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MARCHER AVEC DIEU

 

Philippe Laügt

 

ME 1996 p. 256-263

 

Plan de lecture:

1     Un but — Christ modèle du croyant

2     Des obstacles et des ressources — Affranchissement

3     Des membres livrés — Marcher comme Christ

4     Des cœurs droits

5     Différentes manières de marcher

 

1                        Un but — Christ modèle du croyant

Quand pour chacun la question fondamentale du salut est réglée, aussitôt une autre question se pose, celle de la marche. Le croyant est appelé à marcher désormais à la gloire de Dieu, d’une manière toute différente du passé (1 Pierre 4:2, 3).

La marche est une chose bien distincte de la position devant Dieu. Sous ce dernier aspect tous les rachetés lui sont agréables ; « il nous a rendus agréables dans le Bien-aimé » (Éph. 1:6).

Mais quant à notre vie pratique, Dieu attend de nous une marche digne de l’appel dont nous avons été appelés (Éph. 4:1). Et à quelle hauteur cette marche chrétienne doit-elle se situer ? « Soyez donc imitateurs de Dieu comme de bien-aimés enfants, et marchez dans l’amour, comme aussi le Christ nous a aimés... » (Éph. 5:12).

Nous traversons un monde hostile, dont Satan est le chef. Nos pensées, nos affections, doivent graviter habituellement dans le ciel, là où Christ, qui est notre vie, est assis à la droite de Dieu. S’il en est ainsi, il y aura de plus en plus de stabilité dans nos âmes, et nos pensées se tiendront toujours plus éloignées de ce monde mauvais.

Christ est notre modèle. Homme ici-bas, il n’avait d’autre but que de faire la volonté de Celui qui l’avait envoyé ; sa marche était constamment à la gloire de Dieu et le faisait reconnaître. Chef et consommateur de la foi, il nous appelle à marcher sur ses traces (1 Pierre 2:21). Et l’amour versé dans nos cœurs par l’Esprit Saint qui nous a été donné nous incite à marcher d’une manière digne de lui, à « lui plaire à tous égards, portant du fruit en toute bonne œuvre et croissant par la connaissance de Dieu » (Col. 1:10).

Tel est le programme placé devant chaque racheté. La condition heureuse d’un esclave de Jésus Christ n’est-elle pas de reconnaître qu’il appartient désormais entièrement à celui qui pour lui est mort et a été ressuscité ?

Mais en pratique, que faisons-nous de notre temps, du contenu de notre portefeuille ? Quels sont les buts que nous poursuivons ? Tout est-il vraiment entre les mains de Christ ? Si son amour nous étreint, ses commandements ne nous sont pas pénibles, et un ferme désir ne cesse de nous animer : celui de marcher selon sa pensée, dans la sainteté pratique (1 Pierre 1:15, 16).

 

2                        Des obstacles et des ressources — Affranchissement

Mais un jeune converti découvre rapidement que la chair est toujours en lui, et qu’à la moindre occasion, au moindre manque de vigilance, elle est prête à produire de mauvais fruits. Et il en est ainsi quelque soit notre âge. Le vieil homme se corrompt selon les convoitises trompeuses (Éph. 4:22).

C’est une expérience très douloureuse, mais nécessaire, de comprendre la persistance de cette vieille nature en chacun d’entre nous. Et la parole de Dieu, reçue par la foi, nous donne l’assurance qu’étant mort avec Christ, nous ne sommes plus sous la domination du péché, et pouvons ne plus le servir (Rom. 6:2, 6). Comme Christ a été ressuscité d’entre les morts et que je suis lié à lui pour l’éternité, je puis marcher en nouveauté de vie (ce n’est pas : je dois ; ce n’est pas une loi).

C’est pourquoi Dieu nous adresse cette exhortation capitale : « De même vous aussi, tenez-vous vous-mêmes pour morts au péché, mais pour vivants à Dieu dans le Christ Jésus » (Rom. 6:11). Le péché n’a plus à régner dans notre corps mortel, pour que nous obéissions à ses convoitises. Et dans ce but, la force que Dieu met à notre disposition, c’est la présence active du Saint Esprit en nous. Il est la puissance de la vie nouvelle ; sans sa libre activité, livrés à nous-mêmes, nous sommes absolument sans force. Veillons à ce qu’il ne soit pas attristé (Éph. 4:30).

