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AINSI NAOMI REVINT...

 

 

(Ruth. 1:22)

 

Philippe Laügt

 

ME 1985 p. 169

 

Israël avait reçu de Dieu un pays ruisselant de lait et de miel (Exode 3:8, 17). En retour, il devait L’aimer et Le servir. Pourtant au temps des Juges, «chacun faisait ce qui était bon à ses yeux» et servait des idoles (Juges 2:11 ; 21:25). Aussi Dieu commande et les cieux se ferment, la terre ne produit plus son fruit (Deut. 11:13-17).

Une famine met la foi à l’épreuve et manifeste l’état de notre coeur. Il faut chercher soigneusement les motifs d’une telle épreuve et attendre patiemment, de la main de Dieu, la délivrance (Ps. 33:18, 19). Si la nourriture spirituelle, la joie et la puissance font défaut, les obstacles à la bénédiction sont assurément de notre côté. Mais on peut aussi, hélas, s’efforcer d’échapper à la discipline du Seigneur, méprisant les leçons qu’il voulait nous enseigner. C’est l’attitude d’Élimélec. II quitte Bethléhem de Juda, la maison du pain, à la recherche d’une vie plus facile. Il emmène avec lui sa femme Naomi et ses deux enfants, dans les champs de Moab tout proches, mais de l’autre côté du Jourdain (Ruth 1:1).

Moab a été à l’aise dès sa jeunesse, tranquille sur sa lie. II n’a pas été versé de vase en vase, il n’est pas allé en captivité, nous dit Jérémie (48:11). Cette vie de facilité, sans crainte de Dieu, a beaucoup d’attrait pour notre chair. Élimélec voulait peut-être séjourner seulement quelque temps dans ce pays. Un croyant qui s’éloigne, ne cherche pas d’emblée à se conformer au monde, mais peu à peu Moab paraît plein d’attraits pour celui qui a quitté Canaan. Élimélec devient un citoyen de ce pays et bientôt il y meurt. Nous ne mesurons pas assez les funestes conséquences d’un premier pas dans une mauvaise direction (Prov. 14:12 ; Gal. 6:7). Observation fréquente, les fils vont plus loin que les parents dans le chemin de la désobéissance. Makhlon et Kilion prennent pour femmes des Moabites (Deut. 7:3). Perdus désormais pour le peuple de Dieu, ils habitent dix ans encore en Moab et meurent, à leur tour, sans postérité (Ruth 1:5).

Naomi reste seule, privée de son mari et de ses enfants, sur un sol étranger. Il est difficile de concevoir situation plus affligeante. Mais Celui qui affermit la veuve va prendre soin d’elle (Ps. 146:9). Au moment opportun, elle entend dire que l’Éternel a visité son peuple, pour lui donner du pain (Ps. 111:5). Aujourd’hui encore Dieu envoie ses messagers annoncer dans ce monde le salut par l’oeuvre de Christ à la croix. Faisons-nous partie de ceux qui apportent à une âme altérée ces nouvelles de bonheur ?

Pour que Dieu puisse nous restaurer, il faut nous séparer d’abord de nos associations mondaines. Naomi se décide à retourner vers ce peuple que Dieu a librement choisi (Deut. 7:7). Elle part, alors même que sa foi est encore bien vacillante. Notre repentance est bien souvent imparfaite, mais Dieu veille, alors que nous sommes encore loin (Luc. 15:20), à encourager le premier mouvement vers Lui. Il approfondit son travail ensuite.

Naomi a gagné les affections de ses belles-filles, elles la suivent. Elles ont déjà usé de bonté envers elle (Ruth 1:8) et sont disposées à l’entourer de soins attentifs. Mais les perspectives d’avenir qui s’offrent à Ruth et Orpa sont bien différentes de celles de Naomi. Celle-ci, après tout, retourne dans son pays, vers son héritage et vers son Dieu. Ses belles-filles doivent quitter leur famille, leurs amis et... leurs idoles, pour aller vers un peuple qu’elles ne connaissent pas (Ruth 2:11). Qui plus est : un peuple hostile aux Moabites, auxquels ils ne devaient point s’allier par mariage, d’après la Loi (Deut. 23:3). Naomi va-t-elle toutefois saisir l’occasion (Col. 4:5) et les encourager à venir, avec foi, s’abriter sous les ailes du Dieu d’Israël (Ruth 2:12) ? On peut l’espérer, mais elle a trop longtemps erré, elle est bien faible encore et peut-être a-t-elle aussi un peu honte de revenir en compagnie de ces femmes moabites. Ne seront-elles pas un rappel constant des fautes du passé ?

