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ABIGAïL

 

Une femme vertueuse ! Qui la trouvera ? Car son prix est bien au-delà des rubis (Prov. 31:10).

 

Laügt Philippe

Août 2003

Plan de lecture :

1     Un homme de prière disparaît

2     David et Nabal : comment s’occuper des brebis

3     Défaillance chez David ; la chair et ses effets

4     Abigaïl et son intervention en délivrance

5     Jugement de Dieu sur Nabal

6     Abigaïl avec David

7     À bien retenir

 

 

1                        Un homme de prière disparaît

Les ténèbres morales s’étaient aggravées quand le peuple d’Israël avait choisi d’avoir Saül pour roi. Elles s’épaississent encore avec la mort de Samuel. Autrefois, dans sa détresse, le peuple disait au prophète : « Ne cesse pas de crier pour nous à l’Éternel, notre Dieu, pour qu’il nous sauve de la main des Philistins » (1 Sam. 7:8-9). Mais, plus tard, Israël ayant rejeté l’Éternel dans son cœur, demande un roi « comme toutes les nations » (1 Sam. 8:5-7). Samuel, qui maintenait la communication du peuple avec Dieu par la parole prophétique, est, de ce fait, mis aussi de côté. Toutefois il continue, dans sa maison à Rama, à exercer son précieux ministère d’intercession (Jér. 15:1).

À sa mort, malgré leur ingratitude, tout Israël s’assemble et se lamente sur lui. Les yeux de ce témoin fidèle, qui dénonçait le mal tout en intercédant pour le peuple de Dieu, sont désormais fermés, en attendant le glorieux matin de la résurrection. Il n’aurait pas été trop tard pour que le peuple se tourne vers Dieu. Il aurait accepté leurs larmes à Rama, comme auparavant à Bokim ou à Mitspa, mais il manquait une réelle repentance.

C’est toujours un instant solennel quand un homme ou une femme de prière est retiré. Toutefois l’intercession du Seigneur ne cesse jamais : « Il est toujours vivant pour intercéder pour nous » (Héb. 7:25).

 

2                        David et Nabal : comment s’occuper des brebis

David, l’Oint de l’Éternel, le vainqueur de Goliath, une belle figure de Christ, mène alors une vie errante, pourchassé par Saül (1 Sam. 23:14). Entouré de ceux qui, dans leur détresse morale, l’ont rejoint dans la caverne d’Adullam (1 Sam. 22:1-3) il trouve son vrai refuge en l’Éternel (Ps. 142:5 ; 57:1). Après la mort de Samuel, peut-être par crainte de Saül, David descend au désert de Paran, au sud de la tribu de Juda. Il apprend dans le désert que Nabal tondait ses moutons. Alors il envoie dix de ses jeunes hommes vers lui à Carmel, porteurs d’un message de paix : « Vis longtemps ! et paix te soit et paix à ta maison et paix à tout ce qui t’appartient ! » (1 Sam. 25:6 ; à comparer avec Luc 10:5). David, le vrai roi, le sauveur d’Israël, était là au milieu de son peuple, sans savoir où trouver un asile sûr, mais comme un berger fidèle (Gen. 31:40), il a veillé sur les troupeaux du très-riche Nabal (1 Sam. 25:2 ; Ézé. 34:12), aussi soigneusement qu’autrefois sur ses propres brebis.

Nabal, lui n’est pas un berger. Il est occupé à tondre ses trois mille moutons, une activité en accord avec son caractère. David charge ses jeunes gens de lui exposer humblement leurs besoins : « Nous sommes venus dans un bon jour. Donne à tes serviteurs et à ton fils David ce que ta main trouvera » (1 Sam. 25:8-9). Ils délivrent leur message avec exactitude, au nom de David « et ils se tinrent tranquilles » (1 Sam. 25:9). Il ne faut pas que l’esclave du Seigneur conteste. C’était une bonne attitude et chaque enfant de Dieu doit chercher à l’imiter ! Mais Nabal, que la Parole de Dieu décrit, en contraste avec sa femme Abigaïl, comme « dur et méchant dans ses actes », tout en étant de la race de Caleb, (1 Sam. 25:3) ne connaît pas David et le méprise. En fait, il méprise le pauvre, sans tenir compte des enseignements précis de l’Écriture à ce sujet (Deut. 15:7-8 ; Matt. 25:40).

