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Notes prises au cours de neuf méditations sur

la première épître de JEAN

ME 1890-1891
La première des méditations correspond aux pages 253 à 259 de CW vol.28.
Réédité aux USA en 1948 par Bible Truth Publishers.
Les sous-titres ont été ajoutés par Bibliquest.

Darby J.N.

 

Table des matières abrégée :

1     Préface

2     1ère méditation

3     2ème méditation. 1 Jean 2

4     3ème méditation. 1 Jean 2 : la communication de la vie divine qui découle du Père et a été manifestée dans le Fils

5     4ème méditation

6     5ème méditation

7     6ème méditation. 1 Jean 4:1-10

8     7ème méditation — 1 Jean 4:11-19

9     8ème méditation

10      9ème méditation — 1 Jean 5:6-21

 

Table des matières détaillée :

1     Préface

2     1ère méditation

2.1      Généralités sur la 1ère épître de Jean

2.2      1 Jean 1

2.2.1      Le commencement et la vie éternelle

2.2.2      Christ est notre vie

2.2.3      Effets de la vie de Christ en nous

2.2.4      1 Jean 1:4. Amenés dans une joie parfaite

2.2.5      Dans la lumière. Lumière et communion

2.2.6      Confession et amour. La paix par le sang de Christ

2.3      Sommaire du ch.1

3     2ème méditation. 1 Jean 2

3.1      Une justice acquise définitivement,  mais des fautes journalières

3.2      Comment maintenir des rapports avec Dieu ? l’Avocat

3.3      Dieu ne cesse pas de s’occuper de Ses enfants

3.4      L’Avocat intervient malgré ce que nous sommes

3.5      Apprendre que Christ est tout

3.6      Besoin que notre volonté soit brisée

3.7      Christ comme homme, a toujours fait la volonté de Dieu

3.7.1      Tentation du Seigneur par Satan au déssert

3.7.2      La nécessité de la rédemption

3.7.3      Pas d’amélioration possible du monde

3.8      Un sacrificateur dans le ciel, un Consolateur sur la terre

3.9      Ce que nous avons à manifester : amour et absence de péché

3.10    Notre but et notre joie : marcher comme Christ a marché

4     3ème méditation. 1 Jean 2 : la communication de la vie divine qui découle du Père et a été manifestée dans le Fils

4.1      Le bien tiré du mal

4.1.1      Le mal : une occasion de manifester la vérité

4.1.2      Le mal : une occasion d’introduire une bénédiction plus grande

4.1.3      L’annonce de l’antichrist : l’occasion de manifester les opérations de la vie divine

4.2      1 Jean 2:8 : Christ est la vie divine et Il la manifeste en nous

4.2.1      La vie éternelle de toute éternité en Christ

4.2.2      La vie divine manifestée en Christ ici-bas

4.2.3      La vie divine discerne cette vie chez les autres et attire l’un vers l’autre

4.2.4      L’amour vu en Christ. Un amour divin car Il aimait ceux qui n’étaient pas aimables

4.2.5      La parole écrite (ce qui était dès le commencement) est la manifestation de Christ

4.2.6      La Parole de Dieu juge l’homme

4.3      1 Jean 2:7 : Commandement ancien et commandement nouveau

4.4      1 Jean 2:8 : Les ténèbres s’en vont, et la vraie lumière luit déjà

4.5      1 Jean 2:9-10. L’amour des frères

4.6      1 Jean 2:12. Adresse aux différentes catégories de croyants

4.6.1      1 Jean 2:13. Les petits enfants

4.6.2      Les différents degrés de croissance : Pères, jeunes gens, petits enfants

4.6.3      Les jeunes gens et les petits enfants

5     4ème méditation

5.1      Rappel sur les différents degrés de croissance : Pères, jeunes gens, petits enfants

5.2      Les trois grands contrastes : Christ/Satan – Esprit/chair – Père/monde

5.3      Les jeunes gens : la Parole demeure en eux

5.3.1      L’exemple de la tentation du Seigneur au désert par Satan

5.3.2      La Parole EN eux

5.3.3      Cas inverse : ceux en qui la Parole ne demeure pas

5.3.4      Satan repoussé par la Parole, non par puissance

5.3.5      Force propre de la Parole

5.3.6      Connaître la volonté du Père

5.4      L’exhortation aux petits enfants

5.4.1      Manque de puissance

5.4.2      Danger spécial des antichrists, par contraste avec L’Antichrist

5.4.3      Satan comme ange de lumière, et serpent. Caractère religieux de l’antichrist

5.4.4      Lien entre Satan, le monde et les idoles. Protection là où il y a la Parole

5.5      En résumé deux besoins : la Parole demeurant en nous et l’onction de la part du Saint

6     5ème méditation

6.1      1 Jean 2:28-29

6.1.1      Pratiquer la justice manifeste la vie éternelle. C’est faire la volonté de Dieu

6.1.2      La justice pratique selon l’homme

6.2      1 Jean 3:1

6.2.1      Le privilège de la relation d’enfant de Dieu (1 Jean 3:1a)

6.2.2      Nous sommes appelés à connaître Dieu en communion avec Christ

6.2.3      Le monde ne connaît ni Christ ni les Siens (1 Jean 3:1b)

6.3      1 Jean 3:2

6.3.1      Comment Dieu traite Ses enfants (1 Jean 3:2a)

6.3.2      Les fautes ne changent pas la relation

6.3.3      Notre espérance : la venue de Christ et Lui être semblable (1 Jean 3:2b).

6.3.4      Être semblable à Christ déjà maintenant (1 Jean 3:2b-3)

6.4      1 Jean 3:3

6.4.1      Se purifier comme Christ est pur (1 Jean 3:3). Lavage par la Parole de Dieu (Éph.5:26)

6.4.2      Ressembler à Christ. Col. 1:28

6.4.3      Semblables à Christ avant Son apparition, dès Sa venue

6.4.4      La responsabilité du chrétien se rattache à la manifestation en gloire

6.4.5      Le service : l’amour de Christ est le mobile, l’espérance est un encouragement

6.4.6      Prendre son plaisir en Dieu qui s’est révélé lui-même en tout ce qu’il est

6.4.7      Les pensées gardées dans la Christ Jésus. Connaître la paix de Christ

7     6ème méditation. 1 Jean 4:1-10

7.1      1 Jean 4:1

7.1.1      Ne croyez pas… — Combattre pour la foi qui a été une fois enseignée aux saints

7.1.2      Éprouvez les esprits… beaucoup de faux prophètes sont sortis dans le monde

7.1.3      Connaître la vérité : autorité humaine, ou autorité de Dieu sur la conscience

7.1.4      Le vrai ministère apporte Dieu à la conscience

7.1.5      La Parole de Dieu juge l’homme, et non l’inverse

7.2      1 Jean 4:2-3a. Confesser Jésus Christ venu en chair

7.3      1 Jean 4:4

7.3.1      L’Esprit Saint dans le croyant donne la victoire

7.3.2      La vérité n’a pas de puissance en elle pour garder

7.3.3      Puissance d’attraction de l’erreur et de la fausse religion

7.4      1 Jean 4:5. La vérité n’a pas le pouvoir de réformer le monde

7.5      1 Jean 4:6. Le témoignage des apôtres garant de la vérité

7.5.1      L’Esprit et la Parole de Dieu sont ensemble les moyens de garder du mal et de l’erreur

7.5.2      Trouver son plaisir en Christ et se nourrir de lui, pour être gardé de l’erreur

7.5.3      Impossible d’aimer si l’on n’est pas né de Dieu

7.5.4      Connaître et posséder Christ, car Dieu a fait face à la ruine issue du péché par le moyen de Christ

7.5.5      La communication de la nature divine donne la puissance pour aimer

8     7ème méditation — 1 Jean 4:11-19

8.1      1 Jean 4:11

8.1.1      Pour jouir de Dieu, il faut la nature divine et la puissance du Saint Esprit

8.1.2      La révélation de Dieu chasse la crainte

8.1.3      S’aimer l’un l’autre

8.1.4      Besoin de la puissance du Saint-Esprit pour ce qui s’oppose à la manifestation la nouvelle nature

8.1.5      Affections naturelles et égoïsme. L’amour qui vient de Dieu

8.2      1 Jean 4:8. Il faut avoir la nature de Dieu pour Le connaître

8.3      1 Jean 4:9-10

8.3.1      1 Jean 4:9a. Du moment qu’une âme sent le besoin qu’elle a de Dieu, Dieu est là pour y répondre

8.3.2      1 Jean 4:9a. L’amour de Dieu pour tous les saints

8.3.3      1 Jean 4:9b. L’état de l’homme est désespéré. Le vrai caractère de Dieu n’est connu qu’à la croix

8.3.4      Pensons seulement à l’amour de Dieu, non pas à notre amour pour Dieu

8.3.5      L’amour de Dieu est inépuisable et a été prouvé à la croix

8.4      1 Jean 4:11. Les exhortations à l’amour dans les épîtres

8.5      1 Jean 4:12. Dieu connu dans le Fils

8.6      1 Jean 4:13. Joie de la communion par l’Esprit

8.7      1 Jean 4:14. Un amour connu et goûté ; effets sur l’adoration et l’évangélisation

8.8      4:15. Communion avec Dieu

8.9      1 Jean 4:17. Étendue de l’amour dans le saint

8.10    1 Jean 4:16

8.10.1     Pour jouir de l’amour de Dieu, il faut une bonne conscience

8.10.2     Croire ce que Dieu est

9     8ème méditation

9.1      L’amour de Dieu en exercice sans rien d’attractif dans son objet

9.2      1 Jean 4:17

9.2.1      L’amour de Dieu envers ses saints les amène à Lui être semblables

9.2.2      Aimés du Père comme Christ, mais Christ n’a pas le même rang

9.2.3      Bénis avec Christ : « comme Il est Lui, nous sommes nous aussi »

9.3      1 Jean 4:18

9.3.1      Pas de crainte

9.3.2      La conscience de notre relation donne la paix et la joie

9.3.3      Hardiesse dans la relation avec le Père

9.3.4      Ne pas appeler Christ « notre frère ». Ne pas Lui manquer de respect

9.3.5      L’orgueil se développe quand on sort de la présence de Dieu

9.3.6      Comme il est, nous aussi, nous sommes : Même position, même acceptation, même relation que Christ

9.4      1 Jean 4:19. Nous aimons parce que nous avons été aimés

9.5      4: 1 Jean 20. La vérité contrôlée par des détails pratiques

9.6      1 Jean 4:21. Jamais l’amour ne nous fait sortir de la position d’obéissance

9.7      1 Jean 5:1

9.7.1      La nouvelle naissance à la base de la relation de famille

9.7.2      Les saints sont appréciés selon que Christ l’est

9.8      1 Jean 5:2-5

9.8.1      Aimer les enfants de Dieu pour l’amour du Père et non pour notre agrément

9.8.2      Absence de sainteté ou étalage de sainteté ne sont pas selon l’Esprit

9.8.3      Maintenir notre proximité de Christ, lorsque le monde se présente et veut l’entraver

9.8.4      Difficultés de relations avec les saints

9.8.5      Victoire sur le monde selon le sentiment profond que nous avons de la manière dont il a traité Christ (1 Jean 5:4)

9.8.6      Victoire sur le monde quand nos délices sont les mêmes que Dieu : en Christ

9.9      Sommaire de 1 Jean 4:17 à 5:5

10      9ème méditation — 1 Jean 5:6-21

10.1    La croix : le monde est à vaincre, mais l’eau et le sang sont témoins de la part de Dieu

10.2    1 Jean 5:11. La vie nouvelle est « dans son Fils ». Le caractère de la vie, et toute communion, découlent de cette vérité

10.2.1     L’eau, le sang et l’Esprit déjà en 1 Cor. 6:9-11

10.2.2     L’eau et le sang en Jean 19:34 : Toute bénédiction ne vient que d’un Christ mort

10.2.3     La croix a montré qu’aucun bien ne vient de la nature humaine

10.2.4     L’homme veut un monde sans Dieu

10.2.5     Cris de paix et frayeur des hommes. Le sort du monde réglé par le rejet de Christ

10.2.6     La grâce qui fait voir Christ qui expie et purifie

10.2.7     La croix (avec l’eau et le sang)  qui dévoile tout : mon péché, Christ percé, la culpabilité ôtée

10.2.8     L’homme n’a plus de droit, mais Dieu donne la vie éternelle. L’expiation est complète

10.2.9     L’eau en plus du sang : purification et expiation. L’Esprit source de vie. La mort marque tout ce qui n’est pas Christ

10.2.10      Présence du Saint Esprit comme puissance de la Parole de Dieu. Je suis appelé à me tenir pour mort

10.2.11      Col. 3:5. Mortifier nos membres qui sont sur la terre

10.2.12      Œuvre de Christ appliquée par Dieu. Les effets de la présence du Saint Esprit

10.2.13      Sommaire sur les trois témoins : le sang, l’eau et l’Esprit

10.2.14      Dieu rend témoignage au sujet de son Fils, de ce qu’il est pour le pécheur

10.2.15      Le témoignage au-dedans de nous-mêmes (1 Jean 5:10)

10.3    1 Jean 5:10. Croire Dieu. L’homme est responsable de recevoir la révélation de Dieu

10.3.1     Christ venu à cause des misères du péché. Dieu donne la vie éternelle

10.3.2     Par la vie éternelle, Dieu a donné une nature, une capacité et une position pour jouir de Lui (1 Jean 5:11-13)

10.4    1 Jean 5:14. Connaissance de la volonté de Dieu

10.5    1 Jean 5:16b. Le péché à la mort

 

 

1                    Préface

Ces méditations furent données à Londres il y a plus de trente ans ; bien qu’il soit manifestes qu’elles soient issues de notes prises avec soin, elles n’ont jamais été vues ni corrigées par l’auteur. Beaucoup seront intéressés à les comparer à des notes rédigées ultérieurement, et quoi qu’il en soit, elles contiennent des vérités de haute valeur, présentées simplement, de sorte qu’avec la bénédiction du Seigneur, leur publication ne peut manquer d’être profitable aux Siens.

Londres 1882

 

 

2                    1ère méditation

2.1   Généralités sur la 1ère épître de Jean

Le grand dessein de Dieu dans toutes ses voies de grâce est de nous amener individuellement en communion avec lui-même. « Or notre communion est avec le Père ». Ainsi, nous avons la pleine connaissance de Dieu autant qu’il peut être connu, et nous l’avons dans une pleine communion avec lui. Ce n’est pas la connaissance que nous pourrions avoir de lui par la création ; nous ne le connaissons pas simplement comme étant ses créatures, car nous sommes faits participants du Saint-Esprit, afin qu’il y ait de la puissance : « Nous demeurons en lui et lui en nous ». (4:13.) Il ne saurait y avoir rien de plus intime.

La connaissance ou la science humaine n’ont rien à faire là-dedans. L’esprit de l’homme s’exerçant seul sur les choses de Dieu, n’est autre chose que l’orgueil qui s’exalte lui-même, et cela ne conduit pas à la vraie connaissance de Dieu (*). Même les petits enfants en Christ possèdent ces choses ; ils n’ont pas à les chercher, bien qu’ils aient à croître dans la connaissance elle-même. La simple connaissance toute seule, enfle ; mais quand on est humble, l’Esprit de Dieu agit sur l’âme et lui donne la connaissance de Dieu dans la communion avec lui-même. L’épître de Jean présente, il est vrai, les principes divins d’une manière très abstraite, toutefois, ce sont des choses que le plus faible saint connaît en Christ. Dieu daigne s’abaisser jusqu’à nous ; en Christ, il peut venir à nous dans notre faiblesse.

 

(*) Voir Romains 1:21 ; 1 Corinthiens 8:1-3. (Note du trad.)

 

La différence entre les écrits de Paul et ceux de Jean est celle-ci : Paul déroule devant nous les conseils de Dieu dans la création et envers les Juifs, bien que nous trouvions aussi dans ses écrits divers développements relatifs à la personne de Christ, comme, par exemple, dans les épîtres aux Hébreux et aux Colossiens ; Jean, au contraire, parle de la nature de Dieu lui-même, et c’est pour cela qu’il est abstrait.

Dans son épître, le dessein et l’objet de Dieu sont de nous amener en pleine communion avec lui, et à cet égard, il y a trois choses que je voudrais faire remarquer. En premier lieu, l’œuvre de Dieu, en vertu de laquelle nous sommes devant lui parfaitement affranchis de toute question de péché, de sorte que nous pouvons jouir de tout ce que Dieu est. Secondement, la justification par la foi et l’acceptation dans le Bien-aimé ; une parfaite purification de la conscience dans la certitude que nous sommes rendus agréables à Dieu en Christ, de sorte que nous pouvons être en sa présence dans une paix parfaite. Troisièmement, la nouvelle naissance que l’on nomme habituellement la régénération. Il faut qu’il y ait en nous une nouvelle nature capable d’affections divines. Un orphelin qui n’a jamais connu son père, n’en a pas moins les affections d’un enfant, est capable d’aimer un père, et se trouve souvent très malheureux, parce qu’il est privé de l’objet vers lequel ses affections se portent naturellement ; ainsi, nous acquérons la capacité d’aimer Dieu en étant rendus participants de la nature divine.

C’est le Saint-Esprit qui nous donne la capacité de jouir de ces choses : « Vous avez l’onction de la part du Saint » (2:20) ; c’est elle qui nous met en état de jouir de ce que Dieu nous a donné. Nous devons avoir devant Dieu une position telle que notre conscience soit parfaitement à l’aise, et une nature capable de jouir de lui ; une nouvelle nature et une puissance pour agir dans cette nouvelle nature : or cette puissance est par le Saint-Esprit demeurant en nous.

Ce qui est spécialement placé devant nous dans cette épître, est ce dont nous avons à jouir, la nature des choses amenées jusqu’à l’intelligence d’un pauvre pécheur ; or c’est là ce qui sonde la conscience, tout en agissant sur les affections. Dieu est lumière ; si je suis introduit dans la jouissance de ce que Dieu est, ma conscience est mise à l’épreuve ; je me demande : Puis-je subsister dans la lumière ? Si je le puis, alors je goûte toute la joie de me trouver dans la lumière, et j’ai une pierre de touche pour éprouver tout ce qui prétend posséder ce caractère.

« Dieu est lumière » ; Jean place cette vérité devant le cœur des saints, et cela en leur présentant Christ lui-même. Au temps où il écrivait, il y avait une grande prétention à des développements de nouvelles vérités ; et il veut ramener les croyants à la vérité elle-même. La soi-disant science s’était introduite. Le caractère de l’enseignement apostolique était de ramener les fidèles « à combattre pour la foi qui a été une fois enseignée aux saints » (Jude 3). Paul disait à son cher enfant Timothée : « Mais toi, demeure dans les choses que tu as apprises » (2 Timothée 3:14) ; « ce qui était dès le commencement ». Mon âme doit, sans doute, chaque jour connaître mieux Christ ; mais du moment que j’ai Dieu « manifesté en chair », tout ce qui est en dehors de cela ne saurait être que faux. La vraie connaissance amène à donner toute la place à Christ. Si je la possède, rien ne peut m’ébranler : je suis en Christ. « Je vous ai écrit ces choses afin que vous sachiez que vous avez la vie éternelle, vous qui croyez au nom du Fils de Dieu ». Croyez-vous au Fils ? Alors demeurez-là.

 

2.2   1 Jean 1

2.2.1       Le commencement et la vie éternelle

(V. 1.) Premièrement, c’était « dès le commencement », en second lieu, c’était une Personne réelle qu’ils avaient connue personnellement et non pas une doctrine. C’est là le précieux secret de tout. Si l’on a Christ, on a tout ce que le Père a lui-même, tout ce qui est révélé de lui, et l’on ne peut sortir de là sans s’égarer. Les apôtres avaient vu et possédaient en Christ la vie éternelle, la parfaite révélation de ce qu’est Dieu, la puissance de la vie, et c’est ce qui nous est présenté pour être la joie parfaite et la sauvegarde des saints. Cela nous appartient par ce qui était auprès du Père et qui, cependant, était si près de nous. Il ne s’agit point d’union, mais d’être si près de nous que rien ne saurait l’être plus que Christ. Au lieu qu’il soit besoin de quelque chose entre moi et Christ, cela est révélé, de telle sorte que rien ne saurait être plus près de moi que Christ lui-même.

C’est la vie éternelle qui était auprès du Père, et c’est à mesure que nous contemplerons le Seigneur Jésus-Christ, que nous aurons pour lui des affections que rien ne pourra briser. La pauvre femme, cette grande pécheresse, avait confiance en Jésus, de sorte qu’elle était venue à lui et l’aimait. Le secret de notre joie, c’est de connaître l’amour de Christ pour nous ; alors nous avons confiance en lui, comprenant que Dieu est venu si près qu’il se révèle et ainsi nous inspire la confiance. Plus nous sortons de nous-mêmes et contemplons Christ, plus nous pénétrons dans les voies de Dieu, plus nous sondons la profondeur des richesses qui sont en lui, et plus sa divine plénitude nous est révélée. Si je vois Christ prenant des petits enfants dans ses bras, je découvre en cela quel est le caractère de Dieu, comme Jésus le dit : « Celui qui m’a vu, a vu le Père ». La vérité étant ainsi révélée dans une personne, appartient aux plus misérables, aux plus vils, aux plus pauvres pécheurs, parce que c’est l’acte personnel de notre Seigneur Jésus-Christ. « Ce qui était dès le commencement », « la parole de la vie », montre ce que Dieu était en Christ, puis nous la voyons communiquée au chrétien.

 

2.2.2       Christ est notre vie

Voilà ce que Jean enseigne, et ensuite il nous conduit vers l’objet même, savoir ce que Dieu est. « Dieu est lumière », mais en même temps, « le sang de Jésus-Christ, son Fils, nous purifie de tout péché ».

Cette épître nous parle donc de la vie communiquée au chrétien et la hauteur de la source de la vie qui nous est communiquée ; dans l’évangile, nous trouvons : « De sa plénitude nous tous, nous avons reçu et grâce sur grâce », et ici, ce qui est vrai en lui et en vous. Dans l’épître, nous avons « un commandement ancien que vous avez eu dès le commencement », mais c’était maintenant un commandement nouveau. Ayant la vie en Christ, cela devient « vrai en lui et en nous »; voilà pourquoi c’est un nouveau commandement, bien qu’il soit ancien. C’est cette vérité toute simple que Christ lui-même est devenu notre vie, « afin que la vie de Jésus soit manifestée dans notre chair mortelle ». Lorsqu’un pauvre pécheur est converti, la vie de Christ en haut lui est communiquée. Elle descend jusqu’à nos moindres besoins, et cependant à quelle hauteur ne s’élève-t-elle pas !

L’évangile de Jean commence avant la création. La Genèse commence avec la création, et déploie devant nous la scène sur laquelle tout doit se passer ; mais Jean nous présente le Créateur lui-même. Il en est de même dans l’épître aux Hébreux : « Toi, dans les commencements, Seigneur, tu as fondé la terre, et les cieux sont l’ouvrage de tes mains… Toi, tu es le même », nous avons là Christ avant la création, puis dans la création. « La Parole devint chair, et habita au milieu de nous, — » et ainsi devint pour nous la source de la vie. Nous recevons la vie de Celui qui existait avant tous les mondes, qui était de toute éternité. Notre nouvelle nature vient de Celui qui était avant que le monde fût et qui l’a créé, et nous sommes unis à lui.

 

2.2.3       Effets de la vie de Christ en nous

Or, si nous sommes en bon état devant Dieu, la vie que nous possédons en Christ a un double effet. Nos cœurs s’élèvent vers Dieu en mille et mille actions de grâces, et la vie de Jésus est manifestée en nous. La vie de Jésus peut se manifester dans les moindres choses journalières. Tout ce qui ne Le manifeste pas est du monde ; tout ce qui n’est pas la manifestation de la vie de Christ dans nos âmes est péché, et devrait être une cause de douleur plutôt que de joie. Je voudrais que vos cœurs fussent élargis, comme le dit l’apôtre : « Élargissez-vous aussi ! » Oh ! que nous puissions avoir Christ devant les yeux, de manière à pouvoir tout juger dans sa lumière !

Ne pensez pas que ce soit un enseignement trop élevé. Non ; il y a la convoitise de l’esprit aussi bien que celle de la chair, mais si l’on est dans la communion de Dieu, on les discerne Rappelez-vous comment vous avez reçu la vie ; ce fut de la manière la plus humble et la plus simple ; c’est par Celui qui vint dans le monde pour sauver les pécheurs. Eh bien, il nous a fait les vases de sa plénitude. Ainsi, nous avons communion avec le Père et avec le Fils, et nous le manifestons. « Or notre communion est avec le Père et avec son Fils Jésus-Christ ». Ainsi, nous avons le Père et le Fils, qu’aurions-nous de plus à chercher ? Rien. J’ai le Père et le Fils. Puis-je trouver la vérité en dehors du Père et du Fils ? Non. Je puis avoir encore beaucoup à apprendre. Un homme sur l’océan a beaucoup à y découvrir, mais il y est. De même, je suis dans la vérité, bien que j’aie encore beaucoup à apprendre. Je suis dans le Père et dans le Fils, ainsi je suis dans la vérité, et je n’ai pas à la chercher si je m’y trouve. Je possède le vrai Dieu, le Dieu éternel, en qui je demeure. Quand j’ai la conscience de cela, je suis venu au Père ; je le connais. Oh ! quelle consolation ! C’est la paix. Ce n’est pas seulement ce qui nous garde du mal du dehors, mais c’est le repos spirituel au dedans. Si je lutte pour obtenir quelque chose, je n’ai pas la communion. Si je désire aller au Père quand je suis déjà dans sa présence, ce n’est pas la communion ; et si je ne suis pas amené là, je ne puis pas avoir le sentiment de ce que la conscience doit être en la présence de Dieu. Ce qui fait notre joie, c’est que notre communion est avec le Père, ce n’est pas l’espérance d’arriver une fois.

 

2.2.4       1 Jean 1:4. Amenés dans une joie parfaite

« Nous vous écrivons ces choses, afin que votre joie soit accomplie ». Voilà où Dieu amène le saint, quand il y a chez lui de l’humilité, car sans elle, nous glisserons. Quand nous perdons le sentiment de la présence de Dieu, — je dis le sentiment, car en fait nous sommes toujours en sa présence, — alors nous sommes sur le point de pécher. Mon caractère naturel ou ma chair se montreront, si je suis hors de sa présence. Que les saints puissent demeurer sans crainte dans le sentiment de la présence de Dieu, est une chose réelle. Il est vrai que, s’il y a quelque chose entre moi et Dieu, ma conscience est en exercice ; mais quand l’Esprit n’est pas attristé, l’âme est dans la joie en la présence de Dieu, apprenant la sainteté, mais dans la joie, parce qu’elle est occupée de Dieu en communion avec lui, et non, en cherchant à découvrir le mal, et cela est une grande chose. On peut être en sa présence dans une parfaite joie, sans que la conscience ait à être exercée ; « je vous donne ma paix », a dit le Seigneur Jésus. Qu’était cette paix ? Il n’y avait point en lui d’affections vagabondes ; il ne pouvait y en avoir, et ainsi il y avait une paix parfaite du cœur avec Dieu. Il était parfait divinement — toutes ses affections étaient toujours en harmonie avec Dieu, et c’est à cela que nous pouvons être amenés maintenant par la grâce et la puissance de Dieu. Christ ayant été révélé à l’âme, le monde est exclu ; Christ est tout et il y a une joie parfaite. Telle est souvent notre expérience immédiatement après notre conversion ; mais ensuite, l’amour pour Christ devient moins fervent, le monde se glisse peu à peu en nous, et notre joie diminue.

 

2.2.5       Dans la lumière. Lumière et communion

Trois choses caractérisent le chrétien. En premier lieu, il est « dans la lumière, comme Dieu est dans la lumière ». Dieu avait dit à Israël : « J’habiterai dans l’obscurité profonde », et à Sinaï, il avait défendu d’approcher et ordonné que, « si même une bête touchait la montagne, elle serait lapidée ». Il y avait alors bien des bénédictions, mais Dieu demeurait dans son tabernacle, dans l’obscurité, sans être vu, agissant envers Israël, mais sans se montrer lui-même. Maintenant le voile a été déchiré, Dieu est pleinement révélé, et tout est lumière. C’est dans la nature même de la vérité que nous sommes, que Dieu est maintenant manifestement révélé, et celui qui est entré à travers le voile déchiré se trouve dans la lumière de la sainteté de Dieu, parfaite pureté en elle-même et qui montre tout ce qui n’est pas tel.

Secondement, nous avons communion les uns avec les autres, Nous sommes ensemble dans la lumière, et nous avons tous communion par le même Esprit Saint demeurant en nous tous.

Troisièmement, nous pouvons être dans la lumière, parce que « le sang de Jésus-Christ nous purifie de tout péché ». Plus nous sommes dans la lumière, plus nous voyons qu’à cause du sang de Christ, il n’y a sur nous aucune tache. Cela ne pouvait pas avoir lieu pour un Juif, mais maintenant la justice de Dieu a été manifestée, et nous sommes amenés dans la lumière comme Dieu est dans la lumière. Cela vous rend-il malheureux, ou bien cela donne-t-il de la joie à votre cœur ? Si nous sommes vrais de cœur, nous serons heureux que la lumière découvre les ténèbres en nous. « Sonde-moi, ô Dieu », disait le psalmiste. Nous ne chercherons pas à fuir la lumière, mais nous aimerons qu’elle nous sonde, non avec la prétention que nous n’avons point de péché, mais dans la conscience que « le sang de son Fils Jésus-Christ nous purifie de tout péché », car l’effet produit par le fait d’être dans la lumière est de nous faire confesser nos péchés. C’est là l’état décrit par ces paroles du Psaume 32 : « Dans l’esprit duquel il n’y a point de fraude ».

