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Méditations sur la Parole de Dieu

 

1 Pierre

 

 

Louis Chaudier

 

 

Table des matières :

1      La conduite — 1 et 2 Pierre

1.1    Une vaine conduite

1.2    Une conduite honnête

1.3    Une conduite pure

1.4    Une bonne conduite

1.5    Une conduite débauchée

1.6    Une sainte conduite

2      Élus, rachetés, achetés — 1 Pierre 1

3      Désirer ardemment — Jacques 4:2 ; 1 Pierre 2:2-3 ; 1 Corinthiens 12:31, 14:1, 39 ; 1 Timothée 3:1 ; Psaumes 84:2 ; Philippiens 1:23 ; 2 Corinthiens 5:2 ; Luc 22:15

4      Le mariage chrétien — Réunion de mariage : Éphésiens 5:22-33 ; 1 Pierre 3:1-7

5      Le contrôle de la chair dans le service chrétien — 1 Pierre 4:7-11, 17, 19 ; 5:1-11

 

 

 

Le texte de ces méditations a été révisé par Bibliquest dans sa forme, par rapport à diverses éditions papiers précédentes. Les révisions ont été limitées à ce qui était nécessaire à une expression et une compréhension correctes. Le texte reste marqué par son caractère oral, non révisé par l’auteur. Dans certains cas d’expressions au sens discutable, l’imperfection de celles-ci a été laissée de peur d’en perdre une certaine vigueur.

Certains textes ont été repris de l’ouvrage «Méditations sur la vie chrétienne» édité en 1995 par F.R., et sont notés comme tels. Ces textes ont fait l’objet (par F.R.) d’une révision un peu plus poussée.

 

 

1   La conduite — 1 et 2 Pierre

 

[LC n° 148]

 

Envisageons un peu ce qui nous est dit de la conduite. Ce que l’apôtre Pierre nous a donné à ce sujet, dans ses épîtres, dérive sans doute de ce que le Seigneur lui a dit, dans le chapitre 21 de Jean, en cette occasion mémorable où il fut restauré publiquement.

La première tâche qui lui fut confiée était : «Pais mes agneaux» (Jean 21:15). J’ai été frappé, dernièrement, de voir combien Pierre introduit souvent ce mot de conduite. Quelle est l’issue pratique de la conduite des saints ? Voilà une considération très importante. Son caractère influera sans doute sur ses résultats.

Pierre nous invite à être «saints dans toute notre conduite» (1 Pierre 1:15), et parle ensuite de six espèces de conduite. Je vais les indiquer.

 

1.1                  Une vaine conduite

 

«Et si vous invoquez comme père celui qui, sans acception de personnes, juge selon l’oeuvre de chacun, conduisez-vous avec crainte pendant le temps de votre séjour ici-bas, sachant que vous avez été rachetés de votre vaine conduite qui vous avait été enseignée par vos pères, non par des choses corruptibles, de l’argent ou de l’or, mais par le sang précieux de Christ, comme d’un agneau sans défaut et sans tache, préconnu dès avant la fondation du monde, mais manifesté à la fin des temps pour vous, qui, par lui, croyez en Dieu qui l’a ressuscité d’entre les morts et lui a donné la gloire, en sorte que votre foi et votre espérance fussent en Dieu» (1 Pierre 1:17-21). Vous avez là une vaine conduite, en rapport avec une religion charnelle. Nous ne devons pas y voir seulement le langage des lèvres. Je crois que Pierre emploie ce mot dans un sens beaucoup plus large. Que commence-t-il par dire ? Vous êtes entièrement sortis de ce système de religion qui convient au premier homme. Vous avez été rachetés pour Dieu par le précieux sang de Christ. La première chose que l’âme saisit, en rapport avec la conduite, est donc que vous n’êtes plus dans cet ancien état. Vous êtes délivrés de cette vaine conduite. C’est le judaïsme, lequel a été reçu des pères par tradition. Ce que nous avons à faire, c’est de nous débarrasser entièrement de tout ce qui, dans le domaine religieux, ne convient pas à Dieu. C’est la première des choses.

 

1.2                  Une conduite honnête

 

Passons maintenant au chapitre suivant. «Bien-aimés, je vous exhorte, comme forains et étrangers, à vous abstenir des convoitises charnelles, lesquelles font la guerre à l’âme, ayant une conduite honnête parmi les nations, afin que, quant aux choses dans lesquelles ils médisent de vous comme de gens qui font le mal, ils glorifient Dieu au jour de la visitation, à cause de vos bonnes oeuvres qu’ils observent» (1 Pierre 2:11-12). C’est maintenant une conduite honnête. C’est beau, cela ! Or que sommes-nous ? Forains et étrangers (ou pèlerins et étrangers). Qu’est-ce qu’un étranger ? Un étranger est une personne qui est loin de chez elle. Où est notre maison ? C’est le lieu où Jésus se trouve. Voilà la maison. Il n’est pas ici ; Il est là-haut, et nous sommes ici-bas, pèlerins et étrangers. Nous ne sommes pas chez nous, mais nous allons à la maison. Un pèlerin est un homme qui fait un voyage, et le but de notre pèlerinage est notre maison, le ciel. Pierre dit : Si vous comprenez vraiment ce qu’est la grâce de Dieu, vous êtes un pèlerin. Un pèlerin est un homme qui est en voyage, ayant la pensée de retourner à la maison. Paul était un pèlerin, et pouvait dire : «Et maintenant, voici, étant lié dans mon esprit, je m’en vais à Jérusalem, ignorant les choses qui m’y doivent arriver, sauf que l’Esprit Saint rend témoignage de ville en ville, me disant que des liens et de la tribulation m’attendent. Mais je ne fais aucun cas de ma vie, ni ne la tiens pour précieuse à moi-même, pourvu que j’achève ma course, et le service que j’ai reçu du seigneur Jésus pour rendre témoignage à l’évangile de la grâce de Dieu» (Act. 20:22-24). Voilà la pensée. Vous êtes loin de la maison, mais vous vous y rendez. Votre coeur dit-il : Oui, je suis là pour Lui ? Le long du chemin, votre conduite doit donc être honnête. Vous savez que nous vivons en un temps où rien n’est honnête. Dieu nous dit, à vous et à moi : Veillez à être honnêtes. C’est une parole pour tous, mais pour les hommes en particulier. Veillez à avoir un coeur et une conscience qui répondent à la vérité et à la lumière de Dieu.

