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RÉFLEXIONS PRATIQUES sur les PSAUMES

 

 

par J.-N. Darby

 

Tables des matières :

0     PRÉFACE

1     LIVRE 1 — Psaumes 1-41

1.1     [Contenu du livre : gouvernement de Dieu, et application dans la marche]

1.2     Psaume 1

1.2.1     [Gouvernement terrestre et caractère de ceux qui jouissent de sa bénédiction]

1.2.2     [Aucune participation du juste avec les pécheurs méchants, qui seront jugés]

1.3     Psaume 2

1.4     Psaume 3

1.4.1     [Confiance paisible en Dieu, même dans l’épreuve et face aux ennemis]

1.4.2     [L’âme occupée de Jésus est en paix et triomphe de l’épreuve]

1.5     Psaume 4

1.5.1     [Importance d’une bonne conscience en pratique pour crier à Dieu]

1.5.2     [Ps. 4 v. 1-5 — Assurance du cœur qui marche dans la confiance et la dépendance de Dieu]

1.5.3     [Ps. 4 v. 6-8 — La bénédiction est en Dieu Lui-même seul]

1.6     Psaume 5

1.6.1     [Appel au jugement et à la vengeance, et différence entre Juif et chrétien]

1.6.2     [Appel au jugement divin selon le caractère de Dieu, pour le bien de Son peuple]

1.6.3     [Ce psaume n’est pas l’expérience d’un chrétien]

1.7     [Psaumes 6-7 — Appel au jugement dans différentes circonstances]

1.7.1     Psaume 6

1.7.1.1      [Épreuve en conséquence du péché, et confiance en Dieu malgré tout]

1.7.1.2      [Recours à la grâce dans la détresse, même si la colère est méritée]

1.7.2     Psaume 7

1.7.2.1      [Appel à la justice et à la vengeance, avec la foi dans le jugement divin]

1.7.2.2      [Recherche de la délivrance dans la détresse causée par les méchants]

1.8     Psaume 8

1.9     Psaumes 9 et 10

1.10      Psaume 11

1.10.1       [Manifestation du pouvoir du mal avant le jugement, amenant la ruine]

1.10.2       [Épreuves semblables pour le croyant, qui a un Père qui discipline en amour]

1.10.3       [Ps. 11 v. 1-3 — La foi se réfugie en Dieu, paix et tranquillité du juste]

1.10.4       [Ps. 11 v. 4-5 — Voies de Dieu, éprouvant les justes pour ouvrir l’intelligence]

1.10.5       [Ps. 11 v. 4-7 — Dieu sonde tous les hommes, surtout les justes, pour Sa gloire]

1.10.6       [Dieu sonde et éprouve les justes pour leur faire du bien]

1.10.6.1    [Dieu sonde les fidèles pour leur profit, et pour le résultat parfait de la patience]

1.10.6.2    [Gloire dans les tribulations, faisant briller l’espérance et goûter l’amour divin]

1.10.6.3    [Comportement vis-à-vis de l’amour agissant en discipline, selon Héb. 12]

1.10.6.4    [Buts de Dieu dans l’épreuve, vus dans le livre et le cas de Job]

1.10.6.5    [L’épreuve est pour nous apprendre à nous connaître, et notre bien à la fin]

1.10.6.6    [Effets de l’épreuve en nous, avec la vie spirituelle et avec la chair]

1.10.6.7    [Résultats bénis de l’épreuve dirigée par Dieu, nous dépouillant de nous-mêmes]

1.11      Psaume 12

1.12      Psaume 13

1.13      Psaume 14

1.13.1       [Expression du jugement divin sur un état de méchanceté, sans crainte de Dieu]

1.13.2       [Influence de la présence de Dieu, même sur les ennemis]

1.14      Psaume 15

1.15      Psaume 16

1.15.1       [Perfection de Christ comme homme devant Dieu, se confiant toujours en Lui]

1.15.2       [Vie éternelle en Christ présentée en 1 Jean comme manifestée ici-bas]

1.15.3       [Caractère de la vie de Christ homme dépendant, vivant pour Dieu en perfection]

1.15.3.1    [Vie de Christ comme homme dépendant et soumis, plutôt que manifestation de Dieu]

1.15.3.2    [Vraie place de l’homme devant Dieu, parfait et confiant]

1.15.3.3    [Illustration dans l’exemple du jeune homme riche en Luc 18]

1.15.3.4    [Christ, homme parfait, moralement devant Dieu, mais non vu comme Dieu]

1.15.4       [Ps. 16 v. 1 — Premier principe : Christ s’abandonne entièrement à Dieu]

1.15.4.1    [Christ se confie entièrement à Dieu pour le garantir]

1.15.4.2    [Soumission parfaite de la foi dans la position d’homme prise par Christ]

1.15.5       [Ps. 16 v. 2 — Deuxième principe : entière soumission à la volonté de Dieu]

1.15.5.1    [Humiliation volontaire de Christ, prenant la place d’homme soumis]

1.15.5.2    [Christ remplissait la place de l’homme, seul, pour la gloire de Dieu]

1.15.6       [Ps. 16 v. 3 — Sentier de Christ ici-bas parmi les saints]

1.15.6.1    [Place morale de Christ homme, et marche parmi ceux mis à part pour Dieu]

1.15.6.2    [Sentier et vie de Christ placés devant nous par la Parole]

1.15.6.3    [Exhortation à marcher en connaissant ce que Christ est]

1.15.7       [Ps. 16 v. 4-5 — Vie de Christ séparée du mal, mais ayant sa part en l’Éternel]

1.15.7.1    [Attachement à l’Éternel, en rejetant tout mal, et en ayant tout en Lui]

1.15.7.2    [Christ a l’Éternel pour sa portion permanente, et sa part pour toute sa marche]

1.15.7.3    [Joie dans la faveur de Dieu seule, qui est entre le cœur et les circonstances]

1.15.7.4    [Vie divine dans le monde, en ayant l’Éternel comme portion permanente]

1.15.7.5    [Confiance en l’Éternel seul, qui n’a que Lui, qui maintient notre lot]

1.15.8       [Aucune mention des circonstances extérieures, seulement la vie intérieure en Dieu]

1.15.9       [Ps. 16 v. 6 — Sentiment de bénédiction pour l’âme jouissant de la présence de Dieu]

1.15.10     [Ps. 16 v. 7 — Conseil de Dieu et intelligence de la vie divine pour marcher ici-bas]

1.15.10.1    [Conseil donné de Dieu pour conduire le fidèle dans Son chemin]

1.15.10.2    [Intelligence divine pour discerner le chemin selon Dieu]

1.15.10.3    [Contrôle de la Parole sur la vie divine, opposée à une imagination exaltée]

1.15.11     [Ps. 16 v. 8 — Une marche parfaite par la foi ne regarde qu’à Dieu]

1.15.11.1    [Regarder toujours et uniquement à Dieu pour une marche parfaite]

1.15.11.2    [Dieu ne fait jamais défaut à la foi qui ne regarde qu’à Lui]

1.15.11.3    [Renoncement à tout en s’attendant uniquement à l’Éternel]

1.15.12     [Ps. 16 v. 9-10 — Soins de l’Éternel envers Son saint, même jusque dans la mort]

1.15.13     [Ps. 16 v. 11 — Vie parfaite pour Dieu manifestée dans le chemin de Christ ici-bas]

1.15.13.1    [Chemin de la vie à travers la mort, à cause du péché]

1.15.13.2    [Sentier de Christ jusque dans la mort, chemin de la vie pour Dieu dans l’homme]

1.15.13.3    [Manifestation de la vie à Dieu ici-bas, L’ayant comme seul objet]

1.15.13.4    [La vie nouvelle dans l’homme n’a rien dans ce monde, mais regarde à Dieu]

1.15.13.5    [Vie d’homme absolument pour Dieu et selon Lui]

1.15.13.6    [Nécessité de vivre de la vie de Christ]

1.15.14     [Contenu du psaume 16 : vie spirituelle intérieure de Christ, et la nôtre]

1.16      Psaume 17

1.16.1       [Vie intègre dans la justice ici-bas, dépendant de Dieu dans toute la marche]

1.16.2       [Ps. 17 v. 1-5 — Caractères de la vie pratique dépendante de Dieu]

1.16.2.1    [Confiance en Dieu à cause de la justice, sans désir de vengeance]

1.16.2.2    [Ps. 17 v. 3-5 — Autres caractères de cette vie intègre avec Dieu, comme celle de Christ]

1.16.3       [Ps. 17 v. 6-15 — Vie s’attendant à Dieu face à l’opposition des méchants]

1.16.3.1    [Marche par la foi avec le cœur rempli de Christ, même dans l’épreuve]

1.16.3.2    [La fidélité à Dieu conduit à la gloire et à la présence divine en justice]

1.16.3.3    [Juste délivrance de la main des méchants attendue, dans le sentier de Christ]

1.17      Psaume 18

1.17.1       [Cri à Dieu dans les souffrances, et délivrance de l’Éternel qui a entendu]

1.17.2       [Célébration du nom de l’Éternel qui a répondu dans la détresse, sur la terre]

1.17.3       [Délivrance amenée par l’obéissance et la dépendance de Christ]

1.17.3.1    [Bénédiction céleste anticipée par les Ps. 16 et 17]

1.17.3.2    [Obéissance et dépendance dans la détresse, puis délivrance et triomphe]

1.17.3.3    [Détresse venant de l’homme et de la mort, et gouvernement de Dieu selon la justice]

1.17.4       [Enseignements du psaume pour nous]

1.17.4.1    [Intérêt et sympathie de Dieu même dans la détresse, qui donnent confiance]

1.17.4.2    [Invoquer le Seigneur dans la détresse, pour être délivré et Le connaître]

1.17.4.3    [Attrait du cœur pour Dieu connu dans Sa sympathie et Sa compassion]

1.18      Psaume 19

1.18.1       [Ps. 16-18 présentant Christ — Ps. 19-21 montrant les témoignages donnés au résidu]

1.18.2       [Ps. 19 v. 1-6 — Témoignage de la création, universel pour tous les hommes]

1.18.3       [Ps. 19 v. 7-11 — Témoignage de la loi de Dieu et effets dans le fidèle]

1.18.3.1    [Excellence de la loi divine, témoignage à la conscience, touchant l’âme et le cœur]

1.18.3.2    [Ps. 19 v. 11 — Chemin divin au milieu du mal, et bénédiction en le suivant]

1.18.4       [Ps. 19 v. 12-13 — Jugement du cœur par la Parole, et purification des péchés]

1.18.5       [Ps. 19 v. 14 — Vrai désir du cœur, recherchant le bien avec Dieu]

1.19      Psaumes 20-21

1.19.1       [Christ comme témoignage, dans Ses afflictions ici-bas et Son lien avec l’Éternel]

1.19.2       [Révélation de Christ et de Ses caractères comme Fils de Dieu, au-delà du Messie]

1.20      Psaume 22

1.20.1       [Sentiments et pensées de Christ dans Sa piété, lors de l’introduction de la grâce]

1.20.2       [Ps. 22 v. 1-19 — Souffrances et angoisses donnant occasion au cri de Christ]

1.20.2.1    [Souffrances de Christ à la croix, regardant à Dieu malgré tout]

1.20.2.2    [Pas de délivrance pour Christ, même en regardant à l’Éternel]

1.20.2.3    [Christ associé à Israël, quand la grâce brille envers tous pour la gloire de Dieu]

1.20.2.4    [Christ parlant comme Fils dans les évangiles, et s’adressant ici à Son Dieu]

1.20.3       [Caractères de Christ manifesté au milieu d’Israël, et confiance en l’Éternel]

1.20.3.1    [Caractère de la piété de Christ, se confiant en l’Éternel au milieu d’Israël]

1.20.3.2    [Sentiment profond de l’épreuve traversée, jusqu’à l’abandon de Dieu]

1.20.3.3    [Ps. 22 v. 1-3 — Perfection de Christ envers Son Dieu]

1.20.3.3.1    [Confiance parfaite en Dieu, malgré Son abandon]

1.20.3.3.2    [Dépendance comme homme, même quand Dieu Le laisse sans réponse]

1.20.3.4    [Christ connu comme ayant souffert l’abandon, et jouissant de la bénédiction]

1.20.4       [Ps. 22 v. 21-31 — Sentiments et affections de Christ délivré]

1.20.4.1    [Sentiments de Christ une fois le jugement passé]

1.20.4.2    [Dieu pleinement manifesté par Christ, et relation nouvelle avec Lui]

1.20.4.2.1    [Jésus ici-bas parle du Père et du Fils de l’homme, non de Dieu et de Christ]

1.20.4.2.2    [Perfection de la manifestation de notre Dieu dans tous Ses caractères]

1.20.4.2.3    [Christ a déclaré le nom de Dieu et a permis que Son amour se répande]

1.20.4.2.4    [Christ entre, comme homme, dans la joie de la relation avec le Père, et nous avec Lui]

1.20.4.3    [Louange de Christ au milieu de ceux qu’Il a rachetés et rassemblés]

1.20.4.4    [Résultats de l’œuvre limités à la terre, en grâce, sans question de jugement]

1.21      Psaume 23

1.21.1       [Ps. 23 v. 1-2 — Sollicitude constante de l’Éternel pour les fidèles, qui sont comblés]

1.21.2       [Ps. 23 v. 3-5 — L’Éternel est la sauvegarde des siens dans toutes leurs épreuves]

1.21.3       [Christ a frayé le chemin pour les brebis dans ce monde, avec sollicitude]

1.21.4       [Ps. 23 v. 6 — Confiance reposant sur l’Éternel pour l’avenir]

1.21.5       [Bénédiction du fidèle, ayant dans sa pensée la puissance et la sollicitude divines]

1.22      Psaume 24

1.22.1       [Bénédiction et acceptation en grâce offertes à tous, en la montagne de l’Éternel]

1.22.2       [Ps. 16-24, présentant Christ associé aux saints d’ici-bas]

1.22.3       [Action sur la piété du cœur en voyant Christ vrai homme marchant ici-bas]

1.22.4       [Progression du caractère des psaumes 3 à 24, puis exercices du Résidu affligé]

1.23      Psaume 25

1.23.1       [Ps. 25 v. 1-7 — Confiance en l’Éternel, dans le sentiment des péchés passés]

1.23.1.1    [Base de l’expérience des fidèles, s’appliquant au Résidu juif et non aux chrétiens]

1.23.1.2    [Ps. 25 v. 1-3 — Foi se confiant à l’Éternel, et désirant la confusion des méchants]

1.23.1.3    [Ps. 25 v. 4-7 — S’approcher de l’Éternel en recherchant Son chemin]

1.23.1.3.1    [Recherche du seul chemin du Seigneur, et confiance en Sa compassion]

1.23.1.3.2    [Confiance dans la grâce, agréable à Dieu, malgré les péchés confessés]

1.23.2       [Ps. 25 v. 8-14 — Conduite du fidèle dans le chemin selon Dieu et selon Ses voies]

1.23.2.1    [Ps. 25 v. 8-9 — Connaissance de ce qui est dans le cœur du Seigneur pour le chemin du fidèle]

1.23.2.2    [Progression de l’âme dans les trois parties du psaume 25]

1.23.2.3    [Ps. 25 v. 8-9 — Le Seigneur enseigne le droit chemin à ceux qui sont humiliés]

1.23.2.4    [Ps. 25 v. 12-13 — Connaissance du chemin choisi de Dieu pour la bénédiction]

1.23.2.5    [Ps. 25 v. 14 — Connaissance de la pensée du Seigneur pour ceux qui Le craignent]

1.23.3       [Ps. 25 v. 15-22 — L’âme regarde à Dieu et l’invoque sur tout, dans son intégrité]

1.23.3.1    [Ps. 25 v. 15-16 — Confiance en Dieu au milieu du mal, avec intégrité de cœur]

1.23.3.2    [Ps. 25 v. 19-22 — Confiance du cœur en Dieu, qui ne sera pas confus, et pensée pour Son peuple]

1.23.4       [Sentiments moraux du cœur, fondés sur la conscience de ce qu’est l’Éternel pour lui]

1.24      Psaume 26

1.25      Psaume 27

1.25.1       [Cœur confiant en Dieu et exercé quant au mal, sans crainte devant lui]

1.25.2       [Ps. 27 v. 1-3 — L’Éternel, lumière et délivrance actuelle du saint]

1.25.3       [Ps. 27 v. 4-6 — État d’âme lié à la confiance en Dieu, trouvant toute sécurité en Lui]

1.25.4       [Ps. 27 v. 7-12 — Exercices de l’âme se confiant au Seigneur qu’elle connaît]

1.25.5       [Ps. 27 v. 13-14 — La bonté de l’Éternel comme seule ressource du cœur intègre]

1.26      Psaume 28

1.26.1       [Cri du juste à l’Éternel, lien avec Lui par la foi]

1.26.2       [Délivrance accordée à la confiance, attachant à Dieu et Le faisant connaître]

1.26.3       [Attente de la délivrance de la part de quelqu’un de connu dans sa perfection]

1.26.4       [Exemple d’un homme dont le cœur s’est confié en Dieu et qui se réjouit en Lui]

1.26.5       [Même principe chez le chrétien, de manière plus calme]

1.27      Psaume 29

1.27.1       [Engagement à rendre gloire à l’Éternel et à Son nom révélé]

1.27.2       [Domination de l’Éternel sur toutes choses, et bénédiction de Son peuple]

1.28      Psaume 30

1.28.1       [Joie découlant de la délivrance supérieure à la bénédiction de la prospérité]

1.28.1.1    [L’âme éprouvée et guérie jouit de ce que Dieu est pour elle, plutôt que des circonstances]

1.28.1.2    [Le repos dans la bénédiction, même venant de Dieu, s’adresse au moi]

1.28.2       [Faveur de l’Éternel considérée dans ses effets plutôt qu’en elle-même]

1.28.3       [Épreuves pour que l’âme apprenne à éprouver la faveur divine et en jouir]

1.28.4       [Différents états d’âme des saints, vis-à-vis du moi]

1.28.4.1    [L’innocence, état d’une âme jouissant de son salut, mais sans combat intérieur]

1.28.4.2    [Connaissance du moi amenée par le péché et le pardon connus]

1.28.4.3    [Jugement réel du moi, mis de côté pratiquement, en relation avec Dieu]

1.29      Psaume 31

1.29.1       [Confiance en l’Éternel, révélé et connu, dans l’angoisse, cause du péché]

1.29.2       [Confiance et abandon à l’Éternel connu personnellement, même dans l’affliction]

1.29.3       [État d’âme particulier donnant une intime et profonde confiance en Dieu]

1.30      Psaume 32

1.30.1       [Ps. 32 v. 1-2 — Bénédiction de l’âme renouvelée, consciente que son péché est pardonné]

1.30.1.1    [Abolition de toute culpabilité et pardon des péchés, et purification du cœur]

1.30.1.2    [Conscience que le péché est ôté de devant Dieu, non imputé par Lui]

1.30.1.3    [Confession du péché sans atténuation, qui n’est alors pas imputé par Dieu]

1.30.2       [Ps. 32 v. 5 — Confession des transgressions, tout étant alors réglé et pardonné]

1.30.2.1    [Confession des péchés revenus en mémoire, ce qui règle tout]

1.30.2.2    [Cœur mis au large par la confession, ouvert à Dieu par la grâce]

1.30.3       [Ps. 32 v. 6 — La révélation de Dieu Le fait désirer et rechercher de l’âme fidèle]

1.30.4       [Ps. 32 v. 6-7 — Sentiment du pardon offert par Dieu, qui attire et met à l’abri]

1.30.5       [Ps. 32 v. 8-11 — Promesses pour la marche]

1.30.5.1    [Ps. 32 v. 8 — Dieu nous guide dans le chemin qui est le sien]

1.30.5.2    [Marche avec intelligence spirituelle, et joie en Dieu qui en découle]

1.31      Psaume 33

1.31.1       [Louange et recherche des principes selon Dieu, qui gouverne tout, suite au pardon]

1.31.2       [Gouvernement de Dieu selon les principes de Sa volonté]

1.31.3       [Puissance divine en création, et bénédiction du peuple choisi de Dieu]

1.32      Psaume 34

1.32.1       [Ps. 34 v. 1-10 — L’Éternel trouvé comme secours dans l’épreuve et l’affliction]

1.32.2       [Expérience de la bonté incomparable de l’Éternel, dans l’intimité]

1.32.3       [Ps. 34 v. 7-18 — Marche dans la crainte de Dieu pour jouir de la bénédiction]

1.32.4       [Gouvernement de Dieu, vrai de tout temps]

1.32.4.1    [Dieu veille sur les siens, même s’ils ont à souffrir]

1.32.4.2    [Gouvernement actuel pour les justes, au milieu même du mal]

1.32.5       [Accomplissement de ce psaume en Christ]

1.32.5.1    [Accomplissement littéral quand la fureur de tous s’élève contre Christ]

1.32.5.2    [Soins continuels de Dieu, en qui l’âme peut se confier]

1.33      Psaume 35

1.33.1       [Appel direct au jugement des ennemis, après un long temps de patience]

1.33.2       [Opération de l’esprit de patience dans les fidèles, dont David est un exemple]

1.33.3       [Différence de l’esprit chrétien d’avec l’appel au jugement après la patience]

1.33.4       [Esprit du résidu exercé par l’épreuve et soumis à Dieu]

1.34      Psaume 36

1.34.1       [Ps. 36 v. 1-5 — Consolation profonde en Dieu face à la grandeur du mal]

1.34.2       [Ps. 36 v. 5-6 — Fidélité de Dieu, ferme et dominant tout le mal, paix pour le cœur]

1.34.3       [Ps. 36 v. 7-8 — Source de la bonté trouvée en Dieu, devenue la ressource du fidèle]

1.34.3.1    [La source de la bonté est en Dieu, en qui on peut se réfugier par grâce]

1.34.3.2    [La bonté devient la part du fidèle, qui trouve en Dieu joie et bénédiction]

1.34.3.3    [Bénédiction des joies divines goûtées dans la relation où nous sommes avec Dieu]

1.34.4       [Ps. 36 v. 9 — Source de la vie en Dieu pour l’homme]

1.34.4.1    [Ce que Dieu est en bénédiction pour nous en Lui-même, la vie]

1.34.4.2    [Ce que Dieu est pour le résidu, leur espérance, la vie et la résurrection]

1.34.4.3    [Dieu source de la vie manifesté par l’évangile, suite à la résurrection de Christ]

1.34.5       [Lumière et vie, caractères de Dieu manifestés et découlant de Lui]

1.34.5.1    [Opération de l’Esprit dans ceux qui sont sous la loi, pécheurs, et en Christ]

1.34.5.2    [Source de la vie en Dieu, fleuve d’eau vive pour le fidèle et découlant de lui]

1.34.5.3    [Dieu, source de la vie divine, se réjouissant en ce qui est divin]

1.34.5.4    [Dieu est lumière et la communique, comme la vie ; et de même pour Christ]

1.34.5.5    [Lumière manifestée en Christ, consolation au milieu des ténèbres]

1.34.6       [Ps. 36 v. 10-12 — Espérance de la délivrance actuelle et jugement des méchants]

1.35      Psaume 37

1.35.1       [Manifestation du gouvernement de Dieu sur la terre]

1.35.2       [Exhortations quant à la marche et à la confiance en Dieu, au milieu du mal]

1.35.3       [Ps. 37 v. 1-3 — Tranquillité d’esprit et confiance plutôt qu’irritation et jalousie]

1.35.4       [Ps. 37 v. 4-6 — Dieu répond toujours à la foi qui s’attend à Lui]

1.35.5       [Ps. 37 v. 7-40 — Caractère de la confiance, et gouvernement de Dieu en rapport avec les Juifs]

1.35.6       [Bénédictions particulières présentées dans ce psaume]

1.35.6.1    [Le Seigneur affermit les pas du fidèle dans ce monde, pour suivre Son sentier]

1.35.6.2    [Christ est le seul chemin, au milieu de ce monde]

1.35.6.3    [Le Seigneur soutient le saint, même s’il tombe dans l’épreuve]

1.35.6.4    [Traits caractérisant le juste, dont la fin est la paix]

1.35.6.5    [Le Seigneur est la force, l’aide et la délivrance des justes qui se confient en Lui]

1.36      Psaume 38

1.36.1       [Âme dans la détresse sous le châtiment, mais regardant à l’Éternel]

1.36.2       [Enchaînement des pensées dans le psaume 38]

1.36.3       [Intégrité du cœur confessant son péché et demandant du secours contre ses ennemis]

1.36.4       [Celui qui connaît le Dieu saint regarde à Lui, même sous la discipline, avec confiance]

1.36.5       [Confiance du cœur qui regarde à Dieu après avoir confessé son péché]

1.36.6       [Sentiment envers Dieu, lié à la relation avec Lui]

1.37      Psaume 39

1.38      Psaume 40

1.38.1       [Christ prenant place avec les saints, motif de confiance et rédempteur]

1.38.2       [Souffrances de Christ avec le résidu d’Israël, non pour lui]

1.38.2.1    [Christ souffrant avec le résidu avec lequel Il s’identifie en grâce]

1.38.2.2    [Christ vu en relation avec Dieu comme partie d’Israël, et souffrant comme fidèle]

1.38.2.3    [Accomplissement pour Christ quand l’heure de l’ennemi est venue]

1.38.2.4    [Attente parfaite dans l’épreuve, que la chair ne peut réaliser]

1.38.3       [Ps. 40 v. 1-4 — Perfection de Christ, modèle parfait pour nous]

1.38.3.1    [Attente patiente de l’Éternel jusqu’à ce qu’Il intervienne, sans volonté propre]

1.38.3.2    [La seule délivrance attendue et désirée est celle de l’Éternel]

1.38.3.3    [Épreuve pour les saints, et ressource de crier à l’Éternel, qui exauce]

1.38.3.4    [Application à d’autres de la délivrance divine manifestée en Christ]

1.38.4       [Ps. 40 v. 5 — Christ homme, associé au peuple, raconte les merveilles de Dieu]

1.38.5       [Ps. 40 v. 6-8 — Christ homme obéissant, prenant la place d’obéissance]

1.38.5.1    [Introduction de Christ venant volontairement, homme obéissant à Dieu]

1.38.5.2    [Perfection de Christ, volontairement fait homme, parfaitement obéissant]

1.38.6       [Ps. 40 v. 9-10 — Perfection du service de Christ, annonçant tout ce que Dieu est]

1.38.7       [État du résidu, sentant sur lui les conséquences du péché d’Israël]

1.39      Psaume 41

1.39.1       [Résumé du Ps. 40]

1.39.2       [Béatitude de ceux qui présentent les caractères de Christ]

1.39.3       [Psaume accompli en Christ, identifié au résidu dans l’épreuve, s’attendant à l’Éternel]

2     LIVRE 2 — Psaumes 42-72

2.1     [Épreuve du fidèle quand le peuple est rejeté de la faveur de Dieu]

2.1.1     [Absence du nom de l’Éternel, au début du livre, car le peuple est chassé]

2.1.2     [Différence entre les relations avec le Père et avec l’Éternel]

2.1.3     [Foi mise à l’épreuve par l’affliction, Dieu cachant Sa face à Son peuple]

2.1.4     [Jugement complet de la chair, l’âme étant éprouvée pour se rattacher à Dieu seul]

2.2     Psaume 42

2.2.1     [Cas particulier d’expérience, après avoir goûté des bénédictions communes]

2.2.1.1      [Principe général du psaume ou cas d’une expérience particulière]

2.2.1.2      [Cas d’une âme qui a perdu la première joie du salut, ignorant ses conséquences]

2.2.2     [Soif de Dieu lui-même, après la perte de circonstances heureuses]

2.2.2.1      [L’âme soupire après Dieu, sentiment plus profond que la joie précédente]

2.2.2.2      [La joie est trouvée en Dieu seul, plutôt qu’au travers de Ses bénédictions]

2.2.2.3      [Joie du cœur davantage liée à sa source plutôt qu’aux circonstances]

2.2.3     [L’exclusion des bénédictions par l’ennemi rejette l’âme sur Dieu seul]

2.2.4     [Ps. 42 v. 5-6 — L’affliction ressentie et reconnue fait sentir la dépendance de Dieu]

2.2.5     [Ps. 42 v. 7 — L’affliction vient de Dieu, pour amener une bénédiction]

2.2.6     [Ps. 42 v. 8-9 — Conscience de la relation avec Dieu, et confiance en Lui]

2.2.7     [Ps. 42 v. 10-11 — Le cœur se rejette entièrement sur Dieu et a sa joie en Lui]

2.2.8     [L’âme brisée par l’épreuve se souvient de Dieu et de sa relation avec Lui]

2.3     Psaume 43

2.3.1     [L’âme restaurée demande la délivrance pour jouir de Dieu et Le louer]

2.3.2     [Le désir de la délivrance doit suivre la restauration, selon la volonté de Dieu]

2.3.3     [Le fidèle désire que le Dieu de sa joie l’amène là où il pourra L’adorer]

2.3.4     [Dieu est le salut et la joie du fidèle, dont l’allégresse éclate en adoration]

2.3.5     [En attendant la restauration extérieure, Dieu est la joie et la bénédiction du fidèle]

2.4     Psaume 44

2.4.1     [Application des psaumes du second livre à l’état du chrétien]

2.4.1.1      [Développement d’exercices moraux quand l’âme ne jouit plus de sa relation avec Dieu]

2.4.1.2      [La relation du chrétien avec Dieu le place au-delà de la position de ces psaumes]

2.4.2     [Deux principes du psaume : fidélité à l’autorité de Dieu, et confiance malgré l’épreuve]

2.4.2.1      [Les fidèles d’Israël reconnaissent le gouvernement de Dieu, Sa grâce et Sa faveur]

2.4.2.2      [Les fidèles ne renient pas le Seigneur malgré l’épreuve]

2.4.2.3      [Fidélité et attachement à Dieu, et confiance dans Son secours, malgré tout]

2.4.3     [Les épreuves sont attribuées à Dieu, qui semble abandonner le fidèle]

2.4.4     [Épreuve quand l’ennemi a le dessus, selon le gouvernement de Dieu]

2.4.5     [Épreuve sous le gouvernement de Dieu, attachant le cœur à Dieu seul]

2.4.5.1      [Souffrances pour le nom de Dieu, à cause de ce qu’Il est, par amour pour Lui]

2.4.5.2      [Dieu Lui-même dans Sa nature comme objet de la joie, au milieu de l’épreuve]

2.4.6     [Progrès par rapports aux psaumes 42-43, le fidèle s’attachant à Dieu malgré tout]

2.5     Psaume 45

2.5.1     [Célébration du Messie, Roi victorieux, joie différente de celle du chrétien]

2.5.2     [Ps. 45 v. 10-11 — Rupture des anciens liens naturels pour jouir de Christ seul]

2.5.3     [Christ fait tout nouveau, ce qui était ancien étant mis de côté pour l’avoir Lui]

2.6     Psaume 46

2.6.1     [Dieu est notre refuge dans la détresse, et nous pouvons nous attendre à Lui]

2.6.2     [Dieu seul, dans Sa nature, est le secours et le refuge sûrs contre l’adversité]

2.6.3     [Tout effort humain doit être banni, pour s’attendre à Dieu seul]

2.6.4     [Intégrité, confiance absolue et patience, pour profiter de la délivrance divine]

2.6.5     [Dieu donne la paix et rafraîchit dans Sa demeure, Sion ou maintenant l’Église]

2.7     Psaume 47

2.7.1     [Annonce du triomphe d’Israël, et louange de Dieu, roi puissant sur la terre]

2.7.2     [Ps. 47 v. 5-8 — Dieu célébré dans Sa gloire, connue des siens par la bénédiction]

2.7.3     [Ps. 47 v. 7-9 — Louange à Dieu selon Ses relations avec les saints]

2.7.4     [Sujet du règne de Dieu en général, en lien avec Israël qui le célèbre]

2.8     Psaume 48

2.9     Psaume 49

2.9.1     [Vanité du monde et impuissance de l’homme devant la mort, dont Dieu rachète]

2.9.2     [Le chrétien va plus loin, se tenant pour mort et n’attendant rien dans le monde]

2.9.3     [La mort règne sur tout dans ce monde, et s’y attacher est folie]

2.10      Psaume 50

2.10.1       [Exécution du jugement divin, sur le terrain moral où est l’homme]

2.10.2       [Connaître Dieu et Le louer amène la bénédiction ; sinon, c’est le jugement]

2.11      Psaume 51

2.11.1       [Ps. 51 v. 1-4 — L’âme qui a péché a affaire à Dieu et espère en la grâce]

2.11.2       [Ps. 51 v. 5-7 — Sentiment du péché intérieur, et confiance en Dieu qui lave et humilie]

2.11.3       [Ps. 51 v. 8-12 — Désir de la joie venant de Dieu, avec un cœur purifié devant Lui]

2.11.3.1    [Recherche de la joie avec un cœur vrai, s’attendant à Dieu et à Sa présence]

2.11.3.2    [Différence d’avec le chrétien, qui ne peut pas perdre le Saint Esprit]

2.11.3.3    [Le chrétien peut demander de ne pas perdre l’action pratique de l’Esprit]

2.11.3.4    [L’Esprit garde la foi vivante, et fait désirer le sentiment de la joie du salut]

2.11.3.5    [Confiance dans le pardon divin et la demeure de l’Esprit, connus de l’âme]

2.11.3.6    [Différents états de l’âme dans laquelle l’Esprit agit]

2.11.3.7    [Nécessité de maintenir la vérité de la demeure du Saint Esprit dans le chrétien]

2.11.4       [Ps. 51 v. 13-19 — L’âme restaurée par un Dieu de grâce peut louer Sa justice]

2.12      Psaume 52

2.13      Psaume 53

2.13.1       [Ps. 53 v. 1 — Dieu mis de côté par le méchant dans toute sa voie et sa volonté]

2.13.2       [L’abandon de Dieu laisse agir la puissance du mal, jusqu’à son jugement]

2.13.3       [Plus le mal grandit, plus Dieu est concerné, jusqu’à le juger et restaurer Son peuple]

2.14      Psaume 54

2.15      Psaume 55

2.15.1       [Détresse d’une âme haïe de ses proches et chargée par eux de culpabilité]

2.15.2       [Satan cherche à faire peser le poids de la colère divine sur l’âme du juste]

2.15.3       [Le fidèle veut fuir la puissance du mal et la méchanceté, et se confie en Dieu]

2.15.4       [Gouvernement de Dieu face au mal, et soutien du fidèle éprouvé se rejetant sur Lui]

2.15.5       [Fidélité infaillible de Dieu, et confiance en Lui apprise par le mal éprouvé]

2.16      Psaume 56

2.16.1       [L’âme est éprouvée par l’ennemi mais se confie en Dieu et en Sa parole]

2.16.2       [Confiance immédiate en Dieu et en Sa révélation, au contraire du Ps. 55]

2.16.3       [Dieu est la seule ressource du fidèle contre la chair, qui ne peut rien contre Lui]

2.16.4       [Ps. 56 v. 8-11 — Dieu enregistre tout ce qui concerne le fidèle, qui se confie en Lui]

2.16.5       [Ps. 56 v. 12-13 — Sentiment d’appartenir à Dieu, produisant louange et dépendance]

2.16.6       [Ps. 56 v. 13 — L’âme tirée de détresse désire marcher devant Dieu]

2.17      Psaume 57

2.17.1       [Danger de s’occuper trop du mal, plutôt que regarder à Dieu]

2.17.2       [Progression par rapport au Ps. 56, les pensées se reposant davantage sur Dieu]

2.17.3       [Le fidèle s’attend à Dieu qui le délivre de ses ennemis, et Lui rend la louange]

2.18      Psaume 58

2.19      Psaume 59

2.20      Psaume 60

2.21      Psaume 61

2.22      Psaume 62

2.22.1       [Repos de l’âme s’attendant à Dieu]

2.22.1.1    [Le repos implique dépendance et confiance envers Dieu]

2.22.1.2    [La dépendance n’agit pas sans Dieu et attend de Lui la délivrance]

2.22.1.3    [La confiance soutient l’âme et lui fait prendre patience]

2.22.2       [Attente patiente comptant sur Dieu avec confiance]

2.22.3       [Ps. 62 v. 8 — Constance de la confiance en un Dieu fidèle et parfait dans Ses voies]

2.22.4       [Dieu interviendra en perfection et en puissance, alors qu’il n’y a rien dans l’homme]

2.22.5       [Ps. 62 v. 12 — L’intervention de Dieu sera la délivrance et la récompense du juste]

2.23      Psaume 63

2.23.1       [Ps. 63 v. 1 — L’âme qui connaît Dieu comme son Dieu a soif de Lui et Le désire]

2.23.2       [Ps. 63 v. 2 — Désir de voir Dieu dans toute Sa gloire, comme Il est connu]

2.23.3       [Ps. 63 v. 3 — La bonté de Dieu rafraîchit l’âme dans le désert de ce monde]

2.23.3.1    [L’âme comprend la bonté de Dieu, meilleure que la vie d’ici-bas]

2.23.3.2    [Vie divine connue et manifestée dans le fidèle]

2.23.4       [Ps. 63 v. 4 — Le fidèle bénit Dieu, trouvant en Lui seul son rafraîchissement ici-bas]

2.23.5       [Ps. 63 v. 5 — Louange de l’âme satisfaite en Dieu seul, simple et sans distraction]

2.23.6       [Ps. 63 v. 7-8 — Joie en Dieu comme secours et sécurité de l’âme, qui Le suit]

2.23.7       [Ps. 63 v. 9-11 — Jugement des ennemis selon le gouvernement de Dieu]

2.23.8       [Foi simple se réjouissant en Dieu, loin de son pays — Comparaison avec le Ps. 84]

2.24      Psaume 64

2.24.1       [Méchanceté universelle de l’homme, haïssant ceux qui suivent le principe de la foi]

2.24.2       [Épreuve du fidèle, et intervention parfaite de Dieu en délivrance, pour Sa gloire]

2.25      Psaume 65

2.25.1       [Louange et joie attendant l’accomplissement de la bénédiction]

2.25.2       [Gloire de Dieu associée avec la bénédiction de Son peuple]

2.26      Psaume 66

2.26.1       [Tout est attribué à Dieu, Sa puissance domine toutes choses]

2.26.2       [Ps. 66 v. 9-12 — Dieu vu dans la tribulation, auteur et gardien]

2.26.2.1    [Dieu met dans la détresse et en garde les siens, en discipline]

2.26.2.2    [L’épreuve fait partie du dessein de Dieu, préparant pour la bénédiction]

2.26.3       [L’affliction amène vers Dieu, avec la volonté brisée, et produit la reconnaissance]

2.27      Psaume 67

2.28      Psaume 68

2.29      Psaume 69

2.30      Psaume 70

2.30.1       [Tout est supporté pour le bonheur du peuple de Dieu et sa bénédiction]

2.30.2       [Manifestation du véritable esprit de foi du fidèle]

2.31      Psaume 71

2.32      Psaume 72

3     LIVRE 3 — Psaumes 73-89

3.1     Psaume 73

3.1.1     [Jugement temporel de Dieu en Israël, répondant à l’anxiété de cœur des fidèles]

3.1.2     [Affliction devant le mal prospérant dans le monde, et désir de vengeance]

3.1.3     [Les voies et le jugement justes de Dieu sont appris dans Son sanctuaire]

3.1.4     [Saintes affections pour Dieu, qui est toujours avec le fidèle, en grâce]

3.1.5     [Être guidé par le conseil divin, dans Sa communion, après avoir été soutenu]

3.1.6     [Distinction de la position juive, une fois la gloire établie]

3.1.7     [Restauration du cœur, sentant le mal dans le monde et n’ayant que Dieu]

3.1.8     [Encouragement et bénédiction trouvés en Dieu et en Sa fidélité]

3.2     Psaume 74

3.3     Psaume 75

3.4     Psaume 76

3.4.1     [La manifestation du trône de Dieu est plus excellente que la puissance de l’homme]

3.4.2     [Dieu fait tout servir à Sa gloire et aura toujours le dernier mot]

3.5     Psaume 77

3.5.1     [Le fidèle cherche activement le Seigneur, étant sous le poids des circonstances]

3.5.2     [État d’une âme dans la détresse et ne jouissant pas de la paix avec Dieu]

3.5.3     [Le chrétien, jamais rejeté, n’a pas besoin de se souvenir de la faveur divine]

3.5.4     [La voie de Dieu, insondable, est en accord avec Sa sainteté et Son amour]

3.5.5     [Contraste entre l’âme accablée par ses pensées et celle qui se souvient de Dieu]

3.6     Psaume 78

3.6.1     [La grâce est la seule ressource de Dieu pour bénir Son peuple qu’Il aime]

3.6.2     [La foi connaît Dieu et sa puissance sans la limiter, et profite de l’expérience]

3.7     Psaume 79

3.7.1     [Le cœur abattu n’a de refuge que dans le nom de Dieu, étant humilié]

3.7.2     [Le peuple célèbre le Seigneur qui se manifeste contre ses ennemis]

3.7.3     [Identification de la gloire de Dieu avec Son peuple, qu’Il délivre]

3.8     Psaume 80

3.8.1     [Invocation hardie, dans un caractère juif, allant jusqu’à Christ Fils de l’homme]

3.8.2     [Sentiment d’appartenir à Dieu et de Sa réprobation, et désir qu’Il ramène]

3.8.3     [Bénédiction désirée selon le caractère de Dieu, après avoir été ramenés en grâce]

3.8.4     [La foi recherche aussi la vivification, faisant appel à Dieu après avoir été ramené]

3.8.5     [Conversion suivie de la repentance]

3.8.5.1      [Retour personnel à Dieu et repentance qui suit]

3.8.5.2      [Tristesse produite par la conversion et amenant la repentance, selon 2 Cor.]

3.8.5.3      [Exemple de conversion et repentance en Actes 2]

3.9     Psaume 81

3.9.1     [Dieu veut la vérité du cœur, pour bénir abondamment]

3.9.2     [Châtiment divin sur le fidèle, ou combat avec le Seigneur contre les adversaires]

3.10      Psaumes 82-83

3.11      Psaume 84

3.11.1       [Bonheur dans la jouissance de Dieu manifesté, dans Ses demeures]

3.11.2       [Louange d’un cœur à l’aise où Dieu se manifeste, ce qui est la parfaite bénédiction]

3.11.3       [Ps. 84 v. 5-6 — Bénédiction dans le chemin menant au sanctuaire, malgré les pleurs]

3.11.4       [Ps. 84 v. 6-7 — Provisions de grâce et de force d’en haut, pour avancer ici-bas]

3.11.5       [Ps. 84 v. 7-8 — Abandon croissant à Christ au détriment du moi]

3.11.6       [Ps. 84 v. 9-12 — Bénédiction dans la présence de Dieu, regardant à Son oint]

3.12      Psaume 85

3.12.1       [Différence entre le pardon de l’état passé et la jouissance de la bénédiction]

3.12.2       [Distinction entre pardon complet et jouissance de la communion avec Dieu]

3.12.3       [Le repos ne se trouve que par le pardon et la délivrance, après avoir été rétabli]

3.12.4       [Désir de connaître Dieu dans Sa faveur, après avoir connu la grâce]

3.12.5       [Au-delà du pardon , l’âme doit jouir de Dieu et de Sa communion]

3.12.6       [Ps. 85 v. 10-12 — Paix et justice introduisant dans les bénédictions venant de Dieu]

3.12.7       [Ps. 85 v. 13 — La jouissance des bénédictions divine dépend de la marche]

3.12.7.1    [Jouir de la communion en demeurant en Dieu]

3.12.7.2    [Toute la marche compte pour jouir de la communion avec Dieu]

3.13      Psaume 86

3.13.1       [L’âme dans la faiblesse fait de Dieu son centre et Le célèbre en comptant sur Lui]

3.13.2       [Ps. 86 v. 1-10 — État de l’âme du fidèle et nécessité de se confier en Dieu]

3.13.3       [Ps. 86 v. 11 — Concentration des pensées sur Christ, sans distraction autres]

3.13.4       [Ps. 86 v. 12 — Placée au centre de la gloire, l'âme peut connaître et glorifier Dieu]

3.13.5       [Grâce de Dieu connue, manifestant qu’Il est pour le fidèle]

3.14      Psaume 87

3.14.1       [Le fondement de Dieu reste ferme et rend tout sûr]

3.14.2       [La foi donne plus de prix et d’importance à la ville de Dieu qu’à tout ce qui est du monde]

3.15      Psaume 88

3.15.1       [Ps. 88 v. 1 — Dieu connu comme unique Sauveur, but des exercices de ce psaume]

3.15.2       [Affliction présente et poids de la mort comme colère de Dieu]

3.15.3       [Nécessité de connaître notre véritable état, pour en finir avec la chair et être affranchi]

3.15.4       [Nous sommes morts et ressuscités avec Christ, qui a porté la colère de Dieu]

3.16      Psaume 89

3.16.1       [Confiance en la fidélité de Dieu à Ses promesses, malgré tout]

3.16.2       [Confiance en Dieu, puissant et fidèle, agissant en accord avec Son caractère]

3.16.3       [La connaissance de Dieu fait sentir la bénédiction au milieu de l’affliction]

3.16.4       [Sûreté des promesses divines, et jouissance de la présence de Dieu dans Sa faveur]

4     LIVRE 4 — Psaumes 90-106

4.1     Psaume 90

4.1.1     [Discipline et grâce de Dieu, qui est immuable et a Ses desseins d’amour pour Israël]

4.1.2     [Gouvernement de Dieu selon Son caractère, pour soumettre la propre volonté]

4.1.3     [Ps. 90 v. 13-14 — Expression de la foi désirant jouir de la bénédiction divine]

4.1.4     [Ps. 90 v. 16 — L’âme recherche la révélation complète de l’œuvre de Dieu, au-delà de sa restauration]

4.1.5     [Ps. 90 v. 17 — Désir de la plénitude de la bénédiction, et ressemblance à Christ]

4.2     Psaume 91

4.2.1     [Dieu reconnu sous Ses différents noms, et accomplissant Ses promesses terrestres]

4.2.2     [Reconnaître l’Éternel et se confier en Lui rend abrité de tout mal]

4.2.3     [La vraie foi connaît le lieu où Dieu se révèle, et s’y confie]

4.2.4     [La foi invoque le Seigneur, connu par Son nom, et jouit de relations avec Lui]

4.3     Psaume 92

4.4     Psaume 93

4.4.1     [Puissance éternelle de Dieu, contre laquelle le mal et l’homme ne peuvent rien]

4.4.2     [Ps. 93 v. 5 — Sûreté de la parole de Dieu, et sauvegarde par Sa sainteté]

4.4.3     [Psaumes 93 à 101]

4.4.3.1      [Puissance intervenant à la fin de l’épreuve plutôt qu’exercices pendant celle-ci]

4.4.3.2      [La parole de Dieu est un appui et un guide sûrs en toute circonstance]

4.4.3.3      [L’Éternel a une maison et une habitation, où tout est saint, selon Lui]

4.4.3.4      [Sûreté de la parole de Dieu, dépendant de Sa nature même]

4.4.3.5      [Nécessité de la sainteté pour tout ce qui est en rapport avec Dieu]

4.4.3.6      [Témoignages positifs de Dieu, auxquels l’homme doit se soumettre]

4.4.3.7      [Habitation de Dieu avec l’homme, et sainteté qui y convient]

4.5     Psaume 94

4.5.1     [Ps. 94 v. 1-11 — Le fidèle attend que Dieu intervienne, pour Son peuple et contre l’orgueil des méchants]

4.5.2     [Ps. 94 v. 12 — Châtiment divin pour séparer du monde]

4.5.3     [Effet de la grâce dans l’âme, donnant le repos en Dieu même au milieu du mal]

4.5.4     [Ps. 94 v. 15 — Puissance intervenant en jugement, qui retourne à la justice]

4.5.5     [Ps. 94 v. 16-18 — Sentiment de la puissance du mal, avec le secours de Dieu]

4.5.6     [Ps. 94 v. 19 — Multitude des pensées égoïstes du cœur devant le mal]

4.5.6.1      [L’esprit de l’homme spécule en pensées quant à ce monde-ci, plongé dans le mal]

4.5.6.2      [Les pensées de l’homme entraînent l’incrédulité du rationalisme]

4.5.6.3      [L’âme ne doit pas juger Dieu selon sa conscience, mais être introduite dans le bien]

4.5.6.4      [Dieu nous a fait connaître le bien par Son amour versé en nous]

4.6     Psaumes 95-101

4.7     Psaume 102

4.7.1     [Psaume s’appliquant au Seigneur et montrant Sa nature divine et Sa personne]

4.7.2     [Manifestation de la puissance dans ce monde, comme caractère de Dieu]

4.7.3     [Importance de discerner Dieu au milieu de cette scène de mal, gouvernant tout]

4.7.4     [Connaissance moindre, par Israël, du péché et de la rédemption, que nous]

4.8     Psaume 103

4.9     Psaume 104

4.10      Psaume 105

4.11      Psaume 106

5     LIVRE 5 — Psaumes 107-150

5.1     Psaume 107

5.1.1     [Circonstances morales et épreuves d’Israël lors de son retour à la bénédiction]

5.1.2     [Ps. 107 v. 1-7 — Grâce et bonté immuables de Dieu pour Son peuple]

5.1.3     [Gouvernement de Dieu où se trouve le mal, et grâce pour celui qui regarde à Lui]

5.1.4     [Dieu prend soin du cœur du fidèle dans Sa bonté, au milieu du mal]

5.2     Psaume 108

5.2.1     [La bénédiction du peuple de Dieu est liée avec la gloire de Dieu]

5.2.2     [Joie de Dieu en bénissant et délivrant les siens par Sa force]

5.3     Psaume 109

5.4     Psaume 110

5.5     Psaume 111

5.5.1     [Alléluia anticipatif sur les œuvres de Dieu, basées sur la vérité]

5.5.2     [La connaissance est inséparable de la piété et de l’obéissance]

5.6     Psaume 112

5.6.1     [Ps. 112 v. 1-6 — La bénédiction est assurée à celui qui obéit et se confie en Dieu]

5.6.2     [Le fidèle est ferme au milieu du mal, Dieu ayant toute la place dans son cœur]

5.7     Psaume 113

5.8     Psaume 114

5.9     Psaume 115

5.9.1     [Ps. 115 v. 1 — Gloire de Dieu liée à Son peuple, en amour et en vérité]

5.9.2     [La bénédiction amène la connaissance de la gloire de Dieu]

5.10      Psaume 116

5.10.1       [Grâce et fidélité de l’Éternel pour délivrer, et simplicité du fidèle]

5.10.2       [Dieu est la source de la joie et de la bénédiction, qui produit la reconnaissance]

5.10.3       [Sentiment de l’entière faillite de l’homme, et nécessité de s’appuyer sur Dieu seul]

5.11      Psaume 117

5.12      Psaume 118

5.13      Psaume 119

5.13.1       Versets 1-8

5.13.1.1    [Ps. 119 v. 1 — Le seul chemin sans souillure dans le monde est la voie de Dieu]

5.13.1.2    [Ps. 119 v. 2-4 — Désir de Dieu Lui-même, et marche dans Ses voies]

5.13.1.3    [Ps. 119 v. 5-7 — Engagement de toute la vie du fidèle pour dépendre de Dieu]

5.13.1.4    [Ps. 119 v. 8 — Résolution du cœur pour obéir à Dieu en tout]

5.13.2       Versets 9-16

5.13.2.1    [La loi s’appliquant à l’homme avec sa propre volonté, sans nouvelle nature]

5.13.2.2    [Ps. 119 v. 9-10 — Voies conduites par la Parole, et Dieu recherché par le cœur]

5.13.2.3    [Ps. 119 v. 11 — Parole cachée dans le cœur et gardant de pécher contre Dieu]

5.13.2.4    [Ps. 119 v. 12 — Regard vers Dieu pour marcher dans Sa dépendance]

5.13.2.5    [Ps. 119 v. 13-16 — Louange découlant de la connaissance de Dieu, et vie intérieure se nourrissant de Ses témoignages]

5.13.3       Versets 17-24

5.13.3.1    [Ps. 119 v. 17 — Miséricorde divine nécessaire au fidèle pour marcher en vérité]

5.13.3.2    [Ps. 119 v. 18-22 — L’homme soumis à Dieu est un étranger, méprisé par les orgueilleux]

5.13.3.3    [Ps. 119 v. 23-24 — Le fidèle, attendant la délivrance, a ses délices dans les témoignages divins]

5.13.4       Versets 25-32

5.13.4.1    [Ps. 119 v. 25-26 — Le cœur fidèle, dans les mauvais jours, compte sur Dieu]

5.13.4.2    [Ps. 119 v. 27-32 — Cœur intègre sentant sa faiblesse dans la tribulation, mais attendant tout de Dieu]

5.13.5       Versets 33-40

5.13.5.1    [Ps. 119 v. 33-39 — Le cœur recherche l’aide de Dieu pour marcher selon Lui]

5.13.5.2    [Ps. 119 v. 39-40 — Confiance en Dieu pour être conduit dans Son chemin]

5.13.6       Versets 41-48

5.13.6.1    [Ps. 119 v. 41-42 — Aucune pensée de chercher du secours ailleurs qu’en Dieu]

5.13.6.2    [Vérité de la Parole reçue de Dieu et identifiée avec Lui]

5.13.6.3    [Ps. 119 v. 43-45 — Le fidèle peut marcher selon la Parole, après les jugements]

5.13.6.4    [Ps. 119 v. 46-48 — La foi est remplie du témoignage de Dieu et le confesse]

5.13.7       Versets 49-56

5.13.7.1    [Ps. 119 v. 49-52 — Confiance en la parole de Dieu qu’Il accomplira, malgré tout]

5.13.7.2    [Ps. 119 v. 53-54 — Douleur et souffrance amenées par la méchanceté]

5.13.7.3    [Ps. 119 v. 54-56 — Joie et paix du cœur dans l’obéissance et la communion]

5.13.8       Versets 57-64

5.13.8.1    [Ps. 119 v. 57-59 — Méditation et résolution du cœur envers Dieu]

5.13.8.2    [Les voies du fidèle doivent répondre à l’appel de Dieu]

5.13.8.3    [Ps. 119 v. 60-61 — Diligence du cœur fidèle, formé par la parole de Dieu]

5.13.8.4    [Ps. 119 v. 62-64 — Sources de joie du cœur conduit par le Seigneur, malgré le mal]

5.13.9       Versets 65-72

5.13.9.1    [Ps. 119 v. 65-67 — Bonté de l’Éternel connue par la Parole, la volonté étant brisée]

5.13.9.2    [Ps. 119 v. 68-70 — Désir de la bonté de Dieu, auquel le cœur s’attache]

5.13.9.3    [Ps. 119 v. 71-72 — Progrès en contact avec la Parole, quand la volonté est brisée]

5.13.10     Versets 73-80

5.13.10.1    [Ps. 119 v. 73 — Dépendance de Dieu, pour notre existence même]

5.13.10.2    [Ps. 119 v. 74 — La confiance en Dieu est le lien commun entre les fidèles]

5.13.10.3    [Ps. 119 v. 75-76 — Justification de Dieu dans Ses jugements, et consolation par Sa bonté]

5.13.10.4    [Ps. 119 v. 77-80 — Désir de la miséricorde divine et de la consolation en Dieu]

5.13.11     Versets 81-88

5.13.12     Versets 89-96

5.13.12.1    [Ps. 119 v. 89-92 — Fidélité invariable de Dieu et fermeté de Sa parole]

5.13.12.2    [Ps. 119 v. 93-94 — Cœur affermi par la Parole, conscient qu’il est à Dieu]

5.13.12.3    [Ps. 119 v. 94 — Nécessité de l’intégrité pour réaliser la confiance en Dieu]

5.13.12.4    [Ps. 119 v. 95 — L’âme attend en paix, même en présence des ennemis]

5.13.12.5    [Ps. 119 v. 96 — Tristesse amenée par la ruine ressentie]

5.13.13     Versets 97-104

5.13.13.1    [Ps. 119 v. 97-98 — Affection pour la loi divine, qui rend sage]

5.13.13.2    [Ps. 119 v. 99-104 — Enseignement de la Parole, donnant sagesse et intelligence]

5.13.14     Versets 105-112

5.13.14.1    [Ps. 119 v. 105-106 — La Parole comme guide de la marche dans ce monde]

5.13.14.2    [Ps. 119 v. 107-108 — Affliction dans le chemin, et désir que les louanges produites soient agréées]

5.13.14.3    [Ps. 119 v. 109-112 — Décision du cœur pour obéir, même dans l’adversité]

5.13.15     Versets 113-120

5.13.15.1    [L’âme s’attend à l’intervention de Dieu selon sa Parole à laquelle elle s’attache]

5.13.15.2    [Ps. 119 v. 117-120 — Le fidèle regarde au Seigneur qui juge, pour être soutenu]

5.13.15.3    [Crainte devant le jugement, même non traversé, éveillant l’amour]

5.13.16     Versets 121-128

5.13.16.1    [La présence de la puissance du mal fait s’attacher à la parole de Dieu]

5.13.16.2    [Ps. 119 v. 121-124 — Recherche de la protection divine selon Sa justice]

5.13.16.3    [Ps. 119 v. 125 — Progrès du cœur se présentant devant Dieu comme Son serviteur]

5.13.16.4    [Ps. 119 v. 126-128 — Appréciation de la loi de Dieu, en contraste avec le mal croissant]

5.13.17     Versets 129-136

5.13.17.1    [Ps. 119 v. 129-131 — Intelligence estimant la loi de Dieu et la désirant]

5.13.17.2    [Ps. 119 v. 132-136 — Le fidèle demande la grâce au milieu du mal qui l’attriste]

5.13.18     Versets 137-144

5.13.18.1    [Ps. 119 v. 137-142 — Connaissance de la justice de Dieu, et de Sa parole]

5.13.18.2    [Ps. 119 v. 143-144 — Dieu établira Son jugement révélé, en bénédiction pour nous]

5.13.19     Versets 145-152

5.13.19.1    [Ps. 119 v. 145 — La dépendance de Dieu fait crier à Lui dans le besoin]

5.13.19.2    [Ps. 119 v. 146-149 — Zèle pour la délivrance et pour méditer la Parole]

5.13.19.3    [Ps. 119 v. 150-152 — Appel à la délivrance du mal, en parfaite soumission]

5.13.20     Versets 153-160

5.13.20.1    [Ps. 119 v. 153-155 — Sentiment du besoin de la délivrance de Dieu dans l’affliction]

5.13.20.2    [Ps. 119 v. 156-160 — L’âme cherche à être vivifiée selon Dieu]

5.13.21     Versets 161-168

5.13.21.1    [Ps. 119 v. 161-164 — Peur et joie devant la parole de Dieu, amenant la louange]

5.13.21.2    [Ps. 119 v. 165 — Paix parfaite de l’âme ayant ce qui est parfait]

5.13.21.3    [Ps. 119 v. 168 — Manifestation complète du cœur devant Dieu]

5.13.22     Versets 169-176

5.13.22.1    [Ps. 119 v. 169-172 — Recherche de la sagesse en discernement, et louange après avoir crié]

5.13.22.2    [Ps. 119 v. 173-174 — Nécessité d’être nourri avant d’enseigner, et recherche de la délivrance de Dieu seul]

5.13.22.3    [Ps. 119 v. 175-176 — Attente soumise à Dieu pour être délivré, puis Le louer]

5.13.22.4    [Désir du secours avec le relèvement selon Dieu et Sa justice]

5.13.22.5    [Distance entre le terrain des Psaumes et la position chrétienne]

5.14      Cantiques des degrés : Psaumes 120 à 134

5.14.1       Psaume 120

5.14.2       Psaume 121

5.14.3       Psaume 122

5.14.4       Psaume 123

5.14.5       Psaume 124

5.14.6       Psaume 125

5.14.7       Psaume 126

5.14.7.1    [Bénédiction de la part de Dieu, mais sans la communion paisible avec Lui]

5.14.7.2    [Ps. 126 v. 5-6 — Un service amenant la bénédiction commence avec les larmes]

5.14.8       Psaume 127

5.14.9       Psaume 128

5.14.9.1    [Bénédiction pour celui qui craint l’Éternel et joie dans celle de Son habitation]

5.14.9.2    [Paix atteinte quand Dieu aura accompli Sa bénédiction envers l’Église]

5.14.10     Psaume 129

5.14.11     Psaume 130

5.14.12     Psaume 131

5.14.13     Psaume 132

5.14.13.1    [Relation nouvelle avec Dieu par l’arche en Sion, avant même que le temple soit bâti]

5.14.13.2    [Bénédictions liées à David et à Sion]

5.14.13.3    [Adoration de Dieu dans Sa maison, désirant Son repos]

5.14.13.4    [Ps. 132 v. 8-18 — Trois requêtes, et réponses de Dieu qui les dépassent]

5.14.13.5    [Principes tirés du psaume 132]

5.14.13.5.1    [Le désir du cœur fidèle et de la foi est le repos de Dieu]

5.14.13.5.2    [La simplicité de la foi conduit là où Dieu l’a désiré]

5.14.13.5.3    [Tout est lié au repos de Dieu, et appartenant à Sion, le lieu qu’Il s’est choisi]

5.14.14     Psaume 133

5.14.15     Psaume 134

5.14.15.1    [L’Éternel béni de son sanctuaire, et bénédiction venant de Sion]

5.14.15.2    [Bénédiction maintenant en Christ et dans Sa communion]

5.15      Psaume 135

5.15.1       [Ps. 135 v. 1-12 — Louange comme jouissant de la faveur du Dieu grand et souverain]

5.15.2       [Ps. 135 v. 13-21 — Louange dans l’habitation de Dieu et selon Son caractère]

5.16      Psaume 136

5.17      Psaume 137

5.18      Psaume 138

5.18.1       [Louanges à Dieu connu comme révélé par la Parole, remplissant le cœur]

5.18.2       [Dieu connu par la bonté et la vérité, que Sa Parole révèlent]

5.18.3       [Ps. 138 v. 3-5 — Puissance de Dieu reconnue par le fidèle avant sa reconnaissance publique]

5.18.4       [Ps. 138 v. 6-8 — Dieu, haut élevé, regarde ceux qui sont en bas et les bénit]

5.19      Psaume 139

5.19.1       [Nécessité d’être sondé et purifié par Dieu]

5.19.2       [La conscience apprend que Dieu sait et sonde tout, et cela met mal à l’aise]

5.19.3       [Homme formé par Dieu qui le connaît, et confiance en Lui acquise en Le connaissant]

5.19.4       [Haine du mal, chez les méchants ennemis de Dieu, et en nous]

5.19.5       [Intégrité du cœur dans la lumière de Dieu]

5.20      Psaume 140

5.21      Psaume 141

5.21.1       [Ps. 141 v. 1-3 — Recherche de Dieu d’un cœur droit au milieu de l’épreuve]

5.21.2       [Ps. 141 v. 3-6 — Importance de l’intégrité et de paroles sages dans l’adversité]

5.21.3       [Ps. 141 v. 7-10 — Désir de la proximité avec Dieu plus que de la délivrance]

5.22      Psaume 142

5.23      Psaume 143

5.23.1       [Âme châtiée pour le péché, mais se confiant en Dieu et s’attachant à Lui seul]

5.23.2       [Louange à Dieu sous l’influence de l’Esprit, en désirant jouir de Sa faveur]

5.24      Psaume 144

5.25      Psaume 145

5.25.1       [Louange de l’âme pour les œuvres passées de Dieu, manifesté et connu par elles]

5.25.2       [Dieu connu dans ce qu’Il est et comme Il se manifeste à d’autres]

5.25.3       [Se réjouir en Dieu connu comme tel, et marcher sans volonté propre, comme Christ]

5.25.4       [Joie dans le gouvernement de Dieu, comme traité dans les épîtres de Pierre]

5.25.5       [Différents caractères du Seigneur, connus à travers les exercices du cœur]

5.26      Psaumes 146 à 150

5.26.1       Psaume 146

5.26.2       Psaume 147

5.26.2.1    [Dieu connu dans Ses caractères, mais spécialement comme le Dieu de Son peuple]

5.26.2.2    [Dieu révélé par Sa parole, mais différemment pour nous et pour les Juifs]

5.26.2.3    [Parole et sacrificature différentes pour nous, quoique tout soit de Dieu]

5.26.2.4    [Déploiement de la grâce divine, et connaissance de Dieu par Ses actes]

5.26.3       Psaume 148

5.26.4       Psaume 149

5.26.5       Psaume 150

 

 

0        PRÉFACE

 

Le livre des Psaumes est une des portions de l’Écriture dont l’application et l’interprétation ont été généralement peu comprises ; et néanmoins, il a servi de tout temps à la consolation des saints, en prêtant une voix à l’exercice de leurs âmes devant Dieu.

Depuis quelques années, avec l’intelligence de l’appel et des espérances de l’Église, une connaissance plus approfondie des espérances d’Israël s’est aussi réveillée parmi les chrétiens. Ils ont mieux compris la portée des plaintes touchantes sorties de la plume et du cœur du Roi-Berger d’Israël et d’autres écrivains inspirés des Psaumes.

«David et toute son affliction» a plus de prise sur les affections de nos cœurs que «Salomon et toute sa gloire». Un plus grand que David était en esprit dans toutes les circonstances du roi-prophète, et donnait des accents à ces chants précieux et divins. L’écrivain inspiré de l’épître aux Hébreux ne dit pas, en citant le Psaume 8 à propos des gloires du Fils de l’homme : «David a rendu ce témoignage »; mais : «Quelqu’un a rendu ce témoignage quelque part». L’apôtre savait qu’il y avait là quelqu’un de plus grand que David.

Nous lisons au chapitre 63 d’Ésaïe [(v. 9)] : «Dans toutes leurs détresses, Il a été en détresse», et nous connaissons l’approche rapide de «cette journée» qui sera «le temps de la détresse pour Jacob» (Jérém. 30:7), mais dont «il sera pourtant sauvé», en contraste avec ses autres afflictions. Israël devra traverser les angoisses de la grande tribulation sous le gouvernement de Dieu en la terre, et les divins gémissements des Psaumes trouveront un écho dans son cœur, lorsqu’il passera par la fournaise. Mais les fidèles apprendront que Celui qui dans toute leur angoisse avait été en angoisse, les avait devancés dans ce chemin. Le résidu d’Israël apprendra ainsi à connaître moralement le cœur et les affections de Jéhovah [l’Éternel]-Messie, avant que leurs yeux le voient et qu’ils regardent vers Celui qu’ils auront percé et mènent deuil comme quand on mène deuil d’un fils unique [(Zach. 12:10)]. Alors ils lui diront : Quelles sont ces blessures à tes mains ? Et il répondra : Ce sont celles dont j’ai été blessé dans la maison de mes amis (Zach. 13:6).

L’auteur des pages qu’on va lire a déjà traité ce grand sujet du côté de l’interprétation prophétique (*) ; il va le considérer dans ses rapports avec l’enseignement et le bien moral de l’âme des fidèles.

(*) Études sur la Parole, par J.N. Darby, Les Psaumes

Il est bon toutefois de faire remarquer que les Psaumes ne contiennent pas proprement la vraie expérience des chrétiens, ceux-ci étant introduits dans une relation, dont le Saint Esprit envoyé du ciel leur donne la connaissance et la puissance. Ce livre ne présente cette expérience que dans la mesure de notre participation aux souffrances de Christ. Les chrétiens possèdent quatre choses que l’on ne rencontre jamais dans les Psaumes : une conscience purifiée par le moyen de l’œuvre accomplie à la croix ; l’habitation du Saint Esprit en eux ; la connaissance du Père, par l’Esprit du Fils ; enfin la justice de Dieu, manifestée par l’Évangile comme leur position, en contraste avec «le support des péchés précédents dans la patience de Dieu», qui caractérisait devant Dieu les saints de l’Ancien Testament (Rom. 3:25, 26).

Lorsque le cœur a trouvé dans les Épîtres le déploiement de l’œuvre de Christ, et tout ce qui est nécessaire pour lui faire connaître le repos et la paix avec Dieu ; il remonte en arrière et considère les Évangiles pour y apprendre les voies, les pensées, les actes de Celui qui nous a aimés et qui s’est livré Lui-même pour nous. Puis, remontant encore le courant des Saintes Écritures, s’il a quelque intelligence de la vraie signification des Psaumes, il y fait connaissance avec le cœur de Christ ; il l’y trouve, entrant en sympathie dans les exercices du cœur de son peuple et lui donnant Sa voix pour les exprimer devant Dieu. Le Seigneur a «appris» toutes ces choses, lorsque, en grâce divine, surtout vers la fin de son ministère, il entra dans cette catégorie de souffrances, afin de pouvoir assaisonner la Parole à celui qui est accablé de maux. — Enfin c’est là, dans les Psaumes, que nous trouvons la plainte de son propre cœur, alors que nul cœur humain ne pouvait sonder la profondeur des flots de l’angoisse qui passaient sur son âme sainte.

Puissiez-vous, cher lecteur, si vous avez trouvé la paix avec Dieu, discerner, par son Esprit de grâce, «les choses excellentes» ; puissiez-vous apprendre de chaque ligne des Écritures ces leçons qui élargissent le cœur dans la connaissance de Jésus. S’il est nécessaire pour vous de faire l’application vraie et directe des Psaumes selon l’intention de Dieu, vous y trouverez aussi une nourriture savoureuse pour votre âme, des encouragements et des consolations pour toutes les épreuves du pèlerinage. Vous y apprendrez en outre ce que sont les voies et le gouvernement immuables de Dieu, applicables à tous les temps, mais manifestés d’une manière éclatante dans l’histoire de son ancien peuple d’Israël. Cette nation, rejetée pour un temps, sera restaurée plus tard et deviendra le centre du gouvernement manifeste et public de Dieu sur la terre.

L’Éditeur

 

1        LIVRE 1 — Psaumes 1-41

1.1      [Contenu du livre : gouvernement de Dieu, et application dans la marche]

 

Mon but dans les pages qu’on va lire, n’est pas d’interpréter les Psaumes, ce qui a été essayé autre part, mais d’en tirer quelque instruction spirituelle et quelque édification pour nos âmes. Les Psaumes jettent une lumière toute particulière sur le gouvernement de Dieu et sur les sympathies de l’Esprit de Christ pour son peuple. Ces deux choses ont en premier lieu les Juifs pour objet et pour centre de leur action ; mais tout en admettant la grande différence qui existe entre l’état des Juifs et le nôtre, entre la relation d’un peuple avec l’Éternel, et celle d’enfants avec leur Père, il n’en est pas moins vrai que les voies de Dieu en gouvernement s’appliquent aussi à nous chrétiens. Comme point de vue pour envisager le chrétien, le gouvernement de Dieu, quoique au second plan (l’autre point de vue, plus élevé, est céleste) n’en est pas moins d’une importance immense et d’un haut intérêt. C’est sur ce terrain qu’on découvre tous les soins de la tendresse divine de Celui qui a même compté les cheveux de notre tête [(Matt. 10:30)] ; c’est ici que l’on apprend à connaître avec quel sérieux et quelle vigilance il faut marcher devant Dieu qui jamais ne se départ de ses saintes voies, dont on ne se moque point impunément, qui ne retire pas ses yeux de dessus le juste [(Job 36:7)], quoique sa grâce agisse en toutes ces choses pour nous rendre parfaits devant Lui selon ses voies. Le gouvernement de Dieu appliqué à la marche du chrétien, est surtout exposé dans les épîtres de Pierre (voir 1 Pierre 1:17 ; 3:10-15, ainsi que l’esprit et la teneur de toute l’épître). Dans la seconde épître, le gouvernement de Dieu se poursuit jusqu’à la consommation de toutes choses. La première épître présente surtout le gouvernement des justes ; la seconde, le jugement des méchants, quoique ce jugement soit aussi mentionné dans la première comme mettant fin à la puissance du mal et introduisant la délivrance finale des justes. Pierre était l’apôtre de la circoncision ; c’est pourquoi le gouvernement de Dieu s’offre à lui d’une manière spéciale quand il enseigne.

 

1.2      Psaume 1

1.2.1       [Gouvernement terrestre et caractère de ceux qui jouissent de sa bénédiction]

 

Ce gouvernement sur la terre est clairement indiqué dans le Psaume 1, ainsi que le caractère de ceux qui jouissent de la bénédiction de ce gouvernement.

 

1.2.2       [Aucune participation du juste avec les pécheurs méchants, qui seront jugés]

 

[1:1] Il y est question de celui qui se tient loin du chemin des méchants, [1:2] qui a son plaisir en la loi de l’Éternel et y médite. La soumission au Christ, dans les conseils de Dieu dépositaire du gouvernement au terme de cette époque d’épreuve, tel est le sujet du Psaume 2. Quelques mots seulement sur le premier de ces deux Psaumes, qui forment la base de tous les autres : [1:1] nulle participation au conseil des méchants, au chemin des pécheurs, ni au siège des moqueurs ; quoiqu’ici, en connexion avec la responsabilité humaine dans la marche, on est toutefois préservé du mal. Les iniques forment des plans, suivent leur propre volonté, voient les choses à leur façon et ont leurs moyens à eux pour arriver à leurs fins ; ce n’est point là qu’on trouve le juste. Le pécheur va son propre chemin et s’y complaît ; le juste ne marche point avec lui. Les moqueurs sont à leur aise et méprisent Dieu ; le juste ne s’assied pas avec eux. [1:5] Mais le jugement arrivera, et les pécheurs ne pourront subsister dans l’assemblée des justes, introduits alors dans le repos par la gloire de Dieu.

 

1.3      Psaume 2

 

Le Psaume 2 annonce l’établissement du triomphe terrestre de Christ et de sa royauté en Sion, [2:8] lorsque les nations lui seront données pour héritage. Ces événements ne sont pas encore accomplis. Le gouvernement de Dieu ne met pas les fidèles à l’abri de la souffrance, ainsi que cela aura lieu alors ; mais il fait tourner la souffrance en bénédiction spirituelle et retient encore sa colère. Glorieuse récompense de nos légères afflictions ! Pour nous, le nom de Père est révélé dans ces afflictions mêmes. Nous invoquons comme Père celui qui, sans acception de personnes, juge selon l’œuvre de chacun, et nous nous conduisons avec crainte pendant le temps de notre séjour ici-bas, sachant que nous avons été rachetés [(1 Pier. 1:17-18)]. [2:12] Dans ce Psaume, les rois sont exhortés à se soumettre avant que le jugement n’arrive sur la terre. Mais ce jugement n’est pas encore exécuté, et nous avons à apprendre notre propre leçon dans la patience ; c’est ce que les Psaumes vont nous enseigner.

 

1.4      Psaume 3

1.4.1       [Confiance paisible en Dieu, même dans l’épreuve et face aux ennemis]

 

Examinons les enseignements des premiers Psaumes qui suivent. [3:1] Les ennemis sont multipliés ; [3:3] mais la première pensée de la foi est : l’Éternel ; l’âme est en sûreté là ; elle regarde de là ceux qui la pressent. L’Éternel devient ainsi l’objet de la confiance. Si l’Éternel entre dans mon cœur avant ceux qui me pressent, tout va bien. Mon esprit est en paix, parce qu’il voit le Seigneur intéressé à ce qui se passe. Lui est ma gloire, mon bouclier et Celui qui élève ma tête. Remarquons encore qu’il ne s’agit point d’une vue indolente et insensible, du bien et du mal, ni d’une confiance indifférente. [3:4] Le désir et la dépendance sont actifs, ce sont les liens entre l’âme et l’Éternel. Je crierai et il me répondra ; point de doute à ce sujet ; c’est la confiance que, si nous demandons quelque chose selon sa volonté, il nous écoute ; et que s’il écoute, nous avons les choses que nous avons demandées [(1 Jean 5:14-15)]. Si nous sommes sincères, nous ne désirons pas recevoir quelque chose qui ne soit pas selon sa volonté ; mais, au milieu de l’épreuve et des difficultés, quelle chose immense que la certitude de pouvoir compter sur l’oreille et sur le bras de Dieu, dans ce qui est selon sa volonté ! [3:5] Source de repos et de paix. «Je me suis couché, et je m’endormirai : je me réveillerai, car l’Éternel me soutient». Que c’est grand et simple à la fois ! Cher lecteur, pouvez vous dire cela ? L’épreuve trouve-t-elle votre cœur confiant en Dieu, comme en un père ; et quand elle redouble d’intensité, votre esprit est-il tranquille, votre sommeil est-il doux ? Votre coucher, votre dormir, votre réveil, portent-ils le caractère de la paix qui vous entoure, parce que vous savez que Dieu est, et qu’il dispose de toutes choses ? Dieu se trouve-t-il ainsi placé entre vous d’une part et vos troubles et ceux qui vous pressent d’autre part ? Alors que peut-il vous arriver ? [3:6] Les «myriades du peuple» font-elles une différence, si Dieu est là ? L’Assyrien s’est enfui avant de pouvoir même se lever pour exécuter une seule de ses menaces ; ces menaces mêmes trahissent la conscience qu’il a de sa peur [(2 Chron. 32)]. Insensés que nous sommes, de mesurer toujours les difficultés et les épreuves d’après nos propres forces et non d’après celles de Dieu, Lui qui est pour nous, si nous sommes à Lui ! Qu’importe que les villes de Canaan soient murées jusqu’aux cieux [(Deut. 1:28)], si les murailles s’écroulent au son d’une trompette [(Jos. 6:20)] ? Pierre eût-il marché plus facilement sur une mer calme que sur une mer tourmentée [(Matt. 14:29-30)] ?

 

1.4.2       [L’âme occupée de Jésus est en paix et triomphe de l’épreuve]

 

Notre sagesse est de savoir que nous sommes incapables de rien faire sans Jésus et qu’avec Lui, nous pouvons tout ce qui est conforme à sa volonté. Le secret de la paix consiste à être occupé de Jésus pour l’amour de Lui ; et alors nous trouverons la paix en Lui et par Lui, et quand l’affliction surviendra, quoique ne devant pas y être insensibles, nous y trouverons Jésus et ses tendres soins, et nous serons plus que vainqueurs.

 

1.5      Psaume 4

1.5.1       [Importance d’une bonne conscience en pratique pour crier à Dieu]

 

Ce Psaume nous présente un autre principe, non moins important : l’effet d’une bonne conscience lorsque nous crions à Dieu dans notre détresse. Il ne s’agit point d’une bonne conscience en tant que justifiés du péché, mais d’une bonne conscience en pratique, qui donne de l’assurance envers Dieu. Si notre cœur ne nous condamne pas, dit l’apôtre, alors nous avons de l’assurance envers Dieu [(1 Jean 3:21)].

 

1.5.2       [Ps. 4 v. 1-5 — Assurance du cœur qui marche dans la confiance et la dépendance de Dieu]

 

[4:1] «Quand je crie, réponds-moi, Dieu de ma justice». Il n’est pas dit : Justifie-moi, Dieu de ma justice, mais : Réponds-moi. L’âme est dans l’angoisse, mais précédemment elle avait été «mise au large», elle avait fait l’expérience de la bonté et de la fidélité de Dieu. Il est, Lui seul, la source de sa gloire et de son honneur. Combien c’était vrai de Christ ! [4:2] L’homme a diffamé sa gloire et est allé après la vanité. Mais il n’en reste pas moins vrai que selon le gouvernement de l’Éternel qui ne peut se renier Lui-même [(2 Tim. 2:13)], [4:3] Il s’est choisi l’homme pieux. «Ils sont à toi», a dit Christ [(Jean 17:10)]. Nous sommes un peuple qui Lui appartient en propre. Cette vérité demeure, quoi qu’il en soit ; mais, en marchant dans la piété, elle nous devient présente, et nous donne confiance ; nous voyons la clarté de la face de Dieu et nous sommes certains qu’il nous exaucera. Nous n’avons pas perdu le sentiment de ce qu’il est actuellement pour nous ; notre âme n’est pas obscurcie. Or, rien ne s’obscurcit plus facilement que la dépendance de Dieu et la confiance en Lui. L’intégrité avec le sentiment de la dépendance donne courage. Certainement Dieu nous écoute lorsque, pleins de repentance, nous crions à Lui ; mais ici, nous avons autre chose : l’intégrité du cœur donne assurance au jour de l’affliction, parce que notre esprit voit Dieu ; nos regards sont alors fixés sur Lui pendant tout le temps de la détresse. [4:4] C’est ce que nous trouvons ici : «Méditez dans vos cœurs… et soyez tranquilles», adorez Dieu dans l’intégrité, sans crainte, et confiez-vous en Lui.

 

1.5.3       [Ps. 4 v. 6-8 — La bénédiction est en Dieu Lui-même seul]

 

[4:6] En voyant ce qui nous entoure, beaucoup pourraient dire : «Qui nous fera voir du bien ?». Ils pourraient se décourager et désespérer d’en trouver. Mais dans toutes les circonstances et au travers de tout, la lumière de Sa face est le seul bien solide et invariable. La faveur de Dieu est meilleure que la vie, en outre elle fait immanquablement voir le bien. Que peut la puissance du mal devant la puissance de Dieu ? Lui-même dispose du mal, l’éloigne, le change en bénédiction, l’annule, comme bon lui semble. La foi trouve cela dans la lumière de sa face, et l’âme s’élève au-dessus du mal pour se réjouir en Dieu. [4:7] Il y a là plus de joie que dans les bénédictions temporelles. Ces dernières sont incertaines ; de plus, elles ne sont pas Dieu Lui-même ; et la lumière de sa face dans la détresse, c’est Lui-même ; elle donne à notre âme le secret du fait que Dieu est pour nous. [4:8] Aussi «je me coucherai, et aussi je dormirai en paix» ; mon repos n’est point troublé par l’insomnie qui craint l’atteinte du mal, car après tout c’est Dieu seul qui me protège dans la joie et dans la détresse.

 

1.6      Psaume 5

1.6.1       [Appel au jugement et à la vengeance, et différence entre Juif et chrétien]

 

Ce Psaume me fournit l’occasion de dire maintenant, pour n’y plus revenir, quelques mots sur l’appel au jugement qu’on trouve souvent dans ce livre. Toutes les fois qu’il est en présence de ses ennemis, l’opprimé ne cesse de crier à l’Éternel. C’est à Lui qu’il regarde ; mais il se fonde sur la justice du caractère et du gouvernement de Dieu qui ne saurait avoir de complaisance pour le mal. [5:6] L’Éternel fera périr l’homme fourbe et violent ; rien n’est plus juste. Le chrétien sent que Dieu ne doit pas laisser durer à jamais le triomphe du mal ; lorsqu’il réfléchit au gouvernement de Dieu, il se réjouit d’avance de l’extirpation du mal par le jugement ; non pas en pensant au méchant, mais à la justice (*) et à son résultat. La vengeance appartient bien à Dieu, mais ce n’est point là l’élément dans lequel Il vit. La part du Juif étant sur la terre («car les débonnaires posséderont le pays, et feront leurs délices d’une abondance de paix» [(37:11)]), il désire, pour son propre repos, la destruction de l’homme fourbe et violent. Différente est la part du chrétien : il laisse l’homme violent ici-bas et s’en va au ciel ; il vit et marche personnellement dans une époque de grâce qu’il quittera pour entrer dans la gloire. Même au temps du millénium, pendant lequel Dieu exercera son gouvernement et retranchera le méchant, la grâce encore sera la place distinctive du chrétien : le fleuve d’eau vive a sa source dans la cité ; les feuilles de l’arbre de la vie duquel il savoure les fruits mûrs, sont pour la guérison des nations [(Apoc. 22:1-2)]. Pour le moment, la place du chrétien n’est que grâce et patience. Il fait le bien, souffre pour la justice, endure patiemment, et sait que cela est agréable à Dieu. Il voudrait surmonter le mal par le bien ; il voit le mal, il sait que ce mal sera jugé, que le jugement dévorera les adversaires et, en les considérant comme tels, il peut se réjouir de ce qu’ils sont retranchés pour ne plus empêcher le bien — juste jugement dont son âme reconnaît la nécessité ; mais, placé sur le terrain plus élevé de la grâce, le chrétien ne cherche point dans le jugement son gain et sa délivrance. Telle a été la position de Christ. C’est Lui qui exécutera le jugement auquel son Esprit fait appel dans ces Psaumes. Mais au temps de sa marche sur la terre, pendant laquelle il a été notre modèle, Christ n’a point appelé le jugement sur ses ennemis ; «Père, pardonne-leur, car ils ne savent ce qu’ils font», telle fut sa prière quand leur violence était dirigée contre Lui [(Luc 23:34)] ; et, dans le jugement, il n’a point ouvert sa bouche [(És. 53:7)].

(*) Le mot justice correspond aux deux mots anglais justice et righteousness ; il s’agit ici du second qui signifie le contraire de l’iniquité ou du péché, comme dans Hébr. 5:13 ; 1 Jean 3:7.

 

1.6.2       [Appel au jugement divin selon le caractère de Dieu, pour le bien de Son peuple]

 

Le Psaume 5 nous présente donc l’appel au jugement selon le gouvernement de Dieu sur la terre, jugement basé sur le caractère immuable de l’Éternel, et il attend le bonheur et la joie du peuple de Dieu, qui en découleront. Cette attente ne sera point vaine. Mais notre bonheur à nous est dans les cieux, où il n’est plus besoin de pareilles délivrances. Nous quittons cette terre.

