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Méditations  de  J. N. Darby

 

 

 

1     Méditations de J. N. Darby    1  Pierre  1    La Joie du Ciel et l’Expérience du Désert

2     Méditations de J. N. Darby    1  Pierre  1

3     Méditations de J. N. Darby    1  Pierre  1:1-16

4     Méditations de J. N. Darby    1  Pierre  1:17-25 ;  2:1-10

5     Méditations de J. N. Darby    1  Pierre  2:1-12

6     Méditations de J. N. Darby    1  Pierre  2:1-12

7     Méditations de J. N. Darby    1  Pierre  2:1-15

8     Méditations de J. N. Darby    1  Pierre  4

 

 

 

1              Méditations de J. N. Darby    1  Pierre  1    La Joie du Ciel et l’Expérience du Désert

Genève, 20 octobre 1848    n°235 : ME 1927 p. 240

On peut considérer sous deux aspects la manière dont les enfants de Dieu sont empêchés de jouir de leurs privilèges en Christ. Être unis à Christ, cette vérité seule peut expliquer la grâce qui nous est faite, le bonheur et la gloire qui nous appartiennent et sont décrits dans l’épître aux Éphésiens. Mais l’apôtre Pierre n’envisage pas les enfants de Dieu comme unis à Christ : il les voit traversant le désert où les circonstances sont propres à empêcher la jouissance de la vie chrétienne et la réalisation de la position bénie et glorieuse qui nous appartient. Je suis frappé de la différence entre cette épître et celle aux Éphésiens. Pierre nous parle d’un «héritage incorruptible, sans souillure, inflétrissable, conservé dans les cieux pour nous», tandis que nous sommes encore ici-bas, et, dans l’épître aux Éphésiens Paul nous voit assis dans les lieux célestes en Christ, c’est-à-dire placés à la hauteur de nos privilèges. Pierre ne nous voit pas là : le ciel est bien notre espérance, mais nous n’y sommes pas. D’autre part, Paul dit : Je suis dans les lieux célestes, car si Christ, le chef, la tête y est, le corps y est aussi. Le chrétien peut s’exprimer ainsi ; il ne s’agit plus pour lui d’en sortir. Rien, dit-il, ne me séparera désormais de l’amour de Christ. Si je puis me considérer comme mort, je suis entré par la porte de la croix, laissant tous mes péchés de l’autre côté.

Mais le rachat introduit aussi le chrétien dans le désert, et Pierre, lui, nous présente le ciel comme une espérance ; le chrétien n’y est pas, mais il est en marche pour s’y rendre. C’est pourquoi il ne dit pas, comme Paul, que nous sommes ressuscités, mais que la résurrection est le fondement, le salut des âmes, la fin de notre foi. Christ, dit-il, a remporté la victoire sur la mort. Vous êtes désormais étrangers sur la terre, vous y êtes pèlerins. Il ne voit pas le chrétien assis (Éph. 2:6), mais en voyage pour atteindre le pays de la promesse. Cela aussi est très précieux. Ce n’est pas qu’il faille rien rabattre de notre position, ni en descendre, mais il nous faut considérer les circonstances que nous traversons comme nous rapprochant de Dieu au lieu de les prendre comme nous séparant de Lui.

Celui qui sent toutes les pierres du désert, doit sentir aussi la grâce de n’être plus en Égypte ; il en est sorti. Les difficultés, l’épreuve de la foi, sont tout autre chose que le retour aux distractions d’ici-bas qui produisent, en somme, le mécontentement et les murmures ; et quand il en est ainsi le chrétien ne peut pas dire qu’il jouit de n’être plus en Égypte ; il se plaint des difficultés du chemin, tandis que d’autres sont fortifiés en traversant l’épreuve de la foi dans leur marche à travers le désert.

Telle est la différence entre les épîtres de Pierre et l’épître aux Éphésiens à laquelle nous pouvons ajouter celle aux Colossiens. Aussi Paul leur dit : Vous connaissez les grands principes de la résurrection ; vous êtes morts avec Christ, ressuscités ensemble et vivifiés ensemble avec Lui. La conséquence est, non pas que vous, chrétiens, vous espérez le ciel, puisque vous y êtes, mais que vous espérez encore une chose, «l’héritage, de toutes choses» (Éph. 1:13-19).

Les Colossiens s’étaient un peu affaiblis, en ne demeurant pas attachés au Chef. Quand je ne puis me dire uni à la Tête, je ne puis parler d’être où elle est et je ne puis, par conséquent, dire que je suis au ciel. Le Chef reste toujours immuablement fidèle, mais il n’en est pas de même du Corps. C’est pourquoi Paul leur dit : «Cherchez les choses qui sont en haut, où le Christ est assis à la droite de Dieu» (Col. 3:1-2), et leur rappelle, que «leur vie est cachée avec le Christ en Dieu».

Les Éphésiens n’avaient pas besoin d’être ramenés ainsi ; l’apôtre leur communique leurs privilèges, mais il exhorte les Colossiens, parce qu’ils n’étaient pas restés attachés au Chef, et que le ciel était devenu pour eux une espérance. Les Éphésiens n’espéraient pas y être : ils y étaient. L’apôtre pouvait leur dire : «Restez à la hauteur de vos privilèges».

Mais il y a autre chose que la joie de la foi ; il faut que la vie de la foi se réalise et c’est la vérité que l’apôtre Pierre nous présente. Même pour Christ, c’était une toute autre chose d’être sur la montagne ou d’en être descendu pour rencontrer en bas la puissance de Satan. Christ était parfait toujours et partout, mais pour nous la vie de la foi est bien différente de la joie. J’oublie tout dans la joie, mais la vie de la foi consiste à maintenir les principes divins dans les difficultés et vis-à-vis du diable. Nous avons chanté ce cantique : «Jésus est seul ma lumière et ma vie». C’est une vérité très douce pour l’âme : «Jésus seul», mais combien de choses apportent des obstacles à cela et à ce que notre pèlerinage soit une vie de foi. Nous sommes gardés par la puissance de Dieu pour l’héritage, mais il nous faut marcher pour l’atteindre. Pendant que nous marchons il nous garde, mais il veut que nos coeurs restent journellement dans sa dépendance.

