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L’Épître aux COLOSSIENS

 

comparée avec les épîtres

 

aux Romains et aux Éphésiens

 

Darby J.N.

ME 1872 p. 41 à 59 = CW vol. 34 p.450-459

 

Table des matières :

1     Colossiens 1

1.1      Éphésiens

1.2      Romains

1.3      Colossiens

2     Colossiens 2

3     Colossiens 3

4     Conclusion

 

 

 

Je désire comparer ici les deux épîtres aux Romains et aux Éphésiens avec l’épître aux Colossiens, pour faciliter ainsi à quelques-uns l’intelligence des différents aspects, sous lesquels l’état des âmes est envisagé dans l’Écriture.

 

1                    Colossiens 1

Le chapitre premier de l’épître aux Colossiens, se lie aussi d’une manière remarquable aux conseils de Dieu ; il contient, en même temps, quelques-unes des vérités plus élémentaires, telles que notre espérance de la gloire et notre responsabilité, ce qui le rend pratique pour chacun de nous. Nous ne saurons jamais lier correctement ensemble les doctrines de la responsabilité de l’homme et de la libre grâce de Dieu, jusqu’à ce que nous les voyions unies en Christ. Depuis les jours du paradis, Dieu lui-même a soulevé ces questions dans l’arbre de vie et l’arbre de la connaissance du bien et du mal ; mais l’homme faillit dans sa responsabilité et fut chassé du paradis, Dieu lui fermant le chemin de l’arbre de vie. Les deux côtés de la question existaient donc dès le premier jour des voies de Dieu. La loi souleva la même question ; elle renfermait les deux principes : en satisfaisant à la responsabilité, l’homme devait trouver le chemin de la vie. Ensuite Christ vint, qui satisfit à la responsabilité, et qui est la vie. La grâce, qui dispense la vie, donna Christ, qui satisfit à la responsabilité : je reçois la vie éternelle par la justice de Dieu, quand je n’ai point de justice, et Dieu m’appelle à le glorifier en manifestant cette vie dans mon corps.

Dans les choses divines on oublie ce qu’on voit tous les jours et qui est aussi simple que possible dans les choses humaines, c’est que les devoirs découlent toujours de la responsabilité dans laquelle nous sommes placés : introduire une personne dans une certaine position, donne nécessairement à la personne les devoirs qui se rapportent à cette position et aux relations qui s’y rattachent. Si la position est une place constante, le devoir est constant aussi, comme il en est entre parents et enfants, entre mari et femme. L’objection souvent répétée que, si nous sommes sauvés, nous pouvons vivre comme il nous plaît, est ainsi mise à néant. Est-ce que mon enfant peut dire que, parce qu’il est mon enfant, il peut se conduire comme il lui plaît ? Non, je le répète, le devoir découle de la relation. Si je suis un enfant de Dieu, j’en ai toujours les devoirs ; je peux faillir à mon devoir et être châtié comme un enfant sot, c’est parfaitement vrai ; mais le devoir demeure. Il en est ainsi dans la rédemption : après que l’homme a complètement failli sous sa responsabilité, la rédemption m’apporte le don de vie éternelle en Jésus Christ ; et la louange, le service, l’obéissance, tout ce qui appartient à l’enfant de Dieu, en découle.

