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Le Pharaon, un vase de colère

 

 

Exode 5 à 12

 

Philippe Laügt

04 2002

Table des matières :

1     Vases de miséricorde, vases de colère

2     Une voie fatale : s’opposer à Dieu ; comment Dieu répond

3     Lutte entre la puissance de Dieu et celle de Satan

4     Plaies pour le monde — Signes pour le peuple de Dieu

4.1      Eaux changées en sang

4.2      Grenouilles

4.3      Moustiques

4.4      Mouches venimeuses

4.5      Peste

4.6      Ulcères

4.7      Grêle

4.8      Sauterelles

4.9      Ténèbres

4.10      Mort des premiers-nés

5     Dieu doit être glorifié

 

 

1                    Vases de miséricorde, vases de colère

«Ainsi donc ce n’est pas celui qui veut, ni de celui qui court, mais de Dieu qui fait miséricorde. L’Écriture dit au Pharaon : C’est pour cela même que je t’ai suscité, pour montrer en toi ma puissance, et pour que mon nom soit publié par toute la terre» (Rom. 9:16-17). La sainteté divine doit nécessairement se montrer en jugement, quand le temps est venu.

Dans sa volonté souveraine, inhérente à sa divinité, Dieu a choisi le Pharaon, un pharaon qui n’avait pas connu Joseph (Act. 7:18) pour montrer Sa colère. Par un tel exemple, chacun peut apprendre que c’est une folie de mépriser Dieu et de se rebeller contre Lui, au lieu de reconnaître sa culpabilité.

Le message de l’Éternel, apporté par Moïse, éveilla chez cet homme orgueilleux et cruel le désir de s’opposer à la volonté divine. Et même après avoir été obligé de laisser Israël quitter l’Égypte, il le poursuivit avec rage, se berçant encore de l’illusion de pouvoir résister au bras de l’Éternel.

Dieu donne aujourd’hui encore des exemples de sa miséricorde et de sa colère. Envers ces deux sortes de «vases», de miséricorde et de colère Dieu montre des caractères qui doivent produire la louange ; la patience d’abord, puis la colère et la puissance, mais aussi la miséricorde qui révèle sa gloire.

Certains pécheurs reçoivent un jugement exemplaire. Tous sont ainsi incités à craindre Dieu. Pour d’autres, Dieu se retire dans sa souveraineté Des hommes sont merveilleusement convertis et deviennent des objets de la grâce qui sauve et de la puissance de Christ par l’Évangile, en sorte que d’autres peuvent aussi se confier dans sa miséricorde.

On doit citer Saul de Tarse, qui devint l’apôtre Paul. Il en rend le témoignage : «Moi qui auparavant était un blasphémateur et un persécuteur et un outrageux ; mais miséricorde m’a été faite». Il le répète : «Le Christ Jésus est venu dans le monde pour sauver des pécheurs, dont moi je suis le premier. Mais miséricorde m’a été faite, à cause de ceci, savoir qu’en moi, le premier, Jésus Christ montra toute sa patience, afin que je sois un exemple de ceux qui viendront à croire en Lui pour la vie éternelle» (1 Tim. 1:13-16).

Il ne faut pas oublier que la volonté de Dieu d’exercer sa grâce ou sa colère ne change absolument rien à la responsabilité et au libre choix de l’homme (Deut. 30:15-18).

 

2                    Une voie fatale : s’opposer à Dieu ; comment Dieu répond

 

Dieu a choisi Moïse et Aaron pour déclarer au Pharaon : «Ainsi dit l’Éternel, le Dieu d’Israël : Laisse aller mon peuple, afin qu’il me célèbre une fête dans le désert» (Ex. 5:1). Paroles étranges pour le Pharaon. Comment, ce peuple de misérables apparemment impuissants, avait un Dieu, qui l’appelle son peuple ?

Le Pharaon, comme tous les Égyptiens, avait ses dieux, sa forme d’idolâtrie, ses objets d’adoration. Mais sa première culpabilité est de ne pas avoir voulu apprendre à connaître ce Dieu qui dominait Israël et dominait sur lui ? Il va suivre une voie fatale, en s’opposant à Dieu, conduit par Satan. Il apprendra, par un jugement terrible, qui est l’Éternel. Il en est de même pour tous ceux qui agissent comme lui.

Dans son orgueil, le Pharaon répond d’une façon provocante : «Qui est l’Éternel pour que j’écoute sa voix et que je laisse aller Israël ? Je ne connais pas l’Éternel et je ne laisserai pas non plus aller Israël» (Exode 5:2). Dans la suite de ce récit, il est écrit à six reprises, qu’il a endurcit son cœur, avant que Dieu ne l’endurcisse à son tour, comme il l’a annoncé. Alors l’Éternel se servira de son juste jugement et montrera sa puissance.