Le salut est fondé sur la résurrection de Christ ; l’objet de ma foi et de mes espérances est en dehors de ce monde. L’apôtre Pierre présente Jésus comme objet à ceux qui croient à l’oeuvre que Dieu a faite par Lui. Il l’a ressuscité ; il est le Dieu Sauveur. Il produit la foi et les résultats de la foi : Nous sommes gardés pour le salut. Cela ne signifie pas seulement que nous sommes sauvés, mais Il va être révélé. Il nous faut marcher pour l’atteindre, et, pour traverser le monde, les affections doivent être tellement concentrées sur Christ que la vue de ce monde perdu et gisant dans le mal, qui nous entoure, perd sa valeur pour nos coeurs à tel point qu’il devienne pour nous un désert.

Tout est ordonné par Lui, même l’épreuve. Dieu n’a pas voulu l’ôter, mais nous faire trouver dans le désert les ressources qui sont en Lui. Réjouissons-nous : le salut est prêt à être révélé. S’il se fait attendre, c’est grâce à la patience de Dieu, mais il est prêt à être manifesté. La Parole, me le dit ; je le sais ; je puis attendre !

Lorsque rien, quant à mes affections, ne se place entre Christ et moi, je partage sa gloire et j’attends d’être manifesté comme lui. Son apparition est tout pour moi ; tout est changé ; le monde lui-même a disparu comme désert de devant mes yeux.

Il n’y a jamais, comme nous l’avons dit, de la joie à traverser l’épreuve, mais Dieu veut par là nous détacher de ce monde afin que nous trouvions notre joie en Jésus. La conséquence est que toutes les ressources de Dieu se développent pour nous pendant le voyage du désert, et que si nous n’avions pas ce dernier, jamais nous n’aurions pu comprendre l’étendue de la grâce. Le désert fait ressortir mes besoins, mais fait ressortir en même temps toutes les ressources qui y répondent.

Vous dites peut-être que vous n’êtes pas à la hauteur de jouir de pareilles expériences. Peu importe, car vous trouverez, lorsque Jésus sera révélé, que l’épreuve de votre foi vous aura tourné à louange, à honneur et à gloire. C’est pourquoi il est dit : Attendez patiemment, afin qu’après avoir fait la volonté de Dieu, vous receviez l’effet de la promesse.

Pouvez-vous dire que dans les diverses circonstances de votre vie vous avez ressenti la joie de la foi ou la puissance de la foi ? Mais, au sujet de cette dernière, il est bon de vous demander aussi si ce que vous traversez est une épreuve ou une distraction. Plus je suis fidèle dans mon union avec la Tête, plus mon esprit est dégagé de toute vaine distraction et plus je comprends ce qu’est la vie du ciel. Alors aussi les épreuves ne sont pas la suite de mon égoïsme, mais celle de ma foi. Est-ce que les épreuves rencontrent chez vous la foi ? L’espérance d’être avec Jésus est-elle aussi vivante, la pensée de notre manifestation avec lui est-elle aussi puissante que par le passé ? Avez-vous les reins ceints pour l’attendre ?

Il nous est doux d’avoir, dans la vie de chaque jour, cette pensée : Je suis en route et j’ai en Christ toutes mes ressources. Tout ce que je rencontre ici-bas m’attache toujours plus à Lui. Il est à moi, et moi je suis à Lui : J’ai connu Celui qui est dès le commencement. Toute l’histoire de ma vie a un nom : «le dépouillement», afin que Christ soit tout pour moi. S’il en est ainsi, nos coeurs seront heureux dans l’épreuve, heureux d’une joie ineffable et glorieuse (1:8) ; ils seront tranquilles et se maintiendront dans la paix.

La conclusion est que nous avons tous une triste nature, mais quelle peine Dieu se donne pour ôter de nos coeurs tout ce qui ne convient pas à sa sainteté !

 

 

2              Méditations de J. N. Darby    1  Pierre  1

n°65 : ME 1894 p. 333

Le but de tout ce que Dieu nous envoie est de nous apprendre à mettre notre confiance en lui. La chute a donné à l’homme plus d’intelligence, mais elle l’a séparé de Dieu, et, détruisant sa confiance en Dieu, lui a donné une confiance orgueilleuse en lui-même.

Tout ce que Dieu fait a pour objet de rétablir notre confiance en lui et de détruire celle que nous avons en la chair.

Avant la chute, Satan avait promis à l’homme la connaissance du bien et du mal, mais il lui avait caché que cette connaissance était la ruine de l’âme et l’assujettissait au mal. Dès lors il était plus difficile de rendre l’homme heureux après, qu’avant la chute, et c’est en cela que Dieu montre sa gloire : 1° Il rétablit la confiance en lui, que l’homme avait perdue. 2° Il nous exerce de mille manières, pour que nous fassions l’expérience de ce qu’il est à notre égard.

La confiance implique la vie divine. Le coeur naturel s’imagine que, si nous sommes autant que possible pour Dieu, lui sèra pour nous. La première chose que Dieu fait, c’est de détruire cette pensée. Il met l’homme entièrement de côté. Il faut que tout dépende de sa volonté à lui : nous vivons de sa vie ; par sa volonté nous le servons. C’est une grande difficulté pour l’homme d’accepter que Dieu soit tout ; il faut une longue expérience du coeur avant de pouvoir nous mettre complètement de côté. C’est l’oeuvre que le Saint-Esprit commence et achève en nous.

L’homme naturel cherche à plaire à Dieu pour en être aimé, faisant dépendre la bonté de Dieu de la bonté de l’homme. Dieu détruit cette pensée par les expériences qu’il nous fait faire, afin que nous ne cherchions à faire valoir devant Dieu quoi que ce soit qui soit en nous. Quand l’âme en est arrivée là, elle peut comprendre que Dieu l’a aimée le premier ; elle se trouve devant la pleine évidence de l’amour de Dieu.

C’est ce que montre le v. 2 de notre chapitre : Nous sommes «élus, selon la préconnaissance de Dieu le Père, en sainteté de l’Esprit, pour l’obéissance et l’aspersion du sang de Jésus-Christ». C’est la sanctification selon la Parole : Nous sommes mis à part par l’Esprit sanctifiant, pour obéir de l’obéissance même de Christ. Le Saint-Esprit nous met à part, nous vivifie, nous place sous l’aspersion du sang de Christ, en sorte que nous soyons purs devant Dieu, et nous voilà capables d’obéir comme lui a obéi.

