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La ruine et les ressources de Dieu.

 

I-Cabod et Samuel (1 Sam. 1-4).

 

Philippe Laügt

 

Table des matières :

1     Ruine : Ne pas se décourager — Le chemin du retour

2     Jugement mérité sur le peuple de Dieu

3     La belle-fille d’Éli, femme de Phinées

3.1      Ce que cette femme a fait

3.2      Application aujourd’hui

3.2.1       Piété de forme

3.2.2       La Parole de Dieu délaissée et attaquée

4     Anne, femme d’Elkana

4.1      Piété dans un environnement difficile

4.2      Dieu est immuable — Une refuge qui demeure

4.3      Esprit brisé, mais foi, persévérance, intercession, et dévouement

4.4      Un enfant de prière — Action de grâces, respect

4.5      Louanges

4.6      Dieu se sert des choses faibles

4.7      Croissance, progrès

4.8      Écouter

5     Des exemples à imiter

 

 

1                        Ruine : Ne pas se décourager — Le chemin du retour

Il y a souvent lieu, hélas, d’évoquer la ruine du témoignage que Dieu a confié à l’Église. Quelle doit être notre attitude devant un état si misérable ? Certains ont pensé que cette ruine est si grande, qu’ils en viennent à dire : « Tout est détruit, il ne sert à rien de chercher à maintenir un témoignage collectif pour Dieu ». Découragés, ils sont prêts à abandonner le combat chrétien.

Mais la Parole de Dieu enseigne un meilleur chemin. Il ne s’agit pas de fermer les yeux sur la ruine mais il ne faut pas oublier, dans la pratique, les ressources que Dieu met à notre disposition. Elles sont pleinement suffisantes et inépuisables, malgré nos défaillances répétées. Il y a toujours un chemin de retour. Si vraiment nos cœurs sont déchirés, Dieu le voit et agit en conséquence (Joël 2:13). Un exemple extrême c’est celui d’Achab. Il s’était vendu pour faire ce qui est mauvais aux yeux de l’Éternel (1 Rois 21:25). Mais à un moment donné, l’Éternel dit à Élie le Thisbite. « Vois-tu comment Achab s’est humilié devant moi ? Parce qu’il s’est humilié devant moi, je ne ferai pas venir le mal en ses jours » (1 Rois 21:27). Et pourtant l’humiliation manifestée par ce roi  paraît à nos yeux bien superficielle, mais Dieu regarde au cœur.

Dieu avertit son peuple : « C’est ta destruction, Israël, que tu aies été contre moi, contre ton secours » (Osée 13:9). Engagés, semble-t-il, dans un processus d’autodestruction, Dieu demeure, malgré la confusion « notre refuge et notre force, un secours dans les détresses, toujours facile à trouver » (Ps. 46:1).

 

Deux femmes, au début du livre de Samuel, illustrent par une attitude différente, et dans un sens complémentaire, la conduite qu’il convient d’avoir devant la ruine. Il s’agit de la femme de Phinées, un fils d’Éli, et d’Anne, l’épouse d’Elkana.

 

2                        Jugement mérité sur le peuple de Dieu

L’état d’Israël est alors au plus bas. Le peuple se montre ignorant et idolâtre, ses juges sont défaillants, et dans la famille sacerdotale, deux des fils d’Éli, Hophni et Phinées, sont des « fils de Bélial » c’est à dire des hommes pervers. Tout en exerçant la sacrificature, ils ne connaissent pas l’Éternel ! (1 Sam. 2:12). Le souverain sacrificateur, Éli, un descendant d’Ithamar, la branche cadette d’Aaron, est un homme âgé et faible. Il connaît l’iniquité de ses fils et il ne les a pas retenus (1 Sam. 3:13). Il n’a plus d’autorité, semble-t-il, sur sa maison. Sa timide répréhension le montre : « Ce que j’entends dire n’est pas bon » (1 Sam. 2:23-25). Comment serait-il capable de prendre vraiment soin du peuple de Dieu ? (1 Tim. 3:5). L’impiété effrayante de ses fils entraîne les fils d’Israël à la transgression (Ecc. 9:18).