Moïse et Aaron parlent avec douceur au Pharaon : «Le Dieu d’Israël s’est rencontré avec nous. Nous te prions, laisse-nous aller le chemin de trois jours dans le désert pour sacrifier à l’Éternel notre Dieu» (Ex. 5:3). Cette injonction est répétée sept fois au Pharaon (7:16 ; 8:1 ; 8:20 ; 9:1 ; 9:13 ; 10:3).

En retour le roi d’Égypte les accuse de détourner le peuple de son ouvrage «par des paroles de mensonge». Puis, avec cruauté, ce monarque décide d’accabler encore plus de travail ceux qu’il a réduit en esclavage. Il refuse d’écouter les doléances de leurs commissaires. «Vous êtes paresseux, paresseux, c’est pourquoi vous dites : Allons, et sacrifions à l’Éternel. Et maintenant, allez, travaillez» (Ex. 5:17-18). Comme Satan, ce Pharaon n’a aucune miséricorde et trouve son plaisir à opprimer ses prisonniers (És. 14:17).

Quelle douleur pour Moïse ! Mais il a une relation intime avec l’Éternel. Alors il retourne vers Lui, et ouvre son cœur avec liberté : «Pourquoi, oui, pourquoi ?» (Ex. 5:22 ; Phil. 4:6).

Dieu répond à son serviteur : «Tu verras ce que je ferai au Pharaon, car contraint par main forte, il les laissera aller, et contraint par main forte, il les chassera de son pays» (Ex. 6:1). Malgré toute son incrédulité et son insolence, Dieu ne frappe pas immédiatement cet homme. Il use de patience et avertit plusieurs fois avant de juger. Il ne rejette pas non plus son pauvre peuple qui murmure et ne fait pas de reproches à Moïse.

Il a fait de grandes promesses (És. 49:25), et maintenant il donne des ressources à son serviteur. Il lui dit ; «Voici, je te fais Dieu pour le Pharaon» (Ex. 7:1). Il lui annonce : «Moi, j’endurcirai le cœur du Pharaon et je multiplierai mes signes et mes miracles dans le pays d’Égypte» (Ex. 7:3). Son peuple devra toujours se souvenir qu’il a «été serviteur dans le pays d’Égypte, et que l’Éternel, ton Dieu, l’a fait sortir de là à main forte et à bras étendu» (Deut. 5:15).

 

3                    Lutte entre la puissance de Dieu et celle de Satan

 

Quand Moïse et Aaron se tiennent à nouveau devant le Pharaon, la véritable lutte s’engage entre la puissance de l’Éternel et celle de Satan, qui est caché derrière cet homme. Il dit à Moïse et à Aaron : «Montrez pour vous un miracle» (Ex. 7:9).

Alors, comme l’Éternel l’a commandé, Aaron jette sa verge et elle devient un serpent. Le Pharaon appelle aussitôt ses sages et ses magiciens. L’Écriture a conservé le nom de deux d’entre eux : Jannès et Jambrès. Ils vont résister à Moïse.

Par leurs enchantements, ils l’imitent d’abord avec succès (2 Tim. 3:8). Ils jettent leurs verges et elles deviennent aussi des serpents. C’est une très forte manifestation d’opposition au témoignage de Dieu. Qui dira maintenant que l’Éternel est le plus puissant ? Quelle ruse de l’Ennemi ! Mais la verge d’Aaron engloutit ces verges, montrant que la puissance déployée par Dieu est la plus forte (Ex. 7:12).

La venue de l’Inique, de l’Homme de péché, sera aussi accompagnée «de toutes sortes de miracles, et signes et prodiges de mensonge et en toute séduction d’injustice pour ceux qui périssent, qui n’ont pas reçu l’amour de la vérité pour être sauvés» (2 Thess. 2:9-10).

Les pensées de ce Pharaon incrédule sont aveuglées par le dieu de ce siècle. Il s’élève dans son cœur, raisonne et s’endurcit devant ces miracles. Ce sont trois grands dangers qui menacent tout homme. Le Pharaon s’engage dans un chemin pervers, il tombera dans le malheur (Ex. 7:13 ; Prov. 28:14). Il n’écoute pas Moïse et Aaron comme l’Éternel l’avait annoncé.

La puissance, bien réelle, de Satan est dans la main de Dieu. Il se sert de lui dans certaines occasions : Il le laisse exercer, de façon soigneusement limitée, son désir de nuire, dans l’histoire de Job (Job 1:12 ; 2:6), mais Il tient tout dans Sa main (Job 38:8-11).