L’épître aux Éphésiens nous donne les conseils de Dieu, tandis que l’épître aux Romains envisage l’homme au point de vue de sa responsabilité et de son infidélité dans cette responsabilité, et nous montre ensuite comment il est justifié et délivré de cet état. Dieu nous présente ainsi dans ces deux épîtres les deux aspects du péché : premièrement le péché dans ses convoitises et dans ses passions, dans lesquelles l’homme vit dans le péché ; ensuite l’autre aspect, relativement à Dieu, cet aspect sous lequel nous voyons l’homme mort dans le péché. D’un côté, je trouve l’homme vivant dans le péché, éloigné de Dieu, cherchant à satisfaire ses passions ; ensuite, je demande quel est l’état de son âme vis-à-vis de Dieu ? — Il est mort ! L’Écriture parle des deux états : dans l’épître aux Romains, l’homme est vivant dans ses péchés ; dans l’épître aux Éphésiens, vis-à-vis de Dieu, il est mort. Quand l’homme est envisagé comme vivant dans les péchés, il est question d’ôter les péchés, et de justification. Si on l’envisage, au contraire, comme vis-à-vis de Dieu, c’est-à-dire comme mort, il n’est question de rien de cela, —mais de vivification et de délivrance de cette condition, et par conséquent de vie et d’une nouvelle création : tout ce côté est lié aux conseils de Dieu. Si on envisage l’homme comme mort, il n’y a rien à chercher en lui, ni à obtenir de lui ; il n’a pas un sentiment ni une pensée pour Dieu, le mal suit son cours vers le mal, mais aucun sentiment ne s’élève vers Dieu. Quand Christ entre sur la scène, l’homme ne voit aucune beauté en lui qui le lui fasse désirer : tel est l’homme.

Dans l’épître aux Colossiens, nous trouvons les deux états dont je viens de parler : au chapitre 3, verset 7, nous lisons : « Parmi lesquels vous aussi vous avez marché autrefois quand vous viviez dans ces choses, » — c’est l’enseignement de l’épître aux Romains ; et au chapitre 2, verset 13 : « Et vous, lorsque vous étiez morts dans vos fautes » — c’est le point de vue de l’épître aux Éphésiens. L’épître aux Colossiens a donc sa place entre l’épître aux Éphésiens et celle aux Romains, et elle envisage les deux points de vue.

 

1.1   Éphésiens

Dans l’épître aux Éphésiens nous trouvons les conseils de Dieu, le sceau de l’Esprit, l’héritage, et ensuite notre commune élévation dans les lieux célestes en Christ. Par conséquent, là où il s’agit de la conduite du chrétien, c’est Dieu lui-même, qui est donné comme en étant le modèle : « Soyez donc imitateurs de Dieu comme de bien-aimés enfants » et nous trouvons la vérité telle qu’elle est en Jésus Christ, savoir, que vous avez dépouillé le vieil homme et revêtu le nouvel homme. Ce n’est pas un système de doctrine, mais que j’en ai fini avec l’un et que j’ai passé dans l’autre. Dans les Colossiens il n’est jamais fait mention du Saint-Esprit, excepté incidentellement et occasionnellement, comme quand l’apôtre parle de « l’amour dans l’esprit » c’est la vie qui est le grand sujet. Dans les Éphésiens, le croyant ayant dépouillé le vieil homme et revêtu le nouvel homme, a le Saint-Esprit demeurant en lui, comme la puissance pour manifester Dieu dans ses voies et pour être ainsi l’expression de Dieu dans un homme. Dieu est amour et Dieu est lumière ; c’est pourquoi : « Marchez dans l’amour » et : « Maintenant vous êtes lumière dans le Seigneur ». Christ est le modèle pour la lumière, et le modèle pour l’amour. L’amour est manifesté de deux manières ; premièrement, l’amour divin, qui montre sa grandeur en s’occupant de l’être le plus vil, en s’élevant au-dessus du mal, et en l’ôtant ; en second lieu, là où l’objet caractérise les affections, dans l’offrande qu’on fait de soi-même à celui qui nous a ainsi aimés. Si j’aime ce qui est bas, c’est une affection basse, et ainsi pour d’autres choses ; l’affection correspond à l’objet sur lequel elle se porte. Nous trouvons en Christ ces deux caractères de l’amour ; et Dieu nous trace ainsi notre sentier (Éph. 5:2) : « Il nous a aimés » répond au premier ; « à Dieu, en parfum de bonne odeur » répond au second : l’amour venant à nous dans tous nos besoins, mais montant vers Dieu, comme vers son constant objet. Il en est ainsi pour nous : il faut que Dieu soit toujours ainsi devant nous, pour que le caractère de notre amour soit maintenu. Nous avons donc ici, dans ces paroles de l’épître aux Éphésiens, la description la plus complète de ce qu’est la marche du chrétien. Comme chrétien, je suis assis dans les lieux célestes en Christ, je ne suis pas en Adam du tout ; les œuvres sont en rapport avec la position, et de plus elles sont préparées à l’avance ; elles conviennent à la place à laquelle nous avons été amenés. Si la position est juive, les œuvres sont légales ; mais l’enfant n’est pas un serviteur, et le serviteur n’est pas un enfant. Nous sommes appelés à marcher dans des œuvres aussi nouvelles que notre position, quant à leur genre,. C’est pourquoi aussi, nous trouvons dans les Éphésiens le Saint-Esprit, comme le lien qui nous met en rapport avec Christ.

