[ Page principale | Nouveautés | La Bible | la Foi - l'Évangile | Plan des sujets | Études AT | Études NT | Index auteurs + ouvrages + sujets | Centres d'intérêt ]

 

Les dernières paroles de Josué — ch. 23 et 24

 

«Mais toi, demeure dans les choses que tu as apprises et dont tu as été pleinement convaincu»

 

2 Tim. 3:14 — «Moi, l’Éternel, Je ne change pas» — Mal. 3:6

 

Table des matières :

Les dernières paroles de Josué — ch. 23 et 24

1      Diverses paroles d’adieu dans la Parole de Dieu

2      Josué  chapitre 23

2.1      Circonstances des adieux de Josué — 23:1-2

2.2      Ce qui est en cause : posséder l’héritage donné de Dieu

2.3      Recommandé à Dieu — 23:3-6

2.4      Le conflit avec le monde — 23 :4-16

2.4.1             Gardé / se garder du monde — Mise à part pour Dieu

2.4.2             Les pièges

2.4.3             Ressources — 23:6

2.4.4             Compromis avec le monde

2.4.5             Se garder des idoles

2.4.6             L’épreuve de la prospérité

2.4.7             Les glissades qui écartent — 23:7, 12

2.4.8             S’attacher à Christ — 23:8, 11

2.4.9             Retourner en arrière — 23:12-14

3      Josué  chapitre 24

3.1      Sichem

3.2      La grâce de Dieu dans le passé — 24:2-14

3.2.1             Rappel de cette grâce

3.2.2             Attitude devant une telle grâce

3.2.3             La grâce de Dieu pour le chrétien

3.3      Un choix inéluctable — 24 :15

3.4      Comment servir un Dieu saint — 24 :19-24

3.5      Quelle fidélité ? 24:31

3.6      Ce qui peut nous garder fidèle

 

 

1                    Diverses paroles d’adieu dans la Parole de Dieu

La Parole de Dieu a conservé à notre intention les dernières paroles du Seigneur à ses disciples. Dans ces entretiens, qui ont eu lieu juste avant la Croix (Jean 13 à 17) il parle seulement aux siens. Il leur dévoile par ses consolations, ses instructions, ses promesses et ses révélations, l’étendue de son amour pour eux et ses desseins à leur égard.

Mais l’Écriture nous a aussi conservé les adieux de plusieurs serviteurs de Dieu. Sans avoir l’étendue et la valeur inégalable des paroles du Seigneur, ces paroles d’adieu sont précieuses et instructives. Citons dans l’Ancien Testament, celles de Jacob (Gen. 49), de Moïse, ce grand conducteur (Deut. 29 à 31) et de Josué, sur lesquelles nous voudrions faire quelques remarques. Citons encore, plus près de nous, les adieux de l’apôtre Paul (Act. 20)

 

2                    Josué  chapitre 23

2.1   Circonstances des adieux de Josué — 23:1-2

Les adieux de Josué à ceux qui sont appelés à poursuivre le combat, en vue de posséder entièrement le Pays, ressemblent à ceux de Moïse. Ses arguments et sa conclusion sont les mêmes, Ces deux serviteurs ont la même défiance en la chair. Ils l’ont apprise pendant leur longue course ici-bas. Josué pressent, comme Moïse, la faillite de ce peuple au col roide et incirconcis de coeur, aussi ses paroles sont empreintes d’une certaine tristesse.

Les forces de Josué déclinent. Il réalise qu’il s’en va «le chemin de toute la terre» (Jos. 23:14). Une dernière fois il réunit tout Israël autour de lui, c’est à dire les responsables : les anciens, et les chefs, et les juges, et les magistrats» (Jos. 23:2). Ceux qui aujourd’hui leur correspondent font partie de «l’ange de l’assemblée», dont il est parlé dans les chapitres 2 et 3 de l’Apocalypse.