 

4                    Plaies pour le monde — Signes pour le peuple de Dieu

 

L’Éternel va désormais envoyer sur les Égyptiens (Ex. 9:14), des plaies de plus en plus sévères. Il va exercer ses jugements sur les nombreux dieux de l’Égypte. Les Égyptiens adoraient le soleil, le Nil, et toutes sortes d’animaux, jusqu’à des grenouilles et des insectes (tel que le scarabée) (Ex. 12:12). Leur sagesse terrestre (Act. 7:22 ; Jacq. 3:15) se montre dans les caractères décrits par l’apôtre Paul : «Se disant sages, ils sont devenus fous, et ils ont changé la gloire du Dieu incorruptible en la ressemblance de l’image d’un homme corruptible et d’oiseaux et de quadrupèdes et de reptiles» (Rom. 1:22-23).

Ces plaies qui atteignent l’Égypte sont des signes pour le peuple de Dieu (Ex. 7:3). Asaph rappelle que l’Éternel fit des merveilles devant leurs pères dans le pays d’Égypte, dans la campagne de Tsoan (Ps. 78:12).

Elles ont une signification morale. Dieu instruit le chrétien au sujet du monde, de Satan et de ses pauvres victimes. Sa Parole avertit des grands jugements qui vont tomber sur les hommes qui refusent de se repentir (Ex. 7:4). Par contre, il arrache avec force les objets de son amour et de sa grâce à leur esclavage à Satan et au péché. Son peuple racheté est retiré de ce monde (Gal. 1:4).

 

Retenons que ces jugements préfigurent ceux qui atteindront sur la terre, après l’enlèvement de l’Église. Pendant la grande tribulation, comme au Pharaon et à ses serviteurs, Dieu enverra une énergie d’erreur pour que les hommes croient au mensonge. La plupart des plaies qui déferlent sur l’Égypte, se retrouvent dans l’Apocalypse.

C’est Aaron qui se sert de sa verge pour envoyer les premières plaies tandis que Moïse se servira de la sienne en étendant sa main, pour les trois dernières, la mort du premier-né excepté. Certaines seront annoncées, d’autres surviendront sans avertissement (Ps. 105:26-36).

 

4.1   Eaux changées en sang

Dans la première plaie, les eaux du Nil (qu’on appelait Osiris), ce fleuve qui fertilisait l’Égypte, et dont il était l’orgueil (Ézé. 29:3) sont changées en sang. Le poisson meurt et le fleuve devient puant pendant sept jours (Ex. 7:17-25). L’eau est un symbole de ce qui rafraîchit et donne la vie tandis que le sang répandu signifie la mort, elle envahit le pays (Ex. 7:21).

Les devins font de même par leurs enchantements (Ex. 7:22). Leur activité satanique cherche à annuler l’effet que la puissance du Dieu d’Israël doit avoir sur les consciences et les cœurs. Conforté dans son opposition par ses magiciens, le cœur du Pharaon s’endurcit. Il n’écoute pas Moïse et Aaron, comme avait dit l’Éternel.

Voir aussi Apocalypse 16:4.

 

4.2   Grenouilles

Alors Dieu envoie Moïse vers le Pharaon. Il doit d’abord lui répéter : «Laisse aller mon peuple pour qu’ils me servent» et l’avertir : «Si tu refuses de le laisser aller, voici je vais frapper de grenouilles toutes tes limites» (Ex. 8:1-2). De fait, peu après, l’Éternel demande à Moïse qu’Aaron étende sa main avec sa verge sur les rivières et sur les canaux. Une nouvelle plaie est envoyée : ce sont des grenouilles, qui fourmillent dans les eaux. Elles entrent partout, dans la maison du Pharaon, dans sa chambre et sur son lit. On en trouve dans les fours et dans les huches, elles montent sur le Pharaon, sur ses serviteurs et sur tout son peuple (Ex. 8 :1-15). Dieu leur montre ce que valait leur très ancienne déesse Hiqit, a la tête de grenouille, sur laquelle ils comptaient pour les protéger !

Elles représentent la souillure morale de ce monde. Dans l’Apocalypse, les esprits des démons revêtent cette forme (Apoc. 16:13 ; 2 Thess. 2:11).

Mais les devins, par leurs enchantements, font aussi monter des grenouilles sur le pays d’Égypte. C’est une contrefaçon de l’œuvre de Dieu (Ex. 8:7).

