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DAVID ÉTAIT FATIGUÉ    2 Sam. 21 v. 15-22 ; Ps. 71

 

 

Philippe Laügt

 

Les sous-titres ont été ajoutés par Bibliquest ; ME 1991 p. 309-316

Table des matières :

1     Un Psaume pour le temps de la vieillesse

2     Appuyé sur l’Éternel depuis sa jeunesse

3     L’épreuve de la prospérité — Chute, confession, restauration

4     Retour des ennemis au temps de la vieillesse

4.1      Être vigilant

4.2      Comment vaincre les géants

4.3      Fatigue et affaiblissement

4.4      L’ennemi redouble d’efforts

4.5      Aider son frère affaibli

4.6      Les jeunes aidant les plus âgés, et ceux-ci ne baissant pas les bras

5     Que la gloire revienne à Dieu seul !

 

 

1                    Un Psaume pour le temps de la vieillesse

Plusieurs ont pensé que le Psaume 71 avait peut-être été composé par David, à un âge déjà avancé. Quoi qu’il en soit, ce Psaume s’applique de façon remarquable aux circonstances traversées par ce serviteur de Dieu à la fin de sa vie. La requête présentée est touchante : «Ne me rejette pas au temps de ma vieillesse ; ne m’abandonne pas quand ma force est consumée... jusqu’à ce que j’annonce ton bras à cette génération, ta puissance à tous ceux qui viendront» (v. 9 et 18). La réponse divine se trouve au chapitre 46 d’Ésaïe : «Jusqu’à votre vieillesse je suis le Même, et jusqu’aux cheveux blancs, je vous porterai... et je délivrerai» (v. 4).

 

2                    Appuyé sur l’Éternel depuis sa jeunesse

Dès sa jeunesse, David s’était appuyé sur l’Éternel (Ps. 71:5, 6, 17). Seul au désert, il avait gardé son troupeau et il avait éprouvé la puissance de Dieu en réponse à sa foi. Cette expérience avait été déterminante pour la suite de sa vie et de son service. Dans notre jeune âge, n’avons-nous pas souvent tendance à nous appuyer sur notre énergie naturelle ? Le Seigneur doit nous apprendre à quel point nous sommes faibles. Plus tard, David dira à Saül : «L’Éternel qui m’a délivré de la patte du lion et de la patte de l’ours, lui me délivrera de la main de ce Philistin» (1 Sam. 17:37). D’où sa confiance pour s’opposer, jeune berger d’apparence si fragile, à Goliath.

Ce terrible champion de la Philistie faisait, par sa seule présence sur le front des troupes, s’enfuir tous les hommes d’Israël (1 Sam. 17:4-11). Mais à ce géant, bardé de toutes ses armes, qui le méprisait, David disait : «Je viens à toi au nom de l’Éternel des armées, du Dieu des troupes rangées d’Israël, que tu as outragé. En ce jour, l’Éternel te livrera en ma main» (1 Sam. 17:45, 46). De fait, une seule des cinq pierres lisses choisies dans le torrent, conduite par Dieu, suffisait pour jeter définitivement à terre cet ennemi.

Combien les paroles de David étaient justes : «Ce n’est ni par l’épée, ni par la lance, que l’Éternel sauve : car la bataille est à l’Éternel» (1 Sam. 17:47). Et il en est toujours ainsi (2 Cor. 10:4). Malgré le triste état d’Israël, Dieu s’est plu à répondre à la foi de son humble serviteur. Le peuple est prompt à célébrer la victoire, mais sans en tirer les leçons nécessaires et retourner avec humiliation vers Dieu. Seul Jonathan reconnaît en David un homme de foi et s’attache à lui par amour, prêt à se dépouiller en sa faveur.

Les Philistins, eux, se souviendront de leur défaite. Ils craindront toujours David, et plus tard, leurs princes s’opposeront à ce qu’il monte avec eux livrer combat à Israël (1 Sam. 29:4, 5). Dieu se servira de cette défiance pour délivrer son serviteur, fourvoyé chez l’ennemi, alors que Saül le poursuivait de sa haine tenace.

Le fils d’Isaï traverse de nombreuses et amères détresses (Ps. 71:20). Mais l’Éternel qui l’a choisi pour paître Jacob, son peuple (Ps. 78:70, 71 ), lui est merveilleusement en aide. Caché tour à tour dans le creux du rocher ou dans le lieu fort, le futur roi est délivré de dangers pressants et souvent subtils. Il est si fréquemment l’objet de la grâce de Dieu, qu’aux yeux de plusieurs, il est «comme un prodige» (Ps. 71:7). D’ailleurs il peut dire : «Tu as donné commandement de me sauver» (Ps. 71:3). C’est le temps où Abigaïl peut lui rendre ce témoignage, qui se révèle être aussi un avertissement sérieux : «Mon Seigneur combat les combats de l’Éternel, et la méchanceté n’a jamais été trouvée en toi » (1 Sam. 25:28).