 

2.2   Ce qui est en cause : posséder l’héritage donné de Dieu

Bien des années auparavant, l’Éternel avait déjà averti son serviteur : «Tu es devenu vieux, tu avances en âge, et il reste un très-grand pays à posséder» (Jos. 13:1). Et Josué s’était senti responsable de dénoncer leur manque d’énergie spirituelle. Il avait demandé au peuple : «Jusques à quand vous porterez-vous lâchement à aller prendre possession du pays que l’Éternel, le Dieu de vos pères, vous a donné ?» (Jos. 18:3).

C’est une question solennelle, qui concerne tous les enfants de Dieu. Sont-ils vraiment animés d’un ardent désir de posséder, dès maintenant, par la foi, le bel et céleste héritage, acquis en leur faveur par le sang de Christ versé à la Croix ?

 

2.3   Recommandé à Dieu — 23:3-6

Josué invite le peuple à se souvenir : «Vous avez vu tout ce que l’Éternel, votre Dieu, a fait à toutes ces nations à cause de vous ; car l’Éternel votre Dieu, est celui qui a combattu pour vous» (Jos. 23:3). Il affirme : «L’Éternel votre Dieu les chassera devant vous et les dépossèdera devant vous ; et vous prendrez possession de leur pays, comme l’Éternel, votre Dieu, vous l’a dit» (Jos. 23:5). Cette expression remarquable : «l’Éternel, votre Dieu», revient onze fois dans ce court passage.

Josué leur adresse la même exhortation qu’il avait lui-même reçue au début de sa carrière : «Sanctifiez-vous beaucoup pour garder et pour pratiquer tout ce qui est écrit dans le livre de Moïse, afin de ne vous en écarter ni à droite ni à gauche» (Jos. 1:7 ; 23:6).

L’apôtre Paul aussi, dans la perspective de son départ, déclare aux anciens de l’assemblée à Éphèse, appelés auprès de lui : «Je vous recommande à Dieu, et à la parole de sa grâce, qui a la puissance d’édifier et de vous donner un héritage avec tous les sanctifiés» (Act. 20:32).

 

2.4   Le conflit avec le monde — 23 :4-16

2.4.1       Gardé / se garder du monde — Mise à part pour Dieu

Josué leur rappelle qu’il leur a distribué en héritage, selon leurs tribus «ces nations qui restent». Il est fort inquiet de constater qu’elles sont encore dans le pays ! Le danger constant pour le peuple de Dieu est d’accepter cette présence et surtout de pactiser avec elles (Jos. 23:7, 12).

Le Seigneur en s’adressant au Père, lui dit : «Je ne fais pas la demande que tu les ôtes du monde mais que tu les gardes du mal» (Jean 17:15). Les siens sont encore dans le monde, mais essentiellement pour y rendre témoignage (Phil. 2:15-16). Ils doivent par leur conduite et leurs paroles chercher à gagner des âmes à Christ. C’est tout autre chose que de cultiver des relations mondaines pour faciliter par exemple son avancement professionnel !

Ces nations qui restent semblent disposées à se soumettre. Comme Gabaon autrefois, elles cherchent à échapper à la destruction (Jos. 9:3). Elles ont été fortement impressionnées par toutes les victoires d’Israël, auxquelles personne n’a pu jusqu’ici résister, car Dieu a combattu des cieux en leur faveur (Jug. 5:20).

Le peuple d’Israël doit maintenant faire un choix capital pour son avenir. Pour obéir à la pensée divine, il doit détruire complètement les nations qui restent. Dieu a longtemps usé de patience à leur égard, mais maintenant leur l’iniquité est à son comble (Gen. 15:16). Mais si Israël tergiverse, cherche par des compromis à vivre en bonne intelligence avec ces ennemis, Israël perdra son caractère de peuple mis à part pour Dieu. Cette attitude de désobéissance le conduira inévitablement à se mêler au monde, à connaître la défaite, et finalement à périr de dessus ce bon pays (Jos. 23:13).

Pour faire partie des vainqueurs, le croyant doit d’abord obéir aux enseignements de la Parole, pour les moindres détails de sa marche ici-bas. Il doit vivre dans la dépendance constante avec le Seigneur. Il doit surtout revêtir l’armure complète de Dieu, seul moyen d’éteindre les dards enflammés du Méchant. Si Dieu lui accorde de tout surmonter, il lui faut encore tenir ferme (Éph. 6:13).

