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AUX JOURS DE SAMUEL

 

 

UNE FLÈCHE POLIE DE SON CARQUOIS — Ésaïe 49:2

 

Laügt Philippe

08 2003

Table des matières :

1     Un homme de Dieu dans des temps troublés

2     1 Samuel ch. 1 — La famille de Samuel

3     1 Samuel 2:1-11

4     1 Samuel ch. 3

5     1 Samuel ch. 4 à 6

6     1 Samuel ch. 7:1-4

7     1 Samuel ch. 7:5-14

8     1 Samuel ch. 7:15-17

9     1 Samuel ch. 8

10      1 Samuel ch. 9

11      1 Samuel ch. 10

12      1 Samuel ch. 11

13      1 Samuel ch. 12

14      1 Samuel ch. 13-14

15      1 Samuel ch. 15

16      1 Samuel ch. 16

17      1 Samuel ch. 19:18 à 20:1

18      1 Samuel ch. 25:1

 

 

1                        Un homme de Dieu dans des temps troublés

Le service du prophète Samuel intervient durant une période de transition de l’histoire d’Israël. Ce peuple occupe un rôle central dans les voies divines concernant le gouvernement de la terre et sa bénédiction (Deut. 33:29). Ce monde, où règnent le désordre et la souffrance, ne connaîtra jamais de justice et de paix tant qu’Israël ne sera pas selon les conseils de Dieu à la tête des nations (Deut. 28:13). Il en sera ainsi pendant la période heureuse du millénium, liée au retour du Seigneur, avec une grande puissance et dans toute sa gloire, pour établir son Règne (2 Tim. 4:1 ; 1 Cor. 15:25).

 

Au début du premier livre de Samuel, la sacrificature, établie après la mort de Moïse, comme relation entre l’Éternel et son peuple, avait entièrement failli, sur le plan spirituel et moral. La royauté va être instaurée, à la demande formelle d’Israël. L’aspect imposant de Saül flattera le peuple. C’était un « homme d’élite et beau, et il n’y avait aucun des fils d’Israël qui fût plus beau que lui ; il était plus grand que tout le peuple depuis les épaules en haut » ! (1 Sam. 9:2). Mais Saül ne sera pas un homme selon le cœur de Dieu (1 Sam. 16:7). Aussi fera-t-il ensuite oindre David, « pour Lui », par Samuel (1 Sam. 16:3). Ce roi et son peuple seront encore, pour un temps, sous l’heureuse influence de ce prophète.

 

En effet Samuel est appelé à exercer son service à l’égard d’Israël pendant près de 80 ans ! Son nom est cité au milieu de la grande nuée des témoins de la foi (Héb. 11:32 ; 12:1).

Il était prophète (1 Sam. 3:20), mais son éphod de lin, les sacrifices qu’il offrait, son service d’intercession, étaient ceux d’un sacrificateur (1 Sam. 2:18 ; 10:8). En outre, son activité de Juge lui donnait un caractère un peu royal (1 Sam. 7:15-17). C’était la réponse en grâce de Dieu aux immenses besoins de son peuple. Un des fruits bénis du ministère de Samuel sera une restauration partielle d’Israël, à la fin de la sombre période des Juges.

Le caractère personnel de ce prophète est en exemple à tous les croyants. Sa piété était empreinte de simplicité, son administration irréprochable, et son intercession, fervente et constante. Il se montrait fidèle pour reprendre les conducteurs et ceux dont ils avaient la responsabilité. Toute sa conduite formait vraiment un tableau harmonieux. Chacun peut désirer être un Samuel à la gloire de Dieu !

Quand les temps sont troublés et les besoins spirituels urgents, un « homme de Dieu » est particulièrement utile. Moïse a été le premier à recevoir ce titre, à cinq reprises, dans l’Écriture (Deut. 33:1 ; 1 Chr. 23:14 ; 2 Chr. 30:16 ; Esd. 3:2 ; Ps. 90:1). Il s’est dépensé au service de l’Éternel, acceptant de conduire Israël dans le désert, durant quarante ans, alors que ce peuple provoquait constamment Dieu (Ps. 78:40 ; 106:29). Samuel aussi, est appelé un « homme de Dieu » (1 Sam. 9:6-10). Du moment où l’Éternel l’appelle, son obéissance et sa fermeté pour accomplir la Parole de Dieu (1 Sam. 15:22) seront en contraste permanent avec la conduite d’Israël, où « chacun faisait ce qui était bon à ses yeux » (Juges 21:25).

 

2                        1 Samuel ch. 1 — La famille de Samuel

Il est précieux au milieu du déclin et de tant d’obscurité spirituelle de trouver ici et là une famille où la piété prévaut et où les droits du Dieu d’Israël sont reconnus. C’était le cas de la famille de Samuel, qui descendait des fils de Coré (1 Chr. 6:27, 34-37 ; Nomb. 26:11). Déjà sa naissance est une merveilleuse réponse aux prières d’Anne. L’Éternel avait fermé sa matrice et Peninna, son ennemie, la chagrinait aigrement. Mais cette femme pieuse montait régulièrement avec son mari Elkana à la maison de l’Éternel à Silo. Et là, comme elle avait « de l’amertume dans l’âme », elle priait et pleurait abondamment devant Dieu (1 Sam. 1:10).

Anne fait un vœu devant Dieu : « Éternel des armées ! Si tu veux regarder à l’affliction de ta servante, et que tu donnes à ta servante un enfant mâle, je le donnerai à l’Éternel pour tous les jours de sa vie, et le rasoir ne passera pas sur sa tête » (1 Sam. 1:11). Éli était souverain sacrificateur en ce temps-là. Il aurait dû être capable de comprendre Anne et de la consoler (Héb. 5:2). Mais il n’était plus en communion avec Dieu et il avait donc perdu tout discernement. Anne parle dans son cœur ; Éli voit seulement ses lèvres remuer. Il en déduit qu’elle est ivre et la reprend, ajoutant à sa grande peine. Elle répond avec douceur et le sacrificateur comprend son erreur. Il lui dit alors simplement : « Va en paix et que le Dieu d’Israël t’accorde la demande que tu lui as faite » ! (1 Sam. 1:18). Anne s’empare avec foi de cette parole. Auparavant elle jeûnait, maintenant elle mange « et elle n’eut plus le même visage ».

Dans sa grâce, Dieu entend et répond au cri de sa servante. Anne reçoit un fils, selon son désir. « Elle l’appela Samuel, un nom qui signifie : « car je l’ai demandé à l’Éternel » ou « Dieu a exaucé » (1 Sam. 1:20). Elle attend qu’il soit sevré et, accompagnée par son mari, amène aussitôt « le fils de ses vœux » (Prov. 31:2) dans la maison de l’Éternel à Silo « afin qu’il paraisse devant l’Éternel et habite là pour toujours » (1 Sam. 1:22-24) : Samuel sera un nazaréen pour Dieu.

Elle apporte un sacrifice coûteux. Ces trois jeunes taureaux, offerts en holocauste, sont un type du dévouement complet de Christ à Dieu, jusqu’à la mort et à la mort de la croix. Elle offre aussi un épha de farine, qui évoque l’humanité parfaite du Seigneur et une outre de vin qui rappelle toute la joie que Dieu éprouve dans son Fils bien-aimé. Si Dieu nous a accordé d’être parents, partageons-nous avec Anne un désir fervent que nos enfants soient, avant tout, séparés pour Dieu ?

Anne se plaît à rappeler devant Éli son identité. « Je suis la femme qui se tenait ici près de toi pour prier l’Éternel. J’ai prié pour cet enfant et l’Éternel m’a accordé ma demande ». Elle ajoute : « Et aussi moi je l’ai prêté à l’Éternel pour tous les jours de sa vie » (1 Samuel 1:26-28).