 

1.2   Romains

Dans l’épître aux Romains, au contraire, la question de la responsabilité de l’homme et de sa chute est traitée à fond et démontrée. — Chez les gentils il y avait des choses trop horribles pour en faire mention ; chez les Juifs la loi était violée : le résultat est que « toute bouche est fermée ». Le jugement de Dieu est révélé de la manière la plus simple et la plus absolue. La sentence est prononcée : « Il n’y a point de juste, pas même un seul ». — L’apôtre n’a pas honte de l’évangile, parce que « la justice de Dieu y est révélée ». Et pourquoi ? Parce que : « La colère de Dieu est révélée du ciel contre toute impiété et iniquité des hommes, qui possèdent la vérité tout en vivant dans l’iniquité ». Dieu ne veut pas de tout ce qui n’est pas en harmonie avec sa présence. Remarquez-le bien, la colère est révélée, non pas cachée ; et la révélation est exactement aussi complète, que s’Il était assis sur le grand trône blanc.

Dans la seconde partie de la même épître, qui s’étend depuis le verset 12 du chapitre 5 jusqu’à la fin du chapitre 8, l’apôtre s’occupe de la nature qui produisait du fruit. Il s’agit maintenant non pas de culpabilité, mais d’un état. Pour répondre à la culpabilité, Christ meurt pour nos péchés, et nous avons la rédemption par son sang. Ce qui satisfait à ce qu’exige notre état, c’est que nous sommes crucifiés avec lui. Ensuite, « la justice de la loi est accomplie en nous » mais Dieu ne rétablit pas la loi, pour nous donner une règle de conduite, — car la loi exigeait bien la justice, mais ne la produisait jamais ; — mais, en nous faisant marcher par l’Esprit, il produit la justice que la loi exigeait. Christ est ma justice, et l’Esprit est la puissance de vie en nous, produisant la justice. La loi ne produisait rien que la condamnation, car elle excitait le péché. La vie et l’esprit de Christ nous donnent le sentier de la piété, en contraste avec la loi, que cette épître ne dépasse pas pour ce qui est de la justice pratique. Puis, ayant été justifiés par le sang de Christ et ayant été amenés à Dieu par Christ, l’espérance d’être semblables à Christ dans la gloire, nous est pleinement donnée. — Les trois chapitres suivants, chapitres 9, 10, 11, réconcilient les promesses conditionnelles faites aux Juifs avec la déclaration : « Il n’y a pas de différence ». Quelqu’un, en effet, pouvait demander : Que faites-vous donc des promesses faites à Abraham ? L’apôtre montre que les Juifs ne pouvaient pas se placer sur le terrain de la promesse, et il les renferme tous, Juifs ou Gentils, sous la miséricorde (11:32).