On constate aussi que souvent, là où l’on a certains avantages, du fait d’une simple profession chrétienne, on découvre beaucoup d’égoïsme. Cette position ne s’accompagne pas de renoncement mais au contraire, d’une habitude de ne rien se refuser. Plusieurs marchent comme des ennemis de la Croix de Christ (Phil. 3:18-19).

Le cœur de Nabal est endurci, ses paroles sont le reflet de son état intérieur : « Qui est David ? Et qui est le fils d’Isaï ? Aujourd’hui ils sont nombreux les serviteurs qui se sauvent chacun de son maître » (1 Sam. 25:10). Ses paroles sont méprisantes, comme celles de Saül (1 Sam 22:7). David et ses hommes auraient dû pourtant recevoir un don généreux de cet homme prospère, qui faisait joyeuse chère chaque jour, splendidement (Luc 16:19). Nabal aurait ainsi montré un peu de reconnaissance pour la protection que David avait spontanément accordée à ses bergers (1 Sam. 25:7-8). Mais Nabal ressemble à ces pharisiens qui disaient de Jésus : « Pour celui-ci, nous ne savons pas d’où il est » (Jean 9:29). En outre, il considère comme sa propriété ce que Dieu a laissé à sa responsabilité (1 Cor. 4:2).

Comment pourrait-il concevoir de partager ce qu’il appelle : mon pain, mon eau, ma viande « que j’ai tuée pour mes tondeurs » avec ces hommes dont il ne sait d’où ils sont ? Il s’emporte contre eux. Quelle audace, à son avis, d’oser venir en si grand nombre réclamer de l’aide : c’est proprement inadmissible ! (1 Sam. 25:11:14). Il entend jouir égoïstement, sans droit réel, de cet héritage que son aïeul, Caleb, avait reçu, après avoir pleinement suivi l’Éternel son Dieu (Jos. 14:8-12). C’est une figure de l’Antichrist, dont l’esprit n’est que trop évident aujourd’hui. La chrétienté, proche aujourd’hui de l’apostasie, s’est approprié l’héritage de la foi, mais elle se refuse à partager l’opprobre et la souffrance d’un Christ rejeté.

« Ils m’ont rendu le mal pour le bien » pourra dire David (Ps. 35:12). C’est ce que faisait Nabal (Prov. 17:13), comme Saül à l’égard de David (1 Sam. 24:18). Nabal ne discerne pas la beauté de celui que Dieu a choisi. Il ne voit pas la grâce contenue dans ce message, il n’est pas touché par les besoins de David et incapable de discerner sa beauté, voilée par son humiliation. Il avait l’occasion unique d’aider aux besoins du futur roi d’Israël ! Ignorait-il vraiment que David avait délivré le peuple des Philistins ?

 

3                        Défaillance chez David ; la chair et ses effets

Sans lui répondre (Prov . 26:4), ces dix jeunes hommes rebroussent chemin et racontent à leur chef « toutes ces paroles ». Les hommes de ce monde, en rejetant l’évangile, représenté ici par ces dix messagers, rejettent Christ, la seule source des biens meilleurs et permanents (Héb. 10:34). Et cette fois hélas, David n’est pas disposé à rendre le bien pour le mal. Le doux psalmiste d’Israël, jusqu’ici patient, débonnaire, respectueux de son ennemi, est emporté par la colère. Laissant deux cents hommes près des bagages, il ceint son épée et, sans interroger l’Éternel, commande aux 400 autres de ceindre chacun la leur et de le suivre. Voilà qui souligne l’influence que l’on peut avoir sur ceux qui nous entourent, soit en bien, soit en mal (voir aussi Jean 21:3).