 

3                    L’épreuve de la prospérité — Chute, confession, restauration

Une nouvelle épreuve l’attend, celle de la prospérité matérielle. Devenu souverain, comblé d’honneurs, ayant vaincu la plupart de ses ennemis et étendu ses limites, voilà David qui cherche, au mépris des enseignements de la loi, à satisfaire ses convoitises charnelles, convoitises qui font toujours la guerre à l’âme (Deut. 17:17 ; 2 Sam. 5:12, 13).

C’est à tort que David a pris l’habitude de confier à Joab l’honneur et les responsabilités qui n’incombent qu’à lui-même, de marcher à la tête des armées (2 Sam. 10:7). Demeuré oisif sur son lit de repos, «au temps où les rois entrent en campagne» (2 Sam. 11:1), il ne peut plus compter sur la grâce protectrice de Dieu. Il tombe dans un terrible péché. Il n’avait pas fait alliance avec ses yeux, comme Job (Job 31:1). Quiconque désobéit ainsi sciemment à la parole de Dieu, doit s’attendre à en récolter les fruits amers (Gal. 6:7, 8). Nous ne sommes jamais à l’abri d’une défaillance et nous avons grand besoin de veiller et de prier pour ne pas entrer en tentation. Le secret de notre prospérité spirituelle est lié à une communion entretenue avec le Seigneur.

De longs mois passent, sans repentir apparent. Plus tard, David reconnaîtra que sa vigueur spirituelle s’était changée en une sécheresse d’été (Ps. 32:4), mais d’abord il n’en a pas conscience. Alors, dans son amour, Dieu lui envoie Nathan le prophète, qui l’éclaire sur la gravité de sa chute, et le roi se repent sincèrement. La grâce le restaure, mais il reste affaibli par cette tragédie. Le péché peut nous faire perdre des privilèges qui ne seront pas toujours retrouvés. Dans son gouvernement, Dieu laisse parfois subsister dans nos vies des conséquences de nos fautes (2 Sam. 12:10-14). Satan est toujours aux aguets pour tirer parti de nos défaillances. S’il a réussi à entraîner un croyant dans le mal, il cherchera ensuite à l’accabler sous les effets souvent trop visibles de ses péchés. C’était le cas des vêtements sales de Joshua, le souverain sacrificateur (Zach. 3) ! Mais l’accusateur dut entendre : «Que l’Éternel, qui a choisi Jérusalem, te tance ! Celui-ci n’est-il pas un tison sauvé du feu ?».

Il en est de même pour David. L’ennemi ne restera pas inactif durant ses dernières années ici-bas, mais la miséricorde de Dieu sera toujours la plus forte.

 

4                    Retour des ennemis au temps de la vieillesse

Les Philistins pourront harceler à nouveau Israël, chercher à entamer son héritage. «Il y eut encore une guerre... il y eut encore un combat», répète l’Écriture (2 Sam. 21:15, 18, 19, 20).

 

4.1   Être vigilant

On constate avec stupéfaction que le géant est de retour (v. 19). En réalité il s’agit de ses enfants qui reviennent en force (v. 16, 18). Si, faute d’une vigilance entretenue par la Parole et la prière, nous oublions la purification de nos péchés d’autrefois, nous donnons prise à l’Ennemi. La chair qui est en nous jusqu’à la fin «reprend vie». Nos tendances naturelles au péché, tenues jusqu’alors dans la mort, peuvent se manifester à nouveau avec une vigueur accrue. D’où l’exhortation de l’apôtre : «C’est pourquoi, frères, étudiez-vous d’autant plus à affermir votre appel et votre élection, car en faisant ces choses vous ne faillirez jamais» (2 Pierre 1:10).

 

4.2   Comment vaincre les géants

Un géant, dans la Parole, c’est l’image d’un homme rempli d’orgueil, qui cherche à s’élever. Il en existe beaucoup de nos jours aussi, et Satan, en se servant de tels instruments, cherche à nous remplir de crainte et à nous entraîner au compromis avec le monde. Il trouve dans notre redoutable adversaire intérieur, la chair, un allié assuré.

