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CELUI QUI SACRIFIE LA LOUANGE ME GLORIFIE

 

 

Ps. 50:23    Le chant de cantiques 

 

Philippe Laügt

 

Tables des matières :

1     [Part des cantiques dans la louange]

2     [Ceux qui chantent]

3     [Un cantique éternel]

4     [Chanter du coeur]

5     [Les épreuves source d’une louange variée]

6     [Une louange intelligente]

7     [Un cantique à l’Éternel]

8     [Comment chanter ?]

9     [Importance de la louange]

 

Les sous-titres ont été ajoutés par Bibliquest ; ME 1978 p. 113

 

1                    [Part des cantiques dans la louange]

«Servez l’Éternel avec joie, venez devant lui avec des chants de triomphe... Entrez dans ses portes avec des actions de grâces, dans ses parvis avec des louanges. Célébrez-le, bénissez son nom !» (Ps. 100:2, 4). Ce psaume d’actions de grâces invite la terre entière à louer l’Éternel. Dans ce concert universel, les rachetés du Seigneur occupent une place toute particulière. « Il a mis dans ma bouche un cantique nouveau, la louange de notre Dieu» (Ps. 40:3). Élans du coeur, joie sanctifiée, produits par le Saint Esprit en ceux qui sont devenus, par pure grâce, des enfants de Dieu, un peuple d’adorateurs selon la pensée et le désir du Père. Et l’apôtre écrit : «Vous-mêmes aussi, comme des pierres vivantes, êtes édifiés une maison spirituelle, une sainte sacrificature, pour offrir des sacrifices spirituels, agréables à Dieu par Jésus Christ» (1 Pierre 2:5). L’amour de notre Dieu et Père, la grâce et la beauté de notre Sauveur et Seigneur Jésus Christ, sont les thèmes inépuisables de cette louange qui trouve son expression dans les prières, les actions de grâces, la lecture de passages appropriés de l’Écriture et les cantiques. C’est de ce dernier aspect de l’adoration que nous désirons nous occuper plus particulièrement quelques instants.

 

2                    [Ceux qui chantent]

Autrefois, au milieu du peuple de Dieu, il était réservé aux seuls chantres de chanter la gloire de l’Éternel «grand et fort digne de louange» (Ps. 96:4). Dans chacune des trois familles de Lévi, l’un d’entre eux était désigné par le libre choix de Dieu pour diriger le chant. Rien déjà n’était laissé à la volonté de l’homme (1 Chron. 25:8 ; Prov. 16:33). Au chap. 6 de ce même livre nous les trouvons nommés parmi les descendants de Lévi (v. 13-16) et plus loin leur généalogie exacte est établie avec soin (v. 33-47). Nous ne voyons pas que de telles précautions soient prises à l’égard des lévites occupés à d’autres services. C’est dire l’importance du chant dans la pensée de Dieu. Nul ne pouvait chanter les louanges de Dieu sinon ceux qui en avaient le droit.

En est-il autrement aujourd’hui ? Certainement pas. Seuls ceux qui sont rachetés par le précieux sang de Christ peuvent former ce choeur d’adorateurs que le Père a cherchés (Jean 4:23). En effet comment des esclaves pourraient-ils chanter ? (Ps. 126:2, 3). Qu’ils souffrent ou non de leur terrible condition, il faut qu’ils soient d’abord délivrés et alors ils pourront chanter et psalmodier de leur coeur au Seigneur.

 

3                    [Un cantique éternel]

C’est un cantique éternel. Du livre de l’avenir «nos bouches épellent, comme un timide enfant, quelques mots détachés» (H. R.). Mais Dieu nous accorde de chanter déjà à sa gloire sur une scène où se déploient encore le péché et la mort, en pénétrant par la foi dans le sanctuaire. «Nous chantons ici-bas ton amour ineffable, qu’un jour, sans fin, nous chanterons aux cieux».