Nous sommes aussi mis à part pour un héritage (v. 4). Quelle est la puissance qui nous le donne ? Dans la personne de Christ, la vie de Dieu est entrée dans la mort, pour envahir le domaine de Satan. La résurrection a fait éclater la victoire de cette puissance de vie sur la puissance de l’Ennemi. Nous avons part maintenant, quant à nos âmes, à cette résurrection d’entre les morts. La vie de Christ qui est entrée pour nous au plus profond des conséquences du péché, nous met en possession de l’héritage, conservé, non par les hommes, mais dans les cieux pour nous, qui sommes gardés par la puissance de Dieu. L’héritage est gardé dans les cieux, d’où Satan ne peut l’ôter, ni le détruire ; les héritiers sont gardés sur la terre par la puissance de Dieu. Dieu garde l’héritage que nous n’avons pas encore et nous garde pour l’héritage.

Cette puissance de Dieu nous garde par la foi, par la confiance en Dieu, pour le salut. Ce salut ne sera pleinement révélé qu’au dernier temps. La vie de Christ est encore obscurcie en nous par les effets du péché.

«En quoi vous vous réjouissez». Si nous pouvions faire abstraction de tout et ne penser qu’à ce que Christ nous assure, il n’y aurait en nous que de la joie. Mais il y a encore une grande étendue de terrain à défricher dans le coeur. Il faut que Dieu le laboure, le travaille, pour éprouver notre confiance en lui (v. 6, 7). L’épreuve, l’affliction et la tentation sont pour un peu de temps, vu que cela est nécessaire.

Ces tentations sont de diverses espèces, et ce n’est pas la moindre que de voir le mal dominer. Paul connaissait d’avance le mal qui désolerait l’Église ; il était obligé de n’avoir confiance pour elle qu’en Dieu et de sentir qu’il n’était lui, Paul, que néant, qu’il n’était point la force de l’Église et que toutes les ressources de celle-ci étaient en Christ.

C’est dans l’épreuve que je fais l’expérience de Dieu, de sa patience, de son amour, de son support, de sa fidélité. L’épreuve fond aussi mon coeur et me le fait connaître, tout en me faisant connaître l’amour et le coeur de Dieu.

Nous sommes si occupés de nous-mêmes, que nous ne voyons pas comment, à tout moment, Dieu s’occupe de nos coeurs. Job n’était pas capable de comprendre que son affliction était une affaire qui se passait entre Dieu et Satan dans les lieux célestes. Quand on voit cela, on comprend le but de l’épreuve et sa fin.

Deux choses sont nécessaires pour profiter de l’épreuve : 1° Une confiance entière dans l’amour de Dieu. Il faut s’appuyer sur lui en aveugle. 2° Une soumission entière à la main de Dieu.

Dieu élève ses enfants pour être les compagnons de Jésus dans la gloire. Nous pouvons nous soumettre dans la certitude que Dieu nous aime. C’est l’épreuve de la foi, qui nous tournera à honneur et à gloire, quand Christ paraîtra. Abstraction faite de l’épreuve, le chrétien n’a en Christ qu’une joie pure, mais il faut que la foi soit éprouvée et prouvée par l’épreuve. Le coeur de l’homme est la scène où se passe le combat de Dieu contre le mal. Les anges le contemplent. Dieu se fait notre serviteur pour notre bonheur.

 

 

3              Méditations de J. N. Darby    1  Pierre  1:1-16

n°126 : ME 1900 p. 392

Ce qui importe pour la sainteté de notre conduite et pour la paix habituelle de nos âmes, c’est que nos pensées soient à l’unisson avec celles de Dieu. Impossible qu’il nous manque quelque chose quand rien ne manque à nos affections spirituelles. Jésus est descendu ici-bas pour communiquer à nos âmes la joie du Père et nous révéler cette bonté dont il jouissait lui-même dans Sa maison. Même prophétiquement il nous est toujours présenté ainsi (Prov. 8). Il avait vu la gloire et connaissait dans son coeur la joie et l’amour du Père. Il rendait témoignage de ce qu’il avait vu et parlait de ce qu’il connaissait, mais personne ne recevait son témoignage (Jean 3:11).

Jésus est venu nous retirer des liens de ce monde, nous introduire dans la joie qu’il avait avant la fondation du monde et nous faire entrer dans la gloire qu’il possédait. Le chrétien n’est heureux, joyeux, sanctifié, que lorsque ses affections s’épanouissent et se développent là où le Seigneur Jésus l’a introduit. Il lui faut la gloire et la communion intime avec le Père, deux choses que le Saint-Esprit lui présente.

Quand nos affections nous égarent loin de la place où Jésus nous a introduits, Lui qui est monté vers son Dieu et notre Dieu, vers son Père et notre Père, et nous a placés là comme ses frères — le Saint-Esprit devient un Esprit de répréhension et de tristesse.

Nous voyons au commencement de ce chapitre la manière dont nous jouissons de ces choses. Vient ensuite la distinction entre la crainte qui convient à un chrétien et l’assurance du salut.

Pierre était l’apôtre de la circoncision et s’adresse à ceux qui étaient dispersés. Il les dit élus selon la préconnaissance de Dieu le Père, non comme nation, mais en sainteté de l’Esprit. Ici, la sanctification de l’Esprit est présentée avant l’aspersion du sang de Jésus-Christ. L’âme étant trouvée et visitée par le Saint-Esprit quand elle est encore dehors, celui-ci la prend dans la carrière du monde, l’en sépare, la sanctifie pour qu’elle obéisse à Jésus-Christ et qu’elle soit placée sous toute l’influence et sous l’effet de l’aspersion de son sang. Pierre place les chrétiens en dehors de ce monde par la résurrection. Leur espérance suit le Seigneur Jésus. Christ étant ressuscité, le chrétien est introduit avec Lui dans sa résurrection, placé en Lui et a sa part avec Lui.

Nous avons été régénérés pour cette espérance vivante. Comme Jésus, nous avons laissé les morts. Le chrétien est encore dans le monde, mais, selon cette nouvelle nature qu’il a reçue, il ne peut se contenter que des choses célestes, de l’héritage avec Christ, héritage qui est réservé dans les cieux et auquel Satan ne peut toucher. Il est gardé pour nous qui sommes gardés sur la terre. La puissance de Dieu nous garde, par la foi, parce que nous ne sommes pas encore en possession des choses promises. Quelle joie et quelle paix pour mon âme ! Mon héritage est gardé dans les cieux, et moi, pauvre, faible et assailli par Satan, je suis gardé sur la terre pour le salut qui va être révélé. Dieu se porte garant de notre héritage et garant de nos âmes sur la terre.