Leur présence était tellement insupportable que le Pharaon appelle Moïse et lui demande de supplier l’Éternel de les retirer. Il promet de laisser aller le peuple sacrifier à l’Éternel (Ex. 8:8). Alors Moïse lui propose de fixer lui-même à quel moment Dieu retirera les grenouilles. Le Pharaon répond : «Pour demain» (Ex. 8:9).

Moïse crie à l’Éternel à ce sujet et sa prière est exaucée : les grenouilles meurent, on les amasse par monceaux, et la terre devient puante.

Mais dès que le Pharaon voit qu’il y a du relâche, il endurcit son cœur et n’écouta pas les serviteurs de Dieu, comme l’Éternel l’avait dit (Ex. 8:15). Dieu lui a donné du temps pour se repentir mais il s’y refuse.

 

4.3   Moustiques

Alors, sur l’ordre de l’Éternel à Moïse, sans avertissement préalable (comme pour la sixième et la neuvième plaie) la poussière de la terre, frappée par la verge d’Aaron, prend vie et se transforme en moustiques, une plaie intolérable dans tout le pays d’Égypte (Ex. 8:16-17).

Les devins ne purent pas produire des moustiques. C’était communiquer la vie et l’homme ne peut pas le faire ! La puissance de donner la vie et de ressusciter est la prérogative de Dieu. Les devins avertissent le Pharaon : «C’est le doigt de Dieu». Mais cette fois encore, le cœur du Pharaon s’endurcit et il ne les écouta point, comme avait dit l’Éternel (Ex. 8:18-19).

Alors Moïse reçoit l’ordre de se lever de bon matin (2 Chr. 36:15 ; Jér. 7:25) et d’avertir le roi d’Égypte, au moment où il sortira vers l’eau.

 

4.4   Mouches venimeuses

Le message est toujours le même, il est clair : «Laisse aller mon peuple, pour qu’ils me servent» (Ex. 8:20). Si le Pharaon continue à se rebeller, Dieu annonce qu’Il enverra contre son pays la mouche venimeuse.

Elle envahira tout, sauf «le pays de Goshen, où se tient mon peuple» (Ex. 8:22). Je ferai une séparation (on peut traduire aussi : une rédemption) entre mon peuple et ton peuple. Et pourtant qui peut arrêter une mouche ?

Cette parole est aussi pour les enfants de Dieu. Ils sont à lui et il n’oublie jamais aucun des siens. Ce signe était pour demain, il y avait encore un répit, un temps de réflexion. Demain c’est le jour du châtiment, du jugement. Dieu dit : «Aujourd’hui, si vous entendez ma voix, n’endurcissez pas vos cœurs» (Héb. 3:7).

 

«Et l’Éternel fit ainsi» (Ps. 78:45 ; 105:31). Ces mouches entrèrent en multitude dans tout le pays, qui fut ruiné.

Moralement, ces mouches font penser aux médisances, aux jalousies et à toutes ces sources d’irritation qui enveniment les relations domestiques et sociales des gens du monde. Elles ne devraient pas trouver de place dans une maison chrétienne.

Cette fois, c’est le Pharaon qui appelle Moïse et Aaron. Il se montre prêt à certaines concessions. Il voudrait qu’ils sacrifient à l’Éternel dans le pays, un pays rempli d’idoles en tous genres : Pour rendre culte à Dieu, il faut sortir de cette atmosphère impure, se séparer de l’iniquité, sous quelque forme que ce soit !

Devant le refus catégorique de Moïse — Dieu avait parlé d’un chemin de trois jours — c’est à dire d’une séparation complète (Ex. 8:26-27), le Pharaon promet de les laisser aller au désert, mais il recommande : «seulement ne vous éloignez pas trop en vous en allant». Il voudrait que l’influence de l’Égypte continue à se faire sentir (Nomb. 11:5). On est surpris de l’entendre dire : «priez pour moi» (Ex. 8:28 ; 9:28 ; 10:17).

Moïse l’avertit solennellement : «Seulement que le Pharaon ne continue pas à se moquer» (Ex. 8:28-29 ; Gal. 6:7).

Comment expliquer l’acharnement du Pharaon contre Israël ? Satan sait que de ce peuple doit naître un jour le Messie, qui plus grand que Moïse, viendra délivrer les hommes du joug de Satan et sera son vainqueur. Le Pharaon, figure de Satan, cherche constamment à prendre le peuple de Dieu dans ses pièges, à lui proposer des compromis. Il faut reconnaître, à notre honte, que Satan n’a que trop bien réussi avec le christianisme.

L’Éternel retire les mouches, il n’en resta pas une «mais le Pharaon endurcit son cœur aussi cette fois et ne laissa pas aller le peuple» (Ex. 8:31-32).