Retenons l’importance de cette exhortation : « Prenez l’armure complète de Dieu, afin que, au mauvais jour, vous puissiez résister, et après avoir tout surmonté, tenir ferme » (Éphés. 6:13). Sinon on peut se laisser surprendre par une petite tentation après avoir résisté victorieusement à une autre, pourtant beaucoup plus grande.

David cesse donc pour l’instant de ressembler au Modèle parfait, à Celui « qui lorsqu’on l’outrageait, ne rendait pas d’outrage, quand il souffrait, ne menaçait pas, mais se remettait (ou se livrait) à Celui qui juge justement » (1 Pier. 2:23). Quand l’homme a osé s’ériger comme son juge, regardant au-dessus et au-delà d’ Hérode, de Pilate, des principaux sacrificateurs et des scribes, il dit : « la coupe que le Père m’a donnée, ne la boirai-je pas ? » (Jean 18:11). Ses regards sont tournés vers l’avenir et il déclare : « Dorénavant, vous verrez le Fils de l’homme assis à la droite de la puissance, et venant sur les nuées du ciel » (Matt. 26:64).

Indigné, David est en grand danger de se faire justice par sa main, au lieu de remettre sa cause à l’Éternel : « Ne vous vengeant pas vous-mêmes, bien-aimés » (Ps. 37:5 ; Rom. 12:19). La chair du croyant n’est pas meilleure que celle de tout homme. Nous sommes naturellement enclins à défendre jalousement ce que nous estimons être à tort nos droits. David a failli manquer à la hauteur de sa position.

Mais Dieu veille sur son serviteur (Ps. 37:23-24). « Un jeune homme des gens de Nabal informa Abigaïl (son nom signifie le don ou les délices du père), femme de Nabal ». Il rend un témoignage vibrant à la conduite de David et de ceux qui l’entouraient. « Les hommes ont été très-bons pour nous … Ils ont été une muraille pour nous de jour et de nuit, tout le temps que nous avons été avec eux, faisant paître le menu bétail » (1 Sam. 25:14-16). Ce jeune homme savait qu’il était impossible de s’adresser à Nabal : « il est trop fils de Bélial ». Quelle différence avec Naaman qui se montre disposé à écouter ses serviteurs ! (2 Rois 5:23). Mais il savait qu’il pouvait parler ouvertement à Abigaïl, aussi il lavertit : « Sache et vois ce que tu as à faire ; car le mal est décidé contre notre maître et contre toute sa maison ».

En effet, David, dans sa fureur, avait dit : « Que Dieu fasse ainsi aux ennemis de David, et y ajoute, si, de tout ce qui est à lui, je laisse jusqu’à la lumière du matin un seul homme de reste » (1 Sam. 25:21-22). On peut s’éloigner du Seigneur, tout en se réclamant de lui ! « La colère de l’homme n’accomplit pas la justice de Dieu ! » (Jac. 1:20 ; Prov. 20:22). David devançait l’heure du jugement, elle n’avait pas encore sonné. Elle sera choisie par un plus grand que David (Rom. 12:19 ; Prov. 24:29). Mais Dieu, dans sa grâce, peut envoyer vers un croyant ceux qui vont l’avertir et lui rappeler le chemin qu’il faut suivre pour plaire à Dieu. Prenons courage, si nous pensons que beaucoup de choses dans notre vie sont une entrave positive pour rendre un témoignage clair, Dieu se glorifie dans notre infirmité ; soyons seulement prêts, dépendants de Sa volonté.