Dans l’intervalle il y a l’épreuve de la foi qui doit être éclairée, purifiée, développée. Quand nous sommes jeunes dans la foi, elle est mêlée de choses qui ne sont pas pures et Dieu a soin de l’épurer. Il lie à tout ce que Jésus est la fin de notre foi, le salut des âmes, un salut spirituel, en contraste avec les délivrances temporelles d’Israël. Lorsque nous sommes remplis du Saint-Esprit, nos affections trouvent tout ce qu’elles désirent, notre coeur est satisfait ; c’est la vraie paix de l’âme. Si vous n’avez pas le repos, c’est que vous n’êtes pas occupés du Seigneur, selon la connaissance que nous en donne le Saint-Esprit. Par l’épreuve de la foi, on reçoit la fin de la foi. Celui qui a Jésus, qui l’a connu, a tout vu, tout connu ; nous ne verrons rien de nouveau quand nous le verrons face à face en résurrection.

Voyons maintenant quelle crainte il convient à un chrétien d’avoir. Ce n’est pas la crainte de ne pas être un enfant de Dieu, car l’apôtre dit : «Si vous invoquez comme Père...», mais c’est la crainte durant le séjour temporel. C’est un coeur rempli de Christ qui traverse un pays ennemi et craint de tomber dans quelque piège pendant le voyage. Le mondain ne craint pas Satan et ses convoitises le précipitent dans sa gueule, mais par contre il redoute Dieu. Le chrétien ne craint plus Dieu, mais il craint de se fourvoyer. Si nous invoquons le Père saint auquel Jésus nous a confiés, le Père ne peut pas permettre chez ses enfants ce qui est contraire à la sainteté, et il les reprend par des avertissements ou par des châtiments. Étant gardés pour l’héritage et introduits dans la maison du Père, ne faites rien pour attirer sur vous ses châtiments et pour troubler votre communion avec Lui. Mais, en tout cas, vous n’auriez pas de châtiments de sa part si vous n’étiez pas rachetés. Nous avons à régler nos pas et notre vie pour que nos affections soient au large et que nous puissions jouir de l’amour du Père, au lieu d’être châtiés par son amour. Étant un avec Jésus, étant en Lui et avec Lui, nous jouissons avec Lui de la communion du Père. Cela doit être pour nous la règle du mal et du bien ; ce qui nuit à notre communion et attire les châtiments du Père, voilà ce que nous devons éviter et fuir.

Cherchez-vous réellement la jouissance de cette position comme enfants de Dieu et avec le Seigneur ? Dès que nous admettons quelque chose qui ne soit pas selon la sainteté de nos relations avec Lui, le Saint-Esprit devient en nous un Esprit de répréhension et de tristesse.

Que Dieu nous rende fidèles et nous donne cette crainte durant notre séjour temporel. Dieu ne peut supporter ce qui nous empêche de jouir de la communion de son amour.

 

4              Méditations de J. N. Darby    1  Pierre  1:17-25 ;  2:1-10

n°127 : ME 1900 p. 396

Nous avons parlé l’autre jour du caractère de la crainte (v. 17), lorsque nous sommes placés comme enfants en présence de Dieu, crainte qui nous met en garde contre les souillures du monde. Ce qui nous fait craindre la souillure, c’est aussi le prix auquel nous avons été rachetés, c’est-à-dire le précieux sang de Christ (v. 18). L’apôtre dit : «Sachant que vous avez été rachetés», car tous les enfants de Dieu, dans tous les temps, peuvent avoir la pleine certitude du rachat de leurs péchés.

(v. 21). — La foi que j’ai en Dieu est par Jésus. La seule chose que, par Jésus, je puisse croire de Dieu, c’est qu’il m’aime parfaitement. Le Dieu que je connais a agi en puissance et entièrement en ma faveur en donnant et ressuscitant Jésus. Je ne connais pas Dieu par la loi qui prononce la malédiction sur quiconque ne fait pas les choses qu’elle commande ; je connais Dieu par Jésus, et c’est là que je trouve la certitude et la source de toutes mes espérances.

(v. 22). — Le résultat de cette connaissance de Dieu est l’amour fraternel. Nous nous connaissons mutuellement en Christ, comme nous connaissons Dieu par Christ, mais nous avons à nous purifier, car si le coeur ne l’est pas, l’amour fraternel sera toujours affaibli. Le péché est toujours égoïste ; je ne puis chercher quelque satisfaction charnelle dans le péché pour un autre que moi.

(2:4). — La sanctification a deux caractères. Nous sommes une sainte sacrificature. Étant en relation heureuse avec Dieu et vivant dans l’amour les uns avec les autres, qu’avons-nous à faire, si ce n’est à offrir des sacrifices spirituels, chose «agréable à Dieu», dont il jouit et en laquelle il prend plaisir. N’est-il pas bien précieux pour nos âmes que nous puissions faire des choses agréables à Dieu ? C’est à Lui que monte tout le culte de nos coeurs, car nous sommes une maison spirituelle dans laquelle Dieu demeure par son Esprit.

Nous sommes en outre une sacrificature royale. Dieu nous a placés dans la même position que Christ, et, avec la vie de son Fils, nous a communiqué tout ce qui Lui appartient. Jésus, dans sa gloire la plus élevée, est sacrificateur sur son trône ; nous sommes associés à cette sacrificature. La gloire de Dieu sera pleinement manifestée en Christ et c’est là aussi qu’il nous place.

Ayant toute la gloire de Christ comme notre part, nous avons à annoncer toutes ses vertus. Sachant qu’il nous a rachetés, ayant nos coeurs purifiés, nous aimant les uns les autres, notre plus grande joie est d’offrir des sacrifices spirituels et de rendre témoignage à Christ dans ce monde.

Pouvons-nous dire que nous annonçons les vertus de Celui qui nous a appelés ? Avons-nous tellement apprécié les vertus de Christ que nous les annoncions dans le monde ? Certes, si nous sommes en communion avec Lui, de l’abondance de notre coeur notre bouche parlera.

 

 

5              Méditations de J. N. Darby    1  Pierre  2:1-12

n°130 : ME 1901 p. 76

Remarquez la manière dont l’Esprit de Dieu, après nous avoir montré l’homme comme ayant rejeté toutes les voies de Dieu à son égard, l’établit tout de nouveau sur un fondement posé par Dieu lui-même. Il faut que l’homme comprenne qu’il est sans ressource et que les voies de Dieu ne font que manifester sa corruption. Lorsque Christ est présenté à l’homme naturel, il le rejette toujours. Le coeur est une fontaine corrompue gâtant tout ce qui y passe, d’autant plus que ce qui y passe est meilleur. C’est ainsi que l’homme a gâté toutes les voies de Dieu.

