas conscience : « Tu ne connais pas que toi tu es... aveugle... » (Apoc. 3:17). Laodicée se glorifie de tout ce qu’elle croit posséder et estime n’avoir besoin de rien. Comme elle connaît peu son véritable état ! Elle n’a pas le sentiment de sa misère, de sa pauvreté, de son aveuglement. Elle ne sait pas ce qui est selon la pensée de Dieu. « Tout y était, a-t-on dit, obscur quant à la vérité et incertain quant au jugement moral ».

Mais le remède est là pour Laodicée, pour nous aujourd’hui : « Je te conseille d’acheter de moi... un collyre pour oindre tes yeux afin que tu voies ».  Il faut aller à Lui, car quelle valeur aurait ce qui ne vient pas de Lui ? Pour « acheter » il faut payer, et le prix, c’est le renoncement à tout ce qui plaît au cœur naturel, au monde et à ses convoitises, à tout ce qui est de la chair, même la chair sous son caractère religieux, car c’est toujours la chair. À Laodicée, on avait cherché les satisfactions de son cœur, on s’était laissé guider par ses propres sentiments, on n’avait pensé qu’à soi, au fond. Il faut porter le fer rouge à tout cela, réaliser Rom. 6:11 ; Gal. 2:19-20 ; 5:24-25 ; 6:14, quelque douloureux que ce puisse être pour la chair. Puis le cœur se tourne vers Christ ! Plus d’aveuglement lorsque l’œil est fixé sur ce seul objet ! — « La lampe du corps, c’est l’œil ; si donc ton œil est simple, ton corps tout entier sera plein de lumière » (Matt. 6:22). Rien alors n’entrave plus l’activité du Saint Esprit qui peut agir sans être contristé, et qui vient occuper le cœur de Christ. Les yeux ouverts par le divin collyre, le discernement spirituel résultant de ce que nous avons « l’onction le la part du Saint » est retrouvé.

 

3                        Ressources

Toutes les ressources nécessaires sont à notre disposition : « Sa divine puissance nous a donné tout ce qui regarde la vie et la piété ».  Nous sommes inexcusables et combien coupables si nous ne les utilisons pas. Participants de la nature divine, la nature morale de Dieu, nous sommes rendus capables, par l’action du Saint Esprit en nous, de produire les fruits de cette nature, de joindre l’un à l’autre ses caractères : vertu, connaissance, tempérance, patience, piété, affection fraternelle, amour. Si ces choses sont en nous et y abondent, nous manifesterons une sainte activité et nous porterons des fruits dans ce qui est vraiment la vie chrétienne : la connaissance de notre Seigneur et Sauveur Jésus Christ. Nous ne serons plus, alors, semblables à « de petits enfants, ballottés et emportés çà et là par tout vent de doctrine... », mais, « étant vrais dans l’amour, nous croîtrons en toutes choses jusqu’à Lui... » (Éph. 4:13 à 16). « Le connaître, Lui... » (Phil. 3:10) c’est l’objet du chrétien. Cette connaissance est le plus haut degré du développement spirituel : les « pères » connaissent Celui qui est dès le commencement (1 Jean 2). Quel contraste avec l’état d’enfance qui va généralement de pair avec le manque de discernement spirituel ! L’apôtre Pierre ajoute : « celui en qui ces choses ne se trouvent pas est aveugle... » (2 Pierre 1:3 à 11).

Combien nous avons à nous humilier de ce que « ces choses » se trouvent si peu en nous ! Nous manifestons peu ces divers caractères, nous manquons d’amour les uns à l’égard des autres, nous manquons surtout d’un amour vrai. Si nous avions une claire vision spirituelle, nous aurions à l’égard de chacun le comportement adéquat, les paroles appropriées — celles qui sont « dans un esprit de grâce, assaisonnées de sel » (Col. 4:6) — et ainsi, nous serions utiles à nos frères comme à « ceux du dehors », nous agirions en vue de leur bien. C’est ce qui caractérise l’amour selon Dieu.

Mais surtout, le discernement qui nous fait si gravement défaut ouvrirait nos yeux sur notre propre état et, dans le jugement de nous-mêmes, nous irions chercher le secours et les directions auprès de Celui qui veut nous aider et nous conduire.

Quel pas nous aurions déjà fait si nous avions vraiment conscience de ce qui nous concerne, de ce qui concerne nos maisons, nos frères, les assemblées ! C’est par là qu’il faut commencer. Dieu veuille nous exercer chacun à cet égard ! — Écoutons le conseil de Celui qui nous invite à acheter de Lui le collyre pour oindre nos yeux afin que nous puissions voir !