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Méditations  de  J. N. Darby

 

 

 

1     Méditations de J. N. Darby    Jean  1:1-34

2     Méditations de J. N. Darby    Jean  1:1-34 : L’Agneau de Dieu et le Baptême du Saint Esprit

3     Méditations de J. N. Darby    Jean  1:1-34 : La Vraie Lumière

4     Méditations de J. N. Darby    Jean  1:29-34

5     Méditations de J. N. Darby    Jean  2:23  à  3:21

6     Méditations de J. N. Darby    Jean  4:1, 30

7     Méditations de J. N. Darby    Jean  4:1-42

8     Méditations de J. N. Darby    Jean  6:1-59

9     Méditations de J. N. Darby    Jean  7

10          Méditations de J. N. Darby    Jean  8:12-49

11          Méditations de J. N. Darby    Jean  13    La Gloire Brillant dans la Honte

12          Méditations de J. N. Darby    Jean  13:1

13          Méditations de J. N. Darby    Jean  13:1-18

14          Méditations de J. N. Darby    Jean  13:1-32

15          Méditations de J. N. Darby    Jean  13:3-19

16          Méditations de J. N. Darby    Jean  14 :  La Vraie Piété

17          Méditations de J. N. Darby    Jean  14:15-21

18          Méditations de J. N. Darby    Jean  14:15-31 :  Je vous laisse la Paix

19          Méditations de J. N. Darby    Jean  14:20-31    «Nous Viendrons à Lui»

20          Méditations de J. N. Darby    Jean 15 : Que votre joie soit accomplie

21          Méditations de J. N. Darby    Jean  15 : «Moi en mon Père, et vous en moi, et moi en vous»

22          Méditations de J. N. Darby    Jean  15

23          Méditations de J. N. Darby    Jean  15:1-11

24          Méditations de J. N. Darby    Jean  16:1-20

25          Méditations de J. N. Darby    Jean  17

26          Méditations de J. N. Darby    Jean  17:6-19

27          Méditations de J. N. Darby    Jean 18:1-11 ; 19:25-30 : Laissez aller Ceux-ci

28          Méditations de J. N. Darby    Jean  20

29          Méditations de J. N. Darby    Jean  20

 

 

1              Méditations de J. N. Darby    Jean  1:1-34

n°149 : ME 1903 p. 435

Si vous examinez de près ce chapitre, vous verrez que Jésus y est présenté, avec beaucoup de méthode, sous divers aspects. En effet, ce chapitre embrasse la gloire de Christ, depuis sa divinité jusqu’à son apparition glorieuse comme Fils de l’homme ; il est comme la préface de cet évangile qui nous présente la personne du Seigneur avec toutes ses gloires.

Le chapitre commence par l’existence de Dieu, avant le commencement de la Genèse. Or Christ se trouvait là. Du v. 1-13, nous voyons la gloire essentielle de Christ comme Dieu et comme venu de Lui. Il est Créateur comme Parole ; il est vie ; il est lumière. La vie est en Lui et cette vie est lumière. Mais les ténèbres ne comprennent rien à la lumière.

Au v. 14, sa personne est présentée d’une manière positive. La Parole est faite chair, elle se rapproche de nous, vit au milieu de nous, est manifestée parmi les hommes (1 Jean 1:2-3) ; elle a habité au milieu de nous. C’est important, car le monde n’a pas voulu de lui et l’a chassé, Lui, la Parole faite chair, pleine de grâce et de vérité. Toute l’histoire du monde roule là-dessus.

Au v. 18, il est la manifestation de Dieu ; il a, comme Fils, manifesté et révélé le Père. Nous ne connaissons pas seulement Dieu, comme le Dieu de Providence, mais comme Père. Jésus nous révèle Dieu, selon l’amour dans lequel il le connaît Lui-même, Lui qui est dans le sein du Père, et le connaît dans la plénitude de sa grâce.

On voit aux v. 19-34, ce que Christ devient pour les siens. Ce n’est plus ce qui est essentiellement en Lui, mais c’est l’homme qui vient accomplir une certaine oeuvre pour la bénédiction de ceux qui croient, et Jean le Baptiseur lui rend témoignage, introduisant l’homme, par la repentance, dans la jouissance des privilèges du royaume. Mais Jésus est présenté d’abord ici comme l’Agneau de Dieu qui ôte le péché du monde. Le premier Adam a introduit le péché dans le monde, le second Adam l’en ôtera. Il n’est pas dit : qui porte les péchés, mais : qui ôte le péché. L’Agneau de Dieu est celui que Dieu lui-même s’est choisi pour expier le péché. Dieu a trouvé la victime et a pourvu à ce que la souillure du péché fût ôtée ; Dieu qui connaît le besoin des hommes et ce qu’exigent sa justice et sa sainteté, s’est pourvu de cet Agneau comme offrande en rapport avec la pureté de sa nature. La création ne pouvait ni fournir, ni présenter cet Agneau, mais Dieu a donné en Jésus ce que sa gloire demandait, ce que sa justice exigeait, et nous avons la certitude que tout est accompli selon la perfection de cette justice et de cette gloire. Si tout n’était pas accompli, c’est que Dieu y aurait mal pourvu, ce qui est un blasphème. La volonté du Père était d’ôter le péché de devant ses yeux ; le Fils se présente pour accomplir cette volonté et se dévouer à cette oeuvre. La souveraineté, l’amour et la pureté de Dieu se réunissent à sa volonté d’ôter le péché. Dieu se glorifie en l’ôtant et en rétablissant toutes choses en sa présence, dans la pureté et le bonheur. Pour le plus petit péché, le sang de Christ est nécessaire, et ce même sang suffit pour ôter le péché tout entier. Dieu a voulu ôter le péché ; la question est de savoir s’il y a réussi et si Jésus a tout accompli. Nous savons par la foi que le péché est entièrement ôté entre Dieu et nous, et que plus tard il sera ôté du monde. C’est comme homme que Jésus a fait cela et qu’il est devenu l’Agneau de Dieu.

Je ne veux pas m’arrêter ici sur le caractère de Jean-Baptiste, quoique l’oeuvre de la grâce soit bien manifeste en lui. Personne ne se cache plus que lui, et d’une manière plus touchante, derrière le Seigneur. Son humilité fait briller sa fidélité.

Jean voit le Saint-Esprit descendre du ciel sur Jésus. Dieu peut reconnaître un tel homme. Le Saint-Esprit ne descendait pas sur les prophètes ; ils recevaient par l’Esprit une révélation et c’était tout ; mais sur Jésus, le Saint-Esprit descend comme une colombe, symbole de douceur et de pureté, et non comme une langue de feu. La colombe de Noé vole autour de l’arche et ne trouve rien dans ce monde où elle puise s’arrêter. Le corbeau pouvait se poser sur quelque charogne flottant sur les eaux du déluge et s’en nourrir. Le Saint-Esprit s’arrête sur Jésus ; c’est un fait nouveau. Jésus n’est pas comme Adam un homme innocent, mais un homme ayant la connaissance du bien et du mal, un homme pur de tout mal, un homme en qui il n’y a que du bien. Oui, cela est nouveau dans le monde.

Non seulement le Saint-Esprit descend sur Lui, mais il en devient le canal (v. 33) ; il baptise du Saint-Esprit. Les prophètes remplissaient leur mission, mais ne baptisaient pas du Saint-Esprit. Jésus, comme homme, le communique, et c’est la part des chrétiens, de l’Église seule ; le monde lui est étranger, il ne peut connaître le Saint Esprit, et le Saint-Esprit ne peut le reconnaître, car il rend témoignage contre le monde.

Si Dieu peut voir des hommes purifiés par le sang de Jésus, son Esprit peut descendre sur eux, parce qu’ils sont purs. Celui sur lequel a pu descendre le Saint-Esprit est Celui qui en baptise, car il en a acquis le droit.

Deux choses distinguent l’Église de Dieu. 1° Avant que le péché soit ôté du monde, le coeur du croyant est assuré que le péché est ôté entre lui et Dieu. Cette vérité est la base de tout. 2° L’Église est baptisée du Saint-Esprit. Ces deux grandes vérités sont sa base et sa puissance, puissance dont Jésus est le canal.

Au v. 34, nous en voyons la conséquence ; c’est le témoignage que Jésus homme, rempli du Saint-Esprit, est reconnu Fils de Dieu.

Jésus a reçu le Saint-Esprit, parce qu’il en était digne personnellement ; nous en sommes rendus dignes par Lui. Le Saint-Esprit est descendu sur Lui, sous forme d’une colombe, parce qu’il était la manifestation de la grâce de Dieu. Sur l’Église, il descend comme des langues de feu pour qu’elle soit le témoin dans le monde de la grâce de Celui qui l’a baptisée.

Si nous négligeons l’une ou l’autre de ces deux vérités, l’Agneau de Dieu qui ôte le péché et le baptême du Saint-Esprit, nous affaiblissons tout et nous perdons la puissance pour agir. Si nous les gardons, nous avons le témoignage que nous sommes enfants de Dieu, car nous voyons Jésus comme homme, déclaré Fils de Dieu, parce que le Saint-Esprit est descendu du ciel et s’est arrêté sur Lui.

 

 

2              Méditations de J. N. Darby    Jean  1:1-34 : L’Agneau de Dieu et le Baptême du Saint Esprit

n°242 : ME 1930 p. 222

Si vous examinez de près ce chapitre, vous verrez que Jésus y est présenté de diverses manières avec beaucoup de méthode. Ce chapitre embrasse toute la gloire de Jésus depuis sa divinité jusqu’à l’apparition du Fils de l’Homme en gloire. C’est comme une préface à tout l’Évangile qui s’occupe de la présence de Jésus et de toutes ses gloires.

L’évangile de Jean commence avant le commencement de la Genèse, par l’existence de Dieu ; et Christ s’est trouvé là. Jusqu’au v. 13 nous voyons la gloire essentielle de Jésus comme Dieu et venu de Dieu. Jésus est Créateur, comme Parole, Vie, Lumière. La vie est en Lui et cette vie est la lumière, mais les ténèbres ne comprennent rien à la lumière. Au v. 11, Christ est présenté d’une manière plus positive. La Parole est faite chair, elle se rapproche de nous et vit au milieu de nous, manifestée parmi les hommes (1 Jean 1:1-3). Elle a habité parmi nous. C’est précieux, parce que tout ce qui est essentiel en Dieu a habité parmi nous ; c’est important, parce que le monde ne l’a pas voulu et a chassé Jésus, Parole faite chair, pleine de grâce et de vérité. Toute l’histoire du monde dépend de cela.

v. 18. Il est la manifestation de Dieu ; il a, comme Fils, révélé le Père. Nous ne connaissons pas seulement Dieu comme Dieu en providence, mais comme Père. Jésus nous révèle Dieu selon l’amour dans lequel Il le connaissait Lui-même, Lui qui est dans le sein du Père et le connaît dans toute sa grâce.

Au v. 29-34, ce n’est plus ce qui est essentiellement en Christ, mais l’Homme qui vient accomplir une certaine oeuvre pour la bénédiction de ceux qui croient, et Jean lui rend témoignage.

Jean introduit l’homme par la repentance dans la jouissance des privilèges du royaume. Jésus est présenté d’abord ici comme «l’Agneau de Dieu qui ÔTE le péché du monde». Le premier Adam a introduit le péché dans le monde. Le second Adam l’en ôtera. Il n’est pas dit : qui porte les péchés, mais qui ÔTE le péché. Comme Agneau de Dieu Il est Celui que Dieu lui-même s’est choisi pour expier le péché. Dieu a trouvé la victime et a pourvu à ce que la souillure du péché fût ôtée, à ce qu’exigent Sa justice et Sa sainteté ; Il s’est pourvu de cet Agneau pour l’offrande que Sa nature pure demandait. La création ne pouvait ni fournir, ni présenter cet agneau ; mais Dieu a donné en Jésus ce que Sa gloire demandait et ce que Sa justice exigeait. Dire que tout n’est pas accompli, ce serait dire que Dieu y a mal pourvu, et ce serait un blasphème. C’était la volonté du Père d’ôter le péché de devant ses yeux, et le Fils vient pour accomplir cette volonté du Père et se dévouer à cela. La souveraineté, l’amour et la pureté de Dieu se réunissent pour ôter le péché. Dieu se glorifie en ôtant le péché et en rétablissant toutes choses devant Lui en pureté et en bonheur. Même pour le plus petit péché il y a besoin du sang de Christ et le sang suffit pour tout ôter. Dieu a voulu ôter le péché. La question est de savoir s’Il y a réussi et si Jésus a tout accompli. L’Église sait d’avance que pour nous le péché est entièrement ôté entre Dieu et nous, et qu’il sera plus tard ôté du monde.

C’est comme homme que Jésus a fait cela et qu’il est devenu Agneau de Dieu.