Dès que l’Esprit suppose l’existence du bien, il voit l’homme comme un «enfant nouveau-né» et c’est comme tels que nous pouvons jouir tous les jours de la parole de Dieu. C’est notre appétit actuel qui nous fait jouir de la nourriture et non pas l’appétit d’hier. Ce que nous recevons devient une partie de nous-mêmes et ne demeure pas un objet de connaissance. «La connaissance enfle, mais l’amour édifie».

L’homme dépouillé des choses anciennes et nouvellement né est là pour «goûter que le Seigneur est bon». Ce qui l’anéantit est la conviction que tout en lui est absolument mauvais, si mauvais, qu’il a rejeté Jésus quand Dieu le lui présentait. L’homme n’a pas voulu de cette pierre précieuse, choisie de Dieu, et l’a rejetée ; oui, ce que Dieu avait élu et estimé, nous l’avons rejeté ! Si vous croyez encore qu’il y a, par nature, un bon désir dans votre coeur, vous n’avez pas compris la grâce. Quelle est la misère, la plaie cuisante de ceux qui, sans cette connaissance, désirent plaire au Seigneur ? C’est de voir qu’ils sont mauvais. Cela les trouble, parce qu’ils ne sont pas anéantis devant Dieu et que le principe de l’orgueil leur reste.

Certaines âmes qui ont reçu le Seigneur Jésus avec joie sont ensuite quelquefois troublées, parce que leur conviction du péché n’avait pas été profonde et que leur bonne opinion d’elles-mêmes est détruite, quand elles se voient plus méchantes qu’elles n’avaient pensé.

(v. 7). — Voilà comment on distingue ceux qui croient : c’est pour eux que Christ est précieux. Il peut paraître aimable au coeur naturel, mais il n’est précieux qu’à des pécheurs perdus, n’ayant rien que du mal dans leur coeur. La joie est fondée, quand on se connaît ainsi soi-même et que l’on comprend que Christ est le salut d’une âme où se trouvent toute sorte de mauvaises choses.

(v. 9). — L’Esprit présente ici comme une chose accomplie et comme la position même du chrétien ce qui avait été présenté à Israël sous condition d’observer la loi (Ex. 19:5-6). C’est une chose précieuse de trouver cela accompli en Christ et par la foi en Lui, tandis qu’en parlant au coeur naturel, Dieu dit : «Si vous écoutez attentivement ma voix et si vous gardez mon alliance... vous me serez un royaume de sacrificateurs et une nation sainte». Dieu avait déjà «amené à lui» et délivré Israël. Après les avoir fait jouir de cette délivrance, il dit : «Si vous gardez» et les place devant la loi. Avant Sinaï, tout était grâce, pure grâce. Israël murmure, Dieu lui donne de l’eau ; il murmure encore, Dieu lui envoie les cailles et la manne ; Amalec vient faire la guerre à Israël, l’assistance de Dieu, en grâce, se déploie par l’intercession de Moïse. Dieu les mène par sa grâce jusqu’à Sinaï. Alors il les place sous la condition d’obéissance, et c’est la ruine d’Israël.

En 1 Pier. 2, nous voyons le contraire. Israël avait violé la loi, tué les prophètes, rejeté Jésus, et Dieu leur dit : «Vous êtes la race élue, la nation sainte», et non pas : Vous serez, si vous obéissez. C’est que le mal était manifesté, était arrivé à son comble par la réjection du Fils. Dès lors, Dieu ne pouvait agir qu’en jugement ou en pure grâce. Il a agi en grâce, quand le mal a été complètement manifesté. Dieu dit : Vous êtes absolument méchants ; vous avez rejeté la pierre vivante, mais, par grâce, vous êtes la race élue, la sacrificature royale, pour annoncer les vertus de Celui qui vous a appelés des ténèbres à sa merveilleuse lumière.

Ce que Dieu a manifesté comme étant la vérité, doit maintenant se manifester dans nos coeurs par la puissance du Saint-Esprit. Nous devons avoir la connaissance claire et distincte que Dieu fait grâce à l’homme, lorsque toute sa méchanceté a été manifestée. Il nous faut compter sur les difficultés du chemin, sur tout le mal qui est en nous, mais compter aussi sur la grâce qui s’applique à ce mal. On pourrait dire : Dieu nous a délivrés et si nous observons les commandements, nous serons la nation sainte. C’est une méprise, car ce serait commencer par la grâce et finir par la loi. Ayant compris qu’il n’existe pas de bien en nous, nous devons aussi comprendre que la grâce de Dieu a agi selon la connaissance exacte qu’elle avait de ce mal. Si je devenais la nation sainte par mon obéissance, toute la gloire en serait à moi et toute l’efficace en serait de moi. La chose n’arrive jamais, car cela exalterait l’homme et non pas Dieu.

Si l’obéissance donne la jouissance des promesses, j’annonce la bonté et la puissance de l’homme et non pas les vertus de Celui qui m’a appelé. Mais si, après avoir péché et rejeté la pierre vivante, je reçois comme une grâce d’être la nation sainte, j’annonce la grâce de Dieu, et il est glorifié par ce qu’il a produit dans des êtres entièrement privés de toute force. Israël avait perdu tout droit à être le peuple de Dieu (v. 10) ; il avait tellement péché que Dieu n’avait plus voulu de lui, ni l’appeler son peuple. C’est là que la grâce nous place. Vous aviez perdu tout droit à être le peuple de Dieu, vous aviez violé la loi, rejeté le Fils, et Dieu, agissant en grâce, vous a sauvés par le fait même que vous l’aviez rejeté. C’est une grâce qui s’applique à nous quand le mal a été complètement manifesté. Vous n’étiez point son peuple, vous êtes son peuple ; vous n’aviez point obtenu miséricorde, vous avez obtenu miséricorde.

Dieu a fait l’expérience de votre coeur ; il vous connaît ; il sait que vous ne valez rien. Il faut que, là-dessus, vous soyez d’accord avec Dieu. Il a fait l’expérience de votre coeur : il a donné la loi, vous l’avez violée ; il a donné les prophètes, vous les avez tués ; son Fils, vous l’avez rejeté et mis à mort. Laissez un enfant à lui-même ; il suivra ses instincts et ne fera que du mal. Dieu, après cette épreuve, vous fait grâce.

