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La venue de Christ pour ses saints,

 

est-elle la véritable espérance de l’Église ?

 

J.N. Darby

 

Table des matières :

1     Des vérités fondamentales qu’on conteste

2     Venue et apparition du Seigneur : Où est l’espérance ?

2.1      Nous serons AVEC Christ lors de Son apparition

2.2      Parousie et Épiphanie

2.3      L’espérance du chrétien est d’être avec Christ

2.4      Place des noces de l’Agneau

2.5      Ne pas obscurcir les problèmes par des passages difficiles

2.6      Importance de la puissance présente de l’espérance

3     Danger de détruire l’attente constante

3.1      Attitude des serviteurs : « Mon Maître tarde à venir »

3.2      L’attente du Seigneur et les sept églises d’Apocalypse

3.3      Paraboles des dix vierges

4     Le Seigneur voulait-Il qu’on l’attende tout de suite ?

5     Ce que les disciples / apôtres attendaient

5.1      Actes 20

5.2      Matthieu 28:19-20 et Luc 24:45

5.3      1 Thessaloniciens 4:15

5.4      Jean 16:2, 4 ; Luc 12:40 ; Jean 2:18

5.5      Parabole de l’ivraie de Matt. 13

6     Matt. 24 — Des signes pour les Juifs ou pour l’Église ?

7     Conclusion : sur quoi faut-il insister ?

 

 

Les subdivisions et sous-titres ont été ajoutés par Bibliquest. ME 1873 p. 291

1                        Des vérités fondamentales qu’on conteste

Les brochures qui sont l’occasion de ces pages sont remarquables, non par leur caractère intrinsèque, car elles ne sont au fond que la répétition des vues de Mr N. sur le sujet qu’elles traitent, mais parce qu’elles présentent les opinions du parti auquel leur auteur appartient, lorsque la puissance du mal des derniers jours devient si extraordinairement manifeste, et que toute chose prend peu à peu sa vraie place. J’ai dit souvent qu’il y a trois grandes positions de Christ, auxquelles répondent les pensées du chrétien : Christ sur la croix, Christ à la droite de Dieu, et Christ venant une seconde fois. La première de ces positions est le fondement de tout pour nous ; les deux dernières donnent, pour ainsi dire, son caractère chrétien actuel à l’Église. La séance de Christ à la droite de Dieu répond à la présence du Saint-Esprit sur la terre ; l’espérance de l’Église, en rapport avec la seconde, est, sans contredit, la venue de Christ pour recevoir les saints, à lui-même : quels que soient la gloire ou le règne qui suivront, notre vraie espérance est d’être toujours avec le Seigneur dans les lieux célestes. « Je reviendrai », disait Christ, « et je vous prendrai auprès de moi, afin que là où moi je suis, vous, vous soyez aussi » (Jean 14:3).

Dans l’une des brochures qui nous a occupés dans un précédent article (*), on niait la présence du Saint-Esprit qui est le privilège du christianisme jusqu’à la fin, en conséquence de l’élévation de Christ comme homme à la droite de Dieu ; dans une autre brochure à laquelle nous répondons maintenant, on nie la véritable espérance du chrétien quant à la venue de Christ. Le système auquel ces traités appartiennent, se présente ainsi à nous comme la négation de la vraie puissance du christianisme dans ce qui le caractérise essentiellement, tel qu’il nous est donné dans les écritures du Nouveau Testament.

 

(*) Le Consolateur est-il venu ? — ou s’en est-il allé ?

 

2                        Venue et apparition du Seigneur : Où est l’espérance ?

J’ai répondu déjà au traité relatif au Saint-Esprit ; je m’occupe maintenant de celui qui concerne la venue du Seigneur, et qui cherche à établir que nous ne devons pas attendre constamment le Seigneur, à moins que des signes avant-coureurs n’interviennent. À cette fin, l’auteur nie la différence qu’il y a entre la venue de Christ pour recevoir l’Église à Lui-même, et son apparition ; « car », dit-il, « nous n’avons pas seulement à servir le Seigneur jusqu’à son apparition, mais l’apparition elle-même est notre bienheureuse espérance »; et encore : « Nous avons la preuve positive que l’Église demeure sur la terre jusqu’à l’apparition, et qu’elle n’est pas enlevée auparavant comme on l’a prétendu », rappelant l’exhortation de Paul à Timothée, à garder le commandement « jusqu’à l’apparition de Christ », prétendant que, « autrement, Paul eût dit, jusqu’à sa venue, et non pas jusqu’à son apparition ».

 

2.1   Nous serons AVEC Christ lors de Son apparition

C’est ici le pivot de toute la question, et nous pouvons y apprendre combien il est fâcheux de tirer des conclusions, au lieu de se soumettre simplement à la parole de Dieu. Il est clairement et positivement révélé que, quand Christ apparaîtra, nous apparaîtrons avec Lui en gloire ; et ainsi, il est tout simplement impossible que nous soyons sur la terre jusqu’à son apparition, et « alors », parce que nous apparaissons avec lui venant du ciel en gloire, « alors ». J’admets complètement que la glorieuse apparition du Seigneur est l’espérance des croyants ; mais pourquoi en serait-il autrement si nous apparaissons avec Christ, au lieu d’être sur la terre quand il apparaîtra ? Je pense qu’il en serait à bien plus forte raison ainsi. Sans doute, tout sera mis en ordre sur la terre alors, et cette pensée est bien réjouissante ; mais la chose n’est pas moins vraie si nous sommes les compagnons de Christ quand il viendra ; — et que nous devions venir avec Lui, cela toute l’Écriture l’affirme de la manière la plus positive. « L’Éternel mon Dieu viendra, et tous les saints avec toi » (Zach. 14:5). « Voici, le Seigneur est venu au milieu de ses saintes myriades » (Jude 14). Et encore : « Et les armées qui sont dans le ciel le suivaient sur des chevaux blancs » (Apoc. 19:14) ; et encore : « Et ceux qui sont avec lui, appelés, et élus, et fidèles » (Apoc. 17:14).

