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Deux instruments dans la main de l’Éternel :

 

La veuve de Sarepta et la Sunamite

 

1 Rois 17:9-24  et  2 Rois 4:8-37

 

« Celui qui reçoit un prophète en qualité de prophète, recevra la récompense d’un prophète »
(Matt. 10:41).

 

Leçons de l’épreuve, et comparaison des exercices de ces deux femmes.

 

Philippe Laügt

Août 2005

 

Table des matières :

1     La veuve de Sarepta — 1 Rois 17:9-24

1.1      1 Rois 17:1-7

1.2      1 Rois 17:7-16

1.3      1 Rois 17:17-24

2     La femme de Sunem — 2 Rois 4:8-37

2.1      2 Rois 4:8-10

2.2      2 Rois 4:11-13

2.3      2 Rois 4:14-17

2.4      2 Rois 4:18-37

2.5      La foi devant la mort

 

 

Selon les paroles du Seigneur, recevoir un de ses envoyés c’est Le recevoir et tout ce qui est fait par amour pour Lui ne sera pas oublié. Deux femmes — la veuve de Sarepta de Sidonie et la femme de Sunem — ont eu l’honneur de recevoir un homme de Dieu et de subvenir à ses besoins. L’une a reçu Élie chez elle, et l’autre, Élisée. Elles étaient bien différentes, aussi bien dans les conditions de leur vie journalière que dans leur état spirituel, mais Dieu leur a accordé cette faveur et elles ont été richement bénies !

 

1                        La veuve de Sarepta — 1 Rois 17:9-24

1.1   1 Rois 17:1-7

« Et la parole de l’Éternel vint à Élie, disant : « Lève-toi, va-t-en à Sarepta, qui appartient à Sidon, et tu habiteras là ; Voici, j’ai commandé à une femme veuve de te nourrir ». Or justement elle était sans ressources, nous ne tarderons pas à l’apprendre ! (1 Rois 17:8-9). C’est un ordre divin tout à fait remarquable, soit que nous pensions à Israël et à Élie ou encore à cette pauvre veuve à Sidon (1 Cor. 1:27).

On est surpris de voir le premier des grands prophètes d’Israël réduit à dépendre d’une étrangère pour ses besoins journaliers ! Quel témoignage accablant de l’extrême misère morale qui régnait en Israël ! Le Seigneur rappelle brièvement les faits, longtemps après, dans la synagogue de Nazareth : « En vérité, je vous dis qu’il y avait plusieurs veuves en Israël, aux jours d’Élie, lorsque le ciel fut fermé trois ans et six mois, de sorte qu’il y eut une grande famine par tout le pays ; et Élie ne fut envoyé vers aucune d’elles, sinon à Sarepta de la Sidonie vers une femme veuve » (Luc 4:25-26). Les Juifs se sentent justement repris par Celui qui est venu annoncer de bonnes nouvelles aux pauvres et aux captifs la délivrance (Luc 4:18-19). Ils sont remplis de colère. Jésus met ainsi en évidence la ruine d’Israël, et montre qu’il est venu apporter aussi la grâce aux nations. C’est une pensée intolérable pour ces Juifs, remplis de prétention, imbus de leurs privilèges et pleins de mépris à l’égard des Gentils.

Le prophète Élie doit partager avec les fidèles cachés (Ps. 83:3) les conséquences d’un jugement qu’il est venu prononcer de la part de l’Éternel sur le peuple tout entier. Dieu permet qu’il soit lui aussi « versé de vase en vase » (Jér. 48:11). Il a dû d’abord aller se cacher dans la solitude, au torrent du Kérith, probablement en Galaad. Être mis de côté est pénible pour la chair, mais facile pour la foi dont le bonheur est d’obéir et de rester dépendante. La question essentielle pour un croyant c’est d’être assuré qu’il est où Dieu veut qu’il soit. Déjà dans le désert, le peuple trouvait chaque matin la manne où se trouvait la nuée. L’Éternel nourrit les corbeaux (Luc 12:24) mais ici il a commandé à ces oiseaux naturellement voraces, d’apporter matin et soir à Élie la nourriture nécessaire (1 Rois 17:3-7). Ces messagers pour le moins surprenants, vont donc agir contre leurs instincts naturels, comme auparavant des vaches en train d’allaiter (1 Sam. 6:10-12), mais « toutes choses Le servent » (Ps 119:91).

