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Méditations  de  J. N. Darby

 

 

 

1     Méditations de J. N. Darby    Jean  1:1-34

2     Méditations de J. N. Darby    Jean  1:1-34 : L’Agneau de Dieu et le Baptême du Saint Esprit

3     Méditations de J. N. Darby    Jean  1:1-34 : La Vraie Lumière

4     Méditations de J. N. Darby    Jean  1:29-34

5     Méditations de J. N. Darby    Jean  2:23  à  3:21

6     Méditations de J. N. Darby    Jean  4:1, 30

7     Méditations de J. N. Darby    Jean  4:1-42

8     Méditations de J. N. Darby    Jean  6:1-59

9     Méditations de J. N. Darby    Jean  7

10          Méditations de J. N. Darby    Jean  8:12-49

11          Méditations de J. N. Darby    Jean  13    La Gloire Brillant dans la Honte

12          Méditations de J. N. Darby    Jean  13:1

13          Méditations de J. N. Darby    Jean  13:1-18

14          Méditations de J. N. Darby    Jean  13:1-32

15          Méditations de J. N. Darby    Jean  13:3-19

16          Méditations de J. N. Darby    Jean  14 :  La Vraie Piété

17          Méditations de J. N. Darby    Jean  14:15-21

18          Méditations de J. N. Darby    Jean  14:15-31 :  Je vous laisse la Paix

19          Méditations de J. N. Darby    Jean  14:20-31    «Nous Viendrons à Lui»

20          Méditations de J. N. Darby    Jean 15 : Que votre joie soit accomplie

21          Méditations de J. N. Darby    Jean  15 : «Moi en mon Père, et vous en moi, et moi en vous»

22          Méditations de J. N. Darby    Jean  15

23          Méditations de J. N. Darby    Jean  15:1-11

24          Méditations de J. N. Darby    Jean  16:1-20

25          Méditations de J. N. Darby    Jean  17

26          Méditations de J. N. Darby    Jean  17:6-19

27          Méditations de J. N. Darby    Jean 18:1-11 ; 19:25-30 : Laissez aller Ceux-ci

28          Méditations de J. N. Darby    Jean  20

29          Méditations de J. N. Darby    Jean  20

 

 

1              Méditations de J. N. Darby    Jean  1:1-34

n°149 : ME 1903 p. 435

Si vous examinez de près ce chapitre, vous verrez que Jésus y est présenté, avec beaucoup de méthode, sous divers aspects. En effet, ce chapitre embrasse la gloire de Christ, depuis sa divinité jusqu’à son apparition glorieuse comme Fils de l’homme ; il est comme la préface de cet évangile qui nous présente la personne du Seigneur avec toutes ses gloires.

Le chapitre commence par l’existence de Dieu, avant le commencement de la Genèse. Or Christ se trouvait là. Du v. 1-13, nous voyons la gloire essentielle de Christ comme Dieu et comme venu de Lui. Il est Créateur comme Parole ; il est vie ; il est lumière. La vie est en Lui et cette vie est lumière. Mais les ténèbres ne comprennent rien à la lumière.

Au v. 14, sa personne est présentée d’une manière positive. La Parole est faite chair, elle se rapproche de nous, vit au milieu de nous, est manifestée parmi les hommes (1 Jean 1:2-3) ; elle a habité au milieu de nous. C’est important, car le monde n’a pas voulu de lui et l’a chassé, Lui, la Parole faite chair, pleine de grâce et de vérité. Toute l’histoire du monde roule là-dessus.

Au v. 18, il est la manifestation de Dieu ; il a, comme Fils, manifesté et révélé le Père. Nous ne connaissons pas seulement Dieu, comme le Dieu de Providence, mais comme Père. Jésus nous révèle Dieu, selon l’amour dans lequel il le connaît Lui-même, Lui qui est dans le sein du Père, et le connaît dans la plénitude de sa grâce.

On voit aux v. 19-34, ce que Christ devient pour les siens. Ce n’est plus ce qui est essentiellement en Lui, mais c’est l’homme qui vient accomplir une certaine oeuvre pour la bénédiction de ceux qui croient, et Jean le Baptiseur lui rend témoignage, introduisant l’homme, par la repentance, dans la jouissance des privilèges du royaume. Mais Jésus est présenté d’abord ici comme l’Agneau de Dieu qui ôte le péché du monde. Le premier Adam a introduit le péché dans le monde, le second Adam l’en ôtera. Il n’est pas dit : qui porte les péchés, mais : qui ôte le péché. L’Agneau de Dieu est celui que Dieu lui-même s’est choisi pour expier le péché. Dieu a trouvé la victime et a pourvu à ce que la souillure du péché fût ôtée ; Dieu qui connaît le besoin des hommes et ce qu’exigent sa justice et sa sainteté, s’est pourvu de cet Agneau comme offrande en rapport avec la pureté de sa nature. La création ne pouvait ni fournir, ni présenter cet Agneau, mais Dieu a donné en Jésus ce que sa gloire demandait, ce que sa justice exigeait, et nous avons la certitude que tout est accompli selon la perfection de cette justice et de cette gloire. Si tout n’était pas accompli, c’est que Dieu y aurait mal pourvu, ce qui est un blasphème. La volonté du Père était d’ôter le péché de devant ses yeux ; le Fils se présente pour accomplir cette volonté et se dévouer à cette oeuvre. La souveraineté, l’amour et la pureté de Dieu se réunissent à sa volonté d’ôter le péché. Dieu se glorifie en l’ôtant et en rétablissant toutes choses en sa présence, dans la pureté et le bonheur. Pour le plus petit péché, le sang de Christ est nécessaire, et ce même sang suffit pour ôter le péché tout entier. Dieu a voulu ôter le péché ; la question est de savoir s’il y a réussi et si Jésus a tout accompli. Nous savons par la foi que le péché est entièrement ôté entre Dieu et nous, et que plus tard il sera ôté du monde. C’est comme homme que Jésus a fait cela et qu’il est devenu l’Agneau de Dieu.

Je ne veux pas m’arrêter ici sur le caractère de Jean-Baptiste, quoique l’oeuvre de la grâce soit bien manifeste en lui. Personne ne se cache plus que lui, et d’une manière plus touchante, derrière le Seigneur. Son humilité fait briller sa fidélité.

Jean voit le Saint-Esprit descendre du ciel sur Jésus. Dieu peut reconnaître un tel homme. Le Saint-Esprit ne descendait pas sur les prophètes ; ils recevaient par l’Esprit une révélation et c’était tout ; mais sur Jésus, le Saint-Esprit descend comme une colombe, symbole de douceur et de pureté, et non comme une langue de feu. La colombe de Noé vole autour de l’arche et ne trouve rien dans ce monde où elle puise s’arrêter. Le corbeau pouvait se poser sur quelque charogne flottant sur les eaux du déluge et s’en nourrir. Le Saint-Esprit s’arrête sur Jésus ; c’est un fait nouveau. Jésus n’est pas comme Adam un homme innocent, mais un homme ayant la connaissance du bien et du mal, un homme pur de tout mal, un homme en qui il n’y a que du bien. Oui, cela est nouveau dans le monde.

Non seulement le Saint-Esprit descend sur Lui, mais il en devient le canal (v. 33) ; il baptise du Saint-Esprit. Les prophètes remplissaient leur mission, mais ne baptisaient pas du Saint-Esprit. Jésus, comme homme, le communique, et c’est la part des chrétiens, de l’Église seule ; le monde lui est étranger, il ne peut connaître le Saint Esprit, et le Saint-Esprit ne peut le reconnaître, car il rend témoignage contre le monde.

Si Dieu peut voir des hommes purifiés par le sang de Jésus, son Esprit peut descendre sur eux, parce qu’ils sont purs. Celui sur lequel a pu descendre le Saint-Esprit est Celui qui en baptise, car il en a acquis le droit.

Deux choses distinguent l’Église de Dieu. 1° Avant que le péché soit ôté du monde, le coeur du croyant est assuré que le péché est ôté entre lui et Dieu. Cette vérité est la base de tout. 2° L’Église est baptisée du Saint-Esprit. Ces deux grandes vérités sont sa base et sa puissance, puissance dont Jésus est le canal.

