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Méditations  de  J. N. Darby

 

 

 

1     Méditations de J. N. Darby    Romains  1:1-18

2     Méditations de J. N. Darby    Romains  3:3-31

3     Méditations de J. N. Darby    Romains  4

4     Méditations de J. N. Darby    Romains  4

5     Méditations de J. N. Darby    Romains  5:1-11

6     Méditations de J. N. Darby    Romains  5:1-11

7     Méditations de J. N. Darby    Romains  7

8     Méditations de J. N. Darby    Romains  7    Être ou n’Être pas Dans la Chair

9     Méditations de J. N. Darby    Romains  8    Quelques pensées

10          Méditations de J. N. Darby    Romains 8    (Regards sur Romains 8)

11          Méditations de J. N. Darby    Romains  8:1-11    La Délivrance

12          Méditations de J. N. Darby    Romains  8:12-27

13          Méditations de J. N. Darby    Rom.  8:26-39

14          Méditations de J. N. Darby    Romains  8:27-39

15          Méditations de J. N. Darby    Romains  13

16          Méditations de J. N. Darby    Romains  15:16

 

 

 

1              Méditations de J. N. Darby    Romains  1:1-18

n°210 : ME 1916 p. 152

Cette épître n’est pas adressée à une Église fondée par l’apôtre ; il n’avait pas encore vu les Romains et aucun apôtre n’était jamais allé à Rome. Paul ne s’adresse pas à eux comme à ses enfants en la foi et comme étant au fait de leur état. Il leur parle avec suite des grands principes de l’Évangile, et non de tel ou tel des sujets particuliers que Dieu lui avait révélés. Les relations de l’homme, Juif ou gentil, avec Dieu, tel est le caractère de cette épître.

L’apôtre s’annonce comme mis à part pour l’Évangile de Dieu ; il n’avait pas besoin de le dire aux Éphésiens ou aux Philippiens. L’appel de Dieu et la mise à part pour Lui, ont lieu aussi bien pour l’apostolat que pour la vie chrétienne (v. 1, 7). Paul ne s’était pas avancé pour obtenir l’apostolat ; il y avait été appelé. Cet appel suppose que l’état dans lequel se trouvent, dans ce monde, ceux que Dieu a élus est tel, qu’il faut en sortir. Dieu ne corrige, ni ne modifie cet état. Il trouve un pécheur loin de Lui et l’appelle pour en faire un saint ou un apôtre ; il l’appelle, hors de ses relations naturelles et la transporte dans des relations entièrement nouvelles. C’est de cette manière qu’on devient chrétien.

Paul avait été «mis à part pour l’Évangile de Dieu», et montre ce qu’est cet Évangile. On aurait pu supposer que Dieu vient, dans l’Évangile, nous parler de nous-mêmes ; il le fait sans doute aussi, mais le sujet dont l’Évangile nous parle est le Fils de Dieu, sujet entièrement nouveau, qui n’avait jamais encore été présenté à l’homme sur la terre. Pour nous appeler, Dieu vient nous parler de son Fils. Nous parler du monde et des pécheurs serait certes un triste sujet, mais Dieu introduit son Fils, sujet qui peut soulager le cœur des pauvres pécheurs et tirer l’homme de l’abîme où le péché l’a jeté. La personne du Fils de Dieu, non pas tant ce qu’il a fait, tel est, avant toute autre chose, ce grand sujet. On rencontre des personnes qui croient au Fils de Dieu, mais doutent de leur foi, parce qu’elles n’ont pas pleinement saisi les résultats de Son œuvre ; mais Dieu dit à ceux qui ont saisi la personne de son Fils qu’ils sont sauvés. Dieu avait fait aux Juifs la promesse que le Messie viendrait de la semence de David selon la chair (v. 3). Cette promesse, quoiqu’ils n’aient pas voulu en profiter, est déjà accomplie ; mais, en outre, s’il a été présenté aux Juifs comme l’accomplissement de la promesse, il a été déclaré Fils de Dieu en puissance. La puissance de Dieu est entrée dans le monde, et c’est de quoi nous avons besoin. Quand l’homme voit toute l’étendue de son état de péché, il comprend qu’il a besoin, non seulement de grâce, mais de puissance pour en sortir. Semblable à un homme dans un marécage, s’il travaille à se délivrer du péché, il s’y enfonce toujours plus. Dieu se sert de cela pour lui faire comprendre qu’il a besoin de puissance, car il est sans force aussi bien que pécheur. Alors il trouve la puissance en Jésus, «Fils de Dieu en puissance». C’est ainsi qu’il nous est présenté premièrement comme objet de foi, dans toute sa perfection, car cette puissance est selon l’Esprit de sainteté qui l’a caractérisé pendant sa vie. Si les hommes avaient été assez spirituels pour le discerner, ils auraient vu en Jésus, venu ici-bas, cette puissance divine, manifestée dans une perfection absolue. L’épée de Satan n’a pu atteindre cela en Lui, car c’est par la résurrection d’entre les morts qu’il a été déclaré Fils de Dieu en puissance. Satan a fait tout ce qu’il a pu contre Lui : n’ayant pu toucher à sa vie spirituelle, il s’est attaqué à sa vie corporelle. Jésus s’est soumis un moment à cette puissance, mais il en est sorti par la résurrection. Il est descendu sous les conséquences du péché et en est sorti par sa propre puissance. Voilà ce que je trouve en Jésus comme objet de foi. Le Fils de Dieu est sorti, complètement victorieux, dans la nature humaine, de dessous la puissance de la mort. C’est la révélation d’une délivrance qui est complètement en dehors de nous. Dans les circonstances où l’homme se trouve à la suite du péché, la puissance de Dieu, dans l’homme, a été victorieuse de toute celle de Satan qui cherchait à l’entraver.

Paul était débiteur envers tous, car Dieu voulait employer en grâce cette puissance pour délivrer des âmes esclaves du péché. Il trouve Juifs et gentils, sans distinction, sous le péché. Il les prend tels quels, parce que sa puissance peut les faire sortir de cet état. Dieu n’est débiteur de personne, mais l’effet de son amour envers nous est de faire de nous les débiteurs des autres et leurs serviteurs. Dieu était si déterminé à apporter cette bonne nouvelle aux pauvres pécheurs, que Paul, se sentant leur débiteur, dit : «Malheur à moi, si je n’évangélise pas !» Quelle belle position Dieu s’est faite par la grâce ! C’est à cause d’elle qu’il n’a pas épargné son propre Fils.

L’Évangile du Christ est la puissance de Dieu lui-même (v. 16). Il ne cherche rien dans l’homme. Paul vient avec cette puissance, et l’on voit ici quel est son Évangile. Il nous faut la sainteté, me dit-on. Mais comment transformer la boue en or ? Montrez-moi dans ce monde un homme qui cherche à se sanctifier et y réussisse ; tandis que le croyant a la puissance de Dieu. Si Dieu cherche la sainteté dans ce monde, il y trouve la loi violée, son Fils mis à mort, et le Saint Esprit rejeté avec des grincements de dents. Mais le Fils de Dieu est venu dans le monde, et toute la puissance de Dieu a été manifestée pour vous sortir de l’état où vous êtes. C’est «la puissance de Dieu à salut», précisément ce dont nous avons besoin : un salut accompli par la puissance de Dieu. Vous êtes perdu ? Regardez à Jésus. Il a été aussi bas que vous, plus bas encore, et maintenant il est à la droite de Dieu. Quand le pécheur a conscience de son état, il ne cherche pas des fruits en lui-même ; il sent qu’il a besoin d’être sauvé. La chose est présentée à tous de la part de Dieu, et celui qui croit la possède. C’est «la puissance de Dieu en salut à tout croyant», au Juif premièrement, parce qu’étant le peuple de Dieu, le salut, comme administration, s’adresse premièrement à eux. «La justice de Dieu est révélée» dans cet Évangile. Ce n’est pas une justice de l’homme, à produire ou à accomplir. Dieu a une justice à Lui. L’homme n’est pas juste ; il n’a ni la justice de l’homme, ni la justice de Dieu ; il n’a que le péché de l’homme. Essayez de travailler de tels matériaux, vous les trouverez pourris. Quand Dieu veut la justice, il ne la cherche pas chez l’homme ; il la lui présente, la lui révèle, la lui offre. Il ne peut venir nous parler d’une justice qui n’existe pas ; il la révèle maintenant. Auparavant, Dieu avait supporté le péché de l’homme ; il vient maintenant révéler la justice de Dieu. Je n’ai rien à faire qu’à le croire. Cette justice est «sur le principe de la foi, pour la foi». La conséquence en est que celui qui croit la possède et jouit du résultat de cette révélation.

La colère de Dieu est aussi révélée contre tout ce qui n’est pas selon Dieu. Cette colère, quand elle agissait contre les Juifs, était réglée par la loi et n’atteignait les gentils que lorsqu’ils s’élevaient contre le peuple de Dieu ; mais maintenant, la colère de Dieu est révélée contre tous sans exception, tandis qu’en Jésus la justice de Dieu est révélée pour la foi. Dieu ne veut plus de tout ce qui n’est pas selon cette justice.

Le sujet de l’évangile est donc le Fils de Dieu ; la puissance de Dieu y agit à salut ; la justice de Dieu y est révélée et non point demandée à l’homme ; elle y est révélée pour ceux qui croient. D’autre part, la colère de Dieu est révélée du ciel contre toute impiété et injustice des hommes, Juifs ou gentils, qui possèdent la vérité, tout en vivant dans l’iniquité

 

 

 

2              Méditations de J. N. Darby    Romains  3:3-31

5 décembre 1844    n°218 : ME 1917 p. 74

Il est difficile à l’homme de concilier sa responsabilité comme pécheur avec le besoin qu’il a de se justifier devant Dieu. Il n’y a pour lui qu’un seul moyen de répondre à cette difficulté, c’est d’être convaincu que l’homme est absolument perdu et que, pour le justifier, Dieu doit commencer une œuvre toute nouvelle. L’homme voudrait pouvoir mêler ces deux choses en les atténuant : il n’a pas une pleine conviction de péché, et il voudrait satisfaire, un peu du moins, à sa responsabilité, en laissant à Dieu le soin de faire le reste. Il affaiblit et détruit par là sa responsabilité et nie la justice de Dieu. Si je n’accomplis qu’à moitié mon devoir, et que cela suffise, je ne suis pas responsable pour le reste ; si je fais un peu et que Dieu fasse le reste, la justice de l’homme et celle de Dieu sont sur le même pied et la justice de Dieu est perdue. Dieu affirme et maintient la responsabilité de l’homme et montre en même temps sa ruine : Tous, sans exception ou différence, ont péché, et n’atteignent pas à la gloire de Dieu (v. 23). Les choses étant ainsi, Dieu peut faire ce que bon lui semble, en grâce et en justice, car il n’y a aucune relation entre l’homme et Dieu, sinon en jugement et en condamnation.

Dieu ne s’était pas laissé sans témoignage dans le monde, et avait donné un avantage au Juif, mais le seul résultat en fut de démontrer d’autant plus la culpabilité de l’homme, puisqu’en dépit des avantages qu’il possédait, il n’était pas plus près de Dieu qu’auparavant. Or, pas plus que le Juif, le chrétien de nom n’est «plus excellent» qu’un païen. L’effet, sur l’homme, de sa religion, est de fermer ses yeux à la lumière de Dieu. Quand on a sa religion on n’a pas besoin de sa conscience ; mais, quand il s’agit de ce que nous sommes, en la présence de Dieu, nous ne sommes que des pécheurs, et Dieu peut nous traiter en grâce. Le Juif possède les oracles de Dieu ; s’il les consulte, il trouve ce que Dieu pense des Juifs, de ceux qui ont une religion selon Dieu. «Tout ce que la loi dit, elle le dit à ceux qui sont sous la loi». Dieu n’a pas dit cela de l’homme avant de l’avoir créé, mais après l’avoir éprouvé. Sa Parole nous rend compte de ce qu’il a trouvé dans l’homme sous la loi ; telle est son expérience de l’homme, ce qu’il trouve dans sa vigne quand il y cherche du fruit, et il nous en parle quand le résultat de cette expérience a été pleinement manifesté. Tel est l’homme, dans sa nation, même avec une religion selon Dieu. Il faut que tout le monde soit coupable, et non seulement pécheur, devant Dieu (v. 19). Dieu porte son jugement sur l’état de tout homme, et dit : «Coupable devant Dieu !»

Pensez-vous que Dieu pourrait introduire des coupables dans le ciel ? Il n’y aurait point de justice en cela, et il serait dès lors inutile de distinguer entre l’innocent et le coupable. C’est une chose terrible, d’être coupable devant Dieu. La loi a parlé afin que toute bouche soit fermée à ce sujet. Pensez-vous commencer à être bons quand Dieu vous déclare coupables ? Mais ce serait trop tard ! Cela paraît dur à dire, mais c’est ce dont nous avons besoin. Si nous ne connaissons pas notre vrai état devant Dieu, jamais nous ne le laisserons faire. La loi donne à l’homme la mesure de sa responsabilité en maintenant complètement cette dernière, mais la justice de Dieu est manifestée sans loi, c’est-à-dire en dehors d’elle. La loi exige de notre part la justice et provoque le péché par la défense. Dès que j’introduis le principe de la loi, il s’agit de la justice de l’homme, et ce n’est plus la justice de Dieu. Si l’homme avait accompli toute la loi, ce ne serait toujours que la justice de l’homme ; il aurait satisfait à sa responsabilité et à l’exigence de Dieu. Or cette justice de l’homme n’existe pas et Dieu ne la cherche pas. Un homme juste serait celui qui aurait la justice de l’homme, et elle n’existe pas ! Maintenant la justice de Dieu est manifestée : s’il y a une justice de Dieu, il faut qu’elle vienne de Lui, qu’il l’accomplisse et la manifeste ; il ne peut l’associer à la justice de l’homme. Tel est le but de tout l’Évangile.

La justice étant celle de Dieu, il peut agir en pure grâce, quel que soit l’état de péché de l’homme. Il peut faire cadeau à qui que ce soit de cette justice qui est la sienne. Elle est parfaite en elle-même, puisque c’est la justice de Dieu. L’opposition produite par l’état de péché est ainsi effacée. La justice de Dieu étant accomplie, il peut laisser aller son cœur à la grâce : il peut dire au plus grand pécheur : J’ai ce qu’il te faut. L’homme légal peut se vanter de ce qu’il est et mépriser le misérable ; Dieu va vers ce misérable et lui donne sa justice. Voilà un pécheur relevé, un cœur renouvelé par la grâce de Dieu. Dieu se donne le droit, au milieu d’un monde de pécheurs d’aller chercher, d’entrer dans les cavernes de la misère de l’homme, et de l’en faire sortir pour le ciel. Il n’y a point de différence devant Dieu.

Sur qui trouvera-t-on cette justice de Dieu ? Si c’est Sa justice, et non la mienne, comment y aurai-je part ? Par la foi, car cette justice est envers tous et se trouve sur tous ceux qui croient (v. 22). Du moment que la grâce de Dieu nous a amenés a nous reconnaître coupables, cette justice est à nous ; elle est sur tous ceux qui croient. La justice de Dieu a été accomplie entre Dieu et Jésus. Celui-ci, ayant expié le péché, ayant fait la propitiation, la justice ne reste pas un attribut de Dieu, mais elle est un fait et Dieu peut la donner à ceux qui en ont besoin. Dieu justifie l’impie, le méchant. Chose extraordinaire ! Si Dieu était juge, justifierait-il le méchant ? Il est donc clair qu’il n’agit pas en juge. Comment donc justifie-t-il ? Il donne gratuitement au pécheur une justice qui a été accomplie entre Lui et son Fils. Elle est par la foi : on y croit, et l’on est heureux. Dieu a eu la patience de supporter les péchés précédents en attendant la venue de Christ. La justice étant accomplie, Dieu peut maintenant la manifester. Dans ses conseils, son Agneau était préconnu avant la fondation du monde ; Dieu a supporté l’homme, parce qu’il avait en vue l’œuvre qu’il allait accomplir par Jésus. Maintenant, dans le temps présent, Dieu a montré sa justice et vient nous la révéler. C’est là où nous en sommes jusqu’au moment où Christ reviendra. La grâce de Dieu peut maintenant être annoncée à tout le monde, parce que la justice de Dieu est satisfaite. Elle est révélée maintenant ; elle est sur tous ceux qui croient. Ils n’ont pas à la chercher en eux-mêmes ; elle se trouve en Lui, et non dans nos cœurs.

