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« MOÏSE, MON SERVITEUR »       Josué 1:2

 

 

Philippe Laügt

Juin 2005

Table des matières :

1     Importance de l’exemple de Moise

2     Enfance et jeunesse de Moïse

3     Le choix de Moïse.

4     L’appel de Moïse et son service

4.1      Au buisson ardent

4.2      La verge de Moise

4.3      La main lépreuse

4.4      Difficulté d’élocution

5     La révélation du nom de Dieu

6     Circoncision et premiers obstacles

7     La Pâque et l’Exode

7.1      La Pâque — Exode 12

7.2      L’Exode

7.3      La Mer Rouge — Exode 14-15

7.4      Le désert — Exode 15-18

8     Moïse au Sinaï — Exode 19 à 31

8.1      Dieu présente une alliance conditionnelle à Israël (Ex. 19:3-19)

8.2      Moïse monte sur cette montagne du Sinaï. Il en redescend aussitôt, puis remonte pour y recevoir la Loi (Ex. 19:20-25).

8.3      Les premiers quarante jours (Ex. 24-31)

8.4      Exode 19 à 31

9     L’apostasie et ses conséquences

9.1      Exode 32

9.2      Exode 33

10       La seconde période de 40 jours sur la montagne — Exode 34

11       Exode 36 à 40

12       Moïse au désert avec le peuple — Livre des Nombres

12.1     Nombres 13 à 14

12.2     Nombres 11

12.3     Nombres 12

12.4     Nombres 16

12.5     Nombres 20

12.6     Nombres 25, 27, 31, 32

12.7     Nombres 33 — Deutéronome 31 à 34

 

 

1                        Importance de l’exemple de Moise

Moïse a joué un rôle important dans l’histoire d’Israël, le peuple de Dieu. Peu nombreux sont ceux qui ont exercé une influence comparable à la sienne. Son nom est cité 835 fois dans l’Ancien Testament et il se retrouve 80 fois dans le Nouveau, plus souvent qu’aucun autre personnage de l’Ancien

En tant qu’auteur du Pentateuque, 137 chapitres de la Parole de Dieu lui sont attribués. Son nom s’inscrit aussi en tête du Psaume 90, où il s’accompagne du titre enviable d’homme de Dieu. Ailleurs Il est aussi appelé prophète (Deut. 18:15), sacrificateur (Ps. 99:6) et roi en Jeshurun (Deut. 33:5).

Si Abraham a été le père du peuple Israël et toute sa vie une démonstration du principe de la foi (Rom. 1:17), Moïse, lui, a libéré son peuple de l’esclavage et l’a conduit ensuite à travers le désert.

Il a plu à Dieu, dans sa souveraineté, de le choisir. Il lui a appris à se soumettre à Sa volonté et à obéir à Ses commandements. Moïse est devenu un instrument docile entre Ses mains : n’est-ce pas ce que nous devrions tous être ? Il a pu servir aux desseins de grâce de l’Éternel envers son peuple Israël.

 

2                        Enfance et jeunesse de Moïse

La vie de Moïse qui se divise en trois parties égales, de quarante ans chacune (Actes 7:23, 30, 36) commence en Égypte. Ses parents, des Israélites pieux, sont traités comme des esclaves et persécutés avec leurs frères par un Pharaon tyrannique. Moïse naît au moment où un édit de ce Pharaon condamne tous les enfants mâles d’Israël à la mort. La foi de ses parents le sauve : « Ils virent que l’enfant était beau, et ils ne craignirent pas l’ordonnance du roi » (Héb. 11:23). L’Éternel dispose les circonstances et Moïse, au lieu de périr noyé dans le Nil où sa mère a dû le déposer, est adopté par la fille du monarque régnant. Elle le découvre en pleurs, dans un coffret enduit de bitume, au milieu des roseaux. « La désolation du monde et les compassions infinies de Dieu, voilà les premières leçons de la discipline imprimées sur son esprit et elles n’en seront jamais effacées. Dieu enseigne de bonne heure et pour toujours » (JBS).

Sa propre mère est appelée, — suite à la suggestion de Marie, (sœur de Moïse) à cette princesse. Elle reçoit un salaire pour servir de nourrice à l’enfant ! Moïse est ainsi élevé dès le début dans la crainte de l’Éternel. Toute sa vie en portera des fruits à la gloire de Dieu.

Simultanément, ce protégé de la maison royale, reçoit la meilleure éducation possible. En effet, Égypte était alors la plus grande puissance de l’Orient. Instruit dans toute la sagesse des Égyptiens, Moïse devient puissant dans ses paroles et dans ses actions (Actes 7:22). Dieu le prépare pour le travail qu’il se propose de lui confier.

 

3                        Le choix de Moïse.

 

« Par la foi, Moïse étant devenu grand, refusa d’être appelé fils de la fille du Pharaon, choisissant plutôt d’être dans l’affliction avec le peuple de Dieu, que de jouir pour un temps des délices du péché, estimant l’opprobre du Christ un plus grand trésor que les richesses de l’Égypte ; car il regardait à la rémunération » (Héb. 11:24-26).

Ce sera le tournant de sa vie : En dépit de tous les agréments de l’Égypte, il abandonne délibérément son rang, avec toutes les facilités qui en résultaient. Il avait jusqu’ici occupé une place des plus enviables dans ce monde. À vue humaine, son choix est une folie. Mais il a simplement pesé les issues de la vie avec les balances de l’éternité et prit sa décision. Il s’identifie désormais avec son peuple. Pourtant ce peuple était pour l’heure dans l’esclavage, traité avec la plus grande cruauté.

« Il lui vint au cœur de visiter ses frères, les fils d’Israël » (Actes 7:23). Il sort et voit leurs fardeaux, au moment où justement un Égyptien frappait un Hébreu « d’entre ses frères » (Ex. 2:11). Indigné, Moïse, ne se contrôle plus. Il regarde ça et là, il voit qu’il n’y a personne. Alors il frappe l’Égyptien à mort et le cache dans le sable (Ex. 2:11-12). Mais bientôt il comprend que le Pharaon est prévenu et qu’il cherche à le tuer. Moïse avait pensé que ses frères allaient admirer son dévouement et son abnégation : or il n’en est rien (Ex. 2:14 ; Actes 7:25). Quelle grande déception ! Alors Moïse a peur et s’enfuit au pays de Madian.

Là, il est témoin, près d’un puits, des vexations que subissent les sept filles de Rehuel. Moïse n’est pas homme à chérir sa propre douleur, ce qui souvent, hélas, nous arrive (Job 17:11). Fidèle à son caractère courageux et noble, il vient en aide à ces femmes. Finalement, il consent à habiter chez ce sacrificateur de Madian qui lui donne sa fille Séphora comme épouse.

 

Les quarante années suivantes s’égrènent lentement. Moïse paraît définitivement oublié, « derrière le désert ». En réalité, s’il ne fait plus partie des élèves d’une école égyptienne réputée, il est l’objet d’une tout autre discipline, celle de Dieu : et avec Lui, il apprend à n’être rien (Héb. 12:6-7, 10).

L’ancien prince à la cour d’Égypte est un modeste berger, par ailleurs père de deux enfants. Leur nom évoque les épreuves que Dieu a jugé bon de faire traverser à Moïse (Ex. 2:22 ; 3:1 ; 18:3). L’un s’appelle Guershom, qui signifie « séjournant là » dans un pays étranger, et l’autre, Éliézer c’est à dire « Dieu, une aide ». Son humble occupation est une préparation. Il prend soin d’un troupeau, comme David plus tard. Il saura, lui aussi, conduire, avec intelligence, le peuple de Dieu (Ps. 77:20 ; 78:70-71).

Il nous faut d’abord traverser, en compagnie du Seigneur, des épreuves douloureuses, pour être ensuite en mesure d’aider parfois nos frères dans leur vie de famille ou dans celle de l’assemblée.

Durant ce temps passé dans le désert, Moïse apprend la dépendance et l’humilité. Il ressemble de plus en plus, comme l’exprime le psalmiste, à « une outre passée à la fumée ». Il a perdu ce goût tenace, que l’on contracte dans l’orgueilleuse Égypte, cette figure de ce monde (Ps. 119:83 ; Nomb. 3:11). Amis chrétiens, en sommes-nous à cet égard ? En tout cas le désert est une excellente école pour les serviteurs de Dieu (Deut. 8:2, 16-17 ; Osée 2:14). C’est pourquoi il faut souvent le traverser. L’Écriture parle à ce sujet en particulier des expériences d’Élie, de Jean le Baptiseur et de Paul.

 

4                        L’appel de Moïse et son service

4.1   Au buisson ardent

Chacun peut-il dire et comment le Seigneur l’a rencontré ? Moïse paissait un jour le troupeau de Jéthro, son beau-père, à Horeb, la montagne de Dieu. Il ne se doutait pas que les jours de son exil touchaient à leur terme. Mais l’Ange de l’Éternel lui apparaît dans une flamme de feu, au milieu d’un buisson à épines. Et Moïse s’aperçoit que ce buisson est tout ardent de feu, mais ne se consume pas ! (Ex. 3:2). Quel mystère ! Ce buisson était une figure d’Israël, éprouvé par le feu, mais un feu détruisant seulement le mal qui n’a pas été encore jugé. Moïse déclare : « Je me détournerai et je verrai cette grande vision » (Ex. 3:3).

Alors Dieu l’appelle : Il répète deux fois son nom, comme Il le fera pour d’autres. Cela souligne l’importance du moment. Et Moïse répond : « Me voici ». Dieu lui ordonne de rester à distance et d’ôter les sandales de ses pieds, car le lieu sur lequel il se tient est une terre sainte ! Il donnera plus tard le même ordre à Josué (Ex. 3:5 ; Jos. 5:15). Il se présente : « Je suis le Dieu de ton père, le Dieu d’Abraham, le Dieu d’Isaac, et le Dieu de Jacob ». Et Moïse cache sa face « car il craignait de regarder Dieu » (Ex. 3:6).