 

4                        Abigaïl et son intervention en délivrance

Abigaïl se hâte, avec l’énergie de la foi, sans rien dire à son mari (1 Sam. 25:19). Alors qu’elle vit dans cette compagnie insupportable, toutes ses ressources sont en Dieu. Elle « avait du bon sens et était belle de visage » (1 Sam. 25:3:18-19). Dans cette maison, la sagesse et la folie (Nabal veut dire fou) cohabitaient ! Abigaïl, avec sa sagesse et sa beauté (morale avant tout) est le type d’une vraie croyante et l’on peut voir aussi sans doute en elle un type de l’Église. David est à ses yeux « un porte-bannière entre dix mille » (Cant. 5:10). Précédée par des présents princiers, elle se porte à la rencontre de celui qu’elle reconnaît comme l’Oint de l’Éternel (1 Sam. 25:18-20). À la différence de Jonathan, qui ne suivra pas David jusqu’au bout, malgré ses affections pour lui, Abigaïl s’identifie avec le roi encore rejeté.

Les liens qui subsistent avec Nabal ne l’empêchent pas de reconnaître David, et après la mort de son mari, elle sera unie à David. Elle voit David, alors elle se hâte encore. Elle se prosterne la face contre terre et confesse son indignité, elle prend sur elle la culpabilité de Nabal : « À moi l’iniquité, mon seigneur ». Avec humilité, elle appelle souvent David « seigneur », comme dans ce cas : « Que mon seigneur ne fasse pas attention à cet homme de Bélial, à Nabal » (1 Sam. 25:24-25). Elle est clairvoyante en jugeant l’état de son mari désespéré. Cette faible femme devient un instrument remarquable dans la main de Dieu pour garder du mal un de ses plus grands serviteurs ! « Elle ceint ses reins de force et fortifie ses bras » (Prov. 31:17 ; 1 Cor. 1:27). David était un type imparfait du Seigneur. Lui seul, n’étant pas faillible, n’a jamais dû être rappelé au sentiment de ce qui convenait à la position qu’Il avait prise ici-bas !

« Elle ouvre sa bouche avec sagesse, et la loi de la bonté est sur sa langue » (Prov. 31:26). « Maintenant, mon seigneur, l’Éternel est vivant , et ton âme est vivante, que l’Éternel t’a empêché d’en venir au sang et de te faire justice par ta main » (1 Sam. 25:26). Elle ne s’attribue rien, tout est l’œuvre de Dieu. Avec foi, elle ne doute pas un instant des résultats de sa démarche ! « Pardonne, je te prie, la transgression de ta servante » (1 Sam. 25:28) : elle connaît la grâce de David et elle y fait appel. Elle montre l’assurance de sa foi : « L’Éternel fera certainement une maison stable à mon seigneur ». Elle magnifie toutes ces gloires encore futures que sa foi a discernées dans le roi selon le cœur de Dieu. Mais elle est conduite à ajouter : « Car mon seigneur combat les combats de l’Éternel, et la méchanceté n’a jamais été trouvée en toi ». Telle est son appréciation admirable de David, et en même temps elle lui rappelle quelle devait être son attitude constante.

Dieu peut se servir d’elle, et lui confier une parole dite en son temps (Prov. 15:23). La conscience de David est réveillée. On voit quelle terrible vengeance il se proposait d’exercer, avant de rencontrer Abigaïl ! Mais il va se repentir à temps de cette fâcheuse décision.

Abigaïl poursuit encore, en affirmant sa conviction profonde : c’est en vain qu’un homme (c’est ainsi qu’elle appelle Saül) s’est levé pour chercher à tuer David : « la vie de mon seigneur est liée dans le faisceau des vivants par devers l’Éternel, ton Dieu ». Par contre, l’âme de ses ennemis sera lancée au creux de la fronde ! Possible rappel du combat contre Goliath (1 Sam. 25:29). Elle invite David à réfléchir posément à un point d’importance : « Lorsque l’Éternel aura fait à mon seigneur selon tout le bien dont il a parlé à ton sujet et qu’il t’aura établi prince sur Israël, ceci ne sera pas pour toi une occasion de chute, ni un achoppement pour le cœur de mon seigneur d’avoir sans cause versé le sang