 

1.2   1 Rois 17:7-16

Toutefois, comme parfois dans nos vies, selon la pensée divine, le torrent va tarir peu à peu et le prophète est appelé à faire un nouveau pas, plus inattendu encore. Laissant cette paisible retraite, il va, sur l’ordre de l’Éternel, quitter sans murmurer le pays d’Israël pour se rendre sur la côte de la Méditerranée, chez une pauvre veuve, qui habite à Sidon, un pays plongé dans l’idolâtrie. Jézabel, l’épouse perverse du roi Achab, alors sur le trône, en était originaire (1 Rois 16:31). Dirigé par son Dieu, Élie rencontre cette veuve dès l’entrée de la ville (1 Rois 17:9). Mais quelles sont ses ressources pour pratiquer l’hospitalité ? Il la met à l’épreuve en lui demandant d’abord un peu d’eau dans un vase, afin de la boire. Puis au moment où elle s’éloigne pour en chercher, il crie : « Prends-moi dans ta main, je te prie, un morceau de pain » (1 Rois 17:10-11). Elle ouvre alors son cœur et la pitoyable description qu’elle donne de sa situation suffit à nous éclairer : « L’Éternel ton Dieu est vivant, que je n’ai pas un morceau de pain cuit, rien qu’une poignée de farine dans un pot et un peu d’huile dans une cruche ; et voici, je ramasse deux bûchettes, afin que j’entre et que je prépare cela pour moi et pour mon fils ; puis nous le mangerons et nous mourrons » (1 Rois 17:12). À vue humaine, les perspectives sont des plus sombres. Il faut la foi pour s’élever au-dessus des impossibilités et compter sur Dieu seul. Qu’importe alors si le pot de farine est à peu près vide et le vase d’huile presque tari à vue humaine ? Le croyant compte sur cette Main libérale, qui peut et veut répondre aux besoins de sa créature.

Si Élie avait marché par la vue, il aurait été découragé en constatant la misère de cette veuve. Mais il ne doute pas des soins de l’Éternel. Il sait, par expérience, que Dieu peut prendre des corbeaux pour accomplir ses desseins. Il peut tout aussi aisément se servir d’une pauvre femme sans ressource, à Sa gloire !

Quand l’homme touche à la fin de ses ressources et le reconnaît, Dieu peut intervenir et répondre à tous les besoins de sa créature (Phil. 4:19). Il va montrer ici sa puissance en faveur de son envoyé (1 Cor. 9:7 ; Luc 22:35) et de cette habitante de Sarepta, dans sa misère extrême. Chacun, autour d’eux en sera témoin. Dans cette scène, comme si souvent dans l’Écriture, l’amour de Dieu se déployait en faveur de ceux qui sont étrangers et forains : ils deviennent « concitoyens des saints et gens de la maison de Dieu » (Éph. 2:17-19).

Mais la grâce doit presque s’imposer à cette veuve. La bonté de Dieu la pousse à la repentance (Rom 2:4). Son cœur s’était aigri, brisé par la souffrance, mais elle va accepter la part précieuse que l’Éternel lui destinait. Le prophète lui dit : « Ne crains point… seulement fais premièrement de cela un petit gâteau et apporte-le moi ». Elle devait donner à Dieu la première place, comme nous devons le faire, même dans la plus grave crise de notre vie. Notons que cette farine et cette huile, utilisées en quantité convenable, formaient l’essentiel d’un sacrifice de prospérité, agréable à l’Éternel, selon le livre du Lévitique.