Au v. 34, nous en voyons la conséquence ; c’est le témoignage que Jésus homme, rempli du Saint-Esprit, est reconnu Fils de Dieu.

Jésus a reçu le Saint-Esprit, parce qu’il en était digne personnellement ; nous en sommes rendus dignes par Lui. Le Saint-Esprit est descendu sur Lui, sous forme d’une colombe, parce qu’il était la manifestation de la grâce de Dieu. Sur l’Église, il descend comme des langues de feu pour qu’elle soit le témoin dans le monde de la grâce de Celui qui l’a baptisée.

Si nous négligeons l’une ou l’autre de ces deux vérités, l’Agneau de Dieu qui ôte le péché et le baptême du Saint-Esprit, nous affaiblissons tout et nous perdons la puissance pour agir. Si nous les gardons, nous avons le témoignage que nous sommes enfants de Dieu, car nous voyons Jésus comme homme, déclaré Fils de Dieu, parce que le Saint-Esprit est descendu du ciel et s’est arrêté sur Lui.

 

 

2              Méditations de J. N. Darby    Jean  1:1-34 : L’Agneau de Dieu et le Baptême du Saint Esprit

n°242 : ME 1930 p. 222

Si vous examinez de près ce chapitre, vous verrez que Jésus y est présenté de diverses manières avec beaucoup de méthode. Ce chapitre embrasse toute la gloire de Jésus depuis sa divinité jusqu’à l’apparition du Fils de l’Homme en gloire. C’est comme une préface à tout l’Évangile qui s’occupe de la présence de Jésus et de toutes ses gloires.

L’évangile de Jean commence avant le commencement de la Genèse, par l’existence de Dieu ; et Christ s’est trouvé là. Jusqu’au v. 13 nous voyons la gloire essentielle de Jésus comme Dieu et venu de Dieu. Jésus est Créateur, comme Parole, Vie, Lumière. La vie est en Lui et cette vie est la lumière, mais les ténèbres ne comprennent rien à la lumière. Au v. 11, Christ est présenté d’une manière plus positive. La Parole est faite chair, elle se rapproche de nous et vit au milieu de nous, manifestée parmi les hommes (1 Jean 1:1-3). Elle a habité parmi nous. C’est précieux, parce que tout ce qui est essentiel en Dieu a habité parmi nous ; c’est important, parce que le monde ne l’a pas voulu et a chassé Jésus, Parole faite chair, pleine de grâce et de vérité. Toute l’histoire du monde dépend de cela.

v. 18. Il est la manifestation de Dieu ; il a, comme Fils, révélé le Père. Nous ne connaissons pas seulement Dieu comme Dieu en providence, mais comme Père. Jésus nous révèle Dieu selon l’amour dans lequel Il le connaissait Lui-même, Lui qui est dans le sein du Père et le connaît dans toute sa grâce.

Au v. 29-34, ce n’est plus ce qui est essentiellement en Christ, mais l’Homme qui vient accomplir une certaine oeuvre pour la bénédiction de ceux qui croient, et Jean lui rend témoignage.

Jean introduit l’homme par la repentance dans la jouissance des privilèges du royaume. Jésus est présenté d’abord ici comme «l’Agneau de Dieu qui ÔTE le péché du monde». Le premier Adam a introduit le péché dans le monde. Le second Adam l’en ôtera. Il n’est pas dit : qui porte les péchés, mais qui ÔTE le péché. Comme Agneau de Dieu Il est Celui que Dieu lui-même s’est choisi pour expier le péché. Dieu a trouvé la victime et a pourvu à ce que la souillure du péché fût ôtée, à ce qu’exigent Sa justice et Sa sainteté ; Il s’est pourvu de cet Agneau pour l’offrande que Sa nature pure demandait. La création ne pouvait ni fournir, ni présenter cet agneau ; mais Dieu a donné en Jésus ce que Sa gloire demandait et ce que Sa justice exigeait. Dire que tout n’est pas accompli, ce serait dire que Dieu y a mal pourvu, et ce serait un blasphème. C’était la volonté du Père d’ôter le péché de devant ses yeux, et le Fils vient pour accomplir cette volonté du Père et se dévouer à cela. La souveraineté, l’amour et la pureté de Dieu se réunissent pour ôter le péché. Dieu se glorifie en ôtant le péché et en rétablissant toutes choses devant Lui en pureté et en bonheur. Même pour le plus petit péché il y a besoin du sang de Christ et le sang suffit pour tout ôter. Dieu a voulu ôter le péché. La question est de savoir s’Il y a réussi et si Jésus a tout accompli. L’Église sait d’avance que pour nous le péché est entièrement ôté entre Dieu et nous, et qu’il sera plus tard ôté du monde.

C’est comme homme que Jésus a fait cela et qu’il est devenu Agneau de Dieu.

Je ne veux pas m’arrêter à Jean, quoique l’oeuvre de la grâce soit bien manifestée en lui. Personne plus que lui ne se met au-dessous du Seigneur Jésus d’une manière plus touchante (v. 30, 33). Son humilité faisait briller sa fidélité. Jean voit le Saint Esprit descendre du ciel sur Jésus. C’est un Homme que Dieu peut reconnaître. Le Saint Esprit ne s’arrête pas sur les prophètes. Ils avaient une révélation et c’était fini. La puissance du Saint Esprit ne demeure pas sur eux. Mais en Jésus le Saint Esprit descend comme une colombe, la douceur et la pureté, et non comme une langue de feu. La colombe de Noé vole autour de l’arche et ne trouve rien au monde où s’arrêter. Le corbeau pouvait s’arrêter à la charogne qui flottait sur les eaux du déluge et s’en nourrir. Le Saint Esprit s’arrête sur Jésus. C’est un fait nouveau. Jésus est un homme qui a la conscience du bien et du mal, qui est pur et en qui il n’y a que du bien ; et cela est nouveau dans ce monde.

Non seulement le Saint Esprit descend sur Jésus, mais Jésus devient le canal du Saint Esprit (v. 33). Il baptise du Saint Esprit. Les prophètes remplissaient leur mission, mais ils ne baptisaient pas du Saint Esprit. Jésus comme homme devient le canal de communication du Saint Esprit pour le chrétien et pour l’Église. Le Saint Esprit ne peut pas reconnaître le monde, et le monde ne peut pas reconnaître le Saint Esprit. Celui-ci peut rendre témoignage contre le monde. Si Dieu peut voir les hommes purifiés par le sang de Jésus, le Saint Esprit peut descendre là parce qu’ils sont purs. Qui peut faire descendre le Saint Esprit, baptiser du Saint Esprit ? C’est Jésus qui en a acquis le droit.

Deux choses distinguent l’Église de Dieu. Premièrement, avant que le péché soit ôté du monde, le coeur est assuré que le péché est ôté, et, à la fin, tous ceux qui seront bénis auront sans péché la connaissance du bien et du mal ; la connaissance que l’Agneau de Dieu a ôté le péché est la base de tout. Deuxièmement l’Église est baptisée du Saint Esprit. Ce sont là les deux grandes vérités, la base et la puissance de l’Église. Nous trouvons la puissance en ce que Jésus est le canal par lequel nous recevons le Saint Esprit.

v. 34. Nous en voyons la conséquence. C’est qu’il y a un témoignage rendu que Jésus Homme rempli du Saint Esprit est reconnu Fils de Dieu. Jésus a reçu le Saint Esprit parce qu’Il en a été digne personnellement. Nous en sommes rendus dignes par Christ.

Le Saint Esprit descend sur Jésus sous la forme d’une colombe, parce qu’Il a dû être la manifestation de toutes les grâces de Dieu. Sur l’Église il descend comme langue de feu afin qu’elle soit témoin dans le monde de la gloire de Celui qui l’a baptisée. Si nous affaiblissons l’une ou l’autre de ces deux vérités «Agneau de Dieu qui ôte le péché», «Baptême du Saint Esprit», nous perdons la puissance pour agir. En les maintenant, nous avons le témoignage, que nous sommes enfants de Dieu, puisque nous voyons Jésus Homme déclaré Fils de Dieu et le Saint Esprit s’arrêter sur Lui.