 

2.2.6       Confession et amour. La paix par le sang de Christ 

Il y a ici deux choses : la confession et l’amour. Depuis le premier verset jusqu’à la fin du quatrième, nous trouvons ce en quoi il n’y a point de déception ; ensuite, au cinquième verset : « C’est ici le message que nous avons entendu de lui et que nous vous annonçons, savoir que Dieu est lumière », et maintenant voici la pierre de touche. Là où Christ est connu en la présence de Dieu, il n’y a point de question touchant le péché. Comment suis-je arrivé là ? J’y suis venu par le sang de Christ et j’ai trouvé la paix. Si je raisonne touchant Dieu, c’est une autre chose, mais si nous sommes en sa présence, c’est par le sang de Christ, et c’est ce qui donne la paix, une paix qui ne peut jamais se perdre. Il y a une paix qui peut être perdue. Heureux quand nous venons d’être convertis, nos cœurs sont attirés par la grâce de Christ, et tout nous semble aisé et facile ; mais si nous venons à manquer, la conscience se réveille, le sentiment du péché nous alarme, et nous perdons notre paix, de telle sorte que nous ne savons plus où nous en sommes. Jusqu’à ce que nous ayons saisi que nous avons été amenés à Dieu, là où nous ne saurions nous trouver s’il restait une seule tache de péché sur nous, nous ne pouvons connaître dans nos âmes cette paix solide et bien établie résultant de ce qui est dit dans l’épître aux Hébreux, « n’avoir plus aucune conscience de péchés ». Jusqu’alors la grâce nous supporte.

La puissance des affections de la nouvelle nature forme un lien de communion avec Dieu, dont nous ne connaissons la jouissance pratique qu’autant que nous sommes gardés dans la lumière. Nous devons être dans la lumière, afin que les mauvaises pensées soient exclues, de sorte que nous puissions avoir communion avec Dieu. En combien d’occasions, dans nos relations les uns avec les autres ou avec le monde, le moi s’introduit sans que nous le jugions ! Le chrétien a pratiquement conscience qu’il ne peut marcher sans Dieu, et il juge, attend et confesse, en se confiant en Dieu ; ainsi son cœur est gardé dans le calme et dans la paix.

 

2.3   Sommaire du ch.1

Il y a deux choses dans ce chapitre 1er : 1° La manifestation de la vie éternelle, car elle nous a été manifestée. 2° Nous en sommes rendus participants. J’ai communion avec le Père et avec le Fils. Il nous a communiqué cette nature, afin que nous puissions nous réjouir dans sa communion. Que le Seigneur nous donne de nous garder nous-mêmes dans l’amour de Dieu, en sa présence, dans la lumière, découvrant et jugeant tout ce qui n’est pas de lui, et jouissant ainsi de son amour !

 

3                    2ème méditation. 1 Jean 2

Le commencement du second chapitre se rapporte à ce qui est dit dans le précédent : celui-ci parle de la manifestation de la vie et de la lumière, car « la vie est la lumière des hommes », et l’apôtre dit : « Si nous disons que nous avons communion avec lui, et que nous marchions dans les ténèbres, nous mentons, et nous ne pratiquons pas la vérité ». Le second chapitre nous présente la ressource pour un chrétien, s’il vient à manquer, comme, hélas ! nous savons que cela nous arrive à tous.

 

3.1   Une justice acquise définitivement,  mais des fautes journalières

Dans le premier chapitre, ainsi que nous l’avons vu, il est question de trois choses : Premièrement, nous sommes dans la lumière comme Dieu est dans la lumière ; ensuite, nous avons communion avec Dieu ; et, enfin, le sang de Christ nous purifie de tout péché. Le second chapitre, dans le cas où le chrétien aurait péché, montre que nous avons un Avocat auprès du Père, ce qui introduit un tout autre principe. Ce n’est pas seulement que le chrétien a une nouvelle nature, le chrétien la possède quand il pèche ; mais il n’a pas marché dans la puissance de cette nouvelle nature, de là vient son manquement et, à cause de cela, il a besoin d’un avocat auprès du Père. C’est une chose tout autre que ce dont il est parlé au chapitre premier ; ce n’est pas se réjouir en Dieu, mais c’est Dieu intervenant en grâce dans la personne d’un Médiateur entre lui et nous. Ce n’est pas non plus une question de justification, car il n’est pas possible que rien soit imputé au chrétien. Christ a été fait péché pour nous, et son œuvre nous a placés en la présence de Dieu, sans que rien puisse être mis en question quant à notre justification. C’est une chose que nous ne pouvons jamais perdre. Ce n’est pas de cela qu’il s’agit ici, mais d’une autre chose de grande importance pour nous, savoir de l’exercice journalier de l’amour envers nous. Devant Dieu, quant à notre position, nous ne pouvons manquer, mais ici-bas nous tombons. « Nous faillissons tous en plusieurs choses » ; nous manquons constamment, intérieurement et extérieurement ; mais il y a l’exercice des affections selon ce que nous sommes ici-bas ; il y a un accroissement dans la connaissance de Dieu, et dans ce qu’est son amour, et ce qu’est notre état réel. Dieu demande la justice ; mais ce n’est pas, comme plusieurs le pensent, que l’œuvre doive être faite de nouveau, car du moment que nous avons cru, nous sommes justice de Dieu en Christ. C’est une chose qui ne s’altère point, elle a toujours la même valeur ; il s’agit de ce qu’Il est ; et maintenant, sur le fondement de la valeur de son sacrifice, ma conscience peut être exercée comme elle ne le pouvait être auparavant. Il est Jésus-Christ, le juste. La justice est toujours en la présence de Dieu. Dieu n’a pas à regarder à cela maintenant, dans ses voies envers nous ici-bas ; Christ est toujours là devant lui. Tout ce qu’est Dieu a été parfaitement manifesté dans le Seigneur Jésus-Christ, et je puis entrer en sa présence sans crainte, à cause de cette justice.

 

3.2   Comment maintenir des rapports avec Dieu ? l’Avocat

Comment mes rapports avec Dieu pourraient-ils être maintenus, pauvre, faible et faillible comme je le suis ? Ils subsistent en vertu de ce que je suis en Christ. La justice de Christ n’a pas besoin d’être maintenue ; mais moi, j’ai besoin d’être soutenu. Supposons que je sois tombé en faute, alors intervient Christ comme Avocat. Son intercession vient répondre à mes besoins ; elle n’acquiert pas la justice, mais elle me relève lorsque je tombe. L’intercession de Christ comme Avocat auprès du Père, me conduit à me juger moi-même selon la lumière dans laquelle j’ai été amené par sa justice. Mon jugement du bien et du mal s’accroît à mesure que j’avance dans la connaissance de Dieu. Ainsi nous avons besoin de deux choses : la grâce pour nous garder dans le chemin, et la miséricorde pour nous restaurer dans la communion. Toute la grâce nécessaire pour le chemin est là, et Christ nous assure constamment de la certitude de notre position devant Dieu. Pierre, bien qu’il eût renié son Maître, n’avait pas perdu sa confiance en Dieu. Satan peut dire à une âme : « Tout est perdu pour toi ; tu es trop mauvais ; Dieu a porté sa sentence contre toi et il n’y a plus d’espoir » ; c’est ainsi que la confiance en Dieu peut être perdue. Mais avant que Pierre tombât, Christ avait prié pour lui ; et ainsi, il apprit ce qu’il était en lui-même, il connut la grâce qui l’avait soutenu, et il put s’en servir pour le profit des autres, selon la parole du Seigneur : « Toi, quand tu seras revenu, fortifie tes frères ». Il devint capable d’aider ceux qui étaient faibles et qui manquaient comme lui. La même grâce qui vient à nous, au commencement de notre course chrétienne, est aussi celle qui nous soutient durant tout notre voyage.

 

3.3   Dieu ne cesse pas de s’occuper de Ses enfants

Nous avons donc ici le gouvernement de Dieu comme celui d’un père avec sa famille. Ce n’est pas : « Éphraïm s’est attaché aux idoles ; laisse-le faire » ; non, Dieu s’intéressant à nous, ne nous laissera jamais et ne nous abandonne point, mais il agit envers nous selon nos voies. Comme je l’ai fait remarquer précédemment, cela dépend quelquefois de nos actes, ainsi que nous le voyons par Jean 14:23 et 15:10 ; mais l’amour de Dieu pour nous ne dépend ni de notre amour pour lui, ni de notre conduite, car, après tout, c’est sa grâce qui nous rend capables de bien marcher. Dieu, et Christ comme Fils sur sa propre maison, a affaire avec les enfants. Si nous parlons avec impatience à l’un de nos frères, si, parcourant avec insouciance les rues, nous laissons nos yeux se complaire dans quelque vanité, si quelque parole d’irritation nous échappe, nous en rencontrerons l’effet dans nos âmes avec Dieu à la fin de la journée. La grâce nous restaurera ; il nous suivra et nous ramènera. Si nous avions un enfant insoumis, nous ne l’abandonnerions pas pour cela, mais nous le surveillerions avec amour et le corrigerions dans l’espérance de l’amender. Je puis voir l’enfant d’un autre marcher mal et le laisser faire, mais du moment qu’il s’agit de mon propre enfant, je dois m’occuper de lui pour le ramener au bien. Telle est la patience de la grâce de Dieu. Mais en même temps, Dieu ne peut jamais abandonner les droits de sa sainteté ; il ne peut souffrir, ni laisser passer dans son enfant, ce qui y porte atteinte. Il était donc nécessaire que Christ mourût. Ainsi, Dieu est débiteur à Christ à cause de l’œuvre que Christ a accomplie pour glorifier le caractère de Dieu. « À cause de ceci, le Père m’aime », dit le Sauveur, « c’est que moi je laisse ma vie, afin que je la reprenne » ; et encore : « Je t’ai glorifié sur la terre ».

 

3.4   L’Avocat intervient malgré ce que nous sommes

La même chose est vraie par rapport à son office d’Avocat ; en vertu de la propitiation, Christ exerce cet office pour nous. Si nous manquons, Dieu le voit, mais Jésus intervient et il intercède pour nous. Quelques-uns disent que nous avons à recourir à Christ comme Avocat ; ce n’est pas exact : c’est lui qui exerce son office pour nous. Pourquoi est-ce que je reviens à Dieu, lorsque j’ai manqué ? C’est parce que Christ exerce son office ; une nouvelle grâce m’est appliquée, une nouvelle grâce opère dans mon âme. Il n’y a rien qui nous ramène à Dieu, si ce n’est une nouvelle grâce agissant dans notre conscience. C’est pourquoi il est dit : « Si quelqu’un a péché, nous avons un avocat auprès du Père ». Il n’est pas dit : « Si quelqu’un se repent ». C’est tout autant pure grâce que lorsque d’abord il a regardé vers nous, quand nous étions dans nos péchés. Dans le cas de Pierre, le Seigneur lui prédit ce qui aurait lieu : « Satan a demandé à vous avoir pour vous cribler comme le blé » (nous avons tous besoin d’être criblés) ; « mais j’ai prié pour toi ». Avant que Pierre n’entrât dans le danger, le Seigneur avait prié pour lui, et sa grâce s’exerce au moment où elle est nécessaire. « Il regarda Pierre », et les larmes de celui-ci furent la preuve de l’intercession de Christ en sa faveur. La grâce et l’intercession de Jésus s’exercent envers nous selon toute la grâce et la sagesse de Dieu. C’est la grâce qui fait, de notre faute même, l’occasion pour Dieu d’intervenir avec une grâce plus grande. La justice n’est point mise en question ; elle n’est point touchée. C’est par l’intercession de Christ que je puis venir à Dieu, en confessant mes mauvaises pensées. Toute la conscience que j’ai de mes fautes, tous les exercices de cœur par lesquels je passe, sont pour moi l’occasion de venir au Père et deviennent autant de liens qui attachent mon âme à Dieu. Nous apprenons, dans nos manquements et nos fautes journalières, et nous serions dans une complète erreur si nous ne voyions pas que Dieu a, pour agir ainsi, une base sainte. Il ne suit pas de là que nous devions manquer, pas plus que nous ne devons pécher. Nous ne devons pas manquer, bien que nous manquions tous. La misérable confiance que nous avons en nous-mêmes nous fait tomber, et alors intervient l’office de Christ comme Avocat.

La verge d’Aaron engloutit toutes les autres verges ; cela montrait la puissance divine dans la sacrificature, et c’est ainsi que la grâce ôte les murmures du cœur. Les enfants d’Israël furent d’abord dans le désert durant deux ans, mais ils durent y passer trente-huit années de plus, parce qu’ils ne montèrent pas pour s’emparer du pays, comme il leur avait été dit. Si, comme Israël, nous refusons d’aller en avant, cela dévoile l’état intérieur de notre cœur, nous ne faisons qu’allonger la route. Israël manquait de foi pour combattre les fils d’Anak. Si nous brisions avec le monde et chargions vraiment et simplement la croix, nous jouirions immédiatement de la pleine puissance de la communion avec Dieu ; faute de cela, nous avons à apprendre dans le désert par une journalière mortification, ce qu’est la chair. Si nous cherchons à échapper aux dangers en quittant le sentier de la foi, nous tomberons certainement dans le péché.

 

3.5   Apprendre que Christ est tout

Lorsque Israël fut enfin entré en Canaan, il y trouva le même peuple, les mêmes géants qui l’avaient d’abord effrayé, et avaient empêché qu’il ne prit possession du pays. Pour quelle raison des chrétiens ont-ils souvent plus de joie sur leur lit de mort qu’ils n’en avaient jamais eu auparavant ? C’est parce que jusqu’alors ils n’avaient jamais tout abandonné pour Christ, n’avaient jamais appris que Christ est tout, et que toutes les autres choses ne sont que des ordures. Les vêtements des Israélites ne s’étaient point usés sur eux, leurs pieds ne s’étaient pas enflés, durant les quarante années passées dans le désert. Pendant toute cette période, ils avaient pu voir dans les moindres détails la merveilleuse bonté de leur Dieu. La manne ne cessa pas, et la grâce patiente qui les supportait ne manqua point jusqu’au terme de leur voyage. Mais nos cœurs insensés ne veulent pas se fier à Dieu, de sorte que le Seigneur doit nous montrer la patience de sa grâce. Il nous accompagne partout où nous allons ; il est là, même dans nos manquements, et quand nos cœurs ont passé par les exercices du désert, nous avons appris la vanité des choses terrestres, et nous trouvons qu’après tout il vaut mieux tout abandonner et nous confier en Dieu, afin qu’il soit tout pour nous. Mais si nous l’avions fait d’abord, nous aurions immédiatement joui de ce bonheur, de posséder Dieu comme notre tout.

 

3.6   Besoin que notre volonté soit brisée

Et maintenant, quant à l’exercice constant de l’intercession de Christ, il se poursuit dans le ciel, en rapport avec notre position céleste, et a aussi pour but de nous soutenir dans notre état journalier ici-bas.

Christ fut un homme ici-bas ; nous lui sommes unis par le Saint-Esprit. « Celui qui est uni au Seigneur est un seul Esprit avec lui », — marque l’effet produit. Qu’était Christ ? Non seulement l’homme obéissant, l’homme parfait sous la loi, mais la parfaite manifestation de la nature divine dans l’homme. On voyait en lui, dans un homme, tout l’effet que la Déité peut produire et manifester de bonté. Je ne parle pas de miracles, mais de patience, de support, d’amour, etc. Ce n’est pas que nous puissions être ce que Christ a été, parce que le péché est en nous, et qu’il n’y en a point en lui ; mais nous sommes appelés à marcher comme il a marché. Nous sommes appelés non à marcher dans la chair ; mais à marcher comme lui a marché. C’est, hélas ! ce que nous ne faisons pas. Il n’y a pas d’inclination à marcher ainsi : il y a une volonté en nous. Il doit briser notre volonté, aussi longtemps que notre marche ne découle pas de la parole de Dieu. La chair est en activité, et il ne peut y avoir que faiblesse.

C’est bien, dira quelqu’un, mais je ne suis encore qu’un jeune chrétien, et je suis si faible. Il ne s’agit pas d’âge dans la grâce ; Christ ne permettra pas que vous soyez tenté au delà de ce que vous pouvez supporter ; mais, avec la tentation, il vous donnera aussi une issue pour en sortir. Nous pouvons être faibles, mais cela n’est pas un obstacle à ce que nous marchions comme il a marché, puisque sa puissance s’accomplit dans l’infirmité ; mais il ne peut pas être la force de notre volonté propre. Celui qui d’hier seulement est né de nouveau, peut suivre Christ tout autant qu’un vieux chrétien, et Christ est tout autant pour lui. Il peut n’y avoir pas autant de sagesse, mais souvent, chez un enfant en Christ, l’œil est plus simple, et le cœur moins partagé. La grande affaire est que la volonté n’agisse pas.

 

3.7   Christ comme homme, a toujours fait la volonté de Dieu

Ici encore, nous voyons en quoi Christ était si parfait. La volonté de Dieu était le mobile de toute sa conduite. Il vint pour faire la volonté de Dieu. « Voici, je viens pour faire, ô Dieu, ta volonté ». « Tu m’as creusé des oreilles », indique la position d’obéissance qu’il a prise. « Tu m’as formé un corps ». Il est devenu un homme, il a pris la place de serviteur. Il devait marcher selon ce qu’il entendait ; il était prêt à le faire : « Voici, je viens », dit-Il, « toutefois que ce ne soit pas ma volonté, mais la tienne qui soit faite ». La volonté de Dieu était le mobile de toute sa conduite. Il n’était pas seulement l’homme obéissant, mais tout en lui était conforme à cette volonté : « L’homme ne vivra pas de pain seulement », disait-il, « mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu ». Et encore : « Comme le Père qui est vivant, m’a envoyé, et que je vis à cause du Père ». Nous n’avons pas seulement à marcher comme il a marché, mais à suivre le chemin où il a marché. Le mobile de la conduite de Christ ne fut jamais sa propre volonté ; sa volonté n’avait pas à être redressée : il était venu pour faire la volonté de son Père. Satan chercha à l’entraver, les hommes l’essayèrent aussi, mais il passa à travers tout. Il a pris le premier cette place d’obéissance ; le premier, il a dû passer à travers les difficultés, et quand il a mis dehors ses propres brebis, il va devant elles. Il fut conduit par l’Esprit dans le désert pour y être tenté ; il dut passer par tout ce qui pouvait mettre à l’épreuve son obéissance. Nous voyons dans la gloire de la personne de Christ la différence entre lui et tout autre. Moïse jeûna durant quarante jours, lorsqu’il fut avec Dieu sur la montagne. Christ, comme homme vivant sur la terre, était toujours avec Dieu. Il jeûna quarante jours, pour être avec Satan tenté dans le désert, et nous ne pouvons pas le voir dans ces circonstances sans apprendre ce qu’il était là. Si toute la gloire du monde fut alors offerte à Christ, elle vous est offerte tous les jours, et, de nos jours, nous voyons comme on se précipite après elle avec ardeur.

 

3.7.1       Tentation du Seigneur par Satan au déssert

Christ rencontre donc Satan : « Dis que ces pierres deviennent des pains », est la parole du tentateur ; c’est-à-dire : « Satisfais ta faim en faisant ta propre volonté ». Mais Christ n’avait pas une parole de la part de Dieu pour changer les pierres en pains ; or il ne montra jamais sa volonté à lui ; tout en lui était parfaite obéissance ; c’était une vie humble, sainte, patiente, qui ne faisait pas un mouvement sans Dieu. Si vous ne voulez pas faire une seule chose sans avoir, pour agir, une parole de la part de Dieu, alors vous êtes sûr d’avoir la force de Dieu en ce que vous faites, « Jette-toi en bas », dit encore le diable. Non ; Jésus ne veut pas mettre Dieu à l’épreuve. Il ne voulait pas tenter Dieu en essayant si Dieu le protégerait ; il avait confiance en lui. Le peuple d’Israël tenta Dieu en disant : « L’Eternel est-il au milieu de nous ? » Il voulait éprouver si l’Eternel était avec eux ou non ; ce n’était pas de la confiance, c’était tenter Dieu. Christ n’agit point ainsi ; dans la voie de l’obéissance, il était sûr de trouver Dieu. Lorsque Marie et Marthe envoyèrent dire au Seigneur : « Lazare est malade », il resta où il était. Il n’avait pas d’ordre de Dieu pour aller et Lazare mourut. Marie pouvait trouver cruel que Jésus demeurât deux jours où il était, au lieu de venir immédiatement. Mais s’il avait été là et eût guéri Lazare, il n’aurait accompli qu’un miracle ordinaire, tandis que le ressusciter d’entre les morts, après quatre jours passés dans le sépulcre, était pour la gloire de Dieu.

Satan éprouve ensuite le Seigneur d’une autre manière : « Je te donnerai toutes ces choses », dit-il, « si, te prosternant, tu me rends hommage ». « Va-t’en, Satan », répond Jésus, et il cite encore l’Écriture. « Il est écrit », dit-il. Satan a du pouvoir contre les prétentions, contre la connaissance, mais il ne peut rien contre l’obéissance — il ne peut rien, si nous agissons d’après la Parole, sans propre volonté. Jésus réglait sa conduite d’après la Parole ; c’était le ressort de tout ce qu’il faisait. Or, « si nous disons que nous demeurons en lui, nous devons marcher comme lui a marché ». Les ruses de Satan furent déjouées ; l’homme fort fut lié, et le moyen par lequel Jésus le vainquit, ce fut la simple obéissance. (L’exercice de la puissance est une chose distincte ; en guérissant les malades, il aurait remis les hommes dans la bonne voie s’ils eussent été capables de bonheur et préparés à jouir de Dieu.) Christ a passé à travers tout ce qui pouvait être placé devant lui pour l’entraver dans le sentier de la piété, à travers tout ce qui pouvait mettre à l’épreuve sa vie divine. Dans ce sens, il a su ce que c’est que d’être tenté ; c’étaient tous les exercices qui le préparaient à être notre souverain sacrificateur. Nous avons besoin de sympathie dans les exercices de la vie divine dans nos âmes ; mais non de sympathie dans nos convoitises : celles-là, il faut les mortifier. Christ a passé à travers tout ce qui peut éprouver un homme vivant ; il s’est montré parfait en tout, et il a tout rencontré et expérimenté dans la paix dont il jouissait. Maintenant il peut dire : « Ma paix et ma joie ». « Si le monde vous liait, sachez qu’il m’a haï avant vous ; mais ayez bon courage, moi j’ai vaincu le monde ». Il savait et comprenait par expérience et en pratique, comme homme en passant à travers ce monde, combien la grâce d’en haut, la grâce divine qui s’appliquait à son âme, la fortifiait et la consolait, était aussi suffisante pour que chaque âme pût vivre dans la sainteté ; non pas la grâce qui est appliquée à l’épreuve venant du péché, mais à une vie de sainteté. « Il a souffert lui-même, étant tenté ». Le Seigneur savait ce que c’était que le trouble ; son âme fut troublé ; mais son premier mot est : « Père ». Dès que nous sommes dans la peine, au lieu de regarder autour de nous pour trouver de la consolation, de la sympathie, ou bien de regarder aux actes de la chair, quant à ce que nous avons fait ou n’avons pas fait, et d’épancher notre douleur en murmures charnels, tournons-nous immédiatement vers Dieu : alors le cœur sera rejeté sur Lui, dans une entière soumission à sa volonté et l’aiguillon de la douleur sera enlevé. Du moment qu’il y a parfaite soumission, il y a aussi paix parfaite. « Maintenant, mon âme est troublée ; et que dirai-je ? Père, délivre-moi de cette heure ». « Que ce ne soit pas ma volonté, mais la tienne qui soit faite ».

 

3.7.2       La nécessité de la rédemption

Une autre chose : Il aurait pu ressusciter Abraham et Isaac, tout aussi bien que Lazare, et introduire ainsi immédiatement toutes les bénédictions promises. Mais les hommes n’aimaient pas qu’il fût là, au milieu d’eux. L’homme s’est montré lui-même étranger à Dieu, éloigné de lui, et ainsi absolument incapable de jouir du bonheur. « Maintenant », dit le Seigneur, « ils ont, et vu, et haï, et moi et mon Père ». Christ ne pouvait rien avoir à faire avec le monde dans son état moral. Il devait, pour racheter l’homme, rencontrer l’effet du péché dans la puissance de Satan, tenant l’homme captif sous la mort pour le jugement et la colère de Dieu contre le péché ; et ensuite, il a pris sa place en résurrection pour appliquer la rédemption aux âmes. La justice fut satisfaite, afin que nous pussions prendre notre place dans le ciel. Nous devons être arrachés au monde. Dieu nous donne tout ce qui nous est nécessaire pendant notre chemin, mais jamais il ne nous présente le monde comme notre fin. Pour nous, le monde n’est ni Canaan, ni l’Égypte, mais un désert. Si nous nous attachons au monde, nous ne sommes pas dans le désert, mais en Égypte, et c’est pour cela que tant de chrétiens ont besoin d’être châtiés, car si nous voulons faire du monde une Canaan, il devient pour nous l’Égypte. Du moment que nous en faisons notre demeure, que nous nous y établissons, c’est notre Égypte.

 

3.7.3       Pas d’amélioration possible du monde

Il faut que le Seigneur brise notre volonté. Il dit : « Encore un peu de temps, et le monde ne me verra plus ». C’en est fait avec le monde. Christ établit une distinction entre lui et le monde, et si nous choisissons le monde, nous ne pouvons pas avoir Christ. Nous ne pouvons avoir les deux ensemble. « Si quelqu’un aime le monde, l’amour du Père n’est pas en lui ». L’apôtre dit : « Démas m’a abandonné, ayant aimé le présent siècle ». Les hommes sont le jouet de l’incrédulité, lorsqu’ils pensent rendre le monde meilleur avec leur amour du prochain, leurs arts et leurs sciences, leurs relations sociales, cherchant à se rendre heureux sans Dieu ; car, tout en faisant parade de leur habileté, et en prétendant reconnaître le don de Dieu dans les talents et le génie qu’il a accordés à l’homme, ils continuent cependant à rejeter Dieu et ses dons, et ne veulent pas avoir un Dieu en Christ. Les hommes croient que le monde sera rendu bon par la culture intellectuelle et par la science, en encourageant les arts, etc. Quoi ! Christ n’a pas pu le rendre bon, et les incrédules disent : « Le christianisme n’est qu’une fiction, car il n’a pas remis le monde en ordre ». Les hommes prennent dans leur bouche les paroles de Christ et disent : « Les hommes doivent s’aimer les uns les autres comme des frères ». Ils veulent amener toutes les nations à être ensemble sur un pied d’amitié et de bonne volonté, et les paroles mêmes dont ils se servent pour chercher à rendre le monde heureux, sont celles au nom desquelles les incrédules attaquent le christianisme !

Depuis que le monde a rejeté Christ, son jour a pris fin. La grâce de Dieu cherche, sauve et rassemble des pécheurs, mais quant au monde, le Seigneur a dit : « Le monde ne me verra plus ». Ou bien il doit aller mieux sans Christ, ou bien ne pas aller mieux du tout. Mais « ils m’ont vu, et ont haï et moi et mon Père » ; voilà ce qu’a fait le monde, et son temps est passé. « Ayant encore un unique fils bien-aimé, il le leur envoya, disant : Ils auront du respect pour mon fils » ; mais qu’ont-ils fait ? Ils l’ont pris et l’ont tué, disant : « L’héritage sera à nous », et ils cherchent maintenant à rendre le monde aussi agréable que possible. Que le Seigneur nous préserve de toute cette illusion, dont nous avons bientôt conscience, quand nous nous tenons près de Christ.

 

3.8   Un sacrificateur dans le ciel, un Consolateur sur la terre

Christ a pris une position céleste : « Un tel souverain sacrificateur nous convenait, saint, innocent, sans souillure, séparé des pécheurs, et élevé plus haut que les cieux ». Il exerce son ministère dans le lieu auquel nous appartenons. Je n’appartiens pas à la terre ; notre appel est céleste, et nous avons besoin d’un sacrificateur céleste qui est monté en haut pour prendre là nos cœurs avec lui. Nos corps n’y sont pas encore, mais notre place est avec lui là-haut. Christ lui-même, qui était un homme sur la terre, a manifesté ici-bas un caractère céleste. Christ nous ayant donné notre place ici-bas et ayant ôté tous nos péchés, a envoyé le Consolateur, afin que nous puissions le manifester dans notre marche sur la terre, étant des épîtres vivantes de Christ, « connues et lues de tous les hommes ».

 

3.9   Ce que nous avons à manifester : amour et absence de péché

Dieu nous a aimés quand nous le haïssions ; nous devons aimer ceux qui ne nous aiment pas, et manifester ainsi le caractère de Dieu sur la terre. Christ, comme homme, était l’expression vivante de Dieu, et « celui qui dit demeurer en lui, doit lui-même aussi marcher comme lui a marché ». Par son intercession, Christ obtient pour nous tout ce dont nous avons besoin, et nous relève quand nous sommes tombés ; mais il nous soutient aussi pour marcher comme il a marché, ayant la parole de Dieu comme source de nos actions, de même que Dieu était la source de toutes les pensées de Christ ; mais si nous manquons, il y a la grâce pour nous restaurer : « Je vous ai écrit ces choses, afin que vous ne péchiez pas ; et si quelqu’un a péché, nous avons un avocat auprès du Père ». La chair ne devrait jamais agir ; votre vie ne devrait jamais être une expression de la chair, mais de l’obéissance d’un enfant. Un petit enfant en Christ ne peut pas marcher comme un père en Christ, mais il peut marcher avec Christ dans une obéissance d’enfant. Nous avons la chair en nous, mais si je suis pratiquement dans la lumière avec Dieu, je connais tout ce qui est de la chair, et tout ce que je suis est jugé. Un enfant de deux ans peut être aussi obéissant qu’un enfant de douze. Ce n’est pas une question d’âge, ni de force, mais d’obéissance. Nous avons l’exemple de Christ qui, à douze ans, était obéissant à son père et à sa mère, retourna avec eux à Nazareth, et leur était soumis.

 

3.10                   Notre but et notre joie : marcher comme Christ a marché

« Celui qui dit demeurer en lui, doit lui-même aussi marcher comme lui a marché ». Est-ce la joie de votre âme de marcher comme lui a marché, avec le même renoncement à vous-même, dans la même séparation du monde, avec le même amour ? Ou bien voulez-vous garder quelque chose — si peu que ce soit — du monde, un peu de vos aises ? Christ ne l’a point fait, sans quoi vous n’auriez pu être sauvé. Pierre lui disait : « Seigneur, Dieu t’en préserve, cela ne t’arrivera pas ». Mais que répondit Jésus ? « Va arrière de moi, Satan ». Combien souvent notre méchant cœur ne dit-il pas : « Dieu te préserve d’une telle chose ». Ce n’est pas marcher comme Christ a marché, ce n’est pas lui obéir comme à notre Maître. Vos cœurs ont-ils été attirés par la beauté de Christ ? C’est la vraie liberté. Le monde n’est qu’un piège propre à nous enlacer. Ce n’est pas que je veuille montrer du mépris envers le monde : Christ ne l’a pas  méprisé ; mais voici ce qu’est le monde : Satan employant toutes sortes de choses pour séduire la chair. Satan nous attire dans ses pièges et tient l’âme en esclavage ; mais la liberté dans laquelle le Fils nous place, c’est d’être affranchis de la chair, du monde, du péché et de Satan. Ce n’est pas seulement de marcher comme lui a marché, mais de marcher avec lui dans la parfaite liberté, dans la conscience que l’on marche avec lui et avec la joie, la force et la consolation que cela procure.