Allons plus loin, maintenant, et nous trouvons :

 

1.3                  Une conduite pure

 

«Pareillement, vous, femmes, soyez soumises à vos propres maris, afin que, si même il y en a qui n’obéissent pas à la parole, ils soient gagnés sans la parole, par la conduite de leurs femmes, ayant observé la pureté de votre conduite dans la crainte, — vous, dont la parure ne doit pas être une parure extérieure qui consiste à avoir les cheveux tressés et à être paré d’or et habillé de beaux vêtements, mais l’homme caché du coeur, dans l’incorruptibilité d’un esprit doux et paisible qui est d’un grand prix devant Dieu» (1 Pierre 3:1-4). Pierre s’adresse ici aux femmes dont le chemin pouvait être très difficile. Sa pensée envisage le cas où la femme pourrait être convertie, et le mari incrédule. Le mari pourrait être gagné par la pureté de la conduite de sa femme. Cela suggère l’importance de ce qui est intérieur, de la vie au foyer. C’est une belle parole, pour un jour tel que celui-ci. Une conduite pure ! Il n’y a là rien de la femme moderne du vingtième siècle.

Nous sommes tous exhortés ensuite à avoir

 

1.4                  Une bonne conduite

 

«Enfin, soyez tous d’un même sentiment, sympathisants, fraternels, compatissants, humbles, ne rendant pas mal pour mal, ou outrage pour outrage, mais au contraire bénissant, parce que vous avez été appelés à ceci, c’est que vous héritiez de la bénédiction ; car celui qui veut aimer la vie et voir d’heureux jours, qu’il garde sa langue de mal, et ses lèvres de proférer la fraude ; qu’il se détourne du mal et qu’il fasse le bien ; qu’il recherche la paix et qu’il la poursuive ; car les yeux du Seigneur sont sur les justes et ses oreilles sont tournées vers leurs supplications ; mais la face du Seigneur est contre ceux qui font le mal. Et qui est-ce qui vous fera du mal, si vous êtes devenus les imitateurs de celui qui est bon ? Mais, si même vous souffrez pour la justice, vous êtes bienheureux ; et ne craignez pas leurs craintes, et ne soyez pas troublés, mais sanctifiez le Seigneur le Christ dans vos coeurs ; et soyez toujours prêts à répondre, mais avec douceur et crainte, à quiconque vous demande raison de l’espérance qui est en vous, ayant une bonne conscience, afin que, quant aux choses dans lesquelles ils médisent de vous comme de gens qui font le mal, ceux qui calomnient votre bonne conduite en Christ, soient confus. Car il vaut mieux, si la volonté de Dieu le voulait, souffrir en faisant le bien, qu’en faisant le mal» (1 Pierre 3:8-17). Voilà ce qu’on doit voir, extérieurement, dans le monde.

Remarquez simplement combien le mot «bon» revient souvent, dans ce chapitre (voyez versets 10, 11, 13, 16) (car il faut lire : de «bons» jours, littéralement, et : qu’il fasse ce qui est «bon», aux versets 10 et 11). Savez-vous ce qu’est un chrétien ? Un chrétien est une personne qui est bénie, et qui est envoyée pour apporter la bénédiction. Vous avez été bénis de la part du Seigneur, et vous êtes placés sur cette scène pour apporter la bénédiction, comme Pierre l’exprime ici. Vous bénissez celui qui vous fait opposition. Vous êtes la reproduction de Christ dans la scène de laquelle Il a été rejeté. Désirez-vous voir d’heureux jours, si le Seigneur tarde ? Gardez votre langue de mal.

Je pense que nous en venons ici à ce que les lèvres expriment effectivement, et à leur effet sur nous-mêmes aussi bien que sur les autres. «Car les yeux du Seigneur sont sur les justes et ses oreilles sont tournées vers leurs supplications ; mais la face du Seigneur est contre ceux qui font le mal». La face du Seigneur est autant contre ses propres enfants, s’ils font le mal, que contre les enfants du diable. Il en fait ici l’application à la marche pratique du chrétien. «Et qui est-ce qui vous fera du mal, si vous êtes devenus les imitateurs de celui qui est bon ?». Remarquez le mot «bon». D’heureux (ou bons) jours ; imitez celui qui est bon ; une bonne conscience et une bonne conduite. Bien-aimés, si vous faites le bien (ce qui est bon), imitez le bien et nourrissez-vous du bien. Vous verrez d’heureux jours ; vous aurez une bonne conscience ; et tout le monde devra reconnaître que votre conduite est une bonne conduite. Plus encore, Dieu agira en sorte que «ceux qui calomnient votre bonne conduite en Christ, soient confus».

Abordons maintenant la deuxième épître, où il nous est parlé de ce qui doit nécessairement peiner l’enfant de Dieu, savoir :

 

1.5                  Une conduite débauchée

 

«Car, si Dieu n’a pas épargné les anges qui ont péché, mais, les ayant précipités dans l’abîme, les a livrés pour être gardés dans des chaînes d’obscurité pour le jugement ; — et s’il n’a pas épargné l’ancien monde, mais a préservé Noé, lui huitième, prédicateur de justice, faisant venir le déluge sur un monde d’impies ; — et si, réduisant en cendres les villes de Sodome et de Gomorrhe, il les a condamnées par une totale subversion, les établissant pour être un exemple à ceux qui vivraient dans l’impiété ; et s’il a délivré le juste Lot, accablé par la conduite débauchée de ces hommes pervers, (car ce juste qui habitait parmi eux, les voyant et les entendant, tourmentait de jour en jour son âme juste à cause de leurs actions iniques) — le Seigneur sait délivrer de la tentation les hommes pieux, et réserver les injustes pour le jour du jugement, pour être punis» (2 Pierre 2:4-9). Dieu doit juger le mal, et Il le jugera. Mais, avant de le faire à Sodome, Il a délivré le juste Lot, accablé par la conduite débauchée de ces hommes pervers. Si Lot avait eu une parcelle de spiritualité et de dévouement pour Dieu, il serait resté près de son oncle Abraham, apparemment grotesque et ridicule. Mais, comme beaucoup d’autres, il pensa qu’il prospérerait dans le monde. Et où alla-t-il ? Il dressa d’abord ses tentes jusqu’à Sodome (Gen. 13:12), puis il y entra et y habita (Gen. 14:12).