 

1.6.3       [Ce psaume n’est pas l’expérience d’un chrétien]

 

Ainsi, tout en désirant faire ressortir la vérité et la justesse de ce Psaume, je ne le présente en aucune façon comme l’expérience d’un chrétien, sauf que notre cri dans la détresse et dans l’épreuve s’adresse aussi, activement et sans partage, au Seigneur — nous pouvons dire : à notre Père.

 

1.7      [Psaumes 6-7 — Appel au jugement dans différentes circonstances]

1.7.1       Psaume 6

1.7.1.1      [Épreuve en conséquence du péché, et confiance en Dieu malgré tout]

 

Les Psaumes 6 et 7 ont le même caractère que le précédent, en ce qu’ils appellent aussi le jugement. Mais le 6ème se place sur un tout autre terrain que le 5ème, et, à certains égards, il peut présenter au chrétien de la lumière en matière d’expérience. Quand le croyant se trouve dans l’épreuve, le mouvement naturel de la foi est de recourir à Dieu comme à la ressource et à l’espérance de l’âme. La grâce immense que Dieu déploie en étant pour nous, le sentiment que rien n’égale son amour, la confiance qui accompagne la soumission du cœur : toutes ces choses attirent le cœur vers Lui. Aussi n’est-il pas, pour l’âme qui se confie en Lui, de temps plus doux que celui de l’épreuve. Cela suppose une volonté brisée, un cœur soumis et la connaissance de l’amour de Dieu. Dans le cas contraire, l’épreuve, par le moyen de la grâce, opère la soumission, puis elle est retirée ; si elle continue, l’âme trouve son bonheur dans la sainte et parfaite volonté de Dieu et dans le fruit qu’elle y recueille. Mais il est un cas où l’épreuve, quoique tout aussi salutaire et pleine de grâce, offre un autre élément, dans lequel l’amour qui se confie en Dieu devient plus difficile à réaliser. C’est lorsque nous sommes éprouvés à cause de notre conduite. Il est difficile de voir l’amour de Dieu dans l’épreuve que nous subissons par suite d’un péché ; il est difficile de ne pas gémir en sentant que cette épreuve, fruit du péché, est une juste punition et qu’ainsi nous n’avons pas le droit d’y chercher l’amour. Néanmoins, à qui nous adresser, si ce n’est à Lui ? Mais comment chercher secours auprès de Celui que nous avons offensé ? Telle est l’angoissante difficulté d’une âme qui, sachant qu’elle s’est elle-même attiré l’épreuve, sent qu’elle n’a pas le droit d’en réclamer la délivrance. Elle serait presque tentée de désespérer et de succomber sous la conscience de cet état. C’est en une occasion semblable que le Seigneur intercéda pour Pierre, afin que la foi de celui-ci ne défaillît pas [(Luc 22:32)], et que sa confiance en Christ et en son amour et son espérance en sa faveur divine ne vinssent pas à se perdre ; car alors le désespoir et le remords auraient pu le faire tomber entre les mains de Satan. Pierre, il est vrai, ne subissait ni épreuve, ni châtiment, mais le danger était le même. La foi empêche le désespoir, mais elle n’ôte point le sentiment du péché et de la justice de la répréhension ; elle se confie en Dieu, en son amour, en sa bonté, qui prennent maintenant le caractère de miséricorde dans l’esprit de celui qui souffre. Le sentiment du péché devient plus profond, la peur des conséquences diminue, et le cœur, humilié, se confie en Dieu malgré tout ; néanmoins il sent que le châtiment est mérité, et même, jusqu’à un certain degré, l’âme en souffre peut-être encore.

 

1.7.1.2      [Recours à la grâce dans la détresse, même si la colère est méritée]

 

Voilà l’état dont le Psaume 6 nous fournit un exemple. Nous y trouvons le cri de détresse au fort de l’épreuve, [6:2] le recours à la grâce, [6:1] la prière à Dieu de ne pas reprendre dans sa colère, et la confiance même devant la pensée que la répréhension de sa colère serait une juste conséquence de notre péché. [6:3] Tout en reconnaissant que la colère est méritée, la foi s’appuie sur la grâce et dit : «Jusques à quand ?». Il est impossible que Dieu rejette pour toujours ceux qui se confient en Lui ; la lumière se fera. Il y a une relation avec Dieu, et la foi compte sur cette relation ; le cœur peut donc exposer sa détresse à un Dieu dont les compassions sont connues. Cette confiance est pleinement exprimée dans les trois derniers versets. [6:5] On remarquera aussi, à propos de ce Psaume, que, dans le gouvernement de Dieu appliqué à cette terre, la mort est envisagée comme un retranchement ; c’était tout à fait le cas pour les Juifs, ainsi qu’on peut le voir dans l’histoire d’Ézéchias et même dans celle de Job ; mais, dans une certaine mesure, c’est aussi le cas pour le chrétien ; il y a des péchés à la mort, et la mort peut être employée comme moyen de discipline (1 Cor. 11:30) ; elle peut aussi être différée (voir les épîtres de Jacques et de Jean). Quant à notre Psaume, il n’entrevoit rien au-delà de la mort, si ce n’est les ténèbres ; le gouvernement de Dieu fait de même. Lorsque le croyant a la paix, il considère la discipline, même justement sévère, comme un signe certain de la faveur divine. Son horreur du péché est, par suite, d’un caractère beaucoup plus dur, parce qu’il a en abomination le péché même, non point ses conséquences. Peut-être les dards enflammés du méchant l’atteindront-ils [(Éph. 6:16)], ou tout au moins la terreur le menacera ; mais, au travers de toutes ces choses, il s’attend à la miséricorde et à la fidélité de Dieu ; Christ intercédant pour lui, sa foi ne défaut pas. C’est là cependant un terrible état ; mais le cœur s’attache à Dieu et peut dire : «Jusques à quand ?».

 

1.7.2       Psaume 7

1.7.2.1      [Appel à la justice et à la vengeance, avec la foi dans le jugement divin]

 

Le Psaume 7 est un appel circonstancié à la justice et à la vengeance, uni à la foi dans le jugement de Dieu. [7:7] Ainsi l’assemblée des peuplades de la terre reconnaîtra l’Éternel et l’environnera.

 

1.7.2.2      [Recherche de la délivrance dans la détresse causée par les méchants]

 

L’affligé s’attend à la colère de Dieu sur les iniques, tout en priant qu’elle se détourne de lui-même ; et il l’attend avec la certitude de la foi. C’est ce que nous faisons aussi, en reconnaissant la justice parfaite et l’excellence de ces choses ; mais il est impossible de voir dans ce Psaume l’expérience d’un chrétien, sauf en ce qui concerne le sentiment de l’intégrité devant Dieu et la confiance en Lui. Le Psaume 7 est donc l’expression des sentiments de ceux qui, dans la détresse causée par la haine des méchants, cherchent la délivrance, et non point de ceux qui souffrent comme Christ et avec Lui, afin d’être aussi glorifiés avec Lui.

 

1.8      Psaume 8

 

Le Psaume 8 célèbre le gouvernement millénaire de l’Éternel et la gloire du Fils de l’homme, en rapport avec le peuple juif et par sa bouche. Mais ce Psaume nous présente une vue des plus intéressantes de la gloire de Christ et, autant que cela est possible dans l’Ancien Testament, une vue de notre association avec Lui. L’homme est vu ici, établi comme l’image du Dieu invisible, dominateur sur toute la création. Comme révélation directe, le Psaume ne va pas plus loin et ne pouvait aller plus loin que la position d’homme dans ce monde, car le mystère n’était pas révélé dans l’Ancien Testament ; mais Adam était l’image de Celui qui devait venir. [8:1] L’Éternel est le Seigneur d’Israël. [8:4] «Qu’est-ce que l’homme» ? La réponse, c’est Christ. [8:1] Mais Christ est l’Éternel, et sa majesté est établie au-dessus des cieux ; [8:6] la terre est mise sous ses pieds. [8:2] Même aux jours de son humiliation, l’ennemi, le vengeur, a été réduit au silence par la louange que publient de Lui les petits enfants et ceux qui tètent ; car le Père a eu soin de pourvoir à ce que, si pour Lui le Seigneur a été méprisé et délaissé des hommes, ce témoignage fût rendu à la gloire de son Fils ; et ce témoignage a été rendu à sa gloire comme Fils de Dieu, comme Fils de David (c’est en rapport avec ce nom que ces paroles sont citées dans Matthieu 21:16), et comme Fils de l’homme (comparez Jean 11 et 12). [8:1] Mais en ce jour-là son nom sera magnifique par toute la terre. [8:5] En attendant il est couronné de gloire et d’honneur [8:6] avant même que toutes choses soient mises sous ses pieds. [8:4] Comme simple créature, l’homme est petit et faible ; [8:6] mais l’homme du conseil de Dieu, le dernier Adam domine sur toutes choses. Au chapitre 8 des Proverbes [(v. 22-30)] on voit Christ avant la création, présenté comme la sagesse de Dieu, les délices de l’Éternel, dont les délices étaient dans les fils des hommes. C’est pourquoi, à sa naissance, les anges célèbrent le bon plaisir de Dieu dans les hommes [(Luc 2:14)] (non pas sa bonne volonté à leur égard). Qu’est-ce que l’homme ? demande Job irrité. Pourquoi Dieu ne pouvait-il pas se retirer de lui ? (Job 7:17). Il est encore dit au Psaume 144 [(v. 3)] : Qu’est-ce que l’homme ? La pensée est ici : pourquoi Dieu épargnerait-il si patiemment les méchants ? Mais au Psaume 8 c’est l’homme selon les conseils de Dieu, le dernier Adam, le second homme, Christ, la gloire de l’Éternel, [8:6] établi comme homme au-dessus des cieux, la terre et même toutes choses étant mises sous ses pieds, ce que nous ne voyons pas encore [(Héb. 2:8)] ; mais nous voyons déjà la gloire de Dieu dans la face de Jésus Christ [(2 Cor. 4:6)] qui, après avoir été fait un peu moindre que les anges à cause de la passion de sa mort, est couronné de gloire et d’honneur [(Héb. 2:9)].

 

1.9      Psaumes 9 et 10

 

Je passe sur les Psaumes 9 et 10, dont le premier célèbre le jugement des ennemis d’Israël, et le second raconte la méchanceté de leurs oppresseurs. Ces deux Psaumes expriment l’assurance, pendant l’oppression, que Dieu la voit [9:12] et n’oublie pas les affligés ; puis, lors de la délivrance, ils célèbrent la fidélité de l’Éternel. [9:8] Le monde est jugé avec justice [9:16] et l’Éternel se fait connaître par le jugement qu’il exécute. Il suffit d’attirer l’attention sérieuse du lecteur sur le jugement du monde, mentionné dans ces Psaumes, et sur la scène principale de ce jugement dans le pays d’Israël. En toute occasion cependant, l’âme humble peut traverser l’oppression et l’épreuve dans la tranquille certitude que Dieu la voit [9:4] et que sa cause est entre les mains de Dieu. Et même, ce qui est plus difficile, subît-elle une épreuve par sa propre faute, si elle s’humilie véritablement elle peut encore compter sur Dieu.

 

1.10  Psaume 11

1.10.1    [Manifestation du pouvoir du mal avant le jugement, amenant la ruine]

 

Passons maintenant au Psaume 11 et examinons quels sont les sentiments de ceux qui, souffrant sous l’épreuve qui précède la délivrance, ont encore à posséder leurs âmes par leur patience [(Luc 21:19)]. Une chose, en premier lieu, ressort distinctement de ce Psaume (chose toujours vraie, mais non manifestée publiquement comme elle le sera alors), c’est l’impossibilité de compter sur l’homme et d’en espérer le moindre secours, l’instabilité de tout ce qui est terrestre, la ruine complète amenée par le mal. [11:3] Puisque les fondements sont détruits, que fera le juste ? Pour la foi, tout cela est vrai depuis que Christ a été rejeté ; mais jusqu’à présent, tant que sa patience trouve à s’exercer, et qu’il y a encore des âmes à amener à la communion avec Christ, la main de Dieu refrène le pouvoir du mal. Les choses auxquelles ce Psaume fait allusion, ne seront pleinement manifestées qu’au temps où le méchant dominera sur la terre avant que Dieu se lève pour le jugement et pour délivrer tous les débonnaires de la terre.

 

1.10.2    [Épreuves semblables pour le croyant, qui a un Père qui discipline en amour]

 

Des cas particuliers d’épreuve nous placent souvent, dans notre sphère restreinte, au milieu de circonstances analogues. Seulement, n’oublions pas que nous avons affaire à un Père que nous connaissons comme tel et qui nous discipline pour notre bien [(Héb. 12:10)], pour notre profit céleste et éternel, avec le même amour par lequel il n’a point épargné son propre Fils, mais l’a livré pour nous [(Rom. 8:32)].

 

1.10.3    [Ps. 11 v. 1-3 — La foi se réfugie en Dieu, paix et tranquillité du juste]

 

[11:3] La question posée dans ce Psaume est celle-ci : «Si les fondements sont détruits, que fera le juste ?». À quoi aura-t-il recours comme assez divinement stable pour s’y appuyer ? [11:2] car le bien n’existe pas et les méchants n’étant arrêtés par aucun scrupule de conscience, usent de fraude pour détruire les justes. Il y a un moment où le Seigneur avertit de fuir, où il est tout à fait inutile, soit d’agir, soit d’attendre avec patience. Mais tel n’est pas le cas ici ; et cela n’arrivera que lorsque Dieu aura tout abandonné, pour un temps, entre les mains des méchants. [11:1] La peur et l’incrédulité pousseraient à fuir, comme l’oiseau, loin du mal, en un lieu de refuge et d’humaine sécurité. La foi regarde plus haut : «Je me suis confié en l’Éternel». Se réfugier en Dieu qui est au-dessus de tout, qui connaît tout, auquel rien n’échappe, dont la fidélité est immuable, sans lequel pas un passereau ne tombe [(Matt. 10:29)], qui enfin dispose de tout, quoi que l’homme propose : se réfugier en Dieu qui est notre Père, c’est la ressource et la paix du juste. Le propre de cela est de rendre notre marche parfaite et de nous tranquilliser en tout temps ; car les circonstances ne gouvernent plus nos sentiments, et l’âme n’a pas d’autre motif de conduite que la volonté de Dieu ; elle l’accomplit avec hardiesse, quand elle y est invitée, en vertu de sa confiance en Lui. De plus, nous sommes tranquilles, sachant que le résultat est entre les mains de Dieu, auquel nous nous confions.

 

1.10.4    [Ps. 11 v. 4-5 — Voies de Dieu, éprouvant les justes pour ouvrir l’intelligence]

 

Toutefois, là ne se borne pas l’enseignement du Psaume 11. Sur la terre tout est bouleversement, confusion ; point de sécurité pour le juste. [11:4] Mais l’Éternel est dans le palais de sa sainteté ; il a son trône dans les cieux ; ses yeux voient, ses paupières sondent les fils des hommes ; Il ne dort ni ne sommeille [(121:4)] ; aussi le juste peut-il Lui remettre sa cause. Nous trouvons en outre ici une exposition des voies de Dieu au temps de l’affliction. [11:5] L’Éternel sonde le juste. [11:4] Lorsque les paupières de Celui qui voit toutes choses au point de vue de sa propre pureté, sondent les fils des hommes, il a un but spécial quant aux justes. Il les éprouve et il les crible. C’est pour nous une vérité de toute importance que l’activité de Dieu dans ses voies envers les justes, afin d’accomplir tout ce que sa grâce s’est proposé à leur égard, de manifester son caractère, de juger et de les faire juger tout ce qui ne s’accorde pas avec ce caractère divin, de leur donner ainsi l’intelligence de ce qu’Il est Lui-même et de les y conformer moralement ; à la fois soumettant leur volonté et mettant en activité leurs affections par le sentiment de sa fidélité et de son amour. Briser la volonté est un moyen puissant d’ouvrir l’intelligence.

 

1.10.5    [Ps. 11 v. 4-7 — Dieu sonde tous les hommes, surtout les justes, pour Sa gloire]

 

[11:4] Son temple et son trône gouvernent tout cela. Dans son palais, chacun annonce sa gloire. C’est là que l’homme s’approche de Lui ; là que sont révélés son caractère et sa nature, afin que, conformément à ce caractère et à cette nature, l’homme puisse être associé avec Lui. Son trône dispose toutes choses afin de nous rendre dignes d’être associés au temple. La chair ne se plie naturellement pas volontiers à ces exigences ; mais cette action de Dieu est précisément ce qui est nécessaire et profitable. Il sonde les fils des hommes, aucune de leurs actions ne lui échappe ; toutes choses sont découvertes aux yeux de Celui auquel nous avons affaire [(Héb. 4:13)], et il en juge. [11:5] Mais il sonde plus particulièrement les justes, et cela en contraste avec sa haine des méchants [11:6] sur lesquels il enverra le jugement. [11:5] Lorsque Dieu sonde les justes, il s’agit avant tout de sa nature et de sa gloire, qu’il n’abandonne pas. [11:7] Quoique sa face regarde les justes, et quelque plaisir que son amour prenne en eux, il ne saurait se renier Lui-même ; c’est à ce qu’il est Lui-même qu’il veut les rendre conformes, tout en maintenant son caractère en gouvernement. Dieu s’est servi d’Israël pour faire connaître à toute la terre qu’Il ne veut pas souffrir le mal ; et plus ce peuple était près de Lui, moins il pouvait tolérer en lui l’injustice : «Je vous ai connus vous seuls de toutes les familles de la terre ; c’est pourquoi je visiterai sur vous toutes vos iniquités» [(Amos 3:2)]. Aujourd’hui encore, malgré toute Sa grâce, on ne se moque pas de Dieu. L’homme moissonnera ce qu’il aura semé [(Gal. 6:7)]. Une foule de passages démontrent ce principe dans son application à Israël, et ce principe est soigneusement maintenu (Rom. 2:6, etc.). Ce sont, nous l’avons dit, surtout les épîtres de Pierre qui révèlent ce juste gouvernement de Dieu, la première, pour les justes, la seconde, contre les méchants. En sondant et en éprouvant les justes, Dieu revendique et maintient son caractère au milieu de ceux qui sont près de Lui.

 

1.10.6    [Dieu sonde et éprouve les justes pour leur faire du bien]

1.10.6.1   [Dieu sonde les fidèles pour leur profit, et pour le résultat parfait de la patience]

 

Mais il les sonde aussi pour leur profit, et leur prouve ainsi, d’une manière précieuse, tout le soin qu’il prend d’eux. «Il ne retire pas ses yeux de dessus le juste», dit Élihu [(Job 36:7)]. Il est possible que nous soyons affligés par diverses tentations ou épreuves, si cela est nécessaire, et nous devons l’estimer comme une parfaite joie (Jacq. 1:2), sachant que l’épreuve produit la patience. Or, en voici le résultat : «Que la patience ait son œuvre parfaite, afin que vous soyez parfaits et accomplis» dans toute la volonté de Dieu [(Jac. 1:3-4)].

 

1.10.6.2   [Gloire dans les tribulations, faisant briller l’espérance et goûter l’amour divin]

 

Nous devons nous glorifier dans les tribulations (Rom. 5 [v. 3-5]) ; elles produisent la patience, et notre espérance n’en devient que plus brillante, l’amour de Dieu étant répandu dans nos cœurs — cette vraie clef de tout ce qui arrive.

 

1.10.6.3   [Comportement vis-à-vis de l’amour agissant en discipline, selon Héb. 12]

 

L’amour de Dieu agissant en discipline, nous fait conclure deux choses exprimées en Hébreux 12 [(v. 5-6)]. La première, c’est qu’il ne faut pas mépriser la discipline qui a sa raison en nous, puisque c’est l’amour de Dieu qui l’applique ; la seconde, c’est qu’il ne faut pas perdre courage, puisque c’est à l’amour que nous avons affaire.

 

1.10.6.4   [Buts de Dieu dans l’épreuve, vus dans le livre et le cas de Job]

 

Le livre de Job nous apprend que Dieu a deux buts différents lorsqu’il éprouve les saints. L’un, est de faire connaître les transgressions, les fautes positives dans lesquelles l’homme a abondé ; l’autre, de détourner l’homme de ce qu’il fait et de lui cacher l’orgueil (Job 33:16, 17 ; 36:7-9). Ce livre nous fournit une instruction toute divine des voies de Dieu quand il sonde les justes. Il nous enseigne aussi cette autre vérité, importante pour les âmes exercées qui, trop souvent, s’arrêtent à des causes secondaires, savoir : que toute cette discipline provient de Dieu, que c’est lui qui l’exerce. L’origine de toutes les épreuves de Job n’était point l’accusation de Satan, mais bien cette parole de Dieu : «As-tu considéré mon serviteur Job ?» [(Job 1:8)]. Dieu l’avait considéré et avait vu que l’épreuve était nécessaire. Il est vrai que les instruments de cette épreuve étaient des méchants, ou des désastres causés par Satan ; mais Dieu avait considéré son serviteur ; il avait sondé le juste, mais mesuré exactement l’étendue de l’affliction. Aussi est-ce Lui qui arrête son vent fort au jour de son vent d’orient, qui châtie par mesure ; et lorsqu’il eut achevé son œuvre (œuvre que Satan n’aurait jamais pu accomplir) et qu’il eut amené Job à se connaître lui-même, alors il le bénit abondamment.

 

1.10.6.5   [L’épreuve est pour nous apprendre à nous connaître, et notre bien à la fin]

 

Dieu nous humilie et nous éprouve pour nous faire connaître ce qui est dans nos cœurs [(Deut. 8:2)]. Il nous nourrit du pain de la foi, mais c’est pour nous faire du bien à la fin [(Deut. 8:16)].

 

1.10.6.6   [Effets de l’épreuve en nous, avec la vie spirituelle et avec la chair]

 

Quand nous abordons l’épreuve avec la vérité et la puissance de la vie spirituelle, elle développe et fait ressortir en nous la douceur et la maturité de la grâce ; elle détache notre esprit du monde pour le rapprocher de Dieu, et rendre notre âme plus intime avec Lui. Quand l’épreuve est abordée par la chair ou qu’elle la rencontre, celle-ci se révolte et décèle sa propre volonté ; cet état est rendu sensible à la conscience devant Dieu et, en définitive, la propre volonté est détruite par la discipline même, fût-ce d’une manière insensible.

 

1.10.6.7   [Résultats bénis de l’épreuve dirigée par Dieu, nous dépouillant de nous-mêmes]

 

Assurément ce n’est pas l’épreuve en elle-même qui peut conférer la grâce ; mais dirigée par la main de Dieu, l’épreuve peut briser la volonté et mettre au jour des maux cachés et que l’on ne soupçonnait même pas ; la vie nouvelle peut alors se développer d’une manière plus large et plus complète. Dieu prend une plus large place dans le cœur, il y a plus d’intelligence de ses voies, la dépendance et l’humilité augmentent, la vanité de ce monde devient plus évidente et sensible ; on se méfie davantage de la chair et de soi-même. Le saint se vide ainsi de lui-même, pour être rempli du Seigneur ; les choses éternelles et véritables parce qu’elles sont divines, ont une beaucoup plus large place dans l’âme ; et tout ce qui est faux est mis au jour et rejeté. Nos relations avec Dieu prennent plus de maturité, nous vivons plus constamment au milieu des scènes éternelles dans lesquelles il a introduit nos âmes. Regardant alors en arrière, nous découvrons l’amour qui nous a conduits à travers tout, nous sentons notre dépendance et, pleins de reconnaissance, nous bénissons Dieu pour chaque épreuve. Il n’y a que l’épreuve pour nettoyer de toute scorie, pour nous affermir dans une espérance plus glorieuse, plus complète et plus pure, et pour accroître notre intelligence de Dieu, étant dans la même mesure dépouillés de nous-mêmes.

 

1.11  Psaume 12

 

Évidemment le Psaume 12 a été écrit sous le poids de l’extrême injustice et de la violence et sous le sentiment de l’isolement ; la puissance humaine, ainsi que tous ceux qui s’y confient, font la guerre à l’âme du fidèle. Un cas pareil est rare assurément, mais il n’est pas impossible qu’on ait l’occasion de passer par les souffrances que décrit ce Psaume, et des chrétiens individuellement peuvent être isolés et abattus. Le verset 5 annonce les jugements de l’Éternel qui mettront fin à l’oppression. Ces jugements ont souvent lieu encore aujourd’hui, comme conséquence du gouvernement de Dieu ; mais ils ne constituent pas l’espérance directe et particulière du chrétien qui sait, au contraire, que sa place est de faire le bien, de souffrir en faisant ainsi, de supporter patiemment le mal, et que cela est agréable à Dieu. Son repos est autre part, là où Dieu est pleinement glorifié. Il en fut ainsi de Christ ; il en est donc de même de nous. Lui assurément fit le bien, endura ici-bas l’affliction qui en était la conséquence et ne fut pas délivré ; inutile d’ajouter combien cela était agréable à Dieu. Il convenait que Christ souffrît et c’est notre profit, de sorte que nous pouvons aussi nous glorifier dans les tribulations [(Rom. 5:3)] à cause de leur fruit, bien autrement précieux que le repos de cette terre, et qui mûrit pour nous dans le ciel, parce qu’ainsi nous sommes rendus capables de jouir de Dieu plus intimement. Si donc nous souffrons pour la justice et si nous souffrons pour l’amour de Christ, nous sommes bienheureux [(1 Pier. 3:14)] : l’Esprit de gloire et de Dieu repose sur nous [(1 Pier. 4:14)]. Du reste, si nous attendons patiemment, Dieu nous délivre même aujourd’hui en mainte circonstance particulière. [12:6] Dans tous les cas, et c’est l’idée principale de ce Psaume, les paroles de l’Éternel sont des paroles pures ; elles jugent tout ce qui est en l’homme, mais on peut se confier entièrement en leur réalité. Tout ce que sa bouche a proféré, l’Éternel le maintiendra en sainteté, mais il l’exécutera en puissance. Notre sagesse est de nous en tenir à la parole de Dieu envers et contre tout. Les épreuves extérieures ne sont que des moyens pour purifier et pour éprouver le cœur quant à la foi ; la Parole est la pierre de touche à l’aide de laquelle l’âme éprouve toutes choses, la mesure intérieure de son état devant Dieu et le fondement infaillible sur lequel repose sa confiance. Lorsque le cœur est éprouvé par la parole ou par les circonstances, c’est afin de le dégager de chacune des choses qui l’empêcheraient de se reposer sur toute parole qui sort de la bouche de Dieu et de se l’approprier. Certainement nous vivrons par elles.

 

1.12  Psaume 13

 

Le Psaume 13 continue à exprimer le travail d’une âme sous le poids des épreuves mentionnées au Psaume 10. Ces épreuves, à proprement parler, nous concernent peu ; toutefois le chrétien peut se trouver angoissé par le triomphe apparent et momentané de la puissance du mal ; et alors il peut demander à Dieu d’être délivré, de ne pas être délaissé comme s’Il ne prenait aucun soin de lui. Dans ce Psaume, nous voyons la différence entre la position de Christ et celle du résidu juif : extérieurement, Christ a été abandonné entre les mains des méchants, tandis que le résidu juif en général sera épargné et délivré ; quelques-uns des sages, il est vrai, tomberont en ce jour-là par la main de l’ennemi [(Dan. 11:35)], afin d’obtenir une meilleure résurrection. Mais, en parlant de ce Psaume, j’ai surtout en vue l’enseignement moral qu’il renferme. Au milieu d’ennemis sans cœur et sans conscience, [13:1] même en apparence oubliée de Dieu, [13:5] l’âme se confie en sa miséricorde, compte sur Lui, sur sa bonté, sur sa fidélité miséricordieuse, et se réjouit de la délivrance avant d’être délivrée par la puissance de Dieu. Ainsi, en priant Dieu, nous le remercions avant d’être exaucés, sachant, dans nos cœurs, par la foi, qu’il nous a entendus et qu’il nous a répondu ; nous le bénissons, quoique sa réponse ne soit pas encore manifeste, et c’est la vraie preuve de la foi. Cette assurance procure une paix indicible au milieu de l’affliction. Nous ignorons comment Dieu nous délivrera, mais nous sommes certains que nous serons délivrés, et cela de la manière dont il est nécessaire que nous le soyons ; il dispose de tous les moyens. C’est en Dieu Lui-même que nous avons confiance et, en regardant à Lui, le cœur reçoit une réponse réelle sur laquelle il peut compter. Les circonstances et la Parole éprouvent le cœur ; la confiance et la délivrance divine réjouissent l’esprit. Nous savons, même avant d’être secourus, que Dieu est pour nous. Il est bien naturel de prendre conseil de soi-même, quoique rien ne fatigue et n’angoisse davantage, mais ce n’est pas la foi. La tristesse tend à produire la mort. L’âme, même en se soumettant, se dévore elle-même, mais elle est illuminée quand elle se tourne vers le Seigneur. La conscience que c’est l’ennemi qui travaille contre nous, dispose notre âme à la confiance. C’est une pensée solennelle, et, pour l’homme, ce serait une pensée terrible ; mais, avec Dieu, c’est un motif pour être assuré de la délivrance.

 

1.13  Psaume 14

1.13.1    [Expression du jugement divin sur un état de méchanceté, sans crainte de Dieu]

 

Le Psaume 14 est un exemple frappant d’un principe fréquemment appliqué dans la Parole : des Psaumes et d’autres passages de l’Écriture qui s’appliquent clairement et d’une manière littérale aux juifs dans les derniers jours et aux événements de cette époque, sont cités comme représentant de grands principes qui prononcent moralement sur des vérités importantes en tout temps, vérités qui seront publiquement manifestées aux derniers jours par le jugement de Dieu. L’apôtre cite ce Psaume comme l’expression du jugement divin sur l’état des Juifs, déclaré par leurs propres écritures [(Rom. 3:10-12)], et prouvant ainsi la nécessité d’une justice qui ne fût pas d’eux. Je n’ai que peu de choses à ajouter. Nous pouvons nous attendre à des difficultés provenant de l’absence de toute crainte de Dieu en ceux auxquels nous avons affaire ; il semble presque impossible à celui qui craint Dieu, qu’un pareil état puisse exister, qu’il n’y ait dans le cœur aucune componction, aucune chose qui l’arrête dans sa méchanceté, et tout au moins dans une méchanceté délibérée ; cependant cela arrive quelquefois quand on s’y attendait le moins. Mais le Seigneur voit tout cela, et c’est notre confiance.

 

1.13.2    [Influence de la présence de Dieu, même sur les ennemis]

 

Il attendra peut-être, il patientera avec le mal, du moins avec ceux qui le font ; il nous exercera de cette manière ; mais il voit tout cela. [14:5] Puis Dieu Lui-même est au milieu de la génération juste. Il y a une influence produite par la présence de Dieu au milieu des justes, que les ennemis du Seigneur ressentent et qui, dans les justes, n’est connue que par la foi : nous en trouvons un exemple dans ce que Rahab apercevait parmi les Cananéens (Jos. 2:9), et l’apôtre fait allusion au même sentiment dans Phil. 1:28. Ce sentiment de frayeur qu’éprouvent ceux qui s’opposent à la vérité, peut être accompagné de vanterie et de violence ; mais à coup sûr, la foi qui se confie en Dieu produit toujours un sentiment de frayeur chez les méchants, même lorsqu’ils réussissent. Les Juifs, après avoir crucifié Christ, craignaient qu’après tout sa disparition du tombeau n’aggravât encore la situation [(Matt. 27:63-64)]. Mais pour être ainsi soutenu dans l’épreuve, il faut que le fidèle ait le sentiment de la présence de Dieu.

 

1.14  Psaume 15

 

Le Psaume 15 est une preuve évidente que ces Psaumes s’appliquent directement aux Juifs dans les derniers jours. Toutefois, les saints ne doivent pas perdre de vue l’existence actuelle du gouvernement de Dieu. Ce gouvernement est exposé dans les épîtres de Pierre : dans la première en faveur des justes, dans la seconde en jugement contre les impies (1 Pierre 3:10-15 applique aux chrétiens les principes selon lesquels Dieu agissait envers les Juifs, comme peuple, principes selon lesquels dans les derniers jours il agira d’une manière encore plus absolue, mais qui s’appliquent au temps de notre séjour ici-bas). Ainsi le Psaume 15, quoique d’un caractère essentiellement juif, nous enseigne des principes à suivre ; le verset 4, par exemple, parle de ce qui, en principe, est en tout temps agréable à Dieu.

 

1.15  Psaume 16

1.15.1    [Perfection de Christ comme homme devant Dieu, se confiant toujours en Lui]

 

Ayant fait ces remarques, je passe au Psaume 16 qui s’applique directement à Christ, mais qui contient, en même temps, de précieuses instructions pour nous-mêmes. C’est essentiellement Christ prenant la place d’homme, [16:11] et indiquant le chemin de la vie qui l’amènerait en la présence de l’Éternel où il y a un rassasiement de joie ; ce chemin le conduisait à travers la mort puisqu’Il venait pour nous, [16:1] mais il se confiait en l’Éternel. Il ne faut pas perdre de vue le caractère directement prophétique de ce Psaume ; néanmoins le sentier de Christ est un exemple pour nous ; le bon Berger est allé devant ses brebis [(Jean 10:4)]. Le Psaume 16 établit un principe essentiel : la confiance en Dieu même dans la mort — l’entière dépendance dans l’obéissance ; [11:5] et ceci joint au fait que Dieu Lui-même était la seule portion de l’homme, excluait tout ce qui était en désaccord avec cette vérité. Ajoutons à cela le fait que Dieu n’était pas perdu de vue un seul instant. Tels sont les grands principes de la vie divine, de cette vie divine entrant sur la scène du péché et de la mort. Sans doute nous devrions parler de communion avec le Père et avec son Fils Jésus Christ dans ce sentier de la vie ; mais ce sont les grands principes moraux, l’état subjectif de l’âme, qui nous sont présentés ici, et cela dans la personne même de Christ : c’est, remarquez-le, sa perfection comme homme, et devant Dieu, et envers Dieu. Il ne s’agit pas de la perfection divine, de Dieu manifesté à l’homme, mais de ce qu’Il était comme homme dépendant de Dieu ; il ne s’agit pas même de l’offrande de Lui-même, dans laquelle nous avons aussi à le suivre (1 Jean 3:16), mais de sa place d’homme dans la perfection. Il s’agit de sa perfection devant Dieu, du principe qui le gouvernait. [16:2] Par conséquent, même cette parole de Christ : «Ma bonté ne s’élève pas jusqu’à toi», s’applique aussi à nous. Affirmer qu’actuellement notre bonté ne va pas jusqu’à Dieu, paraît absurde ; mais ces mots appliqués à Christ homme, à Lui qui était absolument parfait, nous aident à comprendre un peu la nature de cette bonté, principe que nous pouvons nous appliquer, et qui nous met à notre place. C’est la perfection de l’homme envers Dieu, ce chemin nouveau dont Christ est la perfection et l’exemple sur la terre. Mais cette précieuse pensée met en évidence la place infiniment bénie que nous occupons en tant que chrétiens, quoique au milieu non seulement de la faiblesse, mais aussi de luttes intérieures inconnues à Christ en qui il n’y avait pas de péché. Toutefois, la place de Christ est l’expression absolue de la nôtre devant Dieu ; cela est pleinement révélé à la fin de l’Évangile de Jean, surtout dans le chapitre 17.

 

1.15.2    [Vie éternelle en Christ présentée en 1 Jean comme manifestée ici-bas]

 

L’Épître de Jean aussi, qui d’abord présente Christ comme la manifestation sur la terre de la vie éternelle qui était auprès du Père, sa manifestation dans un homme que leurs mains avaient touché [(1 Jean 1:1-2)], enseigne que cela est vrai dans les chrétiens, de même qu’en Christ (1 Jean 2:8), montre que la justice et l’amour sont le caractère de cette vie, et ajoute que, par la présence du Saint Esprit, nous demeurons en Dieu et Dieu en nous [(1 Jean 4:13)]. Nous possédons cette vie éternelle descendue du ciel, mais dont il est dit qu’elle est dans le Fils seul ; toutefois celui qui a le Fils a aussi la vie [(1 Jean 5:12)]. Voilà, en effet, ce qui donne à cette vie toute sa valeur. Les Psaumes assurément, ne peuvent pas la présenter comme l’Épître de Jean, qui en développe toute l’étendue et l’importance, [16:3] et cependant nous voyons ici Christ prenant sa place parmi les excellents de la terre. L’apôtre Jean, tout en donnant à entendre que le croyant possède la vie éternelle, ne va pas jusqu’à la présentation de cette vie en gloire devant Dieu ; il fait voir seulement que nous serons avec Christ dans le ciel. C’est Paul qui expose ce que Jean sous-entend ; aussi bien n’avait-il vu Christ que dans la gloire. Jean présente la vie en elle-même et manifestée sur la terre ; la vie est la lumière des hommes [(Jean 1:4)].

 

1.15.3    [Caractère de la vie de Christ homme dépendant, vivant pour Dieu en perfection]

1.15.3.1   [Vie de Christ comme homme dépendant et soumis, plutôt que manifestation de Dieu]

 

J’ai déjà touché plus haut ce fait que le Psaume 16 présente un développement restreint de la vie de Christ sur la terre ; mais cette restriction même éclaire et met à sa place propre, d’une manière directe et bénie, cette partie de la vie de Christ qui fait le sujet de notre Psaume. Christ, traversant ce monde, était la manifestation de Dieu Lui-même (des traits divins de son caractère, non point de son titre et de sa nature divine) : amour parfait, justice et sainteté parfaites. Il était la vérité dans la révélation de tout ce que Dieu est. Quelle bénédiction ! Et en cela nous avons à l’imiter (voir Éph. 4:32 ; 5:1-2 ; Col. 3:10). Mais le Psaume 16 n’envisage pas Christ de cette manière ; il le présente comme l’homme dépendant et soumis ; il le présente aussi comme prenant sa place parmi le résidu d’Israël en contraste avec l’idolâtrie de ce peuple. Laissant de côté ce dernier point, je désire fixer nos pensées sur le caractère de la vie de Christ.

 

1.15.3.2   [Vraie place de l’homme devant Dieu, parfait et confiant]

 

[16:2] Cette expression : «Ma bonté ne s’élève pas jusqu’à toi», ne pourrait convenir à la divine manifestation de la bonté sur cette terre. Mais, prenant en tout point la place d’homme ici-bas, le Seigneur nous montre la position véritable de l’homme vivant pour Dieu, non pas dans son innocence, moins encore certes dans le péché — tout au contraire — mais parfait en justice et en vraie sainteté au milieu d’un monde de péché, connaissant le bien et le mal, tenté, mais séparé du péché et des pécheurs ; non pas élevé plus haut que les cieux, mais propre à l’être par les désirs de sa nature et par sa marche vers ce but ; dépendant, obéissant, ne prenant pas sa place avec Dieu, mais devant Lui, en tant que responsable comme homme sur la terre, et fixant les yeux sur la place de la bénédiction parfaite comme homme avec Dieu, [16:11] quand il serait dans sa présence et qu’il y aurait pour lui un rassasiement de joie. Cette place, nous pouvons la partager avec Christ, quand nous avons sa nature. Christ, envisagé ainsi, c’est l’homme confiant en Dieu, trouvant son plaisir et sa joie en Dieu, vivant de foi, et dans ce sens séparé de Lui ; non pas Dieu manifesté en chair, quoique cela fût également vrai de notre précieux Sauveur. Telle est notre place sur la terre, en tant que sanctifiés par la vérité, place bien au-dessus de celle du Résidu juif ; en outre, nous avons la conscience de notre union avec Christ par le moyen du Saint Esprit.

 

1.15.3.3   [Illustration dans l’exemple du jeune homme riche en Luc 18]

 

Cette place dont je parle, le Seigneur la prend lorsqu’il dit au jeune homme : «Pourquoi m’appelles-tu bon ? Nul n’est bon, sinon un seul, Dieu» [(Luc 18:19)]. Quant aux pratiques extérieures, le jeune homme avait peu de chose à se reprocher [(Luc 18:21)] ; mais là où il y avait la vie divine, il fallait plus que cela, pour caractériser cette vie dans sa marche vers le lieu du rassasiement de joie, au milieu d’un monde de péché et de pécheurs ; il fallait ce qui s’était vu en Abraham et dans les saints de Dieu, en David et dans les prophètes : «L’Éternel est la portion de mon héritage» [(16:5)]. Jésus lui dit en quelque sorte : Aie le Seigneur Lui-même comme ce qui gouverne et dirige ton cœur ! «Va, vends ce que tu as et donne aux pauvres, et viens, suis-moi» [(Luc 18:22)]. Mais, au moins à ce moment, le Seigneur n’était point la portion de son héritage ; peut-être, par la grâce, l’est-il devenu plus tard.

 

1.15.3.4   [Christ, homme parfait, moralement devant Dieu, mais non vu comme Dieu]

 

L’état qui est décrit dans ce Psaume, c’est l’état de l’homme considéré comme séparé de Dieu (il ne s’agit naturellement pas ici d’une séparation morale ; je ne parle pas non plus de l’union de la nature divine et de la nature humaine en Christ). Toutefois, c’est l’homme participant de la nature divine (il n’en pouvait être autrement), mais ayant Dieu pour objet, pour assurance, comme ayant seul autorité sur lui ; c’est l’homme, dépendant de Dieu en toute chose, et parfait dans sa foi en Lui. Cet état ne pouvait se réaliser que dans un être qui participât personnellement de la nature divine — Dieu Lui-même en l’homme — tel que Christ, ou médiatement tel que ceux qui sont nés de Dieu. Mais, nous l’avons déjà remarqué, Christ n’est pas considéré ici sous ce point de vue et il ne s’agit pas non plus du croyant comme étant uni à Christ. La présence divine en Lui est considérée non point dans la manifestation de Dieu en Lui, mais plutôt dans son effet : la perfection absolue de Christ comme homme. Sa marche est celle d’un homme moralement en présence de Dieu. [16:10] Christ dépend ici de l’Éternel quant à sa résurrection, et il dit : «Tu n’abandonneras pas mon âme au shéol», quoiqu’Il ait pu dire également : «Détruisez ce temple, et en trois jours je le relèverai» [(Jean 2:19)]. Homme parfait, il pouvait, d’autre part, dire : «Père ! entre tes mains je remets mon esprit» [(Luc 23:46)] ; ainsi Pierre disait aux Juifs : «Dieu a fait et Seigneur et Christ ce Jésus que vous avez crucifié» [(Act. 2:36)] ; tandis que Thomas avait dit à Jésus : «Mon Seigneur et mon Dieu» [(Jean 20:28)]. Pierre, en effet, considère toujours Christ comme l’homme rejeté, comme le Messie exalté par Dieu ; il n’annonce pas le Fils de Dieu comme Paul l’annonça aussitôt dans les synagogues, quoique, par une révélation divine, Pierre ait été le premier à le confesser comme tel.

 

1.15.4    [Ps. 16 v. 1 — Premier principe : Christ s’abandonne entièrement à Dieu]

1.15.4.1   [Christ se confie entièrement à Dieu pour le garantir]

 

Christ, tel que nous le voyons ici, est donc notre modèle parfait ; il nous montre ce qu’est l’homme parfait. Le premier grand principe, celui qui caractérise tout le Psaume 16, c’est l’entier abandon de Christ entre les mains de Dieu, sa confiance en Lui. Il ne se garantit pas Lui-même, ne compte point sur soi, mais s’en rapporte à Dieu : [16:1] «Garde-moi, ô Dieu ! car je me confie en toi». Cela est d’une immense importance. Christ, comme Dieu, aurait pu se garantir lui-même ; mais il n’était pas venu dans ce but. Dans ce sens-là, il était impossible qu’il cherchât à se garantir lui-même. Christ était venu en amour pour souffrir, pour obéir, et ainsi pour sauver aussi par grâce, mais pour glorifier Dieu. Moralement parlant, il ne pouvait dévier de cela. Si l’on parle de sa puissance, nul doute que Christ aurait pu se délivrer lui-même ; et quant à son droit à la faveur de Dieu, comme Fils, s’il avait demandé douze légions d’anges, il les aurait eues [(Matt. 26:53)]. Mais alors, c’est Lui qui l’affirme, Christ n’aurait point accompli les conseils révélés de Dieu.

 

1.15.4.2   [Soumission parfaite de la foi dans la position d’homme prise par Christ]

 

Cette soumission et cette dépendance étaient volontaires, mais parfaites, la seule chose convenable dans la position qu’Il avait prise. — C’était la foi parfaite. Il était le chef et le consommateur de la foi [(Héb. 12:2)], de l’abandon de soi, de la dépendance, de la confiance ; ajoutons que la parole de Dieu était la révélation en vertu de laquelle il agissait, ce à quoi il obéissait, l’arme dont il se servait, comme il l’a prouvé lors de la tentation au désert. Christ étant la Parole et la vérité en personne, tout ce qu’il disait exprimait ce qu’il était (Jean 8:25) ; mais il n’en est pas moins vrai que Christ obéissait, comme homme, à l’autorité des Écritures, en faisait usage et agissait par elles ; [16:1] mais ici il prend la position de dépendance et de confiance : c’est comme homme qu’il dit : «Garde-moi, ô Dieu ! car je me confie en toi».

 

1.15.5    [Ps. 16 v. 2 — Deuxième principe : entière soumission à la volonté de Dieu]

1.15.5.1   [Humiliation volontaire de Christ, prenant la place d’homme soumis]

 

[16:2] Un second principe, nécessairement renfermé en partie dans ce qui précède, c’est l’entière subordination à la volonté de Dieu (dans ce Psaume, il s’agit de l’Éternel, Dieu révélé aux Juifs ; pour nous, il s’agit du Père et du Fils — d’un seul Dieu, le Père, et d’un seul Seigneur, Jésus Christ). «Tu as dit à l’Éternel : Tu es le Seigneur». Remarquez ces mots : Tu as dit ; c’est Christ qui l’a dit. Christ était bien l’Éternel ; mais dans sa marche ici-bas, il n’a point pris cette place. Étant en forme de Dieu, et ne regardant pas comme un objet à ravir d’être égal à Dieu, il a pris la forme d’esclave et a été trouvé en figure comme un homme [(Phil. 2:6-8)]. Prise volontairement, gardée parfaitement dans la mort et à travers la mort, la place qu’il prit fut l’humiliation. Cet acte volontaire était divin et prouvait son titre divin ; les créatures doivent garder chacune sa place, bien que, lorsqu’elles n’étaient pas gardées par Dieu, aucune ne l’ait fait. La place qui a été donnée à Christ comme homme, mais qu’il a méritée, est la gloire (Jean 17) ; Il s’est abaissé Lui-même et Dieu l’a haut élevé [(Phil. 2:9)]. Il avait dit à l’Éternel : «Tu es le Seigneur», ce qui signifie : Je te suis subordonné. Sans cesser d’être Dieu, il avait pris en dehors de la Divinité une place dont la Divinité seule pouvait remplir les conditions ; dans cette place, Il devait satisfaire Dieu comme homme, glorifier Dieu dans un monde d’apostasie et de péché, ayant contre Lui tout ce qui était dans ce monde, et la puissance de Satan, et, vers la fin, même la colère de Dieu, afin d’accomplir la gloire de Dieu en justice.

 

1.15.5.2   [Christ remplissait la place de l’homme, seul, pour la gloire de Dieu]

 

[16:2] C’est ainsi qu’il dit : «Ma bonté ne s’élève pas jusqu’à toi» — aussi haut que Toi. Christ devait remplir la place de l’homme, dans la condition dans laquelle la gloire de Dieu s’y trouvait intéressée. Homme parfait, quand il se trouvait dans ce caractère, il était seul dans sa perfection : personne pour le secourir ou même pour compatir avec Lui. Sa confiance devait être en Dieu, dans la vie et à travers la mort, que dis-je ? même sous le poids de la colère divine ; mais ici c’était dans le chemin de la vie et, même ce chemin, Dieu le Lui ferait connaître (vers. 11).

 

1.15.6    [Ps. 16 v. 3 — Sentier de Christ ici-bas parmi les saints]

1.15.6.1   [Place morale de Christ homme, et marche parmi ceux mis à part pour Dieu]

 

Mais, de plus, il existait sur la terre des objets de la faveur divine, dont Christ ne se séparait pas. [16:3] Il n’en parle pas ici comme ayant été choisis par Lui (c’est le cas dans l’évangile de Jean, lorsqu’il dit à ses disciples : «Ce n’est pas vous qui m’avez choisi, mais c’est moi qui vous ai choisis» [(Jean 15:16)], quoique là aussi pour un service), ni comme étant choisis par la grâce de Dieu, mais comme étant les objets du bon plaisir de Dieu dans le chemin qu’ils suivaient, manifestés moralement comme les saints qui sont sur la terre, les excellents qui étaient dans le sentier où Il devait entrer lui-même. Cela est plein d’intérêt ; il s’agit encore ici de la place morale de Christ homme, trouvant son plaisir dans ce en quoi Dieu trouvait le sien, comme il convenait à un être parfait avec Dieu, dont Moïse est le type remarquable en Hébreux 11:24-26. Christ prend ici sa place parmi les saints, parmi ceux qui étaient réellement mis à part pour Dieu. Il la prit de fait dans l’humiliation et l’obéissance la plus parfaite, lorsqu’il alla se faire baptiser du baptême de Jean avec ceux que l’Esprit de Dieu poussait à s’humilier. Lors du premier et du plus humble acte de la vie divine, l’acte d’un cœur qui s’abandonne à Dieu en confessant le péché, Celui qui n’a pas connu le péché se joignit à ceux qui venaient le reconnaître ; car cet aveu de leur part était la vie divine, et les consacrait à Dieu. Ils étaient véritablement les «excellents» de la terre. Quelle douceur, quelle consolation dans le désert, d’y voir Christ marchant dans ce chemin, victorieux de toutes les tentations qui s’y rencontrent, comme on le voit aussitôt après son baptême par Jean, liant l’homme fort au moyen de la vie qu’Il possédait et qui était victorieuse de toute la puissance de l’ennemi ! Évidemment, quoique nous trouvions dans ce Psaume la vie divine, le fruit de la grâce, il ne s’agit point ici de Dieu se manifestant lui-même, d’une bonté qui aille, dans son caractère propre, jusqu’à Dieu [(16:2)], puisqu’elle confessait le péché, tout en étant la grâce divine en Christ pour faire cela. Ajoutons qu’il n’appartenait pas proprement à Dieu, comme tel, de mourir, quoique seul l’amour parfait, seul un être qui fût Dieu, ait pu mourir comme Christ mourut, ait pu se livrer lui-même, laisser sa vie, et ainsi donner à son Père un motif de l’aimer pour ce qu’il a fait. Christ homme, agissait à la place de l’homme, devant Dieu et envers Dieu, comme les hommes auraient dû le faire ; mais il agissait d’une manière absolue, parfaite et libre dans son amour pour le Père, ce qu’il n’aurait pu faire sans être Lui-même divin. Qu’une personne divine ait agi de cette manière, cela est d’une valeur au-delà de toute expression. Voilà, outre beaucoup d’autres choses, ce que le Sauveur a fait pour nous, Lui, homme à notre place, étant dans la perfection de cette place les délices de Dieu, et l’occupant suivant ce qu’elle devait être au milieu d’un monde pécheur, en quoi précisément il glorifiait Dieu.

 

1.15.6.2   [Sentier et vie de Christ placés devant nous par la Parole]

 

Il est très important pour l’instruction et pour l’assurance de nos âmes de voir ainsi Christ, objet adorable de délices. Ce sentier de Christ, l’œil du vautour ne l’a pas aperçu [(Job 28:7)] ; aucune pensée de l’homme ne l’aurait découvert, si Lui, l’homme parfait, n’y avait marché. Ce sentier de la vie, nous l’avons vivant, dans une personne (car ce n’aurait pu être autrement), dans un être vivant qui doit être l’objet de notre amour. Assurément, la parole écrite nous fournit dans tous leurs détails les éléments de cette vie, mais en même temps, quelque nombreux et précieux que soient les préceptes qui dirigent notre marche, elle nous fait beaucoup connaître de cette vie, dans celle de Christ Lui-même ; en sorte que nous comprenons cette vie, selon le degré de spiritualité avec lequel nous saisissons, dans ses motifs, ou plutôt dans son motif et sa nature, la vie de Christ présentée dans les Évangiles ou d’autres portions de l’Écriture.

 

1.15.6.3   [Exhortation à marcher en connaissant ce que Christ est]

 

Même quand il s’agit de préceptes, nous sommes exhortés à marcher d’une manière digne du Seigneur pour lui plaire à tous égards [(Col. 1:10)] ; or pour cela, il faut évidemment avoir la vraie connaissance de ce qu’Il est.

 

1.15.7    [Ps. 16 v. 4-5 — Vie de Christ séparée du mal, mais ayant sa part en l’Éternel]

1.15.7.1   [Attachement à l’Éternel, en rejetant tout mal, et en ayant tout en Lui]

 

Telle que je l’ai décrite, la vie divine, parfaite en soi, mais manifestée dans la connaissance du bien et du mal, et démontrée au milieu du mal — démontrée en nous, qui sommes renouvelés en connaissance selon l’image de Celui qui nous a créés — se présente ici dans la séparation complète d’avec le mal et surtout dans la confession de l’Éternel comme mobile et source de la vie. Il repousse (v. 4) tout ce qui peut être appelé un autre Dieu ; il n’a aucune part à cela et le rejette absolument. Il s’attache à l’Éternel. La fidélité envers l’Éternel caractérise la vie de Christ marchant sur la terre ; la fidélité envers Christ caractérise la nôtre ; Christ est tout et en tous. [16:5] L’Éternel est non seulement le Seigneur auquel il obéit, mais aussi la portion de son héritage. Christ n’a pas cherché autre chose : plus encore que les sacrificateurs d’autrefois, car son cœur et ses affections étaient engagés, Christ possédait en l’Éternel son héritage et la portion de sa coupe, la coupe qu’il devait boire ici-bas, c’est-à-dire sa jouissance en espérance, sa provision pour la route.

 

1.15.7.2   [Christ a l’Éternel pour sa portion permanente, et sa part pour toute sa marche]

 

[16:5] Voici, je le suppose, la différence entre l’héritage et la coupe : l’héritage est la portion permanente de l’âme, tandis que la coupe est l’image de ce qui occupe les sentiments et de ce qui se présente à l’esprit de l’homme pour l’occuper le long du chemin. Dieu donne à boire la coupe de la colère aux méchants ; le Seigneur eut à boire la coupe de la colère sur la croix [(Jean 18:11)]. «Ma coupe est comble» [(23:5)] — la bénédiction dont elle est pleine déborde ; nous avons aussi coutume de dire : C’est une coupe amère. Il s’agit non seulement des circonstances que nous traversons, à moins que nos âmes ne leur soient asservies, mais de ce que nous ressentons, de ce que nos esprits éprouvent, de ce qui les oppresse dans ces circonstances. Au Psaume 23, par exemple, les circonstances sont toutes affligeantes, mais au travers de toutes, l’Éternel est le berger [(23:1)], et la coupe déborde de joie et de bénédiction [(23:5)]. Ainsi pour Christ : L’Éternel est la portion permanente de son âme et, en même temps, tout le long de sa marche ici-bas, Celui sur lequel son cœur se repose ; l’Éternel forme et caractérise ses sentiments bien plus que toute l’affliction qu’Il endure, sauf à la croix. Ma viande, dit-il, est de faire la volonté de Celui qui m’a envoyé et d’accomplir son œuvre [(Jean 4:34)]. Jamais l’homme n’a pu entrer dans les pensées de Christ, pas même ses disciples. Une seule, qui jadis se tint assise à ses pieds, a été mue dans son affection pour Lui par un sentiment auquel Christ a donné une voix, mais de manière à faire ressortir le mal profond qui dominait chez tous les autres [(Jean 12:7)] ; mais il avait une viande à manger qu’ils ne connaissaient pas [(Jean 4:32)]. L’Éternel, la portion de sa coupe, était plus près de Lui que toutes les circonstances de la vie, auxquelles, comme homme, Il était pleinement sensible et qui auraient pu l’oppresser. Nous en exceptons la croix, mais non : Il est sa portion là plus que partout ailleurs, car c’était la colère de l’Éternel Lui-même qui s’appesantissait sur son âme dans la coupe qu’il but alors.

 

1.15.7.3   [Joie dans la faveur de Dieu seule, qui est entre le cœur et les circonstances]

 

À part cela, l’Éternel était si véritablement la grande circonstance et la substance de sa vie en toutes choses et à travers toutes choses, qu’il pouvait seulement désirer que sa joie fût accomplie dans ses disciples [(Jean 17:13)]. Cette joie de Christ venait de Dieu seul, voilà sa perfection. Le monde, pour lui, n’était absolument qu’un désert altéré et sans eau, mais la faveur de l’Éternel était meilleure que la vie [(63:3)] ; elle était sa vie en pratique au milieu d’un monde où il était sensible à tout, mais avec l’Éternel réalisé. Entre lui et toutes ces choses se plaçait l’Éternel et sa faveur, la vie de son âme. Tel aussi le chrétien, quoique peut-être abandonné et emprisonné : «Réjouissez-vous dans le Seigneur ; encore une fois, je vous le dirai : réjouissez-vous» [(Phil. 4:4)]. La nature a des circonstances entre elle et Dieu ; la foi a Dieu entre le cœur et les circonstances. Quelle différence !

 

1.15.7.4   [Vie divine dans le monde, en ayant l’Éternel comme portion permanente]

 

Il n’y a point de paix semblable à celle qu’on éprouve, caché dans la tente à l’abri des insultes des hommes. Mais cela, c’est la vie divine au travers du monde ; [16:5] c’est avoir l’Éternel pour héritage (pour nous, c’est le Père et le Fils, une révélation plus complète par le Fils lui-même), l’Éternel comme portion permanente de l’âme ; l’Éternel comme la joie actuelle du cœur, comme la force qui le remplit et qui donne sa saveur à la vie (comp. Psaumes 64; 23).

 

1.15.7.5   [Confiance en l’Éternel seul, qui n’a que Lui, qui maintient notre lot]

 

Vient en troisième lieu cette précieuse confiance, [16:5] que l’Éternel maintient notre lot ; alors nous n’avons confiance ni en nous-mêmes, ni en des circonstances favorables, ni en «une montagne à laquelle l’Éternel Lui-même a donné la stabilité et la force» [(30:7)], mais uniquement en Lui. «Fais tes délices de l’Éternel ; et il te donnera les demandes de ton cœur» [(37:4)]. La foi s’appuie sur l’Éternel, sur l’amour du Père et de Jésus. Pour nous procurer un bonheur et une paix infaillibles, nous n’avons point à regarder aux circonstances, sauf pour les traverser avec Dieu. Christ a réalisé cela d’une manière parfaite ; il n’avait que l’Éternel, ne comptait sur rien d’autre. L’apôtre Paul en est aussi un exemple frappant, et c’est, en principe, le sentier de chaque chrétien dans lequel, une fois ou l’autre, sa foi sera exercée. La vie de la foi se résume ainsi : Dieu Lui-même est la portion de notre héritage et de notre coupe, il maintient notre lot. Pour nous chrétiens, cette vérité trouve un précieux développement dans la connaissance du Père et du Fils ; mais le principe essentiel reste le même : c’est la vie de Christ ; on en jouit à l’exclusion de toutes les autres choses qui pourraient devenir l’objet de la confiance ou la portion du cœur, et en contraste avec elles. Ce principe, exprimé dans le Psaume 16, selon les relations d’un Juif, est essentiellement vrai en tous temps.

 

1.15.8    [Aucune mention des circonstances extérieures, seulement la vie intérieure en Dieu]

 

Je désire faire remarquer un trait caractéristique du Psaume 16 et qui ressort surtout de la comparaison avec le Psaume suivant. Les circonstances extérieures, quoique ici sous-entendues, ne sont pas mentionnées une seule fois ; c’est une vie divine avec Dieu, qui ne connaît que Lui et ne vit dans l’intimité journalière que de Lui seul ; on trouve, il est vrai, la mort, le shéol, le sépulcre ; mais ils ne sont mentionnés que comme une occasion pour l’exercice de la puissance et de la fidélité de l’Éternel. Ce Psaume nous dépeint l’homme vivant dans ce monde par l’Éternel, avec l’Éternel, en vue de Lui, et jouissant de Lui pour toujours en dépit de la mort. Les circonstances ne sont que des circonstances, elles ne sont point le sujet du Psaume ; la vie divine ne passe jamais. «Nos regards», dit l’apôtre, «n’étant pas fixés sur les choses qui se voient, mais sur celles qui ne se voient pas ; car les choses qui se voient sont pour un temps, mais celles qui ne se voient pas sont éternelles» [(2 Cor. 4:18)] ; telle est l’expression chrétienne de cette vérité. La première partie de la phrase, dont j’ai omis la citation, nous dit l’effet de cette vérité quant aux circonstances ; on la comparera mieux avec le Psaume suivant. L’apôtre exprime admirablement la vie elle-même en un seul mot : «Car pour moi, vivre c’est Christ, et mourir», peut-on s’en étonner, était «un gain» [(Phil. 1:21)]. Il est important de se rappeler qu’il y a une vie divine intérieure qui habite et se réjouit en Dieu, n’ayant pas affaire aux circonstances, quoiqu’elle nous rende capables de les traverser, mais fortifiée en nous par les circonstances, parce qu’elles détruisent la chair et la propre volonté, et qu’ainsi nous vivons plus complètement de la vie intérieure avec Dieu.

 

1.15.9    [Ps. 16 v. 6 — Sentiment de bénédiction pour l’âme jouissant de la présence de Dieu]

 

La conséquence en est, pour l’âme, un sentiment profond de bénédiction : [16:6] «Les cordeaux sont tombés pour moi en des lieux agréables». Christ n’aurait pas pu dire cela de cette manière, s’il avait eu le royaume pendant sa vie ici-bas ; nous ne pourrions pas le dire non plus, même dans le paradis terrestre, ou si nous avions le monde entier à notre disposition. Cette relation vivante avec Dieu jette une telle clarté, une telle auréole sur toutes choses, elle allume dans l’âme un sentiment si direct de la bénédiction divine, que rien ne peut lui être comparé, sauf l’entière réalisation de cette bénédiction en la présence de Dieu. Un homme avec Dieu, jouissant de Lui dans une nature capable de le faire avec la conscience du résultat final et nécessaire, lorsque cette jouissance sera pleinement accomplie sans aucun nuage ; — un homme, tel que Christ a été dans ce monde avec Dieu, voilà la joie la plus parfaite qui puisse exister, sauf l’accomplissement éternel de tout ce qu’elle a fait connaître et goûter à l’âme. Il ne s’agit point ici de la portion du Messie, mais de cette joie touchant laquelle Christ disait : «afin qu’ils aient ma joie accomplie en eux-mêmes» [(Jean 17:13)]. Il va sans dire qu’Il héritera toutes choses, mais je ne pense pas qu’il s’agisse de cela en cet endroit ; ce n’était point là la joie qui était devant lui, pour laquelle il a enduré la croix, ayant méprisé la honte [(Héb. 12:2)]. Il y a «un héritage incorruptible, sans souillure, immarcescible, conservé dans les cieux pour nous » [(1 Pier. 1:4)]; on en a la conscience lorsqu’on se réjouit en Dieu. La vie trouve là ses délices ; en la présence de Dieu il y a un rassasiement de joie [(16:11)].

 

1.15.10[Ps. 16 v. 7 — Conseil de Dieu et intelligence de la vie divine pour marcher ici-bas]

1.15.10.1                    [Conseil donné de Dieu pour conduire le fidèle dans Son chemin]

 

[16:6] «Les cordeaux tombés en des lieux agréables» représentent, ce me semble, la joie de Christ homme, en Dieu et dans ce qui était devant Dieu (comp. Col. 3:1-3). [16:7] Ce qui suit est l’expression de cette vie dans son activité envers Dieu : «Je bénirai l’Éternel qui me donne conseil». Dans la vie divine, nous avons besoin de conseil, de l’instruction positive de la sagesse (la sagesse est une direction, un guide divin dans la confusion du mal au milieu de ce monde), pour être sages quant au bien [(Rom. 16:19)] ; non pas comme étant dépourvus de sagesse, mais comme étant sages ; saisissant l’occasion, non point comme étant sans intelligence, mais comprenant quelle est la volonté du Seigneur [(Éph. 5:15-17)]. L’Éternel donne conseil ; de sorte que si quelqu’un manque de sagesse, qu’il demande à Dieu qui donne à tous libéralement et qui ne fait pas de reproches [(Jac. 1:5)]. Voilà l’immense avantage d’être conduit directement par Dieu : Dieu est intéressé à conduire le juste dans le vrai sentier qui lui convient à Lui-même, à travers le désert où il n’y a point de chemin. L’innocence, jouissant des bénédictions de Dieu, n’avait pas besoin de chemin. En un monde séparé de Dieu, quel chemin trouver ? Retourner en arrière ? Impossible : aucun pécheur n’est jamais revenu à l’innocence ; le chemin de l’arbre de la vie est fermé de ce côté. Comment donc un chemin à travers un monde sans Dieu ? Mais Dieu peut faire un chemin, s’il donne une vie nouvelle et à cette vie un objet nouveau — Lui-même connu dans le ciel — s’il y a une nouvelle création, et si nous sommes créés de nouveau. Or, Christ est une vie nouvelle ; en accord avec cette vie et comme homme dépendant de Dieu, il traverse le monde et arrive à une nouvelle place donnée à l’homme. C’est Dieu qui a préparé le chemin pour l’homme revêtu de cette vie ; il l’a préparé pour Christ qui était cette vie et par conséquent la lumière des hommes [(Jean 1:4)]. Dieu a même préparé les œuvres qui conviennent, «les bonnes œuvres qu’il a préparées d’avance, afin que nous marchions en elles» [(Éph. 2:10)]. Cette dernière pensée dépasse un peu, il est vrai, la portée du Psaume 16 ; il contient cependant l’idée de l’activité de la nature divine en l’homme, et ne se borne pas à la marche juste et sainte de l’homme qui a cette vie devant Dieu, chose, en son lieu, aussi importante que l’autre. Ainsi Moïse ne dit pas : «Fais-moi connaître un chemin à travers le désert», mais : «Fais-moi connaître ton chemin, et je te connaîtrai, afin que je trouve grâce à tes yeux» [(Ex. 33:13)]. Ce que Moïse cherchait, l’Éternel le donne : le conseil et les directions de son amour. Voilà la marche de Christ, voilà comme il conduit ses brebis, allant devant elles [(Jean 10:4)] ; et maintenant nous sommes conduits par l’Esprit de Dieu, étant nous-mêmes fils de Dieu. C’est là le sentier divin de la sagesse, que l’œil du vautour n’a point aperçu [(Job 28:7)], le sentier de l’homme, mais de l’homme possédant la vie de Dieu, marchant au-devant de la présence de Dieu, vers l’héritage incorruptible, par un chemin non corrompu, le sentier de Dieu à travers ce monde. Mais, dans ce chemin, Dieu donne conseil, et pour cela il faut être dépendant de Dieu, et Christ y a marché. «Tu me conduiras par ton conseil», dit même le résidu d’Israël [(73:24)], et nous lisons au Psaume 32 [(v. 8)] : Je te conseillerai, ayant mon œil sur toi». Je le répète, l’Éternel est intéressé à conduire l’homme de Dieu et notre âme l’en bénit ; c’est dans ce sentier que Christ marcha. La parole écrite est le moyen principal d’y marcher ; toutefois, il y a aussi l’action directe de Dieu en nous par son Esprit.

 

1.15.10.2                    [Intelligence divine pour discerner le chemin selon Dieu]

 

Mais il y a de plus l’intelligence divine : [16:7] «Durant les nuits mes reins m’enseignent». La vie divine est une vie intelligente ; je ne sépare point cela de la grâce divine en nous, cependant c’est autre chose qu’un conseil donné par Dieu ; nous pouvons être remplis de la connaissance de sa volonté en toute sagesse et intelligence spirituelle (Col. 1:9-10). «Et pourquoi aussi», disait Jésus aux Pharisiens, «ne jugez-vous pas par vous-mêmes de ce qui est juste» [(Luc 12:57)] ? Ainsi, dégagés des influences extérieures, les pensées secrètes et les mouvements intimes du cœur enseignent ce qui est conforme au sentier de Dieu dans ce monde. Un homme doué d’intelligence spirituelle, discerne toutes choses. Il s’agit de l’opération intérieure de la vie (en nous c’est par la grâce) touchant les choses divines, et se manifestant par la connaissance du sentier divin, de ce qui est agréable à Dieu. En Christ cela existait d’une manière parfaite ; en nous, cela existe selon la mesure de notre spiritualité ; or, voici à quoi le chrétien doit être particulièrement attentif, c’est de ne point négliger ce qu’une vie divinement instruite lui suggère et lui fait conclure lorsqu’elle est dégagée de l’influence des circonstances environnantes. Cela peut paraître insensé, mais si l’on agit ainsi dans une humble dépendance de Dieu, il sera démontré, en fin de compte, que c’était sa sagesse. Du reste, l’intelligence divine se distinguera toujours d’une imagination exaltée.

 

1.15.10.3                    [Contrôle de la Parole sur la vie divine, opposée à une imagination exaltée]

 

D’abord, l’état de l’âme duquel je parle est tout l’opposé d’une imagination exaltée, car la prétention à une direction spirituelle spéciale n’est jamais humble ; puis le contrôle que la parole de Dieu exerce et qui gouverne la vie divine tout entière est là pour juger toute fausse prétention. La vie divine est toujours absolument assujettie à la Parole : Christ, qui était cette vie même, la Parole et la Sagesse, et précisément parce qu’il l’était, a toujours pleinement honoré la Parole écrite comme étant les directions et l’autorité de Dieu pour l’homme.

 

1.15.11[Ps. 16 v. 8 — Une marche parfaite par la foi ne regarde qu’à Dieu]

1.15.11.1                    [Regarder toujours et uniquement à Dieu pour une marche parfaite]

 

Cependant, en pratique, l’exercice de la vie divine ne se résume pas tout entier dans le fait qu’on est dirigé par Dieu ; elle ne regarde absolument qu’à Lui : [16:8] «Je me suis toujours proposé l’Éternel devant moi», dit Christ comme homme ici-bas ; aussi ne détournait-il jamais ses yeux de Lui. Nos cœurs doivent l’avouer ; pour eux c’est souvent le contraire. Quelle séparation de tout ce qui est mal, quelle puissance morale au milieu du monde, si nous étions constamment tels ! Rien de comparable ici-bas à la dignité d’un homme qui marche continuellement avec Dieu, et cependant rien n’est plus éloigné d’une chute, parce que cette marche est dans l’humilité ; l’humilité parfaite s’y trouve ; en la présence et dans la jouissance de Dieu on ne pourrait s’exalter soi-même ni même désirer de s’exalter : mais quelle absence du moi, quel renoncement de toute volonté, quel œil simple et, dans l’intention, quelle activité remarquable et sérieuse, quand le Seigneur est l’unique objet, le but unique ! Je dis : «le Seigneur», parce qu’il est le seul objet qui puisse dominer et sanctifier le cœur ; tout cède lorsqu’il s’agit de lui obéir ; quand le devoir et l’intention du cœur vont ensemble, et sont une seule et même chose, il remplit, à Lui seul, tout le cœur de lumière. Voilà ce que Jacques appelle «la loi parfaite de la liberté» [(Jac. 1:25)], parfaite obéissance, et néanmoins parfait propos arrêté du cœur, comme dit Jésus : «afin que le monde connaisse que j’aime le Père, et selon que le Père m’a commandé, ainsi je fais» [(Jean 14:31)]. Nous disons comme chrétiens : Christ est tout, et celui qui l’aime garde ses commandements.

 

1.15.11.2                    [Dieu ne fait jamais défaut à la foi qui ne regarde qu’à Lui]

 

[16:8] De même Jésus se proposait toujours l’Éternel devant Lui. C’est là la perfection de l’homme comme tel ; la constance et la pureté avec lesquelles nous agissons ainsi, sont la mesure de notre degré de spiritualité. Mais si Jésus s’est constamment proposé l’Éternel devant lui, assurément l’Éternel ne pouvait lui faire défaut, et il ne nous fera pas défaut non plus. Ayant marché de cette manière, Christ maintient les saints dans le même sentier que lui. «Je me suis toujours proposé l’Éternel devant moi ; parce qu’il est à ma droite, je ne serai pas ébranlé». C’est par la foi que l’on connaît cela. Dieu peut permettre que nous souffrions pour la justice : Christ a ainsi souffert ; que nous soyons mis à mort : Christ l’a été ; mais il ne peut laisser tomber à terre un seul cheveu de notre tête [(Luc 21:18)], il ne peut manquer de nous introduire dans la vie suivant le sentier dans lequel nous marchons ; néanmoins il est ici question de la confiance en l’Éternel Lui-même, de la foi, non point de la justice en l’Éternel, sujet du Psaume suivant. En marchant dans le sentier de l’homme suivant la volonté de Dieu et en ayant Dieu seul devant elle comme le but et l’objet qui sanctifie — la foi sait que Dieu est à sa droite. L’Éternel protégera ; comment et par quoi n’entre pas en question ; ce sera la protection de l’Éternel. Quelle force cela donne en traversant un monde où tout nous est hostile, et quelle puissance de sanctification nous y trouvons ! Il n’y a pas d’autre motif que l’Éternel, pas d’autre ressource que Lui ; hors de Lui aucune chose qui puisse répondre aux désirs du cœur, et en laquelle ce dernier veuille chercher son assurance.

 

1.15.11.3                    [Renoncement à tout en s’attendant uniquement à l’Éternel]

 

Aussi, quoi qu’il arrivât, Christ s’attendait patiemment à l’Éternel, sans chercher d’autre délivrance ; nous devons agir de même et voilà précisément ce qui rend la marche parfaite ; nous ne dévions ni d’un côté ni de l’autre pour nous faire le chemin plus facile. Cette pensée devient celle de notre Psaume : la mort était devant Christ. Comme Abraham, appelé à sacrifier son fils dans lequel les promesses devaient s’accomplir, Christ, vivant sur la terre, devait renoncer à toutes les promesses qui lui appartenaient à juste titre, et avec elles, il devait renoncer à la vie.

 

1.15.12[Ps. 16 v. 9-10 — Soins de l’Éternel envers Son saint, même jusque dans la mort]

 

Son affliction à cet égard, car il ressentait toutes choses d’une manière parfaite, est décrite dans le Psaume 102 ; mais, dans ce Psaume-ci, comme Abraham qui se confia en l’Éternel et reçut, en figure, Isaac d’entre les morts [(Héb. 11:19)], le Seigneur aussi, le chef et le consommateur de la foi, se confie parfaitement en l’Éternel, en vue de sa propre mort. [16:8] Il se proposait constamment l’Éternel devant lui ; l’Éternel était à sa droite, [16:9] c’est pourquoi son cœur se réjouissait et sa «gloire» tressaillait de joie ; sa chair habitait en assurance ; [16:10] car l’Éternel dans lequel il se confiait, n’abandonnerait pas son âme au shéol et ne permettrait pas que son bien-aimé, ou son Saint, vît la corruption. «Ton Saint» n’a pas ici le même sens que «les saints de la terre» [(16:3)] ; les saints sont ceux qui sont mis à part, consacrés à Dieu ; «Ton Saint» est celui qui marche pieusement, qui est agréable à Dieu, c’est Christ connu dans ce caractère ; le même nom lui est donné au Psaume 89:19 : «de ton Saint». Remarquons qu’il est dit : Ton Saint, celui qui appartient moralement à Dieu par la perfection de son caractère. Les chrétiens sont tels, mais pleins d’imperfections ; ils sont saints, mis à part pour Dieu, mais ils sont aussi les «élus de Dieu, saints et bien-aimés», et doivent marcher comme tels, revêtant le caractère de grâce selon lequel Christ marcha ici-bas [(Col. 3:12)]. La première partie de Colossiens 3 montre cette vie pleinement manifestée en nous ; Éphésiens 1:4, la montre en résultat dans sa perfection. Cette confiance de l’âme pieuse en la fidélité de l’Éternel, la conclusion de la foi que d’après cette nature il ne peut en être autrement, et la conscience d’être en relation avec Dieu comme objet de ses délices, tout cela est fort beau dans ce Psaume. Il n’est pas dit : «Tu me ressusciteras» ; mais, dans la pensée de Celui en qui habite la puissance de la vie, il est impossible que l’Éternel laisse au shéol, loin de Lui dans la mort, l’âme qui possède cette vie, et qu’Il abandonne à la corruption l’objet de ses délices.

 

1.15.13[Ps. 16 v. 11 — Vie parfaite pour Dieu manifestée dans le chemin de Christ ici-bas]

1.15.13.1                    [Chemin de la vie à travers la mort, à cause du péché]

 

Cette confiance et cette conclusion morales sont de toute beauté : «il n’était pas possible, dit Pierre, qu’il fût retenu par elle» [(Act. 2:24)] ; cela peut aussi comprendre sa personne, mais sa puissance ne saurait être séparée de cette grâce. [16:11] La même confiance, découlant de la vie, se manifeste en ce qu’il est certain que l’Éternel lui fera connaître le chemin de la vie. C’est ici la perfection de la foi par rapport à la vie, mais cette foi est en l’Éternel. «Tu me feras connaître le chemin de la vie», peut-être à travers la mort, car si Christ devait être parfait avec Dieu, c’est là que conduisait ce sentier, mais non point pour y rester, sans quoi ce sentier n’eût pas été celui de la vie. L’Éternel ne pouvait pas lui en indiquer d’autre. L’homme, en dépit des avertissements, avait pris le sentier de la mort, le sentier de sa propre volonté et de sa désobéissance ; mais Christ est survenu, l’homme obéissant. Il n’y avait pas de chemin pour l’homme dans le paradis, pas de chemin naturel de vie dans le désert du péché. L’homme n’avait pas la vie en lui-même ; quel chemin de la vie nouvelle et divine en l’homme pouvait-il donc y avoir pour l’homme, dans un monde de péché au milieu d’hommes déjà séparés de Dieu ? La loi, il est vrai, en avait proposé un, mais ce chemin-là n’avait servi qu’à manifester la corruption de la nature humaine, qu’à donner la connaissance du péché et le rendre excessivement pécheur [(Rom. 7:13)]. Christ qui avait la vie, aurait, sans aucun doute, pu garder ce chemin, et même il le garda parce qu’en Lui il n’y avait pas de péché ; en cela, toutefois, il était le seul dans ce chemin et complètement séparé de nous qui sommes pécheurs. Mais dans un sentier de foi, il pouvait s’associer à ceux qui étaient vivifiés par la Parole — confessant le péché, et non pas observateurs de la loi — jugeant tout mal, séparés des pécheurs par la grâce qui les vivifiait et, tout en n’étant pas du monde, suivant le sentier de la foi à travers le monde vers le résultat définitif de la vie divine, qui n’était pas sur la terre et ne pouvait être atteint qu’en passant par la mort de la chair. Christ n’avait en soi rien à juger, rien à confesser, rien à quoi ou pour quoi il eût dû mourir ; mais il pouvait marcher dans le sentier saint de la foi à travers le monde, sentier dans lequel eux-mêmes, étant renouvelés, devaient marcher ; toutefois, pour l’amour d’eux, ce chemin de sainteté était nécessairement la mort, car leur vie précédente avait été une vie de péché. Christ aurait pu demeurer seul, il aurait pu avoir douze légions d’anges [(Matt. 26:53)] et monter au ciel ; mais, je le dis avec révérence, quoique la chose eût été juste en ce qui le concerne, devenir homme dans ce but n’aurait pas eu de sens.

 

1.15.13.2                    [Sentier de Christ jusque dans la mort, chemin de la vie pour Dieu dans l’homme]

 

Non seulement Christ meurt pour nous (car la vie, non pas l’expiation, est le sujet de ce Psaume), mais s’étant proposé de nous accompagner, même de nous précéder, il parcourt ce sentier à travers la mort, afin d’en détruire pour nous le pouvoir, et il le parcourt seul. Comme il avait vaincu auparavant la puissance de Satan dans ce monde, de même il la détruisit dans la mort ; mais ce sentier, il le parcourut seul ; les disciples ne pouvaient pas l’y suivre, avant qu’il eût anéanti la puissance de Satan dans la mort : «Tu ne peux pas me suivre maintenant, mais tu me suivras plus tard» [(Jean 13:36)] ; ni la force de la volonté humaine, ni l’affection n’étaient suffisantes. Mais une fois mort au péché et fortifié par la force de Christ, Pierre, comme Jésus, put se laisser ceindre et conduire par un autre là où la nature ne voulait pas aller [(Jean 21:18)]. À partir du baptême de Jean, Christ se joignit à ces «saints qui sont sur la terre» [(16:3)], marcha dans ce chemin, parfaitement séparé du péché, et, seulement avec Dieu, faisant sa volonté, il fut l’exemple de ce chemin de la vie dans l’homme ; puis, étant mort au péché, Christ vit pour Dieu [(Rom. 6:10)], là où cette vie a son plein couronnement, où n’existe aucun mal. Christ agit ainsi par la foi tout le temps de son séjour terrestre, mais comme homme, en un monde séparé de Dieu et prenant la Parole pour son guide, vivant de toute parole qui sort de la bouche de Dieu [(Matt. 4:4)], comme aussi nous devons le faire. La résurrection a démontré la perfection d’une vie qui était constamment selon l’Esprit de sainteté. Mais maintenant Christ vit de cette vie, dans le lieu où elle a sa place propre, et c’est cela qu’il anticipe, quoiqu’à travers la mort, dans une vie qui n’a jamais discontinué : [16:11] «Ta face est un rassasiement de joie». Cette face, toujours l’objet de ses délices, est maintenant sa joie parfaite : «Il y a des plaisirs à ta droite pour toujours». La puissance divine l’a élevé à cette place de puissance et de faveur en témoignage du fait qu’il est parfaitement agréable à Dieu.

 

1.15.13.3                    [Manifestation de la vie à Dieu ici-bas, L’ayant comme seul objet]

 

Voilà la vie telle qu’elle est avec Dieu, la vie manifestée comme homme dans ce monde, s’associant aux saints de la terre et marchant dans le même sentier qu’eux (ce n’est pas Christ les unissant à Lui-même), la vie devant Dieu et regardant toujours à Lui, une vie que ni l’homme innocent, quoique sans péché, ni l’homme pécheur ne pouvaient connaître, une vie dont, en réalité, on ne devait pas vivre dans le Paradis et dont on ne pouvait pas vivre comme appartenant au monde, mais dont il vivait à Dieu à travers le monde, se proposant toujours l’Éternel devant soi comme son objet [(16:8)]. Telle est la vie que nous devons vivre. «Je suis crucifié avec Christ ; et je ne vis plus, moi, mais Christ vit en moi ; et ce que je vis maintenant dans la chair, je le vis dans la foi, la foi au Fils de Dieu qui m’a aimé et qui s’est livré lui-même pour moi» [(Gal. 2:20)]. Christ, ce Psaume le montre, vécut de la vie de la foi et ne vécut jamais que de foi ; et ce fut là sa perfection. Dans ce monde, il n’y en a pas d’autre pour l’homme. C’est une vie qui n’a pour objet que le Seigneur Lui-même.

 

1.15.13.4                    [La vie nouvelle dans l’homme n’a rien dans ce monde, mais regarde à Dieu]

 

Chose merveilleuse — n’avoir pas un objet quelconque dans ce monde ; car autrement ce n’est pas la foi, mais la vue ou la convoitise. L’homme innocent n’avait pas d’objet, il jouissait en paix de la bonté de Dieu ; l’homme séparé de Dieu a beaucoup d’objets, mais tous ils détournent son cœur de Dieu et aboutissent à la mort. Moralement séparé de Dieu, il peut trouver la famine dans le pays ; mais Dieu n’est aucunement l’objet de son cœur. D’autre part, la vie nouvelle qui descend d’auprès du Père, regarde avec désir vers sa source et devient, en l’homme, cette nature qui tend vers Dieu ; qui a le Fils de Dieu pour objet, comme le dit Paul : «afin que je gagne Christ» [(Phil. 3:8)]. Cette vie n’a aucune part dans ce monde, et comme vie en l’homme, elle regarde à Dieu, s’appuie sur Dieu, sans chercher d’autre ressource ou soutien, obéit à Dieu et ne peut vivre que de foi. Mais c’est une vie d’homme, elle ne va pas jusqu’à Dieu. Dieu comme tel, est saint, juste, il est amour, mais ne peut évidemment vivre de foi, lui qui est l’objet de la foi. Cette vie n’est pas non plus précisément la vie des anges, quoiqu’ils soient saints, obéissants et pleins d’amour ; c’est la vie de l’homme vivant entièrement pour Dieu et en vue de Dieu dans un monde qui s’est détourné de Lui ; vivant ainsi en vue de Lui et par la foi ; car il ne s’agit pas seulement d’un service dans ce monde, que les anges aussi peuvent rendre ; mais, moralement, nous ne sommes pas du monde, puisque la vie est descendue du ciel : «Ils ne sont pas du monde, comme moi je ne suis pas du monde», dit Christ [(Jean 17:14)]. Toutefois, quant à notre place d’hommes nous sommes du monde, par conséquent nous devons vivre de manière à ne pas en être moralement. Objectivement nous sommes entièrement hors du monde ; nous avons affaire avec Dieu, sans quoi ce serait de l’idolâtrie.