Nous voyons ainsi que les révélations directes et positives de la parole de Dieu contredisent les conclusions, qu’on veut tirer et qui ne peuvent même s’appuyer d’aucun argument raisonnable. Je puis, en effet, aimer l’apparition du Seigneur, pour que le monde dans lequel je vis (et qui a été fait pour l’homme) soit mis en ordre, sans que je sois vivant dans ce monde quand le Seigneur apparaît ; et mon apparition avec Lui n’empêche en aucune façon cette joie, mais plutôt l’augmente. Je prie aussi mon lecteur de remarquer que, si Timothée et ceux qui étaient vivants alors sur la terre, avaient dû demeurer pour pouvoir jouir de cette joie, leur espérance était vaine, car certainement, ils ne seront pas sur la terre quand Christ apparaîtra ; tandis que s’ils viennent et apparaissent avec Lui, ils l’auront. Selon la théorie à laquelle nous répondons, un très petit nombre de chrétiens seulement auraient ce privilège, l’Église en général n’y aurait aucune part.

Mais on va plus loin, et on avance sérieusement que « l’apparition de Christ est la véritable et propre espérance de l’Église », et que la distinction entre cette apparition et la venue du Seigneur est « une distinction arbitraire ». Or, comme nous l’avons vu, l’apparition de Christ ne peut pas être l’espérance de l’Église, au point de vue sous lequel on veut nous la faire envisager tout à fait anti-scripturairement, car l’immense majorité de l’Église ne sera pas sur la terre alors, et ne peut pas y être : une très faible minorité seulement aurait part ainsi à l’espérance.

 

2.2   Parousie et Épiphanie

On devrait être prudent dans la manière dont on présente les choses qu’on avance ; on devrait avoir soin d’être bien informé quant aux vues qu’on reproche à d’autres et, bien plus, quant aux Écritures elles-mêmes. Mais on est mal informé. La « venue » et « l’apparition » ne sont point mises en contraste par ceux qu’on attaque, quoique « l’apparition » soit une chose déterminée et distincte, en sorte que nous lisons : 2 Thessaloniciens 2:8, « l’apparition de sa venue »; cependant, « la venue » est un terme général qui embrasse tout, comme plusieurs l’ont exprimé en disant que « c’est la seconde de ces deux choses (savoir la venue de Christ au monde, ce qui n’a pas eu lieu auparavant, lors de l’enlèvement de l’Église) qui est appelée son « épiphanie » ou sa manifestation, expression qui n’est jamais appliquée à l’enlèvement des saints, mais toujours à l’apparition de Christ en gloire avec les siens, tandis que le mot de « parousie » ou de venue est appliqué tantôt à l’un des événements tantôt à l’autre, selon que le décide le contexte, ou les personnes dont il s’agit, ou la manière dont l’événement est introduit ; car Christ peut venir, ou être présent, de différentes manières à des personnes différentes ».

J’ai moi-même, dans le traité : « L’enlèvement des saints et le résidu juif », discuté ce point à fond : « Les saints n’attendent-ils pas sa venue pour la terre, et son apparition ? Assurément ; mais non pas à l’époque où ils le rejoignent, car ce que j’attends, c’est qu’ils apparaissent avec Lui ». « L’apparition de Christ sera le plein établissement du pouvoir divin en gouvernement, et le résultat de la responsabilité ; l’enlèvement de l’Église et son entrée dans la maison du Père seront l’accomplissement de la grâce souveraine envers les saints », etc. L’apparition de Christ est la manifestation de sa gloire au monde : nous y aurons part avec Lui. « Il viendra pour être glorifié dans ses saints et admiré dans tous ceux qui auront cru » (2 Thes. 1:10), car la gloire que son Père lui a donnée, il nous l’a donnée, afin que nous soyons consommés en un, et que le monde connaisse que le Père l’a envoyé, et qu’il nous a aimés comme il l’a aimé (Jean 17:22-23). Ainsi sur la montagne de la transfiguration, Moïse et Élie apparaissent en gloire avec Christ ; mais quand ils entrent dans la nuée lumineuse d’où la voix du Père se fit entendre, — la gloire excellente, — les disciples sont effrayés. La « nuée » était connue comme la demeure de Dieu, mais qu’un homme, quel qu’il fût, dût entrer là, était une chose nouvelle. Les disciples virent le royaume et sa gloire — l’entrée dans la maison du Père a été pour eux une chose tout à fait nouvelle et étrange.