La longue patience de Dieu touche à son terme. Mais la plus grande partie du peuple ne semble toujours pas disposée à revenir de ses péchés et à supplier Celui qui seul peut les guérir (1 Rois 8:35-36). Cependant l’Éternel ne va pas laisser mépriser son offrande (1 Sam. 2:17). Il envoie un homme de Dieu apporter ses paroles à Éli : « Je me suis clairement révélé à la maison de ton père… je l’ai choisi d’entre toutes les tribus d’Israël pour être mon sacrificateur, pour offrir des sacrifices sur mon autel… Pourquoi foulez-vous aux pieds mon sacrifice et mon offrande ? … Tu honores tes fils plus que moi, pour vous engraisser des prémices de toutes les offrandes d’Israël, mon peuple » (1 Sam. 2:27-29). Dieu annonce qu’il n’y aura plus de vieillard dans la maison d’Éli et que ses deux fils vont mourir en un seul jour. Il va susciter un sacrificateur fidèle, qui marche toujours devant son Oint (1 Sam. 2:35).

Le jugement annoncé tombe sur la nation toute entière, et en particulier sur la maison d’Éli (1 Sam. 4). Sans consulter l’Éternel, le peuple part à la bataille et il est battu. Alors les anciens (!) se demandent pourquoi l’Éternel les a battus devant les Philistins. Pourquoi, en effet ? Sont-ils donc à ce point inconscients ou endurcis ? Le Dieu saint peut-il passer sur le mal et les délivrer malgré tout de leurs ennemis ? Ce qu’ils disent est juste : L’Éternel les a battus. Mais au lieu de s’humilier, ils décident d’emporter l’arche de Dieu avec eux dans la bataille ! Ils veulent contraindre l’Éternel à les sauver de la main des Philistins. Ce triste calcul humain s’avère faux. Ce ne sont pas les grands cris que pousse tout Israël, à la vue de l’Arche, qui empêchent la défaite d’être cette fois « très-grande » : Trente mille hommes de pied tombent (1 Sam. 4:2-11). Et surtout l’Arche, rabaissée à leurs yeux au rang d’un talisman, est prise par les Philistins ! Dieu permet ce terrible châtiment.

Il faut se souvenir de Ses paroles : « Je vous ai connus, vous seuls, de toutes les familles de la terre : c’est pourquoi je visiterai sur vous toutes vos iniquités » (Amos. 3:2). C’est un principe de la plus haute importance, qui concerne aussi le chrétien. C’est une grande bénédiction d’être en étroite relation avec Dieu, mais très solennelle aussi. « Commencez par mon sanctuaire » commande l’Éternel aux six hommes qui avaient un instrument de mort dans leur main (Ézé. 9:6). Le jugement commence par la Maison de Dieu (1 Pier. 4:17). L’Arche de l’alliance reste sept mois aux mains de l’ennemi et elle ne retournera jamais à Silo (1 Sam. 6:1 ; Jér. 7:12-14).

Comme un glas, cette terrible nouvelle retentit tout au long du chapitre (1 Sam. 4:11, 17, 19, 22). « Les deux fils d’Éli, Hophni et Phinées, ont été tués » (Ps. 78:64). Le souverain sacrificateur est assis, aux aguets, au bord du chemin. « Son cœur tremblait pour l’Arche de Dieu ». Il écoute le récit de la défaite, de la mort de ses fils. Mais au moment, et l’Esprit de Dieu le souligne, où le messager mentionne que l’Arche de Dieu est prise, il tombe à la renverse de dessus son siège, se brise la nuque et meurt. La piété du pauvre Éli, malgré sa culpabilité, est évidente au moment de ce grand désastre.