Dieu fait ensuite à cette veuve de merveilleuses et surprenantes promesses : « Le pot de farine ne s’épuisera pas, et la cruche d’huile ne manquera pas jusqu’au jour où l’Éternel donnera de la pluie sur la face de la terre » (1 Rois 17:14 ; Héb. 13:5-6). Elle reçoit ces paroles et montre alors une confiance en Dieu rarement égalée : « Elle s’en alla et fit selon la parole d’Élie » (1 Rois 17:15). Nous sommes souvent lents aussi à ouvrir une bouche que le Seigneur se propose de remplir (Ps. 81:10) ! Appuyons-nous résolument sur les promesses divines, ce sont des certitudes pour la foi ! (2 Pi. 1:4). L’amour parfait chasse la crainte. Connaissons-nous Jéhovah-Jiré, c’est à dire « en la montagne de l’Éternel, il y sera pourvu » (Gen. 22:14) ?

 

1.3   1 Rois 17:17-24

Dieu, dans son amour, continue d’enseigner cette veuve en permettant une nouvelle épreuve. Des expériences toujours plus profondes sont nécessaires pour faire des progrès dans Sa connaissance. « Et il arriva, après ces choses, que le fils de la femme, maîtresse de la maison, tomba malade ; et sa maladie devint très-forte, de sorte qu’il ne resta plus de souffle en lui. Et elle dit à Élie : Qu’y a-t-il entre moi et toi, homme de Dieu ? Es-tu venu chez moi pour mettre en mémoire mon iniquité et faire mourir mon fils ? » (1 Rois 17:17-18). De telles paroles ne manifestent pas la dignité d’une âme en communion habituelle avec Dieu ni le calme et la soumission d’un enfant de Dieu qui, dans l’épreuve, trouve un refuge dans Son intimité (Jér. 17:17). L’absence de soumission est une réelle entrave au travail divin, mais la question « es-tu venu chez moi pour mettre en mémoire mon péché ? » montre que la conscience de la veuve est réveillée. Elle pense qu’il y a un rapport entre la mort de son fils et tel ou tel fait, telle ou telle habitude longtemps ancrée et cachée dans sa conduite passée.

Pour tirer réellement profit du travail que le Seigneur veut opérer en lui, le croyant doit se tenir dans sa lumière (Ps. 36:9). « Aucune discipline, pour le présent, ne semble être un sujet de joie, mais de tristesse ; mais plus tard, elle rend le fruit paisible de la justice, à ceux qui sont exercés par elle » (Héb. 12:11). Ces mots : « plus tard » et « exercés » ont une signification profonde qu’il faut apprendre à discerner !

La veuve de Sarepta semble donc penser que la présence du prophète dans sa maison a attiré l’attention du Seigneur qui s’est souvenu de ses péchés et l’a châtiée en lui retirant son fils. Il est vrai que la mort est le salaire du péché (Rom. 6:23). Mais le croyant du Nouveau Testament sait que Dieu a jeté tous ses péchés derrière son dos et qu’Il ne s’en souviendra plus jamais (És. 38:17 ; Héb. 10:17). Désormais, au lieu de voir les péchés de ses rachetés, Il trouve Sa joie et Son repos dans le sang versé une fois pour toutes par son Fils bien-aimé à la croix. Son œuvre efface à jamais le péché et les péchés.

Quel est le but que Dieu poursuit quand il discipline ou châtie ? C’est « afin que nous participions à Sa sainteté » (Héb. 10:10). Ce n’est pas pour nous punir pour ces péchés qui ont déjà été jugés sur Celui qui les a portés en son corps sur le bois (1 Pi. 2:24). Mais Il prend soin des Siens et « quand nous sommes jugés, nous sommes châtiés par le Seigneur, afin que nous ne soyons pas condamnés avec le monde » (1 Cor. 11:32).

Il faut être au clair à ce sujet. D’une part notre communion personnelle avec Lui s’en trouvera fortifiée. D’autre part, nous serons gardés de tomber dans cette fâcheuse attitude de supposer le mal dès qu’une personne de notre entourage est éprouvée. Nourrir de telles pensées est une faute grave (Ps. 41:6-8), contre laquelle la Parole met fortement en garde (Matt. 7:1-2).

