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NOTRE VISION EST-ELLE CLAIRE OU OBSCURCIE ?

 

Philippe Laügt

 

Table des matières :

1     Le croyant lumière dans la Seigneur

2     Autrefois aveugles et dans les ténèbres

3     Marcher comme des enfants de lumière

4     2 Pierre 1:4-5a

5     2 Pierre 1:5b-6

6     2 Pierre 1:7

7     2 Pierre 1:8

8     2 Pierre 1:9

9     Étrangers et forains ici-bas ?

10       Nos demeures

11       Vanités

12       Exemple d’Abraham

13       Exemple vis-à-vis des enfants

14       Démas

15       Difficultés rencontrées par les serviteurs du Seigneur

 

Octobre 2005

 

1                        Le croyant lumière dans la Seigneur

« Par devers toi est la source de la vie, en Ta lumière nous verrons la lumière » (Ps. 36:9). Cette vie a été pleinement manifestée sur la terre dans la personne du Fils de Dieu : « En elle (la Parole) était la vie et la vie était la lumière des hommes. Et la Parole devint chair et habita au milieu de nous » (Jean 1:4, 14). Ceux qui boivent à cette source de vie possèdent en eux une fontaine d’eau vive jaillissant en vie éternelle (Jean 4:14). Dieu est amour, il est aussi lumière (1 Jean 1:5 ; 4:8). En venant sur la terre, Christ a fait briller la lumière ici-bas. Et celui qui reçoit Christ dans son cœur devient lumière dans le Seigneur (Éph. 5:8 en contraste avec Jean 11:10). Un des caractères de la vie divine nous est donné !

 

2                        Autrefois aveugles et dans les ténèbres

Avant de recevoir la vie divine en Christ, nous n’étions pas seulement dans les ténèbres, privés de la lumière, mais aussi ténèbres par nature et moralement aveugles. Les Pharisiens, aveuglés par leur haine et orgueilleusement drapés dans leur propre justice religieuse, étaient foncièrement inconscients de leur état misérable. Or ils entendent le Seigneur dire : « Moi, je suis venu dans ce monde pour le jugement, afin que ceux qui ne voient pas, voient ; et que ceux qui voient deviennent aveugles » (Jean 9:39). Il établit une discrimination irréfutable, mettant à nu l’état réel de l’homme qui était caché sous des apparences extérieures. Alors ces Pharisiens demandent : « Et nous, sommes-nous aussi aveugles ? ». Celui qui est la Vérité (Jean 14:6) leur répond : « Si vous étiez aveugles (ils l’étaient mais refusaient de le reconnaître !), vous n’auriez pas de péché ; mais maintenant vous dites : nous voyons ! — votre péché demeure » (Jean 9:41). Se reconnaître aveugle, sentir son état de péché, voilà ce qui donne la vue et délivre du péché. Mais ces hommes étaient « aveugles et conducteurs d’aveugles » (Matt. 15:14). ,

 

3                        Marcher comme des enfants de lumière

L’aveugle-né guéri rendait avec simplicité ce témoignage : « Je sais une chose, c’est que j’étais aveugle, et que maintenant je vois » ! (Jean 9:25). Les brebis du Seigneur sont exhortées à marcher comme des enfants de lumière, à porter ce caractère reçu de leur Père et à produire le fruit qui en découle : bonté, justice et vérité. Marcher nécessite du discernement quant au chemin à suivre, pour chaque pas que l’on doit faire. L’apôtre Paul demande que nous soyons remplis de la connaissance de Sa volonté, pour marcher d’une manière digne du Seigneur, pour Lui plaire à tous égards (Col. 1:9). Plaire à Dieu n’est pas facultatif, mais une nécessité : plus notre relation avec Dieu sera intime et plus elle nous maintiendra dans le chemin béni des enfants de lumière.

 

4                        2 Pierre 1:4-5a

Ne pensons pas que la « participation à la nature divine » et aux très grandes et précieuses promesses produise nécessairement en nous une conduite à la gloire de Dieu ! Le croyant doit se les approprier, s’appliquer à les acquérir et à les mettre en pratique, avec l’aide constante du Saint Esprit. C’est seulement de cette manière que les fils de la lumière peuvent s’affermir dans la connaissance du Seigneur Jésus (2 Pier. 1:2, 3, 8). Leur désir est de joindre avec diligence à leur foi les qualités spirituelles mentionnées dans cette épître.