Puissions-nous trouver notre joie en lui, ne recherchant pas une vie qui convienne aux désirs de notre propre cœur, mais une vie dans sa grâce et dans sa bonté, et qu’il veuille garder les yeux de nos cœurs arrêtés sur lui, en attendant la gloire avec lui !

 

4                    3ème méditation. 1 Jean 2 : la communication de la vie divine qui découle du Père et a été manifestée dans le Fils

Nous nous sommes arrêtés dans la dernière méditation sur l’intercession de Christ. Je reprends maintenant le sujet traité dans le second chapitre, c’est-à-dire la communication de la vie divine qui découle du Père lui-même, et a été manifestée dans la personne du Fils descendu du ciel sur la terre et par qui cette vie nous est communiquée. Nous avons la manifestation de tout ce que nous devons être, et une pierre de touche par laquelle nous pouvons éprouver ce qui est de Christ et découvrir ce qui n’est pas de lui.

 

4.1   Le bien tiré du mal

4.1.1       Le mal : une occasion de manifester la vérité

La plus grande partie du Nouveau Testament (les épîtres) doit son origine au mal que Satan a fait dans l’Église. Le mal fut permis seulement afin que la folie des erreurs enseignées fût rendue manifeste, et afin que la pleine gloire de la vérité pût resplendir. « Je vous ai écrit ces choses touchant ceux qui vous égarent ». Les choses dont l’apôtre parle se rapportent aux doctrines que plusieurs enseignaient ; c’étaient des personnes qui avaient les plus hautes prétentions et qui auraient voulu séduire les saints. Non pas les évangiles, cela est évident, mais, d’une manière générale, les épîtres, par exemple celles aux Thessaloniciens, aux Corinthiens et aux Galates, furent écrites à l’occasion du mal que l’adversaire cherchait à faire pénétrer dans les assemblées. À Corinthe, il mettait en doute la résurrection ; à Thessalonique, c’était la venue du Seigneur ; chez les Galates, il attaquait la justification par la foi. Il n’en est pas ainsi dans l’épître aux Philippiens ; là, Paul était consolé par leur amour.

 

4.1.2       Le mal : une occasion d’introduire une bénédiction plus grande

Ainsi le mal introduit dans les assemblées, devint l’occasion de nous donner ces précieuses épîtres. Il en a été ainsi à l’égard de tout le mal que Satan a fait dès le commencement. La chute elle-même a été pour Dieu l’occasion d’introduire une plus grande bénédiction. Tout ce que Satan cherche à faire, tout ce qu’il a fait dès le commencement, doit finalement aboutir à la gloire de Dieu, au bien et à la bénédiction de nos âmes, lorsque nous désirons servir Dieu. Il est vrai qu’en cela, l’homme est humilié, mais Dieu qui gouverne tout, fait tout concourir au plus grand bien. Prenons le fait de la réjection de Christ par les Juifs, cela amena la révélation de l’Église. Jésus pleura sur Jérusalem ; là, dans cette ville, l’énergie de Satan devait se montrer contre le Seigneur lui-même, de sorte qu’il disait : « Maintenant mon âme est troublée, et que dirai-je ? Père, délivre-moi de cette heure ; mais c’est pour cela que je suis venu à cette heure… Et moi, si je suis élevé de la terre, j’attirerai tous les hommes à moi-même ». Il regardait au mal avec douleur et pleurait, mais ce mal même était l’occasion d’une bénédiction infinie. Par sa réjection fut amenée la plus grande des bénédictions, car s’il n’était pas mort, nous n’aurions pas pu être sauvés. Satan croyait avoir triomphé de lui en le voyant cloué sur la croix, mais Dieu l’a ressuscité, d’entre les morts. Ainsi, quoi que Satan fasse, le résultat est l’introduction d’une plus grande bénédiction de la part de Dieu, et il en est ainsi de nos jours. L’homme gâte ce qui lui avait été confié, et Dieu introduit quelque chose de meilleur.

 

4.1.3       L’annonce de l’antichrist : l’occasion de manifester les opérations de la vie divine

Que trouvons-nous, par exemple, dans ce chapitre ? L’Antichrist venait, et cela conduit à la manifestation des opérations de la vie divine. C’est l’occasion, dans les mains de Dieu, d’apporter une bénédiction plus grande à ceux qui se confient en lui. Depuis le commencement il en a été ainsi, et il en sera ainsi jusqu’à la fin, quand Satan aura été jeté dans l’étang de feu ; alors sera introduite la bénédiction céleste. La puissance de la vie divine, d’abord manifestée en Christ, est maintenant manifestée en nous. Nous verrons les instructions qu’il donnait, nous guidant par ses préceptes et selon sa vie. « Celui qui dit demeurer en lui, doit lui-même aussi marcher comme lui a marché ». Il n’est pas dit, être comme lui, parce que le péché est en nous, et lui n’en avait pas ; mais nous avons à marcher comme lui.

 

4.2   1 Jean 2:8 : Christ est la vie divine et Il la manifeste en nous

« Encore une fois, je vous écris un commandement nouveau, ce qui est vrai en lui et en vous, parce que les ténèbres s’en vont et que la vraie lumière luit déjà ». Nous avons ici un principe très important de la vie divine — ce qu’est notre vie et quelle en est la source. Il y a deux points à considérer dans la manifestation de la vie divine : ce que Christ était dans sa personne ici-bas, et ce qu’il est maintenant en haut ; ensuite, ce qu’il manifeste par nous et en nous de la vie divine. Ainsi, en premier lieu, nous avons la vie divine en Christ qui en est la source pour nous, lui, « la Parole devenue chair »; et secondement, la manifestation de cette vie en nous et par nous. Nous pouvons, d’après cela, apprécier et corriger tout ce qui se passe dans nos vies, parce que nous avons le parfait et merveilleux modèle de la vie divine en Christ lui-même, qui en est la puissance.

Christ est la vie éternelle qui était auprès du Père, et il nous a donné cette vie éternelle. « Au commencement était la Parole ; et la Parole était auprès de Dieu : et la Parole était Dieu. Elle était au commencement auprès de Dieu. Toutes choses furent faites par elle » ; Ainsi il était de toute éternité auprès de Dieu, avant qu’il créât. « Et la Parole devint chair, et habita au milieu de nous » ; puis il est dit : « De sa plénitude, nous avons tous reçu ».

 

4.2.1       La vie éternelle de toute éternité en Christ

Nous avons deux choses à considérer : premièrement, ce qu’il est en lui-même : « la Parole », la Parole qui devint chair ; comme nous lisons aussi en Hébreux : « Il est le resplendissement de sa gloire et l’empreinte de sa personne », et aux Colossiens : « l’image du Dieu invisible », la parfaite représentation de ce que Dieu était. Lui-même disait : « Je suis depuis si longtemps avec vous, et tu ne m’as pas connu, Philippe ? Celui qui m’a vu, a vu le Père ». En sa personne, nous avons la vie même qui était auprès du Père « dès le commencement ». Il était la vie, elle était en lui. Or il n’est jamais dit que la vie éternelle est en nous. Elle est en lui ; mais il nous l’a donnée, ce qui est bien différent. Lui-même est notre vie ; il a la vie en lui-même. « Dieu nous a donné la vie éternelle, et cette vie est dans son Fils »; mais le Fils a la vie en lui-même. Ma main est vivante, mais ma vie n’est pas dans ma main ; ma main vit en vertu de son union avec mon corps ; qu’elle soit coupée, je vivrai cependant encore. Ainsi l’Église, ou une âme individuellement, vit en vertu de son union avec Christ, le Chef. C’est en lui qu’est la réalité de la vie.

 

4.2.2       La vie divine manifestée en Christ ici-bas

En second lieu, lorsque Christ était ici-bas, tout ce qu’il disait était l’expression de cette vie. Ce n’était pas comme un commandement donné par la loi, parce que la loi exigeait de la part de l’homme ce qui était convenable, ce que l’homme doit être en relation avec Dieu. Elle avait pour base la responsabilité attachée au caractère de l’homme comme tel et n’allait pas au delà ; mais en Christ, nous avons la manifestation de ce que Dieu était pour l’homme — l’amour agissant au milieu du mal. Aimer les pécheurs ne faisait pas partie de la loi, mais le Seigneur est descendu ici-bas pour aimer. Une autre chose : dans toutes ses pensées et les expressions de ses sentiments pour nous, il est allé bien au delà de la simple lettre de la loi, car la loi ne pouvait pas dire : « Bienheureux les pauvres en esprit » ; cela devait être une appréciation de Dieu même ; la loi ne pouvait pas proclamer : « Bienheureux ceux qui procurent la paix » ; Christ lui-même était le Prince de la paix, montrant que la paix devait être faite. Il en est de même des devoirs. Il y avait dans la loi une spiritualité qui allait au delà de la lettre ; mais il y avait en Christ une puissance de bien qui allait au delà du mal. La loi n’a jamais manifesté la puissance sur le mal sous la forme de l’amour — en Christ était manifesté le pouvoir du bien sur le mal — et c’était là la vie de Christ.

Dans tous ses actes, quand il était sur la terre, nous avons le caractère et l’expression de ce que Dieu était dans l’homme ; c’est ce qui attire le cœur. Il était la vie éternelle qui était auprès du Père. Jean le baptiseur, duquel le Seigneur rendait ce témoignage : « Parmi ceux qui sont nés de femme, il n’en a été suscité aucun de plus grand que Jean le baptiseur », ce Jean vint dans la voie de la justice, et par conséquent il se sépara tout à fait des hommes, alla dans le désert, ne fit sa compagnie de personne, fut un héraut marchant devant Christ pour l’annoncer, en dehors de cela n’ayant rien à dire à personne, mangeant des sauterelles et du miel sauvage ; mais Dieu, que les hommes avaient offensé, pouvait venir en grâce auprès d’eux dans la personne de Christ, et leur parler, dans un esprit de grâce qui s’élevait au-dessus du mal et le dominait, et qui exprimait ce que Dieu est, et l’on était forcé de dire de lui : « Jamais homme ne parla comme cet homme ». Ensuite, il est dit : « Il allait de lieu en lieu faisant le bien ». En lui, se trouvait l’activité du bien ; la souffrance pour la justice et « pour l’amour de son nom » ; l’exercice de l’amour dans l’activité de la grâce.

 

4.2.3       La vie divine discerne cette vie chez les autres et attire l’un vers l’autre

Mais il y a une autre chose qui caractérise spécialement la vie divine de Christ, c’est le discernement de cette vie en ceux qui la possèdent, c’est la puissance de discerner l’esprit de vie chez un autre. Quelqu’un a dit : « Il faut beaucoup de grâce pour en discerner un peu chez un autre ». Il y a dans la grâce une puissance attractive qui fait reconnaître l’esprit de Christ dans les autres. C’est ainsi que Christ disait de Zachée : « Vu que lui aussi est fils d’Abraham ». Il y avait en Christ ce qui attirait. Du moment qu’un chrétien reconnaît la vie divine dans une autre personne, quelle que soit la différence d’éducation, de rang et de position, il sera attiré vers elle. Il ne peut s’en empêcher ; c’est un caractère de la vie qu’il possède. Dès qu’un homme découvre dans un autre l’esprit de Christ, il y a une attraction nécessaire de l’un vers l’autre. Ils sont immédiatement unis en amour. « À ceci tous connaîtront que vous êtes mes disciples, si vous avez de l’amour entre vous ». Dès que l’esprit et le caractère de Christ sont manifestés, il y a nécessairement une attraction vers ceux en qui est l’esprit de Christ.

 

4.2.4       L’amour vu en Christ. Un amour divin car Il aimait ceux qui n’étaient pas aimables

Ensuite, nous avons à discerner les traits de la vie divine, à les discerner en Christ qui « allait de lieu en lieu, faisant le bien », et qui disait : « Aimez vos ennemis, faites du bien à ceux qui vous haïssent ». En Christ, nous voyons l’amour, Dieu descendu ici-bas, et manifestant cette vie dans un homme sur la terre, de manière à attirer vers lui et à amener en paix en sa présence. « Comme je vous ai aimés, vous aussi, aimez-vous l’un l’autre ». « Soyez parfaits, comme votre Père qui est dans les cieux est parfait ». Il a surmonté le mal par le bien ; faites de même ; faites comme Dieu a fait : aimez vos ennemis. C’est en cela qu’il démontrait qu’il était Dieu, en ce qu’il pouvait aimer ceux chez lesquels il n’y avait rien d’aimable. En Dieu, la source de l’amour sort de lui-même ; nous, nous avons besoin de quelque chose qui nous attire.

 

4.2.5       La parole écrite (ce qui était dès le commencement) est la manifestation de Christ

La première et principale révélation est « ce qui était dès le commencement », et quelque avancés que nous soyons, après tout il faut en revenir à cela. C’est toujours parfait, parce que c’est Dieu lui-même qui est manifesté. Vous ne pouvez jamais m’amener à quelque chose où Dieu a été manifesté, si ce n’est à la parole vivante de Christ, ou à la parole écrite. Nous n’avons qu’à demander : « Est-ce là ce que vous avez eu dès le commencement ? » Sinon, ce qui vous est présenté provient de méchants séducteurs. Si, en effet, c’est ce que vous avez entendu dès le commencement, cela est de Dieu. C’est ce qui doit éprouver tout, c’est le caractère de la Parole. Placez un pécheur en présence de la Parole, et vous apprendrez ce qu’il est, comme ce fut le cas de la pauvre femme samaritaine. La parole écrite est la manifestation de Christ, et elle discerne les pensées et les intentions du cœur.

 

4.2.6       La Parole de Dieu juge l’homme

L’homme ne peut juger la parole de Dieu sans se juger lui-même, de sorte que, s’il juge qu’elle est fausse, il s’est jugé lui-même. « Celui qui ne croit pas est déjà condamné ». Il est incapable de voir Christ, qui était Dieu manifesté en chair, et la Parole le juge. Parlez des couleurs à un homme aveugle, il ne vous comprendra pas ; c’est l’absence de perception de la lumière et des couleurs qui prouve qu’il est aveugle. Il en est ainsi là où Dieu est manifesté. Si je suis incapable de discerner ce qui manifeste Christ, et que la Parole n’atteigne pas mon âme, c’est là ce qui me juge et montre mon état.

« La parole que j’ai dite, celle-là le jugera au dernier jour », telle est la déclaration du Seigneur. Toutes les voies de Dieu présentent actuellement sa manifestation morale ; bientôt ce sera sa manifestation judiciaire. Si la manifestation morale n’est pas reçue, « la parole que j’ai dite, celle-là jugera au dernier jour » l’homme qui ne l’aura pas reçue. Le Seigneur ne faisait pas suivre du jugement sa parole, lorsqu’il l’avait prononcée, mais cette parole jugera au dernier jour celui qui l’a entendue et a rejeté Jésus, et il sera condamné. L’homme maintenant est encore mis à l’épreuve.

 

4.3   1 Jean 2:7 : Commandement ancien et commandement nouveau

Dieu enseigna d’abord les hommes par le Seigneur Jésus-Christ : « que vous avez cloué à une croix », dit l’apôtre, « et l’avez fait périr par la main d’hommes iniques ». Ayant donc été rejeté, et étant monté en haut Il est devenu l’expression de ce que nous devrions être, l’Église doit être la manifestation de ce qu’est Christ. Ensuite vient de lui, dans le ciel, la communication de la vie. C’était là la chose nouvelle que Jésus indique en ces termes : « Je vous donne un commandement nouveau, que vous vous aimiez l’un l’autre ». S’aimer l’un l’autre n’était pas en soi un nouveau commandement ; c’était l’ancien commandement, et cependant il était nouveau, parce qu’il était donné dans la puissance qui le faisait accomplir. Il ne vous est plus simplement commandé dans la Parole, mais il vous est communiqué par la puissance du Saint-Esprit, pour reproduire en vous la vie de Christ. C’est là une chose nouvelle que vous avez à manifester. L’Église de Dieu doit être ce vase pour la manifestation de Christ ici-bas, selon la puissance de la vie de son Chef dans le ciel.

 

4.4   1 Jean 2:8 : Les ténèbres s’en vont, et la vraie lumière luit déjà

Dieu agissait en gouvernement envers Israël lorsqu’il habitait dans l’obscurité profonde (1 Rois 8:12 ; Exode 19:9) ; il agissait en gouvernement selon une loi connue, mais il restait caché derrière le voile. En Sinaï, « des bornes étaient mises à l’entour pour le peuple ». Mais à la mort de Christ sur la croix, l’obscurité a disparu, et il y eut un plein déploiement de la sainteté de Dieu. Au moment même où la colère de Dieu contre le péché se montrait d’une manière éclatante, la lumière brilla qui manifestait pleinement le caractère de Dieu. « Les ténèbres s’en vont, et la vraie lumière luit déjà ». Le voile est déchiré, et nous pouvons maintenant entrer en la présence de Dieu lui-même, dans le lieu très saint, qui nous est ouvert. « Nous marchons dans la lumière, comme Dieu est dans la lumière ». « Vous étiez autrefois ténèbres, mais maintenant vous êtes lumière dans le Seigneur ». Rien de ce qui ne supporte pas la lumière ne doit être toléré. Les hommes périssent faute de connaissance et parce qu’ils sont étrangers à la vie de Dieu, mais « la vraie lumière luit déjà ». Le voile est déchiré ; Dieu est pleinement manifesté en vérité et en amour. S’il avait été seulement juste, nous aurions péri ; s’il avait été seulement amour, il n’y aurait pas eu de justice, et Dieu a été glorifié touchant nos péchés, dans la mort du Seigneur Jésus Christ

La lumière luit maintenant. Christ, la source de cette lumière, est manifesté en nous, c’est la chose qui est vraie en lui et en nous. C’est un commandement ancien qui était dès le commencement, c’est Christ lui-même. Il ne peut y en avoir un meilleur, et sa manifestation se voit en nous. Si nous le voulons comme pierre de touche, il ne faut pas regarder à l’imparfaite lumière qui est en nous, mais à Christ. La lumière nous est donnée pour découvrir les erreurs, et aussi pour nous édifier en ce que Christ est. En regardant aux traits du caractère de Christ, de plus en plus nous découvrons qu’ils sont entièrement divins. Je vois en Christ tel ou tel trait, et je dis : C’est « Dieu manifesté en chair », et j’apprends ce que je connaîtrai parfaitement dans le ciel. En lui, vous avez vu le Père. En Jésus, nous apprenons ce qu’est la beauté, la beauté divine, et apprenant ce qu’est Dieu, nous sommes heureux et en paix. Si un mourant a foi dans le sang de Christ, il a la paix ; mais si vous attendez de la joie, elle ne peut sortir que d’un cœur qui vit dans l’intimité de la connaissance de Jésus. On verra parfois un saint qui a de la joie, et peu à peu sa paix s’en va. Cela arrive quand l’âme n’est pas bien fondée. La paix et la joie devraient aller ensemble. Le sang donne la paix, mais la joie vient de la connaissance de Christ et de l’intimité avec lui.

 

4.5   1 Jean 2:9-10. L’amour des frères

Trois caractères nous sont présentés ici. L’apôtre dit : « Celui qui dit être dans la lumière, et qui hait son frère ». L’apôtre pose toujours des principes abstraits, comme « Celui qui aime son frère demeure dans la lumière ». « Quiconque est né de Dieu, ne pratique pas le péché ». Ici, nous avons : « Celui qui aime son frère demeure dans la lumière, et il n’y a point en lui d’occasion de chute ». Si Christ est pour quelqu’un une occasion de chute, c’est sa propre faute, mais nous ne devrions jamais être une occasion de chute en n’étant pas semblables à Christ. Il n’y a pas de plus grand piège, ni de plus grand péché, que la crainte de blesser quelqu’un à cause de Christ. Si c’est Christ qui blesse, c’est que l’opprobre de la croix n’a pas cessé ; jamais vous ne plairez au monde avec la croix de Christ. Si je marche dans l’amour parfait, mon amour se répandra sur les autres ; si j’ai de l’amour en moi, j’aimerai mon frère et je ne broncherai pas. Mais si je ne marche pas dans l’amour des frères, j’irai tout de travers. Je puis exercer la répréhension ; Christ l’a fait, mais si le désir de faire du bien à mes frères n’est pas en moi, je vais de travers moi-même, je n’ai pas l’esprit de Christ.

 

4.6   1 Jean 2:12. Adresse aux différentes catégories de croyants

« Je vous écris, enfants », non pas ici « petits enfants », mais tous les saints. « Je vous écris, enfants, parce que vos péchés vous sont pardonnés par son nom ». C’est une chose réglée, établie — vous n’êtes pas du tout chrétien, si vos péchés ne vous sont pas pardonnés. Le pauvre geôlier qui s’écriait : « Que dois-je faire pour être sauvé ? » avait besoin de salut, et il l’obtint. Si j’écoute le témoignage de Dieu, ce dont j’ai besoin, c’est d’être sauvé, d’avoir la vie. Nicodème vint de nuit vers Jésus avec sa question, le Seigneur lui dit : « Il vous faut être nés de nouveau ». Celui qui est en Christ est une nouvelle création. Le geôlier ne savait pas ce que c’est qu’être en Christ, mais il crut, et la conséquence est qu’il fut sauvé par une œuvre accomplie avant qu’il eût demandé d’être sauvé. Croyant en Christ, il fut sauvé, il eut la vie éternelle ; c’est là ce qu’il obtint.

Quand la lumière de Dieu pénètre dans l’âme d’un homme, il ne peut être heureux jusqu’à ce qu’il ait la paix avec Dieu. Or il y a maintenant de la difficulté, pour les chrétiens d’avoir la paix. Avant que le christianisme fût devenu, dans le monde, une affaire de profession, un chrétien était quelqu’un qui était considéré comme sauvé et qui savait qu’il l’était ; mais maintenant tout le monde prétend être chrétien, et ceux qui le sont réellement doutent souvent s’ils sont de vrais chrétiens, parce que le simple fait de la rédemption est beaucoup perdu de vue. Mais que dit l’apôtre ? « Vos péchés vous sont pardonnés par son nom ». Le jugement de Dieu sur vos péchés, Christ l’a déjà subi. Si, pour être sauvé, je regarde à Christ comme ayant porté mes péchés, le jugement de Dieu est : « Tu as la vie éternelle ». C’est tout autant le jugement de Dieu à mon égard maintenant, que si Christ l’avait prononcé sur son tribunal. Dieu connaît la valeur de l’œuvre de son Fils. C’est Lui qui est le Juge, ce n’est pas vous.

 

4.6.1       1 Jean 2:13. Les petits enfants

« Je vous écris, petits enfants » ; il aura encore beaucoup à dire aux petits enfants, mais aux pères une seule chose : « Vous connaissez celui qui est dès le commencement ». Quelque autre chose qu’il puisse y avoir, tout se résume en ceci : « Vous connaissez celui qui est dès le commencement », c’est-à-dire Christ. Si l’on me présente quelque chose qui n’est pas Christ, je le rejette. Si je connais une personne, c’est elle-même que je connais et non pas seulement ce qu’elle a fait. Je dois savoir que mes péchés me sont pardonnés par son nom, mais j’ai à connaître celui qui est dès le commencement. « Personne ne connaît le Fils, si ce n’est le Père », dit le Seigneur. Quel est donc l’objet de toute cette connaissance de Christ ? Toutes les promesses sont en lui ; il est l’objet des délices du Père.

 

4.6.2       Les différents degrés de croissance : Pères, jeunes gens, petits enfants

L’apôtre distingue les différents degrés de croissance. Les pères connaissent Christ qui est dès le commencement, le vrai Christ qui garde l’âme ; ils le connaissent parfaitement, sans ambiguïté, sans incertitude. Tous les exercices et les expériences du chrétien, auxquels on s’arrête souvent tellement, ne sont que comme l’échafaudage qui conduit l’âme à ceci : connaître « celui qui est dès le commencement ».

Le jeune chrétien est plein de joie, et est ainsi occupé avec lui-même ; tandis que le vieux chrétien parle moins de joie, mais dit : « C’est la possession de Christ lui-même qui me rend heureux ». Son cœur se confie au Seigneur. Les choses du monde et même de l’Église, ne le troublent pas. Il compte sur l’amour qui toujours veille et ne s’effraie d’aucune mauvaise nouvelle. Il sait que, lors même que le ciel et la terre se dissoudraient et s’écrouleraient, que quand même — ce qui est impossible — l’Église périrait, le trône de Dieu demeure. Son âme est ferme et ne chancelle pas, parce qu’il connaît « celui qui est dès le commencement », il connaît et manifeste Christ, celui que Jean avait vu de ses yeux et touché de ses mains. Jean parlait d’un Christ qu’il avait connu, vu et touché, et qui était dès le commencement, et il dit : « C’est là le caractère du père », et il n’a rien à ajouter.

Jusqu’à quel point votre âme a-t-elle trouvé en Christ un repos ferme et assuré ; jusqu’à quel point est-elle satisfaite de Christ ? Abandonné de vos amis, privé de tout, êtes-vous encore satisfait d’avoir Christ ? Ou combien y a-t-il encore de choses que vous désirez et auxquelles vous avez à résister. En avez-vous fini avec le monde, non comme fatigué de ses vanités et lassé de ses plaisirs, mais parce que votre âme a trouvé en Christ ce qui remplace tout ? Avez-vous trouvé en lui une manifestation de Dieu telle que vous vous reposez en lui ; une plénitude qui satisfait entièrement votre âme, de sorte que vous ne désirez aucune autre chose ? Alors, s’il en est ainsi, vous pouvez dire : Rien de ces choses ne peut m’émouvoir.

 

4.6.3       Les jeunes gens et les petits enfants

Les deux points qui caractérisent les jeunes gens, et les petits enfants, sont :

1 ) Les premiers ont vaincu le méchant, le prince de ce monde.

2 ) Les autres ont connu le Père en croyant en Christ ; ils ont ainsi reçu l’Esprit d’adoption et n’ont aucun doute touchant l’amour du Père.

La victoire des jeunes gens sur le méchant se rattache au fait que la parole de Dieu demeure en eux et qu’ils vainquent le monde : « N’aimez pas le monde ».

Les petits enfants sont mis en garde contre la séduction des fausses doctrines ; ils ont pour résister l’onction de la part du Saint, et l’exhortation « demeurez en lui ».

Je ferai remarquer que ce qui caractérise particulièrement les jeunes gens, c’est le conflit avec le monde ; et si nous voulons être satisfaits de la connaissance de Celui qui est dès le commencement, il faut qu’il y ait eu la victoire sur le monde. « Tout ce qui est dans le monde la convoitise de la chair, et la convoitise des yeux, et l’orgueil de la vie, n’est pas du Père, mais est du monde » ; pour que l’âme croisse en Christ en toutes choses, il faut donc qu’il y ait conflit avec le monde ; il faut abandonner le monde, car le Seigneur a dit : « Ils ne sont pas du monde ».

Puissions-nous tellement voir l’excellence de Christ, et si bien connaître, dans les voies de l’Homme humble et débonnaire, la pleine expression, le déploiement et la manifestation du caractère de Dieu, que nos cœurs soient liés à lui, et bientôt nous le verrons face à face, et connaîtrons « comme nous avons été connus ! »

 

 

5                    4ème méditation

5.1   Rappel sur les différents degrés de croissance : Pères, jeunes gens, petits enfants

Dans la précédente méditation, nous nous sommes un peu arrêtés sur les trois caractères que présente la position commune des chrétiens, et qui sont deux fois mentionnés avec les exhortations appropriées à chacun d’eux, — pères, jeunes gens et petits enfants. L’apôtre s’adresse aux premiers, dans le verset 14 ; il s’adresse aux jeunes gens, dans les versets 14-17, et aux petits enfants, du verset 18 au 27.

Les pères sont caractérisés par la connaissance de « Celui qui est dès le commencement », c’est-à-dire Christ. Dans les évangiles, nous voyons ce qu’il était dès le commencement, mais Jean va plus loin que les autres évangélistes. Il y avait des docteurs qui prétendaient introduire quelque chose d’autre, ajouter dans leurs enseignements à ce que Christ était ici-bas, et c’est pourquoi l’apôtre attire notre attention sur Celui qui était dès le commencement.

Or Christ, étant ressuscité et monté au ciel, nous communique cette vie dont il était l’expression ici-bas et que nous avons reçue. La plénitude de la vie éternelle a été manifestée en lui et est reproduite en nous. La seule valeur réelle des expériences est qu’elles sont le moyen de développer ce qu’est Christ en brisant ce que nous sommes, de sorte que nous puissions graduellement nous perdre de vue nous-mêmes et croître en lui. Quand il en vient aux jeunes gens et aux petits enfants, l’apôtre a beaucoup à dire ; pour les pères, il n’a que cette parole : « Vous connaissez celui qui est dès le commencement ». Il leur parle uniquement de la plénitude de Christ, et cela est suffisant pour attirer leurs affections. C’est autre chose pour les jeunes gens et les petits enfants : « Je vous ai écrit, jeunes gens, parce que vous avez vaincu le méchant ». Ce qui les caractérise n’est pas la connaissance de Celui qui est dès le commencement, mais la lutte contre Satan. Le propre des petits enfants en Christ, c’est la connaissance du Père. Comme petits enfants, ils avaient davantage le sentiment de son amour ; comme tels, ils étaient aussi en danger d’être séduits, mais ils avaient « l’onction de la part du Saint » pour discerner ceux qui voulaient les séduire. L’apôtre parle de la puissance par laquelle ils devaient les vaincre.

