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Trouver la pensée de Dieu et retrouver Son chemin

 

 

en période de difficultés d’assemblée (dissensions)

 

 

Table des matières :

1     Fragment de lettre    J. N. Darby    ME 1955 p. 218-224

2     Fragment de lettre    J. N. Darby    ME 1879 p. 397-399

3       L’HUMILIATION    W. J. Lowe    ME 1975 p. 317-320

4     Fragment de lettre    G. V. Wigram    ME 1955 p. 224

 

Sur la relation entre les trois premiers documents

1                    Fragment de lettre    J. N. Darby    ME 1955 p. 218-224

18 ...

 

...Je suis reconnaissant de ce que nous ayons atteint un lieu de repos, après la lutte contre le mal et l’attaque de l’ennemi. Ce que je désirerais maintenant serait que, comme nous ne pouvons pas espérer une paix de longue durée, nous nous éprouvions nous-mêmes individuellement, quant à la part que nous avons prise dans la chose, pour voir jusqu’à quel point nous nous sommes servis d’armes charnelles dans notre combat.

Quoique notre objet ait été, avec justice, d’ôter le mal d’un lieu saint, mal qui était de telle nature que l’on y pouvait voir clairement une attaque sérieuse de l’ennemi contre Christ dans l’assemblée, — l’ennemi semant à droite et à gauche ses influences pour aveugler les yeux ou obstruer de diverses manières la vue des saints, afin d’empêcher qu’ils ne vissent l’un comme l’autre, cependant, comme, par la grâce de Dieu, il y avait la décision de tenir ferme contre le mal, l’ennemi chercha à détourner l’attention du vrai point en question, pour la porter sur la manière d’être ou de faire de ceux qui étaient engagés dans l’action.