 

5                        2 Pierre 1:5b-6

La vertu est la première nommée dans ce passage : elle doit s’ajouter à la foi. C’est l’énergie spirituelle indispensable pour être en mesure de fuir les convoitises, se séparer du mal et chercher les choses qui sont en haut. Elle doit être accompagnée de la connaissance qui éclaire le croyant sur la pensée de Dieu, le dirige et le garde de toutes sortes d’erreurs. Il faut qu’un enfant de Dieu acquière aussi la tempérance, sans laquelle on ne peut garder le contrôle de soi et éviter les excès. Il doit honorer Dieu par sa sobriété (1 Cor. 9:26-27). À la tempérance se joint la patience : elle fait briller la foi chez le chrétien, à travers les difficultés, quelles qu’elles soient. Le Seigneur est patient envers tous (2 Pier. 3:9, 15) : Il enseigne aux siens à user de la même patience au milieu des épreuves (2 Tim. 4:5 ; Jacq. 5:11).

 

6                        2 Pierre 1:7

La piété « utile à toutes choses » permet la mise en pratique de tous les caractères spirituels que l’on vient d’évoquer. C’est une relation étroite et constante avec Dieu (1 Tim. 4:8). L’affection fraternelle, liée à la piété, est un fruit de la vie divine à l’égard de ses frères (Jean 15:35). L’amour enfin, ce lien de la perfection, aide à comprendre où l’affection fraternelle trouve sa source : en Dieu lui-même ! C’est vraiment l’anneau principal qui procure toute sa solidité à l’ensemble de cette chaîne de vertus chrétiennes.

 

7                        2 Pierre 1:8

Si d’aussi précieux caractères abondent, un vrai témoignage est rendu devant tous. Il devient évident que ce chrétien connaît le Seigneur et désire l’honorer ! Impossible de rester immobile dans la vie chrétienne : on avance ou l’on recule. S’appliquer à cultiver de ces dispositions intérieures, préserve du danger de rester oisif, autrement dit inactif, ou d’être stérile — c’est à dire sans porter de fruit. Alors la conduite est digne du Seigneur ! Gardons un œil simple, droit, sincère, sans détour, fixé exclusivement sur Christ : dans ces conditions le corps tout entier sera rempli de lumière (2 Pier. 1:8 ; Matt. 6:22-23 ; Luc 11:34-36).

 

8                        2 Pierre 1:9

Si l’on va de l’avant appuyé sur Christ, Il communique à son racheté force et sécurité. Par contre, si l’on « bat en retraite » dans sa vie spirituelle, le danger grandit de défaillir en chemin. Un chrétien qui se laisse séduire par le monde et ses attraits trompeurs perd rapidement son discernement spirituel et devient aveugle (Jean 9:39-41 ; Apoc. 3:14). Il marche à tâtons, dans l’obscurité, ses yeux ne sont plus fixés sur l’invisible, sur ce qui est éternel. Affligé par une myopie spirituelle, il ne voit pas loin. Préoccupé des choses de la terre, sa vue est limitée aux choses qui se voient, c’est à dire passagères (2 Cor. 4:18). Les convoitises l’attirent (1 Jean 2:16) : lui qui a été sanctifié, peut donc en venir à oublier la purification de ses péchés d’autrefois. Pourtant il a été arraché à la souillure où il se vautrait sans honte avant sa conversion (2 Pier. 1:9 ; 2:22). Ce racheté en chute ne réalise plus dans sa pratique journalière la délivrance du péché. Il suit un chemin qui le ramènera, si Dieu ne l’arrête pas, dans ce bourbier dont la grâce l’avait délivré ! Si la conscience cesse d’être délicate, on peut très vite en arriver à traiter de façon légère certains de ces péchés odieux qui ont rendu nécessaire la mort du Fils de Dieu à notre place afin de nous sauver de la colère qui vient !

 

9                        Étrangers et forains ici-bas ?