 

4.5   Peste

Laisse aller mon peuple, pour qu’ils me servent, répète Moïse au Pharaon, de la part de Dieu. Il l’avertit solennellement : «Si tu refuses, la main de l’Éternel sera sur tes troupeaux».

Et de fait, le lendemain, devant l’obstination du roi d’Égypte, une peste très grande frappe tout le bétail : les chevaux, les ânes, les chameaux, le gros bétail et le menu bétail. Or parmi leurs idoles, il y avait le taureau Apis. Ils l’adoraient, il est, lui aussi, frappé de peste (Ex. 9:2-3).

Tandis que Dieu distingue les troupeaux d’Israël. Rien ne meurt de tout ce qui leur appartient. Les serviteurs que le Pharaon envoie le constatent et lui en rende témoignage (Ex. 9:7). Mais au lieu de reconnaître que combattre le Tout-Puissant est une folie, cet homme endurcit encore davantage son cœur !

Voir aussi Apocalypse 6:8.

 

4.6   Ulcères

Alors l’Éternel commande à Moïse et Aaron de prendre plein leurs mains de la cendre de fournaise. Moïse doit la répandre vers les cieux et elle devient d’abord une fine poussière. Puis elle se transforme dans tout le pays, pour les hommes et pour les bêtes, en ulcères, couverts de pustules (Ex. 9:9). Même les devins sont atteints, et malgré tous leurs enchantements, ils ne peuvent pas se tenir devant Moïse.

 

Le Pharaon a laissé passer le temps (Jér. 46:17) de se repentir. Pour la première fois il est écrit que «L’Éternel endurcit le cœur du Pharaon» et il n’écouta pas les serviteurs de Dieu, comme l’Éternel l’avait dit à Moïse (Ex. 9:12).

Moïse est ensuite appelé à se tenir de bon matin devant le Pharaon. Dieu lui ordonne de laisser aller son peuple, pour qu’ils Le servent. Sinon, dit-il, «j’envoie toutes mes plaies dans ton cœur et sur tes serviteurs et sur ton peuple, afin que tu saches que nul n’est comme moi, sur toute la terre» (Ex. 9:14).

Il ajoute : «Je t’ai fait subsister pour ceci, afin de te faire voir ma puissance et pour que mon nom soit publié dans toute la terre» (Ex. 9:16). L’Éternel l’avertit solennellement : «T’élèves-tu encore contre mon peuple, pour ne pas les laisser aller, voici je ferai pleuvoir demain à ces heures une grêle très-grosse, telle qu’il n’y en a pas eu en Égypte, depuis qu’elle a été fondée jusqu’à maintenant». Il lui conseille d’envoyer et de mettre en sûreté les troupeaux et tout ce qui est dans les champs.

Voir aussi Apocalypse 16:11.

 

4.7   Grêle

Cette plaie a donc ceci de particulier que Dieu donne un moyen d’y échapper, de se mettre à l’abri avant qu’elle n’ait lieu. Cet avertissement rappelle celui que Dieu adresse aux pécheurs aujourd’hui. Il les avertit de fuir la colère qui vient, en se mettant à l’abri de Celui qui seul est un abri contre l’orage (És. 25:4).

 Certains parmi les serviteurs du Pharaon qui craignaient l’Éternel, obéirent. Les autres, qui n’appliquaient pas leur cœur à la Parole de l’Éternel, laissèrent leurs serviteurs et leurs troupeaux dans les champs. Voilà toute la différence, encore aujourd’hui, entre les croyants et les incrédules (Prov. 22:3 ; 27:12). Les simples dans ces versets des Proverbes sont ceux qui ignorent volontairement les avertissements de la Parole et continuent à suivre un chemin qui mène à la perdition.

Quand Moïse étend sa verge vers les cieux, il y a des tonnerres et de la grêle très-grosse (Job 38:22-23). Le feu se promenait sur la terre (Ex. 9:23). La grêle frappa toute l’herbe des champs et brisa tous les arbres ! Seulement dans le pays de Goshen, où étaient les fils Israël, il n’y eut point de grêle (1 Pier. 1:5). Même pour Égypte, l’épreuve, est mesurée. Le froment et l’épeautre n’ont pas été frappés, parce qu’ils sont tardifs (Ex. 9:32).

Le monde aujourd’hui s’occupe de ses plaisirs, cherche le gain. Dieu permet des cataclysmes, des fléaux imprévues. Ils montrent à ceux qui habitent sur la terre (Apoc 3:10 ; 6:10, 16 ; 11:10 ; 13:8 ; 13:12, 14 ; 17:2, 8) leur petitesse, leur orgueil s’en trouve humilié (Job. 38:22-23). Que Jésus et le ciel occupent les pensées des enfants de Dieu. La Parole nous incite constamment à nous tenir tout à fait à part du monde.

