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Méditations sur la Parole de Dieu

 

2 Samuel

 

 

Louis Chaudier

 

 

Table des matières :

1      La vie de David — 1 Samuel 7:6… ; 2 Samuel 2:2-7, 47-50, 51 ; 3:2-7

 

 

 

Le texte de ces méditations a été révisé par Bibliquest dans sa forme, par rapport à diverses éditions papiers précédentes. Les révisions ont été limitées à ce qui était nécessaire à une expression et une compréhension correctes. Le texte reste marqué par son caractère oral, non révisé par l’auteur. Dans certains cas d’expressions au sens discutable, l’imperfection de celles-ci a été laissée de peur d’en perdre une certaine vigueur.

Certains textes ont été repris de l’ouvrage «Méditations sur la vie chrétienne» édité en 1995 par F.R., et sont notés comme tels. Ces textes ont fait l’objet (par F.R.) d’une révision un peu plus poussée.

 

 

1   La vie de David — 1 Samuel 7:6… ; 2 Samuel 2:2-7, 47-50, 51 ; 3:2-7

 

[LC n° 23]

16 novembre 1952

 

Je présente seulement quelques remarques en rapport avec la vie de David, avec les enseignements et les encouragements qu’une vie aussi riche en expériences que celle-là peut nous donner. C’est plutôt une invitation pour chacun de nous à lire et à relire ce que ces livres historiques nous apprennent de cet homme de Dieu. Le temps nous manquerait, si nous voulions étudier cette vie de David. Il est évident qu’il nous faudrait considérer d’autres parties de la Parole — c’est un sujet très intéressant, si on a un peu de temps — en particulier les Psaumes, qui ont été donnés par David (inspiré par l’Esprit de Dieu) au fur et à mesure des circonstances diverses qu’il a connues ou, en tous cas, en rapport avec elles. La suscription de plusieurs nous montre à quel moment David, inspiré, a écrit ces Psaumes. Et ce n’est pas le côté le moins profitable de la vie de David que ce que nous révèlent les Psaumes. David avait un coeur de lion, une énergie hors pair. C’était un homme vraiment extraordinaire. Quand Dieu fait un choix, Il sait le faire. Il connaît l’homme ; Il connaît les hommes, l’individu, chaque individu. Autrement dit, Il en connaît la capacité. Sur le terrain spirituel, Dieu connaît la capacité du vase, distincte du don qu’Il a mis dans le vase. D’ailleurs, le don, en général, est en rapport avec la capacité. C’est ce que nous trouvons dans le Nouveau Testament.

Pierre était un homme énergique ! Et ceux que le Seigneur appelle «fils de tonnerre»(cf. Marc 3:17) ! Ce n’est pas pour rien que le Seigneur les appelle «fils de tonnerre». Les disciples surnommés ainsi, le Seigneur les connaissait. Dieu se sert des caractères du vase. Il connaît chacun de très près, et Il prépare chacun pour telle ou telle circonstance. La haute main de Dieu est toujours là. Nous nous perdons souvent dans l’examen des circonstances, des hommes et des choses, alors que, simplement, la haute main de Dieu est là.

Nous en avons ici un exemple. Voilà une triste situation dans l’histoire du peuple, très triste. Il y avait là, à leur tête, Saül, dont l’histoire est non moins intéressante, mais dans un sens inverse de celle de David. Saül nous représente, absolument et de la façon peut-être la plus complète qui soit, la chair placée dans une position privilégiée. Saül, ce n’est que la chair qui a des capacités et des qualités. C’était, comme David, un homme qui n’était pas ordinaire. Mais c’est la chair mise à l’épreuve dans une position très privilégiée. C’était un homme distingué, et il a été roi d’Israël. Et comment finit-il ? Il est balayé par la tempête, et balayé d’une façon violente, après avoir d’abord fléchi sur plusieurs points très graves. À un moment de son histoire, deux de ces points sont rappelés. Premièrement, il n’a pas compté sur Dieu. Il n’a pas su attendre, peut-être un quart d’heure, peut-être quelques minutes. Il s’est impatienté. Samuel lui avait dit, par la parole de Dieu : Tu m’attendras là sept jours, jusqu’à ce que je vienne vers toi. Saül a attendu presque jusqu’à la fin. Mais la chair s’est impatientée. Il a offert le sacrifice, et il a péché. Dieu lui dit, à cause de cela : «Maintenant, ton règne ne subsistera pas». Une autre raison pour laquelle Dieu l’a éliminé comme roi, c’est qu’il n’a pas été fidèle dans la lutte contre Amalek. Il a ménagé l’ennemi numéro un du peuple de Dieu, Agag. Il aurait dû le mettre en pièce ; il ne l’a pas fait. Voilà une deuxième raison.