 

3                        La belle-fille d’Éli, femme de Phinées

3.1   Ce que cette femme a fait

Or sa belle-fille, la femme de Phinées est prête d’accoucher. Elle aussi entend la nouvelle : « l’Arche de Dieu est prise, » son beau-père et son mari sont morts. On lui apprend en dernier lieu la perte que l’on pense lui être la plus sensible. Mais elle a les mêmes affections pour l’arche que son beau-père. C’est la prise de l’Arche qui brise surtout son cœur. Les douleurs la surprennent, elle va mourir à son tour. On cherche à la réconforter par cette parole si consolante pour une mère : « Ne crains point, tu as enfanté un fils » (1 Sam. 4:20 ; Gen. 35:16), mais c’est en vain. Le déshonneur jeté sur le sanctuaire absorbe ses pensées. « Elle ne répondit pas et ne fit pas attention », mais elle donne à son enfant un nom surprenant : « I-Cabod » = « la gloire s’en est allée d’Israël » La ruine l’afflige profondément. La Parole de Dieu insiste sur les raisons qui l’ont déterminé à appeler ainsi son fils. Elle dit : La gloire s’en est allée d’Israël, « car l’arche de Dieu est prise » (1 Sam. 4:21-22). L’Arche, ce beau type de Christ, était le symbole de la présence de l’Éternel au milieu de son peuple. Dieu livre Sa magnificence en la main de l’ennemi (Ps.78:60-61).

Malgré la conduite débauchée de son mari, cette femme fait donc partie du petit résidu fidèle à ce moment-là en Israël. On peut reconnaître maintenant les témoins de la fin à leur profonde humiliation devant le déshonneur jeté sur Dieu par l’infidélité de son peuple. Ils sont disposés à courber la tête sous le jugement, à le reconnaître juste, en accord avec les droits de Sa sainteté.

 

3.2   Application aujourd’hui

Nous faisons partie de la profession chrétienne. Son état est-il meilleur aujourd’hui que l’état d’Israël à cette période de son histoire ? Nous ne le pensons pas.

 

3.2.1        Piété de forme

Dans ces « derniers temps », la forme de la piété subsiste, mais sa puissance est reniée (2 Tim. 3:5). Aussi la chair religieuse débridée fait-elle tomber les croyants dans les mêmes révoltes, les mêmes iniquités, que le peuple de Dieu autrefois.

 

3.2.2        La Parole de Dieu délaissée et attaquée

La Parole est toujours entre nos mains. Elle demeure la même, hier, aujourd’hui et éternellement. Mais quelle entrée a-t-elle dans nos cœurs, quelle est son autorité sur nos vies ? Beaucoup de personnes dans l’Église se bercent d’illusions trompeuses sur leurs dons et leurs progrès. La nouvelle théologie, une science qui prétend sonder les choses de Dieu, a été reçue et même acclamée. Pratiquement, de nombreux chrétiens se sont « agenouillés » devant ses défenseurs. Ce sont pourtant les véritables Philistins des temps modernes. On refuse le combat et en pratique on laisse de côté les armes de la lumière : l’épée de l’Esprit, la Parole de Dieu révélée, pourtant infaillible et toute-puissante pour combattre l’ennemi. L’exemple du Seigneur est oublié. Il a répondu victorieusement aux attaques de Satan, en citant la Parole, se servant du Deutéronome, tellement dénigré maintenant : « Il est écrit, il est encore écrit » (Matt. 4:4, 7, 10).