 

5.2   Les trois grands contrastes : Christ/Satan – Esprit/chair – Père/monde

Trois grands contrastes nous sont présentés dans l’Écriture : Christ en contraste avec Satan ; l’Esprit avec la chair ; et le Père avec le monde. Le monde a été mis à l’épreuve par la présence de Christ, et ce qu’il était a ainsi été démontré, comme le Seigneur le dit : « Quand celui-là (le Saint-Esprit) sera venu, il convaincra le monde de péché, de justice et de jugement ». Cela ne veut pas dire qu’il produira dans les hommes méchants la conviction de leurs péchés, mais qu’il sera la démonstration du péché du monde qui a rejeté Christ. « La Parole fut faite chair », le Fils de Dieu est venu dans le monde et s’en est allé vers le Père. Ce dont l’Esprit Saint appelle le monde à répondre, c’est de l’absence de Christ, comme Dieu lorsqu’il dit autrefois à Caïn : « Où est Abel, ton frère ? » La parole adressée à Adam était différente : « Qui t’a montré que tu étais nu ? » Adam fut chassé du paradis à cause de sa désobéissance ; mais dans sa postérité, on trouve la haine d’un frère contre son frère ; plus que cela — la haine contre Christ. Le Fils de Dieu fut présenté au monde, et l’inimitié de l’homme contre Dieu éclata aussitôt. Caïn tua son frère, et le sang de celui-ci cria de la terre à Dieu. Et comme Dieu dit à Caïn : « Qu’as-tu fait ? » de même il dit maintenant au monde par le Saint-Esprit : « Qu’avez-vous fait de mon Fils ? » Le péché de l’homme n’est pas seulement qu’il a violé la loi de Dieu, mais que Dieu, étant venu comme homme dans le monde, le monde l’a rejeté. Satan est le prince de ce monde, il l’a toujours été depuis la chute, mais ne fut nommé ainsi, pour la première fois, qu’en rapport avec la scène de Gethsémané. Le Seigneur montre dans la parabole du vigneron comment l’homme a agi envers lui : « Ayant donc encore un unique fils, bien-aimé, il le leur envoya, disant : Ils auront du respect pour mon fils. Mais quand il vint, ils dirent entre eux : Celui-ci est l’héritier ; venez, tuons-le, et l’héritage sera à nous ». Ils crucifièrent le Fils de Dieu, et il n’y a plus rien à offrir, plus rien à présenter au monde, pour le mettre à l’épreuve et voir s’il doit être condamné ou non. Il est déjà jugé et condamné par le fait du rejet de Christ.

Quant aux Juifs, Christ a été serviteur de la circoncision, pour la vérité de Dieu, afin de confirmer les promesses faites aux pères ; mais les Juifs n’ont pas voulu le recevoir, et ils n’ont plus maintenant aucun titre aux promesses. Ils doivent venir comme pécheurs sur le même pied de miséricorde et de grâce que les gentils.

Le témoignage du Saint Esprit est que « le monde entier gît dans le méchant » ; c’est l’état de tout ce qui est dans le monde, c’est « la convoitise de la chair, la convoitise des yeux, et l’orgueil de la vie ». C’est par ces choses que Satan gouverne le monde, et que les hommes agissent les uns sur les autres autant qu’ils le peuvent. Satan est du monde ; le Fils est du Père. Il s’est donné lui-même pour nos péchés, afin qu’il nous délivrât de ce présent siècle mauvais, de la convoitise de la chair, de la convoitise des yeux et de l’orgueil de la vie — l’énergie de la nature. Nous sommes morts au monde dans la mesure où nous avons l’Esprit de Christ en nous, non point pour ce qui concerne la paix — j’entends la paix intérieure — car celle-là, Dieu nous l’a donnée en Christ.

 

5.3   Les jeunes gens : la Parole demeure en eux

5.3.1       L’exemple de la tentation du Seigneur au désert par Satan

L’apôtre montre les jeunes gens victorieux du monde, et nous découvre en quoi consiste leur vraie force, la force divine. « La parole de Dieu demeure en vous », non seulement vous en référez à elle, mais « elle demeure en vous ». Voyez Christ tenté au désert, et comment il répond à Satan. Il n’y avait en lui aucune convoitise de la chair ; il ne pouvait y en avoir ; mais il avait faim. « Dis que ces pierres deviennent des pains », dit Satan en le tentant. « Jette-toi d’ici en bas », dit encore le tentateur, puis il lui montre toute la gloire du monde, et dit : « Toute la gloire de ce monde m’a été donnée, ce monde est à moi ; adore-moi, et tout sera tien ; reconnais-moi comme prince de ce monde, et je te le donnerai ». Mais à chaque tentation, Christ répond par la parole de Dieu. Toutes les pensées et la vie entière de Christ étaient l’expression de la parole de Dieu demeurant en lui. Il était la Parole, la Parole vivante.

 

5.3.2       La Parole EN eux

Ainsi ce qui caractérise les jeunes gens, c’est d’avoir la parole de Dieu demeurant en eux. Ce n’est pas seulement se rappeler quelque chose à citer, ou de trouver quelque chose dans la Parole quand nous en avons besoin, mais c’est d’avoir la parole de Dieu comme source et mobile de nos actions. Un « jeune homme » ne court pas à elle seulement quand il en a besoin, mais il vit en elle. Les paroles de Dieu vivant dans son âme, il sait que tout ce qui est dans le monde n’est pas du Père. Si mes pensées sont du monde et que je parle de richesses, je dirai : « Cet homme a une belle fortune ». Mais le Seigneur dit qu’il est presque impossible à un homme qui a une belle fortune d’entrer dans le ciel, bien que toutes choses soient possibles à Dieu. Diverses sont les expressions de nos désirs dans ce monde. Si l’esprit se meut dans cette sphère de pensées, nos goûts et nos habitudes se formeront d’après elle. L’Esprit de Dieu a un monde à lui, et la parole écrite devient notre guide en toutes choses. C’est ainsi que nous avons à discerner et juger tout par la parole de Dieu, et je le ferai selon l’état de mon âme. Si la parole de Dieu demeure en moi, par elle le monde et toute autre chose seront jugés.

Par exemple, les Israélites furent appelés hors d’Égypte pour entrer dans le pays de Canaan, et c’était sous certaines conditions qu’ils pouvaient y être introduits. Mais ils avaient manqué complètement et se trouvaient dans une condition particulière d’humiliation. Un livre (le Deutéronome) contenait les préceptes d’après lesquels ils devaient se conduire en Canaan. Or Christ, au temps convenable, fut envoyé comme Messie pour prendre cette position avec le pauvre peuple, mais leurs consciences ne le reconnurent pas. Quant à Lui, ce livre du Deutéronome avait formé ses pensées. C’est ce livre qu’il cite dans sa lutte contre Satan. Le diable lui dit : « Jette-toi en bas ». Non, répond le Seigneur ; je suis avec mon peuple pour obéir à Dieu. Il avait pris la place d’Israël là où la pensée et l’Esprit de Dieu mettaient le résidu pieux. Tout était arrêté dans son âme. Son âme et sa vie étaient dans les pensées de Dieu, et si vos pensées étaient habituellement formées par la parole de Dieu, au lieu de se promener dans le monde, vous n’auriez pas besoin d’aller chercher un texte pour savoir ce que vous devez ou ne devez pas faire ; vous vivriez dans la Parole, et ce qui est du monde serait tout aussitôt discerné et jugé. Voilà ce que signifient ces mots : « la parole de Dieu demeure en vous ».

 

5.3.3       Cas inverse : ceux en qui la Parole ne demeure pas

Plusieurs ne discernent pas Christ. Pourquoi ? Parce que, comme le Seigneur le disait aux Juifs : « Vous n’avez pas la parole de Dieu demeurant en vous ». Si leurs cœurs n’avaient pas été dans un état charnel, ils auraient connu Jean Baptiste. Tous les pauvres, et tous ceux qui étaient dans le besoin l’avaient reconnu. Les Juifs auraient aussi connu Christ ; mais au lieu de cela, ils disaient : « Il a un démon ; il est fou ». Jean vint dans la voie de la justice ; il vivait dans le désert, à part de tous les hommes, et se nourrissait de sauterelles et de miel sauvage, et ils disaient : Il a un démon. Christ vint en grâce, il mangeait et buvait avec les hommes, et ils disaient de lui qu’il était un mangeur et un buveur ; mais la sagesse de Dieu était en Christ et dans Jean, et la sagesse est justifiée par ses enfants. Jean annonçait que la cognée était déjà mise à la racine des arbres ; mais quand Christ vint, c’était pour guérir les cœurs brisés, et ceux-là, en l’entendant, disaient : « Voilà ce dont j’avais besoin ». La sagesse était justifiée par ses enfants.

 

5.3.4       Satan repoussé par la Parole, non par puissance

Ainsi, la parole de Dieu demeurait en Christ, et c’est de cette manière que l’homme fort fut lié. Ce ne fut pas par un miracle opéré par le déploiement de sa puissance, car dans ce cas, il ne pourrait nous être enjoint de le faire, mais c’était en présentant à Satan ces mots : « Il est écrit ». Nous pouvons le suivre dans cette voie et user de l’Écriture, comme il le fit ; non pas en cherchant un texte pour repousser Satan, quand la tentation se présente, mais en ayant notre âme en un état tel par la parole de Dieu demeurant en nous, que Satan ne peut pas nous toucher. Satan s’attaque à la chair ; mais si je marche dans l’Esprit, il ne peut me toucher, car la nouvelle nature ne peut pécher, quand elle se trouve dans la tentation.

 

5.3.5       Force propre de la Parole

Je n’ai donc pas à chercher dans la Parole un passage qui convienne au cas où je me trouve, mais j’ai à vivre en elle, car c’est le bonheur du nouvel homme de vivre de toute parole de Dieu. C’est ainsi que l’on a de la force et une réelle liberté. Satan ne peut me toucher, si mon âme vit dans cette Parole ; toute autre chose est mise de côté. Je ne suis plus agité et incertain. Le péché peut être en moi, mais ma nourriture est de faire la volonté de Dieu. Le cœur est en liberté, et l’Esprit de Dieu le nourrit de Christ. Nous ne sommes point parfaits ; de fait, nul de nous n’est aussi parfait ici-bas que nous devrions l’être, mais nous avons ce privilège que, tout en ayant la chair en nous, nous ne sommes pas obligés de vivre ni de marcher selon la chair, ni même de penser à elle. La parole de Dieu demeure en nous, non point pour que nous nous réfugiions vers elle, quand la tentation survient, mais nous avons à tenir Satan dehors ; notre porte doit lui être fermée, barricadée contre lui : « Résistez au diable, et il s’enfuira de vous ». Une faible femme peut être seule à la maison et un voleur chercher à y pénétrer ; mais si tout est solidement clos, il n’y a aucun danger pour elle. Aussi longtemps qu’elle tient la porte fermée, elle n’a pas à craindre les voleurs ; la question n’est pas si elle est faible, mais si la porte est solide. Ainsi, que la Parole demeure en nous, et Satan sera tenu dehors. Ayant Christ entre nous et Satan, nous sommes en sûreté, quels que soient les artifices de l’ennemi.

 

5.3.6       Connaître la volonté du Père

Un chrétien n’a pas le droit d’avoir une volonté à lui, et ne doit pas le désirer, mais il doit plutôt chercher à connaître « quelle est la volonté de Dieu, bonne, et agréable, et parfaite ». Tout ce qui est dans le monde n’est pas du Père ; les affections de la chair sont du monde, et là est la puissance de Satan. Le Père prend ses délices en Christ ; si je prends aussi mes délices en Christ, il y a en moi les mêmes affections que dans le Père ; j’ai communion avec le Père. « Si quelqu’un aime le monde, l’amour du Père n’est pas en lui »; or la figure de ce monde passe ; « le monde s’en va et sa convoitise, mais celui qui fait la volonté de Dieu demeure éternellement ». Il accomplira moralement tous ses conseils. Je suis amené dans la voie de la volonté de Dieu. Dieu ne veut pas anéantir sa volonté, elle demeure éternellement. Et pour moi, j’ai à croître en Christ.

 

5.4   L’exhortation aux petits enfants

5.4.1       Manque de puissance

Ce qui est adressé aux petits enfants, semblera à plusieurs une des parties les plus obscures des Écritures. C’est la dernière heure. Ce qui la caractérise, c’est qu’il y a plusieurs antichrists. Le caractère de la dernière heure est la corruption du dernier témoignage de Dieu touchant le bien, et ainsi l’introduction de la faiblesse là où devrait se trouver la puissance. Nous voyons dans le cas des disciples et de l’esprit muet (Marc 9:14-27), que l’homme n’est pas capable d’employer le pouvoir que Dieu a donné de chasser la puissance de Satan. « Ils n’ont pas pu le chasser », disait le père. Et cela amène l’exclamation du Seigneur : « Ô génération incrédule et perverse, jusqu’à quand serai-je avec vous ; jusqu’à quand vous supporterai-je ? » C’est comme s’il eût dit : « À quoi sert-il que je reste ici, s’il n’y a pas la puissance de chasser le mal ? »

 

5.4.2       Danger spécial des antichrists, par contraste avec L’Antichrist

C’est la dernière heure ; il y a plusieurs antichrists ; chose solennelle ! Combien la patience de Dieu est merveilleuse ! Aussi longtemps qu’il y a une âme à gagner, la patience de Dieu continue, supportant la méchanceté et la corruption ; mais plusieurs antichrists sont venus. On pense souvent que les discerner est une chose qui requiert une profondeur de connaissance. Mais non : il en est parlé aux enfants ; c’est une vérité connue. L’Antichrist devait venir, mais auparavant il y a plusieurs antichrists qui peuvent les séduire. Là est le danger. L’Antichrist doit venir, et il niera le Père et le Fils. Ils ne peuvent s’y tromper ; il n’y a pas de subtilité dans l’Antichrist. Il nie ouvertement et hardiment, mais Jean parle d’antichrists déjà venus. Il dit : « Ils sont sortis du milieu de nous mais ils n’étaient pas des nôtres ». Jude aussi parle de « certains hommes qui se sont glissés parmi les fidèles, inscrits jadis à l’avance pour ce jugement ». C’était une doctrine généralement connue que l’Antichrist devait venir, et les petits enfants savaient bien qu’il viendrait en opposition à Christ, pour s’opposer à ce que Christ avait fait et le mettre de côté. Mais l’apôtre leur dit qu’il y a déjà maintenant plusieurs antichrists, ceux qui sont là avant que l’Antichrist vienne.

 

5.4.3       Satan comme ange de lumière, et serpent. Caractère religieux de l’antichrist

Les petits enfants avaient donc besoin de l’onction du Saint, aussi bien que de l’avertissement de l’apôtre, pour être capables de découvrir ces séducteurs, car « Satan se transforme en ange de lumière ». Il y a maintenant dans le monde les séductions des antichrists, et c’est contre elles que l’apôtre avertit les petits enfants. Ce sont ceux qui, par la puissance de Satan, s’élèvent pour détourner les âmes de Christ, non en effrayant, mais en enlaçant dans leurs pièges ceux qui n’ont pas l’onction de la part du Saint. Jean ne dit pas que plusieurs antichrists devaient venir, mais qu’il y en a maintenant plusieurs, et c’est le pouvoir direct de Satan. C’est ce qui, à proprement parler, caractérise l’Antichrist. Satan n’est pas seulement appelé menteur, mais serpent. L’Antichrist a un caractère religieux ; il opère des miracles, et tous ceux qui n’ont pas reçu l’amour de la vérité sont séduits par lui. Il se pose en prophète, il a un caractère religieux et vient, non pas simplement avec une puissance politique, mais avec « toute sorte de miracles et signes et prodiges, en toute séduction d’injustice », comme Paul le dit aux Thessaloniciens.

 

5.4.4       Lien entre Satan, le monde et les idoles. Protection là où il y a la Parole

De quoi Satan est-il le prince ? De ce monde. Et comment le gouverne-t-il ? Par les convoitises du monde. Là où l’objet du cœur est la grandeur du monde, ou la prospérité dans ce monde, l’effet produit est de cacher ce qui montre à l’homme son vrai état. L’esprit du monde cache à l’homme le secret de son éloignement de Dieu. Je dois me garder de cet esprit. Le saint a à être gardé en dehors de l’esprit du monde. Tout ce qui ne porte pas le caractère de la parole de Dieu est du monde, et Satan en est le prince, et je ne puis avoir la prospérité de Satan, sans avoir ses idoles. Si vous voulez Christ et sa gloire, il vous faut prendre sa croix ; vous ne pouvez avoir ensemble Christ et le monde qui l’a rejeté. Là où se trouve l’onction de la part du Saint, bien que l’on ne soit peut-être encore que petit enfant en Christ, on peut dire immédiatement si l’Esprit n’est pas contristé en nous : « Ceci n’est pas du Père, mais est du monde ». L’apôtre dit : « Celui qui est de Dieu nous écoute ». Là où la parole de Dieu n’occupe pas la place qui lui appartient, il n’y a pas de protection contre les séducteurs.

La place de l’Église de Dieu est-elle dans le monde qui a rejeté Christ ? Non ; sa place est dans le ciel, unie à Christ, et, tandis qu’elle est sur la terre, l’Église prend la parole de Dieu pour guide. Si j’ai un désir, ne fût-ce qu’un seul pour une chose dans le monde, cela n’est pas du Père, mais du monde. En parlant de notre responsabilité en Christ, je ne vois pas comment nous serons gardés d’être imbus de l’esprit de l’Antichrist, sinon en n’étant pas du monde, comme Christ lui-même n’en est pas.

 

5.5   En résumé deux besoins : la Parole demeurant en nous et l’onction de la part du Saint

Ainsi, en premier lieu, il nous faut avoir la parole de Dieu demeurant en nous ; ensuite, il nous faut l’onction de la part du Saint, par laquelle toute chose sera jugée ; et enfin, nous devons avoir une perception claire et définie de la position de l’Église de Dieu. Le monde ne peut pas connaître la position de l’Église. « Ils sont sortis du milieu de nous, mais ils n’étaient pas des nôtres. Et vous, vous avez l’onction de la part du Saint, et vous connaissez toutes choses ».

Nous avons à juger, non pas l’Antichrist, mais avant qu’il vienne, les plusieurs antichrists qui sont ministres pour la chair et qui, en séduisant, détournent du Père. « Sortez du milieu d’elle, mon peuple, afin que vous ne participiez pas à ses péchés, et que vous ne receviez pas de ses plaies ». C’est une chose morale que d’être gardés en dehors des choses du monde ; elles ne sont pas du Père. Il nous faut être identifiés avec Christ, si nous voulons réaliser la joie et la force.

 

6                    5ème méditation

En parlant des trois classes de chrétiens : pères, jeunes gens et petits enfants, nous avons vu que les premiers ont pour caractère d’avoir connu Celui qui est dès le commencement ; les jeunes gens ont vaincu le monde ; quant aux petits enfants, ils sont mis en garde contre les séductions des antichrists.

 

6.1   1 Jean 2:28-29

6.1.1       Pratiquer la justice manifeste la vie éternelle. C’est faire la volonté de Dieu

Nous continuons aux versets 28-29 :

« Et maintenant, enfants, demeurez en lui, afin que, quand il sera manifesté, nous ayons de l’assurance et que nous ne soyons pas couverts de honte, de par lui, à sa venue. Si vous savez qu’il est juste, sachez que quiconque pratique la justice est né de lui ». C’est là-dessus que sont fondés les enseignements du troisième chapitre. Étant nés de Dieu, nous aurons la nature et le caractère de Celui duquel nous sommes nés.

C’est ce qui caractérise toute l’épître. « Celui qui pratique la justice est juste, comme lui est juste ». Là où se trouve la vie de Christ, elle se montrera elle-même ; si la vie éternelle qui était auprès du Père a été manifestée en justice, elle se manifestera en nous en justice. Si je vois en quelqu’un la justice dans le sens où Christ est juste, je dis : la vie éternelle est là ; cette personne est née de Dieu. Je ne parle pas de la justice comme on l’entend d’homme à homme. La justice en Christ était de n’avoir aucune volonté de lui-même ; c’est ce qui ne se trouve jamais chez un homme inconverti. Jamais Christ n’a fait une seule chose pour lui-même ; et cependant il était plein de joie. Cette espèce de justice ne se trouve que là où existe la vie divine. Lorsque Dieu est le mobile en toute chose pour le cœur et la conscience, ce mobile du cœur caractérise l’homme ; la pensée de la présence de Dieu gouverne la conduite.

 

6.1.2       La justice pratique selon l’homme

Prenez un honnête homme du monde. Il y aura en lui la justice qui se montre d’homme à homme ; mais ce qui dévoile l’injustice du monde, c’est que Dieu est entièrement exclu. La justice de cette personne est la justice de l’homme et non celle de Christ. La justice de l’homme n’introduit jamais Dieu. Si quelqu’un a fait du tort à son prochain, tout le monde le condamne comme étant un méchant homme. Mais on peut offenser Dieu de mille manières et tous les jours, sans que personne n’en dise rien, ni ne s’en soucie. On laissera Dieu être ce qu’un homme voudra, et l’on dira : « C’est entre lui et Dieu, c’est son affaire ; cela ne nous regarde pas. Nous n’avons rien à y voir ; il suffit qu’il soit un honnête homme envers les autres ». Et c’est là une horrible injustice, parce que le « moi » s’y trouve d’un bout à l’autre, et est le centre de tout, et c’est ainsi que le monde est régi. On peut le voir chez un enfant qui, à l’école, veut obtenir un prix à l’exclusion des autres enfants, puisqu’un seul peut l’avoir. Ne travaille-t-il pas pour lui seul ? Et c’est là ce que l’on appelle de l’émulation, chose que les hommes sont toujours prêts à louer. Dans le monde, c’est le moi et non pas Dieu qui est le ressort de tout, de sorte que, quand bien même il y a de la justice dans les choses des hommes, la justice dans les choses de Dieu est complètement mise de côté, et Dieu doit appeler injustice tout ce qui est appelé honneur dans le monde. Nous devons être reconnaissants pour l’autorité que Dieu a établie dans le monde ; mais lorsque quelqu’un vient dire à Jésus : « Dis à mon frère de partager avec moi l’héritage », le Seigneur réplique : « Qui m’a établi juge sur vous pour faire vos partages ? » Jésus laisse de côté la question de droit selon l’homme (car il était juste que cette personne eût ce qui lui appartenait), et il montre par ces paroles ce qui était au fond du cœur : « Voyez, et gardez-vous de toute avarice ». Le Seigneur est notre modèle en toutes choses et, quand le Seigneur est le modèle, cela dévoile les motifs du cœur. C’est pourquoi il dit : « Gardez-vous de toute avarice ». L’un désirait avoir sa part, l’autre désirait ne pas la donner. Prenez donc garde que le mobile et le ressort de votre conduite soit Dieu et non pas votre « moi ». Ici, le Seigneur s’attaque aux principes de la convoitise. Il faut qu’il y ait en nous cet état du cœur dans lequel Dieu est le seul mobile de la volonté. Christ est la pierre de touche pour « celui qui est né de Dieu ».

 

6.2   1 Jean 3:1

6.2.1       Le privilège de la relation d’enfant de Dieu (1 Jean 3:1a)

L’apôtre continue (3:1) : « Voyez de quel amour le Père nous a fait don, que nous soyons appelés enfants de Dieu ». Examinons quels sont les privilèges et la condition de ceux qui sont dans une telle relation. Nous sommes nés de Dieu. Combien est grand l’amour exprimé dans le fait que nous sommes « appelés enfants de Dieu ! » Quelle pensée ! non seulement nous sommes sauvés, mais en relation avec la nature de Dieu, et ainsi pouvant nous réjouir dans les affections divines. Je possède la nature divine pour me réjouir en elle, et c’est dans le caractère d’enfant. Christ est venu nous donner la connaissance de la nature de Dieu et le révéler sous le caractère de Père, lui qui le connaissait comme demeurant dans son sein de toute éternité. « Personne ne vit jamais Dieu, le Fils unique qui est dans le sein du Père, lui, l’a fait connaître » ; cela nous dit le caractère de Dieu. Celui qui jouissait des profondeurs de l’amour du Père, vint nous annoncer cet amour tel qu’il le connaissait. Si j’ai à vous dépeindre le caractère de mon père, ce doit être comme je l’ai connu. Christ est entré dans tout ce que Dieu est comme Père ; il l’a compris et en a joui, et lui, en qui habitait la plénitude de la Déité corporellement, en qui toute la nature divine demeurait, nous a fait connaître Dieu. Christ étant descendu du ciel et étant devenu un homme pour révéler le Père, a pris cette place comme Fils sur la terre, afin que nous puissions connaître la relation de fils. Le cœur du Père a fait entendre cette voix qui déclare ce qu’est Christ : « C’est ici mon Fils bien-aimé, en qui j’ai pris mon bon plaisir ». Christ, ayant joui ici-bas de sa relation de Fils, veut que nous connaissions aussi sur la terre tout cet amour, que nos âmes comprennent ce que Dieu était pour lui ici-bas et sachent que le Père nous aime comme il l’a aimé.

 

6.2.2       Nous sommes appelés à connaître Dieu en communion avec Christ

« Je leur ai fait connaître ton nom, et je le leur ferai connaître, afin que l’amour dont tu m’as aimé soit en eux, et moi en eux » (Jean 17:26). Voilà ce que nos âmes peuvent connaître. Peut-être sera-ce très faiblement, mais nous sommes appelés à connaître Dieu en communion avec Christ, afin que, tandis que nous sommes ici-bas, nous voyions en ce que Dieu était pour lui, ce qu’il est pour nous qui sommes appelés enfants de Dieu, et qu’ainsi l’amour dont le Père a aimé Christ soit en nous et lui en nous. Il est celui qui révèle tout cet amour à notre âme et qui l’introduit en elle.

Comment pouvons-nous connaître Dieu ? L’esprit humain ne saurait arriver par lui-même à cette connaissance. « Peux-tu, en sondant, découvrir ce qui est en Dieu ? » La foi seule donne à Dieu la place qui lui appartient. Pour pouvoir découvrir, en sondant, ce qui est en Dieu, il faut que mon esprit soit au-dessus de mon sujet, mais alors Dieu ne serait pas Dieu. L’esprit humain ne peut pas juger du caractère de Dieu ; il peut seulement le saisir là où il est révélé, et c’est en Christ. Là nous apprenons ce qu’il est, non comme objet de connaissance, mais comme ce qui doit sanctifier nos âmes. Je sais que nous manquons, mais demeurer en Dieu est une chose réelle. Il y a une connaissance de Dieu qui donne une paix solide. « Réconcilie-toi avec lui, je te prie, et sois en paix » (Job 22:21). Et « c’est ici la vie éternelle qu’ils te connaissent, toi, seul vrai Dieu, et Jésus Christ que tu as envoyé ». Ne dites pas que c’est trop élevé pour nous, comme s’il s’agissait d’une spéculation philosophique. Non, ce n’est pas là la pensée. Comment est-ce que je commence à savoir que Dieu est amour ? C’est qu’il m’a aimé, moi, pécheur. Je commence ainsi au point le plus bas. « En ceci est l’amour ; non en ce que nous, nous ayons aimé Dieu, mais en ce que lui nous aima, et qu’il envoya son Fils pour être la propitiation pour nos péchés » (4:10). Je connais l’amour par l’incarnation du Fils de Dieu ; il est ainsi devenu toutes choses pour nous. Il est amour parfait, parfaite patience, et bonté parfaite ; en réponse à tout ce qui convient le plus aux besoins journaliers d’une âme, aux besoins les plus ordinaires de l’humanité.

 

6.2.3       Le monde ne connaît ni Christ ni les Siens (1 Jean 3:1b)

« Bien-aimés, nous sommes maintenant enfants de Dieu » ; nous sommes appelés enfants de Dieu, portant ainsi le même nom que Christ, et le monde ne nous connaît pas, mais pense que nous sommes insensés : « c’est pourquoi le monde ne nous connaît pas, parce qu’il ne l’a pas connu ». C’était la même chose avec Christ. On disait qu’il était fou, qu’il avait un démon. Rien d’étonnant donc, si le monde ne comprend pas ce que nous sommes. « Le monde ne nous connaît pas, parce qu’il ne L’a pas connu ». Qui n’a-t-il pas connu ? Lui, Christ. L’esprit de l’apôtre est tellement occupé de Christ, qu’il ne le nomme même pas ; il pense que chacun doit le connaître. Supposez que votre enfant soit malade, et que je vous demande : « Comment va-t-il ? » Vous comprendrez tout de suite que je parle de votre enfant malade, parce que votre esprit n’est occupé de rien d’autre. Il en est de même ici. L’apôtre suppose que vous savez qui il veut dire. Il n’a donc pas besoin de le nommer. Son esprit est occupé de Christ, de la vie éternelle qui était auprès du Père et qui nous a été manifestée. Il demeure en vous, et vous en lui ; c’est là ce dont le monde n’a aucune connaissance, et c’est pourquoi le monde ne saurait être un compagnon pour le chrétien. Il ignore ses ressources ; il le méprisera même à ce sujet, comme le Rab-Shaké le fit d’Ézéchias en disant : « Je te donnerai deux mille chevaux, si tu peux donner des cavaliers pour les monter ».

 

6.3   1 Jean 3:2

6.3.1       Comment Dieu traite Ses enfants (1 Jean 3:2a)

« Nous sommes maintenant enfants de Dieu » ; non pas quand nous serons là-haut, mais maintenant. C’est l’unique relation dans laquelle nous puissions être avec Dieu. Un homme sous la loi était un esclave, mais maintenant le Fils est venu, né de femme, né sous la loi, et nous sommes fils. Comme le fils prodigue, nous ne pouvons être rien d’autre. Dieu ne peut pas prendre son enfant dans sa maison pour y être comme un serviteur : son cœur n’en serait pas satisfait. Il ne peut pas traiter comme serviteur, celui qu’il aime comme un fils. Quand le fils prodigue voit tout l’amour de son père, il ne dit pas comme il en avait eu l’intention : « Traite-moi comme l’un de tes mercenaires ». Comment cela lui aurait-il été possible, quand les bras de son père étaient autour de son cou, et que toute la maison devait se réjouir, parce que le père était heureux d’avoir retrouvé son fils ? Il ne pouvait qu’admirer et être rempli de reconnaissance, et, comme on l’a remarqué, dès ce moment, il n’est plus question du fils prodigue : tout est rempli du père et de sa maison.

Mais à mesure qu’il approchait de la maison de son père, quelles craintes, quels tremblements, quels raisonnements dans son esprit ! « Que me dira mon père ? » pouvait-il penser, « comment me recevra-t-il ? » Et plus il approchait, plus il était mal à l’aise, jusqu’à ce que son père eût jeté ses bras autour de son cou. Alors tout était passé. Il en est de même d’une âme avec Dieu. Quand l’Esprit de Dieu agit en elle, elle est mal à l’aise, jusqu’à ce qu’elle ait accepté la pensée de Dieu, venant de lui-même, n’étant pas le résultat d’aucun progrès ni d’aucune expérience, mais venant de Dieu même. Le cœur est toujours plus mal à l’aise, plus il approche de Dieu, jusqu’à ce qu’il ait connu la pensée de Dieu et qu’il l’ait apprise de lui. Il la possède alors pour lui-même. Quand nous avons appris à juger de notre cas d’après la pensée de Dieu, nous avons la paix.