C’est que, lorsqu’il est question des ennemis du peuple de Dieu, il ne s’agit pas de mettre sa main droite du côté de Dieu et sa main gauche du côté du diable. L’apôtre Paul combat des armes de la main droite et de la main gauche. Le combat qu’il livrait de la main droite était le même que celui qu’il livrait de la main gauche ; c’était le même. Les armes visaient le même ennemi, ce qui n’est pas toujours commode, sans la droiture morale !

Saül a péché encore en ce qu’il a évoqué les esprits. Il s’est servi d’une nécromancienne, d’une femme qui évoquait les esprits, chose abominable ! Il a fait de très graves fautes. Il représente la chair pleine de qualités dans une position privilégiée, dans une position de responsabilité, mais pleine d’avantages. Et son exemple peut s’appliquer à toutes sortes de positions.

On peut l’appliquer, d’une façon générale, soit à la chair chrétienne dans un individu ou dans une position officielle dans la chrétienté, soit à la chrétienté tout entière comme telle, qui a une position privilégiée, position qu’elle a prise — et elle le reconnaît. Elle a une position tout à fait distincte des païens. Eh bien, elle sera balayée, au jour où la tempête de Dieu soufflera sur le monde. Saül l’a été d’une façon violente. Il est mort d’une façon violente, sur les montagnes de Guilboa. Le jugement est arrivé. Saül a été serré de plus en plus près, jusqu’au jour où il a été emporté, et avec lui, Jonathan. Jonathan était pourtant un homme de Dieu, un vrai croyant ; mais il a été emporté. Il était près de Saül — c’était son père ! Jonathan s’était dépouillé pour David — nous le voyons, à la suite de la scène de Goliath — aux pieds de David. Mais il n’a pas tenu jusqu’au bout. Il est l’image de quelqu’un qui a préféré les liens de la chair — et aussi, probablement, les avantages du trône — à la proximité et à la cause de David. Il était pourtant persuadé que Dieu avait réservé à David la royauté. Il est vrai qu’être persuadé d’une chose n’est pas ce qui garde de s’égarer.

Comme on l’a dit, la connaissance, la certitude humaine, ne gardent pas. C’est Dieu qui garde. Que Dieu fasse que les jeunes, en particulier, s’en souviennent ! Ce n’est pas ce qu’ils savent des vérités qui les protège, au contraire ! Et celui qui fait le mal, souvent avec beaucoup de connaissances, est très porté à invoquer le nom de Dieu pour endormir sa conscience ! Quand on pense que c’est parfois au moment même où nous faisons le mal que nous faisons ainsi ! Nous sommes des êtres pervers, chers amis !

«Or, à Celui qui a le pouvoir de nous garder sans que nous bronchions…» (Jude 24) : Dieu seul peut nous garder. Je me rappelle les paroles d’un serviteur du Seigneur qui a bien commencé, bien continué et bien fini, et qui disait, à ses dernières heures : «Je tiens à dire aux jeunes chrétiens : la connaissance ne vous gardera pas ; Dieu seul peut vous garder».

Si la connaissance nous gardait, chers amis, nous serions, pratiquement, beaucoup plus fidèles que nous ne le sommes ! Qu’est-ce que nous avons fait comme infidélités, depuis quelques jours seulement ? Chacun le sait pour lui-même. Et à l’égard de quoi ? La connaissance ! Mais chacun de nous est capable d’écrire un livre entier sur le Seigneur, sur la doctrine, la plus pure doctrine évangélique. Nous sommes tous capables de cela ! Mais ce que le Seigneur veut et nous demande, c’est d’être fidèles dans telle ou telle situation, de veiller. C’est la pureté, la sainteté, la fidélité. C’est autre chose que d’énoncer des vérités. Dieu le sait, et son oeil nous suit. Le reste, c’est — il faut l’appeler par son nom — de l’hypocrisie ou de l’inconscience.