Je ne veux pas m’arrêter à Jean, quoique l’oeuvre de la grâce soit bien manifestée en lui. Personne plus que lui ne se met au-dessous du Seigneur Jésus d’une manière plus touchante (v. 30, 33). Son humilité faisait briller sa fidélité. Jean voit le Saint Esprit descendre du ciel sur Jésus. C’est un Homme que Dieu peut reconnaître. Le Saint Esprit ne s’arrête pas sur les prophètes. Ils avaient une révélation et c’était fini. La puissance du Saint Esprit ne demeure pas sur eux. Mais en Jésus le Saint Esprit descend comme une colombe, la douceur et la pureté, et non comme une langue de feu. La colombe de Noé vole autour de l’arche et ne trouve rien au monde où s’arrêter. Le corbeau pouvait s’arrêter à la charogne qui flottait sur les eaux du déluge et s’en nourrir. Le Saint Esprit s’arrête sur Jésus. C’est un fait nouveau. Jésus est un homme qui a la conscience du bien et du mal, qui est pur et en qui il n’y a que du bien ; et cela est nouveau dans ce monde.

Non seulement le Saint Esprit descend sur Jésus, mais Jésus devient le canal du Saint Esprit (v. 33). Il baptise du Saint Esprit. Les prophètes remplissaient leur mission, mais ils ne baptisaient pas du Saint Esprit. Jésus comme homme devient le canal de communication du Saint Esprit pour le chrétien et pour l’Église. Le Saint Esprit ne peut pas reconnaître le monde, et le monde ne peut pas reconnaître le Saint Esprit. Celui-ci peut rendre témoignage contre le monde. Si Dieu peut voir les hommes purifiés par le sang de Jésus, le Saint Esprit peut descendre là parce qu’ils sont purs. Qui peut faire descendre le Saint Esprit, baptiser du Saint Esprit ? C’est Jésus qui en a acquis le droit.

Deux choses distinguent l’Église de Dieu. Premièrement, avant que le péché soit ôté du monde, le coeur est assuré que le péché est ôté, et, à la fin, tous ceux qui seront bénis auront sans péché la connaissance du bien et du mal ; la connaissance que l’Agneau de Dieu a ôté le péché est la base de tout. Deuxièmement l’Église est baptisée du Saint Esprit. Ce sont là les deux grandes vérités, la base et la puissance de l’Église. Nous trouvons la puissance en ce que Jésus est le canal par lequel nous recevons le Saint Esprit.

v. 34. Nous en voyons la conséquence. C’est qu’il y a un témoignage rendu que Jésus Homme rempli du Saint Esprit est reconnu Fils de Dieu. Jésus a reçu le Saint Esprit parce qu’Il en a été digne personnellement. Nous en sommes rendus dignes par Christ.

Le Saint Esprit descend sur Jésus sous la forme d’une colombe, parce qu’Il a dû être la manifestation de toutes les grâces de Dieu. Sur l’Église il descend comme langue de feu afin qu’elle soit témoin dans le monde de la gloire de Celui qui l’a baptisée. Si nous affaiblissons l’une ou l’autre de ces deux vérités «Agneau de Dieu qui ôte le péché», «Baptême du Saint Esprit», nous perdons la puissance pour agir. En les maintenant, nous avons le témoignage, que nous sommes enfants de Dieu, puisque nous voyons Jésus Homme déclaré Fils de Dieu et le Saint Esprit s’arrêter sur Lui.

 

 

3              Méditations de J. N. Darby    Jean  1:1-34 : La Vraie Lumière

Nîmes 1872  n°250 : ME 1935 p. 241

Quand il s’agit de la conscience naturelle, chers amis, et que Dieu agit dans l’âme, ce sont les péchés qui nous occupent premièrement. Nous sentons que si Dieu entrait en jugement avec nous, nous serions perdus ; nous comprenons que le péché ne peut subsister devant Dieu. Dieu fait pénétrer la lumière dans nos coeurs, et alors ce ne sont pas seulement les péchés qui nous occupent, mais ce que nous sommes. — Si nous avons péché, pourquoi avons-nous péché ? Parce que nous aimons le péché. Nous l’appelons peut-être plaisir, mais c’est triste si nous appelons plaisir ce que Dieu appelle péché. Le tribunal manifestera Sa gloire. La lumière s’adresse à l’homme, à nous, et nous montre ce que nous sommes ; et si nous ne pouvons pas nous tenir en la présence de Dieu, c’est très sérieux. Dieu ne s’est-il pas révélé ? Il manifeste ce qu’il est de plusieurs manières. Quand quelque chose d’extraordinaire arrive, on a peur : le choléra peut-être sera un sujet de frayeur, je l’ai vu moi-même dans cette ville ; tout le monde est pieux alors, on a des réunions de prières, etc. ; et c’est bien triste, car ce n’est qu’une impression passagère, tant que la conscience n’est pas réellement atteinte. On voit bien ce qui en est alors en présence de la mort. Ce qui est la racine de tout cela, c’est ce que Dieu est, et ce que nous sommes. La première chose c’est que Dieu se révèle ; il s’est révélé au commencement, même immédiatement après la chute. Noé seul fut épargné quand le déluge vint sur la terre. Dieu parle, mais écoute-t-on ce qu’il dit ? Il dit : «Il n’y a point de juste, non pas même un seul». Vous-mêmes vous le dites. Mais le pécheur tel qu’il est peut-il entrer dans le ciel ? Quand Dieu agit dans sa grâce, il montre ce qui en est ; il montre ce qu’est l’arbre.

Il n’attend pas le jugement pour se révéler. Si vous êtes amenés à cette lumière, que voyez-vous ? Si vous réalisez cette lumière, est-ce que votre coeur vous condamne ? Questions sérieuses !... Il nous invite à les poser, dans sa grâce, pour nous faire découvrir ce que nous sommes.

Il est «la lumière des hommes» ; il n’est pas dit des anges. Il se présente réellement en rapport avec les besoins de l’homme. Cette lumière est venue par l’homme et pour l’homme dans le monde. Jamais l’homme n’aurait pensé à une pareille chose. Est-ce que la lumière luit dans vos coeurs ? C’est à vous de répondre !... Il est venu, celui qui était la lumière et on ne l’a pas voulu. Est-ce que la lumière s’est révélée à vous de telle manière qu’il ne reste rien de caché dans vos coeurs ?... Vous vous appelez chrétiens, mais vous aimez tout autre chose que Christ. On a rejeté le Sauveur. Quand il vient comme homme et en rapport avec les besoins de l’homme, on ne s’aperçoit de rien, il était pour eux le fils du charpentier. Êtes-vous meilleur que les autres ? Vous dites que vous êtes chrétiens, cependant votre coeur le rejette. Je ne parle pas de ce qu’on appelle ordinairement péché, c’est-à-dire de ces choses grossières que tout le monde connaît et condamne. Quand l’Esprit arrive le jour de la Pentecôte, c’est comme si Dieu disait aux hommes : Qu’avez-vous fait de mon Fils ?... Tout était ténèbres, on ne voyait rien en lui qui attirât. La philosophie vous donnera mille et un doutes, et jamais une vérité. Christ est la vérité, et dit la vérité, et que dit-il ? Tu es un pécheur. Je ne puis le nier. C’est dans la lumière qu’on apprend à se connaître. Croyez-vous que le Dieu suprême veuille raisonner avec vous philosophiquement ? Non, il dit : tu es un pécheur. Quand cette lumière nous rencontre, elle juge. On n’attend pas le jour du jugement pour le faire : il n’y a pas de salut au jour du jugement. Étant né de Dieu, je reconnais Christ ; une fois que je suis là, toute une scène de bonté, de salut, de grâce et de gloire plus tard, se déroule devant moi. La grâce et la vérité sont venues dans ce monde par Jésus. Il a envoyé Jean-Baptiste pour attirer l’homme vers cette lumière. Je vois que je suis dans la lumière, et comme une chose présente, je dis : je suis perdu. Alors on ne renvoie pas les choses au jour du jugement. Quand on les y renvoie, c’est une preuve qu’on n’est pas venu à la lumière. Dieu est venu dans ce monde pour montrer aux pauvres pécheurs ce qu’ils sont ; mais il ne s’agit pas de jugement, la grâce et la vérité étant venues par Jésus Christ. Dieu s’est manifesté comme un homme pour ne pas effrayer. La grâce qui apporte le salut est venue au milieu de nous dans la personne de Jésus. Trouvez-moi une personne qui prétende être juste, pour Lui c’est un sépulcre blanchi ; mais quand un pauvre pécheur vient à Lui tel qu’il est, il trouve ce qui répond parfaitement à ses besoins. La loi réclame ; Christ ne réclame rien, mais il révèle ce que Dieu est, et il est venu parce que les hommes ne portaient pas de fruits ; il leur apporte le salut. Il était la parole faite chair ; l’homme accessible à tous au milieu des hommes. Quelle grâce ! il ne nous reproche rien, et ne nous demande rien.

Ceux qui croient, il les introduit dans la relation d’enfants de Dieu, la seule relation vraie est que nous sommes enfants de Dieu. C’est la seule vraie position, bien qu’on dise que c’est de la présomption. L’enfant prodigue ne voulait pas être présomptueux, quand il disait en lui-même : «Je ne suis pas digne d’être appelé ton fils, traite-moi comme l’un de tes mercenaires». La seule relation est celle d’enfant ; nous n’avons pas le droit de choisir notre relation. Mais où trouverai-je assez de grâce pour une telle position ? «Nous avons reçu de sa plénitude et grâce sur grâce». «Voilà l’Agneau de Dieu qui ôte le péché du monde ! Qui est-ce qui a pensé à cela ? Le monde ? Il l’a rejeté, cet Agneau de Dieu, quand il est venu. Où a-t-on trouvé une telle pensée ? Jésus dit : «Tu m’as formé un corps». C’est dans le coeur de Dieu qu’il y a eu une telle pensée d’amour. Il avait un Agneau pour nous, sans tache, sans rien qui ne fût parfait. Jamais Dieu n’a été glorifié comme à la croix. Christ fut parfait en toutes choses. Le fait que Dieu s’est pourvu d’un Agneau nous montre les pensées de Dieu. J’ai l’Agneau de Dieu pour moi, je n’y avais pas pensé, mais il y a pensé. Il a pensé à nos péchés et a voulu les ôter. La valeur de cet Agneau, le résultat final de la valeur de cet Agneau, ce sont les nouveaux cieux et la nouvelle terre. «Voilà l’Agneau !» Ce n’est pas à venir ; il est là. Je regarde à cet Agneau seul sur la croix, ayant à faire avec Dieu. Quelle part avez-vous à la croix ? si ce n’est que vos péchés et le péché ont été jusque-là. Je vois une chose qui se fait sur la croix, mais il est là seul. Dieu traite la question du péché sur la croix, même d’une manière intérieure, car Jésus est abandonné et s’écrie : «Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ?» Mais il n’est pas resté dans la mort ; il est ressuscité et s’est assis à la droite de Dieu. La valeur de son oeuvre a aboli le péché. Est-ce que Christ peut abolir le péché ? Oui ; Ce n’est pas une chose à faire, mais faite pour l’éternité. Cette oeuvre a toujours sa même valeur devant Dieu, et je me trouve selon l’efficace de cette oeuvre devant Lui. Quand je suis hors de mes péchés, je suis en la présence de Dieu et il me scelle de son Esprit. Ne contristez pas le Saint Esprit. Pécherez-vous avec un corps qui est le temple du Saint Esprit ? Il m’a été donné pour que je puisse appeler Dieu Père. Le Saint Esprit est la force et l’énergie de la vie divine en nous. Jésus est monté en haut, après avoir premièrement pris notre place en jugement, afin de nous donner sa place là, en haut, et le Saint Esprit est donné en vertu de sa glorification. Comme homme ici-bas il veut être le premier-né entre plusieurs frères et il veut nous avoir tels que Lui dans la gloire. Tout est fondé sur l’Agneau fait péché ; il a été obéissant jusqu’à la mort ; l’obéissance est manifeste quand Christ est fait péché. Il nous fait comprendre son coeur. Alors nous sommes aimés comme il est aimé. Dieu a tout fait pour que nos coeurs soient amenés à cette parfaite confiance, que nous sommes aimés comme Jésus. Est-ce que nous croyons à cet Agneau de Dieu ? Il dit que nous sommes pécheurs, que nous sommes perdus, et il dit aussi que nous sommes sauvés, si nous croyons à cet amour, et de savoir ce que c’est que l’Agneau de Dieu.

 

 

4              Méditations de J. N. Darby    Jean  1:29-34

1843    n°170 : ME 1909 p. 369

Nous avons besoin de deux choses. La première est la certitude de l’amour de Dieu. Au lit de mort, on ne peut se passer de cette certitude, car, pour avoir la paix dans l’âme, il faut pouvoir compter sur Lui. La seconde chose est une puissance qui agisse en nous pour notre vie et notre témoignage ici-bas. Il nous faut cette puissance pour dompter nos convoitises et nous faire remporter la victoire sur nous-mêmes et sur l’ennemi. L’une de ces choses ne peut aller sans l’autre.