 

1.15.13.5                    [Vie d’homme absolument pour Dieu et selon Lui]

 

Ainsi, tandis que cette vie est une vie d’homme et comme telle, rien de plus, cependant elle doit être absolument pour Dieu selon la nature de Dieu ; et ce en quoi elle vit, elle le vit à Dieu [(Rom. 6:10)]. Le Père qui est vivant avait envoyé Christ, et Christ vécut (dia ton Patera) à cause du Père ; ainsi il dit : «Celui qui me mangera, celui-là aussi vivra à cause de moi» [(Jean 6:57)]. Dieu est la mesure de la perfection de motif et, par conséquent, pour l’avenir, celle de la perfection de jouissance, et le cœur se moule entièrement sur Lui. Cette vie d’homme, Christ la vécut et l’acheva tout entière. C’est hors de cette vie que Satan cherchait à le faire sortir dans le désert, pour avoir une volonté à Lui en changeant les pierres en pain ; pour se défier de Dieu, en éprouvant si Dieu accomplirait ou non sa promesse ; et enfin pour avoir un objet : les royaumes du monde [(Matt. 4:1-10)]. Cette dernière chose aurait détruit la nature même de la vie, et Satan pleinement découvert est aussitôt chassé. Christ ne voulait pas quitter sa place d’homme dans la dépendance, l’obéissance et la confiance illimitée en l’Éternel. Son sentier ici-bas était avec les excellents de la terre, parfait dans la vie qui était descendue du ciel, mais dont il vivait sur la terre en regardant au ciel.

 

1.15.13.6                    [Nécessité de vivre de la vie de Christ]

 

Quels que soient les privilèges de notre union avec Christ, il est de toute importance que le chrétien vive dans la crainte de Dieu et dans la foi en Lui, selon la vie de Christ. Il ne s’agit pas de notre responsabilité humaine sans loi ou sous une loi comme fils d’Adam ; c’en est fait de nous sur ce terrain-là ; mais de la responsabilité de la vie nouvelle de la foi, étrangère et voyageuse ici-bas — d’une vie descendue du ciel. «Dieu nous a donné la vie éternelle et cette vie est dans son Fils ; celui qui a le Fils a la vie» [(1 Jean 5:11-12)] ; c’est une vie dont l’homme vit en traversant ce monde, mais qui est en dehors du monde quant à son objet — une vie de foi, qui trouve dans la face de Dieu un rassasiement de joie. Une vie d’homme, quoique parfaite pour Dieu et dans sa joie en Lui, ne va pas jusqu’à Dieu. Voilà ce que fut Christ, et bien plus que cela ; voilà aussi ce que nous sommes en tant que chrétiens ; seulement n’oublions pas que le développement de cette vie en nous n’est pas, comme dans ce Psaume, en rapport avec le nom de l’Éternel, mais avec la pleine révélation du Père et du Fils. [16:11] L’être béni qui vécut ainsi comme homme sur la terre, est maintenant assis comme homme à la droite de Dieu, où il y a des plaisirs pour toujours ; il est avec Celui dont la face est un rassasiement de joie. [16:10] Sa chair n’a pas vu la corruption et son âme n’a pas été abandonnée au shéol. En vue de la joie qui lui était proposée, il a méprisé la honte et enduré la croix, lui le chef et le consommateur de la foi [(Héb. 12:2)].

 

1.15.14[Contenu du psaume 16 : vie spirituelle intérieure de Christ, et la nôtre]

 

Le Psaume 16 nous a montré la vie spirituelle intérieure de Christ, par conséquent aussi la nôtre, aboutissant à la joie ineffable de la présence de Dieu.

 

1.16  Psaume 17

1.16.1    [Vie intègre dans la justice ici-bas, dépendant de Dieu dans toute la marche]

 

Le Psaume 17 considère cette vie au point de vue pratique ici-bas et en rapport avec les difficultés qu’elle rencontre au milieu des hommes opposés à ce qui est juste. L’état de l’âme est toujours caractérisé, comme au Psaume précédant, par une entière dépendance de Dieu, mais quant à son intégrité envers Lui, et en opposition à l’homme, elle peut faire appel à la justice. Toutefois, elle ne se venge point elle-même, mais s’en remet entièrement à Dieu, et elle recueille ainsi les fruits de ses voies en justice. Ne pas se venger soi-même, montrer la patience de la vie nouvelle au milieu du mal, regarder à Dieu et tout lui remettre — voilà le grand secret de la sagesse pratique. Cela suppose une marche intègre dans le sentier de la vie divine et ainsi la possibilité d’en appeler au jugement nécessaire de Dieu quant à cette marche, dans la connaissance de ce qu’il est et la confiance en Lui ; mais même alors on demande la délivrance, non point la vengeance ; on demande seulement que les plans des iniques soient déjoués. Si nous n’avons pas marché d’une manière intègre, la confiance en Dieu est encore notre vraie place ; il épargne et restaure en grâce, car il est abondant en miséricorde. Mais ce point-là, quoique d’autres Psaumes s’en occupent, n’est pas le sujet de celui-ci. Ici la chose dont il est question, c’est la vie intègre à laquelle Dieu a égard et qu’il défend contre les hommes de ce monde ; car il s’agit de Christ et des chrétiens, pour autant qu’ils vivent de la vie de Christ, quoique l’application directe de ce Psaume soit, comme toujours, à Christ et au Résidu. [17:1] L’Éternel écoute les justes et prête l’oreille à la requête qui ne s’élève pas de lèvres trompeuses.

 

1.16.2    [Ps. 17 v. 1-5 — Caractères de la vie pratique dépendante de Dieu]

1.16.2.1   [Confiance en Dieu à cause de la justice, sans désir de vengeance]

 

Remarquons que, dans ce Psaume, la vie de Christ est présentée comme devant rencontrer et rencontrant dans le monde, l’opposition et l’hostilité des hommes du monde. Nous avons vu comment cette vie, associée aux excellents de la terre [(16:3)], était séparée de la terre, la traversant comme étrangère, quoique y habitant humainement ; mais — et cela prouve que le cœur n’a toujours que l’Éternel seul pour objet — la foi sait que les hommes de ce monde servent à éprouver le cœur et, pour ce qui nous concerne, à nous garder étrangers dans ce monde, auquel nous sommes sans cesse en danger de nous mêler. Toutefois Dieu délivre de ces hommes-là. Pour des raisons infiniment précieuses, Christ ne fut pas délivré, aussi se livrait-il volontairement. Le cœur a ici le sentiment de son intégrité et compte par conséquent sur la délivrance ; mais il n’y a aucun esprit de vengeance. C’est l’Esprit de Christ Lui-même, plus élevé par conséquent que l’esprit du Résidu, et bien plutôt l’esprit chrétien. Il y a la conscience de la justice et de l’intégrité, mais une entière dépendance du Seigneur à ce sujet, non pas pour ce qui concerne la justification — il ne s’agit pas de cela ici — mais pour ce qui concerne la confiance. «Je n’ai rien sur ma conscience», dit Paul, «mais par là je ne suis pas justifié» [(1 Cor. 4:4)] ; «si notre cœur ne nous condamne pas, nous avons de l’assurance envers Dieu» [(1 Jean 3:21)]. Jésus dit : «Le Père ne m’a pas laissé seul, parce que moi je fais toujours les choses qui lui plaisent» [(Jean 8:29)]. Il y a conscience de justice et confiance en Dieu ; [17:1] le cœur en appelle à Lui à cause de la justice. Tout cela est juste, c’est une juste appréciation de Dieu, que d’avoir la confiance qu’il ne veut et ne peut pas être inconséquent avec Lui-même. Mêler à cette pensée un désir de vengeance, c’est en déchoir.

 

1.16.2.2   [Ps. 17 v. 3-5 — Autres caractères de cette vie intègre avec Dieu, comme celle de Christ]

 

Voici d’autres traits qui caractérisent cette vie consciente : Non seulement c’est une marche intègre, mais aussi un cœur éprouvé, dont les mouvements secrets sont seuls avec Dieu. Lorsque les reins enseignent [(16:7)], [17:3] Dieu sonde, mais il ne trouve rien. Absolument vrai de Christ, cela est aussi vrai du chrétien quant au propos arrêté de son cœur et pour autant qu’il ne garde rien, qu’il ne cache rien à Dieu ; cela peut arriver même après une chute, mais alors dans une entière et profonde humiliation : «Tu connais toutes choses, tu sais que je t’aime» [(Jean 21:17)]. Même chose en Job, qui tenait ferme la conscience de son intégrité et non pas celle de ne pas avoir failli. Les errements de la nature humaine devaient être réprimés et jugés, et il ne put le faire qu’après s’être humilié en la présence de Dieu. Dieu rend témoignage à Job qu’il s’était pendant longtemps maintenu intègre sous tous les rapports [(Job 2:3)] ; il agissait comme devant Dieu en toute occasion, sans toutefois se connaître lui-même comme il le fallait. Christ a toujours marché de cette manière, et son cœur étant mis à l’épreuve, il ne s’y trouva jamais autre chose que de l’intégrité envers Dieu. De plus il avait un dessein arrêté, sa pensée n’allait pas au-delà de sa parole. Il était un homme parfait, comme le dit Jacques [(Jac. 3:2)]. [17:4] Ensuite, à l’égard des actions des hommes — car il marcha comme un homme dans ce monde — la parole de Dieu était sa règle absolue ; c’est par elle qu’il s’est gardé des voies de l’homme violent. [17:5] Or il n’y a point d’orgueil, mais une entière dépendance de l’Éternel dans le droit sentier : «Quand tu soutiens mes pas dans tes sentiers, mes pieds ne chancellent point». Telle fut la vie pratique de Christ dans ce monde ; c’étaient là sa vie et sa marche en elles-mêmes.

 

1.16.3    [Ps. 17 v. 6-15 — Vie s’attendant à Dieu face à l’opposition des méchants]

1.16.3.1   [Marche par la foi avec le cœur rempli de Christ, même dans l’épreuve]

 

Dans ce qui suit, à partir du verset 6, cette vie intègre est présentée comme s’attendant à Dieu, en face de l’opposition et de l’hostilité qu’elle rencontre de la part des méchants. La bonté et l’amour de l’Éternel sont pour le fidèle l’unique appui en présence de l’ennemi ; c’est encore la perfection. Le sentier de Christ était avec Dieu : point de concession pour être épargné, en plaisant aux hommes ; aucune plainte de ne pas avoir sa portion ici-bas ; il voit sans envie le succès et la prospérité des hommes de ce monde [(17:14)]. La foi pleinement mise à l’épreuve reste la foi. Si nous avons confiance en Dieu et qu’il soit notre portion, nous avons courage pour marcher dans son sentier et ne pas trouver de satisfaction pour la nature ; mais c’est de la foi. Autrement on désirera, en quelque manière, ce qui pourrait satisfaire le cœur naturel, et on risquera de céder, afin d’obtenir ce que la nature demande et que le monde donne — pas autre chose, après tout, que des gousses périssables [(Luc 15:16)]. Toutefois le cœur de l’homme a besoin de quelque chose : s’il a le Seigneur, cela suffit, mais cela le met à l’épreuve. Nous trouvons dans ce Psaume la perfection quant au cœur et quant au sentier dans ce monde. Le grand secret c’est d’avoir le cœur rempli de Christ et d’être ainsi dans le chemin de la volonté de Dieu. Alors il n’y a plus de place pour une volonté et des actes qui font la guerre à l’âme [(1 Pier. 2:11)], et desquels le moi est toujours le centre, comme Christ est le centre du cœur qui marche par la foi ; [17:15] alors l’âme a devant elle comme résultat béni «sa face en justice». Remarquez ces mots : en justice ; ce n’est point la joie absolue en Dieu dont parle le Psaume 16, mais la justice qui procure la joie en la présence de Dieu à ceux qui ont souffert pour elle et à cause d’elle ici-bas, dans les sentiers de Dieu, au milieu d’un monde hostile, en renonçant à eux-mêmes. «Dieu n’est pas injuste pour oublier» [(Héb. 6:10)].

 

1.16.3.2   [La fidélité à Dieu conduit à la gloire et à la présence divine en justice]

 

«C’est une chose juste devant Dieu qu’il vous donne du repos avec nous» [(2 Thess. 1:6-7)]. Le cœur aussi est satisfait, non pas ici précisément de ce que Dieu est, mais de ce que nous sommes. [17:15] «Quand je serai réveillé, je serai rassasié de ton image». Ainsi, «nous lui serons semblables, car nous le verrons comme il est» [(1 Jean 3:2)]. Nous sommes «prédestinés à être conformes à l’image de son Fils, pour qu’il soit premier-né entre plusieurs frères» [(Rom. 8:29)]. Prendre de saintes délices en Dieu, se proposer toujours Dieu devant soi, conduit à des délices parfaites et à une parfaite joie en Lui, lors de leur plein accomplissement en sa présence. La fidélité à Dieu, intérieure et extérieure, au milieu d’un monde qui nous est hostile et peut-être nous persécute, aboutit à une juste récompense de gloire et à la présence de Dieu en justice. Ces deux choses sont parfaites en Christ, et par Christ elles sont la portion des saints.

 

1.16.3.3   [Juste délivrance de la main des méchants attendue, dans le sentier de Christ]

 

Les versets 7 et 11 contiennent une application générale à ceux qui sont associés à Christ ; mais, quoique applicable au résidu, ce Psaume montre la propre perfection de Christ, et ainsi celle du chrétien : le Psaume 17 s’occupe de la délivrance attendue, tandis qu’au 16 il s’agissait du passage parfait de la vie avec Dieu à travers la mort, jusqu’à la plénitude de joie en Lui dans sa présence. [17:14] Ici, au contraire, il est fait appel à une juste délivrance d’entre les mains des hommes ; et c’est ce qu’il est aussi permis aux chrétiens de désirer, quoiqu’ils puissent être honorés du martyre selon le modèle des souffrances de Christ : «le Seigneur me délivrera de toute mauvaise œuvre et me conservera pour son royaume céleste», dit l’apôtre [(2 Tim. 4:18)]. Comme marchant dans le sentier de la justice, et comme opposée à toutes les machinations des méchants, l’âme peut entièrement compter sur Dieu. Celui qui marche ainsi, Dieu le délivre par sa droite. S’il a failli, il peut avoir la confiance d’être restauré. Mais il y a un sentier de justice tracé par Christ ici-bas en un monde de péché ; il nous a laissé les traces bénies de ses pas et le témoignage des mouvements de son cœur, afin que nous y marchions et que nous en vivions.

 

1.17  Psaume 18

1.17.1    [Cri à Dieu dans les souffrances, et délivrance de l’Éternel qui a entendu]

 

Le Psaume 18 est du plus profond intérêt, car il présente les souffrances de Christ, comme centre de toutes les délivrances d’Israël. Son cri du milieu de la souffrance a appelé sur ce peuple toute la faveur de Dieu en puissance. Aussi, pour cette raison même, ai-je peu de chose à dire touchant l’application de ce Psaume aux chrétiens. Le grand et précieux principe qu’il développe, [18:6] c’est le cri au Dieu dans lequel on se confie au milieu de la détresse, cri qu’Il a sûrement entendu. Ici, comme en d’autres cas, Christ nous apparaît comme exemple : «Cet affligé a crié, et l’Éternel l’a entendu» [(34:6)]. Seulement il ne s’agit pas, comme au Psaume 34, de la tendre commisération de Dieu envers l’affligé souffrant, mais de l’intérêt que l’Éternel prend à un Christ souffrant qui a marché dans une parfaite obéissance à la loi. [18:2] Ce Psaume est un chant de louange à cause de l’exaucement, l’Éternel s’étant fait connaître comme un «rocher» et «Celui qui délivre» ; mais, comme je l’ai fait souvent remarquer, ces premiers versets expriment le résultat ; puis nous trouvons le détail de ce qui conduit à ce résultat.

 

1.17.2    [Célébration du nom de l’Éternel qui a répondu dans la détresse, sur la terre]

 

«Je crierai à l’Éternel» (v. 3), car c’est son nom, son nom seul, à Lui, le Dieu de son peuple, qui inspire la confiance. C’est son nom qui est célébré ; mais le motif de toutes ces louanges, c’est la réponse de Dieu au cri dirigé vers Lui dans la détresse au milieu des ennemis et dans les angoisses de la mort. [18:6] Dans cette détresse, «de son temple» l’Éternel a entendu ; ainsi le temple de l’Éternel se trouve associé avec la terre, avec la délivrance et le triomphe terrestres. Une autre chose encore, et du plus haut intérêt, établit ce rapport : l’obéissance à la loi, comme motif pour être exaucé au jour de la détresse (v. 20-26).

 

1.17.3    [Délivrance amenée par l’obéissance et la dépendance de Christ]

1.17.3.1   [Bénédiction céleste anticipée par les Ps. 16 et 17]

 

L’obéissance parfaite du Messie, ici-bas, et sa dépendance de l’Éternel, quand dans la détresse il criait à Lui, furent cause de sa délivrance et de son triomphe terrestres. Les deux Psaumes précédents anticipent la bénédiction céleste, quoique le 17 s’occupe aussi de la confusion qui en résultera pour les ennemis de Christ ; l’espérance proposée est céleste ; la justice n’est pas une justice légale. Le premier de ces deux Psaumes montre un cœur qui se repose en l’Éternel ; le second, un cœur en règle avec Dieu, dans ce monde, et attendant la justice.

 

1.17.3.2   [Obéissance et dépendance dans la détresse, puis délivrance et triomphe]

 

[18:22] Le Psaume 18 parle de l’obéissance aux statuts de l’Éternel, [18:6] du cri dans la détresse, [18:4] jusqu’aux douleurs de la mort ; puis de la délivrance et du triomphe terrestres, comme résultat de la justice légale de Christ, lorsqu’Il est dans la détresse, [18:17] entouré des flots de son puissant ennemi [18:4] et des torrents de Bélial.

 

1.17.3.3   [Détresse venant de l’homme et de la mort, et gouvernement de Dieu selon la justice]

 

Remarquons bien qu’il s’agit ici de la puissance des hommes et de la mort ; du cri que, dans ces circonstances, il jette devant Dieu, et non point de la main de Dieu, appesantie sur Christ souffrant pour le péché. La justice légale du Messie et sa détresse ont pour résultat le triomphe terrestre et la suprématie de David et de sa postérité. C’est le gouvernement de Dieu, ayant égard à la justice sur la terre, qui en Christ était parfaite (v. 25, 26). Mais cela, pleinement accompli lorsque les ennemis de Christ seront mis sous ses pieds, ne l’est pas encore maintenant, parce que Dieu prépare ses saints pour une demeure et une joie célestes, et que, pendant toute la durée de l’épreuve du premier Adam, Il leur montre, par diverses afflictions, que leur repos n’est pas ici-bas.

 

1.17.4    [Enseignements du psaume pour nous]

1.17.4.1   [Intérêt et sympathie de Dieu même dans la détresse, qui donnent confiance]

 

Néanmoins ce Psaume contient aussi des enseignements précieux pour toute âme. En souffrant à cause de la justice, on peut sûrement compter sur Dieu. De plus, nous voyons ici, d’une manière bien douce, son intérêt et sa sympathie, éveillant en nous les plus précieuses affections. Le Seigneur entend notre cri dans la détresse ; au fort même de l’angoisse, nous pouvons avoir confiance, et les choses qui sembleraient devoir exclure cette confiance, en sont précisément l’occasion.

 

1.17.4.2   [Invoquer le Seigneur dans la détresse, pour être délivré et Le connaître]

 

Ce Psaume nous enseigne à invoquer le Seigneur dans l’affliction, quelle qu’en soit la cause ; ainsi, non seulement nous savons que nous serons délivrés, mais nous apprenons aussi à connaître le Seigneur, dans sa sympathie, sa tendresse, son intérêt pour nous. [18:1] J’aime l’Éternel, dit-il ; ou plutôt son cœur s’adresse à Dieu Lui-même ; [18:2] puis il pense à tout ce que Dieu est pour nous : «Éternel, mon rocher, et mon lieu fort, et celui qui me délivre ! Mon Dieu, mon rocher, en qui je me confie, mon bouclier et la corne de mon salut, ma haute retraite !». Le cœur s’élargit, en pensant à ce que Dieu a été pour nous. Tel il est, en vérité ! Quoique nos délivrances puissent ne pas être exactement de celles qui sont racontées dans ce Psaume, toutefois nous nous trouvons souvent au milieu de difficultés et d’afflictions ; alors, en criant au Seigneur, la délivrance arrive.

 

1.17.4.3   [Attrait du cœur pour Dieu connu dans Sa sympathie et Sa compassion]

 

Remarquons, en outre, que les voies du Seigneur envers nous, aussi bien que son salut éternel, éveillent en nos cœurs de saintes affections, des affections confiantes, de la piété ; non seulement des louanges, parce qu’Il nous a rachetés pour toujours, mais encore la connaissance journalière de sa sympathie et de sa tendre compassion. Il ne peut supporter de nous voir souffrir, à moins que cela ne soit nécessaire, et il y a telle épreuve qui suscite de l’amour pour Lui : «Éphraïm m’est-il un fils précieux ? Car depuis que j’ai parlé contre lui, je me souviens de lui encore constamment» [(Jér. 31:20)]. Alors, il est vrai, Dieu se souvenait d’Éphraïm, quand il était sous le châtiment, tandis qu’ici nous avons la souffrance au milieu d’une marche intègre ; mais, au fond, il y a de l’intégrité dans le chrétien, aussi bien qu’en Christ ; par conséquent, il peut crier à Dieu dans cette détresse. Toutefois, au Psaume 18, c’est le cri d’un cœur saint et calme, se confiant en Dieu et trouvant dans sa fidélité de riches résultats ; le cœur est attiré vers Dieu Lui-même.

 

1.18  Psaume 19

1.18.1    [Ps. 16-18 présentant Christ — Ps. 19-21 montrant les témoignages donnés au résidu]

 

Dans les Psaumes 16, 17, 18, nous avons trouvé Christ lui-même ; sa position personnelle, la joie qui Lui est proposée dans le ciel, et son triomphe final sur la terre, comme y ayant souffert, Lui, le juste sous la loi. Les trois Psaumes suivants nous montrent le résidu pieux contemplant les divers témoignages présentés à la responsabilité de l’homme. Je ferai quelques remarques sur chacun de ces Psaumes.

 

1.18.2    [Ps. 19 v. 1-6 — Témoignage de la création, universel pour tous les hommes]

 

Nous avons, en premier lieu (Ps. 19), le témoignage de la création ; [19:1] particulièrement celui des cieux, car la terre, donnée à l’homme, a été corrompue. Remarquons qu’il est parlé ici non pas de l’Éternel, mais de Dieu, de l’espérance en Dieu comme tel. [19:4] C’est pourquoi l’homme pieux voit que le témoignage s’étend par toute la terre et que les Gentils sont l’objet du témoignage de Dieu. C’est un point fort important, que les Juifs auraient dû comprendre. Paul, qui le comprenait par le Saint Esprit, leur citait le Psaume 19 dans ce but, n’insistant pas sur ce qu’était ce témoignage, mais sur le fait qu’il parvenait en tous pays, jusqu’au bout du monde [(Rom. 10:18)]. L’homme pieux peut se réjouir de ce témoignage rendu à la gloire de son Dieu ; mais il en voit aussi l’étendue ; il en comprend le caractère universel ; il sait que c’est à Dieu que ce témoignage est rendu. Telle sera aussi la pensée du résidu dans les derniers jours (Ps. 148).

 

1.18.3    [Ps. 19 v. 7-11 — Témoignage de la loi de Dieu et effets dans le fidèle]

1.18.3.1   [Excellence de la loi divine, témoignage à la conscience, touchant l’âme et le cœur]

 

[19:7] Toutefois, l’homme pieux connaît aussi, par expérience, l’excellence de la loi divine ; et quoique, pour Israël, cette loi fût, il va sans dire, celle que Moïse lui avait donnée, nous devons l’entendre ici comme le témoignage de la Parole de Dieu à la conscience. Je dis «à la conscience», parce que nous n’avons pas ici la révélation des richesses de la grâce, ou la manifestation de la personne de Christ et des voies de Dieu en Lui, mais bien le témoignage de la Parole de Dieu concernant l’homme, et pour la conscience de l’homme, même quand il est pris dans un sens tout à fait général. Il n’est pas dit en cet endroit : la loi de Dieu, mais : «la loi de l’Éternel» : d’un Dieu connu selon sa relation d’alliance. Sa loi est donnée à son peuple, à ses serviteurs ; elle est parfaite ; elle exprime exactement la pensée de Dieu, touchant ce que l’homme devrait être devant Dieu, selon sa volonté, maintenant que le mal est connu. Or, telle n’est point la pensée de l’homme, même lorsqu’il prend plaisir en la loi de Dieu ; c’est pourquoi l’âme est restaurée par elle. On a la conscience de cet effet ; car l’âme qui possède la vie, apprécie la loi de Dieu lorsque celle-ci est révélée (quoiqu’elle puisse l’avoir perdue de vue) ; l’âme est sensible, d’une manière vivante, à la vérité de cette loi. Comme parole de Dieu, elle a une puissance vivante pour celui qui vit ; [19:8] lorsqu’on ne la perd pas de vue, elle éclaire et dirige. Elle est pure et fait que les yeux voient ; elle nous fait voir clair, quand nos cœurs et notre vie spirituelle sont obscurcis. Notre Psaume met cela en connexion avec l’état du cœur. Le fidèle s’en rapporte non seulement à la loi, mais au Seigneur Lui-même ; [19:9] on trouve, dans sa conscience, l’effet du sentiment de la présence de Dieu, la crainte du Seigneur. Dieu est introduit dans chaque circonstance ; le cœur s’en rapporte à Lui et à son jugement sur toute chose. Ces choses sont pures, aucune tache ne saurait y rester ; c’est là un principe éternel, parce qu’il dépend de la nature même de Dieu. De plus, les actes et les voies de Dieu en tant qu’exprimés (car le mot «jugements» comprend aussi bien son appréciation que ses jugements exécutés, quand il montre son jugement par ses châtiments), puis en outre et généralement parlant, tous les jugements qu’il porte, de quelque manière qu’Il les manifeste, ne sont que vérité et se trouvent parfaitement justes. [19:10] Non seulement cela, ils sont, pour les fidèles, plus désirables que l’or et plus doux que le miel ; car, chose infiniment douce et précieuse pour les saints, ils sont l’expression de la pensée de Dieu.

 

1.18.3.2   [Ps. 19 v. 11 — Chemin divin au milieu du mal, et bénédiction en le suivant]

 

En outre, le cœur se trouve au milieu de dangers et de tendances humaines qui l’éloignent du Seigneur ; alors les jugements qu’Il porte sur toute conduite humaine, nous servent d’avertissement ; car la joie de la parole et, pour le chrétien, la joie du ciel, ne sont point suffisantes : nous avons besoin de la sagesse et de la prudence, capables d’indiquer, dans la confusion du mal, un sentier divin qui nous guide hors de l’atteinte du mal qui est dans ce monde. Ici même, la parole de Dieu nous atteint. [19:11] Dans l’observation de ses jugements, il y a une grande récompense, une bénédiction réelle ici-bas, et la paix du cœur ; l’âme est heureuse avec Dieu, elle traverse le monde en paix ; le cœur du chrétien est ainsi entièrement libre pour servir les autres.

 

1.18.4    [Ps. 19 v. 12-13 — Jugement du cœur par la Parole, et purification des péchés]

 

Remarquez qu’il ne s’agit pas seulement de ce que la loi est, mais de ce que le cœur sait qu’elle est : [19:11] le serviteur de l’Éternel est éclairé (ou averti) par elle. On y trouve ses délices, selon la nouvelle nature, et la conscience d’une relation avec Dieu (car nous sommes serviteurs de Dieu, bien que nous ayons avec Lui d’autres relations plus élevées, plus intimes et plus glorieuses). [19:12] Cependant cette confiance et cette proximité ont pour résultat de faire éprouver le besoin de se connaître soi-même complètement, et de se défier de soi. «Qui est-ce qui comprend ses erreurs ? Purifie-moi de mes fautes cachées». Quoique trouvant mes délices en la Parole et l’appréciant, lorsque j’y pense, il se peut qu’en bien des choses je n’aie pas jugé mon propre cœur, ou que je ne sois pas moralement capable de le sonder, de manière à le juger selon la perfection de la Parole. Il y a effectivement des progrès dans le jugement spirituel. Mais, avec de l’intégrité et de la confiance en Dieu, on Lui demande d’être purifié des fautes cachées [19:13] et d’être gardé des actions commises avec fierté, de celles qu’on commet en le méprisant ouvertement. Alors on sera pur, gardé près de Dieu, et l’on ne se détournera pas vers les idoles et la vanité. Des péchés peu apparents qu’on néglige, de la confiance en soi qu’on n’a pas jugée, conduisent à l’oubli de Dieu et au reniement de sa vérité. Je ne parle pas ici de notre sécurité, par la grâce, mais du chemin où conduisent ces fautes-là.

 

1.18.5    [Ps. 19 v. 14 — Vrai désir du cœur, recherchant le bien avec Dieu]

 

Enfin, le désir vrai du cœur est indiqué au verset 14 : «Que les paroles de ma bouche et la méditation de mon cœur soient agréables devant toi, ô l’Éternel !». La preuve véritable d’une vie pieuse, c’est la recherche du bien, intérieurement, quand on est en la présence de Dieu seul ; la recherche du bien avec Dieu, non pas devant les hommes, ou pour qu’ils en aient connaissance ; sans même parler de l’hypocrisie, j’entends ici une marche avec Dieu. Finalement, nous voyons que la vraie intégrité reconnaît Dieu pour son rocher et son Rédempteur, car il est impossible qu’on soit avec Lui, dans l’intelligence que nous donne une vie nouvelle, sans avoir le sentiment qu’on a besoin de Lui sous ces deux aspects.

 

1.19  Psaumes 20-21

1.19.1    [Christ comme témoignage, dans Ses afflictions ici-bas et Son lien avec l’Éternel]

 

Dans les Psaumes 20 et 21, comme nous l’avons déjà dit, nous trouvons le troisième témoignage présenté à la responsabilité humaine ; ce témoignage, c’est Christ. Mais il y a ici encore un autre sujet, digne de notre attention ; le Psaume 20 nous montre le profond intérêt que le cœur trouve à considérer le Témoin fidèle, au milieu de ses afflictions. Cette idée est présentée sous une forme juive, sans doute ; mais, comme ailleurs, la substance en est vraie pour nous aussi. C’est encore la confiance en l’Éternel, qui caractérise le sentiment de celui qui parle, [20:1] car le Dieu de Jacob occupe sa pensée ; la foi en Lui se base sur cette relation. Cependant le Messie est contemplé au milieu des épreuves et des difficultés de sa vie terrestre, ne marchant que dans la piété envers l’Éternel et dans sa dépendance. Rien ne saurait mieux que cela caractériser Christ comme homme. [20:6] L’Oint de l’Éternel est délivré et exaucé ; le cœur du fidèle est plongé, tout entier, dans cette pensée. Toutefois le résidu voit plus loin que cela (Israël aurait dû le voir aussi). [21:4] Il voit (Psaume 21) l’Oint de l’Éternel qui avait demandé la vie, recevant en réponse à sa demande un glorieux prolongement de jours à perpétuité ; une vie, dans la lumière immédiate de la face de Dieu, [21:6] qui le remplit de joie. [21:8] Puis, après cela, sa main trouvant tous ses ennemis, [21:10] et les faisant périr. Cependant, ici encore (comme dans Jean 17, où nous voyons en même temps qu’il est un avec le Père), le Messie reçoit toutes choses de l’Éternel, comme homme, et c’est ainsi qu’Il est envisagé par les fidèles. Pierre le présente de la même manière. Son privilège, c’est la faveur de l’Éternel ; sa piété, la confiance en l’Éternel. Ce lien entre Lui et l’Éternel occupe le cœur des fidèles qui sont ainsi profondément attachés au Messie ; or c’est là, effectivement, ce qui caractérisait Christ, qui ne cherchait, en rien, sa propre gloire, mais uniquement celle de son Père. Aussi l’Éternel s’associe entièrement à Lui (Psaume 21:9) ; et, de son côté, le fidèle en fait de même. [21:13] Comme le Messie est exalté par l’Éternel, en dépit de ses ennemis, de même aussi l’Éternel, en faisant cela, est exalté dans sa gloire. De là vient que le Résidu, ayant les mêmes intérêts, chante et célèbre le pouvoir de l’Éternel (v. 13).

 

1.19.2    [Révélation de Christ et de Ses caractères comme Fils de Dieu, au-delà du Messie]

 

Cet enchaînement des intérêts des fidèles, ce lien profond de leur cœur au Messie, Messie et l’Éternel, caractérise leur piété ; il est plein de beauté et d’intérêt. Toutefois, pendant sa vie, Christ n’a jamais pris ce titre vis-à-vis de ses disciples, parce qu’Il voulait leur enseigner plus que cela. Il était le Fils de l’homme et parlait de Son Père, comme étant Lui-même le Fils de Dieu : «Mon Père, disait-il aux Juifs, duquel vous dites qu’il est votre Dieu». Il possédait toutes les qualités morales de Messie, Fils de Dieu ; mais il voulait détacher ses disciples des relations terrestres, pour les faire participer à des relations plus élevées et célestes. C’est la différence qu’il ne faut jamais oublier de faire, toutes les fois que nous nous occupons des Psaumes. Nous contemplons, avec un profond intérêt, les afflictions et les souffrances de Christ, mais d’un point de vue plus élevé. Ce qui nous occupe, ce n’est pas le contraste entre la place officielle de Christ et son humiliation, mais l’amour divin et parfait, par lequel il s’est anéanti Lui-même, pour descendre sur la terre, prenant la forme d’esclave, étant fait à la ressemblance des hommes [(Phil. 2:7)], et traversant dans un but d’amour toutes les épreuves et les douleurs d’un monde de douleurs. Dans tout cela, nous voyons sa gloire. La vérité est enseignée d’une manière bien plus profonde, dans le Nouveau Testament. Toutefois la manière dont Christ nous est présenté, dans les Psaumes, comme le vrai homme dépendant de Dieu, et sa piété, dans cette dépendance, sont très instructives pour nous qui pouvons y ajouter cette vérité plus profonde, en suite de la révélation du Fils de Dieu. On voit, en elle, la parole de vie.

 

1.20  Psaume 22

1.20.1    [Sentiments et pensées de Christ dans Sa piété, lors de l’introduction de la grâce]

 

En commentant le Psaume 22, nous n’avons pas à développer ici la doctrine précieuse qu’il contient : l’introduction, sur une base toute nouvelle, c’est-à-dire la rédemption et la mort de Christ, de la grâce qui, s’élevant au-dessus de la responsabilité humaine, a mis fin, pour toujours, à celle-ci. Nous continuerons à nous occuper des sentiments et des pensées de Christ, car la piété, décrite dans cette partie des Psaumes, est la piété de Christ Lui-même. Rien, au reste, de plus instructif, de plus sanctifiant et qui soit plus propre à donner de la profondeur à notre piété !

Tel sera donc maintenant notre sujet. Que le Seigneur nous donne de fouler ce terrain avec toute révérence !

 

1.20.2    [Ps. 22 v. 1-19 — Souffrances et angoisses donnant occasion au cri de Christ]

1.20.2.1   [Souffrances de Christ à la croix, regardant à Dieu malgré tout]

 

[22:1] Nous trouvons ici ce qui donna occasion au cri suprême du Sauveur, cri qui ne pouvait être exaucé, avant qu’Il eût bu, jusqu’à la lie, le calice de douleur. Il décrit toutes ses angoisses ; elles grandissent, elles sont à leur comble. La violence, une violence furieuse et sans frein l’entoure ; [22:12] ce sont des taureaux de Basan, [22:13] des lions déchirants et rugissants : mais ce n’était pas la résistance hautaine de l’homme qu’il leur opposait ; il faut qu’il subisse, qu’il sente tout cela dans l’humble soumission de sa nature ; qu’il connaisse la faiblesse — mais jamais le péché, de la nature humaine, sauf en le portant pour l’ôter. [22:14] Il est répandu comme de l’eau, tous ses os se déjoignent ; son cœur est comme de la cire, s’étant fondu au-dedans de ses entrailles ; [22:15] sa vigueur est desséchée comme un têt, sa langue est attachée à son palais. Toutefois, il ne s’arrête pas ici à des causes secondes, et aussi ne le pourrait-il pas. Il est dans la poussière de la mort ; mais c’est l’Éternel qui l’y a mis. Il s’agit ici de son état, de la poussière de la mort ; mais il regarde à la vraie source de tout, aux pensées et aux conseils de l’Éternel. Agir ainsi, percevoir moralement avec une sensibilité parfaite le caractère des ennemis qui sont les instruments de nos souffrances ; mais regarder à travers tout à la sagesse, à la volonté et aux voies de Dieu, regarder à Dieu Lui-même, fidèle dans ses relations avec nous et source réelle de toutes choses, voilà, à cet égard, la perfection. Mais outre la violence, qui, comme instrument, avait mis dans la poussière de la mort le Sauveur débonnaire, n’offrant aucune résistance, muet comme un agneau devant celui qui le tond [(És. 53:7)] ; outre les moqueries et les mauvais traitements que cette violence accumulait sur Celui dont la seule présence fit reculer et tomber par terre tous ses ennemis ; il y avait encore la manifestation du caractère des hommes, au pouvoir desquels il se trouvait, après s’être livré Lui-même. [22:16] «Des chiens l’environnaient», des créatures sans cœur et sans conscience, sans honte et sans entrailles, dont le plaisir consistait dans la honte d’un autre, insultant celui qui ne leur résistait pas [(Jac. 5:6)], outrageant le juste. Ils étaient aussi pervers que violents ; [22:17] ils le contemplaient, ils le regardaient. [22:18] Dépouillé de ses vêtements, exposé aux regards endurcis de ceux qui jouissaient de leur iniquité et de sa honte, combien le Sauveur n’a-t-il pas dû sentir l’ignominie et la lâcheté de leurs insultes ! Ils s’amusent à partager entre eux ses vêtements ; ils jettent le sort sur la robe de l’innocent. Pas un regard de pitié ; personne pour secourir ! Quelle détresse ! [22:19] Il regarde à l’Éternel, il le supplie de ne pas s’éloigner de lui ; et si lui n’a pas de force, il supplie l’Éternel, sa force, de venir à son aide.

 

1.20.2.2   [Pas de délivrance pour Christ, même en regardant à l’Éternel]

 

Ici, nous touchons au moment suprême de cette heure solennelle. Quand, du côté des hommes, il est à l’extrémité, et qu’il ne rencontre pas un regard de compassion, pas une main tendue pour le secourir, [22:19] Christ regarde à l’Éternel, le Dieu de l’alliance, pour la foi d’Israël et pour celle du Messie ; mais, ô mystère des mystères ! ici même, point de délivrance ; il ne reste que l’infinie perfection de l’Être béni (Il fallait que cette perfection fût alors infinie).

 

1.20.2.3   [Christ associé à Israël, quand la grâce brille envers tous pour la gloire de Dieu]

 

Là encore, Christ se trouve associé, dans ce Psaume, avec Israël, quelle que soit, du reste, l’efficace de son œuvre, en ce moment décisif et central de l’histoire divine, où la question du bien et du mal a été définie, résolue, et décidée pour l’éternité. Il fallait que le Dieu d’Israël abandonnât Christ, abolît l’inimitié et déchirât le voile qui cachait Dieu, en Israël ; il fallait cela pour que, dans le plein résultat de l’amour divin en justice, la grâce pût régner par la justice en vie éternelle, par Jésus Christ notre Seigneur [(Rom. 5:21)], pour tout croyant, tant Juif que Gentil, et pour l’entière gloire de Dieu, dans le ciel et sur la terre.

 

1.20.2.4   [Christ parlant comme Fils dans les évangiles, et s’adressant ici à Son Dieu]

 

Remarquez toutefois que Christ est nécessairement présenté d’une façon différente, dans les Évangiles et dans les Psaumes. Là, c’est comme Fils qu’Il parle (sauf lorsqu’Il est abandonné) : «Père, pardonne-leur» [(Luc 23:34)], et plus tard : «Père ! entre tes mains je remets mon esprit» [(Luc 23:46)]. [22:19] Ici, au contraire, il dit : «Éternel, ne te tiens pas loin de moi !». Il a recours, pour Lui-même, au Dieu d’Israël, son Dieu, et le résultat y correspond : le résidu est rassemblé, puis tout Israël, puis les nations millénaires et «le peuple qui naîtra» [(22:31)] ; tous ceux enfin qui, par appel, sont le fruit béni de l’œuvre de Christ ; mais il n’est point parlé du ciel.

 

1.20.3    [Caractères de Christ manifesté au milieu d’Israël, et confiance en l’Éternel]

1.20.3.1   [Caractère de la piété de Christ, se confiant en l’Éternel au milieu d’Israël]

 

Ayant signalé cette différence, importante pour l’application des Psaumes, même lorsqu’ils parlent de la croix, je désire ajouter quelques mots sur le caractère de la foi et de la piété de Christ dans ce Psaume, et sur sa confiance en l’Éternel, comme étant venu Lui-même au milieu du peuple d’Israël ; car c’est d’Israël, selon la chair, qu’est «issu le Christ, qui est sur toutes choses Dieu, béni éternellement» [(Rom. 9:5)].

 

1.20.3.2   [Sentiment profond de l’épreuve traversée, jusqu’à l’abandon de Dieu]

 

[22:6] Nous trouvons ici un sentiment profond de son état extérieur d’abjection et d’isolement qui contraste, d’une manière accablante, avec celui des fidèles, circonstance éminemment propre à produire, dans le cœur humain, l’irritation et le découragement, à faire oublier ce que Dieu était, si cela eût été possible pour Jésus : «Moi, je suis un ver et non point un homme, l’opprobre des hommes et le méprisé du peuple». Ce n’était pas tout. Le Sauveur bien aimé, [22:10] remis à l’Éternel dès la matrice, [22:9] dont la confiance avait été en l’Éternel, lorsqu’il était sur les mamelles de sa mère, qui avait recherché sa volonté et glorifié son nom, [22:1] devait déclarer publiquement, en face des insultes et des railleries de ses ennemis, que Dieu l’avait abandonné. La profondeur morale d’une pareille épreuve, personne ne saurait l’exprimer que Celui-là seul qui l’a subie ; elle était en proportion de l’amour dont il jouissait, dans lequel il vivait, et de sa fidélité dans cet amour. Je parle ici d’épreuve et de piété, non pas d’expiation.

 

1.20.3.3   [Ps. 22 v. 1-3 — Perfection de Christ envers Son Dieu]

1.20.3.3.1     [Confiance parfaite en Dieu, malgré Son abandon]

 

Au milieu de toutes ces angoisses, le Seigneur est parfait à l’égard de l’Éternel. En premier lieu, sa confiance est parfaite ; [22:1] il ne dit pas : l’Éternel ; car il n’y avait pas alors d’exercice de relation, comme avec son Père, en Gethsémané ; mais il dit : «Mon Dieu, mon Dieu». Quelque terrible que soit cet abandon, la foi parfaite en Dieu, son dévouement à Lui, comme étant le seul qu’il reconnaisse, demeurent absolus et inébranlables. Christ subjectivement, comme homme, est parfait ; absolument parfait.

 

1.20.3.3.2     [Dépendance comme homme, même quand Dieu Le laisse sans réponse]

 

En second lieu, un autre fait nous démontre cette même vérité. Quelles que fussent ses souffrances, et quoiqu’il ne se trouvât, dans sa marche, aucune cause pour être abandonné, [22:3] le témoignage que Christ rend à Dieu, le sentiment qu’il a de la perfection de la nature et des voies de Dieu, reste le même et dans une élévation plus grande encore : «Et toi, tu es saint, toi qui habites au milieu des louanges d’Israël». Que Dieu abandonne le juste, lui, le Juste, ne doute pas un instant de sa perfection en agissant ainsi. Rien ne saurait exprimer d’une manière plus complète la perfection de Christ, homme, sa position comme tel, et comment il avait pris la place désignée par ces mots : «Ma bonté ne s’élève pas jusqu’à toi» [(16:2)]. Nous ne voyons pas ici Christ contemplant les conseils de Dieu et comprenant leur accomplissement qu’il avait lui-même entrepris ; nous le voyons homme dépendant, sensible à l’épreuve qui l’atteint comme homme, mais parfait et fidèle, lorsqu’au milieu de ses angoisses — dans lesquelles il comptait sur une réponse, la seule sur laquelle il pût compter — Dieu Lui-même le laisse sans réponse.

 

1.20.3.4   [Christ connu comme ayant souffert l’abandon, et jouissant de la bénédiction]

 

Nous, nous pouvons répondre à cette question : [22:1] «Pourquoi m’as-tu abandonné ?». Nous y répondrons dans une éternelle adoration, nous qui croyons en Lui. Mais il nous importe infiniment de savoir, non seulement que Christ a fait, par Lui-même, la purification de nos péchés, en buvant la coupe de la colère, mais encore de connaître Christ comme Celui qui a souffert personnellement sous l’abandon de Dieu ; qui est entré, comme homme, quant à Lui-même, dans tout le sentiment de cet abandon, dans la douleur personnelle qui s’y rattache ; parce que, quoiqu’il en ait souffert tout seul, nous sommes ainsi conduits à la joie que Christ éprouva, en entrant de nouveau et plus que jamais, dans la lumière sans nuage de la face de son Père. Il y est entré en conséquence de la rédemption, selon la valeur de cette dernière, selon le bon plaisir de Dieu, qui reposait nécessairement sur Lui, selon son acceptation, lorsqu’il eut parfaitement glorifié Dieu là où le péché avait introduit la confusion en toutes choses. Ainsi, tout ce que Dieu était, mis en évidence par le péché (car le péché avait mis en évidence l’amour souverain, la justice, la vérité, et revendiqué la majesté de Dieu), se trouvait parfaitement révélé et glorifié. Les souffrances personnelles de Christ nous mènent, dis-je, à cette joie dans laquelle il entra, comme homme, auprès de son Dieu et Père, et qu’il nous communique en nous introduisant dans la pleine bénédiction, dans laquelle il est entré, comme homme, puisque cette joie était la conséquence d’une œuvre accomplie pour nos péchés. Dans cette œuvre, il fut seul ; mais il y était pour nous, en même temps que pour la gloire divine ; et il nous introduit dans la bénédiction dont il jouit en conséquence de son œuvre.

 

1.20.4    [Ps. 22 v. 21-31 — Sentiments et affections de Christ délivré]

1.20.4.1   [Sentiments de Christ une fois le jugement passé]

 

Ces remarques concernent la seconde partie du Psaume 22, et je désire seulement porter notre attention sur les sentiments de Christ qui s’y trouvent exprimés. [22:21] L’Éternel lui a répondu d’entre les cornes des buffles lorsqu’il était transpercé par la puissance de la mort ; le jugement de Dieu, sur le péché, a été exécuté ; il est passé.

 

1.20.4.2   [Dieu pleinement manifesté par Christ, et relation nouvelle avec Lui]

1.20.4.2.1      [Jésus ici-bas parle du Père et du Fils de l’homme, non de Dieu et de Christ]

 

J’ai fait remarquer ailleurs un fait très instructif que voici : Dans les évangiles, Christ, pendant sa carrière ici-bas, ne parle jamais de Dieu, comme de son Dieu, mais toujours comme du Père ; c’est là l’expression de sa propre relation personnelle ; c’est là aussi le nom qu’il révèle à ses disciples. Jamais, dans l’histoire des évangiles, il ne se nomme directement «le Christ» ; non qu’il n’ait été présenté comme tel à Israël, car il l’était ; mais ce n’est pas là le nom et la position qu’il prend lui-même, vis-à-vis de Dieu et de son Père ; c’est dans cette dernière relation que nous avons à le connaître. Lorsque les Juifs Lui disent : «Si tu es le Christ, dis-le nous franchement», il répond : «Je vous l’ai déjà dit» [(Jean 10:24-25)]. Mais, en tant que révélé à nous, il est Emmanuel, le prophète qui devait venir, le Fils de l’homme, le Fils de Dieu. En parlant avec Dieu et de Dieu, il dit toujours : «Père» et «mon Père». En parlant avec ses disciples, il se nomme «le Fils de l’homme». Dans le Psaume que nous étudions, [22:1] Christ dit : «Mon Dieu, mon Dieu». Il est l’homme dont Dieu s’occupe en jugement, mais, quoique abandonné, il est l’homme parfait dans sa propre relation avec Dieu, par la foi, et il dit : «Mon Dieu».

 

1.20.4.2.2     [Perfection de la manifestation de notre Dieu dans tous Ses caractères]

 

[22:22] Alors, il déclare le nom de Dieu à ses frères et emploie ces deux titres, lui cet homme, qui est allé jusqu’aux limites de l’épreuve avec Dieu, revendiquant tout ce que Dieu est en justice, en vérité, en majesté et en amour. «Mon Dieu», dit-il [(22:1)]. Tout ce que Dieu est, dans sa propre perfection, sa majesté, et dans ce qu’il exige, il l’est nécessairement pour nous et d’une manière obligatoire, quoique selon les délices de son amour envers nous, parce que nous sommes en Christ ; sans doute selon ses propres conseils, mais il l’est d’une manière juste, par conséquent nécessaire et inaltérable pour nous. Ce qu’il est comme Dieu, il l’est comme notre Dieu ; car il est pour nous, par le moyen de Christ éprouvé sur la croix ; le péché ayant été aboli par le sacrifice de Lui-même [(Héb. 9:26)]. La perfection de Dieu, sans nuage, luit sur nous dans toute la bénédiction qui lui est propre, comme elle luit sur Christ, en vertu de ce qu’il a glorifié Dieu dans la perfection selon laquelle Dieu est ainsi manifesté.

 

1.20.4.2.3     [Christ a déclaré le nom de Dieu et a permis que Son amour se répande]

 

Ce nom de Dieu, c’est-à-dire la réalité de cette relation, nous est déclaré. La nature et le nom de Dieu, pleins de grâce, ont été déclarés, sur la terre, par Christ, qui était le Fils unique dans le sein du Père [(Jean 1:18)]. Or, l’homme pécheur, en inimitié contre Dieu, ne pouvait avoir aucune part à cela. «La lumière luit dans les ténèbres et les ténèbres ne l’ont pas comprise» [(Jean 1:5)]. L’homme a vu Christ, et l’a haï, ainsi que Son Père [(Jean 15:24)]. Mais Christ fut fait péché pour nous, se tint comme homme responsable devant Dieu, avec Dieu, dans tous les attributs selon lesquels Dieu s’occupa du péché ; en tout cela Il fut trouvé parfait, afin que l’amour pût s’exercer librement sans faillir à la justice. C’est pourquoi Christ dit : «J’ai à être baptisé d’un baptême, et combien suis-je à l’étroit jusqu’à ce qu’il soit accompli !» [(Luc 12:50)]. Car Il était cet amour — Dieu, en Christ, réconciliant le monde avec Lui-même [(2 Cor. 5:19)], jusqu’à ce que cet amour pût se répandre, selon la perfection de Dieu, en justice ; or cet amour ne pouvait se répandre librement, là où il y avait le péché ; cela n’eut lieu que par le moyen de la croix, par le moyen de la perfection de Christ, lorsqu’il fut fait péché pour nous. Alors, en cela et par cela même, l’amour fut exalté et le caractère de Dieu pleinement déployé ; son nom, le nom de Dieu qui devait être révélé, fut pleinement manifesté. Aussi Christ pouvait-il dire : «À cause de ceci le Père m’aime» [(Jean 10:17)].

 

1.20.4.2.4     [Christ entre, comme homme, dans la joie de la relation avec le Père, et nous avec Lui]

 

Mais ensuite, Christ entra dans une mesure plus grande encore dans la joie de l’amour de son Père, et tout cela comme homme. Il le fit lorsqu’il fut exaucé, mais la résurrection en fut la manifestation publique et évidente. Il fut ressuscité par la gloire du Père [(Rom. 6:4)] ; [22:22] alors il déclara ce nom à ses frères. Car maintenant, le péché étant, hors de Christ, la seule place de l’homme vis-à-vis de Dieu, celui qui croit, a, en Christ, la place de Christ ressuscité d’entre les morts, dans la même relation que celle de Christ avec le Père. La mort étant intervenue, il ne peut pas avoir d’autre place. «Va vers mes frères et dis-leur : Je monte vers mon Père et votre Père, vers mon Dieu et votre Dieu» [(Jean 20:17)]. Maintenant, Christ emploie les deux titres de Dieu et de Père, et les applique tous deux à nous, parce que tout ce que Dieu est, il l’est, en justice, pour Lui, l’homme dans la gloire, et que Christ est rentré dans la joie de la communion de son Père, nous plaçant, en vertu de son œuvre accomplie pour nous, dans la position où il est Lui-même. Il nous y place, comme ses frères, participants, par grâce, de sa faveur et de son héritage.

 

1.20.4.3   [Louange de Christ au milieu de ceux qu’Il a rachetés et rassemblés]

 

Je me suis étendu, plus que je ne le voulais, quoique d’une manière pratique, sur la doctrine qui est en rapport avec le Psaume 22 ; car mon but est ici de montrer les sentiments et les affections de Christ. La première pensée de Christ, [22:21] lorsqu’il lui a été répondu d’entre les cornes des buffles, [22:22] est, remarquons-le, de déclarer, à ses frères, le nom de Dieu et de son Père ; quoique glorifié, il n’a pas honte de nous appeler ses frères [(Héb. 2:11)]. Parfait en amour, attaché à ces excellents de la terre [(16:3)], une fois entré dans sa position de joie et de bénédiction, par une œuvre qui leur fournit le droit d’y entrer aussi, il s’occupe de leur révéler ce qui les a placés dans la même position, avec Lui. Il les rassemble ; puis, après avoir mis dans leur bouche la même louange que celle qu’il va prononcer, il donne le ton, comme homme, et fait entendre la louange au milieu de l’Assemblée. Comme nous devrions l’accompagner avec des voix joyeuses et des cœurs qui débordent ! Quant à celui qui n’est pas au clair sur son acceptation, et sur le bonheur d’être un enfant de Dieu, en vertu de la rédemption, il ne peut pas chanter avec Christ. Christ loue au milieu de l’Assemblée. Qui est-ce qui chante avec Lui ? Celui qui a appris le cantique ; celui qui peut le chanter, comme ayant échappé au jugement pour entrer dans la pleine lumière et la joie de l’acceptation. Le chap. 1 de l’épître aux Éphésiens (versets 3, 4) nous montre cette position que nous occupons. Ici, nous voyons les saints entonnant, conduits par Jésus, un cantique de louange, en rapport avec la joie même dont Il jouit. La grâce de cette position est parfaite.

 

1.20.4.4   [Résultats de l’œuvre limités à la terre, en grâce, sans question de jugement]

 

Je ne parlerai pas ici des résultats ultérieurs de l’œuvre de Christ. Remarquons seulement que tout est grâce ; qu’il n’est pas question du jugement (la grâce est fondée sur le jugement), et qu’ici rien ne dépasse les limites de la terre.

 

1.21  Psaume 23

1.21.1    [Ps. 23 v. 1-2 — Sollicitude constante de l’Éternel pour les fidèles, qui sont comblés]

 

Le Psaume 23 a été dicté par l’Esprit, de manière à s’appliquer soit à Christ mourant, soit au saint qui suit ses traces, soit au résidu qui a été mis à part. Les souffrances de Christ de la part de Dieu ou de l’homme, ne sont pas considérées ici, non plus que celles des fidèles, si ce n’est comme de simples faits, qui fournissent l’occasion de montrer les soins de l’Éternel. [23:1] «L’Éternel est mon berger» — sa sollicitude constante et invariable, voilà le sujet du Psaume. C’est une vie passée, quoi qu’il en soit, sous son œil et sous sa garde, avec l’expérience que cette vie procure et avec l’assurance que l’amour de l’Éternel donne jusqu’à la fin et pour toujours. Cette assurance que le cœur éprouve, ne provient pas des choses qu’il donne, mais de Lui-même. «L’Éternel est mon berger, je ne manquerai de rien». La puissance, la grâce, la bonté, l’intérêt du seul Fidèle : toutes ces choses donnent de l’assurance à travers toutes les circonstances, pour toujours, et pour chaque instant : Puisque c’est Lui qui a entrepris et s’est chargé Lui-même d’avoir soin de ses fidèles, comment ceux-ci manqueraient-ils de rien ? Ni les événements qui peuvent survenir, ni les moyens qu’il emploiera, ne doivent nous préoccuper. Les soins du berger — voilà notre assurance. [23:2] Le fruit naturel de sa sollicitude, c’est la sécurité des pâturages verts et frais, la jouissance paisible des rafraîchissements assurés de sa bonté.

 

1.21.2    [Ps. 23 v. 3-5 — L’Éternel est la sauvegarde des siens dans toutes leurs épreuves]

 

En fait, l’homme, le Résidu en particulier, Christ Lui-même, sont au milieu d’épreuves angoissantes, de la mort, d’ennemis puissants. [23:3] L’âme est-elle troublée et affaissée ? — Il la restaure. [23:4] Marche-t-on par la vallée de l’ombre de la mort ? la mort étend-elle son voile obscur sur celui qui va descendre dans son ombre ? Il est là, plus grand que la mort, pour conduire et pour soutenir. [23:5] Des ennemis puissants, inexorables, sont-ils là pour menacer et effrayer ? Devant Lui, ils sont sans force. Il dresse devant ses bien-aimés, la table où ceux-ci s’asseyent à l’abri et en sûreté. L’onction divine est le sceau de la puissance, lorsque tout est contre nous. Faiblesse humaine, mort, puissance spirituelle de méchanceté, tout cela n’est que l’occasion de manifester clairement que l’Éternel, le Berger, est la sauvegarde infaillible de son peuple.

 

1.21.3    [Christ a frayé le chemin pour les brebis dans ce monde, avec sollicitude]

 

Assurément, Christ n’était pas une brebis ; mais il fraya le sentier que les brebis doivent suivre ; il se confia en l’Éternel. [23:1] Il est le «l’Éternel - Berger» de ceux qui sont à Lui. Il nous aime, comme l’Éternel l’aima et eut soin de Lui. C’est donc la sollicitude infaillible de l’Éternel, à travers toutes les choses qui assaillent la nature humaine, pendant qu’elle traverse le monde. [23:2] Le fruit naturel et propre de cette sollicitude, ce sont de verts pâturages dans une paisible sécurité ; dans l’état de ruine où est l’homme, et pendant sa marche au milieu des puissances du mal, c’est une puissance infaillible qui soutient.

 

1.21.4    [Ps. 23 v. 6 — Confiance reposant sur l’Éternel pour l’avenir]

 

C’est pourquoi le cœur se confiant en l’Éternel, l’Immuable, compte sur l’avenir : car l’avenir est aussi certain que le passé : [23:6] «La bonté et la gratuité me suivront tous les jours de ma vie, et mon habitation sera dans la maison de l’Éternel pour de longs jours». La confiance repose sur l’Éternel Lui-même ; c’est pourquoi toutes les circonstances, toute la puissance du mal, toutes les difficultés de l’homme mortel qui s’y rattachent, ne sont que des occasions de manifester la puissance de l’Éternel comme intéressé, dans sa fidélité immuable, à soutenir le fidèle au travers de ces choses.

 

1.21.5    [Bénédiction du fidèle, ayant dans sa pensée la puissance et la sollicitude divines]

 

Il est intéressant d’observer cette sollicitude de la puissance divine, gardant dans les pensées du Christ souffrant sa place infaillible et certaine, au-dessus de toutes les souffrances particulières, de l’épreuve et de la mort du Seigneur. Telle est la bénédiction de l’homme fidèle, pendant que la terre n’appartient pas au Seigneur et que la puissance du mal, la mort, et des adversaires puissants sont en vue. L’Éternel est la sûre demeure de la foi.

 

1.22  Psaume 24

1.22.1    [Bénédiction et acceptation en grâce offertes à tous, en la montagne de l’Éternel]

 

[24:1] Lorsque la terre appartiendra au Seigneur (Psaume 24), [24:3] «qui est-ce qui montera en la montagne de l’Éternel ; et qui se tiendra dans le lieu de sa sainteté» ? Ici, remarquons-le, la porte a été ouverte à tous ; seulement Jacob possède une position d’acceptation, et la proximité de l’Éternel. [24:5] Toutefois la bénédiction et l’acceptation en grâce, de la part de Dieu, qui est leur salut, sont la portion de tous ceux qui se sont purifiés pour rechercher Dieu, lequel a placé sa bénédiction en Jacob. Leur caractère est décrit ; mais tous les Gentils qui le possèdent, ont accès à la sainte montagne de l’Éternel. Christ Lui-même y entre, en triomphe, comme l’Éternel.

 

1.22.2    [Ps. 16-24, présentant Christ associé aux saints d’ici-bas]

 

Le Psaume 24 clôt toute la série de Psaumes qui parle de l’association de Christ avec les excellents, avec les saints qui sont sur la terre [(16:3)]. Nous y avons vu Christ dans le chemin de la vie avec les saints [(Ps. 16)] ; Christ dans le chemin de la justice, au milieu d’un monde méchant [(Ps. 17)] ; Christ souffrant, centre de toute l’histoire d’Israël, objet de l’intérêt de l’Éternel quand il est identifié avec Israël [(Ps. 18)] ; Christ, souffrant comme témoin de la vérité, l’objet des pensées et des affections du résidu [(Ps. 19-21)] ; Christ, souffrant comme abandonné de Dieu [(Ps. 22)] ; Christ, entrant en personne, dans le sentier que les brebis doivent suivre, et leur manifestant ainsi les soins de l’Éternel [(Ps. 23)], quoiqu’il soit Lui-même le vrai Berger (Jean 10) ; enfin Christ, entrant dans le temple, en sa qualité d’Éternel triomphant, d’Éternel des armées, lorsque tous reconnaissent Jacob et le Dieu de Jacob [(Ps. 24)].

 

1.22.3    [Action sur la piété du cœur en voyant Christ vrai homme marchant ici-bas]

 

Quoique le Seigneur soit un modèle pour nous, sous plusieurs des aspects qui nous sont ici présentés, toutefois l’action réelle et efficace, sur la piété du cœur, est produite en le voyant véritablement homme, frayant le chemin devant nos yeux, et engageant toutes les affections de l’âme dans la contemplation de sa marche.

 

1.22.4    [Progression du caractère des psaumes 3 à 24, puis exercices du Résidu affligé]

 

Dans les Psaumes suivants, nous trouvons de nouveau les pensées et les sentiments du Résidu, au milieu de ses afflictions, en rapport avec cette même position de Christ ; mais nous y puiserons une grande instruction pour nos cœurs, dans un chemin qui est toujours celui de l’affliction et qui reste essentiellement tel, aussi longtemps que le mal règne ici-bas. En jetant un dernier coup d’œil sur les Psaumes qui précèdent, nous pouvons signaler un développement progressif dans leur caractère. Ainsi, les Psaumes 3 à 7 renferment des principes et un état généraux, indiquant que la justice ne règne pas encore par le jugement. Ceci est fondé sur les grands principes des deux premiers Psaumes. L’homme juste au milieu des méchants ; le jugement encore à venir ; et les conseils de Dieu, concernant le Messie, annoncés, mais non encore accomplis au Psaume 8. Les Psaumes 9 et 10 renferment les événements concernant le peuple Juif et son pays, dans les derniers jours ; puis dans les Psaumes 11 à 15, nous trouvons les relations, le jugement et les principes du Résidu, qui regarde à l’Éternel, dans cet état de choses. Enfin les Psaumes 16 à 24, ayant donné à connaître toute la position de Christ, par rapport à Israël, l’introduisant au milieu de ce peuple et indiquant le résultat de cette introduction, nous trouverons dans les Psaumes suivants, beaucoup plus de détails touchant les expériences et les exercices des saints aux derniers jours. Ces exercices sont nécessairement fondés sur l’intervention et le sacrifice de Christ. Je n’entends point dire, pour cela, que les saints d’alors aient une idée claire du sacrifice de Christ, et que les expressions des Psaumes supposent cela, ni qu’elles conviennent à une âme affranchie. Mais de tels exercices ne peuvent avoir lieu sans l’intervention et le sacrifice de Christ ; le Saint Esprit, dans le Résidu comme en toute âme, opère en vertu de ces deux choses, et afin de les faire reconnaître d’une manière complète.

 

1.23  Psaume 25

1.23.1    [Ps. 25 v. 1-7 — Confiance en l’Éternel, dans le sentiment des péchés passés]

1.23.1.1   [Base de l’expérience des fidèles, s’appliquant au Résidu juif et non aux chrétiens]

 

Dans le Psaume 25, nous trouvons, bien définie, pour la première fois, la confession du péché. Cette confession, jointe à la déclaration et à la conscience de l’intégrité du cœur, que contient le Psaume 26, forme la base subjective de toutes les expériences des fidèles : les Psaumes 27 et 28 en forment la base objective. Nous y trouvons l’Éternel, lumière et délivrance ; puis, en outre, une détresse actuelle, sous l’oppression des méchants, et, en même temps, la confiance du cœur en l’Éternel. Mais plus on étudiera les Psaumes, plus on découvrira qu’ils s’appliquent proprement aux Juifs, et cela, d’une manière presque universelle ; qu’ils ont trait à l’homme pieux et juste du Résidu, dont les pensées sont en accord avec sa position et lui sont fournies par l’Esprit de Christ, parlant par la bouche du prophète. Plusieurs parties des Psaumes peuvent être appliquées à Christ lui-même ; il n’en est pas ainsi pour toutes. Cela nous montre deux choses que j’ai déjà fait remarquer : d’abord, que la possibilité d’appliquer ces passages à Christ n’implique pas qu’ils soient des prophéties qui le concernent exclusivement, ni que le Psaume tout entier s’applique à lui : J’ai encore fait remarquer le danger réel qu’il y aurait à envisager les Psaumes comme étant l’expression de la piété chrétienne. Ils ne le sont pas. Sans doute, ils fournissent souvent une instruction précieuse, relativement à la confiance en Dieu ; mais celui qui emprunterait la forme de sa piété aux Psaumes dans leur ensemble, celui-là fausserait le christianisme. Passons maintenant aux détails.

 

1.23.1.2   [Ps. 25 v. 1-3 — Foi se confiant à l’Éternel, et désirant la confusion des méchants]

 

[25:1] Dans les difficultés qui l’entourent, l’âme s’élève vers l’Éternel ; c’est là le vrai moyen de surmonter les difficultés et d’avoir la paix au milieu d’elles. Un cœur vrai n’a pas d’autre refuge ; tout autre le détournerait de celui-là. [25:2] Au milieu de l’épreuve, il dit : «Mon Dieu» ; il peut, par Christ, le dire maintenant et se confier en Dieu : «Que je ne sois pas confus ; que mes ennemis ne triomphent pas de moi !». Tel est, dans les difficultés, le premier désir de la foi. [25:3] Mais la foi, quand elle est réelle, ne peut se borner à soi ; elle est associée par grâce, à la bonté de Dieu, sentie dans ce désir même, et associée, par conséquent, avec tous ceux qui s’attendent à l’Éternel. Elle souhaite que les méchants (ceux qui agissent perfidement sans cause — ceux qui aiment l’iniquité ; non pas ceux qui tombent dans le péché) soient confus. Comme principe général, ce désir n’est pas contraire au christianisme. Le chrétien ne peut pas souhaiter que ses ennemis individuels soient jugés ; mais il désire que le mal soit ôté et que les ennemis du bien soient confus. Il aime et désire la justice ; il souhaite que l’oppresseur de la justice, des petits, des humbles et des justes, soit renversé et confus. Dans ses circonstances personnelles, le chrétien peut désirer cela comme résultat, sans toutefois souhaiter du mal à l’individu. Sa confiance en l’Éternel l’empêche de faire la moindre démarche au détriment de son ennemi ; mais il remet sa cause au Seigneur et la laisse entre ses mains, attendant d’être délivré par Lui.

 

1.23.1.3   [Ps. 25 v. 4-7 — S’approcher de l’Éternel en recherchant Son chemin]

1.23.1.3.1     [Recherche du seul chemin du Seigneur, et confiance en Sa compassion]

 

Il y a encore un autre trait distinctif du saint, dont le cœur se tourne repentant vers le Seigneur. [25:4] Il cherche les voies de l’Éternel, ses sentiers, [25:5] afin d’être conduit dans sa vérité et enseigné. Remarquons ce caractère très défini du bien, dans une âme sincère ; elle ne cherche pas simplement un bon chemin, mais c’est le chemin du Seigneur qu’elle cherche. L’esprit du saint s’est retourné vers le Seigneur ; il pense à lui, il estime son caractère ; il a la conscience qu’il lui doit fidélité et service ; qu’il lui appartient, et que tout lui appartient ; il prend plaisir en son chemin et n’en cherche aucun autre. Toutefois, ce Psaume nous présente quelqu’un (le Juif) qui se retourne vers Dieu ; non pas une personne nouvellement convertie. [25:7] Israël (et le saint aussi) se souvient de ses fautes et les rappelle ; mais il dit à l’Éternel : «Ne te souviens pas des péchés de ma jeunesse ; selon ta gratuité souviens-toi de moi». Il le prie de se souvenir de lui seulement de cette manière ; car il sait que l’Éternel est plein de compassion, [25:6] et c’est pour la gloire de son nom qu’il peut ainsi faire appel à sa miséricorde.

 

1.23.1.3.2     [Confiance dans la grâce, agréable à Dieu, malgré les péchés confessés]

 

Cette demande ne montre pas la connaissance du pardon, mais la confiance dans la grâce. Ce n’est pas ici une conscience purifiée, quoique cela découle de la réponse de Dieu ; mais c’est une manière de s’approcher de Dieu qui lui est agréable. Nous en trouvons un exemple dans l’Évangile : la femme pécheresse s’approcha ainsi de Jésus, et elle s’en alla en paix.

 

1.23.2    [Ps. 25 v. 8-14 — Conduite du fidèle dans le chemin selon Dieu et selon Ses voies]

1.23.2.1    [Ps. 25 v. 8-9 — Connaissance de ce qui est dans le cœur du Seigneur pour le chemin du fidèle]

 

Il y a une fidélité du Seigneur à sa propre bonté, à son caractère propre qui est au-dessus du mal ; caractère qui le fait agir (une rançon ayant été trouvée, grâce à laquelle la justice est maintenue) pour la vraie bénédiction du pécheur qui s’approche ainsi de Lui. Il est dit même de Joseph : «C’était un homme juste et qui ne voulait pas faire d’elle un exemple» [(Matt. 1:18)]. Quant à l’homme, il a sans doute encore d’autres motifs ; mais pour autant qu’il doit agir comme Dieu agit, le principe dont je parle trouve son application. [25:8] L’Éternel est bon et droit. Il est bon envers nous ; il aime la droiture et il aime à la voir ; aussi veut-il l’enseigner, dans sa grâce, à ceux qui s’en sont écartés. C’est une grande douceur pour celui qui s’est égaré que de pouvoir compter là-dessus. Remarquez qu’au v. 8, il n’est pas dit son chemin ou sa voie, mais le chemin ; au v. 4, tes voies exprimait l’état de cœur du saint, tandis que les mots du v. 8 expriment la connaissance (ou plutôt la confiance) du saint quant à ce qui se trouve dans le cœur de l’Éternel. Il ne s’agit pas proprement de ce qu’est ce chemin ; il va sans dire qu’il est bon ; mais le Seigneur le lui enseignera. Son amour actif s’occupera de lui pour son bien. [25:9] Toutefois, lorsque le vrai caractère du saint restauré est décrit, le caractère du chemin n’est pas non plus oublié : «Il fera marcher dans le droit chemin les débonnaires» ; dans le chemin qui exprime la pensée de Dieu : «Il enseignera sa voie aux débonnaires» (v. 9).

 

1.23.2.2   [Progression de l’âme dans les trois parties du psaume 25]

 

Mais, à un autre point de vue, on peut signaler, dans ce Psaume, une marche progressive. Il se divise en trois parties : v. 1-7 ; 8-14 ; et 15-22. Dans la première, l’âme persécutée et éprouvée, jugeant ses péchés précédents, mais confiante en Dieu et regardant à Lui, s’adresse à lui touchant ses besoins et ses difficultés, en face de la puissance du mal. Dans la seconde partie, cet appel à Dieu amène l’âme à parler de Lui en déclarant ce qu’il est dans ses voies. Dans la troisième, l’âme regarde personnellement à Dieu, comme étant assurée de son intérêt pour elle ; et invoque le regard de Dieu sur elle, sur ses ennemis, sur ses circonstances, comptant, en cela, sur son pardon, mais confiante en sa propre intégrité, dont elle a conscience. Enfin, elle étend sa requête à tout Israël.

 

1.23.2.3   [Ps. 25 v. 8-9 — Le Seigneur enseigne le droit chemin à ceux qui sont humiliés]

 

On peut encore remarquer une marche progressive dans les détails, quant à l’état de l’âme qui parle de Dieu. [25:8] D’abord sa bonté et sa droiture font qu’il enseigne aux pécheurs la droiture de cœur. Ils s’étaient égarés dans leurs propres voies. Combien leur oubli des voies de Dieu était terrible ! Mais le Seigneur, dans sa bonté et sa miséricorde, ne veut pas les laisser sans direction ; leur état attire sa compassion. Le Seigneur aime le droit chemin et ne peut bénir ailleurs : aussi enseigne-t-il le chemin aux pécheurs. [25:9] Or, reconnaître son péché, et connaître en même temps la bonté du Seigneur, a pour effet l’humilité, la soumission d’esprit, la petitesse, l’absence de fierté, du moi, de ce que les païens considéraient comme la source de la vertu. Dans cet état, Dieu conduit dans le discernement et enseigne sa voie. Non seulement la voie est enseignée à celui qui s’en était écarté ; mais dès qu’il y a de l’humilité et de la soumission à Dieu, il conduit dans l’intelligence, dans l’esprit et dans la pensée de ses voies. Il forme, par ses instructions, ceux qui le craignent à discerner ce qu’est la voie de Dieu Lui-même. C’est là une conformité intérieure et morale avec Dieu, qui s’applique à discerner et à juger les circonstances. Cette conformité morale et ce discernement sont fort précieux.

 

1.23.2.4   [Ps. 25 v. 12-13 — Connaissance du chemin choisi de Dieu pour la bénédiction]

 

Le vers. 12 va plus loin ; il nous montre quelqu’un craignant Dieu, marchant dans la conscience de sa présence, de sa propre responsabilité vis-à-vis de Dieu et, de cœur, s’en référant à Lui dans une entière dépendance de lui. Il y a ici plus que le discernement moral, il y a la connaissance de la voie choisie de Dieu. L’homme qui est guidé dans le droit chemin (ou jugement) saura ce qui est juste ; il le fera et évitera le mal. Mais l’homme d’Issacar avait la connaissance des temps (1 Chron. 12:32). Il y avait une voie choisie par Dieu, au milieu du mal qui régnait ; et celui qui craignait l’Éternel sera enseigné dans cette voie-là ; [25:13] il trouvera le sentier qui mène à une entière bénédiction. C’est là un grand privilège, duquel ni les ténèbres, ni la confusion qui nous entourent ne sauraient nous priver. [25:12] Il s’agit de la voie choisie, par l’Éternel, au milieu de cette confusion ; d’un sentier particulier d’alliance pour ceux qui le craignent.

 

1.23.2.5   [Ps. 25 v. 14 — Connaissance de la pensée du Seigneur pour ceux qui Le craignent]

 

Il existe certainement, aussi pour le chrétien, un tel sentier au milieu de la confusion où se trouve actuellement l’Église de Dieu : Les paroles qui suivent (v. 14) nous le montrent avec un surcroît d’évidence. «Le secret de l’Éternel», car il a un secret pour les oreilles de ceux qui l’écoutent, «est pour ceux qui le craignent», ses amis, auxquels il donne à connaître sa pensée. Faut-il s’étonner que Marie connût mieux cette pensée que Marthe ? Elle oignit d’avance le Seigneur pour sa sépulture [(Marc 14:8)] : elle avait la pensée du Seigneur quant à la scène qui se préparait. La Parole est toujours un préservatif contre de fausses prétentions à posséder la pensée du Seigneur ; [25:14] il n’en est pas moins vrai que le secret de l’Éternel est pour ceux qui le craignent. Quoique toutes choses semblent s’opposer à l’accomplissement de sa promesse assurée, ceux qui le craignent en prévoient cependant le résultat ; par la foi, ils comprennent qu’elle avance vers son accomplissement, et ils en verront enfin la pleine réalisation lorsque les voies de Dieu seront accomplies. C’est là une grande bénédiction ; cela donne, tout le long du chemin, une tranquillité et une paix qu’aucune autre chose ne pourrait procurer, parce qu’on possède la pensée du Seigneur. Ici se termine la seconde partie du Psaume.

 

1.23.3    [Ps. 25 v. 15-22 — L’âme regarde à Dieu et l’invoque sur tout, dans son intégrité]

1.23.3.1   [Ps. 25 v. 15-16 — Confiance en Dieu au milieu du mal, avec intégrité de cœur]

 

[25:15] En traversant le mal, l’âme ne se confie qu’en Dieu et en son amour fidèle : «Mes yeux sont continuellement sur l’Éternel, car c’est lui qui fera sortir mes pieds du filet». — Sur l’Éternel ! voilà le secret de tout. On regarde hors du mal et l’on se confie en Dieu, qui est au-dessus de tout mal. La connaissance du secret de l’Éternel n’est ni de l’insensibilité au mal présent, même lorsque ce mal nous affecte nous-mêmes, ni de la froideur à l’égard de l’intérêt que Dieu prend à nous (non seulement à la justice, quoiqu’il soit toujours juste, mais à nous-mêmes). [25:14] Le secret de l’Éternel, communiqué à ceux qui le craignent, [25:16] fait naître l’intimité et la confiance : «Tourne-toi vers moi, et use de grâce envers moi ; car je suis seul et affligé». Le cœur est vrai avec Dieu ; mais cela suppose l’intégrité, comme dans ce Psaume. Or, cette intégrité est en Christ, pour ceux qui sont vrais de cœur, quoiqu’ils confessent être, en eux-mêmes, les premiers des pécheurs, et que, dans leur chair, il n’habite aucun bien [(Rom. 7:18)].

 

1.23.3.2   [Ps. 25 v. 19-22 — Confiance du cœur en Dieu, qui ne sera pas confus, et pensée pour Son peuple]

 

[25:19] Le cœur peut raconter à Dieu toute l’hostilité de ses ennemis et laisser cela entre ses mains. [25:20] Ayant mis sa confiance en Dieu, il s’attend à ne pas être confus. Christ seul a dû, pour nous, éprouver le contraire ; mais une âme droite ne sera jamais confuse. Toutefois, le cœur du fidèle, malgré cette intimité avec Dieu et cette confiance en Lui, n’oublie pas son peuple (ici Israël ; pour nous, l’Église) (v. 22) ; il Lui est attaché, car c’est une conséquence nécessaire de cette intimité.

 

1.23.4    [Sentiments moraux du cœur, fondés sur la conscience de ce qu’est l’Éternel pour lui]

 

Je suis entré dans quelques détails sur les sentiments moraux dépeints dans ce Psaume ; mais il ne faut pas oublier que tous ces sentiments se fondent sur le fait que le cœur a la conscience intime de ce que l’Éternel est pour lui ; ce qui prédomine, c’est la pensée de l’Éternel ; elle est la source de toutes ces expériences.

 

1.24  Psaume 26

 

[26:1] Dans le Psaume 26 nous trouvons, comme je l’ai déjà dit, la conscience de l’intégrité plutôt que la confession des péchés ; [26:3] mais, comme dans le Psaume précédent, tout se rapporte à l’Éternel, à ce qu’il est et à l’attachement de l’âme à Lui. [26:4-5] Le fidèle en tire le principe de séparation d’avec les méchants ; [26:12] puis la joie finale dans son assemblée, lorsqu’il y aura délivrance complète des hommes de sang. L’esprit du Psaume 26 est cette intégrité qui a gardé l’âme séparée des pécheurs par ses propres affections, par son attachement à l’Éternel et par sa confiance en Lui, vis-à-vis de la puissance du mal. Or, pour le moment, et par rapport aux saints, les méchants sont toujours les plus puissants, parce qu’ils peuvent agir selon leur propre volonté, sans conscience et sans frein. [26:9] La conscience, en présence de l’Éternel, Lui demande de ne point assembler le juste avec les pécheurs, lorsqu’il interviendra en puissance. Elle compte là-dessus, par la foi. Telle est l’expression du chemin et des désirs d’une conscience intègre, en présence du mal.

 

1.25  Psaume 27

1.25.1    [Cœur confiant en Dieu et exercé quant au mal, sans crainte devant lui]

 

Le Psaume 27 nous montre un cœur confiant en l’Éternel, mais toutefois exercé devant Lui, en présence des manifestations extérieures du mal. Qu’y a-t-il de plus capable de produire la frayeur que l’angoisse d’esprit ? La confiance en songeant aux ennemis, et l’exercice du cœur en regardant à Dieu, réunis dans ce Psaume, me semblent très instructifs, quoique étranges au premier abord. La confiance n’est pas de l’indifférence ni de l’insensibilité ; elle produit de réels exercices du cœur avec Dieu ; même des exercices accompagnés de crainte, s’affirment par la confiance et la hardiesse en face de l’action hostile du mal. L’homme s’attendrait à de la crainte en présence de l’ennemi, et à de la confiance quand on est devant Dieu ; tandis que la grâce, lorsqu’elle agit dans de vrais exercices du cœur avec Dieu, inspire de la hardiesse en face de l’ennemi. Il existe une puissance réelle du mal. Le cœur bien enseigné la sent (d’une manière plus ou moins spirituelle) dans ses sources intérieures et sa réalité ; mais il la sent avec Dieu : il est alors en paix quant au résultat du conflit, et au milieu même de ce conflit. Ainsi Christ, dans l’exercice de son âme devant Dieu, suait comme des grumeaux de sang [(Luc 22:44)] ; mais il était parfaitement calme en présence de ses ennemis ; bien plus, la seule mention de son nom les fit reculer et tomber par terre [(Jean 18:6)]. Cela est plein d’instruction par rapport aux difficultés et aux peines de la vie chrétienne. Lorsque le cœur est exercé avec Dieu et devant Dieu, à l’égard de la puissance du mal, dont il a conscience, le mal même, quelle qu’en soit la puissance, est impuissant lorsqu’il apparaît, si nous admettons que l’exercice du cœur a été complet. «C’est ici votre heure», dit Christ, «et le pouvoir des ténèbres» [(Luc 22:53)]. Mais il avait senti tout cela avec Dieu, et, quant au fait même, il reçut la coupe de la main du Père, et non point de celle de l’ennemi qui, quant à Christ, n’avait nullement ce pouvoir.

 

1.25.2    [Ps. 27 v. 1-3 — L’Éternel, lumière et délivrance actuelle du saint]

 

Le Psaume 27 nous montre ces mêmes choses opérées, selon l’esprit de Christ, dans de simples hommes. [27:1] L’Éternel est, par la foi, la lumière du saint : Il éclaire tout ce qui l’entoure. Quoique les ténèbres et leur pouvoir soient là, il n’existe pas, pour l’esprit, de pouvoir des ténèbres ; elles dominent les ennemis, mais, de la part de Dieu, la lumière est dans le cœur du fidèle, et ainsi il marche dans la lumière. C’est une grande consolation ! Mais le Seigneur est plus que cela. Il est une délivrance actuelle. À la vérité, Dieu ne pouvait être cela pour Christ, avant qu’il eût bu la coupe ; mais Il est connu comme délivrance actuelle pour l’âme rachetée, au milieu de l’épreuve. La même révélation de l’Éternel qui donne la lumière, nous donne, dans cette lumière, l’assurance d’être délivrés ; je ne dis pas qu’elle nous fasse voir nécessairement la délivrance, car le moyen en peut être obscurci, mais elle nous en assure. Puisque l’Éternel est là, en lumière, il délivrera. Pour nous, c’est le Père, et quand il s’agit de gouvernement, le Seigneur ; mais dès que c’est Dieu Lui-même, évidemment il n’y a rien à craindre. Voilà ce qui est proclamé ici : [27:2] que l’on pense à ces méchants, sans conscience qui les réprime ; [27:3] ou bien à la guerre, cette scène de violence terrible, où la volonté de l’homme est déchaînée. Que le Seigneur soit là, il sera pourvu à tout.