 

 

3              Méditations de J. N. Darby    Jean  1:1-34 : La Vraie Lumière

Nîmes 1872  n°250 : ME 1935 p. 241

Quand il s’agit de la conscience naturelle, chers amis, et que Dieu agit dans l’âme, ce sont les péchés qui nous occupent premièrement. Nous sentons que si Dieu entrait en jugement avec nous, nous serions perdus ; nous comprenons que le péché ne peut subsister devant Dieu. Dieu fait pénétrer la lumière dans nos coeurs, et alors ce ne sont pas seulement les péchés qui nous occupent, mais ce que nous sommes. — Si nous avons péché, pourquoi avons-nous péché ? Parce que nous aimons le péché. Nous l’appelons peut-être plaisir, mais c’est triste si nous appelons plaisir ce que Dieu appelle péché. Le tribunal manifestera Sa gloire. La lumière s’adresse à l’homme, à nous, et nous montre ce que nous sommes ; et si nous ne pouvons pas nous tenir en la présence de Dieu, c’est très sérieux. Dieu ne s’est-il pas révélé ? Il manifeste ce qu’il est de plusieurs manières. Quand quelque chose d’extraordinaire arrive, on a peur : le choléra peut-être sera un sujet de frayeur, je l’ai vu moi-même dans cette ville ; tout le monde est pieux alors, on a des réunions de prières, etc. ; et c’est bien triste, car ce n’est qu’une impression passagère, tant que la conscience n’est pas réellement atteinte. On voit bien ce qui en est alors en présence de la mort. Ce qui est la racine de tout cela, c’est ce que Dieu est, et ce que nous sommes. La première chose c’est que Dieu se révèle ; il s’est révélé au commencement, même immédiatement après la chute. Noé seul fut épargné quand le déluge vint sur la terre. Dieu parle, mais écoute-t-on ce qu’il dit ? Il dit : «Il n’y a point de juste, non pas même un seul». Vous-mêmes vous le dites. Mais le pécheur tel qu’il est peut-il entrer dans le ciel ? Quand Dieu agit dans sa grâce, il montre ce qui en est ; il montre ce qu’est l’arbre.

Il n’attend pas le jugement pour se révéler. Si vous êtes amenés à cette lumière, que voyez-vous ? Si vous réalisez cette lumière, est-ce que votre coeur vous condamne ? Questions sérieuses !... Il nous invite à les poser, dans sa grâce, pour nous faire découvrir ce que nous sommes.

Il est «la lumière des hommes» ; il n’est pas dit des anges. Il se présente réellement en rapport avec les besoins de l’homme. Cette lumière est venue par l’homme et pour l’homme dans le monde. Jamais l’homme n’aurait pensé à une pareille chose. Est-ce que la lumière luit dans vos coeurs ? C’est à vous de répondre !... Il est venu, celui qui était la lumière et on ne l’a pas voulu. Est-ce que la lumière s’est révélée à vous de telle manière qu’il ne reste rien de caché dans vos coeurs ?... Vous vous appelez chrétiens, mais vous aimez tout autre chose que Christ. On a rejeté le Sauveur. Quand il vient comme homme et en rapport avec les besoins de l’homme, on ne s’aperçoit de rien, il était pour eux le fils du charpentier. Êtes-vous meilleur que les autres ? Vous dites que vous êtes chrétiens, cependant votre coeur le rejette. Je ne parle pas de ce qu’on appelle ordinairement péché, c’est-à-dire de ces choses grossières que tout le monde connaît et condamne. Quand l’Esprit arrive le jour de la Pentecôte, c’est comme si Dieu disait aux hommes : Qu’avez-vous fait de mon Fils ?... Tout était ténèbres, on ne voyait rien en lui qui attirât. La philosophie vous donnera mille et un doutes, et jamais une vérité. Christ est la vérité, et dit la vérité, et que dit-il ? Tu es un pécheur. Je ne puis le nier. C’est dans la lumière qu’on apprend à se connaître. Croyez-vous que le Dieu suprême veuille raisonner avec vous philosophiquement ? Non, il dit : tu es un pécheur. Quand cette lumière nous rencontre, elle juge. On n’attend pas le jour du jugement pour le faire : il n’y a pas de salut au jour du jugement. Étant né de Dieu, je reconnais Christ ; une fois que je suis là, toute une scène de bonté, de salut, de grâce et de gloire plus tard, se déroule devant moi. La grâce et la vérité sont venues dans ce monde par Jésus. Il a envoyé Jean-Baptiste pour attirer l’homme vers cette lumière. Je vois que je suis dans la lumière, et comme une chose présente, je dis : je suis perdu. Alors on ne renvoie pas les choses au jour du jugement. Quand on les y renvoie, c’est une preuve qu’on n’est pas venu à la lumière. Dieu est venu dans ce monde pour montrer aux pauvres pécheurs ce qu’ils sont ; mais il ne s’agit pas de jugement, la grâce et la vérité étant venues par Jésus Christ. Dieu s’est manifesté comme un homme pour ne pas effrayer. La grâce qui apporte le salut est venue au milieu de nous dans la personne de Jésus. Trouvez-moi une personne qui prétende être juste, pour Lui c’est un sépulcre blanchi ; mais quand un pauvre pécheur vient à Lui tel qu’il est, il trouve ce qui répond parfaitement à ses besoins. La loi réclame ; Christ ne réclame rien, mais il révèle ce que Dieu est, et il est venu parce que les hommes ne portaient pas de fruits ; il leur apporte le salut. Il était la parole faite chair ; l’homme accessible à tous au milieu des hommes. Quelle grâce ! il ne nous reproche rien, et ne nous demande rien.

Ceux qui croient, il les introduit dans la relation d’enfants de Dieu, la seule relation vraie est que nous sommes enfants de Dieu. C’est la seule vraie position, bien qu’on dise que c’est de la présomption. L’enfant prodigue ne voulait pas être présomptueux, quand il disait en lui-même : «Je ne suis pas digne d’être appelé ton fils, traite-moi comme l’un de tes mercenaires». La seule relation est celle d’enfant ; nous n’avons pas le droit de choisir notre relation. Mais où trouverai-je assez de grâce pour une telle position ? «Nous avons reçu de sa plénitude et grâce sur grâce». «Voilà l’Agneau de Dieu qui ôte le péché du monde ! Qui est-ce qui a pensé à cela ? Le monde ? Il l’a rejeté, cet Agneau de Dieu, quand il est venu. Où a-t-on trouvé une telle pensée ? Jésus dit : «Tu m’as formé un corps». C’est dans le coeur de Dieu qu’il y a eu une telle pensée d’amour. Il avait un Agneau pour nous, sans tache, sans rien qui ne fût parfait. Jamais Dieu n’a été glorifié comme à la croix. Christ fut parfait en toutes choses. Le fait que Dieu s’est pourvu d’un Agneau nous montre les pensées de Dieu. J’ai l’Agneau de Dieu pour moi, je n’y avais pas pensé, mais il y a pensé. Il a pensé à nos péchés et a voulu les ôter. La valeur de cet Agneau, le résultat final de la valeur de cet Agneau, ce sont les nouveaux cieux et la nouvelle terre. «Voilà l’Agneau !» Ce n’est pas à venir ; il est là. Je regarde à cet Agneau seul sur la croix, ayant à faire avec Dieu. Quelle part avez-vous à la croix ? si ce n’est que vos péchés et le péché ont été jusque-là. Je vois une chose qui se fait sur la croix, mais il est là seul. Dieu traite la question du péché sur la croix, même d’une manière intérieure, car Jésus est abandonné et s’écrie : «Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ?» Mais il n’est pas resté dans la mort ; il est ressuscité et s’est assis à la droite de Dieu. La valeur de son oeuvre a aboli le péché. Est-ce que Christ peut abolir le péché ? Oui ; Ce n’est pas une chose à faire, mais faite pour l’éternité. Cette oeuvre a toujours sa même valeur devant Dieu, et je me trouve selon l’efficace de cette oeuvre devant Lui. Quand je suis hors de mes péchés, je suis en la présence de Dieu et il me scelle de son Esprit. Ne contristez pas le Saint Esprit. Pécherez-vous avec un corps qui est le temple du Saint Esprit ? Il m’a été donné pour que je puisse appeler Dieu Père. Le Saint Esprit est la force et l’énergie de la vie divine en nous. Jésus est monté en haut, après avoir premièrement pris notre place en jugement, afin de nous donner sa place là, en haut, et le Saint Esprit est donné en vertu de sa glorification. Comme homme ici-bas il veut être le premier-né entre plusieurs frères et il veut nous avoir tels que Lui dans la gloire. Tout est fondé sur l’Agneau fait péché ; il a été obéissant jusqu’à la mort ; l’obéissance est manifeste quand Christ est fait péché. Il nous fait comprendre son coeur. Alors nous sommes aimés comme il est aimé. Dieu a tout fait pour que nos coeurs soient amenés à cette parfaite confiance, que nous sommes aimés comme Jésus. Est-ce que nous croyons à cet Agneau de Dieu ? Il dit que nous sommes pécheurs, que nous sommes perdus, et il dit aussi que nous sommes sauvés, si nous croyons à cet amour, et de savoir ce que c’est que l’Agneau de Dieu.