Je ne décrirai pas ici la misère dans laquelle le monde est plongé. Jésus est venu pour répondre aux besoins des âmes ; c’est ce que fait l’amour. Il cherche ceux qui sont travaillés et chargés, qui ont besoin de soulagement, sans qu’eux-mêmes sachent peut-être s’expliquer leur besoin, car nos âmes ne se rendent pas toujours compte de ce qui se passe en elles. Mais Lui est capable d’expliquer ce qui les travaille et les charge. Il ne dit pas : «Vous qui êtes travaillés et chargés par vos péchés»; il se présente, quand l’impossibilité pour l’homme de se soulager en quelque manière que ce soit est démontrée, au moment où il ne lui reste plus de ressource. Alors il dit : «Venez à moi».

Dieu est capable d’agir dans une âme sans besoins, et d’y faire son oeuvre, mais, dans ce cas, Christ ne se présente pas pour soulager celui qui n’a pas de besoins. Une telle âme est aveugle, sans la lumière de Christ, et les soulagements qu’il pourrait lui donner ne pénétreraient pas en elle. Jésus a traversé le monde ; il sait que le péché est la racine de tous les maux. L’Esprit de Dieu n’a pu reposer nulle part que sur Lui, l’Agneau de Dieu qui ôte le péché du monde. Il laisse de côté même la question des besoins et prend plaisir à se faire connaître et à produire dans les coeurs des affections qui s’attachent à Lui. C’est là l’amour de Dieu, pleinement manifesté pour s’appliquer à l’état des hommes. Rien ne peut nous séparer de cet amour, ni être remis en question ; l’Agneau de Dieu est le don de l’amour de Dieu, là où il n’y avait que du péché.

Nos convoitises sont plus fortes que nous ; nous prenons de bonnes résolutions, mais nous ne les accomplissons pas, parce que les convoitises ont plus de puissance en nous que la volonté du bien. Alors, quand le péché est manifesté dans sa puissance, quand tout a failli, quand l’homme est dans le péché et sans force, Christ se présente pour lui, comme l’Agneau de Dieu, et prend notre place pour vider la question entre Lui et Dieu. Cela a eu lieu sur la croix, et l’homme n’a pas autre chose à faire, qu’à dire : Christ a pris ma place.

C’est l’amour de Dieu qui a pensé à ce moyen. Christ dit : «Voici, je viens pour faire, ô Dieu, ta volonté», et prend notre place, afin que la question du péché soit vidée pour toujours. Toute cette question fut placée entre ses mains, du moment qu’il apparut comme l’Agneau de Dieu.

Christ est mort «au temps convenable», non pas au temps où l’homme avait quelque force, mais où il était déclaré impie, sans ressource en lui-même. Ce fut alors son temps à Lui : il s’est fait homme pour souffrir et mourir, pour vider la question du péché. De ce fait dépend le sort de tout homme, le sort de nos âmes. L’amour de Jésus pour nous, en même temps que sa volonté de glorifier son Père, lui ont fait accomplir ces choses.

L’âme qui a vu le Fils et croit en Lui, trouve là une source de paix et de joie ; elle reconnaît son péché, sa ruine, mais il n’en est plus question, parce que le péché est ôté. Dieu se manifeste comme Dieu d’amour, selon l’amour qu’il a pour son Fils, parce qu’il a donné sa vie pour ses brebis et qu’il a accompli la volonté de son Père. Par l’obéissance d’un seul, plusieurs sont constitués justes. Jésus connaît les besoins des âmes travaillées et chargées et leur dit : Venez à moi.

Il devient ainsi précieux à l’âme ; mais celle-ci ne peut être satisfaite d’un état où elle ne répond pas à l’amour de Jésus. Alors il devient pour elle une source de puissance et de force : il baptise du Saint-Esprit. C’est par la puissance du Saint-Esprit qu’il a traversé la vie d’ici-bas. Il était oint du Saint-Esprit et de puissance et allait de lieu en lieu faisant du bien. Puis il s’est offert par l’Esprit éternel, sans péché, comme victime. Ressuscité, il a reçu, comme homme, le droit de donner le Saint-Esprit. Celui qui est descendu si bas, qu’il a bu la coupe de la colère de Dieu et a été jusque dans le hadès, est monté comme homme à la droite de Dieu, après avoir remporté la victoire. Cet homme que nous connaissons, remplit ainsi toutes choses, mystère d’amour et de puissance qui fait valoir l’amour et la puissance de Dieu dans l’homme sans force et ruiné !

Jésus nous communique, par le baptême du Saint Esprit, la puissance et la vie qu’il avait lui-même, et qui nous rendent capables de vaincre le péché, puisque c’est par elles qu’il a lui-même remporté la victoire. Il nous a laissé l’exemple d’une marche sans péché au milieu du mal. Il a manifesté quelque chose de plus puissant que la mort et Satan. Il a consenti à être l’un de nous, à être chargé de ce qui pesait sur nous, puis il nous communique son don ineffable en nous baptisant du Saint-Esprit. Il n’est pas un Dieu éloigné ; c’est comme homme qu’il remplit toutes choses, et dans nos luttes avec Satan, il est là, toujours là. Que peut-on se représenter de plus complet et de plus infini ? L’amour de Dieu nous tire du mal, et sa puissance est avec nous pour nous en garder, et tout cela, nous le possédons en Jésus.

Avez-vous appris à compter sur son amour ? Aucune circonstance ne peut l’empêcher de vous atteindre. La foi traverse le voile des circonstances pour réaliser l’amour qui est en Dieu par Christ. Jésus lui-même redouble parfois ce voile en atteignant la conscience, mais la foi perce à travers tout. Elle peut être mise à l’épreuve, mais il est impossible à Dieu de se démentir, impossible à moi, de dire : Christ n’était pas assez puissant pour me faire remporter la victoire. L’amour de Dieu, qui est en Jésus-Christ, s’est placé dans nos circonstances et aucune, pas même la mort, ne peut nous séparer de cet amour. Christ a déjà remporté la victoire sur tout ; l’homme pécheur demeure ainsi sans excuse. S’il a le désir d’être à Christ et de remporter la victoire, il trouve en Lui la puissance nécessaire. Lorsque Dieu ne pouvait avoir de relations avec nous, parce que le péché était à son comble, toute cette question a été résolue, et il nous communique en Christ son amour et sa puissance.

 

 

5              Méditations de J. N. Darby    Jean  2:23  à  3:21

n°52 : ME 1893 p. 287

Comme jadis à Jérusalem, il y a de nos jours une profession à laquelle Jésus ne se fie pas. Elle est composée de personnes qui ont cru en son nom (2:23), mais avec une foi qui n’est pas fondée sur la parole de Dieu. Plusieurs crurent à cause des miracles, sans qu’il y eût une action sur leur conscience. Ils reconnaissaient qu’un homme faisant de telles choses méritait la confiance. Mais la foi doit s’attacher à la Parole : Celui qui entend ma parole est passé de la mort à la vie. Il ne suffit pas de reconnaître Jésus pour un homme extraordinaire ; c’est ainsi qu’on le reçoit de nos jours, et une telle conviction ne vient pas de l’effet de la parole de Dieu sur le coeur. Si c’est de la foi en quelqu’un, c’est la foi en la parole de l’homme.

Jésus savait ce qui était dans l’homme ; aussi ne se fiait-il pas à ces impressions qui ne provenaient pas de la foi en la parole de Dieu. Il faut que le coeur reconnaisse, par cette Parole, Christ comme envoyé du Père ; là est la vie éternelle, là est la vie de Christ.

Il n’y a dans l’homme, tel qu’il est, rien en quoi Dieu puisse se fier ; Celui qui sonde les coeurs l’a dit ; mais la parole de Dieu peut agir sur la conscience, c’est là que commence la vie. Tel est le cas de Nicodème, quoique les apparences fussent contre lui, car il n’osait pas ouvertement confesser Christ. Il ne vient pas en plein jour, mais de nuit ; mais sa conscience était atteinte ; il avait le sentiment que la vérité qu’il entrevoyait ne pouvait pas être acceptée du monde. Dès que le coeur est attiré vers Christ, il sent, vaguement encore peut-être, qu’il faut rompre avec le monde. Nicodème vient de nuit pour éviter les yeux du monde ; la semence était encore toute faible et petite. Il vient demander à Jésus, non des miracles, mais de l’instruction ; il avait soif de la parole de Christ. Mais quand il n’y a pas plus que cela, voyez l’effet pour un coeur qui reconnaît Christ comme l’envoyé de Dieu : il craint le monde ; il a honte de Jésus, parce qu’il le voit tel qu’il est, tout à fait opposé au monde et possédant en outre des droits sur notre coeur.

Dieu veut mener Nicodème bien plus loin ; il veut mettre devant ses yeux un Christ crucifié, méprisable, et voilà ce qui éprouve réellement le coeur.

Le Seigneur interrompt Nicodème : La chose essentielle n’est pas que je sois à tes yeux un docteur, mais que tu sois né de Dieu. Il faut que Dieu te communique une nouvelle vie, afin que tout en toi soit renouvelé. Le christianisme est la communication d’une vie qui n’existait pas auparavant dans l’homme. C’est le don de Dieu, la vie éternelle. Israël devait aussi naître de nouveau (Ézéch. 37), et cela arrivera aux derniers jours. Nicodème, comme docteur en Israël, n’aurait pas dû l’ignorer. Israël avait manqué sous l’ancienne alliance ; Dieu mettra la loi dans leurs coeurs.

Jésus enseigne donc à Nicodème qu’il lui faut la nouvelle naissance, — et de plus, que le Christ doit être rejeté. Il peut être connu par l’intelligence naturelle, mais dès qu’il condamne l’homme, ce dernier le rejette. «Ils ont haï et moi et mon Père». Lorsque la vérité de Christ est présentée, savoir qu’il n’y a pas un homme juste, et que Dieu ne peut se fier à ce qui est dans l’homme, Christ est haï et rejeté.

La croix est présentée au v. 15, d’une manière très différente du v. 16. Au v. 15, Christ a été rejeté comme homme. Il faut, vu l’état de l’homme, que le Fils de l’homme soit élevé, afin d’expier le péché et pour que l’homme puisse être reçu de Dieu. C’est une nécessité, mais cette vérité ne donne pas la paix. Le Fils de l’homme a pris notre place : c’est la première chose présentée dans la croix de Jésus, et c’est aussi là souvent que les chrétiens s’arrêtent.

Le v. 16 nous montre Jésus sur la croix comme Fils de Dieu : la preuve éternelle que Dieu m’a aimé dans mon état de péché, c’est qu’il a donné son Fils unique pour moi. Ce n’est plus seulement l’homme qui me représente devant Dieu, mais je vois que Dieu a donné pour moi son Fils. Comment le Fils de Dieu est-il sur la croix ? Parce que Dieu a tant aimé des pécheurs, ses ennemis ! La seule pensée de l’expiation ne donne pas une paix durable. Elle rappelle que Dieu est juge, et dès que les yeux de la foi s’obscurcissent tant soit peu, cette pensée trouble notre paix. Mais la vue de l’amour de Dieu pour le pécheur, avant même que l’expiation fût faite, est la source d’une joie inébranlable, d’une paix parfaite. Le Dieu qui exige une expiation est le Dieu qui juge ; le Dieu de grâce est Celui qui a donné son Fils. C’est ce Dieu qui est amour ; nos relations avec lui sont fondées sur cet amour. Il commence par nous montrer que nous ne pouvons nous fier à nous-mêmes et que lui ne peut se fier à nous, mais il finit par nous prouver que nous pouvons avoir en lui une pleine confiance. La pensée de mes péchés ne peut dans ce cas que hausser la mesure de l’amour de Dieu pour moi.

 

 

 

6              Méditations de J. N. Darby    Jean  4:1, 30

n°132 : ME 1901 p. 275

Dès le début de son ministère, le Seigneur avait été l’objet de la jalousie des hommes qui ne voulaient pas de Lui, parce qu’il venait troubler leur paix et leur importance selon le monde. Lorsque les pharisiens ont entendu dire que Jésus fait plus de disciples que Jean, le Seigneur quitte la Judée pour retourner en Galilée, ôtant ainsi tout prétexte à la haine de ses adversaires. Ceux-ci repoussaient la lumière et leur mauvais coeur ne pouvait supporter la présence de Dieu en bonté.