Dans les Romains, la rédemption répond à la position toute entière dans laquelle je me trouve ; l’épître aux Éphésiens répond aux conseils et aux desseins de Dieu. L’épître aux Colossiens occupe une position intermédiaire ; elle ne nous présente pas la plénitude des résultats comme celle aux Éphésiens, mais elle va plus loin que celle aux Romains : Nous y sommes « ressuscités avec Christ », fait d’une importance immense et qui laisse toutes les autres choses derrière lui. Si nous sommes seulement « vivifiés » nous ne pouvons parler ainsi. Nous étions gisants dans nos péchés ; Christ descend en grâce là où nous nous trouvions, ôtant, en venant ainsi, tout ce qui tient au péché ; alors Dieu intervient et le ressuscite, et nous ressuscite ensemble avec lui. Ceci implique l’union, je ne dis pas plus, parce que l’union est maintenant par le Saint-Esprit. L’épître aux Romains n’entre pas dans ce domaine : la raison en est qu’elle s’occupe de l’homme individuellement, lui disant qu’il a vécu dans ses péchés et qu’il a besoin d’être personnellement justifié : chacun répond pour lui-même. Elle dit : « Je suis charnel » non pas : nous sommes charnels, ce qui nous embrasserait tous ensemble. Dès que je découvre que nous sommes tous morts ensemble dans nos péchés, nous sommes tirés tous ensemble de la mort, nous sommes vivifiés ensemble avec Christ : partout où vous trouverez la mort et la résurrection, c’est un pas vers l’union et qui implique « un seul corps ».

Si vous êtes « morts avec Christ » vous êtes sur le terrain de l’épître aux Romains ; si vous êtes « ressuscités avec Christ » vous êtes sur celui des Colossiens ; si vous êtes « assis dans les lieux célestes » vous êtes sur celui des Éphésiens.

 

1.3   Colossiens

Dans l’épître aux Colossiens, par conséquent, je cherche les choses qui sont en haut, je ne suis pas assis ; je suis ici-bas, non pas vivant dans le monde, mais ressuscité, et mes affections sont tournées vers le ciel, occupées de Christ, et le cherchant là où il est. Dès que je parle du Saint-Esprit, il y a union ; mais dans l’épître aux Colossiens, il s’agit de la vie, non pas du Saint-Esprit unissant tous les croyants en un corps dans les lieux célestes en Christ ; et les choses célestes sont notre espérance (1:5). Aussi l’épître aux Colossiens, au lieu de commencer comme celle des Éphésiens par les conseils de Dieu, nous apporte d’abord une longue préface de l’apôtre, qui désire établir les saints dans une pleine certitude de cette espérance des choses célestes. Les deux aspects de la vérité sont importants. Il est de la plus haute importance, que nous apprenions dans les Éphésiens à être assis dans les lieux célestes dans le Christ Jésus ; et il est également très important que nos affections soient fixées là, comme nous l’enseigne l’épître aux Colossiens, qui place notre espérance dans le ciel, mais ne nous y voit pas assis.