 

 

4              Méditations de J. N. Darby    Jean  1:29-34

1843    n°170 : ME 1909 p. 369

Nous avons besoin de deux choses. La première est la certitude de l’amour de Dieu. Au lit de mort, on ne peut se passer de cette certitude, car, pour avoir la paix dans l’âme, il faut pouvoir compter sur Lui. La seconde chose est une puissance qui agisse en nous pour notre vie et notre témoignage ici-bas. Il nous faut cette puissance pour dompter nos convoitises et nous faire remporter la victoire sur nous-mêmes et sur l’ennemi. L’une de ces choses ne peut aller sans l’autre.

Je ne décrirai pas ici la misère dans laquelle le monde est plongé. Jésus est venu pour répondre aux besoins des âmes ; c’est ce que fait l’amour. Il cherche ceux qui sont travaillés et chargés, qui ont besoin de soulagement, sans qu’eux-mêmes sachent peut-être s’expliquer leur besoin, car nos âmes ne se rendent pas toujours compte de ce qui se passe en elles. Mais Lui est capable d’expliquer ce qui les travaille et les charge. Il ne dit pas : «Vous qui êtes travaillés et chargés par vos péchés»; il se présente, quand l’impossibilité pour l’homme de se soulager en quelque manière que ce soit est démontrée, au moment où il ne lui reste plus de ressource. Alors il dit : «Venez à moi».

Dieu est capable d’agir dans une âme sans besoins, et d’y faire son oeuvre, mais, dans ce cas, Christ ne se présente pas pour soulager celui qui n’a pas de besoins. Une telle âme est aveugle, sans la lumière de Christ, et les soulagements qu’il pourrait lui donner ne pénétreraient pas en elle. Jésus a traversé le monde ; il sait que le péché est la racine de tous les maux. L’Esprit de Dieu n’a pu reposer nulle part que sur Lui, l’Agneau de Dieu qui ôte le péché du monde. Il laisse de côté même la question des besoins et prend plaisir à se faire connaître et à produire dans les coeurs des affections qui s’attachent à Lui. C’est là l’amour de Dieu, pleinement manifesté pour s’appliquer à l’état des hommes. Rien ne peut nous séparer de cet amour, ni être remis en question ; l’Agneau de Dieu est le don de l’amour de Dieu, là où il n’y avait que du péché.

Nos convoitises sont plus fortes que nous ; nous prenons de bonnes résolutions, mais nous ne les accomplissons pas, parce que les convoitises ont plus de puissance en nous que la volonté du bien. Alors, quand le péché est manifesté dans sa puissance, quand tout a failli, quand l’homme est dans le péché et sans force, Christ se présente pour lui, comme l’Agneau de Dieu, et prend notre place pour vider la question entre Lui et Dieu. Cela a eu lieu sur la croix, et l’homme n’a pas autre chose à faire, qu’à dire : Christ a pris ma place.

C’est l’amour de Dieu qui a pensé à ce moyen. Christ dit : «Voici, je viens pour faire, ô Dieu, ta volonté», et prend notre place, afin que la question du péché soit vidée pour toujours. Toute cette question fut placée entre ses mains, du moment qu’il apparut comme l’Agneau de Dieu.

Christ est mort «au temps convenable», non pas au temps où l’homme avait quelque force, mais où il était déclaré impie, sans ressource en lui-même. Ce fut alors son temps à Lui : il s’est fait homme pour souffrir et mourir, pour vider la question du péché. De ce fait dépend le sort de tout homme, le sort de nos âmes. L’amour de Jésus pour nous, en même temps que sa volonté de glorifier son Père, lui ont fait accomplir ces choses.

L’âme qui a vu le Fils et croit en Lui, trouve là une source de paix et de joie ; elle reconnaît son péché, sa ruine, mais il n’en est plus question, parce que le péché est ôté. Dieu se manifeste comme Dieu d’amour, selon l’amour qu’il a pour son Fils, parce qu’il a donné sa vie pour ses brebis et qu’il a accompli la volonté de son Père. Par l’obéissance d’un seul, plusieurs sont constitués justes. Jésus connaît les besoins des âmes travaillées et chargées et leur dit : Venez à moi.

Il devient ainsi précieux à l’âme ; mais celle-ci ne peut être satisfaite d’un état où elle ne répond pas à l’amour de Jésus. Alors il devient pour elle une source de puissance et de force : il baptise du Saint-Esprit. C’est par la puissance du Saint-Esprit qu’il a traversé la vie d’ici-bas. Il était oint du Saint-Esprit et de puissance et allait de lieu en lieu faisant du bien. Puis il s’est offert par l’Esprit éternel, sans péché, comme victime. Ressuscité, il a reçu, comme homme, le droit de donner le Saint-Esprit. Celui qui est descendu si bas, qu’il a bu la coupe de la colère de Dieu et a été jusque dans le hadès, est monté comme homme à la droite de Dieu, après avoir remporté la victoire. Cet homme que nous connaissons, remplit ainsi toutes choses, mystère d’amour et de puissance qui fait valoir l’amour et la puissance de Dieu dans l’homme sans force et ruiné !

Jésus nous communique, par le baptême du Saint Esprit, la puissance et la vie qu’il avait lui-même, et qui nous rendent capables de vaincre le péché, puisque c’est par elles qu’il a lui-même remporté la victoire. Il nous a laissé l’exemple d’une marche sans péché au milieu du mal. Il a manifesté quelque chose de plus puissant que la mort et Satan. Il a consenti à être l’un de nous, à être chargé de ce qui pesait sur nous, puis il nous communique son don ineffable en nous baptisant du Saint-Esprit. Il n’est pas un Dieu éloigné ; c’est comme homme qu’il remplit toutes choses, et dans nos luttes avec Satan, il est là, toujours là. Que peut-on se représenter de plus complet et de plus infini ? L’amour de Dieu nous tire du mal, et sa puissance est avec nous pour nous en garder, et tout cela, nous le possédons en Jésus.

Avez-vous appris à compter sur son amour ? Aucune circonstance ne peut l’empêcher de vous atteindre. La foi traverse le voile des circonstances pour réaliser l’amour qui est en Dieu par Christ. Jésus lui-même redouble parfois ce voile en atteignant la conscience, mais la foi perce à travers tout. Elle peut être mise à l’épreuve, mais il est impossible à Dieu de se démentir, impossible à moi, de dire : Christ n’était pas assez puissant pour me faire remporter la victoire. L’amour de Dieu, qui est en Jésus-Christ, s’est placé dans nos circonstances et aucune, pas même la mort, ne peut nous séparer de cet amour. Christ a déjà remporté la victoire sur tout ; l’homme pécheur demeure ainsi sans excuse. S’il a le désir d’être à Christ et de remporter la victoire, il trouve en Lui la puissance nécessaire. Lorsque Dieu ne pouvait avoir de relations avec nous, parce que le péché était à son comble, toute cette question a été résolue, et il nous communique en Christ son amour et sa puissance.