Pour être en mesure de vaincre de tels ennemis, il faut d’abord reconnaître les droits du Seigneur sur nous, en veillant à ne pas lui refuser pratiquement le contrôle de telle ou telle partie de notre vie, ce qui a pour effet d’attrister le Saint Esprit de Dieu (1 Cor. 6:19, 20). Remplis du Saint Esprit, nous serons au contraire capables de prendre part à cette lutte qui n’est pas contre le sang et la chair, mais contre les dominateurs de ces ténèbres, contre la puissance spirituelle de méchanceté qui est dans les lieux célestes (Éph. 6:12).

Dans cette dernière partie de la vie de David, des géants vont entrer successivement en lice. Leur intention est de briser toute résistance au milieu du peuple de Dieu, par leur aspect effrayant et leur force hors du commun. Il se vérifie une fois encore que «ce n’est pas ici un lieu de repos» (Mich. 2:10). David et ses serviteurs doivent à nouveau reprendre la lutte. C’est aussi notre responsabilité, liée au témoignage, de combattre pour la foi qui a été une fois enseignée aux saints (Jude 3).

 

4.3   Fatigue et affaiblissement

David paie bravement de sa personne, mais il n’a plus la même vigueur. Pour la première fois durant la bataille, il sent la fatigue. Elle est liée à l’âge, dira-t-on ; mais peut-être est-elle aussi une conséquence de sa défaillance personnelle. Le péché nous affaiblit. Où est le temps où il célébrait le Dieu qui le ceignait de force, qui enseignait ses mains à combattre, de sorte que ses bras bandaient un arc d’airain (Ps. 18:32-34) ?

 

4.4   L’ennemi redouble d’efforts

C’est à ce moment précis, qu’usant d’une tactique familière, Satan se sert de l’un de ses champions, Jishbi-Benob, dont le nom signifie : «Celui qui habite sur la hauteur». Revêtu d’une armure neuve, brandissant une lance d’airain redoutable, il défie David.

Cette armure neuve rappelle les prétentions des Philistins modernes à interpréter les oracles de Dieu avec leur intelligence naturelle. Que de raisonnements, d’arguments fallacieux, de stratagèmes, Satan est prêt à fournir à ceux qui l’écoutent, pour tenter de mettre en échec l’épée de l’Esprit. Nous avons à soutenir le combat pour détruire «les raisonnements et toute hauteur qui s’élève contre la connaissance de Dieu» (2 Cor. 10:5). Dieu met son armure à notre disposition. Elle n’a nul besoin d’être adaptée ou renouvelée. Elle doit seulement être constamment portée pour déployer la puissance de Dieu contre l’Adversaire.

Sentant que la résistance du roi est amoindrie, Jishbi-Benob se croit assuré de l’abattre : «Dieu l’a abandonné ; poursuivez-le et saisissez-le, car il n’y a personne qui le délivre» (Ps. 71:11). Quelle revanche ce serait pour les Philistins et quelle victoire pour l’Ennemi que de jeter définitivement à terre cet homme de Dieu qui a si longtemps fait échouer leurs plans ! (Ps. 62:3).

Mais Dieu pourrait-il délaisser son serviteur lassé par un pèlerinage éprouvant ? (voir Ps. 37:25). C’est impossible. Un seul, le Juste qui s’était chargé de tous nos péchés, a dû connaître un tel abandon (Ps. 22:1-2, 4-6).

 

4.5   Aider son frère affaibli

Dieu se sert d’Abishaï, le fils de Tseruïa, pour secourir David au moment opportun (Ecc. 4:9, 10). Cet homme aura sa place parmi les hommes forts (2 Sam. 23:18). C’est un privilège pour ceux qui sont forts de venir en aide aux faibles (Gal. 6:2). Soyons prêts à encourager un frère affaibli, découragé, tombé peut-être (Prov. 17:17 ; 2 Tim. 1:16, 17 ; 4:11). Ne passons pas d’un air distrait de l’autre côté de la route (Luc 10:31, 32). Marchons plutôt sur les traces de notre modèle (Luc 7:13).

Les jours de David sur un champ de bataille touchent à leur fin. Lui qui avait été un homme de guerre (1 Sam. 16:18) avait déjà entendu le peuple lui dire avec affection, lors de l’affaire d’Absalom : «Tu ne sortiras point... Maintenant il est bon que, de la ville, tu nous sois en secours» (2 Sam. 18:3). Ici, il entend encore les paroles de ces hommes qui lui sont entièrement dévoués : «Tu ne sortiras plus avec nous pour la guerre, et tu n’éteindras pas la lampe d’Israël» (2 Sam. 21:17). Le peuple craint que celui qu’il aime ne meure dans la bataille.