Il est déjà difficile de revenir, de se sentir ou de se croire épié avec plus ou moins de bienveillance. Décidément il serait plus facile de revenir seule à Bethléhem. Alors Naomi leur donne un baiser d’adieu et les incite fortement à rebrousser chemin. Retournez, répète-t-elle (Ruth 1:8, 11, 12, 15) chacune dans la maison de sa mère. Et, pour les convaincre, elle affirme même qu’elles ont tout intérêt à rester au pays de Moab.

Il est triste de voir un croyant se borner à parler de son travail, de ses affaires, voire de sa famille. Les pensées de Naomi ne s’élèvent pas ici au-dessus de la vie présente. Occupés des choses de la terre, sans communion réelle avec Dieu, nous sommes une entrave pour ceux qui ont besoin de s’approcher du Seigneur. Comment Naomi peut-elle penser que l’Éternel fera trouver du repos à Orpa et à Ruth, chacune dans la maison d’un mari... idolâtre ? Tout est confusion loin de Dieu, nous perdons tout discernement spirituel. Agitée de pensées contradictoires, Naomi en vient à dire : «Je suis dans une plus grande amertume que vous, car la main de l’Éternel s’est étendue contre moi» (Ruth 1:13). Elle ne discerne pas l’amour et la grâce qui sont à l’oeuvre, pour la restaurer.

Mais, dans sa souveraineté, Dieu va se servir de la froideur spirituelle de Naomi, pour manifester l’état réel de Ruth et d’Orpa. Elles sont à la croisée des chemins, devant la plus grande décision de leur vie. De leur choix, dépendra selon toute apparence leur sort éternel (Deut. 30:19). Toutes deux ont des affections vives. Elles pleurent (Ruth 1:9, 14) et déclarent ensemble : «Non, mais nous retournerons avec toi vers ton peuple» (Ruth 1:10). Mais bientôt Orpa, sensible aux arguments de sa belle-mère, l’embrasse et retourne vers ses dieux, au pays de l’ombre de la mort (Job 10:21). Bethléhem était en vue, mais c’est Moab qui remplissait son coeur.

Ruth, en revanche, s’attache à Naomi, qui pourtant insiste pour qu’elle suive sa belle-soeur. Tant de liens naturels les unissaient jusqu’alors ! La réponse de Ruth fait briller sa foi. Oubliant les choses qui sont derrière, elle se confie dans le Dieu vivant et vrai. Saisie par sa détermination, Naomi cesse de lui parler. La foi sépare mais elle unit aussi. Désormais elles ont une espérance commune ; ensemble, elles vont marcher jusqu’à Bethléhem. Ruth, dans toute la fraîcheur de son premier amour, est une aide précieuse pour Naomi, que Dieu lui accorde. Dieu, ainsi, veille sur cette veuve.

Leur entrée dans la ville provoque une émotion bruyante. Les femmes disent : «Est-ce là Naomi ?» Comme elle a changé !... et chacun se pose des questions : «Où sont donc les siens ? Quelle est cette étrangère qui ne la quitte pas ?» On est heureux sans doute de la revoir après tant d’années d’absence, mais il faut se rendre à l’évidence, elle a perdu son mari et ses fils. Ce n’est plus qu’une pauvre veuve sans ressources.

Comment accueillons-nous ceux que Dieu ramène ? Sommes-nous prêts à leur manifester cette profonde sympathie qui réchauffera leurs affections pour le Seigneur ? Ne sont-ils pas parfois l’objet au contraire d’une curiosité malsaine, sans véritable amour ? Prenons garde aux paroles prononcées légèrement et qui percent comme une épée (Prov. 12:16, 25, 20). N’ajoutons pas au deuil et à la souffrance. Appliquons le vrai baume de Galaad : Christ (Jér. 8:22).