 

6.3.2       Les fautes ne changent pas la relation

Ce serait une inconséquence de dire que nous ne sommes pas enfants, parce que nous manquons souvent ; car si le Père est Père, l’enfant doit être un enfant. Il n’a pas d’autre place à nous donner que celle d’enfant, car il ne peut nous placer hors de Christ et nous faire quelque chose d’autre. « Nous sommes maintenant enfants de Dieu ». Nous avons cette place d’enfants sur la terre. Nous connaissons la relation parfaite, mais nous ne connaissons pas encore la gloire — « ce que nous serons ». « Nous, par l’Esprit, nous attendons l’espérance de la justice ». Je n’attends pas d’être un enfant ; je le suis ; je n’attends pas la justice, je l’ai en Christ ; mais j’attends la gloire qui est l’espérance de la justice.

 

6.3.3       Notre espérance : la venue de Christ et Lui être semblable (1 Jean 3:2b).

Comment aurai-je la clef de toutes ces choses, afin que je les comprenne ? Il me faut aller à Christ comme à Celui en qui tout se trouve révélé, à lui, l’Homme modèle ; car « quand il sera manifesté, nous lui serons semblables ». Il est le premier-né entre plusieurs frères : « Nous lui serons semblables, car nous le verrons comme il est ». Toute la gloire est à Celui qui est devenu un homme, afin de nous amener dans la joie parfaite de la présence du Père. C’est là ce qui fait du retour de Christ l’unique objet, la seule espérance de notre cœur, bien que mourir soit sans doute un gain pour nous. Mon espérance n’est pas la mort. Je puis me réjouir de mourir pour être avec Christ, mais ce n’est pas ce que j’espère. Mon espérance est la venue de Christ ; nous ne désirons pas « d’être dépouillés, mais d’être revêtus » ; non pas de déposer cette tente, mais de voir ce qui est mortel absorbé par la vie. L’apôtre Paul avait reçu la vie éternelle ; il l’avait en Christ, et il avait un tel sentiment de la puissance de cette vie, qu’il désirait être introduit dans la jouissance de toutes ses conséquences. Il avait toujours confiance : absent du corps, c’était être présent avec le Seigneur. Si je laisse le corps, j’ai la vie, la vie éternelle dans mon âme, et si je meurs, j’attends la gloire. Quelque précieuse que soit la mort d’un saint (et rien n’est plus beau dans le monde), ce n’est pas son espérance. Notre unique espérance est que, quand Christ apparaîtra, « nous lui serons semblables ».Nous ne mourrons pas tous, mais tous nous serons « conformes à l’image » du Fils de Dieu dans la gloire. Tel est le dessein de Dieu. Je n’attends donc pas pour être conforme à Christ dans le tombeau, mais conforme à Lui, comme il est maintenant, car nous serons les témoins de sa victoire sur la mort. Le brigand sur la croix disait : « Seigneur, souviens-toi de moi quand tu viendras dans ton royaume » ; mais le Seigneur lui dit : « Tu n’attendras pas jusqu’alors ; tu seras aujourd’hui heureux avec moi dans le paradis ». Christ nous montre ici l’état de bonheur d’une âme séparée du corps, et assurément c’est une chose précieuse. Mais le dessein de Dieu va au delà : il veut que nous soyons conformes à Christ dans la gloire ; ainsi l’unique espérance de l’Église est la venue de Christ. « Ce que nous serons n’a pas encore été manifesté ; nous savons que, quand il sera manifesté, nous lui serons semblables ». Et ce qui est davantage : « nous le verrons comme il est », non comme il était.

 

6.3.4       Être semblable à Christ déjà maintenant (1 Jean 3:2b-3)

Dans un sens, je ne suis pas plus près d’être à sa ressemblance au jour de ma mort, qu’au jour de ma conversion, mais moralement je le suis, et les deux ne sont jamais séparés. La révélation de la gloire à mon âme exclut tout ce qui est incompatible avec elle. Paul disait aux Philippiens : « Si en quelque manière que ce soit, je puis parvenir à la résurrection d’entre les morts » ; rien d’autre ne pouvait le satisfaire. Il y a une communion actuelle avec les souffrances de Christ, on regarde en avant vers le prix de l’appel céleste, mais Paul dit : « Je ne l’ai pas saisi », « je cours droit au but ». « Notre bourgeoisie est dans les cieux, d’où aussi nous attendons le Seigneur Jésus Christ comme Sauveur, qui transformera le corps de notre abaissement en la conformité du corps de sa gloire ». La gloire effective avec Christ et en Christ, voilà ce que Paul avait devant les yeux, « oubliant », dit-il, « les choses qui sont derrière, et tendant avec effort vers celles qui sont devant ». Il n’aurait pas voulu que le moindre atome de sa vie fût incompatible avec la résurrection. Tous, nous devrions aussi être capables de dire : « Je fais une chose : oubliant les choses qui sont derrière, et tendant avec effort vers celles qui sont devant, je cours droit vers le but » (Phil. 3:14), être semblable à Christ dans la gloire. « Celui qui a cette espérance en lui se purifie, comme lui est pur » (3:3).

 

6.4   1 Jean 3:3

6.4.1       Se purifier comme Christ est pur (1 Jean 3:3). Lavage par la Parole de Dieu (Éph.5:26)

Prenons, dans l’épître aux Éphésiens, l’expression de l’amour de Christ pour l’Assemblée : « Christ a aimé l’assemblée et s’est livré lui-même pour elle, afin qu’il la sanctifiât, en la purifiant par le lavage d’eau par parole ; afin que lui se présentât l’assemblée à lui-même, glorieuse ». L’application de la Parole à l’âme ne rend pas la gloire plus brillante, mais prépare l’âme pour la gloire. La révélation de Christ comme il est, forme l’âme en la conduisant à penser : « Si je dois être bientôt comme lui, je veux maintenant lui être aussi semblable que je le puis ». « Quiconque a cette espérance en lui se purifie, comme lui est pur », de sorte qu’il lui soit semblable maintenant, ayant le précieux privilège d’avoir pour mesure de pureté, Christ lui-même, selon ces paroles : « comme lui est pur ». « Je me sanctifie moi-même », dit le Seigneur (Jean 17:19) ; c’est-à-dire qu’il se met à part comme étant l’Homme selon la pensée de Dieu, comme le modèle parfait, afin que nous regardions à lui et que nous lui soyons semblables. Le Seigneur ajoute : « Afin qu’eux aussi soient sanctifiés par la vérité » ; le Saint-Esprit prenant des choses de Christ pour nous les annoncer. « Nous tous, contemplant, à face découverte, la gloire du Seigneur, nous sommes transformés en la même image, de gloire en gloire » (2 Cor. 3:18). La puissance réelle et pratique de l’espérance de la venue du Seigneur sanctifie et forme les affections du cœur, et la révélation de la gloire de Christ est le moyen de me purifier comme lui est pur, la Parole révélant Christ et attirant à lui les affections du cœur, afin que je croisse en lui en toutes choses.

 

6.4.2       Ressembler à Christ. Col. 1:28

Dans les Colossiens, l’apôtre indique son but par ces paroles : « Afin que nous présentions tout homme parfait en Christ » (Col. 1:28) ; c’est-à-dire ayant le cœur pleinement établi dans tout ce qui appartient à Christ, « qui est l’image du Dieu invisible » (Col. 1:15) ; en qui « toute la plénitude s’est plu à habiter » (Col. 1:19). Après avoir développé toutes les gloires de Christ, Paul dit : « Je désire que tout homme soit parfait selon ces gloires de Christ », et ce qui rend la chose si précieuse, c’est la joie d’être semblable à Christ. Ce n’est pas une loi qui nous soit donnée pour y marcher, ou des préceptes pour nous guider. Il y a des préceptes, c’est vrai ; mais ce qui purifie, ce sont les affections placées sur Christ, pour lui ressembler maintenant, comme c’est le dessein de Dieu que nous soyons conformes à l’image de son Fils.

 

6.4.3       Semblables à Christ avant Son apparition, dès Sa venue

Je voudrais dire encore : La venue de Christ est pour prendre l’Église auprès de Lui avant son apparition, ainsi que nous le lisons dans l’épître aux Thessaloniciens, et c’est en ceci que le cœur prend ses délices : « Nous serons toujours avec le Seigneur ». C’est un peu différent de notre apparition en gloire avec lui. Voici la pensée : « Nous serons tous ravis ensemble à la rencontre du Seigneur ». Je pourrais dire : « Voilà quelqu’un qui est si puissant en foi et en bonnes œuvres ; assurément il ira le premier avec le Seigneur ». Mais non, toutes les distinctions s’évanouissent en Christ, tout disparaît dans cette pensée : nous serons tous ensemble là.

 

6.4.4       La responsabilité du chrétien se rattache à la manifestation en gloire

Lorsque je regarde en arrière et que je vois le dévouement de Paul, je pense à l’amour de Christ qui nous prendra tous ensemble, afin d’être pour toujours avec lui. Afin qu’il n’y ait pas de différence, tous doivent être conformes à l’image du Fils de Dieu. L’amour de Christ repose d’une manière parfaite sur l’Église, parce qu’elle est lui-même ; il ne peut haïr sa propre chair. Ce qu’il y a de plus intime dans les affections nous est commun à tous. Nous irons pour être avec le Seigneur ; non pour apparaître avec Christ dans la gloire, si précieux que ce soit, mais pour être avec Lui. Être avec Christ est une bénédiction spéciale, qui est de beaucoup meilleure que d’apparaître avec lui comme participant de sa gloire. C’est un merveilleux bonheur que d’être glorifié avec lui ; mais il est meilleur d’être avec le Seigneur ; c’est pourquoi l’apôtre dit : « Ainsi nous serons toujours avec le Seigneur », c’est ce qui le satisfait. Dans l’épître aux Colossiens, il est dit : « Quand le Christ, qui est votre vie, sera manifesté, alors vous aussi, vous serez manifestés avec lui en gloire » (Col. 3:4), et il rattache immédiatement cela à la responsabilité du chrétien : « Mortifiez donc vos membres qui sont sur la terre » (Col. 3:5). Mais quand l’apôtre parle d’être avec le Seigneur, il ne rattache cela à aucune croissance, ni à aucun progrès que l’on pourrait avoir fait, mais uniquement à l’amour de Christ, commun à tous ses bien-aimés. Je puis passer en revue tous les saints, même les plus éminents, et même Paul, et dire : « Nous serons tous ensemble avec le Seigneur ».

 

6.4.5       Le service : l’amour de Christ est le mobile, l’espérance est un encouragement

La manifestation avec Christ se lie à la responsabilité dans le service. Quand nous serons dans la gloire, je me réjouirai tout comme Paul d’y voir les croyants de Thessalonique, mais ils ne seront pas ma couronne de joie ; ils seront celle de Paul, la récompense de son service. Ce principe ne doit jamais être un motif de conduite. L’espoir de la récompense ne devrait jamais me conduire dans le service, mais lorsque, dans le service, on rencontre l’épreuve, comme assurément cela arrivera, alors cet espoir soutient l’âme pendant le chemin. Quel était le mobile de Christ ? L’amour infini, l’amour divin. Mais ce qui est dit de lui : « Lequel, à cause de la joie qui était devant lui, a enduré la croix » (Héb. 12:2), est dit aussi de Moïse : « Il tint ferme, comme voyant celui qui est invisible… » « estimant l’opprobre de Christ un plus grand trésor que les richesses de l’Égypte ; car il regardait à la rémunération » (Héb. 11:26-27). Si j’annonce l’évangile aux pécheurs, l’amour de Christ m’étreint, mais j’ai besoin que quelque chose me soutienne dans le chemin. L’amour est le mobile, mais il nous faut être encouragés par l’espérance placée devant nous, tandis que nous foulons le sentier qui conduit de la croix à la gloire où nous lui serons semblables. « Bien-aimés, nous sommes maintenant enfants de Dieu ». Nous n’avons pas à nous enquérir si nous sommes fils, mais à prendre cette relation, comme le fondement sur lequel nous sommes maintenant conformes à l’image de son Fils.

 

6.4.6       Prendre son plaisir en Dieu qui s’est révélé lui-même en tout ce qu’il est

Nos âmes doivent prendre leur plaisir en Dieu. Dieu s’est révélé lui-même en tout ce qu’il est. « Oh ! » direz-vous, « c’est tellement élevé ! » C’est vrai, mais Christ est venu pour être le lien entre nous et ce qui est si élevé, et il l’a fait en descendant aussi bas que possible (car nul ne s’est abaissé plus que lui), et il s’est fait lui-même notre unique objet. Il ne s’agit pas ici de la puissance de l’esprit qui pense à l’objet, mais de la simplicité de l’œil qui le contemple ; l’œil simple n’a aucun autre objet que Christ. La vieille nature n’a rien à faire en cela ; le nouvel homme n’a en vue que Christ seul.

 

6.4.7       Les pensées gardées dans la Christ Jésus. Connaître la paix de Christ

Vous êtes appelés à connaître Dieu. « Attache-toi à Dieu, et sois en paix » ; cela a été vrai de tout temps, mais vous êtes maintenant appelés à connaître Dieu en Christ. Oh ! puisse le monde ne pas s’emparer de nos cœurs, de manière à nous rendre incapables de jouir de Dieu ! Il nous conduit hors des circonstances, à la connaissance et à la jouissance de lui-même, par la communication de la nature divine. Si je suis dans la douleur, Dieu est ma consolation ; si j’ai souffert une perte, Christ est tout pour moi. Nous avons à jeter sur lui tous nos soucis, petits et grands ; et ainsi « la paix de Dieu gardera nos cœurs et nos pensées dans le Christ Jésus ». Son trône sera-t-il ébranlé par vos soucis, parce qu’ils sont si grands et si nombreux ? Non ; son trône n’en est en rien affecté. Ainsi, tandis que cela s’applique aux soucis les plus ordinaires, toutes ces choses ne font que nous introduire dans la connaissance de Dieu.

Puisse notre communion être telle, que nous connaissions sa paix ; non la paix avec lui, mais la paix dans laquelle il demeure ; puissions-nous savoir que son trône ne saurait être troublé par nos soucis, et ainsi le connaître, Lui, et trouver notre joie en lui, et attendre de lui être semblables, « nous purifiant comme lui est pur ».

 

7                    6ème méditation. 1 Jean 4:1-10

7.1   1 Jean 4:1

7.1.1       Ne croyez pas… — Combattre pour la foi qui a été une fois enseignée aux saints

Au temps de l’apôtre, comme de nos jours, il n’y avait pas simplement à proclamer la grâce et la bonté de Dieu dans un monde, qui ne le connaissait pas, un monde de péché et de misère. C’était, sans doute, un grand privilège d’être le canal d’un témoignage comme celui de l’évangile, le héraut chargé de proclamer le merveilleux message de l’amour envers ce pauvre monde. On rencontrait l’opposition, c’est vrai, mais c’était la bénédiction apportée à l’homme. Mais l’Esprit avait un autre service à accomplir, une autre vérité à présenter. « Des hommes impies s’étaient glissés parmi les fidèles » ; il devenait nécessaire d’avertir contre le mal. Il est beaucoup plus difficile de conserver la bénédiction lorsqu’elle a été introduite, que d’y rendre témoignage quand elle est proclamée pour la première fois. C’est pourquoi, nous trouvons dans l’épître de Jude l’exhortation à combattre pour la foi qui a été une fois enseignée aux saints, et non pas seulement à publier les bonnes nouvelles de la bénédiction qui avait été introduite pure et non corrompue. « Bien-aimés, ne croyez pas à tout esprit », dit l’apôtre (4:1). Ce serait plus heureux de dire : « Croyez à l’Esprit » ; mais à cause de l’erreur qui tendait à s’introduire, Jean doit dire : « Ne croyez pas ». Le mystère d’iniquité qui devait se manifester et qui opérait déjà dans le monde, l’exigeait. Tous les apôtres avaient à avertir contre le mal qui s’était glissé dans l’Église, et Jean le fait plus particulièrement, comme étant le dernier d’entre eux.

 

7.1.2       Éprouvez les esprits… beaucoup de faux prophètes sont sortis dans le monde

« Éprouvez les esprits pour voir s’ils sont de Dieu, car beaucoup de faux prophètes sont sortis dans le monde ». Les serviteurs s’étaient endormis, et l’ennemi avait semé de l’ivraie. Satan cherche toujours à résister par la violence et l’opposition, à l’introduction de la vérité, et à entraver sa réception dans l’âme ; mais s’il n’a pu y réussir, une fois introduite, il s’efforcera de la corrompre. « Des hommes méchants se sont glissés », de faux prophètes (ou de faux esprits) sont sortis dans le monde ; hommes d’une conduite pure, c’est possible, mais néanmoins de faux prophètes attaquant les âmes simples et sincères, avec une apparence de grande puissance, mêlant l’erreur avec beaucoup de vérité ; mais l’erreur doit être réprimée dans le cœur et dans la conscience. C’est une grande grâce que l’orthodoxie soit professée ; par orthodoxie, j’entends les grandes vérités de l’évangile. Mais la profession de l’orthodoxie n’est pas la vie. Il peut y avoir de l’orthodoxie et point de vie, surtout dans nos jours, et nous avons à revenir là où l’Esprit de Dieu gardera l’âme dans la profession de la vérité. On peut ne pas connaître le salut, tout en professant l’orthodoxie.

Le Seigneur peut permettre que l’intelligence travaille, et alors peut surgir la question de Pilate : Qu’est-ce que la vérité ? On trouve à cet égard deux choses chez les hommes : le scepticisme et l’incrédulité. Le sceptique doute de toute vérité ; l’incrédule nie entièrement la vérité, et dit qu’il n’y a ni vérité, ni connaissance, ni doctrine. L’incrédulité conduit toujours là.

 

7.1.3       Connaître la vérité : autorité humaine, ou autorité de Dieu sur la conscience

Dans toute vérité, il y a une difficulté. La conséquence en est que, lorsque les hommes sont fatigués de leurs péchés et pensent à les abandonner, ou sont troublés en réfléchissant aux conséquences de ces péchés, ils commencent à s’enquérir de la vérité, deviennent très sérieux pour un temps et remplissent leurs devoirs religieux, comme l’on dit ; mais trouvant cela difficile, ils se lassent et cherchent quelque chose qui leur donne de la sécurité, tout en leur épargnant la peine de connaître la vérité pour eux-mêmes. Alors ils regardent à ce qui est établi sur une autorité humaine et s’appuient sur le jugement et les opinions des hommes. C’est l’autorité dans un mauvais sens, celle qui se base sur la parole de l’homme. Dieu seul a la vraie autorité sur la conscience. La vérité est l’autorité, mais les hommes veulent quelque chose qui leur évite l’exercice de leurs cœurs et de leurs consciences devant Dieu. En s’appuyant sur l’autorité humaine, la conscience n’est pas avec Dieu, et l’on voudrait être indépendant de Dieu. Or cela dégrade l’homme et le fait descendre au-dessous de ce qu’il est destiné à être ; car sa vraie position est d’être dépendant de Dieu. C’est la vraie gloire de l’homme.

 

7.1.4       Le vrai ministère apporte Dieu à la conscience

La conscience doit être amenée en contact avec Dieu, en la présence de Dieu ; c’est l’objet du vrai ministère. Tout ministère qui manque à cela, ou qui n’a point cela pour objet, n’est pas de Dieu, parce qu’il place quelque chose entre l’âme et Dieu. Si un ministère est réel, il apportera Dieu directement à la conscience par le moyen de la Parole, tandis que celui qui est faux se place entre Dieu et la conscience. C’est par là que nous pouvons voir la différence entre un ministère faux ou vrai, et que nous pouvons les discerner.

 

7.1.5       La Parole de Dieu juge l’homme, et non l’inverse

Dieu a promis de guider ceux qui sont humbles, et il gardera l’âme humble contre les faux prophètes. Jamais la parole de Dieu ne considère l’esprit de l’homme comme compétent pour la juger ; car ce serait juger ce qui en soi est l’autorité sur la conscience. On a confondu la puissance de la Parole pour agir dans la conscience, avec la compétence de juger la Parole. C’est une chose terrible. L’esprit de l’homme n’a aucune capacité pour juger la parole de Dieu. S’il le pouvait, elle ne serait plus du tout de Dieu. En effet, ce serait supposer l’esprit de l’homme égal à Dieu ; et alors il n’y aurait plus de Dieu. Mais la conscience naturelle peut juger des commandements adressés aux individus, tels que : « Tu ne déroberas pas ». Je suis aussi capable de juger en tant que je sais que la Parole est bonne lorsqu’elle a agi sur mon âme. C’est comme lorsque je prends de la nourriture. Je puis ignorer complètement comment s’opère la digestion et la nutrition, mais je connais la propriété des aliments, et j’ai la conscience de l’effet fortifiant qu’ils produisent lorsque je les ai mangés. Il y a plusieurs choses que je puis apprécier par leur action sur moi, bien que je n’aie point de compétence pour en juger autrement que par leur effet. La parole de Dieu me dit que je suis tel et tel. L’âme en éprouve l’effet par la puissance divine. C’est la Parole qui me juge, et non pas moi qui juge la Parole ; mais elle peut produire en moi la compétence pour juger. En raisonnant, on confond souvent les deux choses. Où trouverai-je donc la compétence ? Dans la Parole, parce qu’elle se justifie elle-même à l’âme en agissant avec puissance sur la conscience.

 

7.2   1 Jean 4:2-3a. Confesser Jésus Christ venu en chair

« Tout esprit qui confesse Jésus Christ venu en chair est de Dieu » ; cela commence par la puissance. « Ne croyez pas tout esprit ». Ce n’est pas simplement qu’il y a la vérité, et que les esprits des hommes sont à l’œuvre et agissent. Non ; il y a de faux esprits, certaines énergies mauvaises, qui agissent sur l’esprit de l’homme. Tandis que l’homme, pauvre créature, se croit indépendant, il y a un esprit qui opère en lui et qui est ou de Dieu ou du diable, ou de vérité ou d’erreur. « Beaucoup de faux prophètes sont sortis dans le monde ». La confession de Jésus Christ venu en chair est de Dieu. Ce qui met tout à l’épreuve, est de reconnaître réellement Jésus Christ venu en chair. Cela prouve la vérité de la personne ; c’est la foi propre de celui qui parle et non pas une simple confession, parce que, si j’ai foi en une chose, je suis assujetti à cette chose, c’est-à-dire, dans le cas qui nous occupe, assujetti à Christ. Or nul mauvais esprit n’est assujetti à Christ, car alors ce ne serait pas un mauvais esprit. Il est dit : « Éprouvez les esprits ». Un esprit qui ne reconnaît pas que Jésus Christ est Dieu manifesté en chair, n’est pas de Dieu. « Plusieurs faux prophètes sont sortis dans le monde » ; mais reconnaître la seigneurie et l’autorité du Seigneur Jésus Christ doit être la pierre de touche de tout. On trouvera toutes sortes de choses mises à la place, mais l’esprit qui ne se soumet pas au Seigneur Jésus, n’est pas de Dieu.

 

7.3   1 Jean 4:4

7.3.1       L’Esprit Saint dans le croyant donne la victoire

« Pour vous, vous êtes de Dieu, enfants ». Il n’y a aucune pensée d’en appeler à leur compétence ou à leur habileté pour juger, ni à s’en référer à l’autorité d’autres hommes, mais à l’Esprit de Dieu ; « vous les avez vaincus, parce que celui qui est en vous est plus grand que celui qui est dans le monde ». C’est dire : si l’Esprit Saint est en vous, il vaincra ; sinon, Satan aura certainement l’avantage. L’Église de Dieu est, pour ainsi dire, le grand prix que se disputent Dieu et Satan. Il en était ainsi de Pharaon à l’égard d’Israël. Moïse lui avait dit : « Ainsi a dit l’Éternel : Laisse aller mon peuple ». La réponse de Pharaon vient immédiatement : « Qui est l’Éternel pour que j’écoute sa voix ? » C’était afin d’amener la manifestation de la puissance de Dieu dans son jugement contre Pharaon, et de montrer qu’il était le plus puissant. C’est pourquoi Jéthro dit à Moïse : « Maintenant, je connais que l’Éternel est plus grand que tous les dieux ; car en cela même en quoi ils ont agi présomptueusement, il a été au-dessus d’eux » (Exode 18:11). Et bientôt le Seigneur montrera cela plus pleinement : quand il apparaîtra et que Satan sera lié, le conflit prendra fin. Mais maintenant il se poursuit dans notre marche individuelle ; Dieu veut exercer notre foi et notre conscience, et manifester sa puissance en nous gardant. Et voici la puissance de la marche : « Celui qui est en vous est plus grand que celui qui est dans le monde ».

 

7.3.2       La vérité n’a pas de puissance en elle pour garder

Un des symptômes les plus alarmants dans le monde religieux de nos jours, est l’idée qu’il y a dans la vérité une puissance pour nous garder. Il n’y en a point ; la question est si l’âme tient ferme la vérité. À moins que mes pensées et mon cœur ne soient dans la vérité, il n’y aura en elle aucune puissance pour moi. Il est bien certain que Dieu gardera sa vérité, mais mon cœur est-il gardé ? Si non, c’est simplement la confiance de l’esprit humain, car « celui qui est en vous est plus grand que celui qui est dans le monde ». Ce qui seul donne la victoire est la puissance de l’Esprit de Dieu dans les affections et la conscience des saints ; alors le cœur sera fixé sur Christ et les choses de Christ pour l’aimer, jouir de lui et le mieux servir. La lutte et la difficulté viennent plutôt quand la vérité est mise en question, que lorsqu’elle est d’abord manifestée en puissance. Si l’Esprit de Dieu ne me garde, je ne serai pas capable de résister aux sollicitations journalières du péché.

 

7.3.3       Puissance d’attraction de l’erreur et de la fausse religion

L’homme peut être fatigué de ses péchés et du monde ; car il en a longtemps senti l’esclavage et désire sincèrement rompre avec eux. Il est attiré d’abord vers ce qui lui promet la délivrance et est heureux de céder à l’offre qui lui en est faite. Il rompt donc avec ses péchés, et est très religieux, dévoué aussi, semble-t-il. Mais son âme ne persévère pas. Il n’aime pas les épreuves et les tribulations qui surviennent. Il ne peut supporter de perdre ses amis, sa prospérité et sa place dans le monde. Alors il trouve que l’erreur offre un chemin plus facile, il se détourne, et c’est ainsi qu’il n’y aura qu’un petit troupeau. La fausse religion peut faire un moine, mais ne place jamais la conscience en présence de Dieu. L’erreur ne s’oppose pas aux passions des hommes ; la fausse religion dans l’homme sert au contraire toujours ses passions, ses pensées et ses sentiments, et c’est pourquoi elle convient au monde mieux que la vérité. Elle s’adapte à l’homme, et ainsi la foule suivra toujours l’erreur. Voilà pourquoi Paul devait dire : « Tous ceux qui sont en Asie se sont détournés de moi ». L’apôtre ne s’attendait pas à ce que la vérité eût puissance sur le monde, mais déclarait clairement que l’erreur prévaudrait. C’est ainsi que, quand le Seigneur permet qu’un grand corps religieux soit mis à l’épreuve sur un point de la vérité, le plus grand nombre acceptera l’erreur.

 

7.4   1 Jean 4:5. La vérité n’a pas le pouvoir de réformer le monde

« Ils sont du monde, c’est pourquoi ils parlent selon les principes du monde, et le monde les écoute » (4:5). « Pour vous, enfants, vous êtes de Dieu, et vous les avez vaincus » (4:4). Si Dieu était en eux, ils étaient gardés ; sinon, ils ne pouvaient que s’écarter de la vérité. Nous devons nous reposer sur ce que l’Esprit de Dieu a déclaré, plutôt que sur ce que les hommes espèrent. L’apôtre croyait certainement plus que personne à la puissance de la vérité, mais il ne caressait pas la vaine espérance que la vérité avait le pouvoir de réformer le monde. « Pour vous, enfants, vous êtes de Dieu ». C’est là ce qui garde —— non la puissance, mais le moyen : « Nous, nous sommes de Dieu ; celui qui connaît Dieu nous écoute ». Il n’est pas dit qu’il a « vaincu », mais « il nous écoute » —— il est de la vérité. Ils avaient la puissance spirituelle de discerner ce qui était la vérité. Le moyen de distinguer la vérité de l’erreur était de reconnaître la Parole. On ne devait pas écouter celui qui ne se soumettait pas à la Parole inspirée. Il aurait pu parler le langage des anges, il n’était pas de Dieu, il parlait de lui-même.

 

7.5   1 Jean 4:6. Le témoignage des apôtres garant de la vérité

« Celui qui est de Dieu nous écoute ». Je ne pourrais pas dire : Vous devez m’écouter, sans quoi vous serez perdu, mais je puis dire : Si vous n’écoutez pas le message de Dieu que je vous apporte, vous périrez, parce que c’est la vérité de Dieu, et vous devez examiner et voir pour vous-même. Je ne suis pas le garant de la vérité. Je la tiens de Dieu ; mais dans les apôtres, j’ai ce qui est le garant et la pierre de touche de la vérité. Si vous êtes de Dieu, vous le croirez ; mais si quelqu’un m’empêchait d’écouter un apôtre, je pourrais dire immédiatement qu’il n’est pas de Dieu, parce que « celui qui est de Dieu nous écoute ». Le témoignage immédiat des apôtres est la pierre de touche dont Dieu se servait pour distinguer la vérité et l’erreur. Actuellement, nul homme n’est le vase immédiat ni le garant de la vérité. Remarquez de plus que, du moment que je demande quelque chose pour établir l’autorité de la Parole, je la lui enlève, car la chose sur laquelle on s’appuie est nécessairement ce que l’on suppose devoir établir la Parole, et non là Parole elle-même. Prendre quelque chose pour démontrer la vérité de la parole de Dieu, et puis croire en vertu de cette chose, n’est pas croire la Parole.