Dieu lui donna, bientôt après, un avertissement solennel, car il fut fait prisonnier par Kedor-Laomer et ses confédérés, et perdit tous ses biens. Son vieil oncle revint alors sur la scène, et lui fit recouvrer sa liberté. Mais, n’ayant pas tenu compte de l’avertissement reçu, il retourna tout droit à Sodome. Peut-être pensait-il qu’il pouvait améliorer cette ville impie, comme beaucoup de chrétiens aujourd’hui, qui s’efforcent de réhabiliter ce présent siècle mauvais, mais en vain. Par la suite, Dieu dut traîner Lot hors de Sodome (Gen. 19). Mais il ne put que tourmenter son âme à cause de la conduite débauchée de ces hommes pervers, pendant qu’il s’y trouvait.

Or, il n’est nullement nécessaire, pour un saint aujourd’hui, de se trouver dans le cas de Lot. Il se trouvait à Sodome à dessein, et de sa propre volonté. Nous devons traverser le monde ; mais on peut le traverser en étant préoccupé d’autre chose. Je vais vous indiquer un remède, pour éviter que la conduite des hommes pervers occupe votre âme, et qu’elle en soit tourmentée. Soyez préoccupés. Si vous êtes préoccupés de Christ, il n’y aura pas de place pour cela. Il y a une débauche morale considérable, autour de vous. Soyez occupés de Christ, du bien, d’une conduite honnête et pure, et la conduite débauchée de ceux qui vous entourent ne vous affectera pas. Si vous le faites, vous pouvez rencontrer la persécution, mais vous découvrirez, pendant votre course, que le monde ne vous gênera pas beaucoup. Si vous prenez position pour Christ, vous découvrirez bientôt ce que le monde va faire. Il se débarrassera de vous. Votre âme ne sera jamais vraiment tourmentée par la conduite débauchée des hommes pervers, sauf si vous êtes de pair, ou compagnon, avec eux.

 

1.6                  Une sainte conduite

 

Venons-en au dernier point. «Mais n’ignorez pas cette chose, bien-aimés, c’est qu’un jour est devant le Seigneur comme mille ans, et mille ans comme un jour. Le Seigneur ne tarde pas pour ce qui concerne la promesse, comme quelques-uns estiment qu’il y a du retardement ; mais il est patient envers vous, ne voulant pas qu’aucun périsse, mais que tous viennent à la repentance. Or le jour du Seigneur viendra comme un voleur ; et, dans ce jour-là, les cieux passeront avec un bruit sifflant, et les éléments embrasés seront dissous, et la terre et les oeuvres qui sont en elle seront brûlées entièrement. Toutes ces choses devant donc se dissoudre, quelles gens devriez-vous être en sainte conduite et en piété, attendant et hâtant la venue du jour de Dieu, à cause duquel les cieux en feu seront dissous et les éléments embrasés se fondront. Mais, selon sa promesse, nous attendons de nouveaux cieux et une nouvelle terre, dans lesquels la justice habite. C’est pourquoi, bien-aimés, en attendant ces choses, étudiez-vous à être trouvés sans tache et irréprochables devant lui, en paix» (2 Pierre 3:8-14).

En parlant ainsi de l’apparition du Seigneur, Pierre dit : «Quelles gens devriez-vous être en sainte conduite et en piété» ! C’est beau, cela ! Le croyant, né de Dieu et rempli du Saint Esprit, marche dans une atmosphère d’amour, un saint amour, et traverse cette scène en ayant une sainte conduite. Il vit dans une sainte atmosphère, et apporte avec lui cette atmosphère. Autrement dit, il est séparé pour Dieu avec qui il marche, et communique les impressions, qu’il reçoit dans la compagnie de Dieu, tout autour de lui. Je ne peux rien désirer de meilleur pour vous, tandis que vous allez votre chemin, vous dirigeant vers la patrie céleste et le jour de la manifestation, afin que vos âmes connaissent ce que c’est que de traverser cette scène dans la puissance de l’Esprit de Dieu. En toute affection, j’aimerais insister, devant vous, sur les paroles de Pierre : «C’est pourquoi, bien-aimés, en attendant ces choses, étudiez-vous à être trouvés sans tache et irréprochables devant lui, en paix» (verset 14).

Vous voyez que vous avez été délivrés d’une «vaine conduite» — la religion des hommes dans la chair. Il n’est pas nécessaire que vous soyez tourmentés par leur conduite débauchée, parce que vous n’avez rien de commun avec elle. Vous êtes du ciel. Et maintenant, que doit être votre sentier ? Une conduite honnête, une conduite pure, une bonne conduite, et une sainte conduite. Eh bien, je le répète, si nous nous attachions tous vraiment à suivre ainsi le Seigneur, je crois, bien-aimés, qu’une puissance merveilleuse serait manifestée dans cette ville. Recherchons, avec zèle, avec un zèle toujours croissant, la bénédiction des autres. Nous sommes pleinement bénis nous-mêmes, et laissés ici pour être en bénédiction pour d’autres. Que le Seigneur nous donne la grâce, à chacun de nous, de nous attacher plus simplement et pleinement à Le suivre !

 

Seigneur, toi qui pour nous t’offris en sacrifice,

Remplis-nous de ferveur pour mettre à ton service

Nos jours, nos biens, nos corps, nos coeurs.

Donne-nous de marcher, malgré notre faiblesse,

Sous ton oeil tutélaire et que par toi, sans cesse,

Nous soyons tous plus que vainqueurs.

 

Fais-nous toujours goûter combien c’est douce chose,

Pour tout enfant de Dieu, qui sur toi se repose,

De t’aimer et de te servir !

«Pour moi vivre, c’est Christ» : que ce soit la devise

De tous tes rachetés, que chacun d’eux le dise,

Et que tous sachent l’accomplir.

(Cantique 140)

 

2   Élus, rachetés, achetés — 1 Pierre 1

 

[LC n° 149]

29 juillet 1961

Méditations sur la vie chrétienne, édition FR 1995, p. 290

 

Pierre s’adresse aux croyants comme à des étrangers, des voyageurs, des pèlerins. Ce monde, pour eux, est un désert ; il n’y a rien pour l’âme, aucune ressource pour la foi. Dieu ne renie jamais ses enfants. Il s’en occupe selon leur comportement, mais il ne les condamne jamais.