La révérence est une grande leçon que chacun doit apprendre. C’est la seule attitude convenable en présence de Dieu, or elle fait de plus en plus défaut de nos jours. Veillons à montrer plus de respect en nous adressant à Dieu pour la prière ou l’adoration ou en parlant de Lui, qu’il s’agisse d’enseignement ou d’évangélisation. Usons avec reconnaissance de la liberté d’un fils devant son père mais sans oublier que le saint tremblement d’un mortel devant Dieu nous convient.

Oserions-nous employer des expressions triviales, empruntées au langage populaire ou plaisanter au début d’une réunion autour du Seigneur, sous prétexte de détendre l’atmosphère ? Tout cela est absolument inconvenant en présence de Dieu, même si nous le connaissons maintenant comme un Père chéri (Rom. 8:15).

 

4.2   La verge de Moise

Moïse apprend à connaître « JE SUIS ». Il lui révèle sa tendresse et son intérêt pour Israël. Ensuite il lui donne des signes pour le rassurer. Il veut lui faire comprendre qu’il possède désormais une puissance bien supérieure à celle de l’homme, qui seul ne pourrait que succomber devant l’Ennemi. L’Éternel lui demande d’abord : « Qu’est-ce que tu as dans ta main ? » Et Moïse de répondre : Une verge. Alors il lui ordonne : « Jette-la à terre. Et il la jeta et elle devint un serpent ; et Moïse fuyait devant lui ». Puis l’Éternel dit à Moïse : « Étends ta main, et saisis-le par la queue (et il étendit sa main et le saisit, et il devint une verge dans sa main) » (Ex. 4:1-4). La verge était celle d’un berger, elle était utile pour paître ses brebis. Dieu peut permettre à Satan d’agir durant un moment, mais il limite et annule promptement son action (Job 1:12 ; 2:6). Plus loin dans l’Écriture, la verge devient une verge d’airain, et elle est accompagnée d’un sceptre (Ps. 2:9 ; Apoc. 2:27). Elle est alors le symbole de l’autorité et du gouvernement. Placée dans la main d’un homme, elle a le caractère d’une autorité déléguée. Adam, le premier, a dans sa main la verge du gouvernement et de l’autorité (Gen. 1:26-28). Mais Satan a été, pour Adam, du fait de sa désobéissance, un serpent venimeux et mortel. Toutefois, le second Homme, le dernier Adam a écrasé la tête du serpent (Gen. 3:15).

Moïse se servira au moins à cinq reprises de cette verge. Avec elle, il résiste au Pharaon ; il ouvre un chemin au peuple à travers la mer Rouge ; il frappe le Rocher d’où jaillissent des eaux vivifiantes. Il fera encore victorieusement face, par la prière, à Amalek, le premier ennemi qui vient attaquer le peuple au désert (Ex. 17:9).

 

4.3   La main lépreuse

L’Éternel dit ensuite à Moïse : « Mets maintenant ta main dans ton sein ; et il la retira, et voici sa main était lépreuse, blanche comme neige. Et Il dit : Remets ta main dans ton sein. Et il remit sa main dans son sein ; et il la retira de son sein, et voici, elle était redevenue comme sa chair » (Ex. 4:6-7). C’est une image de la corruption et la dépravation de l’homme, qui illustre en même temps la puissance de Dieu pour ôter la souillure du péché. Paul déclare : « Je sais qu’en moi, c’est à dire en ma chair, il n’habite point de bien » (Rom. 7:18).

Un serviteur qui part au service du Seigneur, sans avoir d’abord appris cette leçon, est à plaindre ! Le vieil homme et la chair, avec leurs mauvaises habitudes et leurs convoitises sont constamment prêts à se manifester (Marc 7:21-23). La Parole exhorte chaque croyant à dépouiller le vieil homme avec ses actions, à crucifier la chair, à la tenir pour morte (Rom. 6:6-23). Mais la chair est en chacun de nous, tout au long de notre vie ici-bas. Et Satan saisit chaque occasion d’envoyer ses dards enflammés : il cherche à amorcer nos mauvaises tendances. Mais le croyant, habité par le Saint Esprit, nourri par la Parole, soutenu par l’intercession constante de Christ à la droite de Dieu, est loin d’être sans ressources ! Ses ennemis sont là : le monde à l’extérieur, la chair à l’intérieur, et Satan qui rôde inlassablement, cherchant qui il peut dévorer. Mais un enfant de Dieu peut être plus que vainqueur, par Celui qui l’a aimé (Rom. 8:37).

Si ses frères restaient incrédules devant ces deux premiers signes, Moïse devait prendre de l’eau du fleuve — la grande source de bénédiction de l’Égypte — et la mettre sur le sec : elle deviendrait du sang. Ce signe devait montrer que Dieu est puissant pour bénir mais aussi pour intervenir en jugement.

 

4.4   Difficulté d’élocution

Autrefois Moïse s’était montré impétueux. Il soulève maintenant, au contraire, toutes sortes d’objections, pour rejeter l’appel : « Ah ! Seigneur ! Je ne suis pas un homme éloquent, — ni d’hier, ni d’avant-hier, ni depuis que tu parles à ton serviteur ; car j’ai la bouche pesante et la langue pesante ». Dieu lui répond : « Qui est-ce qui a donné une bouche à l’homme ou qui a fait le muet, et le sourd, ou le voyant, ou l’aveugle ? N’est-ce pas moi, l’Éternel ? » (Ex. 4:10-11)

En fait les paroles de Moïse n’étaient qu’une mauvaise excuse : il ne voulait pas retourner en Égypte et faire face au Pharaon. Mais Dieu le rassure à ce sujet (Ex. 4:19) ! Autrefois, il n’avait pas attendu l’appel divin, maintenant il cherche à refuser d’y répondre. Ne lui ressemblons-nous pas souvent ? Nous pouvons être tour à tour semblables au cheval ou au mulet (Ps. 32:9) !

Ceux que Dieu appelle à présenter la Parole sont rarement éloquents. Au début il se peut qu’ils parlent avec difficulté. Pour acquérir des facilités d’élocution, ils devront apprendre avec patience à compter sur Celui qui, avec le service, fournit toujours les ressources pour l’accomplir.

D’emblée, une trop grande facilité de parole inquiète plutôt. Que de dégâts peut causer un frère qui s’impose dans une assemblée, en réduisant pratiquement les autres au silence ? Tant de verbiage est souvent synonyme d’un désert d’idées dans un déluge de paroles ! Quel réconfort de réaliser qu’un serviteur parle avec onction, comme oracle de Dieu ! (1 Pier. 4:11).

Dieu promet à Moïse : « Maintenant, va, et je serai avec ta bouche, et je t’enseignerai ce que tu diras » (Ex. 4:12). Si le Saint Esprit n’est pas « attristé » (Éph. 4:30) ou « éteint » (1 Thes. 5:19), tous seront alors rafraîchis et bénis par la Parole de Dieu.

Mais Moïse persiste à mettre en avant son incapacité et son ignorance. Il affirme manquer de l’autorité nécessaire pour parler au Pharaon. Il voudrait qu’un autre prenne sa charge, il est prêt à se retirer de ce poste d’honneur ! Finalement Dieu attribue donc à Aaron une partie du rôle qu’il voulait confier à Moïse. Il dit à Moïse : « Je sais qu’il parlera très bien ». Mais ce frère sera souvent une écharde et plutôt une entrave pour Moïse (Ex. 4:14-16 ; 32:5 ; Nomb. 12:1). Prenons garde de refuser d’obéir. Une apparence d’humilité n’est peut-être qu’une forme d’incrédulité !

 

5                        La révélation du nom de Dieu

 

Après son appel et le service reçu au buisson ardent, Moïse désire connaître le Nom de Celui qui s’est révélé à Horeb : c’est la première des 17 mentions de cette montagne de Dieu dans l’Écriture (Ex. 3:1).

Celui qui lui est apparu est appelé au verset 2, « l’Ange de l’Éternel », puis simplement « l’Éternel » au v. 4.

Dieu dit encore à Moïse : « JE SUIS CELUI QUI SUIS ». Aux fils d’Israël, Moïse devra dire : « JE SUIS m’a envoyé vers vous. L’Éternel, le Dieu de vos pères, le Dieu d’Abraham, le Dieu d’Isaac, et le Dieu de Jacob, m’a envoyé vers vous : c’est là mon nom éternellement, et c’est là mon mémorial de génération en génération » (Ex. 3:14-15). C’est une des plus grandes révélations de l’Écriture concernant le nom de Dieu. Il remplit l’éternité de Sa présence. Le verset peut être traduit : « J’ai toujours été, je suis toujours et je continuerai toujours à être ». C’est de ce nom que Jésus se réclame, quand Il déclare aux Juifs incrédules : « Avant qu’Abraham fût, JE SUIS » (Jean 8:58). Durant son ministère, Il s’en sert souvent : Je suis le pain de vie, je suis la lumière du monde, je suis la porte, je suis le bon berger, je suis la résurrection et la vie, je suis le chemin, la vérité et la vie, je suis le vrai cep (Jean 6:35 ; 8:12 ; 10:7, 11 ; 11:25 ; 14:6 ; 15:1) ! Quand des soldats et des huissiers viennent le prendre, de la part des principaux sacrificateurs, Il leur demande : « Qui cherchez-vous ? Ils lui répondirent : Jésus le nazaréen ». Jésus leur dit : « C’EST MOI ». Et aussitôt ils reculent et tombent par terre (Jean 18:4-7).