 

2.4.2       Les pièges

Le danger, après une victoire, est de s’en attribuer quelque mérite. Lors d’une nouvelle attaque de l’Ennemi, avoir confiance en soi conduira à la défaite. Comme Samson, on peut assez facilement penser : «Je m’en irai comme les autres fois et je me dégagerai» (Jug. 16:20). Terrible illusion : sans le constant secours divin, un croyant est absolument sans force devant l’Ennemi.

Tant que nos affections pour le Seigneur sont vives — et c’est souvent le cas au moment de la conversion — nous sommes portés à la vigilance. Nous savons par expérience que le monde cherche à nous attirer, qu’il sait, dans ce but, se montrer souvent aimable et tolérant. La Parole de Dieu gravée dans le coeur et le Saint Esprit agissant sans entrave nous aident à discerner les dangers qui nous entourent (Jean 17:15).

Mais dès que notre amour pour Christ décline, des pièges, habilement tendus, peuvent se refermer inopinément et faire de nous des captifs (Jug. 2:3 ; 17:21).

 

2.4.3       Ressources — 23:6

L’enseignement de l’Écriture nous permet de distinguer le chemin de la prospérité spirituelle de celui qui mène à la ruine. Quand le chemin est difficile et raboteux, un chrétien fidèle peut compter sur le secours du Seigneur. Une brebis docile a le désir de rester près du Bon Berger. Pour jouir de sa communion, elle refuse fermement de s’abreuver à une source polluée (Jér. 2:13 ; 1 Pier. 4:4).

C’est un combat constant, qui ne devient pas plus facile avec l’âge, tout au contraire (2 Tim. 4:7, 18). Mais les mêmes ressources divines sont toujours à la disposition de la foi. En s’appuyant sur le Seigneur, la victoire est assurée. Alors on peut vraiment jouir de son héritage, et s’y promener, comme Abraham le fit en Canaan, en long et en large (Jos. 1:3-4 ; Gen. 13:14).

 

2.4.4       Compromis avec le monde

Par contre l’alliance avec les nations idolâtres environnantes conduit à adopter peu à peu leurs coutumes, à avoir les mêmes (Ex. 34:12). Ce chemin descendant peut paraître d’abord facile, mais il mène à la destruction (Prov. 14:12).

Un enfant de Dieu qui accepte de prendre avec un compagnon du monde, et de vivre dans sa compagnie, connaît inévitablement des tourments (Jos. 23:13 ; 2 Pier. 2:8). Il devient incapable de résister aux desseins de l’adversaire, qui cherche à l’asservir. Que d’avertissements à ce sujet dans le livre des Juges ! Lire par exemple Juges 1:27, 32, 34, 35.

 

2.4.5       Se garder des idoles

De tels croyants ne jouissent plus de la faveur divine, leurs privilèges leur sont ôtés. Leur couronne risque d’être perdue, leur course aussi (Jos. 23:16 ; Deut. 4:26). Or de tels compromis avec le monde sont très actuels et forts répandus. Le monde occupe une place grandissante dans l’Église !

L’apôtre Jean achève sa première épître par un ultime avertissement : «Enfants, gardez-vous des idoles» ! (1 Jean 5:21). L’apôtre Pierre rappelle qu’il nous suffit d’avoir marché, dans le temps déjà écoulé, — c’est à dire avant notre conversion — dans ces «criminelles idolâtries». Notre désir ne doit-il pas être désormais de vivre le reste de notre temps selon la volonté de Dieu ? (1 Pier. 4:2-3). L’Apôtre Paul s’écrie aussi : «Bien-aimés, fuyez l’idolâtrie !» (1 Cor. 10:14).

Dans les temps modernes les idoles sont très nombreuses. Elles ont — généralement — un aspect extérieur très différent de celles du passé ! Un grand nombre d’entre elles appartiennent aux milieux du spectacle, du sport, et de la politique. Les coeurs sont envahis, parfois même chez des enfants de Dieu. Les «fans» — comme on les appelle à juste titre — ont parfois à leur égard un comportement qui relève de l’hystérie !

