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L’ANGE DE L’ÉTERNEL MONTA DE GUILGAL À BOKIM

 

Juges 2:1

 

Philippe Laügt

ME 1989 p. 3-7

 

Le peuple d’Israël avait appris, lors de la Pâque, que le sang d’un agneau le mettait à l’abri du jugement divin (Ex. 12:13). À la mer Rouge, Dieu l’avait délivré de tous ses ennemis (Ex. 14:31). Ce sont, nous le savons, deux grands aspects de l’œuvre de Christ pour nous. Mais à Guilgal, après la traversée du Jourdain, c’est une troisième conséquence de la croix qui nous est présentée en figure, une troisième délivrance : notre mort avec Christ et ses conséquences pratiques.

Dieu a toujours eu en horreur la chair. L’épreuve de l’homme dans la chair a montré à l’évidence qu’il ne pouvait pas se soumettre à la loi divine et cette loi l’a condamné (Rom. 7:12-15). Mais pour le croyant, la sentence de mort a été exécutée à la croix, contre Christ, notre parfait substitut. Morts et ressuscités en Lui, parvenus sur la rive de la résurrection, nous avons la responsabilité de tenir notre chair, ce tyrannique ennemi intérieur, à sa place, dans la mort, et le Saint Esprit nous donne la puissance pour le faire. C’est ainsi seulement que nous pourrons combattre les combats de l’Éternel, vaincre l’Ennemi et conquérir le pays.

À Guilgal, Dieu avait dit à Josué : « Fais-toi des couteaux de pierre, et circoncis encore une fois les fils d’Israël » (Josué 5:2). Ces couteaux devaient être tranchants. Guilgal nous enseigne à porter un jugement complet, sans complaisance, sur chaque apparition de notre chair (Col. 3:5). Ses œuvres ne sont-elles pas manifestes ? Galates 5 mentionne l’impureté, l’idolâtrie, mais aussi les inimitiés, les querelles, les jalousies, la colère, les intrigues … (Gal. 5:19). Si nous sommes « de Christ », l’Esprit de Dieu qui habite en nous s’oppose à cette activité de la chair et nous aide à marcher selon Dieu (Gal. 5:16).

Circoncis, Israël peut célébrer la Pâque, le mémorial de l’œuvre accomplie en sa faveur. Elle correspond pour nous à la Cène. Nous nous souviendrons éternellement de la mort du Seigneur.

Le vieux blé du pays, image d’un Christ glorifié, est désormais la nourriture du croyant. Les pains sans levain, le grain rôti sont toujours là pour soutenir ses forces. Toutes nos vraies ressources viennent d’une seule personne : Christ.

Puis l’Ange de l’Éternel, ayant à la main l’épée qui décide des combats, se présente aussi. Tout est largement fourni par la merveilleuse grâce de Dieu pour que son peuple puisse s’emparer du pays encore sous la domination de l’ennemi. Une seule condition, mais combien importante : « Tout lieu que foulera la plante de votre pied, je vous l’ai donné » (Josué 1:3).

Monter de Guilgal pour livrer bataille (Josué 10:7-9), retourner à Guilgal après le combat (Josué 10:15-43) y rester habituellement (Josué 14:6) est le secret de la bénédiction et de la force. Ce doit être une attitude de cœur, jamais une simple forme religieuse. La conduite ultérieure d’Israël à l’égard de ce lieu doit nous servir d’avertissement (Osée 9:15 ; Amos 4:4).

Israël a d’abord remporté de grandes victoires : contre Jéricho (Josué 6), contre les Anakim (Josué 11:21-23) et contre trente et un rois du pays (Josué 12:7-24). Nos devanciers, au temps du Réveil, ont remporté aussi d’importantes victoires. Dans le secret d’abord, contre eux-mêmes, en portant pratiquement toujours et partout dans le corps la mort de Jésus (2 Cor. 4:10). Ils ont pu ainsi, à la gloire de Dieu et par amour pour Lui, se séparer du monde même sous son aspect religieux. Cela n’a pas été sans souffrances, mais ils l’ont accepté joyeusement pour Christ.

Ici, dans ce livre de Josué, Dieu devra bientôt dire à son serviteur : « Il reste un très grand pays à posséder » (Josué 13:1). Et Josué, à son tour, adressera des reproches au peuple : « Jusques à quand vous porterez-vous lâchement à aller prendre possession du pays que l’Éternel, le Dieu de vos pères, vous a donné » (Josué 18:3). Il ne sera pas nécessaire d’attendre le livre des Juges pour voir le déclin s’accentuer. À côté d’actes de foi toujours possibles au milieu de la ruine pour qui s’appuie pleinement sur son Dieu (Josué 14:8, 9 ; 15:13-19) la parole de Dieu s’accomplit : « La main paresseuse sera tributaire (Prov. 12:24). Les défaillances, les défaites humiliantes se multiplient.