« L’enfant Samuel était très jeune » (1 Sam. 1:24). À peine sevré, il va être séparé de sa mère. Mais ses parents l’y ont certainement préparé. Combien il est touchant de lire : "Et il se prosterna devant l’Éternel". Nos enfants ont-ils la même attitude de cœur pour le Seigneur ?

 

3                        1 Samuel 2:1-11

Loin de se montrer attristée de laisser dans le Temple son enfant, pourtant tellement désiré, Anne célèbre l’Éternel dans un cantique. Oui, sa coupe est comble !

Quels sont les thèmes de sa louange ? Elle exalte la sainteté de Dieu, (1 Sam. 2:2), sa connaissance (v. 3), sa puissance (v. 6) et sa justice (v. 10). Mais surtout elle proclame l’étendue de Sa grâce. Elle reconnaît en être l’objet (son nom même en porte témoignage).

Cette grâce élève le misérable et le pauvre, que ce soit vous ou moi, de la poussière, image de la mort, et du fumier, figure du péché. Cette grâce lui donne aussi une part avec le Seigneur, dans Sa gloire et dans Son règne.

De plus les dernières paroles de son cantique sont prophétiques. Elle annonce que Dieu élèvera la corne de son Oint : « Il donnera de la force à son roi » (1 Sam. 2:10). Il s’agit du Seigneur Jésus lui-même. La corne, dans l’Écriture, est un symbole de la puissance.

Avec Anne, le salut de Dieu (v. 1) et le Sauveur, sont-ils les sujets continuels de notre joie, une joie indépendante des circonstances fâcheuses que nous pouvons avoir à traverser ?

Marie aussi, dans le « Magnificat » (Luc 1:46-55), se réjouit en Dieu, son Sauveur, mais aussi de ce que Sa puissance et Sa grâce ont fait pour tout Israël.

 

Samuel sera, comme Moïse et Aaron, un homme de prière (Ps. 99:6) et un des ancêtres de ces fils d’Héman, parmi les chantres, qui se tenaient dans la maison de l’Éternel, pour y accomplir leur service (1 Chr. 6:32-33).

On peut être surpris de voir Samuel, jeune garçon, servir déjà devant l’Éternel, ceint d’un éphod de lin, alors qu’il n’appartenait pas, en ligne directe, à la famille des sacrificateurs (1 Sam. 2:18).

Sa mère comprenait que sa responsabilité n’était pas dégagée vis à vis de son fils : elle gardait le contact avec Samuel. Elle lui confectionnait une petite robe et la lui apportait, d’année en année, quand elle montait à Silo avec son mari, pour offrir un sacrifice. Les soins attentifs de cette mère pieuse montrent de quelle manière il convient d’entourer nos enfants. Ne cessons pas de penser et de prier pour eux, même s’ils sont loin du foyer. Une mère aimante saura noter les progrès spirituels de son enfant, jeune encore dans la foi, et lui apporter tout ce qui est en son pouvoir, pour l’aider à se développer (2 Tim. 1:5 ; 3:15-17).

Mais quel contraste entre cet enfant qui grandissait auprès de l’Éternel, objet de Ses soins de grâce (1 Sam. 2:18, 21, 26 ; 3:1) et les fils d’Éli qui étaient « des fils de Bélial » c’est à dire connus pour leur impiété (1 Sam. 2:12).

Ils étaient déjà à l’âge adulte, mais leur mauvaise conduite était en scandale et un triste exemple pour tous, en particulier pour le petit Samuel qui vivait dans le temple (1 Sam. 2:22-25).

L’atmosphère familiale peut être difficile. Mais c’est que commence généralement un service. Un jeune garçon, une jeune fille, un de leurs parents ne peuvent songer à servir le Seigneur ailleurs, s’il n’a pas d’abord montré par sa conduite à la maison un amour vrai et sincère pour Dieu et pour les siens.

 

4                        1 Samuel ch. 3

« La Parole de Dieu était rare en ces jours-là : la vision n’était pas répandue » (1 Sam. 3:1). Un respect relatif pour la Parole de Dieu a pour conséquence une compréhension limitée de ses trésors (Ps. 119:18).

« Le jeune enfant Samuel allait grandissant, agréable à l’Éternel et aux hommes » (1 Sam. 2:26). Nos pensées se tournent vers la beauté inégalable de Celui qui est monté devant Dieu, "comme un rejeton, et comme une racine sortant d’une terre aride » (És. 53:2 ; Luc 2:40:52). Toute sa vie a été pour son Père un parfum de bonne odeur.

 

Mais « Samuel ne connaissait pas encore l’Éternel, et la parole de l’Éternel ne lui avait pas encore été révélée » (1 Sam. 3:7). Il dormait dans le temple, où se trouvait encore l’Arche de Dieu. « Éli était couché en son lieu, (or ses yeux commençaient à être troubles, il ne pouvait voir) » (1 Sam. 3:1-2). Cette cécité physique était aussi spirituelle. La lampe de Dieu dans le sanctuaire n’était pas encore éteinte. Cette scène évoque les ténèbres morales dans lesquelles Israël se trouvait à ce moment-là.

Si le service accompli par un croyant, même âgé, n’est plus en accord avec la pensée de Dieu, il peut le lui retirer. En choisissant un jeune serviteur, Dieu veut se servir de sa ferveur, de sa pureté de cœur, de son attachement au Seigneur. S’il manifeste une réelle sainteté pratique, il peut être un vase utile au Maître, préparé pour toute bonne œuvre (2 Tim. 2:21).

C’est pendant la nuit que l’Éternel appelle Samuel. Aussitôt ce dernier s’empresse de courir, à trois reprises, vers Éli. Finalement celui-ci s’aperçoit que c’est l’Éternel qui appelle le jeune garçon et il explique à Samuel comment il doit répondre (1 Sam. 3:9). Toujours docile, le jeune garçon est prêt à dire, quand l’Éternel appelle : « Samuel ! Samuel ! » : « Parle, car ton serviteur écoute » (1 Sam. 3:10). On trouve ailleurs des appels semblables, où le nom est répété par deux fois : En particulier dans la vie d’Abraham (Gen. 22:11), de Jacob (Gen. 46:2), de Moïse (Ex. 3:4), de Marthe (Luc 10:41), de Simon (Luc 22:31) et de Saul de Tarse (Act. 9:4). Chaque fois que nous ouvrons la Parole, soyons dans les mêmes dispositions que Samuel. Dieu promet : « Si quelqu’un entend ma voix et qu’il ouvre la porte, j’entrerai chez lui et je souperai avec lui, et lui avec moi » (Apoc. 3:20).

Animé d’une sainte crainte, Samuel devient le dépositaire des secrets de l’Éternel (Ps. 25:14). Dieu lui révèle le jugement qu’un homme de Dieu était déjà venu annoncer à Éli, de la part de Dieu : « Tu honores tes fils plus que moi, pour vous engraisser des prémices de toutes les offrandes d’Israël, mon peuple » (1 Sam. 2:27-29).

Aussi la maison d’Éli va être jugée pour toujours (1 Sam. 22 ; 1 Roi 2:27), à cause de l’iniquité qu’il connaît : « Ses fils se sont avilis et il ne les a pas retenus » (1 Sam. 3:13). Il n’y a plus de remède ; l’Éternel déclare : « Je commencerai et j’achèverai » ! (3:12). Samuel craignait à bon droit de rapporter une telle vision à Éli. Pourtant, au matin, il ouvre les portes du temple et avec la même fidélité que l’apôtre Paul à l’égard des Éphésiens (Act. 20:20 ; Amos 3:8), rapporte à Éli toutes les paroles de l’Éternel (1 Sam. 3:18). Résigné, Éli répond simplement : « C’est l’Éternel, qu’Il fasse ce qui est bon à ses yeux ». Mais Dieu prend plaisir à user de grâce, il agit ainsi, même à l’égard d’un Achab (1 Rois 21:29) ou d’un Manassé (2 Chr. 33:12-13). Éli n’aurait-il pas dû montrer une vraie repentance et trouver auprès de l’Éternel l’énergie pour chasser immédiatement ses fils indignes de la sacrificature ?