 

6                        Circoncision et premiers obstacles

Moïse se met en route pour l’Égypte avec sa famille. Dans le caravansérail, l’Éternel vient contre lui et cherche à le faire mourir. Il avait, comme chaque père de famille, des leçons à apprendre à la maison (Ex. 4:24-26). Sous l’influence probable de sa femme, son fils n’était pas circoncis. Or Dieu exigeait que son peuple se soumette à cette figure de la mise de côté de la chair (Gen. 17:10-14). Un commandement qui concernait évidemment aussi la maison de son serviteur, appelé à un poste si élevé. Alors sa femme répare son inconséquence, mais de manière à jeter le blâme sur lui (Ex. 4:25-26). L’homme naturel n’aime pas mettre la chair de côté et accuse le fidèle qui veut le faire.

Moïse se rencontre ensuite avec Aaron, son frère, à la montagne de Dieu et lui raconte toutes les paroles de l’Éternel (Ex. 4:28). C’est une belle figure de ce qui devrait toujours caractériser nos rencontres fraternelles. Moïse et Aaron sont maintenant prêts à se présenter à leurs frères et devant leur terrible oppresseur, le Pharaon. Or l’Éternel a préparé le cœur des fils d’Israël. Ils croient et avant même la délivrance, se prosternent devant Dieu (Ex. 4:31 ; 2 Chr. 29:36). Tout est bien différent quand ils se présentent devant le Pharaon, afin de lui dire de la part de Dieu : « laisse aller son peuple » ! Non seulement le Pharaon refuse d’obéir, mais il augmente les corvées du peuple. Début décourageant pour des novices, d’autant que le peuple accuse Moïse d’être à l’origine de l’aggravation de leurs fardeaux. La critique vient de ceux qu’il désire servir ! Mais un serviteur fidèle n’écoute que la parole de son Maître. Il faut qu’il apprenne à s’en remettre entièrement à Lui pour le résultat. Moïse, comme chaque serviteur, doit se laisser instruire : sa connaissance de Dieu ira en grandissant.

 

7                        La Pâque et l’Exode

7.1   La Pâque — Exode 12

Moïse savait par expérience du passé, comment parler en Égypte. Il reçoit l’honneur d’être « fait Dieu pour le Pharaon » (Ex. 7:1). Durant ses rencontres avec ce potentat, il réitère, de la part le l’Éternel, cet ordre : « Laisse aller mon peuple ». Il accompagne ses paroles de signes miraculeux, qui sont autant de plaies, de sévérité croissante, sur l’Égypte (Ex. 9:14).

Chaque fois, le Pharaon demande que Dieu use de miséricorde et la plaie est retirée. Il présente aussi, avec réticence, des excuses et fait quelques concessions verbales mineures. À cinq reprises, la Parole dit qu’il endurcit son cœur et refuse de se repentir. Il finira pourtant par dire « J’ai péché », mais dès que la grêle a cessé, il continue à pécher (Ex. 9:27, 34). Sa conduite montre qu’il n’a nullement l’intention de rendre sa liberté à Israël.

Alors Dieu, à son tour, endurcit judiciairement le cœur du Pharaon. Il a laissé passer le temps (Jér. 46:17) et son obstination ne sert plus qu’à faire ressortir la puissance de Dieu, dont le Nom est publié dans toute la terre (Ex. 9:16 ; Rom. 9:17) !

Le jugement final, depuis longtemps annoncé (Ex. 4:23) concerne le premier-né, dans chaque famille égyptienne. Mais Dieu commande à Moïse, qui en fait part aux anciens, que chaque famille Israélite prenne un agneau sans défaut, âgé d’un an, par maison (Ex. 12:21).

Cet agneau est mis en garde à dater du dixième jour du mois d’Abib — qui devient désormais pour eux le premier mois de l’année. Il meurt, égorgé, entre les deux soirs, le quatorzième jour du mois. C’est une touchante figure de Christ, qui a connu toute l’ardeur du jugement divin à notre place (1 Pier. 1:19). Il doit être entièrement mangé à la hâte, en famille, rôti au feu, avec des herbes amères. Manger la Pâque signifie s’approprier ce sacrifice. Cher lecteur, vous êtes-vous personnellement approprié cette mort expiatoire de Jésus-Christ ?

Le sang de l’Agneau devait être placé sur les deux poteaux et sur le linteau de la porte de chaque maison où se trouvaient les israélites. Cette nuit-là, l’Éternel passerait par le pays d’Égypte pour frapper chaque premier-né. Il verrait le sang sur les maisons d’Israël et Il passerait par-dessus eux ! (Ex. 12:12-13). « Par la foi, Moïse a fait la Pâque et l’aspersion du sang afin que le destructeur des premiers-nés ne les touchât pas » (Héb. 11:28). Ce sang, merveilleuse figure du sang de Christ, répond à tous les droits de la justice divine et donne toute assurance au peuple de Dieu, qui doit désormais garder cette nuit de la Pâque (Ex. 12:42 ; 13:3). Rappelons que le Seigneur Jésus a substitué le mémorial de la Cène à celui de la Pâque et invité les siens à prendre le pain et la coupe, des symboles de son corps et de son sang, en mémoire de Lui (1 Cor. 11:24-25).

 

7.2   L’Exode

L’acte de naissance de la nation d’Israël se lie à cette nuit de la Pâque. Une nouvelle page de l’histoire de l’homme se tourne. Mais la Pâque annonçait un événement plus important encore : la mort de l’Agneau de Dieu pour le salut du monde. Son sang précieux, versé à la Croix, est l’immense prix payé pour racheter l’homme du péché et l’arracher à l’esclavage de Satan. Les enfants d’Israël sortirent « à main levée », c’est à dire, sans entrave (Ex. 14:8). Au contraire, le Pharaon les presse ! Il a appelé Moïse et Aaron durant la nuit, en leur disant : « Levez-vous, sortez du milieu de mon peuple… Allez-vous en, servez l’Éternel … Et ils dépouillèrent les Égyptiens » (Ex. 12:31-36). « Par la foi, Moïse quitta l’Égypte, ne craignant pas la colère du roi, car il tint ferme, comme voyant Celui qui est invisible » (Héb. 11:27).

Mais le cœur du Pharaon, endurci par l’Éternel, change une fois encore de dispositions (Ex. 14:4-9). Il décide brusquement de les poursuivre, pour les détruire ! C’est une grande multitude : six cent mille hommes de pied, les hommes faits, sans compter les enfants, et aussi « un grand amas de gens » (Ex. 12:37-38) . Bientôt ils semblent pris au piège ! Devant eux : la mer Rouge et derrière : le Pharaon et son armée. Pourtant la foi de Moïse reste calme et forte dans ce moment critique. Quelle différence avec le Moïse timoré du début ! Il dit à Israël ? « Ne craignez point, tenez-vous là et voyez la délivrance de l’Éternel, car Il opérera pour vous aujourd’hui ; car les Égyptiens que vous voyez aujourd’hui, vous ne les verrez plus, à jamais. L’Éternel combattra pour vous et vous, vous demeurerez tranquilles ». Puis il s’adresse personnellement à Dieu : il se montre toujours un intercesseur très fidèle (Ex. 14:13-15 ; Jér. 15:1 ; Ps. 106:23). Dans cette position désespérée, Dieu peut maintenant agir. Il commande : « Qu’ils marchent » ! Seule la foi peut obéir (Héb. 11:29). L’Ange de Dieu, avec la colonne de nuée, est venu se placer entre le camp d’Israël et celui des Égyptiens (Ex. 13:21-22 ; 14:19-20). De jour et de nuit, les soins de Dieu s’exercent. Il écarte du chemin de ses rachetés les dangers subtils et parfois inconnus.

 

7.3   La Mer Rouge — Exode 14-15

Et voici la délivrance, si bien résumée dans le Ps. 136:13-15 : « Qui a divisé en deux la mer Rouge, car sa bonté demeure à toujours ; et a fait passer Israël au milieu d’elle, car sa bonté demeure à toujours ; et a précipité le Pharaon et son armée dans la mer Rouge, car sa bonté demeure à toujours ». L’Éternel a dit à Moïse : « Et toi, lève ta verge et étends ta main sur la mer, et fends-la ; et que les fils d’Israël entrent au milieu de la mer à sec » (Ex. 14:16). Puis Il endurcit le cœur des Égyptiens car Il a décidé de se glorifier du Pharaon dans ses chars et dans ses cavaliers. Ils entrent à leur tour au milieu de la mer. Alors l’Éternel met en désordre leur armée et commande à nouveau à Moïse : « Étends ta main sur la mer ». Et les eaux retournent sur les Égyptiens et il n’en reste pas même un seul (Ex. 14:26-28).

Ce passage de la mer Rouge présente aussi un des aspects de l’œuvre de Christ. La Pâque est une figure de la délivrance de dessous le jugement de Dieu, car Il est contre le péché. Et le passage de la Mer Rouge est une illustration de la délivrance du pécheur du pouvoir de Satan. Ici, Dieu se montre pour le pécheur : la mort a été vaincue par Christ (Héb. 2:14-15). « Israël vit les Égyptiens morts sur le rivage de la mer » et la grande puissance de l’Éternel (Ex. 14:31) !

« Alors Moïse et les fils d’Israël chantèrent ce cantique à l’Éternel » (Ex. 15:1-21). C’est le premier dans l’Écriture, l’hymne de la rédemption. Toute la gloire de la victoire est attribuée à l’Éternel : « Je chanterai à l’Éternel, car il s’est hautement élevé ; il a précipité dans la mer le cheval et celui qui le montait ». Ce cantique montre ensuite par anticipation le peuple parvenu dans la présence de Dieu, dans la demeure de sa sainteté (Ex. 15:11-19). Il est intéressant de noter que le nom de Moïse est associé au premier mais aussi au dernier cantique dans l’Écriture (Apoc. 15:3). Christ est non seulement celui qui délivre mais celui qui entonne la louange au milieu de l’assemblée (Ps. 22:22 ; Héb. 2:12).