Le Pharaon appelle Moïse et Aaron, et déclare : «J’ai péché cette fois ; l’Éternel est juste et moi et mon peuple, nous sommes méchants» (Ex. 9:27).

Ces paroles font espérer un retour, mais sa conscience n’est pas atteinte, il n’y a pas ensuite le fruit qui convient à la repentance (Matt. 3:8) ! Cet homme voudrait échapper à un juste jugement : «Suppliez l’Éternel ; et que ce soit assez des tonnerres de Dieu et de la grêle» demande-t-il (Ex. 9:28). Il promet, une fois encore, de les laisser aller : «Vous ne resterez pas davantage».

Moïse accepte encore d’intervenir «afin que tu saches que la terre est à l’Éternel» mais il ajoute une parole terrible : «Mais quant à toi et à tes serviteurs, je sais que vous ne craindrez pas encore l’Éternel Dieu» (Ex. 9:30) !

En effet, Moïse intervient, comme Élie plus tard (Jac. 5:17-18). Il étend ses mains vers l’Éternel, la plaie cesse mais l’orgueilleux Pharaon, voyant l’épreuve s’éloigner, «continua de pécher et endurcit son cœur» (Ex. 9:34-35).

 L’Éternel fait connaître ses pensées à Moïse, son ami (Ex. 33:11) : «Va vers le Pharaon, car j’ai endurci son cœur et le cœur de ses serviteurs». Dieu parle une fois, deux fois — et l’on y prend pas garde (Job 33:14). En agissant ainsi avec le roi d’Égypte, il a une double intention :

a) afin que je mette ces miens signes au milieu d’eux,

b) afin que tu racontes aux oreilles de ton fils, et du fils de ton fils (Ps. 78:3-4), ce que j’ai accompli en Égypte, et mes signes que j’ai opéré au milieu d’eux et vous saurez que je suis l’Éternel (Ex. 10:1-2).

Moïse et Aaron ne fléchissent pas devant cet ennemi redoutable. Ils réalisent, et l’on doit suivre leur exemple, que Dieu dans sa puissance est pour eux. Ils retournent vers le Pharaon, porteurs d’un nouveau message de la part de l’Éternel : «Jusques à quand refuseras-tu de t’humilier devant moi ? Laisse aller mon peuple pour qu’ils me servent» (Ex. 10:3). Sinon, demain je ferai venir des armées de sauterelles qui couvriront la face de la terre et mangeront le reste qui a échappé à la grêle».

Cette fois, les serviteurs du Pharaon osent intervenir auprès de lui. «Ne sais-tu pas encore que l’Égypte est ruinée ?» (Ex. 9:8). Alors on fait revenir Moïse et Aaron et le Pharaon leur demande quels sont ceux qui iront dans le désert ?

Il prend avec audace le nom de l’Éternel dans sa bouche pour refuser de les laisser aller avec leurs petits enfants : «Regardez, le mal est devant vous» (Ex. 10:10) ! Combien de fois Satan retient des âmes sur un chemin de désobéissance, en se servant simplement des affections naturelles, des liens de famille !

Si nous sommes séparés du monde, nos enfants doivent l’être aussi. Un moment viendra où ils auront leur responsabilité personnelle, où ils devront faire son propre choix. Mais ils se souviendront de la fidélité de leurs parents. Laissons l’avenir entre les mains de Dieu.

Voir aussi Apocalypse 16:21.

 

4.8   Sauterelles

Moïse et Aaron sont chassés de devant le Pharaon. Il n’y a pas de répit, la plaie annoncée par l’Éternel suit immédiatement. Tout ce jour-là et toute la nuit, un vent d’Orient apporte des sauterelles. Un fléau terrible : «Avant elles il n’y avait point eu de sauterelles semblables, et après elles il n’y en aura pas de semblables» (Ex. 10:14). Cette grande armée que Dieu avait envoyée (Joël 2:25) mange toute l’herbe et ne laisse aucune verdure sur les arbres.

Dans Apocalypse 9, après l’enlèvement de l’Église, les sauterelles sont symboliques, le jugement se précipite sur la terre. Leur description diffère beaucoup de celles qui ont couvert l’Égypte.

Le Pharaon se hâte d’appeler Moïse et Aaron et déclare : «J’ai péché contre l’Éternel, votre Dieu, et contre vous ; et maintenant pardonne, je te prie, mon péché seulement pour cette fois ; et suppliez l’Éternel, votre Dieu, afin seulement qu’Il retire de dessus moi cette mort-ci».