 

Samuel s’est montré fidèle en rendant ce premier témoignage, si difficile, vis à vis d’Éli. Il va grandir vers l’état d’homme fait (Héb. 6:1). Chaque enfant de Dieu est aussi appelé à croître selon "la mesure de la stature de la plénitude du Christ" (Éphés. 4:13). « L’Éternel était avec lui, et il ne laissa tomber à terre aucune de ses paroles. Et tout Israël, depuis Dan jusqu’à Béër-Shéba, sut que Samuel était établi prophète de l’Éternel » (1 Sam. 3:20).

La présence du Seigneur réalisée dans l’homme intérieur est la source de toute puissance et de toute bénédiction spirituelle. C’était chez Samuel une heureuse réalité. Il peut en se confiant en Dieu réparer des désastres.

À l’image du Seigneur, homme ici bas (Matt. 14:13), ce prophète passait beaucoup de temps dans le secret avec Dieu. Il en résultera une conséquence bénie pour tout le peuple : « L’Éternel continua d’apparaître à Silo ; car l’Éternel se révélait à Samuel, à Silo, par la parole de l’Éternel »(1 Sam. 3:21).

 

5                        1 Samuel ch. 4 à 6

Mais le triste état du peuple rend nécessaire la discipline de la part de Dieu. La Parole ne mentionne pas Samuel pendant cette longue période. Il se tient dans la présence de Dieu et assiste impuissant à ce désastre. Une fois encore, les Philistins sont une verge dans la main de Dieu (És. 10:5). Ils représentent la prétention de l’homme selon la chair et son intrusion dans ce qui appartient à Dieu. Battus « par l’Éternel » comme le reconnaissent les anciens d’Israël, ils imaginent aussitôt de prendre avec eux « l’Arche de l’alliance de l’Éternel des armées, qui siège entre les chérubins » (1 Sam. 4:4). La folie de leur action est soulignée par les termes majestueux avec lesquels l’Écriture présente ici l’Arche.

Au lieu de s’humilier de leurs péchés, ils se figurent qu’ils vont obliger Dieu à les soutenir. Peut-être cherchent-il à s’appuyer sur les paroles de Moïse autrefois ? (Nomb. 10:35-36). Ce sont les deux fils indignes d’Éli, Hophni et Phinées qui accompagnent l’Arche au milieu des combattants ! (1 Sam. 4:4) ! Mais les grands cris poussés par Israël, au point que la terre frémit, et la présence de l’Arche n’empêchent pas le désastre de prendre des proportions effrayantes, telles que l’Écriture les avaient annoncées en cas de désobéissance (Lev. 26:17). L’Arche est prise par l’ennemi (Ps. 78:56-64 ; Jér. 7:4). La femme de Phinées qui vient d’accoucher et qui va mourir, appelle son nouveau-né I-Cabod : la gloire d’Israël s’en est allée (1 Sam. 4:19-23). Hophni et Phinées sont tués. Éli apprend la nouvelle et tombe à la renverse, quand il entend que l’Arche est prise, une terrible nouvelle quatre fois répétée dans ce chapitre (v. 11, 17, 19, 21) ! Éli meurt la nuque brisée. Il avait jugé Israël quarante ans (1 Sam. 4:18).

L’Arche de sa force est transportée d’Eben-Ézer à Asdod (2 Chr. 6:41 ; Ps. 132:8). Elle est apportée dans la maison de Dagon et placée à côté de l’idole des Philistins. Mais cette idole est retrouvée la face contre terre et la seconde fois, la tête et les deux paumes des mains coupées sur le seuil (1 Sam. 5:1-5 ; És. 48:11). Simultanément, la main de l’Éternel s’appesantit durement sur les Philistins et des plaies les frappent. D’Asdod, elle est amenée à Gath, mais là aussi l’Éternel produit un très grand trouble. Il frappe les hommes de la ville et ils n’ont bientôt plus qu’un désir : se défaire promptement d’un Dieu aussi redoutable !

Le retour de l’Arche en Israël, décidé au bout de sept mois, mettra, une fois encore en évidence la puissance de Dieu. Sans conducteur, des vaches qui allaitent, attelées à ce chariot neuf, où les Philistins ont posé l’Arche, avec leurs offrandes, s’en vont tout droit, en mugissant, vers la frontière d’Israël. Un comportement qui est à l’encontre de leurs instincts naturels, car elles s’éloignent de leurs petits ! Les princes des Philistins suivaient l’Arche comme de simples serviteurs pendant son retour. Ce sont les hommes de Beth-Shémesh, ville qui appartenait aux sacrificateurs (Jos. 21:16) qui ont l’honneur de la recevoir.

Ils se réjouissent de son retour mais osent soulever le propitiatoire qui sert de couvercle à l’Arche, cette figure de Christ, pour regarder à l’intérieur. Alors l’Éternel frappe à mort soixante dix-hommes à cause de leur curiosité profane (1 Sam. 6:19 ; Nomb. 4:20). Avertissement pour nous quant au saint respect dû à la personne de Jésus, parfaitement homme et parfaitement Dieu : sans contredit le mystère de la piété est grand (1 Tim. 3:16 ; Deut. 29:29) !

C’est maintenant au tour de ces habitants de Beth-Shémesh de mener deuil et de dire : « Qui peut tenir devant l’Éternel, ce Dieu saint ? ». Ils s’interrogent : « Vers qui montera-t-Il de chez nous ? ». Comment des sacrificateurs pouvaient-ils ignorer que l’Arche était la présence de Dieu lui-même (1 Sam. 6:19-29 ; Mal. 2:7) ? Alors ils envoient des messagers et les hommes de Kiriath-Jéarim, ville située à la frontière de Juda, sur le chemin qui mène à Jérusalem (Jos. 15:9), font monter l’Arche de l’Éternel dans la maison d’Aminadab, où elle restera de longues années. Eléazar (Dieu est mon aide), le fils d’Aminadab, est sanctifié pour la garder jusqu’au jour où, plus tard, David viendra pour la faire monter à Jérusalem (Ps. 132:6). En attendant, les habitants de cette maison connaîtront la joie et la bénédiction de ceux qui ouvrent leur porte à l’Hôte divin (1 Sam. 7:1-2) !

 

6                        1 Samuel ch. 7:1-4

Pendant vingt ans, Israël semble insensible à sa situation, pourtant si humiliante. Le peuple s’adonne à l’idolâtrie et Dieu permet que les Philistins l’oppriment. On peut longtemps ne pas réaliser à quel point l’on s’est égaré, aussi bien dans sa vie personnelle que dans celle de l’assemblée. Enfin, un travail de conscience se produit : le peuple se lamente sur sa misère, étape nécessaire pour qu’une restauration devienne possible (1 Sam. 7:2 ; Jér. 31:9).

Durant tout ce temps, dans sa fidélité, Dieu les a portés comme un homme porte son fils (Deut. 1:31), Il attendait pour user de grâce envers eux (És. 30:18). Il note avec soin, comme au désert, toutes les étapes spirituelles de son peuple, celles-là même dont celui-ci a perdu le souvenir (Nomb. 33). Le travail divin dans la conscience et le cœur est souvent long avant qu’un retour individuel ou collectif s’opère. Nous sommes si lents à reconnaître nos fautes !