 

1.25.3    [Ps. 27 v. 4-6 — État d’âme lié à la confiance en Dieu, trouvant toute sécurité en Lui]

 

N’oublions pas toutefois qu’il y a un principe ou un état d’âme important, lié à cette confiance et qui en est la base : [27:4] c’est d’avoir un œil simple et de ne désirer qu’une chose ; de regarder à l’Éternel, en n’ayant qu’un but : celui d’être avec Lui, en sa présence, là où il se trouve, et où on peut l’adorer, voir sa beauté et apprendre sa volonté et sa pensée. Mais cela est lié d’autre part à la confiance en sa bonté. [27:5] L’âme, sans défense en elle-même, sait que le Seigneur la mettra à couvert, au mauvais jour, dans sa loge. Là, qui pourrait lui nuire ou la troubler ? Quel amour nous trouvons en Dieu ! Quel intérêt il porte à ceux qu’il aime ! L’âme habite avec Lui, et elle habite en sûreté. Il ne s’agit pas ici d’une délivrance apparente, mais du secret de sa tente. Il est merveilleux de voir comment le Seigneur agit quand le mal est dans toute sa fureur et qu’en apparence il n’y a aucune ressource. L’âme n’en cherche pas ; elle se confie doucement et tranquillement en Dieu, et trouve toute sécurité en Lui. Le verset 6 compte sur la plénitude de la délivrance et des louanges dans la tente de l’Éternel, qui n’est plus un lieu secret, un asile caché, mais le lieu béni des louanges publiques.

 

1.25.4    [Ps. 27 v. 7-12 — Exercices de l’âme se confiant au Seigneur qu’elle connaît]

 

Dans les versets suivants, nous trouvons les exercices de l’âme avec Dieu, tandis qu’elle s’attend à Lui pour être secourue. [27:8] Le Seigneur avait dit : «Cherchez ma face», [27:9] et il ne pouvait pas la cacher. L’âme reconnaît la possibilité de la colère ; elle prie Dieu de la détourner et compte sur la grâce. Cela est bien important pour l’âme, car on s’attendrait à ce qu’elle ne se confiât en Dieu, qu’à condition qu’Il n’eût rien contre elle. Il n’en est pas ainsi : le cœur peut reconnaître qu’il devrait s’attendre à la colère, et néanmoins se confier en la grâce. [27:10] Il a connu un Seigneur secourable et s’attend à n’être pas abandonné d’un Dieu sauveur. Cette confiance est complète, plus complète encore que celle qui se fonde sur les liens les plus étroits selon la nature. Telle est, en effet, la confiance de celui qui connaît le Seigneur. Il a affaire avec Dieu seul, [27:11] il Lui demande de lui enseigner sa voie et de le conduire dans le sentier uni, parce que ses ennemis épient le moment où il s’écarterait du chemin. [27:12] La pression des ennemis était grande ; telle elle sera aussi pour les saints. Il y a une volonté de mal, de faux témoins, puis de la cruauté.

 

1.25.5    [Ps. 27 v. 13-14 — La bonté de l’Éternel comme seule ressource du cœur intègre]

 

[27:13] La bonté de l’Éternel, à l’exclusion de tout moyen humain, la bonté de l’Éternel dans son gouvernement, telle est la ressource du cœur. [27:14] En voici le résultat : «Attends-toi à l’Éternel», c’est Lui qui fortifie le cœur, «oui, attends-toi à l’Éternel». Voilà le secret de la force, au temps de l’adversité ; alors il n’y a rien à craindre. Nous, chrétiens, nous avons pu connaître l’amour d’un Père dans notre chemin comme ses enfants et les soins de Christ, le bon Berger ; mais le principe de notre confiance dans le Seigneur est le même. Il est remarquable combien toute idée d’une autre ressource ou d’une autre aide que celle de l’Éternel est absente de ce Psaume. C’est là ce qui maintient l’intégrité, car l’Éternel ne peut secourir autrement qu’en maintenant la droiture de cœur. Au milieu de la ruse de ses adversaires, l’âme ne connaît rien, ni les ressources, ni la force, ni la sagesse, ni les plans de l’homme ; rien, si ce n’est de chercher la face de l’Éternel [(27:8)]. Avec Lui, tout est réglé ; et ainsi, quant à l’homme intérieur, tout est vérité et intégrité. Désormais, c’est l’Éternel que les ennemis concernent ; tel est le secret de notre sécurité et de notre tranquillité dans l’épreuve. Sa grâce étant là, nous pouvons compter sur le Seigneur en tout temps. Si nous nous sommes égarés, avouons-le-Lui ; c’est un exercice vrai de l’âme en sa présence. Dans les rapports entre elle et Lui, il agit selon la vérité ; mais la grâce, et le secret de sa tente, et la délivrance qui en découle, sont la place de l’âme.

 

1.26  Psaume 28

1.26.1    [Cri du juste à l’Éternel, lien avec Lui par la foi]

 

Quoique l’Éternel soit le sujet principal du Psaume 28, comme de tous ceux dont nous nous occupons, [28:1] nous trouvons cependant ici un point spécial en ce qui concerne le juste : son cri à l’Éternel, ses supplications. En criant à Lui, le cœur entre en liaison avec le Seigneur. Le cri implique l’intérêt que le Seigneur nous porte ; cet intérêt nous l’avons pour point de départ ; il indique aussi que nous reconnaissons notre dépendance de Lui. Ainsi, le cri et la prière à Dieu sont importants ; ils indiquent l’état de l’âme. Nous pouvons désirer quelque chose du Seigneur, avoir foi en sa bonté qui aime à donner ; mais crier à Lui nous identifie avec Lui d’une manière avouée, même devant autrui. Dans ce Psaume, l’âme est au comble de la détresse, le puits du shéol est béant devant elle ; mais le principe est toujours vrai, même lorsque nous intercédons pour d’autres. Ici la foi se montre dans le cri, lorsque, à vue humaine, tout espoir est impossible. Cette liaison avec le Seigneur est clairement indiquée ici, [28:3] car nous y trouvons la raison pour ne pas être entraîné dans le jugement avec les iniques.

 

1.26.2    [Délivrance accordée à la confiance, attachant à Dieu et Le faisant connaître]

 

Au Psaume 26, c’était l’intégrité du saint dans ses voies [(26:1)] ; ici, c’est la liaison avec le Seigneur (constatée par le cri de l’âme vers Lui), qui est la sauvegarde du croyant en présence du jugement. [28:3-4] Et, quoique ce soit sur la méchanceté des ouvriers d’iniquité que se fonde l’attente de leur jugement, [28:5] toutefois il est déclaré que c’est leur mépris de l’Éternel qui est la cause de leur destruction. [28:7] Le juste s’est confié en Lui et a été secouru. Mais dans la délivrance que Dieu nous accorde, il y a plus, bien plus que le seul fait d’être délivré. C’est Lui qui nous a délivrés. Le cœur était attaché à Lui, regardait à Lui, l’adorait, croyait en Lui, et il ne nous a pas fait défaut. Que cela est vrai, et combien cela attache, tout de nouveau, le cœur à Lui : «En lui mon cœur a eu sa confiance, et j’ai été secouru ; et mon cœur se réjouit, et je le célébrerai par mon cantique». S’attendre ainsi au Seigneur, avec confiance, c’est entrer réellement dans son caractère et s’y conformer ; c’est l’estimer, l’honorer et y trouver ses délices, dans l’assurance que ce caractère ne peut changer ; c’est apprécier le Seigneur ; or, quiconque apprécie une chose moralement excellente, y est conforme, toutefois d’une manière dépendante.

 

1.26.3    [Attente de la délivrance de la part de quelqu’un de connu dans sa perfection]

 

J’ai un ami, d’un caractère noble, fidèle et dévoué ; je me trouve dans des circonstances où tout s’oppose à la probabilité, ou même à la possibilité qu’il me vienne en aide ; cependant, je suis certain qu’il me secourra ; je compte avec affection sur ce qu’il est. Évidemment mon appréciation n’a pas changé. Je le considère comme supérieur à toutes les circonstances, et gouverné par sa propre perfection. C’est là-dessus que je compte, c’est cela que j’apprécie. Quelles que soient les circonstances, mon cœur est avec le sien, appréciant sa conduite, quoique dans le chemin de la dépendance ; et son cœur est avec le mien. Lorsqu’il a agi, je me réjouis en lui, je me réjouis de la juste appréciation que j’avais faite de mon ami ; je le connaissais bien, je connaissais ce qu’il est ; je me réjouis en sa perfection, à laquelle je m’attendais comme à une chose certaine, supérieure à toutes les circonstances. Son intervention m’a prouvé qu’il s’intéressait à moi. De même, lorsque Dieu délivre le chrétien, comme lorsqu’il délivrera le Résidu dont parle ce Psaume, ils peuvent dire : «Voici, c’est ici notre Dieu, nous l’avons attendu» [(És. 25:9)].

 

1.26.4    [Exemple d’un homme dont le cœur s’est confié en Dieu et qui se réjouit en Lui]

 

C’est bien la même pensée que nous voyons chez Job, à travers sa coupable irritation. Il compte sur Dieu, il sait ce que Dieu serait et ferait pour lui, s’il pouvait le trouver. [28:7] Le Psaume 28 nous montre donc un homme dont le cœur s’est confié en celui de Dieu, a trouvé ce cœur et se réjouit en lui, qui a réellement honoré Dieu, quoique seulement en s’attendant à Lui dans une confiance inébranlable. Il trouve la satisfaction dans ce qu’est son puissant ami, et dans son amour. Il se réjouit de la délivrance, car il a souffert, il a été opprimé dans sa faiblesse ; mais il se réjouit, en trouvant les délices de son cœur dans son libérateur. Il possède un ami qui lui a formé le cœur d’après sa propre excellence, qui l’a formé pour se confier en elle.

 

1.26.5    [Même principe chez le chrétien, de manière plus calme]

 

Tout cela se trouve aussi dans le chrétien, mais d’une manière plus calme, parce qu’il est mieux instruit dans les choses célestes, qu’il connaît Dieu d’une manière plus parfaite, qu’il a moins d’anxiété touchant les choses d’ici-bas et qu’il ne regarde pas aux choses visibles. Mais le principe est le même.

 

1.27  Psaume 29

1.27.1    [Engagement à rendre gloire à l’Éternel et à Son nom révélé]

 

Le Psaume 29, envisagé au point de vue suivant lequel nous étudions maintenant les Psaumes, ne donne pas lieu à beaucoup de remarques. [29:1] Il engage les puissants de la terre à reconnaître l’Éternel et à Lui donner gloire, [29:2] à Lui rendre l’honneur dû à son nom. Je désire seulement faire remarquer la liaison qui existe entre cela et le culte ; il s’agit de rendre honneur à l’Éternel dans son temple, là où il a placé son nom. Son nom a été révélé ; la gloire est due à son nom, c’est-à-dire à Lui-même comme ayant été révélé ; son nom est à la fois la révélation de Lui-même, et de sa relation avec son peuple. C’est dans son temple qu’il a placé son nom, de manière à former un centre d’association et un lieu révélé de culte. Ainsi, tandis que sa voix proclame la majesté de ce nom, ceux qui le connaissent sont rassemblés, par ce nom même, comme centre d’une commune adoration. La gloire du nom de l’Éternel est révélée et prouvée par le contenu des derniers versets. [29:10] «L’Éternel s’assied sur les flots» ; il domine et dirige, en vue de ses propres desseins, les mouvements tumultueux de la masse des peuples. Il siège aussi comme roi éternellement. Comme il est au-dessus des soulèvements des hommes, ainsi il préside à jamais dans un gouvernement sûr et inébranlable.

 

1.27.2    [Domination de l’Éternel sur toutes choses, et bénédiction de Son peuple]

 

Mais, outre cela, l’Éternel est en rapport avec son peuple ; il lui donne la force, il le bénit en paix. Le vers. 10 exprime la possession de la puissance sur toutes choses et en Lui-même ; le vers. 11 annonce ce qu’il est pour le peuple. [29:1] C’est, d’une part, l’invitation adressée aux fils des forts de la terre de connaître l’Éternel, [29:11] d’autre part la bénédiction assurée d’Israël.

 

1.28  Psaume 30

1.28.1    [Joie découlant de la délivrance supérieure à la bénédiction de la prospérité]

1.28.1.1   [L’âme éprouvée et guérie jouit de ce que Dieu est pour elle, plutôt que des circonstances]

 

La grande vérité contenue dans le Psaume 30 est d’un profond intérêt pratique : c’est que la joie qui découle de la délivrance accordée par le Seigneur (ici par l’Éternel), est plus grande, plus profonde, que les bénédictions de la prospérité, alors même que cette prospérité est reconnue comme venant de Dieu. Il se peut que la délivrance s’applique à des afflictions produites par nos fautes ; ce sera certainement le cas du résidu juif, mais elle n’en est pas moins pleine et entière, et lorsque le péché, ou le mal, sont pleinement reconnus, la restauration et la bénédiction sont absolues dans la communion avec Dieu. Le pardon, ou la pensée du pardon dans une âme qui n’est pas guérie, peuvent être accompagnés de regrets. Quand l’âme est guérie, elle apprend assurément à juger le mal, à être pleine d’humilité, s’il a dû y avoir jugement ; à avoir toujours plus de tendresse délicate et de grâce pour les autres ; mais, la guérison étant complète, l’âme entièrement éprouvée n’aura pas de regrets, parce qu’elle sera exclusivement remplie de ce que Dieu comme tel est pour elle. Elle aura la chair en horreur ainsi que les principes qui l’ont conduite au mal ; mais, si le mal est réellement haï, on sera délivré de l’horreur que le moi inspire et la paix régnera dans l’âme. Il est vrai que le Psaume 30 ne poursuit pas ces pensées aussi loin ; il s’occupe des circonstances extérieures, de la main de Dieu qui s’appesantit sur l’âme à cause du péché, plutôt que du péché qui y a donné lieu ; mais il les présente comme étant des effets de la colère de Dieu, et par suite comme exprimant la colère ou la faveur de Dieu ; et c’est à cela que l’âme s’arrête. Elle avait été dans la prospérité, et l’avait attribuée à Dieu, mais elle fondait sur les circonstances l’assurance de son bonheur, quoiqu’elle les considérât comme lui ayant été accordées par Dieu.

 

1.28.1.2   [Le repos dans la bénédiction, même venant de Dieu, s’adresse au moi]

 

En agissant ainsi et tout en reconnaissant Dieu comme Celui qui donne et qui assure la bénédiction, l’âme se reposait sur la bénédiction et sur une bénédiction qui, au lieu de délivrer du moi, s’adressait à lui.

 

1.28.2    [Faveur de l’Éternel considérée dans ses effets plutôt qu’en elle-même]

 

[30:6-7] «Je ne serai jamais ébranlé. Éternel ! par ta faveur tu as donné la stabilité et la force à ma montagne». Quoiqu’il puisse, dans ce cas, y avoir de la piété, cela pourrait facilement dégénérer en : «C’est ici le temple de l’Éternel, le temple de l’Éternel» (Jér. 7:4). Ce Psaume suppose, du reste, une piété vraie. Seulement il est dit : La faveur de l’Éternel avait donné une force stable à ma montagne, au lieu que cette faveur elle-même fût considérée comme la bénédiction.

 

1.28.3    [Épreuves pour que l’âme apprenne à éprouver la faveur divine et en jouir]

 

[30:7] L’Éternel cache sa face, et tout aussitôt l’âme sent ce qu’est la dépendance directe de Dieu ; elle cherche Sa bénédiction immédiate. Les châtiments et les épreuves qu’entraînent les fautes, surviennent, et alors l’âme éprouve que la faveur divine elle-même est la bénédiction dont elle a besoin ; ce que l’Éternel est Lui-même devient la source de la joie. Le fait que sa colère est sur le peuple est senti ; non pas seulement les circonstances dans lesquelles cette colère s’exprime, mais le fait même que l’Éternel cache sa face à cause du péché. L’âme est amenée, quoique par l’angoisse et la détresse, dans une relation immédiate avec Dieu. Elle est amenée à considérer le «moi», non point comme un objet digne d’être cultivé, centre de sa propre bénédiction, mais comme étant pécheur, et elle a besoin de la faveur de Dieu. Ainsi est produite, par grâce, une œuvre douloureuse, mais extrêmement utile et importante, lorsque ce jugement de soi-même est opéré au-dedans de l’âme, de manière à produire l’intégrité spirituelle. La faveur de l’Éternel luit sur elle, on en jouit. Dès lors cette faveur elle-même est devenue la bénédiction, et la délivrance l’accompagne, au temps qui convient à Dieu. On entre ainsi, avec une sainte adoration, dans la vraie nature de Dieu ; on ne le considère plus seulement comme un Dieu qui est utile à l’homme en le bénissant. [30:1] Dans cet état, l’ennemi ne se réjouit plus à propos de nous [30:2] et l’âme elle-même est guérie. Nous voyons que si Dieu montre ainsi sa colère, ce n’est qu’afin d’instruire et de discipliner les saints pour un moment ; et alors étant purifiés, ils jouissent ainsi plus pleinement de Lui. Littéralement ce Psaume s’applique au résidu juif, délivré au moment où il est arrivé jusqu’au bord du sépulcre ; mais, pour eux aussi, le vrai travail d’âme est avec Dieu.

 

1.28.4    [Différents états d’âme des saints, vis-à-vis du moi]

1.28.4.1   [L’innocence, état d’une âme jouissant de son salut, mais sans combat intérieur]

 

Je dirai encore quelques mots sur différents états d’âme, dans lesquels les saints peuvent se trouver actuellement et dont ce Psaume fournit l’occasion de parler. Il y a d’abord ce qu’on peut appeler comparativement l’innocence ; c’est l’état d’une âme convertie qui ne connaît pas la corruption et n’a pas de grands combats intérieurs. Dans ce cas-ci, on jouit de la grâce du pardon et l’âme est heureuse dans la connaissance de la bonté et de l’amour de Dieu, son Sauveur. Une telle âme en marchant tout près de Dieu, peut arriver à se juger véritablement et acquérir une profonde connaissance de Dieu. Autrement l’âme est superficielle, on a peu de connaissance de son propre moi, comme homme en la chair ; la séparation de la sphère charnelle, du monde, sous son aspect aimable, est peu mise en pratique.

 

1.28.4.2   [Connaissance du moi amenée par le péché et le pardon connus]

 

Vient ensuite l’état d’une âme qui, ayant péché, a passé par des exercices plus profonds, et se trouve amenée ainsi, d’une manière humiliante, à la connaissance du moi. C’est plutôt ce dernier cas que nous voyons dans le Psaume 30. Alors le pardon peut être connu et c’est un repos. Mais s’il y a eu de la légèreté ou de la bassesse vis-à-vis de Dieu, on a une certaine honte du péché, et l’on manque de cette libre confiance vis-à-vis de Dieu qui se montre naturellement quand on jouit de Lui. Cette confiance est alors plus difficile à trouver. Mais dans ce cas, le moi n’est certainement pas mis de côté.

 

1.28.4.3   [Jugement réel du moi, mis de côté pratiquement, en relation avec Dieu]

 

Un troisième état d’âme, c’est lorsque la racine qui a produit le mal est réellement jugée, c’est-à-dire non seulement le mal lui-même, mais son point de départ, et que le moi est ainsi mis de côté en pratique. Alors la faveur divine est tout. Le cœur est intègre devant Dieu, et, quoique humble, plein de hardiesse vis-à-vis des hommes. Il a la conscience d’un lien entre lui et Dieu : la faveur divine ; il connaît Dieu comme étant moralement à l’unisson avec lui, comme son soutien véritable et sa force. Le présent, non point le passé, est alors la place du cœur avec Dieu.

 

1.29  Psaume 31

1.29.1    [Confiance en l’Éternel, révélé et connu, dans l’angoisse, cause du péché]

 

[31:1] Le Psaume 31 exprime une confiance absolue en l’Éternel — Dieu connu dans notre relation avec Lui — quand on traverse les phases les plus terribles de l’épreuve et de l’angoisse, et quand c’est le péché qui en a été la cause ; toutefois, lorsque la foi est à l’œuvre, on compte sur le nom connu de Dieu et, par conséquent, sur sa justice en le faisant valoir comme tel. Ce n’est pas que l’on compte avec orgueil sur Dieu ; mais que l’on se confie en l’Éternel à cause de ce qu’il est Lui-même — à cause de son nom (vers. 3) — mais en confessant pleinement qu’on a failli et que c’est le péché qui a amené l’angoisse sur celui qui crie à l’Éternel [(31:9-10)]. C’est moins la confession de l’iniquité elle-même, que la reconnaissance du fait que l’épreuve, du milieu de laquelle on crie à Dieu, est due à l’iniquité. Mais, étant à l’extrémité, l’âme est poussée à s’adresser en confiance à Dieu, selon la révélation qu’il a faite de Lui-même.

 

1.29.2    [Confiance et abandon à l’Éternel connu personnellement, même dans l’affliction]

 

Le caractère particulier de ce Psaume est la confiance et l’abandon de sa cause entre les mains de l’Éternel, parce qu’on le connaît personnellement. Une telle connaissance du Seigneur, une telle foi en ce qu’il est Lui-même, que l’âme peut se confier en Lui, et tout Lui remettre, quand la détresse et l’hostilité des hommes sont à leur comble, c’est là un principe profond de la vraie piété ; et, de plus, c’est un principe de parfaite justice, parce que l’âme ne peut regarder ainsi à Dieu que dans un état de justice. [31:7] L’Éternel est connu comme ayant considéré la détresse de l’affligé ; il a connu son âme au milieu de l’adversité. Les souffrances ne signifiaient pas que Dieu abandonnât celui qui souffrait ; au contraire, Dieu connaissait et suivait l’âme de l’affligé ; son cœur l’approuvait, il pensait à elle au milieu des circonstances difficiles ; et, quoique coupable, l’affligé regarde à l’Éternel à travers la souffrance, comme étant approuvé par Lui. Il accepte la punition de son iniquité, [31:14] mais dans ce sentiment de justice se confie en l’Éternel ; et dans cet esprit, dans ce qui est parfait en principe, il s’en remet entièrement à l’Éternel ; il sait que tout est dans sa main ; il est content qu’il en soit ainsi (v. 15). [31:16] Aussi dit-il : «Fais luire ta face sur ton serviteur» ; [31:17] et il compte, puisque Dieu se montre favorable pour lui, ne pas être confus, non plus que ceux qui se confient en l’Éternel. [31:19] Il a mis en réserve sa bonté pour ceux qui le craignent, et qui se confient en Lui devant les fils des hommes. [31:20] Sa présence est un sanctuaire sûr et infaillible qui rend impuissantes toutes les entreprises de la malice des hommes. [31:22] L’affligé admet que, sous l’extrême pression de l’angoisse, il avait dit un moment qu’il était retranché de devant Dieu ; néanmoins la foi s’était montrée dans l’appel qu’il faisait à l’Éternel et il avait été exaucé. [31:23] L’Éternel garde les fidèles, [31:24] de sorte que les saints peuvent l’aimer et avoir bon courage en toute circonstance.

 

1.29.3    [État d’âme particulier donnant une intime et profonde confiance en Dieu]

 

Il n’est pas dit que chacun ait à traverser des afflictions semblables à celles que décrit notre Psaume ; mais lorsqu’elles sont la part du croyant, elles lui donnent beaucoup d’intimité et de confiance. Ce qu’est un Dieu connu, et le cri résultant de la foi en ce qu’il est, voilà le fond de ce Psaume. Je ne dirais pas que ce soit l’exercice le plus brillant de la foi ; on le trouvera plutôt dans l’épître aux Philippiens, heureuse expression de l’expérience normale du chrétien ; ce n’est pas non plus l’exercice le plus fréquent ; mais Dieu, dans sa riche miséricorde, a, dans sa Parole, prévu chaque besoin et pourvu à chaque position. L’état d’âme, décrit dans ce Psaume, est une intime et profonde confiance en Dieu, très exercée, mais apprise seulement à travers une détresse qui était nécessaire.

 

1.30  Psaume 32

1.30.1    [Ps. 32 v. 1-2 — Bénédiction de l’âme renouvelée, consciente que son péché est pardonné]

1.30.1.1   [Abolition de toute culpabilité et pardon des péchés, et purification du cœur]

 

Mais, au milieu de tous les exercices de cœur qui appartiennent à une âme renouvelée dans ses difficultés ici-bas, il est un point qui est le centre de tout, un besoin pour lequel à la fois le cœur et la conscience désirent ardemment une réponse ; c’est la relation de l’âme avec Dieu, lorsqu’elle pense à son péché devant Lui. Elle a besoin de confiance pour l’épreuve, de délivrance, et de secours. Elle est soutenue par des promesses, et le cœur et la volonté sont soumis aux voies de Dieu. Mais au-dessus de tout, l’âme a besoin de réconciliation avec Lui, de la lumière sans nuage de sa présence ; [32:1] quant à son propre état, elle a besoin de pardon et d’absence de culpabilité. [32:2] L’entière abolition de toute culpabilité devant Dieu et son pardon complet sont liés ici, d’une manière admirable, avec la purification du cœur et de l’homme intérieur, toute fraude étant ôtée par la confession des péchés actuels. Mais l’âme commence, ainsi qu’elle le doit, avec Dieu, et trouve sa satisfaction dans les pensées de Dieu à son égard. Cela est juste. C’est seulement ainsi que le cœur peut être réellement purifié, que le péché est envisagé sous son vrai jour, et que Dieu a sa vraie place, choses sans lesquelles rien n’est en ordre. [32:1] Cependant c’est la conscience d’être pardonné qui agit d’abord sur l’âme, après que la conviction et l’affliction à cause du péché ont été opérées, et que l’âme a été amenée à le confesser : «Bienheureux celui dont la transgression est pardonnée». Il a péché contre Dieu, il a transgressé ; tout cela est parfaitement pardonné. Mais c’était le péché devant Dieu et le mal, une chose haïssable aux yeux de Dieu, et qui l’est maintenant pour l’âme elle-même. Ce péché est expié, couvert ; la propitiation a été faite. [32:2] Ensuite l’état actuel de l’âme est présenté d’une manière absolue : L’Éternel n’impute point l’iniquité, et maintenant le cœur tout entier est ouvert devant Dieu ; il ne s’y trouve point de fraude ; comment y en aurait-il quand tout est mis à nu devant Dieu, que tout est mis en règle, et que le péché est entièrement ôté de devant ses yeux ? Quelle bénédiction que d’avoir la lumière parfaite de Dieu brillant sur une âme sans souillure ! Je ne dis pas : «sur une âme innocente», ce qui serait une bénédiction bien inférieure. En effet, la lumière parfaite n’est pas appropriée à l’état d’une âme innocente, tandis qu’il est infiniment précieux, quand on connaît le bien et le mal, et quand on sait ce qu’est la lumière, en contraste avec les ténèbres, d’en être illuminé, étant soi-même aussi blanc que la neige. Je ne nie pas qu’il s’agisse plutôt ici d’une relation personnelle avec Dieu, relation dont je vais m’occuper ; mais, pour le chrétien, cette relation est la conséquence du pardon connu, du fait que le péché est couvert et qu’il n’est point imputé. Maintenant cette relation existe assurément sur le pied de la foi, mais la chose n’en est pas moins réelle pour cela. Ce Psaume détaille aussi les voies de Dieu pour amener l’âme à l’état dont nous venons de parler, et ses voies après qu’elle y a été amenée. La volonté orgueilleuse qui se refuse à confesser les fautes ne trouve aucun repos (quelle grâce, que l’âme soit ainsi poursuivie !) mais l’âme réconciliée et en communion est guidée par Lui de la manière la plus intime et entourée de ses soins au milieu de l’épreuve.

 

1.30.1.2   [Conscience que le péché est ôté de devant Dieu, non imputé par Lui]

 

Ce Psaume est donc l’expression de la bénédiction dont l’âme a la conscience dans le sentiment qu’elle est pardonnée. Quelle douceur d’être dans la pleine lumière de la faveur de Dieu, dans le sentiment que son amour a été en activité à notre égard ! Le fait que cette faveur est imméritée n’est pas le plus vif sujet de notre joie, mais lui donne une grande profondeur, parce que c’est Dieu Lui-même qui pardonne. Ensuite il y a la conscience que le péché a été ôté de devant Dieu ; c’est une immense bénédiction. Qu’elle est douce la pensée qu’aucun péché n’apparaît plus devant la face de Dieu ! Mais il y a de plus cette conscience bien nette, non pas qu’il n’y avait pas de péché, mais que Dieu n’en impute aucun ; que c’est de sa part, une décision déterminée, arrêtée : Il ne l’impute pas. On est bien loin de nier le péché ; ce serait de la fraude. Dans ce verset 2, ce sont moins les sentiments qui sont en jeu, que la certitude judiciaire de cette non-imputation du péché ; chose nécessaire pour produire la vérité dans l’homme intérieur. Ceci se rattache à la confession.

 

1.30.1.3   [Confession du péché sans atténuation, qui n’est alors pas imputé par Dieu]

 

Le verset qui nous occupe parle de la droiture non seulement en paroles et de confession, mais d’esprit. Il y a la vérité dans l’homme intérieur : l’âme n’a aucun désir de pallier ou de se cacher à elle-même le mal ; elle se place elle-même devant le pardon, devant la non-imputation, c’est-à-dire, qu’elle reconnaît son péché, au lieu de chercher à l’atténuer. On voit le péché selon la vérité et, à cause de cela, le péché n’est pas imputé. [32:2] Or, la phrase est absolue et générale : «à qui l’Éternel ne compte pas l’iniquité». C’est ici la condition absolue de l’individu ; ce n’est pas seulement que son iniquité, sa faute particulière lui est pardonnée, quoique cela aussi soit vrai, mais c’est la non-imputation absolue de toute iniquité quelconque. Au jugement de Dieu, cet homme existe devant Lui comme n’ayant aucun péché. Alors mon cœur est ouvert et libre devant Dieu. J’ai la conscience de cela et je regarde vers Lui comme acquitté de tout péché, ayant la certitude qu’il n’en voit aucun sur moi. Par conséquent, il n’y a aucun nuage, rien à cacher. Toutefois ceci n’a lieu que si la confession a été faite. La non-imputation absolue, c’est le jugement actuel que Dieu porte sur moi, c’est la manière dont il me considère. Il ne voit point de péché, il n’en existe aucun entre moi et Lui. Mais, pour arriver à la conscience de cette précieuse vérité, il a fallu la confession. Jusque-là, Dieu appesantissait sa main sur l’âme, afin de l’obliger à confesser son péché. Quelle grâce de Dieu, de veiller ainsi sur une âme, et aussi sur une âme égarée, pour l’amener à Lui ! Celui qui parle dans ce Psaume a été amené, par grâce, à reconnaître le péché devant Dieu, sans chercher à l’excuser ; en lui donnant son vrai caractère, avec un esprit réellement sans fraude, quelque humiliant que cela puisse être.

 

1.30.2    [Ps. 32 v. 5 — Confession des transgressions, tout étant alors réglé et pardonné]

1.30.2.1   [Confession des péchés revenus en mémoire, ce qui règle tout]

 

Tout cela est important moralement. Mais il y a plus : «Je confesserai mes transgressions» (v. 5). Ses actes eux-mêmes lui reviennent en mémoire ; [32:5] il prend la résolution de confesser ses transgressions, et tout est en règle : L’Éternel «a pardonné l’iniquité». 1 Jean 1 applique cela au chrétien, car nous aussi, nous ne pouvons dire que nous n’avons pas de péché, et nous confessons nos péchés [(1 Jean 1;8-9)].

 

1.30.2.2   [Cœur mis au large par la confession, ouvert à Dieu par la grâce]

 

Il est très instructif de voir ici le rapport entre l’absence de tout péché sur la conscience, et l’absence de fraude dans le cœur, parce que celui-ci a été entièrement mis au large en vertu de la non-imputation dont il a connaissance. Le cœur ne peut être mis au large autrement ; mais il y est amené selon la vérité par la confession, et à la confession par la confiance. C’est seulement ainsi que le cœur est ouvert à Dieu, par le moyen de la grâce, c’est ainsi qu’il y a vérité dans l’homme intérieur [(51:6)] (bien que nous soyons contraints de nous humilier quant à notre propre volonté), par le pardon manifesté dans cette promesse : «Il y a pardon auprès de toi, afin que tu sois craint» [(130:4)].

 

1.30.3    [Ps. 32 v. 6 — La révélation de Dieu Le fait désirer et rechercher de l’âme fidèle]

 

[32:6] Cette révélation de Dieu éveille chez tous ceux qui sont droits de cœur et chez les débonnaires la pensée et le désir de regarder à Lui au temps où il se révèle Lui-même comme le Dieu qui pardonne : tandis qu’on le trouve. Ainsi, pour Christ lui-même, il est parlé en Ésaïe 49:8, du temps agréé. Quand il eut été trouvé parfait, c’est-à-dire parfaitement éprouvé devant Dieu, Christ fut exaucé, car il avait été fait péché. L’apôtre commente ainsi ce passage : «Voici c’est maintenant le temps agréable ; voici c’est maintenant le jour du salut» [(2 Cor. 6:2)]. La révélation du pardon et la joie d’une pareille relation avec Dieu, font que l’âme des saints le désire et se réjouit en un tel Dieu ; aussi le chercheront-ils. En supposant qu’ils n’aient pas le sentiment de péchés actuels, ils savent toutefois qu’ils sont des pécheurs ; et Dieu est ainsi révélé sous un caractère qui fait leurs délices ; et leur âme s’attache à Lui. Ils le cherchent, non pas simplement pour trouver le pardon ; car ils sont présentés ici dans leur caractère de débonnaires, de gens pieux ; mais c’est Dieu Lui-même qui attire leur cœur, un Dieu qui pardonne, qui a ce caractère-là et ces voies-là. Et, remarquez-le, Dieu agissant ainsi, Dieu étant ainsi révélé, c’est le temps où on le trouve. Cette relation entre la piété du cœur, la bienveillance de Dieu et la puissance d’attraction qu’elle exerce, est fort belle, et l’effet en est profond dans une âme pieuse. Il faut qu’il y ait le sentiment du besoin, de la dépendance, et celui du besoin de la grâce, comme telle, dans le caractère tout entier de notre relation avec Dieu. Mais il y a, en même temps, une profonde réalisation de la grâce parfaite et divine, de l’amour, comme aussi de la bonté souveraine des voies de Dieu en tout cela ; cette réalisation est proportionnée à la piété, quand la conscience n’est pas mauvaise. Heureux dans cette bonté, nous sentons que cette grâce nous sied et sied à Dieu ; sommes-nous pieux, elle nous attire à Dieu. Aussi nous trouvons là un abri certain, quoi qu’il advienne.

 

1.30.4    [Ps. 32 v. 6-7 — Sentiment du pardon offert par Dieu, qui attire et met à l’abri]

 

En l’appliquant au Résidu, ce principe est très clair. Israël, les Juifs ont été profondément coupables sous tous les rapports. Dieu offre le pardon, comme on le voit dans ce Psaume, ainsi que partout dans Moïse et les prophètes. [32:5] La chose est sentie ; c’est ainsi que Dieu se révèle ; le Résidu pieux est touché de cette grâce ; les péchés sont confessés, sans doute, [32:6] mais les cœurs des fidèles sont attirés vers Dieu et le cherchent. Quand le débordement des jugements survient, ils sont mis à l’abri (vers 6). Dans tous les cas, l’âme qui connaît ainsi la bonté, peut compter sur Dieu. [32:7] Dieu Lui-même ainsi connu, est son asile. À la fin, les chants de délivrance seront sa portion (v. 7).

 

1.30.5    [Ps. 32 v. 8-11 — Promesses pour la marche]

1.30.5.1   [Ps. 32 v. 8 — Dieu nous guide dans le chemin qui est le sien]

 

Ensuite viennent des promesses. Nous avons à traverser un désert où il n’y a point de chemin ; [32:8] mais au milieu des pièges de toute espèce, et du danger de faire fausse route, Dieu nous guide et nous enseigne. L’œil du Seigneur est sur nous et nous dirige. Il ne se contente pas de nous tracer le chemin, puis de nous y laisser seuls ; non, Lui-même nous surveille et nous conduit dans le chemin qui Lui agrée, et qui est le fruit de sa sagesse, un chemin divin pour nous. C’est Dieu Lui-même qui nous est présenté ici : la bonté de Dieu, la direction de Dieu, l’intérêt que Dieu prend à nous pour nous pardonner au besoin, pour nous guider avec l’œil toujours vigilant de l’amour. Mais cela suppose que nos cœurs sont attentifs à l’œil de Dieu. Le chemin consiste à faire attention à Lui et à suivre son regard avec intelligence. Ainsi l’âme est enseignée intérieurement dans ce qui est agréable au Seigneur et formée d’après Lui en connaissance. Ce principe est largement développé dans le Nouveau Testament (Phil. 1:9-11 ; Col. 1:9-10 ; 3:10 ; Éph. 4:24) ; même Moïse dit : «Si j’ai trouvé grâce à tes yeux, fais-moi connaître… ton chemin, et je te connaîtrai afin que je trouve grâce à tes yeux» (Ex. 33:13).

 

1.30.5.2   [Marche avec intelligence spirituelle, et joie en Dieu qui en découle]

 

C’est la connaissance spirituelle de la voie de Dieu, acquise sous sa conduite, et la communion avec Lui, fondée sur sa faveur. [32:9] Aussi sont-ils avertis, de ne pas être comme des animaux sans intelligence qui ont besoin d’être conduits par des moyens extérieurs. Il se peut que Dieu doive nous conduire ainsi, et il le fait quelquefois en grâce, par sa providence ; mais dans ce chemin, il n’y a point d’intelligence spirituelle, pas d’assimilation morale à sa nature, pas d’accroissement de la jouissance de notre nouvelle nature en Lui, ni d’accroissement de capacité pour connaître Dieu. Le résultat de ce qui précède est indiqué aux deux derniers versets dans les voies judiciaires de Dieu. [32:11] Seulement il faut bien remarquer que c’est en l’Éternel Lui-même, que l’âme est appelée à se réjouir, non pas dans les conséquences, [32:10] quoique la bonté environne ceux qui se confient en l’Éternel. Dieu, Lui-même, connu par le pardon, connu par sa bonté toujours accessible, comme un sûr asile de l’âme, comme celui qui la guide de ses soins et de son œil, [32:11] c’est ce Dieu en qui l’âme, ainsi enseignée, est invitée à se réjouir. Paul dit, de même : «Réjouissez-vous toujours dans le Seigneur ; encore une fois, je vous le dirai : réjouissez-vous» [(Phil. 4:4)]. Nous nous glorifions en Dieu, par notre Seigneur Jésus Christ, par lequel nous avons obtenu la réconciliation [(Rom. 5:11)]. Il remplit l’âme et Il est au-dessus de tout.

 

1.31  Psaume 33

1.31.1    [Louange et recherche des principes selon Dieu, qui gouverne tout, suite au pardon]

 

Je n’ai que quelques principes à indiquer en parlant du Psaume 33. Tous les Psaumes, jusqu’à la fin du 39, décrivent l’état moral du résidu juif aux derniers jours. Je dis : son état moral, plutôt que sa condition sous l’oppression de l’ennemi ; l’idée du pardon donne en général à ces Psaumes une couleur plus brillante, quoique le sentiment de la condition du Résidu s’y trouve aussi comme ailleurs. Le Psaume 33 fait suite au dernier verset du 32ème. [33:3] La pensée du pardon ayant mis un nouveau cantique dans la bouche de celui qui parle, il peut, [33:4] avec une confiance plus éclairée et en regardant à la parole et aux œuvres de Dieu, [33:5] rechercher les principes d’après lesquels les hommes devraient agir. [33:6-7] La terre est considérée comme étant sous le regard et la direction de Dieu : Son gouvernement s’exerce sur elle. Cette vérité qui sera pleinement manifestée à la fin, s’applique aussi au côté inférieur de la vie chrétienne (comparez Psaume 34:12-16 ; 1 Pierre 3:10).

 

1.31.2    [Gouvernement de Dieu selon les principes de Sa volonté]

 

Nous trouvons ici quelques principes généraux : [33:4] L’œuvre de l’Éternel «est avec vérité». Je puis, avec toute assurance, compter qu’Il agira d’après les principes connus de sa sainte volonté ; par conséquent sa parole, qui est essentiellement juste, peut me juger maintenant ; c’est là toujours un principe important. Sans le faire publiquement et d’une manière visible, le Seigneur gouverne toutes choses ; ainsi je puis agir d’après sa parole et être sûr des conséquences. Je puis, sans doute, souffrir pour Christ ; c’est une bénédiction encore meilleure ; mais, agir selon la parole de Dieu, aura la bénédiction pour résultat.

 

1.31.3    [Puissance divine en création, et bénédiction du peuple choisi de Dieu]

 

Depuis le verset 6, la puissance de la Parole est montrée dans la création. [33:8] La terre devrait craindre l’Éternel : [33:9] «car il a parlé et la chose a été» ; [33:10-11] et encore : «Il dissipe les conseils des hommes, mais son conseil subsiste à toujours». [33:12] Puis vient un autre principe : la bénédiction d’être le peuple choisi de Dieu, d’être son héritage. Il s’agit d’Israël ; cependant la foi doit marcher maintenant selon la puissance de ce principe. «Revêtez-vous donc, comme des élus de Dieu, saints et bien-aimés» [(Col. 3:12)]. Nous ne sommes pas l’héritage de Dieu, mais ses héritiers ; toutefois la hauteur de notre position, plus élevée que celle d’Israël, ne détruit pas le principe en lui-même, quoiqu’elle lui donne une application plus profonde. Nous avons à traverser le monde comme les élus de Dieu, et c’est là une position extrêmement précieuse. Nous sommes élus selon la préconnaissance de Dieu, le Père [(1 Pier. 1:2)] ; mais nous marchons dans la conscience d’être les élus de Dieu. Il dirige et forme tous les cœurs (v. 15). Quelle chose à savoir quand j’ai affaire avec les hommes ! Il fait que toutes choses ensemble concourent à mon bien. Ainsi, tandis que toute force humaine n’est que néant, je puis m’attendre au Seigneur avec une pleine confiance. Son œil aussi ne se retire jamais de dessus moi (voir Job 36:7).

 

1.32  Psaume 34

1.32.1    [Ps. 34 v. 1-10 — L’Éternel trouvé comme secours dans l’épreuve et l’affliction]

 

Le Psaume 34 va plus loin. Il traite, de la manière la plus admirable, le sujet de l’affliction et de l’épreuve. L’Éternel Lui-même, comme toujours, est le refrain béni de ce Psaume [note Bibliquest : on l’y trouve dans tous les versets, sauf 5, 12, 13, 14, 20]. Dans les quatre premiers versets, c’est spécialement l’esprit de Christ qui parle, mais comme donnant une expression au cœur de tous ceux qui sont éprouvés de cette manière, et afin que chacun de ceux qui possèdent la foi, en trouve ici l’expression. La force du Psaume est dans ces mots : «en tout temps» (v. 1). Il est aisé de louer l’Éternel, quand il permet que tout aille à notre souhait ; mais, dans ce cas, l’Éternel n’est pas réellement loué pour ce qu’Il est. [34:2] Nous voyons ici, dans l’épreuve, l’âme humble et soumise. [34:4] Elle a cherché l’Éternel et a trouvé en Lui un ami prêt à la secourir. Voilà ce qui a rendu l’Éternel intime et précieux pour elle. Le cœur du saint était éprouvé, exercé, accablé par la détresse et l’injustice, mais sa volonté ne s’est point élevée avec fierté ou colère ; au contraire, il expose avec confiance son affaire à l’Éternel, s’appuyant sur sa bonté, et l’Éternel s’intéresse à lui. Ce n’est pas ici la haute et souveraine providence extérieure (ce qui doit sans doute exciter aussi notre reconnaissance), mais c’est l’intérêt affectueux du Seigneur pour un cœur qui est dans l’épreuve. La chose est bien plus intime, l’intérêt plus profond, le lien formé plus doux et plus puissant. Nous ne trouvons pas ici l’orgueil de la volonté dans l’épreuve ou dans le succès, mais un cœur angoissé et humble, trouvant l’oreille et le cœur de l’Éternel qui lui sont ouverts. Consolé ainsi lui-même, il est capable de consoler les autres par la consolation dont il est lui-même consolé de Dieu [(2 Cor. 1:4)]. «L’Éternel m’a délivré de toutes mes frayeurs». Oh ! combien souvent nous pouvons dire cela, même au sujet d’un malheur auquel nous avions lieu de nous attendre, et que Dieu a écarté ! Cette connaissance du Seigneur conduit à l’exercice de l’amour, pour encourager les autres, tandis que le cœur en fait l’expérience et en est rempli. Cela est appliqué, par l’Esprit, au Résidu (vers. 5) : «Leurs faces ne sont pas confuses» ; et le Résidu rappelle le cas de Christ au verset 6. Le verset 7 énonce la même vérité d’une manière générale. Les versets 8-10 nous montrent comment celui qui s’est confié dans le Seigneur est rendu capable, par sa propre expérience bénie, de donner aux autres la certitude qu’ils trouveront le même secours.

 

1.32.2    [Expérience de la bonté incomparable de l’Éternel, dans l’intimité]

 

L’expérience de la bonté de l’Éternel est bien précieuse. Non seulement on en est assuré pour toutes les épreuves, mais le Seigneur Lui-même est connu. On le bénit, on le loue. Le cœur demeure en Lui, il trouve sa joie et son repos en Lui et dans la bonté de ce Seigneur qui est seul dans ce qu’il est, et auquel nul ne ressemble. Cette bénédiction est infinie et divine dans sa nature comme Celui qui en est la source ; elle n’en est pas moins, pour notre cœur, plus intime qu’aucun être humain ne pourrait l’être, car ce dernier existe toujours en dehors de nous, tandis que nous demeurons dans le Seigneur qui est notre soutien et le repos de notre cœur. Rien de comparable à cela. Nul autre ne peut être aussi près de nos cœurs que Dieu, car Il est en nous. Quelle intimité que celle-là !

 

1.32.3    [Ps. 34 v. 7-18 — Marche dans la crainte de Dieu pour jouir de la bénédiction]

 

Il y a ici encore un autre principe : ce Psaume nous présente la marche dans laquelle on jouit de cette bénédiction (v. 7-10) : [34:7] craindre l’Éternel, [34:8] se confier en l’Éternel [34:10] et chercher l’Éternel. Le caractère de cette crainte de Dieu est indiqué aux versets 11-16, passage cité en partie dans l’épître de Pierre [(1 Pier. 3:10-12)]. La fin du vers. 16 y est omise comme non applicable maintenant, quoique pour le chrétien le fait général du gouvernement de Dieu soit applicable dans la dispensation actuelle. Il importe de ne pas oublier cela. Il est parfaitement vrai, non seulement qu’on ne se moque pas de Dieu, que l’homme moissonnera ce qu’il aura semé [(Gal. 6:7)], que selon le gouvernement de Dieu, certaines conséquences sont attachées à une certaine conduite ; mais encore qu’il surveille et gouverne directement ses enfants ; il peut les rendre malades, les faire mourir, ou les délivrer de la maladie et de la mort en suite de la confession ou de l’intercession. «Les yeux de l’Éternel regardent vers les justes, et ses oreilles sont ouvertes à leur cri» (v. 15), et de plus, «l’Éternel est près de ceux qui ont le cœur brisé et il sauve ceux qui ont l’esprit abattu» (v. 18). Puis (v. 14) il y a un sentier désigné par Dieu comme celui de la paix dans ce monde ; non seulement comme étant en lui-même le sentier de la puissance spirituelle, mais comme étant celui de la paix et de la tranquillité ici-bas, par lequel on traverse paisiblement ce monde sous le regard de Dieu. C’est bien précieux pour nous. La grâce est un moyen de marcher ainsi, car le cœur n’est pas entraîné à la paresse et à la satisfaction des passions. Les pieds sont chaussés de la préparation de l’Évangile de paix [(Éph. 6:15)]. Autant qu’il dépend de nous, nous vivons en paix avec tous les hommes [(Rom. 12:18)]. Ce principe est vrai, même pour les hommes inconvertis. Ceux qui marchent dans cette voie, en général, ont des jours heureux, parce que telle est la conséquence du gouvernement public de Dieu. Il sied au chrétien de marcher de cette manière, mais d’autres le peuvent aussi. Ce gouvernement de Dieu est toujours vrai, comme nous le voyons en Job ; seulement chaque fidèle devrait le comprendre.

 

1.32.4    [Gouvernement de Dieu, vrai de tout temps]

1.32.4.1   [Dieu veille sur les siens, même s’ils ont à souffrir]

 

Il reste encore un mot à dire. Ce gouvernement n’est point tel maintenant que les justes n’aient pas à souffrir, et bien plus encore, quand il s’agit du nom de Christ (voir 1 Pierre 3:14-17). Mais l’Éternel veille sur eux ; pas un seul passereau ne tombe en terre sans notre Père [(Matt. 10:29)]. Il nous semble étrange de lire : «On fera mourir quelques-uns d’entre vous… et pas un cheveu de votre tête ne périra» [(Luc 21:16, 18)].

 

1.32.4.2   [Gouvernement actuel pour les justes, au milieu même du mal]

 

Le gouvernement de Dieu n’est pas actuellement le gouvernement public, dont le but sera de supprimer tout mal, mais il s’exerce en vue des justes, sous la puissance du mal et au travers de cette puissance. Quand Christ apparaîtra, alors le mal sera entièrement supprimé. En général, ceux qui vivent paisiblement vivront en paix ; toutefois, en un monde où se trouve la puissance de Satan, les justes ont à souffrir, à supporter maintes afflictions, mais aucune n’est soustraite aux regards vigilants du Seigneur ; et la délivrance arrivera d’une manière ou de l’autre.

 

1.32.5    [Accomplissement de ce psaume en Christ]

1.32.5.1   [Accomplissement littéral quand la fureur de tous s’élève contre Christ]

 

Qui eût dit que ce Psaume serait littéralement accompli en Christ, lorsque Juifs et Gentils, prêtres et gouverneurs, unissaient contre Lui leur fureur qui semblait n’avoir aucun frein, et que tout semblait aller à leur gré ? Pas un cheveu de notre tête qui ne soit compté [(Matt. 10:30)].

 

1.32.5.2   [Soins continuels de Dieu, en qui l’âme peut se confier]

 

Je doute que le verset 20 de ce Psaume soit exactement une prophétie, quoiqu’il ait été accompli à la lettre en Christ. Je supposerais plutôt que le passage de l’Évangile de Jean se rapporte à Exode 12:46. Au reste, en admettant que ce verset ne soit pas cité, Christ est évidemment un exemple parfait de la déclaration faite dans ce Psaume, comme grand principe général. Les soins de Dieu ne font jamais défaut ; ils se montrent dans les plus petites circonstances et en dépit de toutes les pensées humaines, quoique Dieu puisse permettre que beaucoup d’afflictions arrivent à ceux qui se confient en Lui. Ces afflictions mêmes seront sûrement une bénédiction. L’âme, apprenant ainsi les voies du Seigneur et se confiant en Lui, peut le bénir en tout temps. Sous ce rapport, à la vérité, le christianisme nous fournit, à l’égard de la vie spirituelle, des expériences plus profondes. Mais il est précieux de connaître le Seigneur comme Celui qui veille ainsi sur nous, en amour ; de connaître les soins d’un Père tendre, dans lesquels nous pouvons nous confier, et sous lesquels nous pouvons marcher paisiblement dans ce monde, cherchant le bien de ceux qui nous entourent.

 

1.33  Psaume 35

1.33.1    [Appel direct au jugement des ennemis, après un long temps de patience]

 

Le Psaume 35 contient un appel direct au jugement des adversaires, appel fait par l’Esprit de Christ dans le Résidu ; j’ai donc peu de remarques à faire sur ce sujet. Christ fut le premier à souffrir les choses qui doivent être l’objet du jugement ; mais, comme nous l’avons vu, jamais Christ n’a personnellement fait appel au jugement. Ce Psaume, toutefois, nous montre l’esprit dans lequel le jugement est requis. C’est après un temps de patience et de grâce infatigable, d’une grâce restée sans résultat, alors que, au lieu de se venger lui-même, le Résidu s’en remettait à Dieu ; c’est alors seulement qu’il s’adresse à Dieu pour obtenir la délivrance. Ceci est important à remarquer quant à l’appel fait au jugement (v. 12-14). Ce n’est qu’au moment d’être englouti, qu’il supplie le Seigneur d’intervenir Lui-même et, certes, la chose aura lieu. Le pauvre ne sera pas toujours dans l’oubli ; il ne convient pas que la méchanceté sans cœur, injuste et cruelle, ait toujours le dessus. Mais il convient que les saints soient patients et endurent tout, jusqu’à ce que le Seigneur Lui-même intervienne. Tel est, en effet, l’esprit de ce Psaume ; alors ils se réjouissent dans le salut de l’Éternel. Le sentiment de la justice divine qui inflige le châtiment à l’iniquité cruelle est fort à sa place. En outre, nous trouvons ici le caractère et la voie du méchant, et ce qui l’avait précédée, la voie pleine de grâce de Celui qui avait trouvé le méchant «plus fort que lui» [(35:10)].

 

1.33.2    [Opération de l’esprit de patience dans les fidèles, dont David est un exemple]

 

Les versets 26 et 27 s’appliquent spécialement à Christ, mais le Psaume entier peut être dans la bouche de tout croyant zélé et fidèle qui par sa fidélité a attiré sur lui le flot de la méchanceté. Je veux encore citer quelques passages, afin de montrer l’opération de cet esprit dont j’ai parlé plus haut et jusqu’à quel point le Seigneur l’applique au résidu. Quant à Lui, il n’a jamais demandé ce jugement, mais il l’a prophétisé. 1 Samuel 24:25, 26, nous montre l’esprit dans lequel David était gardé, quoique faible. David était, même alors, l’instrument particulièrement qualifié par la grâce, pour adapter la pensée de Christ, en ces Psaumes, aux circonstances dans lesquelles le Résidu, rejeté comme Lui, se trouvera une fois. Il a même pu s’élever, quand Dieu l’a voulu, jusqu’à la déclaration prophétique des circonstances que Christ devait traverser, et a pu fournir, (honneur immense !) dans une foule de Psaumes, les paroles par lesquelles Christ Lui-même pourrait s’exprimer (voir surtout le chap. 24:11-13 et la fin du chap. 26). C’est ainsi qu’Abigaïl le maintient dans cet esprit, par la miséricorde ; mais il n’y a point de propre vengeance ; il s’en remet complètement à Dieu.

 

1.33.3    [Différence de l’esprit chrétien d’avec l’appel au jugement après la patience]

 

Les directions que le Seigneur donne à ses disciples, en Matthieu 10, indiquent aussi l’esprit dans lequel le résidu doit rendre témoignage à la commission qu’il a reçue de Lui, et qui va jusqu’à son retour (v. 13-15 ; comp. Ps. 35:13). Il importe que le chrétien comprenne que s’il doit agir selon l’esprit de Christ pendant sa marche au milieu de ce monde, esprit qui était bien différent du désir du jugement exprimé dans les Psaumes, toutefois ce désir est juste et légitime à sa place. En effet, ce désir du jugement n’est point celui de la vengeance personnelle, mais un appel adressé au Dieu juste et libérateur, après une patience parfaite sous l’oppression injuste des méchants ; le cœur s’étant soumis à la volonté divine et ayant appris la leçon que Dieu voulait lui enseigner (voir Psaume 92:12, etc.). Néanmoins le chrétien est sur un terrain tout différent.

 

1.33.4    [Esprit du résidu exercé par l’épreuve et soumis à Dieu]

 

Au point de vue que je viens d’indiquer, le Psaume 35 est important. Nous y voyons l’esprit du Résidu exercé devant Dieu par l’épreuve, et intérieurement soumis ; n’attendant que de Dieu la délivrance telle qu’elle était promise à Israël et au Résidu lui-même, sous le gouvernement divin révélé dans la loi et les prophètes.

 

1.34  Psaume 36

1.34.1    [Ps. 36 v. 1-5 — Consolation profonde en Dieu face à la grandeur du mal]

 

Le Psaume 36, quoique prononcé à l’occasion d’une très grande épreuve, est néanmoins et, dirai-je, pour cette raison même, rempli d’une consolation profonde. [36:1] L’épreuve consiste en ce que les voies des méchants prouvent au cœur du serviteur de Dieu qu’il n’y a en eux, ni conscience pour les refréner, ni crainte de Dieu pour réprimer leur malice, ni aucune chose sur laquelle on puisse compter. [36:2] Se flattant en soi-même, [36:4] il machine les moyens de nuire et n’a point en horreur le mal. Combien souvent, hélas ! le fidèle rencontre ces choses, lorsqu’il se trouve en conflit avec la puissance de l’ennemi. On a de la peine à croire à une pareille absence totale de conscience, à une telle malice préméditée et réfléchie ; et cependant elles existent ; notre cœur le sait bien, et la Parole les désigne comme des traits caractéristiques du méchant. Mais la consolation n’en est que plus profonde et plus bénie, parce que la grandeur même du mal fait que l’âme s’abandonne entièrement à un Dieu fidèle et plein de miséricorde qui est au-dessus de tous les complots des hommes ; de telle sorte que nous pouvons demeurer dans une paix parfaite. [36:5] «Ô Éternel ! ta bonté est dans les cieux». Que pourrait faire le méchant ? Ses desseins ne sauraient atteindre aux cieux, ni déjouer les plans et le gouvernement qui sont établis là-haut, ni se placer entre leur réalisation et l’âme du fidèle. La miséricorde est hors de l’atteinte des stratagèmes ennemis.

 

1.34.2    [Ps. 36 v. 5-6 — Fidélité de Dieu, ferme et dominant tout le mal, paix pour le cœur]

 

[36:5] Il existe encore en Dieu une autre qualité : il est fidèle. La gratuité est la source de tous ses actes, et elle les dirige. C’est notre consolation, mais je puis aussi compter sur la fidélité de Dieu ; elle s’élève bien au-dessus de toutes les machinations des iniques. [36:6] Le principe immuable du gouvernement de Dieu en amour fidèle, la justice de sa manière d’agir, sont aussi fermes, aussi dominants en force que les montagnes ; ses voies en jugement et ses actes sont aussi profonds, aussi puissants que l’immense abîme. Impossible à nous de sonder à l’avance son comment et son pourquoi. Il opère au-dessus de la puissance du mal ; mais aussi hors de l’atteinte de l’homme chétif ; de sorte qu’il peut se servir de la malice des hommes pour accomplir ses conseils de bénédiction : «Éternel, tu sauves l’homme et la bête». Du moment que nous introduisons dans nos circonstances le Seigneur connu ainsi, toute la malice des hommes, qui ne rencontre pas un frein dans la crainte de Dieu, n’a d’autre effet que de reporter notre confiance sur Dieu, non sur l’homme. C’est une épreuve réelle, mais c’est la paix parfaite. C’est une rupture complète entre le fidèle et l’homme éloigné de Dieu, mais c’est un lien étroit, formé entre le cœur et Dieu, dans une confiance qui ne s’attache qu’à Lui.

 

1.34.3    [Ps. 36 v. 7-8 — Source de la bonté trouvée en Dieu, devenue la ressource du fidèle]

1.34.3.1   [La source de la bonté est en Dieu, en qui on peut se réfugier par grâce]

 

L’effet moral en est immense ; il nous est retracé aux versets 7-8 : «Combien est précieuse ta bonté, ô Dieu !». Désormais, on ne trouve plus seulement un abri contre la méchanceté sans conscience de l’homme ; mais on trouve la source même de la bonté, en Celui dans lequel on trouve cet abri. «Les fils des hommes se réfugient sous l’ombre de tes ailes», parce que sa bonté est précieuse. Telle est la condition vraie et convenable de la créature ; condition qui suppose le mal et le besoin de la grâce ; mais qui trouve sa ressource dans cette grâce.

 

1.34.3.2   [La bonté devient la part du fidèle, qui trouve en Dieu joie et bénédiction]

 

Versets 7-9. Il y a plus encore : Cette bonté qui l’a protégé et abrité devient la portion du fidèle. Tel est le résultat béni du fait que Dieu est devenu notre unique ressource, et que tout rapport avec l’homme est rompu : [36:7] Sous l’ombre des ailes de l’Éternel, [36:8] on est «abondamment rassasié de la graisse de Sa maison, et tu les abreuveras au fleuve de tes délices». Il y a des joies et des plaisirs qui appartiennent à la maison de Dieu ; et plus encore, à Dieu Lui-même. C’est là ce qui caractérise la joie des saints ; ceci ne peut être notre partage que lorsque nous avons été rendus participants de la nature divine, puisque celle-ci trouve nécessairement sa joie là où Dieu trouve la sienne. Telle est la bénédiction spéciale des saints ; Dieu nous l’accorde dans sa plénitude. Il nous donne sa propre présence, Il nous donne Christ.

 

1.34.3.3   [Bénédiction des joies divines goûtées dans la relation où nous sommes avec Dieu]

 

Quelle bénédiction incomparable que celle de recevoir une nature capable de jouir des joies divines ; de joies qui n’ont pour motifs que la plénitude des objets divins, dont nous sommes appelés à jouir sous tous les rapports ! Regardant en haut, notre vocation est d’être saints et irréprochables devant Lui en amour [(Éph. 1:4)] ; de jouir de Dieu et d’être ses délices, selon la nature divine qui nous est communiquée ; notre relation avec Lui est d’être ses fils, adoptés pour Lui-même ; le lieu de notre héritage c’est la maison de Dieu, notre propre demeure ; puis, en tant qu’héritiers de Dieu et co-héritiers de Christ [(Rom. 8:17)], nous possédons tout ce qui Lui est assujetti. Cette dernière portion est, sans doute, inférieure à l’autre ; la joie n’en est pas moins divine, puisque cette possession acquise sera rachetée et rendue parfaitement heureuse sous le gouvernement de Christ [(Éph. 1:14)]. Nous l’avons, en outre, en communion les uns avec les autres. Le chrétien jouit de tout cela de la manière la plus élevée, parce que Christ est devenu sa vie, et qu’Il l’a introduit dans la relation la plus élevée et la plus intime avec le Père. C’est ainsi que, par la puissance du Saint Esprit, nous avons communion avec le Père et avec son Fils Jésus Christ [(1 Jean 1:3)]. Notre joie est accomplie. Tout cela, quoique j’en aie parlé par rapport aux chrétiens, est établi en principe dans ce Psaume ; or, en principe, cela est vrai de tous les saints ; mais non pas au même degré que pour les chrétiens, «Dieu ayant eu en vue quelque chose de meilleur pour nous, afin qu’ils ne parvinssent pas à la perfection sans nous» [(Héb. 11:40)].

 

1.34.4    [Ps. 36 v. 9 — Source de la vie en Dieu pour l’homme]

1.34.4.1   [Ce que Dieu est en bénédiction pour nous en Lui-même, la vie]

 

Notre Psaume continue ainsi (vers. 9) : «Car par devers toi est la source de la vie, en ta lumière nous verrons la lumière». Jusqu’ici il a plutôt mentionné ce que Dieu est pour nous, considéré comme notre protection, notre asile, notre consolation ; en un mot, comme notre ressource. [36:8] Ensuite, ce Psaume nous ayant amenés à la graisse de la maison de Dieu et au fleuve de ses délices, [36:9] il indique ce que Dieu est en bénédiction : celle-ci étant considérée davantage en Lui-même ou d’une manière intrinsèque. C’est plutôt ce qu’il est pour nous que en nous ; cette dernière portion étant, par le Saint Esprit, le privilège des chrétiens. Ce qui est en nous, est vu ici en Dieu, comme sa source. Le Psaume dit : «Par devers toi est», tandis que le Seigneur dit en parlant du chrétien : «elle sera en lui» (Jean 4 [v. 14]). Cependant, Dieu reste tel ; et c’est ainsi qu’il est révélé et connu dans ce Psaume. Par devers Lui est la source de la vie. La grande portée de cette parole n’a jamais été pleinement révélée avant la venue de Christ. En Lui était la vie [(Jean 1:4)]. Il y avait un arbre de vie duquel l’homme n’a jamais mangé, ordonné pour être l’instrument de la vie de l’homme. Au temps des patriarches, la question de la vie n’était pas soulevée, mais il s’agit de ce que le Tout-Puissant est pour ceux qu’il aime et bénit. La loi rattache la vie, en tant que promesse, à l’œuvre de l’homme et à l’arbre de la connaissance du bien et du mal. La vie était une chose à atteindre. La vie est une connexion vivante avec la source de la bénédiction ; ou, du moins, une jouissance vivante de la faveur de Dieu ; elle n’est pas nécessairement le ciel. Aucune loi au monde n’était la vie ni ne pouvait la donner. Dieu la promettait à celui qui accomplirait la loi. Lui-même en est la source ; mais la loi donnée à un pécheur, sur la base de sa propre responsabilité, loin d’être un moyen de vie, ne pouvait être qu’un ministère de mort et de condamnation [(2 Cor. 3:7, 9)]. Elle parlait de la vie et la désignait comme une promesse faite à l’obéissance, mais, de fait, la loi fut trouvée être pour la mort [(Rom. 7:10)].

 

1.34.4.2   [Ce que Dieu est pour le résidu, leur espérance, la vie et la résurrection]

 

Les Psaumes, quoiqu’ils parlent aussi de choses célestes, mettent en évidence la liaison du cœur du Résidu avec Dieu ; ils nous font connaître chaque palpitation, chaque battement de ce cœur dans la nécessité ; ils nous font sentir tout ce que Dieu est pour lui. Tout cela a lieu selon l’opération de l’Esprit de Christ, quoique la délivrance temporelle soit toujours ici le désir principal. La vie et la résurrection, comme espérance de la foi, ont aussi nécessairement leur place dans les sentiments du Résidu ; mais on ne découvre cette espérance que dans les profondeurs de leurs plus intimes pensées. Cette espérance répond au besoin de ceux qui peuvent avoir à passer par la mort. Nous ne trouvons point, dans les Psaumes, la vie et l’incorruptibilité mises en lumière par l’Évangile [(2 Tim. 1:10)] ; la vie dans un homme, le Fils de Dieu, comme Esprit vivifiant [(1 Cor. 15:45)] ; la vie en nous, parce qu’il devient notre vie [(Col. 3:4)]. Toutefois, comme l’Esprit de Christ parle dans les Psaumes, Lui qui avait la vie en Lui-même [(Jean 5:26)], était sûr du sentier de la vie en ce monde. Or, ce sentier conduisant par la mort, selon le conseil pour l’accomplissement duquel Il était venu dans le monde, Christ était sûr aussi de la résurrection ; c’est-à-dire que son âme ne serait pas laissée en hadès et que sa chair ne verrait pas la corruption [(Act. 2:31)]. Toutefois ces choses étaient réalisées par Christ dans la dépendance de Dieu, comme homme.

 

1.34.4.3   [Dieu source de la vie manifesté par l’évangile, suite à la résurrection de Christ]

 

Les remarques que nous venons de faire, trouvent leur confirmation dans notre Psaume. Le cœur du fidèle est séparé de l’homme qui, lui-même, est entièrement séparé de toute crainte de Dieu ; [36:7] alors, il cherche non seulement la protection et la bonté de Dieu, [36:9] mais il voit que c’est chez Dieu qu’est la source de la vie. Nous savons que la mort est vaincue, que son pouvoir est annulé. Nous savons que la vie éternelle qui était auprès du Père est descendue du ciel. Nous savons qu’elle nous est communiquée, que Christ est notre vie [(Col. 3:4)], que celui qui a le Fils, a la vie [(1 Jean 5:12)] ; que nous sommes vivifiés selon l’excellente grandeur de sa puissance, selon l’opération de la puissance de sa force, dans laquelle il a ressuscité le Christ d’entre les morts et l’a fait asseoir à sa droite dans les lieux célestes [(Éph. 1:19-20)] ; de sorte que la vie pour nous et en nous (car Christ est notre vie), est le triomphe final sur la mort et pénètre dans les lieux célestes. Voilà ce qui a été mis en lumière par l’Évangile. Jean annonce la vie descendue sur la terre, manifestée en Christ, puis communiquée à nous. Paul montre plutôt la vie dans la plénitude de son résultat céleste, suivant les conseils de Dieu en gloire. Évidemment notre Psaume ne parle pas de tout cela ; il ne pouvait en être question avant la résurrection de Christ ; et même il n’aurait pas pu y avoir de justice en cela. Qui est-ce qui avait droit aux lieux célestes avant que Christ y fût entré ? En qui la vie pouvait-elle être manifestée en gloire avant que la Tête y fût entrée en résurrection ? Toutefois, le principe, le fondement, la source de la vie sont vus et révélés dans ce Psaume.

 

1.34.5    [Lumière et vie, caractères de Dieu manifestés et découlant de Lui]

1.34.5.1   [Opération de l’Esprit dans ceux qui sont sous la loi, pécheurs, et en Christ]

 

Les Psaumes ne sont pas la loi, quoique la loi y soit encore reconnue. Mais ils présentent l’opération de l’Esprit de Christ et de vie en ceux qui sont sous la loi et en Christ Lui-même ; en ceux aussi qui ont à confesser qu’ils sont pécheurs sous la loi, et qui, par conséquent, ne peuvent espérer d’obtenir la vie par le moyen de la loi ; mais dont les yeux sont ouverts pour considérer la miséricorde, le pardon et la grâce, sinon le ciel ; et encore, ce dernier, en tant que le sentiment de la joie de la présence de Dieu l’exprime, nous le trouvons atteint au Psaume 16 qui nous donne l’expression de la vie dans toute sa plénitude.

 

1.34.5.2   [Source de la vie en Dieu, fleuve d’eau vive pour le fidèle et découlant de lui]

 

Ainsi, — pensée précieuse, — [36:9] ce Psaume considère la source de la vie en Dieu, lorsque, sous la Loi, tout est mort et condamnation. Les fidèles des Psaumes ne peuvent pas dire : «la vie a été manifestée ; et nous l’avons vue» [(1 Jean 1:2)] ; encore moins : «notre vie est cachée avec Christ en Dieu» [(Col. 3:3)] ; mais ils ont appris, ils savent et peuvent dire : «Par devers toi est la source de la vie» (v. 9). [36:8] Aussi s’abreuvent-ils au fleuve de ses délices. Où cette vie serait-elle satisfaite ailleurs ? Les besoins d’un cœur, même à son insu animé par elle, où pourraient-ils être contentés, sinon à ce fleuve, au fleuve dont les ruisseaux réjouissent la ville de Dieu [(46:4)] ? Nous qui sommes venus à Christ ; nous qui avons bu de l’eau qu’il donne, nous avons en nous-mêmes une fontaine d’eau jaillissant en vie éternelle [(Jean 4:14)] ; et même, par l’Esprit, des fleuves sortent de nous [(Jean 7:38)] ; ils découlent de ce qu’il y a de plus intime dans la conscience de la bénédiction.

 

1.34.5.3   [Dieu, source de la vie divine, se réjouissant en ce qui est divin]

 

Or tout ceci, c’est la puissance de vie dans l’Esprit ; cependant il est également précieux de savoir que la nature de cette vie est divine. J’ai fait remarquer ailleurs que ce qui, dans l’épître aux Colossiens, est présenté comme la vie et la nature, est appliqué au Saint Esprit dans l’épître aux Éphésiens. [36:9] Ici, dans ce Psaume, nous trouvons Dieu comme source de la vie. Quelle bénédiction de savoir que la source, c’est Dieu lui-même ! Le Père a la vie en Lui-même ; cela est vrai de Christ comme homme [(Jean 5:26)] ; puis nous qui avons le Fils, nous avons la vie [(1 Jean 5:12)]. La vie est considérée ici comme une source qui coule. C’est à Dieu comme étant la source de la vie que nos cœurs doivent s’attacher, afin que nous puissions sentir et connaître ce qu’est la vie ; savoir que c’est une joie divine de posséder une vie, divine dans sa nature et capable de se réjouir. La nature d’une telle vie est de se réjouir en ce qui est divin. En effet, elle ne peut jouir d’autre chose, sauf de la bonté ou de la vérité en tant qu’elles sont l’expression de ce qui est divin. Cette vie trouve sa joie dans les fleuves qui découlent intarissables de l’amour divin ; fleuves dans lesquels nous nous abreuvons de la bénédiction qui est en la nature de Dieu. Nous possédons une nature qui, étant spirituellement la même que celle de Dieu, doit et peut jouir de Lui selon la perfection de cette nature elle-même. Nous nous réjouissons en Dieu.

 

1.34.5.4   [Dieu est lumière et la communique, comme la vie ; et de même pour Christ]

 

[36:9] Il y a autre chose encore : «En ta lumière nous verrons la lumière». Dieu n’est pas seulement une source de vie, mais une lumière qui éclaire. Il a la vie en Lui-même [(Jean 5:26)], mais il en est la source. De même aussi il est la lumière ; il éclaire ; il communique la lumière. Il en est de même de Christ : en Lui était la vie, et la vie était la lumière des hommes [(Jean 1:4)]. Enfin, quant à nous, Christ est notre vie [(Col. 3:4)] et nous sommes lumière dans le Seigneur [(Éph. 5:8)].

 

1.34.5.5   [Lumière manifestée en Christ, consolation au milieu des ténèbres]

 

Dans notre Psaume, on cherche la lumière plutôt comme consolation au milieu des ténèbres de l’épreuve, lorsque l’homme, sous la puissance de Satan, est manifesté comme étant réellement les ténèbres mêmes. Cela conduit à la découverte de ce que Dieu est. En principe et d’une manière abstraite, aucun autre Psaume ne nous fait autant approcher de ce qui a été accompli en Christ. Seulement ici ces choses sont vues en l’Éternel comme leur source et comme Celui en qui elles se manifestent. C’est ce qui leur donne leur perfection divine : [36:9] «Par devers toi est la source de la vie, en ta lumière nous verrons la lumière». Au milieu des ténèbres et de l’épreuve, c’est la confiance que l’Éternel en grâce est une source de vie, et que dans sa lumière ils verront la lumière. En Christ nous trouvons, de toute manière, des vérités plus profondes ; car, lorsque la vie était la lumière des hommes [(Jean 1:4)], non pas simplement pour une délivrance extérieure, mais lorsqu’elle brillait dans l’obscurité morale de ce monde, les ténèbres restèrent ténèbres et ne comprirent pas la lumière [(Jean 1:5)]. Aussi longtemps qu’il fut dans le monde, Christ était la lumière du monde [(Jean 9:5)]. Les hommes préférèrent les ténèbres à la lumière, parce que leurs œuvres étaient mauvaises [(Jean 3:19)].

 

1.34.6    [Ps. 36 v. 10-12 — Espérance de la délivrance actuelle et jugement des méchants]

 

La fin du Psaume revient à l’espérance actuelle de la délivrance par le gouvernement de Dieu et à l’assurance de son accomplissement. [36:10] La connaissance de l’Éternel et la droiture de cœur caractérisent ici les justes, [36:11] tandis que les ennemis se distinguent par leur orgueil et leur malice. La foi du juste les voit d’avance tombés et incapables de se relever (vers. 12).

 

1.35  Psaume 37

1.35.1    [Manifestation du gouvernement de Dieu sur la terre]

 

Le Psaume 37 est en rapport très évident avec la manifestation du gouvernement direct de Dieu dans ce monde, telle qu’elle aura lieu [37:11] quand les débonnaires hériteront la terre [37:38] et que les méchants seront retranchés. Nous avons déjà vu que les épîtres de Pierre contiennent tout particulièrement le rapport de ce gouvernement de Dieu avec la condition chrétienne, dans la mesure selon laquelle il s’y applique. Nous trouvons aussi, au commencement de Matthieu 5, mais avec un caractère beaucoup plus évangélique, quoique sans aller au-delà du royaume des cieux, l’application de ce gouvernement en forme de promesses, relatives à l’état moral qui plaît à Dieu.

 

1.35.2    [Exhortations quant à la marche et à la confiance en Dieu, au milieu du mal]

 

Ce Psaume contient en outre des exhortations intéressantes et fort instructives quant à l’esprit dans lequel le croyant doit marcher et quant au caractère de sa confiance en Dieu, au milieu du mal qui l’entoure. Le temps de la manifestation directe du gouvernement de Dieu n’est, il est vrai, pas encore arrivé, et, sans aucun doute, à la veille d’être détruite, la puissance oppressive du mal grandira plus que jamais ; toutefois, maintenant déjà, le mal est à l’œuvre et c’est le temps de la patience. Jusqu’à la venue de Christ nous sommes, en principe, dans le mauvais jour [(Éph. 6:13)] ; la patience et le royaume de Jésus Christ trouvent place ensemble dans nos cœurs ; mais non pas son propre royaume et sa gloire. Toutes ces exhortations sont fondées sur la certitude qu’après tout l’Éternel est au-dessus de tout mal, [37:28] qu’il aime la droiture, qu’il n’oublie pas les justes et ceux qui se confient en Lui, et qu’en fin de compte, c’est la voie de l’Éternel qui aura le dessus. En attendant, la foi est exercée ; on juge tout ce qui dans le cœur pourrait nuire au caractère spirituel et empêcher la confiance dans le Seigneur qui convient au saint.

 

1.35.3    [Ps. 37 v. 1-3 — Tranquillité d’esprit et confiance plutôt qu’irritation et jalousie]

 

[37:1] La première exhortation est relative à la tranquillité d’esprit. «Ne t’irrite pas». Elle est générale et s’applique à la disposition d’esprit. Lorsque la propre volonté et le désir de se trouver à l’aise se mêlent à l’amour de la justice, lorsqu’on désire la justice, (et on le fait parfois en partie à cause de la crainte qu’inspire la puissance du mal) tout en aimant la paix qui satisfait des intérêts égoïstes, on est enclin à s’irriter lorsqu’on voit les méchants réussir. C’est là, au fond, le même esprit d’incrédulité que celui des méchants ; quoique avec d’autres désirs, c’est de l’incrédulité et de la propre volonté. La colère de l’homme n’accomplit pas la justice de Dieu [(Jac. 1:20)]. Nous ne devons pas nous irriter, c’est de la méfiance ; ni être jaloux, ce qui est plus mauvais encore, car c’est de l’égoïsme. [37:3] Voici maintenant l’instruction positive touchant l’esprit dans lequel nous devons marcher, la ressource contre la puissance du mal : «Confie-toi en l’Éternel et pratique le bien». Selon la promesse tu en recueilleras le fruit.

 

1.35.4    [Ps. 37 v. 4-6 — Dieu répond toujours à la foi qui s’attend à Lui]

 

Ensuite (vers. 4) : «Fais tes délices de l’Éternel : et il te donnera les demandes de ton cœur». De saints désirs qui ont Dieu pour objet seront satisfaits ; on rencontrera l’opposition, la honte, peut-être la calomnie : [37:5] «Remets ta voie sur l’Éternel». Combien cela est vrai ! C’est Lui qui a toujours, comme on dit, le dernier mot, pourvu que nous ayons la foi d’attendre. [37:6] Il accomplira ce que le cœur du juste désire, et rendra évidente la justice de ce dernier.

 

1.35.5    [Ps. 37 v. 7-40 — Caractère de la confiance, et gouvernement de Dieu en rapport avec les Juifs]

 

Au verset 7, nous trouvons le caractère le plus évident de la confiance : il consiste en ce que le cœur et les désirs s’attendent patiemment à l’Éternel. Que les circonstances tumultueuses, la violence et les efforts de l’ennemi, se pressent autour d’elle, l’âme attend patiemment qu’il plaise à l’Éternel d’intervenir quand il Lui plaira. Que les méchants prospèrent, l’Éternel a son heure déterminée qui vient toujours à propos et met tout en ordre. Il peut vouloir nous châtier pour notre avantage, amener ses desseins à maturité, patienter avec les méchants, faire ressortir sa gloire, ce qui est notre joie éternelle. [37:8] Ainsi, ni dépit, ni colère, ni agitation, ni inquiétude ; car, en laissant agir dans ces choses notre propre volonté pour combattre le mal, nous ne ferions qu’y tomber nous-mêmes ; telle n’est point la patience et la foi des saints. [37:9] «Ceux qui font le mal seront retranchés» ; les saints ne doivent pas être de ce nombre. «Ceux qui s’attendent à l’Éternel, ceux-là posséderont le pays», de même aussi les débonnaires (v. 11) et les bénis de l’Éternel (v. 22). Tout cela, sans doute, concerne les Juifs ; mais, nous l’avons vu, le gouvernement de Dieu s’exerce toujours, quoiqu’il ne soit pas encore manifesté publiquement ; et quand l’âme s’est attendue à Lui patiemment, elle trouve sa bénédiction même ici-bas. La dernière partie du Psaume expose avec soin que la manifestation publique de ce gouvernement de la terre sera en rapport avec les Juifs ; et quoiqu’il agisse plus secrètement pendant le temps de la grâce céleste, son existence n’en est pas moins réelle.

 

1.35.6    [Bénédictions particulières présentées dans ce psaume]

1.35.6.1   [Le Seigneur affermit les pas du fidèle dans ce monde, pour suivre Son sentier]

 

Il y a encore, sur la bénédiction, quelques passages que je voudrais faire remarquer : [37:23] «Par l’Éternel, les pas de l’homme sont affermis». C’est une grande et précieuse bénédiction de penser qu’en ce désert, où il n’y a point de chemin au milieu de la confusion et de l’iniquité, notre Père affermit nos pas. Un jeune chrétien, plein de confiance en son zèle, pourra bien ne pas apprécier la valeur d’une telle assurance ; mais combien d’expériences ne lui faudra-t-il pas traverser ? Pour qui a vu le monde, pour qui en connaît les pièges, et a fait l’expérience que c’est un désert d’iniquité, sans chemin pour vous conduire, il est infiniment précieux de savoir que le Seigneur affermit nos pas. Le jeune chrétien, lui aussi, lorsqu’il est humble, est affermi par la grâce s’il s’attend au Seigneur, quoiqu’il n’en comprenne que plus tard le privilège immense et ne saisisse point encore la sagesse et la miséricorde de Dieu. Mais ce n’est pas tout. Lorsqu’on est ainsi affermi, le chemin est bon, il est divin ; il n’y en a pas d’autre et le cœur y marche d’un pas assuré ; car le chrétien est conduit par l’Esprit de Dieu ; son cœur est dans Ses sentiers, comme dit Moïse : «Fais-moi connaître ton chemin (non pas un chemin), et je te connaîtrai» [(Ex. 33:13)]. Si je connais les voies d’une personne, je connais aussi la personne. Dieu conduit par son Esprit qui agit sur l’homme intérieur et en lui, et la Parole sanctifie. Alors Il prend son plaisir à la voie du saint ; Il trouve ses délices à voir un chemin divin suivi par un homme au milieu de ce monde d’iniquité. Christ a suivi ce sentier d’une manière parfaite, et Dieu y a pris ses délices. En tant que nous suivons Christ, notre voie fait aussi les délices de Dieu ; elle est selon son cœur.

 

1.35.6.2   [Christ est le seul chemin, au milieu de ce monde]

 

Remarquons bien qu’il n’y a pas d’autre chemin que Christ. Adam n’avait pas besoin d’un chemin ; il devait rester où il était, et y jouir de la bonté de Dieu. Dans un monde de péché, il n’y a point de chemin ; tout y est péché, confusion. Mais Christ Lui-même manifesta, selon Dieu, en ce monde, la vie divine et le sentier de cette vie à travers le monde auquel elle n’appartenait pas. C’est une chose toute nouvelle, manifestée en partie dans chaque saint pendant sa marche de foi ici-bas ; mais ayant son existence propre et manifestée en Christ d’une manière parfaite. Tel est notre sentier. Nous avons à suivre les pas de Christ, il est le chemin qui mène au Père [(Jean 14:6)] et c’est vers Lui que nous allons. C’est un privilège immense, de savoir que nos pas sont conduits par le Seigneur pour nous garder du mal et qu’ensuite il prend plaisir à notre voie. Quel chemin au milieu de ce monde pervers ! Comme nous devons soigneusement nous y tenir, sans nous en laisser dévier ni distraire ! Nous trouvons ici, comme en Colossiens 3 et Éphésiens 4:5, les préceptes bénis qui s’y rapportent.

 

1.35.6.3   [Le Seigneur soutient le saint, même s’il tombe dans l’épreuve]

 

Remarquons encore une autre grâce. Dieu veille sur le saint ; [37:24] s’il tombe (c’est-à-dire dans l’épreuve, non pas d’une manière charnelle), il n’est pas entièrement abattu (cf. 2 Cor. 4:9, etc.), car l’Éternel lui soutient la main. Il peut entrer dans les vues de Dieu, dans le gouvernement de Dieu à son égard, que le saint soit abaissé, qu’il soit mis de côté ; mais la main du Seigneur est en cela, elle ne l’a pas abandonné, elle le soutient. Le vase peut être brisé ou déshonoré par les hommes, la puissance est de Dieu.