 

4.6   Les jeunes aidant les plus âgés, et ceux-ci ne baissant pas les bras

Une autre génération se lève. Pour David, comme pour tout serviteur de Dieu qui voit ses forces décliner, c’est un moment difficile. La sollicitude affectueuse et respectueuse qui lui est témoignée par ses frères plus jeunes peut l’atténuer (Lév. 19:32). Quelles que soient nos infirmités, ne baissons pas les bras ; Dieu veut être notre force. La parole de Dieu abonde en exemples d’une vieillesse qui porte des fruits pour Dieu (Ps. 92:14). Citons Caleb, qui offre un contraste instructif avec David. Il reçoit de façon répétée le témoignage d’avoir pleinement suivi l’Éternel. Il peut s’écrier, à 85 ans : «Telle que ma force était alors (45 ans auparavant), telle ma force est maintenant, pour la guerre, et pour sortir et entrer» (Josué 14:9-15). Les trois fils d’Anak, le géant, ne pourront lui résister (Jos. 15:14). Citons aussi Barzillaï : il souffre des infirmités de l’âge avancé, mais il rend de précieux services à David obligé de fuir devant Absalom. Il apporte ce qui est nécessaire pour soulager la fatigue du peuple et répondre à leurs besoins. Aussi le roi l’embrasse et le bénit (2 Sam. 17:27-29 ; 19:39). Retenons encore l’exemple d’Anne, cette femme pieuse, avancée en âge. Elle ne quitte pas le Temple, loue le Seigneur et parle du Messie à tous ceux qui à Jérusalem attendent la délivrance. Heureux service que le sien, malgré le veuvage et le poids des ans ! Elle est présente quand les parents apportent le petit enfant Jésus (Luc 2:36-38).

Ainsi tous ceux qui avancent en âge peuvent prendre part à plus d’un service précieux. Tel celui qui est cité dans ce verset 18 du Psaume 71 : «annoncer ton bras à cette génération, ta puissance à tous ceux qui viendront». Que de fois ils ont vu la gloire du Seigneur et son amour briller dans leurs vies et dans l’assemblée ! Raconter ses bienfaits fortifiera leurs frères qui entrent à leur tour dans la lice (Ps. 78:2-4). La louange, si souvent mentionnée au Psaume 71 (v. 8, 14, 22, 23), et l’intercession qui recherche le bien du peuple de Dieu, ne connaissent aucune limitation liée à l’âge. À la fin de sa course, l’apôtre Paul nous a laissé un exemple bienfaisant d’une telle activité soutenue en faveur des saints, alors qu’il était retenu dans les liens.

Dans ce passage de 2 Samuel 21, d’autres géants paraissent tour à tour et sont vaincus par des hommes de foi, préparés dans la présence de Dieu. Le dernier, fort ressemblant à Goliath, outrage Israël, comme lui. Mais outrager le peuple que Dieu a choisi, c’est attirer Sa colère (Zach. 2:8). Jonathan, un des neveux de David, le frappe. La bonté de Dieu associe David à toutes ces victoires : «Ils tombèrent par la main de David et par la main de ses serviteurs» (2 Sam. 21:22). Nul doute qu’il s’associait intensément dans ses affections et par la prière à toutes ces luttes, si longtemps activement partagées.

En est-il de même pour chacun de nous qui sommes appelés à combattre ensemble d’une même âme, avec la foi de l’évangile, n’étant en rien épouvantés par les adversaires ? (voir Phil. 1:27, 28.)

 

5                    Que la gloire revienne à Dieu seul !

Dieu seul peut opérer de telles délivrances, l’instrument compte peu ; il choisit les choses faibles, viles, celles qui ne sont pas, en sorte qu’aucune chair ne se glorifie devant Dieu.

Un cantique d’actions de grâces, composé par David à la gloire de l’Éternel «le jour où l’Éternel l’eut délivré de la main de tous ses ennemis», suit aussitôt (2 Sam. 22). Arrivé à la borne, il peut contempler toute la miséricorde déployée en sa faveur.

Ce que Dieu a fait pour David, il veut et il peut le faire pour chacun de ceux qui s’attendent à lui (És. 40:31). Jean nous avertit que plusieurs antichrists sont sortis dans ce monde. Tenons fermement l’épée de l’Esprit qui est la parole de Dieu. Sa puissance infinie est la ressource de la foi. Que sa gloire et ses intérêts soient sans cesse d’un grand prix pour nos coeurs !

 

Fidèle discipline

D’un Dieu de sainteté,

Où la grâce divine

Abonde en fruit porté !

 

Tu formes sur la terre

Tes bien-aimés enfants.

Sois loué, tendre Père,

Pour tes soins vigilants !