Si vous faites l’expérience de vos propres coeurs, n’en soyez pas étonnés, mais soyez-en humiliés et comprenez que la grâce de Dieu s’applique à cela même. Si vous faites cette expérience avec la chair et avec Satan, vous serez profondément troublés ; si vous la faites avec l’Esprit de Dieu, vous serez conduits humiliés à Jésus.

C’est là notre heureuse part de pouvoir annoncer les vertus de Jésus, qui nous a appelés de notre ruine et de nos ténèbres à sa merveilleuse lumière !

 

 

6              Méditations de J. N. Darby    1  Pierre  2:1-12

n°133 : ME 1901 p. 293

Ce chapitre a été dernièrement l’objet de mes méditations, et je désire vous faire remarquer plus particulièrement le v. 9. Nous en avons parlé, il y a quelques jours, en le comparant à Ex. 19:5-6, où l’on trouve les mêmes paroles : «Vous me serez un royaume de sacrificateurs et une nation sainte», mais présentées aux Israélites sous condition d’obéissance. Israël ayant manqué en tout point, Dieu dit maintenant en grâce aux croyants pris d’entre le peuple : «Vous êtes une sacrificature royale, une nation sainte» (v. 9). Je désire vous faire considérer les privilèges que la grâce nous a acquis. Nous sommes une sacrificature sainte et une sacrificature royale, la sacrificature d’Aaron et celle de Melchisédec. Les enfants de Dieu nous sont présentés sous ces deux caractères. Aaron, appelé à offrir des sacrifices, sa sacrificature était sainte, entièrement séparée du peuple. Aaron est le type de Christ et ses fils de l’Église. Ils offraient de l’encens sur l’autel d’or, en présence de Dieu, dans le lieu saint où tous les sacrificateurs pouvaient entrer, tandis que le souverain sacrificateur seul entrait dans le lieu très-saint une fois l’an (Héb. 9:1-15). Un voile séparait le lieu saint du lieu très-saint. Le voile était le signe d’une chose qui n’existe plus, savoir que même le fidèle, sous la loi, ne pouvait entrer dans la présence de Dieu, sans conscience de péché. Jésus, par sa mort, a déchiré le voile et le fidèle peut s’approcher de Dieu, par le chemin nouveau et vivant qu’il nous a inauguré. Maintenant Jésus est entré dans le lieu très-saint, dans les cieux, avec son propre sang, et ceux qui viennent en son nom peuvent y entrer aussi par l’efficacité de son sang, sachant que par Lui, Dieu lui-même a effacé tous nos péchés.

Le souverain sacrificateur n’entrait pas dans le lieu très-saint pour n’y rien faire. Il en est de même pour nous : si nos péchés sont effacés par le précieux sang de Christ (et Dieu nous l’a fait savoir), c’est afin que nous entrions dans le lieu très-saint pour Lui rendre culte. Ce culte est rendu à Dieu en esprit et en vérité, sans aucune conscience de péché. Un chrétien qui ne le rend pas, sera nécessairement misérable.

Nous sommes sacrificateurs. Jésus lui-même a été consacré comme souverain sacrificateur. C’est en cette qualité que Celui qui a été déclaré Fils de Dieu en puissance par la résurrection, a été reçu comme homme dans le lieu très-saint. Nés du Saint-Esprit, tous nos péchés ayant été effacés, nous sommes aussi constitués sacrificateurs pour notre Dieu. Là où le travail du pécheur finit, le service du saint commence, un sacrifice de louanges. Voilà donc ce que nous sommes selon le type d’Aaron.

Il y avait un autre ordre de sacrificature, celle de Melchisédec que Jésus accomplira aussi, selon la puissance d’une vie impérissable. Comme Melchisédec, il est et sera sacrificateur et roi, «sacrificateur sur son trône» (Zach. 6:13). Mais il est dit que celui qui vaincra sera assis avec Lui sur son trône (Apoc. 3:21), et, quand il sera manifesté en gloire, nous le serons avec Lui. C’est donc une sacrificature royale. Jésus sera manifesté comme roi de gloire, roi de justice et roi de paix, et quand il manifestera cette gloire au monde, nous paraîtrons aussi avec Lui dans la même gloire. «La gloire que tu m’as donnée, je la leur ai donnée». Plus Dieu donne, plus il est glorifié. Il nous glorifie en nous donnant la gloire, et il est glorifié comme en étant la source. Si je disais que par mes oeuvres j’aurai part à la gloire de Christ, ce serait un orgueil inconcevable et Dieu ne serait pas glorifié, mais, par l’oeuvre de Jésus, notre gloire est devenue nécessaire à la sienne. Il faut que nous soyons glorifiés, pour que le monde connaisse que Dieu nous a aimés comme il a aimé Jésus. Il y aura occasion de louanges à Dieu, en manifestant la gloire de Christ dans ses saints. C’est là la sacrificature royale selon le type de Melchisédec.

Nous ne serons là-haut en possession d’aucun privilège qui ne soit déjà, quoiqu’en faiblesse, notre possession ici-bas. La gloire ne peut être accomplie dans la chair mortelle, mais le chrétien est héritier de tout, quoiqu’il soit encore dans les haillons de ce corps, et il est autant possesseur de tout que lorsqu’il sera dans la gloire. Nous possédons déjà le titre que nous aurons dans le ciel. Ce que les saints disent autour du trône (Apoc. 5:9-10), ils le disent sur la terre (Apoc. 1:6).

Quant au droit qu’a l’enfant de Dieu d’être dans le ciel, nous l’avons déjà. Christ est mort et a vaincu Satan. Il a tout accompli, et si tout ne l’était pas il ne l’accomplirait jamais, car Jésus ne peut mourir une seconde fois. Par le Saint-Esprit, nous avons la connaissance, les arrhes et le sceau de cette position.