Ainsi, déjà rejeté des hommes, Jésus va en Galilée, pays méprisé, éloigné de Jérusalem, que la gloire de Dieu avait choisie pour en faire son centre. Il lui fallait passer par la Samarie, dont les habitants, en abomination aux Juifs, avaient associé leurs idolâtries au culte du vrai Dieu. Jésus n’avait d’autre repos en ce monde, que de faire la volonté de son Père ; fatigué de la route, il ne trouvait pour se reposer, à la chaleur de midi, que le bord du puits de Jacob. Il demande à boire à une femme ; celle-ci s’en étonne, voyant qu’il était Juif, car elle savait que les Juifs méprisaient les Samaritains. Jésus aborde de suite la question de sa mission et de ce qu’il avait à donner Lui-même. Plein de bonté, son coeur ne s’arrête ni à la conduite de cette femme, ni au fait qu’elle était Samaritaine ; il parle du don de Dieu et de l’eau vive qu’il avait à donner. La femme n’y comprend rien. C’est le cas de nous tous : «Il n’y a personne qui ait de l’intelligence».

Il est important que nous fassions attention, non seulement à ceci, que le coeur n’a point d’intelligence, mais au pourquoi de la chose. Lorsque Jésus lui-même nous parle, pourquoi ne comprenons-nous pas ? C’est qu’au fond la conscience n’est pas attirée par ce que Jésus dit, quoique l’attention de l’homme naturel soit peut-être éveillée. La femme objecte que Jésus n’a rien pour puiser ; elle était préoccupée d’autre chose que de ce que Jésus voulait dire ; son coeur était à ses occupations journalières ; le fardeau de ses circonstances pesait sur elle. C’est le cas de nous tous. Pourtant Jésus parle d’une manière claire, évidente, expresse ; les choses qu’il dit sont importantes, mais ses paroles dévoilent l’état de notre coeur. Préoccupé du monde, des affaires, de l’argent, il ne comprend rien aux paroles de Christ. La bonté de Dieu seule peut le délivrer de l’esclavage et l’éclairer. L’homme par sa chute est sans Dieu dans le monde, et il a un lourd fardeau à porter. Dans ces circonstances, Dieu n’est bon à ses yeux que quand il lui donne quelque chose pour la vie présente, et c’est pourquoi il ne comprend pas ce que Dieu dit, car il juge, non selon la pensée de Dieu, mais selon ses préoccupations terrestres, au milieu desquelles il ne peut ni comprendre, ni goûter les choses de Dieu. C’est aussi le secret du peu de progrès que font les croyants eux-mêmes dans les choses spirituelles. Les choses de Dieu ne sont pas comprises quand le coeur des chrétiens ne les apprécie que selon ses propres besoins. Les choses de la terre s’étant emparées du coeur déchu, sa coupe est déjà trop remplie pour que Dieu y puisse ajouter quelque chose.

Dieu vous offre la vie éternelle, mais ce n’est pas la chose qui vous préoccupe maintenant ; vous n’en avez donc aucun besoin ; ce sont vos besoins du moment qui vous préoccupent et vous gouvernent. On voudrait bien le ciel pour plus tard, mais pour le moment il semble plus important de s’enrichir et d’élever sa famille.

Mais Dieu, pour se faire entendre, produit un besoin dans la conscience, il donne à l’âme la conviction du péché ; alors elle ne peut manquer de savoir que Dieu a été là, car seul il peut atteindre la conscience. Jésus s’empare de la conscience de cette femme, en lui montrant qu’il connaît à fond ce qu’elle est et tout ce qu’elle a fait. Maintenant la conscience a un besoin ; il s’agit pour cette femme d’un Dieu présent qui lui parle ; le besoin est actuel, pressant ; elle ne peut remettre les choses à plus tard. Quand Dieu s’est emparé de la conscience, les plaisirs ou les soucis ne peuvent plus la faire taire ; il faut en finir avec elle ; elle gâte tous nos plaisirs et nous ne pouvons nous en débarrasser, car elle veut être satisfaite. On sent que l’éternité est en jeu et qu’il faut être au clair à cet égard. La conscience est intelligente, parce qu’elle nous dit que Dieu est là : «Tu es un prophète».

Dieu en veut à nous ; il se manifeste à nos âmes. Une parole de Lui nous révèle notre terrible condition, mais nous la voyons vraie, telle qu’elle est, et c’est un avantage immense de voir que les choses qu’il a dites de nous sont la vérité. La confiance dans la parole de Dieu est alors produite. Jésus s’est manifesté à cette femme comme prophète, parce qu’il lui a dit tout ce qu’elle avait fait. Il ne lui reproche pas ses péchés du tout ; il ne lui en parle que pour atteindre sa conscience, et du moment qu’il a gagné sa confiance, il n’en parle plus. Il ne met nos péchés en mémoire que quand il s’approche de nous. Jésus n’avait montré à la femme qu’un péché positif, mais toute sa conscience devient vivante. Le but est atteint ; il ne lui reproche point son péché, mais voici qu’il l’emploie pour être sa messagère dans toute la ville.

En réponse à la question de la femme, Jésus dit : «Le Père cherche de tels adorateurs». Il ne veut pas recevoir d’un pécheur un culte quelconque. L’homme pécheur voudrait bien faire bonne mine à Dieu, mais Dieu n’en tient pas compte. Il faut être enfant et en avoir la certitude pour dire : «Notre Père», autrement ce n’est que de l’hypocrisie. Il faut savoir en outre que tous les enfants de Dieu ont Dieu pour Père : «Notre Père». Je ne puis pas dire «notre Père» avec des pécheurs et leur prêcher que s’ils ne se convertissent pas ils seront perdus.

On trouve ici trois classes de personnes : les Juifs qui avaient la vérité, mais n’avaient pas l’Esprit ; les Samaritains qui n’avaient ni l’Esprit, ni la vérité ; enfin les vrais adorateurs en Esprit et en vérité, des enfants de Dieu, sachant qu’il y a d’autres personnes qui peuvent Lui dire : Notre Père, avec eux. Jésus choisit cette Samaritaine méprisée, au milieu d’une ville, qui ne savait pas ce qu’elle adorait, pour se révéler à elle comme le Christ. Voyez comme cette femme qui, un instant auparavant, ne pensait qu’à sa cruche et à l’eau du puits, est tout à coup devenue intelligente ! Elle comprend ce que les Juifs et leurs sacrificateurs n’avaient pas compris. Jésus se présente à elle comme le don de Dieu. Il n’exige rien, il donne. Il est donc évident que les péchés qu’elle avait commis n’ont pas repoussé ce Dieu qui l’avait connue dans ses péchés et qui s’est humilié au point d’être redevable d’un verre d’eau à une femme de mauvaise conduite. Cela ne prouve-t-il pas que Dieu est amour et que nos péchés ont attiré l’amour de Jésus ? Le coeur angoissé, la conscience convaincue, ayant pris confiance en la parole de Dieu, trouvent l’amour de Dieu déjà manifesté et Jésus qui nous parle du don de Dieu. Il n’y a aucune espérance pour l’âme qui sent son péché, si Dieu n’est pas uniquement et parfaitement amour.

Jésus s’humilie au point de dire : Si tu avais compris que Dieu donne et que l’amour de Dieu a placé le Fils dans la position où tu me vois, tu m’aurais demandé et je t’aurais donné de l’eau vive. Ce don est inépuisable ; c’est une fontaine d’eau jaillissant en vie éternelle ; tous les besoins de ton coeur seront satisfaits !

La femme oublie sa cruche, court à la ville. Peut-être sa famille a-t-elle manqué d’eau ce jour-là ; elle n’y pense plus. Elle est employée par le Seigneur Jésus pour annoncer son nom, parce qu’elle a eu besoin de la grâce gratuite de Dieu. Il n’y a personne, pas même un ange, qui puisse parler de la grâce comme un pécheur. Et voilà comment il se fait que j’aie pu vous la prêcher aujourd’hui.

 

 

7              Méditations de J. N. Darby    Jean  4:1-42

n°194 : ME 1913 p. 213

Les faits de l’Évangile sont d’une portée immense. Prenez le seul fait que le Fils de Dieu a été dans ce monde et a été rejeté : Dieu est venu agir en faveur des pécheurs, et ceux-ci n’en ont pas voulu ! Or c’est là que nous en sommes tous. Nous savons parfaitement bien que, dans notre état naturel, ce n’est pas Christ qui fait les délices de nos coeurs. Bien au contraire, quand il s’agit non pas de vérités comme celle-ci : que nous sommes tous pécheurs — vérité que l’éducation peut nous faire connaître — mais de l’état de nos coeurs, voici où nous en sommes : Christ, le Fils de Dieu, est mort pour nous, et nous ne nous en soucions pas. Est-ce vraiment de Christ que le monde s’occupe ? Est-ce Christ qui est l’objet de vos plaisirs ? Le fait est que, si l’on vient vous parler de Christ, au moment où vous jouissez de toute sorte de choses dont le monde est rempli, on vous gâte votre jouissance. Depuis le cabaret, jusqu’à la société scientifique la plus sérieuse, on ne peut introduire Christ où que ce soit, sans qu’il soit immédiatement démontré qu’on ne peut pas le supporter. À ce fait s’en ajoute un autre : Vous ne trouverez jamais un homme qui ait honte d’une fausse religion. Un mahométan fait ses prières devant tout le monde sur la place publique. On n’a pas honte, non plus, d’un christianisme corrompu et à moitié idolâtre. Il en est autrement là où le vrai Christ est connu, et l’on voit même des chrétiens obligés de vaincre le malaise que son nom soulève dans certains milieux. Les folies de la vie, la parure, préoccupent beaucoup plus que Christ et l’excluent du coeur. On a honte de reconnaître sa vraie souveraineté. Pourquoi ? Parce que nos coeurs sont mauvais, parce qu’il y a séparation complète entre nos âmes et Dieu, et que nous ne pouvons supporter de voir Dieu se présenter en grâce, en bonté, pour remédier à des misères que nous ne voulons pas avouer ! Il est bon et profitable, chers amis, que nous ne reculions pas devant cette connaissance de nous-mêmes.

À commencer par la loi, nous l’avons violée : nous n’aimons pas notre prochain comme nous-mêmes. Si votre voisin perd sa fortune, vous n’en êtes pas fâchés comme si vous aviez perdu la vôtre. Eh bien ! dans ce cas, la loi vous maudit. Je prends la loi, et j’y trouve trois choses : Je n’ai pas aimé Dieu de tout mon coeur, ni mon prochain comme moi-même, et de plus, j’ai des convoitises. La loi est la règle parfaite de la conduite d’un enfant d’Adam. Elle dit : Si tu veux offrir une justice à Dieu, la voici, mais n’oublie pas qu’il est impossible que Dieu tolère le mal ; il y a un jugement contre le péché.

Nous voici donc placés en face de Dieu, tels que nous sommes, acceptant qu’il y a un jugement à venir où tout sera manifesté — mais nous espérons encore qu’il y aura, à ce moment-là, un moyen de régler les choses. Pure illusion ! Jamais le jugement de Dieu n’a ce caractère. Il est parfaitement certain qu’au nom de Jésus tout genou se ploiera, mais la question pour vous n’est pas si, sans exception, tous ploieront le genou devant Lui, mais si vous les ploierez actuellement devant Jésus Sauveur, ou bientôt devant Jésus Juge. Maintenant, aujourd’hui, Dieu agit en grâce et par son Esprit, pour que vous fassiez connaissance avec Lui comme Sauveur, au lieu de renvoyer cette connaissance au jour du jugement. Représentez-vous Dieu venant dans cette salle pour juger. Pensez-vous que toutes les personnes qui ne sont pas lavées dans le sang de Jésus ne s’empresseraient pas, si elles le pouvaient, de sortir aussitôt. Cela prouve que leur conscience n’est pas à l’aise, mais à quoi cela servira-t-il, quand elles se trouveront là où il n’y a plus possibilité d’échapper ? Ici-bas, les hommes ont une extrême facilité à oublier le péché ; est-ce que cela les justifie ? Dieu les supporte, il est vrai, mais serait-ce une chose juste que le mal ne fût jamais découvert ?

Maintenant, voici l’Évangile : Dieu, dans sa grâce, est venu manifester ce que nous sommes et ce qu’Il est. En contraste avec la loi qui exige, il nous a fait connaître que Dieu donne, nous a apporté le don de Dieu. La loi exige ce que nous devons être, Christ nous donne ce dont nous avons besoin, le salut. Il nous tient devant Lui, comme cette femme Samaritaine, et ne nous cache aucunement ce que nous sommes, mais avec quelle grâce ! N’est-elle pas merveilleuse sa manière d’agir envers le pécheur ?

Jésus venait d’être chassé de la Judée ; il était venu vers les siens, et les siens ne l’avaient pas reçu. Fatigué du chemin, il s’assied au bord d’un puits et demande de l’eau. Lui qui l’avait créée, comme il avait créé toutes choses, était là, seul, à la chaleur du jour, sans rien pour l’abriter, et demandant de l’eau pour étancher sa soif !