Jonathan est un personnage extrêmement sympathique, spirituellement parlant. Mais quelle leçon que sa fin, chers amis ! Abigaïl brille davantage. Elle présente un état d’âme supérieur. Tout ceci nous parle de l’attachement des chrétiens à Christ, du degré d’attachement. Il y a des degrés, dans l’attachement de ces âmes à David. Ah, c’était sans doute difficile, pour Jonathan, de se détacher peu à peu de ce soleil que représentait Saül, placé par Dieu où il était, pour s’attacher à un David, qui était quoi ? «Une perdrix chassée sur les montagnes» (cf. 1 Samuel 26:20). C’est là une mise à l’épreuve. Que chacun de nous lise et médite ces choses.

La vie de David, en elle-même, est extrêmement riche en enseignements. Son départ nous donne un exemple rare. Le départ de David est très beau. Il y a peu de taches, dans le tableau de la vie de David ; très peu de taches, beaucoup de lumière, peu d’ombres. Mais il y a comme une éclipse, dans sa vie. Le départ est de toute beauté : un jeune homme mis à part par Dieu. Le peuple allait à ses convoitises ! Dieu supporte beaucoup de choses. Mais en même temps, Il avait l’oeil sur quelqu’un qu’Il avait préparé et mis à part. C’était le dernier d’une famille nombreuse, et d’une famille peu en vue. Et, au moment voulu, lorsque la menace apparaît, sous la forme d’un Philistin qui a été l’ennemi permanent du peuple de Dieu, et qui est l’image de l’ennemi situé à l’intérieur des limites du peuple de Dieu, David apparaît.

Saül est pourtant là. Il a sa couronne ; il est pourtant roi ! Mais il a peur. Il eut peur, il eut très peur ; nous le trouvons écrit plusieurs fois. Il eut très peur des archers. Voilà la chair. Elle aime bien avoir un trône. Mais quand l’épreuve arrive, la chair a peur ; elle a très peur des archers. Voilà ce qu’est la chair, exactement, toujours. C’est pourquoi, première leçon, ne comptons pas sur la chair, pas plus sur la nôtre que sur celle d’un autre. Que Dieu nous accorde d’apprendre au moins, de David, cette leçon, qu’il exprime dans tant de Psaumes : «L’Éternel est ma lumière et mon salut, il est mon Dieu, il est mon rocher». Voilà un bon état d’âme : «Il est mon rocher» (voir par exemple Ps. 27:1 ; 42:11 ; 62:2).

David apparaît, un jeune homme. Sa première épreuve publique, c’est Goliath. Je ne parlerai pas de David dans la façon dont il représente le Seigneur (ce n’est pas maintenant ce que j’ai à dire, bien que ce soit un des côtés les plus élevés de cette scène), mais simplement ce que cette scène peut nous dire à nous-mêmes. David est là et s’avance. Le peuple est en désarroi, car Goliath est un homme qui en impose ! On avait été ravi d’avoir un Saül, dont la tête dépassait toutes les autres. On voit cela, chez les frères et chez les soeurs qui peuvent s’appuyer sur tel ou tel, quand la chair a bonne apparence. Mais, quand elle se présente sous la forme d’un ennemi mortel, tout le monde a peur. Saül a peur, tremble.