Le cœur est purifié par la foi. Quand j’ai compris l’amour de Dieu, je sais que la justice est accomplie et qu’il n’y a plus aucun nuage entre mon cœur et Dieu. J’aurai des combats, mais non entre Dieu et moi ; ils sont entre la chair et moi, entre Satan et moi.

Regardez-vous, chers amis, à votre propre cœur, pour savoir si Dieu est satisfait ? Oseriez-vous dire que Dieu n’est pas satisfait de ce qu’il a fait ? Voudriez-vous ajouter quelque chose à ce qu’il a fait ? Quant à moi, je vois une chose accomplie, sa justice, et il l’a manifestée. De quel côté vous tournerez-vous : du côté de Dieu, ou du côté de vous-même, pour devenir autre chose que ce que vous êtes ? Trouverez-vous quelque ressource en vous-mêmes ? La mesure de ce qu’un chrétien doit être ne se trouve que dans la grâce. Dieu m’a parfaitement aimé, m’a donné sa Justice et je comprends que je dois être à Lui tout entier, corps et biens.

La foi exclut l’orgueil. Aussi longtemps que je puis concourir avec Dieu pour avoir un peu de justice, je suis sous l’empire d’un orgueil épouvantable ; mais, quand je trouve que je ne suis que pécheur, toute vanterie est exclue pour toujours (v. 27), et me voilà à ma place dans mes relations avec Dieu. C’est le jugement complet et définitif, l’anéantissement de moi-même. Sans la foi, on ne peut comprendre ce qu’est cette justice de Dieu. Quand on l’a trouvée par la foi, l’orgueil fait place à une humilité réelle.

Savez-vous que vous êtes coupables et que vous ne pouvez avoir aucune relation avec Dieu ? Si vous ne le savez pas, vous ne connaissez pas votre véritable état aux yeux de Dieu. C’est là ce qui produit l’humilité. L’humilité, arrosée par la connaissance de l’amour de Dieu, est la source de toute croissance pour Lui. Il suffit d’avoir trouvé Sa justice, pour que le cœur tout entier monte en actions de grâces devant Lui !

 

 

 

3              Méditations de J. N. Darby    Romains  4

n°220 : ME 1917 p. 272

Si la justice de Dieu est notre justice, toutes les formes religieuses et la justice de l’homme ne valent rien du tout ; même elles ne valaient rien, sous ce rapport, quand Dieu les avait établies, comme il le fit pour les Juifs. Les formes religieuses et la confiance dans les œuvres vont toujours ensemble ; l’homme se fait une certaine règle d’honnêteté et l’accomplit jusqu’à un certain point, mais quand il sent sa responsabilité, il sent aussi que cela ne suffit pas, car un homme qui cherche à faire des œuvres, n’en est au fond jamais content. Il lui faut une religion qui comble les lacunes que ses œuvres laissent dans sa conscience, une religion qui tranquillise cette dernière et lui ôte le besoin d’avoir affaire à Dieu. Il ne rencontrera Dieu qu’au moment où il devra être jugé par Lui. Le principe de la religion et des œuvres est si profondément enraciné chez l’homme que le Saint Esprit doit beaucoup travailler pour le détruire. Aussi, la tâche du chrétien est-elle de présenter Dieu à la conscience et, avant de parler des œuvres, de parler de l’homme tel qu’il est devant Dieu. Il s’agit de rapprocher de Dieu la conscience des pécheurs, pour leur faire connaître où ils en sont. Dieu détruit les espérances de l’homme afin de lui en donner une autre, basée sur Dieu lui-même. Le Juif dit : Je suis de la semence d’Abraham ; mais Abraham a été reconnu de Dieu avant toute ordonnance légale, avant toute œuvre, et c’est selon le même principe que la justice nous est comptée. Si l’on peut être justifié par des œuvres, on a de quoi se glorifier, mais non pas envers Dieu. Abraham crut Dieu, et cela lui fut compté pour justice. Dieu lui avait dit que sa postérité serait comme les étoiles ; il fallait pour cela la puissance de la résurrection, car Abraham et Sara étaient comme morts, mais Abraham crut qu’il aurait une postérité. Pour l’homme, la résurrection est une folie ; la chose que Dieu annonçait était en dehors de toute énergie humaine ; comment cette dernière y entrerait-elle pour rien, si l’homme est un cadavre ? Mais l’énergie divine donne la vie à ce qui est mort. C’est là qu’est la puissance, et en cela la foi d’Abraham se rattache à la foi chrétienne. Nous sommes des morts par nature, mais qu’importe ? Ce que Dieu a dit s’accomplira. Tandis que la vérité de l’immortalité de l’âme nourrit l’orgueil des philosophes, la résurrection, cette folie pour la philosophie, glorifie Dieu.

L’homme est impuissant ; il ne peut échapper, ni à sa faiblesse, ni à la justice de Dieu et rencontre ces deux choses dans la mort. Sa conscience lui dit : La mort est là, le jugement est là, et tu n’es pas juste ; te voilà sans espérance ! Mais Dieu, dans sa grâce souveraine, est venu agir au milieu de ceux qui sont sous les conséquences du péché pour les en délivrer par la résurrection de Christ.

Abraham crut Dieu ; il n’avait que Sa parole ; il l’a crue et cela lui a été compté à justice. Ce que Dieu dit est impossible en apparence, mais je le crois, parce que Dieu le dit. À celui qui fait des œuvres, le salaire est compté à titre de chose due, mais à celui qui croit en Dieu qui justifie l’impie, sa foi est comptée à justice. Si Dieu justifiait un homme juste, la justice serait de l’homme ; s’il justifie l’impie, ce ne peut être que par la justice de Dieu. Si l’homme était justifié par les œuvres, ce ne serait pas une grâce, mais c’est l’impie que Dieu justifie. Il n’est pas besoin de la justice de Dieu, si ce ne sont pas des impies qu’il s’agit de justifier.

La conséquence de tout cela est qu’il faut que l’homme en vienne à la connaissance de lui-même et se reconnaisse comme étant lui-même un impie. Cela humilie l’homme qu’il lui faille nécessairement en finir avec lui-même, avec sa justice et ses œuvres. Il ne lui reste que la ressource d’avoir affaire à un Dieu qui justifie l’impie et de reconnaître qu’il est cet impie-là.

Il y a un bonheur, une béatitude. L’avez-vous ? Les saints dans la gloire sont dans cette béatitude, mais il y a ici-bas une béatitude pour le pécheur, pour une conscience convaincue, pour celui qui se sent perdu devant Dieu. Impossible que vous jouissiez de ce bonheur, si vous n’avez jamais gémi sous ce fardeau. «Bienheureux l’homme à qui l’Éternel ne compte point le péché !» C’est quand on sait qu’on a tout à se reprocher et qu’on est mécontent de soi-même, qu’on est sous le poids des conséquences du péché, qu’on se voit chassé pour toujours loin de la présence de Dieu — c’est alors qu’on peut comprendre et sentir cette béatitude. Jamais une conscience atteinte, sous l’action du Saint Esprit, ne parle de ses bonnes œuvres. Quel était donc l’état de l’homme qui a parlé de cette béatitude ? Lisez le Ps. 32. C’était un homme qui, lorsqu’il se taisait au lieu de confesser son péché, ne faisait que «rugir tout le jour», jusqu’à ce que Nathan, le prophète envoyé de Dieu, vînt vers lui et lui dit : «Tu es cet homme» (2 Sam. 12:7). Quand l’Esprit de Dieu nous a dit : Tu es cet homme, voilà ce que tu as fait, nous comprenons le bonheur de celui auquel Dieu ne compte pas le péché, auquel il dit : «L’Éternel a fait passer ton péché». Il ne s’agit pas de se dire : «Tu n’aurais pas dû faire cela» ; la réponse est : «Tu l’as fait ; tu es cet homme» ; mais il s’agit de dire à Dieu : «J’ai péché contre l’Éternel». Alors seulement on entend la réponse et le soulagement survient. Lorsque la conscience devient intègre, qu’il n’y a plus de fraude dans le cœur ; au lieu de dire : «Je n’aurais pas dû faire cela», on dit : «Je l’ai fait», et l’on comprend ce que c’est que d’être justifié. Aussi longtemps que cela n’a pas lieu par l’action du Saint Esprit, on ne trouve pas la paix.

Il faut avoir compris que Dieu donne une justice indépendante de l’homme, qu’il ne compte pas le péché. Le péché est là ; il est reconnu, mais n’est pas imputé. Dans quelles circonstances cette bénédiction est-elle venue sur Abraham ? Quand il était dirigé par les formes religieuses ? Non, mais avant qu’il fût circoncis. Avait-il fait beaucoup d’œuvres ? Non, ce fut avant toute œuvre.

Quant à nous, après avoir cru, nous sommes scellés du Saint Esprit de la promesse. Dieu peut-il mettre son sceau sur la justice de l’homme ? Non, mais uniquement sur la justice de Dieu, qui est par la foi. Avant cela, l’on ne pourra jamais trouver les fruits du Saint Esprit, la joie, la paix, l’amour. Il y a dans ce monde plus d’un brave homme, mais sans une trace du sceau de l’Esprit et de ses fruits. Ceux qui, ruinés, ont eu recours à la justice de Dieu, reçoivent seuls le Saint Esprit. S’il était donné sans cela, il viendrait sanctionner le péché de l’homme, et renier l’œuvre de Christ. On rencontre dans le monde des hommes très honnêtes et aimables et des chrétiens très pénibles. Néanmoins, chez les premiers, je ne trouve aucune trace du Saint Esprit, pas un écho dans leur âme ; chez les autres, je trouverai de très mauvais caractères, mais je les vois pleurer et s’humilier ; je les vois touchés et attendris par des affections spirituelles. Ils comprennent qu’ils ont manqué, mais ils sont reconnaissants de trouver qu’il y a de la grâce pour eux et les fruits de l’Esprit se font connaître. C’est qu’il y a chez eux un nouvel homme.

La justice comptée à Abraham nous l’est aussi, à nous qui croyons en Celui qui a ressuscité d’entre les morts Jésus notre Seigneur. Dans notre chapitre, c’est la foi en Celui qui a ressuscité Jésus, dans le chapitre précédent la foi en son sang. Par la foi en son sang, je connais le Dieu qui a frappé Christ pour moi et dont la justice a été pleinement satisfaite. Dans notre chapitre, je trouve l’homme mort dans ses péchés, et le Jugement exécuté sur Christ, mourant sous la colère de Dieu ; je trouve alors un Dieu qui intervient en grâce et ressuscite cet homme condamné. Ma confiance est en Dieu qui a ressuscité Jésus d’entre les morts. Je trouve en Christ un homme portant la culpabilité du péché, un homme que Dieu avait condamné, ressuscité par Dieu lui-même ; car la justice de Dieu a été si pleinement satisfaite par l’œuvre de la croix, qu’il a dû, en justice, ressusciter Christ. Dieu s’est occupé de mes péchés ; il est maintenant satisfait ; il peut agir en grâce et en puissance et ressusciter Christ d’entre les morts. C’est ainsi que notre foi est en Celui qui a ressuscité Jésus (v. 24). Si Dieu est pour nous, qui sera contre nous ? Si Dieu lui-même me justifie, qui me condamnera ? Il est venu me délivrer quand j’étais sous la condamnation ; sa justice, accomplie en Jésus, m’est imputée.

Connaissez-vous ce bonheur ? Avez-vous compris que Dieu est venu vous délivrer, quand vous étiez sous les conséquences du péché ? Mes péchés sont grands ; la colère de Dieu est terrible ; mais Dieu, en ressuscitant Jésus, m’a délivré de toutes ces choses. Il n’y a plus, entre Dieu et moi, que la justice de Dieu et l’amour de Christ.

 

 

4              Méditations de J. N. Darby    Romains  4

n°8 : ME 1886 p. 176

Ce qui frappe dans les voies de Dieu, c’est le soin détaillé qu’il prend d’agir sur nos cœurs, et de nous donner une connaissance de nous-mêmes selon lui. On voit, à tout ce que Dieu dit, qu’il nous connaît parfaitement. Le Seigneur raconte à la Samaritaine son histoire, lui montre ce qui est dans son cœur, réveille sa conscience, et lui démontre ainsi Sa mission. Le brigand sur la croix, éclairé par le Saint-Esprit, saisit la perfection de Jésus et lui rend témoignage qu’il n’a rien fait qui ne se dût faire, mais pour nous, dit-il, nous y sommes justement. Cette expérience est nécessaire, non pour être sauvé, mais pour se connaître selon Dieu, et pouvoir être en communion avec lui. Ces expériences peuvent être tristes, angoissantes, mais elles sont profitables et nous affermissent dans la paix. Elles découvrent des choses inattendues et nous instruisent ainsi d’une manière salutaire.

Il y a en nous une tendance perpétuelle à nous placer sous la loi, et à chercher en nous quelque chose qui nous rassure quant à notre état devant Dieu. Mais l’évangile nous montre que Dieu nous a connus à fond et que cependant il nous a aimés. La loi a été donnée à des pécheurs nécessairement condamnés par elle ; elle devait leur révéler leur nature pécheresse et leur perdition. L’homme qui avait été trente-huit ans au réservoir de Béthesda se trouvait, par l’effet même de sa maladie, hors d’état de se servir du seul remède qui pût le guérir. L’effet du christianisme, en éveillant la conscience, est de nous remettre sous le joug de la loi, quand nous n’avons pas les yeux attachés sur Christ. Le christianisme déchire le voile qui nous cachait la sainteté de Dieu, sainteté qui éclate dans la mort de Jésus et qui nous prescrit une tout autre mesure de sanctification. Cela devient souvent un écueil pour des âmes sincères et converties, que trouble le sentiment d’une responsabilité plus grande. Elles n’ont pas encore compris la grâce comme elle doit l’être, et comme le chap. 4 des Romains la fait voir. En cherchant à s’approcher de Dieu par leur sanctification, elles affaiblissent la promesse que Dieu justifie le méchant, et cependant c’est à cause de cela que je serai dans le ciel. Le juste n’a pas besoin d’être justifié, et il ne fera pas des bonnes œuvres pour l’être, mais parce qu’il est juste. Si je prétends ajouter quelque chose à ma justification par mes œuvres, elle n’est donc plus une pure grâce (v. 4, 5). Les sentiments que nous éprouvons ne doivent pas être, pour nous, un motif de sécurité ajouté à notre foi ; ce ne serait qu’une propre justice plus raffinée.

En justifiant le méchant, Dieu ne sanctionne pas la méchanceté. La mort de Christ glorifie davantage la justice, la sainteté et l’amour de Dieu, que ne pourrait le faire la condamnation éternelle du pécheur. Si j’avais pu me présenter parfaitement juste à la porte du ciel, Dieu aurait dû me l’ouvrir et j’y serais entré sans connaître son amour, sans connaître Dieu, car il est amour. La croix de Christ montre la justice parfaite de Dieu et son parfait amour envers moi ; elle me montre Dieu pour moi ; elle a mis Christ à ma place et l’a frappé du coup qui m’était dû ; elle est un témoignage permanent de l’amour de Dieu à mon égard. Dieu, après avoir connu et pesé mes péchés, a donné pour moi son Fils, dont le sang était nécessaire à leur expiation. Par l’offrande de Christ, Dieu a rendu parfaits à perpétuité ceux qui sont sanctifiés.