«Élus» (1:2) : c’est le choix de Dieu. Pour qu’un homme soit sauvé, il faut que Dieu le tire, même s’il a été élevé par des parents pieux. Dieu seul donne la vie. Le salut comprend toutes les opérations de Dieu envers une âme, depuis sa conversion jusqu’au bout du voyage.

«En sainteté de l’Esprit» (1:2) : c’est la mise à part, la séparation pour Dieu. Sanctifié par l’Esprit, un homme entre dans un autre monde. Même un enfant d’une famille de frères est étranger à la vie divine ; il n’a aucun privilège vital. Une sérieuse éducation chrétienne, importante à sa place, est aussi un grand danger : la séparation éducative n’est pas la vraie séparation opérée par Dieu quand il s’approprie une âme. Quand un homme est sanctifié, il a des rapports avec Dieu. Tout le reste, c’est de la surface. C’est Dieu qui fait le travail essentiel dans l’âme. Il peut y graver une parole que le Saint Esprit rendra opérante seulement plus tard. «Régénérés… par la vivante et permanente parole de Dieu» (1:23).

«Élus… pour l’obéissance… de Jésus Christ» (1:2), pour obéir comme Jésus a obéi. Servir, c’est faire ce que le Seigneur place devant nous. Nous n’avons pas à entreprendre un travail par nous-mêmes, ni à créer des entreprises pour l’évangélisation. «Entreprise» suppose la mise en commun d’activités en vue d’obtenir un résultat. Le Seigneur appelle des individus à son service. Il leur donne à chacun un don, mais jamais à un groupe ; le service est individuel, tout comme la marche.

Les commandements chrétiens sont absolus parce qu’ils règlent les activités de la vie divine. Être obéissant, c’est se soumettre à tous les principes de la vie divine, appliqués à la marche par l’intelligence spirituelle qui découle elle-même de l’amour. Jésus était parfaitement obéissant parce qu’il aimait son Père. «Je fais toujours les choses qui lui plaisent» (Jean 8:29). L’obéissance intelligente du coeur se traduit toujours par des actes extérieurs, pour Dieu d’abord. Pour Jésus, l’obéissance à Dieu était non seulement sa règle, mais son motif intérieur. Jamais il n’a eu à revenir sur ses pas ou s’arrêter sur un chemin où il s’était engagé. Il ne faisait pas un pas sans avoir reçu un commandement de son Père. Il attendit deux jours avant de rejoindre Marthe et Marie : au lieu de guérir un malade, il ressuscita un mort. Nos devanciers nous dépassaient largement par leur vie intérieure avec Dieu. On n’entendra pas toujours «la vivante et permanente parole de Dieu» pour n’en rien faire.

Le service chrétien, c’est un travail pour Dieu. Qui est appelé à l’oeuvre doit s’y donner tout entier. Si nous n’avançons pas dans la connaissance vivante de la Parole de Dieu, nous pourrions même un jour nous opposer à la vérité. Quand quelqu’un aime le Seigneur, il le montre ; il renonce à quelque chose par amour pour Lui ; une puissance en lui fait échec aux tendances de sa nature.

Sans la croix, les enseignements reçus dans nos réunions risquent de tourner en une simple leçon de morale. «Rachetés» (1:18), c’est le résultat de la rédemption, l’introduction dans une relation nouvelle. «Achetés» (2 Pierre 2:1), c’est la mise à la disposition de celui qui a payé le prix. Le christianisme commence en tuant l’homme : «Nous sommes morts avec Christ» (Rom. 6:8). Nous avons été rachetés de notre vaine conduite par le sang précieux de Christ. Nous sommes arrachés à tout ce qui n’est qu’une apparence pour entrer dans une réalité vivante. Nous avons une vie nouvelle, et Dieu peut nous demander de marcher comme il le désire ; et si le coeur est droit, Dieu nous aide. Si notre coeur est plongé dans les choses du monde, nous n’avons plus l’énergie de la foi pour résister à l’ennemi, car Dieu seul a le pouvoir de nous garder sans que nous bronchions (Jude 24). Tenté, le chrétien succombe et persévère davantage encore dans sa mondanité. Nos devanciers sont toujours restés des pèlerins et des combattants, face aux tentations agréables comme aux obstacles.

«Que l’épreuve de votre foi, bien plus précieuse que celle de l’or qui périt… soit trouvée tourner à louange, et à gloire, et à honneur» (1 Pierre 1:7).

«À celui qui vaincra…» (Apoc. 2 et 3).

«Tiens ferme ce que tu as, afin que personne ne prenne ta couronne» (Apoc. 3:11).

Qu’il nous soit donné de vaincre !

 

3   Désirer ardemment — Jacques 4:2 ; 1 Pierre 2:2-3 ; 1 Corinthiens 12:31, 14:1, 39 ; 1 Timothée 3:1 ; Psaumes 84:2 ; Philippiens 1:23 ; 2 Corinthiens 5:2 ; Luc 22:15

 

[LC n° 147]

5 août 1962

Méditations sur la vie chrétienne, édition FR 1995, p. 286

 

«Vous convoitez, et vous n’avez pas ; vous tuez et vous avez d’ardents désirs, et vous ne pouvez obtenir» (Jacq. 4:2). Les désirs de nos coeurs naturels sont ceux de la vieille nature que nous avons tant de peine à considérer comme morte, du vieil homme qui a été crucifié avec Christ. Cette vieille nature est la source de toutes les guerres, entre des frères, dans une famille, au sein d’une assemblée. Elle nous conduit, dans l’exercice même de la prière, à demander mal, non pas pour le développement de notre vie spirituelle, mais pour satisfaire les désirs du coeur naturel. Ainsi, des bénédictions spirituelles nous échappent, parce que notre nouvelle nature n’est pas en activité : «Vous n’avez pas, parce que vous ne demandez pas» (4:2). La vieille nature a d’ardents désirs, posséder des biens matériels ou jouir d’une certaine autorité, par exemple. Ces désirs ne devraient pas exister chez le croyant ; ce sont ceux de la chair. Que Dieu nous en garde et que nous sachions leur imposer silence.