 

 

5              Méditations de J. N. Darby    Jean  2:23  à  3:21

n°52 : ME 1893 p. 287

Comme jadis à Jérusalem, il y a de nos jours une profession à laquelle Jésus ne se fie pas. Elle est composée de personnes qui ont cru en son nom (2:23), mais avec une foi qui n’est pas fondée sur la parole de Dieu. Plusieurs crurent à cause des miracles, sans qu’il y eût une action sur leur conscience. Ils reconnaissaient qu’un homme faisant de telles choses méritait la confiance. Mais la foi doit s’attacher à la Parole : Celui qui entend ma parole est passé de la mort à la vie. Il ne suffit pas de reconnaître Jésus pour un homme extraordinaire ; c’est ainsi qu’on le reçoit de nos jours, et une telle conviction ne vient pas de l’effet de la parole de Dieu sur le coeur. Si c’est de la foi en quelqu’un, c’est la foi en la parole de l’homme.

Jésus savait ce qui était dans l’homme ; aussi ne se fiait-il pas à ces impressions qui ne provenaient pas de la foi en la parole de Dieu. Il faut que le coeur reconnaisse, par cette Parole, Christ comme envoyé du Père ; là est la vie éternelle, là est la vie de Christ.

Il n’y a dans l’homme, tel qu’il est, rien en quoi Dieu puisse se fier ; Celui qui sonde les coeurs l’a dit ; mais la parole de Dieu peut agir sur la conscience, c’est là que commence la vie. Tel est le cas de Nicodème, quoique les apparences fussent contre lui, car il n’osait pas ouvertement confesser Christ. Il ne vient pas en plein jour, mais de nuit ; mais sa conscience était atteinte ; il avait le sentiment que la vérité qu’il entrevoyait ne pouvait pas être acceptée du monde. Dès que le coeur est attiré vers Christ, il sent, vaguement encore peut-être, qu’il faut rompre avec le monde. Nicodème vient de nuit pour éviter les yeux du monde ; la semence était encore toute faible et petite. Il vient demander à Jésus, non des miracles, mais de l’instruction ; il avait soif de la parole de Christ. Mais quand il n’y a pas plus que cela, voyez l’effet pour un coeur qui reconnaît Christ comme l’envoyé de Dieu : il craint le monde ; il a honte de Jésus, parce qu’il le voit tel qu’il est, tout à fait opposé au monde et possédant en outre des droits sur notre coeur.

Dieu veut mener Nicodème bien plus loin ; il veut mettre devant ses yeux un Christ crucifié, méprisable, et voilà ce qui éprouve réellement le coeur.

Le Seigneur interrompt Nicodème : La chose essentielle n’est pas que je sois à tes yeux un docteur, mais que tu sois né de Dieu. Il faut que Dieu te communique une nouvelle vie, afin que tout en toi soit renouvelé. Le christianisme est la communication d’une vie qui n’existait pas auparavant dans l’homme. C’est le don de Dieu, la vie éternelle. Israël devait aussi naître de nouveau (Ézéch. 37), et cela arrivera aux derniers jours. Nicodème, comme docteur en Israël, n’aurait pas dû l’ignorer. Israël avait manqué sous l’ancienne alliance ; Dieu mettra la loi dans leurs coeurs.

Jésus enseigne donc à Nicodème qu’il lui faut la nouvelle naissance, — et de plus, que le Christ doit être rejeté. Il peut être connu par l’intelligence naturelle, mais dès qu’il condamne l’homme, ce dernier le rejette. «Ils ont haï et moi et mon Père». Lorsque la vérité de Christ est présentée, savoir qu’il n’y a pas un homme juste, et que Dieu ne peut se fier à ce qui est dans l’homme, Christ est haï et rejeté.

La croix est présentée au v. 15, d’une manière très différente du v. 16. Au v. 15, Christ a été rejeté comme homme. Il faut, vu l’état de l’homme, que le Fils de l’homme soit élevé, afin d’expier le péché et pour que l’homme puisse être reçu de Dieu. C’est une nécessité, mais cette vérité ne donne pas la paix. Le Fils de l’homme a pris notre place : c’est la première chose présentée dans la croix de Jésus, et c’est aussi là souvent que les chrétiens s’arrêtent.

Le v. 16 nous montre Jésus sur la croix comme Fils de Dieu : la preuve éternelle que Dieu m’a aimé dans mon état de péché, c’est qu’il a donné son Fils unique pour moi. Ce n’est plus seulement l’homme qui me représente devant Dieu, mais je vois que Dieu a donné pour moi son Fils. Comment le Fils de Dieu est-il sur la croix ? Parce que Dieu a tant aimé des pécheurs, ses ennemis ! La seule pensée de l’expiation ne donne pas une paix durable. Elle rappelle que Dieu est juge, et dès que les yeux de la foi s’obscurcissent tant soit peu, cette pensée trouble notre paix. Mais la vue de l’amour de Dieu pour le pécheur, avant même que l’expiation fût faite, est la source d’une joie inébranlable, d’une paix parfaite. Le Dieu qui exige une expiation est le Dieu qui juge ; le Dieu de grâce est Celui qui a donné son Fils. C’est ce Dieu qui est amour ; nos relations avec lui sont fondées sur cet amour. Il commence par nous montrer que nous ne pouvons nous fier à nous-mêmes et que lui ne peut se fier à nous, mais il finit par nous prouver que nous pouvons avoir en lui une pleine confiance. La pensée de mes péchés ne peut dans ce cas que hausser la mesure de l’amour de Dieu pour moi.

 

 

 

6              Méditations de J. N. Darby    Jean  4:1, 30

n°132 : ME 1901 p. 275

Dès le début de son ministère, le Seigneur avait été l’objet de la jalousie des hommes qui ne voulaient pas de Lui, parce qu’il venait troubler leur paix et leur importance selon le monde. Lorsque les pharisiens ont entendu dire que Jésus fait plus de disciples que Jean, le Seigneur quitte la Judée pour retourner en Galilée, ôtant ainsi tout prétexte à la haine de ses adversaires. Ceux-ci repoussaient la lumière et leur mauvais coeur ne pouvait supporter la présence de Dieu en bonté.

Ainsi, déjà rejeté des hommes, Jésus va en Galilée, pays méprisé, éloigné de Jérusalem, que la gloire de Dieu avait choisie pour en faire son centre. Il lui fallait passer par la Samarie, dont les habitants, en abomination aux Juifs, avaient associé leurs idolâtries au culte du vrai Dieu. Jésus n’avait d’autre repos en ce monde, que de faire la volonté de son Père ; fatigué de la route, il ne trouvait pour se reposer, à la chaleur de midi, que le bord du puits de Jacob. Il demande à boire à une femme ; celle-ci s’en étonne, voyant qu’il était Juif, car elle savait que les Juifs méprisaient les Samaritains. Jésus aborde de suite la question de sa mission et de ce qu’il avait à donner Lui-même. Plein de bonté, son coeur ne s’arrête ni à la conduite de cette femme, ni au fait qu’elle était Samaritaine ; il parle du don de Dieu et de l’eau vive qu’il avait à donner. La femme n’y comprend rien. C’est le cas de nous tous : «Il n’y a personne qui ait de l’intelligence».

Il est important que nous fassions attention, non seulement à ceci, que le coeur n’a point d’intelligence, mais au pourquoi de la chose. Lorsque Jésus lui-même nous parle, pourquoi ne comprenons-nous pas ? C’est qu’au fond la conscience n’est pas attirée par ce que Jésus dit, quoique l’attention de l’homme naturel soit peut-être éveillée. La femme objecte que Jésus n’a rien pour puiser ; elle était préoccupée d’autre chose que de ce que Jésus voulait dire ; son coeur était à ses occupations journalières ; le fardeau de ses circonstances pesait sur elle. C’est le cas de nous tous. Pourtant Jésus parle d’une manière claire, évidente, expresse ; les choses qu’il dit sont importantes, mais ses paroles dévoilent l’état de notre coeur. Préoccupé du monde, des affaires, de l’argent, il ne comprend rien aux paroles de Christ. La bonté de Dieu seule peut le délivrer de l’esclavage et l’éclairer. L’homme par sa chute est sans Dieu dans le monde, et il a un lourd fardeau à porter. Dans ces circonstances, Dieu n’est bon à ses yeux que quand il lui donne quelque chose pour la vie présente, et c’est pourquoi il ne comprend pas ce que Dieu dit, car il juge, non selon la pensée de Dieu, mais selon ses préoccupations terrestres, au milieu desquelles il ne peut ni comprendre, ni goûter les choses de Dieu. C’est aussi le secret du peu de progrès que font les croyants eux-mêmes dans les choses spirituelles. Les choses de Dieu ne sont pas comprises quand le coeur des chrétiens ne les apprécie que selon ses propres besoins. Les choses de la terre s’étant emparées du coeur déchu, sa coupe est déjà trop remplie pour que Dieu y puisse ajouter quelque chose.