Arrive une femme à une heure qui n’était pas habituelle, toute seule aussi. C’était une âme déçue ; elle avait cherché dans le monde quelque objet pour ses affections et avait trouvé le péché. Fatiguée elle-même, lasse d’un monde où elle avait cherché le bonheur sans le trouver, elle rencontre une âme plus isolée qu’elle, dans ce monde de misère. C’était le Seigneur ; mais ce qu’il y avait de plus frappant, c’est que Lui était plein d’une sympathie parfaite pour les autres, tandis qu’il n’en rencontrait aucune pour lui-même. Même quand il était en Gethsémané, suant des grumeaux de sang, dans l’angoisse du combat, ses disciples, qu’il priait de veiller, dormaient. Il n’y a pas un coeur qui réponde au sien, mais il n’y a pas un coeur qui éprouve des besoins, auquel le sien ne réponde. Il est isolé dans sa sainteté ; mais, dans son coeur, l’homme le plus affable possible. C’était ce qui, partout, se voyait en Lui. Eh bien ! la bonté parfaite était là, descendue au milieu du mal, cherchant à gagner la confiance des pécheurs, mais il fallait que le pécheur eût conscience de son état. L’origine du péché dans ce monde a été que l’homme a perdu confiance en Dieu ; aussitôt la convoitise, la transgression et la ruine en ont été la conséquence. Mais lorsque Christ apparaît, c’est Dieu descendant au milieu de ce monde pour inspirer confiance, même à un coeur qui n’aurait pas pu se montrer en compagnie d’honnêtes gens. Mais voici cette femme restaurée, quand, au lieu de cacher ses péchés, elle est là en pleine lumière et trouve en même temps un amour parfait chez celui qui la sonde. Un lépreux en Israël était chassé hors du camp ; celui qui le touchait était impur ; Jésus le touche sans être souillé et chasse toute souillure. Il en est de même ici au puits de Sichar. Cette femme, repoussée du monde, trouve le Dieu saint qui y est descendu pour lui apporter ce dont elle a besoin. Pourquoi ? Uniquement par amour. Ah ! qui a donc mis cela dans le coeur de Dieu ? L’homme peut-être ? Mais il n’a pas voulu de Lui quand il est venu ! Qui serait-ce donc si ce n’est Dieu lui-même, Dieu qui est amour ! Quand, par la grâce, j’ai compris cette vérité, je connais le coeur de Dieu ! C’est ainsi qu’il se manifeste. Il est descendu si bas, afin que nous ayons les yeux ouverts pour voir jusqu’au fond de Son coeur. Et c’est cela que les hommes rejettent !

Aujourd’hui Dieu donne ; mais n’est-il pas juste que le temps vienne où il jugera ?

«Qui est celui qui te dit : Donne-moi à boire ?» Il est donc descendu si bas pour demander un peu d’eau à une femme telle que toi ? C’est la grâce ! Je crains qu’il n’y ait ici des personnes qui aient entendu parler d’eau vive et qui n’en aient jamais bu une goutte. «Celui qui en boit n’aura jamais soif». L’intelligence de l’homme, comme celle de la Samaritaine, n’y comprend rien et ne le peut pas. «Donne-moi de cette eau vive», dit-elle. Il répond : «Appelle ton mari». Aussitôt elle cherche à tout cacher, et en voulant tout cacher elle dit la vérité. Jésus la prend par la conscience ; c’est par là que la lumière entre toujours. La grâce attire le coeur, la lumière pénètre la conscience. Dieu nous amène toujours là, quand nous avons à faire à Lui. Du moment que la lumière pénètre, on voit les choses comme elles sont, car elle manifeste tout. Ce n’est pas une bonne chose d’avoir une bonne réputation et une mauvaise conscience ; mieux vaut avoir une mauvaise réputation, afin que la conscience puisse être atteinte, et c’était le cas de cette Samaritaine. Elle trouve Celui qui est venu pour donner, non pas pour exiger ; qui est venu non pas pour imputer, mais pour porter, pour abolir le péché. S’il manifeste à ma conscience ce que je suis, il le fait en amour ; il est tout amour pour nous, tels que nous sommes.

Cette femme était toute préoccupée de sa cruche et de sa corvée, et voici tout à coup que, sur un mot, sa conscience se réveille. N’y a-t-il pas de péché en toi ? Jésus devance en grâce le jour du jugement ; il est là, lumière parfaite et amour parfait. Cette lumière qui a pénétré dans la conscience de cette femme pour lui montrer ce qu’elle est, c’est Dieu lui-même qui vient ôter le péché. La grâce et la vérité sont venues par Jésus-Christ. Comme lumière, il luit dans ma conscience pour me faire sentir ce que je suis ; comme amour, il remédie à tout ce que je suis. Aussi je ne cherche pas à Lui rien cacher ; il n’y a que le pardon qui ôte toute fraude du coeur. «Voyez», dit la Samaritaine, «un homme qui m’a dit tout ce que j’ai fait».

C’est ainsi que l’intelligence entre en nous. Cette femme ne comprenait rien, mais lorsque sa conscience est atteinte, elle dit : «Tu es un prophète». La parole de Dieu est entrée dans son âme et lui a fait voir clairement toutes choses.

Remarquez encore cette parole du Seigneur : «Le Père cherche de tels adorateurs». Quelle grâce infinie que le Père en cherche dans un monde de péché qui, après tout, avait rejeté son Fils. Êtes-vous convaincus de cela ?

La femme dit : «Je sais que le Messie, qui est appelé le Christ, vient». Eh bien ! dit Jésus : «Je le suis, moi qui te parle». Ayant confiance dans sa Parole, l’ayant reçue dans son coeur et sa conscience, elle avait déjà Christ. Elle possédait comme Sauveur, comme vie éternelle, Celui qui était venu la chercher pour la mettre en relation avec Dieu.

J’ajoute encore ce qui n’est pas précisément le sujet de ce chapitre. Nous savons qu’il s’est donné lui-même pour tous nos péchés, et qu’il n’en est plus question devant Dieu. Il a pris soin de nous donner une paix parfaite. Mais c’est Jésus qui sera le juge des vivants et des morts. Quand j’arriverai devant le tribunal de Christ, je dirai : Voici Celui qui a porté tous mes péchés ! Il se renierait lui-même s’il m’en imputait aucun. Il n’est plus sur la croix ; il est dans la gloire à la droite de Dieu. «En la consommation des siècles, il a été manifesté une fois pour l’abolition du péché, par son sacrifice». Ce Christ qui s’est ainsi donné, n’a pas porté mes péchés dans le ciel à la droite de Dieu. Ma culpabilité devant Dieu a été absolument réglée sur la croix, et ma conscience est rendue parfaite par le sang de Christ. Dieu a accepté, reconnu, l’oeuvre de son Fils, en le ressuscitant d’entre les morts, et je trouve ainsi que, non seulement il a effacé mes péchés, mais qu’il m’a acquis la gloire.

Voyez cette femme, complètement délivrée, même des inquiétudes de la vie présente, une fois qu’elle a trouvé Christ comme Sauveur. Il prend la place qu’occupaient ses soucis. Elle laisse sa cruche. Une fois que j’ai le ciel, que m’importent les petites inquiétudes d’ici-bas !

Chers amis, croyez-vous en Dieu, tel qu’il s’est manifesté en Jésus ? Croyez-vous à un amour déployé envers les pécheurs, tels qu’ils sont ? Connaissez-vous le don de Dieu ? Avez-vous vu comment Christ s’est abaissé ? Croyez-vous qu’il a ôté tous vos péchés ? S’il en a effacé un seul, il les a tous effacés ! Souvenez-vous que Dieu, le Père, cherche des adorateurs !

Mais quelle chose terrible que d’être obligé de comparaître devant le Christ et de l’entendre dire : «Je t’ai cherché et tu n’as pas voulu !»

 

 

8              Méditations de J. N. Darby    Jean  6:1-59

n°27 : ME 1887 p. 436

Il y a dans cet évangile quelque chose de très caractéristique quant à l’ordre des sujets. Au chap. 5, par exemple, Jésus donne la vie comme Fils de Dieu ; au chap. 6, il devient, comme Fils de l’homme et dans son humiliation jusqu’à la mort, l’aliment de la vie ; au chap. 7, il sera manifesté en gloire à son retour. Ces divers enseignements se rattachent, chaque fois, à un fait qui vient de se passer. Dans notre chapitre, il rassasie cinq mille personnes, selon ce qui est écrit : «Je rassasierai de pain ses pauvres» (Psaume 132:15). Alors la foule le reconnaît comme le Messie, le prophète attendu depuis Moïse, et que ce dernier avait commandé d’écouter. Les trois caractères de prophète, de sacrificateur et de roi, se trouvent dans ce chapitre : Christ était prophète, et le peuple juif lui a reconnu ce caractère ; il est actuellement sacrificateur à la droite du Père ; il sera reconnu roi, quand il reviendra avec puissance. Au v. 15, le peuple veut le faire roi, parce qu’il n’a compris ni l’humiliation que le Messie devait subir, ni le caractère de sa royauté. Il ne pouvait comprendre le sacerdoce de Christ, parce qu’il ne savait pas que Christ devait entrer dans le sanctuaire avec son propre sang. Jésus, dans son caractère de sacrificateur, monte sur la montagne et prie ; les disciples descendent à la mer et s’embarquent ; ils sont ballottés sur les vagues, image de l’état actuel de l’Église pendant l’absence du Seigneur. Les disciples ont peur quand Jésus leur apparaît, marchant sur la mer ; mais dès qu’ils le reçoivent, le calme revient et ils abordent au lieu où ils allaient. Il en est de même pour nous ; nous sommes ballottés par les vagues, anxieux, effrayés, mais Jésus marche au-dessus de toutes les difficultés, et sa force est notre force. C’est par un tel exemple que le Seigneur nous fait comprendre ce qu’il est pour nous en son absence. Nous semblons entièrement délaissés, au milieu des difficultés et des peines, mais le Seigneur est là-haut pour nous soutenir, et il va quitter cette position pour venir à nous.

Les foules sont étonnées de le retrouver de l’autre côté de la mer. Elles le cherchaient, parce qu’elles avaient été rassasiées de pain, mais Jésus leur montre ce qu’elles ont à faire : la première chose est de croire, de se soumettre entièrement à Dieu. Si Dieu nous commandait quelque grande chose, nous la ferions, parce que cela répondrait à notre orgueil, mais nous avons simplement à obéir par la foi. Dieu demande que nous soumettions à Jésus notre coeur et notre intelligence, tout ce qu’il y a en nous. Jésus doit être notre tout. Cette soumission est, pour un coeur incrédule, bien plus difficile que de faire des choses très difficiles, mais qui nous mettraient en bonne réputation devant les hommes. Le peuple demande à Jésus quel signe il donne de la certitude de ses paroles. Jésus leur répond qu’il est lui-même le pain du ciel ; tout son amour se montre en cela. S’il est possible de ne pas voir tout l’amour de Dieu dans la grande humiliation de Jésus, jusqu’à devenir notre pain du ciel, comment sera-t-il possible de voir cet amour ailleurs ? Le signe que Dieu nous donne pour nous prouver son amour, c’est tout d’abord que Jésus s’est incarné, que, voyant notre état de ruine et d’éloignement de Dieu, il est descendu ici-bas, vers nous, pour nous délivrer, comme il le fit jadis pour Israël en Égypte. Ceux qui n’ont pas encore reçu Jésus pour leur tout, leur nourriture et leur breuvage, ne sont pas rassasiés. Ils éprouvent du vide et du mécontentement (v. 35). Du moment que l’on est en communion avec Jésus, on comprend qu’il n’y a plus pour l’âme ni faim, ni soif. Mais, pour avoir la vie éternelle, il faut non seulement le manger comme pain, mais il faut aussi manger sa chair et boire son sang. Jésus s’est humilié jusqu’au supplice, jusqu’à donner pour nous sa chair et son sang. Il est descendu du ciel pour être serviteur, pour faire, non sa volonté, mais celle du Père. À son plus grand ennemi, à celui qui hier lui crachait au visage, il ouvre aujourd’hui les bras s’il vient à lui, et il le sauve. Il est le serviteur d’un tel homme, parce qu’il est le serviteur du Père qui attire tout homme qui vient à Jésus (v. 39, 40). La volonté du Père est que Christ ne perde rien de ce que le Père lui a donné. Toute âme qui a été attirée à Jésus a ainsi, comme gage, la vie éternelle. Tout cela est fondé sur la volonté du Père et met à néant l’orgueil de la chair. Christ ne fait aucun cas de notre chair et bien qu’elle murmure ou se scandalise (v. 43, 61), il continue sans chercher à lui plaire. Jésus ne s’est pas borné à être serviteur, il a laissé sa vie en rançon, il est mort pour nous, pécheurs. Quand le sang est séparé du corps et a été répandu, c’est que la mort est intervenue. Du moment que nous sommes venus à Christ, nous sommes assurés de tout : Christ a donné sa vie, son sang est devant Dieu ; il est entré lui-même en la présence de Dieu avec l’efficacité de ce sang. La vie que Jésus avait, comme homme, a été donnée ; nos péchés, portés par lui, se sont écoulés, pour ainsi dire, avec son sang ; ce sang les a lavés ; la mort les a expiés, et le sang est présenté à Dieu. Nos âmes pensent à Jésus mort et se nourrissent de cette mort par la foi.