Le début de cette épître de Pierre, avec ses exhortations et ses avertissements, s’adresse à notre conscience et à notre cœur. Considérons quel est notre état spirituel à la lumière de Dieu ? Peut-être avons-nous convoité et cherché à acquérir toutes les facilités et le confort que ce monde périssable, domaine de Satan, est disposé à procurer à tous ceux qui acceptent de suivre son train, et nous sommes-nous ainsi éloignés de Christ (Éph. 2:2) ? Ne faut-il pas reconnaître que, loin de rester étrangers et forains sur la terre, nous nous sommes installés ici-bas comme si nous devions y rester toujours ? Notre manière de vivre diffère-t-elle vraiment de celle des incrédules ? Nos tentes de pèlerins ne laissent-elles pas souvent à désirer ? Déjà du temps du résidu de Juda, la maison de Dieu était dévastée. Le prophète Aggée adresse des reproches à ceux que Dieu, dans Sa miséricorde, avait fait remonter de la captivité. Au lieu de rebâtir en priorité cette Maison (Agg. 1:8), ils habitaient leurs maisons lambrissées. Ils disaient : « Le temps n’est pas venu, le temps de la maison de l’Éternel pour la bâtir » (Agg.1:2). Ce qui passait peut-être pour de l’humilité, n’était véritablement qu’un manque d’amour, et aussi de zèle. Ils consacraient l’essentiel de leur temps et de leurs forces à la recherche de leurs aises (Agg. 1:3-5 ; Amos 6:4).

 

10                  Nos demeures

Quel usage fait-on de sa propre demeure ? On doit se rappeler l’attitude de Lydie, la marchande de pourpre qui servait Dieu à Thyatire. À peine convertie, elle dit aux apôtres : « Si vous jugez que je suis fidèle au Seigneur, entrez dans ma maison, et demeurez-y ». Ensuite elle « les y contraignit ». Elle avait une famille, mais elle ne voulait pas pour autant vivre égoïstement repliée sur elle-même. Elle s’appliquait à l’hospitalité. Il faut y veiller (Act. 16:15 ; Héb. 13:1-2). Faisons-nous par pure grâce partie de ces enfants de Dieu toujours prêts à ajouter avec joie à notre table familiale « les rallonges de l’amour » ?

 

11                  Vanités

Il est fort à craindre que nos vies ne soient fort encombrées par une multitude de choses inutiles. Conduits par un amour exclusif pour le Seigneur, ôtons résolument tout ce qui se révèle nocif ou tout simplement sans importance (Gen. 35:2) ! Imitons l’apôtre, ne gardons que l’essentiel ! Il peut dire en vérité : « Mais les choses qui pour moi étaient un gain, je les ai regardées, à cause du Christ, comme une perte ». Il les considérait même comme des ordures, ayant un désir impérieux : « gagner Christ » (Phil. 3:7-8) !

 

12                  Exemple d’Abraham

Un autre exemple particulièrement utile se voit dans la vie d’Abraham. L’Éternel avait commandé à ce patriarche après que Lot, attiré par les riches plaines du Jourdain, se soit séparé de lui : « Lève tes yeux… tout le pays que tu vois, je te le donnerai, et à ta semence pour toujours » (Gen. 13:14-15). Il y avait 318 hommes exercés, nés dans sa maison : son camp devait être très grand ! Mais cet homme pieux choisit, tout en bâtissant un autel, de vivre à Hébron sous une tente Gen. 13:14-18). Le seul terrain qu’il acquiert est celui où se situe la caverne de Macpéla. Elle lui sert de sépulcre pour les siens d’abord, pour lui ensuite (Gen. 23:17-20).

Quels sont donc ses motifs ? « Par la foi, il demeura dans la terre de la promesse comme dans une terre étrangère, demeurant sous des tentes avec Isaac et Jacob, les cohéritiers de la même promesse ; car il attendait la cité qui a les fondements, de laquelle Dieu est l’architecte et le créateur » (Héb. 11:9-10). Ses regards n’étaient pas fixés sur les choses qui se voient. Ses biens terrestres avaient pourtant augmenté (Gen. 13:2) mais il n’y mettait pas son cœur (Ps. 62:10) ! Depuis longtemps Lot habitait dans la méchante ville de Sodome, un choix qui aura de terribles conséquences. Abraham a compris que vivre sous des tentes convenait mieux au caractère temporaire de son séjournement ici-bas.

 

13                  Exemple vis-à-vis des enfants

Cette génération qui vient (Ecc. 1:4), nos propres enfants d’abord, ne vont-ils pas souvent imiter notre façon de vivre ? Leurs yeux enregistrent aussi bien que leurs oreilles. Quel est l’exemple que notre conduite leur donne ? Notre comportement personnel les engage-t-il à devenir des pionniers, à suivre le Seigneur quoiqu’il leur en coûte ? Un pionnier s’installe sur des terres incultes pour les défricher. Il fraye le chemin, il ouvre la voie comme Paul désirait le faire (Rom. 15:23-24).