Moïse intercède et l’Éternel envoie un vent d’occident très fort. Les sauterelles s’enfoncent dans la Mer Rouge (Ex. 10:18-19).

Mais l’Éternel endurcit le cœur du Pharaon et il ne laissa point aller les fils d’Israël.

 

4.9   Ténèbres

De plus terribles plaies sont encore à venir. L’Éternel dit à Moïse : «Étends ta main vers les cieux, et il y aura sur le pays d’Égypte des ténèbres. Elles seront tellement épaisses qu’on touchera ces ténèbres de la main.

Cette plaie dura trois jours. «On se voyait pas et nul ne se leva de son lieu». Elle figurait bien ces ténèbres morales qui régnaient sur l’Égypte.

«Mais pour les fils d’Israël, il y eut de la lumière dans leurs habitations» (Ex. 10:23). Le Seigneur Jésus est la lumière du monde. Celui qui le suit aujourd’hui a la lumière de la vie (Jean 8:12 ;12:46). Chaque chrétien est un fils de la lumière et un fils du jour (1 Thes. 5:5).

Les Égyptiens adoraient le soleil, source de lumière, de chaleur et de vie, comme le dieu Râ. Mais la plaie concernait directement le Pharaon. On l’appelait le «fils du soleil», et son peuple devait l’adorer sous ce caractère. On s’adressait à lui comme au «soleil de l’humanité», qui chassait l’obscurité de l’Égypte ! Des idolâtries semblables se rencontrent souvent au milieu des peuples de la terre.

Le Pharaon appelle Moïse et lui dit : «Allez servez l ’Éternel : seulement que votre gros et menu bétail restent ; vos petits enfants aussi iront avec vous» (Ex. 10:24). On reconnaît les efforts de Satan pour empêcher le peuple d’offrir ensuite des sacrifices et des offrandes. Maintenant il voudrait empêcher le chrétien de jouir de Celui qui a été le parfait sacrifice.

Moïse, fortifié par Dieu, se montre intransigeant : «Tu nous donneras dans nos mains des sacrifices et des holocaustes, et nous les offrirons à l’Éternel, notre Dieu. Nos troupeaux aussi iront avec nous, il n’en restera pas un ongle» (Ex. 10:26).

Mais l’Éternel endurcit le cœur du Pharaon et il ne voulut pas les laisser aller. Il dit à Moïse : «Va-t’en d’auprès de moi ; garde-toi de revoir ma face ! car, au jour où tu verras ma face, tu mourras» (Ex. 10:28).

Moïse, était très doux, plus que tous les hommes qui étaient sur la face de la terre (Nomb. 12:3). Il est saisi d’une sainte colère (Ex. 11:8). Il s’agit de la gloire de Dieu, du bien de son peuple. Nos colères ont-elles ce motif-là ?

Il avertit cet homme : «Comme tu l’as dit, je ne reverrai plus ta face» ! Le sort du Pharaon est désormais scellé. La patience de Dieu a eu son terme avec le Pharaon, comme elle l’aura avec le monde qui avance au devant du jugement (Ex. 10:29). Si Dieu supporte «avec une grande patience des vases tous préparés pour la destruction, il montrera sa colère et sa puissance. Il fera connaître aussi les richesses de sa gloire dans des vases de miséricorde qu’Il a préparés à l’avance pour la gloire» (Rom. 9:22-23).

Voir aussi Apocalypse 16:10 ; 6:12.

 

«L’Éternel dit alors à Moïse : Je ferai venir encore une plaie sur le Pharaon et sur l’Égypte ; après cela il vous laissera aller complètement, il vous chassera tout à fait d’ici» (Ex. 11:1) !

 

4.10                   Mort des premiers-nés

Moïse annonce de Sa part : «Sur le minuit je sortirai au milieu de l’Égypte ; et tout premier- dans le pays d’Égypte mourra, depuis le premier- du Pharaon, qui est assis sur son trône, jusqu’au premier-né de la servante qui est derrière la meule et tout premier-né des bêtes, et il y aura un grand cri de désespoir dans tout le pays d’Égypte, comme il n’y en a pas eu et il n’y en aura jamais de semblable» (Ex. 11:4-6).

 Le salaire du péché, c’est la mort. Tous ont péché, les Israélites comme les Égyptiens. Cette dernière plaie est l’image d’un jugement infiniment plus redoutable, celui que la Parole appelle la seconde mort, réservée à ceux qui ne seront pas à l’abri du sang de l’Agneau.

Mais pour ceux qui appartiennent au peuple de Dieu, un agneau va mourir à leur place. Claire et émouvante figure du Seigneur Jésus, l’Agneau sans défaut et sans tâche.