Dieu vous offre la vie éternelle, mais ce n’est pas la chose qui vous préoccupe maintenant ; vous n’en avez donc aucun besoin ; ce sont vos besoins du moment qui vous préoccupent et vous gouvernent. On voudrait bien le ciel pour plus tard, mais pour le moment il semble plus important de s’enrichir et d’élever sa famille.

Mais Dieu, pour se faire entendre, produit un besoin dans la conscience, il donne à l’âme la conviction du péché ; alors elle ne peut manquer de savoir que Dieu a été là, car seul il peut atteindre la conscience. Jésus s’empare de la conscience de cette femme, en lui montrant qu’il connaît à fond ce qu’elle est et tout ce qu’elle a fait. Maintenant la conscience a un besoin ; il s’agit pour cette femme d’un Dieu présent qui lui parle ; le besoin est actuel, pressant ; elle ne peut remettre les choses à plus tard. Quand Dieu s’est emparé de la conscience, les plaisirs ou les soucis ne peuvent plus la faire taire ; il faut en finir avec elle ; elle gâte tous nos plaisirs et nous ne pouvons nous en débarrasser, car elle veut être satisfaite. On sent que l’éternité est en jeu et qu’il faut être au clair à cet égard. La conscience est intelligente, parce qu’elle nous dit que Dieu est là : «Tu es un prophète».

Dieu en veut à nous ; il se manifeste à nos âmes. Une parole de Lui nous révèle notre terrible condition, mais nous la voyons vraie, telle qu’elle est, et c’est un avantage immense de voir que les choses qu’il a dites de nous sont la vérité. La confiance dans la parole de Dieu est alors produite. Jésus s’est manifesté à cette femme comme prophète, parce qu’il lui a dit tout ce qu’elle avait fait. Il ne lui reproche pas ses péchés du tout ; il ne lui en parle que pour atteindre sa conscience, et du moment qu’il a gagné sa confiance, il n’en parle plus. Il ne met nos péchés en mémoire que quand il s’approche de nous. Jésus n’avait montré à la femme qu’un péché positif, mais toute sa conscience devient vivante. Le but est atteint ; il ne lui reproche point son péché, mais voici qu’il l’emploie pour être sa messagère dans toute la ville.

En réponse à la question de la femme, Jésus dit : «Le Père cherche de tels adorateurs». Il ne veut pas recevoir d’un pécheur un culte quelconque. L’homme pécheur voudrait bien faire bonne mine à Dieu, mais Dieu n’en tient pas compte. Il faut être enfant et en avoir la certitude pour dire : «Notre Père», autrement ce n’est que de l’hypocrisie. Il faut savoir en outre que tous les enfants de Dieu ont Dieu pour Père : «Notre Père». Je ne puis pas dire «notre Père» avec des pécheurs et leur prêcher que s’ils ne se convertissent pas ils seront perdus.

On trouve ici trois classes de personnes : les Juifs qui avaient la vérité, mais n’avaient pas l’Esprit ; les Samaritains qui n’avaient ni l’Esprit, ni la vérité ; enfin les vrais adorateurs en Esprit et en vérité, des enfants de Dieu, sachant qu’il y a d’autres personnes qui peuvent Lui dire : Notre Père, avec eux. Jésus choisit cette Samaritaine méprisée, au milieu d’une ville, qui ne savait pas ce qu’elle adorait, pour se révéler à elle comme le Christ. Voyez comme cette femme qui, un instant auparavant, ne pensait qu’à sa cruche et à l’eau du puits, est tout à coup devenue intelligente ! Elle comprend ce que les Juifs et leurs sacrificateurs n’avaient pas compris. Jésus se présente à elle comme le don de Dieu. Il n’exige rien, il donne. Il est donc évident que les péchés qu’elle avait commis n’ont pas repoussé ce Dieu qui l’avait connue dans ses péchés et qui s’est humilié au point d’être redevable d’un verre d’eau à une femme de mauvaise conduite. Cela ne prouve-t-il pas que Dieu est amour et que nos péchés ont attiré l’amour de Jésus ? Le coeur angoissé, la conscience convaincue, ayant pris confiance en la parole de Dieu, trouvent l’amour de Dieu déjà manifesté et Jésus qui nous parle du don de Dieu. Il n’y a aucune espérance pour l’âme qui sent son péché, si Dieu n’est pas uniquement et parfaitement amour.

Jésus s’humilie au point de dire : Si tu avais compris que Dieu donne et que l’amour de Dieu a placé le Fils dans la position où tu me vois, tu m’aurais demandé et je t’aurais donné de l’eau vive. Ce don est inépuisable ; c’est une fontaine d’eau jaillissant en vie éternelle ; tous les besoins de ton coeur seront satisfaits !

La femme oublie sa cruche, court à la ville. Peut-être sa famille a-t-elle manqué d’eau ce jour-là ; elle n’y pense plus. Elle est employée par le Seigneur Jésus pour annoncer son nom, parce qu’elle a eu besoin de la grâce gratuite de Dieu. Il n’y a personne, pas même un ange, qui puisse parler de la grâce comme un pécheur. Et voilà comment il se fait que j’aie pu vous la prêcher aujourd’hui.

 

 

7              Méditations de J. N. Darby    Jean  4:1-42

n°194 : ME 1913 p. 213

Les faits de l’Évangile sont d’une portée immense. Prenez le seul fait que le Fils de Dieu a été dans ce monde et a été rejeté : Dieu est venu agir en faveur des pécheurs, et ceux-ci n’en ont pas voulu ! Or c’est là que nous en sommes tous. Nous savons parfaitement bien que, dans notre état naturel, ce n’est pas Christ qui fait les délices de nos coeurs. Bien au contraire, quand il s’agit non pas de vérités comme celle-ci : que nous sommes tous pécheurs — vérité que l’éducation peut nous faire connaître — mais de l’état de nos coeurs, voici où nous en sommes : Christ, le Fils de Dieu, est mort pour nous, et nous ne nous en soucions pas. Est-ce vraiment de Christ que le monde s’occupe ? Est-ce Christ qui est l’objet de vos plaisirs ? Le fait est que, si l’on vient vous parler de Christ, au moment où vous jouissez de toute sorte de choses dont le monde est rempli, on vous gâte votre jouissance. Depuis le cabaret, jusqu’à la société scientifique la plus sérieuse, on ne peut introduire Christ où que ce soit, sans qu’il soit immédiatement démontré qu’on ne peut pas le supporter. À ce fait s’en ajoute un autre : Vous ne trouverez jamais un homme qui ait honte d’une fausse religion. Un mahométan fait ses prières devant tout le monde sur la place publique. On n’a pas honte, non plus, d’un christianisme corrompu et à moitié idolâtre. Il en est autrement là où le vrai Christ est connu, et l’on voit même des chrétiens obligés de vaincre le malaise que son nom soulève dans certains milieux. Les folies de la vie, la parure, préoccupent beaucoup plus que Christ et l’excluent du coeur. On a honte de reconnaître sa vraie souveraineté. Pourquoi ? Parce que nos coeurs sont mauvais, parce qu’il y a séparation complète entre nos âmes et Dieu, et que nous ne pouvons supporter de voir Dieu se présenter en grâce, en bonté, pour remédier à des misères que nous ne voulons pas avouer ! Il est bon et profitable, chers amis, que nous ne reculions pas devant cette connaissance de nous-mêmes.