 

4                    [Chanter du coeur]

Le Seigneur agrée seulement le chant qui trouve sa source dans le coeur (Éph. 5:19 ; Col. 3:16). D’ailleurs aucune louange ne saurait être rendue à Dieu sans que le coeur y soit entièrement engagé (Ps. 9:1 ; 111:1). Des paroles de cantiques peuvent être très élevées, tout à fait conformes à la pensée de l’Écriture, mais procéder, hélas, d’un coeur absolument froid (Matt. 15:7, 8). Le plus beau des cantiques ne saurait lui être agréable si mes lèvres seules le prononcent. «Ôte de devant moi le bruit de tes cantiques... je ne l’écouterai pas», disait l’Éternel à son peuple infidèle qui servait les idoles en secret (Amos 5:23). Maintenant encore, si nous ne chantons pas par l’Esprit que nous avons reçu de Dieu (1 Cor. 2:12), nous faisons de la musique et rien de plus.

Pour éviter un tel formalisme, il faut que notre esprit renouvelé et notre coeur soient profondément exercés. Si nous veillons à nous tenir purifiés et séparés du mal, nous pourrons avec des coeurs heureux et remplis de reconnaissance, offrir par Christ «sans cesse à Dieu, un sacrifice de louanges, c’est-à-dire le fruit des lèvres qui confessent son nom» (Héb. 13:15). L’Esprit donnera l’intelligence spirituelle de la pensée de Dieu, et du coeur pourra jaillir l’expression d’affections sanctifiées.

Du temps de David et de Salomon, Dieu avait appelé Héman de la famille de Kehath, Asaph de celle de Guershom et Éthan (Jeduthun) de celle de Mérari à remplir ce service. Leurs vingt-quatre fils dirigeaient chacun une compagnie de douze chantres. Héman, avec ses quatorze fils, avait une portion particulièrement bénie. L’Esprit de Dieu rappelle qu’il était un descendant de Coré. Ce dernier, s’étant élevé dans son esprit, avait cherché à s’emparer de la sacrificature réservée à la seule famille d’Aaron. L’orgueil va devant la ruine, Dieu intervient, Coré et ses complices sont engloutis vivants dans la terre qui s’est ouverte sous leurs pas. Toutefois la grâce de Dieu brille et Nomb. 26:11 nous apprend que «les fils de Coré ne moururent pas». D’aucuns rempliront plus tard le service de portiers, si important, indispensable même, car les autres formes d’activité pour le Seigneur ne pourront être réalisées d’une manière qui soit à sa gloire que si les portes sont fermées à l’ennemi. D’autres deviendront chantres et même compositeurs de psaumes (dix psaumes leur sont attribués). Objets d’une si grande clémence, leur bouche s’ouvre pour entonner des accents joyeux. «Je chanterai à l’Éternel parce qu’il m’a fait du bien» (Ps. 13:5) disait aussi David. Vraiment, leur coeur bouillonne d’une bonne parole quand, sous l’action du Saint Esprit, ils peuvent écrire : «Tu es plus beau que les fils des hommes, la grâce est répandue sur tes lèvres...» (Ps. 45).

Pourquoi notre coeur est-il souvent si froid ? Avons-nous oublié à quelle affreuse misère notre Rédempteur nous a arrachés, l’amour insondable de la croix ? S’il est un cantique que tous les rachetés peuvent et doivent chanter, c’est bien celui de la rédemption (Ex. 15). Le souvenir de la fournaise de fer, du fouet des exacteurs, mais surtout la main forte et le bras étendu de l’Éternel en délivrance, avaient accordé les voix, sur les rives de la mer Rouge ! C’est toujours celui auquel il a été quitté davantage, qui aimera le plus (Luc 7:42, 43). Avons-nous reconnu devant Dieu que nous sommes de ceux-là ?

Ces hommes étaient exempts de toute autre fonction, car «jour et nuit ils étaient à l’oeuvre» (1 Chron. 9:33). Part heureuse entre toutes, ils se tenaient dans les chambres de la maison de Dieu. C’était là le seul désir de David au Ps. 27. Ce fut la part bénie du faible résidu à la veille de la naissance du Seigneur (Luc 2:37, 38). Et c’est là seulement que nous pouvons voir Sa beauté et nous enquérir diligemment de Lui. Alors le coeur s’élargit et s’enflamme. II y a place pour les élans spontanés de la foi, pour un chant vrai et pur, prélude aux célestes accents du cantique nouveau. Les cantiques éclatent là où la piété est vivante.

 

5                    [Les épreuves source d’une louange variée]

Dieu désire que la louange soit formée dans nos coeurs. Et, par les épreuves qu’il permet, il veut enrichir notre louange, en nous faisant entrer plus profondément dans la connaissance de tout ce qu’il est, en sainteté, en amour, en lumière...