Profitant de notre tiédeur, et souvent de notre lâcheté, des théologiens ont osé mettre en doute le Livre et en cause Celui qui le remplit. Ils parlent des choses saintes avec une légèreté mêlée de condescendance. Le poison contenu dans leurs assertions mensongères, arbitraires et blasphématoires, est inoculé insidieusement. La Parole écrite est disséquée, avec la pauvre intelligence humaine et sa véracité mise systématiquement en doute. On dit de Celui en qui est la Vie éternelle, le Verbe incarné, qu’Il pouvait se tromper sur certains points. On s’empresse de reconnaître que c’était un homme remarquable, mais en cherchant simultanément à Le dépouiller de Sa divinité éternelle. On ne voudrait plus voir en Lui que Jésus, le fils du charpentier. Cette activité incessante des agents de l’Ennemi infecte peu à peu tout le Corps de Christ. Et le mensonge du Serpent ancien, comme au jardin d’Eden, conduit rapidement la chrétienté à la ruine complète (2 Cor. 11:3-4). Il faut reconnaître humblement devant le Seigneur, en constatant cette apostasie rampante, qu’I-Cabod, « la gloire s’en est allée ».

 

4                        Anne, femme d’Elkana

Mais en revenant au début de ce même livre de Samuel, nous sommes encouragés par la conduite d’une autre femme de foi, Anne, l’épouse d’Elkana. Dieu se sert de ce faible mais fidèle instrument, pour préparer Sa réponse. Une réponse remarquablement appropriée aux grands besoins de son peuple. Ne méprisons pas le temps des petites choses ! (Zach. 4:10).

 

4.1   Piété dans un environnement difficile

Ici le récit précède de quelques années la prise de l’Arche par les Philistins. Peut être la ruine est-elle moins accentuée ? Mais l’état du peuple est très critique, la sacrificature déjà très affaiblie. Anne est stérile, et son ennemie la chagrine aigrement, afin de la pousser à l’irritation, parce que l’Éternel a fermé sa matrice (1 Sam. 1:6). Cette famille ne manque pas de piété. Chaque année, Anne monte avec son mari, à Silo, pour adorer. Et là « elle pleurait et ne mangeait pas » (1 Sam. 1:7). Mais elle sait où l’on peut toujours trouver du secours. « Au jour de ma détresse, j’ai cherché le Seigneur » (Ps. 77:2). « Il est merveilleux de constater parfois les progrès que fait une âme dans un temps d’épreuve. Elle a été beaucoup plus avec Dieu et cela seul peut nous faire progresser » (JND). Anne se rend à la Maison de Dieu. Éli, le souverain sacrificateur est « assis sur un siège près de l’un des poteaux du temple de l’Éternel » (1 Sam. 1:9). Cette place témoigne de sa dignité officielle. Mais il n’est pas occupé au service du sanctuaire et ne peut pas discerner la pensée de Dieu. Comment peut-il comprendre le fardeau qui pèse sur le cœur labouré de cette femme de foi ? Éli ne s’est pas séparé du mal, il n’a pas retenu ses fils. Anne a une belle attitude. Elle prie longuement et pleure abondamment. Dans la grandeur de son chagrin, elle répand son âme devant Dieu (1 Sam. 1:15-16).

 

4.2   Dieu est immuable — Une refuge qui demeure

Mais si la sacrificature est défaillante, Dieu demeure le Même. Ce chapitre précise que le mari d’Anne, Elkana, monte pour adorer l’Éternel des armées et lui sacrifier à Silo (1 Sam. 1:3). Dieu ne s’est pas encore fait connaître dans sa Parole sous ce caractère. Maintenant Anne s’adresse à Dieu de cette manière : L’Éternel des armées est son refuge. En écoutant sa prière, on remarque qu’elle fait appel tour à tour aux yeux, au cœur et à la main divine (1 Sam. 1:11). Elle fait un vœu : Si tu n’oublies pas ta servante, et que tu lui donne un enfant mâle, « je le donnerai à l’Éternel pour tous les jours de sa vie ». Le rasoir ne passera pas sur sa tête, il sera nazaréen pour Dieu.