La cupidité — l’amour de l’argent — si répandu, est une forme d’idolâtrie particulièrement redoutable. C’est une des armes favorites de Satan. Il tient par ce moyen sous son contrôle un grand nombre de personnes (Col. 3:8).

La Parole nous avertit qu’on ne peut pas servir Dieu et Mammon (le dieu des richesses) (Matt. 6:24). Tout ce qui prend dans les affections d’un croyant la place qui revient de plein droit au Seigneur, est une idole. Ces idoles sont souvent liées à l’immoralité (Nom. 25:1-2). Dans un sens, les idoles ne sont rien, mais des démons se cachent derrière elles (1 Cor. 8:4 ; 10:19-20).

 

2.4.6       L’épreuve de la prospérité

Israël était maintenant mis à l’épreuve de la prospérité. Le pays que Dieu lui avait donné était ruisselant de lait et de miel. Mais les nations qui restaient étaient encore plus dangereuses que durant les hostilités. Si, par leurs séductions, elles s’infiltraient dans les familles, l’idolâtrie y serait introduite. Josué voudrait avertir le peuple. Était-il vraiment conscient de ce danger aux terribles conséquences ? Le sommes-nous ? Le monde exerce sur nos familles un attrait funeste, en particulier par le biais des «médias» ?

En soi le commandement de Dieu était très clair : Ces nations devaient être entièrement détruites. Elles étaient anathèmes : «Tu ne leur feras pas grâce. Tu ne t’allieras point en mariage avec elles» (Deut. 7:1-5).

Le sourire du monde présente pour un croyant plus de danger que son hostilité déclarée. La main droite tendue, en signe d’amitié, est plus à redouter que si cette main brandissait une épée ! «L’amitié du monde est inimitié contre Dieu» (Jac. 4:4 ; 1 Jean 2:15). Le monde, un système organisé sans Dieu, n’a pas changé, même s’il semble tolérer le christianisme.

 

2.4.7       Les glissades qui écartent — 23:7, 12

Josué, conduit par l’Esprit de Dieu, discerne tout le danger d’un compromis avec les Cananéens. Accepter leur présence au milieu du peuple de Dieu, se montrer soi-disant «tolérants», conduirait inévitablement à des mariages mixtes, à l’adoration des faux dieux et finalement à l’apostasie. Dieu hait la conduite de «ceux qui se détournent» (Ps. 101:3 ; 125:5).

Nos vies sont envahies de façon insidieuse, par des abandons progressifs ! On peut faire d’abord mention du nom des faux dieux (23:7). Pourtant la Parole de Dieu enjoint de ne pas même nommer les choses impures, folles et malséantes de ce monde, «comme il convient à des saints» (Éph. 5:3-4). Mais, au lieu de veiller à s’en écarter, on s’intéresse à ces idoles, qui deviennent familières. Elles trouvent une place dans nos conversations, souvent si révélatrices de notre état intérieur réel (Matt. 12:34 ; 26:73-74). Un pas de plus et l’on fait «jurer par elles» (23:7), signe évident de l’importance qu’elles prennent. Un pas encore, souvent rapidement franchi : on les sert, et l’on se prosterne devant elles !

Comment peut-on être délivré d’un tel état ? En s’humiliant devant Dieu, en abandonnant ces voies de chagrin. Le Seigneur peut accorder une merveilleuse délivrance, et remplir à nouveau tout le coeur des siens (Ps. 124:7).

 

2.4.8       S’attacher à Christ — 23:8, 11

Josué les encourage : «Mais vous, vous vous attacherez à l’Éternel votre Dieu, comme vous l’avez fait jusqu’à ce jour» (Jos. 23:8 ; Act. 11:23). Heureux état, qui s’accompagne d’une séparation réelle des Cananéens et de leurs cultes idolâtres.

Le chrétien aujourd’hui a aussi besoin d’une vigilance accrue pour se tenir éloigné de tout ce qui n’a pas l’approbation de Christ (2 Cor. 6:14-18). La séparation «des choses qui sont dans le monde» (1 Jean 2:15) est vitale pour chaque enfant de Dieu. Si l’on est réellement attaché au Seigneur, on ne fraternise pas avec ses ennemis.