Comme au Ps. 150 les instruments les plus variés s’unissent pour glorifier Dieu, la louange des rachetés est maintenant l’expression des expériences variées que nous pouvons traverser dans la communion avec Dieu. Cette diversité est suggérée par l’instrument à dix cordes du Ps. 92:3. Par divers moyens Dieu ajoute d’autres cordes à notre instrument.

Les tribulations peuvent produire une merveilleuse mélodie ! Pour les fils de Coré le Ps. 44 prépare le Ps. 45. Et nous pensons aussi à Paul et Silas, battus et liés de chaînes, qui sur le minuit, comme le psalmiste autrefois (Ps. 119:62) «en priant chantaient les louanges de Dieu ; et les prisonniers les écoutaient» (Actes 16:25), eux qui ne connaissaient pas encore la faveur de Dieu et ne pouvaient pas se réjouir dans l’espérance de sa gloire.

À un coeur accablé sous l’épreuve, un tel fruit à la gloire de Dieu peut paraître impossible. Mais l’apôtre nous en indique le chemin ascendant : «Sachant que la tribulation produit la patience, et la patience l’expérience, et l’expérience l’espérance» (Romains 5:4). D’un tel enrichissement, l’issue de la maladie d’Ézéchias porte un brillant témoignage. Au terme de ces heures passées dans le creuset où l’on affine l’or, il s’écrie : «Tu as aimé mon âme, la retirant de la fosse de destruction... Le vivant, le vivant est celui qui te louera comme moi aujourd’hui... Nous jouerons de nos instruments à cordes tous les jours de notre vie, dans la maison de l’Éternel» (És. 38:17-20).

Avons-nous eu l’occasion d’observer un joueur de harpe ? Avant de commencer à jouer, il pince et tend tour à tour chaque corde au point qu’elle paraît prête à se rompre. Il sait bien jusqu’où il peut poursuivre ce travail pour obtenir enfin le son recherché. Notre Dieu et Père le sait bien mieux encore ! Et même si nous devions être, comme le dit l’apôtre, «excessivement chargés» (2 Cor. 1:8), Dieu sait ce que nous pouvons supporter, et la mélodie dans nos coeurs affermis par la grâce n’en sera que plus douce.

 

6                    [Une louange intelligente]

Le chapitre 15 du premier livre des Chroniques nous parle de Kenania, «chef des lévites pour la musique», qui «enseignait la musique car il était intelligent» (v. 22). Quand Dieu travaille dans les consciences et dans les coeurs, à travers les âges, pour opérer un réveil des affections pour lui, son peuple chante avec une fraîcheur nouvelle et son Esprit suscite ceux qui conduiront le chant en lui donnant une expression en accord avec la pensée de Dieu.

Mais, pour nous, le chef de musique n’est autre que le Seigneur Jésus ressuscité, sorti victorieux de la mort. Il conduit la louange au milieu de ses rachetés (Ps. 22:22 cité dans Héb. 2:12). Il a maintenant une Assemblée unie à lui, objet de sa faveur. Et chaque fois que nous sommes réunis en Son nom, il se trouve au milieu des siens pour occuper leurs coeurs et de Sa personne et de l’amour du Père. Il rend nos pieds pareils à ceux des biches, il veut nous faire marcher sur les lieux élevés de la communion (Hab. 3:19).

Hélas, combien souvent nos coeurs ne sont pas à l’unisson ! Seul un jugement constant de nous-mêmes, une marche soigneuse dans la lumière par l’Esprit nous gardera des «fausses notes».

Pour être rendus intelligents, «instruits dans l’art de chanter à l’Éternel» (1 Chron. 25:7) soyons attentifs aux directives du Saint Esprit qui habite dans l’Assemblée et dans nos coeurs. De lui, le Seigneur pouvait dire : «Celui-là me glorifiera, car il prendra de ce qui est à moi et vous l’annoncera» (Jean 16:14). Un cantique ne doit être indiqué que sous sa direction, car il doit être l’expression de la louange de tous les saints rassemblés à ce moment-là. Sinon ce cantique risque d’être une entrave positive.