 

3                        Des membres livrés — Marcher comme Christ

Autrefois, sous la domination de Satan, nos membres se livraient sans retenue au mal. L’oreille écoutait volontiers des discours séducteurs et impurs, des plaisanteries malsaines (Éph. 5:3, 4). Les yeux étaient prompts à s’arrêter sur tout ce qui brille dans ce monde, et procure des sensations agréables pour la chair. Ils étaient tout disposés à regarder des choses malséantes, propres à exciter la convoitise dans le cœur. La bouche était employée à prononcer des paroles vaines, mensongères, flatteuses, médisantes, voire blasphématoires (Jacq. 3:2-12). Les pieds nous portaient rapidement en compagnie des moqueurs et des profanes (Ps. 1:1). Les mains pouvaient être des instruments d’injustice, de violence et même de mort. Relisons le tableau de Romains 3:13 à 18.

Or, maintenant que nous sommes appelés à vivre pour Dieu d’une vie nouvelle que sa grâce nous a communiquée, ces mêmes membres qui servaient le péché, pour faire toute sorte de mal, deviennent des instruments de justice. Ils sont « livrés » à Dieu, pour faire tout ce qui lui est agréable (Rom. 6:19). J’appartiens à un autre maître, qui m’a affranchi de la loi du péché et m’a placé sous la loi de l’Esprit de vie (Rom. 8:2). (Il faut rappeler que par « loi » on doit comprendre ici un principe qui agit invariablement de la même manière pour atteindre son but).

Mais dira-t-on, est-il vraiment possible de marcher comme Christ a marché ? Pour le faire, il faut garder les yeux fixés sur le Seigneur, tout comme Pierre quand il marchait sur les flots. Retenons bien que la puissance pour agir et pour marcher à la gloire de Dieu se trouve exclusivement dans le Saint Esprit (Éph. 3:16 ; Gal. 5:25, 16). Avec son puissant secours nous pouvons rejeter les sollicitations de la chair, ses mauvaises œuvres, faire « mourir » les actions du corps (Rom. 8:13). Et produire au contraire le fruit béni de l’Esprit, l’amour, la joie, la paix… (Gal. 5:22).

Tenons-nous fermes dans cette liberté dans laquelle Christ nous a placés en nous affranchissant, sans pour autant qu’elle serve d’occasion à la chair pour se manifester (Gal. 5:1 et 13).

 

4                        Des cœurs droits

Dieu en soit béni, nous ne sommes plus « obligés » de pécher ! Il nous suffit, écrit Pierre, d’avoir accompli la volonté des nations dans le temps déjà écoulé (1 Pierre 4:2-4). Et l’apôtre Jean dit aussi : « Mes enfants, je vous écris ces choses afin que vous ne péchiez pas (1 Jean 2:1).

Mais si, par un manque de vigilance, à défaut d’user constamment des ressources divines (la Parole, la prière), et de rester dépendants du Saint Esprit en nous, il nous arrive, hélas ! de pécher, nous avons un intercesseur auprès de Dieu. « Si quelqu’un a péché, nous avons un avocat auprès du Père, Jésus Christ, le juste ; et lui est la propitiation pour nos péchés » (1 Jean 2:1, 2). N’attendons pas, confessons nos fautes, il est fidèle et juste pour nous les pardonner (1 Jean 1:9).