«Désirez ardemment, comme des enfants nouveau-nés, le pur lait intellectuel» (1 Pierre 2:2). Rejetant les produits de la vieille nature, qui sont un obstacle au développement spirituel, nous pourrons croître et prospérer spirituellement. Le pur lait intellectuel est, dans ce passage, la nourriture qui convient à tous les stades du développement du croyant ; en revanche, en 1 Cor. 3:1-2 et en Héb. 5:12-14, il est la nourriture des petits enfants en contraste avec la nourriture solide, avec la viande, qui convient à des croyants déjà avancés dans la vie chrétienne. Le pur lait intellectuel que nous sommes exhortés à désirer ardemment, c’est la Parole qui nous présente Christ, nourriture excellente sans laquelle il n’y a pas de développement spirituel possible. Cette nourriture doit rester pure, non frelatée, non mélangée avec les pensées naturelles de l’homme. Le ministère doit dispenser cette nourriture qui vient de Dieu, qui est le travail de l’Esprit de Dieu, qui est en accord avec la Parole de Dieu. Est-ce que notre coeur brûle du désir de s’emparer de cette nourriture ? Ou bien se nourrit-il de lectures sans utilité pour la vie spirituelle ? Plus un croyant vit près du Seigneur, plus il sera nourri de la nourriture excellente dont il a besoin.

«Si toutefois vous avez goûté que le Seigneur est bon» (1 Pierre 2:3). Voilà pourquoi nous avons si peu cet ardent désir. Nous savons si peu apprécier la fidèle bonté du Seigneur dans toutes les étapes du chemin, dans les jours de joie comme dans les jours de peine. Formant une maison spirituelle, une sainte sacrificature (1 Pierre 2:5), nous pouvons alors nous approcher de Christ comme d’une pierre vivante pour offrir des sacrifices spirituels agréables à Dieu par lui. Nous serons des adorateurs dans la mesure où nous avons désiré ardemment le pur lait intellectuel. Si nous n’avons pas été chaque jour aux pieds du Seigneur, nous viendrons devant lui avec des corbeilles vides le dimanche. Toutes les réunions d’assemblée ont un caractère collectif ; c’est donc l’assemblée toute entière qui adore.

«Désirez avec ardeur les dons de grâce plus grands» (1 Cor. 12:31). «Désirez avec ardeur les dons spirituels, mais surtout de prophétiser» (1 Cor. 14:1). «Désirez avec ardeur de prophétiser» (1 Cor. 14:39). Les instruments que Dieu emploie sont précieux à leur place, mais le secret de la bénédiction dans une assemblée, c’est l’exercice profond de tous les frères, de toutes les soeurs, pour la prospérité spirituelle de l’assemblée, et non pas l’exercice même des dons, si éminents soient-ils. Prophétiser, c’est mettre les âmes en rapport avec Dieu, par la Parole, au moment du besoin. Quelquefois, cinq paroles peuvent suffire pour faire du bien à tous. Désirons-nous ce don avec ardeur, ou manifestons-nous une paresse coupable en laissant la charge aux autres ? Le manque d’un exercice secret avec le Seigneur est la cause de beaucoup de faiblesse. La vie individuelle d’abord, ensuite seulement il peut y avoir accroissement dans l’assemblée.

«Si quelqu’un aspire à la surveillance, il désire une oeuvre bonne» (1 Tim. 3:1). Voilà un désir qui devrait être dans le coeur de quelques frères dans l’assemblée, par amour pour les saints et pour l’assemblée, pour servir les saints et l’assemblée. La charge de l’ancien se rapproche de beaucoup du ministère pastoral, mais le surveillant connaît les circonstances et les besoins personnels, il connaît les brebis du troupeau. Il discerne aussi ce qui peut nuire au bon ordre : il pressent le danger ; il doit avertir, retenir. Mais il lui faut des qualités morales, une autorité morale. Que de maux dont on aurait pu être préservé s’il y avait eu, en temps opportun, l’intervention d’un ancien !

«Mon âme désire, et même elle languit après les parvis de l’Éternel» (Ps. 84:2). Une âme, en route pour la maison, en savoure déjà les félicités. Le pèlerin fait l’expérience de celui qui pouvait dire : «Le fils de l’homme n’a pas où reposer sa tête» (Matt. 8:20). Cette âme n’a qu’un but en traversant la terre : «Tes autels». Cette âme ne s’attache à rien d’autre ici-bas qu’à la personne dont la Sulamithe pouvait dire : «Toute sa personne est désirable» (Cant. 5:16).

«Ayant le désir de déloger et d’être avec Christ» (Phil. 1:23) ; c’est le désir de l’apôtre Paul. Pourtant, il était prêt à rester, à lutter encore, si cela était avantageux pour les Philippiens. Mais son désir ardent était d’être avec Christ.

«Désirant avec ardeur d’avoir revêtu notre domicile qui est du ciel» (2 Cor. 5:2). Dans le corps, qui est souvent une entrave au développement spirituel, nous gémissons, étant chargés. Ce corps n’est pas à la mesure de la vie divine qui est en lui. Bientôt, nous allons prendre possession de la «maison qui n’est pas faite de main, éternelle, dans les cieux» (2 Cor. 5:1).

«J’ai fort désiré de manger cette pâque avec vous» (Luc 22:15). Devant le désir si fortement exprimé par le Seigneur, pouvons-nous dire : «le désir de notre âme est après ton nom et après ton souvenir» (És. 26:8) ?

Que Dieu produise lui-même en nous ces saints désirs pour la paix de nos âmes, pour notre enrichissement spirituel, pour une vie individuelle plus nourrie de Christ, plus vraie, et aussi pour la prospérité de l’assemblée !

 

4   Le mariage chrétien — Réunion de mariage : Éphésiens 5:22-33 ; 1 Pierre 3:1-7

 

[LC n° 110]

29 septembre 1956

Méditations sur la vie chrétienne, édition FR 1995, p. 206

 

Deux apôtres parlent du mariage ; l’un n’était pas marié, l’autre l’était. Paul en parle dans l’épître aux Éphésiens, entre autres passages, où il établit une relation entre l’union de l’homme et de la femme et l’union de Christ avec l’Église, ce grand mystère que nous révèle le Saint Esprit. L’union du mari et de la femme est temporaire, pour le temps et pour notre condition actuels ; mais elle est la figure de l’union éternelle et glorieuse de Christ et de l’Église. Quelle grandeur et quelle noblesse cette union donne au mariage ! Quelle que soit la ruine où le péché a plongé l’homme, le mariage est le reflet incontestable du conseil divin dans lequel la gloire de Dieu sera manifestée d’une manière incomparable. Rien ne déploiera la gloire et la grâce de Dieu comme l’accomplissement de ce mystère caché dès les siècles, révélé aujourd’hui et accompli bientôt en perfection. Le Saint Esprit exhorte les époux à penser à ces choses bien connues, et l’expérience montre que l’exhortation garde une valeur toute actuelle. Elle apporte Dieu dans la vie conjugale, et sans Dieu la vie conjugale a vite perdu sa valeur.