La foi ne peut embrasser que ce qui est hors de moi ; une bonne œuvre, un bon sentiment, se reconnaissent par l’expérience et non par la foi. La foi fait disparaître, en leur communiquant des privilèges égaux, la distinction entre Juif et gentil.

Le v. 25 montre les deux principes de notre assurance : la mort de Christ et sa résurrection. Ce sont les sources de notre paix avec Dieu. La présence de Dieu même nous laisse alors en pleine paix. Cette assurance en la présence de Dieu ne peut être un fruit de la légèreté, et d’autre part, le doute ne peut provenir que de l’incrédulité à l’égard des promesses de Dieu. Notre salut ne dépend pas de ce que nous sommes à l’égard de Dieu, mais de ce que Dieu est à notre égard ; il provient de l’amour parfait de Dieu qui nous en a donné la preuve dans le don de son Fils. C’est déshonorer Christ, de douter que son sang nous purifie de tout péché. Dieu se manifeste aux pécheurs perdus, non en jugement, mais en grâce.

Plus nous voyons et sentons l’amour infini et inexprimable de Dieu pour nous, plus le cœur en est attendri et humilié, car l’amour et l’orgueil sont incompatibles.

Au commencement de l’épître aux Romains, Paul montre la méchanceté de l’homme ; il convainc Juif et gentil de péché ; il leur montre le sang de Christ comme la réponse de Dieu à cet état. La résurrection de Christ nous montre qu’il y a quelque chose de plus élevé que toutes nos expériences ; elle donne à la conscience la vue claire de notre vivification par la vie de Christ en nous. Elle nous met en état de juger l’arbre et non pas seulement les fruits : le vieil homme, le péché qui demeure en nous, et non les péchés commis. La source de la vie, Christ, est en la présence de Dieu. La vie de Christ m’est communiquée, et c’est une vérité non moins réjouissante que celle du sang de Christ. Celui-ci nous met en paix quant à la condamnation ; avoir Christ lui-même, dans la présence de Dieu, me donne la vie, et je suis rendu agréable dans le bien-aimé. Il est la source de la vie, et cette vie entretient la paix.

La vie de Christ nous donne l’expérience, mais l’expérience ne peut nous autoriser à tirer aucune conséquence quant à ce que nous sommes.

Dieu nous a donné le sang de Christ et a ressuscité Christ. Toutes mes offenses ont été sur Jésus ; mes péchés sont la pierre qui ferme la tombe de Christ. Dieu vient, trouve Christ sous mes péchés, le ressuscite et le place en sa présence. Christ, après avoir subi l’effet de mes péchés, ressuscite sans mes péchés et remonte en la présence de Dieu où il m’introduit, hors des effets de la colère de Dieu, de la puissance de la mort et de Satan. Christ ressuscité témoigne éternellement de notre parfaite justification. Le Saint-Esprit, par la foi, nous donne part à cette justification, mais l’œuvre qui justifie est accomplie depuis dix-huit siècles.

Le sang de Christ est la réponse de Dieu à mes péchés.

La communication de la vie de Christ ressuscité me donne l’expérience de la sainteté de Dieu et de l’état de mon cœur, source de combats, d’angoisses, et aussi de joie.

La joie et la paix proviennent non des effets de la vie de Christ en nous, mais de la connaissance de l’amour de Dieu et du don de Christ.

 

 

5              Méditations de J. N. Darby    Romains  5:1-11

n°182 : ME 1911 p. 398

Il y a deux sources distinctes de joie pour nos âmes : la pensée de ce que Dieu a été pour nous comme pécheurs, la joie d’être sauvés, joie qui se rapporte à nous-mêmes, mais non dans un mauvais sens. Nous connaissons Dieu dans sa sainteté et nous nous savons réconciliés avec lui. Il n’existe plus rien entre Dieu et nous ; nous avons une pleine assurance, par le sang de Jésus. Outre la paix avec Dieu et l’accès à sa faveur, nous avons pour avenir la gloire de Dieu et nous nous réjouissons dans cette espérance.

Mais cette première source de joie n’est pas tout. Dieu est entré avec nous dans une relation encore plus intime que celle-là : il est important que nous trouvions une source de joie dans les afflictions mêmes qui exercent le chrétien. Il y a un travail intérieur, par lequel Dieu laboure le terrain de nos âmes, nous exerce dans la connaissance du bien et du mal, nous sépare des choses d’ici-bas, et nous fait sentir toute notre faiblesse. Nous nous réjouissons même dans les tribulations. Il est utile de nous poser la question si nous désirons que nos cœurs soient ainsi dépouillés dans leurs pensées et leurs affections naturelles. Paul se glorifiait dans ses infirmités, afin que la puissance de Christ reposât sur lui. Nous ne nous faisons souvent aucune idée de la somme d’épreuves qu’il nous faut pour être amenés à une vraie dépendance du Seigneur. C’est une chose plus précieuse que d’avoir l’espérance de la gloire de Dieu. Ici, le cœur est dépouillé de ses propres forces, de ses propres pensées, et son espérance se rattache tout entière à ce que Jésus est pour lui.

Nous avons ainsi, non seulement la paix avec Dieu et l’espérance de la gloire, mais l’amour de Dieu est répandu dans nos cœurs par le Saint Esprit qui nous a été donné. C’est bien plus que la jouissance d’une promesse ; nous connaissons ce que Dieu lui-même est pour le cœur qui se confie en Lui ; et il ne peut se confier en Dieu qu’après avoir appris que rien ne peut le soutenir que Lui. Le moi nous empêche de voir cela ; apprendre qu’on ne peut se confier en soi-même est la leçon la plus difficile de toutes ; chose bien différente que d’être assuré seulement qu’on a la paix avec Dieu. Quand on sait que Dieu est là, et qu’il suffit parfaitement, on peut se confier en Lui pour soi-même, pour l’Église, pour toutes choses. On connaît assez Dieu pour savoir qu’il emploiera sa puissance en amour, pour ceux qui se confient en Lui. C’est ce qui est appelé «l’expérience». Elle donne une espérance qui ne confond point. La preuve de cette confiance inaltérable et ce qui la fournit, c’est que Dieu a donné son Fils. Nous sommes établis sur le Rocher de l’amour. Nous nous glorifions même en Dieu. Qu’il est précieux d’avoir une telle relation avec Lui, avec ce Dieu qui est mon Dieu, le Dieu que je connais, et dans lequel j’ai bien lieu de me glorifier, puisqu’il s’est révélé à moi dans son Fils et par son Fils !

Ne nous contentons pas de la pensée que la gloire nous appartient. Ce qui nous a été donné comme arrhes de cette gloire, c’est la présence de Dieu dans nos cœurs. Voilà ce qui nous donne puissance et repos. La source des pensées de nos cœurs, c’est le Dieu qui y est, et dont l’amour y est versé par son Esprit !

Il faut, dans un sens pratique, que nous soyons dépouillés de nous-mêmes. Par la tribulation, Dieu nous rend capables de tenir le mal loin de nous et de jouir du bien, sans que le mal vienne s’en mêler. Nous pouvons ainsi nous glorifier, non seulement dans la gloire de Dieu, mais en Dieu lui-même, et jouir en Lui des trésors de sa grâce

 

 

 

6              Méditations de J. N. Darby    Romains  5:1-11

17 juin 1847    n°221 : ME 1917 p. 316

Il y a, pour nos âmes, deux sources de joie distinctes l’une de l’autre :

La pensée de ce que Dieu est pour nous comme pécheurs, la joie d’être sauvés, joie qui se rapporte à nous-mêmes, mais non dans un mauvais sens ; la connaissance de ce que Dieu est dans sa sainteté et l’assurance que nous sommes réconciliés avec Lui ; la certitude qu’il n’y a plus rien entre Dieu et nous et que, justifiés par la mort et la résurrection de Christ, nous avons la paix avec Dieu, l’accès à sa faveur actuelle, et pour avenir la gloire, tout cela est pour nous une source infinie de joie.

Mais ce n’est pas tout. Dieu est entré dans une relation encore plus intime avec nous et il est important que nous y trouvions la seconde source de notre joie. «Non seulement cela», est-il dit, «mais aussi nous nous glorifions dans les tribulations» (v. 3). Il y a un travail de Dieu, un labourage du terrain de nos âmes qui, si nous le supportons avec patience, nous exerce dans la connaissance du bien et du mal, nous sépare des choses d’ici-bas, tout en nous faisant sentir et reconnaître notre faiblesse. C’est pourquoi nous nous glorifions même dans les épreuves que nous avons à traverser. Il est bon de nous demander si nous désirons d’être éprouvés ainsi et voir détruites les choses et les pensées auxquelles s’attachent nos cœurs naturels. Paul se glorifiait dans ses infirmités, afin que la puissance du Christ demeurât sur lui. Souvent nous ne nous faisons aucune idée du degré auquel il faut que nous soyons exercés pour apprendre la dépendance. Il y a quelque chose de plus que l’espérance de la gloire de Dieu. Le cœur étant dépouillé de ses propres forces, de ses propres pensées, son espérance s’attache à la certitude de ce que Jésus est pour lui. Il n’a pas seulement la paix avec Dieu et l’espérance de Sa gloire, mais l’amour de Dieu lui-même est répandu dans son cœur par le Saint Esprit qui lui a été donné. C’est plus qu’une promesse ; c’est une réalité. Il a la certitude, par le Saint Esprit, que Dieu l’aime comme Il aime Jésus. L’amour de Dieu est la clef de toutes les épreuves que nous rencontrons, et la puissance qui nous aide à les supporter. Le cœur ne peut se confier en Dieu que lorsque, ayant été exercé, il a appris que rien ne peut le soutenir sauf l’amour de Dieu.

Le moi nous empêche de voir cela, et c’est pourquoi il nous faut un dépouillement pratique de nous-mêmes, car on ne peut se fier à soi-même. C’est la leçon la plus difficile à apprendre, une chose bien différente que d’être assuré seulement de la paix avec Dieu et de sa faveur. Quand on sent que Dieu est là et qu’Il suffit on peut se confier à Lui pour toutes choses. On le connaît assez pour savoir qu’il emploiera sa puissance en amour pour tous ceux qui se confient en Lui.

Cette expérience produit l’espérance, et l’espérance ne confond point. La preuve de son amour c’est que Dieu a donné son Fils et qu’Il est mort pour nous, lorsque nous étions encore pécheurs. Comment pourrais-je ne pas avoir confiance en Lui ? «Nous nous glorifions en Dieu, par notre seigneur Jésus Christ».

Qu’il est précieux d’avoir une telle relation avec Dieu ! «Je me glorifie dans ce Dieu qui s’est révélé à moi dans son Fils et par son Fils. Ne nous contentons pas de la pensée que la gloire nous appartient. Ce qui nous a été donné comme arrhes de cette gloire, c’est la présence de Dieu, en amour, dans nos cœurs. Il y devient la source de nos pensées et de notre joie et nous fait connaître la grandeur de l’amour de Celui qui est mort pour nous.

Pour nous glorifier ainsi en Dieu par notre Seigneur Jésus Christ, il faut, dans un sens pratique, que nous soyons dépouillés de nous-mêmes, et voilà pourquoi nous nous glorifions dans les tribulations.

 

 

 

 

7              Méditations de J. N. Darby    Romains  7

n°18 : ME 1887 p. 134

Il est deux choses auxquelles Satan s’oppose absolument dans nos relations avec Dieu : la confiance et la sainteté. Ces deux choses ne se rencontrent pas nécessairement ensemble : le désir de la sainteté peut être séparé de la confiance en Dieu. On peut aimer la sainteté sans avoir une pleine confiance, parce que la source de ce désir est différente de celle de la confiance. Il est des vérités qui, prises séparément, nous plongent dans la misère. Les amis de Job, par exemple, l’effrayaient par des vérités que le Saint-Esprit nous présente d’une autre manière. Plus l’amour de la sainteté manifeste le péché en nous, plus le désespoir produit par le péché est grand. La source de notre confiance est ce que Dieu est pour nous en Christ. Si nous voyons en Christ uniquement ce que nous devons être, cette comparaison de Christ à nous est un nouveau moyen de faire naître le désespoir.

La confiance en Dieu est un moyen de sanctification ; c’est pourquoi Satan cherche à la détruire dans les âmes qui aiment sincèrement la sainteté, et à lui substituer une fausse confiance, comme il le fit pour Ève.

Pour bien comprendre le chapitre que nous avons lu, il faut comprendre toute l’épître aux Romains. On y trouve (chap. 3 et 4) deux principes : 1° Le sang de Christ comme réponse de Dieu à toutes les exigences de la justice de Dieu, quant à ce que l’homme a fait. 2° L’efficace de la résurrection de Christ sur la vie chrétienne et sur la foi. La résurrection de Christ nous montre (chap. 5:1-3) le péché derrière nous, la grâce dans le présent et la gloire dans l’avenir.

Ces choses découlent de deux grandes sources, le premier Adam et le second Adam. C’est là ce qui remplit la seconde partie du chap. 5. Dans les chapitres suivants, l’apôtre montre l’effet de la vie du second Adam en nous quant au péché (chap. 6), et l’effet de cette vie quant à la loi (chap. 7). Tout cela se rattache à la justification. Si Christ ressuscité me communique sa vie, je suis placé dans toute l’efficace de ce que Christ a fait. Si nos âmes étaient aussi simples que la vérité de Dieu, nous nous verrions dans tout ce que Christ est, et nous aurions une joie inconcevable. En nous révélant l’état de nos âmes, Dieu ne nous demande pas ce que nous en pensons, mais il nous dit ce qu’il en pense. Dieu voit les âmes, auxquelles la vie de Christ est communiquée, dans ce que Christ est selon l’appréciation de Dieu ; Dieu parle de nous selon sa vérité et non selon nos préjugés. Nous avons part à tous les privilèges par la communication d’une vie qui est la sainteté (Chap. 6:3-6).

Dans le chap. 7, l’apôtre montre l’effet de la loi, quand la vie a été communiquée au pécheur. La loi demande que la créature soit parfaite devant Dieu ; elle exige la perfection absolue, sinon elle prononce la condamnation. La grâce est l’introduction de l’amour de Dieu et de la vie de Dieu au milieu du mal. Il ne peut pas exister de grâce où il n’y a pas de mal. Dieu donne, par la grâce, une vie qui hait le mal, aime la sainteté, et se place devant le mal selon l’efficace de la vie de Christ en nous.

La vie peut être introduite dans l’âme, sans une pleine connaissance de l’amour qui a donné cette vie, et c’est l’état qui est représenté au chap. 7. Il est impossible qu’un homme qui n’est pas entièrement affranchi et délivré ait pu décrire cet état. Ce n’est pas dans le brouillard qu’on voit clairement ce qui le constitue, c’est quand on a passé dans la lumière.

(v. 1-4). Le premier mari d’un Juif est la loi ; dans la mort de Christ, le Juif est mort à la loi et peut se marier avec Christ afin de porter du fruit pour Dieu. Le sujet de ce chapitre est la délivrance de la servitude de la loi par la résurrection de Christ. Il n’y a pas de véritable paix sans cela.

(v. 5). «Quand nous étions dans la chair» ; donc le chrétien ne peut pas être dans la chair, car cela ne peut signifier que l’état d’inconversion. Nous ne sommes plus dans la chair, du moment où nous avons reçu la vie de Christ (Rom. 8:8, 9). L’homme qui est en Christ est, devant Dieu, non dans la chair, mais dans l’Esprit.