Dès lors, et tant que nous sommes ici-bas, Jésus nous nourrit continuellement de sa vie et de sa mort. Nos affections sont attachées à lui, qui est le témoignage de la tendresse et de l’amour de Dieu pour nous ; et, tandis qu’il est en haut, intercédant pour nous, nous sommes attirés à lui et détachés de coeur des principes de ce monde. Si Jésus a été pauvre, parce qu’il m’a aimé, puis-je désirer les richesses ? Tous les motifs qui dirigent les hommes sont parfaitement contraires à la seule chose glorieuse pour moi, un Christ que les hommes ont méprisé et rejeté. L’unique place que Jésus ait pu prendre en ce monde est la plus basse de toutes ; c’est là que mon coeur s’attache à lui. Si sa mort me montre la sainteté et la colère de Dieu, elle donne en même temps une réponse à tout ce que Dieu exige. C’est dans la personne et l’amour de Jésus que nous apprenons à connaître Dieu comme un feu consumant.

La cène est le symbole de cette mort, mais ce n’est pas d’elle qu’il est question dans ce passage, où il s’agit de manger la chair et de boire le sang de Christ, pour avoir la vie éternelle. Cette nourriture que la foi s’approprie, nous fortifie de jour en jour, elle nous attache à Christ et nous soustrait à l’influence du monde qui perd ainsi sa puissance sur nous. Christ est la source et l’aliment de notre vie ; nourris de lui, nous sommes satisfaits et joyeux, car nous sommes détachés du monde, et nous avons Christ, et nous jugeons de toutes choses selon que nous apprécions Jésus, notre nourriture. Que devient alors pour nous l’orgueil du monde — il a crucifié Jésus ; l’opinion du monde — il a rejeté Jésus. Les choses de la chair sont amères pour l’Esprit, comme celles de l’Esprit sont amères pour la chair. Nous ne pensons pas assez à Jésus, nous ne portons pas assez son empreinte. La chair estime les choses du monde autrement que Jésus ne les aurait estimées. Nous cherchons à faire de Dieu notre serviteur pour nous exalter ici-bas, et nous ne pensons pas que Christ est notre serviteur, pour arracher nos âmes à tout l’effet du poison répandu dans le monde.

 

 

 

9              Méditations de J. N. Darby    Jean  7

n°192 : ME 1912 p. 472

La fête des tabernacles caractérise ce chapitre. Quant aux fêtes, il y en avait trois grandes : 1° la Pâque, 2° la Pentecôte, et 3° la fête des tabernacles (Voir Lév. 23 et Deut. 16). Outre ces fêtes principales, nous avons premièrement le sabbat, repos de l’ancienne création, repos impossible tant que le péché est dans le monde, mais qui aura sa pleine réalisation pour les Juifs d’une manière terrestre, quand Satan sera lié, et pour nous d’une manière céleste, comme le repos qui reste pour le peuple de Dieu. Ensuite venait la Pâque, sacrifice de Christ, et après cela la fête des pains sans levain, car la sainteté accompagne ce sacrifice. Puis la fête des prémices de la moisson ; ensuite la Pentecôte — après quoi un long intervalle suivi de la fête de la nouvelle lune, préfigurant le retour des Juifs ; enfin le grand jour des expiations, jour d’humiliation, quand Israël reconnaîtra son péché et en portera deuil (És. 63) Alors seulement vient la septième fête, celle des tabernacles.

Jusqu’à la Pentecôte, qui représente en type la descente du Saint-Esprit, toutes ces fêtes ont déjà eu leur accomplissement ; car, s’il s’agit de la Pâque, Christ est mort, c’est un fait ; s’il s’agit de la Pentecôte, le Saint-Esprit est descendu, nous le savons (Actes 2:39), mais s’il s’agit de la fête des tabernacles, où en voyons-nous l’antitype dans le Nouveau Testament ? Nulle part ; car il s’agit d’une chose future qui n’aura lieu que lorsque Christ sera manifesté en gloire, et que Dieu sera entouré des siens. Cette fête avait lieu après la moisson et après la vendange. — Nous savons que la moisson représente la séparation du bon grain d’avec l’ivraie. C’est donc un jugement de séparation du bon d’avec le mauvais, tandis que la vendange représente le jugement pur et simple. — La fête des tabernacles clôt les travaux ; c’est le temps du repos. Dans És. 63, ils reconnaissent avoir perdu tout droit aux promesses, et viennent (v. 19) comme de pauvres gentils ; ce n’était donc pas le moment de Jean 7:4, car les Juifs ne s’étaient pas repentis et en étaient, au contraire, bien éloignés ; ce ne pouvait donc pas être le moment de la bénédiction qui suivra leur repentance. Voilà pourquoi le Seigneur ne pouvait pas se montrer publiquement au monde, comme prenant part à cette fête, chose que ses frères ne pouvaient pas comprendre. Or un intervalle s’écoule entre la Pentecôte et la fête des tabernacles, et cet intervalle est rempli par l’Église ; mais aussi certainement que la Pâque et la Pentecôte ont été accomplies, aussi certainement la fête des tabernacles aura son accomplissement. Le cycle des faits n’est pas encore accompli, mais nous en avons le cadre.

Il est à remarquer que les miracles de l’Ancien Testament sont des actes de puissance, et ceux du Nouveau des actes d’amour, sauf une exception ; je parle du figuier maudit. Ce figuier est le type de l’homme sous la loi, de l’homme soigné de Dieu de plusieurs manières, et finalement par les prophètes. L’homme sous l’ancienne alliance ne porta jamais de fruit ; là il est manifesté tel et condamné. Cela introduit une chose toute nouvelle. Nous voyons un homme glorifié dans le ciel, au delà de la mort, du jugement, de la puissance de Satan et du péché, et c’est comme homme ressuscité qu’il dit par Marie de Magdala aux siens : «Mon Père est votre Père, mon Dieu est votre Dieu». Or c’est de là que le christianisme découle.

Il y a deux côtés du christianisme : 1° Dieu a été manifesté en amour ; 2° L’homme est monté dans la gloire. C’est alors que vient le Saint-Esprit, et c’est là le grand secret qui caractérise le christianisme. Dans Jean 3, nous voyons la nouvelle naissance ; dans Jean 4, la relation formée ; mais dans Jean 7, des fleuves qui débordent — le Saint-Esprit. Dès lors, Dieu peut demeurer en nous, mais pas avant. Dieu n’a pas demeuré en Eden avec Adam, nous le savons ; pas davantage avec Abraham, bien qu’il le bénît ; ce n’est qu’en Ex. 29, qu’il demeure au milieu d’Israël, la rédemption étant accomplie en figure. Quand la rédemption a été accomplie en réalité, c’est-à-dire quand il prend sa place dans la gloire, le Saint-Esprit descend, pas avant cela. La présence du Saint-Esprit sur la terre était la preuve qu’il y avait un homme glorifié dans le ciel à la droite de Dieu, et voilà ce qui caractérise le christianisme, l’Église (j’entends par là ce qui est vivant, comme tel) et le chrétien. Toutes choses seront assujetties à Christ et, en attendant, nous voyons au ciel un homme couronné de gloire et d’honneur. Quand toutes choses lui seront assujetties, alors il jouira du fruit du travail de son âme et sera satisfait — ce sera la fête des tabernacles. Les Juifs y auront une part terrestre, mais nous avons quelque chose de meilleur ; ils croiront, parce qu’ils verront ; nous croyons sans voir et sommés scellés de l’Esprit, parce que nous avons ainsi cru (je parle d’une foi réelle). Si je suis seulement réveillé à l’égard de mes péchés et cherchant le salut — bien que je sois en chemin pour le trouver — Dieu ne peut sceller cela. Il ne peut pas sceller un pécheur. Christ est assis à la droite de Dieu, après en avoir fini avec nos péchés ; il n’y est pas assis avec nos péchés. Si nous avons cru cela, la conscience est parfaite ; je ne dis pas que nous soyons parfaits de fait, car je ne connais pas d’autre perfection que d’être semblables à Christ dans la gloire, et nous n’y sommes pas, cela est certain ; mais le péché ne nous est pas imputé, et nous avons toute assurance devant le tribunal de Christ (devant lequel il nous faudra tous être manifestés), car nous serons dans la même position que Celui devant qui nous comparaîtrons.

Quant au sceau de l’Esprit, le Saint-Esprit demeure dans le croyant, c’est un fait, mais il faut pouvoir dire : Abba, Père ! c’est-à-dire en vérité, car vous ne devez pas dire Père, si vous n’êtes pas sûrs d’être des enfants. La demeure du Saint-Esprit en nous, en tant que chrétiens, est une réalité. «En ce jour-là, vous connaîtrez que je suis en mon Père et vous en moi, et moi en vous, telle est la mesure de ma position (vous en moi) et de ma responsabilité (moi en vous). Si je suis en Christ, Christ est donc en moi ; c’est, dis-je, la mesure de ma responsabilité, c’est-à-dire de ne pas laisser paraître autre chose que Christ dans ma vie — il s’agit de «porter, toujours, partout, dans le corps, la mort de Jésus, afin que la vie aussi de Jésus soit manifestée dans notre corps». Telle est notre responsabilité. «Et par ceci nous savons qu’il demeure en nous, savoir par l’Esprit qu’il nous a donné». Si donc j’ai l’Esprit (et je l’ai si j’ai cru, et si je puis en toute vérité crier : Abba, Père !), alors Dieu demeure en moi. Cela est certain, car si Dieu ne demeure pas en moi, je n’ai pas l’Esprit, et si je n’ai pas l’Esprit, je ne suis pas de Christ. Mais quelle pensée à la fois heureuse et solennelle ! Il demeure en chaque chrétien. «Quiconque confessera que Jésus est le Fils de Dieu, Dieu demeure en lui, et lui en Dieu». Le confessez-vous ? Vous dites : Oui. Je dis alors : Dieu demeure donc en vous. Vous reculez devant cette pensée qui vous paraît présomptueuse, mais qu’il est impossible de renverser, car c’est Dieu, dans sa Parole, qui le dit clairement, et quand Dieu dit qu’il demeure dans celui qui confesse Christ ainsi, vous n’avez pas le droit de dire qu’il n’y demeure pas. Eh bien ! je vous adresse une question : Si Dieu demeure en vous (et c’est un fait, si vous pouvez l’appeler votre Père), comment traitez-vous cet hôte ? Quand nous recevons quelqu’un qui nous est cher et que nous voulons honorer, nous mettons notre maison à sa disposition ; nous désirons qu’il trouve les choses à sa convenance, nous désirons lui faire plaisir. Eh bien ! cherchons-nous ainsi à plaire à Dieu ? Il ne s’agit pas d’éviter les gros péchés, mais quelle est ma vie, ma marche tout entière, ma marche dans le monde d’où Christ a été rejeté, dans le monde qui n’a pas voulu de Dieu en grâce ? Souvenons-nous que si nous vivons par l’Esprit, nous devons aussi marcher par l’Esprit, mener une vie pratique selon l’Esprit

 

 

 

10         Méditations de J. N. Darby    Jean  8:12-49

n°48 : ME 1892 p. 333

Jésus avait déjà dit aux Juifs tout ce qu’il avait à leur annoncer, mais ils avaient rejeté sa doctrine. Le Seigneur discute ici devant eux cette rejection de sa parole. Il était venu au milieu d’eux, apportant la grâce et non pas le jugement. Eux se confiaient à la loi, à leur descendance d’Abraham, enfin à la religion de la chair. Au milieu de beaucoup d’autres choses, la chair a sa religion. Cette religion consiste : 1° en devoirs à accomplir ; 2° à suivre la religion de nos pères et à être zélé pour leur traditions, en s’opposant à toute innovation.

Ces choses sont communes aux païens et à tous les non-chrétiens ; elles n’engagent en rien la conscience. La religion vraie commence au moment où Dieu se présente au coeur, et jamais auparavant ; au moment où nous avons la conscience d’avoir manqué à tous nos devoirs. C’est une religion de grâce. Nous trouvons dans ce chapitre les effets que la religion de Dieu produit sur l’homme. Les Juifs étaient à la vérité la postérité d’Abraham, mais non pas spirituellement. Ils se prévalaient de leur naissance ; ils se disaient libres, quoique esclaves des Romains (v. 33). Leur confiance, fondée sur la chair, avait l’orgueil pour racine.