Christ a aimé l’Église et il l’aime ; il la nourrit, il la chérit. Et l’amour de Christ à l’égard de cette Église qu’il aime, pour laquelle il s’est livré, qu’il sanctifie, qu’il purifie et qu’il se présentera à lui-même n’ayant ni tache, ni ride, ni rien de semblable, cet amour invariable, cet amour actif et constant, constitue le fondement des exhortations de Paul au mari. Et le mari est invité à imiter, envers son épouse, l’amour de Christ pour l’Église. Il doit entretenir dans son coeur cette source d’amour pour celle qui est devenue une avec lui.

Les femmes sont exhortées à être soumises à leur mari ; c’est la position selon Dieu de l’Église soumise à Christ par un amour réciproque entre Christ, le chef, la tête, et l’épouse, qui est son corps ; un amour éternel, intarissable.

Dans la gloire, le Seigneur montrera son amour pour l’Assemblée ; il se la présentera à lui-même ; mais c’est Dieu qui présenta Ève à Adam. On verra alors l’efficacité de ce travail d’amour infini, lorsque son Église lui sera semblable, sans tache, comme son coeur la désire. Et l’Église sera toujours soumise à Christ dans une communion d’amour éternelle. C’est ainsi que le mari est appelé à aimer sa femme et la femme à être soumise à son mari ; cette soumission, ni servile ni pénible, est le secret du bonheur de l’un et de l’autre dans cette relation que Dieu a établie pour eux. La grâce de Dieu peut éliminer les fâcheux effets du péché qui a tout gâté, et conserver les courants d’amour et de joie goûtés dans la mesure où le Seigneur Jésus demeure dans nos coeurs, où le conseil de Christ et de l’Église est présent devant nos coeurs, où nos coeurs aiment le Seigneur et sont remplis de lui. Le secret du bonheur ne réside pas dans toutes les qualités que vous pouvez avoir l’un et l’autre ; elles auront l’occasion de montrer leurs limites en étant mises à l’épreuve tout au long du chemin que Dieu vous ménage. Mais si vous regardez à Christ, chacun pour soi d’abord, chacun selon sa fonction dans le foyer, il renouvellera jour après jour la grâce dans vos coeurs pour y faire régner la paix, la joie, la communion, la force et le bonheur. N’essayez pas de faire un bonheur conjugal sans Jésus, ce serait une expérience amère.

Pierre nous place sur un terrain plus ordinaire, mais non moins utile. Nous sommes des pèlerins qui traversent le désert ; il faut pour cela des vertus et des ressources, et le désert n’en offre point ; elles sont ailleurs. Il est étrange de parler de désert à l’occasion d’un mariage, d’un avenir qu’on souhaite heureux. Mais un chrétien, qu’il soit seul ou en famille, est un pèlerin environné du sable du désert ; si nous l’oublions, le Seigneur se charge de nous le rappeler.

Pierre parle aux femmes ; il les encourage à la soumission. Si Christ est là, l’affection est là, et il nous aide à prendre et à garder la place qui est la nôtre. «Soyez soumises» ; cette exhortation est liée à la réalisation intelligente et pieuse de cette soumission dans la paix et la communion avec le Seigneur. Le Saint Esprit suppose même le cas où, dans un couple inconverti, la femme est devenue chrétienne ; il encourage une telle femme à ne pas oublier pour autant sa position vis-à-vis de son mari, mais à y persévérer ; sa conduite, son amour pour le Seigneur, sa piété et son désir de rester à la place que la Parole lui assigne, son attitude persévérante, patiente, fidèle, dans la sainteté et la crainte, pourront amener son mari inconverti au Seigneur. À plus forte raison, une femme chrétienne peut-elle être utile à un mari chrétien ; et ce n’est un secret pour personne, même pas pour le monde, que la valeur d’un foyer dépend souvent des qualités spirituelles et morales de la femme. Sur le terrain chrétien, la qualité de la femme est d’une importance majeure dans un foyer. Le Seigneur ne demande pas à l’épouse de porter un joug ; il lui confie une mission : être en aide à son mari. On le dit dans le monde, le livre des Proverbes le dit encore mieux, bien des maux sociaux n’ont pas d’autre origine que la défaillance de la femme qui ne réalise plus la place que Dieu lui a assignée. Une soeur chrétienne peut être un bien immense pour un mari pieux, pour que sa piété soit nourrie, encouragée, qu’elle se développe et que le foyer tout entier soit marqué du sceau de la présence de Dieu. L’influence de la femme est considérable, sans sortir le moins du monde de la place qui lui est assignée. Nous ne trouvons pas dans la Parole des détails concernant la vie chrétienne de la femme ou celle du foyer, même si notre paresse spirituelle souhaiterait y trouver un code ou un ensemble de préceptes. Ce qu’il y a à faire, le Seigneur l’enseigne à la femme qui s’attend à lui. Et le secret pour cela est l’homme caché du coeur, Christ dans le coeur de l’épouse. Mais une défaillance dans la piété de la femme, un manque de fidélité ou de persévérance, peuvent changer totalement le climat moral et spirituel du foyer. C’est l’occasion pour l’épouse de montrer qu’elle aime le Seigneur et son mari par un service obscur, mais capital.

L’époux doit aimer sa femme comme un vase plus faible. La femme est l’égale de l’homme au point de vue spirituel, et il arrive même fréquemment qu’une femme soit supérieure à son mari, mais la femme est pour l’homme et l’homme pour la femme. La femme est un vase plus faible, mais il peut être mieux rempli.