L’effet de la loi est d’attacher tout péché à l’âme comme sujet de condamnation. Il n’y a point d’autre principe dans la loi, que de nous rendre responsables, sans nous donner ni force, ni grâce. Son effet est décrit au v. 13.

Le v. 14 nous montre la connaissance du nouvel homme : «Nous savons que la loi est spirituelle» ; et l’expérience du nouvel homme : «Mais moi je suis charnel, vendu au péché». Au v. 17, il va plus loin ; il trouve que la chair n’est pas lui, parce que le nouvel homme juge en lui le vieil homme. Il distingue entre les deux natures. Rom. 3:10, 11, montre que l’homme déchu n’a ni justice, ni intelligence, ni désir de Dieu. Mais, appliquant la sainteté de la loi à son état, il se condamne. S’il comprend et aime la sainteté, il retrouve encore la chair en lui, et se condamne encore. Mais, s’il trouve sa justice en Christ, le dernier obstacle est emporté. Le nouvel homme, aimant la sainteté, cherchant la sainteté, et voyant la chair en présence de la loi, tel est le tableau présenté depuis le v. 14, et il ne peut conduire qu’à l’exclamation finale du v. 24.

Il y a un avancement progressif dans l’affranchissement des âmes. Le premier effet de l’amour de la sainteté est de faire regarder à la chair comme étant nous-même. C’est un triste état. L’âme peut dire : ce n’est pas moi ; ce n’est pas ce que je désire ; mais elle met encore son état en question devant le jugement de Dieu. Quand l’âme croit que tout ce que la chair fait, c’est elle qui le fait, elle est encore tout près du désespoir. La grâce nous a vus dans tous nos péchés et nous a aimés. L’Évangile dit : Vous êtes perdus, je vous ai sauvés. L’âme, par la conscience, raisonne son état. C’est profitable, mais ce n’est pas la paix. La grâce nous montre comme étant ressuscités avec Christ. Dieu ne regarde pas à ma chair, qu’il a jugée en Christ, et ne me juge plus selon la loi. C’est comme Père qu’il me juge, et pour mon bien. Par le sceau du Saint-Esprit, j’ai la force de la vie de Christ pour jouir de Dieu, et c’est le sujet du chap. 8. Celui du chap. 7 est, non le combat intérieur, mais l’effet du combat intérieur, considéré devant la loi. Si la loi est mon mari, Christ n’est pas mon époux ; puis la fin du chapitre montre l’homme régénéré, considérant sa chair en présence de la loi qui le met au désespoir, d’autant plus qu’il comprend mieux la sainteté de Dieu.

Que puis-je donc faire ? Rien ; Dieu a tout fait. Je suis uni à Christ qui est ressuscité et moi avec lui. Ce n’est pas en nous-mêmes que Dieu nous juge ; il nous a jugés en Christ.

 

 

 

8              Méditations de J. N. Darby    Romains  7    Être ou n’Être pas Dans la Chair

Genève, 12 novembre 1848    n°229 : ME 1924 p. 319 / 339

C’est une chose sérieuse que de mettre vraiment une âme en relation avec Dieu. S’il ne s’agissait que de relations semblables à celles d’Adam en Éden, il n’y aurait pas tant de difficulté : l’homme jouissait, sans questions préalables, des bontés de Dieu, et regardait à Lui comme un enfant qui voit tout naturellement en son père celui dont il dépend et de la main duquel il reçoit tout ce dont il a besoin.

Mais il s’agit de mettre en relation avec Dieu un homme éloigné de Lui. Aussitôt mille questions surgissent. Quel est l’état de cet homme devant Dieu ? Et s’il n’est pas dans un état convenable, où trouver le moyen de répondre aux droits de Dieu et de paraître devant Lui ? C’est là ce que Job a rencontré : nul moyen de se trouver en la présence de Dieu, et personne pour se placer entre lui et Dieu.

Quand on a compris qu’il faut un Médiateur, nouvelle question : Comment concilier la réalité du péché avec cette médiation ? Dieu donne le Médiateur, et celui-ci va parler à l’homme du Dieu d’amour ; mais il ne peut le faire sans mettre à nu de son côté le cœur de l’homme. C’est une œuvre souvent pénible. Et l’on voit l’homme travailler inutilement à accorder ces faits contradictoires : d’une part l’amour de Dieu, d’autre part l’incapacité de l’homme à s’approcher de Lui. Il faut qu’il apprenne ce que Dieu est pour lui, mais il faut aussi qu’il comprenne ce qu’il est devant Dieu. Dieu seul peut faire une telle œuvre, et placer ainsi quelqu’un en sa présence avec la conscience de ce qu’il est et de ce que Dieu est. Il en résulte la paix et la joie, mais alors seulement ; sans cette œuvre, en effet, on ne pourrait se sentir heureux que par ignorance, ou par hypocrisie.

C’est une œuvre pénible, ai-je dit. Quand on fait la découverte de ce qu’on est, la conscience dit : «Plus d’espoir ! Je suis souillé de péché !» Et il faut arriver à concilier ce douloureux travail de conscience avec une pleine connaissance et une pleine jouissance de l’amour de Dieu. Les mondains voudraient bien être dans le ciel, mais ils ne veulent pas que la conscience soit atteinte. C’est que, dès qu’elle se trouve en présence de Dieu, il semble que ce soit la fin et non le commencement du bonheur ! D’autres se contentent d’avoir bonne conscience devant les hommes, et voudraient que l’homme soit la mesure de l’homme ; mais quel pauvre bonheur ce serait, même si l’on devait rester toujours ici-bas dans ces conditions !

L’amour de Dieu d’une part, une mauvaise conscience de l’autre, voilà les extrêmes qui doivent se rencontrer. C’est la difficulté, dans laquelle se débat une âme réveillée. Elle apprend que l’amour de Dieu s’adresse à une mauvaise conscience, — sans quoi l’amour de Dieu ne serait pas fait pour nous ; et en même temps cette mauvaise conscience l’empêche de jouir de cet amour. Dieu justifie l’impie, est-il dit ; mais l’impie qui n’a pas une mauvaise conscience prouve que sa conscience est endurcie et il n’éprouve nul besoin de justification ; il n’a aucun sentiment de la présence de Dieu. Le premier effet du sentiment de cette présence c’est précisément la mauvaise conscience. Vous avez péché ; votre conscience vous le répète, vous tourmente, et il en sera ainsi jusqu’à ce qu’elle soit purifiée du péché. Ou vous pourrez dire que Dieu ne se souviendra jamais de vos péchés, ou votre conscience restera mauvaise. Ainsi, si vous voulez avoir affaire avec Dieu, vous ne le pouvez pas sans être troublé dans votre conscience. On a de la peine, et il est humiliant de se soumettre à cela, mais il ne peut en être autrement. Il faut avoir compris que, quant à nous, notre état est sans remède et qu’il n’y a pas de moyen d’en sortir. Alors on comprend aussi que Dieu, et Lui seul, peut créer quelque chose de nouveau, nous placer dans un état entièrement nouveau. C’est là ce dont nous avons besoin.

Toute l’histoire de la Bible est l’histoire des rapports de Dieu et de l’homme dans son état de ruine dû au péché.

Cet état est désigné par l’expression : «être dans la chair». Il est important pour une âme qui veut être délivrée de la comprendre. Ce n’est pas la même chose qu’avoir la chair en nous, disons-le en passant. Être dans la chair, c’est être devant Dieu dans la condition d’un homme tel qu’il est naturellement, n’ayant que soi-même pour répondre de soi. Un homme converti qui se place sous la loi est dans la chair. Nous sommes toujours dans la chair jusqu’à ce que nous ayons compris que le croyant est en Christ dans la présence de Dieu, et alors tout est changé. «Si même nous avons connu Christ selon la chair, toutefois maintenant nous ne le connaissons plus ainsi», dit l’apôtre. Christ était là sous la loi, lui aussi, mais sans l’avoir violée, et il pouvait, lui seul, se présenter lui-même à Dieu.

«Quand nous étions dans la chair» (v. 5). En disant cela, Paul ne veut pas dire évidemment que la chair n’est plus en lui. Elle y est, il parle ailleurs d’une écharde dans sa chair, nécessaire parce que cette chair voulait s’enorgueillir d’avoir été dans le troisième ciel. Mais un homme n’est plus dans la chair quand la présence de l’Esprit de Dieu en lui l’a placé d’une manière intelligente en Christ qui est en haut. Dès lors la chair est bien toujours en lui, mais il ne se place pas devant Dieu avec la pensée de répondre pour lui-même à Dieu, ce qui est le propre de la chair. La chair est bien en nous, mais nous sommes dans l’Esprit (Rom. 8:9). Pour avoir l’assurance et la force pour la sainteté, il faut être transporté du domaine de la chair en Christ, et trouver cette vérité si précieuse et si importante que c’est un autre qui répond pour nous, et non pas nous-mêmes.

C’est là le centre de tout le christianisme. Répondre pour moi-même n’est pas la grâce ; au contraire ! Mais l’âme qui ne comprend pas sa justification en Jésus veut répondre pour elle-même. Et alors, quel trouble !

Le malaise de la conscience croît d’autant plus qu’on sait que Dieu est un Dieu de grâce. Plus Dieu est bon, plus mon péché est grand si je méconnais sa bonté ; plus Christ est précieux, plus je suis coupable de ne pas l’apprécier ; plus les motifs pour m’engager à aimer Dieu sont puissants, plus je suis démontré méchant si je ne l’aime pas. Satan reproche à la doctrine de la grâce de nous pousser au péché. Au contraire. Rien ne peut nous donner une telle horreur du péché. La grâce n’est pas la justice, mais elle nous fait part de la justice, et c’est là ce qu’il faut saisir.

Le premier effet de l’amour de Dieu est de réveiller la conscience, et, plus étendue est la grâce, plus sa révélation fait sentir à l’homme sa culpabilité.

Je rappelle à ce propos Exode 34:5. Quand le nom de l’Éternel est crié devant Moïse, il est appelé «miséricordieux et faisant grâce, lent à la colère et grand en bonté». Or en faisant allusion à ces événements, l’apôtre déclare que c’est l’introduction d’un «ministère de condamnation et de mort» (2 Corinthiens 3). On cite souvent ce passage comme une révélation de ce que Dieu est, en grâce ; mais il n’y avait pas là une grâce qui, ayant fait provision pour le péché, ôtât celui-ci, délivrât la conscience et plaçât l’homme net devant Dieu. C’était le ministère de la condamnation et de la mort, en contraste avec celui de la justice et de l’Esprit.

Ainsi une âme qui voit que Dieu est bon et qui n’a pas la paix, est encore dans la chair, sous la loi, sous le ministère de mort, devant le voile que Moïse avait mis sur son visage. Les enfants d’Israël l’avaient prié de porter un voile parce que la gloire dont il rayonnait était celle d’un ministère de mort, qui ne graciait pas le pécheur. Dieu n’avait pas voulu effacer Moïse de son livre, mais, avait-il dit, «celui qui aura péché contre moi, je l’effacerai de mon livre». L’Éternel restait le Dieu d’Israël, mais eux se retrouvaient sous la loi. Et plus Dieu se montrait bon et miséricordieux, plus le péché était grand de le méconnaître. C’était bien par conséquent un ministère de mort et de condamnation.

Les âmes angoissées dont je parle, savent bien que Dieu, dont elles disent pourtant qu’Il est bon, ne peut voir l’iniquité et que quiconque est trouvé devant Lui dans son péché, sera effacé de son livre. Si Dieu n’était pas le Dieu de sainteté, il n’y aurait besoin ni de Christ, ni de loi, ni de conscience, ni de quoi que ce soit. Savoir qu’il est le Dieu saint entraîne pour la conscience l’arrêt de mort et de condamnation.

Au fond, en être là, c’est être sous la loi tout autant que si on prenait les dix commandements pour se rendre juste devant Dieu. Sans doute vous ne faites pas vôtres les paroles du peuple à Sinaï. Sans doute vous avez entendu avec Moïse sur la montagne que Dieu est miséricordieux. Mais il reste que si vous voulez satisfaire vous-mêmes à la justice de Dieu, vous êtes sous la loi, vous êtes dans la chair. Et je le répète, votre conscience est d’autant plus troublée que vous savez que Dieu est bon. Moïse avait précédemment brisé les tables de la loi avant d’entrer dans le camp. Comment donner la loi à un peuple qui l’avait déjà violée ? Ainsi, sur le pied de la loi toute pure, l’homme n’a pas pu vivre même un instant. Mais le mélange de la loi et de la grâce, auquel on voudrait s’attacher, écrase l’âme. Aimer Dieu de tout son cœur, tel est le principe de la loi. Or il est tellement bon, il donne tant de raisons de l’aimer, que cette bonté même crée une exigence de plus pour l’homme dans la chair, qui est inimitié contre lui.

On ne sort de là que lorsqu’on a compris que l’Esprit, qui opère tout ce travail intérieur, est donné à l’homme en vertu de la présence de Jésus devant Dieu, de Jésus qui comparaît devant Dieu pour nous. Alors tout change. On voit que la grâce n’a été satisfaite que par une œuvre complète, créant un état de choses entièrement nouveau.

La fin du chap. 7 nous dépeint le travail d’une âme qui est amenée à comprendre ce changement. Elle a découvert que «la loi est spirituelle, mais moi charnel». Un combat intérieur en est la suite, amené par la conscience que l’âme manque à la spiritualité de la loi. Et pourtant on donne pleine raison à celle-ci ; on la reconnaît bonne (v. 16). On se débat dans une incertitude angoissante : «Ce n’est plus moi qui fais cela, mais le péché qui est en moi». On sait bien qu’en moi il n’habite point de bien, mais on a l’ardent désir de répondre à Dieu, et on en voit l’impossibilité ! On voudrait trouver plus de sainteté, plus de puissance spirituelle. Mais où trouver cela en moi ? C’est vouloir que la grâce produise en moi quelque chose qui me rende plus content de moi-même. Jamais ! Il n’y a donc qu’à désespérer de moi. «Misérable homme que je suis !» Peu importe, me semble-t-il, qu’il y ait de la grâce en moi. Elle me fait voir ce que je dois à Dieu, mais c’est pour constater que je ne le fais pas ; la puissance manque. La lutte me donne conscience du mal qui est en moi, et aussi longtemps qu’il s’y trouve je ne puis être content de ce que je suis. De sorte que je ne puis jamais trouver la paix !

Alors une autre question se présente : «Qui me délivrera ?» Y a-t-il un espoir en dehors de moi ? L’âme veut s’attacher à quelqu’un qui accomplisse ce qu’elle est incapable de faire. Pour moi, je suis un misérable, la chair est en moi, je ne puis être ce que je devrais, qui me délivrera ? Et j’apprends à connaître ce que Dieu a fait pour moi ; par là je me retrouve sur le terrain de la grâce seule.

La grâce, qui me révèle à la fois ce que je suis dans mon état de péché et ce que Dieu a fait pour moi alors que j’étais dans cet état, la grâce vient me dire qu’il ne s’agit plus de me présenter, moi, devant Dieu, mais que Christ est venu parce que l’homme quel qu’il fût était pécheur, et que c’est en Christ que Dieu agit envers moi. Christ s’offre à tout pécheur, si dégradant que soit son état, et le présente à Dieu. Ainsi, quand vous dites : Il y a du péché en moi, comment me tenir devant Dieu ? la réponse est : Vous ne le pouvez pas, mais Christ vous voit, vous avez besoin de Lui et il n’a jamais repoussé un pécheur.

La grâce est donc le grand principe de cette délivrance. Dieu agit en grâce envers le pécheur tel qu’il est, lui donnant conscience de son péché ; Jésus se présente à lui en grâce, justement parce qu’il n’y a que péché en lui et que Christ est venu sauver le pécheur.