«Ainsi Naomi revint» (Ruth 1:22). Comme Job, elle ne discerne pas le travail que Dieu poursuit (Job 23:13). Appelez-moi Mara, dit-elle à ceux qui l’entourent, «car le Tout-Puissant m’a remplie d’amertume» (Ruth 1:20). Pour nous justifier de nous être éloignés, nous sommes prompts à invoquer les circonstances contraires, l’incompréhension ou le délaissement de nos amis. Naomi, elle, ne cherche pas à se disculper et reconnaît qu’elle est partie de Bethléhem, comblée. Elle comprend aussi que c’est l’Éternel qui la ramène. Personne ne pourrait revenir sans l’intervention puissante du Seigneur. Elle rentre à vide ; aucune discipline pour le présent ne semble être un sujet de joie mais de tristesse (Héb. 12:11). Mais l’essentiel est de se trouver là où l’Éternel a commandé la bénédiction.

C’était le commencement de la moisson des orges, la première de l’année, aussitôt après la Pâque. D’autres suivront, plus riches encore ; Dieu fera chanter de joie le coeur de la veuve (Job 29:13). Bientôt Naomi devra reconnaître qu’elle n’a jamais cessé d’être l’objet de Ses soins.

Dieu qui fait droit à l’orphelin et à la veuve, et qui aime l’étranger pour lui donner du pain et le vêtement, a donné des instructions à leur sujet (Deut. 10:18 ; Lév. 23:22). Et Ruth, dans son dénuement, est prête à glaner à la suite de celui aux yeux duquel elle trouvera grâce. Mais d’abord elle cherche, humble et soumise, l’approbation de Naomi, dont elle reconnaît l’expérience. Que de fautes et de tristesses nous seraient épargnées si nous savions écouter nos frères et soeurs plus âgés ! (1 Pierre 5:5). Naomi, par une parole, sait l’encourager : «Va, ma fille». Veillons à soutenir ceux qui sont au début de leur course chrétienne (1 Tim. 4:12).

Conduite par une main sûre, celle de Dieu, Ruth entre en contact avec Boaz. Cet homme puissant et riche est un beau type de Christ. Plein de grâce, il parle au coeur de cette étrangère et la console (Ex. 23:9). À l’heure du repas, il l’invite à s’approcher. Rassasiée, elle glane tout le jour, inlassablement, «même entre les gerbes» (Ruth 2:15). Boaz en a donné l’ordre à ses jeunes hommes. Elle n’ira pas glaner dans un autre champ, elle se tiendra auprès de ses jeunes filles. Et le soir, ayant battu ce qu’elle a glané, il lui reste un épha d’orge, nourriture suffisante pour dix jours. Fatiguée mais heureuse, elle revient à la ville. Elle est rassasiée et donne volontiers ce qui lui reste à sa belle-mère. Un glaneur, d’habitude, est loin de ramasser une telle abondance. Surprise, Naomi l’interroge : «Où as-tu glané aujourd’hui et où as-tu travaillé ?» Question sérieuse pour chacun. Avons-nous aujourd’hui glané dans l’Écriture ce qui peut nourrir notre âme de Christ ? (Deut. 8:3). Pouvons-nous ensuite partager avec d’autres ? (Néh. 8:10) Ruth s’empresse alors de raconter chez qui elle a travaillé, parle de celui qu’elle a appris à connaître, Boaz, dont le nom signifie : «En lui est la force». Alors l’esprit de Naomi se ranime, comme celui de Jacob quand il vit les chariots envoyés par Joseph (Gen. 45:27). Elle reconnaît la main de Dieu et s’écrie : «Béni soit-il de l’Éternel, qui n’a pas discontinué sa bonté...» (Ruth 2:20). La louange retrouvée est toujours le signe de la restauration (Ps. 51:12, 15).

Mûrie par l’épreuve, Naomi ne donnera désormais que de bons conseils à Ruth (Lire Tite 2:3, 4). Et d’abord elle l’éclaire sur le véritable caractère de Boaz. C’est un proche parent, un de ceux qui ont le droit de rachat. En fait il deviendra bientôt évident qu’il est le seul, comme Christ pour nous, qui puisse et veuille racheter.