Par la providence de Dieu — car Dieu a sa providence, Il se sert de tout, conduit tout — David est amené sur le front de bataille. Il ne l’a pas voulu ; il ne l’a pas cherché. C’est la volonté de Dieu. Dieu l’a préparé ; et le voilà juste au moment voulu. Ses proches ne le comprennent pas et l’accusent. Son frère aîné dit : «Oh, je connais l’orgueil qui est dans ton coeur» ! David aurait pu se laisser rebuter, dire : Je m’en vais. Il aurait pu retourner d’où il venait, en pensant : qu’ils se tirent d’affaire avec ce qu’ils ont devant eux ! Non, David va sur le front de bataille, et porte sur la situation un jugement divin. Il n’y a pas d’hésitation, de sa part. Ce n’est pas un jugement humain. Pourquoi ? Comment ? Aurait-on peur de ce Philistin qui est un incirconcis et qui a outragé les troupes rangées du Dieu vivant ? On aurait peur de celui-là ? Voilà la foi. Dieu entre en scène. Le conflit n’est plus entre David et les Philistins, mais entre Dieu et les ennemis de Dieu. Voilà ce que fait la foi, toujours. C’est un jeune homme qui fait cela. Il n’est pas interdit, à un jeune homme, aujourd’hui, d’en faire autant. C’est une question de foi. La foi fait intervenir Dieu. La chair compte ; elle compte ses amis, ses ennemis. La foi ne compte ni les uns, ni les autres. David est tout seul. Il le sent très bien, et aura à le sentir plus profondément : ses frères d’abord, et puis, un peu plus loin, Saül, qui va l’embarrasser. On veut l’aider ; on le gêne. David est tout seul ; voilà la foi. Il nous arrive de dire : Si seulement on pouvait s’appuyer sur ceci, cela, celui-ci, celui-là. Mais il faut la foi. La foi s’appuie sur Dieu.

Il n’est pas interdit, à un jeune chrétien, à une jeune chrétienne, de s’appuyer sur Dieu, de livrer les combats de Dieu et de remporter les victoires de Dieu ! Ce n’est pas interdit ! L’occasion est offerte à chacun. C’est une question de foi. David dit, d’autre part, dans les Psaumes : «Il est à ma droite, je ne serai pas ébranlé» (Ps 16:8). Si nous allions à travers ce monde en ayant Dieu à notre droite, nous n’aurions peur de personne. Rien ne compterait, aucune difficulté. Nous avons le privilège de pouvoir le faire. Qui est-ce qui nous empêche de le faire ? Personne.

David s’avance, et ce moment révèle David à Saül. Saül n’arrive pas à le comprendre. Mais une espérance s’éveille dans son coeur. En voilà un qui a l’air de ne pas parler, de ne pas être comme nous tous, un dont le coeur n’est pas comme les feuilles des arbres agitées par le vent, comme nous le trouvons à propos d’un autre : «et le coeur du roi fut agité comme les arbres de la forêt devant le vent» (cf. És. 7:2).

David répond à Saül : Voilà, j’ai tué le lion, et j’ai tué l’ours ; Dieu m’a délivré de cela, Il me délivrera de ce Philistin. Saül n’a plus rien à dire. Mais il veut l’aider, d’une manière charnelle et humaine, en le revêtant de sa propre armure. David dit non. David est tout à fait seul, et avec des ressources étrangères à tout ce que le peuple de Dieu peut lui présenter. Saül a une armure. C’est un homme avec une épée, une puissance extérieure, un homme officiel, un personnage officiel. Et les personnages officiels, dans ce monde, même chrétiens, ont une puissance extérieure dans leurs mains. Mais la foi n’en a pas. Et David nous montre que la foi compte sur Dieu, et n’a rien d’officiel. Ce qui est officiel, c’est la chair, toujours ! Alors David s’avance tout seul. Il faut que ce soit tout seul. C’est un combat singulier. Il est absolument seul ; on ne pourra pas l’aider. Le moment est arrivé où la rencontre se fait. La lutte va se réaliser ; et David sait, en s’avançant, qu’il ne peut compter sur personne. Tous les appuis sont vains. Et d’ailleurs, tout le monde est en arrière.

Alors nous voyons, chez David, briller la foi, avec la prudence, l’humilité, la modestie. Il dit au Philistin : Aujourd’hui, je donnerai ton cadavre à manger aux oiseaux des cieux et aux bêtes de la terre ! Le Philistin se considère comme insulté parce que David a un bâton au lieu d’avoir une épée. Il insulte David, le méprise. Mais David parle au nom de Dieu, de la part de Dieu, et dit : Aujourd’hui, ton cadavre sera donné en pâture aux bêtes de la terre. C’est ce qui a eu lieu, nous le savons. Voilà le départ de David. Probablement, nous n’avons pas eu le même. Mais Dieu veuille que notre vie soit marquée de faits dans lesquels nous avons vu Dieu avec nous. Sinon, vraiment, est-ce que nous serions de vrais chrétiens ?