Ce mot «attaché», se trouve dès le commencement de la Création. Il a une signification profonde : «L’homme quittera son père et sa mère, et s’attachera à sa femme, et ils seront une seule chair» (Gen. 2:24).

Josué en appelle à leurs affections : «Prenez bien garde à vos âmes pour aimer l’Éternel, votre Dieu» (Jos. 23:11 ; Jude 20). L’amour pour le Seigneur est-il l’élément moteur de notre vie ? Si nous L’aimons, ses commandements ne seront pas pénibles (1 Jean 5:3) et notre joie sera de Lui rendre témoignage.

 

2.4.9       Retourner en arrière — 23:12-14

En revanche, Josué avertit Israël que s’il retourne en arrière, son état deviendra rapidement désespéré. Non seulement l’Éternel ne continuera pas à déposséder les nations devant eux, mais ces peuples seront un filet et un piège, et un fouet dans vos côtés, et des épines dans vos yeux, jusqu’à ce que vous ayez péri de dessus ce bon pays» (Jos. 23:13 ; Nom. 33:55).

Le filet fait trébucher et tomber, le piège retient prisonnier, le fouet est l’emblème de la servitude, enfin les épines dans les yeux produisent un aveuglement cruel, et d’abord sur son propre état.

La suite de l’histoire de ce peuple montre à quel point ces terribles paroles se sont accomplies, exactement comme «les bonnes paroles» que l’Éternel avait prononcé auparavant (Jos. 23:14). Ceux qui, pour un temps, étaient si heureux en Dieu, peuvent se lamenter en se rappelant la paix et la prospérité disparues !

Israël est retourné en arrière, abandonnant sa séparation pour Dieu. Des mariages ont été conclus avec les païens, et les fils d’Israël servirent les dieux étrangers. Ils devinrent, en suivant le penchant obstiné de leur coeur, asservis à des peuplades, jadis réduites à merci.

Hélas, que de «retours en arrière» aussi parmi les chrétiens ! Sans combattre, ils abandonnent les vérités pour lesquelles leurs ancêtres ont donné leur vie. La force reçue de Dieu leur est retirée pour avoir délibérément refusé de se conformer à Ses préceptes. Ayant oublié la purification de leurs péchés d’autrefois, ils deviennent la proie de toutes sortes de superstitions.

Profitant de cette débâcle, le monde relève la tête. L’infidélité progresse à pas de géant, liant d’affliction et de fers des âmes toujours plus nombreuses.

 

3                    Josué  chapitre 24

Cette réunion au chapitre 23 n’était, semble t-il, que le prélude d’un autre rassemblement, plus solennel encore, au chapitre 24.

3.1   Sichem

Là, Josué adresse un message spécial à tous, en relation avec le renouvellement de l’alliance avec Dieu. Cette réunion prend place à Sichem. Des patriarches avaient longtemps séjournés là (Gen. 12:6 ; 35:2). Israël s’y était déjà rassemblé au début des guerres en Canaan. Ils avaient dressé un autel à l’Éternel. Puis les Lévites avaient lu à haute voix la Loi de Dieu et le peuple avait donné son assentiment en répétant : «Amen, Amen». Ils se tenaient sur les flancs des deux montagnes d’Ébal et de Garizim de part et d’autre de cette vallée étroite où se trouvait Sichem. Dieu leur avait rappelé que l’obéissance conduisait à la bénédiction, la propre volonté, à la malédiction (Jos. 8:30-35 ; Deut. 11:29).

 

3.2   La grâce de Dieu dans le passé — 24:2-14

3.2.1       Rappel de cette grâce

Avant de l’inviter à choisir la voie où il veut s’engager, Josué juge utile de leur rappeler tout le chemin que Dieu leur a fait suivre, jusqu’ici, dans sa grâce. Il retrace, avec une force et une concision remarquables, les principaux événements de l’histoire de ce peuple, aimé de Dieu — au demeurant, le plus petit des peuples (Deut. 7:7-8). C’est un récit extraordinaire, souvent rappelé par la Parole (Ps.78 ; 105 ; 106 ; Act. 7). Tout y est à la gloire de Dieu. On trouve 17 fois dans ces quelques versets le mot «JE», en relation avec l’action souveraine de l’Éternel en miséricorde (Jos. 24:2-13).