Comme dans la question touchant la personne de Christ, qui surgit il y a environ trente ans, dans celle-ci aussi on s’est beaucoup occupé de la manière dont l’affaire a été conduite, ceux qui faisaient de cela le point capital, oubliant, semble-t-il, que dans de semblables luttes, il n’est pas étonnant que la faiblesse de la chair se manifestât. Mais qu’est-ce que cela prouve ? — Précisément combien nous étions incapables de faire face à un tel assaut, et de plus que, dans l’intervalle entre la précédente attaque et celle-ci, on n’avait pas su «racheter le temps», ni rassembler ses forces, afin d’être prêts et revêtus de «toute l’armure de Dieu». — A-t-on fait assez attention à cette partie de l’armure, «la cuirasse de la justice» ? — les reins ont-ils été ceints de «la ceinture de la vérité» ? Y a-t-il eu cette attitude de dépendance qu’indiquent ces paroles : «priant par toutes sortes de prières et de supplications, en tout temps... et veillant à cela» ? Les circonstances présentes n’ont-elles pas montré que l’on avait manqué à cet égard ? Il ne peut y avoir de réel profit pour nous à nous appesantir sur telle ou telle faute ; en le faisant, nous nous assimilons insensiblement à elles. C’est quand l’on progresse dans la connaissance de ce qui est vrai et saint, que l’oeil spirituel discerne le mal et les manquements. Ainsi, dans les écrits de Jean, ce qui est du mensonge est mis en évidence par la vérité ; ce qui est des ténèbres est compris dans la lumière, et ce qui est de Satan, par ce qui est de Dieu. Je ne désire pas montrer l’erreur en disséquant des écrits, etc. J’ai la confiance que Dieu, dans sa grâce, rendra chacun capable pour lui-même, de discerner l’erreur dans une paisible communion avec Lui. Dans aucune lutte contre l’ennemi, nous ne verrons être exactement du même avis tous ceux qui sont ouvertement du côté du Seigneur. Il y a aussi une plus grande énergie de foi chez quelques-uns que chez d’autres ; il y en aura moins si l’on a oublié ce qui est dit dans 2 Pierre 1:5 ; et si, dans cette lutte, des frères viennent en collision, si les disputes commencent, celui qui est victorieux à la fin, se trouve cependant vaincu jusqu’à un certain point, parce que, entre frères, un conflit en lui-même est fatal aux uns comme aux autres, si la chair est en activité, ce qui est trop souvent le cas. L’ennemi en prend avantage. Dans le livre des Juges, lorsqu’il a semblé bon aux enfants d’Israël de marcher contre Benjamin, à cause du péché auquel cette tribu s’était associée en refusant de livrer les méchants au jugement, les enfants d’Israël et Benjamin sont battus tour à tour, et lorsque ceux qui ont finalement vaincu leurs frères peuvent se reconnaître, la douleur accompagne leur victoire, car une tribu avait été retranchée d’Israël. Dans leur zèle, ils avaient «juré à Mitspa» à son sujet. Alors ils viennent en la présence de Dieu, et s’humilient à cause de Benjamin, leur frère. Et c’est toujours ce qui a lieu quand il y a un véritable amour pour les frères ; quoique l’on ait eu à s’opposer à eux, cependant, comme Dieu se repent quand il voit leur trouble, pour avoir communion avec lui nous avons à prendre la place d’intercession pour eux en amour ; car quelques erreurs que nous puissions commettre (et nous en commettons), nous ne devons pas être comme les chefs des nations, exerçant la domination et la seigneurie, mais comme des frères, sachant que ce qui réjouit le coeur du Seigneur est de nous avoir dans le droit chemin et d’en jouir, et c’est pour cela qu’il a travaillé. Et même s’il châtie, c’est dans le même but. Nous voyons combien il était prompt à accepter les confessions de son peuple (bien que les estimant à leur juste valeur) (Ps. 78:34-39). Comme ses voies nous sont bien montrées en Osée 14 ! Il y fait connaître aux Israélites, le lieu où ils peuvent croître — que c’est seulement en sa présence. Ils confessent leur péché et leur faiblesse ; alors Dieu dit : «Je serai pour Israël comme la rosée», et ensuite : «Il fleurira comme le lis, et il poussera ses racines comme le Liban. Ses rejetons s’étendront, et sa magnificence sera comme l’olivier, et son parfum, comme le Liban» (Osée 14:5-6).

Puissions-nous être parmi les sages pour comprendre et connaître ces choses. Dieu, dans sa grâce, a donné du repos dans la lutte — l’ennemi n’est pas invaincu — mais nous avons appris combien nous étions impuissants pour tenir tête à la difficulté — combien la chair tendait à s’immiscer dans la question, et combien de choses il y avait à tenir en bride. Puissions-nous être humiliés à l’égard de tout cela, mais cependant reconnaissants envers notre Dieu, de ce qu’il n’a pas permis à l’ennemi de nous écraser, tout faibles que nous sommes (Ps. 124:6).

Et maintenant, laissons de côté les détails des discussions irritantes, des expressions dures, malveillantes ou profanes, que cela fût réel ou imaginaire, regardons à notre armure, de manière à être préparés pour le prochain assaut de Satan, car certainement il viendra. N’y avait-il pas en nous de l’orgueil et de la fierté ? Sans cela, notre Dieu n’aurait pas permis ce qui est arrivé. Quand il fit sortir Israël hors d’Égypte, il ne voulut pas les conduire par le pays des Philistins, afin qu’ils ne vissent pas la guerre ; il les mena par un autre chemin. Quelle différence au chapitre 14 des Nombres, versets 44-45 ! Ils étaient alors hautains d’esprit, et Dieu les laissa apprendre leur faiblesse dans un combat avec ses ennemis. Abraham aussi, après sa grande victoire, ayant accompli avec sa poignée d’hommes, ce que les cinq rois n’avaient pu faire, eut à apprendre qui était Celui qui l’avait rendu capable de si grandes choses, mais il l’apprend d’une manière bien plus bénie. Melchisédec s’avance avec des rafraîchissements — la force et la joie de la part du Dieu Très-haut qui avait livré ses ennemis entre ses mains. Abraham reconnaît cela, et il adore. Et alors, quand vient le moment où l’ennemi veut le pousser à s’enorgueillir et à s’enrichir de récompenses charnelles, il peut répondre, parce qu’il avait appris dans le secret : «J’ai levé ma main vers l’Éternel, le Dieu Très-haut, possesseur des cieux et de la terre». Nulle chair ne se glorifiera en sa présence ; et si le conflit actuel nous a appris quelque chose de notre faiblesse, soit parce que nous étions exaltés dans l’idée que nous étions Philadelphie, ou que nous avions établi ici-bas une sorte d’«organisation», comme étant la vraie chose, quelque douloureuse que soit la manière dont nous l’avons appris, nous pouvons encore bénir Dieu qui ne nous a pas manqué, mais qui veut toujours nous amener à la conscience du besoin que nous avons de lui, et cela, d’une manière invariable, pour notre bénédiction et pour sa gloire.