Considérons maintenant la prière de l’apôtre, qui prend ici, dans les Colossiens, la place que l’appel occupe dans l’épître aux Éphésiens. Dans celle-ci, l’apôtre nous présente les bénédictions et les privilèges de l’Église, — tout le corps ; dans les Colossiens, il nous montre la gloire et la plénitude du Chef. Il est bon pour nous, que nous comprenions où Dieu nous place. Combien fréquemment il arrive que nous sommes dans l’incertitude au sujet de la volonté de Dieu ; et c’est toujours parce que notre œil n’est pas simple. Peut-être n’avons-nous jamais pensé à la chose auparavant ; toutefois, quoiqu’il en soit, s’il y a du doute, l’œil n’est pas simple. Dieu nous fait passer par toutes sortes de tentations pour éprouver l’état de notre âme. Si vous ne voyez pas, c’est que votre œil n’est pas net, car la chose est claire. C’est la condition de l’âme qui est éprouvée par tous ces exercices spirituels. J’imagine peut-être que j’ai besoin de sagesse, alors que Dieu me met à l’épreuve en permanence. La mesure et le caractère du désir de l’apôtre est que nous marchions d’une manière « digne du Seigneur pour lui plaire à tous égards » — rien de moins. Ici encore l’état de l’âme est mis à l’épreuve : il faut que je connaisse le Seigneur pour savoir ce qui est digne de Lui ; il faut que je connaisse sa pensée et ses sentiments ; il faut que je sois « spirituel ». Croissant ainsi dans sa connaissance, nous apprenons comment il faut marcher : « Étant fortifiés en toute force, selon la puissance de sa gloire ». Et pourquoi ? — Que les voies de Dieu sont différentes de celles de l’homme ! Quel pauvre résultat en apparence ! « Pour toute patience et constance avec joie ! » Mais rien n’éprouve davantage l’état du cœur. La « patience » c’est précisément ce qui a caractérisé le sentier du Seigneur. Avait-il une volonté ? Jamais. Il vint pour faire la volonté du Père ; il fût patient, d’un bout à l’autre de sa carrière jusqu’à la croix, et rien d’autre. Il s’anéantit lui-même, descendant toujours plus bas, le premier exemple de : « celui qui s’abaisse lui-même sera élevé ». La « joie » elle aussi, nous la voyons en Lui ; c’est pourquoi il pouvait dire : « afin qu’ils aient ma joie accomplie en eux-mêmes ». La volonté ne nous met pas en rapport avec Dieu ; une volonté brisée nous laisse libre de jouir de lui ; et je trouve la chose même qui brise ma volonté dans la communion avec Lui, et ainsi j’en ai de la joie.

Maintenant, croissant ainsi, que voyons-nous ? — Puisque nous étions tout ce temps capables de participer à l’héritage des saints dans la lumière (v. 12), l’apôtre, après avoir insisté sur cette « croissance par la connaissance de Dieu » peut rendre grâce au Père de ce qu’il nous a rendus capables. Si je suis appelé à être bientôt avec les saints dans la lumière, il faut aussi que je marche dans toute la sainteté et la lumière que je puis avoir ici-bas. Si je recherche la sainteté en vue d’être agréé de Dieu, ce n’est pas réellement de sainteté que j’ai besoin, mais de la justice. On appelle cela la sainteté, mais c’est à tort : il n’y a pas de véritable sainteté jusqu’à ce qu’il y ait certitude de salut. Un enfant a une nature capable de sentiments filiaux, mais il peut être orphelin, et il ne peut pas avoir ces sentiments, parce qu’il n’a ni père ni mère. De même l’homme qui est né de Dieu, ne peut pas, comme tel, avoir de saintes affections ; il lui faut l’Esprit d’adoption « par lequel nous crions : Abba, Père », avant qu’il puisse y avoir véritable sainteté. Vous  avez été lavé par le sang de Christ. Mais si vous vous êtes laissé aller en vous-même à quelque chose qui soit en désaccord avec la position qui vous a été ainsi faite, cela n’ira pas. Le sang a été placé sur votre oreille, sur votre main et sur votre pied, afin que rien qui ne soit digne du sang de Christ n’entre dans votre tête, ou ne soit fait par votre main ou par votre pied. C’est ainsi que le péché devient excessivement haïssable. Vous êtes allé et vous avez trouvé votre plaisir, pour cinq minutes seulement peut-être, dans ce qui a été la cause de l’agonie de Christ : c’est horrible ! Le sang de la génisse rousse (Nomb. 19) était aspergé sept fois devant Dieu : les péchés avaient été consumés quand la génisse avait été tuée ; mais les cendres de la génisse me ramènent aux souffrances de Christ et me montrent l’horreur du péché par la place même où je me trouve. Ceci est pour la sainteté, et non une question d’acceptation devant Dieu. C’est la place où nous nous trouvons, qui donne la mesure du mal.