 

7.4   Le désert — Exode 15-18

Image fidèle de notre cœur prompt à oublier que la bonté de Dieu demeure à toujours, ce peuple qui chante de tout son cœur ne tarde pas à murmurer : à Mara, au désert de Sin et bientôt à Rephidim (Ex. 15:24 ; 16:2 ; 17:3). Moïse sera la première cible de leurs plaintes (Ex. 15:24 ; 16:2 ; 17:2-3) mais il devient rapidement évident qu’en fait c’est contre Dieu que le peuple murmure (Ex. 16:7-9). À Mara les eaux sont amères : Moïse passe par des exercices d’un ordre différent. Il crie à l’Éternel, qui dans sa grâce, lui enseigne « un bois ». Le racheté comprend maintenant que c’est une figure de la Croix. Quand Moïse jette ce bois dans les eaux, elles deviennent douces. Nos circonstances, pénibles ou décevantes, cessent d’avoir un goût amer lorsque nous introduisons la puissance de la croix de Christ. Sans changer pour autant, elles seront traversées paisiblement et nous pourrons y trouver de la joie et du réconfort (Rom. 5:3 ; 2 Cor. 12:9). Nous serons alors en mesure d’apprécier Élim, un lieu de rafraîchissement et de repos, image du rassemblement des croyants, où Dieu a commandé la bénédiction (Ps. 133:3).

Quelle patience de la part de l’Éternel vis-à-vis d’un peuple qui bientôt, dans sa prétention, va pourtant choisir de se placer sous la Loi ! Au lieu de le châtier, Dieu commence par le faire approcher et lui montre sa gloire (Ex. 16:7, 10 ; Jér. 29:11). Ensuite il s’engage à le rassasier, lui donne quotidiennement, dès le matin dans le désert, la manne, figure du véritable pain qui vient du ciel, Christ, la nourriture du croyant (Jean 6:31 et 33).

Après la faim, la soif est l’occasion de nouveaux murmures. Ils contestent encore avec Moïse, qui leurs répond : « Pourquoi tentez-vous l’Éternel ? ». Dieu dit à Moïse de prendre dans sa main la verge et de frapper le rocher en Horeb, sur lequel l’Éternel lui-même se tiendra (Ex. 17:5-6). De ce grand mystère, l’épître aux Corinthiens donne l’explication : « Ils buvaient d’un rocher spirituel qui les suivait, et le rocher était le Christ » (10:4). L’eau vive, figure du Saint Esprit, coule aussitôt. Cette puissance de vie est donnée à tous ceux qui croient en Lui, par le Sauveur mort et ressuscité.

Ce sont le péché du peuple, ses murmures et ses rebellions, qui ont été l’occasion de frapper le rocher : « À cause de la transgression de mon peuple, Lui a été frappé » (És. 53:8).

 

Nourri, désaltéré, le peuple est préparé pour une nouvelle expérience : le combat contre Amalek, cet ennemi perpétuel du peuple de Dieu, qui s’acharne contre lui et spécialement contre les plus faibles, alors que Dieu s’est occupé en grâce de ce peuple et lui a fourni toutes les ressources dont il avait besoin (la manne et l’eau). Après la conversion, l’ennemi s’acharne, et tous nos anciens défauts reviennent nous faire la guerre (1 Pier. 2:11). Le Seigneur, le vrai Josué, combat avec nous. C’est sur la montagne que se décide la victoire. C’était humiliant pour Moïse d’éprouver que sa nature était trop faible pour accomplir ce que son esprit désirait faire ! Christ, à la fois vrai Moïse et vrai Aaron intercède constamment pour les siens. Et Ses mains ne sont jamais pesantes comme l’étaient celles de Moïse (Rom. 8:34, 37 ; Héb. 7:25).

 

Finalement, au bout de trois mois, Moïse et le peuple arrivent à la montagne de Dieu, là où Dieu, au commencement, avait parlé avec Moïse. Il y retrouve Jéthro, son beau-père, qui personnifie ces nations de la terre qui, dans un temps encore à venir, se réjouiront avec le peuple d’Israël de la délivrance dont il aura été l’objet et rendront gloire à Dieu.

Séphora et ses fils (Ex. 18:2-3) représentent l’Église qui n’a pas participé aux épreuves d’Israël ni à sa délivrance. Guershom rappelle par son nom que Christ, comme Moïse, a été étranger sur la terre où il a séjourné, et que l’Église aussi est étrangère ici-bas. Mais dans ces circonstances difficiles, le secours de Dieu lui est assuré : c’est la signification d’Éliézer, le nom de son second fils.

À Moïse, Jéthro donne le conseil de s’adjoindre « des hommes capables, craignant Dieu, des hommes de vérité » pour juger, avec lui, le peuple en tout temps (Ex. 18:21-22). Dans un épisode semblable (Nomb. 11:10-17), la Parole fait sentir la perte faite par Moïse en voulant qu’il lui soit adjoint des aides ; sage en apparence, son avis méconnaissait la puissance de l’Esprit de Dieu ! C’est un des principes qui est à la base de l’institution des clergés : une hiérarchie d’hommes désignés et investis comme intermédiaire ente Dieu et les fidèles. Ne craignons pas de nous adresser directement à Christ, en toutes circonstances.

Jéthro reconnaît la grandeur de Dieu, lui donne gloire et lui offre des sacrifices. Il mange avec le peuple racheté, en Sa présence. Mais il retourne dans son pays (Ex. 18:27). La vie de la foi, la position d’étranger et de pèlerin n’ont pas d’attrait pour lui. Hélas, bien des chrétiens lui ressemblent !

 

8                        Moïse au Sinaï — Exode 19 à 31

Israël campe devant la montagne (Ex. 19:1-2). Moïse réalise l’accomplissement des promesses que Dieu lui a faites au buisson, après avoir suivi un chemin étrange et merveilleux. Il monte vers Dieu pour recevoir une révélation différente. Il va revêtir un nouvel office et remplir une nouvelle mission. Jusqu’ici il a été un libérateur et un chef, il va devenir maintenant législateur et prophète. Dieu se révèle au peuple par son moyen.

Moïse monte à plusieurs reprises : deux fois en tout cas durant les quarante jours : chaque fois, il reçoit une révélation distincte.

 

8.1   Dieu présente une alliance conditionnelle à Israël (Ex. 19:3-19)

 

Dieu rappelle à son peuple sa rédemption de l’esclavage de l’Égypte et comment Il les a portés sur des ailes d’aigle et amenés à Lui. Maintenant, s’ils écoutent attentivement sa voix et gardent son alliance, ils seront son trésor particulier et ils lui appartiendront en propre, d’entre tous ls peuples. « Vous me serez un royaume de sacrificateurs, et une nation sainte » (Ex. 19:6).

Moïse appelle les anciens et met devant eux toutes les paroles que l’Éternel lui a commandées. Alors tout le peuple répond : « Tout ce que l’Éternel a dit, nous le ferons » et Moïse rapporte ces paroles à l’Éternel. Hélas, ils ne réalisent pas leur faiblesse, et la ruine s’ensuivra bientôt dans leur histoire.

Toutes les alliances que Dieu avait jusqu’alors traitées, l’avaient été avec des individus : Noé, Abraham, Isaac et Jacob. Ici, pour la première fois, l’alliance concerne une nation. Elle est accompagnée d’une extraordinaire démonstration de la majesté et de la gloire de Dieu.

Moïse sanctifie le peuple ; ils doivent laver leurs vêtements et se tenir prêts pour le troisième jour (Ex. 19:14-15). Personne ne doit toucher la montagne, ni même s’en approcher. « Toute la montagne du Sinaï fumait parce que l’Éternel descendit en feu sur elle ; et sa fumée montait comme la fumée d’une fournaise, et toute la montagne tremblait fort. Et comme le son de la trompette se renforçait de plus en plus, Moïse parla et l’Éternel lui répondit par une voix » (Nomb. 19:18-19).

 

8.2   Moïse monte sur cette montagne du Sinaï. Il en redescend aussitôt, puis remonte pour y recevoir la Loi (Ex. 19:20-25).

 

Dieu descend sur le sommet du Sinaï et appelle vers Lui Moïse pour lui dire : « Descends, avertis solennellement le peuple, de peur qu’ils ne rompent les barrières pour monter vers l’Éternel pour voir, et qu’un grand nombre d’entre eux ne tombe » (Nomb. 19:21). La curiosité pouvait les pousser à désobéir ou peut-être aussi, pour les sacrificateurs, l’habitude d’être en contact avec Dieu, leur faisaient-elle courir le danger de manquer de crainte !

Moïse semble nourrir des illusions : toutes les mesures, dit-il, ont déjà été prises. Mais le Seigneur veut que l’on avertisse à nouveau le peuple, et Moïse doit retourner au pied de la montagne. On voit le contraste avec Sion, la montagne de la grâce : nous sommes au contraire invités à nous approcher (Héb. 12:18-22). Ce n’est plus Moïse qui est médiateur sur la montagne, mais Jésus qui est pour nous dans les cieux. Retenons la grâce par laquelle nous pouvons servir Dieu d’une manière qui lui soit agréable, avec révérence et avec crainte.

 

Ensuite, alors que le peuple se tient loin, Moïse va retourner sur le Sinaï et s’approcher de l’obscurité profonde où Dieu se tient (Ex. 20:21). Il reçoit la Loi qu’il doit communiquer au peuple. Elle comprend :

·        Les dix commandements (le décalogue). C’est la loi morale (Ex. 20).