Toute cette scène parle de Christ : Élie en est l’image. « Il dit à cette veuve : Donne-moi ton fils ». Dans la chambre haute où il habitait, il se tient devant Dieu et crie (1 Rois 17:20, 21 ; Ps. 119:145). L’Éternel écoute sa prière simple et ardente en faveur de celle qui l’a si bien reçu, et fait revenir l’âme de l’enfant en lui. Le prophète redescend avec l’enfant et le donne avec calme et dignité à sa mère : « Vois, ton fils vit ».

Alors les heureux effets de la discipline se font sentir chez la veuve de Sarepta. Elle connaît désormais la puissance de la résurrection qui délivre de la mort. Elle déclare : « Maintenant, à cela je connais que tu es un homme de Dieu et que la Parole de l’Éternel dans ta bouche est la vérité » (1 Rois 17:23-24). Pour arriver à cette conclusion, un miracle avait été nécessaire. Enseignée par le travail patient de Dieu, elle a appris à connaître Son immense grâce ! Que de vérités nous professons, qui doivent être expérimentées tôt ou tard dans notre vie. Au temps convenable, Dieu enverra, si nécessaire, les eaux profondes de l’affliction. Sous l’action de la discipline, chacun doit apprendre à se soumettre pour son bien au « Père des esprits » (Héb. 12:9 ; Deut. 8:16).

 

2                        La femme de Sunem — 2 Rois 4:8-37

2.1   2 Rois 4:8-10

On constate que les exercices spirituels de la Sunamite ne sont pas au même niveau que ceux de la veuve de Sarepta. « Un jour, il arriva qu’Élisée passa par Sunem ; et il y avait là une femme riche (ou : de distinction), et elle le retint pour manger le pain. Et il se trouva que, chaque fois qu’il passait, il se retirait là pour manger le pain. Et elle dit à son mari : Voici, je connais que c’est un saint homme de Dieu qui passe chez nous continuellement » (2 Rois 4:8-9). Elle possède déjà un discernement spirituel que la veuve de Sarepta n’avait acquis qu’après avoir traversé de grandes afflictions. À l’école où Dieu se plaît à former les siens, la Sunamite se trouvait dans une classe plus avancée que celle où était la veuve de Sarepta. Le comportement de la Sunamite montre qu’elle a déjà acquis un bon degré (1 Tim. 3:13). Sa dignité, l’élévation de ses pensées appartiennent à ceux qui entrent habituellement dans le sanctuaire.

Toutefois c’est la même vraie grâce de Dieu (1 Pi. 5:12) qui prend soin de ces deux femmes, comme de chaque croyant. Les fruits produits sont en rapport avec l’état spirituel qui est le leur au moment du récit conservé dans la Parole. Les différences que l’on constate entre ces deux femmes ne découlent pas essentiellement des circonstances différentes dans lesquelles elles se trouvent. Toutefois on comprend que la veuve de Sarepta soit troublée dans son cœur et dans ses pensées du fait de sa grande misère. Elle touche à la fin de ses ressources, elle voit ses plans détruits, et se désole (Job 17:11). Elle s’efforce de sauvegarder le peu qu’elle possède encore, mais justement elle doit apprendre à s’abandonner sans réserve à la bonté de ce Dieu qu’elle connaît encore à peine. La Sunamite est riche, mais, soulignons-le, elle est avant tout riche en foi. Elle a déjà beaucoup appris dans sa communion avec Dieu. Du fait de sa confiance en Lui, elle est une exception dans sa génération et trouve une place dans la lignée de ces témoins dont parle Hébreux 11 et 12.

Le prophète Élie, conduit par l’Éternel, a dû contraindre la veuve de Sarepta à lui préparer premièrement un petit gâteau. Elle montre ainsi, dans sa pénurie, une foi encore faible mais réelle (1 Rois 17:13 ; Luc 21:4), et après ce petit commencement, sa maison sera abondamment bénie (Mal. 3:10).

La pieuse Sunamite use libéralement de ses ressources en faveur d’Élisée, qui se sent immédiatement à l’aise chez elle. On pense à ce logis de Marthe, Marie et Lazare, où le Seigneur s’est si souvent rendu.