À commencer par la loi, nous l’avons violée : nous n’aimons pas notre prochain comme nous-mêmes. Si votre voisin perd sa fortune, vous n’en êtes pas fâchés comme si vous aviez perdu la vôtre. Eh bien ! dans ce cas, la loi vous maudit. Je prends la loi, et j’y trouve trois choses : Je n’ai pas aimé Dieu de tout mon coeur, ni mon prochain comme moi-même, et de plus, j’ai des convoitises. La loi est la règle parfaite de la conduite d’un enfant d’Adam. Elle dit : Si tu veux offrir une justice à Dieu, la voici, mais n’oublie pas qu’il est impossible que Dieu tolère le mal ; il y a un jugement contre le péché.

Nous voici donc placés en face de Dieu, tels que nous sommes, acceptant qu’il y a un jugement à venir où tout sera manifesté — mais nous espérons encore qu’il y aura, à ce moment-là, un moyen de régler les choses. Pure illusion ! Jamais le jugement de Dieu n’a ce caractère. Il est parfaitement certain qu’au nom de Jésus tout genou se ploiera, mais la question pour vous n’est pas si, sans exception, tous ploieront le genou devant Lui, mais si vous les ploierez actuellement devant Jésus Sauveur, ou bientôt devant Jésus Juge. Maintenant, aujourd’hui, Dieu agit en grâce et par son Esprit, pour que vous fassiez connaissance avec Lui comme Sauveur, au lieu de renvoyer cette connaissance au jour du jugement. Représentez-vous Dieu venant dans cette salle pour juger. Pensez-vous que toutes les personnes qui ne sont pas lavées dans le sang de Jésus ne s’empresseraient pas, si elles le pouvaient, de sortir aussitôt. Cela prouve que leur conscience n’est pas à l’aise, mais à quoi cela servira-t-il, quand elles se trouveront là où il n’y a plus possibilité d’échapper ? Ici-bas, les hommes ont une extrême facilité à oublier le péché ; est-ce que cela les justifie ? Dieu les supporte, il est vrai, mais serait-ce une chose juste que le mal ne fût jamais découvert ?

Maintenant, voici l’Évangile : Dieu, dans sa grâce, est venu manifester ce que nous sommes et ce qu’Il est. En contraste avec la loi qui exige, il nous a fait connaître que Dieu donne, nous a apporté le don de Dieu. La loi exige ce que nous devons être, Christ nous donne ce dont nous avons besoin, le salut. Il nous tient devant Lui, comme cette femme Samaritaine, et ne nous cache aucunement ce que nous sommes, mais avec quelle grâce ! N’est-elle pas merveilleuse sa manière d’agir envers le pécheur ?

Jésus venait d’être chassé de la Judée ; il était venu vers les siens, et les siens ne l’avaient pas reçu. Fatigué du chemin, il s’assied au bord d’un puits et demande de l’eau. Lui qui l’avait créée, comme il avait créé toutes choses, était là, seul, à la chaleur du jour, sans rien pour l’abriter, et demandant de l’eau pour étancher sa soif !

Arrive une femme à une heure qui n’était pas habituelle, toute seule aussi. C’était une âme déçue ; elle avait cherché dans le monde quelque objet pour ses affections et avait trouvé le péché. Fatiguée elle-même, lasse d’un monde où elle avait cherché le bonheur sans le trouver, elle rencontre une âme plus isolée qu’elle, dans ce monde de misère. C’était le Seigneur ; mais ce qu’il y avait de plus frappant, c’est que Lui était plein d’une sympathie parfaite pour les autres, tandis qu’il n’en rencontrait aucune pour lui-même. Même quand il était en Gethsémané, suant des grumeaux de sang, dans l’angoisse du combat, ses disciples, qu’il priait de veiller, dormaient. Il n’y a pas un coeur qui réponde au sien, mais il n’y a pas un coeur qui éprouve des besoins, auquel le sien ne réponde. Il est isolé dans sa sainteté ; mais, dans son coeur, l’homme le plus affable possible. C’était ce qui, partout, se voyait en Lui. Eh bien ! la bonté parfaite était là, descendue au milieu du mal, cherchant à gagner la confiance des pécheurs, mais il fallait que le pécheur eût conscience de son état. L’origine du péché dans ce monde a été que l’homme a perdu confiance en Dieu ; aussitôt la convoitise, la transgression et la ruine en ont été la conséquence. Mais lorsque Christ apparaît, c’est Dieu descendant au milieu de ce monde pour inspirer confiance, même à un coeur qui n’aurait pas pu se montrer en compagnie d’honnêtes gens. Mais voici cette femme restaurée, quand, au lieu de cacher ses péchés, elle est là en pleine lumière et trouve en même temps un amour parfait chez celui qui la sonde. Un lépreux en Israël était chassé hors du camp ; celui qui le touchait était impur ; Jésus le touche sans être souillé et chasse toute souillure. Il en est de même ici au puits de Sichar. Cette femme, repoussée du monde, trouve le Dieu saint qui y est descendu pour lui apporter ce dont elle a besoin. Pourquoi ? Uniquement par amour. Ah ! qui a donc mis cela dans le coeur de Dieu ? L’homme peut-être ? Mais il n’a pas voulu de Lui quand il est venu ! Qui serait-ce donc si ce n’est Dieu lui-même, Dieu qui est amour ! Quand, par la grâce, j’ai compris cette vérité, je connais le coeur de Dieu ! C’est ainsi qu’il se manifeste. Il est descendu si bas, afin que nous ayons les yeux ouverts pour voir jusqu’au fond de Son coeur. Et c’est cela que les hommes rejettent !

Aujourd’hui Dieu donne ; mais n’est-il pas juste que le temps vienne où il jugera ?

«Qui est celui qui te dit : Donne-moi à boire ?» Il est donc descendu si bas pour demander un peu d’eau à une femme telle que toi ? C’est la grâce ! Je crains qu’il n’y ait ici des personnes qui aient entendu parler d’eau vive et qui n’en aient jamais bu une goutte. «Celui qui en boit n’aura jamais soif». L’intelligence de l’homme, comme celle de la Samaritaine, n’y comprend rien et ne le peut pas. «Donne-moi de cette eau vive», dit-elle. Il répond : «Appelle ton mari». Aussitôt elle cherche à tout cacher, et en voulant tout cacher elle dit la vérité. Jésus la prend par la conscience ; c’est par là que la lumière entre toujours. La grâce attire le coeur, la lumière pénètre la conscience. Dieu nous amène toujours là, quand nous avons à faire à Lui. Du moment que la lumière pénètre, on voit les choses comme elles sont, car elle manifeste tout. Ce n’est pas une bonne chose d’avoir une bonne réputation et une mauvaise conscience ; mieux vaut avoir une mauvaise réputation, afin que la conscience puisse être atteinte, et c’était le cas de cette Samaritaine. Elle trouve Celui qui est venu pour donner, non pas pour exiger ; qui est venu non pas pour imputer, mais pour porter, pour abolir le péché. S’il manifeste à ma conscience ce que je suis, il le fait en amour ; il est tout amour pour nous, tels que nous sommes.

Cette femme était toute préoccupée de sa cruche et de sa corvée, et voici tout à coup que, sur un mot, sa conscience se réveille. N’y a-t-il pas de péché en toi ? Jésus devance en grâce le jour du jugement ; il est là, lumière parfaite et amour parfait. Cette lumière qui a pénétré dans la conscience de cette femme pour lui montrer ce qu’elle est, c’est Dieu lui-même qui vient ôter le péché. La grâce et la vérité sont venues par Jésus-Christ. Comme lumière, il luit dans ma conscience pour me faire sentir ce que je suis ; comme amour, il remédie à tout ce que je suis. Aussi je ne cherche pas à Lui rien cacher ; il n’y a que le pardon qui ôte toute fraude du coeur. «Voyez», dit la Samaritaine, «un homme qui m’a dit tout ce que j’ai fait».