·        Les jugements ou les ordonnances qui concernent les diverses circonstances de la vie quotidienne. Elles traitent aussi de l’adoration, des fêtes et du Sabbat (Ex. 21-23).

 

8.3   Les premiers quarante jours (Ex. 24-31)

 

La présence d’Aaron, Nadab, Abihu et soixante-dix des anciens d’Israël donne un caractère plus imposant à la ratification de l’alliance. Ils peuvent se prosterner « de loin » (Ex. 24:1). Moïse est le seul à pouvoir s’approcher vraiment.

Il bâtit, de bon matin, un autel au pied de la montagne et dresse douze stèles qui représentent les douze tribus d’Israël. Il met devant le peuple toutes les paroles et toutes les ordonnances de l’Éternel, et ils s’écrient d’une seule voix : « Toutes les paroles que l’Éternel a dites, nous les ferons » (Ex. 24:3).

Moïse envoie de jeunes hommes offrir des holocaustes et sacrifier des taureaux à l’Éternel en sacrifices de prospérités (Ex. 24:5). La moitié du sang est mise en réserve dans des bassins, l’autre moitié est aspergée sur l’autel. Moïse lit le livre de l’alliance aux oreilles du peuple, qui répète : « Tout ce que l’Éternel a dit, nous le ferons et nous écouterons ». Puis il prend le sang et il en fait aspersion sur le peuple, en déclarant : « Voici le sang de l’alliance que l’Éternel a faite avec vous selon toutes ces paroles » (Ex. 24:7-8 ; Héb. 9:19-20). Moïse, Aaron, Nadab, Abihu et les soixante dix anciens montent et voient le Dieu d’Israël — et sous ses pieds comme un ouvrage de saphir transparent et comme le ciel en pureté (Ex. 24:10 ; Ézé. 1:26). En fait Dieu dans sa gloire est au-delà et au-dessus de ces choses. Toute cette scène se déroule sans qu’Il porte sa main sur les nobles d’entre les fils d’Israël : « Ils virent Dieu, et ils mangèrent et burent » (Ex. 24:11 ; Deut. 4:12-13).

Moïse seul monte ensuite sur la montagne « avec Josué qui le servait » et il y reste quarante jours et quarante nuits (Ex. 24:18). Préparation parfaitement convenable pour celui qui allait être chargé d’établir sur la terre une représentation des choses qu’il avait vues. C’est pendant cette période qu’il voit le modèle et reçoit les instructions, concernant la construction du Tabernacle et de son mobilier (le chandelier, les autels, la table, la cuve) et touchant l’exercice de la sacrificature. L’Éternel lui donne aussi les deux tables du témoignage, tables de pierre, sur lesquelles la Loi était écrite du doigt de Dieu (Ex. 25:31). Tout ce qui concerne le service est dirigé d’en haut, par Dieu lui-même (Ex. 31:1-11). Moïse lui-même n’est pas qualifié pour choisir les ouvriers. Dans les Actes, on voit le Saint Esprit désigner Barnabas et Saul pour l’œuvre à laquelle Dieu les appelait (Actes 13:2). Dieu choisit l’ouvrier et lui donne la sagesse nécessaire.

 

8.4   Exode 19 à 31

Cette très importante section de la Parole contient bien des leçons pour nous dans le temps présent. La Loi se révèle implacable dans son exigence d’obéissance, mais Dieu, dans sa grâce, a donné à son peuple le tabernacle, la sacrificature et tout un ensemble de sacrifices, pour qu’il puisse s’approcher de Lui. Ce sont autant de types précieux de l’œuvre unique et parfaite de Christ.

Le Tabernacle est ainsi un modèle des choses qui sont dans les cieux (Héb. 8:5 ; 9:9, 23-24). Aucun détail n’est laissé à l’imagination de l’homme ! Ce qui est dans le ciel est représenté sur la terre, sous la forme d’un type visible.

Nous voyons dans le Tabernacle une image en particulier :

a) de l’Église comme la maison de Dieu (Héb. 3:1-6),

b) de la Personne et du travail de Christ (Héb. 8:2 ; 9:11),

c) du chemin d’accès vers Dieu (Héb. 10:20).

d) de la sacrificature et des sacrifices (présentant la souveraine sacrificature de Christ et son œuvre expiatoire à la Croix, dont l’épître aux Hébreux et l’Apocalypse fournissent des commentaires divins).

 

9                        L’apostasie et ses conséquences

9.1   Exode 32

Quand Moïse redescend de la montagne, les deux tables de la Loi dans ses mains, quelle douleur ! Un triste spectacle s’offre à ses yeux : une fête se déroule en l’absence du médiateur, sous la direction d’Aaron, son propre frère : « Il vit le veau et les danses » (Ex. 32:19). Le peuple avait pourtant tout récemment accepté l’alliance de l’Éternel et affirmé être décidé à Lui obéir. Maintenant il rend hommage à une idole, à un veau d’or, probablement en souvenir du bœuf Apis, célèbre en Égypte. Il est le fruit des propres efforts d’Aaron, qui l’a formé avec un ciseau, malgré ses dires (És. 44:10-12 ; Ex. 32:24).

Ensuite Aaron a bâtit un autel devant cette idole, et tous ils s’écrient : « C’est ici ton dieu, ô Israël ! Qui t’a fait monter du pays d’Égypte ». Il ne restait plus qu’à crier : « Demain, une fête à l’Éternel » et c’est hélas ce que s’est empressé de faire Aaron (Ex. 32:4-6). Peut-être ont-ils pensé que Moïse était mort sur ce Sinaï, entouré de fumée et de feu (Ex. 32:1). Ils ont été incapables d’attendre son retour six semaines durant. Ainsi, pendant que Dieu donnait sur la montagne la Loi à Moïse, dans la plaine, le peuple en transgressait déjà les deux premiers commandements (Ex. 20:1-6) et établissait un culte idolâtre ! Combien grande est la perversité du cœur de l’homme, son ingratitude, sa promptitude à oublier les bontés de Dieu ! (Ps. 78:11 ; Ps. 106:19-23).

L’idolâtrie n’est pas seulement le péché d’Israël ou des païens. Paul met en garde aussi les chrétiens (1 Cor. 10:7, 14). Une idole, c’est tout ce qui prend dans le cœur une place qui n’appartient qu’au Seigneur. Il est présentement dans le ciel. Veillons pendant son absence à lui réserver toutes nos affections.

Le peuple se lève de bonne heure et offre des sacrifices de prospérité, puis il s’assied pour manger et pour boire et se lève pour se divertir : ce genre de religion est toujours aussi populaire (Ex. 32:6). On peut comprendre que le cœur de Moïse se brise ! L’Éternel lui dit : « Ton peuple que tu as fait sortir d’Égypte s’est corrompu ». Dieu a vu ce peuple, et voici c’est un peuple de col roide. Alors Il dit à Moïse : « Maintenant, laisse-moi faire, afin que ma colère s’embrase contre eux, et que je les consume ; et je ferai de toi une grande nation » (Ex. 32:9-10) ! Mais aussitôt ce serviteur fidèle implore son Dieu et répond avec à propos : « C’est ton peuple que tu as fais sortir » (Ex. 32:11). Tel un habile avocat, le cœur ému pour Israël, continue d’intercéder pour eux. Cependant, avec la pensée de Dieu, il va agir de façon solennelle. Sa colère s’embrase, il jette les tables, les brise au pied de la montagne. Ensuite il brûle au feu le veau qu’ils ont fait, le réduit en poudre qu’il répand sur la surface de l’eau. Il force ensuite les fils d’Israël à la boire ! Puis il se tourne vers son frère et s’enquiert : « Que t’a fait ce peuple, pour que tu aies fait venir sur lui un si grand péché ? ». Et Aaron cherche tristement à rejeter sa responsabilité sur le peuple « plongé dans le mal ». Moïse comprend que le peuple est dans le désordre, car « Aaron l’avait livré au désordre » (Ex. 32:21-25).

Alors il se tient à la porte du camp et appelle : « À moi, quiconque est pour l’Éternel » ! Et tous les fils de Lévi se rassemblent vers lui ! Un terrible devoir leur est imposé : il rappelle que la gloire de Dieu doit toujours passer avant les liens de la famille ou ceux de l’amitié. En un seul jour, il tombe environ trois mille hommes. Les fils de Lévi se sont montrés fidèles : Dieu leur confiera le service du Tabernacle (Deut. 33:9-10).

Moïse, toujours à la brèche, remonte vers l’Éternel. Mais il espère, ainsi qu’il le dit au peuple, faire propitiation pour lui ! Animé des mêmes sentiments d’amour pour le peuple de Dieu que l’apôtre Paul, il déclare à l’Éternel : « Sinon, efface-moi, je te prie, de ton livre que tu as écrit ». Mais aucun homme ne pourra en aucune manière racheter son frère, ni donner à Dieu sa rançon (Ps. 49:7 ; Ex. 32:32-33). Et chacun rendra compte pour lui-même à Dieu (Rom. 14:12). Seul Christ peut faire propitiation pour le pécheur, étant Lui-même sans péché.

 

9.2   Exode 33

Alors, de façon inattendue pour son entourage, Moïse dresse une tente en dehors du camp, loin du camp. A-t-il donc cessé d’aimer le peuple ? Bien au contraire, mais il comprend qu’en raison du péché commis, la nuée ne peut plus se poser sur le camp. C’est pour retrouver cette précieuse nuée, (encore une figure de Christ), que Moïse et bien d’autres après lui, vont quitter le camp. « Sortons vers Lui hors du camp » (Héb. 13:3) : pour obéir à cette injonction, beaucoup de rachetés sont sortis des religions formalistes et des églises organisées de la chrétienté pour chercher seulement et simplement la présence du Seigneur Jésus (Matt. 18:20). Notons que Josué, jeune homme, ne sortait pas de la tente. Il trouve une communion continuelle là où le Seigneur a promis Sa présence.