 

7.5.1       L’Esprit et la Parole de Dieu sont ensemble les moyens de garder du mal et de l’erreur

L’Esprit de Dieu et la parole de Dieu doivent aller ensemble. La Parole ne peut aller seule, car je pourrais vouloir juger de la Parole avec mes propres facultés, et je me tromperais. De même, l’Esprit de Dieu ne peut aller seul, car je pourrais prendre mes imaginations pour l’Esprit. Les deux vont ensemble. Du moment donc que la Parole atteint mon cœur, elle devient l’autorité absolue et elle me juge. Quand l’Esprit et la Parole sont tous deux reçus dans le cœur, quand ils ont ainsi pris complètement possession de moi-même, Satan ne peut me toucher, parce qu’ils ne permettront aucune action de la chair, de la propre volonté, etc. Y a-t-il du mal en moi ? Ils me rendront capable de le juger en moi et dans tout ce qui m’entoure. Celui qui a ainsi l’Esprit et la parole de Dieu est garanti contre toute erreur. Ce sont les moyens encourageants et consolants, paisibles et précieux, pour nous garder de tout mal.

 

7.5.2       Trouver son plaisir en Christ et se nourrir de lui, pour être gardé de l’erreur

Lorsqu’un homme est sauvé, il est amené à Dieu et jouit d’une paix parfaite. Il est introduit dans un monde entièrement nouveau, où Dieu se révèle lui-même dans sa Parole, et son âme prend constamment son plaisir dans cette Parole où toute la sagesse de Dieu est manifestée, afin qu’il soit exercé en elle, apprenant de plus en plus et dans la paix tout ce que Dieu est. Et ce que nous avons tous à chercher, est d’être chaque jour occupés de la vérité, sachant toujours plus ce que c’est que de trouver son plaisir en Christ et de se nourrir de lui, comme étant le vrai Dieu, et en même temps l’Homme parfait, soumis en toutes choses à son Père. Et je ne veux pas dire qu’il s’agit de connaître tout cela de manière à être capable d’en écrire un traité, mais de connaître Christ, en qui je connais Dieu et l’homme, Christ qui vivait à cause du Père, dépendant du Père ; alors tout ce qui n’est pas de lui, agit avec force sur mon âme. C’est que c’est CHRIST qui est touché, et cela affecte toute l’harmonie de l’âme. Soyez sûrs de ceci : c’est que, si vous ne connaissez pas la puissance vivante d’un Christ vivant, et si vous n’en jouissez pas dans votre âme, vous ne pourrez pas résister à l’erreur. Il faut que la vérité soit tenue en rapport avec la personne de Christ, sans quoi vous ne serez pas gardés contre l’erreur. La vérité seule n’est pas de la force de Satan. Je ne voudrais pas m’aventurer à rencontrer Satan relativement à la vérité, si je n’étais pas appelé à le faire, et à avertir les saints, et pour la gloire de Dieu, parce que je craindrais, mais je sais que Dieu me gardera quand j’accomplis son service. Ainsi, je ne voudrais pas me jeter du sommet du temple en bas, parce qu’il est écrit dans la Parole : « Il commandera à ses anges à ton sujet, de te garder en toutes tes voies ».

 

7.5.3       Impossible d’aimer si l’on n’est pas né de Dieu

Nous voyons se manifester en Caïn et Abel les traits des deux familles des hommes. En Caïn, c’est la haine, la violence et la méchanceté ; chez Abel, c’est la souffrance, la justice et l’amour. La vie éternelle qui était auprès du Père, a été communiquée au chrétien, produisant en lui les voies, les pensées et les sentiments de Christ. « Quiconque aime est né de Dieu ». « Dieu est amour, et celui qui demeure dans l’amour, demeure en Dieu et Dieu en lui ». L’amour est le développement intérieur de la nature divine, car de même que je ne puis exercer les facultés et les affections humaines, ni en jouir, si je n’ai pas la nature humaine, ainsi je ne puis jouir des affections divines, si je n’ai pas la nature divine. C’est une ancienne remarque que celle-ci : « La connaissance ne peut aimer ». Il vous faut avoir la nature divine, être né de Dieu, sans quoi vous ne pouvez aimer. Les recherches de l’homme n’amènent à rien. À moins qu’il ne connaisse l’amour de Dieu dans le Seigneur Jésus Christ, il ne peut aimer.

 

7.5.4       Connaître et posséder Christ, car Dieu a fait face à la ruine issue du péché par le moyen de Christ

Supposez que j’aie une notion générale de Dieu, et que j’aie vu et reconnu son éternelle divinité. Si j’ai cette connaissance et que j’essaie de comprendre les choses, je serai confondu. En effet, si je jette un coup d’œil sur l’état du monde entier, qu’y verrai-je ? Les trois quarts des hommes adonnés à l’idolâtrie et adorant le diable, puis l’oppression, la dégradation et la misère accablant des multitudes, comme on peut le voir dans nos grandes cités. L’esprit, à cette vue, est rempli de confusion. On peut essayer de dire que tout cela est nécessaire dans le plan général de la nature. Mais cela soulagera-t-il ceux qui souffrent ? Si l’on dit : « Le péché est la cause de tout ce mal », alors je répondrai : « Si le péché est là, qu’ai-je à dire à Dieu, comme pécheur ? Comment puis-je rencontrer Dieu ? » Il ne sert de rien de me dire qu’il est bon. Il l’est, sans doute, mais je suis responsable envers Dieu, et plus j’entre dans la vérité, plus je suis misérable et me sens presque réduit au désespoir. Ni scepticisme, ni autorité, ne feront rien pour moi dans ce cas ; mais du moment que je connais et possède Christ, tout est clair. Christ jette la lumière sur toutes choses. Je n’ai pas acquis quelque chose qui puisse répondre à tout ce qui m’embarrassait, mais j’ai Dieu lui-même qui répond. On voit Dieu en Christ agissant envers cette création dans tout son péché et sa misère. Le péché nous a ruinés. Tous sont coupables ; moi, je le suis. Mais Dieu a fait face à mon péché de la manière même dont j’avais besoin. Lorsque j’étais dans la perplexité et le désespoir touchant mes péchés, et que je ne trouvais aucun moyen de rencontrer Dieu, c’est Dieu qui est venu au-devant de moi, et qui m’a montré comment il a réglé, à sa propre gloire, tout ce qui concerne le péché dans la personne du Seigneur Jésus Christ, qui a satisfait à tout pour moi. Pour cela, il est venu dans le monde, afin d’être la propitiation pour nos péchés ; il est descendu dans toute notre misère pour l’enlever, et s’est donné lui-même comme source de la vie, et comme Celui qui ôte ce péché qui nous empêcherait de jouir de Dieu. Ensuite, pour consommer cet amour, et afin de nous introduire dans ce qui est en haut, il est descendu ici-bas, afin de pouvoir nous prendre en haut avec lui. « En ceci est l’amour, non en ce que nous, nous ayons aimé Dieu, mais en ce que lui nous aima, et qu’il envoya son Fils pour être la propitiation pour nos péchés » (4:10).

 

7.5.5       La communication de la nature divine donne la puissance pour aimer

« En ceci est consommé, l’amour avec nous, afin que nous ayons toute assurance au jour du jugement, c’est que, comme il est, lui, nous sommes, nous aussi, dans ce monde » (4:17). L’amour est manifesté envers moi en ce qu’il vient à moi, et me place en la présence de Dieu, parfait en lui. La communication de la nature divine donne la puissance pour aimer, et alors nous lisons : « Non en ce que nous, nous ayons aimé Dieu, mais en ce que lui nous aima, et qu’il envoya son Fils pour être la propitiation pour nos péchés » (4:10). Il nous donne ainsi un objet sur lequel notre amour se repose et dont il peut s’occuper, nous élevant toujours et nous satisfaisant toujours. Ce n’est pas le mysticisme qui se plaît à se replier sur lui-même ; mais l’âme a un objet précieux et infini avec lequel nous sommes associés et à la ressemblance duquel nous sommes formés, ne permettant pas qu’il y ait en nous la moindre crainte, tout ce qui pourrait la causer ayant été enlevé par son œuvre divine, et nous sommes en repos, parfaitement heureux avec Dieu. Si quelque chose ne fait pas connaître à nos cœurs Dieu comme parfait en amour, ce n’est pas toute la vérité ; si une chose quelconque ne me place pas dans la présence de Dieu sans qu’il reste une seule crainte, de sorte que je puisse jouir de son amour, elle n’est pas proportionnée à son amour pour moi.

 

8                    7ème méditation — 1 Jean 4:11-19

Dans cette partie du chapitre 4, l’apôtre revient à la grande doctrine de toute son épître. Ici, ce n’est pas tant la grande vérité qui établit l’âme devant Dieu, mais plutôt la vérité que nous avons lorsque nous sommes devant Dieu.

 

8.1   1 Jean 4:11

Nous avons déjà vu la différence entre Paul et Jean. Tandis que Paul montre l’Église comme justifiée devant Dieu, et nous ouvre les conseils de Dieu, etc., Jean fait ressortir la nature de Dieu dans les saints. Ce n’est pas tant la base sur laquelle l’âme est amenée à Dieu, bien qu’il en parle aussi ; mais c’est plutôt le caractère de la vie, qui est communiqué — la vie qui est en Dieu le Père et qui vient à nous par Christ ; elle est premièrement en Christ, et ensuite manifestée dans les saints.

 

8.1.1       Pour jouir de Dieu, il faut la nature divine et la puissance du Saint Esprit

Les traits de la nature divine sont manifestés par le chrétien ; c’est là ce qui est particulièrement mis en évidence par Jean. Dans ce chapitre, il y a aussi une autre chose. Ce n’est pas seulement qu’il y a chez le chrétien une nature et une capacité pour jouir de Dieu, mais le Saint Esprit est donné comme puissance de cette nature. Le Saint-Esprit demeurant en nous, nous donne la puissance de jouir ; mais afin qu’il n’y ait pas de mysticisme, ni de vacillation ou d’incertitude, l’apôtre fonde le témoignage sur la manifestation publique du Seigneur Jésus Christ (*) ; mais la capacité de jouir de la source de la vie est par la puissance du Saint-Esprit demeurant en nous. Dieu est amour, et on le voit tout premièrement et ouvertement à la croix de Christ ; ensuite, dans la nouvelle nature nous avons la capacité de jouir de cet amour.

 

8.1.2       La révélation de Dieu chasse la crainte

Mais la crainte doit être ôtée, parce que la crainte cause du tourment, et que le tourment n’est pas la jouissance : alors l’apôtre montre ce qui ôte la crainte : « L’amour parfait chasse la crainte ». Ce n’est pas la justice parfaite, celle qui avait donné la paix devant Dieu, mais c’est la révélation de lui-même, de ce qu’il est, cela seul chasse la crainte. Si l’on me demande : « Comment savez-vous que Dieu vous aime ? » « Oh ! » dirai-je, « j’en ai une preuve constante et certaine dans le don de son Fils ». De plus j’ai, jour par jour, heure après heure, la jouissance de Dieu comme mon Père, et je le sais, parce que j’en jouis. Je puis prouver à un autre l’amour de Dieu par certains actes de sa part, tels que le don de son Fils, qui est une manifestation ouverte de son amour, mais cela n’empêche pas que j’aie la jouissance journalière de Dieu, pour laquelle j’ai la capacité dans la nouvelle nature et par la puissance du Saint-Esprit.

 

(*) Voyez versets 9 et 10 (Note du trad.)

 

Il est remarquable de voir comment l’apôtre garde du mysticisme en ramenant la pensée vers le simple exposé de l’évangile. « Nous, nous avons vu et nous témoignons que le Père a envoyé le Fils pour être le Sauveur du monde ».

 

8.1.3       S’aimer l’un l’autre

Au septième verset, il commence en disant : « Bien-aimés, aimons-nous l’un l’autre » (4:7). Là, nous avons l’amour de Dieu en activité dans la nouvelle nature, et la caractéristique de cette nature est de la reconnaître dans un autre. Si je possède cette nouvelle nature, je ne puis m’empêcher de l’aimer dans un autre. Je puis avoir à surmonter certains préjugés, mais dans la chose elle-même, il y a une puissance attractive. Je n’en parle pas comme d’un simple devoir ; c’est dans la nature, et étant divine, elle est bien au-dessus des anges, bien qu’ils soient des créatures d’un ordre plus élevé.

 

8.1.4       Besoin de la puissance du Saint-Esprit pour ce qui s’oppose à la manifestation la nouvelle nature

Nous avons à aimer tous les hommes, à faire du bien à tous, c’est-à-dire à avoir la bienveillance qui se montre envers ceux qui sont dans le besoin. Ce n’est pas ce dont je parle maintenant ; mais il y a, dans la nature divine qui nous est communiquée, une puissance attractive qui nécessite l’amour, qui lie l’un à l’autre et à Christ. , il y a de la puissance ; cela peut être très imparfait en nous, mais c’est réel, et attire à la Personne divine. Nous avons besoin de quelque chose de plus que la nouvelle nature, parce qu’elle est une nature dépendante, et qu’ainsi elle a besoin de quelque chose d’autre. Christ ici-bas vivait d’une vie dépendante : « Je vis à cause du Père », disait-il. Le vieil homme s’élève lui-même et prétend être indépendant ; mais tout le temps il est sous la puissance de Satan. La nouvelle nature est dépendante. Elle s’appuie sur la puissance, et prend son plaisir à le faire. L’Esprit Saint est la puissance : « Fortifiés en puissance par son ESPRIT quant à l’homme intérieur ». Et c’est là la pleine bénédiction, soit dans le chrétien individuellement, soit dans l’Église de Dieu. Quoique nous ayons une nouvelle nature, nous avons besoin de la puissance du Saint-Esprit en nous pour ôter les obstacles qui s’opposent à sa manifestation. Les efforts et le labeur n’y font rien. Vous pouvez faire des efforts, mais de même qu’une montagne de neige glacée qu’aucun travail ne saurait enlever, fond et disparaît sous les chauds rayons du soleil, ainsi il n’y a que la chaleur des affections divines dans l’âme, par la puissance du Saint Esprit, qui dissoudra l’épaisse glace de nos cœurs, et fondra tout ce qui en nous obstrue et arrête la pleine manifestation de la vie. « L’amour est de Dieu, et quiconque aime est né de Dieu et connaît Dieu » (4:7). Lorsque j’ai cette nature, je suis né de Dieu, et je suis amené dans une position où je rapporte tout à Dieu, car la nouvelle nature que j’ai de Dieu, a Dieu pour objet. Quand je vois les traits de cette nature dans une autre personne, je dis : « elle est née de Dieu ». Je vois l’amour dans les affections naturelles, mais ici, c’est dans un sens divin.

 

8.1.5       Affections naturelles et égoïsme. L’amour qui vient de Dieu

Dans les affections naturelles, l’égoïsme est à la base de tout ; mais s’il s’agit des saints, celui qui aime est né de Dieu, tandis que l’égoïsme est le mobile de tout ce qui est hors de Dieu. Dans l’âme de celui qui est né de Dieu, nous trouvons un tout autre principe qui tire l’homme tout à fait hors de lui-même. Un homme s’est acquis une fortune par quelque grande invention qui ajoute au bien-être du monde, mais qu’est-ce, sinon de l’égoïsme ? Tout ce qui donne une impulsion aux progrès du monde n’est pas autre chose. Et en ceci est la différence — car nous sommes dans un monde où nous avons tous à suivre nos diverses occupations suivant notre vocation — c’est que, dans le chrétien, ce n’est pas égoïsme, mais amour. Il est en dehors de tout autre motif ; il est né de Dieu, et l’amour est la source de toutes ses actions, comme l’amour est le principe de la nature de Dieu. Il peut être très faible en moi, mais dois-je être satisfait qu’il reste tel ? Ce qui est né de Dieu vient de Dieu et retourne à Dieu ; c’est pourquoi : « Soyez imitateurs de Dieu comme de bien-aimés enfants » (Éph 5:1). Cet amour parfait descendait de Dieu, afin de retourner à Dieu, car qui, sinon son Père, a fait descendre Christ ici-bas pour glorifier Dieu ? Et tout ce que faisait Christ remontait vers Dieu, comme un parfum de bonne odeur ; autrement, cela aurait été perdu. Il y a beaucoup de belles qualités dans une créature de Dieu, mais les fait-on remonter vers Dieu ? Non ; et alors elles deviennent péché. J’ai une chose bonne et j’en jouis, et je laisse Dieu de côté — tel est le péché de l’homme. Il peut y avoir beaucoup d’égoïsme sous une apparente libéralité extérieure. Un chrétien aidera son frère et regardera à Dieu comme le faisant pour lui, parce qu’il aime Dieu ; mais s’il se dit : « J’ai bien agi », cela cesse d’être de l’amour ; c’est la satisfaction de soi-même ; c’est de l’égoïsme.

La nouvelle nature a Dieu pour sa source, et Dieu pour son objet, et c’est ainsi que se trouve gardée la vérité de la nouvelle nature. Elle se lie à cette autre vérité, que Dieu est l’objet d’après lequel agit la nouvelle nature. Elle agit en nous conformément à Dieu, de sorte que les autres peuvent la voir. Elle connaît Dieu ; et je ne sache rien de plus élevé que de connaître Dieu. « Quiconque est né de Dieu connaît Dieu » ; et c’est un grand soulagement de pouvoir dire en toutes choses : J’ai trouvé Dieu.

 

8.2   1 Jean 4:8. Il faut avoir la nature de Dieu pour Le connaître

Remarquez ensuite une autre vérité (v. 8) : « Celui qui n’aime pas, n’a pas connu Dieu ». Il n’y a pas de connaissance de Dieu, parce que sans la possession de la nature de Dieu, on n’a aucune puissance pour saisir ce qu’il est. Vous pouvez voir ses œuvres et dire : Il doit y avoir un Dieu ; mais est-ce là le connaître ? Pour le connaître, il faut que j’aie sa nature, parce que l’on ne peut connaître l’amour qu’en aimant, et celui qui connaît ainsi Dieu, saisira ce qu’il est. Prenez un philosophe qui parle de Dieu, et mettez-le en la présence de Dieu. Ce sera la dernière place où il aimera se trouver. Et pourquoi ? parce que, bien qu’il parle de Dieu, il n’a jamais été en sa présence. Il ne le connaît pas.

 

8.3   1 Jean 4:9-10

8.3.1       1 Jean 4:9a. Du moment qu’une âme sent le besoin qu’elle a de Dieu, Dieu est là pour y répondre

« En ceci a été manifesté l’amour de Dieu pour (ou envers) nous » (4:9). Cela n’est pas une notion abstraite de l’amour. Il n’est pas dit simplement : « En ceci a été manifesté l’amour de Dieu », mais « l’amour de Dieu envers nous. L’esprit de l’homme ne peut pas mesurer Dieu ; il ne peut mesurer que l’esprit et les pensées de l’homme ; mais l’esprit ne peut mesurer l’amour, car l’amour n’est connu que lorsqu’on aime et que l’on est aimé. Si l’esprit de l’homme était un juge compétent de ce que Dieu doit être, Dieu ne serait pas Dieu. Comment donc cet amour de Dieu peut-il être trouvé ? D’une manière très humble. L’âme doit venir, avec le besoin de cet amour, car si elle venait autrement, elle n’aurait pas besoin de Dieu. Du moment qu’une âme sent le besoin qu’elle a de Dieu, Dieu est là pour y répondre. Ce fut le cas avec la Syrophénicienne, et ce qui fit sortir de la bouche du Seigneur ces paroles : « Ô femme, ta foi est grande ; qu’il te soit fait comme tu veux ! » La grande foi est de connaître mes besoins, et de compter sur la bonne volonté pour y répondre. Ce peut être vague ; c’était ainsi dans la femme, quand elle vint dans la maison : cependant c’était la foi. Lorsque je trouve manifesté en Dieu ce qui répond à mes besoins, c’est la foi. On n’est jamais là où Dieu répond aux besoins de l’âme, jusqu’à ce que l’on ait connu que Dieu est Dieu et que soi-même l’on n’est qu’un pécheur. Lorsque nous prenons notre place, nous trouvons Dieu à la sienne ; lorsque j’ai été amené au sentiment que la seule chose que j’aie, c’est le péché, alors Dieu peut agir : « alors que nous étions encore sans force », Dieu a agi « au temps convenable ».

 

8.3.2       1 Jean 4:9a. L’amour de Dieu pour tous les saints

Dieu est celui qui agit, et il le fait dans la perfection de son amour à lui, et au temps propre. « En ceci a été manifesté l’amour de Dieu envers nous ». Je puis me tenir devant Dieu et dire aux pécheurs : « Je connais Dieu d’une manière telle que les anges ne le connaissent pas ; ce sont les choses « dans lesquelles les anges désirent de regarder de près » — c’est « l’amour de Dieu envers nous ». Je ne dis pas envers moi, mais envers nous, embrassant ainsi tous les saints. Le Saint-Esprit fait retentir sans cesse à nos oreilles ce petit mot nous, nous plaçant ainsi dans la pleine conscience de la faveur de Dieu envers nous.

 

8.3.3       1 Jean 4:9b. L’état de l’homme est désespéré. Le vrai caractère de Dieu n’est connu qu’à la croix

« Afin que nous vivions par lui ». Non seulement l’amour de Dieu est manifesté quand il en est besoin, mais là où il doit avoir sa propre perfection, et il se déploie parfaitement là où rien ne dépend de l’homme pour l’attirer. Il est manifesté quand nous étions morts, « afin que nous vivions par lui ». Si je voulais examiner mon propre cœur, je ne pourrais en découvrir le fond. Je sais plus du cœur de Dieu que du mien, car le mien est si rusé que je ne puis descendre dans tous ses replis, car « le cœur est trompeur par-dessus tout, et désespérément malin ; qui le connaîtra ? » Le meilleur des hommes sur la terre sera le premier à confesser cette vérité. Je ne connais pas le vrai caractère de Dieu pour mon âme, jusqu’à ce que je l’aie vu à la croix. En effet, en l’homme il n’y avait rien que péché, et lorsque Dieu a agi à l’égard de ce péché, il n’y avait rien entre lui et son Fils, et s’il a été seul dans cette œuvre, c’est une preuve de ce que Dieu a fait dans les circonstances de mort où je me trouvais. Il a envoyé son Fils afin que je vive par lui, et non seulement que je vive par lui, mais mes péchés ayant tous été ôtés, je vois la vie éternelle par lui pour moi. Lui, étant la propitiation pour mes péchés, je trouve que mes péchés ont disparu et que la vie est venue.

 

8.3.4       Pensons seulement à l’amour de Dieu, non pas à notre amour pour Dieu

Après une telle preuve de l’amour de Dieu, ne pensons plus à notre amour pour Dieu. Qui suis-je pour vouloir mettre mon amour — à côté de celui de Dieu ? Ne me parlez pas de mon amour pour Dieu, c’est une misérable et pauvre chose (bien que je l’aime), mais parlons de l’amour de Dieu pour nous. Du moment que je commence à penser à mon amour pour Dieu, il cesse, il est loin ; la manne que j’avais recueillie hier s’est corrompue.

 

8.3.5       L’amour de Dieu est inépuisable et a été prouvé à la croix

Ce sera le ciel quand je me serai complètement oublié moi-même et que je serai rempli de Dieu. Ce même amour qui remplira le ciel a été manifesté à la croix, car là, il a ôté tous mes péchés, et dans le ciel il n’y en a point. J’ai besoin de quelque chose sur quoi mon âme se repose. Eh bien, Dieu m’aime, et ce qui me fait connaître l’étendue de son amour pour moi, c’est qu’il a donné son Fils pour moi. Mon âme reposant donc sur cet amour de Dieu, aucun manquement ne saurait ébranler ma confiance, parce que je mesure l’amour de Dieu par le don qu’il a fait de son Fils. Son amour n’est pas épuisé par la grandeur de mes besoins et le nombre de mes manquements ; mais j’ai une preuve constante et immuable, qui me suit à travers toute ma vie, de la grandeur de son amour, et c’est le don de son Fils. Mon âme repose en paix sur cet amour, manifesté à la croix, amour qui est « le même hier, et aujourd’hui, et éternellement ». Il a été démontré à la croix, et là il demeure ; il était en dehors de nous dans le monde, et, lorsque nous en avions besoin, il nous fut donné à connaître quand nous avons reçu la vie ; ne trouvant en nous rien, sauf le besoin auquel il dépendait de lui de répondre. La jouissance de cet amour est une autre chose ; elle a lieu dans la communion journalière et de chaque heure avec Dieu, notre Père, par l’Esprit qui demeure en nous.

 

8.4   1 Jean 4:11. Les exhortations à l’amour dans les épîtres

L’apôtre ayant donné la preuve de l’amour de Dieu, continue en parlant de l’exercice de cet amour en nous, tandis que nous sommes ici-bas. « Bien-aimés, si Dieu nous aima ainsi, nous aussi nous devons nous aimer l’un l’autre », et nous trouvons ce principe posé dans d’autres parties de la Parole, par exemple en Éphésiens 4:32 : « Vous pardonnant les uns aux autres comme Dieu aussi, en Christ, vous a pardonnés » et aussi en Colossiens 3:13 : « Vous supportant l’un l’autre, et vous pardonnant les uns aux autres, si l’un a un sujet de plainte contre un autre ; comme aussi le Christ vous a pardonné, vous aussi faites de même ».

 

8.5   1 Jean 4:12. Dieu connu dans le Fils

« Personne ne vit jamais Dieu » (4:12a). Je ne puis pas connaître Dieu par la vue, mais en Jean 1:18, nous lisons : « Le Fils unique, qui est dans le sein du Père, lui, l’a fait connaître ». Celui qui savait ce qu’est l’amour de Dieu, nous l’a révélé — le Fils qui demeure dans le sein du Père, qui jouissait sans mélange de l’amour du Père, est Celui qui est venu pour me le faire connaître, comme il le connaissait et en jouissait lui-même, et je connais Dieu selon la révélation que le Fils a faite de lui, car « lui, l’a fait connaître ». Mais dans l’épître de Jean, il y a un pas de plus. Il nous est communiqué d’une manière vivante. « Ce qui est vrai en lui et en vous » (chap. 2:8). C’était vrai en lui, et maintenant c’est vrai en vous qui croyez.

« Si nous nous aimons l’un l’autre, Dieu demeure en nous » (4:12b). Cela est la source de l’amour, et la jouissance en est par la puissance du Saint Esprit. « Son amour est consommé en nous ». Ce n’est pas mon amour qui est consommé pour Dieu, mais son amour à lui est consommé en moi, et je sais, étant en lui qui est infini, que je ne sortirai jamais de cet amour. Ce n’est pas que je sois infini moi-même, mais je suis en Celui qui est infini. Son amour est consommé en nous.

 

8.6   1 Jean 4:13. Joie de la communion par l’Esprit

« Par ceci, nous savons que nous demeurons en lui et lui en nous, c’est qu’il nous a donné de son Esprit » (v. 13). Ici, nous avons la communion et pas seulement la puissance. C’est dans la nature de Dieu, et pas simplement dans la puissance de Dieu. J’en jouis, parce qu’il m’a donné de son propre Esprit, la joie de la communion étant par la puissance de son Esprit. Les anges ne connaissent pas cette joie, et pourquoi ? C’est qu’ils n’ont jamais eu le Saint-Esprit demeurant en eux, mais Dieu « nous a donné de son Esprit », parce que nous sommes membres de Christ, le fruit du travail de son âme, ce que Lui désire (non pas nous), car nous sommes perdus en lui. Ainsi donc, ayant reçu de son propre Esprit, nous avons à chercher que la vie de Jésus soit manifestée dans nos corps mortels. La nature divine dans un homme se montre en ce qu’il a Dieu pour son objet.

 

8.7   1 Jean 4:14. Un amour connu et goûté ; effets sur l’adoration et l’évangélisation

« Et nous, nous avons vu et nous témoignons que le Père a envoyé le Fils pour être le Sauveur du monde ». Remarquez que l’apôtre revient à la personne du Fils, mais dans un état d’âme plus avancé, comme connaissant Celui qui a envoyé le Fils : « nous avons vu ». Ainsi, c’était un amour connu et goûté. Tandis que Paul nous présente l’Église, et les desseins et les conseils de Dieu, Jean parle de la nature en laquelle Dieu demeure, et quel en est l’effet ? L’adoration, parce que c’est la chose la plus élevée dont nous puissions jouir dans la connaissance de Dieu. Contemplez la scène qui nous est présentée dans l’Apocalypse. Dieu est sur son trône, et les anciens sont assis autour de lui sur des trônes. Peut-il y avoir quelque chose de plus élevé que cela ? Oui ; ils tombent sur leurs faces et adorent Celui qui est assis sur le trône, et jettent leurs couronnes devant le trône, en disant : « Tu es digne, notre Seigneur et notre Dieu, de recevoir la gloire, et l’honneur, et la puissance ».

Remarquez ensuite que, quand l’apôtre a réalisé le privilège d’aller au Donateur de tout bien et de tout don parfait, il revient à la plus simple des vérités : « Le Père a envoyé le Fils pour être le Sauveur du monde ». Nous voyons ainsi que les saints les plus excellents sont les meilleurs évangélistes. Le père en Christ se joint au plus faible petit enfant ; ainsi, la voie pour introduire Dieu dans un monde de pécheurs était qu’il se joignit à ce qu’il y avait de plus nécessiteux et de plus pauvre sur la face de la terre. Ce n’est pas l’étendue de la connaissance qui est nécessaire, mais la connaissance de Dieu dans la puissance d’une communion vivante ; c’est là la puissance pour évangéliser. L’amour qui atteint ce qu’il y a de plus élevé, s’abaisse à ce qu’il y a de plus humble. « Le Père a envoyé le Fils pour être le Sauveur du monde » ; ce n’est pas ici simplement comme le Messie pour les Juifs, mais comme le Sauveur du monde.

 

8.8   4:15. Communion avec Dieu

« Quiconque confessera que Jésus est le Fils de Dieu, Dieu demeure en lui, et lui en Dieu » (4:15). Dieu demeure dans cette âme qui jouit de cette communion avec Dieu, et elle en Dieu, car « quiconque croit que Jésus est le Christ, est né de Dieu » (5:1).

« Le Père a envoyé le Fils » (4:14), nous avons ici la subordination du Fils en rapport avec le Père. « Le Père a envoyé le Fils ». Ses yeux reposaient sur lui, l’Homme Christ Jésus. Nous n’avons pas à raisonner là-dessus. Je n’ai pas besoin de philosophie, mais de foi, et l’âme enseignée de Dieu peut dire : « Je sais que l’Homme Christ Jésus était le Fils de Dieu ».

 

8.9   1 Jean 4:17. Étendue de l’amour dans le saint

« En ceci est consommé l’amour avec nous… c’est que, comme il est, lui, nous sommes, nous aussi, dans ce monde ». Il ne s’agit pas ici de l’amour de Dieu manifesté au pécheur à la croix, mais de l’étendue de l’amour dans le saint, qui est pris en haut en Christ et avec Christ. De même qu’il a été fait péché pour vous sur la croix, de même vous êtes fait la justice de Dieu en lui dans le ciel, il ne peut donc être question de jugement, à moins que Christ ne puisse être jugé.