Ne perdons donc pas notre temps en folles récriminations, mais qu’en ce désir de la bénédiction, il y ait une croissance commune dans les choses de Dieu.

Là où le péché est manifesté, il ne doit pas y avoir de compromis avec lui ; mais, dans ces jours-ci, chacun individuellement doit se rappeler que si l’assemblée est incapable de se purifier elle-même du mal, à cause d’empêchements charnels, et d’agir selon la Parole que nous avons pour ce cas en 1 Cor. 5:13, la même voix qui parle à l’assemblée, dit au saint individuellement, dans 2 Tim. 2:19 : «Qu’il se retire de l’iniquité, quiconque prononce le nom du Seigneur».

Si la chair agit dans l’assemblée de manière que le mal ne puisse être ôté, chaque individu est responsable pour lui-même envers Dieu ; la question de majorité ou de minorité n’y a rien à faire. Je ne crois pas que Dieu permette que ceux qui sont fidèles restent longtemps seuls ; il s’en trouvera d’autres également fidèles et vrais.

Romains 16:17, est individuel. Le verset 20 montre le caractère de Dieu que je dois manifester en me séparant ou en me retirant, c’est-à-dire «la paix». Lui voit la racine du mal, et dit qu’il brisera bientôt Satan sous nos pieds, et alors viennent immédiatement ces paroles : «Que la grâce du Seigneur Jésus Christ soit avec vous». En disputant, je ne manifeste pas le Dieu de paix. Si je peux en aider d’autres, c’est bien. Certainement je n’aiderai personne en restant associé avec le mal. Ma retraite peut servir à exercer des âmes, et ainsi je vais en paix ; mais je ne dois pas rester avec le péché. La difficulté est de garder clairs les motifs d’action ; si nous entrons dans des débats, comme nous le voyons en 2 Cor. 12:20, nous pouvons finir par le désordre. Afin d’être avec Dieu dans toutes ces choses, notre unique désir devrait être de nous garder mutuellement dans un chemin droit, et d’y ramener ceux qui ont pu s’en écarter (Jacques 5:19, 20).

 

2                    Fragment de lettre    J. N. Darby    ME 1879 p. 397-399

 

Voir note en tête du 3° document ; Septembre 1879

Cher frère,

 