L’Éternel dit alors à Moïse : « Va, monte d’ici, toi et le peuple… Dans la pays que j’ai promis par serment… Pays ruisselant de lait et de miel, car je ne monterai pas… de peur que je ne te consume en chemin ». Il promet d’envoyer un ange ! À cette parole fâcheuse, le peuple mène deuil et dépouille ses ornements. L’Éternel veut qu’ils persévèrent de façon habituelle dans ce repentir et ce deuil. Dès que le « moi » se manifeste, on s’éloigne de Dieu. Dieu ajoute « je saurai ce que je te ferai » (Ex. 33:5). C’est un moment solennel : le peuple attend la décision divine.

Belle figure du Seigneur, Moïse intercède encore (Jean 17:9). Il poursuit ses requêtes, avec une intelligence reçue d’en Haut, en s’appuyant sur la seule grâce de Dieu : « Tu as dit : Je te connais par nom, et tu as trouvé grâce à tes yeux. Si j’ai trouvé grâce à tes yeux, fais-moi connaître, je te prie, ton chemin (Ps. 143:8, 10)… Considère que cette nation est ton peuple ». Il faut que l’Éternel marche avec eux : sans Sa présence, ils ne peuvent avancer ! Moïse plaide avec Dieu : « Ainsi, moi et ton peuple, nous serons séparés de tout peuple qui est sur la face de la terre » (Ex. 33:12-16). Il désire des relations plus intimes. La réponse divine le remplit de joie : « Ma face ira et vous donnera du repos ». Ce n’est plus seulement un ange (Ex. 32:34 ; 33:14). Alors il fait une demande plus audacieuse encore : « Fais-moi voir, je te prie, ta gloire ! ». Mais Dieu ne trouve jamais la foi trop hardie. Il répond : « Tu ne peux pas voir ma face. . . Voici un lieu près de moi, et tu te tiendras sur le rocher ; et il arrivera, quand ma gloire passera, que je te mettrai dans la fente du rocher … Tu me verras par derrière » (Ex. 33:20-23). Ainsi fortifié, Moïse est prêt à poursuivre son service. Cette scène rappelle la volonté exprimée par le Seigneur : « Père, je veux, quant à ceux que tu m’as donnés, que là où moi je suis, ils y soient aussi avec moi, afin qu’ils voient ma gloire, que tu m’as donnée » (Jean 17:24). Tel est son plus cher désir. Est-ce aussi le nôtre ?

 

10                  La seconde période de 40 jours sur la montagne — Exode 34

 

Dieu va révéler à Moïse, ce qui est autrement précieux, la « gloire de sa grâce » (Éph. 1:6). Avec deux nouvelles tables de pierre comme les premières, dans ses mains, taillées sur l’ordre de l’Éternel, ce serviteur est prêt et monte au matin sur la montagne du Sinaï (Ex. 34:1-4). Il y rencontre à nouveau l’Éternel, qui va écrire sur les tables les mêmes paroles que la première fois. Il se fait connaître comme le Dieu miséricordieux et faisant grâce, à son serviteur Moïse, placé dans la fente du rocher, ayant devant lui la main divine. Ce sont des paroles admirables prononcées par l’Éternel lui-même (Ex. 34:6-7). Mais la grâce de Dieu ne doit pas nous faire oublier son gouvernement. Dans ce verset 7, nous apprenons qu’Il pardonne l’iniquité (c’est la grâce) et en même temps qu’il ne tient nullement celui qui est coupable pour innocent (c’est son gouvernement).

Moïse se hâte de se prosterner. Il dit : « Si j’ai trouvé grâce à tes yeux, Seigneur… marche, je te prie, au milieu de nous ». Quel motif invoque-t-il dans sa requête ? C’est un peuple au cou roide ! Il ressemble en effet à un coursier qui raidit son cou contre les rênes. C’est bien d’un Dieu miséricordieux qu’il a besoin (Ex. 34:7 ; Deut. 9:6, 13). Moïse ajoute : « Pardonne nos iniquités et nos péchés, et prends-nous pour héritage ».

Et Dieu renouvelle son alliance avec Israël, promet de faire des merveilles en leur faveur. Il confirme Moïse dans sa mission, et répète ses promesses concernant la possession du Pays promis. Les fêtes et les sabbats devront être soigneusement observés ainsi que toutes les ordonnances de la Loi. Moïse doit écrire la teneur des paroles par lesquels l’Éternel a fait alliance avec lui et avec Israël, tandis que l’Éternel se réserve d’écrire lui-même sur les tables les paroles de l’alliance, les dix paroles Ex. 34:28).

Moïse est resté en compagnie de l’Éternel quarante jours et quarante nuits, sans manger de pain et sans boire d’eau. Résultat merveilleux de cette période de communion, la peau de son visage rayonne, sans qu’il le sache. Par un visage heureux, chaque enfant de Dieu devrait montrer à ceux qui l’entourent, le bonheur qu’il possède. Être en contact avec Dieu, jouir des révélations de sa grâce, se traduit de façon extérieure aussi. Par la foi, nous contemplons le Seigneur Jésus à face découverte et nous sommes progressivement transformés à sa glorieuse ressemblance morale (2 Cor. 3:14-18).

Aaron et le peuple craignaient de s’approcher de lui, de sorte qu’il mettait un voile avant de les appeler (Ex. 34:29-35). Mais il l’ôtait quand il parlait avec Dieu : Quel privilège ! Cette expression revient trois fois dans ces quelques versets (Ex. 34:29, 34, 35 ; Nomb. 12:7-8 ; 7:89).

 

11                  Exode 36 à 40

Les derniers chapitres du livre de l’Exode rendent compte de la construction du Tabernacle sous la direction de Moïse. Dieu avait donné de la sagesse et l’intelligence à Betsalëel et Oholiab. Il avait appelé aussi tous ceux qui avaient un esprit libéral, et que leur cœur portait à s’approcher de l’œuvre (Ex. 36:1-3). Ces derniers apportent ce qu’ils n’ont pas donné auparavant pour le veau d’or (Ex. 32:3). Nous ne pouvons mettre au service du Seigneur que ce qui n’a pas été gaspillé pour le monde. Des offrandes peuvent aussi arriver trop tard (Ex. 36:5-6). Le moment d’accomplir un service, d’apporter un don est passé. Occasion perdue, quelle importante leçon pour nous !

Quand « Moïse acheva l’œuvre », Dieu montra son approbation par sa présence : « La nuée couvrit la tente d’assignation et la gloire de Dieu remplit le Tabernacle » (Ex. 40:33-35).

 

12                  Moïse au désert avec le peuple — Livre des Nombres

 

La troisième partie de la vie de Moïse ce sont ces quarante ans passés dans le désert sur le chemin de Canaan. C’est le thème principal des Nombres, que l’on a appelé le récit de la « génération perdue ». Au commencement du livre de l’Exode, il y a eu un recensement du peuple dans le désert du Sinaï et, trente huit ans plus tard, un autre dans les plaines de Moab, juste avant d’entrer dans le pays. Seuls Josué et Caleb, ces hommes remplis de foi et courage, ont survécu.

Le désert est ce lieu où Dieu met les siens à l’épreuve, mais où ils peuvent apprendre aussi à goûter Sa protection et l’étendue de Sa grâce. Pour Israël, ce sera un terrible échec qui se dévoile dans toute son ampleur au désert de Paran.

 

12.1                      Nombres 13 à 14

Douze hommes : « des princes parmi eux », sont envoyés pour reconnaître le pays et décider s’ils sont capables d’en prendre possession (Nomb. 13:3, 18-21) . Dix d’entre eux, après quarante jours de voyage, montrent l’incrédulité de leur cœur et décrient le pays désirable (Ps 106:24). Deux seulement ont confiance en l’Éternel. La foi connaît le Seigneur et elle apprécie les circonstances d’après Lui. Josué et Caleb montrent clairement qu’ils attachent un grand prix à l’héritage promis et font taire le peuple devant Moïse.

Les géants, fils d’Anak, n’étaient pas imaginaires, les hautes murailles non plus. Mais l’erreur consiste à garder les yeux rivés sur sa propre petitesse et à imaginer les pensées des ennemis à notre égard (Nomb. 13:33-34) ! Le peuple écoute les dix espions qui continuent de plus belle leur mauvais travail : ils jettent des cris et pleurent toute la nuit suivante. Les murmures fusent de toutes parts contre Moïse et contre Aaron, qui tombent sur leurs faces. Au matin on parle de rejeter Moïse et d’établir un chef pour retourner en Égypte ! Les deux témoins fidèles (Nomb. 14:7-9) manquent d’être lapidés mais la gloire de l’Éternel apparaît à tous à la tente d’assignation (Nomb. 14:10).

C’est une heure terrible pour Moïse, peut-être la plus sombre de toute sa vie ! Il a déjà si souvent intercédé pour eux. Il a le sentiment douloureux que le repos promis va leur échapper ! Beau type du Seigneur (Héb. 7:25) Moïse intercède toujours, comme au moment du veau d’or et n’est pas tenté par l’occasion de devenir un nouveau chef de race (Nomb. 14:12 ; Ex. 32:10). Il rappelle à l’Éternel qu’il y va de la grandeur de son nom devant les nations ! (Nomb. 14:13-14). Celles-ci n’hésiteront pas à ironiser : « Parce que l’Éternel ne pouvait pas faire entrer ce peuple dans le pays qu’il leur avait promis par serment, ils les a tués dans le désert » ! (Nomb. 14:16). Il se sert, dans son plaidoyer, des propres paroles de Dieu, « lent à la colère et grand en bonté ». L’Éternel dit alors à Moïse : « J’ai pardonné selon ta parole » mais le fidèle serviteur doit toutefois annoncer au peuple une fâcheuse nouvelle : l’Éternel déclare que toute la génération sortie d’Égypte périra à cause de son incrédulité dans le désert (Nomb. 14:29-30) ! Les petits-enfants prendront possession du pays promis, mais ils devront porter « la peine de vos prostitutions ». C’est une expression solennelle ! Elle montre que nos infidélités ont des conséquences sur ceux qui nous suivent (Nomb. 14:30-33).