Dieu avait d’abord appelé Abraham, et Josué précise que son père, Terakh, servait déjà les idoles (Jos. 24:2). L’idolâtrie était donc dès le départ inscrite dans leur coeur — Elle l’est aussi dans le nôtre ! (Jos. 24:2-3). L’Éternel les a pris en charge alors qu’ils étaient encore loin de Lui. De même, aujourd’hui, il reçoit des pécheurs loin de Lui, morts dans leurs fautes et dans leurs péchés (Éph. 2:1-3).

Dieu a donc conduit Abraham dans le pays de Canaan. Là, il a multiplié sa semence en lui donnant d’abord Isaac. Ce dernier a reçu à son tour deux fils : Jacob et Ésaü (v. 3). Il a donné en partage à Ésaü la montagne de Séhir, tandis que Jacob et ses fils sont descendus en Égypte (v. 4).

Plus tard Dieu envoie Moïse et Aaron pour les délivrer et Il frappe de plaies l’Égypte (v. 5) ; Il fait sortir leurs pères à travers la mer Rouge, et détruit leurs poursuivants (v. 6-7) ; Le peuple séjourne longtemps dans le désert — où il fait l’expérience, d’étape en étape, de la force de Son bras et de l’amour de Son coeur (v. 7). Ensuite, Dieu leur donne la victoire sur les Amoréens, à l’est du Jourdain (v. 8). Il oblige même Balaam à bénir les fils d’Israël (v. 9-10) et leur fait passer le Jourdain (v. 11). Il livre entre leurs mains les habitants qui leur font la guerre (v. 11-12) et donne à Israël un pays pour lequel il n’a pas travaillé mais où il trouve de tout en abondance (v. 13). Autant de preuves extraordinaires de la bonté de Dieu et du déploiement de sa puissance en leur faveur ! (Ps. 106:1-2).

Le chrétien, déjà assis dans les lieux célestes en Christ (Éph. 2:6), et qui jouit des fruits de Sa grâce, est-il disposé à reconnaître avec adoration, que toute bénédiction spirituelle et même le désir que nous avons d’en jouir, vient de Dieu ?

 

3.2.2       Attitude devant une telle grâce

Ce rappel était destiné à raviver dans le coeur de chacun la reconnaissance, en pensant à tout ce chemin parcouru, la confiance pour envisager l’avenir, et l’obéissance pour rester dans la faveur de ce Dieu plein de bonté. Israël serait gravement coupable de se détourner de Lui (Jos. 24:18, 24).

Josué conclut : Maintenant, craignez l’Éternel, et servez-le en intégrité et en vérité, et ôtez les dieux que vos pères ont servis de l’autre côté du fleuve et en Égypte et servez l’Éternel» (Jos. 24:14).

 

3.2.3       La grâce de Dieu pour le chrétien

De nos jours, Dieu rappelle sa bonté envers ceux qui nous ont précédé, en particulier nos parents, nos grands-parents peut-être. De plus nous avons éprouvé les effets de sa grâce envers nous ; Il s’est révélé à nos coeurs pour y produire une foi personnelle en l’oeuvre de Christ. Ne passons pas légèrement sur de telles bénédictions ! Ne perdons pas de vue qu’il y a un moment dans notre vie pour se décider, quant à la conversion d’abord, à une marche pour Christ ensuite, et pour répondre à Son désir, exprimé la nuit qu’Il fut livré : «Faites ceci en mémoire de Moi» (Luc 22:19-20). Être appelé par sa grâce à une position très élevée, ne nous met pas à l’abri de nous éloigner de Dieu et de tomber dans les idolâtries dont ce monde est rempli.