....Maintenant que le Seigneur nous a délivrés de cette dangereuse attaque de l’Ennemi, et que, dans sa grâce merveilleuse, il a gardé son témoignage au milieu de nous, je désire ardemment une chose : c’est que l’oeuvre soit plus grande quoique moins ostensible, c’est que les frères soient dévoués, fidèles, et que dans toutes leurs voies, ils ne soient nullement mondains, qu’ils soient spirituels, Christ étant tout pour eux. La question et le conflit qui se sont élevés ont été bien plus sérieux que beaucoup de frères ne le supposent, et Dieu nous a gardés dans sa grâce et sa bonté souveraines, quelque faibles et infidèles que nous ayons été à son témoignage au milieu de nous. Si les frères ne prennent pas à coeur, soit l’humiliation, soit la bonté qui leur a été si richement montrée comme encouragement, Dieu nous ôtera le témoignage, et alors qui est-ce qui nous délivrera ? Voilà ce qui m’occupe maintenant. Je lui demande qu’il fasse ces choses, et Lui seul peut les faire. Qui pourrait rendre spirituel, sinon Celui qui opère par son Esprit ? Que les frères sachent qu’ils ne sont rien ; qu’ils n’aient en rien d’autre motif que Christ, et tout ira bien.

Il y a un témoignage pour les derniers jours, et Dieu le maintiendra ; les frères en ont été par grâce les dépositaires, mais ils étaient en voie de s’élever dans leurs pensées à l’égard d’eux-mêmes, à mesure qu’ils déclinaient en devenant inconséquents dans le témoignage. Ce que l’on trouve, lorsque Dieu agit, c’est l’amour pour la vérité, l’affliction sur l’état de l’Église de Dieu, la séparation de coeur et de marche pour la vérité, jointe à l’attente de Christ, et non pas la préoccupation de nous-mêmes comme dépositaires de la vérité. Il est dit de l’Éternel lui-même, qu’il fut «touché en son coeur de l’affliction d’Israël.» (Juges 10:16.) Dieu a permis l’attaque de l’Ennemi pour montrer où nous en étions — rien n’est plus humiliant. Dans sa miséricorde il nous a délivrés. Apprendrons-nous la leçon qu’il enseigne, et irons-nous avec des coeurs reconnaissants à la rencontre du Seigneur, dans le chemin d’un dévouement qui n’a qu’un seul objet en vue ? Telle est la question qui se pose maintenant. J’ai dit bien souvent que les frères avaient commencé par la séparation pratique d’avec le monde ; sans doute, certaines vérités pour les derniers jours leur furent aussi confiées ; mais ce que le monde pouvait voir, c’était qu’ils n’étaient pas du monde. Est-ce bien là le témoignage qui aura lieu dorénavant ? Il en était ainsi au commencement dans les maisons, dans les manières et dans la conduite, avec beaucoup de manquements, sans doute, mais le témoignage avait ce sceau-là ; c’était ce qui caractérisait les témoins. On ne discutait pas pour savoir si l’on était des Philadelphiens ou non .... Je m’arrête, et vous comprendrez ce que je veux dire. Mais Dieu est bon, et il a été d’une bonté parfaite pour nous. Je regarde à Lui pour qu’il réveille les frères endormis. Je sais que les consciences d’un grand nombre ont été réveillées. Puissent maintenant leurs coeurs le suivre avec la foi dans la bonté de Dieu. Nous lisons : «Mon âme s’est attachée à toi pour te suivre. Ta droite me soutient» (Ps. 63:8).

Votre frère affectionné en Christ,

 

3                    L’HUMILIATION    W. J. Lowe    ME 1975 p. 317-320

= ME 1950 p. 111-112 partiel

Les pages données ici ont été écrites en 1882 par W. J. Lowe à la suite des mêmes douloureux événements d’assemblée auxquels se rapporte la lettre de J. N. Darby que le Messager évangélique a publiée en octobre 1879 (p. 397) (cf. aussi celle publiée en 1955, p. 218). Un extrait de ces pages a été donné dans le Messager évangélique de 1950, pages 111 et 112.

 

Que l’humiliation et le deuil nous conviennent, personne ne le niera, mais il faut que ce soit la vraie humiliation. La raison d’être de celle-ci n’est pas dans le fait que Dieu nous a brisés, et que nous sommes ainsi dans un piteux état aux yeux du monde, mais dans le fait que ce brisement a été rendu nécessaire par notre tendance à nous glorifier dans nos bénédictions, et à nous faire valoir par elles ; nécessaire aussi par notre négligence quant aux intérêts et à la gloire de Christ.