«Que vos prières ne soient pas interrompues». Que le Seigneur vous encourage à prier beaucoup, chacun séparément, selon le courant de pensées de son âme. Mais que vos prières ensemble ne soient pas interrompues, à l’égard de toutes choses. Que le Seigneur vous l’enseigne ! Rien ne remplace la main du Seigneur vous tenant par la main, vous aidant un jour après l’autre. Vous aurez votre ciel bleu, et vous aurez votre ciel d’orage. Le désert à deux est encore le désert, il ne change pas pour autant ; ce qui change tout, qu’on soit seul ou ensemble, c’est la réalisation de la communion avec le Seigneur, le chef de l’Église qu’il aime, qu’il nourrit, qu’il chérit, qu’il sanctifie et qu’il se présentera à lui-même glorieuse.

 

5   Le contrôle de la chair dans le service chrétien — 1 Pierre 4:7-11, 17, 19 ; 5:1-11

 

[LC n° 150]

Jeudi 8 août 1963

 

Nous voyons, ici et ailleurs, la place que tient, chez le croyant, frère et soeur, l’exercice vis-à-vis du contrôle de soi, ce contrôle qui n’est pas l’effet d’une éducation et d’une contrainte extérieure, d’une discipline soit sociale, soit familiale (bien que cela puisse aider), mais ce contrôle de soi qui est le fruit de la puissance de la Parole et de l’Esprit agissant dans un chrétien. Ces versets nous enseignent la sobriété, la vigilance ; autrement dit, la chair étant freinée. C’est de toute importance, pour la vie d’un chrétien, et davantage encore pour la vie collective des saints.

«L’amour couvre une multitude de péchés», c’est-à-dire que l’amour ne couvre pas tous les péchés. Et il est des péchés que l’amour, après Dieu ou avec Dieu, découvre. Mais cette exhortation est pour nous apprendre à nous méfier de la tendance universelle du coeur humain, de se complaire à découvrir les fautes des autres. Et cette tendance n’échappe pas au chrétien. Si nous aimions nos frères et nos soeurs comme nous le devrions, nous souffririons des fautes commises par le coupable. Une mère souffre plus que son enfant, même n’étant pas fautive.

Ensuite, nous avons quelques exhortations pour le service : «Suivant que chacun de vous a reçu quelque don de grâce, employez-le…». C’est une chose reçue, donc nous n’avons pas à nous en enorgueillir. D’ailleurs, nous n’avons à nous enorgueillir de rien. Si un homme est intelligent, qu’il ne s’enorgueillisse pas ! L’orgueil est un très grand péché, parce que les qualités qu’il a, il les a reçues ; il ne les a pas acquises. Même s’il lui a été donné de les développer, c’est que Dieu lui en a donné la capacité. Dieu aurait pu l’arrêter par tant de manières. On se glorifie de ses exploits ! On devrait se souvenir que tout ce que nous pouvons faire de bien, c’est Dieu qui le fait en nous. On ne devrait pas frustrer Dieu de sa gloire. Nous avons besoin de veiller sur cela, continuellement.

«Si quelqu’un parle, qu’il le fasse comme oracle de Dieu» : parler comme oracle de Dieu, c’est-à-dire étant la bouche de Dieu. Le frère qui prie est la bouche de l’assemblée. Un frère n’est qu’un instrument dont le Saint Esprit se sert, et dont toute la fidélité consiste à s’en tenir là. Si le Saint Esprit lui donne trois paroles, qu’il n’en donne pas quatre. Au culte, c’est la même chose.

Il y a deux sortes de services. Les services sacerdotaux se réalisent dans le culte et dans la prière. C’est un service de sacrificateurs. Tous les saints y sont engagés. Tandis qu’un ministère de la parole n’est pas un ministère sacerdotal. C’est un service de lévites, si nous remontons à l’Ancien Testament. Tout frère qui a reçu quelque chose de la part du Seigneur n’a pas à reculer devant des paroles, aussi éprouvantes, exerçantes, que celles-là. Parce que le Seigneur ne nous donne jamais à faire quelque chose sans nous fournir les moyens pour le faire. S’il nous demande de parler comme oracle de Dieu, nous devons tendre à cela. Et, si nous nous attendons à lui, individuellement et en assemblée, il pourvoira à tout.

Cela demande de l’exercice pour tout le monde, pour ceux qui agissent et pour ceux qui écoutent. Tout le monde y est engagé, de même que pour les autres services, afin qu’en toutes choses, Dieu soit glorifié. Dieu est glorifié ; le Seigneur est glorifié ; et les âmes sont bénies. Il y a un vrai bonheur.

L’édification consiste à ce que les vérités touchent les coeurs et les consciences des saints, dans toutes les réunions. C’est vrai d’ailleurs pour une visite, et aussi pour une rencontre, à l’occasion, entre frères. Si l’Esprit agit, il peut y avoir une vraie bénédiction et une réponse aux besoins, quelquefois un avertissement qui était nécessaire.

Nous sommes exhortés ensuite à nous rappeler que le jugement de Dieu commence par sa propre maison, comme il nous est dit dans l’Ancien Testament. Une assemblée locale, dans un lieu, est l’expression, dans ce lieu, de l’Assemblée universelle. Quand nous rompons le pain, nous voyons tous les chrétiens du monde, sans les connaître. Nous pensons à eux, et nous les embrassons tous, autant qu’avec les frères avec lesquels nous avons le plus de communion. L’assemblée est responsable de l’ordre moral dans son sein. Sûrement, si elle est fidèle, elle ira beaucoup plus loin dans ce jugement-là que dans n’importe quel autre milieu chrétien. Jusqu’où va son jugement, dans l’assemblée ? Quel est son objet ? L’objet du sain jugement, moral et administratif, c’est le jugement du premier Adam, dans toutes ses manifestations, sans exception. De sorte que chacun de nous a à juger sa chair, quand elle agit, même sans que personne ne l’ait su. Dans le monde religieux, on l’encourage, on la nourrit. Dans l’assemblée, pratiquement, nous devons être exercés pour qu’elle soit de plus en plus condamnée. Un frère peut être un serviteur qualifié ; son «moi» peut l’emporter comme un autre. On ne peut pas laisser cela sans le juger. Nous jugeons le mal, c’est-à-dire la chair, dans ses formes grossières. Mais, par exemple, si l’orgueil s’empare d’un frère, nous devons lui être en aide. L’assemblée ne tolère pas cela, pour la gloire du Seigneur, pour le bien de l’assemblée, et pour le bien du frère en question. Nous sommes heureux à cette condition-là. Ne reculons pas devant cela. C’est le Saint Esprit dans les saints, dans un frère, qui peut juger la chair dans un frère, et aussi dans l’assemblée ; et aussi la juger administrativement, si cela devient nécessaire.