 

1.35.6.4   [Traits caractérisant le juste, dont la fin est la paix]

 

Il y a une raison morale pour les voies de Dieu. Il aime la droiture (vers. 28) ; outre cela, nous avons l’assurance de son amour souverain, il aime ses saints, ils sont gardés à jamais. Puis, en rapport avec les voies de cette justice, nous trouvons ici quelques-uns des traits qui distinguent le juste : [37:30] «Sa bouche profère la sagesse», c’est-à-dire la pensée de Dieu, «et sa langue parle la droiture», c’est-à-dire la droiture des voies divines, au point de vue de Dieu ; la manière dont Dieu juge du bien ou du mal. [37:31] «La loi de son Dieu est dans son cœur» ; son cœur est dans le chemin de la volonté révélée de Dieu. «Ses pas ne chancelleront pas». Nous devons donc nous attendre au Seigneur et garder sa voie. [37:37] La fin de l’homme intègre et de l’homme droit, c’est la paix. En pratique, il en est de même du chrétien. Il se peut qu’il soit châtié pour des fautes particulières, car les voies de Dieu sont, à travers la grâce, justes et immuables ; mais s’il marche ici-bas d’un cœur intègre, durant les jours de sa vie, elle se terminera, pas encore en gloire peut-être, mais en paix. Craindre Dieu et marcher en sa présence c’est un grand moyen d’avoir la paix. Je ne parle pas de la paix, acquise pour la conscience d’un pécheur par le sang précieux de Christ, mais de la paix de Dieu qui remplit le cœur lorsqu’on expose toutes choses devant Lui [(Phil. 4:7)].

 

1.35.6.5   [Le Seigneur est la force, l’aide et la délivrance des justes qui se confient en Lui]

 

Enfin, le Seigneur est la force des justes au temps de la détresse (v. 39). Il leur aide et les délivre ; [37:40] il les délivrera de leurs ennemis, parce qu’ils se confient en Lui. Cela est toujours vrai.

 

1.36  Psaume 38

1.36.1    [Âme dans la détresse sous le châtiment, mais regardant à l’Éternel]

 

Le Psaume 38 nous présente un état d’âme particulier. La relation du cœur avec Dieu est connue et appréciée, même avec confiance, tandis que l’âme continue à exprimer ses sentiments : [38:15] «Je m’attends à toi, Éternel ! Toi, tu me répondras, Seigneur, mon Dieu !». Toutefois l’âme est au comble de l’affliction et de la détresse, qu’elle envisage comme le châtiment du Seigneur. [38:1] Elle est sous le châtiment, mais elle prie pour en être délivrée. Du milieu de la détresse la plus profonde, [38, 5, 7] affligée par une maladie répugnante, [38:11] abandonnée de ses amis, [38:12] entourée d’ennemis actifs, dans un état qui a quelque similitude avec celui de Job, [38:15] l’âme regarde à l’Éternel. [38:3] Le cœur attribue au péché toutes ces souffrances, [38:2] mais tout d’abord il regarde à l’Éternel et voit sa main. Voilà ce qui montre de la foi et un esprit droit.

 

1.36.2    [Enchaînement des pensées dans le psaume 38]

 

L’ordre des pensées qui se suivent ici est remarquable ; [38:2] d’abord le jugement de l’Éternel, [38:3] ensuite le péché qui en est la cause, [38:6] puis la misère personnelle, [38:11] l’abandon des amis, [38:12] l’activité et le mauvais vouloir des adversaires ; puis la conscience de tout cela, [38:15] et, comme résultat, la confiance du cœur en Celui qui a frappé et son recours à Lui seul. [38:21] Enfin ce qui était au fond du cœur se découvre : c’est l’espoir en l’Éternel, la conscience de Lui appartenir si intimement que le triomphe des adversaires de la foi est impossible ; [38:22] mais le sentiment de la nécessité de son intervention, parce que la pauvre âme pécheresse n’a aucune force en elle-même.

 

1.36.3    [Intégrité du cœur confessant son péché et demandant du secours contre ses ennemis]

 

Tout cela conduit à l’expression d’une vraie intégrité de cœur. [38:3] Non seulement le péché est reconnu comme étant la cause du jugement, [38:18] mais il est aussi confessé ; de plus, on se juge soi-même devant un Dieu en qui l’on se confie et ainsi l’on peut Lui demander librement son secours. Désormais l’âme qui, par la grâce, a été rendue capable, en se jugeant, de se séparer du péché, est aussi capable de distinguer entre ses ennemis et les jugements que l’Éternel fait tomber sur elle par leur moyen. [38:19] Dès lors, elle n’envisage les ennemis que dans leur propre malice, [19:20] dans leur hostilité contre le serviteur de l’Éternel, dans leur haine de ce qui est juste, [38:22] et elle peut réclamer le secours de l’Éternel contre eux. [38:20] En effet, le croyant, quoique dans le passé il ait gravement péché et doive subir la juste humiliation qui en est la conséquence, poursuit en réalité le bien dans sa marche ici-bas ; et s’il est vrai que l’Éternel se sert de la malice des méchants comme d’une verge, ce n’est certes pas le mal que les méchants haïssent dans les saints, mais bien au contraire les rapports de ces derniers avec celui qu’ils reconnaissent pour leur Seigneur. Néanmoins le jugement était juste. Telle sera l’histoire véritable du Résidu lorsque, sous les coups terribles du châtiment de l’Éternel, il se sera décidément tourné vers la justice. Mais aussi quelle instruction pour nous-mêmes, lorsque nous subissons un châtiment pour avoir mal fait !

 

1.36.4    [Celui qui connaît le Dieu saint regarde à Lui, même sous la discipline, avec confiance]

 

Ce Psaume paraît se rapporter au châtiment compliqué d’un cas particulièrement grave ; mais, lorsque nous sommes sous la discipline, comme il nous enseigne où nous devons regarder, par quoi il nous faut commencer ! [38:3] Il peut y avoir le sentiment que la main de Dieu nous châtie à cause du péché ; que sa colère est méritée ; mais si le cœur regarde à l’amour fidèle du Seigneur dans ses relations avec nous, [38:1] nous crierons à Lui, pour qu’il détourne l’ardeur de sa juste colère et de sa fureur. Il y a un gouvernement de Dieu en rapport avec sa nature ; et quoique ses châtiments ne détruisent ni notre foi ni la connaissance de notre relation avec Lui (avec le Père), ni la certitude qu’il ne saurait y avoir de péché imputé au croyant, toutefois l’âme qui se sent sous le poids du gouvernement de Dieu, ne se tranquillise pas avec ces pensées. Elles sont, à coup sûr, d’une immense importance ; elles forment la base de notre confiance ; elles soutiennent et dirigent l’âme d’une manière très réelle ; mais elles ne sont pas, dans le cas particulier, l’objet que nous avons directement en vue. L’âme a plutôt devant elle la sainte nature du Dieu avec lequel nous avons communion, et ce qu’il est nécessairement par rapport au péché. Le gouvernement de Dieu est selon cette nature, qui a été, il est vrai, glorifiée par l’œuvre de la rédemption, quant à l’imputation du péché ; mais quoique l’âme ne mette pas en doute la rédemption, elle a néanmoins, pour le moment et avec raison, le sentiment que Dieu, suivant sa propre nature et comme Seigneur dans son gouvernement, doit voir le péché avec colère ; l’âme ne raisonne pas sur ces choses. C’est parce que nous avons une nature qui connaît Dieu et une conscience réveillée, que nous sentons cela à l’égard de nous-mêmes ; et la connaissance de la bonté de Dieu rend encore plus terrible le jugement que nous portons sur nous-mêmes. Ce n’est ni le désespoir, ni le doute quant à la justification ; mais l’âme ne se cache pas derrière la connaissance de sa justification, pour échapper au sentiment de l’estimation que Dieu fait du péché. [38:1] C’est parce qu’elle connaît le Seigneur, que l’âme le supplie d’arrêter la colère et la fureur que mérite son péché ; [38:15] c’est parce qu’elle le connaît, qu’elle s’attend à Celui dont elle a mérité le déplaisir. Dans l’épreuve, on regarde à la main et aux pensées de Celui qui l’inflige ; on interprète les voies de Dieu, parce que tout vient de sa main, et l’on recherche quelle est sa pensée. Dès lors, la relation avec Dieu étant présente à la conscience, le cœur saisit la valeur et la puissance de l’épreuve comme moyen de purification plutôt que comme exercice de la colère divine. [38:9] Il peut dire : «Seigneur ! tout mon désir est devant toi, et mon gémissement ne t’est point caché».

 

1.36.5    [Confiance du cœur qui regarde à Dieu après avoir confessé son péché]

 

Cette manière d’introduire le Seigneur dans les châtiments qu’il inflige ; de l’introduire selon la plénitude de son amour et selon sa relation avec nous, est de toute beauté. Dieu devient ainsi, pour le cœur, la clef de ses propres voies. Le cœur retrouve son équilibre et, comme nous le voyons à la fin du Psaume, il a la conscience que Dieu est pour lui, sa ressource contre l’épreuve qui l’accablait auparavant, [38:1] épreuve à l’égard de laquelle, dans le sentiment du péché qui en avait été la cause, il suppliait Dieu de détourner sa colère et sa fureur. Tel est le résultat, lorsqu’on regarde directement à Dieu et que l’on confesse simplement, du fond de l’âme, le mal qu’on a commis envers Lui. Les rapports entre l’âme et Dieu sont réglés, et, dès lors, on règle avec Dieu les difficultés que le cœur éprouve de la part des adversaires. Le secret de tout consiste à regarder directement à Dieu Lui-même, tel qu’Il est dans sa relation avec nous, en confessant sincèrement le péché tout en remettant toutes choses entre ses mains. La confiance en l’Éternel est le mobile de toutes les pensées contenues dans ces Psaumes.

 

1.36.6    [Sentiment envers Dieu, lié à la relation avec Lui]

 

La relation de Père, que Dieu prend vis-à-vis de nous, chrétiens, et qui est réalisée par la foi, modifie en un sens la nature de nos sentiments. Nous avons, quand nous regardons à Lui, une impression plus profonde de sa tendresse pour nous et de sa grâce, de sa compassion et de son amour ; mais, en principe, notre sentiment est le même que celui qui est exprimé dans ce Psaume ; s’il est vrai que nous nous confions en son amour, Dieu n’en reste pas moins devant notre âme et notre conscience comme un Dieu qui exerce le gouvernement d’une manière conforme à la sainteté de sa propre nature. On remarquera que l’âme, tout en exprimant à Dieu son désir, est entièrement soumise et se tait sur les injustices de ses ennemis, parce qu’elle espère et se confie en Dieu, et qu’elle s’en remet à Lui, après avoir, dans un esprit de confession, rejeté tout son fardeau sur Lui et considéré l’épreuve comme venant de sa main. Autrement l’âme n’aurait pas mis le Seigneur entre elle et ses ennemis (vers. 13 et suivants).

 

1.37  Psaume 39

 

Le Psaume 39 exprime le néant de l’homme en présence d’un mal qui se présente avec des prétentions à la puissance, tandis que le saint s’en remet à l’Éternel. [39:1-2] En présence des méchants il est resté muet, de peur qu’il ne parlât follement ou qu’il ne s’élevât contre eux, comme si lui aussi avait de la force, [39:5] tandis que tout, dans l’homme, n’est que vanité. [39:9] Ensuite, dans l’épreuve qu’il a à traverser, le saint voit la main de Dieu, [39:7] il a recours à Lui afin d’être délivré et aussitôt, pour ainsi dire, toutes les prétentions des méchants s’évanouissent. [39:11] L’Éternel le châtiait à cause de son iniquité. [39:12] Le croyant est étranger en ce monde ; il y séjourne avec Dieu, [39:4] qui seul connaît la durée de ce pèlerinage. Il ne dépend pas de l’arrogance ni du succès des méchants ; il ne doit pas non plus s’inquiéter de leurs bruyantes prétentions ; autrement il agirait comme étant de ce monde dont il n’a rien à réclamer. Vivons-nous toujours ainsi ? Au verset 12, le saint prend cette place d’Abraham, de David et de tous ceux qui ont marché par la foi, mais sa requête comme juif croyant, ne va pas au-delà d’une délivrance terrestre ; seulement il rapporte à Dieu le châtiment et la délivrance. C’est aussi ce que nous pouvons faire, lorsque nous nous trouvons sous la discipline du Seigneur (v. 9, 10). En ce qui concerne le gouvernement et les voies de Dieu, ce désir est dans l’esprit du Nouveau Testament.

 

1.38  Psaume 40

1.38.1    [Christ prenant place avec les saints, motif de confiance et rédempteur]

 

Dans tous ces Psaumes, nous avons vu le saint en chute (le Résidu), regardant à un Dieu qu’il connaît selon sa relation personnelle et sa grâce immuable, malgré cet état de chute. Au Psaume 40, [40:1] nous trouvons Christ prenant une position de patience, mais sans chute, [40:4] et fournissant ainsi un motif de confiance, même pour ceux qui sont tombés, puisqu’il prend sa place avec eux dans leurs afflictions et dans le sentier de l’intégrité sur la terre ; car ils sont après tout les saints, les excellents de la terre [(16:3)]. [40:12] Aussi Christ ne manque-t-il pas de se placer Lui-même sous le fardeau du mal et des péchés sous lequel Israël s’est mis par sa propre faute. Quoique ceci soit vrai sous tous les rapports, quant à la rédemption d’Israël, nous connaissons cependant cette vérité d’une manière plus profonde, car Christ a glorifié Dieu de manière à nous donner une place dans le ciel.

 

1.38.2    [Souffrances de Christ avec le résidu d’Israël, non pour lui]

1.38.2.1   [Christ souffrant avec le résidu avec lequel Il s’identifie en grâce]

 

Telle n’est pas la pensée de ce Psaume ; mais la manière dont Christ s’identifie ici avec Israël, selon l’intégrité du Résidu fidèle, est profondément instructive et nous fait entrer d’une façon admirable dans l’intelligence de l’un des côtés particuliers de ses souffrances. Christ n’est pas envisagé ici comme mourant pour faire l’expiation ou porter la colère, mais comme mourant au milieu des souffrances, des douleurs et de l’angoisse. Et elles sont bien telles, quoique, en même temps, il subisse les souffrances expiatoires, en buvant la coupe de la colère ; et à ce point de vue il ne souffre pas avec son peuple, mais pour son peuple. [40:1] Ici, au contraire, Dieu est envisagé comme secourant Christ lorsque, dans son affliction, il s’attend à l’Éternel. Cette affliction pèse sur le Résidu, comme conséquence de l’opposition d’Israël, de ses fautes, de son abandon de Dieu. Christ qui a été fidèle à Dieu en toutes choses, comme il le dit dans ce Psaume, participe à cette affliction et y entre en grâce divine.

 

1.38.2.2   [Christ vu en relation avec Dieu comme partie d’Israël, et souffrant comme fidèle]

 

Il ne s’agit nullement ici de ses relations personnelles avec Dieu, mais de sa participation aux relations du Résidu avec Dieu, comme faisant partie d’Israël. Les siennes ont été parfaites ; les leurs, quoique fondées d’une part sur la fidélité de l’Éternel, sont, d’autre part, actuellement le fruit du péché. Christ est ici à la fin de sa vie, terminée moralement déjà quant à son service. Pendant cette vie, il avait accompli la volonté de Dieu, dans le corps qui Lui avait été préparé ; il avait déclaré fidèlement la justice de Dieu dans la grande congrégation (vers. 9), c’est-à-dire, publiquement au milieu d’Israël. [40:12] Maintenant, à cause de ce témoignage fidèle envers les hommes, des maux sans nombre tombent sur lui. La même chose arrivera au Résidu ; leurs épreuves, de la part des orgueilleux, seront la conséquence de leur fidélité et de leur témoignage, mais avec cette différence qu’ils les auront méritées comme impliqués eux-mêmes dans les péchés du peuple.

 

1.38.2.3   [Accomplissement pour Christ quand l’heure de l’ennemi est venue]

 

Nous savons que ce qui est dit ici de Christ, a eu lieu en réalité quand son heure fut venue, l’heure de ses ennemis et de la puissance des ténèbres [(Luc 22:53)].

 

1.38.2.4   [Attente parfaite dans l’épreuve, que la chair ne peut réaliser]

 

Dans ce Psaume, puisqu’il n’est pas question de ses souffrances en propitiation, mais de son association avec (et non pour, comme je l’ai dit) le Résidu, nous ne trouvons pas les paroles : «Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ?» comme au Psaume 22 [(v. 1)], qui contient le fondement de la grâce en justice. Ici, au contraire, il s’agit de la vie parfaite de Christ et de ses souffrances au moment de la quitter, [40:1] souffrances au milieu desquelles il s’en remet à la fidélité et à la bonté de l’Éternel, instruisant ainsi son peuple à s’y confier à son tour, et lui fournissant dans l’épreuve l’exemple de sa propre perfection : «J’ai attendu patiemment l’Éternel !». La patience avait là son œuvre parfaite [(Jac. 1:4)], leçon importante pour nous ! La chair peut attendre longtemps, mais jamais elle n’attend jusqu’à ce que le Seigneur intervienne, jamais avec une entière soumission ; jamais elle ne se confie en sa puissance et sa fidélité seules, selon la perfection dans l’obéissance à sa volonté. Saül attendit près de sept jours, mais ce en quoi était sa confiance charnelle, son armée, diminuait ; les Philistins, ses orgueilleux ennemis, étaient là ; il n’attendit pas jusqu’à ce que Dieu intervînt par le moyen de Samuel [(1 Sam. 13:8)]. Eût-il obéi, eût-il senti qu’il ne pouvait rien par lui-même et n’avait qu’à obéir et à attendre, alors il eût dit : «Je ne puis ni ne dois rien faire jusqu’à ce que l’Éternel m’envoie Samuel». Mais la chair s’appuyait sur sa propre sagesse et se confiait en sa force, malgré les formes de la piété, et tout fut perdu. Épreuve et défaite de la chair ! [40:1] Christ éprouvé s’attendit patiemment à l’Éternel. Il fut parfait et accompli dans toute la volonté de Dieu. Tel est aussi notre sentier en vertu de la grâce.

 

1.38.3    [Ps. 40 v. 1-4 — Perfection de Christ, modèle parfait pour nous]

1.38.3.1   [Attente patiente de l’Éternel jusqu’à ce qu’Il intervienne, sans volonté propre]

 

Voilà l’importante instruction personnelle contenue dans ce Psaume, sauf que la propre perfection de Christ est toujours la plus grande de toutes les instructions. Ici il se présente Lui-même comme modèle : [40:1] «J’ai attendu patiemment l’Éternel». C’est-à-dire, j’ai attendu jusqu’à ce que l’Éternel en personne intervînt. Quoique mis à l’épreuve jusqu’au bout, il n’y eut chez lui aucun mouvement de propre volonté ; de là sa perfection.

 

1.38.3.2   [La seule délivrance attendue et désirée est celle de l’Éternel]

 

Son cœur était parfaitement droit : il ne voulait d’autre délivrance que celle de l’Éternel. C’est là un point de toute importance quant à l’état du cœur. Il sait qu’il n’y en a pas d’autre, et que l’Éternel est parfaitement juste, lorsque sa volonté morale a été parfaitement accomplie et que sa justice a été revendiquée quand il le fallait. Il y a la perfection connue de la volonté de Dieu, le seul titre de Christ ; puis la perfection de sa soumission et son désir qui ne tend que vers Lui.

 

1.38.3.3   [Épreuve pour les saints, et ressource de crier à l’Éternel, qui exauce]

 

Comme il s’agit ici d’un modèle pour les saints, l’épreuve est considérée comme telle, la mort n’est mentionnée qu’en tant qu’elle peut être une épreuve ; [40:2] le puits de la destruction, le bourbier fangeux sont des images de détresse, de terreur et, humainement parlant, de danger. La ressource, c’est de crier à l’Éternel, et il est exaucé à cause de sa crainte. Ici Christ parle en personne, mais au verset 3, la délivrance le rend capable de s’adresser au Résidu : «Il a mis dans ma bouche un cantique nouveau, la louange de notre Dieu» ; ils peuvent chanter même la délivrance des maux venus sur eux en conséquence de leurs péchés. «Plusieurs le verront, et craindront, et se confieront en l’Éternel» ; ceci ouvre la porte aux Gentils.

 

1.38.3.4   [Application à d’autres de la délivrance divine manifestée en Christ]

 

Dieu est intervenu pour délivrer des effets du mal : [40:2] et il a mis, dit l’affligé, mes pieds sur un roc, au-dessus du mal et de tous ses effets. Cette fidélité de la grâce, cette délivrance divine manifestée chez Celui qui avait été plongé jusqu’au fond de l’épreuve, devient un lieu de repos pour la foi d’autres fidèles, d’autant plus que Christ avait subi l’épreuve comme conséquence de l’état du peuple devant Dieu. Aussi la fidélité de Dieu et sa délivrance sont-elles appliquées à l’état du Résidu, bien qu’applicables aussi à tout fidèle éprouvé par la méchanceté d’autrui et la puissance du mal, qu’il a peut-être attirée sur lui-même. [40:4] «Bienheureux l’homme qui a mis en l’Éternel sa confiance, et ne s’est pas tourné vers les orgueilleux», vers les prétentions élevées de l’homme et le succès apparent de sa méchanceté, ni «vers ceux qui se détournent vers le mensonge», qui abandonnent Dieu, pour chercher des refuges trompeurs et les déceptions de l’incrédulité.

 

1.38.4    [Ps. 40 v. 5 — Christ homme, associé au peuple, raconte les merveilles de Dieu]

 

Ensuite, comme homme, Christ commence à réciter les merveilles de la fidélité de Dieu envers son peuple : [40:5] «Tu as multiplié… tes œuvres merveilleuses et tes pensées envers nous». Il s’associe au peuple.

 

1.38.5    [Ps. 40 v. 6-8 — Christ homme obéissant, prenant la place d’obéissance]

1.38.5.1   [Introduction de Christ venant volontairement, homme obéissant à Dieu]

 

Le verset 6 introduit sur la scène, à part de tous, l’Être glorieux, Celui qui, dans l’éternité, pouvait s’entretenir avec l’Éternel, le Fils, la Parole qui était auprès de Dieu, qui était Dieu, qui était dès le commencement auprès de Dieu [(Jean 1:1-2)]. Selon ce qui était écrit de lui dans le rouleau du livre, il trouve préparée pour Lui la place de l’obéissance (tu m’as creusé des oreilles, formé un corps [(Héb. 10:5)]) ; et selon les conseils divins et par amour pour nous, il entre librement et volontairement dans cette place d’obéissance. Une fois qu’il l’a prise en devenant homme, et qu’il a revêtu la forme d’esclave [(Phil. 2:7-8)], [40:8] ses délices sont de faire la volonté de Dieu ; la loi de Dieu est au-dedans de ses entrailles. Tel est Christ comme homme obéissant ; se présentant dans sa libre volonté, prenant le corps qui Lui a été préparé, entrant comme esclave parfait dans la place de l’obéissance volontaire et joyeuse.

 

1.38.5.2   [Perfection de Christ, volontairement fait homme, parfaitement obéissant]

 

Le verset 6 nous présente la pensée et les conseils de Dieu ; le verset 7, Christ se présentant librement pour faire la volonté de Dieu selon ces conseils. Mais n’oublions pas qu’il parle après s’être fait homme et que les versets 6 et 7 sont une révélation de ce qui s’est passé dans le monde éternel (pensée merveilleuse !) nous disant comment Christ est devenu homme. Au verset 8, de même qu’au verset 5, Christ parle comme occupant sa place sur la terre. «C’est mes délices, ô mon Dieu, de faire ce qui est ton bon plaisir, et ta loi est au-dedans de mes entrailles». Telle est sa perfection comme homme.

 

1.38.6    [Ps. 40 v. 9-10 — Perfection du service de Christ, annonçant tout ce que Dieu est]

 

Aux versets 9, 10, nous trouvons la perfection de son service ; [40:9] il a annoncé la justice devant tout le peuple d’Israël, [40:10] il ne l’a pas retenue ni cachée au-dedans de son cœur ; c’est une leçon pour chacun de nous, mais il faut s’en servir sous la direction divine. [40:9] Il a annoncé la justice de Dieu, ses voies, sa nature, ses jugements, le jugement du mal et ce que Dieu était dans ce jugement, [40:10] puis sa fidélité et sa délivrance (il y avait cela en l’Éternel pour Israël), sa bonté et sa vérité. Il a annoncé la justice à l’homme et cela d’une manière parfaite ; il a pleinement déclaré ce que l’Éternel était envers Israël dans toute la perfection de sa nature et de son caractère. Tout cela il l’a fait, mais il en demande le plein accomplissement. Mais alors Celui qui avait librement entrepris ce service pour la gloire de Dieu envers Israël, se trouve dans une position nouvelle (v. 11, etc.) ; son dévouement Lui attire la haine du peuple, l’opposition de tous ceux qui prennent plaisir à son malheur.

 

1.38.7    [État du résidu, sentant sur lui les conséquences du péché d’Israël]

 

Ce grand débat et la nécessité de la délivrance des saints font surgir la question de savoir quel est, aux yeux de Dieu, l’état de ceux qui ont besoin d’être délivrés. Or, quoique ce Psaume ne parle pas de l’expiation, nous voyons ici que l’expression gouvernementale de la pensée de Dieu à l’égard du péché d’Israël pèse sur l’âme de Christ, comme elle pèsera en effet plus tard sur le Résidu ; car celui-ci, impliqué dans le péché d’Israël, comme faisant partie de ce peuple, sentira s’appesantir sur lui les conséquences des iniquités d’Israël et moissonnera ce qu’Israël a semé. Ainsi le Résidu sera sous le poids, non pas de la condamnation (car ce fardeau, Christ l’a porté pour eux dans l’expiation), mais des épreuves et de la détresse qui seront pour eux l’expression du déplaisir de Dieu. Mais au milieu de tout cela, la foi vraie s’attendra à la bonté et à la vérité de l’Éternel qui avaient été proclamées, tandis que la déclaration de la justice leur fera sentir qu’elle témoigne contre le péché, par l’angoisse qui en sera la conséquence : position analogue à celles des frères de Joseph devant lui.

 

1.39  Psaume 41

1.39.1    [Résumé du Ps. 40]

 

Le Psaume 40 nous a parlé du Seigneur venant prendre la place de l’obéissance dans le corps qui lui avait été préparé, descendant ici-bas pour être affligé et pauvre [(40:17)], et s’attendant patiemment à l’Éternel [(40:1)].

 

1.39.2    [Béatitude de ceux qui présentent les caractères de Christ]

 

[41:1] Le Psaume 41 parle de la bénédiction de ceux qui étaient capables de discerner cette place de l’affligé. Le Seigneur y était avant tous et l’a comprise mieux que personne ; mais nous savons, d’après les béatitudes de l’Évangile de Matthieu, comment il déclare bienheureux ceux qui, en vertu de la grâce, sont comme Lui pauvres en esprit [(Matt. 5:3)]. En réalité ces béatitudes sont, presque en entier, la description exacte de ce que Christ était, bien qu’elles soient présentées comme le caractère auquel est attaché la bénédiction : pauvre en esprit, débonnaire, pur de cœur, n’est-ce pas le portrait de Celui qui nous apportait la paix ? Dans l’Évangile de Luc, il s’adresse plus directement à ses disciples : «Bienheureux vous pauvres» [(Luc 6:20)], leur dit-il, mais il entre dans leurs épreuves et dans leur position, et quand il a mis dehors ses propres brebis, il va devant elles [(Jean 10:4)].

 

1.39.3    [Psaume accompli en Christ, identifié au résidu dans l’épreuve, s’attendant à l’Éternel]

 

Ce Psaume, tout en faisant le tableau d’un caractère général, a trouvé son accomplissement spécial en Christ, qui a cité le verset 9 comme accompli en Lui-même [(Jean 13:18)] ; et n’est-ce pas l’identification de ce dernier avec le Résidu qui donne aux Psaumes un si profond intérêt ? «Cet affligé a crié» (Ps. 34 [v. 6]), et nous trouvons ici l’intelligence de cette position : «Bienheureux celui qui comprend le pauvre» (v. 1). Nous trouvons d’autre part la confiance assurée que l’Éternel le maintiendra dans son intégrité et l’établira devant Lui pour toujours (v. 12). Lorsque l’affligé s’attend à l’Éternel, humble et soumis au milieu de l’épreuve, heureux celui qui entre dans sa position, y prend intérêt et en a l’intelligence spirituelle ! Ce misérable, que poursuit la méchanceté des hommes, regarde à l’Éternel et s’attend à sa miséricorde en intégrité de cœur.

 

2        LIVRE 2 — Psaumes 42-72

2.1      [Épreuve du fidèle quand le peuple est rejeté de la faveur de Dieu]

2.1.1       [Absence du nom de l’Éternel, au début du livre, car le peuple est chassé]

 

Les Psaumes 42 à 45, qui ouvrent le deuxième livre, offrent un détail qui donne un caractère tout particulier à la portée spirituelle aussi bien que prophétique de ce livre : c’est l’absence du nom que Dieu prend en rapport avec l’alliance. Au Psaume 46, nous trouvons la transition du nom de Dieu à celui de l’Éternel. Quelles que fussent les détresses et les afflictions décrites dans les quarante et un premiers Psaumes, du sein de l’angoisse le cœur du psalmiste regardait toujours librement vers l’Éternel ; il était en pleine relation avec Lui et jouissait du culte public dans lequel son nom était célébré. Mais ici, chassé dehors, il n’a que le souvenir de ces choses ; il est rejeté et ne peut plus que regarder, dans le secret de son âme et au milieu des circonstances du désert, à la nature et à l’essence même de Dieu.

 

2.1.2       [Différence entre les relations avec le Père et avec l’Éternel]

 

N’oublions pas la différence qui existe entre la nature des relations avec Dieu comme Père et comme l’Éternel, ni que le fidèle attend ici une délivrance extérieure et le jugement qui doit l’amener. Toutefois ce changement nous fournira d’importantes instructions.

 

2.1.3       [Foi mise à l’épreuve par l’affliction, Dieu cachant Sa face à Son peuple]

 

Le Psaume 22 exprime cette différence d’une manière frappante. Là, Christ lui-même, ayant été fait péché pour nous, était séparé de la jouissance de sa relation personnelle avec le Père, car il était fait péché pour nous ; au milieu de souffrances humaines, il ne trouve pas, cette unique fois, le soulagement divin. Quant à la colère actuelle de Dieu, il va sans dire qu’aucune âme pieuse n’a jamais à la subir ; mais, quant à l’affliction, la face de Dieu est cachée à Israël, et lorsque ce peuple est réveillé, il sent que Dieu lui cache sa face à cause du péché, quoique sa foi soit alors à l’œuvre ; or, telle est précisément la situation décrite par ces Psaumes. Nous y voyons la foi qui regarde à Dieu, lorsque toutes les circonstances sont contre celui qui la possède et l’exerce, et lorsque les fidèles sont exclus de la jouissance d’une communion publique et d’une relation avec Dieu, basée sur son alliance. C’est la situation dans laquelle Dieu place son peuple, lorsque la relation de l’alliance faite avec Israël est brisée (comme elle le sera et l’est déjà) ou qu’elle n’est pas connue. La foi reconnaissant la justice de cette situation, regarde, à travers toutes les épreuves, à la fidélité de Dieu comme telle. C’est, pour ainsi dire, une foi dénuée de tout, n’ayant, pour la soutenir, aucune des choses que Dieu donne à son peuple comme témoignage de sa faveur. Il en résulte que l’âme est pleinement mise à l’épreuve.

 

2.1.4       [Jugement complet de la chair, l’âme étant éprouvée pour se rattacher à Dieu seul]

 

Ce qui est en question ici pour l’âme, n’est pas de savoir dans quelle mesure elle jouit des dons de Dieu, mais dans quelle mesure son état peut se rattacher à ce que Dieu est en Lui-même, et compter là-dessus. L’âme est ainsi mise à l’épreuve jusque dans ses profondeurs, parce que tout ce qui est de la chair est complètement jugé, et qu’il ne saurait y avoir aucune relation entre cette dernière et Dieu. Cela, à coup sûr, ne sera jamais compris que par une nouvelle nature, capable de saisir ce que Dieu est, et de s’attacher aux promesses par grâce et par l’œuvre du Saint Esprit. Mais, de cette manière, la chair est complètement jugée ; on connaît, on discerne toute la différence qui existe entre elle et le nouvel homme, toutefois on ignore encore la rédemption. En conséquence de la nouvelle nature, on a la conscience d’avoir le désir de faire le bien, et qu’il y a une faveur divine, mais on n’a point de paix. Le cœur est mis à l’épreuve, pour que nous nous abandonnions à la grâce dans une dépendance absolue. C’est en pratique le même principe que nous trouvons au chapitre 7 de l’épître aux Romains.

 

2.2      Psaume 42

2.2.1       [Cas particulier d’expérience, après avoir goûté des bénédictions communes]

2.2.1.1      [Principe général du psaume ou cas d’une expérience particulière]

 

En parlant du Psaume 42, nous ne pouvons nous attacher qu’au principe général qu’il renferme (à moins qu’il ne s’agisse d’un cas tout particulier d’expérience chrétienne) : [42:4] parce que ce Psaume suppose que l’on se souvient des bénédictions qu’on a autrefois goûtées en commun.

 

2.2.1.2      [Cas d’une âme qui a perdu la première joie du salut, ignorant ses conséquences]

 

Voici le cas spécial dont je parle : Lorsqu’une âme a cru au pardon, qu’elle a reconnu, il est vrai, son état de péché, mais sans avoir été réellement sondée, ou sans avoir découvert la nature toute pécheresse de la chair, il se peut que cette âme vienne à perdre sa première joie, et qu’elle connaisse Dieu juste assez pour éprouver l’angoisse de ne pas avoir la lumière de sa face ; mais alors ce sentiment même lui inspire un désir sincère d’en jouir. Un cas semblable a lieu quand une âme s’est crue chrétienne, et que, par l’opération de l’Esprit de Dieu, elle découvre qu’elle s’est trompée. Dans les deux cas, l’effet réel et bienheureux de la position dans laquelle nous sommes placés par la rédemption, est ignoré.

 

2.2.2       [Soif de Dieu lui-même, après la perte de circonstances heureuses]

2.2.2.1      [L’âme soupire après Dieu, sentiment plus profond que la joie précédente]

 

Ce Psaume ne dépasse pas l’espérance, mais celle-ci est rendue plus profonde et plus vraie par l’épreuve ; il exprime plutôt le résultat de l’épreuve que l’épreuve elle-même par laquelle l’âme a dû passer ; c’est pourquoi, tout abattue qu’elle soit, nous trouvons ici une expression si bénie de son état. [42:2] Elle a soif de Dieu Lui-même ; différant en cela de l’âme du chrétien, qui peut se réjouir en Dieu (Rom 5) ; toutefois cette soif de Dieu est, sous certains rapports, quelque chose de plus profond que la première joie, parce que la joie n’est que partiellement réalisée, tandis que la soif est complète et que Dieu Lui-même, en Lui-même, est l’objet que l’on désire. Le Psaume fait, sans doute, allusion aux circonstances, et c’est la perte qu’elle a faite de Dieu en rapport avec des circonstances heureuses qui la soutenaient plus ou moins, c’est cette perte qui oblige l’âme à s’appuyer plus absolument sur Dieu même, à le vouloir lui seul ; et, comme nous le verrons plus loin, qui lui fait chercher sa joie auprès de Dieu. C’est cette soif de Dieu que l’âme spirituelle doit surtout rechercher dans ce Psaume. Celui qui parle ici a perdu la joie de la multitude (v. 4), [42:1] mais maintenant il soupire ardemment après Dieu Lui-même. Pour lui, le contraste est sensible, mais c’est de Dieu même qu’il ressent la perte pour son cœur. Voilà ce après quoi il crie. Les personnes et les circonstances heureuses disparaissent de son esprit, comme elles ont disparu de la scène, bien qu’il en ait joui avec Dieu. Individuellement, le cœur a besoin de Dieu pour soi. La nature divine en nous soupire après sa joie en Dieu, seul objet dont la plénitude la satisfasse, parce que cette nature est divine ; elle a une soif ardente de cet objet unique, grand et précieux, le seul qui remplisse tous les désirs et qui exclue tout autre objet.

 

2.2.2.2      [La joie est trouvée en Dieu seul, plutôt qu’au travers de Ses bénédictions]

 

Auparavant l’âme avait joui des bénédictions de la part de Dieu, et de Dieu Lui-même en elles. Maintenant c’est Dieu qui devient nécessairement, et d’une manière consciente, la bénédiction tout entière. L’épreuve a jugé tout ce qui est de la chair quant à l’état subjectif de l’âme, elle a mis fin à cette jouissance médiate de Dieu, qui n’avait lieu qu’au moyen des circonstances. Alors la vie divine, pour goûter son entière bénédiction et la conscience de ce qu’est cette bénédiction, trouve sa joie parfaite en Dieu Lui-même, en Dieu seul.

 

2.2.2.3      [Joie du cœur davantage liée à sa source plutôt qu’aux circonstances]

 

Cet exercice de l’âme est remarquable par sa profondeur. Ce n’est pas que l’âme doive renoncer à la joie ; mais la source de la joie, la pure bénédiction morale, prend une beaucoup plus grande place dans le cœur, et, comme nous allons le voir, le caractérise désormais. Vous rencontrerez des chrétiens qui, lorsqu’ils sont profondément éprouvés par la perte de bénédictions précédemment accordées par Dieu, deviennent bien plus calmes et ont un sentiment bien plus intime que le Seigneur est leur portion ; libérés désormais de l’influence des circonstances, ils jouissent davantage de ce précieux centre de repos.

 

2.2.3       [L’exclusion des bénédictions par l’ennemi rejette l’âme sur Dieu seul]

 

Bien que d’une manière douloureuse — et il en est ainsi même dans la discipline du Seigneur — l’ennemi contribue au progrès de l’âme dans cette direction. Les adversaires disent : Où est ton Dieu ? (v. 10). En chassant le fidèle, ils l’avaient exclu de la jouissance publique des bénédictions accordées par Dieu et qui, pour Israël, se rattachaient à son alliance. Job nous offre l’exemple d’une épreuve semblable. Où était désormais le signe que les fidèles eussent des bénédictions de la part de Dieu ? Ils les Lui avaient attribuées, ils avaient proclamé la fidélité et la puissance de Dieu pour protéger ; et maintenant leurs adversaires les raillent, et leur disent : «Où est ton Dieu ?» comme plus tard les malheureux Juifs l’ont dit à Christ ; mais ces paroles ont pour seul effet de rejeter l’âme vers Dieu, car elle n’a aucune ressource sauf ce que Dieu est Lui-même. Les adversaires lui avaient enlevé toute autre chose, en l’excluant des bénédictions dont l’abus tendait à mettre Dieu de côté. Ils avaient réussi à la priver de tout, ils ne lui avaient laissé que Dieu ; elle espère en Lui ; mais quelle est la conséquence ? Implorera-t-elle des bénédictions ? Nullement. Souvent l’âme, parce qu’elle cherche la joie, ne réussit pas à la trouver, car ce n’est pas cela qui purifie et qui bénit ; or, pour bénir, il faut que Dieu purifie ; tandis qu’une fois dépouillés de nous-mêmes et cherchant Dieu, nous trouvons la joie. De même ici, tout en se souvenant de la joie passée, l’âme s’écrie : «Je le célébrerai encore ; sa face est le salut» (v. 5).

 

2.2.4       [Ps. 42 v. 5-6 — L’affliction ressentie et reconnue fait sentir la dépendance de Dieu]

 

Il y a encore d’autres points à observer dans ce Psaume. La fierté, la résistance stoïque contre l’épreuve, ne poussent pas l’âme vers Dieu ; au contraire, elles la tiennent tout spécialement loin de Lui, lui apprennent, ou prétendent lui apprendre à se passer de Dieu. C’est ainsi que les Stoïciens enseignaient que l’homme de courage était l’égal de Dieu. Ici, l’âme a passé par l’affliction et elle sent sa dépendance, aussi peut-elle être à l’aise avec Dieu, à cause de sa bonté et de sa fidélité. Quand l’affliction est complète, sans ressources et sans secours, elle donne de l’intimité avec Celui qui a la volonté et le pouvoir de secourir. On est avec Dieu, on lui dit son affliction (v. 5). Auparavant le cœur raisonnait avec lui-même ; [42:6] maintenant il dit : «Mon Dieu ! mon âme est abattue au dedans de moi ; c’est pourquoi il me souvient de toi».

 

2.2.5       [Ps. 42 v. 7 — L’affliction vient de Dieu, pour amener une bénédiction]

 

Ceci nous amène à un autre point. Les afflictions elles-mêmes viennent de Dieu. Le jugement intérieur de soi-même et l’espoir en Dieu, l’introduisent Lui seul en toutes choses. Les ennemis ont disparu en même temps que les bénédictions : «Tes vagues et tes flots ont passé sur moi» (v. 7). C’est Dieu qui commença à s’occuper de Job, sans confier son dessein ni à Job, ni à Satan ; il se servit de la malice aveugle de l’Adversaire pour briser la nature insoumise de son serviteur, dont ce dernier lui-même ne se doutait pas, et pour amener une bénédiction. [42:7] «Un abîme appelait un autre abîme», mais c’était «à la voix des cataractes de Dieu».

 

2.2.6       [Ps. 42 v. 8-9 — Conscience de la relation avec Dieu, et confiance en Lui]

 

Lorsqu’on voit ainsi la main de Dieu dirigeant toutes choses dès l’origine afin d’accomplir son dessein, on est amené à la conscience d’une relation d’alliance avec Lui selon son caractère d’Éternel (pour nous c’est avec le Père) ; [42:8] et, selon cette relation, on s’attend à Lui pour l’avenir : «De jour, l’Éternel commandera à sa bonté ; et de nuit, son cantique sera avec moi, ma prière au Dieu de ma vie». [42:9] On acquiert ainsi de la confiance, de la hardiesse vis-à-vis d’un Dieu fidèle : «Je dirai à Dieu, mon rocher : Pourquoi m’as-tu oublié ?». Le mot abandonné n’est pas employé ici. Christ seul a été abandonné ; la foi sait qu’elle ne le sera jamais. Mais, en vertu de cette confiance dans l’amour infaillible de Dieu, le psalmiste demande à Celui qui est son rocher pourquoi il l’a laissé au pouvoir de ses ennemis. Chose digne de remarque ! Du moment que nous voyons la main de Dieu dans nos afflictions, nous pouvons attendre la délivrance, parce que c’est Dieu, et que sa main est sur nous en amour.

 

2.2.7       [Ps. 42 v. 10-11 — Le cœur se rejette entièrement sur Dieu et a sa joie en Lui]

 

Et maintenant les outrages des adversaires deviennent une occasion de requête à Dieu (v. 10), car lorsqu’ils disent : «Où est ton Dieu ?» la seule réponse c’est que Dieu se manifeste Lui-même. En attendant l’âme a soupiré plus profondément après Dieu Lui-même. Toute légèreté de cœur ayant disparu, cette manifestation a infiniment plus de valeur. Ici les assurances de bénédiction sont augmentées, [42:11] avant que l’âme angoissée n’ait dit qu’elle était assurée du salut de sa face et qu’elle en ferait le thème de ses louanges ; mais nous avons vu que le cœur purifié et exercé a été amené à se confier dans la parfaite fidélité de Dieu, selon la relation qu’il sait exister entre Dieu et lui. Le cœur, sans être encore délivré extérieurement, s’attache à Dieu comme à l’objet de ses désirs et de sa confiance. Aussi s’écrie-t-il maintenant : «Il est le salut de ma face et mon Dieu». Sa face reflète en joie le resplendissement de la face de Dieu en amour. La détresse, la privation de toutes les bénédictions, même religieuses, qui lui avaient été données, ont fait que le cœur s’est rejeté sur Dieu et regarde à Lui comme à l’unique source de joie, avec cette confiance qui s’établit dès que l’âme est près de Dieu et qu’elle reconnaît, par la foi, la relation qui existe entre elle et Lui. Il ne peut en être autrement. Peut-être la paix complète, la pleine jouissance du cœur, se feront-elles attendre, si le Seigneur juge nécessaire de purifier encore et d’éprouver ; mais on s’appuiera cependant sur lui avec confiance [42:2] et l’âme sera amenée de cette façon à avoir réellement soif de lui. «Mon âme a soif de Dieu». Elle s’adresse à Lui ; nous ne trouvons pas ici la réponse, mais nous voyons l’état de l’âme amenée à espérer simplement en Dieu Lui-même, assurée que la lumière de sa face brillera sur elle et qu’elle y trouvera la joie et la santé.

 

2.2.8       [L’âme brisée par l’épreuve se souvient de Dieu et de sa relation avec Lui]

 

Encore un détail : c’est quand l’âme a été brisée, c’est quand la résistance de son orgueil a cédé, qu’elle se souvient de Dieu (v. 6). Quand elle voit la main de Dieu dans ses épreuves (v. 7), [42:8] elle voit aussi que l’Éternel (Dieu connu dans sa relation avec elle) «commandera à sa bonté» ; or Dieu est le Dieu de sa vie [42:9] et Il est son rocher.

 

2.3      Psaume 43

2.3.1       [L’âme restaurée demande la délivrance pour jouir de Dieu et Le louer]

 

Dans le Psaume 42, nous venons de voir l’âme restaurée intérieurement et amenée à avoir véritablement soif de Dieu Lui-même [(42:2)] ; cherchant toute sa joie en Lui. Arrivée là, nous la voyons au Psaume 43 demander une délivrance qui la rende capable de jouir pleinement de Dieu en toute liberté. [43:4] Dieu est devenu «l’allégresse de sa joie» et, ainsi restaurée, elle sera appelée de nouveau à l’adorer librement, à pouvoir exprimer la plénitude de sa joie et de sa reconnaissance. Dieu n’est pas nommé ici le Dieu de sa vie, mais le Dieu de sa force (v. 2). Jusqu’à ce que l’âme fût arrivée à considérer Dieu Lui-même comme sa joie, ce cri de délivrance, cri naturel sans être mauvais, s’il était soumis à la volonté de Dieu (au fond, la soumission fait plutôt désirer d’être purifié, que délivré de l’épreuve), ce cri exprimait un certain désir de soulagement et de tranquillité, choses qui, cependant, ne sont pas à mépriser lorsque c’est Dieu qui les accorde. Mais maintenant que l’âme est purifiée, le cri de délivrance se lie au désir de louer et de glorifier Dieu.

 

2.3.2       [Le désir de la délivrance doit suivre la restauration, selon la volonté de Dieu]

 

Notez ce changement qui s’opère dans une âme, traversant l’épreuve dispensée justement et en amour de la part de Dieu, quoiqu’injustement peut-être de la part des hommes. Il est naturel que le cœur désire d’être mis en liberté ; mais, comme Élihu le dit à Job, si ce n’est pas en étant soumis aux voies de grâce de Dieu, alors c’est préférer l’iniquité à l’affliction (Job 36:21) ; on manque ainsi à la fois de droiture et de soumission. Dès que le cœur est complètement restauré, le désir de la délivrance est parfaitement à sa place ; ensuite, si notre conscience est droite, nous savons très bien et Dieu sait parfaitement que, si nous Lui sommes soumis et désirons avoir un cœur parfait, la délivrance arrivera sûrement au moment convenable. Tout notre désir est d’être manifestement en paix avec Dieu, ou de le glorifier et de le louer publiquement.

 

2.3.3       [Le fidèle désire que le Dieu de sa joie l’amène là où il pourra L’adorer]

 

Au Ps. 42, les ennemis extérieurs outrageaient le fidèle ; ils étaient, à ses yeux, les vagues et les flots de Dieu (v. 7) ; mais la chose terrible, c’était leur question : «Où est ton Dieu ?» [(42:10)]. Alors l’âme eut soif de Lui [(42:2)] ; maintenant elle désire qu’il lui soit fait justice et implore la délivrance (v. 1). Il y avait une épreuve plus sensible que l’oppression extérieure, quoique celle-ci existât encore ; c’était la méchanceté directe des iniques : «Délivre-moi de l’homme trompeur et inique». [43:3] Le fidèle désire que la lumière et la vérité de Dieu apparaissent, pour le conduire et l’amener à la montagne sainte de Dieu. Ce n’est plus seulement la conscience que Dieu est la joie secrète de son âme, mais que ce Dieu qui est sa joie l’amènera maintenant, par sa puissance, à le louer, à l’adorer publiquement. Le Dieu qui est sa force l’amènera là, et le fidèle sera en présence de Celui qui est l’allégresse de sa joie (v. 4).

 

2.3.4       [Dieu est le salut et la joie du fidèle, dont l’allégresse éclate en adoration]

 

Cet espoir encourage son cœur et le ramène aussi à ce qui était le secret et la plénitude de sa joie ; [43:5] à son espérance que Dieu serait le salut de sa face. [43:4] Moralement, Dieu était l’allégresse de sa joie ; et cette allégresse éclatait dans une adoration pleine de joie et se reflétait sur la face radieuse de celui qui en jouissait.

 

2.3.5       [En attendant la restauration extérieure, Dieu est la joie et la bénédiction du fidèle]

 

Dans le Psaume précédent, le résultat de l’épreuve est la soif de l’âme après Dieu [(42:2)], quoiqu’elle désire la bénédiction. Ici, ce dernier point est réalisé dans l’âme, mais quoiqu’elle ne soit pas encore rétablie dans les bénédictions extérieures et publiques, [43:4] Dieu est son allégresse, son Dieu, et cette restauration extérieure est attendue prochainement.

 

2.4      Psaume 44

2.4.1       [Application des psaumes du second livre à l’état du chrétien]

2.4.1.1      [Développement d’exercices moraux quand l’âme ne jouit plus de sa relation avec Dieu]

 

Le second livre des Psaumes présente à coup sûr un développement d’exercices moraux plus complet, plus profond, que le premier livre. L’âme y est mise en rapport direct avec Dieu ; mais l’application de ces Psaumes à l’état du chrétien n’en est pas plus facile, par la simple raison, que ce livre n’a pas pour sujet les exercices qui découlent de la relation avec Dieu lorsqu’on est sous le poids de l’épreuve, mais les exercices de l’âme avec Dieu lorsqu’elle a perdu la jouissance de sa relation.

 

2.4.1.2      [La relation du chrétien avec Dieu le place au-delà de la position de ces psaumes]

 

Pour appliquer au chrétien le contenu du premier livre, il suffisait de saisir la différence entre la relation de l’Éternel et celle de Père. Mais la relation du chrétien avec Dieu étant fondée sur la destruction de tout ce qui est dans la chair, quiconque a cette relation est placé, par cela même, au-delà de la position tout entière, exprimée dans le second livre des Psaumes. La condition chrétienne est céleste ainsi que les exercices qui en découlent ; aussi l’état chrétien proprement dit se trouve-t-il encore moins ici que dans le premier livre. Cependant, la relation avec Dieu d’une âme exercée y est mise en relief.

 

2.4.2       [Deux principes du psaume : fidélité à l’autorité de Dieu, et confiance malgré l’épreuve]

2.4.2.1      [Les fidèles d’Israël reconnaissent le gouvernement de Dieu, Sa grâce et Sa faveur]

 

Dans le Psaume 44, les fidèles reconnaissent que c’est uniquement en vertu de la grâce et de la puissance divines qu’ils ont joui des bénédictions, des signes de la faveur de Dieu, dont ils sont maintenant privés. [44:4] Le gouvernement direct de Dieu est reconnu : «C’est toi qui est mon roi, ô Dieu !». C’est le langage d’Israël, toujours vrai pour nous, quoique l’autorité de Dieu, sans être moins absolue, soit infiniment plus intime dans nos relations actuelles ; car Il est notre Seigneur par la rédemption.

 

2.4.2.2      [Les fidèles ne renient pas le Seigneur malgré l’épreuve]

 

Nous ne renions pas le Seigneur qui nous a achetés ; telle est aussi la confiance des fidèles dans ce Psaume : [44:8] ils se glorifieront en Élohim et célébreront son nom à toujours ; [44:9] quoique Israël fût rejeté [44:10] et que ses ennemis eussent le dessus, [44:17] ils restaient fermes, n’ayant point oublié Dieu, ni violé son alliance.

 

2.4.2.3      [Fidélité et attachement à Dieu, et confiance dans Son secours, malgré tout]

 

Deux grands principes sont en jeu ici : d’une part, la fidélité qui s’attache à la volonté et à l’autorité de Dieu, malgré la ruine et l’apparence du plus complet abandon ; d’autre part, la confiance qui ne cherche pas d’autre secours que Dieu Lui-même, alors qu’Il semble avoir abandonné les fidèles. L’intégrité et la foi personnelle sont ainsi mises complètement à l’épreuve ; or, c’est précisément ce dont l’âme a besoin pour pouvoir être introduite de nouveau dans la pleine jouissance de bénédictions positives. Le fait que Dieu éprouve ainsi son peuple, est d’une haute importance (aujourd’hui c’est spirituellement qu’Il l’éprouve avant de lui faire trouver la paix). L’épreuve produit cette confiance absolue en Dieu Lui-même, qui caractérise le second livre des Psaumes ; elle montre aussi, que le cœur fidèle préfère l’intégrité avec Dieu à toute espèce d’aise ou de confort ; car, même si la confiance et la droiture ne leur rapportent rien, les fidèles tiennent à Dieu pour l’amour de Lui ; Lui-même est leur objet, à la fois moralement et dans ses droits sur eux. Dès lors, le cœur ne peut se tourner vers autre chose, car c’est Dieu qu’il lui faut ; ni chercher aucun secours qui le ferait sortir des voies de Dieu.

 

2.4.3       [Les épreuves sont attribuées à Dieu, qui semble abandonner le fidèle]

 

Cette réflexion introduit un autre sujet, auquel ce Psaume nous conduit : Les épreuves qui accompagnent l’abandon apparent dans lequel le fidèle se trouve, il les attribue à la propre main de Dieu. [44:10-11] «Tu nous as fait retourner en arrière… tu nous as livrés comme des brebis destinées à être mangées, etc.».

 

2.4.4       [Épreuve quand l’ennemi a le dessus, selon le gouvernement de Dieu]

 

Outre l’application individuelle, je voudrais faire encore une observation qui se rattache à notre Psaume. Lorsque Dieu châtie et couvre de confusion son peuple, engagé dans une lutte publique avec la puissance du mal ; lorsque, dans l’exercice de son gouvernement, il permet que le pouvoir de l’ennemi ait le dessus, c’est là, pour les siens, une épreuve immense, non seulement à cause de leur propre affliction, mais parce que le nom de Dieu est déshonoré. En cela l’ennemi triomphe, mais c’est là aussi que le gouvernement de Dieu se montre.

 

2.4.5       [Épreuve sous le gouvernement de Dieu, attachant le cœur à Dieu seul]

2.4.5.1      [Souffrances pour le nom de Dieu, à cause de ce qu’Il est, par amour pour Lui]

 

Nous apprenons dans ce Psaume, quelles sont les méditations de l’âme intègre au milieu de ces circonstances douloureuses ; [44:19] quoiqu’elle eût été écrasée dans le lieu des chacals et couverte de l’ombre de la mort, [44:17] elle n’avait pas oublié Dieu, ni violé son alliance. Au contraire ; s’il fallait que le gouvernement public de Dieu s’exerçât vis-à-vis de ce qui professait son nom et afin de séparer les fidèles qui pouvaient se trouver au milieu d’un peuple professant — toutefois, quant aux fidèles eux-mêmes, ils souffraient réellement pour le nom de Dieu. Je crois qu’il faut distinguer ici entre le nom de Dieu et le nom d’Éternel ; sans doute, Dieu était l’Éternel, comme il est pour nous le Père ; mais il s’agit ici de ce que Dieu est comme tel. Ce n’est pas seulement la fidélité à ne point renier le nom révélé, mais les souffrances avaient lieu à cause de ce que Dieu est ; on ne se tournait pas, dans son cœur, vers les idoles ; on préférait souffrir tout au monde plutôt que renier le vrai Dieu. Les fidèles agissaient ainsi pour l’amour de Lui, à cause de ce qu’Il était, quoique les bénédictions leur fissent défaut, et parce que le Dieu qui était en alliance avec son peuple était le vrai Dieu. Ils ne voulaient pas être éprouvés seulement en vue des bénédictions de l’alliance, mais pour l’attachement de leur cœur à ce que Dieu était dans sa nature. En principe, il en est de même quant a nous. C’est de la joie, parce que l’amour de l’intégrité, la participation à la nature divine — par laquelle nous nous réjouissons en ce qui est bien, en ce qui est de Dieu — donne la conscience d’elle-même, c’est-à-dire la joie consciente propre à cette nature qui se réjouit de ce qui est juste et bon.

 

2.4.5.2      [Dieu Lui-même dans Sa nature comme objet de la joie, au milieu de l’épreuve]

 

Ce n’est pas de la propre justice, mais la joie consciente de la nature divine dans ce qui est bon ; la propre joie divine selon sa nature. Seulement, pour ce qui nous concerne, il faut que cette joie ait un objet : Dieu lui-même ; alors cette joie est manifestée en nous, lorsque nous souffrons pour Lui. [44:22] C’est pourquoi il est dit ici (car les ennemis haïssaient Dieu) : «À cause de toi, nous sommes mis à mort tous les jours, nous sommes estimés comme des brebis de tuerie». Afin que les affections du cœur soient mises en pleine lumière et que les souffrances soient réellement pour l’amour de Dieu, il faut qu’il y ait absence des bénédictions qui appartiennent à sa puissance. Les fidèles sont donc abandonnés, pour un temps, à l’oppression de l’ennemi ; et cette dispensation, tout en scrutant leur cœur pour reconnaître s’il n’y a point de voie de mensonge, les amène à souffrir à cause de ce que Dieu est. Ensuite, au temps convenable, leur cri d’angoisse trouvera de sa part une réponse, car il ne peut sans motif laisser au pouvoir du mal ce qui répond à sa nature : l’intégrité envers Lui. Il en est toujours ainsi : bien que les sources de notre joie soient toutes dans un autre monde, néanmoins, comme règle, Dieu, conformément à son alliance, délivre dans ce monde-ci. Par rapport à la terre, ce cri des fidèles introduit le Messie.

 

2.4.6       [Progrès par rapports aux psaumes 42-43, le fidèle s’attachant à Dieu malgré tout]

 

Je crois voir, dans le Psaume 44, un progrès sur les deux Psaumes précédents. Ceux-ci représentaient le fidèle délaissé ; il recherchait la lumière de la face de Dieu ; alors tout allait bien. Ici le fidèle, en dépit de tout, s’attache à Dieu lui-même, dans l’intégrité de son cœur. En principe, c’est la même chose dans ces trois Psaumes, mais d’une manière plus absolue dans le dernier ; et c’est ce dont on a besoin. C’est précisément cet attachement à Dieu même, en dépit de tout, qu’il faut apprendre ; car c’est là que l’on peut voir si le cœur est absolument pour Dieu.

 

2.5      Psaume 45

2.5.1       [Célébration du Messie, Roi victorieux, joie différente de celle du chrétien]

 

Ce Psaume a évidemment pour objet de célébrer le Messie, le Roi. [45:1] Le cœur sent qu’il bouillonne d’une bonne parole. Lorsque Christ est devant l’âme, il la ranime, il la réveille. Ici, c’est en sa qualité de Roi victorieux, en sorte que nous trouvons ici plus exclusivement son triomphe humain, et moins l’appréciation chrétienne proprement dite de sa personne. La puissance du mal sera alors terrassée et le cœur s’en réjouira avec chants de triomphe. Pour nous, maintenant, la joie est plus profonde, plus divine. Collectivement, nous attendons l’Époux ; individuellement, le Sauveur qui n’a pas honte de nous appeler ses frères [(Héb. 2:11)]. En pensant à Lui comme à une personne divine, nous sentons la profondeur de cette œuvre divine, insondable, dans laquelle Dieu a rencontré le péché et l’a aboli pour nous ; nous contemplons la gloire dans laquelle Christ est entré, et dont il est digne à la fois dans sa personne et par son œuvre. Toutefois, nous pouvons comprendre la joie triomphante des Juifs délivrés, ou du moins celle que produit l’anticipation de leur délivrance par le Messie.

 

2.5.2       [Ps. 45 v. 10-11 — Rupture des anciens liens naturels pour jouir de Christ seul]

 

Mais à côté de cette joie, le Psaume 45 contient un principe d’une grande importance : [45:10] La fille est appelée à oublier son peuple et la maison de son père, [45:11] et le roi désirera sa beauté ; alors, au lieu d’être bénie en ses pères elle sera bénie en ses fils (v. 16). L’association avec Christ rompt les anciens liens naturels et en forme de tout nouveaux. Ce principe est évidemment d’un caractère absolu et décisif ; mais le v. 11 l’établit de la manière la plus forte : «Oublie ton peuple, et la maison de ton père ; et le roi désirera ta beauté !». Pour le chrétien, s’il veut pouvoir marcher de manière à faire les délices du Seigneur, il faut donc qu’il y ait une rupture complète d’avec tout ce à quoi la nature se rattache. Les doctrines qui forment la base de ce principe, ne sont pas exposées ici ; cela ne conviendrait pas aux Psaumes. Il s’agit ici de l’état de l’âme, [45:10] elle doit oublier tout ce qui, selon la nature, avait un droit sur elle ; c’est l’introduction de Christ qui rend cela nécessaire. Christ lui-même aussi, en a fini avec le monde par la mort, et il est entré par la résurrection dans un monde nouveau. Son droit est absolu, en contraste avec tous les autres. En tout ce qui est selon la nature, il n’y a point de lien, point d’association avec les bénédictions dans lesquelles Il introduit ; c’est un ordre de relations tout différent. Les relations anciennes, à leur place, revendiquaient naturellement leur droit sur le cœur ; mais Christ, en nous amenant à Lui-même, en fonde de nouvelles dont il est le centre et il possède un droit divin. On entre dans les nouvelles relations, en abandonnant les anciennes, par la rédemption qui nous en délivre. Il faut que Christ, de droit divin, possède le cœur tout entier, Lui qui, en se donnant pour nous et à nous, nous introduit dans une scène toute nouvelle en relation avec lui. Lui seul peut prétendre à notre cœur ; accepter d’autres prétendants, c’est renier ses droits ; c’est abandonner notre nature divine et notre position en lui ; c’est retourner aux choses anciennes. Être à lui, voilà tout notre être, et, comme la Parole l’exprime, «Christ est tout» [(Col. 3:11)]. Nous renions cette vérité si nous acceptons la concurrence d’autres droits que les siens.

 

2.5.3       [Christ fait tout nouveau, ce qui était ancien étant mis de côté pour l’avoir Lui]

 

Ceci peut se dire de la religion comme d’autre chose. Lors du règne de Christ, il faudra que le Juif cesse de se glorifier dans ses pères pour se glorifier en Lui ; et, quant à nous, quelque religion légale ou charnelle que nous ayons eue, tout est mis de côté ; tout ce qui était gain est devenu perte [(Phil. 3:7)] ; les choses anciennes sont passées [(2 Cor. 5:17)] ; nous en avons été sortis. Christ et l’avenir qu’il donne, sont notre tout. Christ peut nous placer au milieu de devoirs actuels en rapport avec des relations humaines, et il le fait ; mais quiconque regarde en arrière n’est pas propre pour le royaume de Dieu. Auparavant tout avait failli ; Christ est joie et bonheur, et cela d’une manière stable et en puissance. On trouvera cette vérité pleinement établie comme doctrine et comme expérience en 2 Corinthiens 5 [(v. 16-17)] : «Si même nous avons connu Christ selon la chair, toutefois maintenant nous ne le connaissons plus ainsi. En sorte que, si quelqu’un est en Christ, c’est une nouvelle création ; les choses vieilles sont passées ; voici, toutes choses sont faites nouvelles».

 

2.6      Psaume 46

2.6.1       [Dieu est notre refuge dans la détresse, et nous pouvons nous attendre à Lui]

 

Le Psaume 46 nous présente une vérité très simple, mais bien solennelle et importante ; une vérité dont les chrétiens ont besoin pour traverser les souffrances de ce monde, et pour se garder de la disposition à chercher du secours dans les efforts humains. «Tenez-vous tranquilles et sachez que je suis Dieu» (v. 10). Voilà l’exhortation ; [46:1] l’encouragement, le voici : «Dieu est notre refuge et notre force, un secours dans les détresses, toujours facile à trouver». Si tel est le caractère de DIEU, [46:3] lorsque les eaux viendraient à bruire et à écumer et que les montagnes seraient ébranlées à cause de l’emportement de la mer, [46:2] nous pouvons être tranquilles. Qu’importe le tumulte et la puissance des eaux, si Dieu, notre refuge, est présent. Seulement il nous faut attendre qu’Il intervienne, et c’est là l’épreuve de la foi ; [46:10] aussi il ajoute : «Sachez que je suis Dieu». On peut être mis à l’épreuve, soit comme exercice de patience, soit en résistant à l’envie de se délivrer par des efforts humains ; mais la vérité que nous trouvons dans ce Psaume est un encouragement précieux et béni, qu’aucune affliction quelconque ne saurait diminuer ; car c’est de la créature que vient la détresse, tandis que Dieu est Dieu. Toutefois, cela suppose que l’on ne cherche pas d’autre refuge ; c’est la confiance parfaite, même lorsque tout est contre nous.

 

2.6.2       [Dieu seul, dans Sa nature, est le secours et le refuge sûrs contre l’adversité]

 

[46:1] Le point capital, c’est que Dieu, comme tel, est notre refuge et notre force. Il ne dit pas : «l’Éternel» (Jéhovah) et ne parle, plus bas, de l’Éternel que lorsqu’il est question de relations [(46:7)]. Il s’agit ici de Dieu dans sa nature, en contraste avec l’homme et même avec toute puissance quelconque ; car si Dieu est pour nous, qui sera contre nous [(Rom. 8:31)] ? La foi saisit cette vérité. Dieu est un refuge où nous pouvons trouver un abri sûr, et Il est la force, de sorte qu’aucune puissance adverse ne peut réussir à nous atteindre. L’angoisse est à son comble, un pouvoir insolent s’élève contre nous ; Lui est notre secours facile à trouver, notre abri infaillible ; mais ce secours peut ne pas toujours paraître facile à trouver. Aussi l’on regarde à Dieu Lui-même, et le fait que nous sommes absolument rejetés sur Lui seul et qu’il n’y a pas d’autre ressource, rend indifférente à nos yeux toute la puissance du mal, puisqu’il ne peut absolument rien contre Dieu. «Quelle est cette confiance que tu as ?» disait le roi d’Assyrie à Ézéchias [(2 Rois 18:19)]. S’il s’agissait d’autres secours, nous pourrions les comparer ensemble, en peser la valeur ; pour celui-ci, il ne faut que la foi : «Vous croyez en Dieu» [(Jean 14:1)].

 

2.6.3       [Tout effort humain doit être banni, pour s’attendre à Dieu seul]

 

Tout effort est vain qui s’oppose à ce qu’Il nous aide ; mais il faut savoir attendre le secours. Les moyens humains l’excluent, car alors c’est une autre espèce de ressource qui n’est pas la foi. Dieu peut nous demander d’agir, alors la foi le fait avec confiance ; mais ce n’est jamais selon les voies humaines, et quand l’affaire est entre les mains de Dieu, dès qu’il ne s’agit point d’un devoir, notre rôle est d’être tranquilles et nous connaîtrons bientôt qu’il est Dieu. Les efforts de l’homme gâtent tout ; les plans humains ne valent jamais rien. Dieu interviendra à sa manière et à son heure. Certes, il y a des devoirs ; en avez-vous, accomplissez-les ; mais quand il n’y a pas de devoirs et que la puissance du mal est à l’œuvre contre nous, notre devoir est de rester tranquilles. Les efforts humains prouvent le manque de foi et de quiétude ; les plans ne sont autre chose que la chair.

 

2.6.4       [Intégrité, confiance absolue et patience, pour profiter de la délivrance divine]

 

Nous avons vu ailleurs que l’intégrité est nécessaire pour se confier en Dieu, parce que c’est en la sainte nature de Dieu qu’on se confie. Cette confiance absolue est requise lorsque la puissance du mal va en grandissant ; et le sentier du saint est caractérisé par la patience jusqu’au moment de la délivrance.

 

2.6.5       [Dieu donne la paix et rafraîchit dans Sa demeure, Sion ou maintenant l’Église]

 

Nous trouvons encore ici une autre pensée. [46:4] Dieu, le Très-Haut sur toute la terre, a une demeure où les fleuves de sa grâce rafraîchissent ; cette demeure qui était la ville de Dieu, Sion et le temple, est maintenant l’Église. C’est là que coulent les ruisseaux rafraîchissants ; il la préservera (il le fera pour l’Église d’une manière encore meilleure que pour Sion, la cité de ses fêtes solennelles), et c’est là qu’il entre dans le caractère particulier de sa propre relation. C’est là qu’il donne la paix, ayant détruit toute la puissance de l’ennemi. Alors, quiconque aura attendu saura qui est Dieu ; nous, nous le saurons au milieu de scènes encore plus saintes et plus radieuses.

 

2.7      Psaume 47

2.7.1       [Annonce du triomphe d’Israël, et louange de Dieu, roi puissant sur la terre]

 

Je n’ai que peu de mots à dire sur ce Psaume. C’est l’annonce prophétique du triomphe du peuple de Dieu, lorsque la délivrance est intervenue. Ce qu’il est utile d’observer, c’est combien le gouvernement du monde est en rapport étroit avec Israël. [47:2] Dieu, le Très-Haut, est un grand roi sur toute la terre. [47:3] Puis les peuples et les nations sont assujettis à Israël, [47:4] et Dieu choisit l’héritage pour le résidu de son peuple — Jacob lequel il aime. [47:6] Tout cela aboutit aux louanges de Dieu Lui-même, en réveillant l’adoration de son peuple : quelles que soient les bénédictions et la gloire du peuple de Dieu, son bonheur est dans la gloire de Dieu Lui-même. [47:2] D’abord sa puissance est célébrée, [47:1] et ceux d’entre les peuples qui sont en relation avec Israël sont invités à s’en réjouir avec une voix de triomphe, parce que cette puissance est aussi leur délivrance et leur bénédiction ; Israël sait cela et le leur annonce. Là ce peuple trouve enfin sa place ; mais il en résulte que Dieu domine dans sa pensée. C’est ce qui arrive toujours quand l’âme connaît réellement la bénédiction ; elle se tourne vers Celui qui bénit.

 

2.7.2       [Ps. 47 v. 5-8 — Dieu célébré dans Sa gloire, connue des siens par la bénédiction]

 

Alors, ce ne sont pas seulement des actions de grâces, mais l’âme célèbre tout ce que Dieu est en tant que connu des siens sous le caractère d’un Dieu qui les bénit. Sa propre gloire à Lui, est leur joie ; ils ne le connaissent pas simplement à cause de ses bénédictions, mais dans sa propre gloire qui se fait connaître en bénissant. Ainsi les versets 5-8 célèbrent ce que Dieu est, manifesté et connu de cette manière. De même en Rom. 5:11, non seulement le salut est constaté, mais il est dit : «Nous nous glorifions en Dieu… par lequel nous avons obtenu la réconciliation».

 

2.7.3       [Ps. 47 v. 7-9 — Louange à Dieu selon Ses relations avec les saints]

 

Ensuite, au v. 7, on est appelé à célébrer ses louanges avec intelligence. Les relations de Dieu sont établies au v. 8 ; et c’est un point que nous négligeons facilement, car nous sommes appelés à vivre et à louer Dieu conformément à ses relations avec nous. Il est pour nous «le Père», Christ est «le Seigneur» ; tandis qu’ici, dans le royaume, il «est assis sur le trône de sa sainteté», et il «règne sur les nations», caractères qui n’ont affaire qu’au déploiement de sa puissance sur la terre. [47:9] Ceux d’entre les peuples qui sont de bonne volonté se réunissent, s’associant à une nation particulière, qu’ils reconnaissent comme le peuple de la promesse, celui du Dieu d’Abraham. «Les boucliers de la terre sont à Dieu ; il est fort exalté» ; telle doit être la dernière pensée qui domine dans le cœur des saints.

 

2.7.4       [Sujet du règne de Dieu en général, en lien avec Israël qui le célèbre]

 

J’ajoute, en terminant, que ce Psaume s’occupe du règne de Dieu à son point de vue le plus général, en rapport avec l’exaltation divine, mais en connexion avec Israël qui la célèbre.

 

2.8      Psaume 48

 

Le Psaume 48 contient des détails locaux et les jugements par lesquels le trône de Dieu est établi en Sion. Ce que les fidèles avaient entendu (Ps. 44 [v. 1]) ils le voient maintenant (v. 8). Ainsi se termine le tableau historique de cette période. Elle commençait avec le rejet du résidu, tandis que le méchant était assis en puissance sur le trône ; elle se termine par l’établissement du trône de justice en jugement. Les événements des derniers jours passent devant les yeux des fidèles.

 

2.9      Psaume 49

2.9.1       [Vanité du monde et impuissance de l’homme devant la mort, dont Dieu rachète]

 

Le Psaume 49 est un commentaire détaillé de tout ce qui précède, et nous montre la place que l’homme occupe dans ce tableau. Ce Psaume met en lumière la vanité du monde, et ses rapports avec le jugement de Dieu à la fin, mais ce qui est dit ici s’applique à tous les temps, bien que cela ne doive être publiquement réalisé qu’alors. La mort prouve la folie de toute sagesse, de toute prévoyance et de toute grandeur humaines : observation générale d’après laquelle on se dirige rarement, mais qui est toujours vraie. Il est dit de la sagesse (Job 28:22) : «La destruction et la mort disent : De nos oreilles nous en avons entendu la rumeur». Elles ne peuvent pas donner la sagesse positive, mais elles peuvent montrer d’une manière négative que cela seul a quelque valeur, qui n’appartient pas à l’homme mortel. [49:11] L’homme établit sa famille, perpétue son nom : [49:12] il disparaît ; rien n’arrête la main de la mort. Il n’est pas au pouvoir de l’homme de racheter de la mort (v. 7). Il vient un matin (v. 14), où les justes auront le dessus sur ceux qui paraissent sages quant à ce monde. La mort se repaît d’eux ; ou bien, comme ayant négligé Dieu, ils sont assujettis aux justes lorsque le jugement de Dieu arrive. Mais la puissance de Dieu, en laquelle les justes se confient, est au-dessus de la puissance de la mort ; Il rachètera de la mort le résidu (v. 15). De même aussi ceux qui seront vivants à la venue de Christ pour l’Église, ne mourront point ; ceux qui seront morts ressusciteront. Telle est la confiance du croyant : la mort ne l’alarme pas, car il se confie en quelqu’un qui est au-dessus de la mort, qui rachète (qui délivre entièrement de sa puissance), ou qui ressuscite.

 

2.9.2       [Le chrétien va plus loin, se tenant pour mort et n’attendant rien dans le monde]

 

Toutefois le chrétien va plus loin, quoique cela soit vrai aussi à son égard. Il peut dire : «Afin que nous n’eussions pas confiance en nous-mêmes, mais en Dieu qui ressuscite les morts», mais, de plus, il dit : «Nous avions en nous-mêmes la sentence de mort» (2 Cor. 1:9). Il ne prend nullement, comme le Résidu, sa part de ce côté-ci de la mort, en sorte que l’objet de son âme soit la délivrance de la mort pour vivre ici-bas. Christ étant mort, les rapports du chrétien avec ce monde ont cessé, sauf pour le traverser comme pèlerin. Il a la sentence de mort en lui-même ; il ne connaît personne selon la chair, pas même Christ [(2 Cor. 5:16)]. Ses associations avec le monde sont terminées, il n’est plus qu’un serviteur de Christ dans le monde. Il se tient lui-même pour mort ; il est crucifié avec Christ ; toutefois il vit, mais c’est Christ qui vit en lui ; et ce qu’il vit en la chair, il le vit dans la foi au Fils de Dieu qui l’a aimé et s’est livré Lui-même pour lui [(Gal. 2:19-20)], en sorte qu’il est délivré de ce présent siècle. Ainsi, bien que le chrétien soit placé sur le terrain de ce Psaume, quant au principe général, il est dans une position toute différente. Il n’est nullement question pour lui d’échapper à la mort (quoique extérieurement cela puisse avoir lieu, puisque nous ne mourrons pas tous), car la mort est un gain pour lui [(Phil. 1:21)] ; de plus, il se considère comme mort, sa vie étant cachée avec Christ en Dieu [(Col. 3:3)] ; et Christ étant sa vie. Mais cela n’en montre que mieux la folie — sur laquelle le Psaume insiste — d’accumuler des biens, de s’élever soi-même et de compter sur l’avenir, dans un monde où règne la mort ; de compter sur les choses auxquelles s’applique le pouvoir de la mort. [49:12] «L’homme qui est en honneur ne dure pas».

 

2.9.3       [La mort règne sur tout dans ce monde, et s’y attacher est folie]

 

Qu’il est difficile, même lorsqu’on est heureux en Christ, avec des pensées et des joies célestes, de ne pas regarder aux choses visibles, de penser que la sagesse, les talents, les succès et l’approbation des hommes, ne sont absolument rien que la pâture de la mort ! Que le saint veille donc ; qu’il ne s’effraie point lorsque le succès accompagne ceux qui n’acceptent pas la croix. Nous attendons le jugement de Dieu sur tout ce qui est puissant et élevé ; nous exerçons ce jugement dans notre conscience. Il n’y a aucune intelligence divine dans l’homme dont le cœur est attaché à la gloire de ce monde. [49:18] Les hommes le loueront : il a réussi ; il a établi ses enfants ; il a relevé sa position. On louera cela en termes pompeux, [49:20] mais cet homme n’a point d’intelligence ! Son cœur est lié aux choses dont la mort se repaît et dont la mort est la mesure ! Tous les motifs du monde sont pesés par la mort. Après tout, l’homme avec ses motifs est semblable aux bêtes brutes qui périssent — seulement il a plus de soucis.

 

2.10  Psaume 50

2.10.1    [Exécution du jugement divin, sur le terrain moral où est l’homme]

 

Cet enseignement que la mort nous donne, n’est pas tout ; il y a encore l’exécution du jugement divin. Ce sujet introduit des considérations nouvelles : le contraste entre la religion cérémonielle que Dieu peut avoir ordonnée dans sa bonté envers l’homme, et cette justice pratique qui est nécessaire pour que Dieu puisse reconnaître l’homme. Mais on ne la trouvera que dans une relation avec Dieu, et selon le moyen qu’Il a ordonné pour cela. [50:5] Les saints sont assemblés par le sacrifice. La grâce qui rachète et le sentiment qu’elle est nécessaire doivent intervenir pour que les saints soient reconnus de Dieu comme tels ; mais c’est à Dieu qu’ils sont assemblés (v 5). Le jugement a lieu selon le terrain sur lequel l’homme est placé. S’il a des privilèges, il est jugé pour en avoir abusé, mais c’est toujours selon le terrain moral sur lequel sa conscience se trouve. [50:8] De même ici, quant à Israël, Dieu ne se plaint pas du manque de sacrifices. Il ne s’agit nullement d’une religion cérémonielle, mais de la méchanceté. [50:21] Dieu ayant gardé le silence dans le temps de sa longue patience, le monde pourrait s’imaginer qu’on peut le satisfaire comme un homme, avec des formes extérieures, des sacrifices, des cérémonies, et pas de conscience ; et que Dieu ne regarde pas plus loin. Mais Dieu met sous les yeux de l’homme ce qu’il a fait (v. 21).

 

2.10.2    [Connaître Dieu et Le louer amène la bénédiction ; sinon, c’est le jugement]

 

Celui qui connaît Dieu de manière à pouvoir le louer, qui reconnaît ce que Dieu est, qui le bénit pour ce qu’Il est, et règle sa voie, celui-là jouira de la bénédiction gouvernementale de Dieu (v. 23). Celui qui offre des sacrifices comme s’il pouvait ainsi apaiser Dieu, puis qui continue sans prendre garde à Lui dans sa conscience, celui-là Dieu le reprendra et mettra devant ses yeux tout ce qu’il a fait. Si la chose a lieu ici-bas, c’est pour le salut ; si elle a lieu en jugement il n’y aura personne qui délivre (v. 21, 22).

 

2.11  Psaume 51

2.11.1    [Ps. 51 v. 1-4 — L’âme qui a péché a affaire à Dieu et espère en la grâce]

 

Ce Psaume nous enseigne que, là où il y a une œuvre de Dieu, elle dépasse encore de beaucoup en profondeur le contenu du Psaume précédent. Dieu avait annoncé le jugement ;  [51:1] mais ici, l’âme, sous l’impulsion divine, espère en la grâce. [51:2] Elle désire que Celui qui seul peut le faire, la purifie d’une manière digne de Lui ; car l’âme, ainsi enseignée, sent qu’elle a affaire avec Dieu, et recherche une purification appropriée à une telle rencontre. C’est ainsi que, en Jean 13  [(v. 3, 8)], le Seigneur qui était venu de Dieu, qui s’en allait à Dieu, et entre les mains duquel le Père avait mis toutes choses, dit à Pierre : «Si je ne le lave, tu n’as pas de part avec moi». Le péché aussi est confessé. Ce qui caractérise ce Psaume, c’est le fait d’avoir affaire à Dieu Lui-même et, en outre, le sentiment de celui qui est intéressé à cela. Or, comme je l’ai dit, ce que nous trouvons ici s’étend beaucoup au-delà de l’objet dont le jugement s’occupe. C’est pourquoi, à partir du v. 5, nous trouvons des principes intérieurs, car il est question d’avoir affaire avec Dieu et non pas seulement du jugement des actes commis.

 

2.11.2    [Ps. 51 v. 5-7 — Sentiment du péché intérieur, et confiance en Dieu qui lave et humilie]

 

[51:5] Il y a le sentiment du péché dans la nature, et dans l’origine de notre être ; [51:6] on sent que Dieu veut la vérité dans l’homme intérieur ; mais il y a, de plus, cette confiance en Dieu qu’Il enseignera la sagesse divine dans le secret du cœur, cette sagesse que l’œil du vautour n’a point vue [(Job 28:7)]. Ceci est précieux à comprendre. L’âme envisage l’humiliation avec joie, comme étant le moyen de briser une volonté profane ; car, puisqu’elle la hait, elle désire la voir brisée. En ce sens, l’amertume de l’humiliation est douce. [51:7] Il y a la conscience bénie que, lorsque le Seigneur nous lave, nous sommes tout nets, plus blancs que la neige. Précieuse pensée, que celle d’être nets devant Ses yeux ! On y croit si peu, parce qu’on ne croit pas que c’est Lui qui purifie.

 

2.11.3    [Ps. 51 v. 8-12 — Désir de la joie venant de Dieu, avec un cœur purifié devant Lui]

2.11.3.1   [Recherche de la joie avec un cœur vrai, s’attendant à Dieu et à Sa présence]

 

Jusqu’ici nous trouvons plutôt la valeur intrinsèque de la purification : ce que c’est qu’être net pour Dieu ; ce qui, pour Lui, est nécessaire et ce en quoi le cœur prend son plaisir. [51:8] Maintenant on recherche la joie, mais une joie qui vienne de Dieu. Le châtiment, l’humiliation et tout le reste, étant considérés comme dispensés par la main de Dieu, on est autorisé dès lors, à désirer la joie, la faveur, la face de Dieu. Un tel désir n’aurait été auparavant qu’une jouissance égoïste quoique bien naturelle ; mais Dieu ne donne pas la joie tant que le cœur n’est pas en règle. Pour jouir ici-bas de la faveur et de la joie, il faut que le cœur soit vrai, réellement purifié, en accord avec Dieu. [51:9] D’autre part, on ne peut séparer le désir que Dieu cache sa face de nos péchés et qu’Il efface toutes nos iniquités, [51:10] du besoin d’avoir un cœur net ; mais, avec cette différence que maintenant ce désir s’exprime en face de la bonté de Dieu. Ce n’est plus seulement une chose requise par la sainteté de Dieu et à laquelle le cœur donne son assentiment, mais c’est l’œuvre de sa grâce, une chose qui vient de Lui : «Crée-moi un cœur pur, ô Dieu !». Donne-le-moi, «et renouvelle au-dedans de moi un esprit droit» — un esprit recueilli, fixé calmement, invariablement, sur Dieu, seul objet du cœur ; un esprit qui compte paisiblement sur Lui et s’attend à Lui. [51:11] L’âme ainsi enseignée ne peut se passer de la présence de Dieu ; sa frayeur est d’en être bannie. Elle n’a pas encore la pleine intelligence de la grâce et de la sûreté de la faveur divine, mais elle ne peut se passer de sa présence ; en être éloignée serait pour elle une misère immense ; elle le sent d’autant plus que son œil est davantage fixé sur Lui. C’est pourquoi l’âme supplie avant tout de ne pas être renvoyée de devant sa face, car elle l’a connue en vérité, comme répondant à ses désirs, comme lui étant nécessaire. En dehors de la présence de Dieu, il ne peut y avoir pour elle aucune joie.