Mais quand on lit ces paroles du peuple à Samuel : « Ne cesse pas de prier pour nous à l’Éternel afin qu’Il nous sauve » (1 Sam. 7:8) et sa réponse immédiate, on comprend que, dans sa vive affection pour eux, Samuel, dans sa retraite forcée, a constamment intercédé pour eux auprès de Dieu, comme Amos le faisait aussi, à l’insu de tous (7:1-7). Avec anxiété, Samuel guettait le moindre signe d’un réveil au milieu d’Israël.

Frères et sœurs en Christ, pouvons-nous dire en toute sincérité, comme l’apôtre : « Il y a ce qui me tient assiégé tous les jours, la sollicitude pour toutes les assemblées » (2 Cor. 11:28) ? Acceptons-nous en retour, d’être l’objet de l’incompréhension et de la désaffection de nos frères (2 Cor. 12:15) ?

 

Samuel va sortir de l’ombre, après un si long temps d’attente patiente. Il a été préparé par Dieu pour s’adresser sans crainte et avec sagesse à la maison d’Israël. Il parle de grâce à leur cœur et de vérité à leur conscience. Écoutons attentivement ce message, il nous concerne aussi : « Si de tout votre cœur vous retournez à l’Éternel, ôtez du milieu de vous les dieux étrangers, et les Ashtoreths, et attachez fermement votre cœur à l’Éternel, et servez-le Lui seul, et il vous délivrera de la main des Philistins » (1 Sam. 7:3 ; Ps. 107:20).

Asthoreth ou Astarté, idole que Samuel cite à part, était une déesse grecque dont le culte était une source d’immoralité dégradante. De notre temps, des enfants de Dieu peuvent avoir dans leur vie une « idole » à laquelle ils sont attachés mais qui doit être absolument rejetée, sinon tout progrès spirituel est impossible. C’est un des moments les plus remarquables dans l’histoire de ce peuple. Il n’y a pas d’atermoiements ni de grandes délibérations de cœur, sans résultat concret (Jug. 5:16). Les cœurs et les consciences sont gagnés. « Et les fils d’Israël ôtèrent les Baals et les Ashtoreths, et servirent l’Éternel seul » (1 Sam. 7:4 ; 1 Thess. 1:9).

 

7                        1 Samuel ch. 7:5-14

Alors Samuel peut dire : « Assemblez tout Israël à Mitspa et je prierai l’Éternel pour vous ». La prière doit précéder l’enseignement, pour que ce dernier puisse avoir un effet durable. Et ils s’assemblèrent (1 Sam. 7:5-6). Ils ont un désir réel de se retrouver ensemble dans la présence de Dieu. Le Saint Esprit nous fait réaliser notre misère et produit de tels rassemblements autour du Seigneur, pour implorer son secours.

Nous avons un immense besoin aujourd’hui dans l’Assemblée d’un ministère comparable à celui de Samuel ! Il y a tant de barrières qui se sont élevées entre notre âme et Dieu, et aussi entre les rachetés du Seigneur : elles doivent être ôtées. Aucun mal ne doit être secrètement toléré (Job 20:12-13), et nous ferons l’expérience de Sa bénédiction et de Sa puissance en délivrance au milieu des siens.

C’est bien à Mitspa (un lieu élevé) qu’il convient de puiser de l’eau et de la répandre devant l’Éternel, pour exprimer une douleur sincère de l’avoir offensé et confesser son extrême faiblesse, son impuissance (2 Sam. 14:14). En effet Mitspa était aussi le souvenir amer d’Israël montant comme un seul homme pour faire la guerre à Benjamin, leur frère, avec pour résultat final de le retrancher pratiquement (Juges 20:28 ; 21:6). Le jeûne est associé ce jour-à leurs exercices devant Dieu, car dans le deuil, on ne cherche pas à nourrir la chair.

Rachetés du Seigneur, il faut reconnaître qu’aujourd’hui ce sont plutôt les fêtes qui sont devenues populaires et fréquentes au milieu du peuple de Dieu, imitant le monde. Avons-nous mené deuil ou sommes-nous enflés d’orgueil, alors que nos plaies coulent et sont fétides (1 Cor. 5:2 ; Ps. 38:5) ? La mondanité a enlevé sa puissance à l’Église et elle a subi plus d’une défaite de la part des Philistins modernes, plus redoutables encore que ceux d’hier.

Comme pour Israël, une véritable confession du mal est indispensable pour les enfants de Dieu : « Nous avons péché contre l’Éternel » (1 Sam. 7:6 ; Jér. 3:13:15). L’intercession fervente de Samuel en faveur du peuple a produit des fruits dans les cœurs, à la gloire de Dieu. « Et Samuel jugea Israël à Mitspa » (Héb. 13:7).

 

Mais l’unité du peuple de Dieu et son rassemblement ne peuvent convenir à l’ennemi. Il les considère comme une provocation. Les Philistins montent, Israël a peur et se tourne vers Samuel. Ils réclament son intercession pour que l’Éternel les sauve de la main des Philistins » (1 Sam. 7:8 ; Jac. 5:16). Le prophète connaît leur faiblesse et se comporte à leur égard comme un père (1 Thes. 2:11). Ainsi, à peine revenu vers son Dieu, le peuple est mis à l’épreuve. Satan laisse en paix le chrétien spirituellement endormi, mais le témoignage vivant d’un racheté zélé pour son Sauveur, attise aussitôt sa haine (1 Pier. 4:12-13).

Samuel connaît les vraies ressources et il y a recours. Le faisons-nous ? Il prend un agneau de lait, victime innocente, pleine de douceur, et l’offre tout entier à l’Éternel en holocauste. Son intercession ne peut être efficace qu’en vertu de l’acceptation de ce sacrifice, une belle figure de Christ s’offrant lui-même à Dieu par l’Esprit éternel, sans tache. « Samuel cria à l’Éternel pour Israël, et l’Éternel l’exauça » (1 Sam. 7:9). La démarche de Samuel est d’une tout autre qualité que celle d’Israël, quand ils poussaient ces grands cris, vingt ans auparavant, avec les tristes résultats que l’on sait (1 Sam. 4:5-10). C’est toujours en se reposant humblement sur l’œuvre de Christ à la Croix, que l’on peut être vainqueur. Dieu est toujours prêt à agir pour la gloire de son Fils bien-aimé.

Israël était, et nous le sommes aussi, sans force devant ces loups redoutables, qui le cernaient de toutes parts. Mais « comme Samuel offrait l’holocauste, l’Éternel fit tonner ce jour-là un grand tonnerre sur les Philistins, et les mit en déroute » (1 Sam. 7:10-11). Alors les hommes d’Israël, sortant de Mitspa, les frappèrent jusqu’à Beth-Car, qui signifie "la maison de l’agneau". Suivons aussi avec foi le chemin qui mène à la victoire. Il nous mènera à la Maison où nous contemplerons à jamais l’Agneau glorieux.

« Et Samuel prit une pierre et la plaça entre Mitspa et le rocher et il appela son nom : Eben-Ézer, et dit : « l’Éternel nous a secourus jusqu’ici » (1 Sam. 7:12). Elle porte nos pensées vers notre Dieu Sauveur, Lui la maîtresse pierre de coin. Chacun de nous peut-il rendre ce témoignage avec reconnaissance ? Ces heureuses expériences dans la vie d’un racheté glorifient la grâce divine. Les Philistins sont abaissés, la main de l’Éternel fut sur eux tous les jours de Samuel (Deut. 33:27). Les villes qu’ils avaient prises retournent en Israël, depuis Ekron jusqu’à Gath. Quelle grande délivrance le Seigneur peut accorder aux siens quand ils s’humilient et crient vers Lui ! Mais était-il convenable d’être en paix avec l’Amoréen, dès lors que l’Éternel avait commandé de ne pas traiter alliance avec eux (1 Sam. 7:14 ; Ex. 34:11-12) ?