Ce n’est pas encore : «être dans l’Esprit». L’âme a trouvé repos, consolation, elle se sent attirée par Christ. Mais si elle quitte Sa présence, sa conduite reparaît devant elle et la trouble ; si elle commence à raisonner, elle rencontre le Dieu de justice qu’elle ne peut satisfaire. Cependant un pas immense est fait. Maintenant, en avançant dans cette voie, je comprends que je n’ai plus à aller me présenter seul devant Dieu avec ma propre justice, et que Christ se présente continuellement pour moi. Il est monté en haut, et cela après avoir accompli l’œuvre qui ôte tous mes péchés.

Moïse avait dit au peuple : «Je monterai vers l’Éternel ; peut-être ferai-je propitiation» (Ex. 32:30), et Dieu n’avait pas voulu de sa propitiation : «Celui qui a péché, avait-il dit, je l’effacerai de mon livre». Mais en Jésus il n’y a pas de peut-être. Il est monté, Il a dit à Dieu : J’ai fait l’expiation, et Il a donné dans son sang la preuve que celle-ci est faite.

Si maintenant je me présente à Dieu, je vois Christ qui est là, Christ qui a offert son sang dans lequel tous mes péchés ont été lavés. Et ma conscience est purifiée, dès que je suis sûr qu’aucun péché n’est mis à mon compte devant Dieu.

La vraie question, la seule, est donc celle-ci : le sang de Christ suffit-il ? C’est un péché que de supposer le contraire. Mais vous direz : Je trouve ceci et cela en moi ! — En vous il n’y a que mal, vous n’y trouverez jamais le salut. C’est le sang de Christ qui ôte le péché. Encore une fois, suffit-il ? Dire non serait mépriser et l’amour de Dieu dont le cœur a conçu le dessein de l’œuvre rédemptrice, et Christ qui est monté avec la preuve que cette œuvre est achevée et qu’il n’y a plus de péché sur ceux qui croient. Le sang est là, il est accepté et il est d’un prix infini devant Dieu : je puis venir, et jouir de la parfaite paix que donne le sentiment de l’effacement définitif du péché. Seul le sang du Fils de Dieu pouvait ôter le péché, et je sais qu’il l’a ôté : voilà la paix de l’âme.

Et maintenant, comment ai-je la connaissance de tout cela ? Parce que Celui qui est ainsi monté a pu envoyer son Esprit demeurer en moi, afin que je sois le temple du Saint Esprit. Désormais je suis dans l’Esprit, j’ai la connaissance même de Dieu, j’ai cette intelligence que l’Esprit donne et qui me fait voir les choses comme Dieu les voit. L’homme dans la chair ne participait à aucun degré à cette connaissance.

Enfin, quand viendra le moment de nous présenter personnellement devant Dieu, nous trouverons toujours Christ, qui a entrepris notre cause d’un bout à l’autre. Il est venu faire l’expiation du péché. Il reviendra, et Il changera nos corps vils pour nous prendre et nous introduire tels qu’Il est lui-même dans la présence de Dieu. Nous lui serons semblables. Il reviendra nous chercher parce qu’il nous aime, et que le Père nous aime.

En attendant, notre position est d’être dans l’Esprit. C’est avoir l’Esprit de Celui qui est déjà à la droite de Dieu après avoir accompli le salut dont cet Esprit rend témoignage. Il ne s’agit pas seulement de produire des fruits. Le Saint Esprit qui les produit nous rend témoignage de la perfection de l’œuvre de Jésus, et de sa gloire actuelle.

Ainsi, nous sommes dans la chair aussi longtemps que nous n’avons pas compris l’amour parfait de Dieu qui nous a lavés de tous nos péchés dans le sang de l’Agneau. Et nous ne le comprenons qu’en recevant le témoignage du Saint Esprit. Il nous procure cette paix que nous ne trouverons jamais en regardant à nous pour y chercher quelque chose de compatible avec la présence de Dieu. Si le Saint Esprit me fait désirer d’être saint, Il me fait sentir aussi que je ne le suis pas. Mais il me montre Christ qui comparaît devant Dieu pour nous. Alors la conscience est purifiée et ne met aucun obstacle à la jouissance de l’amour de Dieu. Ainsi se concilient ces choses qui paraissaient inconciliables : une conscience réveillée au sentiment du péché, et la preuve parfaite de l’amour de Dieu qui a donné son Fils.

 

 

 

 

9              Méditations de J. N. Darby    Romains  8    Quelques pensées

Lausanne, 4 juillet 1850    n°223 : ME 1923 p. 253

Nous trouvons dans ce chapitre, si riche sur tant de points, deux bénédictions spéciales que la présence du Saint Esprit nous apporte : 1° une intimité avec Dieu telle qu’on ne peut souvent démêler si l’apôtre parle du Saint Esprit ou de l’état de notre cœur. La force de Dieu lui-même, et dans ce cas le Saint Esprit est distingué de notre état intérieur.

S’agit-il de communion, le Saint Esprit est nous-mêmes, en un certain sens, mais nous avons tout autant besoin de la puissance de Dieu agissant en nous et opérant indépendamment de nous.

Ce qui distingue le chrétien, c’est la conscience de ses rapports avec Dieu. L’Esprit produit en lui des affections qui montent vers Dieu comme les prémices du cœur : l’amour, la joie, la paix. En parlant ainsi, je suppose un chrétien qui a compris sa position en Christ.

Rappelons-nous toujours que l’œuvre de Christ n’est pas seulement de nous sauver, mais de nous placer dans une position où nous jouissions de la présence de Dieu lui-même : «Christ a souffert, lui juste pour les injustes, afin de nous amener à Dieu». Dès lors nous sommes en Sa présence, non dans la servitude, ni pour trembler devant Lui, mais avec des affections découlant de la grâce infinie qui nous a amenés en cette présence. Nous connaissons Dieu comme Celui qui nous a amenés à Lui ; le Saint Esprit qui nous est donné agit en nous et y habite. C’est lui qui produit dans nos cœurs les affections convenables à la position où l’amour de Dieu nous a placés.

Le Saint Esprit nous donne non pas seulement l’assurance que nous pouvons y être, mais que nous y sommes. À cela se rattache nécessairement la jouissance de cette position. Dieu est pour moi un ami, non plus un juge ; je vais à lui, je suis avec lui, et par conséquent je jouis de sa présence. Il ne s’agit pas ici de la valeur du sang de Christ, base invariable de nos relations avec Dieu, mais de l’état où nous sommes, en vertu de l’œuvre de Christ.

«Il n’y a donc maintenant aucune condamnation pour ceux qui sont dans le Christ Jésus». Son œuvre en a détruit la possibilité. Il n’y a pas de condamnation, non pas parce que Christ est mort, mais parce que je suis en Lui. C’est une position dans laquelle je me trouve. Le pécheur a besoin d’être introduit devant Dieu par le sang de Christ mais, dans ce passage, les croyants ont leur place devant Dieu en Christ, tel qu’il est. L’apôtre ne dit pas : Il n’y a aucune condamnation parce que Christ est mort, mais parce que «la loi de l’Esprit de vie, dans le Christ Jésus m’a affranchi de la loi du péché et de la mort». Si Dieu satisfait son cœur en nous amenant à Lui, est-ce pour nous condamner ? Ces deux choses sont incompatibles et s’excluent l’une l’autre.

C’est là le secret de l’assurance, de la tranquillité d’esprit, de la joie que le chrétien devrait avoir, même au milieu des combats. La foi fait cela : elle juge comme Dieu juge, d’après ses pensées et ses affections ; et voici comment il juge : «Voyez de quel amour le Père nous a fait don, que nous soyons appelés des enfants de Dieu !» Il y a des conséquences pratiques à tirer de ce fait : Si nous sommes en Christ, la vie de Christ, son caractère, se trouvent là. La pensée de la chair et la pensée de l’Esprit sont antagonistes. La chair ne peut point plaire à Dieu, mais, dès que vous êtes venus à Lui, vous trouvez une telle intimité entre l’Esprit et notre état, que ce dernier est à la fois moi et l’Esprit. On ne peut séparer la vie en moi, d’avec l’Esprit qui agit dans cette vie. J’aime Dieu ; le Saint Esprit produit ces affections en moi. Les choses que l’Esprit révèle sont la sphère de ces affections. La chair a ses convoitises ; c’est le monde et les choses qui s’y trouvent, mais il y a les pensées de l’Esprit qui sont vie et paix et les choses de l’Esprit qui sont un monde entièrement à part de ce monde-ci.

L’opération vitale du Saint Esprit produit ces affections qui sont à la fois miennes et siennes. Nous avons les pensées de l’Esprit ; nous pouvons jouir de Dieu et nous glorifier en Lui, trouver notre plaisir et nos affections en Christ dans lequel Dieu a son plaisir et ses affections.

Aux vers. 9-11 nous trouvons trois caractères des opérations de l’Esprit en nous : 1° Vous n’êtes pas dans la chair, mais dans l’Esprit. L’Esprit de Dieu est mis en contraste avec la chair ; il produit ce qui plaît à Dieu, ses affections et ses pensées. Christ est le modèle de ces affections : «Si quelqu’un n’a pas l’Esprit de Christ, celui-là n’est point de Lui». L’Esprit de Christ est la forme que prend la manifestation de l’Esprit de Dieu. Nous avons en Christ lui-même cet Esprit, comme forme et affections de l’homme en Christ. 2° Si Christ est en nous, le corps est bien mort à cause du péché, mais l’Esprit est vie à cause de la justice. 3° Si l’Esprit de Celui qui a ressuscité Jésus d’entre les morts habite en nous, Dieu vivifiera aussi nos corps mortels à cause de son Esprit qui habite en nous.

Vers. 12-14. La grande, la seule pensée de Dieu quant à nous, est toujours Christ. Dieu a fait toutes choses pour Christ. Quand sa pensée est une pensée de grâce elle est de nous rendre conformes à l’image de son Fils pour qu’il soit premier-né entre plusieurs frères. Cette pensée est-elle trop élevée pour vous ? Rappelez-vous que Dieu ne peut penser autre chose. Si Christ a ses délices dans les fils des hommes, Dieu ne peut les vouloir moindres que l’image de son Fils. Il opère déjà en nous pour nous rendre conformes à Christ ; il veut que nous jouissions de Lui et que nous lui donnions gloire comme ayant cette jouissance. Cela nous encourage, nous humilie, nous donne de la force, nous inspire de la confiance en l’amour infini de Dieu.

«Car tous ceux qui sont conduits par l’Esprit de Dieu, ceux-là sont fils de Dieu». Telle est notre place, notre position ; nous sommes fils et filles du Dieu Tout-Puissant qui nous conduit ainsi sur les traces de Jésus.

Vers. 15-16. L’effet nécessaire de la présence du Saint Esprit est de nous donner conscience de notre adoption et de nous placer, quant à nos cœurs, dans cette relation. Ce n’est pas seulement une doctrine que l’on pourrait posséder avec un cœur très froid, mais, sans cette assurance, point de joie. Dieu ne veut pas nous sauver tout juste pour que nous entrions dans le ciel ; il a des intentions en vue de sa propre gloire. L’Esprit, agissant dans nos cœurs, devient en nous un Esprit d’adoption, l’esprit des enfants. Il n’est pas seulement un Esprit d’amour, mais nous donne conscience et jouissance de la relation dans laquelle Dieu nous a placés. S’il n’en est pas ainsi, c’est que vous avez contristé le Saint Esprit. Il ne peut être témoin d’autre chose que des conseils de Dieu ; il ne peut, comme habitant dans un enfant de Dieu, produire autre chose que les affections qui découlent de cette relation. L’âme peut en jouir à tel moment plus qu’à tel autre, comme un enfant jouit de son père, mais il a le sentiment d’être enfant : «L’Esprit lui-même rend témoignage avec notre esprit que nous sommes enfants de Dieu». C’est le Saint Esprit lui-même ; il ne varie pas, ne rend pas deux témoignages ; il est toujours là, constamment le même, source de nos pensées, puissance qui rend témoignage que nous sommes enfants de Dieu. Il est impossible de le changer ; cet Esprit est Dieu lui-même.

Au vers. 17, l’apôtre tire les conséquences de l’adoption, sur lesquelles je ne m’étendrai pas. Aux vers. 18-29, ayant par le Saint Esprit conscience de la gloire qui nous attend, connaissant parfaitement la bonté de Dieu, jouissant du bonheur de ceux qui l’entourent et mesurant l’étendue du malheur de ceux qui sont loin de Lui, nous soupirons, non de la peine dont nous souffrons, mais en sympathie et avec la pensée que nous nous trouvons au milieu de ces choses. Ce n’est pas de l’égoïsme. Ayant l’Esprit, je connais la misère de ce qui m’entoure, je soupire sur le malheur, parce que j’ai le bonheur. Mais je ne suis pas dans la condition où Dieu me veut. Les misères, l’angoisse, les maladies, la mort ne sont pas ce que Dieu veut, sa pensée définitive pour moi. Dieu s’entoure de bonheur. Je vois Christ dans cette gloire ; tout reluit dans la splendeur de cette béatitude. Je soupire, parce que je traverse dans un corps mortel, un monde qui est sous le joug de la mort. Je soupire, parce que j’ai l’Esprit de vie qui m’a fait comprendre ce que Dieu veut pour moi. Je parle en tant que chrétien. Mes souffrances même découlent de la certitude que ce qui est loin de Dieu doit souffrir. Christ avait la conscience infinie du bonheur qui entourait Dieu, la jouissance de l’amour de son Père, mais il était l’homme de douleur ; il souffrait — et dans quelle mesure ! — de la misère de l’homme. Telle est aussi notre position selon l’Esprit. Nous soupirons en nous-mêmes, attendant l’adoption, la délivrance de notre corps. L’Esprit nous est en aide dans notre infirmité (v. 26). Il intercède lui-même par des soupirs inexprimables ; il prend connaissance de ces choses. Celui qui sonde les cœurs connaît la pensée de l’Esprit ; il mélange ma pensée avec celle de l’Esprit qui intercède pour les saints selon Dieu. Quelle pensée ! Ces soupirs sont ce que le Saint Esprit produit et non l’expression de la misère qui est en nous. Seulement nous ne savons pas demander comme il convient, et quoi qu’il en soit l’Esprit intercède.

Tout le reste du chapitre (v. 29-39) se passe en dehors de nous : «préconnus, prédestinés, appelés, justifiés, glorifiés». Il ne dit pas : «sanctifiés» parce qu’il parle de ce que Dieu fait hors de nous ; c’est entièrement l’acte de Dieu. Qui sera plus fort que Lui ? Qui nous séparera de son amour ? Si Dieu est pour nous, qui sera contre nous ? Impossible que ce qu’il a voulu manque jamais, et c’est pourquoi la sanctification est laissée de côté.

Dieu nous ayant placés dans la relation d’enfants pour nous rendre conformes à l’image de son Fils, le Saint Esprit devient la puissance de ces affections et cette puissance est telle, qu’elle va jusqu’à la résurrection de nos corps.

Que Dieu nous donne de savoir que nous possédons une telle grâce, mais demeurons avec Dieu, dans la douce et paisible conscience de la position dans laquelle nous sommes par l’Esprit de Dieu qui habite en nous.

 

 

 

10         Méditations de J. N. Darby    Romains 8    (Regards sur Romains 8)

Vevey, 14 septembre 1871    n°279 (ex 274) : ME 1965 p. 248

Du côté de Dieu il n’y a aucun nuage : qui nous séparera de son amour ? Nous jouissons de sa faveur sans réserve de sa part. Nous avons l’Esprit d’adoption par lequel nous crions : Abba, Père ! Il n’y a aucune condamnation pour ceux qui sont dans le christ Jésus : l’on ne peut condamner Christ.