Moïse se soumet à cette discipline qui atteint Israël, à cause de son incrédulité. Aaron, Josué et Caleb traverseront avec lui ces années éprouvantes. Il faut nous humilier et nous courber sous la main de Dieu, quand il agit envers son peuple en discipline, même si personnellement nous n’avons pas participé directement à la faute qui a attiré le châtiment divin.

 

12.2                      Nombres 11

Une série d’épisodes douloureux ponctue le récit de ces années d’errance dans le désert.

Cette période est essentiellement marquée par des murmures, des plaintes et des révoltes contre la direction de Moïse. L’une d’entre elles sera fomentée par ce que la Parole appelle « le ramassis de peuple » qui accompagne les enfants d’Israël depuis leur sortie d’Égypte (Ex. 12:38 ; Nomb. 11:4). Ils se plaignent de la nourriture, et avant tout de la manne, ce pain descendu du ciel, une belle figure de Christ ! (Jean 6:32). Dieu la leur donne pourtant en abondance, jour après jour. Épris de convoitise, ils se mettent encore à pleurer, à l’entrée de leurs tentes, regrettant les mets de l’Égypte. Moïse, accablé, les entend affirmer que leur âme est asséchée : il n’y a rien si ce n’est cette manne devant leurs yeux (Nomb. 11:4-6) ! Ils disent : Qui nous fera manger de la chair ? Alors la colère de l’Éternel s’embrase extrêmement. Il leur donne des cailles jusqu’à ce qu’elles sortent par les narines et qu’ils les aient en dégoût (Nomb. 11:10, 18-20). Mais il envoie aussi la consomption dans leurs âmes, c’est à dire un dépérissement progressif. Que Dieu nous garde de ces convoitises qui font la guerre à l’âme (1 Pi. 2:11). Apprenons à être satisfaits de ce que Dieu nous donne, c’est toujours le meilleur.

Peu auparavant, on voyait Moïse contempler avec joie les déplacements de la nuée et de l’arche, qui les précédait « le chemin de trois jours », pour leur chercher du repos. Il s’écriait alors dans l’élan de son cœur rempli de louange : « Reviens, Éternel, aux dix mille milliers d’Israël » (Nomb. 10:36) !

Mais, hélas, nous restons souvent peu de temps sur les lieux élevés de la communion (Hab. 3:19). Maintenant ce conducteur, resté un homme ayant les mêmes passions que nous (Jac. 5:17), se montre découragé et reproche à Dieu de le laisser porter tout seul le fardeau de ce peuple, trop pesant pour lui. Il semble avoir oublié que c’est l’Éternel lui-même qui porte Israël « sur des ailes d’aigles » et dans ses bras paternels (Ex. 19:4 ; Deut. 1:31). N’oublions pas que pour l’assemblée aussi, il est ce bon Berger des brebis qu’Il aime. Il les garde lui-même et sait les protéger !

Déjà Aaron avait été adjoint à Moïse. Maintenant, à sa demande, Moïse est déchargé d’une partie de ses responsabilités, remises aux soixante-dix anciens. Il est humiliant de penser que notre manque de foi oblige parfois le Seigneur à confier à d’autres une partie du travail qu’Il avait voulu nous confier.

 

12.3                      Nombres 12

Un trouble familial surgit aussi au milieu des conducteurs. Marie et Aaron, la sœur et le frère de Moïse, parlent contre lui à l’occasion de la femme éthiopienne qu’il a prise. « Et cet homme, Moïse, était très-doux, plus que tous les hommes qui étaient sur la surface de la terre » (Nomb. 12:4). Généralement pour qu’il se mette en colère il faut qu’il s’agisse d’une atteinte aux droits du Seigneur.

Moïse ne se défend pas, mais l’Éternel l’entend (Nomb. 12:2 ; voir 11:1) et Il intervient. Marie est frappée de lèpre, c’est la première fois qu’il est parlé dans l’Écriture de cette maladie. Moïse alors crie pour elle : « Ô ! Dieu, je te prie, guéris-là, je te prie ». Elle l’est, après sept jours passés hors du camp : le peuple peut repartir ! Mais ce péché a eu de lourdes conséquences : le camp a été immobilisé. La langue est un mal désordonné, plein d’un venin mortel (Jac. 3:8). Les critiques et les médisances peuvent contaminer tous les membres du Corps de Christ. Peut-être ont-elles été chuchotées à l’oreille, dans le plus grand secret (Luc 12:3). Mais les propos soi-disant confidentiels, ont toujours un Auditeur dans le ciel. Demandons au Seigneur de nous préserver de l’envie et de toutes les médisances (1 Pi. 2:1).

 

12.4                      Nombres 16

La révolte de Coré, le propre cousin de Moïse, de Dathan, d’Abiram et de On, trois Rubénites (Nomb. 16:1) concerne le conducteur désigné par Dieu : Moïse. Ils s’écrient : « C’en est assez ! » (Nomb. 16:3). Ils masquent sous un pieux langage et un prétexte égalitaire, leur vif désir de domination. C’est un des événements les plus dramatiques pendant ce voyage dans le désert : L’Écriture l’appelle « la contradiction de Coré » (Jude 11). La fierté, l’orgueil (Nomb. 15:30) conduisent parfois à une vraie révolte contre Dieu.

Coré est un lévite de la famille de Kehath. Son noble service ne lui suffit pas, il ambitionne la sacrificature, que l’Éternel a confié à Aaron et sa famille. Il s’élève dans son esprit et deux cent cinquante hommes, des princes de l’assemblée, se rallient à lui ! À Moïse, qui les envoie appeler, Dathan et Abiram osent répondre : « Nous ne monterons pas. Est-ce peu de chose que tu nous aies fait monter hors d’un pays ruisselant de lait et de miel, pour nous faire mourir dans le désert, que tu te fasses absolument dominateur sur nous ? » (Nomb. 16:13). C’est l’Égypte, cette fournaise de fer (Deut. 4:20), qu’ils appellent un pays ruisselant de lait et de miel !

Le comportement de Moïse reste empreint d’humilité et de grâce. Il s’en remet à Dieu alors que cette tourmente menace d’emporter le peuple tout entier. Il dit à Coré et à tous ses conjurés : « Soyez demain devant l’Éternel », chacun avec son encensoir : Il fera connaître celui qu’il a choisi (Nomb. 16:16-17). Aaron et Moïse semblent terriblement isolés, mais la gloire de l’Éternel apparaît à toute l’assemblée (Nomb. 16:19). À nouveau, l’Éternel parle de détruire en un moment tous ces rebelles. Mais, à la suite de l’intercession de Moïse, type de Christ ici encore, il se montre disposé à les épargner. Le peuple doit s’éloigner au plus vite des tentes de ces hommes méchants, qui pèchent contre leur propre âme. Moïse avertit les assistants : « Ne touchez à rien de ce qui leur appartient, de peur que vous ne périssiez dans tous leurs péchés » (Nomb. 16:20-26).

La scène suivante est effrayante : soudain la terre s’ouvre et ces familles qui se tiennent devant leurs tentes, avec leurs encensoirs remplis de feu et d’encens, sont englouties vivantes. À l’exception toutefois des fils de Coré : ils ont obéit à l’injonction de Moïse et seront plus tard trouvés parmi les chantres et les compositeurs des Psaumes, merveilleux objets de la grâce de Dieu (Ps 84:10).

Pourtant, dès le lendemain, l’assemblée murmure encore contre Moïse et Aaron. Ceux-ci sont accusés d’avoir mis à mort le peuple de l’Éternel ! À nouveau, la nuée couvre la tente d’assignation et la gloire de l’Éternel apparaît. Moïse et Aaron se tiennent devant cette tente et Dieu parle à nouveau de consumer ce peuple révolté ! Moïse et Aaron tombent sur leurs faces, conscients que la plaie va commencer ! Alors Moïse invite Aaron à prendre l’encensoir d’or, qui servait pour le jour de l’expiation. Il court se placer entre les morts (au nombre déjà de 14700) et les vivants : la plaie s’arrête (Nomb. 16:41-50) ! Cet encens parle à Dieu d’une meilleure offrande, celle d’une parfaite Victime s’offrant à Lui par l’Esprit éternel. Aaron est ici, par son intercession, une belle figure de Christ. Il est le type de cet autre Sacrificateur, établi pour l’éternité, selon la puissance d’une vie impérissable (Héb. 7:16-17).

 

12.5                      Nombres 20

Au chapitre 20 des Nombres, le peuple qui errait à gauche et à droite depuis trente-sept ans, se retrouve finalement, après beaucoup de vicissitudes (lire soigneusement Ézé. 20:13 ; Amos 2:25-26 ; Actes 7:42-43), à Kadès. Le chapitre commence par la mort et l’ensevelissement de Marie. Il s’achève avec une autre circonstance solennelle : Aaron est dépouillé par Moïse de ses vêtements sacerdotaux sur la montagne de Hor, et le fils d’Aaron, Eléazar, en est revêtu. Puis Aaron meurt au sommet de la montagne et toute la maison d’Israël le pleure pendant trente jours (Nomb. 20:23-29 ; 38:33).