 

8                        1 Samuel ch. 7:15-17

« Et Samuel jugea Israël tous les jours de sa vie ». À la différence d’Éli, assis à la porte du Temple, son activité était incessante en faveur du peuple de Dieu.

« Il allait d’année en année, et faisait le tour, à Béthel, et à Guilgal et à Mitspa et jugeait Israël dans tous ces lieux-là ; et il s’en retournait à Rama, car là était sa maison, et là il jugeait Israël ; et il bâtit un autel à l’Éternel » (1 Sam. 7:16-17).

Ces quatre villes, où il se rendait tour à tour, suggèrent des aspects essentiels d’un ministère chrétien équilibré.

C’est à Béthel, dans la maison de Dieu, qu’un service doit commencer pour avoir l’approbation du Seigneur (1 Tim. 1:12). Nos différentes activités doivent être utiles aux saints et rechercher l’édification de l’Assemblée.

C’est animé par un esprit de prière et guidé par la Parole, que l’on apprend « comment il faut se conduire dans la Maison de Dieu, qui est l’assemblée du Dieu vivant, la colonne et le soutien de la vérité » (1 Tim. 3 :15).

Chérir la vérité concernant l’Assemblée et rester soumis à Celui qui est établi sur la Maison de Dieu, gardera chacun de devenir le serviteur de l’homme au lieu d’être seulement le serviteur de Dieu.

Guilgal est le lieu de la circoncision, où la chair est mise de côté, de sorte que l’opprobre de l’Égypte, cette figure du monde, peut être roulé de dessus le racheté (Jos. 5:2-9). Nous avons besoin d’en être libérés.

L’apôtre écrit : « Qu’il ne m’arrive pas à moi de me glorifier, sinon en la Croix de notre Seigneur Jésus Christ, par laquelle le monde m’est crucifié et moi au monde » (Gal. 6:14).

Ensuite Samuel passait à Mitspa (tour de guet) Elle évoque ce besoin constant d’être sur nos gardes, connaissant l’activité de l’Ennemi. Sur le sommet de cette tour, on peut regarder en haut, vers le ciel, où Christ, entré comme précurseur, introduira bientôt les siens.

Telle est probablement la portée symbolique de Rama, qui signifie élevé. C’était là que Samuel habitait et avait bâti un autel. Il ne se laissait pas absorber par son service, au point de négliger la communion et l’adoration, ce qui peut être un danger pour nous aujourd’hui.

 

9                        1 Samuel ch. 8

Mais devenu vieux, Samuel se laisse surprendre par une faute : c’est visiblement l’œuvre de la nature en lui (Gal. 6:1). Sans rechercher la pensée de l’Éternel (Jac. 1:5), il veut perpétuer son service et établir ses fils Joël et Abija sur Israël. Ils jugent à Béer-Shéba (1 Sam. 8:1), or, comme les fils d’Éli, ils ne marchent pas dans les voies de leur père. Ce sont des avertissements répétés que la Parole de Dieu adresse aux parents et aux enfants chrétiens ! Ses fils « se détournaient après le gain déshonnête, et prenaient des présents, et faisaient fléchir le jugement » (1 Sam. 8:1-3 ; Deut. 16:19). Un don ou de la puissance spirituelle ne se transmet pas de père en fils. Dieu seul peut appeler à un service et confier le don nécessaire.

Alors tous les anciens s’assemblent et viennent vers Samuel à Rama. Prenant prétexte de sa défaillance, ils lui disent sans ménagement : « Voici, tu es vieux, et tes fils ne marchent pas dans tes voies ; maintenant établis sur nous un roi pour nous juger, comme toutes les nations » (1 Sam. 8:5). La chose fut mauvaise aux yeux de Samuel mais, à l’heure de l’épreuve personnelle, son attitude est remarquable : il pria l’Éternel (1 Sam. 8:6). La difficulté ramène son âme dans le chemin qu’il avait bien connu, celui de la dépendance.

Vouloir être comme tout le monde, c’est souvent un désir caché du cœur. Ne pas se comporter comme notre entourage suscite parfois des moqueries, de l’incompréhension, des accusations d’orgueil. Sommes-nous disposés à partager l’opprobre de Christ (1 Pier. 4:16) ?

« L’Éternel dit à Samuel : Écoute la voix du peuple dans tout ce qu’ils te disent : car ce n’est pas toi qu’ils ont rejeté, mais c’est moi qu’ils ont rejeté, afin que je ne règne pas sur eux ». Ce n’était pas une rébellion récente, elle était déjà dans leur cœur depuis qu’Il les avait fait monter d’Égypte ! (1 Sam. 8:7-8 ; Deut. 32:15). Toutefois Samuel devait encore leur rendre clairement témoignage du régime du roi qui allait régner sur eux : il serait exigeant et dur. Il est répété plusieurs fois : « il prendra », tel est l’homme naturel, un prédateur (1 Sam. 8:11:12:13:14:15:16) !

Quelle différence avec l’Éternel qui les comblait de bénédictions ! En outre Samuel devait les avertir : « En ce jour-là vous crierez… mais l’Éternel ne vous exaucera pas » (1 Sam. 8:10-18). Pourtant à nouveau le peuple refuse de prêter attention aux avertissements de Samuel. Il renonce à sa position de dépendance. L’Éternel dit à son serviteur : « Écoute leur voix et établis sur eux un roi ». Samuel accomplit fidèlement, sans se plaindre, l’acte qui met fin à son service de Juge. Cette noble attitude frappe quand on se souvient d’Élie qui, plus tard, fera « requête à Dieu contre Israël » (Rom. 11:2).

 

10                  1 Samuel ch. 9

Averti par l’Éternel de la venue de Saül, à la recherche des ânesses de son père, Samuel versera sur sa tête l’huile de l’onction royale et l’embrassera (1 Sam. 10:1). Dieu avait dit à son serviteur : « C’est lui qui dominera sur mon peuple » (1 Sam. 9:15-17). Il allait monter au haut lieu, pour bénir le sacrifice et manger avec le peuple. Il invite Saül à l’accompagner et le met à la tête des invités. Puis il lui fait servir par le cuisinier la part spéciale qu’il lui avait réservée, l’épaule (1 Sam. 9:24).

Saül, à ce moment-là, est plein d’humilité, « petit à ses yeux » (1 Sam. 9:21). Ce jour-là, il mangea avec Samuel, dont l’attitude est touchante. Il n’y a pas trace d’amertume chez ce prophète devant tant d’ingratitude de la part de ceux qu’il servait peut-être déjà depuis cinquante ans, avec tant de dévouement et de sagesse spirituelle. Toujours obéissant à la volonté de Dieu, il prend grand soin de celui qu’il aurait pu détester comme son rival.

 

11                  1 Samuel ch. 10

Saül, établi prince sur l’héritage de l’Éternel, doit parcourir des étapes destinées à le préparer à occuper le trône. Et là encore, Samuel le dirige. Ce sera d’abord le sépulcre de Rachel qui évoque la mort, la fin pour l’homme naturel de tous ses avantages. Première grande leçon aussi pour le jeune chrétien.

Puis il rencontrera trois hommes au chêne de Thabor, porteurs de sacrifices, et il montera avec eux à Béthel, la maison de Dieu. Dans ce lieu de l’adoration, tout croyant est invité, au milieu des deux ou trois.

Enfin, à portée des postes des Philistins ennemis, et dans la compagnie des prophètes, au coteau de Dieu, il aura un témoignage à rendre : « L’Esprit de l’Éternel te saisira, et tu prophétiseras avec eux et tu seras changé en un autre homme » (1 Sam. 10:2-6).