Puis, au verset 3, vient la puissance pratique : nous sommes affranchis du joug du péché. Ordinairement on a plus de difficulté au sujet du péché en soi qu’au sujet des péchés ; il faut ici la délivrance et non plus le pardon. Mais la puissance de cette délivrance existe ; si je suis vigilant, la chair n’a aucun droit sur moi. Il y a ces deux choses, les péchés et la chair qui les produit, et la mort de Christ s’applique à l’une et à l’autre. Quand le péché est devant il est agréable à la chair, quand il est derrière il produit de l’amertume dans la conscience.

J’ai offensé Dieu, je suis pardonné ; j’étais coupable, je suis justifié ; j’étais souillé, je suis lavé. Il importe que j’aie bien conscience de cela. Si quelqu’un paie mes dettes, j’ai soin de toutes les indiquer, afin qu’il n’en reste rien. Christ a porté tous mes péchés. Il est assis là-haut parce que tout est fini. Tous mes péchés étaient encore futurs quand Christ les a portés. Dieu connaît tout, et Il a tout mis sur Jésus.

Deux passages de cette épître parlent du bonheur du croyant, dans le cinquième chapitre et dans le huitième. Dans le cinquième, c’est le pardon des offenses, dans le huitième «il n’y a maintenant aucune condamnation pour ceux qui sont dans le christ Jésus». Il n’est pas dit : point de condamnation pour ceux pour les péchés desquels Christ est mort ; mais : pour ceux qui sont en Christ. C’est une nouvelle position. Comme je l’ai dit souvent, supposez un jeune homme criblé de dettes ; son père l’en délivre ; puis le père, qui fait de bonnes affaires, s’associe ce fils ; dès lors le jeune homme dit : nos capitaux, nos affaires, nos clients, etc., quand bien même il n’a pas apporté un sou. Ainsi Christ nous a unis à Lui, ce qu’Il a est à nous, le croyant sait qu’il est à Christ. «Vous saurez que moi je suis en mon Père, et vous en moi, et moi en vous» (Jean 14:20). En s’en allant Il dit : Mon Père et votre Père, mon Dieu et votre Dieu. Il est là à la droite de Dieu, et moi je suis en Lui, et Il a envoyé son Saint Esprit pour que je le sache. Il faut en avoir une conscience parfaite pour que le cœur soit libre. Dieu est venu me chercher, quand j’étais dans mes péchés ; Il dit : Tu ne peux avoir confiance en moi ? eh bien, me voici.

J’ai part à la mort de Christ, il est devenu ma vie, mais comme étant mort et déjà ressuscité. En moi il n’habite aucun bien, il faut la mort pour me débarrasser de cela. C’est pourquoi nous avons été crucifiés avec Lui. Quand je dis : Ce n’est pas moi qui fais cela, mais le péché qui habite en moi, cela ne me contente pas ; alors je dis : Je suis crucifié avec Christ. Tout change : je suis uni à Lui ; la mort, la vie, ce sont nos capitaux communs. Je mourus sur la croix ; Dieu me dit : Tu es mort ; ma foi s’empare de la chose, je suis mort au péché et vivant à Dieu. La loi de l’Esprit de vie qui est dans le christ Jésus m’a affranchi de la loi du péché et de la mort. Dieu a condamné le péché dans la chair, qui est dans la chair. Cette condamnation est accomplie, et la vie de Christ est en puissance en moi. Ce qui était impossible à la loi, Dieu l’a fait. La loi me maudit mais ne peut condamner le péché dans la chair. En Colossiens 3 Dieu dit : Vous êtes morts. La foi dit oui. Puis, portant la mort dans mon corps la vie se produit, la chair ne bouge pas et la vie de Jésus se manifeste dans mon corps. Je prends ma place dans la mort du Seigneur Jésus, je porte dans mon corps le «mourir» du Seigneur Jésus, pour que la seule chose qui se manifeste soit la vie. C’est là la vie chrétienne. Le Saint Esprit dit : Tu es fils ; et dès lors je ne reconnais plus la chair. Notre conversation est désormais dans les cieux.

Mais le Saint Esprit prend aussi connaissance de nos infirmités ; je gémis selon Dieu, et l’Esprit intercède par des soupirs inexprimables. En Jean 11 Christ pleure en voyant la puissance de la mort agir sur les cœurs. Je ne sais pas ce qu’il faut demander comme il convient, mais je sais que Dieu dirige tout pour mon plus grand bien. Il est pour nous, Il donnera toutes choses avec Jésus, Lui me justifie ; qui condamnera ? Qui me séparera de l’amour du Christ ? Il a passé par toutes les choses énumérées au v. 35, Il s’est fait homme pour y passer.

Il faut une conscience parfaite, c’est un péché de ne pas l’avoir, mais rappelons-nous que le remède qui nous assure la délivrance de la chair, c’est que nous sommes morts avec Christ. Il n’est jamais dit que nous devons mourir. Mettre à mort, ce n’est pas mourir, c’est exercer une puissance. Je fais mon compte que je suis mort ; alors je mortifie, je tue mes membres qui sont sur la terre (Colossiens 3:5).

Je répète qu’il y a généralement, pour ne pas dire toujours, plus d’exercices au sujet de la chair qu’au sujet des péchés. Je dis à un chrétien : Tes dettes sont toutes payées ; il me répond : Quelle bonne chose ! Mais j’ajoute : Tu es mort ; et il proteste : Hélas ! non, je me suis fâché ce matin... On n’est pas délivré de soi-même tant que l’on n’a pas désespéré de soi-même. «Misérable homme que je suis, qui me délivrera ?» C’est comme un enfant qui est tombé dans un fossé, et qui est là planté dans la vase. Il dit à son père qui est en haut : Il faut que je sorte d’ici. Son père lui dit : Oui. L’enfant fait un premier effort pour grimper le talus, mais glisse de nouveau dans la vase et se salit un peu plus. Il regarde de nouveau vers son père en disant : Il faut que je me tire de là. Le père répond : Certainement. Alors l’enfant fait des efforts inouïs à plusieurs reprises et retombe toujours plus profond dans le bourbier. Alors il désespère de lui-même et dit à son père : Je n’y peux rien, il faut que tu me tires de là ; et le père répond : Ah ! voilà ce que j’attendais ; et il le retire. «Je rends grâces à Dieu par Jésus Christ notre Seigneur» (Romains 7:25)

 

 

 

11         Méditations de J. N. Darby    Romains  8:1-11    La Délivrance

30 août 1850    n°231 : ME 1926 p. 16

Ces versets renferment la réponse à la question posée au chapitre précédent : «Qui me délivrera de ce corps de mort ?» L’apôtre commence à répondre au premier verset et poursuit la définition de la délivrance jusqu’à ces paroles : «Si l’Esprit de celui qui a ressuscité Jésus d’entre les morts habite en vous, celui qui a ressuscité le Christ d’entre les morts vivifiera vos corps mortels aussi, à cause de son Esprit qui habite en vous» (v. 11).

Les versets suivants ne sont plus que les conséquences de cette délivrance. Dans le chapitre 7 nous voyons une âme qui a conscience de l’esclavage dans lequel elle est retenue. Or la conscience de l’esclavage n’est pas l’esclavage lui-même. L’état naturel de l’homme c’est de faire le mal, de satisfaire les convoitises de son cœur ; et, quand le péché a été consommé, il produit la mort. Tel l’enfant prodigue qui n’a pour se nourrir que les gousses des pourceaux au lieu du pain de la maison de son Père. Cependant la conscience, qui est en chacun, parle à l’homme, et l’effet de sa conscience réveillée est de lui faire craindre la présence de Dieu. Mais, il n’en reste pas là et, quand la lumière le pénètre, il comprend que le mal est un esclavage ; sa volonté alors est délivrée et il sent et déteste l’esclavage.

Si l’homme qui est en prison se figure habiter un palais, il ne souffre pas de l’esclavage, il ne s’en doute pas même ; mais s’il lui vient le désir de sortir et qu’il essaye de le faire, il en voit l’impossibilité et comprend alors que la liberté est une chose précieuse. L’homme est moralement affranchi quand sa volonté est détruite. Cet état est exprimé dans ces mots : «Ce n’est pas ce que je veux, que je fais, mais ce que je hais, je le pratique». Ce n’est pas encore une entière délivrance, et c’est pourquoi nous parlons d’un affranchissement moral. Cet homme est encore esclave, mais il a conscience de son mal et soupire après la délivrance ; il fait l’expérience que, pour l’atteindre, il n’y a en lui aucune force, aucun moyen de sortir de l’esclavage.

En un mot : lorsqu’on commence à haïr le mal, on sent qu’il est un esclavage, et quand on veut faire le bien, on se sent privé de la force nécessaire pour l’accomplir. Alors, plus l’âme est sincère, plus elle est malheureuse ; plus elle fait d’efforts pour se dégager de ses chaînes, plus ces dernières lui font de blessures : c’est ce que nous trouvons à la fin du chapitre 7. La conscience du mal introduit l’âme dans un combat, où elle apprend une chose : son incapacité ; alors elle s’écrie : Misérable homme que je suis, qui me délivrera de ce corps de mort ? Comme nous l’avons dit en commençant, c’est dans les onze premiers versets du chapitre 8 que se trouve la réponse à ce cri, tandis que le reste du chapitre traite des conséquences de la délivrance.

Aussi longtemps que nous cherchons à sortir de l’esclavage par nous-mêmes, Dieu nous laisse faire, afin que nous sachions que, non seulement nous étions des impies, mais encore des gens sans force, et que la délivrance vient de Dieu seul. «Quand nous étions encore sans force. Christ est mort pour des impies». Lorsque Dieu a montré aux hommes en général où ils en étaient, Il a envoyé un Sauveur. Il agit de même individuellement ; il faut que l’âme comprenne bien qu’elle est perdue, pour recevoir de Dieu la délivrance. Il lui fait alors connaître qu’Il l’aime, et que le salut ne vient absolument que de Lui. Le péché dans l’homme attire sur lui la condamnation ; aussi la grâce est-elle pour lui la source de toute délivrance.

Il arrive parfois que l’âme est bien convaincue que le moyen d’être sauvé réside dans l’efficace du sang de Christ, mais qu’elle y ajoute la sainteté de l’homme. Oh ! se dit-elle, si seulement je puis arriver à vaincre tel ou tel penchant, je jouirai de l’efficace du sang. Mais aussi longtemps qu’elle en est là, elle n’est pas affranchie et ne connaît pas l’amour de Dieu. En effet, si c’était en vertu d’une valeur qui serait dans l’homme, que Dieu ferait grâce, ce ne serait plus une grâce absolue, même en supposant qu’on croie le sang nécessaire. L’expiation par Jésus Christ est le moyen unique de salut, et jamais l’homme qui mêle l’efficace du sang de Jésus et le progrès dans la sainteté ne jouira d’une paix parfaite. En ajoutant ces choses l’une à l’autre, on ne peut avoir l’idée de l’amour de Dieu pour nous qui a précédé le sacrifice de Christ, et a donné lieu au don qu’Il nous a fait de son propre Fils.

Une vraie confiance dans le sang de Christ, nous apprend que ce sang seul suffit sans notre sainteté et que cette dernière n’ajoute rien à la valeur de ce sang. C’est pourquoi Dieu fait faire à l’âme cette découverte qu’il n’y a en elle que misère, et alors elle peut dire :

Ce n’est pas de moi que vient la délivrance, mais «lorsque nous étions encore pécheurs, Christ est mort pour nous».

Mais ce n’est pas tout. Il est dit : «la loi de l’Esprit de vie dans le Christ Jésus m’a affranchi de la loi du péché et de la mort». Dieu est pour nous quoi qu’il en soit, et cette pensée restaure l’âme accablée non seulement par ses péchés, mais encore par le sentiment de l’esclavage du péché.

Jusqu’à la fin du chap. 3 de cette épître, il est question de l’efficace du sang ; au chap. 4 l’Esprit commence à présenter la résurrection. Par la résurrection Christ a été entièrement libéré du péché qu’Il a pris sur Lui. Dieu a pris Celui qui était sous le poids du péché et l’a placé à Sa droite. Voilà une délivrance pleine et entière. La confiance en Dieu faisait dire à Christ : Tu ne permettras pas que ton Saint voie la corruption.

Eh bien ! il est écrit que Dieu a agi en nous avec la même puissance qu’en Christ lorsqu’Il l’a ressuscité. «Pour que vous sachiez... quelle est l’excellente grandeur de sa puissance envers nous qui croyons, selon l’opération de la puissance de sa force, qu’il a opérée dans le Christ, en le ressuscitant d’entre les morts ; — (et il l’a fait asseoir à sa droite dans les lieux célestes» (Éph. 1:19, 20).

Être en Christ a pour premier effet de nous faire dire : il ne s’agit plus maintenant du péché ; je suis en Christ et il n’y a plus de condamnation pour ceux qui sont tels ; je suis délivré pleinement et absolument. — C’est beaucoup plus que le seul fait d’être lavés de nos péchés, car non seulement Dieu nous nettoie, mais il nous prend et met en nous la vie de Christ. Non seulement nos péchés sont ôtés, mais Christ devient notre vie, et nous avons ainsi avec le second Adam un rapport bien plus intime que nous n’avons jamais eu avec le premier.

Ce Christ auquel nous sommes tellement unis est Celui que Dieu a placé à sa droite, Celui qui a si parfaitement glorifié Dieu sur la terre que le cœur de Dieu peut s’épancher en Lui. Jamais Dieu n’a pu ouvrir son cœur avec délices sur un autre objet que sur Christ, et nous qui sommes en Lui, sommes devenus, par cette union, les objets des délices de Dieu ; l’écluse qui faisait obstacle est maintenant levée, et la bénédiction peut couler dans nos âmes. «Il n’y a donc maintenant aucune condamnation». Christ est descendu pour moi et m’a pris avec Lui, dans sa mort et dans sa résurrection.

Ma foi saisit la position de délivrance en Christ, dans lequel il n’y a pas de péché, et la parfaite sainteté de Dieu ne m’effraye plus ; je trouve en Christ l’énergie qui fait vaincre. Le péché est encore en moi, mais je n’en suis plus l’esclave, parce que Christ ne l’est pas, et que, comme l’apôtre l’exprime, «ce n’est plus moi qui vis, mais Christ vit en moi».

Il est évident que je réalise souvent fort mal cette vérité, mais ma volonté est renouvelée par cette nouvelle vie. Ce n’est pas seulement que j’ai de nouveaux désirs, mais la force qui agit en moi est la même que celle qui a pris Christ d’entre les morts et l’a ressuscité. Cela ne veut pas dire que je n’aie plus d’ennemis à combattre. Une pierre qui serait trop pesante pour qu’un petit enfant la remuât, un homme fait saurait la prendre et la jeter au loin. Il en est de même pour nos ennemis ; quand Christ vit en nous, nous avons puissance sur eux.

L’âme, dont l’état est décrit au chap. 7 de notre épître, voyait bien que la loi était bonne ; elle y trouvait même son plaisir quant à l’homme intérieur, mais, étant dans le péché, elle arrivait à cette conclusion que la puissance du péché c’est la loi. Mais notre chapitre nous montre que ce qui était impossible à la loi parce qu’elle était faible en la chair, Dieu l’a fait en envoyant son propre Fils ici-bas et en condamnant en Lui le péché dans la chair.

Christ nous est présenté comme le Dieu qui nous a sauvés, qui est descendu avec nous dans la mort, pour nous faire monter avec Lui là où Il est. L’Esprit suggère au cœur une loi qui dit : Voilà ce que Dieu a fait pour toi ; quelle délivrance ! Il t’a placé en Christ. — Cela change tout et désormais il y a la liberté dans le cœur.