Nous nous approprions ce sacrifice, c’est ce que signifie manger la Pâque. Le sang est placé sur le linteau et les deux poteaux de la porte de la maison. Nul ne sortira jusqu’au matin et ils seront ainsi à l’abri du destructeur. Il n’entrera pas dans la maison pour frapper (Ex. 12:3, 13, 23).

Tout se passe comme Dieu l’a annoncé : Il frappe tout premier-. Le Pharaon se lève de nuit, lui et tous ses serviteurs et toute l’Égypte. «Il n’y avait pas de maison où il n’y eut un mort» (Ex. 12:29-30). Au Psaume 136, l’expression «sa bonté demeure à toujours» peut surprendre à la fin du verset 10, qui rappelle que Dieu «a frappé l’Égypte en ses premiers-nés». Mais n’oublions pas que même le châtiment des méchants est lié aux desseins de l’amour de Dieu envers les siens ainsi qu’à la bénédiction du monde futur.

Dès lors les Égyptiens pressent les Israélites de partir. Dieu fait trouver faveur à son peuple auprès des Égyptiens. Les Israélites demandent des objets d’argent et d’or, des vêtements : Tout cela sera fort utile dans le désert, d’abord pour construire le Tabernacle (Ex. 12:25-26).

Les Égyptiens disaient : «Nous sommes tous morts» (Ex. 12:34). Israël part de Succoth et l’Éternel allait devant lui, de jour dans une colonne de nuée, pour le conduire sur le chemin, et de nuit dans une colonne de feu pour l’éclairer (Ex. 13:21-22).

Une dernière fois Dieu va endurcir le cœur du Pharaon. Il ne pas se résoudre d’avoir perdu ses esclaves. Il poursuit les fils d’Israël et les atteint près de la mer (Ex. 14:9). Alors la colonne de nuée vient se placer entre le camp des Égyptiens et celui d’Israël. L’Éternel fait aller la mer toute la nuit par un fort vent d’Orient. Au matin, Moïse étend sa main sur la mer. Les eaux se fendent, les fils d’Israël entrent au milieu d’elles à sec (Ex. 14 19-22).

Les Égyptiens les poursuivirent et «entrèrent après eux, tous les chevaux du Pharaon, ses chars et ses cavaliers au milieu de la mer». Mais l’Éternel mis en désordre cette armée, ôte les roues des chars et les Égyptiens dirent : «Fuyons devant Israël, car l’Éternel combat pour eux» (Ex. 14:23-25).

L’Éternel donne ordre à Moïse d’étendre à nouveau sa main sur la mer. Les eaux retournent sur les Égyptiens et couvrent les chars et les cavaliers : «Il n’en resta pas un seul». «L’homme qui étant souvent repris, roidit son cou, sera brisé subitement et il n’y a pas de remède» (Prov. 29:1).

Israël vit la grande puissance de l’Éternel et les Égyptiens morts sur le rivage de la mer. Ils craignirent et crurent l’Éternel et Moïse son serviteur (Ex. 14 :30-31 ; Ps. 136:13-15). «Il a précipité le Pharaon et son armée dans la Mer Rouge, car sa bonté demeure à toujours» (Ps. 136:15).

 

5                    Dieu doit être glorifié

Je serai glorifié dans le Pharaon. Dieu se révèle aux siens en agissant en leur faveur. Mais il veut être glorifié devant le monde ; c’est un des motifs de ses voies. Le Pharaon méprisait le seul vrai Dieu, il est emporté comme un fétu (Ex. 5:2 ; Ps. 9:16).

Le cantique chanté par Moïse et les fils d’Israël, le premier dans l’Écriture, rappelle les desseins de l’ennemi : Il disait : «Je poursuivrai, j’atteindrai, je partagerai le butin ; mon âme sera assouvie d’eux, je tirerai mon épée, ma main les exterminera». Mais Dieu s’est hautement élevé. «Tu as soufflé de ton souffle, la mer les a couverts ; ils se sont enfoncés comme du plomb dans les eaux magnifiques». «Qui est comme toi, magnifique en sainteté, terrible en louanges, opérant des merveilles ?» (Ex. 15 :9-11).

 

 

 

Qui peut te connaître, Dieu d’éternité

Toi, Seigneur et Maître, Dieu de sainteté ?

Ta grandeur dépasse l’infini des cieux,

Et rien ne surpasse ton nom glorieux.

 

Loin de ta présence l’homme est-il banni ?

Non, ta grâce immense a tout aplani.

Ô Dieu sans limite, qu’on ne peut toucher,

Ton cœur nous invite a nous approcher