Ce qui nous appartient ici-bas, c’est d’abord, d’entrer dans le lieu saint, ensuite de manifester la gloire de Jésus, et c’est là notre sacrificature royale actuelle. Nous avons ces deux privilèges et ces deux responsabilités. Si j’adopte un enfant, il est responsable comme enfant ; c’est une responsabilité de grâce et non légale. Notre premier privilège est de nous approcher de Dieu, et notre responsabilité est d’être fidèle à nous en approcher. Notre second privilège, c’est d’être une sacrificature royale, et notre responsabilité est d’annoncer les vertus de Celui qui nous a appelés des ténèbres à sa merveilleuse lumière. Nous sommes placés dans le monde pour cela. Nous n’avons pas encore la rédemption du corps, et le corps est un obstacle pour la communion avec Dieu et pour la manifestation de la gloire. Mais le Saint-Esprit est plus puissant que le corps. Paul, au troisième ciel, ne sait pas s’il est dans le corps ou hors du corps ; mais quand il rentre dans son état ordinaire, la chair n’est nullement changée, et Dieu lui donne une écharde dans la chair, quelque chose qui la mate et détruit sa volonté. Étienne voit le ciel ouvert ; la gloire lui est révélée ici-bas, mais le corps est lapidé. Nous avons ce trésor dans des vases de terre, afin que l’excellence de la puissance soit de Dieu et non pas de nous (2 Cor. 4). Si nous ne sentions pas que le vase est de terre, nous ne sentirions pas non plus que la puissance est de Dieu. Elle vient à notre secours en temps utile. Paul sentait par la faiblesse et en mourant chaque jour, ce qu’était son corps, mais il sentait aussi la foi-ce de Dieu. Les contrariétés, les persécutions, sont les moyens par lesquels Dieu mortifie la chair, afin que la vie de Jésus soit manifestée dans notre corps. Tous les chrétiens ne sont pas au même point que Paul à cet égard, mais le principe est le même pour tous. Nous sommes dans ce monde comme une sainte sacrificature et une sacrificature royale, mais nous avons le trésor dans des vases de terre. Quand le corps sera ressuscité, le vase, autrefois de terre, deviendra, pour ainsi dire, transparent, et la gloire sera pleinement manifestée en lui. Que Dieu nous fasse sentir cela ! Jésus a pris sur Lui tout ce que nous étions et avions mérité : péché, colère de Dieu, puissance de Satan, et il nous a donné tout ce qu’il a : vie, victoire sur Satan, gloire. Telle est la position qu’il nous a faite.

C’est notre privilège de manifester, dans des vases de terre, la gloire de Jésus. Est-ce aussi notre désir ? Ne vous découragez pas, si votre chair est froissée ; cela ne touche en rien la vie de Jésus en nous. Cela n’atteint que le vase et, s’il est fêlé et lézardé, la lumière en sortira plus brillante.

 

 

7              Méditations de J. N. Darby    1  Pierre  2:1-15

n°73 : ME 1895 p. 13

La pensée de Dieu en nous appelant à être des sacrificateurs pour lui, est exprimée aux v. 5 et 9 de notre chapitre. Quel contraste avec les pensées de l’homme et avec tout ce qu’il recherche ! «Toute la gloire de la chair est comme la fleur de l’herbe !» (1:24).

L’apôtre écrivait à des Juifs convertis qui avaient gardé quelque chose des idées de leur peuple sur la sacrificature. Le Saint-Esprit les place dans la position de petits enfants (v. 2). Si nous avons goûté que le Seigneur est bon, notre coeur désire le pur lait intellectuel de la Parole, comme un enfant nouveau-né qui n’a qu’un instinct, de se rassasier du lait maternel. Plus nous sommes petits à nos propres yeux, plus nous nous trouvons près de Christ, comme l’enfant nouveau-né près de sa mère. Le jugement d’un enfant est souvent beaucoup plus droit que celui d’un homme fait. Si la grâce est puissante en nous, nous verrons en Christ plus que ce dont nos âmes ont besoin, et nous nous trouverons toujours en sa présence comme ayant goûté que le Seigneur est bon.

Sous le judaïsme, il n’y avait point de différence entre les sacrificateurs, tandis qu’il y avait différentes fonctions parmi les lévites. Il en est de même aujourd’hui : les chrétiens sont tous également sacrificateurs et de la même manière, et ils ont la même fonction. L’idée d’un sacerdoce particulier parmi les chrétiens est entièrement étrangère à la parole de Dieu : par contre, il y a «diversité de dons». Si quelqu’un a un don, sa position correspond à celle du lévite ; il est serviteur de Christ et de l’Église ; car les lévites étaient les serviteurs des sacrificateurs, de ceux dont la fonction était de s’approcher de Dieu.

Au milieu de ce monde méchant, Dieu nous a donné le privilège immense d’être ses sacrificateurs, une «sainte sacrificature» et une «sacrificature royale». Comme tels, nous avons d’une part à offrir des sacrifices spirituels, de l’autre, à annoncer les vertus de Celui qui nous a appelés des ténèbres à sa merveilleuse lumière.

Il n’y a que les chrétiens qui puissent offrir des sacrifices spirituels. Parmi les Juifs, la famille d’Aaron seule pouvait offrir des sacrifices. Le roi lui-même n’en pouvait offrir, sans être frappé de lèpre comme Ozias (2 Chr. 26). Il n’y a que les chrétiens qui puissent, ayant reçu grâce sur grâce, annoncer les vertus de Celui qui les a acquis et les a appelés des ténèbres à sa merveilleuse lumière. Les ténèbres ne peuvent annoncer la lumière ; l’homme naturel ne peut annoncer les vertus de Christ.

Si l’Esprit de Christ agit en nous, nous sentons que le Seigneur est bon, nous nous approchons de lui, nous nous proposons d’offrir des sacrifices spirituels. La foi nous attache directement à l’objet de la foi, à Christ et à sa bonté. Plus la foi est en activité en nous, plus il nous sera précieux de le servir. La seconde chose pour laquelle nous vivrons, sera pour annoncer les vertus de Christ. Nous sommes un peuple acquis. Si nous étions à nous-mêmes, nous serions du monde qui a craché au visage du Seigneur et l’a crucifié. Mais nous sommes le peuple acquis, racheté du monde, n’ayant d’autre objet que d’annoncer les vertus de Celui qui nous a acquis. Par rapport au monde, nous sommes des paresseux, ne nous proposant pas de vivre selon son train, ni de nous enrichir. Si les habitants de Lausanne avaient crucifié hier le Seigneur Jésus, il nous serait impossible d’avoir une action commune avec eux, car nous ne voudrions pas être solidaires de ce qu’ils ont fait. Les siècles qui se sont écoulés depuis la croix, n’ont rien changé à l’esprit du monde, ni à l’Esprit de Christ. Nous ne devons pas marcher avec le monde, mais agir en grâce envers lui, selon l’Esprit de Christ.

Autrefois, nous n’étions point un peuple, maintenant nous sommes le peuple de Dieu. La foi dit nous ; elle ne se borne pas à dire qu’il y a un peuple de Dieu. Un Juif ne disait pas : Il y a un peuple de Dieu ; il proclamait hautement en être.