Quel beau témoignage peut être rendu à l’égard d’Élisée ! La Sunamite a pu discerner des caractères de séparation et de consécration chez son invité. Elle garde sa place et consulte son mari avant de lui préparer une chambre (2 Rois 4 :9). Elle comprend parfaitement qu’une extrême sobriété sied à la chambre de ce prophète. Un luxe, même relatif, mettrait Élisée mal à l’aise (2 Rois 4:9-10). Il n’y avait plus de place dans ce cœur pour les vanités du monde. Il avait abandonné ses bœufs et toute son aisance pour servir le Seigneur (1 Rois 19:20-21).

 

2.2   2 Rois 4:11-13

La parole que le prophète reconnaissant adresse à cette Sunamite pour s’enquérir de ses désirs éventuels est l’occasion de manifester sa piété et son contentement : « J’habite au milieu de mon peuple » (2 Rois 4:13 ; 1 Tim. 6:6). Par cette belle réponse, elle s’identifie, elle aussi, avec son peuple, une nation sur laquelle le jugement de Dieu est suspendu. Les honneurs de ce monde n’ont aucun attrait pour elle, elle préfère rester dans la simplicité. Les choses que l’homme place en haut, Dieu les place en bas.

Comment aurions-nous répondu à une telle question ? Conscient de la ruine présente de l’Église, un racheté fidèle est disposé à prendre sa part de souffrances, où Dieu l’a placé, dans l’assemblée. Il se montre ainsi attaché en pratique à ce que le Seigneur a établi dès le commencement (Matt. 16:18).

Les conditions de vie de ces deux femmes sont tout à fait dissemblables, mais leurs exercices, dans un sens, sont orientés dans le même sens par Celui qui aime tous les siens. La Sunamite jouissait déjà d’un degré plus élevé de communion, au moment où l’Écriture en parle. Ses paroles, ses actes, son comportement au jour de l’épreuve, tout confirme une plus grande proximité avec Dieu.

 

2.3   2 Rois 4:14-17

Toutefois il y avait une souffrance cachée dans son cœur. Un besoin que ni le roi ni le chef de l’armée ne pouvaient satisfaire (2 Rois 4:13). Elle aurait voulu un objet pour ses affections. La stérilité était une grande épreuve pour ces femmes pieuses en Israël. Leur sainte ambition était d’entrer dans la lignée du Messie. Averti par Guéhazi, Élisée fait appeler cette femme fidèle et lui fait des promesses qui rappellent celles qui avaient été adressées à Sara (Gen. 18:10, 14) : « À cette même époque, quand ton terme sera là, tu embrasseras un fils » (2 Rois 4:16). Quelle immense joie pour cette personne pieuse !

 

2.4   2 Rois 4:18-37

Mais hélas, alors que l’enfant est né et commence à grandir pour la joie de ses parents, quelques heures suffisent pour le perdre : la mort fait son œuvre : tout semble perdu ! Cependant la foi et l’espérance de la Sunamite restent intactes. Comme le patriarche, elle se repose sur la puissance vivifiante du Dieu de la résurrection et ne doute pas qu’Il puisse agir dans sa propre vie (Job 19:25). Il est seul en mesure d’apporter une réponse à sa totale incapacité devant cet enfant mort. Elle a déjà serré de grandes vérités dans son cœur. Dieu va lui faire suivre un sentier plus élevé encore !

La veuve de Sarepta, courbée vers son pot et sa cruche presque vides, ne voyait plus d’autre issue que la mort (1 Rois 17:12). Mais la Sunamite a les yeux fixés sur le Dieu de résurrection, en contraste absolu avec cette terre où règne la mort et la stérilité. Sa foi attend de grandes choses du Dieu Vivant : elle ne sera pas déçue ! Il lui a déjà accordé « d’embrasser un fils » (2 Rois 4:16), elle va maintenant le recevoir en résurrection. Elle ne s’attend pas seulement à un Dieu de providence qui, dans son amour fidèle, peut renouveler miraculeusement le contenu d’un pot de farine et d’une cruche d’huile, mais au Dieu de la Résurrection, à Celui qui vivifie les morts. Amener une âme à Christ suppose aussi un grand travail ; il faut instamment supplier le Seigneur d’agir : Lui seul peut opérer la conversion ; mais quant à à notre responsabilité, il faut s’appliquer à garder, si telle est la volonté de Dieu, un contact étroit et durable avec l’âme où un tel travail est en cours (2 Rois 4:33-35 ; Matt. 6:6).