Israël devait maintenant choisir entre l’Éternel et les faux-dieux (Jos. 24 :15). Mais Josué leur parle comme s’il avait intuitivement compris qu’ils avaient déjà secrètement choisi de servir les faux-dieux. Dans ce cas, une seule et triste décision leur restait à prendre : Serviraient-ils les idoles que leurs pères avaient servies de l’autre coté du fleuve ou les dieux des Amoréens ? Plus tard, Dieu dira, non sans ironie, à son peuple qui enfin crie à Lui : «Allez, et criez aux dieux que vous avez choisis» (Jug. 10:14).

 

3.3   Un choix inéluctable — 24 :15

Mais avant d’écouter leur réponse, Josué rend public son propre choix. Il connaît la valeur de l’exemple. En se tournant résolument vers l’Éternel, il souhaite entraîner ses frères sur ses traces : «Moi et ma maison, nous servirons l’Éternel» (Jos. 24:15 ; Act. 16:31).

Avec humilité, Josué ne s’était jamais étendu sur ses propres états de service. Pourtant il avait été un conducteur fidèle et courageux (Jos. 11:15). Il parle comme père de famille. Son désir ardent est que les siens craignent Dieu et Le servent. Il marche ainsi sur les traces d’Abraham (Gen. 18:19) et tire profit des exhortations de Moïse (Deut. 6:4-9 ).

Les parents chrétiens aujourd’hui ont besoin de se souvenir de tels exemples et d’être attentifs aux exhortations de l’apôtre Paul (Éph. 5:22 à 6:4).

Avec une ferveur apparente, d’une seule voix, les enfants d’Israël se déclarent prêts à suivre leur Dieu, et à faire solennellement alliance avec Lui : «Aussi nous, nous servirons l’Éternel, car c’est lui qui est notre Dieu» ! (Jos. 24:18).

Dans des circonstances similaires, quand Moïse avait placé la Loi devant les fils d’Israël, ils avaient aussi déclaré : «Tu nous diras tout ce que l’Éternel, notre Dieu t’aura dit et nous l’écouterons et nous le pratiquerons» (Deut. 5:27). Mais Dieu avait confié à son serviteur : «Oh ! s’ils avaient toujours ce coeur- pour me craindre et pour garder tous mes commandements» ! (Deut. 5:29).

 

3.4   Comment servir un Dieu saint — 24 :19-24

Josué n’est pas convaincu de cette prompte profession de foi. On apprend, dans les larmes, à ne plus avoir confiance dans la chair, la nôtre en particulier ! (Rom. 7:18)

Aussi il dit ouvertement à ce peuple, avec lequel il vit déjà depuis tant d’années : «Vous ne pouvez pas servir l’Éternel ; car il est un Dieu saint, il est un Dieu jaloux (Ex. 20:3-5), il ne pardonnera pas votre transgression et vos péchés» ! (Jos. 24:19). Dieu savait parfaitement qu’ils dissimulaient des dieux étrangers dans leurs tentes. Que peut-il voir dissimulé dans nos maisons ? (Ézé. 8:12).

Une fois encore Josué leur rappelle les exigences divines : «Maintenant ôtez les dieux étrangers qui sont au milieu de vous, et inclinez votre coeur vers l’Éternel votre Dieu, le Dieu d’Israël» (Jos. 24:23).

En réponse, le peuple affirme à nouveau sa détermination de rester fidèle à l’Éternel et d’écouter sa voix (Jos. 24:21, 24).

Mais ils nagissent pas comme Jacob, qui avant de monter à Béthel, la maison de Dieu, avait commandé aux siens : «Ôtez les dieux étrangers et purifiez-vous. Et ils avaient donné à Jacob tous les dieux étrangers» (Gen. 35:2-4). Plus tard aussi, rendus attentifs par une longue épreuve, les fils d’Israël avaient ôté les Baals et les Ashtoreths et avaient servi l’Éternel seul (1 Sam. 7:4). Et convaincus par la prédication de Paul, les disciples à Corinthe n’avaient pas hésité à brûler tous leurs mauvais livres, malgré leur grande valeur marchande ! (Act. 19:19-20). Ce qui amène l’apôtre à ajouter : «C’est avec une telle puissance que la Parole de Dieu croissait et montrait sa force» !