L’apôtre tourne maintenant nos regards vers le double caractère de la gloire de Christ et de la réconciliation, développant particulièrement la gloire du Chef (ou Tête), non pas du corps. Dans les versets 16 et 17, il nous montre Christ comme Chef de la création, — parce qu’il est Créateur, je n’ai pas besoin de le dire. Ensuite (v. 18), il parle de la résurrection d’entre les morts et de la primauté de Christ comme Chef du corps. Ici il n’est pas « premier-né de toute la création » comme homme ; mais « premier-né d’entre les morts ». Et puis, nous voyons toute la plénitude se plaisant à habiter en lui (v. 19) ; l’apôtre ne dit pas : il a plu « au Père » car la déité donnée serait un non sens ; mais comme au chapitre 2:9, il s’agit de la gloire de sa personne.

Ici (v. 20), la parole nous ramène en arrière, afin que tout soit réglé et mis en ordre par la réconciliation ; et la réconciliation a aussi un double caractère. Le : « Par lui, à réconcilier toutes choses avec elle-même, » n’est pas encore accompli ; mais : « il vous a maintenant réconciliés », cela est accompli. Nous sommes un peuple réconcilié au milieu d’un monde non réconcilié. Il n’existe pas de chrétien non réconcilié. Mais nos corps ne sont pas encore réconciliés ; ils appartiennent à l’ancienne création. Entre nous et Dieu il n’y a absolument rien, à moins que vous n’y placiez Christ. S’il y avait la moindre chose entre nous et Dieu, nous ne serions pas réconciliés : « pour vous présenter saints, irréprochables, irrépréhensibles », devant Dieu lui-même (v. 22).

« Si, du moins, vous demeurez dans la foi ». Dès qu’il s’agit des saints sur la terre, la parole dit : « si ».

L’apôtre introduit maintenant le double ministère : « l’évangile que vous avez ouï, lequel a été prêché à toute la création qui est sous le ciel », non pas comme celui de Pierre à la circoncision ; « l’assemblée, de laquelle je suis devenu serviteur selon l’administration de Dieu qui m’a été donnée envers vous, pour compléter la parole de Dieu ». Une fois que l’église est révélée, le cercle tout entier du témoignage de Dieu est complet.

Au verset 27 nous trouvons : « Christ en vous l’espérance de la gloire ». Le Christ des Juifs n’était pas « l’espérance de la gloire », mais il a été « une couronne de gloire » quand il est venu (Luc 2:32), mais non pas du tout parmi les Gentils. Mais maintenant les Gentils, qui n’ont aucun droit à la gloire, ont Christ comme l’espérance de la gloire. L’épître aux Colossiens est une parole pour le chemin vers la gloire, et qui nous place entre l’épître aux Romains et celle aux Éphésiens.

 

2                    Colossiens 2

Au chapitre 2, toute la plénitude de la déité nous est révélée en Christ, « car en lui habite toute la plénitude de la déité corporellement ». Une fois que Christ est venu il n’y a plus rien à révéler : la plénitude de la déité est placée devant nous, et nous sommes pleins ou accomplis devant la déité en lui. Ainsi nous avons la vraie circoncision du cœur. Mais que deviennent « les éléments du monde » ? Ils sont tous mis de côté, car : « Vous êtes accomplis en lui » et vous n’avez besoin d’aucune de ces choses. L’apôtre nous fait marcher d’abord à la mort, comme des pécheurs vivants, selon l’enseignement de l’épître aux Romains (v. 12). Il nous traite comme morts dans nos péchés, ensuite, et vivifiés, — ce que nous trouvons dans l’épître aux Éphésiens, — dans une toute nouvelle création. Il a ôté mes péchés en descendant jusque dans la mort ; et ensuite il me ressuscite sans mes péchés, non pas qu’il élève le chrétien jusque dans les cieux, mais il s’adresse à la conscience en nous prenant là où nous sommes. Le ritualisme et tout ce qui s’y rattache, est ainsi anéanti. Placez une feuille d’or entre la Tête et le Corps, et tout est perdu, c’est la mort ! Je ne puis rien avoir devant Dieu si ce n’est d’être accompli en lui. Jour de fête, nouvelle lune, sabbat, toutes ces choses n’étaient « qu’une ombre des choses à venir » (2:16 et 17).