Pourtant Saül semble bien être passé à côté de ces leçons, sans les apprendre, comme la suite de sa vie le montrera. C’est bien la preuve que l’on peut se trouver « parmi les prophètes », avoir part à toutes les bénédictions des enfants de Dieu, sans en être véritablement un ! Samuel lui dit encore : « Tu descendras devant moi à Guilgal ; et voici, je descendrai vers toi pour offrir des holocaustes et sacrifier des sacrifices de prospérités ; tu attendras sept jours jusqu’à ce que je vienne vers toi, et je te ferai savoir ce que tu devras faire » (1 Sam. 10:8). Alors Dieu changea le cœur de Saül en un autre et tous ces signes eurent lieu ce jour-là. On le vit prophétiser et les gens disaient l’un à l’autre : « Qu’est-il donc arrivé au fils de Kis ? » (1 Sam. 10:11).

Dieu avait ainsi fait connaître le roi qu’il allait donner au peuple. Samuel convoque Israël pour le leur présenter et pour apporter la preuve que ce choix venait bien de l’Éternel, il le confirme devant tous par un tirage au sort (Prov. 16:33), non sans avoir encore rappelé au peuple qu’ils avaient aujourd’hui rejeté leur Dieu, Celui qui les avait sauvés de tous leurs maux (1 Sam. 10:18-21).

Le sort désigne Saül, on le cherche, il s’est caché au milieu des bagages ! On court, il est pris de là et se tient au milieu du peuple, qu’il domine de la tête et des épaules ! « Il n’y en a point comme lui dans tout le peuple » déclare même Samuel. Alors tout le peuple de crier : Vive le roi ! Jour de fête et de joie ? Non c’est plutôt un triste jour dans l’histoire d’Israël. À trois reprises, avec une audace extraordinaire, Israël vient de refuser d’écouter Dieu (1 Sam. 8:19 ; 10:19 ; 12:12).

Cette scène évoque celle où, bien des siècles plus tard, le peuple répondra à Pilate qui leur présente le Fils de Dieu en disant : « Voici votre roi… ôte, ôte, crucifie-Le » . Pourtant esclaves des Romains, dans leur haine pour Christ, ils n’hésitent pas à affirmer : « Nous n’avons pas d’autre roi que César » (Jean 19:14-15).

 

12                  1 Samuel ch. 11

L’autorité de Saül va s’affirmer à l’occasion d’une victoire sur les fils d’Ammon. Les habitants de Jabès de Galaad écoutent les menaces cruelles et l’arrogance de Nakhash : « Je traiterai avec vous, à condition que je vous crève à tous l’œil droit et que j’en mette l’opprobre sur tout Israël » (1 Sam. 11:2). Au lieu de se tourner vers l’Éternel et d’implorer son secours, ils envisagent de traiter alliance avec l’ennemi, malgré ses conditions draconiennes ! Leur attitude pleine de lâcheté illustre le misérable esclavage de ceux qui font alliance avec le monde et son prince (Héb. 2:15).

Saül, vainqueur, outre son zèle et son courage, montre de la générosité et de la clémence. Un commencement de vie plein de promesses ? Mais ce n’est pas une garantie pour toute notre course ici-bas. Plusieurs ainsi avaient pris un beau départ et puis, hélas, ils ont bronché et sont tombés. Le Seigneur seul peut nous garder, il faut se confier en Lui (Jude 24).

Le peuple s’adresse encore à Samuel : il veut faire mourir ceux qui s’étaient opposés au règne de Saül. Peut-être s’étaient-ils opposés par fidélité à l’Éternel, réalisant que prendre un roi, c’était l’abandonner ? Samuel prend les choses en mains et dit : « Allons à Guilgal et nous y renouvellerons la royauté ». C’est toujours dans ce lieu du jugement de soi-même, celui où la chair est mise de côté, qu’il convient de retourner. Là, ils offrent des sacrifices de prospérités devant l’Éternel et font de grandes réjouissances (1 Sam. 11:14-15).

 

13                  1 Samuel ch. 12

Samuel saisit l’occasion de dire à tout Israël, j’ai écouté votre voix et j’ai établi un roi sur vous. « Moi, je suis vieux et j’ai blanchi … J’ai marché devant vous depuis ma jeunesse. Me voici, témoignez contre moi devant l’Éternel et devant son oint ». Mais il s’était acquitté fidèlement de ses fonctions et le peuple était obligé de lui en rendre témoignage ! (1 Sam. 12:1-5). Il précise encore que ses fils sont au milieu d’eux. Il appartient au peuple de les juger selon leurs actes.

Ses paroles peuvent être rapprochées de celles de l’apôtre aux anciens d’Éphèse. La conduite personnelle de Paul et de Samuel donnait une grande valeur à leurs exhortations (Act. 20:26-27, 33-35). Ceux qui les entendent sont placés devant leur propre responsabilité. Un jour, nous rendrons compte aussi devant le Seigneur. Pouvons-nous faire écho en bonne conscience aux paroles de Samuel ou de Paul ?

À son tour le prophète dit au peuple : « Présentez-vous et je vous jugerai devant l’Éternel ». Il fait un court résumé de leur histoire et rappelle les nombreux bienfaits de Dieu. Malgré ses délivrances en réponse à leurs cris de détresse, leur ingratitude avait été continuelle. « Vous écrire les mêmes choses n’est pas pénible pour moi, et c’est votre sûreté » disait Paul (Phil. 3:1). Acceptons-nous d’écouter ceux qui nous avertissent de la part du Seigneur ? Sont-ils estimés « très-haut en amour ou notre oreille reste-t-elle fermée à une mise en garde qui déplaît » (1 Thes. 5:13 ; Prov. 28:9) ?

Le chemin de retour reste ouvert même si Saül n’était que l’expression de l’état moral du peuple. Samuel l’affirme « Maintenant, voici votre roi que vous avez choisi… si vous craignez l’Éternel et que vous le serviez… alors vous et votre roi vous irez après l’Éternel » (1 Sam. 12:6-17). Dans sa condescendance, Dieu permet cette nouvelle expérience ! À la demande de Samuel, qui crie vers l’Éternel, un miracle se produit en pleine période de moisson. Dieu envoie « des tonnerres et de la pluie ce jour-là » (Prov. 26:1). C’est un signe que Samuel parlait bien de Sa part. « Alors le peuple craignit beaucoup l’Éternel et Samuel ».

Une fois encore, le peuple dit à ce prophète : « Prie l’Éternel ton Dieu, pour tes serviteurs, afin que nous ne mourions point, car, à tous nos péchés, nous avons ajouté ce mal d’avoir demandé un roi pour nous » (1 Sam. 12:18-19). Ils se sont humiliés : Samuel saisit l’occasion pour les supplier de se détourner des choses de néant qui ne profitent pas, pour servir Dieu « de tout leur cœur » (1 Sam. 12:20-21 ; Tite 2:12). L’Éternel, à cause de son grand Nom, n’abandonnera pas son peuple.

Samuel en a terminé avec son activité de Juge. Il continue à assumer son service d’intercesseur avec le désir, en tant que prophète, de leur enseigner encore « le bon et le droit chemin » (1 Sam. 12:23). Il ajoute, rappelant le secret de la bénédiction en tous temps : « Seulement, craignez l’Éternel et servez-Le en vérité, de tout votre cœur » (1 Sam. 12:24).