Quand on est personnellement dans un mauvais état, demander une humiliation générale serait immoral, ce serait simplement un moyen de se justifier dans la mauvaise position que l’on a prise. La vraie humiliation commence dans le secret avec Dieu ; on reconnaît d’abord sa main en châtiment, et l’on recherche sa face dans la pensée arrêtée de profiter pleinement des leçons qu’il veut nous donner par le moyen de l’épreuve. Voyez Amos 5:1-17. «C’est pourquoi, en ce temps-ci, le sage gardera le silence, car c’est un temps mauvais». Notre coeur doit être déchiré, non pas nos vêtements, et il nous faut retourner à notre Dieu qui nous laissera encore de quoi le bénir (Joël 2:12-14 ; cf. Ésaïe 58:5-12).

Nous oublions facilement que Dieu nous a faits simplement des témoins de sa vérité au milieu de la ruine générale de la chrétienté. Il ne refait pas ce qui a été gâté ; il ne construit pas un nouvel édifice pour remplacer celui qui ne fait que porter extérieurement le nom de sa maison ; mais il dirige nos coeurs en avant vers ce qui est parfait, vers ce qui sera manifesté en gloire, lorsque nous verrons le Seigneur comme il est. En attendant, les pensées de Dieu au sujet de Christ, telles qu’il nous les a révélées, doivent occuper nos coeurs, et former pratiquement notre marche. Plus nous vivons dans sa communion, occupés de Christ, plus nous entrerons aussi dans ses pensées à l’égard de tout ce qui se passe autour de nous .

... «Nous» ne sommes pas un résidu, sinon en ce sens que le caractère d’un «résidu» devrait être moralement celui de chacun de nous individuellement. Nous avons à rendre témoignage à la vérité, et Dieu nous accordera en grâce de le faire jusqu’à la venue de Christ. Le Seigneur a dit : «J’ai mis devant toi une porte ouverte, que personne ne peut fermer» (Apoc. 3:8). Notre position est celle de Daniel à Babylone, priant avec les fenêtres de sa chambre ouvertes du côté de Jérusalem. Nous ne pouvons sortir de la chrétienté, mais nous devons nous purifier de tout vase à déshonneur, et, avec un oeil simple, rendre témoignage de coeur et par notre vie à ce qui n’est pas ruiné. Or, la puissance morale pour rendre ce témoignage, c’est d’être occupés des choses qui sont en haut, où le Christ est assis à la droite de Dieu.

Je sens de plus en plus que l’attaque de Satan a porté sur la présence du Seigneur lui-même au milieu des «deux ou trois», et sur l’effet que cette présence devrait exercer sur nos âmes. C’est sa présence qui fait du rassemblement des saints une réalité. Or si Lui est là, tout coeur qui le reconnaît doit lui être soumis, et nous devons par conséquent aussi être «soumis les uns aux autres dans la crainte de Christ» (Éph. 5:21). Cela élargit les affections et produit un exercice de conscience comme rien d’autre n’en peut produire de semblable, aussi bien qu’un respect de la conscience des autres inséparable d’une marche dans la crainte de Dieu. De cette manière, l’âme est en même temps gardée en paix et en repos, au milieu de toutes les difficultés qui peuvent surgir, car notre confiance est dans le «Dieu vivant».