 

4.3   Esprit brisé, mais foi, persévérance, intercession, et dévouement

Anne monte régulièrement avec son mari à Silo, elle est sans doute informée des mauvaises actions des fils d’Éli, et comprend un peu l’étendue de la ruine. Dieu seul peut susciter un homme de Dieu pour maintenir Ses droits et prier en faveur de son peuple fourvoyé. Dans un temps de tiédeur générale, si quelqu’un se tient avec foi à la brèche, avec un esprit brisé, persévérant dans l’intercession, Il répondra certainement aux besoins des siens (Ézé. 22:30).

On retrouve ces caractères chez Samuel, et tout le peuple le tient pour un homme de Dieu (1 Sam. 9:6-10). Anne est un bel exemple pour les mères croyantes de tous les temps. Parents, que désirons-nous pour nos enfants ? Est-ce avant tout qu’ils soient « séparés » pour Dieu ou qu’ils obtiennent une place sur la scène de ce monde, là où le Seigneur a été rejeté ?

N’est-on pas souvent plutôt disposé à rester assis, à son aise, et à chercher à jouer un rôle dans la société ou même dans l’assemblée, montrant ainsi les convoitises qui ont envahi nos cœurs ? Soyons plutôt, comme Anne, prompts à nous tenir devant Dieu, à nous attendre entièrement à Lui ! Dieu suscitera alors des serviteurs séparés du mal et dévoués, au milieu du Témoignage.

Apportons nos fardeaux au Seigneur, il veut les ôter et nous donner Sa paix (Ps. 81:6 ; Phil. 4:6-7). Incomprise, accusée à tort par Éli, Anne répond avec douceur. Elle s’empare avec foi de la bénédiction : « Va en paix ; et que le Dieu d’Israël t’accorde la demande que tu lui a faite ! » (1 Sam. 1:17), comme venant de Dieu lui-même (Luc 1:45).

Comment s’étonner si les pieds de cette femme sont « conduit sur le chemin de la paix ? » (Luc 1:79). Elle mange, le jeûne n’est plus de saison : « Elle n’a plus le même visage », la joie remplit son cœur, son visage s’en trouve égayé (1 Sam. 1:18 ; Prov. 15:13). Elle partage ses exercices avec son mari : « Ils se levèrent de bonne heure le matin et se prosternèrent devant l’Éternel » (1 Sam. 1:19).

Dieu a entendu le cri de sa servante. Anne reçoit par la foi, comme Sara, la force de fonder une postérité (Héb. 11:11). Elle enfante un fils et appelle son nom Samuel, ce qui signifie : « je l’ai demandé à Dieu » ou encore : « Dieu a exaucé » (1 Sam. 1:20).

 

4.4   Un enfant de prière — Action de grâces, respect

Que sera donc cet enfant ? La Parole montre que la prière tient une grande place dans sa vie (1 Sam. 7:5, 8 ; 8:6 ; 12:19, 23 ; 15:11). Il est mis au même rang que Moïse et Aaron, « parmi ceux qui invoquèrent son Nom (Ps. 99:6 ; Jér. 15:1). Il trouve place aussi au milieu de la « grande nuée de témoins » (Héb. 11:32 ; 12:1). Ce fils est vraiment un don de Dieu à son peuple et pour Anne, un grand sujet de joie pour son cœur (Jac. 1:17).

Elle reste fidèle à son vœu (Ecc. 5:5) et attend seulement que l’enfant soit sevré, à trois ans semble t-il, selon la coutume en Israël. Alors, avec l’assentiment de son mari, elle l’amène à Silo « afin qu’il paraisse devant l’Éternel et qu’il habite là pour toujours » (1 Sam. 1:22). Elle apporte une offrande coûteuse, expression de sa gratitude et de sa louange. C’est sous divers aspects une magnifique image de ce que le Seigneur Jésus est pour Dieu. Trois fêtes sont évoquées dans cette offrande. Elle apporte trois taureaux pour l’holocauste : c’est l’animal sacrificiel par excellence. C’est une figure de Christ, s’offrant à Dieu sans tâche, par l’Esprit éternel. L’épha de farine qui les accompagne, rappelle Sa vie de perfection. En Lui seul, Dieu a trouvé son plaisir. Enfin, l’outre de vin est une image de cette joie excellente que Dieu trouve en Lui.