 

2.11.3.2   [Différence d’avec le chrétien, qui ne peut pas perdre le Saint Esprit]

 

L’action du Saint Esprit est connue ici comme la puissance de la joie ; mais son habitation en nous n’est pas connue. [51:11] L’âme demande de n’être pas privée de l’action du Saint Esprit. Il faut remarquer ici que le cas diffère de celui d’un chrétien ; que nous le considérions au début de sa conversion ou lorsqu’il est restauré et qu’il rentre en communion. Jusqu’ici nous avons pu appliquer au chrétien les grands principes essentiels de la communion de l’âme avec Dieu ; mais ces versets nous donnent l’occasion de constater la différence dont nous venons de parler. Un chrétien intelligent ne pourrait pas dire littéralement : «Ne m’ôte pas l’Esprit de ta sainteté» ; il considère les effets de son péché d’une toute autre manière. Il a contristé l’Esprit, il a péché contre l’amour, mais il ne croit pas que Dieu lui ôte jamais son Saint Esprit. Lorsque le châtiment est extrême et que le bouclier de la foi est à terre, peut-être le chrétien doutera-t-il qu’il ait le Saint Esprit ou même qu’il l’ait jamais eu ; mais jamais il ne demandera qu’il ne lui soit pas ôté. Il est presque au désespoir ; il se croit réprouvé, et s’il pense qu’il avait le Saint Esprit d’une manière extérieure, comme en Hébreux 6 [(v. 4-6)], il juge impossible, puisqu’il l’a perdu, qu’il puisse être renouvelé encore à repentance. Mais, sauf dans ce cas extrême, ou bien, lorsqu’on fait usage d’Hébr. 6 pour sa propre condamnation (usage fréquent, tant que l’on n’a pas obtenu une paix réelle), il n’y a aucune pensée pareille chez un chrétien. Un homme peut douter qu’il ait le Saint Esprit, mais un chrétien intelligent ne pense pas que Dieu le retire. Il sera peut-être dans un état qui touche au désespoir ; il sera profondément affligé, parce qu’il a contristé l’Esprit qui est en lui. Le résidu peut demander que l’Esprit agisse présentement en Israël, vu que Dieu reconnaît cette nation, chose que, du moins, le résidu espère (comparez Aggée 2:15).

 

2.11.3.3   [Le chrétien peut demander de ne pas perdre l’action pratique de l’Esprit]

 

David de même, ayant péché, pouvait parler ainsi ; un chrétien ne le pourrait pas. À la rigueur, ce cri pourrait être celui d’un chrétien inexpérimenté qui n’a pas trouvé la paix, et ne sait pas que Dieu n’ôte pas son Esprit au chrétien. Un chrétien connaissant la vérité, mais ayant failli dans sa marche et assailli par l’ennemi, pourrait demander de ne pas perdre pratiquement cette action de l’Esprit qui seule nous maintient dans la communion, et qui tient élevé le bouclier de la foi ; et la chose serait à sa place. [51:12] Celui qui se trouverait ainsi privé de cette action, pourrait dire : «Rends-moi la joie de ton salut» ; il faudrait pour cela qu’il en fût à l’extrémité ; et encore ne s’agit-il pas là de l’état de l’âme ; mais seulement du point auquel elle revient. Dans le cas extrême, on va jusqu’à croire que l’on est perdu, quoique, après tout, l’espoir ne soit jamais tout à fait abandonné. Mais lorsqu’une telle âme vient à se repentir, les versets 11 et 12 sont d’un usage pratique, [51:11] quoiqu’elle n’ait jamais lieu de dire : «Ne m’ôte pas l’Esprit de ta sainteté».

 

2.11.3.4   [L’Esprit garde la foi vivante, et fait désirer le sentiment de la joie du salut]

 

Il y a une action constante du Saint Esprit pour conserver la foi vivante ; cette action peut être la source d’une grande joie lorsque nous marchons avec Dieu ; mais lorsque nous n’avons pas de joie, elle empêche l’ennemi d’introduire le doute dans notre âme devant Dieu. Elle conserve, comme je l’ai dit, la foi vivante. L’ennemi n’est pas, comme puissance des ténèbres, entre nos âmes et Dieu. Voilà, pratiquement, ce que l’âme désire dans ce Psaume ; [51:12] elle demande que la joie sensible du salut de Dieu soit rendue, mais elle n’a pas la connaissance de l’habitation de l’Esprit, fondée sur la rédemption.

 

2.11.3.5   [Confiance dans le pardon divin et la demeure de l’Esprit, connus de l’âme]

 

Il se peut que nous ayons à exprimer aussi, comme le v. 12, le désir que la joie du salut nous soit rendue et que notre cœur soit soutenu par le libre Esprit de Dieu ; qu’il ait cette liberté devant Dieu et dans son service, dont jouit par l’Esprit (quand ce dernier n’est pas contristé), l’âme qui connaît la rédemption et la lumière précieuse de la face de Dieu. En David il y avait l’incertitude que le pardon pût être répété, incertitude aggravée par la grandeur de son péché. Alors, en effet, l’acceptation définitive et permanente du croyant était encore inconnue. En Israël, dans les derniers jours, il y aura la connaissance de relations longtemps goûtées — maintenant toutes mises en question — quoiqu’il y ait de la confiance en Dieu à cet égard. Mais tel n’est point l’état du chrétien. S’il sait que le Saint Esprit habite en lui, il sait aussi qu’il y demeure.

 

2.11.3.6   [Différents états de l’âme dans laquelle l’Esprit agit]

 

L’âme en laquelle l’Esprit de Dieu agit, peut, à cet égard, se trouver dans les états suivants : Premièrement, exercée mais ignorante, ayant une idée générale de la miséricorde, elle s’appliquera à elle-même toutes ces conséquences du péché, vaguement peut-être, mais avec terreur. Secondement, lorsque le pardon est connu (mais surtout quand la conviction du péché qui accompagne cette connaissance n’est que superficielle), sans que la justice de Dieu soit connue, l’âme qui a perdu le sentiment du pardon par une chute ou par insouciance, voit le jugement devant elle, sans avoir la justice ; alors, toute joie précédente devient amertume ; elle s’applique la réprobation prononcée en Hébr. 6, ainsi que tous les autres passages qui parlent soit de la persévérance comme d’une condition, soit de l’apostasie. Dans ce cas, l’âme n’était pas réellement affranchie. Elle a connu le pardon, non pas la justice ; elle a connu le sang sur les linteaux des portes, mais non pas la mer Rouge. Elle est en voie d’apprendre la justice divine et la paix durable devant Dieu en Christ ressuscité. Troisièmement, il y a le cas dont j’ai parlé plus haut, où la vérité étant connue, on a traité légèrement le péché ; alors on se trouve sous la puissance de l’ennemi ; il n’y a point de force pour appliquer la Parole ou les promesses, et l’on s’applique à soi-même chaque sentence amère. La justice de Dieu en jugement étant reconnue comme juste, c’est, pour ainsi dire, non pas Dieu, mais Satan qui est l’interprète de la Parole. Cependant Dieu se sert de tout cela comme d’un châtiment pour remettre l’âme en règle, et celle-ci, par grâce, s’attache à Dieu, en dépit de tout.

 

2.11.3.7   [Nécessité de maintenir la vérité de la demeure du Saint Esprit dans le chrétien]

 

En parlant de ces versets j’ai peut-être dépassé les limites habituelles, mais la chose m’a paru nécessaire, parce qu’on en abuse si souvent pour placer les chrétiens sur le terrain de l’Ancien Testament, et pour leur enlever la vérité de la demeure constante de l’Esprit en eux ; tout cela est une fausse application de notre passage.

 

2.11.4    [Ps. 51 v. 13-19 — L’âme restaurée par un Dieu de grâce peut louer Sa justice]

 

Je terminerai par quelques remarques sur les derniers versets. L’âme n’est pas encore restaurée ni libre devant Dieu, elle désire l’être. [51:13] Une fois restaurée, elle peut librement enseigner les autres. Mais, [51:10] tandis qu’elle désire un cœur pur, [51:14] il est un autre caractère du péché, le fardeau d’une âme qui a rejeté Christ : «la coulpe du sang». «Délivre-moi de la coulpe du sang» (v. 14). Il va sans dire que nous ne pouvons mettre Christ à mort ; mais le péché est le même. Ainsi, dans le péché, il n’y a pas seulement la souillure, mais les sentiments sont mauvais ; il y a de la haine contre Dieu, manifestée par l’inimitié envers les saints et surtout envers Christ. Nous pouvons comprendre comment Israël pourra faire une telle demande ; car ils ont dit : «Que Son sang soit sur nous et sur nos enfants !» [(Matt. 27:25)]. Mais, en pratique, nos cœurs aussi l’ont rejeté et n’ont pas voulu de Lui. Toutefois, l’âme qui a été approchée de Dieu par sa grâce, peut demander d’être aussi purifiée de cela ; bien plus, en recevant le pardon de ce péché, elle voit que Dieu est en effet le Dieu de son salut ; qu’il n’est pas le Dieu de jugement, mais que, dans le cas du péché le plus extrême, Dieu est un Sauveur — qu’il sauve en amour. Alors l’âme chante hautement la justice de Dieu (v. 14). Dans sa vraie relation avec Dieu, il n’y avait que le péché ; la croix, c’était Dieu rencontrant le péché et le péché rencontrant Dieu dans l’homme. L’homme (c’est-à-dire le pécheur) n’avait que le péché. Par la croix, il a montré qu’il n’était que haine et violence contre Dieu présent en amour. Mais là même Dieu devint, non pas un restaurateur, mais un Sauveur, un Sauveur parfait ; et Il montra sa justice en ce qui concerne l’œuvre de Christ, en plaçant l’homme, Christ comme homme, à sa droite. Alors seulement la justice de Dieu est connue ; et, cette justice ayant triomphé dans le salut, l’âme la chante hautement. Telle est la vraie liberté ; le Saint Esprit donné en est la puissance. [51:16] La conséquence nécessaire c’est que les sacrifices n’ont plus de place ; où seraient-ils ? Comment reconnaîtraient-ils Dieu ? [51:17] Un esprit brisé, voilà ce qui s’accorde avec la croix, avec le corps donné de Christ et les péchés pardonnés. Dieu ne méprise pas cet esprit. Cela répond à sa pensée dans la croix, à sa grâce envers le pécheur. Alors suivent la paix, la bénédiction et le service. Ici, naturellement, la chose a lieu selon l’ordre millénaire juif, mais elle est réalisée en esprit dans le chrétien.

 

2.12  Psaume 52

 

Le Psaume 52 n’exige que peu de remarques. Il s’occupe du jugement en Israël, mais il contient quelques principes qui s’appliquent directement, à toute époque, au croyant qui ne regarde pas aux circonstances, lorsque prévaut la puissance du mal. [52:1] Le mal se vante lui-même ainsi que sa puissance, mais la foi voit autre chose. La bonté de Dieu, devant lequel les hommes sont comme des sauterelles, dure de jour en jour (v. 1), bien que le mal ait continuellement le dessus. Il n’y a pas de moment où cette bonté ne se trouve pleinement en Lui ; pas de jour où quelque chose Lui échappe, ou bien se trouve hors de sa portée. Il ne s’agit pas seulement de la puissance de Dieu, mais de sa bonté. C’est une grande vérité générale ; mais nous, chrétiens, nous disons : Notre Père ! «Pas un passereau ne tombe en terre sans votre Père» [(Matt. 10:29)]. D’un autre côté, il y a ici une pensée particulièrement précieuse ; il ne s’agit pas de la bonté de l’Éternel dans sa relation avec Israël, mais de ce qui est dans la nature de Dieu. La bonté de Dieu, quelle ressource contre le mal ! Comme telle, elle ne peut ni cesser, ni être interrompue. La fin de l’orgueil, c’est la ruine, [52:8] mais celui qui s’assure dans le Seigneur et dans son amour fidèle, sera, lorsque tout le reste se flétrit, comme un olivier vert planté dans les parvis de la maison de Dieu.

 

2.13  Psaume 53

2.13.1    [Ps. 53 v. 1 — Dieu mis de côté par le méchant dans toute sa voie et sa volonté]

 

Ce Psaume, comme nous le savons, apporte la conviction de leur état de péché irrémédiable, à ceux qui possèdent les plus grands privilèges. Le secret de leur conduite n’est pas nouveau ; j’en dirai quelques mots. [53:1] La voie du méchant tout entière a pour point de départ ceci : Pour lui Dieu n’est pas. La foi n’existe pas et Dieu n’est pas vu ; tel est le secret de toute erreur, soit en pratique, soit dans le raisonnement humain. Plus nous examinons dans son ensemble le cours de l’activité humaine, nos fautes à nous, chrétiens, les errements divers de la philosophie, plus nous trouvons aussi que «Il n’y a point de Dieu» est à la racine de tout cela. Il s’agit ici d’une conscience qui ne tient aucun compte de Dieu. Le cœur n’a aucun désir de Lui, et la volonté est à l’œuvre comme s’il n’y avait point de Dieu. C’est ainsi que l’insensé dit en son cœur : «Il n’y a point de Dieu». Pourquoi donc le dit-il ? Parce que sa conscience lui dit qu’il y a un Dieu. Sa volonté voudrait qu’il n’y en eût point ; et comme cet insensé ne voit pas Dieu dans ses œuvres, sa volonté ne voit que ce qu’elle veut. Dieu est mis de côté et toute la conduite de l’insensé est sous l’influence de sa propre volonté, comme s’il n’y avait point de Dieu. S’il réfléchit, il s’efforce de prouver que Dieu n’est pas, parce qu’autrement il ne pourrait pas continuer à faire ce qu’il veut. S’exaltant lui-même et se décevant lui-même, il en vient, quant à sa condition pratique, à vouloir que Dieu n’existe pas. Ce n’est pas qu’il le pense, mais il agit comme s’il le pensait, soit dans ses intentions, soit dans ses actes. Dans un certain sens, on peut dire que même il pense ainsi ; car exclusivement occupé des choses présentes, aveuglé parce qu’il est devenu étranger à Dieu, mort quant au sentiment moral, jugeant d’après les choses présentes, il en tire des conclusions, et ne croit pas qu’il y ait un Dieu. Il vit dans ses pensées ainsi formées, et s’exprime, de cette manière, en son cœur. Lorsque sa conscience s’éveille, il sait bien qu’il y a un Dieu ; mais il vit dans sa volonté et dans les pensées de cette volonté et, pour lui, il n’y a point de Dieu.

 

2.13.2    [L’abandon de Dieu laisse agir la puissance du mal, jusqu’à son jugement]

 

Il est étonnant de voir combien le raisonnement humain fait habituellement abstraction de l’existence de Dieu. Impossible qu’on regarde autour de soi, sans se rendre compte que la somme du mal est fort grande. Si l’on n’accepte pas la chute et le salut, que doit-on penser quand on ne voit pas Dieu intervenir, d’une manière immédiate, comme en Israël ? On laisse Dieu de côté, et l’on explique tout comme s’il n’existait pas. Les hommes ne veulent pas placer toutes choses sur le terrain de la vérité ; par conséquent, ils ne peuvent aucunement introduire Dieu dans ces choses, et ils expliquent tout sans Lui. Voilà ce qu’on appelle la philosophie. Or cela mène nécessairement sous la puissance du mal, car le mal existe et par conséquent sa puissance. Si Dieu n’est pas introduit, il faut, dans ce cas, que la puissance du mal ait le dessus, car où est celui qui l’en empêcherait ? Toutefois Dieu retient, jusqu’à ce que son temps soit venu, le temps où il n’y a plus de bien à faire par la patience. Alors le mal arrive à son comble, comme nous le voyons dans ce Psaume, et le résultat c’est le jugement dont il est parlé au v. 5. Mais remarquons que les principes du monde sont les mêmes à toute époque. [53:1] Dès que j’agis comme si Dieu n’existait pas (c’est-à-dire sans m’inquiéter de Sa volonté), c’est comme si je disais dans mon cœur : «Il n’y a point de Dieu».

 

2.13.3    [Plus le mal grandit, plus Dieu est concerné, jusqu’à le juger et restaurer Son peuple]

 

Si la peur dont il est parlé au v. 5 est celle de la congrégation des justes, comme je le pense, nous voyons combien les justes ont peu de raison de s’effrayer au jour de la puissance du mal ; car plus le mal grandit, plus c’est Dieu que cela concerne. Le mal a-t-il atteint son extrême limite, Dieu seul est en cause, et, par conséquent, il n’y a plus aucune raison de craindre. C’est lorsque les méchants triomphent que Dieu les méprise. [53:6] Le psalmiste, comme Juif, désire ardemment cette époque qui sera celle de la restauration d’Israël. Dans un certain sens, nous la désirons aussi, parce que nous désirons la disparition du mal et le repos de la terre ; mais ce n’est pas la bénédiction la plus élevée.

 

2.14  Psaume 54

 

Ce Psaume contient un seul principe, mais des plus importants pour la pratique : [54:1] Dieu seul et son nom ; c’est-à-dire que la révélation de Lui-même est la ressource de l’âme. [54:3] Les étrangers n’ont pas mis Dieu devant leurs yeux ; il n’en est pas ainsi du croyant, et, pour lui, tout dépend du nom de Dieu. Le fidèle exprime sa dépendance et recherche Dieu selon son nom. Ce nom tient la première place dans le Psaume. Il faut remarquer que Dieu n’est pas connu ici dans une relation d’alliance qui subsiste. Il ne s’agit pas de l’Éternel, sauf à la fin du Psaume, mais de Dieu, comme tel, en contraste avec les hommes et tout le reste ; de Dieu connu en ce qu’Il est : comme source de miséricorde et de bonté, de laquelle nous dépendons. Mais Dieu s’est révélé Lui-même ; il s’est fait connaître aux hommes ; son nom qui exprime ce qu’Il est, ce nom est connu, et le cœur se confie en cela. Que cette confiance est douce ! C’est la joie et le repos. Que pourrait faire l’homme, si Dieu est pour nous ? Il se peut que je ne sache pas ce que Dieu fera ; mais j’ai confiance en Lui. [54:4] Dieu dit qu’Il est mon secours. Une fois que l’âme est délivrée ou qu’elle pense à la délivrance, tout ce que Dieu est en relation avec son peuple, devient pour elle un sujet de louange. Mais ce que Dieu est, comme Dieu, voilà sa ressource.

 

2.15  Psaume 55

2.15.1    [Détresse d’une âme haïe de ses proches et chargée par eux de culpabilité]

 

Le Psaume 55 est l’expression d’une extrême détresse d’esprit. Il y avait là des ennemis du dehors ; [55:12-13] mais ce qui pesait avant tout sur l’esprit du fidèle, c’était la haine de ceux qui étaient dans la plus intime relation avec lui. Ceci l’amène en présence de la mort et du jugement divin, parce que, comme instruments de Satan, ses ennemis voudraient charger son âme de la culpabilité devant Dieu. Le Seigneur Lui-même (quoique ce Psaume ne soit pas proprement une prophétie qui s’applique à Lui) a entièrement passé par là, je n’ai pas besoin de le dire. Ils cherchèrent à faire de Lui un coupable ; ils triomphèrent lorsque Jésus fut abandonné de Dieu, et ils estimèrent qu’étant ainsi frappé, il était battu de Dieu et affligé [(És. 53:4)]. Ce Psaume a trait directement au Résidu des derniers jours ; mais, comme nous l’avons vu, dans toutes leurs détresses, le Christ a été en détresse [(És. 63:9)].

 

2.15.2    [Satan cherche à faire peser le poids de la colère divine sur l’âme du juste]

 

C’est une chose très solennelle que de voir une âme chargée de l’iniquité par des hommes méchants, instruments de Satan. Le Seigneur a éprouvé cela plus profondément que personne, parce qu’Il s’est chargé de notre iniquité. Il ne s’agit pas proprement de la colère que Christ a portée, et que nous ne porterons jamais, mais du fait, que la puissance de Satan, par le moyen des méchants, veut mettre le poids de la colère sur l’âme du juste. Le Seigneur peut juger cette épreuve nécessaire, mais ce ne sera jamais qu’un cas exceptionnel pour les chrétiens.

 

2.15.3    [Le fidèle veut fuir la puissance du mal et la méchanceté, et se confie en Dieu]

 

[55:1] On trouve ici de la confiance en Dieu, l’espoir que son oreille est attentive au cri du cœur qui se confie en Lui. Mais, jusqu’à ce qu’on ait regardé au Seigneur, la puissance de l’iniquité et l’iniquité elle-même épouvantent et écrasent l’âme. L’existence et la puissance du mal — de ce qui est opposé à Dieu — pèsent sur l’âme ; [55:12-13] et à cela se joint le fait que la confiance du juste en l’homme a été outrageusement trompée, car ce n’est pas un ennemi avoué, mais c’est un ami qui a fait ces choses. Comment compter sur quoi que ce soit qui vienne de l’homme, si nos plus proches nous trahissent ? Aussi le cœur éprouve-t-il ce que c’est que l’isolement ; il ne peut compter sur rien. Le Seigneur a traversé et éprouvé cette puissance du mal : nous ne la sentons que lorsque la chair n’est pas brisée et qu’elle a besoin de l’être. Sans doute, le mal existe, mais, pour la foi, Christ a brisé sa puissance ; toutefois, en tant que nous sommes pécheurs, cet effort de la puissance de Satan contre nous, aura nécessairement un caractère de jugement. Par grâce, nous pouvons être au-dessus de cela et avoir confiance. C’est pour cela aussi que Christ a prié pour Pierre [(Luc 22:32)] ; et, bien qu’ayant failli sous la puissance de Satan, il fut préservé de douter de l’amour du Seigneur et de descendre jusqu’au désespoir. La chose la plus terrible, dans ce Psaume, c’est que la méchanceté se présente comme la puissance du mal. L’esprit du fidèle recule d’épouvante devant ce manque de cœur ; [55:7-8] il voudrait fuir ; car un esprit de grâce aimerait à se reposer en paix lorsque de tous côtés le mal l’environne. Toutefois le cœur a la conscience de n’avoir aucune association avec le mal ; il ne demande qu’à fuir, pour être seul, en repos, car il est dans une position où il n’a personne en qui se confier. Ceci le rejette entièrement sur le Seigneur, [55:6] car, après tout, il n’a pas, dans ce monde, des ailes de colombe.

 

2.15.4    [Gouvernement de Dieu face au mal, et soutien du fidèle éprouvé se rejetant sur Lui]

 

Le résultat est que la méchanceté est présentée devant le Seigneur, c’est-à-dire en pleine lumière ; ce qui introduit naturellement le point de vue sous lequel tout est considéré dans les Psaumes : la patience en présence du mal, la justice qui doit envisager le mal sous son vrai caractère ; et enfin la pensée du jugement. Sans doute, les Psaumes nous parlent aussi des souffrances de Christ sous le péché, même jusqu’à subir la colère, ainsi que de la grâce qui ressort d’un jugement déjà exécuté ; mais, en général, les Psaumes présentent l’aspect du gouvernement de Dieu ; car le jugement du mal et la délivrance de l’opprimé sont dans la nature de Dieu en tant qu’il gouverne et qu’il voit toutes choses. Jusqu’ici, le cœur gémissait sous l’oppression et dans la souffrance, en pensant avec horreur et affliction d’esprit au mal qu’on cherchait à lui imputer ; mais maintenant, il peut, regardant au Seigneur, considérer le mal plus calmement quant à son caractère propre, et quant au jugement qui va suivre. De là, une pleine confiance en l’Éternel, connu comme le Dieu de l’alliance. Aussi, depuis le v. 19, le fidèle, en toute liberté d’esprit, envisage calmement toutes choses et en considère la fin. La conclusion ne se fait pas attendre. Elle est parfaite, elle est précieuse malgré le sentiment le plus profond d’un mal arrivé à son comble : [55:22] «Rejette ton fardeau sur l’Éternel et Il te soutiendra ; Il ne permettra jamais que le juste soit ébranlé». Ici se terminent tous les exercices qui sont en rapport avec le fondement de notre foi ; et, bien que ce Psaume exprime le désir du jugement, lorsque l’on considère le principe du v. 22, on y trouve le précieux soutien de la foi dans toutes les épreuves. Il y a deux points à remarquer ici : «Rejette ton fardeau sur l’Éternel». Quelle que soit l’épreuve ou la difficulté, rejette-la sur le Seigneur. Cela ne signifie pas que l’épreuve soit toujours retirée ; dans ce cas-ci la chose n’aura lieu qu’à l’arrivée du jugement ; mais «Il te soutiendra». Cela vaut mieux que si les épreuves étaient retirées ; car c’est Dieu venant directement se mettre en rapport avec nous, avec nos âmes ; c’est le sentiment de son intérêt pour nous, c’est sa faveur, sa proximité ; Il vient pour nous aider dans nos besoins. C’est un état divin de l’âme, meilleur même que l’absence du mal. Dieu est un secours assuré pour nous soutenir.

 

2.15.5    [Fidélité infaillible de Dieu, et confiance en Lui apprise par le mal éprouvé]

 

Le second point est la fidélité infaillible de Dieu. [55:22] «Il ne permettra jamais que le juste soit ébranlé». Peut-être sera-t-il éprouvé ; mais Dieu ne peut ni ne veut permettre que le mal dans le monde ait le dessus. Par le moyen du mal nous pouvons apprendre à avoir confiance, et, en ayant confiance, nous savons que le Seigneur nous gardera. Le caractère du mal rend l’intervention de Dieu nécessaire — montre d’autant plus clairement qu’il faut que Dieu intervienne.

 

2.16  Psaume 56

2.16.1    [L’âme est éprouvée par l’ennemi mais se confie en Dieu et en Sa parole]

 

L’âme est sortie des profondeurs de la détresse intérieure, dans laquelle elle se trouvait au Ps. 55. En effet, [56:6] bien que les ennemis du fidèle se tiennent aux aguets pour surprendre son âme, il ne s’agit plus ici de l’infidélité et de la trahison de ses amis ; [56:2] ce sont des ennemis qui cherchent à lui faire du tort. Il est effrayé plutôt que désolé, et regarde à Dieu à travers les difficultés. Aussitôt la foi est en activité. Dans le Psaume précédent, l’esprit du fidèle était profondément abattu au-dedans de lui ; ici, il est seulement éprouvé ; [56:4] aussi peut-il bien vite se confier en Dieu, dont la Parole est, pour lui, le témoignage d’une délivrance certaine.

 

2.16.2    [Confiance immédiate en Dieu et en Sa révélation, au contraire du Ps. 55]

 

Dans le Ps. 55, c’est seulement au v. 19 et à la fin que le fidèle est capable d’introduire Dieu ; tandis qu’ici Dieu est aussitôt devant l’âme. En réalité, les épreuves extérieures sont peu de chose, comparées avec les déchirements intérieurs de l’esprit : «L’esprit d’un homme soutient son infirmité ; mais l’esprit abattu, qui le supportera ?» (Prov. 18:14). [56:4] La confiance du saint est donc en Dieu. Mais cette confiance en Dieu ne peut exister sans quelque révélation de sa part. Or, quand l’âme peut regarder à Lui et avoir confiance, le témoignage qu’Il nous a donné dans son amour, ce par quoi Il a révélé ses pensées, devient à la fois le guide et l’assurance de l’âme. Combien la possession de ce témoignage est précieuse ! Dieu ne peut faire autrement que de l’accomplir. Ces deux points — Dieu Lui-même et sa Parole — sont les pivots de la pensée dans ce Psaume. «En Dieu, je louerai sa Parole». Sa Parole nous donne le témoignage certain de ce qu’il sera, de ce qu’il est pour nous.

 

2.16.3    [Dieu est la seule ressource du fidèle contre la chair, qui ne peut rien contre Lui]

 

[56:4] Mais, lorsqu’il s’agit de Dieu, que peut faire la chair ? Telle est la conclusion à laquelle l’âme arrive. [56:2] Elle a des ennemis, peut-être forts et puissants, et elle n’est pas insensible à cela. [56:6] Ils se tiennent cachés et complotent contre le fidèle qui n’a aucune ressource en la chair. Tout cela lui est utile, en lui faisant connaître le monde dans lequel il se trouve, et en le sevrant de la chair. Que peut-il donc faire ? Rien du tout. [56:4] Dieu devient sa seule ressource, et cela lui offre autant de bénédiction positive que d’utilité. En réalité, si Dieu est pour nous, que peut faire la chair ? Un homme du monde peut avoir des ressources charnelles contre la chair, mais un saint ne peut recourir à de telles armes : elles le détourneraient de Dieu, au moment même où Dieu l’amène complètement à Lui. Il ne peut pas dire «conjuration» de tout ce dont le peuple, faible en la foi, dit : «conjuration» ; d’autre part il ne doit pas non plus craindre leur crainte, ni s’en épouvanter, mais il doit sanctifier l’Éternel des armées Lui-même qui lui sera pour sanctuaire [(És. 8:12-14)]. Ici le fidèle est amené, par ce qui est pour lui une occasion de crainte, à regarder à Dieu. Dès lors, que peut faire la chair ? Dieu dispose de toutes choses, et il a ses plans qu’il exécutera certainement.

 

2.16.4    [Ps. 56 v. 8-11 — Dieu enregistre tout ce qui concerne le fidèle, qui se confie en Lui]

 

Une autre bénédiction, non moins profonde, accompagne celle-ci. L’âme est dans l’épreuve, les méchants complotent contre elle, mais Dieu est avec elle dans l’affliction et enregistre tout cela. [56:8] Il compte les allées et venues du fidèle ; car ce dernier est considéré ici comme dépourvu des privilèges extérieurs qui appartiennent au peuple de Dieu et des bénédictions de sa maison. Dieu enregistre tout cela, et le fidèle peut être assuré, comme il l’exprime admirablement, que le Seigneur met chacune de ses larmes dans ses vaisseaux. Chaque affliction du fidèle est écrite dans son livre. Précieuse pensée ! Ainsi le cœur se confie en Lui, [56:9] et il sait que, lorsqu’il crie à Lui, tous ses ennemis retourneront en arrière. [56:10] Ensuite, comme il avait loué la Parole de Dieu avec foi, regardant à elle, soutenu par elle, comptant sur elle au milieu de ses frayeurs et de ses afflictions, (oh ! que les saints sachent mieux le faire !) il veut la louer encore en comptant sur la délivrance par l’intervention infaillible de Dieu.

 

2.16.5    [Ps. 56 v. 12-13 — Sentiment d’appartenir à Dieu, produisant louange et dépendance]

 

Ce Psaume nous présente encore, naturellement sous une forme juive, un autre principe en rapport avec ces exercices du cœur, principe que l’on rencontre toujours dans ces exercices, et qui, en tant qu’ils viennent de Dieu, est, en effet, l’un de leurs objets principaux. Je veux parler du sentiment que l’on appartient, qu’on a été livré, consacré à Dieu. [56:12] «Les vœux que je t’ai faits sont sur moi, ô Dieu !». Cela se manifeste dans le sentiment de la louange, sentiment qui se traduira en louanges, lors de la délivrance ; mais le cœur apprend dans ces épreuves, ce que nous sommes portés à oublier, que «nous ne nous appartenons pas à nous-mêmes». Ce sentiment, dans sa phase inférieure, se lie au besoin de la délivrance, dans sa phase la plus élevée, à la joie de savoir que Dieu nous reconnaît pour siens, en vertu de la rédemption qui, de fait, nous a rendus siens entièrement, comme ce fut le cas extérieurement pour Israël lors de la délivrance d’Égypte. C’est pourquoi les louanges sont déjà dans le cœur de l’opprimé ; il a, par la foi, les choses qu’il a demandées, mais ces gratuités et ces délivrances sont, pour lui, un motif pour obtenir encore davantage. [56:13] Ayant été délivré de la mort, il compte que ses pieds seront gardés de broncher. Il était sous la puissance et l’oppression de l’ennemi, du diable qui avait le pouvoir de la mort [(Héb. 2:14)]. Il est mis en liberté ; désormais il lui faut marcher sans broncher et sans tomber en chemin, mais il a appris dans l’épreuve ce que c’est que la dépendance, et il regarde à Dieu pour être gardé. «Ne garderais-tu pas mes pieds de broncher ?».

 

2.16.6    [Ps. 56 v. 13 — L’âme tirée de détresse désire marcher devant Dieu]

 

L’âme a encore appris autre chose dans sa détresse ; elle connaît maintenant le bonheur de marcher devant Dieu dans la lumière de sa faveur et dans la sécurité de sa présence. [56:13] Elle regarde à cela comme à l’objet en vue duquel elle doit être gardée. Elle désire sa propre paix et son bonheur, mais elle les désire devant Dieu. La «lumière des vivants» était la lumière de la faveur divine qui préservait Israël. Nous ne trouvons pas ici l’ordre le plus élevé de la joie, mais nous voyons une âme qui, du sein de la détresse et de l’oppression, s’attend à la fidèle bonté de Dieu, afin de pouvoir marcher devant Lui en paix et en sécurité.

 

2.17  Psaume 57

2.17.1    [Danger de s’occuper trop du mal, plutôt que regarder à Dieu]

 

Au Psaume 57, nous trouvons les mêmes épreuves, mais avec plus de confiance. L’œil du fidèle qui voit briller plus distinctement la puissance de Dieu et son secours, voit aussi plus clairement combien de mal et d’iniquité il y a dans ses ennemis, et s’arrête moins à ses propres difficultés. La chose reste toujours vraie, et nous avons à la noter, car notre cœur est perfide. Quand il sort de ses propres craintes et de ce qui personnellement l’oppresse, il est en danger de trop s’appesantir sur la méchanceté de ses ennemis. Sans doute, il la verra toujours davantage, plus il regardera à Dieu. Le danger n’est pas là, mais dans le fait qu’on s’appesantit sur le mal. Il est dangereux de passer l’éponge sur le mal et de continuer tranquillement son chemin, mais il est aussi nuisible de s’y appesantir. Le mal ne nourrit pas l’âme — comment le pourrait-il ? — et il en résulte peu à peu un esprit contraire à l’Évangile. Nous verrons le mal, si nous sommes près de Dieu, mais nous nous occuperons aussitôt de Dieu et non pas du mal. Dieu est entièrement au-dessus du mal.

 

2.17.2    [Progression par rapport au Ps. 56, les pensées se reposant davantage sur Dieu]

 

Ainsi il y a progression dans ces trois Psaumes. Le premier verset des Psaumes 56 et 57, nous montre ce qui les distingue. Dans l’un, il est dit : «Car l’homme voudrait m’engloutir, … il m’opprime» ; dans l’autre : «Car en toi mon âme se réfugie». Au Psaume 56, le fidèle se confie en la parole de Dieu [(56:4)] ; [57:1] ici, il en attend l’accomplissement par la main de Dieu et se réfugie sous l’ombre de ses ailes, jusqu’à ce que les calamités soient passées. [57:5] C’est de là qu’il peut considérer d’avance Dieu s’élevant au-dessus des cieux et sa gloire s’étendant au-dessus de toute la terre. Cela ne signifie certes pas que la puissance du mal existe moins qu’auparavant, car l’âme était courbée par elle (v. 6), mais les pensées se reposent davantage sur Dieu. Remarquez, de plus, qu’il n’y a aucune idée de résister au mal et de s’en débarrasser par sa propre force. L’âme s’attend à Dieu, et il le faut pour que son sentier soit parfait : c’est ce que Christ a fait.

 

2.17.3    [Le fidèle s’attend à Dieu qui le délivre de ses ennemis, et Lui rend la louange]

 

Le Psaume précédent s’occupe davantage du sentiment que Dieu prend part à l’affliction du fidèle ; tandis que celui-ci considère plutôt le fait que l’âme désire y échapper, [57:3] mais par la délivrance que Dieu accomplira et qu’il enverra des cieux. [57:6] De plus, le fidèle voit les méchants pris dans leurs propres embûches ; mais il n’a pas la pensée de contre-miner leurs plans ; au contraire, s’abandonnant entièrement à Dieu, il voit que leurs plans deviennent leur propre ruine, et ainsi, le jugement est exécuté d’une manière frappante et la foi est hautement confirmée. [57:9] Par la foi, il reçoit, pour ainsi dire, la louange préparée, et cela parmi les Ammim et les Leummim — les peuples et les peuplades : qui ne sont pas proprement des païens adversaires et ennemis. [57:4] Les épreuves du fidèle sont au milieu du peuple, de la part d’hommes avec lesquels il était associé ; il ne s’agit pas de triompher de ses adversaires, mais d’être délivré [57:6] là où il ne pouvait que courber son âme. [57:9] Le résultat, c’est la louange parmi les hommes, dans une sphère plus vaste que celle au milieu de laquelle il avait été éprouvé ; et il en est toujours ainsi, car Celui qui délivre est grand. De fait, le psalmiste considère la gloire millénaire à venir, alors que, dans le Christ, toutes choses seront réunies en un ; mais je ne parle ici que de ce qui a trait aux voies de Dieu.

 

2.18  Psaume 58

 

Peu de mots suffiront pour ce Psaume ; en voici le point capital : Pour les méchants, comme tels, il n’y a aucun espoir d’amendement ; mais Dieu les jugera, [58:11] en sorte que les hommes verront qu’il y a une récompense pour le juste, et un Dieu qui juge la terre. [58:1] Y a-t-il parmi les hommes un jugement intègre et juste ? Telle est la question. [58:2] Il y a de la méchanceté dans leurs cœurs ; on y trouve des plans et des trames. La méchanceté appartient à leur nature et à leur volonté, et se caractérise par la fausseté. Elle vient du serpent, elle est diabolique de sa nature, et ils se refusent à toute puissance d’attraction, à toute influence, quelle qu’elle soit. Dieu intervient, et l’Éternel juge ; et, bien que leur puissance et leur force soient comme celles des lions, [58:7] ils se fondent, ils se réduisent à rien, lorsque sa main se fait sentir. [58:10] La vengeance intervient, mais de plus (ce qui explique la joie que le juste en ressent), elle justifie le juste, démontre qu’il avait raison malgré sa faiblesse apparente et l’ennemi qui l’écrase ; preuve enfin que Dieu est juste, et que, malgré l’opposition, il existe un Juge.

 

2.19  Psaume 59

 

Le but que je me propose ici me permet d’être bref sur ce Psaume. [59:5] Il a trait directement au jugement que le fidèle invoque sur les nations. J’indiquerai seulement que, lorsqu’il s’agit du Seigneur et de ses saints, il faut attendre du monde une absence complète de conscience et de cœur ; sentence terrible, mais confirmée par ces Psaumes aussi bien que par l’expérience. [59:9] Le simple refuge du fidèle est en Dieu : «Dieu est ma haute retraite». On ne trouve ici ni plans, ni travaux de défense, ni recherche de moyens humains pour s’opposer à la puissance de l’ennemi. Avec ces moyens-là, nous pouvons réussir partiellement peut-être et pour un certain temps ; mais, en nous servant d’armes charnelles, nous perdons la dépendance de Dieu qui a pour conséquence son intervention ; nous perdons aussi la perfection de marche et de témoignage que l’on acquiert en s’attendant à Lui. Nous avons donné beau jeu à l’ennemi en reconnaissant la puissance du monde comme compétente, pour régler la question du bien et du mal ; puissance qui, après tout, restera entre les mains de ce dernier jusqu’à la venue de Christ, bien que Dieu la tienne sous sa direction souveraine. Le cœur du fidèle doit dire : «le Dieu qui use de bonté envers moi» (v. 17) ; il le connaît comme tel ; il tient à sa faveur et il a confiance en sa fidélité. Il prévoit la méchanceté qui n’a aucune crainte de Dieu. Les méchants reviendront, des gens sans cœur et impies (v. 14), mais le fidèle chantera la force de Dieu (v. 16). [59:16] Et non seulement cela, mais, dans son affliction, il a fait l’expérience de la bonté, des soins tendres et miséricordieux de l’Éternel, lui qui a besoin même de miséricorde à cause de ses manquements. Il célébrera avec joie la bonté de Dieu, et cela lorsque apparaîtront des jours meilleurs, car cette bonté s’est manifestée au jour où il était dans la détresse. [59:17] Dieu est aussi sa force, et c’est à Lui qu’il chantera. Étant ainsi encouragé, le fidèle ne chante pas seulement de Dieu, mais à Dieu. La méchanceté des adversaires est considérée ici comme pure méchanceté. Il se peut qu’entre Dieu et le fidèle il y ait occasion à discipline, mais, quand il s’agit du fidèle et du méchant, [59:4] le premier n’a donné aucune occasion à la perfidie de son ennemi. [59:9-10] Cependant, se tourne-t-il vers Dieu, dans le sentiment de la puissance du mal qui est contre lui, il s’attend à la bonté. Son cœur aime à se tourner de ce côté-là avec la conscience de sa propre faiblesse et de sa nullité. Pour lui Dieu est «le Dieu qui use de bonté envers lui».

 

2.20  Psaume 60

 

Nous ne pouvons appliquer en principe le Psaume 60 qu’à nos combats extérieurs avec la puissance du mal. [60:1] Dans ce conflit, Dieu peut trouver bon, selon son gouvernement, de nous laisser là vaincus et dispersés pour le moment ; et c’est bien le châtiment le plus sévère et le plus sensible en ces sortes de combats : car, servant la cause de Dieu, il nous faut la voir déshonorée sur la terre par notre faute ou par nos manquements. Sans doute, étant nous-mêmes au milieu du combat, il se peut qu’en nous l’orgueil ait aussi à être mortifié ; toutefois le sentiment de douleur et d’affliction est un sentiment naturel qui doit remplir le cœur du serviteur de Dieu. C’est une chose terrible que de voir ceux qui occupent la place du peuple de Dieu et de ses témoins, rendus confus devant leurs ennemis, tandis que la cause de Dieu semble pour le moment avoir subi un échec complet. [60:4] Dieu a donné une bannière à ceux qui le craignent, pour la déployer à cause de la vérité. Il a mis son enseigne au milieu d’eux, et c’est une chose terrible, qu’avec elle, ils soient défaits et repoussés ; qu’en disant : Jéhovah Nissi (*), ils voient l’ennemi avoir le dessus. L’Éternel avait guerre avec Amalek [(Ex. 17:16)] ; mais lorsqu’un Acan se trouvait dans le camp, Il ne sortait pas [(Jos. 7)] ; car lorsque Dieu conteste, c’est afin d’exercer la conscience de son peuple : cependant, lorsqu’elle est ainsi abattue, la foi ne perd point courage [60:3] quoiqu’elle boive le vin d’étourdissement. Elle regarde à Dieu, juge le mal s’il est là, ou reconnaît qu’il doit en exister, bien que, peut-être, elle ne le découvre pas encore. [60:6] Mais Dieu a parlé dans sa sainteté. L’immutabilité même de sa nature, qui ne supporte pas le mal, donne la certitude qu’Il accomplira sa parole en leur faveur. C’est à cela que la foi regarde — sur cela qu’elle compte. [60:9] Et lorsqu’elle est obligée de demander : «Qui me conduira dans la ville forte ?» [60:10] elle répond : «Ne sera-ce pas toi, ô Dieu, qui nous as rejetés ?» — Alors tout est en règle. Celui qui avait ainsi discipliné son peuple, sera leur force, leur sûr et fidèle Libérateur. [60:12] Par Lui, quoique d’abord dispersés, les saints feront des actions de valeur. C’est que la foi regarde à Dieu à travers tout, car Il est fidèle et sa faveur est meilleure que la vie. Cette confiance est pleinement mise en lumière dans le Psaume suivant.

(*) L’Éternel mon enseigne (Ex. 17:15)

 

2.21  Psaume 61

 

Ici, le fidèle est encore tenu éloigné de la jouissance des bénédictions présentes. [61:2] Il est au bout de la terre, mais il regarde à Dieu. Son cœur est accablé au-dedans de lui-même. Intérieurement il ne trouve aucune ressource contre les difficultés extérieures. L’orgueil défiera les difficultés et restera hautain même dans la destruction, mais tel n’est point le chemin du fidèle. Il faut ajouter que le courage naturel, qui se maintient au milieu de l’adversité, a toujours en vue quelque résultat qu’il espère ; mais nous n’en trouvons aucun dans les circonstances du fidèle qui nous sont présentées ici. Il est expulsé ; il n’a aucun sujet d’espérer une délivrance humaine, et l’orgueil est loin de lui. Il s’humilie sous la main de Dieu ; mais il a une ressource — Dieu le conduit sur un rocher qui est trop haut pour lui (v. 2). La foi atteint ce qui est au-dessus des circonstances, lorsque la nature est écrasée par elles. Et si Dieu est pour nous, qui sera contre nous [(Rom. 8:31)] ? Dieu s’intéresse à nous ; nous le savons, il l’a montré. Le cœur peut s’attendre à Celui devant qui toutes les circonstances ne sont absolument rien ; il se confie en Dieu et le moi disparaît sous son accablement. Dieu est le gardien, il est la portion du croyant. Dès lors, tout le reste n’entre pas en ligne de compte. Il s’agit du contraste entre Dieu et les circonstances, et non pas entre les circonstances et nous. Dieu a entendu le cri du croyant en détresse, et, de même qu’il a confiance maintenant, [61:4] il demeurera aussi à toujours dans la tente de Dieu. [61:2] Le «rocher trop haut pour nous», tel est le secret de toute paix dans l’épreuve. Vis-à-vis des géants, les espions se comparent à des sauterelles. Dieu était-il ainsi ? Les murailles atteignaient jusqu’aux cieux — qu’importe, lorsqu’elles tombent sous elles-mêmes [(Jos. 6:20)] ?

 

2.22  Psaume 62

2.22.1    [Repos de l’âme s’attendant à Dieu]

2.22.1.1   [Le repos implique dépendance et confiance envers Dieu]

 

Ce Psaume a pour sujet le repos de l’âme qui s’attend à Dieu, repos qui implique la dépendance et la confiance ; et toutes deux sont telles que nous attendons le moment que Dieu juge convenable.

 

2.22.1.2   [La dépendance n’agit pas sans Dieu et attend de Lui la délivrance]

 

La dépendance suppose que nous ne pouvons et ne devons rien faire sans Lui, que l’âme ne désire que ce qu’Il fait, et qu’enfin, agir sans Lui, même pour nous défendre, est seulement l’action de notre propre volonté, partant l’indépendance de Dieu. Saül ne s’attendit pas à Dieu. Il attendit presque sept jours ; mais s’il avait compris la dépendance de Dieu, et que rien ne pouvait se faire sans Lui, il n’eût rien fait jusqu’à l’arrivée de Samuel [(1 Sam. 13:8)]. C’est ce qu’il ne fit pas ; il voulut agir de lui-même et perdit le royaume [(1 Sam. 13:14)]. La délivrance de Dieu est douce, elle est amour ; c’est une juste, une sainte délivrance, digne de la révélation de sa faveur et de sa grâce. Elle est parfaite en sa place, en sa manière et en son temps. Lorsque la volonté n’agit pas, l’âme qui attend la délivrance la rencontre et en jouit dans sa perfection, et ainsi nous sommes parfaits et accomplis dans la volonté de Dieu.

 

2.22.1.3   [La confiance soutient l’âme et lui fait prendre patience]

 

Nous avons dit que l’attente implique aussi la confiance. En effet, pourquoi attendrions-nous, si Dieu n’intervenait pas ? C’est ainsi que, dans l’intervalle, l’âme est soutenue, et la confiance est telle qu’on attend patiemment le moment du Seigneur. La patience a son œuvre parfaite, en sorte que nous sommes parfaits et accomplis dans toute la volonté de Dieu [(Jac. 1:4)]. Sans doute, il y a aussi une manière active de compter sur Dieu, mais la confiance dont je parle laisse l’âme s’attendant à Lui d’une façon absolue et exclusive. Elle n’est pas d’elle-même active, elle s’attend à Dieu seul.

 

2.22.2    [Attente patiente comptant sur Dieu avec confiance]

 

Les deux points qui sont en rapport avec cette attente, démontrent l’état de l’âme. «De Lui vient mon salut» (v. 1), et : «Mon attente est en Lui» (v. 5). [62:2] Lui seul est le rocher et le salut ; aussi l’âme confiante s’attend à lui, ne cherche aucun autre refuge, ne regarde qu’à lui seul pour la délivrance. Le cœur est donc, en principe, (Christ l’était de fait) parfait dans sa confiance, et rencontre dans la dépendance la perfection de Dieu ; il n’accepte rien d’autre, parce qu’il a l’assurance que Dieu est parfait et agira selon sa perfection au moment convenable. Ainsi la foi correspond à la perfection de Dieu. D’un autre côté, il n’y a aucune activité quelconque de propre volonté ; on n’accepte, pour se délivrer soi-même, aucune intervention qui, dans sa nature, soit inférieure à Dieu Lui-même. C’est pourquoi l’attente patiente qui compte sur Dieu est un principe d’une immense importance, principe qui, dans les Psaumes, caractérise la foi et par conséquent Christ Lui-même.

 

2.22.3    [Ps. 62 v. 8 — Constance de la confiance en un Dieu fidèle et parfait dans Ses voies]

 

Mais il reste encore quelques points à remarquer : «Confiez-vous en Lui en tout temps» (v. 8). La constance accompagne cette confiance en Dieu, et elle se montre dans toutes les circonstances. Si je regarde à Lui moralement, il est toujours suffisant, toujours le même, il ne change pas. Je ne puis agir sans Lui, si je crois que Lui seul est parfait dans toutes ses voies. Observez, toutefois, que ceci ne suppose pas qu’il n’y ait point d’exercices, ni d’épreuves du cœur ; autrement, l’on n’aurait pas besoin d’être exhorté à s’attendre à Dieu. Mais si Dieu est fidèle et s’il attend Lui-même que le moment réponde à la vérité et à son propre caractère, de manière à ce que ses voies soient parfaites, il est aussi plein de bonté et de tendre amour pour ceux qui s’attendent à Lui. [62:8] Il les invite à répandre leurs cœurs devant Lui. Combien cela fut réalisé en Christ ! De quelle manière n’a-t-il pas, en Jean 12 et surtout en Gethsémané, répandu son cœur devant Dieu ! Dieu est toujours un refuge. Il agit au temps convenable. Il est toujours un refuge pour le cœur ; et le cœur réalise ce qu’Il est avant que la délivrance arrive. Sous certains rapports, c’est encore plus précieux que la délivrance elle-même ; mais cela suppose l’intégrité.

 

2.22.4    [Dieu interviendra en perfection et en puissance, alors qu’il n’y a rien dans l’homme]

 

Encore un point. Cette attente de la délivrance de Dieu a pour effet de nous faire comprendre qu’elle sera complète et parfaite lorsqu’elle arrivera. [62:6] «Je ne serai pas ébranlé». Le fidèle devait attendre, en effet, jusqu’à ce que Dieu intervînt en perfection ; mais alors sa puissance le met parfaitement à l’abri. L’homme peut penser qu’il y a du secours en l’homme, ou en ce que l’homme possède, ou bien encore dans la force de volonté humaine ; mais la foi sait que la puissance appartient à Dieu.

 

2.22.5    [Ps. 62 v. 12 — L’intervention de Dieu sera la délivrance et la récompense du juste]

 

[62:12] Le dernier verset montre que l’âme regarde à la parfaite et divine justice des voies de Dieu, mais avec la conscience de l’intégrité. L’intervention finale de Dieu, le jugement qu’il exécute, seront la délivrance du juste. Il s’est identifié dans son cœur avec les voies de Dieu sur la terre, et il a attendu jusqu’à ce que Dieu les accomplît parfaitement en puissance. Ce sera à la fois la fin du mal, et la miséricorde pour ceux qui ont cherché le bien et qui se sont attendus à Dieu, lui remettant la vengeance. Ce sera une juste récompense pour l’homme juste qui a attendu : son attente trouvera une réponse et la puissance du mal sera détruite. C’est dans ce chemin que nous sommes appelés à marcher. Dieu agit ainsi dans son gouvernement actuel, quoique l’accomplissement final manque encore, mais nous avons à compter sur Lui et à nous attendre à Lui de cette manière.

 

2.23  Psaume 63

2.23.1    [Ps. 63 v. 1 — L’âme qui connaît Dieu comme son Dieu a soif de Lui et Le désire]

 

Le Psaume 63 suppose l’entière connaissance des bénédictions que renferment les relations avec Dieu, mais non pas la pleine jouissance de ces bénédictions ; bien au contraire, celui qui les connaît parfaitement se trouve ici dans une position qui est en contraste absolu avec leur jouissance. [63:1] Or, dans ces conditions, ce n’est pas la bénédiction qu’il recherche et qu’il désire, mais c’est Dieu Lui-même [63:2] et la révélation de sa gloire dans le lieu de sa demeure. [63:1] L’être tout entier a soif de Lui. Le fait que le fidèle est dans ce monde, en une terre aride et altérée, sans eau, n’a pour conséquence ni des plaintes, ni la recherche de la délivrance, mais la soif : on a soif de Dieu. Ce sentiment d’une nature qui Le désire ardemment, nous donne aussi la conscience qu’Il est notre Dieu. Les délices que trouve en Lui la nature divine qui est en nous, nous donnent le sentiment de cette relation. Ces deux choses ne peuvent être séparées. Si nous avons quelque connaissance de Dieu et que nous ne le connaissions pas comme notre Dieu, c’est le désespoir ou quelque chose d’approchant ; et en tout cas Dieu n’est pas connu comme la source du bonheur, de manière à ce que nous le désirions. «Mon Dieu» et cette soif de Lui ne peuvent être séparés. Il ne s’agit pas de l’Éternel et des bénédictions, mais de la nature divine et de Dieu qui fait ses délices ; mais non pas sans le sentiment de dépendance qui s’approprie ce qui est exprimé par les mots : «Mon Dieu». L’âme qui a des désirs de même nature que Dieu et qui, en vertu de cela, le souhaite Lui-même, sent moralement et réellement qu’Il est son Dieu. Cela n’a été réalisé parfaitement qu’en Christ ; quant à nous, nous ne pouvons plus le réaliser dès que nous perdons le sentiment de notre relation. Or, la chose est tout aussi vraie quand il s’agit non plus de la relation, mais de la nature de la jouissance, c’est-à-dire lorsque cette jouissance ne découle pas d’une relation, comme lorsque je dis : «Père», mais de la nature divine, comme lorsque je dis : «Mon Dieu».

 

2.23.2    [Ps. 63 v. 2 — Désir de voir Dieu dans toute Sa gloire, comme Il est connu]

 

[63:1] Ce besoin, cette soif de Dieu [63:2] s’accompagne nécessairement du désir de le voir possédant en plein sa puissance et sa gloire. Nous ne pourrons pas aimer beaucoup Celui auquel nous regardons, sans désirer qu’il jouisse de toute la plénitude de la gloire qui Lui appartient et que nous le voyions dans cette gloire. La joie que nous trouvons en Lui vient de Lui et nous sentons que nous lui en sommes redevables : c’est pourquoi nous désirons le voir en possession de tout ce qui Lui est dû. Christ répond à ce sentiment lorsqu’il dit : «Père, je veux, quant à ceux que tu m’as donnés, que là où moi je suis, ils y soient aussi avec moi, afin qu’ils voient ma gloire, la gloire que tu m’as donnée ; car tu m’as aimé avant la fondation du monde» [(Jean 17:24)]. [63:1] Mais le principe initial, la source de tout cela, c’est que Dieu Lui-même est désiré et connu comme notre Dieu, quoi qu’il en soit. Non seulement le cœur peut s’approprier cela, comme je l’ai dit, mais il veut avoir Dieu Lui-même et nul autre. La nature qui est de Dieu ne veut absolument que Lui seul. Lorsque Dieu est véritablement connu ainsi et que l’âme est identifiée avec Lui dans son désir, le fait qu’elle se trouve au milieu d’un monde où il n’y a pas même une goutte d’eau pour la rafraîchir, ne peut que rendre son désir plus intense. [63:2] Mais cela dépend de ce qu’Il est connu, connu comme Il se révèle Lui-même dans l’intimité de sa propre nature, dans le sanctuaire où il se manifeste et où il se fait connaître.

 

2.23.3    [Ps. 63 v. 3 — La bonté de Dieu rafraîchit l’âme dans le désert de ce monde]

2.23.3.1   [L’âme comprend la bonté de Dieu, meilleure que la vie d’ici-bas]

 

Une autre pensée s’ajoute à celle-ci : [63:2] Lorsque Dieu est ainsi connu, tel qu’Il est dans le sanctuaire, [63:3] l’âme comprend son amour, sa grâce, sa faveur et sa bonté ; elle garde le sentiment de ces choses, qui sont meilleures que la vie. «La vie», c’est la vie ici-bas, la jouissance actuelle de la vie dans ce monde, et, sous ce rapport, cette vie n’offrait absolument rien au fidèle. De même aussi Paul dit : «Si, pour cette vie seulement, nous avons espérance en Christ, nous sommes plus misérables que tous les hommes» [(1 Cor. 15:19)]. Chez Paul, à la vérité, il s’agit plutôt d’affliction extérieure — dans notre Psaume, du sentiment intime, résultant de la vie dans laquelle le fidèle sent et parle ici-bas, qu’il ne se trouve pas la plus petite chose dans le monde qui puisse correspondre à cette nature ou la rafraîchir. Ceci a été parfaitement réalisé en Christ, et remarquablement développé en Paul, bien que, pour lui, ce fût le résultat de l’épreuve. Il se réjouissait toujours dans le Seigneur [(Phil. 4:4)], lorsque rien ne rafraîchissait son esprit.

 

2.23.3.2   [Vie divine connue et manifestée dans le fidèle]

 

Dans le sentiment de cette bonté, [63:1] au milieu d’une terre aride et altérée, [63:3] les lèvres du fidèle louent son Dieu. Ceci est très doux ; et, remarquez-le, c’est parfait dans sa nature, parce que c’est Dieu seul ; car il n’y a absolument rien dans la terre où se trouve le juste. Dieu, son Dieu, est aussi son désir ; la bonté de Dieu est le rafraîchissement de son âme. Or ceci est la vie divine et parfaite dans celui qui possède la nature divine, bien qu’il soit dans le lieu de la dépendance ; une vie connue seulement de l’âme née de Dieu, ou bien connue dans sa perfection céleste. Il en fut ainsi de Christ.

 

2.23.4    [Ps. 63 v. 4 — Le fidèle bénit Dieu, trouvant en Lui seul son rafraîchissement ici-bas]

 

Voilà donc ce qui donne exclusivement sa couleur à la vie ici-bas. [63:4] «Ainsi je te bénirai durant ma vie» ici-bas, [63:1] dans cette terre aride et altérée. C’est là tout ce en quoi consiste la vie de l’âme du fidèle ici-bas. [63:4] C’est pourquoi, dans cette vie, il bénit Dieu, son Dieu. Toute sa vie, dans cette terre déserte, est, en esprit, hors de ce lieu. Là rien absolument n’attire son âme. Il ne trouve son rafraîchissement qu’en Dieu seul, car cette terre n’est qu’un désert pour la nouvelle nature. Cependant il n’est pas encore dans la pleine et actuelle jouissance de Dieu que donne sa présence ; [63:1] il est encore dans la terre aride, altérée et sans eau, [63:4] mais il bénit durant sa vie, il confesse et adore le Dieu qu’il connaît. Ainsi, séparé du tourbillon du monde, on trouve un bonheur parfait, une parfaite satisfaction du cœur. De plus, lorsqu’il n’y a rien pour attirer l’attention de la chair (chose insupportable pour celle-ci, mais, pour l’esprit renouvelé, une véritable délivrance), alors l’âme peut méditer sur Dieu Lui-même. [63:5] Elle trouve en Lui-même la plus complète et la plus riche nourriture ; elle est satisfaite ; elle n’a besoin de rien d’autre ; elle est rassasiée lorsqu’elle peut être ainsi seule avec Dieu, dans lequel est son plaisir.

 

2.23.5    [Ps. 63 v. 5 — Louange de l’âme satisfaite en Dieu seul, simple et sans distraction]

 

Le Seigneur dit de ceux qui viennent à lui : «Celui qui vient à moi n’aura jamais faim, et celui qui croit en moi n’aura jamais soif» (Jean 6:35). Il présente la chose du côté négatif, parce qu’il s’agit dans ce passage de ce qu’il faut à la nature humaine ici-bas : Il n’y aura plus, dit-il, les besoins non satisfaits du cœur de l’homme dans ce monde. Notre Psaume, au contraire, présente le côté positif, parce qu’il parle des délices, de la complète satisfaction que la nature nouvelle trouve en Dieu. Les jouissances du cœur sont créées et satisfaites par la révélation de Dieu Lui-même. Dieu est l’objet exclusif de la joie et des délices du cœur ; [63:5] l’âme étant rassasiée, les louanges débordent et de la bouche sort un chant de réjouissance. Aussi le psalmiste n’est-il pas obligé d’approfondir jusqu’à quel point nous sommes autorisés ou capables de louer dans notre état présent ; il n’est question que de la nouvelle nature trouvant ses propres délices en Dieu et ne pensant à rien d’autre. Parce qu’elle pense simplement à Lui, elle ne songe pas à elle-même, et elle loue parce qu’Il est une source de louanges. Voilà la vraie simplicité. Lorsque mon œil n’est pas simple, la pensée de Dieu découvre cela, est obligée de protester et me force à penser à moi-même ; mais lorsqu’il s’agit simplement de la nouvelle nature, comme dans ce Psaume, tous ses plaisirs sont uniquement en Dieu, et la bouche le loue avec un chant de joie. Cette simplicité de cœur est très précieuse. Remarquez qu’en parlant de cela, notre Psaume suppose quelqu’un qui est exposé aux distractions du monde ; et c’est pourquoi il envisage la condition de l’âme solitaire, qui, au lieu de sentir sa solitude, est délivrée de la distraction pour se réjouir en Dieu.

 

2.23.6    [Ps. 63 v. 7-8 — Joie en Dieu comme secours et sécurité de l’âme, qui Le suit]

 

Plus loin, le Psaume ne parle plus seulement des distractions, mais des circonstances adverses, de la force des ennemis. [63:7] L’âme voit Dieu, son Dieu, comme ayant été son secours. Dieu était sa joie, et dans ce monde entièrement désert et sans eau, [63:5] elle est rassasiée comme de moelle et de graisse. C’était sortir en esprit hors du monde pour se réjouir en Dieu ; mais, pour ce monde aussi, pour traverser ses combats et ses épreuves, l’âme du fidèle a besoin de l’Être béni, et la grâce de Dieu se déploie là richement. Nous nous réjouissons toujours dans le Seigneur en tant que nous regardons à la source de notre joie. Mais, si au dehors il y a des combats, et même au dedans des craintes [(2 Cor. 7:5)], Il console ceux qui sont abattus ; [63:7] «car tu as été mon secours». Nous trouvons ici la description d’une expérience déjà faite, tandis que Paul en parle comme étant lui-même en voie de la traverser. C’est pourquoi aussi ce Psaume nous présente une âme qui considère Dieu, qui veut chanter de joie à l’ombre de ses ailes. C’est là le lieu connu de refuge et de confiance ; c’est l’expression du bonheur de sentir en tout temps la faveur de Dieu, et la sécurité dans laquelle nous demeurons. Je ne sais ce qui peut arriver, mais Il sera là ; et de plus, le sentiment de sa bonté, de son intérêt actif pour l’âme est pour elle une source de douce joie. Elle est heureuse de posséder pour refuge cette divine faveur ; elle est activement occupée à la conserver. Voici donc la condition de l’âme dans son activité : [63:8] elle s’attache à Dieu pour le suivre. Elle veut le suivre, venir à Lui, jouir de sa présence ; elle dit avec certitude : «Ta droite me soutient».

 

2.23.7    [Ps. 63 v. 9-11 — Jugement des ennemis selon le gouvernement de Dieu]

 

Les derniers versets traitent du jugement qui, selon le gouvernement de Dieu, tombera sur les ennemis des hommes justes, et particulièrement sur les ennemis de Christ. Nous n’avons en vue proprement que la première partie de ce Psaume ; toutefois remarquons ici, comme nous l’avons fait souvent, que Dieu gouverne. Nous pouvons compter sur son intervention, en tant qu’elle est nécessaire pour assurer la bénédiction de son peuple qui s’est attendu à Lui, bien que cette intervention n’ait peut-être pas lieu au moment où notre nature la désirerait.

 

2.23.8    [Foi simple se réjouissant en Dieu, loin de son pays — Comparaison avec le Ps. 84]

 

En somme, ce Psaume nous montre une foi simple ; l’âme trouve sa joie en Dieu Lui-même et se réjouit dans les soins assurés du Seigneur, dont la faveur l’a protégée comme un bouclier. Si nous comparons ce Psaume avec le Psaume 84, qui lui ressemble en plusieurs points, nous verrons que dans ce dernier il est question de la jouissance présente des bénédictions de l’alliance, ainsi que du chemin par lequel on y arrive ; tandis qu’ici nous trouvons plutôt ce qu’est Dieu Lui-même, lorsqu’on est loin des bénédictions dans une terre altérée et sans eau ; puis encore ce que sont sa protection, ses soins au milieu des difficultés, des dangers qui nous entourent. Ce point de vue nous deviendra fort clair, si nous nous souvenons que le deuxième livre des Psaumes a pour caractère prophétique l’expulsion du résidu hors de son pays.

 

2.24  Psaume 64

2.24.1    [Méchanceté universelle de l’homme, haïssant ceux qui suivent le principe de la foi]

 

Le Psaume 64 décrit un état de choses qui caractérise ce monde et qui est familier à tout homme exercé au service de Dieu ici-bas ; je veux parler de la voie des méchants qui haïssent la justice, et cherchent à accuser de mal ceux qui sont droits de cœur. Cela montre combien la conscience est universelle et puissante, et une autre vérité en ressort aussi : c’est que l’on s’attend à ce que les principes de ceux qui se confient en Dieu et confessent son nom, ne produisent que ce qui est parfaitement bon. En réalité, c’est le plus fort témoignage qui puisse être rendu, soit aux principes de la foi, soit à l’incurable méchanceté du cœur humain. Les méchants reconnaissent que la foi doit produire et produit, comme le fruit qui lui est propre, ce qui est juste et parfait et qu’elle attend ce fruit de ceux qui marchent par la foi. D’autre part, ils montrent combien ils haïssent ce principe de la foi et ceux qui, par lui, s’attachent au Seigneur ; car ils cherchent à découvrir l’iniquité et l’inconséquence dans la marche des enfants de Dieu. Quelle preuve terrible de la méchanceté du monde ! Malgré cela, cette méchanceté est universelle, et on la trouve bien moins parmi les impies avoués, que parmi les honnêtes mondains. Il est vrai que nous avons ici, chez ceux qui s’adonnent volontairement à l’iniquité, non pas une immoralité évidente, mais, ce qui est pis, la méchanceté ; [64:2] ils tiennent leurs conseils secrets. Toutefois l’esprit du mal dans l’homme n’est pas différent, bien que les conseils secrets appartiennent au caractère extrême du mal. Mais, s’ils ne vont pas toujours jusque-là, les hommes montrent bien qu’il y a chez eux communauté de sentiments, d’action et de pensée, parce qu’un même esprit les anime.

 

2.24.2    [Épreuve du fidèle, et intervention parfaite de Dieu en délivrance, pour Sa gloire]

 

[64:3] Ensuite, leurs langues sont des instruments d’attaque et d’injures. Le saint n’a ni défense, ni remèdes extérieurs ; mais en cela, aussi bien que par rapport à la violence, Dieu est son refuge. Remarquez-le : [64:1] il parle de la crainte de l’ennemi, car la méchanceté de ce dernier a pour but de produire la frayeur. Le fidèle ne peut tenir tête à cette méchanceté, car il n’a aucune arme à lui opposer, mais il présente à Dieu la difficulté en la lui remettant. Dieu éprouve les siens, mais le résultat, c’est que les méchants attirent le jugement de Dieu sur leur propre tête ; [64:9] la frayeur les saisira et ils verront et reconnaîtront l’œuvre de Dieu. C’est ce que les fidèles doivent attendre [64:10] pour que la joie soit complète ; car leur délivrance étant divine, ils doivent attendre que le temps du jugement divin soit arrivé. Abraham fut étranger, et ses descendants restèrent sous l’oppression, «car l’iniquité des Amoréens n’était pas encore venue à son comble» (Gen. 15:16). Peut-être aussi, pour nous, l’épreuve n’est-elle pas encore complète ; mais, en tout cas, lorsque Dieu interviendra, ce sera le moment parfait. Notre délivrance n’est pas le seul résultat ; comme elle arrive au moment fixé par Dieu, et ainsi selon la perfection de ses jugements, ce sont les voies de Dieu qui s’y manifestent. Les jugements de Dieu étant sur la terre, les habitants du monde apprennent ainsi la justice [(És. 26:9)]. Tel sera l’effet du plein accomplissement du jugement ; mais même en des cas particuliers, les hommes glorifient Dieu au jour de la visitation ; ils reconnaissent que ceux qui se sont confiés en Lui ont eu raison ; que ce Dieu qui paraissait ne pas intervenir attendait seulement dans sa sainte justice, et qu’Il a soin des justes. Ainsi ses voies sont parfaites et c’est un gain immense, car Dieu est glorifié.

 

2.25  Psaume 65

2.25.1    [Louange et joie attendant l’accomplissement de la bénédiction]

 

Le Psaume 65 a trait à la bénédiction de la création actuelle, et parle de la louange et de la joie qui jailliront lorsque Dieu abolira la puissance du mal ; cependant il envisage l’effet actuel de sa bonté comme témoignant de cette bénédiction future. Ce qui est en vue dans ce Psaume, c’est la bénédiction du peuple de Dieu, afin qu’ait lieu la bénédiction universelle ; car la création qui soupire n’attend pas seulement, comme ici, la délivrance d’Israël, mais bien plus encore la révélation des enfants de Dieu, laquelle amènera son affranchissement [(Rom. 8:19-21)] ; mais le cœur est prêt, et ceci nous conduit à un principe général, instructif pour nous en tout temps ; c’est-à-dire la disposition du cœur à louer Dieu au milieu de l’épreuve et à se confier en la Toute-Puissance, dont la nature est de dispenser la bénédiction. Toutefois ce Psaume ne s’applique qu’aux circonstances du croyant. Le chrétien n’est jamais, selon l’Esprit, dans un état d’âme dans lequel il ne puisse louer. Son cœur peut s’être éloigné de Dieu, tellement qu’il faille que l’Esprit le reprenne et l’humilie ; dans ce cas, la louange n’est pas prête du tout. [65:1] Ici, bien que le cœur soit prêt, les circonstances ne fournissent pas d’occasion à la louange. La louange est silencieuse, quoiqu’il y ait la conscience qu’elle appartient à Dieu ; le vœu sera payé. Ceci peut être le fait du chrétien. Il peut dire dans l’épreuve, et c’est une pensée légitime : Je suis sûr que je le louerai encore et Lui rendrai grâces pour sa délivrance. Il en est encore ainsi pour nous, maintenant, relativement à la louange la plus élevée. Dans les parvis célestes notre louange est encore silencieuse ; mais nous l’attendons et nous soupirons après elle. Le v. 4 montre clairement que notre Psaume est occupé de la forme juive de la louange. La pensée générale, c’est que nous attendons seulement l’accomplissement de la bénédiction pour que la louange éclate. La fidélité et la puissance de Dieu sont célébrées comme nous assurant cela, mais ici, c’est en jugement et pour des bénédictions terrestres ; tandis que le chrétien, quels que soient les empêchements et les puissances ennemies, compte sur cette fidélité et sur cette puissance de Dieu pour l’introduire dans la cité céleste. [65:3] Les transgressions ne barreront pas le chemin ; par la grâce seule nous pouvons dire : «Tu as pardonné nos transgressions». [65:2] Il entend nos prières et nous vient en aide.

 

2.25.2    [Gloire de Dieu associée avec la bénédiction de Son peuple]

 

De plus, il s’agit ici de la gloire du Seigneur, gloire nécessaire, même dans sa partie terrestre ; mais que nous trouvons ici en principe. — [65:2] «Toute chair viendra à toi». Le Juif considérait cela comme une partie de la gloire. Les desseins de Dieu doivent être accomplis pour sa gloire, mais, dans sa grâce, il les a identifiés avec nous ; comme aussi Paul l’exprime par le Saint Esprit : «Autant il y a de promesses de Dieu, en lui (Christ) est le oui et en lui l’amen, à la gloire de Dieu par nous» (2 Cor. 1:20). Certaine donc, que Dieu doit être glorifié, la foi voit, dans ce fait, notre propre gloire et notre bénédiction. Ce qui caractérise la foi, ce n’est pas de croire que Dieu est glorieux, mais d’associer cette gloire avec la bénédiction de son peuple. Josué dit : «Que feras-tu pour ton grand nom ?» (Jos. 7:9). Moïse dit : «Les Égyptiens en entendront parler» (Nomb. 14:13), et il en est toujours ainsi lorsqu’il plaide avec Dieu. Quelle source de sécurité, quel sujet de louanges, que Dieu ait ainsi identifié sa gloire avec notre bénédiction et avec les promesses qu’il nous a faites en Christ !

 

2.26  Psaume 66

2.26.1    [Tout est attribué à Dieu, Sa puissance domine toutes choses]

 

Il y a, quant à la valeur morale de ce Psaume, un point qu’il est bien intéressant de noter : Je veux parler de la manière dont tout est attribué à Dieu lorsque vient la délivrance. On voit Dieu tout du long. Le Psaume remonte jusqu’à la rédemption originelle, source non équivoque de tout (v. 6), et va jusqu’à la bénédiction finale du peuple de Dieu qui sera la bénédiction du monde. Maintenant on découvre que, lorsque tout semblait être plongé dans l’obscurité, sa puissance était au-dessus de tout. [66:7] «Il domine par sa puissance pour toujours ; ses yeux observent les nations». Malheur à celui qui s’élève lui-même.

 

2.26.2    [Ps. 66 v. 9-12 — Dieu vu dans la tribulation, auteur et gardien]

2.26.2.1   [Dieu met dans la détresse et en garde les siens, en discipline]

 

Mais bien plus encore : [66:10-12] Dieu est vu dans la tribulation même, reconnu comme en étant l’auteur, bien que nos fautes aient pu en être l’occasion. C’est la vraie pierre de touche qui fait connaître si le cœur est droit — ce que le Lévitique, parlant d’Israël, appelle : «accepter la punition de notre iniquité» (Lév. 26:41, 43). On voit ici deux choses : Dieu les avait mis dans la détresse [66:9] et à travers la détresse il avait maintenu leur âme en vie. Il en fut de même pour Job quant à ces deux points. De plus, Dieu n’a pas permis que leurs pieds fussent ébranlés et détournés par la tribulation, du sentier divin de la foi.

 

2.26.2.2   [L’épreuve fait partie du dessein de Dieu, préparant pour la bénédiction]

 

Les v. 10 et 11 reconnaissent cela ; et si des instruments ont été employés dans ce but, ce n’étaient après tout que des instruments. L’épreuve était très grande ; ils le sentent et le voient, mais c’était l’œuvre de Dieu. Ce n’est pas tout. Dieu a en cela un dessein positif qu’il accomplit ; il a un chemin, un lieu d’amour, et l’épreuve fait partie de son dessein, car il veut, par elle, préparer l’âme pour le lieu d’une si grande bénédiction. [66:12] Tu nous as fait entrer «dans un lieu spacieux». [66:10] Dieu envoie la détresse, préserve l’âme qui s’y trouve, se sert de l’épreuve pour affiner l’âme comme on affine l’argent, ranime son espérance, laquelle repose ainsi plus entièrement sur Lui, et peut, d’un regard plus pur, considérer ses promesses ; [66:12] enfin, il la fait entrer dans un lieu spacieux.

 

2.26.3    [L’affliction amène vers Dieu, avec la volonté brisée, et produit la reconnaissance]

 

Ce Psaume fait ressortir en même temps quelques autres points, touchant l’état de l’âme. [66:13] L’affliction l’a poussée vers Dieu ; et quoique, pour nous, les vœux et autres choses semblables soient mauvais, cependant, bien que le fidèle soit sous le châtiment, l’espoir en Dieu produit dans son cœur le besoin de s’en rapporter à Lui et de se tourner vers Lui comme vers la source d’une meilleure espérance. Pour que nous puissions avoir confiance en Dieu et que notre attente soit en Lui au milieu de l’épreuve et du châtiment, il faut avant tout que notre volonté soit brisée ; lorsqu’elle est brisée, nous le pouvons, même en ayant conscience que l’affliction est le fruit de notre propre faute, mais il faut pour cela de l’intégrité ; alors des actions de grâces en sont le résultat. Dès lors, le cœur peut rendre témoignage pour Dieu à d’autres (v. 16) ; il a connu l’intervention du Seigneur en sa faveur. [66:17] Le fidèle a crié, [66:19] Dieu l’a écouté. «C’est ici», dit l’apôtre, «la confiance que nous avons en Lui» (1 Jean 5:14, 15) ; car ce que l’on apprend ici par le moyen de l’affliction devrait être l’état constant de l’âme lorsqu’elle n’a pas à la traverser. Le sentiment dominant de l’âme est ici la reconnaissance, et il en sera toujours ainsi ; elle y retournera, c’est-à-dire à Dieu — au secret de sa propre reconnaissance envers Lui, et c’est la joie du cœur. Le point capital du Psaume, c’est que l’on reconnaît tout cela après la délivrance ; mais quand ce que Dieu est pour nous est reçu dans le cœur, le résultat c’est une foi qui y répond au milieu même de l’épreuve.

 

2.27  Psaume 67

 

Je n’ai, qu’une remarque à faire sur le Psaume 67. Lorsque le cœur désire les bénédictions, même sur le peuple de Dieu, c’est la gloire de Dieu qui est le ressort de ce désir. Alors les bénédictions coulent en abondance et la louange monte à Dieu. Ce Psaume explique Rom. 11:15.

 

2.28  Psaume 68

 

Quelque frappant et intéressant que soit ce Psaume, je n’ai, pour mon but actuel, que fort peu à en dire. Une on deux remarques me sont suggérées en passant. Il s’agit spécialement du caractère de Dieu en grâce ; mais dans sa propre grâce souveraine, en rapport avec les Juifs ; il ne se montre pas dans sa relation d’alliance, mais il les établit comme peuple, ainsi qu’il le fit autrefois en Sinaï, seulement il le fait maintenant en grâce et en puissance. [68:4] Jah n’est point, j’en suis convaincu, le même nom que l’Éternel : c’est l’existence absolue de Dieu, et non pas son existence continue, qui fait que l’on peut compter sur la fidélité de Celui qui était, qui est, et qui vient. Il est ici, il vit à toujours et à perpétuité. Dans ce Psaume, il n’est appelé l’Éternel que lorsqu’il parle de son habitation et de sa demeure sur la montagne de Sion, parce que là il prend et sa position et son nom d’alliance [(68:16)]. Nous avons Jah aux v. 4 et 18 ; dans le reste du Psaume, Adonaï est rendu par «Seigneur». Il me semble que ce dernier titre met Christ en rapport avec la restauration d’Israël, lui donnant la place de Seigneur, mais associant plus que le Psaume 110, ce titre avec son caractère de l’Éternel. Le v. 18 est naturellement le centre de cela, mais comme, suivant la promesse, il est l’Éternel en Sion, nous le voyons ici dans le caractère de celui qui, étant monté en haut après sa réjection, reçoit des dons comme homme. Il est au-delà de toutes les promesses juives. Toutefois, ce même passage parle des Juifs rebelles ; mais alors il n’est plus question de l’Éternel, mais de Jah Élohim. L’exaltation de Christ ramènera Dieu en souveraine grâce au milieu d’Israël.

 

2.29  Psaume 69

 

Le Psaume 69 est une prophétie si complète de Christ que je n’en fais l’objet d’aucune remarque. C’est une description détaillée de ses afflictions dans la vie et dans la mort. J’en ai parlé longuement autre part.

 

2.30  Psaume 70

2.30.1    [Tout est supporté pour le bonheur du peuple de Dieu et sa bénédiction]

 

Le Psaume 70 suggère une seule remarque. On consent à tout supporter, à être pauvre, nécessiteux, méprisé, pourvu que le peuple de Dieu soit heureux et dans un état qui le pousse à la louange. La bénédiction de l’Éternel n’est pas méprisée, mais pour la posséder on s’attend à Lui.

 

2.30.2    [Manifestation du véritable esprit de foi du fidèle]

 

Le véritable esprit de foi dans le fidèle, c’est que son cœur soit attaché au bonheur et a la bénédiction du peuple de Dieu.

 

2.31  Psaume 71

 

Le Psaume 71 ne nous retiendra pas longtemps. Il repose sur deux points : [71:2] d’abord la justice de Dieu. — Le psalmiste ne réclame rien sur le pied de sa propre justice ; mais il sait que Dieu sera conséquent avec Lui-même, qu’il ne le délaissera, ni ne l’abandonnera. C’est pourquoi il compte en second lieu sur sa fidélité.

 

2.32  Psaume 72

 

Le Psaume 72 nous montre la gloire de Christ comme Salomon ; il n’est donc pas nécessaire d’ajouter ici aucune remarque sur son contenu.

 

3        LIVRE 3 — Psaumes 73-89

3.1      Psaume 73

3.1.1       [Jugement temporel de Dieu en Israël, répondant à l’anxiété de cœur des fidèles]

 

Ce Psaume, qui forme le début du troisième livre, traite du jugement temporel de Dieu en Israël, jugement qui répond aux anxiétés dont le cœur des fidèles est agité. Toutefois, comme ces anxiétés sont de tous les temps, nous trouverons ici le sujet de quelques remarques.

 

3.1.2       [Affliction devant le mal prospérant dans le monde, et désir de vengeance]

 

Les méchants réussissent ; Dieu semble avoir oublié, [73:3] et le cœur du fidèle porte envie aux arrogants. Qu’est-ce que cela prouve ? — Que trop souvent notre cœur désire avoir sa part ici-bas, ou, tout au moins, qu’il voudrait pouvoir concilier sa part à venir avec une portion actuelle sur la terre. Il est juste que l’on éprouve de l’affliction en présence du mal qui domine dans le monde, mais cette affliction se mêle souvent, dans nos cœurs, avec le désir de faire notre propre volonté et d’en finir avec le mal par le jugement. Lorsque notre volonté va de pair avec le sentiment de la domination du mal, nous éprouvons soit de l’irritation, soit du découragement, et, par conséquent, nous cessons de persévérer à bien faire. Les méchants prospèrent dans le monde. Quelle énigme ! Où donc est le gouvernement de Dieu ? Quelle est donc l’utilité du bien ? Sans aucun doute, cette épreuve était particulièrement sensible alors que les bénédictions temporelles avaient été données comme un signe de la faveur divine. Mais les chrétiens sont rarement assez séparés de ce monde pour ne pas ressentir le succès de la méchanceté et éprouver le désir d’en tirer vengeance. D’autre part, l’indifférence à l’égard du mal est absolument condamnable. On voit par là que notre chemin est étroit. Pour nous y conduire, il faut que la grâce agisse dans nos cœurs, car nous avons à sentir le mal en lui-même, et combien il déshonore Dieu, en même temps que nous devons attendre le moment convenable où Dieu interviendra. Dans ses souffrances, Christ a réalisé cela en perfection.

 

3.1.3       [Les voies et le jugement justes de Dieu sont appris dans Son sanctuaire]

 

[73:17] Il y a un seul lieu où l’on puisse apprendre, c’est dans les sanctuaires de Dieu. La volonté y est soumise ; Dieu y est connu ; l’œil n’y est pas obscurci par les passions du monde et par l’incertitude ignorante qui se demande comment faire ce que Dieu seul peut faire : tenir compte du bien, où qu’il se trouve, avoir une patience parfaite vis-à-vis du mal, en sorte que le jugement n’atteigne que le mal, et qu’il soit le jugement véritable d’un mal sans excuse. Notre impatience ne pourrait jamais réaliser ces choses, lors même que nous jugeons justement le mal comme tel. Mais, dans le sanctuaire, la volonté est muette et Dieu est écouté. Ses voies sont justes et nous considérons les choses avec ses propres yeux. Le mal nous apparaît plus haïssable ; nous comprenons combien la compassion est de saison, combien la patience est adorable, mais aussi combien le jugement est assuré. Ainsi le sentiment de la justice reste entier dans le cœur, mais dépouillé de tout désir de vengeance : la colère de l’homme n’accomplit pas la justice de Dieu [(Jac. 1:20)]. Le jugement est juste parce que la patience est parfaite ; il est d’autant plus terrible qu’il est libre de toute passion ; il appartient à Dieu. Le moi est en jeu, lorsque les disciples désirent que le feu descende du ciel [(Luc 9:54)]. Ils ne savaient pas de quel esprit ils étaient animés [(Luc 9:55)] ; et cependant les Samaritains, en un certain sens, méritaient réellement ce jugement. [73:20] Mais lorsque Dieu se réveille au moment voulu, les méchants sont comme un songe ; leur orgueil, leurs prétentions sont comme une image évanouie (v. 20). La foi accepte cela et ne cherche pas à rien hâter.