 

7                    [Un cantique à l’Éternel]

Le cantique doit être chanté à l’Éternel ou à son sujet. Comme les femmes d’Israël après la victoire de David sur Goliath, veillons à ne pas introduire un peu «Saül» et ce qu’il représente : le côté de l’homme dans la chair (1 Sam. 18:7). Que notre âme soit entièrement absorbée par le vrai David ! Les cantiques indiqués trahissent toujours l’état de nos coeurs. Si nous sommes attentifs à nous laisser entièrement conduire par le Saint Esprit, il formera dans ces coeurs une seule mélodie et nous serons «comme un seul homme pour faire entendre une même voix en louant et en célébrant l’Éternel» (2 Chron. 5:13). Et sa présence sera profondément ressentie.

 

8                    [Comment chanter ?]

«L’Esprit qui seul peut inspirer un cantique vrai, peut seul le faire chanter comme il faut» (J.N.D.). Tous les croyants forment le choeur. Certes nous ne chanterons jamais trop dans nos maisons tant il est vrai qu’on «sent que les cantiques nous conduisent plus près de Dieu» (J.N.D.). Il est excellent que nous apprenions à chanter — et à bien chanter... tout en veillant à ce que la répétition des mêmes paroles n’en fasse pas bien vite des vaines redites au lieu d’être l’expression du coeur.

Il n’y a pas dans les épîtres une seule parole pour justifier l’emploi d’instruments quelconques dans les assemblées. Il n’est d’autre accompagnement qui puisse plaire à Dieu que la mélodie, qui s’élève peut-être dans le silence, d’un coeur rempli de sa grâce. Rien ne nous encourage non plus à former des choeurs distincts qui auraient pour prétexte d’assurer un chant de bonne qualité dans les rassemblements.

Par contre il est de toute importance que les frères soient bien familiarisés avec le recueil de cantiques (choisis avec soin, expression de la vérité scripturaire et de la position chrétienne) car le Saint Esprit choisit selon ce que nous connaissons. Dans ce cas-là non plus, ne soyons pas sans intelligence mais comprenons quelle est la volonté du Seigneur (Éph. 5:17).

Qu’il nous soit permis aussi de relever tout le sérieux du service que le Seigneur peut confier à un frère : conduire le chant dans l’Assemblée. C’est dans une communion étroite avec Lui que ce frère discernera comment il convient de chanter tel ou tel cantique qui parle par exemple des souffrances du Seigneur à la Croix. Si ce frère, avec le souci constant de tout faire pour la gloire de Dieu (1 Cor. 10:31) est chaque fois pénétré, lui le premier, du sens profond des paroles exprimées dans les cantiques par toute l’Assemblée, son service sera des plus utiles.

Pour glorifier Dieu, chantons aussi bien que nous savons le faire, car c’est une des capacités qu’Il peut nous avoir accordées, mais le chant dans l’Assemblée n’est pas — ne doit pas être — l’occasion de faire étalage de la capacité de certaines voix humaines à produire des effets musicaux extraordinaires ; c’est un moyen, répétons-le, d’exprimer des louanges communes rendues à Dieu notre Père et au Seigneur par ceux qu’il a rachetés (Jean 5:23). C’est aussi un moyen d’édification mutuelle (1 Cor. 14:12-17). L’indifférence est l’extrême opposé ; ne semble-t-il pas parfois que les saints oublient quelque peu les paroles qu’ils chantent ?

 

9                    [Importance de la louange]

Nous approchons du terme du séjour de l’Église sur la terre, ces derniers jours seront-ils, à la gloire de Dieu, marqués par la louange ?

Sachons jour après jour (2 Chron. 30:21) réaliser ce service, rappeler, célébrer et louer l’Éternel, nous tenant continuellement devant l’arche, cette précieuse figure de Christ (1 Chron. 16:6, 37). «Chantez-lui, chantez-lui des cantiques ! Méditez toutes ses oeuvres merveilleuses, glorifiez-vous de son saint nom», disait David dans l’ardeur de son amour pour Dieu, au premier psaume (1 Chron. 16:9, 10). Veuille le Seigneur nous animer du même saint zèle.

 

Te chanter, Dieu d’amour, de vérité, de gloire,

T’adorer, te bénir, nous réjouir en toi,

Célébrer de Jésus l’immortelle victoire,

Est notre lot béni qu’a saisi notre foi !