La religion de Dieu doit nous rendre libres. L’état dans lequel l’homme se trouve est à la fois l’esclavage de la loi et du péché. «Quiconque pratique le péché», dit le Seigneur, «est esclave du péché» (v. 34). Il est des hommes qui voient les conséquences du péché et cependant en subissent le joug. On est toujours esclave des motifs qui agissent sur le coeur ; ainsi l’homme est esclave de ses convoitises, du monde, de Satan. La loi nous fait sentir encore plus cet esclavage. Les Juifs, comme peuple de Dieu, étaient dans sa maison, mais ils étaient sous la loi et dans l’esclavage du péché, et «l’esclave ne reste pas dans la maison pour toujours» (v. 35). Si le Fils ne nous affranchit pas, nous demeurons sous l’esclavage de la loi, qui nous place sous le jugement et la malédiction. «Maudit est celui qui ne persévère pas dans toutes les choses qui sont écrites au livre de la loi pour les faire». La loi devrait rendre l’homme esclave de Dieu, mais l’esclave qui ne fait pas la volonté de son maître peut être renvoyé.

Du moment qu’étant né de Dieu, je me trouve en présence de la loi, je reconnais toute sa spiritualité ; j’accepte ainsi une vérité qui me remplit de crainte ; mais ce n’est pas la vérité que la grâce nous révèle et qui nous affranchit. Dieu n’a pas envoyé la loi pour que nous la pratiquions, mais pour mettre en évidence le péché. La vérité nous affranchit ; elle nous présente l’obéissance de Christ et la justice de Dieu.

L’homme qui veut accomplir la loi cherche sa justice, et non la justice de Dieu. Dieu présente à l’homme sa justice à Lui, en Christ. Cela veut dire que, parce que Dieu est juste, il accepte Christ et l’oeuvre qu’il a faite pour nous. Voilà ce qui nous rend libres. Plus de crainte, ni de servitude. La vérité nous affranchit par la connaissance de ce que Dieu a fait pour nous. Nous sommes en règle devant Dieu. Il fait plus encore, il nous donne l’Esprit d’adoption. Il fait de nous ses enfants, dans toute la familiarité et la jouissance de cette qualité.

Dieu fait grâce selon son amour. Nous sommes en sa présence selon le principe de l’oeuvre de Dieu, et non selon le principe de la loi. C’est une relation d’amour. Il n’attend rien de notre part et c’est par amour qu’il agit envers nous, comme un père envers ses enfants. Notre liberté consiste en ces relations d’abandon filial avec le Père. Cette liberté ne peut pas se perdre. «Le fils demeure pour toujours» dans la maison, indépendamment de sa conduite ; c’est une chose établie pour l’éternité. Si j’avais à craindre de perdre un héritage, je serais d’autant plus angoissé que l’héritage serait plus grand. Or je ne puis le perdre. Il va sans dire que si, comme enfant, j’ai commis des fautes, je serai mal à l’aise devant mon père, bien que je me sente aimé de lui. Nous sommes dans la maison. Si nous péchons nous serons misérables, parce que notre conscience aura le sentiment d’avoir déshonoré notre Père et contristé son Esprit.

Demeurer dans la maison de Dieu conduit à une connaissance de Lui, toujours plus intime. Mais dans cet état il peut nous arriver de penser à notre jouissance, au lieu de penser à ce qui en est la source ; ou bien de divulguer cette jouissance, ce qui nous attache à nous-mêmes, nous détache de Dieu et nuit considérablement à notre communion. Cette perte momentanée de la communion travaille le coeur et l’humilie. Cela est nécessaire ; mais le bon Berger restaure l’âme malade et la rétablit dans l’intimité qui est la part d’un enfant fidèle. Il y a pour nous force et vigueur devant Dieu, quand le Saint-Esprit n’est pas contristé, quand il n’est pas obligé d’être le médecin de l’âme, mais qu’il reste, au contraire, son principe de vie et de communion.

La vérité nous affranchit. Le Fils nous affranchit, parce qu’il nous place devant le Père selon ce qu’il est lui-même. Maintenons ce qui est convenable à la maison que nous habitons. Gardons nos coeurs, afin que notre communion ne soit pas interrompue !

 

 

 

 

11         Méditations de J. N. Darby    Jean  13    La Gloire Brillant dans la Honte

n°230 : ME 1925 p. 141

Il est frappant de voir comment Dieu fait tout tourner à sa gloire et pour la bénédiction des siens. Il est au-dessus de tout, et les événements qui se déroulent aboutissent, non à réaliser ce que Satan a voulu, mais toujours à glorifier Dieu et à bénir ses enfants. Cela donne un sentiment profond de la fidélité de la grâce divine ; toutes les fois qu’on regarde plus haut que les circonstances, on trouve Dieu qui les domine et qui agit, toutes choses travaillant à l’accomplissement de ses grands desseins de grâce et de gloire.

En Jésus on voit cela à la fois réalisé et manifesté. Nous trouvons dans ce chapitre que «le fils de l’homme est glorifié». Voilà tout le résultat des efforts de l’ennemi ! Le coeur de l’homme ne pouvait aller plus loin dans son inimitié que Judas : «L’un de vous me trahira», dit Jésus, l’un de vous, l’un de mes intimes... Au lieu de chercher à arrêter le mal qui s’élève contre lui, Jésus dit : «Ce que tu fais, fais-le promptement» ; le plus vite est le mieux, au point où en sont les choses, il faut que tout s’accomplisse et que je sois mis au rang des malfaiteurs. Il est temps. Or c’est à ce moment qu’Il ajoute : «Maintenant le fils de l’homme est glorifié». Tout ce que Satan a pu faire aboutit là ! C’est pour Jésus l’occasion de son obéissance, pour Dieu celle de son amour. Plus le mal se montre, plus c’est le moment de Dieu. Alors que l’homme arrive au comble de son péché, le fils de l’homme est glorifié ! (v. 31).

De quelque côté que nous nous tournions, nous apercevons le péché de l’homme. Où l’on peut s’attendre à trouver du bien voilà le mal qui s’y oppose. En Pilate, le jugement inique, dans les sacrificateurs l’accusation, dans l’ami la trahison. Le bien est partout surmonté par le mal. Or au milieu de tout cela vient briller la gloire du divin fils de l’homme qui brillera dans sa plénitude à la croix. Le voici, plein de tendresse pour les siens, de patience envers Judas. Sa perfection fait ressortir ce que le mal a d’horrible, mais le coeur qui cherche la gloire de Dieu trouve en Lui, au milieu de cette sombre scène, un point où se fixer. Dieu est glorifié en Lui, dans un homme : en Jésus l’homme est le moyen de la gloire de Dieu, et c’est pourquoi lui-même acquiert la gloire.

La justice divine eût été glorifiée par le châtiment éternel du péché, mais l’amour n’aurait pas eu sa place. En Christ l’amour et la justice sont manifestés ensemble ; il s’offre volontairement pour qu’ils le soient dans toute leur étendue. Plus Satan et l’homme montraient ce qu’il y avait d’entièrement opposé à cet amour et à cette justice, plus Il a été, Lui, ce qui répondait aux caractères divins, plus Il a glorifié Dieu. Il rencontre la lâcheté, l’injustice, la trahison, mais en Lui c’est toujours le même amour. C’est une parfaite supériorité au mal ; plus celui-ci s’affirme, plus Lui manifeste sa patience et sa fidélité à Dieu son Père. Ainsi les événements tournent à la pleine gloire de Dieu.

Ils tournent pareillement à notre bénédiction. Ce qui semblerait devoir nous séparer de Jésus, devient l’occasion pour Lui de montrer la fidélité et l’efficace de son amour. C’est ce que nous voyons au début de ce chapitre. Satan a amené le mal au point que Jésus va être trahi par l’un des siens, et c’est le moment où l’on voit Jésus entrer dans toute sa gloire (il venait de Dieu et il allait à Dieu), mais Il ne nous sépare pas de Lui-même. «Vous êtes nets», dit-il aux siens. Et s’il y a des souillures contractées du fait de la marche, le voilà qui lave leurs pieds. C’est une scène merveilleuse. Il est trahi, il ne se retrouvera plus à table avec ses disciples, il quitte ce monde. Ce serait donc la séparation complète, éternelle, entre Christ et l’homme, à cause de cette trahison ? Loin de là, il vient s’occuper d’eux, de leurs misères, de leurs pieds souillés, il veut que rien de souillé ne s’attache à eux, parce qu’il les veut dans la gloire où il va entrer. Rien ne doit rester, des suites de la marche ici-bas, qui contredirait le caractère du ciel. Il faut que les siens aient une part avec lui, son coeur ne peut être satisfait à moins. Eh bien, je le répète, c’est la trahison de Judas, c’est le déploiement de la puissance de Satan, propres en apparence à nous séparer de Jésus, qui aboutissent à cette précieuse révélation. C’est ainsi que Dieu intervient dans les choses de ce monde, pour que brillent toute la clarté et toute la perfection de cet amour actif, qui travaille à l’accomplissement de ses desseins éternels de grâce, en se servant même des efforts de l’adversaire.

Votre repos, c’est d’arrêter nos coeurs sur Celui qui nous révèle toute cette bonté de Dieu. Si d’un côté je vois la séparation complète entre le coeur de l’homme et la pureté du ciel, je vois en même temps Jésus qui me rend propre pour le ciel. Je trouve le bien en présence du mal, et d’autant plus abondant que le mal abonde. La pensée même du mal ne peut envahir le coeur quand il saisit que plus il se manifeste, plus la grâce de Jésus le domine. Que Dieu nous enseigne à étudier toujours plus ce que Jésus a été, et que nos coeurs se nourrissent de sa précieuse personne !

 

 

 

12         Méditations de J. N. Darby    Jean  13:1

n°157 : ME 1906 p. 453

Il est évident que Jésus s’adresse ici particulièrement à ses disciples, mais ce que ce verset nous présente attirera à Lui toute âme dans laquelle le Saint-Esprit agit. La seule chose qui attire le pécheur et lui inspire confiance, c’est ce qui est en Jésus, comme nous le trouvons dans ce verset.

Je désirerais vous parler de la constance et de la fidélité de son amour. Rien ne l’a ralenti, ni affaibli. Si nous pensons à ce qu’étaient les trois classes de personnes qui entouraient le Sauveur : ses disciples, ses adversaires et les indifférents, nous trouvons en eux tout ce qui pouvait l’arrêter dans ses desseins d’amour.

Les adversaires sont plus particulièrement les enfants du diable. Ayant vu que le Seigneur Jésus venait revendiquer le royaume afin de régner sur toutes choses, ils disent : «Nous ne voulons pas que celui-ci règne sur nous». On trouve en effet des personnes qui, au fond du coeur, ont la certitude que Jésus est le Christ, et qui ne veulent pas de Lui. Les adversaires peuvent s’emparer des indifférents et les entraîner.

Tout ce qu’il trouvait dans le monde était propre à détourner Jésus de son oeuvre, mais rien ne blesse plus l’amour que l’indifférence. Par nature, nous aimons le péché et nous nous servons de tout ce que Dieu nous a donné, pour satisfaire nos convoitises. Devant cet état déroutant du monde, Jésus dit : «Jusques à quand vous supporterai-je ?» Nous pensons comme Lui, quand nous sommes dans la lumière de Dieu. Mais Jésus a vu toute cette corruption de l’homme, et c’est ce qui l’a poussé à venir en grâce ici-bas. Dieu a vu tout cela ; sa compassion en a pris connaissance. Que rencontre-t-elle ? L’indifférence du coeur. Le coeur de l’homme voit en Jésus quelque chose de méprisable ; il ne veut ni reconnaître son propre état, ni être redevable à Dieu d’en sortir. Rien ne rebute plus l’amour que l’indifférence.

Jésus a rencontré aussi la haine. Tous ceux qui tenaient à ce que Dieu fût absent, pour pouvoir satisfaire leur propre volonté, haïssaient Jésus. Orgueil, conscience, volonté, tout repoussait Dieu. «Ils m’ont vu, et ont haï et moi et mon Père». Il n’y avait rien dans la souillure, dans l’indifférence et dans la haine, qui pût attirer l’amour de Jésus. Il y avait de quoi pousser l’amour au désespoir, de se voir trahi par Judas. Si un seul homme devait nous trahir, nous serions trop occupés de nous-mêmes pour penser à ceux qui ne nous trahiraient pas. Au commencement de sa carrière, Jésus prononce des béatitudes, à la fin, il dit : «Malheur à vous». L’iniquité a abondé, mais alors Jésus fait voir tout son amour et ses disciples même l’abandonnent. N’y a-t-il pas de quoi réduire l’amour au désespoir ? Même ceux qui l’aimaient étaient si égoïstes et si liés par la crainte de l’homme, qu’il était impossible de s’appuyer sur leurs coeurs. Pierre, qui l’aimait, devait le renier. Cela prouve que le coeur de l’homme est tel que, lors même qu’il aime Jésus, ce coeur ne vaut rien. Jésus a dû aimer en présence d’une haine qui ne se ralentissait jamais ; il a dû nous aimer, couverts de souillures, indifférents, ayant en haine la lumière, nous qui, mille fois, l’avons renié. Celui qui se connaît le mieux, peut le mieux savoir que c’est là son portrait. Si vous traitiez un ami comme vous traitez Jésus, l’amitié ne durerait pas une semaine.