 

2.3   L’espérance du chrétien est d’être avec Christ

Que dirons-nous de ceux qui nient le caractère distinctif de cette entrée dans la maison du Père maintenant. Voici quelques passages qui parlent de cette espérance distinctive du chrétien et qui l’établissent clairement : « Je vais vous préparer une place. Et si je m’en vais, et que je vous prépare une place, je reviendrai, et je vous prendrai auprès de moi, afin que là où moi je suis, vous, vous y soyez aussi » (Jean 14:2-3). Ainsi encore, Jean 17:24, le Seigneur après avoir parlé de la gloire dans le passage que j’ai cité plus haut, ajoute : « Père, je veux, quant à ceux que tu m’as donnés, que là où moi je suis, ils y soient aussi avec moi, afin qu’ils voient ma gloire… ; car tu m’as aimé avant la fondation du monde ». Ainsi Paul aussi, dans 1 Thessaloniciens 4:17, dit : « Nous serons ravis ensemble avec eux dans les nuées, à la rencontre du Seigneur, en l’air ; et ainsi nous serons toujours avec le Seigneur ».

Tous ces passages montrent clairement que la vraie, propre espérance du chrétien, n’est pas l’apparition de Christ, — non pas même la gloire, en tant que manifestée au monde, — non d’être à la droite ou à la gauche dans le royaume, quelque glorieux et immérité que cela puisse être, — mais d’être avec Christ lui-même. Ce n’est pas là l’apparition ; c’est un autre genre d’espérance, une espérance d’un caractère absolument différent : c’est être avec Christ pour toujours, et dans la maison du Père. C’est pourquoi l’apôtre, au chapitre 4 de la le épître aux Thessaloniciens, n’ajoute rien ; mais ce passage fait voir très clairement quelque chose de plus. Les Thessaloniciens pensaient et espéraient à peu près comme ceux auxquels je réponds ; seulement, ils paraissent avoir tiré la conclusion très naturelle que d’autres ont oubliée, savoir que les saints qui se seraient endormis, ne seraient pas présents pour voir Christ et le rencontrer. L’apôtre répond à cette pensée ; et comment ? Est-ce en disant : Oui, ils seront ressuscités, et puis eux et vous, qui l’aurez vu sans eux, dans une chair non changée (car autrement tout le système de nos opposants s’écroule), vous serez ravis dans les airs pour rencontrer le Seigneur alors déjà visible ? Nullement. Mais il dit : « Car si nous croyons que Jésus mourut et qu’il est ressuscité, de même aussi avec lui, Dieu amènera ceux qui se sont endormis par Jésus ». Quand Jésus viendra en gloire, il amènera ses saints avec Lui, comme nous avons vu. Et alors, l’apôtre explique comment les saints se trouveront avec Christ, pour venir avec Lui : ils iront au-devant du Seigneur en l’air.

 

2.4   Place des noces de l’Agneau

Je voudrais rappeler ici en même temps que les noces de l’Agneau sont placées au chapitre 19 de l’Apocalypse, avant que le Seigneur vienne avec les armées du ciel. Détruire, comme on voudrait le faire, la distinction entre ce dernier événement, et notre élévation en l’air pour être toujours avec le Seigneur, fausse moralement la nature de l’espérance de l’Église. La présentation de l’Église à Lui-même, la bienheureuse espérance qu’il nous prendra auprès de Lui afin que là où il est, nous, nous soyons aussi, la joie d’être toujours avec le Seigneur, sans rien ajouter à une pareille espérance, est noyée dans l’apparition en gloire, car c’est celle-ci, et non la joie d’être avec Jésus, dont on voudrait faire l’objet de notre attente. On veut, remarquez-le bien, que la venue et l’apparition du Seigneur soient une seule et même chose, et on perd complètement de vue le fait d’être avec Christ, comme résultat ; on ne fait nulle mention absolument de la vraie espérance distinctive, de la joie spéciale, de ce qui est l’essence de la venue de Christ pour le chrétien, qui sait quelle est la place du chrétien. Si ce système était vrai, « venue » et « apparition » seraient à peu près la même chose, et aussi on l’estime ainsi. Mais qu’est-ce que cela prouve à quelqu’un qui a appris des Écritures quelle est cette place bienheureuse ? — C’est qu’on n’a jamais eu de cette place la moindre idée ; et c’est tout.

 

2.5   Ne pas obscurcir les problèmes par des passages difficiles

Pour ce qui concerne les voies de Dieu en gouvernement, c’est le jour, l’apparition de Christ, qui est la grande et solennelle époque qui est placée devant nous ; et alors nous serons manifestés en gloire, chacun à la place qui lui aura été assignée auprès du Seigneur. C’est pourquoi, c’est cet événement qui est placé devant nous, comme la grande manifestation publique à tous. Mais Dieu a quelque chose en réserve pour les affections et le cœur de ceux qui aiment le Seigneur ; et cette chose, ce n’est pas la manifestation de la gloire, mais c’est d’être avec Lui dans la joie commune et individuelle de sa présence, avec Lui dans la maison du Père. Il ne s’agit pas ici du tout d’apparition, la chose même est impossible. Sans doute, on peut faire des objections plausibles, en apparence, à la vérité et aux privilèges spéciaux des saints, on peut susciter des difficultés au moyen de passages obscurs, ou dans lesquels l’Écriture a à pourvoir à des faits publics et à des espérances qui se réaliseront plus tard. Il ne faut pas mépriser l’ignorance à l’égard de ces choses ; mais se servir de passages, qui présentent plus ou moins de difficulté, pour empêcher les âmes peu avancées de recevoir les vérités auxquelles Dieu les amène, c’est l’œuvre de Satan ; et c’est ce qu’on cherche à faire. Beaucoup de chrétiens peuvent être ignorants de ce qui concerne le résidu juif et d’autres vérités du même genre ; il n’y a rien là non plus en soi-même de répréhensible ; mais se servir de passages qui, pour être compris, exigent cette connaissance, pour obscurcir les plus glorieuses et les meilleures espérances de l’âme, c’est faire l’œuvre de l’Ennemi. Comment ne comprend-on pas que c’est « d’être toujours avec le Seigneur » qui est la grande bénédiction de la doctrine qui nous occupe, et ce sur quoi nous insistons en distinguant entre la venue (parousia) qui embrasse la scène tout entière, et l’apparition (épiphanie) qui désigne la manifestation de Christ devant les hommes ?