 

3.1.4       [Saintes affections pour Dieu, qui est toujours avec le fidèle, en grâce]

 

Une autre vérité précieuse ressort de ce passage. [73:22] Il avait été «stupide, sans connaissance, comme une brute avec Dieu» ; cependant il y avait en lui de l’intégrité et de la conscience. [73:15] S’il avait donné vent à ses pensées, lorsqu’il était sur le point de dire que la piété était inutile, il eût été infidèle à la génération des fils de Dieu. Voilà ce qui l’arrête. Qu’il est beau de voir, au milieu des résistances de la volonté de l’homme, le cœur repris et restauré par les saintes affections, par la conscience qui craint de mettre une pierre d’achoppement sur le chemin du plus humble des enfants de Dieu ! Cette occasion montre qu’Il est réellement l’objet des affections ; elle manifeste aussi la crainte de Dieu qui prouve qu’on le connaît et qu’on l’aime, que l’on possède la nature nouvelle. Reconnaître Dieu est une marque importante qu’il y a du bien ; [73:22] mais ce que le cœur sait de lui-même, c’est qu’il était comme une brute dans ses raisonnements. Toutefois, remarquez ceci : tout en avouant sa folie, [73:23] il arrive à reconnaître qu’en dépit de tout cela il était continuellement avec Dieu. Oh ! combien la connaissance parfaite de nous-mêmes, lorsque nous connaîtrons comme nous avons été connus [(1 Cor. 13:12)], mettra en lumière la grâce patiente, invariable de Dieu qui veille sur nous tout le long du chemin, selon son amour adorable et selon l’intérêt qu’il nous porte ! Au milieu de toute sa folie il était toujours avec Dieu, et Dieu l’avait tenu par la main droite. Précieuse grâce ! Dieu nous aime, a soin de nous, veille sur nous, s’intéresse à nous ; en raison de son amour souverain, nous lui sommes nécessaires pour qu’Il soit satisfait. «Il ne retire pas ses yeux de dessus le juste» [(Job 36:7)]. C’est une magnifique expression de la grâce invariable. Or il est Dieu et non pas un homme ; c’est pourquoi, ici, le cœur compte sur Lui.

 

3.1.5       [Être guidé par le conseil divin, dans Sa communion, après avoir été soutenu]

 

Jusqu’ici le juste avait pu dire à travers toutes les défaillances de sa foi : [73:23] «Tu m’as tenu par la main droite» ; [73:24] maintenant, étant en communion, il ajoute : «Tu me conduiras par ton conseil». Il ne s’agit plus seulement d’être soutenu sans en avoir conscience, mais d’être guidé dans la communion par la pensée et la volonté de Dieu. Le fidèle voit cela dès qu’il s’est jugé et qu’il jouit de la communion. Cela ne signifie pas que Dieu ne nous guide pas et ne nous force à marcher selon ses propres conseils ; employant le mors et la bride lorsque nous ne sommes pas en communion avec lui [(Ps. 32:9)]. Il ne peut manquer de le faire ; mais alors l’âme ne le comprend pas, et, partant, ne peut en parler, comme elle le fait ici, dans la conscience qu’Il la conduit par son conseil.

 

3.1.6       [Distinction de la position juive, une fois la gloire établie]

 

[73:24] Nous rencontrons ici, en nous tenant à la force du passage, la distinction bien claire de la position juive : «Après la gloire, tu me recevras». Ce passage a été altéré pour l’adapter aux idées chrétiennes, et on en a perdu le véritable sens (comp. Zach. 2:8). Après la gloire, c’est-à-dire lorsqu’elle aura été établie, Israël sera reçu ; mais nous reviendrons dans cette gloire avec Christ (Col. 3:4).

 

3.1.7       [Restauration du cœur, sentant le mal dans le monde et n’ayant que Dieu]

 

Le cœur est maintenant restauré par cette visite au sanctuaire : [73:25] «Qui ai-je dans les cieux» sinon le Seigneur ? — Notre pensée, à nous, peut être élargie par la connaissance du Père et du Fils ; toutefois c’est la même vérité, seulement mieux connue. Quel autre avons-nous dans le ciel que Dieu, le centre, la source, l’ensemble tout entier de la bénédiction ? Sur la terre, il n’y a pour le croyant aucune source de bonheur en dehors de Dieu ; il est, lui, la seule source ; tandis que, si nos regards ne sont pas simplement fixés sur Lui, il y aura une quantité de désirs de distraction. Ici l’œil est tout à fait simple. Étant dans le monde, cela nous donne le sentiment que nous sommes seuls, mais seuls avec Dieu. Il en fut de même de notre bien-aimé Sauveur : «Vous serez tous scandalisés en moi cette nuit»… [(Matt. 26:31)] «et vous me laisserez seul ; et je ne suis pas seul, car le Père est avec moi» [(Jean 16:32)]. Dans un sens, le cœur accepte la prépondérance du mal, et il est séparé, d’une manière très bénie, de toutes choses pour Dieu. Voyez la bénédiction qui ressort de ce mal apparent : Si tout était paisible, bon et prospère dans l’état de choses présent et imparfait, le cœur s’abaisserait à cet état d’imperfection et deviendrait réellement mondain ; mais la prépondérance du mal, tout en pesant sur l’âme, lui fait chercher un refuge dans le sanctuaire, tandis que la volonté est tenue en bride par le sentiment qu’on ne peut pas se séparer du peuple de Dieu. Le cœur est sevré du monde, et, dans un monde où le mal domine, il regarde à Dieu, le possède comme sa part unique dans le ciel, et n’a ainsi rien que Lui seul au monde. Dieu occupe la seule place souveraine dans le cœur. Rien ne peut rivaliser avec Lui, et, comme il est dit dans le Nouveau Testament : «Christ est tout».

 

3.1.8       [Encouragement et bénédiction trouvés en Dieu et en Sa fidélité]

 

[73:26] À ceci se rattache une autre bénédiction, une bénédiction durable, tandis que la chair et le cœur sont consumés : Dieu est le rocher du cœur. Il le soutient avec une bonté et une puissance divines ; il n’est pas seulement un soutien actuel, mais il est le partage du cœur à jamais. [73:28] Ceci conduit à une sérieuse et douce conclusion : «Pour moi, m’approcher de Dieu est mon bien». Là nous apprenons la vérité ; là nous trouvons l’encouragement. Il a mis sa confiance dans le Seigneur Éternel, en Celui qui est souverain en force, ferme et fidèle en ses promesses. Celui qui se confie en Lui aura sûrement à raconter toutes ses œuvres merveilleuses. Il se trouvera là où on peut les voir et en faire l’expérience ; son cœur sera préparé à y prendre garde et à les comprendre ; il aura la joie de témoigner de la fidélité de Celui en qui il s’est confié. Au v. 20 nous avons seulement la puissance souveraine, au dernier verset nous trouvons aussi la fidélité de Dieu à son alliance.

 

3.2      Psaume 74

 

Nous trouvons ici la confiance en la fidélité de Dieu, fondée sur la confiance en Dieu Lui-même, lorsque la puissance de l’ennemi semble, quant aux circonstances extérieures, avoir enlevé tout espoir. Mais nous trouvons en même temps ce qu’Il est pour son peuple. [74:2] La rédemption a prouvé son profond intérêt pour les siens. Ils sont à Lui en propre. Tout en les acquérant par sa grâce souveraine et divine, il s’est associé avec eux (en grâce aussi, sans doute), d’une manière indissoluble ; et le cœur s’écrie (v. 22) : «Lève-toi, ô Dieu ! plaide ta cause». Quelle bénédiction ! Moïse de même, dit continuellement : «Tu les as fait sortir» [(Ex. 32:11)]. Si donc le peuple se trouve au dernier degré de l’abaissement, [74:23] si le tumulte des ennemis va grandissant toujours, c’est un motif de plus pour avoir confiance ; car il s’agit de grâce, de grâce fidèle, et la puissance sur toutes choses est par devers Lui. [74:18] Le cœur, loin d’être effrayé, supplie Dieu qu’il se souvienne des attaques et des insultes de l’ennemi, car les insultes s’adressent à son nom. Il est de fait que l’inimitié du monde contre son peuple se trouve être réellement contre le Seigneur. S’ils n’étaient pas son peuple, le monde ne s’occuperait pas tant d’eux. Il faut que le peuple de Dieu s’en souvienne, et n’oublie pas, au milieu de sa propre faiblesse, que c’est Dieu qui est en cause.

 

3.3      Psaume 75

 

Le Psaume 75 proclame l’avènement certain et le juste gouvernement du royaume de Christ ; [75:1] remarquez seulement que la foi rend grâces avant que ce royaume soit établi, [75:4-5] et qu’elle avertit les pécheurs orgueilleux, [75:7] car Dieu est le juge. Les prétentions humaines ne servent de rien contre Lui. Remarquez encore ceci : Lorsque Christ prend le royaume, tout est confusion ; [75:3] la terre et ses piliers se fondent. Même alors, nos cœurs doivent pouvoir dire : [75:1] Le nom de Dieu (pour nous le Père) est proche, c’est-à-dire que tout ce en quoi Dieu se révèle est près de nous ; en sorte que nous pouvons toujours avoir confiance, et être sans crainte. Les voies et les actes de Dieu sont d’accord avec son nom. Nous croyons en son nom de Tout-Puissant, de Très-Haut, nous croyons qu’il vengera l’Église persécutée, en jugeant Babylone et sa puissance ; toutefois, comme je l’ai déjà dit, il ne s’agit pas pour nous directement du nom de Dieu, mais de celui du Père. Dans ce sens, il n’est question de gouvernement que par rapport à ses enfants. Christ a été ressuscité d’entre les morts par la gloire du Père [(Rom. 6:4)]. Toute la puissance contenue dans ce nom qui est ainsi manifesté, toute la grâce et la fidélité qui s’y trouvent pour ceux qui sont ressuscités avec Christ, qui sont aimés comme il est aimé, voilà ce qui est toujours près de nous ; et cette œuvre merveilleuse de la résurrection de Christ le déclare, dût la mort elle-même être sur nous.

 

3.4      Psaume 76

3.4.1       [La manifestation du trône de Dieu est plus excellente que la puissance de l’homme]

 

Le sujet général de ce Psaume est encore le jugement exécuté en rapport avec Israël. Mais nous pouvons noter ici un principe général : c’est que le siège de la bénédiction de Dieu et de son trône, ou plutôt, que leur manifestation sur la terre, alors même que cette manifestation serait tombée au plus bas, est bien plus excellente que toute la puissance et la violence de l’homme. [76:6] Lorsque Dieu les tance, les hommes tombent sans force. [76:9] Lorsque Dieu se lève, que peuvent-ils faire ? Mais l’exécution du jugement de Dieu sur la terre a son effet et son but immédiats : la délivrance des débonnaires. Il sauve tous les débonnaires de la terre. Son amour et sa fidèle bonté sont en exercice, même dans le jugement.

 

3.4.2       [Dieu fait tout servir à Sa gloire et aura toujours le dernier mot]

 

Un second principe, que la foi applique en tout temps, principe encourageant et consolant, c’est que Dieu fait tourner la colère de l’homme à sa louange (v. 10). Il fait tout servir à sa propre gloire, à ses desseins, et il arrête tout le reste. Lorsque la foi est exercée, elle compte sur Dieu, à travers tout, bien certaine que Dieu aura le dernier mot, le mot final en toute chose.

 

3.5      Psaume 77

3.5.1       [Le fidèle cherche activement le Seigneur, étant sous le poids des circonstances]

 

Le Psaume 77 nous présente quelques points instructifs à noter. La plainte va plus loin, peut-être, que ne devrait aller celle d’aucun chrétien. Le 7ème verset, dans notre bouche, serait tout simplement de l’incrédulité, tandis que, pour le Juif, dont le peuple est rejeté dans tout ce qui touche à ses privilèges, la question surgit naturellement, comme en Rom. 11 [(v. 1)] : «Je dis donc : Dieu a-t-il rejeté son peuple ?». Mais, abstraction faite de cela, nous trouvons dans ce Psaume beaucoup d’instruction pour un temps de profonde affliction, lorsque le poids de circonstances très difficiles, ou même notre propre faute, ont peut-être plongé notre âme dans une grande détresse, quant à ses circonstances extérieures. Le sujet de ce Psaume, c’est que le fidèle cherche actuellement et activement le Seigneur. C’est un appel direct du cœur, et non pas un simple désir, ni seulement de la soumission. Sa voix s’adresse à Dieu. Ceci est plus important que nous ne sommes disposés à l’admettre.

 

3.5.2       [État d’une âme dans la détresse et ne jouissant pas de la paix avec Dieu]

 

Je ne crois pas qu’il soit entièrement juste de dire que «la prière est le sincère désir de l’âme proféré ou non exprimé». Loin de moi la pensée qu’il ne puisse y avoir ni soupir, ni gémissement lorsque l’Esprit Saint intercède, ou bien que le cœur qui s’élève à Dieu trouve jamais auprès de Lui refus ou froideur. J’admets tout cela ; mais il y a dans la prière la présentation actuelle à Dieu d’une difficulté connue, l’expression d’un besoin dans lequel nous nous trouvons. Le cœur s’exprime par une invocation positive. Ainsi il se présente lui-même devant Dieu, et la chose est très importante dans notre relation avec Lui. Il y a la vérité dans l’homme intérieur [(Ps. 51:6)], et une vraie dépendance accompagnée de confiance ; tandis qu’auparavant il n’y avait que soucis rongeants, un cœur qui se repliait sur ses difficultés, [77:2] une âme qui refusait d’être consolée. La volonté agissait et ne pouvait obtenir ce qui lui manquait. L’âme pensait à Dieu, mais sans trouver aucune consolation ; elle n’avait que ses propres pensées sur Dieu ; elle gémissait, mais ne priait pas, et l’Esprit était sans force (v. 3). [77:4] Éveillé, le fidèle ne pouvait naturellement pas s’occuper de choses ordinaires ; son trouble l’empêchait de parler. C’est le tableau saisissant d’une âme en profonde détresse, mais cette peinture ne se trouve entièrement réalisée que lorsqu’une âme, sous la main de Dieu qui la châtie, a perdu le sentiment de la faveur divine ou bien ne connaît pas encore la paix. Toutefois cet état peut se rencontrer chez tous ceux qui, à un certain degré, ne regardent pas à Lui. [77:6] Mais l’âme se tourne vers Dieu ; elle se souvient d’avoir joui de sa miséricorde, d’avoir chanté des cantiques pendant la nuit. [77:7] Le Seigneur a-t-il rejeté pour toujours ? Il n’y a pas lieu, pour le chrétien, à une pareille question, mais bien à un châtiment terrible et douloureux, lorsqu’il a laissé tomber le bouclier de la foi, et que les dards enflammés du méchant ont atteint son cœur [(Éph. 6:16)]. Cette question peut surgir, lorsqu’une âme, sans manquer toutefois de sincérité, a reçu légèrement l’Évangile de la grâce, tandis que le travail de conscience n’a lieu que plus tard. Mais lorsque, au lieu de s’entretenir avec lui-même et de raisonner avec sa propre misère, le cœur regarde à Dieu, il voit alors que toute cette misère est en lui-même et non pas en Dieu, et les choses prennent un tout autre aspect.

 

3.5.3       [Le chrétien, jamais rejeté, n’a pas besoin de se souvenir de la faveur divine]

 

Le chrétien, lui, n’a pas besoin d’en revenir aux miséricordes passées (tandis que le Juif aura raison de le faire), parce que toute la faveur de Dieu repose actuellement sur lui, même si Satan a eu pour un temps prise sur son esprit, et qu’il se retrouve dans la lumière de cette faveur, aussitôt que le nuage qui s’était élevé de son propre cœur est dissipé. [77:11] Les Juifs avaient autrefois des bénédictions dispensées par la grâce souveraine, et ils font bien de s’en souvenir au temps de leur réjection, [77:7] bien qu’ils ne soient pas rejetés pour toujours. Le chrétien n’est jamais rejeté ; aussi n’est-il pas question pour lui de se souvenir, mais de rentrer dans la jouissance de la faveur divine, qui n’a jamais discontinué.

 

3.5.4       [La voie de Dieu, insondable, est en accord avec Sa sainteté et Son amour]

 

[77:13] Dans le reste du Psaume, le chrétien apprend que la voie de Dieu est dans le lieu saint. Si sa faveur est invariable, sa voie est néanmoins toujours d’accord avec sa sainteté, bien que, pour la même raison, elle soit aussi d’accord avec son fidèle amour. Du moment qu’Israël se convertit, c’est pour revenir à la souveraine grâce et à la rédemption. La voie de Dieu est dans la mer (v. 19) ; on ne peut en suivre les traces ; elle est en puissance. Tous les mouvements, toute la force de ce qui semble indomptable, infranchissable, sont dans sa main.

 

3.5.5       [Contraste entre l’âme accablée par ses pensées et celle qui se souvient de Dieu]

 

En somme, ce Psaume présente le contraste entre le travail et l’agitation inquiète d’une âme qui s’abandonne à ses propres pensées, et l’état de cette âme qui se tourne vers Dieu et crie à Dieu lorsqu’elle se souvient de Lui. Le chrétien qui conclurait de tout cela à une interruption de la faveur divine se tromperait étrangement. Mais il peut apprendre ici qu’au milieu de souffrances accablantes, lorsque la propre volonté est à l’œuvre, il n’y a aucun repos jusqu’à ce que son âme se souvienne de Dieu et qu’elle crie à Lui.

 

3.6      Psaume 78

3.6.1       [La grâce est la seule ressource de Dieu pour bénir Son peuple qu’Il aime]

 

Ce Psaume récapitule évidemment l’histoire d’Israël, pour les convaincre de désobéissance et d’incrédulité, et leur montrer l’inutilité, pour leurs cœurs, de toutes les voies de Dieu envers eux ; il décrit ensuite avec magnificence comment Dieu recourt à sa grâce souveraine pour bénir ; mais on trouve en outre ici quelques-uns des signes de l’incrédulité et les avertissements à cet égard. Il peut être utile d’examiner ce sujet. Le grand principe que je viens de signaler est lui-même du plus haut intérêt. La grâce souveraine est l’unique ressource de Dieu, s’il veut bénir l’homme. Quelque miséricordieuses que soient ses voies, elles manquent leur but. Il aime son peuple, mais il n’a d’autre ressource pour le bénir que sa propre grâce. S’il agissait suivant le résultat de ses voies, il serait obligé d’abandonner son peuple, [78:57] car «ils tournèrent comme un arc trompeur». Il en a toujours été ainsi. Mais lorsque le mal est à son comble, Dieu se réveille dans son amour envers eux, à cause de leur misère, et de l’amour qu’il leur porte. Alors il accomplit à sa manière le propos de sa grâce. «Il choisit la tribu de Juda… la montagne de Sion, qu’il aima… il choisit David, son serviteur» (v. 68 et 70).

 

3.6.2       [La foi connaît Dieu et sa puissance sans la limiter, et profite de l’expérience]

 

Tel est l’enseignement général de ce Psaume. Parlons maintenant des caractères de l’incrédulité, car ils sont instructifs. La miséricorde et la fidélité passées de Dieu ne donnent aucun courage contre la difficulté présente ; Dieu doit être connu par une foi du moment. Nous ne pouvons nous fonder sur les miséricordes passées pour nous donner confiance. «Dieu pourrait-il dresser une table dans le désert ? Voici, il a frappé le rocher… pourrait-il aussi donner du pain ?» (v. 19, 20). L’expérience de la bonté et de la puissance n’aura pas pour résultat que l’homme se confie en elle, lorsque survient un nouveau besoin ou que la convoitise est en jeu. Les choses n’en allèrent pas mieux, lorsqu’«il eut commandé aux nuées d’en haut et qu’il eut ouvert les portes des cieux et qu’il eut fait pleuvoir sur eux la manne». [78:26-31] Le châtiment de leur convoitise, à l’occasion des cailles que Dieu leur avait envoyées, ne mit pas non plus un frein à leur volonté incrédule. Tant qu’il se trouve sous la main de Dieu, l’homme se souvient de Lui. Un peu de relâche… aussitôt apparaissent l’oubli et la propre volonté. Mais Dieu fut plein de compassion ; il arrêta sa main étendue en jugement. [78:41] «Ils tentèrent Dieu et affligèrent le Saint d’Israël» ; — ils se méfièrent de cette puissance de Dieu, qui était capable d’accomplir tous ses desseins de grâce envers eux, de faire ce qu’il fallait, pour son peuple, en chaque circonstance. Je limite Dieu, du moment que je suppose qu’une chose quelconque puisse ne pas être pour la bénédiction. Ceci est un grand péché, et, si nous songeons à tout ce que Dieu a fait pour nous, nous sommes doublement coupables. Le Saint Esprit prend invariablement pour point de départ la révélation de l’amour infini de Dieu, afin d’en déduire toutes les conséquences. Il a réconcilié ; certainement il sauvera jusqu’au bout. Il n’a pas épargné son Fils ; comment ne donnera-t-il pas toutes choses [(Rom. 8:32)] ? C’est la bonté infinie ; mais, douter de sa puissance, c’est douter qu’il soit Dieu. Ce doute nous empêche de placer notre espérance en Lui. L’expérience devrait fortifier la foi ; mais il faut une foi présente pour mettre l’expérience à profit. Que le Seigneur de grâce nous garde de limiter Dieu dans sa puissance, et par conséquent dans sa puissance pour nous bénir. Au lieu d’être portés à ne nous souvenir de Dieu que lorsque sa main s’appesantit sur nous, puissions-nous, au milieu même de bénédictions présentes, ne penser à Lui que pour Lui-même, et parce que nos cœurs Lui sont attachés ! Alors, au milieu des épreuves, nous serons capables de compter sur sa bonté et nous ne serons pas enclins à limiter sa puissance.

 

3.7      Psaume 79

3.7.1       [Le cœur abattu n’a de refuge que dans le nom de Dieu, étant humilié]

 

[79:6] Le Psaume 79 appelle le jugement sur les nations ; mais ce sujet ne nous arrêtera pas. Le seul point que je désire mentionner, c’est la manière dont le cœur se tourne vers Dieu, lorsqu’il est très abattu. Il ne cherche pas même à se venger, mais, étant à l’extrémité sous l’oppression du mal, il se tourne vers Dieu, et se souvient ainsi de ses propres péchés. Il n’a pas d’autre refuge que le nom de Dieu. «Ne te souviens pas contre nous des iniquités anciennes ; que tes compassions viennent en hâte au-devant de nous… Aide-nous, ô Dieu de notre salut ! à cause de la gloire de ton nom ; et délivre-nous, et pardonne nos péchés à cause de ton nom» (v. 8-9). Tel est l’effet du châtiment, à supposer que nous connaissions Dieu : il produit l’humilité du cœur, la véritable confession, la conscience qui sait n’avoir aucun droit à la délivrance, mais qui compte sur la bonté de Dieu et sur son nom, en un mot, sur ce qu’il est. [79:8] L’âme se repose sur le fait qu’il y a compassion, [79:11] que Dieu écoute le gémissement de ses prisonniers, et qu’il agira selon la grandeur de sa puissance pour garantir ceux qui sont voués à la mort, malgré la force apparente du bras qui les retient.

 

3.7.2       [Le peuple célèbre le Seigneur qui se manifeste contre ses ennemis]

 

L’ennemi avait outragé le Seigneur en injuriant son peuple. [79:10] «Où est leur Dieu ?» où est leur confiance ? Alors le Seigneur se manifeste : voilà ce que son peuple attendait, [79:13] aussi célèbre-t-il l’Éternel.

 

3.7.3       [Identification de la gloire de Dieu avec Son peuple, qu’Il délivre]

 

Ce Psaume met en lumière une autre vérité que nous rencontrons souvent dans l’Écriture. Dieu n’est pas seulement un Dieu glorieux qui doit maintenir sa gloire, mais, ayant acquis un peuple sur la terre, il a identifié sa gloire avec ce peuple. La foi sent profondément cette vérité qui la pénètre de reconnaissance, et elle compte sur la délivrance et sur la grâce. Dieu délivre tout en garantissant sa propre gloire. Mais, pour la même raison, Dieu ne permet aucun mal, parce que son nom est lié à son peuple, comme Israël nous en fournit l’exemple : «Je vous ai connus, vous seuls, de toutes les familles de la terre ; c’est pourquoi je visiterai sur vous toutes vos iniquités» (Amos 3:2). Ici, le châtiment est sur son peuple et le nom de Dieu est outragé. [79:8] Aussi, tout en s’humiliant et en recherchant la miséricorde et la purification, attendent-ils la délivrance, car le peuple de Dieu est devenu fort chétif.

 

3.8      Psaume 80

3.8.1       [Invocation hardie, dans un caractère juif, allant jusqu’à Christ Fils de l’homme]

 

Le Psaume 80 est hardi dans ses invocations. Il passe de la délivrance d’Égypte à la connaissance, non pas de Christ, mais du Fils de l’homme ; [80:15] et encore le considère-t-il plutôt comme le provin [Bibliquest : branche de vigne qui prend racine] que Dieu s’est fortifié pour Lui-même. On ne trouve pas ici les mots qui rendent si clair le début du chap. 15 de Jean [(v. 1, 5)] : «Je suis le vrai cep, vous, les sarments». [80:17] Cependant notre Psaume va jusqu’à reconnaître l’homme de la droite de Dieu, le Fils de l’homme, qu’il a fortifié pour soi. Mais si, dans cette confiance en Dieu, et regardant au Fils de l’homme, ce Psaume parle hardiment, s’il attribue tout à la grâce, il porte néanmoins un caractère absolument juif : il fait allusion à l’ordre des tribus dans le désert (v. 2) ; il connaît Dieu comme Celui qui est assis entre les chérubins (v. 1) ; [80:8] il considère Israël comme le cep de Dieu, [80:17] et le Messie, dans son caractère juif le plus élevé, comme le Fils de l’homme ; [80:19] enfin, toute son espérance, c’est que Dieu ramènera son peuple. Nous allons examiner cette dernière expression, car elle caractérise l’invocation de ce Psaume. On la trouve aux v. 3, 7 et 19 ; nous la rencontrons dans la même acception en Jér. 31:18, 19 et au chap. 5, v. 21 des Lamentations. Elle offre donc un intérêt particulier.

 

3.8.2       [Sentiment d’appartenir à Dieu et de Sa réprobation, et désir qu’Il ramène]

 

La discipline seule, en elle-même, peut bien briser la volonté, humilier, lorsque Dieu agit, et faire ainsi une œuvre préparatoire, mais elle ne ramène pas à Dieu. [80:3, 7, 19] C’est ainsi que les fidèles sont amenés à dire ici, comme dans les désolations d’Éphraïm et de Juda, lorsqu’ils sont au plus bas, et qu’ils n’attendent plus aucun autre secours : «Ramène-moi», «ramène-nous». Ce n’est pas simplement une tristesse selon Dieu et la conscience de péché, ce qui n’est pas même, à proprement parler, la pensée de ce Psaume ; mais il y a le sentiment qu’ils appartiennent à Dieu, qu’ils sont le peuple de Dieu, et en même temps l’objet de sa réprobation : — [80:16] «ils périssent parce que tu les tances». Il est question ici des voies de Dieu envers son peuple, et ce Psaume peut s’appliquer aussi à un saint dans le temps actuel, lorsque Dieu agit ici-bas à son égard selon le témoignage qu’il a rendu. Il y a, je le répète, le sentiment de Lui appartenir, mais le cœur qui repasse l’œuvre de Dieu et les bénédictions qu’elle a produites autrefois, voit maintenant cette œuvre détruite, témoignant ainsi de la puissance de l’ennemi. Cependant ce n’est pas cette puissance qui préoccupe la foi, mais c’est le courroux de Dieu. La foi se tourne vers Lui, comme à la source première de la bénédiction et de la puissance qui a opéré cette bénédiction, comme à Celui dont c’est l’œuvre, et qui est toujours occupé en faveur de son peuple. La foi s’arrête à la beauté de l’œuvre de Dieu, [80:8] aux délices qu’il prend à cette vigne qu’il avait plantée pour Lui-même, mais qui maintenant est arrachée ; et la foi en conclut que Dieu interviendra en grâce. Mais cette intervention doit consister d’abord en ce que Dieu ramène à Lui son peuple.

 

3.8.3       [Bénédiction désirée selon le caractère de Dieu, après avoir été ramenés en grâce]

 

L’état dans lequel ils se trouvent est en rapport avec la ruine générale, mais ce n’est pas ici la pensée principale : ils ne peuvent séparer leur propre état d’avec l’intervention divine. Il leur faut cette intervention, mais son premier acte doit être de les restaurer, de les ramener. [80:3, 7, 19] Ils désirent la bénédiction, mais ils la veulent selon le caractère de Dieu, qui commencera d’abord par eux et les ramènera ; et alors la face de Dieu luira sur eux et ils seront délivrés. Quelle bénédiction, lorsque nous nous étions détournés de Dieu, de pouvoir l’invoquer, lui demandant qu’il nous ramène, et que sa face luise sur nous de telle manière qu’elle apporte la bénédiction et une délivrance actuelle à son peuple. [80:14] Le fidèle demande à Dieu de retourner et de visiter le cep ; toutefois il ne s’attend pas à la restauration de l’état de choses primitif (ce n’est pas la manière de faire de Dieu), [80:15] mais à l’établissement du provin que Dieu a fortifié pour Lui-même. Il en est ainsi de nous maintenant : Nous attendons que Christ soit exalté, même dans les plus petites choses. Si nous avons failli, il ne nous sied pas d’attendre que Dieu rétablisse les choses sur le même pied qu’auparavant, comme si rien ne s’était passé — ceci ne pourrait pas être à sa gloire — mais nous pouvons nous attendre à ce qu’il intervienne pour montrer sa bonté dans ce qui manifeste sa grâce, et à ce qu’il écoute le cri de son peuple : [80:17] «Que ta main», s’écrie la foi d’Israël, «soit sur l’homme de ta droite». C’est là qu’ils trouvent leur force et leur sûreté, et qu’ils sont gardés debout. — [80:18] «Et nous ne nous retirerons pas de toi». Il en sera pleinement ainsi d’Israël aux derniers jours, et il en est ainsi de nous en pratique. Sa présence est ce qui nous garde.

 

3.8.4       [La foi recherche aussi la vivification, faisant appel à Dieu après avoir été ramené]

 

Mais la foi cherche encore une autre chose. L’éloignement de Dieu, la recherche de la propre volonté, ont pour résultat l’engourdissement et la mort ; [80:18] aussi, quand ils sont ramenés, ont-ils besoin d’être vivifiés ; il faut que cette puissance qui ranime et qui donne la vie, rappelle leur cœur vers Dieu. Alors ils l’invoqueront avec un redoublement de sérieux et une confiance nouvelle : «Fais-nous revivre, et nous invoquerons ton nom». Pour Israël ce sera réellement la vie d’entre les morts. C’est plus que la prière qui crie à Dieu dans l’épreuve ; c’est le cœur qui, plein de confiance, en appelle à Dieu, après avoir été ramené à Lui. Cette scène prophétique montre évidemment la restauration d’Israël. Dieu ne cache pas maintenant sa face aux siens, mais il l’a cachée à Israël ; toutefois les chrétiens peuvent reconnaître ses voies en gouvernement dans leur œuvre, dans leur service, et dans leur état comme corps.

 

3.8.5       [Conversion suivie de la repentance]

3.8.5.1      [Retour personnel à Dieu et repentance qui suit]

 

En rapport avec notre sujet, je voudrais ajouter quelques mots sur le retour personnel à Dieu et la repentance, tels que nous les trouvons dans les passages de Jérémie cités plus haut. Ainsi, au chap. 31:18, il est dit : «Convertis-moi» ou : ramène-moi «et je serai converti». Nous avons donc en premier lieu l’action de Dieu en grâce, ramenant le pécheur, le convertissant. Ce dernier ne regardait pas à Dieu, il lui avait tourné le dos ; et maintenant, de cœur et de volonté, il se retourne vers Lui. La repentance vient après : «Car, après que j’ai été converti, je me suis repenti». — Mon cœur, ayant été tourné vers Dieu et amené dans la lumière, je me mis à l’œuvre ; je jugeai tout, aussi bien l’état de mon cœur que mes voies pendant mon éloignement de Lui. Alors, introduit dans la vraie bénédiction, possédant la pensée de Dieu quant au bien, on reste confondu d’avoir pu désirer et poursuivre des choses si vaines et si mauvaises.

 

3.8.5.2      [Tristesse produite par la conversion et amenant la repentance, selon 2 Cor.]

 

L’épître aux Corinthiens nous présente une autre pensée. La conversion que Dieu opère produit la tristesse (2 Cor. 7 [v. 9-10]). La première lettre de l’apôtre avait pénétré, par la puissance de l’Esprit, dans leurs âmes. Ce n’était pas encore le jugement complet de leur état dans la lumière, mais, leur propre volonté étant retenue par l’action divine, il y avait chez eux de l’affliction dans le sentiment qu’ils s’étaient écartés du droit chemin. Alors la conscience commença à agir et non plus la volonté ; peut-être le moi y avait-il encore part en quelque mesure. Néanmoins c’était une tristesse selon Dieu, une volonté brisée, un cœur contrit ; il y avait le sentiment que l’on avait suivi sa propre volonté et oublié Dieu. Les illusions d’une volonté perverse s’en sont allées, et dès lors commence l’action de la nature divine en nous, résultat du fait que nous avons affaire à Dieu. Cette action n’est pas accompagnée de frayeur lorsqu’elle est bien sentie ; il n’y a nulle idée que Dieu veuille nous imputer le péché, ou nous condamner, mais bien la tristesse et l’affliction du cœur à la pensée que l’on a suivi la perversité et les tromperies de sa propre volonté. Cette tristesse produit un jugement du mal bien plus actif et plus décidé, et ce jugement est appelé ici la repentance. «La tristesse qui est selon Dieu, opère une repentance à salut dont on n’a pas de regret». Par cette conversion dont nous venons de parler, l’âme ayant été amenée, par l’opération de la grâce de Dieu, à s’affliger pour avoir écouté sa propre volonté, rentre maintenant (ou plutôt entre pour la première fois) sous l’influence naturelle et sous l’action du nouvel homme non contristé. Elle juge, par l’énergie spirituelle, tout le mal, comme Dieu le juge en principe. Le sentiment de la culpabilité n’a point disparu, mais, ce qui caractérise cet état c’est le jugement de la faute — le jugement du moi en tant que celui-ci y est impliqué. Le cœur est pur du mal, lorsqu’il le juge comme Dieu le fait et s’en sépare comme d’une chose qui lui est extérieure, à laquelle il est étranger. Or ceci est la sainteté, laquelle gagne souvent en profondeur à mesure que l’on connaît mieux le moi.

 

3.8.5.3      [Exemple de conversion et repentance en Actes 2]

 

Nous voyons un exemple dans le discours de Pierre au chap. 2 des Actes. L’apôtre venait de mettre devant leurs yeux le péché du peuple. «Alors ils eurent le cœur saisi de componction et ils dirent à Pierre… : Que ferons-nous ?» [(Act. 2:37)]. Il n’était plus question de leur volonté qui leur avait dicté ce cri furieux : «Crucifie-le, crucifie-le !» [(Luc 23:21)]. Le péché a accompli son acte et ne peut plus se changer. La folie d’un tel acte se présente à eux, apportant l’angoisse à leurs cœurs. «Que ferons-nous ?». Ils sont convertis ; ils en sont arrivés à l’affliction et à la tristesse selon Dieu. Que leur dit Pierre ? «Repentez-vous, et que chacun de vous soit baptisé au nom de Jésus Christ, en rémission des péchés» [(Act. 2:38)]. Ils étaient convertis, saisis de componction en songeant à la folie de leur péché ; ils avaient encore à se repentir. Il y a une chose plus grande, plus profonde, plus complète qu’une âme amenée à la lumière ; c’est lorsque le nouvel homme exerce son jugement sur ce que le moi avait été. Il ne s’agit plus d’une âme convaincue de la part de Dieu et se soumettant, dans le sentiment de sa culpabilité, à l’effet de sa grâce et de sa présence, mais il s’agit d’une âme qui rejette spirituellement, en communion avec Dieu, le mal comme tel, du terrain où le nouvel homme se tient avec Dieu. La contrition et l’humilité de cœur accompagnent cet acte, mais l’âme est rentrée dans sa liberté devant Dieu. Il y a une vraie repentance, du moment que le moi est mis de côté et que la nouvelle nature, s’étant emparée du jugement et de la volonté, juge librement, comme une chose rejetée, tout ce qui avait séduit la chair et ce en quoi elle prenait plaisir.

 

3.9      Psaume 81

3.9.1       [Dieu veut la vérité du cœur, pour bénir abondamment]

 

Ce Psaume nous fournit l’occasion de noter quelques principes du gouvernement de Dieu. C’est lorsqu’on a été rétabli dans la bénédiction, que l’on peut considérer les voies merveilleuses de Dieu. Si le peuple avait été fidèle, loin d’être affligé, il aurait joui non seulement de la paix, mais d’une bénédiction actuelle et abondante. Loin de là, il ferma son oreille à Dieu ; aussi Dieu les abandonna aux convoitises de leur cœur ; ils marchèrent selon leurs propres conseils et tombèrent bientôt au pouvoir de leurs ennemis, toujours plus forts que le peuple de Dieu, lorsque celui-ci descend sur leur terrain. Dieu nous a délivrés. Nous avons été délivrés de l’esclavage et du fardeau du péché. La puissance divine (une puissance qui, tout en se manifestant par ses effets, a néanmoins sa source dans le secret des conseils divins) nous a répondu, lorsque, sous le péché, nous étions dans l’angoisse et dans la détresse ; et, dès lors, tout en ayant part, en vertu de notre position, à la plénitude de la bénédiction, nous sommes sous la responsabilité quant aux bénédictions présentes que nous avons reçues. [81:8] «Oh ! si tu voulais m’écouter !». Ce que Dieu veut, c’est la vérité du cœur envers Lui, c’est que non seulement on évite le mal quand il se rencontre, [81:9] mais qu’il n’ait point d’idole dans le cœur. Ce qui révèle l’état du cœur, c’est la vérité dans l’homme intérieur [(Ps. 51:6)] vis-à-vis de Dieu. Mais Dieu nous appelle à cela comme étant déjà notre Dieu (nous disons maintenant : Père), qui nous a délivrés et sauvés et qui nous dit (sans doute lorsque nous sommes dans le sentier de l’obéissance) : [81:10] «Ouvre ta bouche toute grande et je la remplirai». Nous sommes appelés à élargir nos cœurs pour recevoir la bénédiction. Dieu a de riches, d’abondantes provisions pour nous, et nous engage à ouvrir notre bouche toute grande. Tout son désir est de la remplir de ses propres richesses, des richesses de bénédictions de la grâce données par sa propre main. Les richesses insondables de Christ nous appartiennent et sont communiquées à nos âmes. Mais hélas ! souvent nous ressemblons à Israël : [81:11] «Mon peuple n’a pas écouté ma voix».

 

3.9.2       [Châtiment divin sur le fidèle, ou combat avec le Seigneur contre les adversaires]

 

[81:12] Alors, pour les châtier, Dieu laisse les siens se nourrir du fruit de leurs propres voies : jugement terrible par lequel on est parfois humilié et amené à sentir l’amertume de la puissance de l’ennemi, et d’autres fois, ce qui est pire, porté à se croire finalement abandonné ! Ce cas ne peut guère se présenter, lorsque l’âme a été réellement vidée du «moi» et de la propre justice si subtile dans sa nature. Toutefois les dards enflammés du malin sont terribles pour l’âme. Ce ne sont nullement ici les doutes d’une âme exercée sous la loi, l’incertitude de savoir si Dieu sera pour elle, si elle pourra échapper ; mais c’est la frayeur que l’âme éprouve vis-à-vis d’un Dieu qui est contre elle. Tandis que, dans le premier cas, il s’agit du doute légal, dans le second, c’est le doute du désespoir produit par Satan. Si le saint marche fidèlement, il aura sûrement des ennemis, Satan et ses machinations, à combattre, [81:14] mais c’est de fait le Seigneur qui remporte la victoire sur eux. Ce combat est, après la patience de la foi, la preuve encourageante que le Seigneur est avec nous pendant la course. Nos adversaires sont ceux du Seigneur ; avoir conscience de cela est une immense force. Ceux qui s’opposent à nous lorsque nous marchons dans le sentier du Seigneur, sont en tout cas, sous ce rapport, au nombre de ceux qui haïssent le Seigneur. Ils sont trouvés menteurs et vains dans leurs prétentions, tandis que le saint marche en paix par la puissance du Seigneur dans un chemin uni. «Celui qui fait la volonté de Dieu demeure à toujours» ; [81:16] il est nourri de la moelle du froment, de la connaissance la plus précieuse de Christ ; tandis que la douceur de la grâce divine rafraîchit et satisfait le désir de l’Esprit.

 

3.10  Psaumes 82-83

 

Ces deux Psaumes ne demandent pas de commentaire particulier en rapport avec l’objet de ces méditations. Au Psaume 82, le lecteur remarquera que [82:1] Dieu juge au milieu des juges, spécialement ceux qui, en Israël, avaient la loi divine pour les guider. [82:7] Ils tombent ainsi de la position qu’ils occupaient comme exerçant l’autorité de Dieu sur la terre, dans celle de l’homme responsable, [82:8] et Dieu se lève pour juger la terre. Dans ce Psaume, Dieu s’occupe de l’iniquité de l’homme envers son semblable et de la différence entre le jugement confié à l’homme et la justice. Le Psaume 83 envisage l’homme coupable d’inimitié active contre Dieu, usant, dans sa haine envers le peuple de Dieu, de ruses, de conspirations, de violence, afin que même leur souvenir soit ôté de la terre (v. 4). [83:18] Mais ces efforts de l’homme ont pour résultat final que l’Éternel seul (le Dieu d’Israël) est «le Très-Haut sur toute la terre». L’oppression exercée de haut en bas par ceux qui représentent Dieu sur la terre, la rébellion dirigée de bas en haut contre Dieu et se manifestant par la haine envers son peuple terrestre : tels sont les caractères de l’homme et l’objet du jugement de Dieu sur la terre.

 

3.11  Psaume 84

3.11.1    [Bonheur dans la jouissance de Dieu manifesté, dans Ses demeures]

 

Bien que Dieu soit nécessairement le centre de tous les désirs du nouvel homme, il n’est cependant point parlé ici, comme au Psaume 63 [(v. 1)], du désir qui a Dieu comme tel pour objet. [84:2] L’Éternel est reconnu comme le Dieu vivant, mais comme un Dieu manifesté, en relation avec son peuple. Il n’est pas dit ici : «Mon âme a soif de Dieu», [84:1] mais : «Combien sont aimables tes demeures, ô Éternel des armées !». Elles ne seraient pas aimables si l’Éternel n’y était pas et si elles n’étaient pas les siennes. Il s’agit donc ici du bonheur que l’on trouve dans la jouissance d’une relation publique avec Celui qui demeure au milieu de son peuple, et non pas d’un bonheur abstrait que l’on trouverait en Dieu même. [84:2] Les demeures de Dieu sont un lieu de repos pour le cœur ; [84:3] c’est comme l’hirondelle qui a, de la part de Dieu, un nid où elle a mis ses petits. Et ceci est juste. Le désir de l’âme après Dieu Lui-même est la racine et l’essence de la piété personnelle. Le secret de Dieu se trouve là, et l’âme est gardée dans la sainteté de sa présence, et exercée dans cette sainteté devant Lui. Mais le vrai refuge de l’âme pieuse est là où Dieu manifeste sa gloire, où il est adoré. «Dans son temple, tout dit : Gloire !» (Ps. 29:9). C’est là que la louange est produite continuellement.

 

3.11.2    [Louange d’un cœur à l’aise où Dieu se manifeste, ce qui est la parfaite bénédiction]

 

Il ne s’agit pas ici des exercices de l’âme, mais d’un cœur pieux débordant (et la chose ne peut avoir lieu que dans le nouvel homme) en actions de grâces et en adoration avec ceux qui sont d’un même sentiment, là où tous adorent, là où il n’y a rien d’autre que la louange ; [84:3] car l’autel de Dieu est le centre des désirs et des épanchements du cœur. Là Dieu se manifeste, là le cœur est à l’aise loin des exercices et des épreuves ; [84:4] aussi comprend-il bien que dans ce lieu on louera Dieu sans cesse. Ceux qui y demeurent n’ont rien d’autre à faire. Telle sera la bénédiction dans son parfait accomplissement.

 

3.11.3    [Ps. 84 v. 5-6 — Bénédiction dans le chemin menant au sanctuaire, malgré les pleurs]

 

Mais il est encore une autre chose (v. 5 et suiv.) dans laquelle on éprouve la bénédiction : je veux parler du chemin, chemin qui conduit au sanctuaire en traversant le monde [84:6] qui est la vallée des pleurs. [84:5] Celui qui, d’un cœur tranquille, marche en pèlerin vers le repos et la demeure de Dieu, a sa force dans le Seigneur. Aussi est-il appelé bienheureux. Si la demeure de Dieu, le lieu où sa gloire est manifestée et que cette gloire remplit, est l’objet vers lequel tendent tous les désirs du cœur, le chemin qui y conduit sera aussi dans le cœur. [84:6] Ce chemin peut être rude, il peut conduire par la vallée des pleurs, vallée où l’on trouve la croix, mais c’est le chemin qui mène au but et le cœur y est attaché. D’ailleurs, le cœur se confie en Dieu ; l’amour de Dieu est pour lui la clef de tout ; c’est pourquoi il est dit : «Seigneur, par ces choses on vit, et en toutes ces choses est la vie de mon esprit» (És. 38:16). Elles changent la vallée des pleurs en une fontaine et font trouver dans l’affliction les rafraîchissements de la grâce. Car il faut que la volonté soit brisée, que les mouvements de la volonté dans les désirs du cœur soient jugés, pour que la grâce, pour que Dieu Lui-même (cette source de joie et de bénédiction) puisse avoir toute sa place. C’est ce que produisent les exercices et les épreuves du désert. La vallée n’est pas appelée la vallée de l’épreuve, mais celle des pleurs ; car, ce qui produit la fontaine rafraîchissante, ce ne sont pas simplement des faits extérieurs, mais ce sont les exercices du cœur qui découlent de ces faits. Sans aucun doute la cause en est les difficultés du chemin dans la vallée. Christ, l’homme parfait dans ses voies, était aussi un homme de douleurs [(És. 53:3)], et il manifestait et exerçait son amour au milieu des souffrances. Nous, nous avons besoin d’être humiliés et brisés afin de parvenir à cet état, mais c’est précisément ce qui change pour nous la vallée en fontaine. «Par ces choses on vit et en toutes ces choses est la vie de mon esprit». Dans la douleur de sa réjection, auprès du puits de Sichar, le Seigneur avait une viande à manger que ses disciples ne connaissaient pas [(Jean 4:32)].

 

3.11.4    [Ps. 84 v. 6-7 — Provisions de grâce et de force d’en haut, pour avancer ici-bas]

 

Mais ce n’est pas tout : il y a des provisions de grâce qui sont directement fournies d’en haut ; [84:6] Dieu envoie en grâce la pluie sur son héritage, pour le rafraîchir lorsqu’il est altéré. La pluie couvre de bénédictions la vallée. Les communications de l’Esprit de Dieu, la révélation de Christ à l’âme, l’amour du Père, tout cela rafraîchit et réjouit le cœur et le détourne du monde pour le remplir de ce qui lui fait voir le néant du monde. Le nouvel homme goûte ces joies, et traverse joyeusement la vallée en pensant à ces choses. [84:7] Il marche de force en force. Ce ne sont pas des forces accumulées, et cependant la force est augmentée ; mais cet accroissement de force, bien loin d’affaiblir la dépendance de Dieu, en augmente, au contraire, le sentiment. On se connaît mieux et l’on se défie beaucoup plus de soi-même ; on est plus simple et l’on a un sentiment plus net que la force appartient à Dieu. Pierre nous en est un exemple. Le Seigneur lui dit : «Quand une fois tu seras revenu, fortifie tes frères». C’était un cas extrême quant aux moyens employés pour le produire, mais qui nous montre combien le jugement de soi-même et l’école de la dépendance sont le moyen d’avoir la force, parce que la force est réellement en Christ. «Ma puissance s’accomplit dans l’infirmité» [(2 Cor. 12:9)]. Ainsi la force que nous avons et que nous sentons, au point où nous sommes amenés à réaliser la grâce et la présence de Christ, nous pousse plus loin et nous fait avancer dans notre voyage à travers le désert ; nous en usons (je ne dis pas que nous la perdions) le long du voyage ; nous employons cette force en chemin, mais ce n’est pas la même chose qu’éprouver la jouissance de tirer toute bénédiction de Lui.

 

3.11.5    [Ps. 84 v. 7-8 — Abandon croissant à Christ au détriment du moi]

 

Cela nous conduit à nous rendre mieux compte du besoin que nous avons de Christ, et à une connaissance de nous-mêmes qui est augmentée par les choses que nous traversons. Cette découverte du «moi» n’est cependant pas toujours le résultat d’un jugement que nous formons sur nous-mêmes, mais elle provient du dépouillement du moi et du déclin de sa puissance trompeuse sur notre cœur, qui nous fait nous abandonner plus simplement à Christ. [84:7] C’est ainsi que nous avançons graduellement en force ; Christ est davantage notre tout, et, si nous tombons en faute, le progrès se montrera en ce que le «moi» sera positivement jugé et l’âme restaurée. Le résultat sera que nous paraîtrons devant Dieu, où le moi n’existera plus, et dans le lieu où il a placé sa bénédiction, et où tous montent pour l’adorer et le glorifier. Même à présent il y a une réalisation partielle de cela, mais la chose ne sera accomplie certainement qu’en gloire, dans la Jérusalem céleste et dans la maison du Père. Mais tout cela produit la supplication, la supplication avec le sentiment de la Majesté divine, mais aussi avec la conscience d’une précieuse relation dans laquelle on se trouve. [84:8] Il est Jéhovah, l’Éternel des armées, mais il est aussi le Dieu de Jacob.

 

3.11.6    [Ps. 84 v. 9-12 — Bénédiction dans la présence de Dieu, regardant à Son oint]

 

Il y a plus encore. Jusqu’à ce que nous soyons introduits en réalité dans les parvis de Dieu, nous dépendons de cette Majesté et de cette fidélité à son alliance (pour nous, c’est le nom du Père en union avec Christ), [84:9] mais nous dépendons aussi du fait que Dieu regarde à Christ. C’est notre sauvegarde pour le temps présent et, dans un sens, pour l’éternité. Nous avons de l’assurance, de la confiance, et nous prions parce que Dieu regarde la face de son Oint. [84:10] Mais cette confiance que nous avons sur le chemin à travers la vallée de Baca se lie au désir d’être dans ses parvis. [84:9] Regarde notre garant, ô Dieu, repose-toi en lui, [84:10] «car un jour dans tes parvis vaut mieux que mille». Mieux vaut se tenir sur le seuil dans la maison de Dieu que jouir de tout ce que les tentes des méchants peuvent offrir, ou du droit d’y habiter. [84:11] Dieu éclaire de sa glorieuse Majesté, et il protège. Il donnera, dans une grâce parfaite qui ne connaît pas d’entraves, tout ce dont nous avons besoin quand nous sommes dans l’épreuve en chemin, tout ce qu’il faut à notre faiblesse, qui possède le doux privilège de pouvoir compter sur son secours. Et enfin, lorsque nous serons introduits dans la maison avec la capacité d’en jouir, il nous donnera la gloire avec Lui-même. Nous pouvons compter sur Lui pour toutes choses. Il est bon ; il ne refuse aucun bien à ceux qui marchent devant Lui. [84:12] Le Psaume se termine par cette affirmation bénie : «Bienheureux l’homme qui se confie en toi». Combien cela est vrai ! Rien n’est hors de sa portée, rien ne peut troubler sa puissance ; rien dont son amour ne veuille se charger à notre place ; rien dont sa sagesse ne puisse se servir pour notre bénédiction. Le cœur connaît son amour et peut y compter ; il sait que : «Bienheureux est l’homme qui se confie en lui».

 

3.12  Psaume 85

3.12.1    [Différence entre le pardon de l’état passé et la jouissance de la bénédiction]

 

Le Psaume 85 fait ressortir un principe d’une grande importance pratique ; c’est la différence entre le pardon de tout ce qui appartient à notre état précédent, et la bénédiction dans laquelle le croyant est introduit par la jouissance d’une relation avec Dieu. Il s’agit naturellement dans ce Psaume du rétablissement d’Israël dans la jouissance de la bénédiction, dans son pays, événement par lequel seront accomplies les promesses de l’Éternel ; mais je ne parlerai ici que de ce qui nous concerne.

 

3.12.2    [Distinction entre pardon complet et jouissance de la communion avec Dieu]

 

[85:2] Le pardon est reconnu comme étant le fruit de la bonté de l’Éternel, de sa bonté assurée envers son peuple ; aussi les fidèles comptent-ils sur une pleine et entière bénédiction ; mais cette bénédiction et le pardon sont deux choses distinctes. Il en est de même pour nous : le pardon s’applique à tout ce que nous avons fait, en tant que nous sommes considérés comme appartenant au vieil homme et à ses actions. Nous sommes ramenés, et tous les fruits du vieil homme sont mis de côté pour toujours par le sacrifice de Christ ; nous avons ainsi un pardon complet. Quant à notre état précédent, la colère est passée. Tous nos péchés sont couverts, mais, malgré cela, il reste encore l’éloignement de Dieu et il n’y a pas la jouissance de sa communion. La crainte du jugement et du Juge est passée, mais il n’y a pas la jouissance d’une bénédiction actuelle avec Dieu. Sa faveur qui repose sur ceux avec lesquels tout est réglé, et les communications de cette faveur dans une relation établie selon la nature et la justice divines, tout cela est encore inconnu. Il y a eu de la joie ; elle est grande encore, car on se sent pardonné ; mais ce pardon s’applique à ce que nous sommes dans la chair, et n’est pas la communion avec Dieu dans une nature qui, parce qu’elle vient de Lui, est capable de jouir de Lui et de nul autre. Quoiqu’on ait le pardon, cette distance de Dieu, cette impossibilité de jouir de Lui avec une nature nouvelle et divine, se fait sentir à l’âme comme étant proprement la colère. Dans cet état on ne peut parler d’avoir été amené à Dieu, ni de repos, car on ne le trouve que dans la jouissance de sa faveur.

 

3.12.3    [Le repos ne se trouve que par le pardon et la délivrance, après avoir été rétabli]

 

C’est aussi le désir exprimé dans ce Psaume. [85:1] Les captifs de Jacob avaient été rétablis, mais il faut davantage à l’âme du fidèle : [85:4] il désire être ramené à Dieu et qu’il n’y ait plus pour lui aucune indignation. Cette parole est d’une immense portée ; mais, sans elle, il est impossible de trouver le repos, lorsque nous connaissons, au moins en espérance, et l’amour et la communion. Peut-être avons-nous désiré de posséder le sentiment de sa faveur, mais nous ne pouvons l’obtenir ni par des progrès ni par des victoires : on ne l’obtient que par le pardon et par la délivrance, car nous avons découvert qu’il y a rédemption et pardon, alors ce n’est plus seulement le besoin de la conscience qui nous pousse à nous approcher, mais ce sont les désirs spirituels du nouvel homme. «Ne veux-tu pas nous faire vivre de nouveau, afin que ton peuple se réjouisse en toi ?» (v. 6). L’âme est vivifiée par la présence de l’Esprit de Dieu et se réjouit en Dieu Lui-même.

 

3.12.4    [Désir de connaître Dieu dans Sa faveur, après avoir connu la grâce]

 

C’est ce que nous trouvons aussi en Rom. 5 [(v. 1, 11)] : «Nous avons la paix avec Dieu… et non seulement cela, mais aussi nous nous glorifions en Dieu par notre Seigneur Jésus Christ, par lequel nous avons maintenant reçu la réconciliation». [85:7] «Éternel ! fais-nous voir ta bonté» (car c’est la bonté, mais provenant d’un Dieu connu dans sa relation avec son peuple — comme pour nous c’est le Père connu en Christ), «et accorde-nous ton salut». L’âme a appris à connaître la grâce ; elle attend la réponse, parce qu’elle espère en la grâce. Ce n’est pas une angoisse légale, mais le désir de connaître Dieu dans sa faveur. «Il dira paix à son peuple et à ses saints… Son salut est près de ceux qui le craignent» (v. 8, 9).

 

3.12.5    [Au-delà du pardon , l’âme doit jouir de Dieu et de Sa communion]

 

Ceci est de toute importance pour l’âme ; elle ne doit pas s’arrêter au pardon qui est sa première et urgente nécessité, mais elle doit comprendre qu’elle est appelée à jouir de Dieu, dans la communion sans nuage d’une nature nouvelle. Cette nature qui est moralement la nature divine trouve nécessairement toutes ses délices en Dieu ; seulement, dans notre cas, cette joie dépend de Lui et va en augmentant — nous nous glorifions en Dieu [(Rom. 5:11)]. Sans doute, ce sentiment doit être fondé sur la justice, et, comme nous allons le voir, sur la justice divine. S’il en était autrement ce ne serait pas Dieu ; mais l’idée présentée ici n’est pas celle d’un règlement de comptes avec un Dieu qui met notre justice en question : il s’agit de jouir de la présence de Dieu, d’être en communion avec Lui, selon la perfection dans laquelle nous avons été placés devant Lui, de trouver en Lui nos délices, dans la nature divine dont nous sommes participants. Voici comment la chose nous est présentée par rapport à Israël : [85:10] «La bonté et la vérité se sont rencontrées ; la justice et la paix se sont entre-baisées».

 

3.12.6    [Ps. 85 v. 10-12 — Paix et justice introduisant dans les bénédictions venant de Dieu]

 

[85:10] C’est la bonté, car elle est accordée à des pécheurs en pure et souveraine grâce ; mais c’est aussi la vérité, car elle accomplit toutes les promesses de Dieu faites à Israël. Pour nous, c’est bien plus que la promesse, car au fond il n’y pas de promesse à l’Église. Toutefois la réalisation de ces vérités est plus frappante dans le cas de l’Église, puisque la position de cette dernière en Christ correspond à la position de Christ Lui-même. L’Église est, devant Dieu, dans la même faveur dans laquelle Christ se trouve comme ressuscité d’entre les morts. La justice semblait être contre le pécheur : elle l’était en effet ; mais, en vertu de la justice divine, elle s’allie à la paix pour le pécheur. «La justice et la paix se sont entre-baisées». La paix correspond à la bonté et la justice à la vérité. Ils ont — nous avons — la paix par grâce ; mais la justice par la foi en Jésus Christ nous introduit dans la pleine jouissance de la position dans laquelle il se trouve, sinon ce ne serait pas la justice. [85:11] «La vérité germera de la terre» : en effet, c’est là que toutes les promesses seront accomplies pour Israël. Il n’est pas question de cela pour nous, mais d’être assis dans les lieux célestes dans le Christ Jésus. Il ne nous est pas dit non plus : «La gloire demeurera dans notre pays» (v. 9) ; non, mais nous sommes par droit et par position dans la gloire de Dieu, en haut ; mais dans tous les cas «la justice regarde des cieux (*)» (v. 11). Il ne s’agit ni pour Israël ni pour nous d’une justice qui regarde de la terre pour réclamer la bénédiction du ciel. Dieu a établi la justice dans les cieux mêmes, car Christ s’y trouve. Il y est en vertu de la justice de Dieu. La justice était une justice divine et céleste. Christ ayant glorifié Dieu, est glorifié auprès de Dieu et en Lui : c’est la justice divine. Nos bénédictions célestes aussi bien que les bénédictions terrestres d’Israël en découlent. Au v. 12, nous trouvons en outre des bénédictions conférées d’en haut : tout cela est donc le produit de cette contrée céleste dont les joies et les privilèges nous sont octroyés pour en jouir.

(*) Notez comment ceci met de côté la justice légale qui regarde de la terre vers le ciel.

 

3.12.7    [Ps. 85 v. 13 — La jouissance des bénédictions divine dépend de la marche]

3.12.7.1   [Jouir de la communion en demeurant en Dieu]

 

Le dernier verset a trait proprement à la terre, mais je désire faire ressortir une vérité qui s’y rattache. Le gouvernement actuel de Dieu ne s’applique ni au pardon, ni à la paix, mais à une marche dans la jouissance divine. Nous jouissons de cette précieuse communion en demeurant en Dieu et Dieu en nous, par l’Esprit Saint qui nous a été donné. Si nous le contristons, nous sommes affligés, humiliés, peut-être châtiés. Notre position reste la même, mais la réalisation et la jouissance de cette position dépendent des révélations et de l’action du Saint Esprit en nous, qui dépendent elles-mêmes de notre marche, de notre état, de notre obéissance.

 

3.12.7.2   [Toute la marche compte pour jouir de la communion avec Dieu]

 

C’est ainsi qu’en Jean 14 et 15, la jouissance des bénédictions et de la faveur divines dépend de la marche du fidèle. Cela doit être, du moment que cette jouissance est le résultat de l’habitation en nous du Saint Esprit : en effet, comment pourrions-nous jouir de la communion en amour, au milieu des pensées vaines ou mauvaises ? La présence du Saint Esprit dépend de la justice, autrement dit, de la présence de Christ dans le ciel ; et c’est par ce don du Saint Esprit que l’amour de Dieu est répandu dans nos cœurs [(Rom. 5:5)]. Nous demeurons en Lui et Lui en nous. Mais, lorsqu’il y a du mal, la chair est à l’œuvre, le Saint Esprit est contristé, la communion est interrompue. Il n’est nullement question de notre relation (elle est établie par la séance de Christ dans le ciel), mais il est question de la jouissance des bénédictions dans lesquelles nous avons été introduits ; il s’agit d’avoir communion avec Dieu. Ici, toute notre marche avec Dieu entre en ligne de compte, quoique je ne puisse bien marcher que par grâce. Le point sur lequel j’insiste ici, c’est qu’il est de toute importance de saisir clairement la différence qui existe entre le pardon (c’est-à-dire la grâce appliquée par l’œuvre de Christ au péché et à tous les fruits du vieil homme) et notre introduction en Lui, en justice, dans la présence et dans la communion de Dieu, la où n’entrent jamais aucun nuage, ni aucune question de péché. Nous pouvons sortir de cette présence, perdre non pas le droit d’y avoir part, mais la jouissance de cette bénédiction dans notre âme, et voir, non pas la paix avec Dieu, mais la communion détruite ; nous pouvons, dis-je, sortir de cette présence, mais jamais aucun nuage de péché ne peut y entrer. Nous sommes aimés comme Christ est aimé. Tout dépend de son œuvre. Mais le pardon des choses hors desquelles nous avons été retirés, c’est-à-dire l’application de l’œuvre de Christ à notre responsabilité comme enfants d’Adam selon la chair est une vérité ; tandis qu’une autre vérité est que nous ne sommes pas dans la chair, mais en Christ, dans la jouissance des choses dans lesquelles il est entré, Lui, notre vie à jamais.

 

3.13  Psaume 86

3.13.1    [L’âme dans la faiblesse fait de Dieu son centre et Le célèbre en comptant sur Lui]

 

Le Psaume 86, bien simple dans ce qu’il exprime, est néanmoins rempli d’importantes vérités pratiques ; car les richesses de la gloire et de la puissance de Dieu suppléent à la faiblesse d’une âme qui a été amenée à Lui. L’âme trouve son centre, non pas en étant capable, dans son état de faiblesse, d’embrasser d’abord l’étendue de la gloire, mais en faisant de Dieu son centre ; et ainsi elle célèbre Dieu, comptant sur sa puissance et sur la délivrance finale qui l’introduira dans la gloire.

 

3.13.2    [Ps. 86 v. 1-10 — État de l’âme du fidèle et nécessité de se confier en Dieu]

 

L’âme a quatre titres à l’attention de l’Éternel : [86:1] le croyant est affligé et misérable ; il n’est pas d’entre les orgueilleux de la terre ; [86:2] il est saint, réellement mis à part pour Dieu ; enfin, comme serviteur de l’Éternel, (il s’agit pour nous, comme nous l’avons souvent fait remarquer, du nom du Père et de Christ comme Seigneur) il se confie en Lui [86:3] et crie journellement à Lui. Tel est l’état de l’âme du fidèle : [86:1] il est affligé [86:2] et saint, c’est-à-dire mis à part pour le Seigneur ; il est serviteur ; il se confie en Dieu et sa confiance n’est pas inactive, [86:3] car il crie dans le sentiment de son besoin et de sa dépendance. [86:5] Se confiant en la bonté de Dieu, l’âme demeure dans cette assurance [86:8] ainsi que dans la conscience de la majesté du Seigneur, élevé au-dessus de tous ceux qui prétendent à la force. Lui seul est Dieu, Lui seul est grand et fait des choses merveilleuses (v. 10). [86:11] Alors l’âme désire être instruite de la voie de Dieu — elle n’a aucune envie de suivre son propre chemin. La vérité, la parole de Dieu est son guide.

 

3.13.3    [Ps. 86 v. 11 — Concentration des pensées sur Christ, sans distraction autres]

 

Ici se présente un nouveau besoin : le cœur a la tendance d’être distrait par mille objets, par mille pensées fugitives, aussi demande-t-il au Seigneur de lui donner un seul but : «Unis mon cœur à la crainte de ton nom» (v. 11). Combien nous avons besoin d’avoir un cœur concentré tout entier sur Christ ! Là se trouve la puissance ; là aussi cette réalisation des choses divines qui transporte nos cœurs dans la scène céleste, qui les met en rapport direct avec les sources divines de la force. Lorsque d’autres pensées nous occupent, nous sommes en dehors, dans un autre monde dont il nous faut être délivrés ; nous ne sommes plus dans le monde divin et céleste dont nous avons à être des témoins.

 

3.13.4    [Ps. 86 v. 12 — Placée au centre de la gloire, l'âme peut connaître et glorifier Dieu]

 

La majesté et la gloire du nom de Dieu avaient été vues au v. 9 ; mais cela n’introduit pas l’âme dans la gloire comme dans sa demeure habituelle. En un sens c’est une chose trop élevée pour nous, et nous le sentons. Que nous sommes petits, et comme nous ne connaissons qu’en partie [(1 Cor. 13:12)] ! mais cela nous engage, quelque pauvres et faibles que nous soyons, à concentrer de plus en plus toutes nos affections sur Dieu. Voilà ce qu’il faut, ce qui satisfait l’âme, ce qui répond à ses besoins. Pleine d’affection, d’adoration reconnaissante, elle est placée par grâce au centre de toute cette gloire. [86:12] Aussi peut-elle dire : «Je te célébrerai de tout mon cœur, Seigneur, mon Dieu !». Selon le désir qu’il avait exprimé, le cœur «uni» désormais peut louer Dieu comme il est appelé à le faire, et comme il le fera bientôt en perfection. Nous sommes appelés à comprendre avec tous les saints quelle est la largeur et la longueur, et la profondeur et la hauteur ; mais il nous faut auparavant avoir été amenés au centre : il faut que Christ habite dans nos cœurs par la foi et que nous soyons enracinés et fondés dans l’amour [(Éph. 3:17-18)]. Dès lors, le connaissant, nous glorifions son nom à toujours. Notre petitesse a trouvé dans sa grandeur notre place et notre force. Nous sommes placés, comme je l’ai dit, au centre de la gloire.

 

3.13.5    [Grâce de Dieu connue, manifestant qu’Il est pour le fidèle]

 

De là se déroule devant nos yeux la grande délivrance que Dieu a accomplie. Nous comprenons que la grâce suprême en est la seule source. Il ne s’agit pas simplement de reconnaître sa grâce dans l’ordre naturel des choses lorsque tout est en règle, mais il s’agit de la grâce, de la souveraine grâce, de l’amour divin dans son activité, descendu ici-bas pour nous délivrer des profondeurs du shéol. Ceci donne un caractère tout spécial à notre connaissance de Dieu. Nous dépendons entièrement de sa bonté, et cependant notre amour pour lui a un caractère très intime, parce que, par notre misère même, nous apprenons que nous sommes les objets de son amour dont la grandeur infinie nous est ainsi connue. L’âme, se confiant ainsi en Dieu et occupée avant tout de Lui pour elle-même, voit s’élever contre elle l’inimitié des gens orgueilleux qui ne craignent point l’Éternel. Elle compte sur l’intervention de Dieu, et c’est une grande preuve de foi ; mais sa confiance dans l’amour qui s’est intéressé à elle lui fait demander davantage. [86:17] Elle se réjouit dans l’attente que Dieu manifestera qu’Il est pour elle ; or le fait qu’il est pour nous, c’est non seulement la délivrance, mais la satisfaction du cœur. L’âme ne demande pas autre chose ; elle désire que Dieu montre par un signe qu’Il est pour elle. Cette part assurée de tous ceux qui se confient en Dieu et qui marchent avec Lui, le Seigneur, comme nous le voyons au Psaume 22, l’a désirée et ne l’a pas obtenue, lorsqu’il prit la dernière place et s’anéantit pour l’amour de nous ; mais en cela même, parfait en amour, il glorifiait le Père, et était ainsi au-dessus de tous. Voilà pourquoi le Père l’aimait, pourquoi comme homme il a été glorifié d’une manière bien plus grande encore. Au moment suprême il ne fut ni soutenu, ni consolé dans l’épreuve ; mais il était le seul qui dût faire cette expérience. Nous nous confions en Dieu et il nous délivre ; Christ, parfait d’une manière absolue, a été seul dans cette perfection. [86:11] Du moins, que le Seigneur nous donne des cœurs unis sans distraction à la crainte de son nom et dans l’amour du Père. Là est notre centre ; là nous n’avons rien à craindre des ennemis (Phil. 1:27-28).

 

3.14  Psaume 87

3.14.1    [Le fondement de Dieu reste ferme et rend tout sûr]

 

[87:1] La fondation de Dieu, voilà ce qui rend toutes choses sûres et certaines. Ce qui provoque l’intérêt, ce qui affermit le cœur du croyant, ce n’est pas le fait que la cité de Dieu soit fondée sur les montagnes de sainteté, mais qu’elle repose sur le fondement de Dieu même. Il en est ainsi de nous : «Le solide fondement de Dieu demeure» [(2 Tim. 2:19)]. L’apôtre prononce ces mots lorsque l’état de l’Église était si mauvais, que le fidèle était appelé à le juger et à se purifier de beaucoup d’entre ceux qui en faisaient partie. Néanmoins le fondement de Dieu demeure ferme, ainsi que son appel et son héritage dans les saints.

 

3.14.2    [La foi donne plus de prix et d’importance à la ville de Dieu qu’à tout ce qui est du monde]

 

Ce Psaume nous présente une autre considération qui semble bien dure à l’activité selon la chair : [87:2] la foi attache plus d’importance à la cité de Dieu qu’à tout ce que l’homme a construit. Le point de vue de ce Psaume est essentiellement juif. [87:6] Lorsque l’Éternel enregistre les peuples, [87:5] les saints et le Messie Lui-même sont comptés comme faisant partie de Sion. [87:3] Voilà pourquoi des choses glorieuses sont dites de Sion, car il s’agit de la manière dont Dieu considère la cité. Pour nous, cette vérité se présente sous une autre forme, celle de l’Église : Christ en fait partie comme étant sa Tête, et non pas comme y étant né. Là sont les sources rafraîchissantes de Dieu. Mais, en pratique, lorsque l’Église de Dieu est méprisée, lorsqu’elle est formée de gens qui ne comptent pour rien dans ce monde, nous en vantons-nous parce qu’ils sont riches en foi et précieux aux yeux de Dieu ? ou bien les grandeurs de cette Égypte, de cette Babylone, que Dieu jugera, éclipsent-elles à nos yeux la ville de Dieu ? Jugeons-nous selon la pensée de Dieu, ou selon la pensée de l’homme ? Les vaines apparences de ce monde ont-elles quelque poids pour nous ; ou bien la foi au Seigneur de gloire nous porte-t-elle à estimer hautement les choses que Dieu estime glorieuses ? [87:6] Il a un peuple qu’il enregistre. Est-ce l’esprit du monde, est-ce l’Esprit de Dieu qui nous donne la mesure de ce qui est vil ou précieux ? Pesons le langage de l’épître de Jacques. Que nos âmes soient pénétrées de la valeur des choses que Dieu estimera excellentes dans les demeures célestes.

 

3.15  Psaume 88

3.15.1    [Ps. 88 v. 1 — Dieu connu comme unique Sauveur, but des exercices de ce psaume]

 

Au commencement de ce Psaume, Dieu est connu et invoqué, selon son nom révélé, comme l’unique Sauveur (v. 1), et c’est précisément à ce point-là que les exercices dont ce Psaume nous parle amènent l’âme du fidèle : tout ce qui, du dehors, pèse sur elle, contribue à lui faire comprendre que ces choses viennent de la main, et, plus encore, du jugement de Dieu, en sorte que la délivrance ne peut être de sa part qu’un pur acte de souveraineté. «Éternel, Dieu de mon salut »; telle est la pensée dominante du Psaume.

 

3.15.2    [Affliction présente et poids de la mort comme colère de Dieu]

 

[88:4-6] La condition qui y est décrite est celle d’une affliction présente, au milieu de laquelle la nature ne peut trouver son compte ; [88:8] et l’éloignement de tous les amis et connaissances. Mais ceci n’est que la partie extérieure et négative de la souffrance. Ce qui pèse particulièrement sur l’esprit du fidèle c’est la mort, la mort comme témoignage de la colère de Dieu ; et le cœur est amené à reconnaître ce fait, par conviction que le Dieu révélé de la promesse est l’unique Sauveur. La vie du psalmiste «touchait au shéol» (v. 3). La fureur de Dieu pesait sur lui (v. 7). [88:9] Cependant c’est Dieu qu’il invoque. Il s’agissait de la nature dépourvue de ses ressources, de la nature, avec le poids de la mort pesant sur elle, c’est-à-dire avec sa destruction et sa fin. Or l’introduction de Dieu et de la foi en Lui, d’une foi suffisante pour reconnaître que tout dépend de Lui, ne font que rendre plus sensible le poids de sa colère. Et, de fait, telle est la mort considérée dans sa vraie portée. Christ la vit ainsi en Gethsémané, quoiqu’il ne pût tenir en tout point le langage de ce Psaume. Une âme convaincue la considère ainsi, lorsque dans son état naturel, comme enfant d’Adam, elle a les yeux ouverts pour reconnaître Dieu.

 

3.15.3    [Nécessité de connaître notre véritable état, pour en finir avec la chair et être affranchi]

 

Toutefois ce Psaume ne va pas au-delà de cette vie et de sa terminaison selon la nature, en rapport avec le judaïsme. Mais la foi en la révélation de Dieu, qui a fait sentir si profondément à l’âme ce qu’est la mort, en tant que colère de Dieu, porte le cœur à invoquer comme un Sauveur Celui qui a infligé cette colère. Telle est la valeur d’une pareille expérience. Elle nous montre notre véritable état, notre vraie relation selon Dieu avec la nature. Il n’y a aucun moyen d’échapper, car c’est notre état devant Dieu, en raison de son jugement. Cela fait que nous en avons fini avec le moi, du moment que nous sommes délivrés ; que nous connaissons la délivrance comme une grâce souveraine, comme la délivrance de Dieu ; et l’âme trouve son repos dans cette révélation. Jusqu’au moment de la délivrance l’âme crie à Dieu ; mais, lorsque la délivrance est obtenue, la chair, avec tout ce qu’elle est, demeure sous la colère, comme une chose jugée. Désormais elle ne pourra plus nous tromper et faire en sorte que nous mettions réellement notre confiance en elle ; bien que nous puissions oublier pour un moment combien elle est mauvaise et que nous ayons même à veiller et à combattre contre elle. Mais, aux yeux de Dieu, l’état de la chair est toujours tenu comme une chose condamnée et mauvaise. Ce Psaume nous décrit de quelle manière l’âme arrive à reconnaître cela ; parfois elle ne l’atteint qu’à son lit de mort. Il ne devrait pas en être ainsi, mais cela explique ce qui a lieu de surprendre souvent chez des personnes pieuses. Il faut que l’âme, pour être affranchie, ait réellement passé par là. Elle est alors sur le terrain du salut de Dieu : dans l’Esprit et non dans la chair.

 

3.15.4    [Nous sommes morts et ressuscités avec Christ, qui a porté la colère de Dieu]

 

C’est pour n’avoir pas vu cela que plusieurs ont été conduits à vivre d’expériences et non de Christ. Ils parlent d’un travail du Saint Esprit, ils disent connaître la méchanceté de la chair, la puissance de la loi pour faire mourir, ce qui signifie simplement qu’ils ne les ont pas apprises ; autrement ils y seraient morts. Ils vivent dans ce Psaume, mais ils n’ont pas encore appris le salut et l’évangile ; ils ne savent pas qu’ils sont morts et ressuscités avec Christ. Ils sentent que la mort pèse sur eux, telle que ce Psaume la décrit, comme étant la colère de Dieu, et cela est bon ; mais ils n’ont pas reçu en eux-mêmes la sentence de mort [(2 Cor. 1:9)], en vertu du fait que Christ est mort en grâce pour eux, de manière à pouvoir se tenir eux-mêmes pour morts et crucifiés avec Christ, néanmoins vivants [(Rom. 6:11)], toutefois non pas eux, mais Christ vivant en eux, Christ qui a été mort et a entièrement ôté tout ce qui pesait sur eux. Ils se trouvent sous le poids de la colère à cause de ce qu’ils sont par nature, ce qui est parfaitement vrai à sa place ; mais ils n’ont pas «appris le Christ» [(Éph. 4:20)] et, par Lui, qu’ils ne sont pas dans la chair, mais en Christ qui a tout porté, tout traversé pour eux, en sorte que, maintenant, par Lui, ils sont libres dans le nouvel homme en tant que ressuscités en Lui.

 

3.16  Psaume 89

3.16.1    [Confiance en la fidélité de Dieu à Ses promesses, malgré tout]

 

Ce Psaume offre un trait remarquable qu’il est utile de signaler : la confiance en la fidélité de Dieu, selon la Parole de sa promesse originelle, quand, extérieurement, tout semble la démentir.

 

3.16.2    [Confiance en Dieu, puissant et fidèle, agissant en accord avec Son caractère]

 

L’attente de l’accomplissement de cette promesse est fondée sur la grâce et, de fait, sur Christ, en qui toutes les grâces promises se concentrent. «J’ai dit : La bonté sera édifiée pour toujours ; dans les cieux mêmes tu établiras ta fidélité» (v. 2). L’accomplissement des promesses de Dieu sur la terre sera une source de louanges pour les habitants du ciel. [89:47] Cependant la fin du Psaume nous parle comme si Dieu avait fait tous les hommes en vain. Triste pensée ! — la puissance du mal domine, les hommes en sont les instruments volontaires, et le bien n’a d’autre place que l’opprobre et l’affliction. [89:50] Malgré cela Dieu est invoqué : Qu’il se rappelle la faiblesse de ses saints et leur opprobre. Néanmoins il y a de la confiance, et, quel que puisse être l’état de choses, il a accompli la rédemption, brisé la puissance de l’ennemi ; et ne l’a-t-il pas fait d’une manière bien meilleure que pour Israël ? [89:13] À Lui est le bras de la puissance ; sa droite est haut élevée, quel que soit leur état. [89:11] Les cieux et la terre sont à Lui, bien que, jusqu’à la venue de Christ, nous ne puissions dire encore : «Possesseur du ciel et de la terre». [89:14] La justice et le jugement sont les attributs inséparables de son trône. La bonté et la vérité l’annoncent lorsqu’il s’avance. Cette expression est magnifique. Dieu a un trône, un trône avec le caractère duquel toutes choses doivent être mises d’accord.

 

3.16.3    [La connaissance de Dieu fait sentir la bénédiction au milieu de l’affliction]

 

[89:14] Mais lorsqu’il sort pour agir, la tendre miséricorde et la bonté marchent devant Lui ; et la vérité fidèle annoncera à son peuple sa présence, lorsqu’il s’avancera. Il agit en grâce et en fidélité, parce que sa volonté est à l’œuvre et que sa nature est amour. Cependant son trône maintient toujours la justice et le jugement. Combien la chose n’a-t-elle pas été visiblement réalisée en Christ ! En Israël elle le sera aux derniers jours, mais cela d’une manière signalée en Christ, et même alors elle ne pourra l’être qu’à cause de Lui. Cette connaissance de Dieu donne le sentiment de la bénédiction au milieu de l’affliction : [89:15-17] «Bienheureux le peuple qui connaît le cri de joie ! Ils marchent, ô Éternel ! à la lumière de ta face. Ils s’égaient en ton nom tout le jour, et sont haut élevés par ta justice. Car tu es la gloire de leur force ; et dans ton bon plaisir notre corne sera haut élevée». Tout cela est réalisé dans le cœur au milieu des afflictions, en sorte que le fidèle peut être «comme attristé, mais toujours joyeux» [(2 Cor. 6:10)] ; et recevoir ainsi une douce bénédiction. Les tribulations et les difficultés ne font qu’accroître cette bénédiction pour le fidèle, car elles lui font sentir le prix de la fidélité et de la faveur de Dieu, et comprendre que rien ne peut le séparer de l’amour de Dieu, qui est dans le Christ Jésus, notre Seigneur [(Rom. 8:38-39)]. La révélation de la faveur divine à l’âme remplit de douceur le sentier de l’affliction. Ainsi Christ Lui-même fut un homme de douleurs [(És. 53:3)], et cependant il pouvait dire : «Afin qu’ils aient ma joie accomplie en eux-mêmes» [(Jean 17:13)].

 

3.16.4    [Sûreté des promesses divines, et jouissance de la présence de Dieu dans Sa faveur]

 

Le Psaume insiste ensuite sur la sûreté des promesses en Christ. Les fondements de cette sûreté sont : la grâce, la fidélité, le caractère du trône divin et des agissements divins, l’accomplissement passé de la rédemption, enfin le titre de Dieu et la puissance par laquelle il a brisé le pouvoir hostile du mal ; — tout cela nous est donné à connaître par l’Esprit, comme étant l’amour du Père, par le Fils, et nous amène, au milieu de toutes les épreuves, à goûter véritablement de cœur, par la foi, la lumière de la présence de Dieu selon toute la faveur qu’il nous montre en Christ. Dans ce Psaume ces choses sont naturellement exprimées selon le point de vue juif ; mais Christ se manifeste à nous comme il ne le fait pas au monde. Le Père et le Fils viennent faire leur demeure chez nous. La joie est déjà notre part ; nous comptons sur une entière et finale délivrance.

 

4        LIVRE 4 — Psaumes 90-106

4.1      Psaume 90

4.1.1       [Discipline et grâce de Dieu, qui est immuable et a Ses desseins d’amour pour Israël]

 

Le Psaume 90 nous présente, d’une manière spéciale, le cri d’Israël demandant grâce et désirant ardemment le rétablissement aux derniers jours après sa longue affliction ; mais nous trouvons ici des principes dont nous désirons, selon notre habitude, faire l’application pratique. Ce Psaume considère deux points dans le gouvernement de Dieu : la discipline proprement dite, et la grâce qui satisfait à tout. Ces deux points sont fondés sur une autre vérité : [90:2] Dieu est le seul Dieu immuable ; il est avant que ce monde, auquel la discipline se rattache, fût créé, le même qu’aujourd’hui, et il est aujourd’hui le même qu’alors ; [90:4] car, le temps qui nous semble si long, n’est rien pour Lui ; [90:1] de plus, il est l’habitation de son peuple, son repos, sa demeure, son asile assuré, quels qu’aient été ses égarements. [90:3] Quant au premier homme, d’un seul mot il le met de côté et le rétablit. [90:6] Il est comme l’herbe qui reverdit et qui sèche. Mais bien que cela soit vrai, lorsque nous mettons en regard Dieu et l’homme, la foi saisit et les voies et les desseins de Dieu dans son activité envers son peuple, dans laquelle Israël ne trouve que la colère, parce qu’il ne connaît pas encore la réconciliation, tandis que nous savons qu’elle est amour, ce qui du reste ne change en rien le fait de cette activité, quand il s’agit de nous en faire l’application.

 

4.1.2       [Gouvernement de Dieu selon Son caractère, pour soumettre la propre volonté]

 

Premièrement, quant à ses voies, il est dit (v. 11) : «Selon ta crainte, ton courroux». Son courroux n’est pas arbitraire, mais il est selon la propre nature et le caractère de Dieu. Le craindre, c’est le connaître en vérité, en sorte que l’on applique ce qu’Il est au saint jugement de tout ce qui se trouve dans le cœur, afin que rien ne Lui déplaise et n’altère la communion avec Lui. Or la colère comme discipline, c’est-à-dire le déplaisir de Dieu manifesté dans son gouvernement, est l’expression de ce saint jugement en présence de l’état de l’âme, quand on n’a pas surveillé ce dernier ou que la propre volonté le caractérisait. Ce jugement justifie le caractère de Dieu à l’égard de ce qui, en nous, est opposé à ce caractère. La foi, l’enseignement divin, nous montrent que «son courroux est selon sa crainte». Mais lorsque notre volonté se soumet, notre faiblesse même, loin de produire la terreur, ne sera qu’un motif de plus pour invoquer Dieu. Or Dieu reconnaît cette faiblesse ; il considère de quoi nous sommes faits, se souvenant que nous ne sommes que poussière [(103:14)]. Mais, du moment que nous sentons notre néant et que nous appliquons notre cœur à la sagesse, dont le commencement est la crainte de l’Éternel [(111:10)], Dieu n’est plus obligé d’aggraver cette crainte, en soumettant notre volonté et en corrigeant notre négligence : le cœur prend courage, il devient hardi. Ce n’est pas du raisonnement, mais par la grâce la confiance est rétablie, et le cœur dit : «Éternel ! retourne-toi. Jusques à quand ?» (v. 13).