Je suis frappé du contraste que présentent, au second livre des Rois, chapitre 6, le prophète et le roi, Dothan et Samarie. Extérieurement, c’était le roi qui menait deuil. Mais l’humiliation du prophète, pour être cachée aux yeux du monde, en était-elle moins réelle ? Sa réponse à Guéhazi (2 Rois 5:26) montre bien l’état de son âme. Lui seul sentait devant Dieu la ruine morale du peuple, mais cela ne l’empêchait pas d’attendre de la part de Dieu la manifestation de Sa puissance en grâce. Par contre, nous voyons ici que l’homme qui avait un sac sur sa chair était dans un état d’inimitié contre Dieu, et mettait au jour la profondeur de sa dégradation morale en cherchant la vie du prophète, se privant ainsi, en réalité, du seul lien qui subsistait encore entre Lui et Dieu en grâce, car Dieu agissait en grâce par Élisée, comme il l’avait fait dès le commencement. Mais ce qui faisait prendre le deuil au roi, c’était l’action de Dieu envers son peuple. La chose est très solennelle et explique, je crois, en bonne partie ce que l’on voit aujourd’hui.

Assurément ce temps-ci n’est pas celui d’une joie exubérante, mais nous pouvons nous réjouir dans le Seigneur et marcher avec Dieu, dans le sentiment de sa grâce, attendant de voir du bien de sa main. Voilà ce qu’Élisée fit toujours ; et il ne fut point trompé. Dieu se servit de la faiblesse, de l’affliction, de la détresse, comme d’une occasion pour manifester, à sa propre gloire, les ressources de sa grâce, et Élisée en fut l’instrument béni. Ce qui faisait porter au roi un sac sur sa chair engageait Élisée à lever les yeux là où il savait que se trouvent toujours les chevaux et les chariots de feu. «Ceux qui sont avec nous sont en plus grand nombre que ceux qui sont avec eux». Il en sera de même en nos jours. Les ténèbres de Satan enveloppent moralement ceux qui oublient de penser aux choses qui sont en haut, où Christ est assis à la droite de Dieu. Si le deuil du roi avait été véritable, il aurait pensé d’abord à se débarrasser de ses faux dieux et à se tourner de coeur vers le Seigneur. Mais il ne croyait pas à la puissance et à la volonté de Dieu pour lui venir en aide, et il était obligé de confesser avec désespoir sa propre impuissance. Triste tableau de l’homme éloigné de Dieu !

Que Dieu nous donne de nous tourner vers lui de tout notre coeur, de voir sa main dans tout ce qui se passe, de reconnaître ce qui vient de lui, et d’apprendre ses leçons, afin que nous comprenions davantage ce que c’est que le témoignage du Seigneur, et que nous n’en ayons pas honte. L’humiliation véritable sous la puissante main de Dieu se joindra alors à une joie calme et profonde dans le Seigneur, et à l’attente de voir sa bonne main déployée pour la bénédiction des siens. Or cette attente ne sera pas trompée, quoique nous ayons à porter sur nos coeurs le fardeau de la ruine générale à laquelle, chacun de nous, hélas, a apporté sa part de faiblesse et de manquements.

 

4                    Fragment de lettre    G. V. Wigram    ME 1955 p. 224

 

George Vicesimus Wigram

15 mai 1854 .

...Le témoignage de notre temps est l'expression de la fidélité de la grâce de Dieu — malgré la chute et la ruine de tout sur la terre — par le moyen de ceux qui sentent la ruine et en sont humiliés. Dans cette position les frères étaient bénis de Dieu. Ils ont trop pensé à leur position, à leur témoignage, ils en sont fiers ; et de deux choses l'une : ou ils seront mis de côté et le témoignage sera donné à d'autres ; ou ils seront humiliés, afin de pouvoir retenir le témoignage.

L'humiliation peut être la suite de l'action de Dieu sur leur coeur par la Parole. Que Dieu leur accorde la grâce qui leur est nécessaire ; mais s'ils ne s'humilient pas, ils seront humiliés par la main puissante de Dieu .

...Le Seigneur sera fidèle ; que les frères en soient bien persuadés. Qu'Il nous accorde la grâce de nous juger nous-mêmes, afin que nous ne le soyons pas par Lui. Puis Celui qui vient sera bientôt arrivé et nous serons avec Lui. Qu'Il nous trouve, à son retour, à la fois remplis de sa grâce et fidèles à toute sa vérité.