 

2.6   Importance de la puissance présente de l’espérance

S’il s’agissait seulement de vues prophétiques, je n’aurais pas pris la plume ; mais j’écris ces lignes, parce qu’on veut renverser la puissance présente et la vraie et bienheureuse espérance distinctive du christianisme. Je ne sais trop si les objections de détail valent la peine d’être réfutées ? Ce que j’ai dit montre la fausseté et l’incrédulité pratique de la tendance, — relativement à l’espérance de l’Église, — des tristes doctrines que je réfute ; mais comme il se pourrait qu’il y eût des chrétiens qui ne sauraient pas immédiatement comment répondre, j’entre dans l’examen de quelques-uns des détails.

 

3                        Danger de détruire l’attente constante

3.1   Attitude des serviteurs : « Mon Maître tarde à venir »

L’objet avoué qu’on poursuit, c’est d’empêcher et de détruire une constante attente de Christ, de montrer que cette attente a la même valeur, si on la tient à distance, que si elle est tenue proche ; — que c’est « une fâcheuse et fiévreuse agitation que d’attendre à toute heure le retour du Seigneur »; — que si les saints des premiers temps ont eu ce sentiment, « c’était un sentiment faux », et que « la distance de l’objet n’affaiblit en aucune manière la puissance de l’espérance ». C’est parler clairement ! — Quelle différence y a-t-il entre ce langage et celui du « méchant serviteur » disant dans son cœur : « Mon maître tarde à venir ? » (Matt. 24:48-51). Le Seigneur exhorte à veiller parce que les hommes ne savent pas à quel jour ou à quelle heure leur maître viendra, et ensuite il fait l’application de la chose à ses disciples. Mais c’est parce que le méchant serviteur disait dans son cœur : « Mon maître tarde à venir », qu’il se mettait à battre les serviteurs et les servantes. C’est cela qui a été la cause de l’horrible iniquité dans laquelle l’Église est tombée.

C’est un fait que le Seigneur a tardé, chacun le sait. La question est celle-ci : L’Église aurait-elle dû avoir attendu constamment le Seigneur ? — Je dis : « avoir attendu constamment le Seigneur », ne pas avoir dit : « Mon maître tarde à venir ». Que disent nos opposants ? Je leur dirai ce que le Seigneur dit ; et que le Seigneur leur fasse la grâce d’y prendre garde : « Que vos reins soient ceints et vos lampes allumées ; et soyez vous-mêmes semblables à des hommes qui attendent leur maître, à quelque moment qu’il revienne des noces, afin que, quand il viendra et qu’il heurtera, ils lui ouvrent aussitôt. Bienheureux sont ces esclaves, que le maître, quand il viendra, trouvera veillant. En vérité, je vous dis qu’il se ceindra et les fera mettre à table, et, s’avançant, il les servira. Et s’il vient à la seconde veille, et s’il vient à la troisième, et qu’il les trouve ainsi, bienheureux sont ces esclaves-là » (Luc 12:35-38). Était-ce là une agitation fiévreuse et maladive ? Ce qui suit touche la question du service. On prétend que le délai donne du temps pour le service. Mais écoutez donc l’Écriture ici ; elle nous dit quel est, pour le service, l’effet de la pensée d’un délai possible. Et telle a été, hélas, l’histoire de l’Église !

Maintenant, mon lecteur me permettra de lui rappeler que ce délai sur lequel on insiste comme le fait dont il faut se préoccuper, et dont Dieu voudrait qu’on se préoccupât (*) — « l’histoire prolongée du progrès de l’Église dans le mal », — est déjà arrivé, et que c’est après cela qu’on craint une attente présente. Dieu, dans sa parfaite sagesse, parle sur ce point de manière à ce que l’attente demeurât pour les saints une espérance présente, et à ce que, s’il y avait un délai et que la scène s’ouvrit, il y avait place pour cette scène, dans la manière dont la pensée était présentée ; la vigilance à laquelle les saints étaient exhortés au commencement, étant tout aussi possible qu’au commencement et plus recommandée encore.

 

(*) On nous dit en effet : « Il est évident d’après l’Écriture, qu’un état de choses régulier et détaillé qu’il faut trouver avant que le Seigneur vienne, est placé sous les yeux de l’Église… »

 