Appuyés résolument sur les assurances de l’Écriture dont nous venons brièvement de parler, prenons à cœur ses exhortations quant à la marche et les promesses qui s’y rattachent. « Éternel ! qui séjournera dans ta tente ? qui demeurera en ta montagne sainte ? Celui qui marche dans l’intégrité, et qui fait ce qui est juste, et qui parle la vérité de son cœur » (Ps. 15:1, 2). Dans ces versets, l’Esprit de Dieu met l’accent sur le fait si important de demeurer près de lui, et montre de quelle manière on peut le réaliser. Au Psaume 101:2 et 6, une marche intègre dans notre maison et une voie parfaite sont liée au service : « lui me servira ». « Bienheureux quiconque craint l’Éternel, et marche dans ses voies » (Ps. 128:1). Celui qui marche dans la droiture trouve de la consolation dans Ses paroles, elles lui font du bien (Mich. 2:7) et l’aident à résister à ceux qui cherchent à l’égarer. Promesse d’un grand prix dans le temps actuel ! Comme celle d’Ésaie 33:15-17 : « Celui qui marche dans la justice, et celui qui parle avec droiture… demeurera en haut : les forteresses des rochers seront sa haute retraite ; son pain lui sera donné, ses eaux seront assurées ». Plus encore : « Tes yeux verront le roi dans sa beauté ; ils contempleront le pays lointain ».

 

5                        Différentes manières de marcher

Rappelons quelques expressions importantes des épîtres. Marcher en nouveauté de vie (Rom. 6:4) : la vie nouvelle se montre pratiquement par une marche nouvelle. Marcher par l’Esprit (Gal. 5:16) : c’est lui qui agit dans le croyant. Marcher dans l’amour, « comme aussi le Christ nous a aimés et s’est livré lui-même pour nous » (Éph. 5:1, 2) : suivre de telles traces, c’est montrer la même compassion, le même esprit de sacrifice, le même dévouement complet. Marcher dans la vérité (3 Jean 4) : c’est montrer dans notre vie pratique que nous connaissons la vérité et que nous vivons en elle. Telle est l’atmosphère de notre sanctification, demandée par le Seigneur au Père (Jean 17:18). Marcher dans la lumière « comme lui est dans la lumière » : ainsi se goûte la communion des enfants de Dieu les uns avec les autres (1 Jean 1:7). Marcher dans la sagesse envers ceux de dehors, saisissant l’occasion (Col. 4:5) : le Saint Esprit peut nous donner le discernement nécessaire pour que notre parole soit « dans un esprit de grâce, assaisonnée de sel ».

Nous pouvons aussi nous inspirer de l’exemple de ceux que la Parole distingue comme ayant marché avec Dieu, même si, à la différence du Modèle parfait, ils ont eu des défaillances. À Abraham, Dieu avait dit : « Marche devant ma face, et sois parfait » (Gen. 17:1) ; et plus tard, le patriarche peut dire en vérité : « L’Éternel, devant qui je marche, enverra son ange... » (Gen. 24:40).

Hénoc est un exemple remarquable ; le récit de sa vie est bref, mais d’une grande valeur. Après qu’il eut engendré Metushélah, il marcha avec Dieu trois cents ans (Gen. 5:22). Savons-nous ce que c’est que de marcher avec Dieu un seul jour ? Le principe d’une marche comme celle d’Hénoc, c’est la foi. Elle se traduit par la dépendance, la piété, la séparation du mal, la sainteté. La relation maintenue avec Dieu permet de connaître ses pensées. Aucun détail n’est donné sur la marche d’Hénoc ni sur son enlèvement. Mais le témoignage lui est rendu qu’avant d’être enlevé, il a « plu à Dieu » (Héb. 11:5). Comme Élie, le ciel le réclame, et il est un type de ceux qui seront enlevés sans passer par la mort, à la venue de Christ. Son nom signifie « instruit ». Dieu l’a enseigné, lui a donné une vision de l’avenir, de ce moment où le Seigneur viendra au milieu de ses saintes myriades (Jude 14, 15). Et cette révélation l’a maintenu séparé au milieu de ceux qui allaient connaître le jugement. Tout ce que Dieu nous révèle par sa Parole a-t-il la même action sanctifiante sur nos vies ? Que sa gloire ait du prix pour nos cœurs (2 Thess. 1:10) !

« Qu’est-ce que l’Éternel recherche de ta part, sinon que tu fasses ce qui est droit, que tu aimes la bonté, et que tu marches humblement avec ton Dieu ? » (Mich. 6:8).

 

Le temps fuit, le jour approche,

Qu’en nous tout montre Jésus !