Chez tout vrai chrétien, il y a des expériences faites avec Dieu, dans lesquelles il a appris ce que Dieu est pour le croyant, dans lesquelles il a vu les délivrances que Dieu opère pour chacun de nous, à un degré ou à un autre, de quelque façon que ce soit. Mais il n’y a pas de vrais croyants à qui Dieu ne se soit pas fait connaître comme Celui qui a tué le lion et l’ours. Ce n’est pas possible !

Comme on l’a dit bien des fois, la foi vaut ce qu’elle a coûté. David a pu dire qu’il a rencontré le lion et l’ours. Mais Dieu combat en lui, et de même dans sa rencontre avec Goliath.

Nous pouvons bien penser que son coeur d’homme a dû être fortement exercé en allant à un tel combat, surtout en raison des conséquences qu’il comportait. Que Dieu nous accorde à tous, aux jeunes et aux vieux — aux jeunes en particulier — de savoir un peu ce que c’est que d’abattre le lion et l’ours dans le secret. Je dis bien dans le secret. Ce n’est pas une petite chose (Dieu a choisi cela pour nous parler) de rencontrer le lion avec un bâton, ou rien, dans sa main. Ce n’est pas un fait ordinaire. Et Dieu souligne ainsi la difficulté de cette lutte. Que Dieu nous accorde de rencontrer le lion et l’ours, et de les abattre, et cela dans notre vie de tous les jours. Ce sont des exercices secrets, où nul oeil ne nous voit que l’oeil de Dieu, qui sont les plus importants, dans la vie du chrétien. Ce sont, de beaucoup, les plus importants. Les manifestations extérieures n’en sont qu’un effet.

Est-ce que nous cherchons à avoir Dieu avec nous et à remporter les victoires de Dieu contre le mal, contre l’ennemi, dans notre vie quotidienne ? C’est ce qui est, de beaucoup, le plus important.

David a été vainqueur publiquement, parce qu’il avait été vainqueur dans le secret, ce qui est toujours le cas. Et c’est pourquoi, quand nous sommes appelés à quelque service public, eh bien, la première chose à faire, c’est de remporter la victoire dans le secret, sous l’oeil de Dieu ; la victoire contre tout ce qui est ennemi de Dieu, contre tout ce qui est opposé à Dieu, opposé à la vie de Dieu. Et, incontestablement, c’est ce qui est, de beaucoup, le plus difficile.

David a appris à connaître Dieu, non pas d’abord dans la rencontre avec Goliath, mais dans la rencontre avec le lion et l’ours. Et notre vie, notre état chrétien à tous et à chacun, dépend de la façon dont nous remportons ces victoires sous le regard de Dieu, jour après jour. C’est très facile, de paraître un chrétien, mais il faut l’être devant Dieu. C’est la chose la plus difficile : être un chrétien devant Dieu.