Le cœur de cette femme déborde de reconnaissance, il n’y a pas trace de ressentiment dans les paroles qu’elle adresse à Éli : « Ah, mon seigneur, ton âme est vivante, mon seigneur, je suis la femme qui se tenait ici près de toi pour prier l’Éternel. J’ai prié pour cet enfant, et l’Éternel m’a accordé la demande que je lui ai faite » (1 Sam. 1:26-27). Qu’il est touchant de voir un si jeune enfant se prosterner là, devant l’Éternel, au moment où sa mère le quitte. Attitude respectueuse certainement inculquée par ses parents, un exemple pour nous ! (1 Sam. 1:28).

 

4.5   Louanges

Anne va prier à nouveau, et c’est vraiment un cantique au Dieu de sa vie (Ps. 42:8). Il a plusieurs traits communs avec le cantique de Marie, la mère de Jésus (Luc 1:46-55). Le cœur d’Anne bouillonne d’une bonne parole : Elle célèbre les gloires de l’Éternel. Celui qui bénit a plus de prix pour elle que les bénédictions. Le Seigneur est la source de sa joie, de sa force (sa corne est élevée), de son triomphe (sur les ennemis) et de son salut (1 Sam. 2:1). Nul n’est saint comme Dieu. Elle évoque d’abord ce caractère, un des attributs essentiels de Dieu. L’homme méprise souvent la sainteté de Dieu, mais elle est inséparable du salut. Dieu est incomparable, Il est LE rocher (v.2). C’est un Dieu de connaissance ; par lui les actions sont pesées (Prov. 16:2 ; Dan. 5:27). C’est aussi un Dieu souverain : « Il abaisse et Il élève aussi, même la stérile en enfante sept » (Ps. 107:38 ; 1 Sam. 2:5). Dans sa grâce, Il garde les pieds de ses saints et bientôt Il jugera les bouts de la terre (1 Sam. 2:9-10). Puis Anne exalte aussi Sa gloire, si prête à quitter Israël (I-Cabod) ! Elle entre enfin dans le conseil secret du tout-puissant. Son cantique s’achève par une anticipation du propos divin à l’égard de Christ, la réponse parfaite à toutes les faillites de l’homme en Adam : « L’Éternel donnera la force à son Roi, et Il élèvera la corne de son Oint (1 Sam. 2:10 ; Ps. 2:2). Cette femme est la première, dans l’Écriture, à lui donner ce merveilleux titre (Act. 4:27). Christ est la ressource parfaite d’Israël et du monde (Héb. 1:2).

 

4.6   Dieu se sert des choses faibles

Elkana retourne à Rama. C’est le père de Samuel qui est mentionné ici. Cet enfant va grandir dans un milieu qui peut être très défavorable pour son âme. La conduite débauchée des fils d’Éli est incompatible avec la crainte qui convient dans la Maison de Dieu. Pourtant Samuel « poussera comme le palmier » et il fleurira dans les parvis de Dieu (Ps. 92:12-13). Sa belle conduite sera en contraste continuel avec la méchanceté de ces jeunes hommes, Hophni et Phinées. Dieu préserve Samuel, il va devenir « un vase à honneur, sanctifié, utile au Maître, préparé pour toute bonne œuvre » (2 Tim. 2:21). Maintenant, le jeune garçon sert l’Éternel devant Éli. Il est de la famille des Lévites mais il n’appartient pas à la famille sacerdotale, et pourtant il porte un éphod de lin (1 Sam. 2:11, 18). Le service spirituel lié à la sacrificature est de toute importance dans un temps de ruine, si proche de l’apostasie. Dieu n’est jamais à court de ressources : Samuel, préparé par l’Éternel, sera bientôt un médiateur entre le peuple et l’Éternel, fonction à laquelle Moïse a été appelé avant lui. Dieu choisit les choses faibles du monde, celles qui sont méprisées, pour annuler celles qui sont « (1 Cor. 1:26-29).