Les paroles de Boaz se sont gravées dans le coeur de Ruth. Elle ajoute : «Même il m’a dit : Tiens-toi près de mes jeunes hommes jusqu’à ce qu’ils aient achevé toute la moisson que j’ai». Certes il fallait les suivre de près pour ramasser ces épis qu’ils laissaient volontairement tomber, sur le commandement de Boaz (Ruth 2:15). Mais Naomi qui veille affectueusement à la réputation de Ruth (3:11) fait siennes, à son insu, d’autres paroles de Boaz (Ruth 2:8) et lui dit : «Il est bon, ma fille, que tu sortes avec ses jeunes filles, et qu’on ne te rencontre pas dans un autre champ» (Ruth 2:22). Plus tard Boaz pourra dire à Ruth, dont il a observé la conduite : «Tu as montré plus de bonté à la fin qu’au commencement (voir Ruth 1:8 ; 2:11) en ce que tu n’es pas allée après les jeunes hommes, pauvres ou riches» (Ruth 3:10).

Aujourd’hui encore, dans un monde ou règne le désordre, le vrai chemin pour une jeune chrétienne c’est de rester là où les droits du Seigneur sont reconnus, de chercher la compagnie de ceux qui le craignent (Ps. 119:63) et de garder une attitude modeste et réservée à l’égard des jeunes gens.

Des semaines ont passé, la moisson des froments a succédé à celle des orges. Toujours active, Ruth habite fidèlement avec sa belle-mère. Et Naomi, animée d’un véritable esprit de grâce, s’oublie entièrement pour chercher le bien de sa belle-fille. «Ma fille» dit-elle, «ne te chercherai-je pas du repos, afin que tu sois heureuse ?». L’apôtre Paul aussi cherchait toujours d’abord le bien spirituel de ses enfants en Christ (2 Cor. 12:14, 15). L’égoïsme nous pousse toujours à chercher nos propres intérêts ; est-il banni de nos vies ? Si l’amour de Dieu remplit nos coeurs, nous suivrons les traces de Celui qui n’a jamais cherché à plaire à lui-même (Rom. 15:3). Où trouver un sûr abri (sens du mot traduit par repos), sinon auprès de Christ, dont Boaz est le type ? Naomi n’imagine plus que Ruth pourrait trouver ce repos dans le monde (Ruth 1:9). Elle sait que Boaz vanne cette nuit pour remplir ses greniers. Le bon grain doit être séparé de la balle. La moisson s’achève, son coeur est joyeux (Ésaïe 9:3). Et sa bonté à l’égard de Ruth incite Naomi à saisir l’occasion. Appuyée hardiment sur l’Écriture (Lév. 25:25 ; Deut. 25:5-10) elle espère qu’il voudra racheter Ruth, même s’il n’est pas vraiment tenu de le faire. Elle encourage sa belle-fille à cette démarche délicate. «N’est-il pas de nos amis ?» (Ruth 3:2). Oui, il est même, la suite du récit le montre, cet ami plus attaché qu’un frère (Prov. 18:24). Naomi a reçu de l’intelligence spirituelle, elle est en mesure d’enseigner à Ruth comment se préparer soigneusement à une telle rencontre : «Lave-toi donc, oins-toi et mets sur toi tes vêtements» (Ruth 3:3). Le croyant doit se laisser constamment purifier par la Parole, veiller à ne pas attrister le Saint Esprit qui habite en lui, et se revêtir de justice pratique. La communion avec le Seigneur est à ce prix.

Ruth est prête à obéir (Ruth 3:5, 6). Le chemin vers Boaz est clairement tracé : «Descends dans l’aire. :. tu remarqueras le lieu où il se couche... tu te coucheras à ses pieds». Et Naomi affirme sa confiance en Boaz : «Il te fera connaître ce que tu auras à faire». Avons-nous répondu au Seigneur, comme Ruth à Naomi : «Tout ce que tu as dit, je le ferai ?» Sommes-nous prêts à suivre ce chemin qui descend ? à découvrir la marche du Seigneur ici-bas ? Une seule chose est nécessaire, être à Ses pieds et écouter Sa voix.

Au milieu de la nuit, Ruth trouve pour présenter sa requête à Boaz les paroles convenables : «Je suis Ruth, ta servante... tu as le droit de rachat». Il la reçoit avec faveur et accepte de prendre en mains sa cause. En attendant, il répond richement à ses besoins et à ceux de Naomi, elle n’ira pas à vide vers sa belle-mère. Les six mesures d’orge, serrées dans son manteau, sont le gage visible de la faveur de Boaz.