Il y a des frères et des soeurs spirituels, pour discerner et agir par l’Esprit. Il peut ainsi y avoir une vraie liberté et un vrai bonheur, parmi les saints. Les saints se rendent mieux compte de leur position entre eux, vis-à-vis du Seigneur et vis-à-vis du monde. Il y aura alors beaucoup moins besoin d’exhortations.

«J’exhorte les anciens…». L’ancien a une charge locale. Nous voyons ailleurs la qualification de l’ancien, qui est une charge. On peut prier pour que le Seigneur qualifie de tels frères.

Les anciens sont là pour l’ordre extérieur. L’enseignement peut atteindre la conscience et freiner la chair à l’intérieur. Mais l’ancien s’occupe des soins à l’extérieur. Un ancien peut être capable aussi d’exercer des soins pastoraux. Cela est assez perdu, dans les assemblées ; et il s’ensuit du désordre. Alors, quelquefois, les jeunes se mettent à l’avant, et affirment des choses qui ne sont pas scripturaires, parce qu’il n’y a pas l’exercice du don d’un ancien pour arrêter les choses en temps voulu. Il y a quelque quarante ans, il y avait des frères qui, par leur présence et leur action, prévenaient de tels désordres. Ils nourrissaient les âmes et les esprits du bien et de la vérité, de sorte qu’on n’avait pas le temps de penser aux fantaisies ou aux inventions de l’esprit de l’homme, même de l’esprit d’un chrétien. Le meilleur préservatif contre le mal, c’est d’être occupé du bien. Mais, quelquefois, il faut aussi s’occuper du mal, pour le freiner.

Que celui qui a des charges soit humble. L’humilité est une admirable vertu, une belle fleur de la grâce, qui ne se réalise qu’avec le Seigneur. Sinon, il peut y avoir une humilité affectée, tandis que la présence du Seigneur dans le coeur est le seul secret pour qu’on s’oublie soi-même. Ceux qui sont en avant ont besoin d’être exercés, spécialement en cela. Ce sont des exercices avant les réunions, mais aussi tous les jours de leur vie. Les soeurs aussi doivent être exercées. Il arrive que les soeurs aient une mauvaise influence sur les frères, et entretiennent des tendances naturelles.

Si chacun priait beaucoup pour que le Seigneur manifeste, éclaire, quant aux dangers qui surgissent, et qu’on prie, d’une façon générale, pour le bien de chacun et le bien de l’assemblée, le bien de ceux qui sont en avant notamment, il y aurait alors de grands effets de cela. Les soeurs devraient ne pas oublier cela. Les soeurs ne peuvent pas ouvrir la bouche, dans l’assemblée. Mais elles devraient l’ouvrir beaucoup dans le secret, avec Dieu.

«Dieu résiste aux orgueilleux, mais il donne la grâce aux humbles». Il connaît de loin les hautains. Il connaît aussi ceux qui sont humbles. Dieu connaît cela ; et il ne se trompe pas. Un frère qui est exercé avec le Seigneur, Dieu le bénit. Tandis qu’un frère qui s’élève dans son coeur est en grand danger. Il serait intéressant, pour les jeunes, de chercher, dans la Parole, combien de fois il y a ceci : «Parce que tu as dit dans ton coeur…». Voilà une étude très profitable pour tous. On ne s’en tire pas par un exercice d’une seule fois.

Un frère humble, ce n’est pas un frère qui, le cas échéant, ne serait pas comme un lion, quand il s’agit de la gloire du Seigneur, de ses intérêts. Ce n’est pas parce que l’apôtre était un lion, avant sa conversion, qu’il cessait d’en être un depuis qu’il était devenu un agneau. Mais son énergie, il l’employait dans un autre domaine. Un frère qui a affaire au Seigneur peut allier une profonde et réelle humilité à une énergie indomptable, une énergie qui peut le pousser à tenir, à résister, ou à s’avancer pour le combat. Tout ceci doit être fait avec Dieu. Cela ne s’imite pas.

Que nous sachions nous humilier sous sa puissante main. On a quelquefois l’impression que certains frères, parce qu’ils sont en communion, s’imaginent être les meilleurs chrétiens du monde. Ce n’est pas vrai. Et, si même ce serait vrai, nous ne devrions pas lever la tête. Or ce n’est pas vrai. Il est sûr qu’il y a, dans certains milieux, des chrétiens qui nous feraient honte, sur bien des points. Du moment que nous levons la tête, nous sommes en grand danger. Faisons bien attention à cela. Un danger qui nous guette tous, c’est que les frères, en général, sont assez appréciés. Et, de temps en temps, on le leur fait sentir. Prenons garde ! Portons en nous-mêmes la conscience de ce que nous sommes, et que celui qui nous apprécie ne discerne pas. Et aussi, ayons la conscience de tout ce dont nous sommes capables.

J’aime rappeler ce que disait un frère, un cher serviteur du Seigneur, un homme de Dieu, après avoir fait une visite, en réponse à ce que lui dit une soeur : «Quelle bonne visite vous avez fait !» — «Satan me l’a déjà dit à l’oreille». Gardons bien cela. Le diable rôde autour de nous, continuellement. Résistons-lui. Ce n’est pas résister en combattant avec lui. Comment peut-on résister au diable ? «Étant fermes dans la foi». Lorsqu’il trouve Christ en nous, il trouve là celui qui l’a vaincu ; il s’en va. C’est bien pratique. C’est un fait : Satan est un être qui se promène par toute la terre, très actif, et connaissant bien le coeur de l’homme, et sachant bien ce qu’il faut présenter à chacun. S’il trouve Christ, il ne peut rien faire, et il nous laisse.

La vie chrétienne est une vie faite de choses extrêmement précises ; pas de généralités, pas de proclamations de vérités, qui sont de simples paroles qui n’ont pas d’effets. Mais il faut la Parole précise, opérante, l’épée de l’Esprit. Mais la Parole n’est pas seulement une épée. Elle est aussi un pain, une nourriture, une consolation, une lampe à notre pied, une lumière à notre sentier (Ps. 119:105). Elle est divine, éternelle. Et nous avons l’Esprit qui est en nous, toujours, en nous et avec nous, au milieu de nous, pour nous l’ouvrir, et l’appliquer à nos coeurs et à nos consciences.