Le Seigneur mentionne ailleurs les « deux ou trois réunis en Son Nom ». Aux yeux des hommes ils sont la faiblesse même. Mais Sa présence est le bien suprême et c’est à un petit troupeau fidèle qu’Il promet Sa bénédiction (Matt. 18:20 ; Luc 12:32).

 

4.7   Croissance, progrès

Sa mère, Anne, confectionne avec amour une petite robe pour Samuel, et la lui apporte d’année en année, quand elle monte avec son mari à Silo, pour le sacrifice habituel (1 Sam. 2:18-19). Le cœur d’une mère pieuse note la croissance physique mais surtout « spirituelle » de celui qui est encore jeune dans la foi. Elle lui apporte l’aide convenable pour qu’il devienne un homme de Dieu « accompli et parfaitement accompli pour toute bonne œuvre ». Ce fût le cas pour Timothée et bien d’autres (2 Tim. 3:17). L’enfant Samuel grandit agréable à l’Éternel et aux hommes (1 Sam. 2:21, 26 ; 3:19). Dieu était avec lui. Quel était le secret de sa croissance harmonieuse, un secret qui devrait aussi être le nôtre ? Il ne laissait tomber à terre aucune des paroles de Dieu (1 Sam. 3:19). Toute sa conduite s’en trouve sanctifiée.

Parler des progrès de ce serviteur fidèle dirige nos pensées sur la beauté sans égale de Celui qui est monté devant Dieu « comme un rejeton, et comme une racine sortant d’une terre aride » (És. 53:2). Il était ce « germe de l’Éternel pour splendeur et pour gloire » (És. 4:2), ce « plant de renom » (Ézé. 34:29). Il est écrit à son sujet : « L’Enfant croissait et se fortifiait, étant rempli de sagesse ; et la faveur de Dieu était sur Lui. Et encore : « Jésus avançait en sagesse et en stature, et en faveur, auprès de Dieu et des hommes » (Luc. 2:39, 52).

« La Parole de Dieu était rare dans ces jours-là : la vision n’était pas répandue » (1 Sam. 3:1). Une famine spirituelle menaçait le pays (Amos 8:11). Ce qui suit prend toute sa signification si on réalise qu’il n’y a plus de manifestation divine depuis quelques temps en Israël.

Durant la nuit, Dieu va appeler Samuel, tandis que sur le sanctuaire souillé pèsent d’épaisses ténèbres morales. Désormais il va recevoir et communiquer les pensées divines. Éli est couché en son lieu et Samuel est couché « dans le temple, où était l’Arche de Dieu » (1 Sam. 3:2-3), Peut-être est-ce pour Éli un signe de son affaiblissement ? « Ses yeux commençaient à être troubles, il ne pouvait voir ». Son état spirituel, hélas, à l’image de son état physique, est très diminué. Il ressemble à celui dont il est dit qu’il ne voit pas loin (2 Pier. 1:9). La lampe de l’Éternel, symbole du témoignage, devait brûler « depuis le soir jusqu’au matin ». Ici, il est dit qu’elle « n’était pas encore éteinte » (Ex. 27:20-21). Ce n’est plus qu’un lumignon mais Dieu ne veut pas le laisser s’éteindre. Il daigne se servir de la foi d’Anne, et de la piété personnelle de Samuel, au milieu d’un faible résidu, pour maintenir son témoignage au milieu de la ruine générale.