«Qui es-tu, ma fille ?» demande Naomi (Ruth 3:16). Mue par un profond intérêt affectueux, elle désire savoir si Ruth a trouvé la paix (C. des Cant. 8:10). Avec joie, Ruth raconte «tout ce que l’homme a fait pour elle».

Y a-t-il encore quelque chose à faire ? Naomi, enseignée par l’épreuve (Ps. 119:67, 68) l’incite à rester tranquille (Ps. 37:5-7). «Demeure, ma fille...» Souvent nous nous agitons inutilement (Ps. 42:5). Tout n’est-il pas désormais dans les mains de Boaz ? et Naomi affirme : «L’homme n’aura pas de repos qu’il n’ait terminé l’affaire aujourd’hui» (Ruth 3:18). D’où vient cette hâte ? De son amour pour Ruth.

Un plus grand que Boaz, à cause de la joie qui était devant lui a enduré la croix, ayant méprisé la honte. Quel mystère ! Christ a aimé l’Assemblée et s’est livré pour elle. Et maintenant, il attend avec patience le jour où il viendra chercher son épouse (1 Thess. 3:5).

La loi ne donnait aucun espoir à Ruth d’entrer dans la congrégation de l’Éternel. Seule la grâce pouvait intervenir, et elle brille chez Boaz. Il rachète Ruth et l’héritage d’Élimélec. Elle devient son épouse, l’Éternel lui donne de concevoir et son fils sera le grand-père de David (Ruth 4:21:22 ; Matt. 1:6). Il prend place dans la généalogie du Seigneur ici-bas.

«Tu oublieras la honte de ta jeunesse et tu ne te souviendras plus de l’opprobre de ton veuvage» (És. 54:4). Cette promesse divine concerne Israël restauré, elle s’accomplit aussi pour Naomi à la fin de ce livre. Jusqu’alors elle pouvait s’écrier comme Job : «Mes jours sont passés, mes desseins sont frustrés — les plans chéris de mon coeur» (17:11). Le Seigneur use de grâce et de miséricorde envers celle qui est revenue vers lui (Jér. 4:1 ; Jacq. 5:11). La fin du livre nous parle de Naomi plus encore que de Ruth. Aux compassions de Dieu répond la louange et la voix de gens qui s’égaient (Jér. 30:19). Les femmes disent à Naomi : «Béni soit l’Éternel qui ne t’a pas laissé manquer d’un homme... Ta belle-fille qui t’aime l’a enfanté». Le droit de rachat qui appartenait à Boaz est transféré à Obed. Les femmes ont compris que cet enfant aura sa place dans l’accomplissement du plan rédempteur que Dieu tient en réserve pour son peuple. L’héritage, précieux au coeur de tout fidèle, sera ainsi préservé (Ps. 16:6 ; 1 Pierre 1:4). Naomi prend l’enfant, le met dans son sein et lui sert de nourrice. Il est appelé Obed, celui qui sert. Les voisines disent : «Un fils est né à Naomi». II sera pour elle, de la part de Dieu, «le restaurateur de son âme et le soutien de sa vieillesse» (Ruth 4:15-17). Déjà ce nouveau-né, blotti contre elle, est sa joie et son réconfort.

La signification spirituelle de cette scène ne peut nous échapper. Cet enfant doit porter nos regards sur Celui qui couronne cette lignée, «né de femme, né sous la loi». «Un enfant nous est né, un Fils nous a été donné et le gouvernement sera sur son épaule ; et on appellera son nom Merveilleux, Conseiller, Dieu fort, Père du siècle, Prince de paix...» (És. 9:6). Israël, l’homme en général, se sont montrés infidèles. Mais le Serviteur parfait, annoncé par les prophètes, venu du ciel, a fait toute la volonté de Dieu jusqu’à la croix. Boaz, cet homme puissant et riche, occupé sans trêve à acquérir son épouse, à la combler de son amour, est un type de notre bien-aimé Sauveur. De Lui, malgré notre état misérable, nous avons tous reçu, comme Ruth et Naomi, et grâce sur grâce

 

 

Tu nous aimes, Seigneur, comme t’aime le Père ;

Ton amour tout-puissant couvre notre misère

Et soutient notre faible coeur.

 

Tu l’as offert, Jésus, le sang qui purifie ;

Oui, par amour pour nous, tu quittas cette vie

Que, par amour, tu pris, Seigneur.