La nouvelle génération, élevée au désert, a bénéficié de l’enseignement de Moïse, elle a vu à plusieurs reprises la gloire de Dieu apparaître. Elle a fait de riches expériences touchant l’amour de Dieu. Mais les murmures reprennent car il n’y a pas d’eau. Le peuple s’attroupe et conteste comme à Mériba (Ex. 17). Le cœur humain reste le même, les mêmes questions se posent constamment : Et pourquoi… Et pourquoi ? (Nomb. 20:4, 5).

Pas d’eau ? Pourtant le rocher, dont nous avons déjà vu la signification (1 Cor. 10:4) les suit toujours. Il faut simplement lui parler : belle figure d’une prière dépendante qui s’adresse à Christ. La gloire de l’Éternel apparaît une fois encore. C’est pour user de grâce envers son peuple fatigué par de longues traites (Ex. 18:8). Dieu s’est proposé de le faire sur la base de la sacrificature, confirmée par la vie manifestée dans la verge d’Aaron (Nomb. 17:8). Il donne des instructions précises : prendre la verge de devant l’Éternel, celle qui avait bourgeonné, réunir l’assemblée, parler devant leurs yeux au rocher, faire ainsi sortir de l’eau et leur donner à boire (Nomb. 20:8). Moïse prend la verge comme l’Éternel l’a commandé. Mais l’hébreu montre expressément qu’il prend finalement sa verge. Les deux frères rassemblent la congrégation devant le rocher. Irrité, indigné peut-être, Moïse va, par un acte inconsidéré, ternir la fin de sa carrière et de celle d’Aaron. Il leur dit : « Écoutez, rebelles ! Vous ferons-nous sortir de l’eau de ce rocher » ? Il lève sa main et frappe le rocher de sa verge, deux fois. Et il en sortit des eaux en abondance, et l’assemblée but et leurs bêtes. Le rocher avait été frappé en Horeb, il ne devait plus l’être. Christ a reçu une fois pour toutes à la croix les coups du jugement divin. Il n’a plus dorénavant à souffrir et à mourir. Son œuvre est suffisante pour donner aux siens, en abondance, de l’eau vive tout au long du désert. À condition de lui parler. Le faisons-nous ?

Ce désastre survient du fait de l’irritation de Moïse. Il perd complètement de vue ce qu’il avait lui-même rappelé, savoir que Dieu est grand en bonté (Nomb. 14:18). Et son action dénature devant le peuple le véritable caractère de Celui qu’il représente. « Et L’Éternel dit à Moïse et à Aaron : Parce que vous ne m’avez pas cru, pour me sanctifier aux yeux des fils d’Israël, à cause de cela vous n’introduirez pas cette congrégation dans le pays que je leur donne » (Nomb. 20:12 ; Ps. 106:32-33). Ce qui pouvait passer pour un péché de peu d’importance, est en réalité du fait de la place éminente Moïse, un péché humiliant, aux lourdes conséquences. Quelle déception pour Moïse, qui, plus tard, supplie son Dieu : « Tu as commencé à faire voir à ton serviteur ta grandeur et ta main forte … Que je passe, je te prie, et que je voie ce bon pays qui est au-delà du Jourdain, cette bonne montagne et le Liban ». Mais l’Éternel lui répond : « C’est assez, ne me parle plus de cette affaire » (Deut. 3:23-26).

Il se peut qu’il y ait un témoignage à rendre maintenant, une occasion qui ne se représentera pas. Restons vigilants pour agir au moment convenable selon la volonté de Dieu, bonne, agréable et parfaite.

 

12.6                      Nombres 25, 27, 31, 32

Quelques temps encore, Moïse reste seul à la tête de ce peuple. Les invitations du monde sont plus à craindre que ses malédictions. Moïse a le triste devoir de commander aux juges de tuer les hommes qui se sont attachés à Baal—Péor. Un prince de Siméon ose même amener vers ses frères une Madianite, Cozbi, — un nom qui signifie « mon mensonge » — et cela sous les yeux de Moïse ! Il faut le zèle de Phinées pour détourner la colère de l’Éternel et arrêter la plaie (Nomb. 25:1-15 ; 1 Cor. 10:8). Moïse peut être consolé, en voyant comment Dieu veille à se pourvoir de témoins fidèles, au milieu d’un relâchement moral généralisé. Et Phinées reçoit une alliance de sacrificature perpétuelle !

L’Éternel fait à nouveau dénombrer le peuple, cette fois-ci par familles. Les hommes seuls sont dénombrés, mais quelques femmes, les filles de Tselophkad, osent se tenir à l’entrée de la tente d’assignation et réclamer leur part d’héritage. Quelle joie pour Moïse d’apporter leur cause devant l’Éternel qui les approuve, et ordonne qu’on leur donne une possession au milieu des frères de leur père une disposition qui deviendra un statut de droit pour Israël (Nomb. 27:1-11).

Deux circonstances importantes concernent encore Moïse. L’Éternel lui commande d’exécuter la vengeance déjà annoncée contre les Madianites. Il ajoute : « Ensuite tu seras recueilli vers tes pères » (Nomb. 25:16-18 ; 31:1-2). Moïse veille avec Eléazar à ce qu’elle soit entièrement achevée (Nomb. 31:13-20).

Moïse est indigné d’entendre les fils de Ruben, de Gad et de la demi-tribu de Manassé lui demander, à cause de leurs troupeaux en grand nombre : « Ne nous fait pas passer le Jourdain » (Nomb. 32:5). Il leur dit : « Pourquoi découragez-vous les fils d’Israël de passer dans le pays que l’Éternel leur a donné ». Leur requête était égoïste, les affaires de cette vie avaient plus de prix pour eux que l’éternité. Or une blessure profonde subsistait dans le cœur du patriarche, à la veille de son départ. Il rappelle : « Ainsi firent vos pères lorsque je les envoyai de Kadès-Barnéa pour voir le pays ». Il se souvient des terribles conséquences de leur incrédulité, conséquences qu’il a partagées pendant quarante ans (Nomb. 32:8-15). Exhortations vaines, ces tribus persistent dans leurs voies, et leur descendance en subira les conséquences (1 Chr. 5:25 ; 2 Rois 15:29). Mais l’Éternel commande toutefois à Moïse de leur donner aussi des villes de refuge et Moïse y veillera (Deut. 4:41).

 

12.7                      Nombres 33 — Deutéronome 31 à 34

Dans les derniers jours de Moïse son activité ne se dément pas. Il écrit tous les départs des fils d’Israël (Nomb. 33:2 ; Job 31:4). Rien n’a échappé au Seigneur, même les étapes oubliées, ainsi toute notre vie sera projetée au tribunal de Christ (2 Cor. 5:10). Tout le livre du Deutéronome est rempli des souvenirs de Moïse et de ses expériences (Deut. 9:7, 24) .

Mais il chante toujours, comme sur les bords de la mer Rouge : « Attribuez la grandeur à notre Dieu ! Il est le Rocher, son œuvre est parfaite ; car toutes ses voies sont justice. C’est un Dieu fidèle, et il n’y a pas d’iniquité en Lui ; il est juste et droit » (Deut. 32:4). Et le législateur rappelle qu’ils n’ont manqué de rien (Deut. 2:7 ; Luc 22:35). Il récapitule les ordonnances, donne de nouvelles instructions en vue du pays et fait ses dernières recommandations au peuple.

Aux yeux de tous, il investit Josué de l’autorité nécessaire pour lui succéder (Deut. 31:3, 7-8). Il prononce un cantique qui rappellera en Israël les avertissements de l’Éternel. Avant de mourir, il bénit les tribus (Deut. 33:1), l’une après l’autre, et montre qu’il est conscient de la ruine future du peuple, mais aussi des ressources immuables de Dieu à son égard.

Quelles sont ses dernières paroles, avant de quitter ceux qu’il a si fidèlement conduits et servis ? « Le Dieu d’ancienneté est ta demeure, et au-dessous de toi sont les bras éternels » (Deut. 33:27) ! Dans la prière du Psaume 90, Moïse dira : « Seigneur, tu as été notre demeure de génération en génération. La communion et l’intimité » avec Dieu ont marqué sa longue carrière. Quel témoignage l’Éternel lui a rendu : « Mon serviteur Moïse, qui est fidèle dans toute ma maison ; je parle avec lui bouche à bouche, et en me révélant clairement et non en énigmes ; et il voit la ressemblance de l’Éternel » (Nomb. 12:7-8 ; 7:89).

 

La fin de sa course approche. Moïse quitte les plaines de Moab et gravit le mont Nébo, le sommet du Pisga. Même Josué est resté dans la plaine, mais Quelqu’un de plus grand est près de lui. Il lui fait partager son intimité et lui montre tout le Pays ! « C’est ici le pays au sujet duquel j’ai juré à Abraham, à Isaac, à Jacob, disant : Je le donnerai à ta semence. Je te l’ai fait voir de tes yeux » (Deut. 34:1-4). L’œil de Moïse n’était pas affaibli, et sa vigueur ne s’en était pas allée. « Il ne s’est plus levé en Israël de prophète tel que Moïse » (Deut. 34:5-10).

Moïse, serviteur de Dieu, mourut là, dans le pays de Moab, selon la parole de l’Éternel. Et il l’enterra… Personne ne connaît son sépulcre (Deut. 34:5). Dieu a pris soin du corps de son serviteur.

 

Un jour pourtant Moïse est entré dans le pays ! Sur la montagne de la transfiguration (Luc 9:28-31), il a vu dans Son humanité glorieuse, la face qui lui avait été cachée au Sinaï. Homme de Dieu, homme de foi, libérateur, conducteur, intercesseur, prophète, la grande figure de Moïse demeure devant nous, unique et solitaire. Que nous puissions, considérant l’issue de sa conduite, imiter sa foi (Héb. 13:7).