 

4.1.3       [Ps. 90 v. 13-14 — Expression de la foi désirant jouir de la bénédiction divine]

 

Ces mots, nous l’avons déjà dit souvent, sont le langage de la foi. Dieu se propose de bénir son peuple, et finalement il le bénira ; [90:13] c’est pourquoi, lorsqu’il est dans l’angoisse, sa foi peut dire : Jusques à quand ? Le moi n’est point de la foi et la crainte de Dieu doit être produite ; mais là où se trouve la foi, elle s’élève de nouveau jusqu’à la certitude de la grâce qu’elle connaît, et dit : Jusques à quand ? Remarquez-le, il y a connaissance de la grâce. Les fidèles ne disent pas : «Viens», mais : «Retourne-toi» ; non pas comme si Dieu les avait abandonnés (quoique, selon ses voies, la chose soit vraie pour Israël, puisque l’Éternel cache sa face de la maison de Jacob : És. 8:17), mais nous attendons qu’il se retourne, c’est-à-dire qu’il nous soit donné de jouir de sa faveur et des grâces présentes que nous connaissons. Alors l’âme s’épanouit dans une entière confiance. La foi sait que la pensée de Dieu est de bénir, de donner, par sa faveur, la joie et l’allégresse à son peuple, elle y compte : «Rassasie-nous, au matin» (v. 14). Quelle parole hardie vis-à-vis de Dieu ! Mais c’est de la confiance maintenant ; l’âme est moralement restaurée et a retrouvé la jouissance de l’amour, dans lequel Dieu lui-même se réjouit. [90:14] Cet état est envisagé aussi comme étant durable : «Nous chanterons de joie», disent-ils, «et nous nous réjouirons tous nos jours». Pourquoi l’âme n’attendrait-elle pas cela du Dieu de bonté ? Pour Israël la chose a peut-être un caractère plutôt extérieur ; elle reste vraie pour nous spirituellement. Le fidèle regarde à un Dieu qui épargne, qui tient compte de l’affliction de son peuple, quoiqu’il ait été forcé de l’infliger. Au chap. 40 d’Ésaïe, v. 2, le désir que le fidèle exprime ici, nous est présenté d’une manière admirable et touchante. «Parlez au cœur de Jérusalem, et criez-lui que son temps de détresse est accompli... car elle a reçu de la main de l’Éternel le double pour tous ses péchés». Le cœur de l’Éternel a estimé que le châtiment nécessaire avait été double, lorsqu’il le comparait aux péchés de Jérusalem ; car la réponse à la foi va toujours au-delà de ce que celle-ci a demandé (Voyez les prières et les réponses du Ps. 132).

 

4.1.4       [Ps. 90 v. 16 — L’âme recherche la révélation complète de l’œuvre de Dieu, au-delà de sa restauration]

 

Mais la foi, qui regarde aux pensées et aux desseins de Dieu, lorsqu’il bénit, ne s’arrête pas aux bénédictions dont le but est de restaurer ou d’épargner. Dieu, dans son amour, a un but à l’accomplissement duquel il travaille ; [90:14] aussi les fidèles ne disent-ils pas seulement : «Rassasie-nous de ta bonté», [90:16] mais : «Que ton œuvre apparaisse à tes serviteurs». L’œuvre de Dieu même amènera la bénédiction ; aussi, combien cette dernière sera-t-elle parfaite, lorsqu’elle sera manifestée pour l’honneur et la joie de son peuple ! Il en est de même pour nous ; nos âmes ne cherchent pas seulement la grâce qui nous restaure ; elles cherchent ensuite l’œuvre positive de Dieu qui produit la bénédiction, en nous amenant encore plus près de Lui. Il ne s’agit donc jamais pour l’âme du simple relèvement, mais d’être rendue plus capable d’apprécier Dieu, un Dieu qui lui est plus complètement révélé. Cependant nous en attendons encore le résultat dans la pleine manifestation de la gloire, lorsque nous connaîtrons comme nous avons été connus. Ce v. 16, qui parle des «fils» se rapporte littéralement à Israël pendant le millénium, mais nous attendons l’accomplissement parfait de l’œuvre de Dieu pour nous en résurrection et en gloire, et notre introduction dans la gloire pour y habiter éternellement.

 

4.1.5       [Ps. 90 v. 17 — Désir de la plénitude de la bénédiction, et ressemblance à Christ]

 

À cette pensée s’en ajoute une autre, bien précieuse aussi : «Et que la gratuité du Seigneur, notre Dieu, soit sur nous» (v. 17). Ici les Juifs fidèles ne pouvaient guère, dans leurs pensées, aller au-delà du don manifeste de la bénédiction, dispensée par la main de Dieu, et qui les caractérisait comme appartenant à l’Éternel. Mais pour nous, quelle plénitude de bénédiction ! Ne serons-nous pas dans la gloire de Christ Lui-même ! tels que Lui, à sa ressemblance, devant notre Dieu et Père, dans le lieu des parfaites délices ? Toutefois les bénédictions présentes sont aussi notre part, car nous pouvons être sous le régime de la grâce, «comme des arbres d’aloès que l’Éternel a plantés» ; ce qui était le cas pour Israël lorsqu’il habitait sous ses tentes (Nombr. 24:6). Or l’Église aussi devrait donner, aux yeux des anges, le spectacle de la grâce, de l’ordre et de la beauté, et chaque croyant individuellement devrait être la manifestation de la vie de Jésus. Dans ce cas aussi, les œuvres de nos mains, sous la faveur divine, sont affermies pour nous.

 

4.2      Psaume 91

4.2.1       [Dieu reconnu sous Ses différents noms, et accomplissant Ses promesses terrestres]

 

J’ai fait remarquer autre part la structure de ce magnifique Psaume et je n’ai pas beaucoup à en dire ici, car il définit les noms sous lesquels Dieu s’est manifesté, ainsi que les effets spécifiques de la foi, allant même jusqu’aux choses directement applicables à Christ ; c’est pourquoi aussi le principe général ne peut être déduit de ce Psaume ou y être rapporté avec autant de justesse. Ce serait réduire à quelque chose de vague ce qui est à dessein spécifique. [91:2] Ce Psaume déclare que l’Éternel, comme tel, est Dieu, en sorte que celui qui reconnaît ce nom, [91:1] se trouve sous les soins d’El-Schaddaï (Tout-Puissant), pour un accomplissement spécial de promesses terrestres selon les voies de Dieu. Telle n’est pas notre position ; celui qui agirait d’après cela se tromperait, quand même une foi générale, et la confiance du cœur fondée sur ce principe, seraient certainement bénies. Ce Psaume ne parle pas des châtiments d’un Père, auxquels se rattache le gouvernement de Dieu.

 

4.2.2       [Reconnaître l’Éternel et se confier en Lui rend abrité de tout mal]

 

[91:10] Ici, aucun mal n’approche de la tente [91:9] de ceux qui se confient en l’Éternel. Voilà ce qui était pour Asaph un sujet d’étonnement jusqu’à ce qu’il fût entré dans les sanctuaires de Dieu [(73:17)] : il voyait les méchants prospérer, tandis que son châtiment revenait chaque matin [(73:3, 14)]. Or le résultat certain du fait que l’on reconnaît l’Éternel, c’est d’être abrité de tout mal, lorsque le gouvernement de Dieu intervient.

 

4.2.3       [La vraie foi connaît le lieu où Dieu se révèle, et s’y confie]

 

Malgré ce qui vient d’être dit, nous apprenons à connaître ici quelques-uns des caractères de la confiance. Il faut plus que connaître un Dieu Tout-Puissant, qui est au-dessus de toutes choses : il faut connaître le lieu secret où l’on trouve Dieu se révélant Lui-même en vérité. La vraie foi connaît ce lieu, et s’y entretient avec Dieu selon cette révélation. Son nom est révélé à la foi : pour nous, c’est celui de Christ comme Seigneur et du Père. Ainsi la foi trouve son refuge et sa forte tour dans la confession de son nom, et, de plus, elle s’y confie : c’est une grande chose, car ni puissance du mal, ni sujet d’angoisse, n’ont le pouvoir d’inquiéter l’âme, si, regardant au Seigneur, on se confie en Lui. La foi reçoit ici la promesse d’une sollicitude protectrice toujours vigilante, et cela reste vrai en dépit de tous les maux extérieurs, qui pourraient survenir.

 

4.2.4       [La foi invoque le Seigneur, connu par Son nom, et jouit de relations avec Lui]

 

Nous en avons un exemple en Luc 21:16-18, où le Seigneur dit qu’on ferait mourir quelques-uns d’entre eux, mais que pas un cheveu de leur tête ne périrait ; ils étaient tous comptés. La puissance providentielle est tout entière aux mains de Dieu. La foi s’identifie avec les intérêts du peuple de Dieu (v. 9) ; [91:14] mais, ce qui a gouverné le cœur, c’est le propre nom du Seigneur, et le vrai nom de Dieu lui est connu ; c’est-à-dire, je le répète, la vraie révélation de Dieu Lui-même, connue par l’enseignement divin. Pour nous c’est Christ, et le Père en Lui. La foi invoque le Seigneur (v. 15). Ce n’est pas seulement une confiance passive, qui a aussi sa place marquée ; c’est une foi qui, parce qu’elle se confie en Dieu, aime à converser avec lui et à lui faire part de ses besoins. La présence de Dieu est là pour la foi, ainsi que l’exercice de sa puissance qui s’y rattache, et la chose, dans sa véritable application, est aussi vraie maintenant qu’alors, et que pour l’avenir. Sans doute, le chemin est différent, parce que le but, qui est d’introduire un état céleste, est différent. Ce chemin apporte la bénédiction présente, non sans des persécutions, et reçoit l’assurance d’un salut éternel et céleste.

 

4.3      Psaume 92

 

Ce Psaume est un chant de louange pour la délivrance finale d’Israël et, comme pour le Psaume précédent, le nom millénaire de l’Éternel en est la clef, tandis que les Psaumes suivants traitent de la réintroduction du Fils unique sur la scène. Nous trouvons ici un principe à noter : [92:7] L’élévation des méchants a pour résultat final leur destruction. [92:6] L’homme qui n’est pas instruit par Dieu ne voit pas cela ; [92:9] mais la foi discerne les ennemis du Seigneur dans ses adversaires et dans la puissance du mal qui s’élève, qui l’opprime et obscurcit son horizon. Mais aussi la foi a confiance, quoiqu’elle soit plus éprouvée qu’un autre, car cette puissance du mal lui est très pénible. Si le chrétien doit être entièrement étranger à tout désir personnel de vengeance (et nous avons à nous garder d’un tel sentiment), ne peut-il pas se réjouir en pensant que la terre sera délivrée de la puissance des méchants ? Certainement, car il est dit : «Réjouissez-vous,… vous les saints, et les apôtres et les prophètes!» (Apoc. 18:20). La foi donne un sens très vif du mal, parce que c’est le mal et qu’il est hostile à Dieu, à la bonté, à la vérité ; [92:4] c’est pourquoi elle se réjouit du juste jugement du Seigneur. Mais c’est comme étant l’œuvre du Seigneur, l’ouvrage de ses mains, qu’elle s’en réjouit, et en cela consiste la perfection. En outre le jugement annonce que le Seigneur est droit (v. 15). Il faut, dans l’intervalle, que la foi attende avec patience. Les Psaumes suivants expriment et célèbrent l’arrivée du jugement.

 

4.4      Psaume 93

4.4.1       [Puissance éternelle de Dieu, contre laquelle le mal et l’homme ne peuvent rien]

 

Nous trouvons dans ce Psaume quelques principes très importants. La puissance, bien qu’elle s’exerce maintenant pour le triomphe du bien, n’est pas une puissance nouvelle. [93:2] Le trône du Seigneur est établi dès longtemps ; Lui-même est dès l’éternité (v. 2). Nulle invasion du mal n’a pu toucher cela ni l’affaiblir. [93:3] Cette invasion avait eu lieu. La fureur et la volonté de l’homme s’étaient élevées comme des vagues tumultueuses ; mais en vain : [93:4] l’Éternel qui est dans les lieux hauts est plus puissant. Dieu laisse libre cours à cette rébellion de l’homme ; mais, tant que dure la patience, la puissance de l’Ancien des jours est cachée à l’incrédulité, en sorte que l’homme s’imagine avoir tout dans sa main. Mais lorsque le péché s’élève de manière à l’atteindre, Lui, et à provoquer son action, un seul instant suffit pour accomplir les conseils de Dieu en puissance par la destruction des méchants [(Dan. 7)].

 

4.4.2       [Ps. 93 v. 5 — Sûreté de la parole de Dieu, et sauvegarde par Sa sainteté]

 

Ce n’est pas tout. La foi a quelque chose sur quoi elle s’appuie : les témoignages de Dieu qui sont très sûrs (v. 5). On peut compter sur la parole de Dieu comme sur Lui-même, non seulement pour la délivrance finale, mais pour être guidés le long du sentier des difficultés. Ce n’est pas tout encore ; il y a un caractère qui est une sauvegarde contre l’erreur, et un moyen de discerner et de juger le vrai chemin : «La sainteté sied à ta maison». Oh ! combien ces deux principes nous encouragent et illuminent notre route ! Combien ils nous fortifient dans la certitude qu’il s’agit de la propre nature de Dieu, et qu’il ne peut en être autrement. Ainsi les témoignages de Dieu et la sainteté de Dieu affermissent et assurent le cœur quant à ce qui est de Dieu. Si les courants des eaux s’élèvent, la puissance de Dieu mettra tout à sa place par le jugement.

 

4.4.3       [Psaumes 93 à 101]

4.4.3.1      [Puissance intervenant à la fin de l’épreuve plutôt qu’exercices pendant celle-ci]

 

J’ai fort peu à dire sur les Psaumes 93 à 101, par rapport à mon sujet actuel, quoiqu’ils soient très frappants. En effet, ils ne traitent pas des exercices du cœur au temps de l’épreuve, mais ils parlent de la puissance, intervenant pour mettre fin à ce temps-là. Ils sont caractérisés par ce début : «L’Éternel règne — le monde est affermi» (v. 1). Je n’aurai donc que quelques remarques à faire : [93:3] et d’abord, le résultat de toute cette patience de Dieu en gouvernement, c’est que l’homme s’élève contre Lui comme les flots de la mer ; [93:4] mais Dieu est plus puissant que l’homme. Sa puissance met fin à tout cela.

 

4.4.3.2      [La parole de Dieu est un appui et un guide sûrs en toute circonstance]

 

Deux grandes vérités accompagnent celle-ci : [93:5] les témoignages de Dieu sont très sûrs, et nous pouvons compter à travers tout sur sa Parole. Elle révèle sa nature, son conseil, son caractère. Elle montre les principes selon lesquels il agira — point de paix pour le méchant, mais une certitude infaillible des conseils et de la puissance divins. L’homme peut être comme l’herbe, le péché s’élever comme les fortes vagues de la mer, mais la parole de l’Éternel demeure éternellement, de même que celui qui fait sa volonté. Aussi, dans tous les temps, nous pouvons prendre cette parole pour règle, quelque sombre que tout nous paraisse, quelque puissant que soit le mal. Que ce soit Israël ou l’Église, l’apostasie ou une profession sans réalité, la persécution ou la prospérité qui séduit, Sa parole est véritable, elle est un guide sûr, répondant à la nature et au caractère de Celui auquel, en définitive, appartient tout pouvoir. Et s’il fut un temps où Celui auquel appartenait tout pouvoir était compté parmi les malfaiteurs, il était néanmoins conduit par cette Parole ; il s’y soumit, il l’accomplit, et après tout «le jugement retournera à la justice» (Ps. 94:15). Nous avons vu jusqu’ici tout ce qui se rapporte au gouvernement actuel et au déploiement futur de la puissance publique de Dieu, au royaume et à la patience, puis au royaume et à la gloire du Seigneur.

 

4.4.3.3      [L’Éternel a une maison et une habitation, où tout est saint, selon Lui]

 

Mais il y a une seconde chose : [93:5] l’Éternel a une maison, une demeure. Prenez-la comme son habitation céleste, ou comme son temple où tout dit : Gloire ! [(29:9)] ou bien, comme ce qui le remplace, comme l’Église, son habitation par l’Esprit [(Éph. 2:22)] ; dans tous les cas, une seule chose essentielle la caractérise, parce qu’elle est son habitation : «La sainteté sied à sa maison… pour de longs jours», la séparation pour Dieu, selon sa propre nature.

 

4.4.3.4      [Sûreté de la parole de Dieu, dépendant de Sa nature même]

 

Ces deux points, la parole de Dieu et la sainteté de sa nature, guident le fidèle dans toutes les circonstances, jusqu’à ce que la puissance intervienne pour le soutenir ; parce qu’à travers tous les soulèvements de la puissance du mal, il compte sur Dieu. Dieu, dans sa grâce, a communiqué sa pensée aux hommes, a parlé. Advienne que pourra, sa Parole demeure sûre. Cela est inhérent à sa nature et dépend de sa puissance comme Dieu. S’il parle, il doit, pour ainsi dire, à sa nature d’accomplir. Je ne peux pas croire qu’il soit Dieu, il ne serait pas Dieu, si, lorsqu’il a parlé, sa parole restait sans effet. «Aura-t-il dit, et ne le fera-t-il pas ? aura-t-il parlé, et ne l’accomplira-t-il pas ?» (Nomb. 23:19). S’il est Dieu, la vérité et la puissance pour accomplir ne peuvent manquer, sinon il n’est pas Dieu. Ce serait chez lui de l’ignorance, ou quelque autre aurait la puissance de l’empêcher d’agir. [93:5] Ses témoignages sont très sûrs. Au milieu du mal c’est une immense, une parfaite consolation, un recours parfait.

 

4.4.3.5      [Nécessité de la sainteté pour tout ce qui est en rapport avec Dieu]

 

Mais l’autre point est tout aussi important, et a autant de droits sur la conscience. [93:5] S’il est Dieu, la sainteté est nécessaire en tout cas. Ni la vérité la plus élevée, ni la certitude entièrement digne de confiance de la parole divine, ne changeront cette nécessité. Elle met l’homme, subjectivement à sa place. Il pourra s’enorgueillir de la vérité, se vanter de la certitude des promesses, comme si Dieu s’était lié Lui-même vis-à-vis de l’homme, mais il faut que Dieu soit conséquent avec Lui-même ; ce qui n’est pas saint, ne peut nullement être de Lui. Il est suprême, et tout doit se rapporter à Lui, tout doit lui être consacré dans sa présence, et, pour autant qu’il est révélé, tout doit correspondre à ce qu’il est. Ainsi l’homme est tenu en échec et la vraie connaissance de Dieu est donnée. Ce n’est pas une sainteté sans la Parole, ni la connaissance ou l’assurance sans la sainteté. L’Esprit de vérité est l’Esprit Saint ; l’Esprit Saint est l’Esprit de vérité.

 

4.4.3.6      [Témoignages positifs de Dieu, auxquels l’homme doit se soumettre]

 

[93:5] Notez encore que ces témoignages viennent de Dieu, qu’ils sont la déclaration positive de sa pensée et de sa volonté (non pas une connaissance de Dieu, que l’homme se vante d’atteindre par sa volonté, ni la prétention de l’homme à savoir ce que Dieu doit être, quoique la conscience enseignée par la tradition, souvent pervertie par elle, puisse bien en avoir une certaine conception) ; ce sont les témoignages positifs de Dieu, de sorte que l’homme doit s’y soumettre tout en étant soutenu par eux. Il ne s’agit ni des raisonnements de l’homme, ni de la conscience de l’homme, mais des témoignages de Dieu, de la révélation active de Dieu par Lui-même, de l’émission de sa Parole. Ces témoignages sont reçus simplement par la foi, et comme tels l’âme s’y soumet. Cette soumission caractérise l’âme qui reconnaît Dieu. La puissance viendra en son temps et mettra publiquement tout à sa place. Dans l’intervalle la foi s’appuie sur les témoignages, sur la révélation de Dieu qui soumet l’âme et qui la soutient.

 

4.4.3.7      [Habitation de Dieu avec l’homme, et sainteté qui y convient]

 

[93:5] Mais, en outre, Dieu a une habitation, une maison. Ceci, comme je l’ai remarqué autre part, est l’un des fruits immenses de la rédemption. Dieu n’habitait ni avec l’innocence, ni avec les fidèles ; ni avec Adam avant sa chute, ni avec Abraham. L’innocence caractérisait le premier, et la foi, le sentier béni du second. Dieu les visitait, montrant à l’un et à l’autre sa condescendance et sa bonté, soit que cette visite fût rendue inutile, soit qu’elle apportât la grâce de Dieu. Mais, lors de la rédemption d’Israël, nous trouvons que l’Éternel avait fait sortir son peuple du pays d’Égypte, afin de pouvoir habiter au milieu de lui (Ex. 29:45-46). Ce qui convient à la maison de Dieu n’est pas l’innocence, mais une consécration absolue à Lui, suivant sa nature, lorsque le bien et le mal sont connus. Ce caractère et cette nature se trouvent dans le ciel, mais là, il n’y aura plus besoin de témoignages. L’homme possède la connaissance du bien et du mal, mais dans un état de séparation de Dieu et dans le péché. Mais lorsque Dieu a racheté l’homme pour Lui-même, l’a purifié et délivré, alors il habite avec l’homme, dans l’homme — en Israël, selon la révélation partielle de Lui-même qu’il avait donnée alors ; dans le fidèle maintenant, par son Esprit, et dans l’Assemblée ; et cela pour l’éternité, car maintenant cette habitation a lieu selon ce qu’il est en Lui-même, pleinement révélé en Christ et par sa mort. Elle est donc fondée sur un témoignage ; car il faut que Dieu se révèle Lui-même, ainsi que sa rédemption, et ses voies, et ce qu’il est. Ainsi, le Saint Esprit est donné en conséquence de l’exaltation de Christ, après l’accomplissement de la rédemption, et, de fait, en vertu de la réception, par la foi, du témoignage de Dieu. Lorsque Dieu est connu (et non pas seulement la vérité), alors on a la conscience de ce qui Lui convient ; on trouve ses délices dans Son nom, selon sa propre nature, et cela fournit la preuve non seulement que la vérité est connue, mais avec la vérité Dieu Lui-même, — car Christ est la vérité et l’Esprit est la vérité. C’est pourquoi, du moment qu’Israël est racheté, il est parlé de la sainteté de Dieu, et non pas auparavant, car Dieu allait habiter au milieu d’eux après les avoir amenés à Lui. Le monde sera établi par la puissance ; mais il s’agit ici de la consécration à Dieu par le témoignage, et de sa propre présence en vertu de la rédemption. Il ne s’agit pas ici de la magnificence et de l’ordre de sa maison (comme nous les trouvons au Ps. 101), mais de l’habitation de ses délices, et de sa nature (comp. Ps. 132:13-14).

 

4.5      Psaume 94

4.5.1       [Ps. 94 v. 1-11 — Le fidèle attend que Dieu intervienne, pour Son peuple et contre l’orgueil des méchants]

 

Ce Psaume est l’expression de l’attente du jugement et de la vengeance qui mettra le monde en ordre ; mais nous y trouvons aussi la discipline et les consolations du Seigneur, soutenant l’âme dans l’intervalle ; et nous allons nous en occuper un moment. Le triomphe des méchants est, pour celui qui croit en Dieu, une pensée pénible et accablante ; la puissance du mal est évidente ; voilà ce qui affecte maintenant aussi le cœur du fidèle, non pas dans un sens prophétique, mais dans un sens moral. [94:3-4] L’aveuglement et l’orgueil de l’homme éloigné de Dieu, pèsent sur le cœur de celui qui, en vertu de la connaissance qu’il a de Dieu, voit que le jour du méchant approche. [94:5] Nous trouvons en même temps la perception distincte que l’on est le peuple de Dieu, dont la faiblesse et l’affliction ne font que fournir l’occasion de l’opprimer. Tels sont les deux motifs évidents pour juger que cela ne peut pas durer toujours. [94:9] Celui qui a formé l’œil voit certainement tout cela. [94:11] Les pensées de l’homme ne sont que vanité. Deux choses donc sont le fondement de la pensée du fidèle : l’intérêt de Dieu pour son peuple et Sa bonté qui n’oubliera ni le pauvre opprimé, ni le fait même de l’orgueil des méchants.

 

4.5.2       [Ps. 94 v. 12 — Châtiment divin pour séparer du monde]

 

Mais une autre pensée est introduite : Dieu juge le mal, mais il commence par sa propre maison [(1 Pier. 4:17)]. Dans les voies qui font souffrir son peuple, on peut reconnaître la main de Dieu aussi bien que celle de l’homme. Le cœur du fidèle s’attache à cette pensée : «Bienheureux l’homme que tu châties, ô Jah !» (v. 12). Nous trouvons ici «l’interprète, un entre mille», dont il est parlé au livre de Job (Job 33:23). Dieu, par le châtiment, nous enseigne les vérités de sa loi. Dieu, par tout ce courant du mal qui a la haute main, brise la volonté, enseigne la dépendance, sépare non seulement le cœur mais l’esprit, du monde où ce mal règne. Comment pourrait-il y avoir une union avec un monde où l’on voit cette puissance du mal, devant laquelle on recule moralement ? L’homme pense qu’il peut traverser le monde à l’amiable, sans participer au mal ; mais quoi donc, si le monde lui-même est mauvais, et qu’on le sente tel ? Ainsi la méchanceté qui s’élève, qui rejette Dieu, devient son propre remède pour le cœur de celui qui reconnaît Dieu ; elle exerce le cœur, le purifie, le transporte hors de la sphère où sa propre volonté est active, lorsque, peut-être, sans en avoir l’intention, mais de fait pratiquement, il y cherchait une issue pour la nature. La vie divine lui ayant donné les pensées de Dieu, le cœur rencontre un monde qui ne veut rien de Dieu, et qui s’élève contre Lui : mais en tout cela le fidèle trouve la main de Dieu.

 

4.5.3       [Effet de la grâce dans l’âme, donnant le repos en Dieu même au milieu du mal]

 

Il y a plus encore : [94:12] nous trouvons ici, outre la discipline de sa main, l’enseignement intérieur direct par sa Parole qui le révèle Lui-même. Ainsi le mal orgueilleux a pour effet, non seulement de repousser le cœur, mais aussi, lorsque ce dernier est soumis et qu’il a goûté que le Seigneur est bon, de le pousser dans les bras d’un Dieu connu en grâce et par la révélation de Lui-même, de ses voies et de ses desseins. Ainsi la grâce produit elle-même son effet dans l’âme. Le cœur renouvelé est introduit dans sa propre sphère et apprend à connaître non seulement le caractère de Dieu, qui aime nécessairement le bien et qui hait le mal, mais encore ses propres voies, le développement de sa grâce et de sa vérité, sa sainteté dans la sphère dans laquelle il révèle ce qu’il est pour ceux qui le connaissent. Ceci est un repos de cœur pour le fidèle, un repos de l’esprit qui cherche le bien et y trouve ses délices. Si le fidèle cherchait à combattre le mal dans le monde (quelque activité qu’il mette dans un service selon la volonté de Dieu et quelque profond que soit le désir de son cœur que Dieu réprime le mal en triomphe), il n’éprouverait qu’accablement et déception amère ; mais lorsque la puissance du mal est arrivée à maturité, l’âme est obligée de prendre sa place là où Dieu et ses voies sont directement révélés, et là, près de l’autel de Dieu (car le culte est produit), [94:13] elle trouve le repos jusqu’à ce que — car elle attend encore que le mal soit ôté, que l’affligé et le pauvre soient délivrés, mais elle attend avec patience, apprenant la pensée de Dieu, et elle y trouve son repos, le repos dans ce qui est éternel. Elle participera à l’activité pour le bien, partout où il y a une porte ouverte, mais elle a son repos dans ce qui est proprement de Dieu. L’établissement du bien en puissance aura lieu, cela est certain. Dieu est la sûreté même dans ses voies. [94:14] Il ne rejettera pas son peuple. Il ne veut pas que le mal domine à toujours.

 

4.5.4       [Ps. 94 v. 15 — Puissance intervenant en jugement, qui retourne à la justice]

 

[94:15] Il s’agit ici, naturellement, de l’intervention en jugement sur la terre, du jugement retournant à la justice ; la puissance et le bien allant ensemble, et non pas la puissance et le mal. Nous possédons des choses meilleures : une révélation céleste pour des fils, une position céleste, et la maison de notre Père devant nous ; mais le principe est le même. Le jugement qui était autrefois dans les mains des souverains sacrificateurs et de Pilate, tandis que la justice et la vérité se trouvaient dans la personne bénie de Jésus, retournera aux mains de Celui qui fut jadis le pauvre et l’opprimé ; le jugement retournera à la justice. Et si nous qui prenons notre croix, sommes heureux de souffrir, afin de régner avec Lui [(2 Tim. 2:12)], il reste vrai que les pensées et les voies, les conseils et la fidélité de Dieu seront accomplis. La grâce céleste et la gloire céleste, avec le repos qui nous reste, seront ajoutés à notre repos d’esprit actuel ; mais la justice aussi, puisqu’elle est céleste, aura domination, avec une bénédiction éternelle pour nous qui avons une part avec Celui qui a souffert. L’impossibilité que le mal continue à exercer sa puissance si seulement le Seigneur se montre, est exprimée d’une manière frappante au v. 20.

 

4.5.5       [Ps. 94 v. 16-18 — Sentiment de la puissance du mal, avec le secours de Dieu]

 

Remarquez que la puissance du mal est profondément sentie (v. 16, 17). Qu’il en soit ainsi ! Cela peut montrer notre faiblesse parfois, mais il est bon qu’elle soit montrée, si la foi est là. Le cœur ne devrait pas s’accoutumer à la puissance du mal ; il ne le fera pas s’il est avec Dieu ; il y sera sensible, il s’en étonnera, et il dépendra de la restauration divine pour le rencontrer en pensée. C’est ce que Christ a réalisé, mais en perfection, car il n’y avait pas de faute dans ses pensées. Il s’étonnait de leur incrédulité (Marc 6:6) ; il les regarda tout à l’entour avec colère, étant attristé de l’endurcissement de leurs cœurs (Marc 3:5) ; il a dit : «Jusques à quand serai-je avec vous ? jusques à quand vous supporterai-je» ? (Marc 9:19). Puis, non moins prompt de cœur dans l’activité du bien quand il s’agissait d’un besoin, il pouvait dire : «Maintenant mon âme est troublée ; et que dirai-je ? Père, délivre-moi de cette heure», et puis encore, le voici, parfait en soumission et en obéissance, avec le seul désir de glorifier son Père, afin que son Père pût se glorifier Lui-même — parfait en toutes choses (Jean 12:27). Et nous, hélas ! si nous ne sommes aidés quelquefois, prompts à habiter dans le silence (v. 17), nous aurions bientôt, pour ainsi dire, abandonné la partie, là où Christ, notre Sauveur béni, a senti toutes choses infiniment plus que nous et fut parfait en tout. Mais lorsque, dans le sentiment de notre tendance à faillir, ou bien dans la réalité d’un danger présent, nous nous tournons vers Dieu, son secours est là. C’est une grande grâce. L’instruction est donc pour le repos de l’esprit, mais nous trouvons soutien et secours dans nos voies (v. 12-18). David se fortifiait en Dieu [(1 Sam. 30:6)], et dans ce cas qui pourrait faillir ? Celui qui est plus puissant que tous, Celui dont la puissance s’accomplit dans l’infirmité [(2 Cor. 12:9)], est là pour aider ; il est là dans une personne éprouvée, dans un témoin de sa bonté, à l’exemple duquel nous pouvons voir que, même si nous n’avions jamais manqué, nous étions toutefois en danger (v. 18).

 

4.5.6       [Ps. 94 v. 19 — Multitude des pensées égoïstes du cœur devant le mal]

4.5.6.1      [L’esprit de l’homme spécule en pensées quant à ce monde-ci, plongé dans le mal]

 

Maintenant une autre scène s’ouvre, car Dieu pense à tout pour nous. Si nos esprits travaillent, combien de questions se présentent à nous dans la confusion, dans le labyrinthe du mélange entre le bien et le mal ! (v. 19). L’esprit qui jouit de la bonté de Dieu peut éviter cela, et il fait bien, mais la racine et la source de toutes ces questions sont dans les cœurs des hommes et la puissance du mal qui nous entoure les suscite. Ce n’est pas seulement de l’égoïsme, quoique le moi soit toujours le centre de toutes ces questions, mais quand l’esprit est affligé par le mal, on a une multitude de pensées. Certes, je ne dis pas que ce soit bien ; c’est le fruit de notre éloignement de Dieu, par lequel le mal est entré dans le monde de Dieu, et de fait, c’est être nous-mêmes au milieu de ce mal. Mais lorsque le cœur et l’esprit vont au-delà du mal, ayant la connaissance du bien et du mal, la révélation des pensées de Dieu, quand l’esprit travaille, augmente encore la difficulté et la multitude des pensées, parce que l’esprit voit plus clairement le bien. Pourquoi ce mal, et d’où vient-il ? L’esprit voit un autre monde de la puissance de Dieu. Pourquoi donc ce monde-ci ? L’esprit considère un monde qui est au-delà et en rapporte des pensées dans ce monde-ci, où elles ne sont pas réalisées. Il voit la bonté et la puissance et habite pourtant au milieu de l’affliction et du mal. Ces pensées peuvent avoir, et ont souvent un caractère égoïste. C’est alors un principe bas, mais, quoi qu’il en soit, ces pensées ont toujours l’homme pour centre, sont toujours mauvaises, ne sont autre chose que «la multitude de nos pensées». Christ seul a fait exception, lui qui, parfait en amour et en sainteté, a introduit en perfection dans son esprit et dans sa personne, un autre monde dans celui-ci. Mais Dieu a compassion. Je me réfugie en Lui par la foi. Cela console et réjouit mon âme. Les spéculations de nos pensées, quand nous connaissons le bien et le mal, soit par l’affliction personnelle, soit par l’activité de l’esprit, ce qui est pire, nous lancent dans les raisonnements interminables, mais non pas réellement infinis, de la spéculation sur ce qui devrait être, ou dans des reproches à Dieu sur ce qu’il est. Tout cela se montre parfois sous l’apparence plus humble de l’étonnement ; on reconnaît que cela est trop difficile pour nous ; mais c’est un esprit limité, un esprit qui se meut dans la sphère de ce monde, n’ayant, hors de cette sphère, aucunes facultés naturelles, et entrant dans ses pensées et ses spéculations, en relation avec l’infini, avec le bien et le mal. Il a une multitude de pensées, mais pas de repos possible. Dans son état actuel, il n’appartient pas à la sphère dans laquelle il s’est engagé.

 

4.5.6.2      [Les pensées de l’homme entraînent l’incrédulité du rationalisme]

 

De là procède, soit dit en passant, la forme que l’incrédulité revêt habituellement de nos jours ; ce qu’on nomme le positivisme ou le réalisme. On dit : «Je sais ce que je vois et ce que j’éprouve, peut-être avec les quelques petites conclusions que j’en tire» ; et l’on prétend s’arrêter là. En réalité on ne s’y arrête pas, car on prétend nier tout ce qui est au-delà. Cela est évidemment faux, car si l’on ne connaît que ce que l’homme peut connaître par lui-même, on ne peut nier ce qui est au-delà, pas plus qu’on ne peut l’affirmer : C’est donc un principe sans consistance ; mais il est faux encore sous un autre point de vue. L’esprit n’a aucune certitude, mais il a une multitude de pensées qui dépassent la sphère des facultés naturelles de l’homme, et peuvent décider de ce qui appartient à ces facultés. Il y a une multitude de pensées au dedans de nous. Nous sommes incompétents pour arriver à une conclusion, néanmoins il y a des pensées, suggérées par une chose ou par l’autre, mais le cœur ne trouve point de réponse. Tel est le cas, lorsqu’il n’y a pas incrédulité, mais seulement l’activité naturelle du cœur humain. Il n’y aura point de réponse jusqu’à ce que le jugement vienne, jusqu’à ce que «le jugement retourne à la justice» [(94:15)].

 

4.5.6.3      [L’âme ne doit pas juger Dieu selon sa conscience, mais être introduite dans le bien]

 

Dans ce Psaume, l’exercice d’âme dont nous parlons se rapporte plus entièrement, cela va sans dire, au gouvernement de ce monde. À ces pensées, le christianisme, la révélation d’un autre monde, a ajouté mille autres pensées qui surgissent lorsque l’esprit de l’homme travaille. Mais il y a un refuge, une ressource ; ce n’est pas de donner à l’esprit l’explication de toutes choses et de le maintenir ainsi dans la folle et inique prétention de juger Dieu ; mais c’est d’introduire dans l’âme le bien positif qui est en Dieu ; en sorte qu’elle ait la certitude de posséder la bénédiction et la vérité, malgré la multitude des pensées dont elle est incapable de trouver la solution. La conscience est droite quand elle est mise en exercice et qu’elle juge le moi. Mais lorsque, avec notre connaissance affaiblie et obscurcie du bien et du mal, en la nommant conscience, nous prétendons juger Dieu, cette prétention est de faire de notre ignorance et de notre état moral tel quel, la mesure de ce qui est parfait, alors que nous connaissons tout imparfaitement, et Dieu pas du tout. En effet, dans cet état, les hommes se forment un jugement qu’eux-mêmes doivent ensuite reconnaître comme tel.

 

4.5.6.4      [Dieu nous a fait connaître le bien par Son amour versé en nous]

 

C’est évidemment juger de tout un système de choses, lorsque, en réalité, nous n’en avons devant nous qu’un bout obscur. Mon raisonnement, ayant pour point de départ un état de choses rempli de mal, je ne puis juger de rien. Dieu n’a pas encore mis les choses en ordre, et je ne suis nullement compétent pour juger même comment cela aura lieu ; mais Dieu a introduit le bien, le bien parfait, Lui-même, au milieu du mal. Il m’a fait découvrir le mal en moi, il m’a fait me juger moi-même ; avantage moral immense. Seuls, ceux qui se sont jugés ainsi sont droits et sans fraude quant à l’état de leur âme. C’est la conscience honnête et droite, et cela me fait trouver une ressource dans la grâce, une parfaite connaissance de son amour (en Israël, une connaissance relative par le moyen de ses voies). Alors, dans les détails des exercices subséquents, destinés à produire la connaissance de soi-même et à purifier l’âme, ayant connu l’amour parfait, je puis y avoir recours, et j’ai aussi ce que cet amour m’a révélé et donné, la grâce et la vérité ; et cela non pas seulement dans leur révélation extérieure, quelque autorité qu’elles possèdent, mais dans mon âme par le Saint Esprit. «Celui qui croit au Fils de Dieu, a le témoignage au dedans de lui-même» (1 Jean 5:10). «Ce que l’œil n’a pas vu, et que l’oreille n’a pas entendu, et qui n’est pas monté au cœur de l’homme, ce que Dieu a préparé pour ceux qui l’aiment, mais Dieu nous l’a révélé par son Esprit» (1 Cor. 2:9, 10). Et encore : «Nous nous glorifions en Dieu» (Rom. 5:11). Mais de plus, Dieu agit directement par son Esprit. Son amour est versé dans nos cœurs [(Rom. 5:5)] ; nous pouvons compter sur sa fidélité dans cet amour ; mais la communion directe avec Lui-même nous élève à une source de joie que les difficultés ni l’affliction ne peuvent troubler. Rien ne nous sépare de son amour ; nous sommes plus que vainqueurs dans ce monde ; nous avons les joies d’un autre monde, des consolations divines à travers les épreuves que nous avons à supporter, et en présence du mal qui nous assiège : la puissance du mal nous pousse vers notre retraite, vers notre joie en Celui qui reste toujours le même, et que nous apprenons à mieux connaître. Le jugement mettra fin à la scène dans laquelle il me faut être affligé.

 

4.6      Psaumes 95-101

 

Je ne m’arrête pas sur ces Psaumes, parce qu’ils parlent de la venue même du Seigneur en jugement, et ne traitent pas des exercices du cœur qui attend cette venue. Le Psaume 95 appelle les Juifs, et le Psaume 96, les Gentils, à être prêts pour aller à sa rencontre ; au Psaume 97, il arrive dans les nuées ; au Psaume 98, il a accompli la délivrance ; au Psaume 99, il a établi son siège à Jérusalem entre les chérubins. Le Psaume 100 appelle les Gentils à partager la joie d’Israël et à rendre culte. Le Psaume 101 nous donne les principes d’après lesquels le roi de l’Éternel gouvernera la terre.

 

4.7      Psaume 102

4.7.1       [Psaume s’appliquant au Seigneur et montrant Sa nature divine et Sa personne]

 

Le Psaume 102 est l’un des plus profondément intéressants de tout le livre, mais je bornerai mes remarques à ce qui suit. Ce Psaume s’applique spécialement au Seigneur Jésus, quelles que puissent être les circonstances ou l’affliction individuelle qui ont fourni l’occasion de le composer. La citation qui en est faite au premier chapitre de l’épître aux Hébreux [(Héb. 1:10-12)] ne laisse aucun doute à ce sujet, et lui donne une profondeur d’intérêt qu’à peine un autre Psaume peut égaler. Il montre comment la nature divine, éternelle du Seigneur, résout la difficulté d’un Messie qui a été retranché, alors que Sion doit être restaurée plus tard. Mais ceci donne une profondeur et un caractère tout particuliers à la douleur poignante de ses afflictions. Ce n’est pas un résultat glorieux en bénédiction, la conséquence d’une œuvre unique dans sa nature et dans sa valeur, ce n’est pas non plus le jugement qui suit le rejet du Messie, mais c’est la vérité éternelle de la nature divine du Seigneur, rencontrant la réalité de ses afflictions, même jusqu’à la mort. C’est donc principalement Sa personne qui est l’objet spécial de ce Psaume et qui lui donne un intérêt particulier. Mais, quoique nous y trouvions la sécurité des enfants de ses serviteurs, il ne nous offre pas proprement d’instruction sur le gouvernement de Dieu, lors même que le fondement de tout cela soit en grâce. Les Psaumes suivants (103 à 106) qui terminent ce livre, ne nous apportent pas non plus beaucoup d’enseignement sur ce sujet. L’Esprit considère ce que Dieu est toujours pour la foi, mais en rapport avec la délivrance future, introduite par la venue du Seigneur.

 

4.7.2       [Manifestation de la puissance dans ce monde, comme caractère de Dieu]

 

Toutefois la puissance du bien qui sera manifestée en mettant toutes choses en ordre, et que la foi considère comme prête à intervenir, est réalisée, par cette foi, comme appartenant à Celui qu’elle connaît déjà. Ainsi la foi se repose sur cette puissance comme étant le caractère de Dieu ; elle se repose sur Dieu comme portant ce caractère de puissance, quoique les résultats de cette dernière ne soient pas encore produits, et elle revêt les choses présentes de cette connaissance de Dieu, bien que le mal soit encore ici-bas. La foi considère le monde comme le déploiement de la puissance et de la sagesse, sous un gouvernement de bonté, Dieu étant connu, quoique le mal ne soit pas encore finalement aboli et que les résultats de la bonté ne soient pas encore produits. Mais Celui qui gouverne est bon. Or cela est connu par ceux qui ont péché contre Lui, connu pour eux-mêmes et en eux-mêmes ; et c’est cette connaissance de Dieu qui rend l’âme capable de voir la sagesse et la bonté en toutes choses, quoique les effets du péché soient encore présents.

 

4.7.3       [Importance de discerner Dieu au milieu de cette scène de mal, gouvernant tout]

 

Ce principe est très important : je parle de discerner Dieu et le bien au milieu de la scène de péché dans laquelle nous vivons. Il est vrai qu’un Juif pieux qui n’aurait pas vu Jésus rejeté, qui ne connaîtrait pas la croix, ne pourrait connaître le mal comme nous ; cependant il le connaîtrait en partie ; et la foi qui attend une délivrance finale, non encore venue, introduit Dieu, ainsi connu, sur la scène que la foi devra traverser. Dieu qui, au milieu du mal, n’a rien laissé échapper de sa main, Dieu a souverainement ordonné toutes choses au milieu de ce mal, quoique ce dernier ne vienne pas de Lui ; dans le jugement, il s’est souvenu de la miséricorde. Et lorsque l’esclavage de la corruption entra dans ce monde, Lui, qui avait fait toutes choses très bonnes [(Gen. 1:31)], a tenu les rênes et a tout ordonné très sagement, malgré tous les témoignages qui puissent rester du mal, de la misère et de la mort. Nous sommes sous leur esclavage jusqu’à ce que nous soyons divinement délivrés, mais Dieu n’a jamais été sous cette servitude, il n’y sera jamais. Il veut que nous sachions que toute la création soupire [(Rom. 8:22)] et que, dès qu’Il régnera, la délivrance viendra ; mais que le Créateur qui fit toutes choses bonnes, gouverne et conduit tout maintenant : «Ses compassions sont sur toutes ses œuvres» (Ps. 145:9). Maintenant la foi regarde au-delà du mal qu’elle ressent, elle ne désire pas y être insensible, mais ses yeux s’attachent sur Celui qui est au-dessus du mal et qui peut introduire sa bonté, même au milieu de la scène actuelle. Elle discerne le rôle qu’Il y joue, et reconnaît même ce rôle comme étant supérieur à tout le mal. Il ne s’agit pas ici de la jouissance naturelle de la création (quoique toutes les créatures comme telles soient bonnes et aimables), car cette jouissance peut être une complète déception à l’égard de soi-même, et un aveuglement complet à l’égard du mal ; mais c’est la foi atteignant la bonté par-dessus le mal, et introduisant cette bonté dans la jouissance qu’elle a de Dieu dans la créature.

 

4.7.4       [Connaissance moindre, par Israël, du péché et de la rédemption, que nous]

 

Je le répète : Israël ne pourrait pas connaître le péché comme nous le connaissons ; mais, d’un autre côté, il ne pourrait pas avoir connu la rédemption effectuée et la réconciliation future comme nous, qui pouvons ainsi introduire Dieu maintenant d’une manière plus complète. Tel est le caractère général des Psaumes 103, 104 et 105. Ils contemplent, mais par la foi, la délivrance finale d’Israël ; et ils considèrent la création, non pas dans sa perfection abstraite, mais Dieu en elle ; et voient, en outre, l’histoire d’Israël comme une série de chutes, mais la miséricorde et la bonté de Dieu qui s’élèvent au-dessus d’elles.

 

4.8      Psaume 103

 

C’est ainsi que le Psaume 103 reconnaît le pardon et la guérison, espère, par la foi, en la délivrance et en la grâce qui sont réservées à Israël, et connaît Dieu selon cette grâce et cette délivrance, tout en voyant dans l’intervalle sa patience et sa bonté appliquées à son gouvernement. [103:8] Il est lent à la colère et d’une grande bonté. S’agit-il du péché, nous savons sur quel fondement parfait tout est établi, mais notre Psaume célèbre l’effet de cette œuvre dans le gouvernement d’Israël ; toutefois, pour tous les temps, Dieu est connu selon cette connaissance qu’il a donnée de Lui à la croix. C’est pourquoi il ne s’agit pas ici d’une bonté vague, par laquelle on se trompe soi-même, mais le mal est reconnu tandis que Dieu est connu dans sa bonté. Voilà ce qui devrait caractériser nos voies et nos pensées. Non pas qu’il ne nous faille pas avoir à faire avec le mal, car si nous regardons au-dessous de la surface, nous le rencontrons partout : mais je devrais m’en être occupé de telle manière avec Dieu, que je ramène Dieu avec moi, selon le caractère dans lequel je l’ai trouvé, c’est-à-dire comme étant au-dessus de tout mal. Mes pieds devraient être chaussés de la préparation de l’Évangile de paix [(Éph. 6:15)].

 

4.9      Psaume 104

 

Le Psaume 104 envisage la création sous le même aspect. Le dernier verset montre le jugement qui nettoie le monde du mal, et la puissance souveraine de Dieu est reconnue. Mais l’Esprit est capable d’introduire la bonté au milieu de tout ce qu’il voit. Toutefois ce Psaume ne va pas au-delà d’une création en chute.

 

4.10  Psaume 105

 

Le Psaume 105 récapitule les voies spéciales de Dieu envers Israël aux temps passés. La délivrance actuelle par le moyen du jugement se trouve aussi mentionnée ici, mais elle est considérée comme étant sa fidélité à sa promesse et à sa grâce. Ici, la manifestation présente de la bonté réveille le souvenir de toutes les voies de Dieu dans le passé. Tel il est, tel il a toujours été.

 

4.11  Psaume 106

 

Le Psaume 106 considère l’autre côté du tableau, et montre les voies de l’homme qui, au milieu de toutes les interventions de Dieu en bonté, après la première joie de la délivrance, est retourné à sa propre méchanceté et à ses voies impies. Cependant l’oreille de Dieu restait toujours ouverte, [106:45] Il s’est souvenu de sa promesse, il s’est repenti selon la multitude de ses bontés, [106:47] de manière à produire finalement la louange et les actions de grâces à son nom. Le Psaume précédent nous a montré ce que Dieu était dans ses propres voies ; celui-ci montre qu’il est finalement au-dessus du mal, en accomplissant sa miséricorde et ses promesses, après que les hommes s’étaient montrés ce qu’ils sont. Dieu est bon en Lui-même, Dieu est bon au milieu du mal, non pas comme permettant le mal, mais comme se faisant connaître par ses propres voies de miséricorde ! Or Dieu étant ainsi connu par le cœur, ce dernier passe au milieu des circonstances présentes selon cette connaissance qu’il a de Lui. Mais pour faire cela avec conséquence et constamment, il faut non seulement que le cœur connaisse Dieu, mais qu’il vive habituellement avec Lui. Ainsi se termine le quatrième Livre des Psaumes.

 

5        LIVRE 5 — Psaumes 107-150

5.1      Psaume 107

5.1.1       [Circonstances morales et épreuves d’Israël lors de son retour à la bénédiction]

 

Le dernier livre des Psaumes nous présente, outre les nombreux cantiques de louanges qu’il contient, toutes les circonstances morales d’Israël, lors de son retour à la bénédiction. Le premier de ces Psaumes imprime son caractère au livre tout entier. Il considère les fidèles comme rassemblés et de retour, tout en retraçant les scènes diverses qu’ils peuvent avoir traversées, même depuis leur entrée dans le pays, et montrant les voies de Dieu qui se sont exercées là envers eux. C’est la description d’angoisses et d’épreuves, au milieu desquelles les misérables ont crié à l’Éternel qui a répondu et qui est intervenu en faveur de l’âme exercée et ballottée par l’orage ; aussi les hommes sont-ils exhortés à reconnaître et à louer l’Éternel.

 

5.1.2       [Ps. 107 v. 1-7 — Grâce et bonté immuables de Dieu pour Son peuple]

 

[107:1] Au premier plan nous rencontrons cette précieuse vérité : «Sa bonté demeure à toujours». L’amour et la bonté immuables de Dieu sont célébrés tout le long de l’histoire d’Israël, depuis la première chute, évidente et démontrée, de ce peuple. L’homme a manqué, la grâce de Dieu envers son peuple ne manque jamais. Les rachetés et ceux qu’il a rassemblés sont appelés à rendre témoignage de cette vérité. [107:4] Étrangers et pèlerins, sans lieu de repos, sans patrie, [107:5] assaillis par la soif et la faim, leur âme défaillant en eux, [107:6] ils ont crié à l’Éternel [107:7] qui les a conduits dans un chemin droit là où leurs pieds et leur cœur ont trouvé du repos.

 

5.1.3       [Gouvernement de Dieu où se trouve le mal, et grâce pour celui qui regarde à Lui]

 

Deux caractères sont attribués à l’âme qui se trouve dans cette condition (v.9) : Elle est altérée et affamée. C’est le désir et le besoin, mais tous deux apportés devant le Seigneur : et dès lors la miséricorde. Il ne s’agit pas ici de saints désirs, mais c’est Dieu répondant aux besoins. L’âme fatiguée et défaillante a des besoins, mais ceux-ci se changent en un cri au Seigneur. Certainement la miséricorde se trouve par-devers lui. Il en serait ainsi, [107:10-11] quand même l’affliction et la détresse seraient le châtiment des affligés et le fruit de leur rébellion ; [107:13] mais ici, quand le cœur se tourne vers le Seigneur, la grâce le rencontre et la délivrance en est la suite. [107:16] Les portes d’airain, les barres de fer qui retenaient ces hommes captifs, sont brisées, alors que l’iniquité et la folie par lesquelles ils avaient abandonné le Seigneur avaient amené tout cela sur eux. [107:20] Il envoie sa parole afin de les guérir et ainsi de les délivrer. [107:26-27] Lorsque les hommes, aventureux, bravant les dangers, étaient à bout de ressources au milieu de la mer tempétueuse qui ne leur offrait pas où prendre pied, le Seigneur intervient en leur faveur, apaise les flots, et les conduit au port qu’ils désiraient (v. 30). [107:32] Dans l’endroit même de l’habitation de son peuple, dans l’endroit des promesses, son gouvernement direct intervient. [107:33-34] Par le jugement, les fleuves sont changés en déserts, la terre fertile en terre salée ; [107:35] mais il change le désert en un étang d’eau ; il juge l’iniquité et fait voir sa bonté à l’âme en détresse ; [107:36] il rassasie les affamés qui comptent sur lui. [107:39] Mais insoucieux et enorgueillis dans cette position même, il faut qu’ils soient humiliés. [107:40] Il verse le mépris sur les nobles, [107:41] mais il relève le pauvre de l’affliction (v. 40). Ce n’est pas l’ordre d’un monde béni de Dieu, dans lequel il n’y a pas de mal ; c’est le gouvernement de Dieu là où le mal se trouve ; d’un Dieu qui domine le mal pour accomplir les desseins de son propre gouvernement, pour cacher l’orgueil à l’homme [(Job 33:17)]c, pour consoler et encourager les pauvres en esprit qui regardent à lui, ne se confiant ni dans l’orgueil ni dans la force de l’homme, et ne voulant s’appuyer que sur le Seigneur. Même dans tous les chemins où leur volonté, et jusqu’à leurs péchés, les ont conduits, du moment qu’on regarde à Lui, on rencontre sa gratuité et sa bonté.

 

5.1.4       [Dieu prend soin du cœur du fidèle dans Sa bonté, au milieu du mal]

 

Dieu s’occupe ainsi du cœur, employant l’état des choses et les voies de l’homme comme moyens pour se faire connaître Lui-même à l’âme. [107:42] Les hommes droits s’en réjouissent. Oh ! que cela est vrai ! et combien plus encore lorsqu’on verra le fruit de la bonté du Seigneur envers l’humble cœur dans l’attente, qui avait placé sa confiance en Lui ! À la fin le mal sera réprimé, mais dans l’intervalle, pendant le voyage, le Seigneur nous rencontre et nous console, justifiant ainsi le chemin d’un humble cœur ; [107:43] et quiconque est sage et prend garde à ces choses, verra, comprendra les bontés de l’Éternel ; elles rempliront son cœur de joie et d’allégresse, malgré l’activité, les prétentions, les succès apparents de la volonté de l’homme. Que le Seigneur nous enseigne à marcher humblement et sans bruit devant lui, laissant à sa bonne main le soin des résultats. C’est difficile parfois, mais sage toujours. Il est pénible sans doute de voir prospérer le méchant et l’iniquité ; le monde est rempli de mal ; mais Dieu travaille au milieu de cet état de choses et ses voies produiront enfin la bénédiction, ainsi que le fruit de sa bonté et de sa juste puissance.

 

5.2      Psaume 108

5.2.1       [La bénédiction du peuple de Dieu est liée avec la gloire de Dieu]

 

Ce Psaume ne me fournira qu’une ou deux courtes remarques, mais sur un sujet d’une grande beauté. Nous trouvons ici une grande confiance, et, comme toujours, de la miséricorde pour l’âme qui se connaît elle-même et qui se présente avec vérité devant Dieu. [108:5-6] Mais le moyen de sa délivrance et de sa bénédiction, c’est que Dieu soit exalté. Cette exaltation sera donc nécessairement sainte et juste. «Élève-toi, ô Dieu ! au-dessus des cieux, et que ta gloire soit au-dessus de toute la terre, afin que tes bien-aimés soient délivrés» (v. 5-6). C’est une pensée bénie, et une vérité que la foi doit saisir maintenant, même dans le temps de l’épreuve, que notre bénédiction et la gloire de Dieu ne font qu’un tout ; seulement il nous faut mettre sa gloire en première ligne. C’est le principe même de l’intégrité de l’âme, et la bénédiction la plus élevée. «Celui qui cherche la gloire de celui qui l’a envoyé», dit le Seigneur, «celui-là est vrai, et il n’y a point d’injustice en lui» (Jean 7:18). Et autre part encore : «Que dirai-je ? Père, délivre-moi de cette heure… Père, glorifie ton nom» (Jean 12:27). Puis viennent ces paroles : «Moi, si je suis élevé de la terre, j’attirerai tous les hommes à moi-même» (Jean 12:32). Ainsi, au milieu de l’épreuve et même du mal, la foi identifie la gloire de Dieu avec son peuple. «Les Cananéens l’entendront… Que feras-tu pour ton grand nom ?» (Jos. 7:9).

 

5.2.2       [Joie de Dieu en bénissant et délivrant les siens par Sa force]

 

Par la même raison le mal ne peut pas être épargné quand nous sommes au milieu du peuple de Dieu, et lorsque Dieu a été publiquement déshonoré, cette injonction en est la conséquence : «Que chacun de vous tue son frère, et chacun son compagnon, et chacun son intime ami» (Ex. 32:27). En un mot, la foi identifie la gloire et l’exaltation de Dieu avec son peuple, mais elle donne à Dieu le premier rang. Dans notre Psaume, c’est en bénédiction, aussi nous y trouvons cette remarquable réponse de Dieu : «Je me réjouirai» (v. 7). Il trouve sa joie et ses délices dans la bénédiction de son peuple. Il se réjouit en leur faisant du bien, en délivrant ses bien-aimés, en usant de sa puissance pour écarter le mal qui les oppressait, et pour les mettre en possession de ce qui leur appartient comme don de sa grâce. Quelle que soit la force de leurs adversaires, il accomplira la bénédiction des siens. [108:10] La ville forte ne peut pas tenir devant lui. [108:11] Et quand même, par leur propre faute, son secours leur avait été refusé (Israël, comme nous le savons, avait été rejeté pour longtemps), lorsque viendra le temps déterminé pour la bénédiction des humbles, il déploiera la puissance nécessaire pour tout accomplir. [108:12] Il donne force à son peuple, et son propre pouvoir les délivre. Ils ont appris que sa puissance seule a de la valeur et de l’efficace.

 

5.3      Psaume 109

 

Ce Psaume nous présente le jugement de Juda, et celui des Juifs compagnons de l’Antichrist aux derniers jours : si l’enseignement qu’il renferme ne traite pas beaucoup d’expériences, nous y trouvons cependant un témoignage de la plus grande solennité. Et d’abord le motif pour être secouru : «Agis pour moi à cause de ton nom» (v. 21). La nature et la gloire de Dieu sont à la source de toutes ses voies, et lorsque le cœur s’est emparé de cette vérité, il voit la délivrance comme réponse, car Dieu ne peut être en désaccord avec Lui-même. Mais, pour trouver cette réponse, il faut que le cœur soit amené à une condition qui corresponde à ce nom, c’est-à-dire à l’humilité, au jugement du mal en nous, et ainsi à l’intégrité et à la dépendance. Il se peut que Dieu nous éprouve à fond pour manifester le brisement de la volonté et le produire, et pour que le cœur, entièrement soumis, s’en remette à Lui de toutes choses. Quant à Christ, toutes ces épreuves n’eurent pour résultat que de faire ressortir son entière perfection ; en nous, elles produisent l’intégrité et la dépendance. En Lui, toute cette affliction venait absolument de la main de Dieu, c’est-à-dire qu’elle ne trouvait aucun motif en Lui-même. Or ce privilège de recevoir tout de sa main nous est aussi accordé par grâce ; et même si nous avons donné occasion à l’affliction par notre propre volonté ou par le mal, Dieu s’en sert en discipline ; puis, lorsqu’il a accompli son œuvre, il établit ses saints dans la bénédiction, [109:29] à la confusion des adversaires, [109:27] forcés ainsi de reconnaître sa main, alors que, triomphants dans le mal, ils ne pensaient qu’à triompher du juste. Mais, contre leur attente, ils se sont rencontrés avec Dieu, car l’affliction faisait partie de ses voies envers son peuple ; et ce gouvernement de Dieu peut continuer ainsi à notre égard, parce que la rédemption est complète. Cette affliction, dans le cas de Christ, n’était que la pure haine de l’homme contre le bien parfait, et il la subissait pour nous. «Pour son amour ils ont été ses adversaires» (v. 4). Mais ces hommes qui aiment le mal sont «continuellement devant l’Éternel» (v. 15) ; le moment de manifester cela lui appartient : pour nous, ce sera lorsque son œuvre pour subjuguer notre volonté et nous enseigner une sainte dépendance sera complète ; cela eut lieu en Christ, lorsque, sa dépendance ayant été pleinement manifestée, Dieu fut pleinement glorifié.

 

5.4      Psaume 110

 

Je n’ai qu’une remarque à faire sur ce Psaume qui traite de la glorification du Christ à la droite de Dieu. [110:7] Le dernier verset nous montre la perfection du Seigneur dans cet esprit de dépendance qui a caractérisé sa course terrestre, et c’est aussi le chemin où ceux qui marchent selon le nouvel homme ont à le suivre. Heureux des rafraîchissements que Dieu fournit, n’en ayant pas d’autres, et les recevant comme nous les trouvons, c’est-à-dire comme Dieu Lui-même les donne le long du chemin — tel est l’esprit de l’humble dépendance.

 

5.5      Psaume 111

5.5.1       [Alléluia anticipatif sur les œuvres de Dieu, basées sur la vérité]

 

Dans la plupart des Psaumes de ce dernier livre, il est tellement question de l’intervention du jugement et de la puissance, que les instructions en vue des épreuves du voyage sont un peu reportées à l’arrière plan. C’est ce que nous trouvons dans ce Psaume-ci. [111:2] Il entonne, par anticipation sans doute, son Alléluia sur les œuvres de Dieu. [111:7] Seulement il faut remarquer que ces œuvres de délivrance sont toujours conformes à la vérité du caractère de Dieu, qu’elles sont fondées sur cette vérité et la confirment. Les œuvres de ses mains sont vérité et jugement. En elles tous ses commandements sont démontrés sûrs et véritables. Ils restent debout à perpétuité et pour toujours, étant faits avec vérité et droiture (v. 7, 8). Aussi, pour jouir du fruit de ses œuvres, il nous faut marcher selon les voies du Seigneur, comptant sur la certitude de sa promesse, et, s’il tarde, nous attendre à Lui. Mais, comme nous l’avons toujours vu, dans ses œuvres sont trouvées et senties la miséricorde et la compassion envers nous. Notre délivrance est le fruit de la bonté souveraine. [111:10] C’est pourquoi la crainte de l’Éternel est le commencement de la sagesse ; l’obéissance nous conduit à l’intelligence. Étant dans le chemin de Dieu, la lumière, c’est la vérité dans ce chemin, c’est d’être en accord avec ce dernier.

 

5.5.2       [La connaissance est inséparable de la piété et de l’obéissance]

 

Vous ne pouvez séparer la vraie connaissance des choses divines d’avec la piété. La nouvelle nature pieuse, obéissante, qui par grâce dépend de Dieu, peut seule désirer ou comprendre ces choses. «Si quelqu’un veut faire sa volonté, il connaîtra de la doctrine si elle est de Dieu» (Jean 7:17). C’est pourquoi, dans le chemin de l’obéissance, on trouve toujours davantage, à mesure qu’on réalise la lumière en étant soumis à Dieu et dépendant de Lui, car la lumière et le chemin de la nouvelle nature ne sont qu’un ; aussi est-il dit : «La vérité selon qu’elle est en Jésus, c’est-à-dire d’avoir dépouillé le vieil homme, et d’avoir revêtu le nouvel homme, créé selon Dieu en justice et sainteté de la vérité» (Éph. 4:21-24), et encore : «Nous sommes renouvelés en connaissance selon l’image de Celui qui nous a créés» (Col. 3:10). Dans ce chemin nous avons à marcher par la foi, jusqu’à ce que la puissance intervienne. Pour Israël, ce chemin de l’obéissance a plutôt un caractère légal, mais le principe reste toujours vrai, parce que la vraie connaissance est la connaissance de Dieu. Il est impossible de séparer la vraie connaissance d’un état qui reconnaît Dieu pour ce qu’il est, c’est-à-dire de l’obéissance et de la dépendance.

 

5.6      Psaume 112

5.6.1       [Ps. 112 v. 1-6 — La bénédiction est assurée à celui qui obéit et se confie en Dieu]

 

J’omets intentionnellement les promesses de bénédiction temporelle ; elles s’appliquent directement au peuple et au système juifs, et si ces derniers Psaumes en font une mention spéciale, c’est qu’ils nous présentent la bénédiction comme venant d’être introduite par le jugement. Néanmoins nous y trouvons quelques principes dignes d’attention, car ces Psaumes insistent en particulier sur la sagesse qui consiste à agir dans l’obéissance à travers le chemin de l’épreuve. Il y avait bien des raisons, et il y en a toujours, pour dire que la fidélité était tout simplement une folie et la ruine pour les fidèles ; mais Dieu les avertit, et le chemin de la sagesse consiste à l’écouter. [112:6] Les résultats de ce chemin demeurent, [112:10] alors que les méchants disparaissent. [112:2] La génération des hommes droits sera bénie. [112:3] Sa justice demeure à perpétuité. [112:4] Sans doute les ténèbres semblent envelopper le juste, mais là même, la lumière se lève pour lui. Il nous faut apprendre à nous confier en Dieu : la bénédiction est assurée à celui qui obéit. Mais cette marche avec Dieu, la paix du cœur et l’intelligence de la bonté, rendent l’âme miséricordieuse, pleine de compassion pour d’autres, et en même temps intègre à leur égard. La recherche de soi-même n’est pas le principe qui gouverne le fidèle. Il est miséricordieux, libéral, il n’y a pas chez lui la promptitude de la propre volonté. Il conduit et maintient ses affaires dans la crainte de Dieu avec sobre bon sens ; il n’use pas de légèreté, en sorte que son «oui» soit «non» [(Jac. 5:12)]. Guidé par Dieu dans ses entreprises, il poursuit son chemin jusqu’au bout, parce que telle est la volonté du Seigneur, et il le fait avec la force et la fermeté que donne la conscience d’accomplir cette volonté. Or cela est important pour le chemin des saints, car c’est un témoignage que Dieu s’y trouve et que sa pensée est le guide de notre marche. Dieu demeure ; celui qui fait la volonté de Dieu demeure aussi.

 

5.6.2       [Le fidèle est ferme au milieu du mal, Dieu ayant toute la place dans son cœur]

 

De plus, lorsque la puissance du mal se déploie, le croyant n’est pas ébranlé. Au milieu d’exercices de cœur, et du mal moral, il était avec Dieu. Pour lui la volonté de Dieu était suprême. Il regardait à Lui comme à Celui dont la volonté a tout ordonné, et considérait Dieu Lui-même comme son tout. Il lui suffisait que Dieu fût satisfait. En tant que motifs, les circonstances avaient perdu leur influence sur lui, et Dieu avait, pour ainsi dire, pris leur place dans son cœur et dans son esprit. Aussi quand les difficultés s’élèvent, elles rencontrent un cœur qui connaît Dieu et se confie en Lui : «Son cœur est ferme, se confiant en l’Éternel» (v. 7).

 

5.7      Psaume 113

 

Un seul principe se présente à nous dans ce Psaume, mais il ne peut nous être rappelé trop souvent, car nous avons une tendance constante à l’oublier. Dieu choisit des choses faibles, afin qu’il soit évident que le bien et la bénédiction proviennent de sa puissance et de son amour. Dieu se sert de moyens ; mais quand l’homme parle de moyens il n’entend généralement pas par là cette dépendance du cœur qui s’en remet à Dieu, la prière, la Parole, etc., mais plutôt l’appui que l’on cherche dans l’influence et la force de l’homme. Cela est très mal. Souvenons-nous bien que Dieu choisit les choses folles de ce monde pour confondre les sages, et les choses faibles, et celles qui ne sont pas, pour annuler celles qui sont, afin que nulle chair ne se glorifie devant Dieu [(1 Cor. 1:27-29)] ! S’il en était autrement, la bénédiction ne serait pas une bénédiction divine. Mais dans cette puissance divine nous trouvons la grâce et pouvons compter sur elle. [113:5-9] «Il a placé sa demeure en haut ; il s’abaisse pour regarder dans les cieux et sur la terre ; de la poussière il fait lever le misérable, de dessus le fumier il élève le pauvre, pour les faire asseoir avec les nobles, avec les nobles de son peuple ; il fait habiter la femme stérile dans une maison, joyeuse mère de fils». Telles sont les voies de Dieu ; le cœur y trouve ses délices. À lui la puissance et la bonté, mais quelle leçon que celle-là au milieu du monde et pour le cœur de l’homme !

 

5.8      Psaume 114

 

On trouve dans ce beau petit Psaume la même pensée sur la puissance de Dieu que dans le Psaume précédent. [114:8] De la pierre dure il a fait sortir des eaux. [114:7] Sa présence fait trembler cette terre qui l’avait oublié, mais sa puissance et sa grâce apportent à son peuple dans le désert, le rafraîchissement et la vie qu’elles font sortir de ce qui est aux yeux de l’homme sans espoir et tout à fait contraire. La dépendance et la confiance en Lui, tel est le paisible chemin de la foi.

 

5.9      Psaume 115

5.9.1       [Ps. 115 v. 1 — Gloire de Dieu liée à Son peuple, en amour et en vérité]

 

[115:1] Le premier principe que nous rencontrons ici, principe simple mais puissant, est exprimé par ces mots : «Non point à nous, ô Éternel ! non point à nous, mais à ton nom, donne gloire» ; c’est-à-dire que l’âme donne à la gloire du Seigneur le premier rang ; et c’est ce que Christ à réalisé en perfection. Mais le principe que l’on trouve ensuite, c’est la relation qui existe entre cette gloire et le peuple de Dieu. Le premier principe donne la pureté des motifs, le second le courage et l’espérance de la foi. Remarquez en outre une chose particulièrement précieuse : le nom de Dieu, c’est-à-dire la révélation de son caractère, est spécialement approprié aux bénédictions de son peuple. Il avait parlé pour donner la promesse, mais, pour leur part, ils ont manqué de se l’approprier dans le chemin de la justice. Toutefois Dieu a promis, et c’est ici que son nom est introduit en rapport avec son gouvernement en grâce : «À ton nom donne gloire, à cause de ta bonté», qui est une partie de son nom ; «à cause de ta vérité», en voici une autre. Or c’est en ceci que se montre sa gloire : s’il n’avait pas le premier de ces caractères, le second ne pourrait être maintenu. Un jugement juste aurait retranché les coupables, mais alors, où aurait été l’accomplissement de sa promesse ? Mais la miséricorde se glorifie vis-à-vis du jugement (Jacq. 2:13). Ce que Dieu est dans sa nature — il est amour [(1 Jean 4:8)] — se manifeste et se fait connaître dans ses voies de grâce envers les errants, et en miséricorde, en les conduisant sans doute à la repentance, mais afin qu’ils soient en mesure de jouir de leurs relations avec Dieu d’une manière qui convienne moralement à ces relations ; ensuite il accomplit sa promesse selon sa vérité. Mais la gloire divine est en premier rang et l’âme y compte.

 

5.9.2       [La bénédiction amène la connaissance de la gloire de Dieu]

 

Dieu s’était fait le Dieu de son peuple pour manifester ses voies. «Pourquoi les nations diraient-elles : Où donc est leur Dieu ?» (v. 2). C’est ce que mettaient autrefois en avant Moïse [(Ex. 32:11-13)] et Josué [(Jos. 7:9)] quand ils plaidaient avec Dieu. [115:4-8] De plus, cela est dit en contraste avec les idoles des païens. Lorsque c’est la gloire de Dieu qui est recherchée en premier lieu par la foi, la conséquence en est non seulement que le peuple est béni selon cette gloire, mais que le cœur des fidèles reçoit par là l’intelligence et la perception de cette gloire en elle-même. C’est une grande bénédiction. Ils se réjouissent sans doute du salut, mais ils se réjouissent en Dieu. Pour que leur salut soit complètement manifesté il faut que Dieu se montre en jugement. Il n’en est pas de même quand il s’agit de notre bénédiction, car il nous a donné des choses célestes, là où est sa propre demeure, se révélant à nous dans ce qu’il est en Lui-même, et non pas seulement dans ses voies. Car nous pouvons remarquer ici que cette terre est la sphère, et que cette vie présente l’énergie dans laquelle Dieu est connu et confessé. «Les morts ne louent pas Jah» ; [115:16] «il a donné la terre aux fils des hommes» ; tandis que nous nous réjouissons d’être morts et d’avoir, avec Christ, notre place en résurrection dans les lieux célestes. Nous ne pouvons assez insister là-dessus, quoique l’on trouve dans ces Psaumes de l’instruction quant aux voies de Dieu sur la terre. Dans les derniers Psaumes spécialement, c’est le gouvernement terrestre qui est en vue, parce que le jugement final est sur le point d’intervenir. Quelle bénédiction pour nous de posséder le ciel au lieu de cette perspective, et d’avoir notre Dieu, tel qu’il est, c’est-à-dire comme notre Père !

 

5.10  Psaume 116

5.10.1    [Grâce et fidélité de l’Éternel pour délivrer, et simplicité du fidèle]

 

Ce Psaume nous montre les supplications du fidèle exaucées, aussi y est-il peu question du gouvernement de Dieu. [116:8] L’âme est délivrée, après avoir été plongée dans les angoisses de la mort. Nous trouvons ici l’histoire du Résidu de la fin, histoire dans laquelle le Seigneur est entré en grâce d’une manière si merveilleuse, quoiqu’il ne soit pas le sujet de cette prophétie, comme on le voit d’après la citation qu’en fait l’Apôtre (v. 10 ; cf. 2 Cor. 4:13), citation applicable à tous ceux qui souffrent de la même manière. La délivrance a trait à ce monde-ci. Ce Psaume a pour pensée fondamentale la grâce et la fidélité de l’Éternel pour délivrer. Ce qui caractérise le fidèle, c’est la simplicité, qualité précieuse, mais, pour quelques-uns, difficile à réaliser. Elle est produite chez ceux qui s’en rapportent en simplicité de cœur aux pensées de Dieu et vivent en elles, puis s’attendent à Celui qui accomplit toujours ses propres pensées et qui se souvient de ceux qui se confient en Lui. L’opposé de cela, c’est l’activité des pensées de l’homme, auxquelles viennent se mêler sa volonté et ses projets. Ces derniers s’évanouissent et l’on est désappointé. L’esprit d’humilité ne pense pas tant ; il reçoit les pensées de Dieu, et ces pensées ont un caractère moral. Il demeure en elles ; il obéit, il s’attend à Dieu. Tel était Éliézer au chap. 24 de la Genèse.

 

5.10.2    [Dieu est la source de la joie et de la bénédiction, qui produit la reconnaissance]

 

La délivrance divine, survenant comme une faveur et comme une réponse au cri de l’âme, est pleine de douceur. Nous éprouvons la fidélité de Dieu à l’égard de notre état et de notre attente. [116:1] Aussi la bénédiction reçue, plutôt que de produire simplement la jouissance de la bénédiction, a-t-elle pour fruit la reconnaissance et ces mots : «J’ai aimé l’Éternel». Alors l’âme entre plus avant dans la jouissance de ce qu’elle possède. [116:5] Elle sent que le Seigneur a agi miséricordieusement. [116:7] Elle retourne en son repos, sa foi ayant été en activité auparavant. [116:10] Elle avait cru, elle avait parlé comme se confiant en Dieu, mais elle avait été fort affligée ; maintenant elle trouve le Dieu en qui elle s’est confiée, comme source de joie et de bénédiction, et non pas, remarquez-le, la bénédiction comme source de joie. Au temps de l’épreuve, l’âme se tournait vers Dieu et non vers la consolation ; c’est encore Lui qu’elle cherche maintenant, au temps de la joie. Le Seigneur Lui-même est devant l’âme, source pour elle de tout bien.

 

5.10.3    [Sentiment de l’entière faillite de l’homme, et nécessité de s’appuyer sur Dieu seul]

 

[116:11] Remarquez encore, dans ce Psaume, la conviction que tous les hommes ont entièrement failli. Le sens n’est pas proprement : «Je disais en ma précipitation» (v. 11), mais : «dans mon agitation», c’est-à-dire sous la pression de l’anxiété qui pousse l’homme à fuir en toute hâte. Cette agitation donnait la conscience que l’on ne pouvait nullement se fier à l’homme. Sans doute, ce n’était ni la simple foi, ni un jugement sain, mais il y a des moments où Dieu nous fait sentir que nous ne pouvons nous reposer sur l’homme et que Lui seul nous reste. Nous recevons souvent des consolations par les hommes. Paul dit : «Dieu qui console ceux qui sont abattus, m’a consolé par l’arrivée de Tite» [(2 Cor. 7:6)], mais nous ne devons pas nous fier à l’homme ; aussi y a-t-il des moments où nous devons nous écrier : «Tout homme est menteur», en nous en remettant entièrement au Seigneur. Je n’ai pas besoin de faire remarquer combien il en fut ainsi pour Christ ; et cependant il pouvait, en grâce, dire à ses disciples : «Vous êtes ceux qui avez persévéré avec moi dans mes tentations» [(Luc 22:28)]. Mais il y eut une heure où il dut dire et sentir ces paroles : «L’un d’entre vous [(Matt. 26:21)] me trahira», et : «Vous serez tous scandalisés en moi cette nuit» [(Matt. 26:31)], et : «Vous me laisserez seul» [(Jean 16:32)]. Ceci mettait en lumière sa perfection, et nous y apprenons à nous appuyer sur le Seigneur seul, sans que cette connaissance de l’homme diminue en rien chez nous la confiance et l’ouverture de cœur, mais enseignés que nous sommes à ne dépendre que de Dieu. Une joie sans obstacle viendra ensuite, mais maintenant, dans toutes nos difficultés, le Seigneur pense à nous [(40:17)].

 

5.11  Psaume 117

 

La conscience de la grâce et de la faveur divines élargit le cœur. Alors qu’il était sous la loi, le peuple d’Israël n’avait jamais pensé à inviter les nations à la louange ; [117:1] il le fait quand la grâce lui a apporté la bénédiction. [117:2] Le sentiment de ce que Dieu est pour nous, la jouissance reconnaissante des choses que nous possédons comme étant de Dieu, ouvrent, par la connaissance que nous avons de Lui, nos bouches et nos cœurs pour la louange. Cette jouissance nous engage à inviter d’autres encore à jouir de sa bonté. On trouve ici, dans la connaissance de l’amour, une assimilation à la nature divine et à sa prérogative ; seulement nous connaissons l’amour, lorsque nous apprenons comment il s’exerce envers nous-mêmes.

 

5.12  Psaume 118

 

Ici nous sommes de nouveau sur le terrain de la bénédiction finale ; aussi, quand il s’agit dans ce Psaume du gouvernement de Dieu au milieu de l’épreuve, il n’y est fait allusion qu’au passé. Nous assistons à la reconnaissance par Israël, des voies de Dieu, et de la personne de Christ, après que la bénédiction a été introduite ; [118:1] ils célèbrent cette grâce de l’Éternel qui a dépassé en durée toutes leurs voies, cette bonté qui demeure éternellement. Je ne fais que noter ici l’aspect sous lequel les circonstances de ce Psaume peuvent nous être appliquées en tout temps. [118:7] Dieu est pour son peuple, pour les siens ; [118:10] mais les hommes, peut-être tous les hommes, sont contre eux. Il n’y a qu’à se confier au Seigneur, et la victoire reste à la foi. Mais au milieu de circonstances où le gouvernement de Dieu est à l’œuvre pour corriger le mal, Satan cherche et trouve sa part. Combien cela fut vrai lorsqu’il conduisit tous les hommes contre Christ ! Ai-je besoin de dire combien cela se réalisera aux derniers jours de la puissance de l’Antichrist ! Mais, comme nous le montre le livre de Job, il en est de même dans les divers châtiments de Dieu. Le mal dans la conscience, ou même le mal inconscient dans le cœur, donne prise à Satan, souvent une prise terrible sur l’âme, même quand cette âme est intègre. On ne trouve du repos que dans le jugement de soi-même et dans la confession de ce qui a donné prise à l’ennemi. Ce dernier voudrait nous faire tomber ainsi, mais, comme dans le cas de Job, derrière tous ces châtiments la main de Dieu peut être vue. «Jah m’a sévèrement châtié, mais il ne m’a pas livré à la mort» (v. 18). Oui, car l’Éternel voulait bénir. Un seul a pu dire : «Le chef du monde vient, et il n’a rien en moi» (Jean 14:30) ; mais, pour ce qui nous concerne, tout est amour et bénédiction (comp. Deut. 8), pour que nous reconnaissions pleinement à la fin ce que Christ est dans les conseils de Dieu selon sa victoire et selon sa gloire. Il nous faut être ainsi exercés ; il faut que le sol soit labouré par la charrue et par la herse, mais ce travail a pour résultat : «C’est ici le jour que l’Éternel a fait» (v. 24). Sans doute il s’agit ici de la bénédiction finale de la terre lors de l’apparition de Christ, mais le même principe se réalise pour l’âme, chaque fois que par l’épreuve elle est amenée à être manifestée et purifiée devant Dieu. Les portes de la justice qui introduisent, pour ainsi dire, dans la joie de la communion sont ouvertes. Nous reconnaissons comme étant l’œuvre du Seigneur la grâce à laquelle nous n’avions aucun droit, et tout est lumière. Il est évident que ce Psaume ne s’applique directement qu’au Résidu, mais je cherche à relier cette grande manifestation du gouvernement de Dieu, aux détails dans lesquels ce gouvernement s’applique à nous.

 

5.13  Psaume 119

 

Ici nous trouvons exprimé l’effet de la foi écrite dans le cœur d’Israël, lorsque ce peuple, après avoir erré longtemps loin des sentiers de Dieu, affligera son âme sous les conséquences de sa faute. Ce Psaume est l’un de ceux qui prononcent la béatitude.

 

5.13.1    Versets 1-8

5.13.1.1   [Ps. 119 v. 1 — Le seul chemin sans souillure dans le monde est la voie de Dieu]

 

Nous allons examiner quelques-uns des éléments de cette œuvre dans le cœur. [119:1] La béatitude est prononcée sur ceux qui sont «intègres dans leur voie». Le monde est plein de souillure. Il n’y a qu’un seul chemin dans le monde (le nôtre est hors du monde, et nous sommes étrangers et pèlerins à la suite d’un Christ monté en haut), mais un seul qui puisse être sans souillure, et c’est la loi de Dieu. Il ne s’agit pas ici de ce qui est céleste, formé au-dedans de nous, des pensées fixées sur les choses qui sont en haut, d’une marche selon la puissance de l’Esprit ; sans doute des fruits sont produits par là, qu’aucune loi divine ne condamnera ; mais il s’agit d’un chemin entièrement formé par la volonté de Dieu, exprimée par Lui pour la marche de l’homme au milieu de ce monde. «Ils marchent dans la loi de l’Éternel» ; ils trouvent leur bonheur dans ce qui est droit, dans ce que le péché ni le monde n’ont souillé, et qui consiste à marcher dans la loi. C’est une règle parfaite, selon Dieu, pour un homme vivant dans ce monde. Mais le cœur va plus loin que cela ; il regarde à la source. Dieu a témoigné sa volonté ; il a montré qu’il voulait que l’homme y marchât et le cœur recherche cette volonté, non seulement parce qu’elle est sans souillure et parfaite, [119:2] mais parce que ce sont «ses témoignages».

 

5.13.1.2   [Ps. 119 v. 2-4 — Désir de Dieu Lui-même, et marche dans Ses voies]

 

À cela se rattache le désir qui a Dieu Lui-même pour objet. Ils «le cherchent de tout leur cœur» (v. 2). Tel est le caractère général des effets de la loi écrite dans le cœur. L’effet pratique est évident : [119:3] ils «ne font pas d’iniquité». Non seulement le cœur est mis en ordre, moraleme