 

2.5   La foi devant la mort

Remarquons l’attitude de la Sunamite devant la puissante manifestation de la grâce divine. Suite à cette simple parole d’Élisée : « Prends ton fils », la Sunamite « vint et tomba à ses pieds, et se prosterna en terre » ; puis elle prend son fils et sort en silence (2 Rois 4:36-37) : Sa foi est pleinement récompensée (Héb. 11:35).

La veuve de Sarepta s’était trouvée, elle aussi, en présence de la mort, mais sans rien connaître encore de la résurrection. Il lui a fallu descendre dans la vallée des pleurs pour comprendre la merveilleuse bonté de ce Dieu qui lui a fait retrouver son fils.

La Sunamite, par contre, avait reçu d’en Haut la force de résister à de longues heures de route, malgré l’angoisse qui a suivi le décès de son fils. Elle a du parcourir plus de cinquante kilomètres pour aller au Mont Carmel et revenir chez elle. Sans une plainte, elle se confie fermement dans la puissance de la résurrection (voir Phil. 3:10).

Ne sommes-nous pas souvent de ceux qui se contentent de vivre au même niveau spirituel que la veuve de Sarepta, au lieu de chercher à respirer « l’air des cimes » ? Désirons-nous marcher au contraire sur les lieux élevés où se mouvait habituellement la Sunamite ? (Hab. 3:19). Peut-être nous suffit-il de voir la Providence remplir libéralement notre pot et notre cruche ; sans rechercher cette communion plus profonde, qui se goûte seulement en compagnie de ce Dieu qui ressuscite les morts !

 

La Sunamite ne pouvait partager sa souffrance ni avec son mari, qui se montre surpris de ses désirs (2 Rois 4:23), ni même avec un Guéhazi, serviteur finalement infidèle d’Élisée : Ils n’étaient pas en mesure de la comprendre. Elle referme la porte de la chambre du prophète sur son fils mort (2 Rois 4:21) ; le seul qui est désormais habilité à entrer est le Dieu de Résurrection ; Il remplira cette chambre obscure de Sa lumière et des accents de la vie. La foi sait que Dieu peut accomplir ce miracle. À ces questions : « Tout va-t-il bien ? L’enfant va-t-il bien ? », elle répond simplement : « Bien », même si ce terme cache en fait une douleur d’autant plus profonde qu’elle ne peut la partager avec ses interlocuteurs (2 Rois 4:26). Son âme est soutenue par l’assurance que le Tout-Puissant dont l’homme de Dieu est le représentant, demeure Le Même et peut encore agir selon les merveilles qu’Il a déjà commencé à faire (Phil. 1:6). Elle ne veut pas quitter le prophète et celui-ci accepte de la suivre (2 Rois 4:30). Quand Dieu agit par le moyen d’Élie, elle se prosterne et adore en silence.

Frères et sœurs, ayons la certitude que pour chaque croyant tout est toujours bien : « Nous savons que toutes choses travaillent ensemble pour le bien de ceux qui aiment Dieu, de ceux qui sont appelés selon son propos » (Rom. 8:28). Apprenons, en suivant l’exemple de cette Sunamite, à marcher avec Lui d’une manière toujours plus vraie et plus intime. Soyons assurés que Celui qui a commencé en nous une bonne œuvre, l’achèvera jusqu’au jour de Christ (Phil. 1:6).

 

 

 

De ta grâce salutaire

L’œuvre s’accomplit en nous,

Et nous sommes ton salaire,

Ô Jésus céleste époux.

 

Tu nous as donné la vie :

Que notre âme chaque jour,

À ton joug soit asservie,

Heureuse dans ton amour.