Jésus trouvait dans le ciel l’amour du Père, la pureté parfaite ; son amour parfait ne pouvait, par conséquent, s’y manifester. En regard de ce qu’il a quitté, il aime les siens qui sont dans le monde, tels qu’ils sont dans leurs souillures. Il n’en est pas rebuté ; elles sont l’objet de ses compassions ; elles attirent la grâce, car l’objet de la grâce, c’est l’iniquité et le mal.

L’indifférence des siens démontrait pour Jésus l’étendue de leur misère et le besoin qu’ils avaient de Lui. La haine même de l’homme prouvait qu’il était perdu. Dieu est venu chercher l’homme qui était hors d’état même de le chercher. Que de choses il a supportées, que d’indifférence, de trahisons, de reniements ! Néanmoins, rien ne l’arrête, et il a aimé les siens jusqu’à la fin. Il agissait selon ce qu’il y avait dans son coeur, et tout ce qu’il voyait dans l’homme n’était que l’occasion de manifester ce qu’il était.

Jésus fait tout ce qui est nécessaire pour rétablir l’âme dans ses relations avec Dieu. Tout pécheur que vous êtes, la grâce vient vous chercher. La justice et la loi exigent que le mal et le méchant soient ôtés. Jean-Baptiste prêche la repentance, et c’est un commencement de grâce ; mais, de fait, la grâce, loin de dire à l’homme de quitter son état pour venir à Dieu, vient à l’homme dans son péché. Elle pose sa main sur le lépreux pour le mettre en relation avec elle, et afin que Dieu soit beaucoup plus pleinement manifesté que si le péché n’avait pas existé.

La grâce applique l’amour de Dieu aux besoins de notre ruine. Si Jésus a connu la joie du Père et tout ce qui est dans le Père, c’est pour l’adapter aux besoins de l’homme.

Quelle consolation de savoir que Jésus est tout ce qu’il faut pour tout ce que nous sommes ! Cela nous place dans le vrai et nous amène à confesser le mal en nous, au lieu de le cacher : la grâce seule produit la sincérité (Ps. 32:1) et la vérité ; elle nous fait reconnaître que nous sommes faibles, infirmes, que nous ferions exactement ce que Pierre a fait, si nous n’étions pas gardés.

«Jésus aime les siens qui sont dans le monde», à travers leur pèlerinage, leurs circonstances, leur misère, leur égoïsme, leur faiblesse. Tout ce que Satan pouvait faire, tout ce qui était dans l’homme, était propre à empêcher Jésus de l’aimer, d’aimer les siens, et pourtant il les aime jusqu’à la fin.

Pouvez-vous dire que vous avez part à cet amour, que, malgré votre faiblesse, vous avez compris la grâce, la manifestation en Jésus de l’amour du Dieu invisible pour des pécheurs ? Avez-vous reconnu qu’il était nécessaire que Jésus vînt au monde, pour que vous ne soyez pas jetés là où il y a des pleurs et des grincements de dents ? Avons-nous pris notre parti de nous reconnaître tels que nous sommes ? Cela est désagréable et pénible. C’était là l’écharde de Paul, quelque chose qui lui disait sans cesse : Tu es faible. C’est précisément dans ce but que Dieu la lui avait envoyée. Notre chair est-elle assez jugée pour que nous soyons contents que Jésus soit tout et que nous ne soyons rien, et pour que nous nous réjouissions que la manifestation de notre faiblesse soit celle de la force de Dieu pour nous ? Jésus n’a oublié aucun de nos besoins : «Ayant aimé les siens qui étaient dans le monde, il les aima jusqu’à la fin».

 

 

 

 

 

 

13         Méditations de J. N. Darby    Jean  13:1-18

n°148 : ME 1903 p. 416

Nous avons lu ce chapitre plus d’une fois dans nos méditations. Je désire vous parler aujourd’hui, non pas du sujet général, mais de son application. Ce chapitre fait allusion à ce qui avait lieu dans le temple pour les sacrificateurs qui, lorsqu’ils entraient pour le service, se lavaient les mains et les pieds dans la mer d’airain. Nous sommes appelés à nous laver les pieds les uns aux autres ; il s’agit d’un service de grâce. De son côté, le Seigneur Jésus lui-même l’accomplit envers nous ; cela a lieu dans la conscience. Ce que Jésus fait ici en figure, il le fait réellement en nous. Il est venu par l’eau et par le sang, pour purifier et expier. Il n’est pas question dans ce chapitre du sang de l’expiation, mais de l’eau de la purification. Jésus purifie son Église et les saints individuellement, par le lavage d’eau, par la Parole. Jamais celui qui est purifié par le sang ne peut en avoir besoin de nouveau ; mais le Saint-Esprit agit dans le coeur pour le purifier par l’eau, c’est-à-dire par la Parole.

La position que Jésus prend ici nous montre que la source de toute humilité est dans la conscience de nos privilèges et de notre exaltation. Ce n’est pas loin de Dieu qu’on trouve l’humilité, ni quand on est abaissé, qu’il y a de l’humilité à l’être. Un ver n’est pas humble, parce qu’il ne prétend pas être un homme. Celui qui est élevé peut seul descendre et s’humilier. La seule manière de marcher avec humilité, c’est d’être près de Dieu. Ce n’est qu’alors que nous pouvons exercer la grâce envers les autres, agir envers eux en charité et nous occuper de leurs misères selon cette grâce. Lorsque je suis près de Christ et que je sens ce qu’est le péché, j’ai horreur de voir du péché en quelqu’un que Jésus aime ; je comprends le contraste entre ce que Jésus est et ce qu’est mon frère. Cela me donne une angoisse pleine d’amour pour ce dernier, parce que je comprends la peine que son péché occasionne au Seigneur. Impossible que nous puissions sentir ces choses quand nous sommes loin de Lui. Laver les pieds de nos frères est nous occuper de leurs misères dans le sentiment de ce que Jésus est, et de ce qu’il éprouve.

Cette communion où l’on réalise, les richesses de la grâce de Jésus, donne la grâce. On est sensible au mal ; il est jugé, même dans notre propre coeur ; on est dans l’humilité, tandis que l’humiliation est produite par la conscience du mal en nous. C’est quand toute la grâce coule dans mon âme, que je vois une tache ou une souillure aux pieds de mon frère. En jouissant de la communion de Christ, je juge tout ce qui est contraire à sa grâce.

La puissance de cette communion se manifeste dans la vie, dans la conduite ; on traverse même l’affliction selon la puissance de Dieu ; dans tous ces cas, le malin ne nous touche pas. Ce n’est pas une joie légère et bruyante qui ne juge pas le mal, mais une proximité de Dieu qui garde l’âme dans la communion. Le péché est une chose entièrement jugée ; le résultat est l’humilité. Près de Dieu, on n’a pas besoin d’être orgueilleux ; on est trop heureux de la gloire de Dieu, pour désirer de la gloire pour soi-même. La position de Christ consistait à être assez près de Dieu pour être entièrement humble ; assez près de Dieu, pour s’occuper de tout son peuple selon l’activité du Saint-Esprit. Le chrétien peut trouver la grâce qui est en Jésus, parce qu’il a lui-même les pieds lavés. Mais il ne doit pas s’en contenter ; il est aussi appelé à laver les pieds de ses frères, et c’est pour cela qu’il lui faut la proximité de Jésus et la plénitude de sa grâce. Nous goûtons cette grâce ; nous désirons y participer ; elle nous rafraîchit et nous fortifie, et nous met en état d’agir selon elle envers les autres.

Ce que nous avons à désirer et à chercher, c’est que nos âmes soient en communion immédiate avec le Seigneur, familières avec ses grâces. Si je comprends sa patience, sa bonté, je saurai mieux juger dans mon coeur les racines et les principes du mal. Nous devons désirer avoir les coeurs où tout soit jugé en relation avec les détails de la grâce de Christ.

Quand nous sommes en communion avec Lui, nous ne pouvons nous contenter de voir nos frères n’être pas dans ce même état. Cette communion donne à l’âme la puissance de l’amour ; c’est là ce qu’on trouve dans le coeur de Christ. Il ne peut se contenter de voir les siens avec des pieds souillés, et si nous jouissons de sa communion, nous avons à coeur ce qu’il a lui-même à coeur.

Est-ce là notre état ? Nos âmes, pleines de la grâce de Christ, soupirent-elles après la manifestation de cette grâce dans tous nos frères ? Loin de Lui, il nous est facile d’exhorter, c’est-à-dire de voir le mal et de le juger ; près de Lui, il y a assez de grâce pour porter remède à tout le mal qui se trouve en nous et chez les chrétiens autour de nous. S’il en est ainsi, il sera porté remède au mal. Jésus est une source de grâce plus puissante que toutes les sources de souillure que Satan et le péché ont introduites dans le monde.

La clef de tout cela, c’est la réponse de Jésus : «Si je ne te lave, tu n’as pas de part avec moi». L’objet de tous nos désirs est d’avoir part avec Lui ; et personne ne peut avoir cette part, s’Il ne le lave pas selon la pureté de l’eau qui a découlé de son côté percé.

 

 

 

 

 

14         Méditations de J. N. Darby    Jean  13:1-32

n°129 : ME 1901 p. 53

J’ai à coeur de vous présenter les caractères divers de Pierre, de Jean et de Judas, au moment où le Seigneur fut trahi.

Nous avons parlé plus d’une fois de la nécessité d’être lavés par Jésus lui-même, et de cette grâce par laquelle le Seigneur s’humilie pour rester toujours notre serviteur, occupé à laver nos pieds. Christ agit en humilité et dans la conscience de toute la gloire qui Lui appartient. La place qu’il prend, quoique le Père Lui au mis toutes choses entre les mains, est celle de serviteur pour nous. Il n’oublie jamais ce qui est encore plus élevé que la gloire, l’amour, amour qui l’engage à s’occuper de nos souillures, ce qui est le plus humiliant exercice de l’amour. Jésus seul a les yeux assez purs pour discerner la moindre souillure et assez d’amour pour la laver. C’est ce qu’il fait aussi maintenant qu’il est entré en possession de la gloire. Nos misères et nos fautes, du moment qu’il y a chez nous une véritable humiliation, sont un chemin — triste chemin, en vérité — qui nous conduit à comprendre l’amour de Jésus. Il possède la gloire, mais il est amour et ne peut, dans la gloire, abandonner le service de l’amour.

En présence de cette grâce et de cet amour, nous voyons ce que sont ses disciples.

Judas est l’exemple le plus triste de la carrière du péché. La Parole nous présente ici le péché qui est en nous tous, dans ses résultats les plus frappants, afin que, les voyant, nous en fuyions les causes. Les enfants de Dieu seuls ont la spiritualité qui peut profiter même de l’exemple des réprouvés, exemple qui ne peut être profitable qu’à eux, parce que seuls ils peuvent discerner les mêmes choses dans leur propre coeur.

Je ferai remarquer trois points dans le cas de Judas.

1° L’avarice, l’amour de l’argent, qui peut être accompagné d’une apparence de dévouement. Judas avait en outre la profession de disciple. Le mal, pendant longtemps, ne produit, chez lui que de petits effets : il volait les sommes qui lui étaient confiées. La convoitise était là, et Satan l’emploie pour lui faire commettre le plus affreux péché possible. L’amour de l’argent est encore plus mauvais dans le coeur d’un enfant de Dieu, que dans le coeur de Judas. Si un chrétien aime mieux deux écus qu’un seul, il est animé du même principe qui fit agir ce traître. Le monde approuve une convoitise honnête qui est beaucoup plus difficile à atteindre ; mais ce péché sépare de Dieu autant que toute autre chose. En Judas, c’était la source du mal.

2° Judas ayant connu Jésus selon la chair et vu sa bonté, sa patience, ses miracles, Satan lui suggère de trahir le Seigneur. Sauf dans le cas d’Adam, chez lequel le mal entre quand il écoute Satan, ce dernier ne produit pas en nous la convoitise ; elle existe et il agit par elle. Il présente l’occasion de gagner de l’argent en vendant le Maître, et emploie la foi extérieure de Judas pour lui faire croire que Jésus saura bien échapper. Judas aveuglé, ne voit les conséquences du mal qu’après la condamnation de Jésus. C’est le second pas : Satan suggère quelque chose qui correspond à notre convoitise.

3° Jésus agit en grâce : il lave les pieds de Judas et lui donne le morceau trempé. Il n’y a rien comme l’hypocrisie pour ouvrir le coeur de l’homme à Satan. Judas était hypocrite ; il avait le dessein de trahir son Maître et néanmoins il mange avec Lui comme si de rien n’était. Satan entre dans son coeur et endurcit sa conscience. Dès lors tout est fini. Jésus ne l’engage pas à ne pas faire ce qu’il fait ; il peut désormais le trahir par un baiser, parce que ce coeur que Satan occupe est désormais garanti contre l’effet naturel des affections. C’est l’endurcissement parvenu au dernier degré, car le coeur naturel n’en arrive pas toujours là. Telle est l’infl