3.2   L’attente du Seigneur et les sept églises d’Apocalypse

On a été amené ainsi à traiter d’inconséquence la pensée d’envisager les sept églises de l’Apocalypse comme la scène prolongée, et d’attendre en même temps, ou de supposer que les saints des premiers temps pouvaient attendre, une venue immédiate de Christ. Mais voyez ici la sagesse de Dieu. Toutes les églises des chapitres 2 et 3 de l’Apocalypse étaient des églises existantes et contemporaines. Il n’y avait rien à attendre alors, quand la révélation fut faite. Quand la scène prolongée allait se clore, quand la scène prolongée est passée ou près de l’être, on peut regarder en arrière, et voir le progrès du mal développé dans l’Église professante. Quand elles furent données, c’étaient des scènes présentes devant les yeux des saints dans des églises existantes. Moi, je crois toujours, avec une foule de chrétiens, que les épîtres aux sept églises nous présentent un tableau de l’histoire progressive de l’Église professante, une histoire maintenant justement arrivée à son terme ; et qu’elle n’offrait nulle perspective d’une histoire prolongée, mais tout le contraire. La promesse « Je viens bientôt » était la consolation des fidèles de Philadelphie alors, comme elle l’est des vrais saints maintenant. Tout ce que je vois dans les raisonnements de ceux qui rejettent cela, c’est que l’incrédulité leur a aveuglé les yeux quant à la sainte sagesse des voies de Dieu.

 

3.3   Paraboles des dix vierges

La parabole des vierges nous montre que l’Époux a tardé ; mais combien de temps ? La scène tout entière est l’affaire d’une nuit et des mêmes vierges ; elle nous apprend qu’il faut une patiente vigilance dans l’attente d’un moment inconnu (en quoi les vierges ont manqué), mais ne donne nulle idée d’une prolongation quelconque ; mais elle fournit un principe qui renferme un profond enseignement pour nous, là où nous avons appris par des faits le long délai qu’a subi la venue de l’Époux. Mais ceci, elle le montre clairement, est que la négligence dont l’Église s’est rendue coupable, c’est de ne pas avoir veillé toujours : comme l’Époux tardait, elles s’assoupirent toutes et s’endormirent ; il fallut les réveiller, et les appeler à sortir de nouveau et à reprendre leur position première. Prétendre que le réveil subit de personnes qui dorment, par un cri de minuit, est le discernement de signes continus par un cœur vigilant capable de les apprécier, est digne du système de nos opposants. Il y a eu une scène prolongée ; mais que l’Église ait été enseignée à l’attendre est déplorablement faux ; et vouloir se servir de ce fait, pour induire des âmes à penser qu’une attente continuelle était fausse, c’est, je le répète, l’œuvre de l’Ennemi. Les vierges n’auraient-elles pas dû veiller ? Leur avait-on enseigné qu’un ordre de choses régulier et détaillé, et qu’il fallait traverser, était placé devant l’Église ? La conclusion est : « Veillez, donc, car vous ne savez ni le jour ni l’heure » (Matt. 25:13).

Il en est de même pour les esclaves (voyez Matt. 25:14 et suiv., Luc 19:12 et suiv.). L’homme s’en alla pour recevoir un royaume et pour revenir ; mais les esclaves sont les mêmes à la fin et au commencement ; et toute l’histoire, comme parabole, est supposée s’accomplir pendant la durée de la vie de l’homme et la durée de la vie des esclaves. Il n’y a pas de système ou d’ordre de choses prolongé. Maintenant que tout est passé, nous pouvons dire : il en a été ainsi ; mais la chose que les saints sont exhortés à attendre est toujours présentée comme une attente incertaine présente. Pierre assure les saints que Dieu ne tarde pas pour ce qui concerne la promesse, que c’était la patience de sa grâce qui donnait le délai, que Christ était prêt à juger, que même, le temps était venu de commencer le jugement par la maison de Dieu. La dernière parole de l’Écriture pour le cœur des saints, est : « Oui, je viens bientôt » (Apoc. 22:20). Je ne doute pas que, dans le livre de l’Apocalypse, il n’y ait eu des analogies dans la période prolongée, mais le livre s’applique, je n’en doute pas (comme je suis persuadé que les sept églises nous donnent l’existence prolongée de l’Église), littéralement au temps où l’Église ici-bas aura pris fin.

 

4                        Le Seigneur voulait-Il qu’on l’attende tout de suite ?

L’Écriture appuie donc sur cette parole : « Voici, je viens bientôt », et elle exhorte les disciples a être comme des hommes qui attendent leur maître. À cela on répond qu’il n’est pas croyable que le Seigneur aurait enseigné aux siens, il y a près de deux mille ans, d’attendre à toute heure un événement qu’il savait ne pas devoir s’accomplir avant que des siècles eussent passé, et que certainement le Dieu de vérité ne communiquerait pas une idée aussi fausse. Il est bien téméraire de parler ainsi. Ma réponse, c’est que le Seigneur dit à ses disciples de veiller, et d’être prêts à ouvrir aussitôt, à quelque moment qu’il vînt ; car quant à ce jour et à cette heure, aucun homme, ni les anges ni même le Fils, n’en avaient connaissance. Que dois-je croire ? la folle présomption des uns, ou le témoignage solennel du Seigneur ?

Quand on dit que les disciples avaient la fausse idée que le royaume de Dieu paraîtrait immédiatement, idée que le Seigneur répudia absolument, on s’oublie (voyez Luc 19:11 et suiv.). C’était pour le temps de sa vie ici-bas et non pour le temps de la vie de ses disciples que le Seigneur redressait leur pensée ; et Christ leur dit qu’il faut qu’Il s’en aille d’abord, et puis qu’eux, les esclaves, devaient trafiquer jusqu’à ce qu’il vienne. Mais le Seigneur ne dit rien quant à un intervalle de temps quelconque ; il a toujours soigneusement évité d’en faire mention. Les serviteurs pouvaient l’attendre à chaque instant, et devaient travailler jusqu’à ce qu’il vint.