 

8.10                   1 Jean 4:16

8.10.1    Pour jouir de l’amour de Dieu, il faut une bonne conscience

« Nous avons connu et cru l’amour que Dieu a pour nous » (4:16a). On ne peut jouir de l’amour si l’on a une mauvaise conscience, c’est pourquoi vous devez avoir une conscience purifiée. Satan peut agir sur la conscience aussi bien que l’Esprit de Dieu, mais vous pouvez toujours découvrir la différence, car Satan agit toujours pour pousser au désespoir, tandis que l’Esprit de Dieu montre toujours la ressource qui se trouve en Dieu, et l’âme, quelque grande que soit sa détresse, sent qu’il y a de la bonté en Dieu, si elle peut seulement y arriver. Ainsi le prodigue connaissait sa misère, et disait : « Il y a du pain en abondance dans la maison de mon père ». De même, l’âme connaît l’amour de Dieu et croit en cet amour ; et quand le père est au cou du prodigue tout est réglé, car le fils est perdu dans le témoignage de ce qu’est le père. Ayant ainsi la paix avec Dieu, nous avons accès par la foi à cette faveur dans laquelle nous sommes (Rom. 5:1-2).

 

8.10.2    Croire ce que Dieu est

« Dieu est amour » (4:16b) ; il n’y a pas un mot ici de ce qu’est l’homme. Dieu est amour ; c’est le seul Dieu que je connaisse, et le seul moyen pour le connaître. Si je suis en Christ, Dieu m’imputera-t-il le péché que Christ a ôté ? Assurément non. J’ai des péchés, mais ils ont tous été jugés en Christ ; Dieu ne les jugera pas une seconde fois. La difficulté que nous avons de croire ce que Dieu est réellement, vient de ce que nous avons été si longtemps loin de lui, que nous sommes comme rétrécis en nous-mêmes. Mais si nous nous approchons pour le connaître, alors nos cœurs seront comme de la cire, prêts à recevoir les empreintes de son amour.

 

9                    8ème méditation

9.1   L’amour de Dieu en exercice sans rien d’attractif dans son objet

Dans la précédente méditation, j’ai parlé en terminant de deux choses : la première, au verset 9, est l’amour de Dieu qu’il a manifesté au monde en donnant son Fils pour nous ; et la seconde, au verset 11-17, son double fruit d’amour et de vie en nous. L’amour de Dieu et celui de l’homme se distinguent en ceci, c’est que, taudis qu’il doit y avoir pour l’homme quelque chose qui attire son amour, ainsi qu’il est dit : « Pour l’homme de bien, peut-être, quelqu’un se résoudrait même à mourir », pour Dieu, il n’en est pas ainsi : « Dieu constate son amour à lui envers nous, en ce que, lorsque nous étions encore pécheurs, Christ est mort pour nous » (Rom. 5:8). L’amour de Dieu envers nous est sans motif en nous qui le fasse agir ; il n’y a dans l’objet rien d’attractif qui fasse sortir cet amour. « Au temps convenable, Christ est mort pour des impies ». L’amour de Dieu ne voit en nous rien de bon. La preuve la plus éclatante de l’amour de Dieu et de l’inimitié de l’homme a été vue à la croix. Là ils se sont rencontrés, et ainsi a été montrée la supériorité de l’amour de Dieu. Comme Jéthro disait : « En cela même en quoi ils ont agi présomptueusement, il a été au-dessus d’eux ».

 

9.2   1 Jean 4:17

9.2.1       L’amour de Dieu envers ses saints les amène à Lui être semblables

Ayant ainsi montré les prémices au verset 9, c’est-à-dire la claire manifestation de son amour envers nous, quand nous étions encore des pécheurs, il nous fait connaître ses desseins et ses conseils à notre égard comme saints, dans ce qui est dit au verset 17 : « En ceci est consommé l’amour avec nous, afin que nous ayons toute assurance au jour du jugement, c’est que, comme il est, lui, nous sommes, nous aussi, dans ce monde ». C’est une chose très différente de celle de nous visiter d’abord quand nous étions dans nos péchés — « en ceci est consommé l’amour avec nous ». La perfection de l’amour de Dieu envers ses saints se voit en ce qu’il les amène à lui être semblables. La grâce souveraine de Dieu met le saint dans la même place que Christ, afin que nous ayons avec le Père la même communion que celle que Christ avait. C’est ainsi que le Seigneur dit en Jean 14 : « Je vous donne ma paix », c’est-à-dire la paix qu’il a auprès du Père. « Je ne vous donne pas, moi, comme le monde donne ». Le monde, en donnant, a le caractère de bienfaiteur, et je ne nie pas qu’il ne donne quelquefois généreusement, mais c’est en aidant quelqu’un qui n’a pas les ressources que le monde possède, et tout cela peut être très bien, parce qu’en aidant ainsi, le monde ne fait que prendre soin de lui-même. Mais ici, c’est évidemment une chose différente, car Christ nous prend tout à fait hors de notre condition et nous place auprès de son Père dans la même relation que lui-même. Le monde ne peut pas donner de cette manière. Christ ne garde rien pour lui-même, dans son amour désintéressé ; dans le nôtre, il n’en est pas ainsi. Ainsi il pouvait dire : « Je ne vous donne pas, moi, comme le monde donne ». Son délice était de montrer que son Père aimait les siens, comme il l’aimait lui-même.

 

9.2.2       Aimés du Père comme Christ, mais Christ n’a pas le même rang

« La gloire que tu m’as donnée, moi, je la leur ai donnée,… afin que le monde connaisse que tu les as aimés comme tu m’as aimé » (Jean 17:22-23). Non seulement Jésus les aime lui-même, mais il veut que l’on sache qu’ils sont aimés du Père comme lui en est aimé. Peut-il y avoir quelque chose de plus désintéressé que cela ? — bien que le mot désintéressé soit faible pour en exprimer toute la signification. Mais en même temps, Christ garde toujours sa place comme Fils éternel de Dieu, comme nous le voyons dans la transfiguration. Du moment que Pierre a dit : « Faisons ici trois tentes, une pour toi, une pour Moïse, et une pour Élie », mettant ainsi Moïse et Élie sur le même pied d’égalité avec Jésus, ils disparaissent. « Comme il disait ces choses, une nuée vint et les couvrit, et il y eut une voix venant de la nuée, disant : Celui-ci est mon Fils bien-aimé, écoutez-le ». Il n’est pas dit : « écoutez-les », mais « écoutez-le », et la voix s’étant fait entendre, Jésus se trouva seul. Si Christ, dans sa merveilleuse grâce, révèle Moïse et Élie comme ses compagnons dans la gloire, du moment que Pierre, dans sa folie, exprime la pensée de les placer sur un pied d’égalité avec Christ, ils disparaissent de la scène.

 

9.2.3       Bénis avec Christ : « comme Il est Lui, nous sommes nous aussi »

Il n’est pas dit : « comme le Père les a aimés », mais « comme il m’a aimé » (comme homme) ; car, bien que Christ nous amène à la même place que lui, si nous nous glorifions de notre égalité avec Christ, nous nous plaçons aussitôt au-dessus de lui ; mais il arrive toujours que, plus un saint se trouve moralement à la hauteur de la position qui lui a été donnée par Christ, plus il adore le Seigneur comme « Dieu sur toutes choses, béni éternellement » (Rom. 9:5). Il est bon de se souvenir toujours de cela. La pensée du verset 17 : « Comme il est, nous aussi, nous sommes », est de mettre les saints dans la même place que Christ. Si j’ai une justice, c’est une justice divine : « Nous sommes faits justice de Dieu en lui ». Si j’ai la vie éternelle, c’est une vie divine. Si j’ai la gloire, c’est la même gloire : « La gloire que tu m’as donnée, moi je la leur ai donnée ». Si j’ai l’héritage, « nous sommes cohéritiers de Christ ». Si c’est l’amour, c’est le même amour dont le Père aime Christ : « Tu les as aimés comme tu m’as aimé ». L’amour est la chose dans laquelle nous entrons le plus difficilement, mais le Seigneur désire que nous en jouissions. Tout ce que nous avons en Christ, ce passage le renferme dans cette expression générale : « Comme il est, nous aussi, nous sommes ». C’est la pensée et le dessein de la grâce de Dieu de nous bénir non seulement par Christ, mais avec Christ. Christ ne pouvait être satisfait à moins qu’il n’en fût ainsi, puisque nous sommes le fruit du travail de son âme. « Père, je veux, quant à ceux que tu m’as donné, que là où moi je suis, ils y soient aussi avec moi ». Et encore : « Je reviendrai, et je vous prendrai auprès de moi ; afin que là où moi je suis, vous, vous soyez aussi ». L’amour du Père se voit dans le don qu’il nous fait de son Fils, et l’amour du Fils en ce qu’il se donne lui-même pour nous et nous amène dans une position parfaite.

 

9.3   1 Jean 4:18

9.3.1       Pas de crainte

Il n’y a rien de plus encourageant et de plus consolant que la parfaite confiance d’avoir Dieu pour mon Père. Mes affections ne peuvent avoir leur plein déploiement et leur entière activité, si je pense que Dieu va me juger ; mais si j’ai l’Esprit d’adoption, et qu’il m’arrive d’avoir péché ou mal agi, je vais droit à mon Père, parce que je sais que mon Père ne va pas me juger pour cela ; car Dieu est mon Père, et non mon Juge. Ainsi, j’ai besoin de hardiesse pour l’exercice des affections spirituelles en moi. Il faut nous en souvenir, car souvent les chrétiens reculent devant cela. Or il est évident que, si j’hésite à savoir si Dieu va me bénir ou s’il va me juger, je ne puis l’aimer.

 

9.3.2       La conscience de notre relation donne la paix et la joie

Remarquez une autre chose. Il y a une grande différence entre les désirs spirituels et les affections spirituelles, bien que les uns et les autres aient la même racine. Les désirs spirituels ne sont qu’une source de tristesse, si la relation qui les satisferait n’est pas connue. Prenez, par exemple, un orphelin introduit dans une famille où chaque jour il serait témoin de l’amour des parents pour leurs enfants. « Oh ! si j’avais un père ! » serait sa douloureuse exclamation. L’enfant qui a des parents a les mêmes désirs, mais il connaît la relation qui l’unit à ses parents, et avec elle la joie et le bonheur qui découlent de cette relation. Ainsi, pour avoir la joie et goûter le bonheur comme enfants de Dieu, il nous faut avoir la conscience de la relation dans laquelle nous avons été amenés par l’efficace de l’œuvre de Christ ; or il est clair qu’il ne pouvait y avoir aucune question entre Christ et son Père, lorsque chaque jour et à chaque heure, il jouissait de l’amour du Père et en avait conscience : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui j’ai trouvé mon plaisir ». Ainsi il dit : « Je vous donne ma paix », et encore : « Afin qu’ils aient ma joie accomplie en eux-mêmes ».

 

9.3.3       Hardiesse dans la relation avec le Père

Le Père trouvait ses délices en Christ, et Christ le savait et en jouissait journellement. Eh bien, « comme il est, nous aussi, nous sommes dans ce monde ». Christ a posé la base de notre relation en étant la propitiation pour nos péchés et la source de notre vie, mais ce n’est pas par la justice de Christ que j’ai hardiesse. Nécessairement je dois être juste, sans cela je ne puis avoir de hardiesse. Mais outre cela, il y a le caractère de Dieu envers moi — celui de Père ; et j’ai un autre caractère vis-à-vis de Dieu celui d’enfant. Je n’ai pas seulement la justice, mais je suis fils.

 

9.3.4       Ne pas appeler Christ « notre frère ». Ne pas Lui manquer de respect

Ici, je voudrais attirer l’attention sur la défectuosité de certains cantiques qui appellent Christ notre frère. Nulle part nous ne trouvons cela dans l’Écriture. Dans la plénitude de sa grâce, il n’a pas honte de nous appeler ses frères. Mon père est un homme, mais je ne l’appelle pas un homme. Si je le faisais, ce serait de ma part un manque de respect filial. La puissance de l’Esprit de Dieu ne se voit nulle part davantage chez un enfant de Dieu, que dans la propriété de ses expressions et de ses sentiments envers Dieu. Si nous jouissons réellement de notre position et de nos merveilleux privilèges, Celui qui est la source et le donateur de ces privilèges gardera sa propre place dans nos cœurs.

 

9.3.5       L’orgueil se développe quand on sort de la présence de Dieu

On entend souvent dire : « Nous ne pouvons être toujours sur la montagne ». Cela est vrai en tant que chacun de nous a sa place de service ici-bas ; mais je ferai remarquer qu’être sur la montagne en la présence de Dieu rend toujours humble, et que ce n’est que lorsqu’il en descend, que le saint peut s’enorgueillir d’y avoir été. Paul ne se glorifiait pas, alors qu’il était ravi au troisième ciel en la présence de Dieu ; après y avoir été, il lui fallait une écharde dans la chair, de peur qu’il ne s’élevât outre mesure. Le cœur ne s’enfle jamais en la présence de Dieu, et c’est seulement là, qu’il se trouve à sa vraie place ; lorsqu’il en sort, la chair tourne tout à mal.

 

9.3.6       Comme il est, nous aussi, nous sommes : Même position, même acceptation, même relation que Christ

« Comme il est, nous aussi, nous sommes » (4:17), non seulement dans la même position et la même acceptation que Christ, mais amenés par la communication de sa vie dans la même relation que lui. Bien que le commencement de l’épître établisse l’immuable fondement, savoir la purification par le sang, cependant le grand sujet de l’épître est la place à laquelle nous sommes amenés. « En ceci est consommé l’amour avec nous » ; si mon cœur a saisi la vérité que Dieu, comme Père, agit en grâce envers moi, il n’y a en moi aucune place pour la crainte. Dans tous mes besoins, et même dans tout mon péché, je vais à lui. Dans mon péché, je ne pourrais aller à mon juge, mais j’ai confiance dans l’amour de mon Père, et je vais à lui sans crainte, parce que « l’amour parfait chasse la crainte ». Dans tous mes péchés et mes folies, je puis toujours regarder à Celui qui a donné son Fils pour moi ; c’est là que la grâce me place.

 

9.4   1 Jean 4:19. Nous aimons parce que nous avons été aimés

La preuve de l’amour de Dieu est qu’il a donné son Fils ; la perfection ou la consommation de son amour est qu’il nous a amenés en sa présence (v. 19). « Nous, nous l’aimons parce qu’il nous a aimés le premier ». Nous trouvons maintenant nos délices dans le Seigneur ; mais ce n’est pas de cette manière que nous sommes introduits, ce serait une erreur de le penser. Ce n’est pas en aimant que nous sommes introduits. Nous n’aimons pas Dieu parce qu’il est digne d’être aimé ; nous n’en sommes pas capables : nous ne pouvons pas l’aimer ; nous ne serions pas des pécheurs, si nous le pouvions. Mais nous sommes des pécheurs et devons venir à sa grâce comme pécheurs, comme débiteurs ; alors, étant venus comme débiteurs, et trouvant que Dieu est ce qu’il est, c’est-à-dire amour, et qu’il a rencontré chacun de nos besoins, nous l’aimons en voyant qu’il nous a aimés le premier.

 

9.5   4: 1 Jean 20. La vérité contrôlée par des détails pratiques

« Si quelqu’un dit : J’aime Dieu, et qu’il haïsse son frère, il est menteur ». Ici, nous voyons que la vérité est contrôlée par des détails pratiques. Si quelqu’un n’aime pas son frère, il ne peut aimer Dieu. Là où se trouve la nature divine, elle attire celui qui est né de Dieu.

 

9.6   1 Jean 4:21. Jamais l’amour ne nous fait sortir de la position d’obéissance

« Et nous avons ce commandement de sa part ». Un autre principe important se trouve dans ce verset. Quelle que soit l’énergie de la vie divine en moi, elle portera toujours le caractère d’obéissance. En même temps que le dévouement de l’amour, il y avait aussi en Christ l’obéissance. Nous devons aimer les frères comme étant conduits par l’énergie de l’Esprit, mais les aimer dans la sainte position d’obéissance envers Dieu. Rien de plus humble que l’obéissance. Jamais l’amour ne nous fait sortir de la position d’obéissance. C’est ainsi que le Seigneur disait : « Selon que le Père m’a commandé, ainsi je fais ». Nous le voyons dans le cas de la maladie de Lazare. Lorsque ses sœurs envoyèrent vers Jésus, il resta deux jours au lieu où il était, parce qu’il n’avait pas une parole de son Père pour agir. De même, si j’ai un petit service à accomplir pour mon frère, il doit l’être en obéissance à la parole de Dieu. Satan chercha dans le désert à faire sortir le Seigneur de ce chemin d’obéissance. « Oh ! » dit Satan, « ne fais ta propre volonté que dans une toute petite chose : dis que ces pierres deviennent des pains maintenant que tu as faim ». « Non », dit le Seigneur, « il est écrit : L’homme ne vivra pas de pain seulement, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu ». Ici, nous avons un frein mis à tous les mouvements de la nature ; car s’il n’y a pas de commandement, ce n’est pas de Dieu. L’homme peut revêtir toutes les formes d’amour imaginables et devenir semblable à un ange ; mais si ce n’est pas par obéissance a un commandement, cela n’est rien et n’a aucune valeur.

 

9.7   1 Jean 5:1

9.7.1       La nouvelle naissance à la base de la relation de famille

« Quiconque croit que Jésus est le Christ, est né de Dieu » ; là, nous avons le lien de famille avec Dieu. Si quelqu’un est né de Dieu, il est mon frère. Si l’on demande : « Comment saurai-je qui est mon frère ? » « Celui qui est né de Dieu est mon frère », voilà la réponse. Je puis avoir parfois à souffrir de lui ; néanmoins il est mon frère, parce que je lui suis uni comme possédant la même nature divine. Il est extrêmement important de se souvenir de cela de nos jours, parce que là où le Saint-Esprit agit réellement, il y aura une tendance à suivre différentes voies. Il y a eu un réveil de l’état de mort autour de nous par la puissance du Saint-Esprit. Il y a des éclairs de lumière. De simples pierres resteraient sans mouvement ; mais une puissance surgit qui les fait mouvoir, et elles vont toutes dans des directions différentes. Si tous étaient soumis à l’Esprit de Dieu, tous suivraient le même chemin.

 

9.7.2       Les saints sont appréciés selon que Christ l’est

Il faut remarquer une autre chose, c’est que nous ne sommes pas au commencement du christianisme, mais à la fin, à la sombre fin, échappant, pour ainsi dire, mais en différentes directions. L’opération du Saint-Esprit, si nous lui étions parfaitement et absolument soumis en toutes choses, produirait une parfaite unité. Mais nous ne sommes pas tous ainsi soumis, et étant ce que nous sommes, il y a une tendance en nous à aller de divers côtés. Voici le remède à cela : dans la mesure où nos cœurs sont en communion avec le cœur de Christ, nous aimerons tous les saints. Les saints seront appréciés selon que Christ le sera. En proportion aussi de la connaissance que j’ai des pensées de Christ, tous les saints seront dans mes pensées. Si un seul saint en est exclu, je ne connais pas l’amour de Christ comme je le dois. Comme il est dit en Éphésiens 3:18 : « Que vous soyez capables de comprendre avec tous les saints… afin que vous soyez remplis jusqu’à toute la plénitude de Dieu ». Si j’en laisse un seul dehors, je laisse dehors une partie du cœur de Christ. En Colossiens, nous avons votre amour pour tous les saints. Ici, nous avons la plénitude de la Tête ; dans les Éphésiens, la plénitude du corps. L’opération de la grâce de Dieu en moi fait de chacun de ceux qui sont nés de Dieu, l’objet de mes affections. Je ne puis suivre en même temps plusieurs chemins, et maintenant s’élève une réelle difficulté, celle de marcher dans la fidélité à Christ et dans l’amour pour nos frères, de manière à ne pas laisser mes affections suivre un chemin relâché et universel. Je ne puis pas aimer Dieu, sans aimer tous les enfants de Dieu.

 

9.8   1 Jean 5:2-5

9.8.1       Aimer les enfants de Dieu pour l’amour du Père et non pour notre agrément

« Par ceci nous savons que nous aimons les enfants de Dieu, c’est quand nous aimons Dieu ». Nous savons que nous aimons Dieu, quand nous aimons ses enfants, et vice versa. C’est un cercle vicieux, diront les hommes ; mais il y a en réalité, en cela, un frein au mal de notre propre cœur. Si j’aime le Père, j’aimerai les enfants pour l’amour du Père, mais si je cherchais à les entraîner à faire quelque chose de mauvais, cela montrerait que je ne les aime pas pour l’amour du Père, mais pour ma propre satisfaction et mon propre plaisir. Si c’est pour l’amour du Père que vous aimez les enfants, vous les aimez comme enfants de Dieu, et non pour vous-même, pour votre agrément, et vous le prouvez en aimant Dieu et en gardant ses commandements. L’obéissance et la foi dans votre marche prouvera que c’est comme enfants de Dieu que vous aimez les frères. Combien cela est pratique en sagesse et en amour ! Si je sais qu’un membre du corps de Christ ne marche pas bien, cela me ferait-il cesser de l’aimer ? Non, mais parce qu’il marche mal, mon âme s’occupera de lui avec une affection d’autant plus profonde, parce qu’il appartient à Christ. Pour être capables d’aimer les frères fidèlement, il nous faut demeurer près de Christ.

 

9.8.2       Absence de sainteté ou étalage de sainteté ne sont pas selon l’Esprit

Voici encore ce que j’appellerai une contre épreuve. Si quelqu’un vient à moi avec une masse de vérités, mais sans sainteté, je ne puis le reconnaître ; il n’est pas de l’Esprit, car le Saint-Esprit est l’Esprit de sainteté. Ou bien s’il y a un grand étalage de sainteté et que la vérité soit absente, cela non plus n’est pas de l’Esprit, car il est l’Esprit de vérité.

 

9.8.3       Maintenir notre proximité de Christ, lorsque le monde se présente et veut l’entraver

Satan ne touche jamais ce qui est né de Dieu ; il ne peut pas le toucher. La mondanité est une terrible entrave pour le saint. Nous avons à rencontrer une triple opposition : le monde, la chair et le diable ; le monde s’opposant au Père, la chair à l’Esprit, et le diable à Christ. La difficulté gît en ceci : maintenir notre proximité de Christ, lorsque le monde se présente et veut l’entraver. Si je cède, je suis ouvert à toutes sortes d’erreurs, car je ne prendrai pas la peine de marcher droit, à moins que je ne sois près de Christ.

 

9.8.4       Difficultés de relations avec les saints

Il est quelquefois très pénible et désagréable d’avoir affaire même avec les saints. L’un ne peut abandonner ceci, l’autre ne peut laisser cela, et ainsi ils s’écartent du fondement ; et si nous ne sommes pas près de Christ, nous serons prêts à les abandonner et ne prendrons pas la peine de chercher à les ramener, quand ils vont de travers. C’est ainsi que Moïse disait : « Est-ce moi qui ai conçu tout ce peuple ? Est-ce moi qui l’ai enfanté, pour que tu me dises : Porte-le dans ton sein ? » (Nomb. 11:12). Mais Paul dit : « Mes enfants, pour l’enfantement desquels je travaille de nouveau, jusqu’à ce que Christ ait été formé en vous » (Gal. 4:19). Vous vous êtes écartés du vrai fondement, et il faut, pour ainsi dire, que je vous engendre de nouveau. Je suis en labeur à cause de vous, afin que vous soyez ramenés à la vérité, parce que vous appartenez à Christ. Lorsque Paul regardait à la confusion dans laquelle ils se trouvaient, ayant été éloignés de Christ, il disait : « Je crains quant à vous que peut-être je n’aie travaillé en vain pour vous » ; mais quand il les envisage comme étant en Christ, il dit : « J’ai confiance à votre égard, par le Seigneur ». Comment cela ? Paul était lui-même plus près de Christ. La foi ne voit pas seulement Christ dans la gloire, mais elle voit aussi la relation entre Christ dans la gloire et les saints, le lien entre Dieu et son peuple, et c’est là ce qui rend capable d’aller en avant. Ainsi parlait Moïse à Israël. Non seulement Dieu était leur Dieu, mais, disait-il : « Ils sont ton peuple ».Plus grand a été le trouble, plus grande la joie, parce qu’il y a le lien.

 

9.8.5       Victoire sur le monde selon le sentiment profond que nous avons de la manière dont il a traité Christ (1 Jean 5:4)

La vraie entrave, c’est le monde. Il n’y a rien comme le monde pour ôter du cœur l’énergie de l’Esprit. Voyez Guéhazi à la cour du roi. Son cœur a été envahi par l’esprit du monde, et il pouvait entretenir le monde des opérations puissantes de l’Esprit. Il faut quelque chose pour distraire et amuser le monde, et s’il n’y a rien d’autre, eh bien, ce sera la religion. Tout ce que je sais du monde, de son chemin, de son esprit, de ses affections, de sa conduite, est qu’il a crucifié mon Seigneur. Et non seulement dans ses affections et ses convoitises, mais par des mains iniques, il a crucifié mon Maître. Supposez que ce soit hier que vous ayez vu Ponce Pilate, le souverain sacrificateur et les anciens du peuple mettre Christ à mort, vous sentiriez-vous heureux d’avoir aujourd’hui quelque relation et quelque communion avec eux ? Eh bien, la tache du sang de Christ sur le monde est aussi fraîche aux yeux de Dieu que si elle datait d’hier. Le temps qui s’est écoulé ne fait aucune différence quant à la culpabilité morale. La question est : Veux-je me placer sous la puissance du monde, ou bien veux-je le vaincre ? Dans mon cœur, cela est clair. Lorsque Christ était ici-bas, dans toute la beauté et la grâce attractive qui faisaient les délices du Père, vous n’auriez pas trouvé chez le monde une seule pensée, ou un seul sentiment en commun avec lui. Toutes les classes de personnes dans le monde, — gouverneurs, sacrificateurs, pharisiens, la multitude, — se sont associées pour pendre à un gibet celui qui était le Fils de Dieu et le Fils de l’homme. Tel est en réalité le cœur du monde. Si j’ai vu la gloire de la personne de Christ, si je vois qu’il est le Fils de Dieu, descendu ici-bas, et que le monde l’a rejeté et chassé, puis-je être heureux avec ce dernier ? Le lien entre le monde, nos pensées et nos affections, existe dans chaque cœur, de sorte qu’en toute espèce de choses, même en marchant dans les rues, je trouve constamment ce qui attire mes yeux, et mes yeux réagissent sur mon cœur. Rien ne vaincra le monde dans mon cœur, si ce n’est le sentiment profond de la manière dont il a traité Christ. Prenez mes enfants, par exemple. Je désire qu’ils fassent leur chemin dans le monde ; il faut que j’y aie pour eux de bonnes places ; et rien, sinon la connaissance de la place que Christ y a eue, ne me fera vaincre le monde dans mon cœur. Il n’y a aucune possibilité d’avancer, à moins que le monde ne soit abandonné, que le cœur ne soit satisfait de Christ, que Christ ne soit tout pour lui. Que lisons-nous d’Abraham ? Qu’il laissa son pays, sa parenté et la maison de son père, et séjourna dans un pays étranger, où il n’avait pas même un lieu à lui pour poser le pied. Nous ne sommes pas du monde, qui devient ainsi la pierre de touche de nos affections ; car nous ne sommes pas retirés immédiatement hors du mal ; nous devons avoir nos cœurs exercés à la piété.

 

9.8.6       Victoire sur le monde quand nos délices sont les mêmes que Dieu : en Christ

Il est très aisé de vaincre le monde, quand l’amour de Christ lui a fait perdre ses attraits. Satan est le dieu de ce monde. Vous direz peut-être que c’est vrai du monde païen. Oui, mais c’est aussi vrai du monde entier, bien que cela n’ait été manifesté qu’après que Christ eut été rejeté. Mais c’était vrai auparavant. Dieu avait parlé par ses serviteurs les prophètes, et le monde avait battu les uns, lapidé et tué les autres. Alors Dieu dit : « J’enverrai mon Fils bien-aimé ; peut-être auront-ils du respect pour lui quand ils le verront », et ils l’ont crucifié, montrant ainsi avec évidence que Satan était le maître de l’homme. Ainsi le Seigneur dit : « Père juste, le monde ne t’a pas connu ». Vous n’aurez ni discernement spirituel, ni puissance pour agir, à moins que votre cœur ne soit gardé près de Christ, et je n’aurai pas besoin du monde si Christ est dans mon cœur. Si je prends mes délices en ce qui fait celles de Dieu, c’est-à-dire Christ, alors je pourrai vaincre. « Soit que vous mangiez, soit que vous buviez, ou quoi que vous fassiez, faites tout pour la gloire de Dieu ». Quoi ! dois-je faire tout pour Christ ? Oh ! cette question seule montre un cœur loin de Christ, et fait voir que c’est pour vous un esclavage de faire tout pour la gloire de Dieu. Ce n’est aucunement que nous ayons à mépriser le monde, car la grâce de Dieu est pour tout pauvre pécheur qui veut la recevoir. C’est l’esprit du monde dans mon cœur que j’ai à vaincre, ce par quoi mon cœur est en danger d’être conduit.

 

9.9   Sommaire de 1 Jean 4:17 à 5:5

Je rappellerai maintenant les trois points que je viens de toucher.

1° L’amour consommé avec nous. Ce n’est pas seulement la manifestation de l’amour de Dieu pour le pauvre pécheur, mais l’association avec la vie de Christ, nous mettant en relation avec Dieu.

2° Aimer tous les saints est notre place ; mais nous devons les aimer comme enfants de Dieu, et nous-mêmes aimant Dieu et gardant ses commandements.

3° Nous avons à vaincre le monde. Le cœur se reposant sur Christ, regardant à lui et se nourrissant de lui, a la conscience de ce qu’est le monde et il le vainc.

Que le Seigneur nous garde dans une humble dépendance de lui-même. Sa grâce nous suffit. Sa force s’accomplit dans notre faiblesse.