Que savez-vous des anges (v. 18) ? Comment savez-vous qu’ils peuvent vous entendre ? Savez-vous qu’ils s’occupent de vous ? Direz-vous que c’est un grand avantage d’avoir un ami à la cour, reniant ainsi que vous êtes en Christ ? Nous avons Christ comme médiateur pour notre faiblesse ; et j’ai plus de confiance en son cœur qu’en celui d’un ange. Il a été un homme dans les mêmes circonstances que moi, et il sait ce que je sens : il n’en est pas ainsi des anges.

Au verset, 20, nous nous retrouvons dans l’épître aux Romains : « Pourquoi, comme si vous étiez encore en vie dans le monde, établissez-vous des ordonnances ? » Vous êtes morts avec Christ, et vous en avez fini avec toute votre ancienne position, sous ce rapport ce n’était au fond que satisfaire la chair.

 

3                    Colossiens 3

Nous sommes arrivés à l’application pratique de tout ce qui précède. Ici, au chapitre 3, nous sommes ressuscités avec Christ, et jusque-là c’est le terrain de l’épître aux Éphésiens ; seulement nous ne sommes pas assis dans les lieux célestes ; nous cherchons les choses qui sont en haut. Nous avons Christ dans notre cœur ici-bas, afin que nos affections soient là où il est. Étant morts avec lui, si lui est caché, nous sommes cachés ; si lui est manifesté, nous sommes manifestés (v. 3, 4).