L’expression : la loi de l’Esprit de vie, est employée pour désigner un certain principe qui agit toujours dans le même sens. On dit par exemple : la loi du mouvement des planètes, etc. La loi du péché est ce qui agit pour produire le péché ; mais la loi de l’Esprit de vie est une règle constante qui produit la sainteté. C’est la force constante qui est dans la vie de Christ en moi et qui me délivre du péché. J’ai une autre vie, celle de Christ ; je manque encore, cela est évident, car la chair est toujours là, et Dieu n’a aucunement changé la chair, mais «Il a envoyé son propre Fils en ressemblance de chair de péché et pour le péché, et a condamné le péché dans la chair».

Vous parlez du péché dans la chair et vous ne savez que faire de ce péché ; eh bien, c’est pour cela même que Dieu a envoyé son Fils ; Christ s’est chargé de ce péché, tout cela est réglé et mis entièrement de côté. Dieu ne parle pas d’amélioration, Il donne autre chose. Il met en contraste absolu la chair et l’Esprit. Ayant l’Esprit, j’ai ce qui suffit pour combattre et vaincre la chair.

L’apôtre ne dit pas : la chair n’est plus en vous ; mais il dit : Vous n’êtes plus dans la chair. — Vous avez une autre vie, si toutefois l’Esprit de Christ habite en vous.

Il pourrait se faire que j’aie de nouvelles aspirations et que je sois encore esclave, comme il arrive qu’on peut aimer la liberté tout en étant en prison ; mais si l’Esprit est en moi, il y a une énergie de vie qui résulte de ce que Christ m’a racheté et de ce qu’Il m’en a donné la révélation par l’Esprit. La loi me disait : «tu mourras» — mais l’apôtre me dit : «Si l’Esprit de celui qui a ressuscité Jésus d’entre les morts habite en vous, celui qui a ressuscité le Christ d’entre les mort vivifiera vos corps mortels aussi, à cause de son Esprit qui habite en vous». Si j’ai réalisé que je suis mort, je puis dire à la loi : «Je n’ai plus rien à faire avec toi».

Je ne pouvais pas le dire quand je n’avais rien d’autre, mais maintenant je puis le dire parce que j’ai Christ. Je puis même dire à la loi : Maintenant je suis ressuscité. L’Esprit de vie est en moi une source de bonnes pensées et de bons fruits qui sont les fruits de l’Esprit.

Nous avons donc vu qu’il y a une délivrance morale, puis une délivrance énergique par l’Esprit qui fait vaincre le mal, et enfin une délivrance complète par la résurrection. Dieu nous rendra parfaitement semblables à Jésus, «car nous le verrons comme il est». Notre marche ici-bas doit être conforme à celle de Christ quand il était sur la terre ; elle est imparfaite c’est évident, mais nous devons regarder à Jésus afin d’être transformés à sa ressemblance, puis dans la gloire nous lui serons faits semblables, car nous le verrons comme il est. Voilà la délivrance présentée en réponse à ce cri : «Misérable homme que je suis, qui me délivrera de ce corps de mort ?»

Nous avons donc vu, au chapitre 7, l’âme désirant être délivrée ; mais elle est en prison et la loi ne peut l’en faire sortir ; elle gémit dans l’esclavage. Puis Christ lui est présenté comme celui à qui son péché à elle a été imputé, et elle trouve en Lui la délivrance de sa conscience. Puis vient la délivrance morale, et enfin la délivrance du corps avec Christ dans la gloire.

Dans les derniers versets du chap. 8, l’apôtre nous montre que rien ne peut nous séparer de l’amour de Dieu, de ce Dieu qui est descendu dans l’abîme et monté dans le ciel pour nous. S’il y a encore dans nos cœurs et dans nos bouches ce cri : «qui me délivrera de ce corps de mort ?», soyons assurés que Christ le fera et qu’«en Lui nous sommes plus que vainqueurs». Il nous délivrera d’abord intérieurement en attirant à Lui nos affections ; puis se manifesteront les effets extérieurs de cette délivrance intérieure ; et enfin rien, pas un iota en nous, ne sera contraire à la parfaite ressemblance avec Christ.

Ceux qui sont selon l’Esprit, vivent des choses que l’Esprit leur présente pour en jouir. Ne soyez donc pas satisfaits, si vous n’êtes pas pleinement affranchis, et jouissant de toutes les conséquences de l’œuvre de Christ. Il est vrai que souvent nos infidélités mettent des difficultés sur notre route ; l’infidélité affaiblit, nous avons peur de nos ennemis et quand on a peur d’eux, on tombe devant eux. Mais regardons à Christ et nous trouverons en Lui la force pour être relevés et les faire tomber devant nous. Nous pourrons alors jouir vraiment des choses de Dieu et le bénir de ce qu’en Christ, Il nous a fait triompher de toute manière.

 

 

12         Méditations de J. N. Darby   Romains  8:12-27

n°110 : ME 1897 p. 196

Les versets que nous avons lus nous montrent les effets de la présence ou du sceau du Saint Esprit ; ceux qui suivent présentent ce que Dieu fait pour nous, en dehors de nous et de toute opération de son Esprit dans le cœur ; c’est pourquoi la sanctification est omise aux v. 29-30. C’est un sujet nouveau : la prédestination, la justification et la glorification en dehors de nous.

Au commencement du chapitre nous avons les grands principes moraux qui caractérisent le Saint-Esprit, son action sur les affections, jusqu’à la fin du v. 11. C’est la réponse à la question : «Qui me délivrera du corps de cette mort ?» L’apôtre présente les opérations de l’Esprit, la puissance de la résurrection appliquée aux affections premièrement, puis au corps. Quoiqu’il en soit de la nature des opérations de l’Esprit en nous, c’est une chose d’avoir des désirs, une autre chose d’avoir le Saint-Esprit en nous comme sceau.

(v. 12). Du moment que nous avons une autre vie que celle de la chair, nous pouvons dire que nous ne devons plus rien à la chair. Dieu a condamné le péché dans la chair. Mais comment l’a-t-il condamné ? En ce que Christ s’est présenté en ressemblance de chair de péché et pour le péché ! Lorsque j’apprends à me connaître, je comprends combien ma nature est haïssable et le péché en la chair digne de condamnation ; mais lorsque je vois Christ fait péché, je vois bien plus que le mal en moi, je le vois condamné devant Dieu. Lorsque nous saisissons cela, nos pensées sont changées à l’égard du péché. Je vois la perfection de la sainteté en Jésus, mais avec la connaissance de la grâce qui ne m’impute pas le péché. Je puis me trouver en présence de la vérité sans périr, parce que je vois en Jésus la grâce et la vérité tout ensemble. Je ne suis plus débiteur à la chair, je n’ai besoin d’elle en aucune manière, ni pour me rendre heureux, ni pour me rendre misérable. La chair n’est plus moi, le péché dans la chair ayant été condamné en Christ. C’est désormais Christ qui est moi, qui est ma vie. La chair ne m’a fait que du mal, elle n’a plus de droits sur moi ; c’est, au contraire, moi qui ai le droit de lui dire : Je n’ai pas besoin de toi. Au v. 13, le corps et la chair sont identifiés, le corps étant considéré comme la demeure de ce principe du péché.

(v. 14-18). Il n’y a aucun doute sur notre position devant Dieu ; nous sommes enfants et héritiers. Cela est fondé d’une part sur ce qu’il n’y a pas de condamnation, et d’autre part, sur ce que Christ nous a communiqué sa vie.

Le premier verset du chap. 8 résume le chap. 5 de l’épître ; le 2° verset résume le chap. 6 ; et le 3°, le chap. 7. Comme toutes les conséquences du péché d’Adam pesaient sur nous, nous avons maintenant toutes les conséquences de la justice et de la vie du second Adam. Le Saint-Esprit vient habiter en nous, pour que nous puissions comprendre et jouir de ce qui appartient à Christ comme second Adam, choses que même l’âme renouvelée ne comprendrait pas sans lui. De bons désirs ne donnent ni la certitude du salut, ni la paix, ni la connaissance de la gloire des enfants de Dieu. Nous avons besoin de la présence du Saint-Esprit qui met en nous le sceau de Dieu sur ces choses. Il m’annonce que celui qui a ces bons désirs est vivifié et possède ce que Christ possède ; il me fait aussi comprendre le résultat de la justice de Christ, c’est-à-dire la gloire qui appartient au second Adam. Plus je saisis le bonheur, la gloire avec Christ, plus aussi je sonde la misère que le péché a introduite, ainsi que la grâce de Dieu et la plénitude de l’œuvre de Christ.

En comprenant ces choses, je sens le fardeau de cette création, à laquelle j’appartiens encore comme créature en attendant la rédemption du corps. Sous la loi, nous avions un esprit de servitude et de crainte. Maintenant nous en sommes délivrés. La parenthèse du v. 17 : «Si du moins nous souffrons avec lui», jette comme une ombre sur ce beau tableau, mais il est impossible d’être avec Christ sans souffrir ; impossible que l’Esprit de Christ, impossible que celui qui connaît l’amour et la sainteté de Dieu, puissent être dans ce monde de souillure sans y souffrir.

La vive attente de la création attend que la gloire des fils de Dieu soit révélée. Nous sommes encore de la création quant au corps, quoique en Christ nous soyons de nouvelles créatures. La création ne peut maintenant comprendre la grâce ; quand la gloire viendra, elle sera délivrée.

(v. 23). Nous savons que toute la création soupire. Quel caractère cela donne aux plaisirs du monde qui ne sont autre chose qu’un effort pour s’étourdir et ne pas remarquer la souffrance et la corruption introduites par le péché. Nous touchons par un bout à la gloire de Christ, et par l’autre à la servitude de la corruption ; il n’est pas étonnant que notre vie soit une énigme. Plus nous comprenons la gloire et la bénédiction, plus aussi nous comprenons la misère qui nous entoure. Le Saint-Esprit fait de nous les canaux des soupirs que la création envoie vers Dieu. Je sens la misère de la création, je ne sais peut-être que demander comme soulagement et délivrance. Le Saint-Esprit qui est en moi me pousse vers Dieu ; je puis au moins soupirer, parce que je sens ces choses. Celui qui sonde les cœurs sait quelle est la pensée du Saint Esprit qui s’identifie avec nos misères et intercède pour nous selon Dieu. Il y a d’un côté toute la tendresse de Dieu qui comprend le besoin et la misère, de l’autre la réponse de Dieu à ce besoin que lui seul connaît.

Il n’est pas question de ces soupirs sous la loi. Le Saint-Esprit devient en nous un Esprit d’intercession et de prières, et Dieu répond selon la sympathie du Saint-Esprit à ces besoins qu’il exprime. Nous sommes dans le corps, et ces soupirs de la création sont les nôtres, et ce sont eux qui amènent la pleine délivrance. Dieu met nos larmes dans ses vaisseaux. Telle est l’expression de l’Esprit de Christ dans le cœur du chrétien au milieu d’une création en chute et misérable.

Il est important de distinguer ces soupirs de ce qui est présenté à la fin du chap. 7, où il y a des gémissements produits par la connaissance de la loi. Il ne s’agit plus pour nous des questions que la loi suscite, car en la mort de Jésus nous sommes morts à la loi. Quoique nous ne sachions pas ce qu’il faut demander comme il convient, nous savons que Dieu fera contribuer toutes choses ensemble à notre bien. Tout cela est la conséquence de la présence du Saint-Esprit en nous. Il y produit des soupirs, mais non ceux d’une âme sous la loi.

 

 

13         Méditations de J. N. Darby    Rom.  8:26-39

n°54 : ME 1893 p. 309

Ce chapitre nous montre l’état normal du chrétien : point de condamnation, point de séparation. Il y a cependant aussi de la tristesse pour nous, à nous trouver au milieu d’une création déchue ; mais alors, d’une part le Saint Esprit devient un Esprit de supplications, intercédant par des soupirs inexprimables et, d’autre part, Dieu fait contribuer toutes choses au bien de ceux qui l’aiment. Les chrétiens sont présentés ici avec le caractère de «ceux qui aiment Dieu», parce que Dieu les a prédestinés, appelés, justifiés et glorifiés.

Le chrétien déploie de l’activité, et cependant il a un repos parfait en Dieu. Si je me repose sur lui, je trouve que toutes les circonstances que je traverse, deviennent des moyens que Dieu emploie pour me faire du bien, car je sais que Dieu m’aime. L’apôtre se glorifie dans la certitude de ces choses.

Toutes les opérations de l’amour de Dieu sont présentées ici, sauf la sanctification. L’Esprit nous occupe de Dieu qui veut que nous soyons conformes à l’image de son Fils, pour qu’il soit le premier-né entre plusieurs frères ; ce qui pour nous s’accomplira pleinement à la résurrection. C’est à Christ dans la gloire, que nous serons rendus conformes ; «nous porterons l’image du céleste».

La sainteté, l’amour, la puissance de Dieu, ainsi que sa justice, se montrent pour nous en Christ. «Si Dieu est pour nous, qui sera contre nous ?» Dieu est pour nous. C’est le centre de toute notre confiance ; c’est un repos que rien ne peut gâter. L’opposition, les outrages, les souffrances, le péché même, n’ont pas empêché Dieu d’être pour nous. Dieu est pour nous quant à nos péchés, car il nous justifie. Il n’a point épargné son propre Fils. Au lieu de se débarrasser des pécheurs, il s’est débarrassé des péchés en donnant son Fils. Satan et ma conscience m’accusent : Dieu me justifie. Satan accuse Joshua, Dieu le justifie : C’est, dit-il, «un tison que j’ai arraché du feu». Dieu lui-même est pour nous ; c’est bien plus que d’être justifiés devant lui par le sang de Christ. Nous pouvons conclure et affirmer que Dieu sera pour nous dans toutes nos circonstances, dans tous nos besoins, quels qu’ils soient.

Christ est le fondement de cette assurance ; il est mort, ressuscité, assis à la droite de Dieu. La mort est la preuve de l’amour de Christ pour moi ; il est à la droite de Dieu, parce qu’il m’aime ; son amour intercède pour moi. Nous n’avons pas à être en souci de quoi que ce soit ; Dieu est pour nous. Est-il un détail de ce qui nous concerne, dans lequel il n’entre pas ? La créature est faible ; Dieu est tout puissant ; il est pour nous. Quelque chose peut-il faire obstacle à la réalisation de ses desseins d’amour ?

Cela m’attache à lui. L’amour de Dieu est entré en Christ jusque dans les détails de mes circonstances temporelles. Le but de Dieu, et qui explique tout ce qui nous arrive, est de nous rendre conformes à l’image de son Fila et de nous faire jouir avec lui de toute la gloire et de tout le bonheur dans lesquels il se trouve. Dieu est pour nous : ce n’est pas une vérité dont nous soyons froidement convaincus, mais une source de joie profonde et de confiance illimitée.

 

 

 

14         Méditations de J. N. Darby    Romains  8:27-39

n°154 : ME 1906 p. 114

L’apôtre vient de parler des difficultés et des soupirs du chrétien quant aux circonstances ; il a montré que le Saint-Esprit n’était pas seulement un Esprit de joie, mais aussi de délivrance qui intercède pour les saints selon Dieu. L’intelligence peu développée des fidèles ne savait pas toujours que demander ; au moins savaient-ils (v. 28) que toutes choses contribuent au bien de ceux qui aiment Dieu.

L’apôtre considère ici l’œuvre de Dieu en dehors de nous, ce qui est en Dieu, quand même l’intelligence spirituelle nous manque pour nous l’approprier. Il en vient aux pensées et aux actes de Dieu, après avoir parlé de l’homme intérieur. C’est une consolation de pouvoir se reposer sur cet amour de Dieu qui fait que toutes choses concourent à notre bien. Dieu veut nous faire porter l’image de son Fils en gloire (v. 29) ; il nous a prédestinés à être conformes à cette image. Il n’est donc plus question de l’œuvre intérieure, mais de l’œuvre de Dieu seul. C’est la grande vérité de la fin de ce chapitre : «Dieu est pour nous» (v. 31).