 

Traduction revue dans ME 1967 p 141

10               9ème méditation — 1 Jean 5:6-21

10.1                   La croix : le monde est à vaincre, mais l’eau et le sang sont témoins de la part de Dieu

Les versets qui précèdent ceux-ci en terminent avec la question entre Dieu et le monde : le Fils de Dieu ayant été vu dans ce monde, et crucifié dans et par le monde (le monde mis ainsi à l’épreuve), Dieu ne peut rien faire dans le monde avec l’espoir de trouver quelque bien en lui, après qu’il a crucifié son Fils. Jésus a dû dire : « Père juste ; et le monde ne t’a pas connu » (Jean 17:25). Il est clair que, ayant mis le Fils de Dieu en croix, cet acte ôte au monde toute possibilité d’association avec Dieu, et ainsi le monde est devenu quelque chose que le saint doit vaincre, comme dit l’apôtre : « Qui est celui qui est victorieux du monde, sinon celui qui croit que Jésus est le Fils de Dieu ? » Mais alors il ajoute : « C’est lui qui est venu par l’eau et par le sang ».

Autrement dit, il présente maintenant le caractère et la valeur de la croix. « Il est venu par l’eau et par le sang ». L’eau et le sang sont comme des témoins de la part de Dieu, un témoignage que Dieu rend.

 

10.2                   1 Jean 5:11. La vie nouvelle est « dans son Fils ». Le caractère de la vie, et toute communion, découlent de cette vérité

Remarquez que « C’est ici le témoignage, que Dieu nous a donné la vie éternelle ; et cette vie est dans son Fils » (5:11). Elle n’est pas dans le premier Adam, mais dans le Fils de Dieu ; elle n’est pas dans l’homme, ni de par ses œuvres, ni par quelque autre moyen que ce soit, mais elle est un don de Dieu. « Il a donné la vie éternelle », et quoique nous possédions la vie, elle n’est pas proprement et intrinsèquement en nous, mais DANS SON FILS. Quand nous sommes vivifiés, la vie n’est pas regardée comme étant en nous ; en effet, Christ dit : « Parce que je vis, vous aussi vous vivrez » (Jean 14:19). Elle est donc immuable. Il faudrait que la vie de Christ fût d’une manière ou d’une autre annulée ou mise de côté, pour que la vie qui est en nous le soit, et pas autrement. Si Christ peut mourir, nous aussi ; mais si la mort n’a plus de pouvoir sur lui, elle n’en a plus sur nous. Et c’est là ce qui donne à cette vie son étonnante valeur et son caractère le plus béni, savoir que son origine, sa source, est en Christ. « Il a donné au Fils aussi d’avoir la vie en Lui-même » (Jean 5:26). Et ainsi, par grâce, Il devient notre vie. La vie, ma vie naturelle, circule dans mon doigt ; mais le siège de la vie n’est pas là. Mon doigt peut être coupé (non que je suppose ici qu’un membre de Christ puisse être coupé, cela est impossible), mais si mon doigt était coupé, la vie resterait dans mon corps, le siège de la vie n’étant pas dans mon doigt, bien que celui-ci soit aussi vivant que le reste de mon corps. Le siège de la vie nouvelle est en Christ. « Notre vie est cachée avec le Christ en Dieu » (Col.3:3). Tout le caractère de la vie, et toute communion, découlent de cette vérité : « dans son Fils ». Le propre de cette vie est d’être auprès de Dieu. Christ Lui-même est notre vie. Il est de toute importance, pour la force et l’encouragement de nos âmes, et pour tout le bonheur duquel elles sont appelées à jouir en Dieu, de comprendre clairement ce qu’est cette vie ; car nos pensées sur la régénération ne peuvent qu’être imparfaites, tant que nous n’avons pas saisi que c’est une vie réelle que nous possédons, une vie qui nous associe au Fils de Dieu, une vie que nous ne possédions pas auparavant, et en vertu de laquelle nous avons maintenant communion avec le Père, qui nous a donné la vie éternelle, non pas en nous-mêmes, mais « dans son Fils ».

 

10.2.1    L’eau, le sang et l’Esprit déjà en 1 Cor. 6:9-11

La Parole nous apprend par des témoignages variés ce que Christ est pour nous. Ainsi en 1 Corinthiens 6:9-11, où l’apôtre, parlant des rebuts de la terre, dit : « Et quelques-uns de vous, vous étiez tels ; mais vous avez été lavés, mais vous avez été sanctifiés, mais vous avez été justifiés au nom du Seigneur Jésus, et par l’Esprit de notre Dieu ». Et nous avons ici un témoignage correspondant, rendu par les trois témoins dont il est fait mention, l’eau, le sang et l’Esprit.

 

10.2.2    L’eau et le sang en Jean 19:34 : Toute bénédiction ne vient que d’un Christ mort

En Jean 19:34 il est relaté que « l’un des soldats lui perça le côté avec une lance ; et aussitôt il en sortit du sang et de l’eau ». Le sang et l’eau sont sortis d’un Christ mort. Nous voyons par là de quelle façon le lien entre l’homme naturel et Dieu est manifestement rompu, et rompu pour toujours ! « Car en ce qu’il est mort, il est mort une fois pour toutes au péché » (Rom. 6:10). Tout ce que Christ aurait pu bénir dans l’état de nature, est maintenant entièrement et pour jamais perdu ; et maintenant, quelque bénédiction que ce soit ne peut être que dans une nouvelle nature, et par le moyen d’un Christ mort ; il en est de même de toute relation ou association avec Dieu. L’expiation, la purification, la vie, ne peuvent être obtenues que par un Christ mort. C’est un Christ mort qui doit me purifier si j’ai à être purifié ; car c’est d’un Christ mort que l’eau, symbole de purification, a coulé.

 

10.2.3    La croix a montré qu’aucun bien ne vient de la nature humaine

Jusqu’à la mort de Christ, Dieu agissait avec la nature, pour voir (ou plutôt pour nous apprendre, car Lui savait ce qui en était) si quelque chose de bon pouvait en procéder. Mais la croix a démontré, le rejet du Fils de Dieu a démontré, qu’il n’était pas possible qu’aucun bien provînt de la nature. L’homme n’est pas seulement un pécheur chassé du paradis, comme nous savons qu’Adam le fut ; mais maintenant l’état de l’homme résulte non seulement de ce que le péché l’a éloigné de la présence de Dieu, mais de la volonté et de l’énergie de sa nature mauvaise, qui a chassé Dieu du monde qui était à Lui.

 

10.2.4    L’homme veut un monde sans Dieu

La croix montre la nature humaine entièrement incapable de recevoir quoi que ce soit qui puisse la corriger. Cela est très humiliant, et cependant très heureux. Le ciel ne le peut pas ; la terre ne le peut pas ; la loi ne le peut pas. J’ai encore, dit Dieu, une chose dans le ciel : mon Fils bien-aimé ; je l’enverrai. Peut-être auront-ils du respect pour Lui quand ils le verront. Mais non. La détermination de la volonté de l’homme est d’avoir le monde sans Dieu. Voilà ce que l’homme désire. Il ne veut de Dieu en aucune manière. Cela a été porté au plus haut point par la venue de Christ ; et ce sera là le pire déploiement de la chrétienté. Vous qui êtes à la recherche de votre plaisir dans le monde, vous savez bien que vous ne désirez pas y trouver Dieu, car cela bouleverserait tout. Ainsi vous dites en vous-même : « Tuons l’héritier, et l’héritage sera à nous ». Vous pouvez ne pas avoir levé votre main pour mettre à mort le Fils de Dieu, mais vous l’avez chassé de votre cœur.

 

10.2.5    Cris de paix et frayeur des hommes. Le sort du monde réglé par le rejet de Christ

Les grandes capacités de l’homme seront beaucoup plus développées dans les jours qui viennent qu’elles ne l’ont jamais encore été, en essayant de rendre le monde entièrement heureux sans Dieu. Y eut-il jamais un temps où tout marchât si bien, comme disent les hommes, une telle unité parmi les nations, ou une telle abondance de ressources, que maintenant ? Le cri général est : « Paix ! paix ! » et on pense obtenir la paix par les énergies et les efforts de la volonté de l’homme, sans Dieu. L’homme considère les progrès de la philosophie, du commerce, de la politique, du bien-être de ce monde, mais il y a toujours dans son cœur la crainte des conséquences de ces progrès de la propre volonté. Ainsi s’accomplit le paradoxe apparent de l’Écriture, le cri de paix combiné avec cette frayeur qui fait que les hommes rendent l’âme de peur « à cause de l’attente des choses qui viennent sur la terre habitée » (Luc 21:26). Contradiction ? diraient les hommes ; mais non, car, tandis qu’ils développent le commerce, les arts et la science avec l’énergie de leur volonté propre, qui parmi eux entreprendrait de répondre de l’état de quelque nation que ce soit dans trois ans d’ici, ou même pour un temps plus court ? L’homme est effrayé quand il voit la propre volonté à l’œuvre chez ses semblables, tout en aimant déployer la sienne. Mais le chrétien a appris que le sort de ce monde est déterminé en raison du rejet de Christ. À ce moment, tout fut fini quant à ce monde.

 

10.2.6    La grâce qui fait voir Christ qui expie et purifie

La question entre Dieu et l’homme est réglée, quant à l’homme lui-même : non seulement il a été chassé du paradis, mais il a crucifié le Fils de Dieu quand celui-ci est venu. Maintenant la grâce est introduite ; et le chrétien sort du monde pour trouver, dans le Fils de Dieu rejeté, la vie qu’on ne peut avoir qu’en Lui seul. « C’est ici le témoignage de Dieu, qu’il nous a donné la vie éternelle, et cette vie est dans son Fils ». Où trouverai-je la paix au milieu de toute l’agitation et de tout le trouble d’ici-bas ? Dès que je vois Christ, un Christ percé, j’ai ce qui expie et purifie.

 

10.2.7    La croix (avec l’eau et le sang)  qui dévoile tout : mon péché, Christ percé, la culpabilité ôtée

Tout cela n’est pas une théorie, une simple doctrine, mais une réalité ; car dès que ma conscience commence à être travaillée, je reconnais que je suis par nature séparé de Dieu ; que la pensée de ma chair est inimitié contre Dieu ; que ce n’est pas seulement le monde qui a crucifié le Fils de Dieu, mais que mes péchés l’ont percé. C’est là quelque chose d’individuel, car c’est ainsi que chaque âme est amenée pour elle-même à la bénédiction. Quand j’ai réellement foi dans ce que la parole de Dieu me dit concernant mon propre péché, alors se pose la question : Que dois-je faire ? Tout ce qui me rend simplement un homme moral me dit que je ne pourrais avoir affaire avec Dieu dans cet état ; mais un Christ percé m’assure trois témoins attestant que je puis avoir affaire avec Dieu. L’acte d’insolence suprême, le plus criminel que l’homme pût accomplir contre Dieu, a produit la chose même par laquelle la culpabilité est ôtée, savoir l’eau et le sang coulant du côté percé de Christ. Supposez que ce soit hier que j’aie dirigé la lance contre Jésus, l’acte même qui démontrait mon inimitié a produit ce qui l’ôte. Je ne puis avoir une estimation juste du péché que lorsque j’ai vu l’eau et le sang coulant du côté percé de Christ et ôtant ainsi le péché. Mais il faut que j’aie été amené à la conscience que j’étais là, moi, en esprit, que c’est ma haine contre Dieu qui a fait cela, que mes péchés ont percé Christ. C’est ainsi que Dieu s’est adressé aux Juifs, en leur disant qu’ils avaient mis à mort l’héritier, en ce que leurs cœurs avaient consenti à ce meurtre. Ces Juifs auxquels Pierre s’adressait, disant : « Vous l’avez cloué à une croix et vous l’avez fait périr par la main d’hommes iniques », n’avaient pas effectivement mis à mort le Prince de la vie. Ils n’avaient pas levé la lance plus que vous ; mais c’est dans le même esprit qu’ils refusaient à Christ une place dans leurs cœurs. Dieu agit encore de la même manière envers ce monde. La question pour ce monde est : « Qu’as-tu fait de mon Fils ? » De même que pour Caïn : « Où est Abel, ton frère ? » Et la seule réponse que les hommes puissent donner est : « Nous l’avons tué ».

 

10.2.8    L’homme n’a plus de droit, mais Dieu donne la vie éternelle. L’expiation est complète

Du moment que le Messie était rejeté, tout droit aux promesses était perdu pour les Juifs. Tout espoir de salut, tout, est maintenant éloigné d’eux comme peuple ; et aujourd’hui, s’ils veulent obtenir la bénédiction, il faut qu’ils entrent comme pécheurs, et qu’ils aient leurs péchés ôtés par le sang qui a coulé du côté percé de leur Messie. Maintenant que tout titre de l’homme à quoi que ce soit est perdu, Dieu donne la vie éternelle. Il faut que Dieu détourne le cœur de soi-même (excepté quant au sentiment de son état de péché), pour le diriger sur Christ. Ai-je estimé que mon propre péché est le meurtrier de Christ ? Eh bien, le sang a ôté le péché ; car le sang a lavé l’homme qui tenait la lance par laquelle le côté de Christ fut percé. Nous ne sommes que péché ; mais Christ fut fait péché pour nous, et par un Christ mort le sang nous est donné comme témoin que nos péchés sont ôtés ; il témoigne de la complète expiation de tout péché. Christ a « aboli le péché par son sacrifice » (Héb. 9:26). Ici, cependant, il ne s’agit pas de la part que l’homme a prise dans cette œuvre, mais de ce pour quoi Christ est venu dans le monde, et de ce qu’il y a accompli.

 

10.2.9    L’eau en plus du sang : purification et expiation. L’Esprit source de vie. La mort marque tout ce qui n’est pas Christ

Cependant, il y a l’eau aussi bien que le sang, et qu’est-ce que cela signifie ? L’eau purifie, comme le sang expie : « Afin qu’il la sanctifiât, en la purifiant par le lavage d’eau par la Parole » (Éph. 5:26). L’eau rend témoignage à la même puissance vivifiante. « Si quelqu’un n’est né d’eau et de l’Esprit, il ne peut entrer dans le royaume de Dieu » (Jean 3:5). L’Esprit de Dieu est la source de la vie et la puissance de la Parole, et il donne la vie. Pratiquement la Parole est l’instrument, la semence incorruptible ; c’est elle aussi qui discerne les pensées et les intentions du cœur ; et c’est par elle que les pensées de Dieu nous sont communiquées. Et c’est du côté percé de Christ que ces témoignages de Dieu découlent, inscrivant ainsi la sentence de mort sur tout ce que produit la nature. Car la croix n’apporte aucune modification à la nature telle qu’elle existe, mais elle tient pour mort tout ce qui est en dehors de Christ ; il n’y a pas une pensée, pas un désir, pas une passion, de par le monde, sur quoi Christ n’écrive pas le mot « mort » ; et c’est ainsi que nous acquérons des affections entièrement nouvelles, comme « morts au péché, mais vivants à Dieu » par la vie qui est dans son Fils. Ce qui donne à la purification son vrai caractère est cette mort imprimée sur tout ce qui ne découle pas d’un Christ percé. L’eau est la purification, mais la purification est par un Christ mort. Christ a été toute sa vie le modèle, dans un homme, de ce que l’homme devrait être ; mais nous ne pouvons y avoir part que par le lavage opéré par sa mort.

 

10.2.10            Présence du Saint Esprit comme puissance de la Parole de Dieu. Je suis appelé à me tenir pour mort

Mais il y a une troisième chose : nous n’avons pas seulement le sang qui expie, et l’eau qui purifie, par lesquels nous sommes morts au péché, mais Christ a obtenu pour nous l’Esprit, la présence du Saint Esprit comme puissance de la Parole. On objectera peut-être : Je ne me sens pas mort au péché et purifié. — Mais vous avez une haine du péché qui est une preuve que vous êtes mort au péché. Et « en ce que Christ est mort, il est mort une fois pour toutes au péché, …de même aussi tenez-vous vous-mêmes pour morts au péché » (Rom. 6:10, 11) ; car Dieu nous traite toujours selon ce qu’il nous a réellement donné, nous traitant comme si nous l’avions entièrement saisi. Ainsi, en Jean 14:4, le Seigneur dit : « Et vous savez où moi je vais, et vous en savez le chemin ». Or ils connaissaient bien Celui qui était véritablement le chemin vers le Père, et cependant Thomas fit objection : « Nous ne savons pas où tu vas ; et comment pouvons-nous en savoir le chemin ? », parce que jamais ils ne l’avaient saisi. Dès l’instant que je crois en Jésus, je suis appelé à me tenir pour mort. Il ne m’est jamais enjoint de mourir, mais de mortifier mes membres qui sont sur la terre (Col. 3:5). Un homme sous la loi fera tous ses efforts pour mourir, mais il n’y arrivera jamais. Un chrétien est mort, et sa vie est cachée avec le Christ en Dieu ; c’est pourquoi il mortifie ses membres qui sont sur la terre, comme vivant dans la puissance de la vie qu’il possède dans le Fils de Dieu.

 

10.2.11            Col. 3:5. Mortifier nos membres qui sont sur la terre

Remarquez que le passage de l’épître aux Colossiens qui vient d’être rappelé ne parle pas de notre vie comme étant sur la terre, car elle est en haut, avec Christ en Dieu ; c’est pourquoi il nous considère comme morts, mais ayant à mortifier nos membres qui sont sur la terre. Il ne nous dit jamais de nous mettre à mort nous-mêmes, mais la foi reçoit le témoignage de Dieu comme vrai, c’est pourquoi je dis : « je suis mort » ; et parce que je suis mort j’ai à mortifier mes membres, étant aussi mort à la terre que Christ l’a été, car c’est Dieu qui me dit que je suis mort, du fait que je crois. Rien ne peut avoir plus d’effet pratique pour la paix de l’âme, car du moment que je crois en Christ, je suis délivré de toutes ces choses. Je ne cherche pas à mourir, car j’ai le secret de la puissance, et je me tiens pour mort. Il y a une difficulté pratique quant à l’eau, car comment puis-je dire que je suis lavé alors que je me trouve encore souillé ? Mais je puis dire que je suis mort avec Christ, car je ne parviendrai jamais à me mettre à mort moi-même. Du moment que je crois en Christ, tout ce qu’il a fait comme Sauveur est à moi. Dieu me l’approprie, me l’applique. Je puis avoir manqué à le réaliser, mais le trésor est mis en ma possession.

 

10.2.12            Œuvre de Christ appliquée par Dieu. Les effets de la présence du Saint Esprit 

Des âmes disent souvent : Je crois à toute la valeur et à toute l’efficacité de l’œuvre de Christ, mais je ne puis pas me l’appliquer. Mais qui vous demande de le faire ? C’est Dieu qui l’applique, et il vous l’a appliquée, si vous croyez à sa valeur et à son efficacité. Du moment que nous croyons en Christ, nous possédons le Saint Esprit qui rend témoignage. « Il prendra de ce qui est à moi, et vous l’annoncera » (Jean 16:14). De même que le Fils est descendu pour faire la volonté de Dieu, et qu’ensuite il est remonté au ciel, de même, après l’ascension du Fils, le Saint Esprit est descendu sur la terre comme une Personne : il est toujours parlé du Saint-Esprit comme étant maintenant sur la terre, et sa présence ici-bas donne à l’Église de Dieu son vrai et particulier caractère. Nous avons ici le troisième témoin, l’Esprit de vérité, descendu sur la terre. Ayant cru, je suis scellé du Saint Esprit de la promesse. Tout ce que je puis produire de bon fruit pour Dieu, comme chrétien, est la conséquence du fait d’avoir été scellé du Saint Esprit. La rédemption étant parfaitement accomplie, le Saint Esprit descend en personne, de sorte que la position de l’Église sur la terre se situe entre, d’une part la rédemption accomplie, d’autre part la gloire en perspective : le Saint Esprit descend dans l’intervalle entre la rédemption de l’Église et la gloire de l’Église.

 

10.2.13            Sommaire sur les trois témoins : le sang, l’eau et l’Esprit

Savoir que je suis mort avec Christ me donne un cœur pur, comme étant mort à la nature, au péché, au monde et à la loi. Par le sang, j’obtiens une paix parfaite et une bonne conscience. Et ensuite le Saint-Esprit descend d’auprès de Dieu ; nous avons ainsi une paix parfaite avec Dieu, ayant le propre témoignage de Dieu. Par là, j’ai quitté toute cette scène ; j’en ai fini avec toute la nature ; mes péchés ne sont plus, le sang les a ôtés, et je suis maintenant mort au péché et vivant à Dieu. La croix, les blessures de Christ, sont la porte par laquelle je suis entré, et la présence du Saint Esprit est la puissance par laquelle je jouis des fruits de l’œuvre accomplie.

 

10.2.14            Dieu rend témoignage au sujet de son Fils, de ce qu’il est pour le pécheur

Ainsi donc, il y a trois témoins de Dieu sur la terre : « l’Esprit, l’eau et le sang, et les trois sont d’accord pour un même témoignage… car c’est ici le témoignage de Dieu qu’il a rendu au sujet de son Fils ». Le cœur naturel recherche toujours un témoignage de la part de Dieu quant à lui-même, mais Dieu rend témoignage à l’égard de son Fils (5:9), non à l’égard de ce que nous sommes. Si Dieu avait à rendre témoignage de nous, ce devrait être de notre péché et de notre incrédulité de cœur. Mais non ; et il est très important, dans ces jours d’incrédulité, de voir que si Dieu rend témoignage, c’est au sujet de son Fils, et de ce qu’il est pour le pécheur.

 

10.2.15            Le témoignage au-dedans de nous-mêmes (1 Jean 5:10)

En croyant cela, on trouve la paix. Si j’entreprenais de me tenir devant Dieu sur la base de ma sainteté, ce serait de la propre justice, et naturellement je n’obtiendrai jamais aucun témoignage de Dieu quant à cela. Mais si mon âme se place devant Dieu, appuyée sur le témoignage que Dieu a rendu au sujet de son Fils, alors j’ai le témoignage en moi-même (5:10) : quand j’ai cette foi, j’ai ce témoignage dans ma propre âme. Prenez Paul devant Agrippa : « Plût à Dieu, dit-il, que non seulement toi, mais aussi tous ceux qui m’entendent aujourd’hui, vous devinssiez de toutes manières tels que je suis, hormis ces liens ». Il était si entièrement conscient que le Christ qui était en lui était le Christ qui est dans le ciel, et il était si heureux d’en avoir ainsi conscience, qu’il désirait que tous fussent comme lui (liens à part), possédant Christ, et une fontaine d’eau jaillissant au-dedans d’eux-mêmes. Ce qui fait que le ciel est le ciel pour le croyant, c’est qu’il trouve dans le ciel le même Christ qu’il possède dans son âme ; et toutes les subtilités de l’incrédulité ne peuvent atteindre l’âme qui possède ainsi Christ au-dedans d’elle-même. Aucun raisonnement d’incrédule ne peut ébranler ma confiance si je suis heureux en Christ : si quelqu’un venait me dire que Christ n’existe pas, alors que mon âme est heureuse en Lui, je ne le croirais pas. Il se peut que je sois incapable de fournir une preuve intellectuelle ou logique, mais il y aura, jusqu’à un certain point, un témoignage moral dans le bonheur de mon âme, et dans la chaleur de mes affections concentrées en Christ. J’ai souvent fait l’expérience que cela parle fortement à des gens de toutes conditions que de leur assurer que je suis parfaitement heureux en Christ, et tout à fait sûr d’aller au ciel. Vous l’êtes vraiment ? disent-ils ; je désirerais seulement pouvoir dire comme vous. Ce ne serait pas une preuve pour un incrédule, que ce seul fait de me voir heureux ; mais cela pénètre dans le cœur de l’homme, parce qu’il y a dans le cœur humain un besoin qui ne peut être satisfait tant que Christ n’y est pas, et que l’homme, quoi qu’il puisse dire, n’est jamais heureux sans Christ.

 

10.3                   1 Jean 5:10. Croire Dieu. L’homme est responsable de recevoir la révélation de Dieu

« Celui qui ne croit pas Dieu, l’a fait menteur ». Le péché des hommes est de faire Dieu menteur, quand ils ne croient pas le témoignage que Dieu a rendu de son Fils ; car les hommes discutent avec vous quand vous leur dites que vous savez que vous êtes sauvé. Ils disent : Comment pouvez-vous le savoir ? ce qui revient à dire que Dieu est incapable de communiquer aucune bénédiction à l’homme. C’est mettre la sagesse de Dieu en question, aussi bien que sa puissance, dans le témoignage de sa miséricorde et de sa grâce. C’est là le fond du grand débat au sujet de la Bible. Ce n’est pas tant le droit pour chacun de lire la Bible qui est en question, mais le droit de Dieu à la donner. La trahison est d’éloigner le message de Dieu de ses serviteurs. Il ne s’agit pas simplement du droit des serviteurs à posséder ce message, mais bien du droit de Dieu à le donner ; on s’immisce dans le droit de Dieu à communiquer ses pensées dans sa Parole. Quand Dieu donne une révélation, l’homme est responsable de la recevoir. Dieu a donné un témoignage dans lequel il révèle la gloire de son Fils ; et quand l’homme met en question cette Parole, il conteste avec Dieu dans le témoignage de sa grâce quant à ce qu’Il est.

 

10.3.1    Christ venu à cause des misères du péché. Dieu donne la vie éternelle

Qui, sans Christ, peut expliquer l’énigme de ce monde misérable ? Allez dans les allées et les rues de cette grande ville, et voyez le malheur et la dégradation même dans ce pays, parmi les meilleurs et les plus civilisés, et apprenez là ce que produit le péché. Vous pouvez philosopher là-dessus dans un salon, mais ce n’est pas dans un salon que vous apprendrez ce qu’est le monde. Mais si vous me dites que c’est à cause de tout ce péché et de toute cette misère que le Fils de Dieu est venu dans ce monde, pour ôter le péché, alors je puis vous comprendre ; et Dieu donne la vie éternelle, non pas la vie pour un moment, ou une vie que nous puissions perdre par le péché, comme Adam, mais la vie éternelle, qui est au-dessus et au-delà du péché tout à la fois : car « elle est dans son Fils » (5:11), et par conséquent aussi près de Dieu qu’il est possible. « Cette vie est dans son Fils », qui fut toujours l’objet des délices de son Père : lorsqu’il était ici-bas, Dieu ne put garder silence et exprima sa joie, disant : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé ».

 

10.3.2    Par la vie éternelle, Dieu a donné une nature, une capacité et une position pour jouir de Lui (1 Jean 5:11-13)

Et Dieu, en me donnant la vie éternelle, m’a aussi donné une nature et une capacité pour jouir de Lui à jamais. Je suis introduit dans une association avec Dieu, une relation vis-à-vis de Dieu, et une jouissance de Dieu, que les anges ne connaissent pas, bien qu’ils soient saints dans leur nature et glorieux. Nous sommes ainsi approchés pour que nous puissions « connaître l’amour de Christ qui dépasse toute connaissance », afin d’être « remplis jusqu’à toute la plénitude de Dieu » (Éph. 3:19).

Quelle merveilleuse position nous est faite ! Puissions-nous, débarrassés non seulement des péchés grossiers mais de la vanité et de la mondanité qui remplissent nos cœurs, entrer dans toutes nos bénédictions, et dans cette association que nous avons ainsi avec Dieu, celle même de Christ ! Il a porté la colère de Dieu pour nos péchés, afin que cette coupe pleine de bénédictions pût nous être donnée. Dieu demande en tout ceci la simplicité de cœur : quelqu’un peut parler de beaucoup de choses, mais la connaissance en dehors de Christ est sans profit ; mais si nous possédons Christ en dedans de nous, Satan ne pourra jamais nous toucher, et s’il vient, il y trouvera Christ, qui l’a vaincu. C’est une pensée douce et bénie que n’importe quel saint, fût-il né d’hier seulement, a tout ce que j’ai en Christ. Et si quelqu’un dit : Mais je suis un si grand pécheur ! eh bien, le sang a ôté ses péchés et réglé cette question pour toujours.

 

10.4                   1 Jean 5:14. Connaissance de la volonté de Dieu

« Et c’est ici la confiance que nous avons en lui, que si nous demandons quelque chose selon sa volonté, il nous écoute ». Il y a une confiance en Dieu qui s’applique à toutes les circonstances de la vie par lesquelles je puis être appelé à passer. « C’est la confiance que nous avons en lui » : son oreille étant toujours ouverte pour nous, nous avons ce que nous demandons, lorsque nous demandons selon la volonté de Dieu. Combien cela est merveilleux, car sûrement nous ne désirerions pas demander quelque chose de contraire à sa volonté ! « Et si nous savons qu’il nous écoute, quoi que ce soit que nous demandions, nous savons que nous avons les choses que nous lui avons demandées ». Je suis rendu capable de connaître l’amour de telle sorte que, si je demande, j’aurai. Si j’ai vraiment à cœur de faire la volonté de Dieu, pour prêcher l’évangile, par exemple, et qu’il y ait des obstacles sur ma route, Satan sur le chemin, je n’ai qu’à prier, et j’ai toute la puissance de Dieu à ma disposition, son oreille étant ouverte pour moi. Si vous savez ce que sont les combats et les difficultés, quelle bénédiction d’avoir l’oreille de Dieu ouverte et de savoir que, si vous avez à cœur la volonté de Dieu, vous réussirez toujours à la faire !

 

10.5                   1 Jean 5:16b. Le péché à la mort

« Il y a un péché à la mort, je ne dis pas de demander pour celui-là ». La mort temporelle est vue ici comme châtiment dans l’exercice du gouvernement de Dieu. « Il y a tel péché qui n’est pas à la mort », et s’il y a une réelle intercession, Dieu pardonnera (Jacq. 5:14, 15). Vous me demanderez ce que c’est que le péché à la mort ? Ce peut être n’importe quel péché ; ce peut être un mensonge, comme dans le cas d’Ananias et Sapphira (Pierre ne prie pas pour eux). Voyez aussi le cas d’Étienne disant : « Ne leur impute pas ce péché ». Et dans les Corinthiens : « C’est pour cela que plusieurs sont faibles et malades parmi vous, et qu’un assez grand nombre dorment ». L’état horriblement confus de l’Église fait que le gouvernement est plus concentré dans les mains de Dieu ; et par suite de leur incapacité à marcher dans la puissance du Saint l’Esprit, les saints sont nécessairement rejetés davantage sur le Seigneur, dont la fidélité envers nous ne permettra pas que nous allions avec des péchés non jugés « Il ne détourne pas ses yeux de dessus le juste ».

Puissions-nous marcher ainsi, dans la puissance de la sainteté, de sorte que nous n’ayons pas à lutter avec le péché, et sous la main de Dieu étendue en discipline, mais que nous poursuivions dans la pleine communion de sa grâce ! Amen.