 

5                        Ce que les disciples / apôtres attendaient

5.1   Actes 20

Paul n’a jamais parlé de loups qui viendraient après son départ (voyez Actes 20), avant que son ministère fût terminé, et qu’il prit congé des saints avec la pensée qu’il ne les reverrait plus. — La parole du Seigneur à Pierre, qui était alors un homme d’un certain âge (car le Seigneur dit : « Quand tu étais jeune ») aurait pu, pour ceux qui en avaient connaissance, les induire à penser que Pierre devait mourir avant que le Seigneur vint. Mais, pour ce qui est de l’Église en général, Pierre était mort quelque trente ans avant que ce récit qui le concerne ait été donné ; et Pierre et Paul, au moment même où ils vont mourir, disent alors qu’ils savent, ou ont reçu une révélation particulière, qu’ils doivent passer par la mort. Mais pourquoi cela, si l’espérance de l’Église n’était pas une attente présente de Christ ? — C’est pourquoi aussi, quand le Seigneur, à la même occasion, avait dit à Jean : « Si je veux qu’il demeure jusqu’à ce que je vienne », la parole se répandit que ce disciple ne mourrait pas : toutefois Jésus ne lui avait pas dit cela. Mais on voit par là ce que les disciples attendaient.

 

5.2   Matthieu 28:19-20 et Luc 24:45

C’est une erreur d’avancer « qu’il y a, entre ce temps et la mort de Pierre, un long temps de service, puisque les apôtres avaient reçu l’ordre d’annoncer l’évangile parmi toutes les, nations, en commençant par Jérusalem ». Il n’y a rien de pareil. Le Seigneur leur ouvrit l’intelligence pour comprendre les Écritures, et pour qu’ils sussent que cette œuvre devait être faite (Luc 24:45 et suiv.). Dans Matthieu (Matthieu 28:19-20), il les envoie pour faire disciples toutes les nations, les baptisant, etc. ; et il ajoute : « Voici, je suis avec vous tous les jours jusqu’à la consommation du siècle ». Mais ici il n’y avait pas d’ascension ; et il faut ou bien que le Seigneur ait voulu que les disciples regardassent la chose comme une attente actuelle durant le cours de leur vie, ou bien le temps dure encore maintenant, ce qui, selon la théorie de nos contradicteurs, et le Seigneur a dû le savoir, ne pouvait avoir d’application aux apôtres. Il ne s’attendait pas à ce qu’ils vécussent deux mille ans. De plus, les apôtres n’ont jamais accompli cette mission du tout, mais l’ont abandonnée à Paul, qui alors enseigne la doctrine spéciale de l’Église et de l’enlèvement. Mais la venue de Christ pour recevoir à Lui l’Église, ne fait nullement partie de la révélation faite à Pierre. Pour lui, le Seigneur devait venir de la même manière qu’il l’avait vu s’en aller, et il ne va jamais plus loin que son apparition ni n’enseigne la doctrine de l’union des Juifs et des nations. Ces choses ne lui étaient pas confiées, à lui.

 

5.3   1 Thessaloniciens 4:15

Tout cela n’a pas empêché Paul de dire : « Nous, les vivants qui demeurons jusqu’à la venue du Seigneur » (1 Thes. 4:15), non pas pour affirmer qu’il serait réellement de ce nombre, mais il était alors de cette classe qui, avec raison, attendait ainsi Jésus ; et il n’y a rien perdu. Il n’y avait pas de révélation que Christ viendrait immédiatement, mais les saints étaient positivement enseignés à l’attendre toujours. Si le temps avait été passé, Pierre aurait pu être saisi et crucifié pendant qu’on en parlait. Si Christ ne pouvait pas venir jusqu’à ce que Pierre mourût, Pierre aurait pu mourir à chaque instant. Cela n’affectait en rien l’attente générale des saints dans ces jours-là, et n’a pas d’application aujourd’hui : on n’en parle que pour discréditer ce que Christ très certainement enseigna, savoir que nous devrions toujours être dans l’attente. Pierre est mort ; et se servir de ce fait aujourd’hui, ce n’est qu’une preuve du dessein qu’on a de détruire l’attente de la venue de Christ.

 

5.4   Jean 16:2, 4 ; Luc 12:40 ; Jean 2:18

Quant à Jean 16:2, 4, les disciples sont avertis qu’ils seront persécutés ; mais comment ce fait devait les empêcher, dans la persécution, d’attendre Christ pour les en délivrer, c’est ce que je ne puis comprendre. Personne ne parle, pour la venue de Christ, d’une époque fixe rapprochée ; nous lisons tout au contraire que le temps n’était pas connu, de sorte que les hommes devaient toujours l’attendre, pour ne jamais suspendre leur service, mais pour être encouragés dans ce service. Avancer que ni temps, ni soudaineté, n’ont rien à faire avec la vraie espérance de l’Église, quand on veut dire par là que la venue du Seigneur n’est pas soudaine et n’a pas lieu à un moment où les hommes ne s’y attendent pas, est un audacieux défi jeté à l’Écriture. Je sais que la surprise est pour le monde ; mais prétendre que le Seigneur ne vient pas soudainement est une insigne fausseté : « À l’heure que vous ne pensez pas, le Fils de l’homme vient » (Luc 12:40 ; Matt. 24:44). On cite 2 Timothée 3 ; mais on oublie que les paroles que nous y lisons, furent adressées à Timothée, lui-même alors vivant, précisément à la fin de la vie de l’apôtre, afin qu’il sût comment se conduire. On peut prétendre que l’apôtre se trompait en présentant ces choses comme une affaire de pratique immédiate, et peut-être que Jean était dans l’erreur quand il dit : « Nous savons que c’est la dernière heure » (1 Jean 2:18), parce qu’il y avait plusieurs antichrists ; on peut avancer que, si Christ savait qu’il y aurait à traverser deux mille ans d’un système ou ordre de choses régulier et détaillé, les apôtres étaient aveugles à cet égard et ont induit en erreur l’Église, les Timothée et les saints en général... ; mais nous, nous tenons ces paroles des apôtres pour des écritures inspirées, nous croyons que les derniers jours sont venus, quoique mille ans puissent être comme un jour pour le Seigneur et un jour comme mille ans.