Enfin, sans évoquer son épreuve personnelle, pourtant si pénible, elle demande avec simplicité à David : « Souviens-toi de ta servante » quand l’Éternel t’aura fait du bien (1 Sam. 25:31 ; Ps. 89 :20-21). Sa foi rappelle celle du brigand (Luc 23:42). Certainement les paroles de ce malfaiteur ont rafraîchi le cœur du Seigneur sur la croix ; celles de cette femme de foi sont une consolation pour David et elle ne sera pas oubliée. « Un anneau d’or et un joyau d’or fin, tel est, pour l’oreille qui écoute, celui qui reprend sagement » (Prov. 25:12). En répondant à Abigaïl, David rend d’abord grâce à Dieu qui l’a envoyée à sa rencontre.

Il ajoute : « Bénie sois-tu pour ta sagesse et bénie sois-tu, toi qui en ce jour m’as empêché d’en venir au sang et de me faire justice par ma main ! » (1 Sam. 25:32-33 ; Ps. 141:5). Les projets de vengeance sont abandonnés, il laisse sa cause entre de meilleures mains que les siennes. Il reconnaît : « si tu ne te fusses hâtée ». Quel encouragement pour chaque enfant de Dieu à se hâter aussi et à ne pas différer de garder les commandements divins (Ps. 119:60). Il lui dit : « Monte en paix dans ta maison ; regarde, j’ai écouté ta voix, et j’ai accueilli ta demande avec faveur » (1 Sam. 25:35).

 

5                        Jugement de Dieu sur Nabal

Abigaïl doit revenir vers son mari : « il faisait dans sa maison un festin de roi …  il était ivre à l’excès » (1 Sam. 25:36). Insensé, il ne pensait qu’à se réjouir, manger et boire. Au matin, quand « le vin de Nabal eut passé » sa femme lui rapporta ce qui s’était passé. Alors, en écoutant ce récit, le cœur de Nabal devient comme une pierre, et environ dix jours après, « l’Éternel frappa Nabal et il mourut » (1 Sam. 25:38 ; Prov. 11:31).

Il est solennel de penser à tous ces ennemis du Seigneur, enivrés à l’excès par les joies périssables de ce monde qui, malgré les appels de la grâce, restent volontairement sous la malédiction du péché, dans cette « attente terrible de jugement et l’ardeur d’un feu qui va dévorer les adversaires » (Héb. 10:26). Aujourd’hui encore le sort des hommes dépend de ce choix : Mépriser Christ pendant le temps de son rejet, et mourir dans ses péchés ou le reconnaître tel que Dieu l’a haut élevé et s’attendre à Sa grâce qui seule peut nous accueillir avec faveur (Ps. 2:11-12).

 

6                        Abigaïl avec David

David l’apprend et bénit l’Éternel qui a pris sa cause en main (Ps. 35:23) : il était toujours prêt à le faire. En est-il ainsi pour chacun de nous ? (Ps. 34:1). Il envoie ses serviteurs vers Abigaïl, à Carmel. Ils lui disent : « David nous a envoyés vers toi , afin de te prendre pour sa femme » (1 Sam. 25:40). Elle est libre de la loi du mari, (Rom. 7:1-3), alors elle se prosterne et déclare, dans son humilité : « Voici ta servante sera une esclave pour laver les pieds des serviteurs de mon seigneur ».

Le monde dirait que c’est pitoyable de se présenter pour être une esclave. Le croyant, lui, voit autre chose. Il discerne la beauté d’une âme qui a la même pensée que le Seigneur (Phil. 2:7). Voilà quelle était la grandeur morale d’Abigaïl. Être l’esclave du Seigneur, c’est un titre méprisable pour les hommes, mais un titre de gloire aux yeux du croyant, que l’on retrouve dans plusieurs épîtres de Paul. Désirons servir humblement le Seigneur et ses précieux rachetés, sans volonté propre, comme Abigaïl.