Bien des choses peuvent avoir l’apparence que Dieu n’est pas pour nous, c’est pourquoi l’apôtre développe cette pensée. Ce qui pourrait nous faire croire que Dieu n’est pas pour nous, ce sont les difficultés, les persécutions, etc. Il est impossible que l’âme renouvelée saisisse un salut dans lequel la conformité à Jésus ne soit pas comprise. Nous sommes prédestinés à porter son image. La mesure de la sanctification pratique se trouve dans ces mots : Je sais que lorsque Christ paraîtra, je lui serai semblable». Celui qui a cette espérance en Lui se purifie comme Lui est pur». La mesure de notre sanctification, c’est Jésus dans la gloire. Nous trouvons en chemin l’inimitié des hommes, l’hostilité de Satan, mais si nous voulons savoir dans quelle mesure Dieu est pour nous, c’est qu’il a donné son propre Fils et ne l’a point épargné. C’est une grande aide pour la sanctification.

Ce qui empêche bien des chrétiens d’être fidèles, ce sont mille petites choses au sujet desquelles le cœur appréhende ce qui pourrait nous arriver, ce qui compromettrait notre avenir ou menacerait nos plans. Dieu a donné son Fils ; comment ne nous donnera-t-il pas toutes choses avec lui ? Il conclut de la grâce à la providence.

La difficulté est encore plus grande quant à la conscience. Dieu justifie : qui condamnera ? On peut être estimés comme des brebis de tuerie, mais Christ est mort : qui nous séparera de l’amour du Christ ? Quelles que soient les circonstances, Christ est entré dans toutes, et son amour y a trouvé son chemin. Rien ne peut nous séparer de l’amour de Dieu, pas même la mort. Christ est mort, et c’est la plus profonde manifestation de son amour. La hauteur non plus, ne peut nous en séparer. Dieu n’est pas trop haut, Christ est en haut, plus haut que les anges, après avoir été fait un peu moindre qu’eux ; et là aussi Christ est amour. Mort, vie, souffrances, difficultés, l’amour de Dieu en Jésus a passé par tout cela, et ce n’est pas un amour qui reste dans la dignité, mais un amour qui a été dans l’humanité et qui agit en elle. Toutes les circonstances sont des chemins pour l’amour de Christ ; il pénètre partout où nous avons à passer. Nous avons la certitude que Dieu ne garde aucune chose pour Lui, après avoir donné son Fils. Nous sommes plus que vainqueurs ! C’est un triomphe, parce que les difficultés manifestent que Dieu est pour nous et avec nous.

Ne craignez jamais les difficultés amenées par les circonstances : Dieu est pour nous, et quand il rassemblera ses précieux joyaux (Mal. 3:17), nous verrons que nous ne nous trompions pas en suivant sa volonté. Que Dieu nous donne cette confiance entière en Lui. Il mérite toute notre confiance, Lui qui a donné son Fils pour nous.

Quand l’apôtre parle de nos faiblesses, il montre que nous trouvons en Dieu une provision de bonté, un fleuve de consolation, un amour qui nous prévient constamment. Cela nous remplit de certitude quant à la source de notre bonheur. On ne peut pas ébranler l’âme en cela. Rien ne peut nous séparer de son amour, et nous nous glorifions en Dieu par Jésus-Christ notre Seigneur.

 

 

 

 

15         Méditations de J. N. Darby    Romains  13

n°95 : ME 1896 p. 313

Le Saint-Esprit nous considère ici comme chrétiens et nous donne deux grands motifs de la conduite que nous devons tenir comme tels. Dieu n’oublie jamais la position dans laquelle il nous a placés, ni l’étendue de la grâce qui nous y a placés. Ainsi, dans les exhortations et les préceptes qu’il nous donne, Dieu commence toujours par nous rappeler toute la plénitude de sa grâce envers nous. Les chrétiens l’oublient trop souvent ; ils perdent de vue leur position sous la grâce et se placent sous la loi. La grâce chrétienne embrasse tout ce dont la loi exige l’accomplissement. Si j’aime mon prochain, je ne puis ni le voler, ni le tuer. L’amour tient lieu de la loi et l’accomplit (v. 10). La vie de Christ en nous est bien plus puissante pour produire l’accomplissement de la loi, que la loi elle-même. Si le cœur de mon enfant n’est pas bien disposé, il n’obéit pas à mon commandement, mais si je réussis à produire l’affection dans son cœur, il obéira, car tout commandement est accompli par l’amour. L’amour dans le cœur produit les effets que la loi demande.

Quand il parle de l’amour, l’apôtre parle ordinairement de ses effets dans notre conduite envers le prochain ; il n’en parle pas d’une manière mystique, mais selon ses résultats pratiques, que chacun peut connaître et comprendre. Dieu qui est amour est lui-même la source de l’amour ; le Saint-Esprit parle de ses effets dans ce que nous sommes envers notre prochain. Au lieu de demander l’obéissance à la loi, Dieu la produit en mettant son amour dans nos cœurs.

Ensuite, Dieu nous parle de la position où nous sommes. Vu la saison, c’est l’heure de nous réveiller ; la nuit est presque passée, le jour approche. L’apôtre nous donne ainsi l’intelligence du temps où nous vivons. Ce n’est pas le temps de dormir ; l’aube du jour est là. Quand nous avons cru, c’était minuit, les ténèbres. Le salut est plus près que lorsque nous avons cru. Lorsque Christ paraîtra, ce sera le jour ; jusqu’à sa venue, c’est la nuit. Satan est le prince des ténèbres de ce monde. Nous étions nous-mêmes ténèbres ; c’est l’état du monde ; l’économie actuelle est la nuit ; mais la nuit est fort avancée, presque passée.

À minuit on sait que le jour paraîtra, mais rien ne le dénote encore. Le chrétien voit la lumière à l’orient. Il veille, et le soleil qui va se lever sur le monde est déjà levé sur son cœur. Telle est la position du chrétien ici-bas, la saison où il se trouve. Il marche encore au milieu d’un monde de ténèbres, mais il n’en est plus, et il marche selon la lumière qu’il a reçue. En 1 Thess. 5:1-11, nous sommes enfants du jour ; le jour est levé dans notre cœur, mais non pas encore sur le monde où il fait nuit. Il est dit en Éph. 5:14 : «Réveille-toi, toi qui dors». L’homme qui dort est, sauf la vie, semblable à un mort ; tout ce qu’il peut faire est de rêver. Tels sont les chrétiens qui vivent selon les habitudes du monde : «Relève-toi d’entre les morts !» Être semblable à un homme mort, ne convient pas à la position où le chrétien se trouve et à la saison qu’il traverse par la grâce de Dieu. Il est dans la nuit, mais il n’est pas de la nuit, et il attend le jour. Dieu nous a révélé que la gloire de Christ va paraître, qu’elle sera notre délivrance, notre moment de joie et de gloire. Dieu use de patience, mais sa promesse n’est pas retardée ; il nous a révélé d’avance un jour de gloire et de lumière. Nous sommes dans un moment d’attente où il nous faut veiller, d’autant plus que ce n’est pas encore le jour. Quand il fera jour, il n’y aura plus à veiller. Que nos cœurs réalisent cette pensée, que le jour approche ! Avant de paraître, il s’est déjà levé dans nos cœurs. Nous devons marcher selon la lumière intérieure de l’Esprit, au milieu des ténèbres de la mort qui ont envahi le monde. Nous pouvons dire ce qu’un Juif ne pouvait pas dire : Le chef de toute cette gloire est déjà glorifié. Le salut est proche, parce que Christ a été glorifié comme homme. Que Dieu nous détache de cette nuit dans laquelle nous vivons, mais dont nous ne sommes plus, et qu’il nous attache à la gloire de Christ, Celui que nous attendons.

Voilà les deux principes que l’apôtre nous propose : l’amour et le fait que la nuit est avancée ; l’amour qui accomplit la loi — l’attente du soleil qui n’est pas encore levé, de ce matin glorieux où Christ, le soleil de justice, paraîtra. Tout ce qui ne convient pas à un homme qui attend le jour, ne nous convient pas. Marchons, en veillant pour l’attendre, et comme voyant d’avance la lumière du soleil. Si l’étoile du matin n’est pas levée dans nos cœurs, nous ne connaissons pas la joie d’attendre le soleil de justice, Christ tel qu’il est, auquel nous serons faits semblables. Que Dieu nous remplisse du sentiment que le jour s’est approché !

 

 

 

 

16         Méditations de J. N. Darby    Romains  15:16

n°64 : ME 1894 p. 316

On est étonné que les hommes non convertis qui se disent chrétiens, puissent lire la parole de Dieu, sans voir qu’elle contient des choses auxquelles ils sont entièrement étrangers. Et pourtant, beaucoup d’entre eux seraient choqués si on leur disait qu’ils possèdent ce qui est énuméré au v. 13.

Paul considère, au v. 16, les chrétiens, l’Église, comme un peuple pris d’entre les gentils par le Saint-Esprit, pour être offert à Dieu : les chrétiens sont l’oblation des gentils, l’offrande des nations. C’est une allusion à ce qui avait lieu parmi les Juifs. Ils avaient une oblation ; c’étaient les Lévites, mis à part et consacrés à Dieu. En Égypte, Dieu avait frappé les premiers-nés pour faire éclater son jugement, mais le jour où il avait frappé tout premier-né d’Égypte, il s’était sanctifié tout premier-né d’Israël. Tous lui étaient consacré. Alors Dieu a pris les Lévites en place des premiers-nés du peuple (Nomb. 3:5-13, 45). C’était là l’offrande à Dieu d’entre les Juifs. Paul fait allusion à ce fait. Nous sommes sanctifiés par le Saint-Esprit d’entre les nations, comme les Lévites du milieu d’Israël. Nous sommes entièrement consacrés à Dieu, et cela est basé sur notre rachat, comme en Nomb. 3:46-50. Autrement, nous manquerions à notre vocation comme offrande des nations. Nous sommes pris du milieu du monde, pour être consacrés à Dieu. Les Lévites étaient entièrement donnés à Aaron (Nomb. 3:9), nous, à Christ. Ils étaient purifiés, donnés à Aaron et offerts à Dieu en offrande (3:13). Lorsque Dieu frappa les premiers-nés d’Égypte, il ménagea ceux d’Israël, parce qu’il avait racheté ce peuple et se l’était acquis. Ces premiers-nés, les Lévites les représentèrent. Dieu les avait acquis pour lui-même. Nous aussi, nous ne sommes pas à nous-mêmes, mais à Celui qui nous a achetés. Le Saint-Esprit nous prend et nous offre à Dieu.

Les Lévites n’avaient aucun héritage en Israël : «Moi, l’Éternel, je suis leur héritage». Il en est de même des chrétiens vis-à-vis du monde. S’ils ont un héritage selon le monde, ils peuvent l’employer pour la gloire de Dieu, mais ce n’est pas leur héritage céleste. Le Lévite était purifié et devait se consacrer au service de l’Éternel ; le Saint-Esprit purifie le chrétien, lui communique la vie de Christ et la nature divine, et le sanctifie pour le service du Seigneur. Dans le service, chaque Lévite avait son emploi sous la direction du souverain sacrificateur.

Toutes ces choses concernant les Lévites sont des types applicables au chrétien dans son service ici-bas, tandis que, dans le sacrificateur, nous avons le type du chrétien exerçant la sacrificature spirituelle, offrant à Dieu des louanges et des prières, et entrant pour cela avec hardiesse dans le lieu très-saint. Pour le service du tabernacle, nous sommes ici-bas sous les ordres de notre Souverain Sacrificateur ; mais, quant au monde, notre caractère est d’y être voyageurs, étrangers, sans héritage et de n’en être pas, comme Celui qui nous a acquis pour lui, n’en est pas. Nous séjournons dans le monde, et notre privilège est d’y servir Dieu. Si vous vous dites chrétiens, vous n’avez pas autre chose à faire qu’à servir Christ ; votre caractère vous détache de tout autre chose. Tout ce qui concernait le service de Dieu, appartenait aux Lévites seul.

Les chrétiens, par le Saint-Esprit, sont sanctifiés et purifiés selon Dieu. C’est un péché de prétendre être chrétiens, quand le Saint-Esprit ne nous a pas purifiés. Ceux qui sont dans la chair ne peuvent plaire à Dieu ; il faut une nouvelle vie pour le servir. Une cérémonie, quelle qu’elle soit, de consécration extérieure vous abuse et vous nuit positivement. Ce n’est qu’une conscience tout endormie, qui ose se présenter à Dieu sans posséder la vie de Dieu. Réveillée, elle se juge indigne de se tenir devant lui. Oser servir Dieu, sans être né de Dieu, est un aveuglement de l’orgueil, car comment nous présenter à Dieu tels que nous sommes ?

Les croyants sont consacrés à Dieu pour servir Christ ; car servir Dieu sans servir Christ n’est pas chrétien. Lorsque les Lévites étaient donnés à Dieu, ils l’étaient à Aaron. Étant à son service, nous devons tout faire au nom du Seigneur Jésus et en amour envers le monde, selon les principes de Christ. Faire la volonté d’un autre, est pour la chair une loi insupportable ; même un petit enfant aime à faire sa propre volonté ; et la chair, même chez l’enfant de Dieu, ne veut jamais autre chose, tandis qu’un serviteur doit faire, non sa volonté, mais celle de son maître. Nous sommes les domestiques de la foi. Ce que je ne puis pas faire pour Jésus, je ne puis pas le faire du tout. C’est une loi très dure pour la chair. Nous sommes ou les affranchis de Dieu, ou les esclaves de Satan. C’est un grand privilège de pouvoir faire la volonté de Dieu au milieu de ce monde pécheur.

Nous faisons la volonté de Christ, non pour être sauvés, mais parce que nous le sommes. Les Lévites servaient au tabernacle, non pour être Lévites, mais parce qu’ils l’étaient, et en vertu du privilège que Dieu leur avait conféré.

Pourquoi les anges sont-ils actuellement plus élevés que nous ? Parce qu’ils n’ont rien d’autre à faire que de servir Dieu. Mais nous sommes introduits dans le service de Dieu par le rachat qu’il a fait de nous par le sang de son Fils, ce à quoi les anges ne participent pas. Je ne puis être le serviteur du monde, parce que je suis le serviteur de Christ. Je ne puis accepter dans le monde une place où je devrais agir selon les principes du monde. S’il y a une seule chose où je ne puisse servir Christ directement, je ne dois pas le faire.

Il y a de plus, dans le service, comme nous l’avons déjà dit, l’activité de l’amour ; c’est le service de Christ lui-même. Cette activité caractérisait sa vie. Chercher les âmes, aimer les pauvres, etc., c’est là s’occuper des affaires de Christ.

Il est très important de comprendre où Dieu nous a placés et ce que nous devons être, c’est-à-dire que nous ne sommes pas du monde, mais séparés du monde pour Christ, acquis à Christ pour le servir.

Êtes-vous contents, coûte que coûte, d’être à Christ de cette manière, au prix de l’opprobre, peut-être même de votre propre vie ? Alors bien des questions et des difficultés disparaîtront absolument. Nos combats intérieurs proviennent de ce qu’il y a des liens qui nous attachent à la terre. Si nous pouvons répondre : «J’en suis content», nous serons heureux. Quand nous nous abandonnons à Christ, il remplit nos cœurs de joie.

Si j’ai le droit de servir Dieu, c’est que je suis délivré de la tyrannie du monde. Oui, Dieu nous a délivrés de ce présent siècle mauvais, pour nous transporter dans le royaume du Fils de son amour !