Ensuite, nous trouvons que David devient l’objet de la haine de Saül. Ah, une telle chose n’est pas nouvelle, bien loin de là ! Pourquoi Saül hait-il David ? C’est que David marchait avec Dieu, et pas Saül. David, Dieu agissait en lui et par lui. En Saül, c’est la chair qui agissait. Et la chair a toujours de la haine. Pourquoi Caïn tua-t-il son frère ? Parce que les oeuvres de son frère étaient justes, et que les siennes étaient mauvaises. Saül, qui a été délivré par David, est jaloux de la grâce de Dieu dans David, et il le poursuit de sa haine jusqu’à la mort. Pauvre David ! Et il était si jeune, ce pauvre David ! Voilà une nouvelle expérience ! Il a été poursuivi de la haine de Saül. Saül a cherché à le traverser plusieurs fois de sa lance, à le clouer à une paroi. Comment cela se fait-il, chers amis ? Saül, qui avait été oint d’huile comme roi, Saül, que David n’a pas osé toucher ! Une fois, il lui a coupé le bord de son vêtement, et il est écrit cette expression remarquable : son coeur le reprit (1 Sam. 24:6). Il est obligé de juger ce simple acte, d’avoir coupé un morceau du vêtement de Saül. Et pourtant, il avait résisté à l’un de ses proches qui disait : un seul coup de lance et je le transperce ! Voilà un beau caractère, un beau trait de David, qui nous fait penser au Seigneur : il n’a pas l’esprit de vengeance. Pour un geste qui n’avait que l’apparence de la vengeance, son coeur l’a repris. Il dit de Saül que Dieu le fera tomber : «qu’il tombe au jour de la bataille ou quand ses jours s’achèveront, mais ma main ne sera pas sur lui» (cf. 1 Samuel 26:10). Que Dieu nous accorde cet esprit de grâce et de crainte de Dieu. David était comme un lion quand il fallait l’être, et il avait la pensée de Dieu. C’est un des traits qui le distingue : son intelligence des choses de Dieu. Il sait ce qu’il faut faire dans telle ou telle situation.

Le voilà pourchassé comme une perdrix, et sa vie est en jeu nombre de fois. C’est à propos de cela que nous trouvons, dans les Psaumes, beaucoup d’expériences qu’il a faites. Il a à faire à toutes sortes de gens, à des menteurs. Peut-être que, dans toute l’Écriture, on ne trouve pas de paroles plus fortes que celles de David sur les menteurs. Au Psaume 55:21 (il vise l’antichrist, mais c’est à propos de ce qu’il a rencontré), il dit : «Les paroles de sa bouche étaient lisses comme le beurre, mais la guerre était dans son coeur». Ah, chers amis, David n’était pas âgé, quand il a fait ces expériences. Et comme il a fallu que la grâce de Dieu veille sur lui !

David a commencé par des victoires : l’ours, puis le lion, et puis Goliath. Mais on peut se demander si tout ce qui a suivi n’était pas une épreuve bien plus profonde ; d’abord Saül, et puis d’autres personnes et d’autres circonstances !

Nous trouvons les accents de son coeur qui s’expriment, de la part de Dieu, dans les Psaumes, et cela nous fait du bien. Pourquoi avons-nous du plaisir à considérer les Psaumes de David ? C’est parce que nous y trouvons les sentiments d’un homme dont le coeur a été tant de fois brisé, broyé et mis à l’épreuve. C’est le propre de toute l’Écriture, qu’elle donne, en se servant d’autres personnes, une voix à nos sentiments. Elle a fait parler des coeurs, et en les entendant, nous disons : Voilà ma souffrance. Je trouve de la sympathie dans cette voix qui a parlé, il y a peut-être trente siècles ! Dans cette voix qui a parlé il y a trente siècles, je trouve du réconfort et de la sympathie. En voilà un qui a souffert, qui a pleuré, et je trouve dans les paroles que le Seigneur Jésus a mises dans son coeur à ce moment-là un précieux rafraîchissement, un précieux réconfort pour ma propre âme. Voilà l’excellente valeur de l’Écriture.

Que d’épreuves pour David ! Les épreuves vont-elles cesser lorsqu’il arrive au trône ? Non, pas du tout, les épreuves n’ont pas cessé. Et c’est là que nous trouvons, justement, la plus solennelle leçon de toute la vie de David.

David était plus beau, plus fidèle, plus glorieux — nous pouvons le dire — lorsqu’il allait d’une caverne à l’autre, ne sachant pas le matin où il coucherait le soir et s’il serait en vie le soir, poursuivi, non par les Philistins dont il a toujours triomphé, mais par le peuple de Dieu qui mettait sa vie en jeu, que lorsqu’il était sur le trône. La leçon la plus solennelle de l’histoire de David est une leçon que nous pouvons demander à Dieu de graver dans notre coeur à tous. C’est que le chemin du succès dans ce monde — le chemin du succès comme celui de David — n’est pas le chemin du chrétien. Ce n’est pas celui-là.