 

4.8   Écouter

Samuel entend par trois fois l’Éternel l’appeler, sans réaliser de qui il s’agit. Malgré l’heure tardive, il répond « Me voici » et court vers le souverain sacrificateur. Ce dernier finit par s’apercevoir que c’est l’Éternel qui appelle le jeune garçon (1 Sam. 2:8-9 ; Mal. 2:7-8). Il réalise sans doute aussi qu’il est définitivement mis de côté, mais il enseigne au jeune garçon comment répondre. Et quand l’Éternel, appelle à nouveau : « Samuel ! Samuel ! », ce tout jeune homme est prêt à dire : « Parle, car ton serviteur écoute ». Ce n’était pas exactement ce qu’Éli lui avait enseigné. Il omet en fait de dire : « Éternel ». Ce n’est certainement pas par manque de révérence mais plutôt parce qu’il ne le connaît pas encore.  Aujourd’hui, on parle parfois de Dieu avec une familiarité de mauvais aloi.

Notre oreille est-elle disposée à écouter Sa voix, à chercher à discerner sa pensée au milieu de l’agitation et de la confusion religieuse du temps actuel ? (Apoc. 3:20-22).

Ce premier message confié à Samuel, confirme le châtiment sévère que l’Éternel va faire tomber sur la maison d’Éli. On peut comprendre que le jeune serviteur de Dieu soit craintif quand il doit rapporter à Éli toutes les paroles de la vision (1 Sam. 3:15). Samuel est très sensible. Plus tard, il mène longtemps deuil quand Saül est rejeté par l’Éternel (1 Sam. 16:1).

Éli se soumet : « C’est l’Éternel, qu’il fasse ce qui est bon à ses yeux » (1 Sam. 3:18). Mais est-il vraiment trop tard pour s’humilier et confesser à Dieu sa misère ? On aimerait voir chez lui cette tristesse qui précède le relèvement. Il n’en est rien, semble t-il, si bien que Dieu exécute le terrible jugement, annoncé. C’est la fin saisissante d’Éli et de ses fils, et le châtiment plus terrible encore : l’Arche prise par les Philistins !

Quant à Samuel, désormais tout Israël, depuis Dan jusqu’à Béer-Shéba, « sait qu’il est établi prophète de l’Éternel » (1 Sam. 3:20). Dans ses grandes compassions, Dieu a préparé dans le secret ce serviteur fidèle. Il continue à prendre soin de son peuple, en se révélant encore à Samuel à Silo (1 Sam. 3:21). Ce dernier intercède pour le peuple et maintient fermement l’enseignement et la mise en pratique de la Parole de Dieu : « Voici, écouter (ou : obéir) est meilleur que sacrifice, prêter l’oreille, meilleur que la graisse des béliers » (1 Sam. 15:22).

 

5                        Des exemples à imiter

La piété de la femme de Phinées et celle, plus remarquable encore, d’Anne, sont des exemples à suivre. Imitons la persévérance de cette dernière, sa foi qui s’exprime dans la prière, sa patience dans l’épreuve, et la place que la louange occupe dans sa vie.

Quant à Samuel, d’abord fidèle dans les petites choses qui lui sont confiées, il apprend à connaître l’Éternel (1 Sam. 3:7) et devient lui aussi un homme de prière, qui se tient souvent secrètement devant l’Éternel. En plaçant sous nos yeux de tels serviteurs, Dieu nous incite à nous humilier et à prier, sans nous lasser, malgré l’ampleur de la ruine. Il est prêt à répondre, dans sa bonté, aux besoins des siens, dans les jours les plus sombres. « Quelque chose est-il trop difficile pour moi ? » (Jér. 32:27). Non, « rien ne sera impossible à Dieu » (Luc 1:37). Il peut susciter des Anne et des Samuel dans ces derniers jours de sa grâce.

 

Pendant ce temps sombre et difficile

Pour soutenir ma faible foi

Et me conduire au sûr asile,

Bon Berger, tu prends soin de moi

Lorsque ici-bas le mal progresse,

À la veille de ton retour,

Je te bénis de ta tendresse,

Des soins touchants de ton amour.