Dépourvus de cette énergie de la foi qui nous est aussi toujours nécessaire, les fils de Juda se montrent incapables de déposséder le Jébusien qui habite Jérusalem. Ils y habiteront désormais ensemble ! (Josué 15:63) en opposition absolue à la pensée de Dieu (lire par exemple Ex. 34:11-16). Il en va de même d’Éphraïm (Josué 16:10) et de Manassé. Et même, pour ces derniers, ce sont les habitants de Meguiddo qui imposent leur volonté (Josué 17:12). Les fils de Joseph, remplis de prétention, prétextant de leur nombre, réclament une plus grande part d’héritage. Ils étaient en réalité effrayés par les chars de fer de l’ennemi (Josué 17:14-18). La puissance que le grand Ennemi s’efforce toujours de déployer, n’a-t-elle pas le même effet parfois sur nos faibles cœurs qui oublient les promesses divines ? Cet état de paresse et ce laisser-aller ne sont-ils pas manifestes au milieu de nous aujourd’hui ? Les mêmes maux qui ont désolé le peuple terrestre ont atteint aussi l’Église, plus responsable encore. Les coutumes de ce monde, ses idoles, sa conduite détestable à l’égard de l’institution divine du mariage, envahissent peu à peu ceux sur lesquels le beau nom du Seigneur a été invoqué. Il est temps de nous réveiller du sommeil spirituel !

Au début des Juges, l’Ange de l’Éternel monte de Guilgal à Bokim, le lieu des pleurs, qui caractérise aussi la période actuelle de l’Église. Le peuple se lamente, offre même des sacrifices, quand il entend Dieu prononcer son jugement contre leur désobéissance : Il ne chassera plus de devant eux les habitants du pays. Ils seront à leurs côtés et leurs dieux leur seront en piège (Juges 2:1-5). Mais Israël n’abandonne pas l’alliance avec le monde et déjà se montre perfide (Jér. 3:8). Son égarement continuera à porter de mauvais fruits (Juges 2:11-13).

Il faut attendre Mitspa, pour voir Israël écouter enfin l’appel de Samuel à s’attacher fermement à l’Éternel et à produire les fruits qui conviennent à la repentance. Il est vrai que depuis vingt ans la gloire s’en était allée. « I-Cabod » avait été prononcé au moment où l’arche était tombée aux mains des Philistins (1 Sam. 4:21). Toute prétention, tout faux-semblant sont abandonnés. Ce ne sont plus seulement des larmes trop vite séchées, mais les Baals et les Ashtoreths sont cette fois ôtés et ils servent l’Éternel SEUL (1 Sam. 7:2-4).

Chers frères et soeurs, les cordeaux sont tombés pour nous dans des lieux agréables. Un bel héritage en Christ nous est échu pour l’éternité. Quel prix a-t-il pour nos cœurs ? Le Seigneur peut-il vraiment exercer tous ses droits sur ceux qu’il a rachetés à grand prix ?

Une nouvelle année commence, qui sera peut-être celle de la venue du Seigneur. Dans quel état va-t-il trouver sa chère Assemblée et ceux qu’il a appelés par pure grâce à en faire partie ? Que chacun s’éprouve lui-même. Sera-t-il couvert de honte ou recevra-t-il le sceau de son approbation, entendant Sa voix aimée l’inviter à partager Sa joie (1 Jean 2:28 ; Mat. 25:21) ? Peut-être nous faut-il reconnaître une certaine tiédeur ? Soyons prêts alors, avec son secours, à céder dans nos vies à ce qu’on a pu appeler « la force expulsive » d’une affection nouvelle pour LUI, c’est-à-dire propre à chasser tout ce qui lui fait concurrence (Osée 14:8).

 

Comme les vierges de la parabole,

Seigneur Jésus, nous sommes endormis !

Beaucoup des tiens, oubliant ta Parole,

Sont devenus du monde les amis.

Mais tous repris dans notre conscience,

À toi Jésus nous crions à genoux !

De notre coeur chasse l’indifférence,

Réveille-nous, Seigneur, réveille-nous !

 

Préoccupés des choses de la terre,

Nous avons tous oublié tant de fois

La chose, ô Dieu, qui seule est nécessaire,

D’être à tes pieds et d’écouter ta voix !

Mais à nos coeurs, ton Esprit fait entendre

Que des hauts cieux déjà revient l’Époux !

Avec ferveur, nous désirons l’attendre :

Réveille-nous, Seigneur, réveille-nous !

 

Hélas ! caché dans une aride terre,

Plus d’un talent, Seigneur, n’a rien produit !

Autour de nous, notre faible lumière

N’a pas brillé pour éclairer la nuit.

Mais nous voulons, pendant la dernière heure,

Porter du fruit pour toi, travailler tous,

Jusqu’au moment d’entrer dans ta demeure.

Réveille-nous, Seigneur, réveille-nous !