Puis, une fois encore, elle se hâte de suivre les messagers …  et elle fut la femme de David (1 Sam. 25:41-42). Elle laisse de côté la jouissance de tous ses biens terrestres pour partager la vie précaire de David au désert. Elle devient un type de l’Église comme épouse de Christ, appelée à estimer l’opprobre de Christ un plus grand trésor que les richesses de ce monde (Héb. 11:26). Heureux David, il a trouvé une femme selon son cœur, une aide véritable dans les moments difficiles, comme quand il se sauve chez Akish (1 Sam. 27:3) avec la terrible épreuve à Tsiklag qui en sera la conséquence. Les Philistins brûlent la ville et emmènent captives les femmes qui y étaient. Mais Dieu veille sur sa servante, comme sur tout ce qui appartient à son serviteur, et David, se fortifiant en l’Éternel, son Dieu, recouvrera finalement tout (1 Sam. 30:5, 18-19).

Plus tard, Abigaïl suit aussi son mari à Hébron, et « les hommes de Juda oignirent là David pour roi sur la maison de Juda » (2 Sam. 2:2-4). Pour un époux chrétien, Abigaïl peut souvent représenter cette femme que le Seigneur lui a donnée (Prov. 31:30), et qui, par ses conseils de sagesse, peut l’aider à laisser Dieu seul agir chaque fois qu’il s’agit de Ses propres intérêts.

 

7                        À bien retenir

Abigaïl aussi a fait ce qui était en son pouvoir. Si une parole dite en son temps est bonne, une parole inutile ou déplacée peut causer de la tristesse et blesser profondément. On peut répéter des choses vraies, mais qui n’auraient jamais dû être connues par un tiers (Ps. 141:3). Tandis qu’une parole à propos, comme celle d’Abigaïl à David ou d’Élihu à Job sont précieuses. Elles viennent en aide à celui auquel elles sont adressées. Et de plus, elles procurent de la joie à celui qui les prononce.

Abigaïl s’est levée, comme Déborah et Jaël, en un jour de profonde misère. Réveillées, (Jug. 5:12) elles comprennent, comme Élihu, que dorénavant la passivité serait synonyme d’infidélité (Job 32:6, 17). Ces femmes de foi ont eu à l’égard de leur peuple les soins d’une vraie « mère en Israël » (Jug. 4:9 ; 5:7:24-26). Elles ont agi, sans sortir pour autant de l’attitude convenable. Au moment voulu, conduites par l’Éternel, malgré leur faiblesse naturelle, elles ont eu une action déterminante en faveur du peuple de Dieu (1 Cor. 1:27-28).

Exprimons devant Lui le désir fervent qu’il accorde à des sœurs en Christ de jouer de Sa part, dans ce jour de ruine, un rôle comparable, en faveur de l’Assemblée. Sans doute, ce ne sera pas, comme pour Barak ou David, à notre honneur, mais pour la gloire du Seigneur !

Nous attristons si facilement par nos paroles et notre conduite le Saint Esprit de Dieu qui est en nous et par lequel nous avons été scellés pour le jour de la rédemption. Cet hôte divin est très sensible à la mise en pratique chez le racheté de la sainteté.

Cherchons à ressembler à cet ami, avec lequel je ne puis guère rester plus de dix minutes, sans l’entendre me dire : « Tu sais, aujourd’hui, j’ai médité sur telle ou telle Écriture et telle ou telle pensée m’a été communiquée, je le crois, par l’Esprit ».

Avons-nous « appris le Christ » ? L’avons-nous entendu, avons-nous été instruits en Lui selon que la vérité est en Jésus ? Dès lors « renouvelés dans l’esprit de notre entendement » nous serons en mesure d’apporter cette parole « bonne, propre à l’édification selon le besoin, afin qu’elle communique la grâce à ceux qui l’entendent » (Éph. 4:28-29).