Ici vient se placer la description la plus complète que nous trouvions dans toutes les épîtres de ce qu’est la vie chrétienne. L’apôtre ne veut reconnaître aucune autre vie que celle-là, mais il parle de « quand vous viviez dans ces choses » (v.7). Il mentionne d’abord les grossiers péchés dont parle le verset 5, puis au verset 8, non pas les convoitises mais une volonté non brisée, et au verset 9 le manque de vérité. Nous avons à dépouiller toutes ces choses dans lesquelles se trouvent réunis les deux grands caractères du péché, la violence et la corruption. L’Écriture ne nous invite jamais à dépouiller le vieil homme, ni à mourir au péché. Direz-vous à l’homme nouveau de mourir ? J’espère que non ! Dites au vieil homme de mourir, et il vous répondra : Je ne m’en soucie nullement et je veux vivre aussi longtemps que je pourrai ! « Ceux qui sont du Christ ont crucifié la chair » non pas l’ont mortifiée. Je suis une personne active en mettant à mort toutes ces choses : mortifier ! c’est mettre pratiquement à mort, et cela suppose la puissance de la vie. Mourir n’est pas de la puissance. C’est pourquoi nous lisons : « Ayant dépouillé le vieil homme avec ses actions ». — Maintenant je trouve la connaissance de la sainteté selon la nature de Dieu : « renouvelés en connaissance selon l’image de celui qui l’a créé ». Ce renouvellement va beaucoup plus loin que la simple absence du péché, à l’image d’Adam innocent. « Revêtez-vous donc comme des élus de Dieu, saints et bien-aimés, d’entrailles de miséricorde, de bonté, d’humilité… » « Saints et bien-aimés ! » Ils étaient cela ; l’apôtre les met toujours à leur vraie place. Ce n’est pas là ce que j’ai à revêtir, mais j’ai à revêtir ce qui convient à ce caractère et à cette relation. Au verset 16, l’apôtre s’attend à ce que le cœur s’élargisse et croisse dans la connaissance des choses divines. Au verset 17, il veut que : « quelque chose que vous fassiez, en parole ou en œuvre, faites tout au nom du Seigneur Jésus ». Ce principe nous fournit une règle qui va bien au-delà de la question : Quel mal y a-t-il à ceci ou à cela ? — et une règle si simple ! Elle s’applique aux choses les plus ordinaires de la vie de tous les jours, à l’achat d’un vêtement. Ces choses, les faites-vous au nom du Seigneur Jésus ? Irez-vous à un concert en son nom ? Non, sans doute. La chose peut ne pas être mauvaise par elle-même ; mais le principe met tout à sa place et il tranche les mille et une questions qui peuvent s’élever. Il me présente comme ma mesure et ma règle de conduite de marcher en Christ et de vivre pour Christ. Si Christ est ma vie, et que ce que je voudrais faire, Christ ne peut pas le faire, c’est donc que je me suis éloigné de lui, et que je laisse Christ pour faire ce qui me plaît. Si ma conscience est droite et que je prenne les choses au sérieux, le principe est d’un prix inestimable ; autrement il me pèsera et me deviendra insupportable, car vous dites peut-être : Est-ce que je ne puis donc jamais rien faire pour me satisfaire moi-même ? Vous vous trahissez vous-même ainsi ! Quelle consolation et quel bonheur de savoir ce que Lui aime ! Dans quatre-vingt-dix-neuf cas sur cent, nous savons parfaitement bien si nous faisons les choses au nom de Christ. Le principe de ce « dépouillant » et « revêtant » s’applique au caractère tout entier de la vie en Christ. Il n’est pas question du Saint Esprit ici, mais de la vie en nous, de ce que la vie est ; il est la puissance de la vie, mais c’est la vie de Christ qui est en moi. Parler du Saint-Esprit demeurant en moi, comme de ma vie, serait une incarnation du Saint-Esprit, ce qui est un non sens. Christ est ma vie ; mais d’un autre côté c’est par le Saint-Esprit que j’ai la vie et la liberté, la puissance et la conscience de mon union avec Christ.

 

4                    Conclusion

En terminant, laissez-moi maintenant vous demander si vous avez conscience de la position dans laquelle Dieu vous a placé, comme étant rendu capable de participer à l’héritage des saints dans la lumière. Pouvez-vous dire en bonne conscience, quant au propos de votre cœur : Je fais toute chose au nom du Seigneur Jésus ? Est-ce là la pensée, l’intention, et le principe bien établi de votre vie ? Nous pouvons faillir en le poursuivant ; — mais est-ce votre objet ? Si je suis un certain sentier, je puis marcher plus ou moins vite, ou même broncher, mais je ne marche pas dans le sens inverse. Vous pouvez broncher, je le sais ; mais je vous demande si le principe de votre  vie est de faire toute chose au nom du Seigneur Jésus ? C’est un immense privilège ! Nous pouvons introduire Christ dans les choses les plus ordinaires de la vie. L’apôtre ne peut pas exhorter le serviteur qui est dans la maison à ne rien détourner, sans passer en revue tout l’ensemble du christianisme. « Montrant toute bonne fidélité, afin qu’ils ornent en toutes choses l’enseignement qui est de notre Dieu Sauveur ; car la grâce de Dieu qui apporte le salut est apparue » (Tite 2:9 et suiv.). Quand le cœur est tourné vers un objet, fixé sur lui, il juge de tout selon cet objet. Je fais une chose, parce que le Seigneur l’aime ; je montre ainsi que j’ai à cœur de lui plaire. Si mon cœur s’applique à lui plaire, les choses seront pour moi selon qu’il le veut, et simplement parce qu’il lui plaît, à Lui. Si nos cœurs sont remplis de Christ, nous n’estimerons pas que ce soit un grand sacrifice de nous passer de l’écume ou de la rouille pour l’amour de son nom !