 

5.5   Parabole de l’ivraie de Matt. 13

La parabole de l’ivraie et du bon grain (Matthieu 13:24 et suiv.) prouve exactement le contraire de ce qu’on veut lui faire dire en prétendant qu’elle « montre clairement que le froment de Dieu reste sur la terre jusqu’à l’apparition de Christ en gloire ». J’ai déjà fait remarquer que Colossiens 3:4, déclare en toutes lettres le contraire, savoir que les saints apparaissent avec Christ. Est-ce que « assembler le froment dans le grenier », c’est apparaître ? Les saints sont ôtés du champ et cachés dans le grenier de Dieu ; — c’est le contraire d’apparaître. Le froment n’est pas assemblé avant que l’ivraie soit cueillie ; il l’est avant que l’ivraie soit brûlée. Les justes resplendissent dans le royaume, mais ils sont premièrement assemblés dans le grenier, ce qui n’est pas « resplendir ». Resplendir est, de plus, un acte continu. L’ivraie est, avant tout, cueillie par les anges et liée en bottes toutes prêtes, — non brûlée alors ; le froment est assemblé dans le grenier. Après cela le jugement est exécuté. C’est là le temps de la moisson. La moisson c’est la fin du siècle. Personne ne peut dire que l’ivraie n’est pas en train d’être cueillie, maintenant : je crois que nous sommes là. L’Écriture ne dit pas que l’apparition de Christ en gloire, soit la fin du siècle, comme on le prétend. Les deux événements sont contemporains comme période générale, et ce peut être le grand acte final. Cependant, même alors, les méchants sur la terre attendent encore leur jugement. La moisson est la fin du siècle, ici dans ce passage en tout cas.

 

6                        Matt. 24 — Des signes pour les Juifs ou pour l’Église ?

J’en viens maintenant à Matthieu 24. Je ne peux guère m’attendre à ce que ceux avec lesquels je raisonne ici, sachent quoi que ce soit du résidu juif, et des voies de Dieu envers ce monde ; mais je dois supposer qu’ils comprennent que le Seigneur parlait de Jérusalem et du temple, et que le « siècle » n’a rien à faire avec ce qu’on appelle la dispensation chrétienne ou l’Église. Le Seigneur parlait du temple : leur maison leur est laissée déserte (Matthieu 23:38-39), et les Juifs, car c’est d’eux qu’il s’agit, ne le verront plus, jusqu’à ce qu’ils disent : « Béni soit celui qui vient ». Les disciples Lui montraient les bâtiments du temple ; c’est là ce qui les intéressait, quoiqu’on en puisse dire ; et la question qu’ils adressent au Seigneur, est : « Dis-nous quand ces choses auront lieu ? » Les disciples ne savaient rien de l’Église, et n’en étaient nullement préoccupés dans leurs questions ; ils liaient la consommation du siècle, avec les désolations de Jérusalem et du temple ; et ainsi le Seigneur leur répond, leur disant seulement que cet évangile du royaume serait prêché d’abord parmi toutes les nations, avant que vint la fin du siècle. Le « siècle » était le temps du régime juif jusqu’au Messie, ce temps duquel il pouvait alors être dit (comme au ch. 13 de Matthieu) : ce siècle. Le christianisme n’est pas le siècle, ni un siècle du tout. C’est pourquoi le Seigneur dit aux disciples, que lorsqu’ils verront l’abomination de la désolation établie, ceux qui sont en Judée, doivent s’enfuir dans les montagnes, et que celui qui est sur le toit de la maison, n’en doit pas descendre. Pense-t-on que ce soit là un avertissement adressé à l’Église de Dieu, ou bien est-il pour ceux de Jérusalem ? Il n’y a pas de signes, si ce n’est le signe du Fils de l’homme dans le ciel ; mais il y a des événements qui identifient ceux auxquels le Seigneur s’adresse et dont il est question, avec Jérusalem et une délivrance terrestre : une chair sauvée (voir v. 22) ; le temps de la détresse de Jacob, dont il sera pourtant délivré ; la grande tribulation de Daniel 12, à laquelle le Seigneur nous renvoie expressément ; des séductions relativement à Christ, qui n’ont pas d’application aux chrétiens, parce que les chrétiens n’attendent pas Christ dans le désert ou dans les chambres intérieures, mais pour être ravis à sa rencontre en l’air. Je n’attends pas de mes opposants qu’ils comprennent comment il est impossible de faire l’application de tout cela à l’Église, parce qu’ils ne croient pas à l’Église ; mais j’ai le droit d’attendre que, quand le Seigneur parle de Jérusalem et de la Judée, et de fuir dans les montagnes, ils appliquent les paroles du Seigneur à ce à quoi le Seigneur les applique.