Que Dieu nous accorde d’être comme le David d’avant le trône, d’avant le règne, d’être contents de poursuivre notre chemin, voyageurs, forains et étrangers, souffrant, portant la croix jour après jour, mais fuyant tout ce qui pourrait ressembler à un succès, à un succès établi. Car le succès, c’est la porte ouverte à ce que nous trouvons de plus triste dans la vie de David. On voit des indices de fléchissement avant qu’il en arrive où il en est arrivé. Ces indices sont clairs, dans certaines choses que la Parole déclare, avec sa précision habituelle. Enfin, on voit David qui, au lieu d’aller prendre la tête de son armée, reste chez lui. C’est Joab qui s’en va. David reste chez lui. Il aurait dû aller coucher sous des tentes, aller partager les douleurs, les dangers, les périls de son armée, être en première ligne, comme son rôle l’y appelait. Il ne l’a pas fait. Et la vigilance, qu’on voit chez lui quand il était un enfant, pour vaincre le lion et l’ours, la dépendance de Dieu, la force de Dieu avec lui en présence de Goliath, sa persévérance, cette dépendance quand il va avec Dieu sur les montagnes, il les perd une fois. Cela a suffi. Il les a perdus une fois.

Mais David était un homme de Dieu, qui craignait Dieu, qui aimait Dieu. Et, même dans ce qui a suivi ce moment de sa vie, nous voyons qu’il a affaire à Dieu d’une façon remarquable, et qu’il trouve Dieu et continue à le trouver pour le reste de ses jours. La foi trouve toujours Dieu. Il n’y a pas de situation où Dieu ne puisse intervenir, où Dieu ne réponde pas à la foi. Et le David restauré est un David qui a appris à se connaître. C’est un David mûri qui parle au chapitre 23 de 2 Samuel où, au lieu de penser à lui, à son trône, à sa propre gloire, il regarde en avant vers un Autre : «Celui qui domine parmi les hommes sera juste» (2 Samuel 23:3). Il parle du Seigneur.

Eh bien, chers amis, que Dieu nous accorde de relire les Psaumes que David a écrits, de nous appuyer sur Dieu — jamais sur la chair — et de veiller sur nous-mêmes, de très près.

David est une des figures les plus belles de l’Ancien Testament. Et même avec l’éclipse qui marque sa vie, il demeure un des exemples les plus beaux d’un homme en qui Dieu a parlé et agit, et dont Dieu s’est servi. Une des choses les plus remarquables, et qui sont propres à nous encourager, c’est ce qu’il exprime, dans les Psaumes : «Il est mon Dieu, mon rocher, mon secours, ma délivrance». C’est une expérience personnelle. Il nous fait penser à Paul, qui parle d’une semblable manière. Mais ce qu’il y a de plus beau dans le David qui finit, c’est qu’on trouve en lui un coeur aussi vivant pour le Seigneur dans ses affections, et plus même, un coeur qui, loin d’avoir été endurci par le monde, le mal ou quoi que ce soit, trouve ses délices en Dieu lui-même.

Qu’il en soit ainsi pour nous tous, chers amis ; et que Dieu nous aide à ne pas chercher d’autre appui que lui-même. Que ce soit difficile et sérieux, il suffit de penser à la valeur d’un homme comme David ! Quant à sa piété, c’était un homme extraordinaire, et il avait une intelligence spirituelle qui nous confond.

Que Dieu nous accorde d’aller tous les jours en nous appuyant sur Lui, ne cherchant rien dans ce monde pour nos aises, mais nous appuyant sur Dieu.

Une fois, on était venu, on avait emporté tout ce qui était à lui. Et, chose plus grave (c’est la fin de 1 Samuel), ceux qui étaient autour de lui voulaient se révolter contre lui, dans la profondeur de leur douleur. On avait emmené leurs biens, leurs femmes, leurs enfants. Les Amalékites avaient emporté tous leurs biens. Il est dit que David — voilà une expérience quant aux épreuves — fut dans une très grande détresse. Immédiatement après, il est dit : «Mais David se fortifia en l’Éternel, son Dieu» (1 Sam. 30:6).

Que ce soit notre heureuse part !