Que notre foi est faible ! Combien de chrétiens, qui n’osent pas dire : «Nous avons obtenu miséricorde !» Si nous ne pouvons pas le dire clairement et nettement, nous méprisons l’oeuvre de Dieu et la bonté du Seigneur.

Dieu veuille nous remplir de joie, en nous faisant goûter qu’il est bon, afin que nous puissions lui offrir des sacrifices comme son peuple !

 

 

8              Méditations de J. N. Darby    1  Pierre  4

n°92 : ME 1896 p. 74

Quelques versets de ce chapitre présentent des difficultés ; ainsi le v. 1. Souffrir en la chair est notre part et une preuve de la bonté de Dieu ; cela nous fait désister du péché. La volonté de la chair est inimitié contre Dieu ; si je souffre en la chair, ce n’est plus ma volonté qui est en activité. Il faut que la chair souffre, en tant que chair, pour que nous ne péchions pas. Quant à Christ, il n’avait point de péché, et, quant à la chair, il était né du Saint-Esprit. Par la volonté parfaite qui était en lui, il a toujours souffert en la chair qui était l’instrument par lequel il souffrait dans ce monde de péché. Pour nous, la volonté brisée est toujours la souffrance en la chair ; la volonté de notre chair étant mauvaise, il nous faut, pour ne pas pécher, souffrir toujours, souffrir jusqu’à la fin.

Au v. 6, les morts sont ceux qui étaient morts quand l’apôtre écrit cette épître. L’Évangile leur avait été prêché, afin qu’ils fussent jugés selon les hommes quant à la chair ; et qu’ils vécussent selon Dieu quant à l’esprit. Il s’agit ici de la responsabilité que leur donnaient les promesses qu’ils avaient entendues.

v. 11. Il ne faut pas parler, si l’on ne parle pas comme oracle de Dieu, comme annonçant ses paroles. On pourrait même dire des vérités, mais, si ce n’est pas par l’Esprit, elles demeurent sans effet. Si quelque frère parle, il faut que ce soit par l’Esprit. Pour que Dieu soit glorifié, il faut que le Saint-Esprit soit la source de tout ce que nous faisons et disons ; principe simple, mais très important.

v. 12. Souffrir est l’ordre naturel du christianisme ; c’est à quoi nous sommes appelés et destinés ici-bas. La chair désire s’y soustraire, mais c’est se soustraire à ce qui constitue la puissance du règne de Dieu. Souffrir est un privilège ; c’est participer aux souffrances de Christ ; ce n’est pas quelque chose d’étrange. Toutes les fois que nous souffrons comme chrétiens, nous participons aux souffrances de Christ. Au moment où je suis sauvé, je suis joyeux, mais je n’ai pas encore la moindre expérience. Il nous en faut, pour que nous comprenions ce que Dieu est et ce que nous sommes. L’expérience chrétienne ne commence qu’après la connaissance et la certitude du salut. Si j’ai simplement le salut, c’est la joie, mais l’expérience est nécessaire et ce qui la produit, ce sont les épreuves, les contradictions, les souffrances. Nous sommes ainsi toujours plus détachés du monde et nos coeurs toujours plus attachés à Dieu. L’âme qui souffre fait, à son insu, des progrès immenses, elle mûrit. Dieu l’ordonne ainsi, pour que nous fassions l’expérience de ce qu’il est.

Dieu agit en nous de deux manières par cette participation qu’il nous donne aux souffrances de Christ, dont il est dit qu’il a appris l’obéissance par les choses qu’il a souffertes. 1° Il attaque et détruit le péché en nous. 2° Il nous fait mûrir. Paul avait une écharde, donc une souffrance, en la chair ; il apprend l’obéissance ; toutes les fois qu’il prêchait, il souffrait avec Christ, étant méprisable dans la chair (Gal. 4:14). Ces souffrances se rattachent pour nous au gouvernement de Dieu sur sa maison (v. 17 ; cf. Ézéch. 9:4-6). Dieu ne peut jamais se relâcher de sa sainteté. La chose qui l’offense le plus, c’est quand la sainteté manque dans sa maison ; c’est pourquoi le jugement commence par elle. Je ne puis me plaire dans une ville sale, et encore moins dans ma maison si elle a ce caractère. Le jugement sur la maison de Dieu avait déjà commencé du temps des apôtres.

La relation de Christ avec son Église est celle de la tête avec le corps, chaque membre agissant, selon que cela lui est départi, pour produire le bien de tout le corps. Toutes les grâces découlent de la Tête, Christ, et chaque membre répond à l’impulsion partie de la Tête. C’est là l’état normal. Mais Christ est aussi chef sur sa maison. Or, dès les temps des apôtres, l’état de la maison s’est gâté et Christ est devenu, non plus seulement le chef, mais le juge de sa maison. Un homme, très béni dans l’oeuvre, est retranché ; c’est un jugement qui tombe sur la maison de Dieu, quoique ce soit une bénédiction pour le juste d’être préservé du mal à venir. Tel fut le cas de Josias, retranché par châtiment sur la maison de Dieu, mais en même temps par bénédiction pour lui, afin qu’il ne fût pas enveloppé dans les calamités qui allaient survenir.

Si le jugement commence par nous, et il existe aujourd’hui, quelle sera la fin de ceux qui n’obéissent pas à l’Évangile ? C’est ce que signifient ces mots (v. 18), que le juste est sauvé difficilement, non quant au salut, mais quant à cet état de jugement. Le temps de ce jugement avait déjà commencé avec les apôtres, quant au gouvernement de Dieu envers l’Église.

Un principe présenté au v. 19, est la soumission. La volonté sera brisée dans la souffrance, si nous nous soumettons à Dieu. Il est notre fidèle Créateur. Tout en faisant ressortir la faiblesse de sa créature, la puissance du Créateur la soutient. Jacob, dans sa lutte avec Dieu, a été touché à la hanche ; sa faiblesse lui a été révélée, et il est demeuré boiteux toute sa vie à cause de son infidélité, mais il a été nommé Israël, vainqueur de Dieu, parce que Dieu l’a soutenu et fortifié, en même temps qu’il lui révélait sa faiblesse.

Dieu supporte son Église depuis des siècles, mais il la juge. Paul disait déjà de son temps que chacun cherchait son propre intérêt et personne les intérêts de Jésus-Christ.