Je crois que « l’évangile du royaume » sera prêché à toutes les nations, avant que vienne cette fin (quoique l’apôtre en parle comme d’une chose faite au chapitre 1 de l’épître aux Colossiens) ; mais l’évangile du royaume sera ainsi prêché. Mais quand on vient me dire que ces signes devaient être pour les disciples des avertissements de la venue du Seigneur, je demande : Quels signes ? Et un avertissement pour qui ? Ce sont des signes et des événements qui devaient arriver pour être un avertissement à ceux qui seraient en Judée, qui ne pourraient pas faire plus du chemin d’un sabbat. Il s’agit d’un signe de jugement pour Jérusalem et le temple, là où sera le corps mort ; il n’est pas fait la moindre mention du ciel, ou d’être ravis pour rencontrer le Seigneur en l’air, mais il s’agit de quelque chose qui ne pouvait pas être si on croyait à cela, car la tentation était la présence de Christ dans le désert ou dans les chambres intérieures. C’est une triste chose de voir la peine que prennent ceux qui rejettent la doctrine de l’Église et de son enlèvement à la rencontre du Seigneur en l’air, pour rabaisser l’Église au niveau du judaïsme, même quand la Judée et Jérusalem sont expressément nommées comme la scène exclusive de ce qui se passe et des événements qui doivent s’accomplir. Je ne crois pas que j’aie rien de plus à ajouter. J’écris plutôt pour rendre témoignage que pour discuter à fond des choses qui ont été examinées déjà si souvent : la question ne peut pas être séparée de la doctrine de l’Église. Paul seul, pour ce qui est de la doctrine apostolique, Paul seul, dis-je, enseigne quant à l’Église, seul il parle de l’enlèvement. La pensée générale, envisagée de la terre et au point de vue de l’ordre des voies gouvernementales de Dieu, est la venue et l’apparition de Christ. Paul a enseigné une relation spéciale de l’Église avec Christ, finissant dans la réception de l’Église par Christ quand il se la présentera à Lui-même : cela, ces docteurs le rejettent avec persistance, cherchant à rabaisser l’Église autant qu’ils le peuvent au niveau du judaïsme. Ils rejettent, par conséquent, la mission particulière du Consolateur comme fruit de l’exaltation de Christ. Nous trouvons dans l’évangile de Jean la même vérité de l’enlèvement, pour les saints individuellement : cela aussi, bien entendu, on le rejette ; on cherche de toutes manières à déprécier la glorieuse vérité de l’Homme glorifié, et toutes les conséquences présentes et futures de cette exaltation. On n’ose pas nier qu’il n’y ait quelque différence ; on admet qu’il y a une corporation sur la terre qui n’existait pas auparavant, mais on fait tout ce qui est possible pour empêcher que les saints ne connaissent la gloire de la position de Christ, et ses conséquences pour ceux qui croient. Ce jugement peut paraître sévère, mais il y a un temps pour se taire, et un temps pour parler. Nous sommes arrivés à un moment de crise dans les voies de Dieu, et dans l’histoire du monde. Le mal est sans honte, et on ne veut pas de la vérité ; c’est, je pense, un temps pour parler.

 

7                        Conclusion : sur quoi faut-il insister ?

L’apparition des brochures qui m’ont fait prendre la plume, me parait providentielle, et j’estime heureux qu’elles soient précisément et directement opposées au témoignage que Dieu a suscité dans ce temps-ci, et que ce dont Dieu fait part à ses saints et qu’il leur enseigne, ces traités cherchent laborieusement à l’éliminer. Je n’ai pas à m’occuper des intentions de l’auteur mais de l’enseignement de ses écrits. Je n’ai pas besoin de dire que j’admets la vivification de tous les saints ; j’admets que le Fils est la source bénie de la vie dans tous les temps, et que par son sang est le pardon des péchés qui ont précédé sa venue, comme de ceux de tous les temps ; j’admets la pensée générale de l’apparition de Christ, comme l’espérance de ce monde misérable : mais la gloire spéciale de l’Homme glorifié, ses conséquences dans l’envoi du Saint-Esprit, l’union de l’Église avec son Chef, l’habitation du Consolateur dans les saints individuellement, le fait que ceux-ci sont membres de son corps, de sa chair et de ses os, l’élévation de l’Épouse, et sa présentation à Lui-même, et l’enlèvement des saints, tout ce qui constitue caractéristiquement le christianisme, et le distingue de la piété et de la vie en général, — ce par quoi Dieu agit sur les affections et remplit les espérances de l’Église de Dieu maintenant, — tout cela est soigneusement éliminé...

Je crois que l’Église peut discerner des signes, comme les pharisiens auraient dû discerner « ce temps-ci »; je crois que l’Église devrait par elle-même discerner ce qui est juste et vrai. Elle a tout l’avantage des signes en tant qu’avertissements, mais elle sait qu’ils précédent les jugements du monde ; et son propre caractère céleste et paisible et le caractère céleste de son espérance, sont maintenus par l’enlèvement qui la retire de la scène dans laquelle elle a à garder la parole de la patience de Christ. Je ne peux pas estimer que ce soit un privilège de se trouver dans un temps de détresse qui est causé par l’infidélité, et par la réjection de Christ ; cependant c’est le temps de la détresse de Jacob, mais d’une détresse dans laquelle il se trouve par son assujettissement aux gentils, par le péché.