Ce n’est pas notre voiture ou le genre de vacances que nous prenons qui suffit vraiment à donner un aperçu de notre état spirituel. C’est l’ensemble de notre marche qui manifeste notre piété ou trahit au contraire nos tendances à la mondanité. Gardons-nous habituellement une réelle séparation avec le monde (2 Cor. 6:14-16) ? Sinon, inévitablement nos pensées seront façonnées par cette fâcheuse compagnie (1 Cor. 15:33). Le Seigneur veut qu’elles soient au contraire « amenées captives à l’obéissance de Christ », notre parfait modèle dans Sa vie ici-bas (2 Cor. 10:5 ; 1 Pier. 2:21-23).

 

14                  Démas

Le prisonnier de Jésus-Christ (Phm. 9), sur le point d’achever sa course ici-bas, presse Timothée de venir le rejoindre. Il lui dit : « Démas m’a abandonné, ayant aimé le présent siècle ; et il s’en est allé à Thessalonique » (2 Tim. 4:10 ; 1 Tim. 6:17). Démas n’était pas disposé à partager les épreuves ultimes de Paul. Il se plaisait dans le présent siècle, un danger toujours actuel. Il ne vivait pas comme Paul qui avait l’éternité pour horizon. Aussi ce compagnon (Phm. 24) l’a-t-il abandonné, le laissant dans un isolement pénible, tout comme les disciples abandonnèrent le Seigneur, lors de son arrestation (Matt. 26:56).

Chers amis, avons-nous devant nous le même horizon céleste que Paul ou restons-nous comme Démas, attachés au « présent siècle » ?

 

15                  Difficultés rencontrées par les serviteurs du Seigneur

Si ceux qui ont le privilège de présenter la Parole, cherchent plus ou moins consciemment à se mettre à l’abri des coups, reculent dans leur vie privée devant un sacrifice ou un renoncement, ils peuvent difficilement espérer convaincre les autres de tout mettre sur l’autel ! Que le Seigneur nous aide à avoir une attitude en accord avec nos paroles.

Travailler pour le Seigneur s’accompagne souvent d’épreuves et de difficultés (Act. 9:16). Labourer un terrain vierge n’est pas aisé, mais il peut en résulter aussi une immense joie (Ps. 126:6) ! Ceux qui y sont appelés ont besoin de beaucoup de courage, de foi et de patience. Ils doivent être prêts à prendre leur part de souffrances comme de bons soldats de Jésus Christ (2 Tim. 2:3 ; 2 Cor. 11:23-33). Il faut s’attendre à être parfois incompris et calomnié. Même si l’évangile est présenté avec simplicité, fidélité et puissance, il peut se faire que l’on crie à l’hérésie. Certains osent dire que croire simplement en Jésus Christ convenait peut-être du temps des apôtres mais ne suffit plus aujourd’hui !

Que Dieu nous garde de vouloir éviter l’opposition, et de risquer ainsi de présenter un évangile frelaté (2 Cor. 11:3-4). Aujourd’hui pour être apprécié dans plus d’un milieu chrétien, il faut éviter de parler du péché ! Si l’on écoute assez volontiers parler de l’amour de Dieu, on oublie qu’il est inséparable de la vérité. On préfère se garder d’aborder les « sujets qui fâchent » !

Ce n’est pas ainsi que l’on agit comme doivent le faire les fils de la Lumière, marchant sur les traces de Celui qui répondait à ceux qui lui demandaient : « Qui es-tu ? » : « Absolument ce qu’aussi je vous dis » (Jean 8:25, 45-46) Dans un tel chemin il y a des souffrances pour Christ et pour maintenir la vérité. Imitons l’apôtre Paul, qui lui-même imitait Jésus-Christ : sans crainte, il se réjouissait qu’à Éphèse une porte grande et efficace lui soit ouverte, même s’il y avait beaucoup d’adversaires (1 Cor. 16:9) !

 

 

Jésus-Christ est la lumière qui vient éclairer mes pas,

Pour qu’en suivant ma carrière mon pied ne s’égare pas.

 

Enfants de lumière, louons chaque jour

Notre tendre Père, car il est amour.