 

14                  1 Samuel ch. 13-14

Les Philistins montent à nouveau, nombreux comme le sable. Ils ravagent le pays et Saül rassemble le peuple à Guilgal, face aux ennemis. Alors le fils du roi, Jonathan, frappe un poste de Philistins à Guéba. Mais Saül n’hésite pas à s’attribuer ce fait d’armes et sonne de la trompette par tout le pays (2 Cor. 10:15-17). Le peuple, devant cette multitude d’ennemis, se voit dans la détresse et se cache dans les cavernes et un peu partout (1 Sam. 13:6). Saül est encore à Guilgal, mais le peuple qui est resté le suit en tremblant.

Le roi attend Samuel sept jours, le temps assigné mais le prophète ne vient pas et le peuple se disperse ! Que faire ? Il empiète sur le service du sacrificateur et offre lui-même l’holocauste ! (1 Sam. 13:3, 6, 9). Cet acte profane n’est pas achevé, que Samuel survient ! Consterné, il dit à Saül : « Qu’as-tu fait » ? Saül essaye vainement de se justifier : « Je me suis fait violence ». Mais Samuel lui répond : « Tu as agi follement ». Il lui fait entendre la sentence de l’Éternel : Son règne ne subsistera pas. Du fait de sa désobéissance aux commandements divins, « l’Éternel s’est cherché un homme selon son cœur et l’a établi prince sur son peuple » (1 Sam 13:13-14).

Nous ne connaissons que trop l’impatience, c’est un fruit de la chair incapable d’attendre. La foi, au contraire, est patiente, elle attend jusqu’au bout le moment de Dieu (Jac. 1:4). Elle sait aussi s’avancer et combattre, réalisant quand Dieu lui en donne l’instruction. C’est le beau récit de Jonathan et de son porteur d’armes. Avec humilité, Jonathan déclare à son compagnon : « peut être que l’Éternel opérera pour nous » (1 Sam. 14:6).

 

Les Hébreux dispersés reprennent courage et se rassemblent à nouveau. « L’Éternel sauva Israël ce jour-là » (1 Sam. 14:23). La victoire aurait pu être totale, sans la défense faite par Saül de se restaurer, avant qu’il ne se soit vengé de ses ennemis ! Cette ordonnance légale, par laquelle Saül voulait asseoir son autorité sur le peuple, rappelle toutes sortes d’inventions humaines, en matière de religion. Que de conséquences fâcheuses ! Le peuple, affamé, tue les bêtes et les mange avec le sang, commettant ainsi un péché mortel (Lév. 17:10). Saül, lié par la malédiction qu’il a prononcée à la légère, veut mettre à mort Jonathan, qui a mangé un peu de miel.

Dieu se sert du peuple pour délivrer son serviteur Jonathan. Son exemple montre qu’un petit commencement, accompli par la foi, peut avoir de grands résultats. Dieu peut se servir de ces petites victoires pour affermir et encourager d’autres chrétiens.

 

15                  1 Samuel ch. 15

Samuel rappelle à Saül que c’est lui que l’Éternel a envoyé pour l’oindre comme roi sur son peuple Israël. Il l’invite à écouter « la voix des paroles de l’Éternel » (1 Sam. 15:1). Adversaire lâche et cruel, Amalek était tombé par surprise en queue sur tous les faibles qui se traînaient après Israël, alors que le peuple était las et harassé, après sa sortie d’Égypte (Deut. 25:17-19). Cette méchanceté ne pouvait pas lui être pardonnée. Dieu n’avait pas oublié. D’où cet ordre donné à Saül : « Va maintenant et frappe Amalek, et vous détruirez entièrement tout ce qui est à lui et tu ne l’épargneras pas » (1 Sam. 15:3).

N’oublions pas les ennemis qui ont pu nous surprendre dans le passé. Comment s’appellent-ils ? Colère, mensonge, impureté ou tout autre forme de péché. Si notre vigilance se relâche à l’égard de ces fruits de la chair, il faudra réapprendre une leçon déjà chèrement payée. Ne nous épargnons pas nous-mêmes et jugeons sans pitié toutes les manifestations de la vieille nature.

Mais Saül prit Agag vivant et il épargna le meilleur du menu et du gros bétail, et tout ce qui était bon (1 Sam. 15:8-9). « Alors la parole de l’Éternel vint à Samuel, disant : Je me repens d’avoir établi Saül pour roi, car il s’est détourné de moi et n’a point exécuté mes paroles » (1 Sam. 15:10-11 ; Jér. 48:10). Samuel est fort attristé et il crie à l’Éternel toute la nuit. Il se lève de bonne heure pour aller à la rencontre de Saül. Le roi s’était érigé un trophée sur le Carmel : un monument à sa gloire, avec peut-être, selon la coutume, l’armure d’un ennemi tué au combat. Mais l’orgueil mène à la destruction.

Puis Saül s’était rendu à Guilgal, où il se hâte d’accueillir Samuel avec des paroles d’autosatisfaction : « J’ai exécuté la parole de l’Éternel » (1 Sam. 15:14). Mais Samuel s’enquiert : « Quel est donc ce bêlement de brebis à mes oreilles ? ». En réponse, le roi s’empresse de dire que le peuple a épargné le meilleur pour sacrifier à l’Éternel, ton Dieu ! Le prophète répond : Arrête, et je te déclarerai ce que l’Éternel m’a dit cette nuit. Et il dit : « Parle ». Samuel lui dit : « L’Éternel prend-il plaisir aux holocaustes et aux sacrifices, comme à ce qu’on écoute la voix de l’Éternel » ?

Souvenons-nous de cette parole de Dieu : « Voici, écouter est meilleur que sacrifice, prêter l’oreille que la graisse des béliers ; car la rébellion est comme le péché de divination, et l’obstination comme une idolâtrie et des théraphim ». Le peuple de Dieu est constamment en danger de substituer à la réalité spirituelle des manifestations rituelles religieuses. Ce que Samuel dit ici à Saül n’a pas pour but de diminuer la valeur des sacrifices, mais de mettre l’accent sur l’importance que revêt aux yeux de Dieu l’état intérieur de celui qui les offre (Ps. 51:16-17). Dieu n’est pas enrichi par nos dons (Ps. 50:12-14) mais nous le sommes, s’ils sont l’expression d’un cœur obéissant (Osée 6:6 ; Mich. 6:7-8). Il n’accepte l’adoration que s’il peut au préalable agréer l’adorateur (És. 1:11). « Parce que tu as rejeté la Parole de l’Éternel, il t’a aussi rejeté comme roi » (1 Sam. 15:22-23).

Saül dit à Samuel : « J’ai péché, car j’ai transgressé le commandement de l’Éternel ». Mais il cherche aussitôt des excuses : « J’ai craint le peuple et j’ai écouté leur voix ». Il demande à Samuel de pardonner son péché et de s’en retourner avec lui. Il promet : « Je me prosternerai devant l’Éternel ». Mais Samuel lui dit : « Je ne retournerai pas avec toi, car tu as rejeté la parole de l’Éternel et l’Éternel t’a rejeté » (1 Sam. 15:24-26). Puis Samuel se tourne pour s’en aller et Saül saisit le pan de sa robe, qui se déchire. Alors le prophète ajoute : « L’Éternel a déchiré aujourd’hui la royauté de dessus toi et l’a donné à meilleur que toi. Et aussi la sûre confiance d’Israël ne ment point et ne se repent point ».

Saül insiste : « J’ai péché, honore-moi maintenant, je te prie, en présence des anciens de mon peuple » ! Samuel retourne et met lui-même à mort Agag devant l’Éternel à Guilgal, après avoir rappelé les raisons de cette exécution (1 Sam. 15:33). Puis il s’en va à Rama et il ne vit plus Saül jusqu’au jour de sa mort, car il menait deuil sur lui.