Dieu prend connaissance du moindre mouvement de notre coeur vers Lui. Tout est soigneusement noté dans son Livre. Et même si nous avons déjà reçu depuis longtemps la vie de Dieu, peut-être avons-nous besoin maintenant de nous détourner d’idoles familières, auxquelles nous sommes secrètement attachés (Job 20:12). Alors nous pourrons vraiment servir le Dieu vivant et vrai (1 Thes. 1:9).

 

3.5   Quelle fidélité ? 24:31

Le peuple restera-t-il fidèle à ses engagements ? «Israël servit l’Éternel tous les jours de Josué et tous les jours des anciens qui avaient connu l’oeuvre de l’Éternel, qu’il avait faite pour Israël» (Jos. 24:31). Quel encouragement de voir ces anciens d’abord attentifs aux avertissements de Josué, être après son départ, à leur tour des instruments utiles dans la main de Dieu en faveur d’Israël !

 

Mais en ce qui concerne les générations suivantes, on apprend que «Les fils d’Israël firent ce qui est mauvais aux yeux de l’Éternel et servirent les Baals et les ashères» (Jug. 3:7). Le triomphe se change en tragédie. Quel solennel avertissement pour chacun ! Ces hommes ont servi l’Éternel tant que la puissance de Dieu était manifestée dans ses serviteurs pour incliner leurs coeurs vers Lui.

 

Josué fait donc alliance avec le peuple ce jour-là. Il établit pour lui un statut et une ordonnance. Il écrit ces paroles dans le livre de la Loi de Dieu et prenant une grande pierre, la dresse sous le chêne, près du sanctuaire de l’Éternel, en disant : «Cette pierre sera témoin contre nous, car elle a entendu toutes les paroles que l’Éternel nous a dites». Elle sera témoin contre vous, de peur que vous ne reniiez votre Dieu ! (Jos. 24:25-27). Les fils d’Israël sont renvoyés chacun à son héritage, avec la responsabilité nouvelle : être fidèles à leur déclaration, en obéissant à Dieu.

Mais ils ne purent rester fidèles à cette alliance, ils ne le pouvaient pas. Il aurait fallut d’abord reconnaître «chacun la plaie de son propre coeur» (1 Rois 8:38), et apprendre, ce que nous avons aussi tellement de mal à apprendre, que dans ma chair il n’habite aucun bien !

 

3.6   Ce qui peut nous garder fidèle

Il serait illusoire de penser que la lettre de la vérité puisse retenir des âmes dans la présence de Dieu. Le formalisme a souvent envahi les croyants. Mais la Parole de Dieu est vivante et opérante, et si elle est vraiment reçue dans le coeur, elle produira des fruits dans notre vie chrétienne.

Nous ne pouvons pas courir la course vers le but en nous reposant sur la foi d’hommes qui sont déjà entrés dans le repos avec Christ. La Parole nous exhorte en considérant l’issue de leur conduite, à imiter leur foi (Héb. 13:7). Ceux qui peuvent venir en aide au peuple de Dieu sont ceux qui font l’expérience personnelle des merveilles que le Seigneur opère. Ils ont mis en pratique dans leur vie ce qu’ils ont reçu par la foi.

Il ne suffit pas de chercher à retenir seulement dans notre intelligence la saine doctrine. On doit ensuite la mettre en pratique de manière à plaire à Dieu. Il faut reconnaître notre extrême faiblesse, et dire au Seigneur, comme Pierre : «Tu connais toutes choses, tu sais que je t’aime» (Jean 21:17). Nous avons tous, nous l’espérons, le désir, en réponse à Son amour, de Le servir et de Le suivre, mais nous sommes sans force. Nous avons donc besoin d’être constamment fortifiés par sa Parole et son Esprit agissant sur notre être intérieur. Alors nous pourrons Lui être agréables à tous égards.

 

 

Ah ! Garde-nous de tourner vers le monde

D’autres regards que ceux du voyageur.

Que, du péché fuyant la coupe immonde,

Aux vives eaux nous puisions le bonheur.