 

16                  1 Samuel ch. 16

« L’Éternel dit à Samuel : Jusques à quand mèneras-tu deuil sur Saül, vu que moi je l’ai rejeté pour qu’il ne soit pas roi sur Israël » (1 Sam. 16:1) ? Mais par contre l’on ne voit pas que Saül réalise la perte immense de l’absence définitive de Samuel à ses côtés. Peut-être même était-il plutôt soulagé de ne plus avoir auprès de lui cet homme sage, qui dénonçait avec fidélité ses mauvaises actions. Un autre roi, selon le cœur de Dieu, dont Samuel avait déjà parlé par l’Esprit, va être oint (1 Sam. 13:14 ; 15:28). Même si le règne de Saül se prolonge encore quelques années, c’est vers David, dont le nom signifie « bien-aimé », et qui est un type de Christ, que doivent désormais se tourner les regards.

L’Éternel enseigne le prophète : « Remplis ta corne d’huile et va : Je t’enverrai vers Isaï le Bethléhémite : car j’ai vu parmi ses fils un roi pour moi » (1 Sam. 16:1). Samuel est soudain rempli de crainte : « Comment irai-je ? Dès que Saül l’entendra, il me tuera (1 Sam. 16:2). Avec bonté, l’Éternel lui dit : « Tu prendras avec toi une génisse et tu diras : je suis venu sacrifier à l’Éternel. Et tu appelleras Isaï au sacrifice, et moi je te ferai savoir ce que tu auras à faire et tu oindras pour moi celui que je te dirai » (1 Sam. 16:2-3).

Samuel n’était pas préparé à reconnaître celui que l’Éternel avait choisi. Malgré l’expérience fâcheuse avec Saül, il regardait encore, « à l’apparence » (1 Sam. 16:7-8). Nous sommes tellement portés à juger d’après ce que nous voyons et à nous laisser impressionner par des qualités (et des défauts) extérieurs. Or Dieu, lui, regarde au cœur (Gal. 2:6). Les apparences de piété qui nous aident à nous faire des illusions sur nous-mêmes et à tromper les autres, ne sauraient le tromper Lui.

Samuel arrive donc à Bethléhem de Juda, dans cette tribu de laquelle l’Écriture annonçait que le sceptre ne devait pas se retirer (Gen. 49:10). Les anciens vont à sa rencontre en tremblant et s’enquièrent : « Ta venue est-elle paix ? Et il leur dit : La paix. Je suis venu pour sacrifier à l’Éternel » (1 Sam. 16:4-5). Puis il leur enjoint : « Sanctifiez –vous et venez avec moi au sacrifice. Et il sanctifia Isaï et ses fils ». Alors, comme ils entraient, Samuel voit Éliab, et il croit reconnaître l’oint de l’Éternel, mais Dieu le détrompe : « Lui, il regarde au cœur » (1 Sam 16:7).

C’est un jeune berger, qu’on avait négligé d’appeler à la fête, qui doit être oint « au milieu de ses frères » comme roi pour l’Éternel (Ps. 78:70-71). Il sera un type convenable du vrai grand Berger des brebis, celui qui met sa vie pour les brebis (Ps. 80:1 ; Jean 10:11). Cette onction d’huile, figure du Saint Esprit, qui allait saisir David « depuis ce jour et dans la suite », nous rappelle comment le Bien-aimé du Père fut désigné, au Jourdain, à Jean le baptiseur (1 Sam. 16:12-13 ; Jean 1:33).

 

17                  1 Samuel ch. 19:18 à 20:1

C’est un grand honneur que Dieu fait à son serviteur. L’onction de David a été le dernier acte important de Samuel, comme le couronnement de sa vie de dévouement à l’Éternel. C’était selon les pensées de Dieu, depuis que la maison d’Éli avait été mise de côté, que Samuel soit chargé de cette onction (1 Sam. 2:35).

Plus tard, David, après sa victoire sur Goliath, va connaître la haine de Saül. Il était pourtant devenu le gendre du roi, il avait accès à ses audiences privées. Il avait le rang d’officier supérieur et c’était un héros très populaire. Mais il doit tout quitter, foyer, situation, ressources. Une période très douloureuse de tribulation commence pour lui.

Il va alors passer quelque temps en Rama, auprès de Samuel, qui le reçoit avec affection et se rend avec lui à Naïoth (1 Sam. 19:18). « Il lui rapporta tout ce que Saül lui avait fait » comme plus tard au Seigneur, les disciples de Jean Baptiste (Matt. 14:12). Quel précieux privilège pour ce jeune homme, au début de sa carrière, de recevoir les enseignements et les exhortations d’un vieillard, qui approchait de la fin de la sienne.

On peut encourager les jeunes croyants à rechercher la compagnie de chrétiens plus âgés au lieu, parfois, de les mépriser. Timothée s’est formé aux côtés de l’apôtre Paul. Les leçons apprises aideront beaucoup à traverser sans dommage ces expériences personnelles que chacun est appelé à faire, dans la vie de la foi.

On rapporte lâchement à Saül que David est à Naïoth. Il a l’audace d’envoyer des messagers pour prendre David. Arrivés sur place, ils voient une assemblée de prophètes qui prophétisaient, et Samuel se tenait là, les présidant. Mieux, l’Esprit de Dieu se saisit de ces messagers et eux aussi ils prophétisent ! (1 Sam. 19:19-20). La haine dans son cœur, Saül ne se tient pas pour battu, et il envoie d’autres messagers, une fois et deux fois, et eux aussi prophétisent. Alors il y va à son tour. Il s’informe avec soin au grand puits qui était à Sécu : Où sont donc Samuel et David ? On lui répond : À Naïoth, en Rama. Il s’y rend mais l’Esprit de Dieu se saisit de lui, comme au début de son histoire. Il poursuit son chemin mais à son tour, il prophétise !

Devant Samuel, cet orgueilleux monarque tombe à terre, tout ce jour-là et toute la nuit suivante, dans l’incapacité de donner suite à son cruel dessein. La question est à nouveau posée par les témoins de la scène : Saül aussi est-il parmi les prophètes ? (1 Sam. 10:10 ; 19:21-24). Cette scène surprenante évoque les temps heureux où, Israël purifié, après une vraie repentance et une profonde humiliation, pourra jouir avec son Dieu d’une alliance éternelle. « Ils me connaîtront tous, depuis le plus petit jusqu’au plus grand » (Jér. 31:34). « Je répandrai mon Esprit sur toute chair, et vos fils et vos filles prophétiseront » (Joël 2:28).

 

David s’enfuit de Naïoth en Rama. Il quitte Samuel pour retrouver le jeune Jonathan dont il connaît l’affection. Mais auprès de Samuel, n’était-il pas bien gardé, par Dieu lui-même ?

 

18                  1 Samuel ch. 25:1

Une dernière mention est faite au sujet de Samuel. Il meurt, âgé de quatre-vingt ans environ. C’est une immense perte pour Israël, même si depuis peut-être seize ans son rôle public n’est plus mentionné. Mais il était certainement resté jusqu’à la fin un fervent intercesseur en faveur de son peuple bien-aimé (1 Sam. 12:23).

Alors, tout Israël s’assemble et se lamente sur lui. Le peuple est prêt à lui rendre les plus grands honneurs posthumes. C’est bien souvent après leur mort que se mesure un peu mieux le privilège d’avoir connu de tels hommes de Dieu. Un grand prophète s’est tu et le peuple se sent livré à lui-même, comme un navire privé de boussole et de gouvernail. Va-t-on se souvenir des avertissements fidèles prodigués ?

L’Écriture nous invite : « Souvenez-vous de vos conducteurs qui vous ont annoncé la Parole de Dieu, et, considérant l’issue de leur conduite, imitez leur foi » (Héb. 13:7). Comme eux, « courons avec patience la course qui devant nous, fixant les yeux sur Jésus, le chef et le consommateur de la foi » (Héb. 12:1-2).