C’est ainsi que l’intelligence entre en nous. Cette femme ne comprenait rien, mais lorsque sa conscience est atteinte, elle dit : «Tu es un prophète». La parole de Dieu est entrée dans son âme et lui a fait voir clairement toutes choses.

Remarquez encore cette parole du Seigneur : «Le Père cherche de tels adorateurs». Quelle grâce infinie que le Père en cherche dans un monde de péché qui, après tout, avait rejeté son Fils. Êtes-vous convaincus de cela ?

La femme dit : «Je sais que le Messie, qui est appelé le Christ, vient». Eh bien ! dit Jésus : «Je le suis, moi qui te parle». Ayant confiance dans sa Parole, l’ayant reçue dans son coeur et sa conscience, elle avait déjà Christ. Elle possédait comme Sauveur, comme vie éternelle, Celui qui était venu la chercher pour la mettre en relation avec Dieu.

J’ajoute encore ce qui n’est pas précisément le sujet de ce chapitre. Nous savons qu’il s’est donné lui-même pour tous nos péchés, et qu’il n’en est plus question devant Dieu. Il a pris soin de nous donner une paix parfaite. Mais c’est Jésus qui sera le juge des vivants et des morts. Quand j’arriverai devant le tribunal de Christ, je dirai : Voici Celui qui a porté tous mes péchés ! Il se renierait lui-même s’il m’en imputait aucun. Il n’est plus sur la croix ; il est dans la gloire à la droite de Dieu. «En la consommation des siècles, il a été manifesté une fois pour l’abolition du péché, par son sacrifice». Ce Christ qui s’est ainsi donné, n’a pas porté mes péchés dans le ciel à la droite de Dieu. Ma culpabilité devant Dieu a été absolument réglée sur la croix, et ma conscience est rendue parfaite par le sang de Christ. Dieu a accepté, reconnu, l’oeuvre de son Fils, en le ressuscitant d’entre les morts, et je trouve ainsi que, non seulement il a effacé mes péchés, mais qu’il m’a acquis la gloire.

Voyez cette femme, complètement délivrée, même des inquiétudes de la vie présente, une fois qu’elle a trouvé Christ comme Sauveur. Il prend la place qu’occupaient ses soucis. Elle laisse sa cruche. Une fois que j’ai le ciel, que m’importent les petites inquiétudes d’ici-bas !

Chers amis, croyez-vous en Dieu, tel qu’il s’est manifesté en Jésus ? Croyez-vous à un amour déployé envers les pécheurs, tels qu’ils sont ? Connaissez-vous le don de Dieu ? Avez-vous vu comment Christ s’est abaissé ? Croyez-vous qu’il a ôté tous vos péchés ? S’il en a effacé un seul, il les a tous effacés ! Souvenez-vous que Dieu, le Père, cherche des adorateurs !

Mais quelle chose terrible que d’être obligé de comparaître devant le Christ et de l’entendre dire : «Je t’ai cherché et tu n’as pas voulu !»

 

 

8              Méditations de J. N. Darby    Jean  6:1-59

n°27 : ME 1887 p. 436

Il y a dans cet évangile quelque chose de très caractéristique quant à l’ordre des sujets. Au chap. 5, par exemple, Jésus donne la vie comme Fils de Dieu ; au chap. 6, il devient, comme Fils de l’homme et dans son humiliation jusqu’à la mort, l’aliment de la vie ; au chap. 7, il sera manifesté en gloire à son retour. Ces divers enseignements se rattachent, chaque fois, à un fait qui vient de se passer. Dans notre chapitre, il rassasie cinq mille personnes, selon ce qui est écrit : «Je rassasierai de pain ses pauvres» (Psaume 132:15). Alors la foule le reconnaît comme le Messie, le prophète attendu depuis Moïse, et que ce dernier avait commandé d’écouter. Les trois caractères de prophète, de sacrificateur et de roi, se trouvent dans ce chapitre : Christ était prophète, et le peuple juif lui a reconnu ce caractère ; il est actuellement sacrificateur à la droite du Père ; il sera reconnu roi, quand il reviendra avec puissance. Au v. 15, le peuple veut le faire roi, parce qu’il n’a compris ni l’humiliation que le Messie devait subir, ni le caractère de sa royauté. Il ne pouvait comprendre le sacerdoce de Christ, parce qu’il ne savait pas que Christ devait entrer dans le sanctuaire avec son propre sang. Jésus, dans son caractère de sacrificateur, monte sur la montagne et prie ; les disciples descendent à la mer et s’embarquent ; ils sont ballottés sur les vagues, image de l’état actuel de l’Église pendant l’absence du Seigneur. Les disciples ont peur quand Jésus leur apparaît, marchant sur la mer ; mais dès qu’ils le reçoivent, le calme revient et ils abordent au lieu où ils allaient. Il en est de même pour nous ; nous sommes ballottés par les vagues, anxieux, effrayés, mais Jésus marche au-dessus de toutes les difficultés, et sa force est notre force. C’est par un tel exemple que le Seigneur nous fait comprendre ce qu’il est pour nous en son absence. Nous semblons entièrement délaissés, au milieu des difficultés et des peines, mais le Seigneur est là-haut pour nous soutenir, et il va quitter cette position pour venir à nous.

Les foules sont étonnées de le retrouver de l’autre côté de la mer. Elles le cherchaient, parce qu’elles avaient été rassasiées de pain, mais Jésus leur montre ce qu’elles ont à faire : la première chose est de croire, de se soumettre entièrement à Dieu. Si Dieu nous commandait quelque grande chose, nous la ferions, parce que cela répondrait à notre orgueil, mais nous avons simplement à obéir par la foi. Dieu demande que nous soumettions à Jésus notre coeur et notre intelligence, tout ce qu’il y a en nous. Jésus doit être notre tout. Cette soumission est, pour un coeur incrédule, bien plus difficile que de faire des choses très difficiles, mais qui nous mettraient en bonne réputation devant les hommes. Le peuple demande à Jésus quel signe il donne de la certitude de ses paroles. Jésus leur répond qu’il est lui-même le pain du ciel ; tout son amour se montre en cela. S’il est possible de ne pas voir tout l’amour de Dieu dans la grande humiliation de Jésus, jusqu’à devenir notre pain du ciel, comment sera-t-il possible de voir cet amour ailleurs ? Le signe que Dieu nous donne pour nous prouver son amour, c’est tout d’abord que Jésus s’est incarné, que, voyant notre état de ruine et d’éloignement de Dieu, il est descendu ici-bas, vers nous, pour nous délivrer, comme il le fit jadis pour Israël en Égypte. Ceux qui n’ont pas encore reçu Jésus pour leur tout, leur nourriture et leur breuvage, ne sont pas rassasiés. Ils éprouvent du vide et du mécontentement (v. 35). Du moment que l’on est en communion avec Jésus, on comprend qu’il n’y a plus pour l’âme ni faim, ni soif. Mais, pour avoir la vie éternelle, il faut non seulement le manger comme pain, mais il faut aussi manger sa chair et boire son sang. Jésus s’est humilié jusqu’au supplice, jusqu’à donner pour nous sa chair et son sang. Il est descendu du ciel pour être serviteur, pour faire, non sa volonté, mais celle du Père. À son plus grand ennemi, à celui qui hier lui crachait au visage, il ouvre aujourd’hui les bras s’il vient à lui, et il le sauve. Il est le serviteur d’un tel homme, parce qu’il est le serviteur du Père qui attire tout homme qui vient à Jésus (v. 39, 40). La volonté du Père est que Christ ne perde rien de ce que le Père lui a donné. Toute âme qui a été attirée à Jésus a ainsi, comme gage, la vie éternelle. Tout cela est fondé sur la volonté du Père et met à néant l’orgueil de la chair. Christ ne fait aucun cas de notre chair et bien qu’elle murmure ou se scandalise (v. 43, 61), il continue sans chercher à lui plaire. Jésus ne s’est pas borné à être serviteur, il a laissé sa vie en rançon, il est mort pour nous, pécheurs. Quand le sang est séparé du corps et a été répandu, c’est que la mort est intervenue. Du moment que nous sommes venus à Christ, nous sommes assurés de tout : Christ a donné sa vie, son sang est devant Dieu ; il est entré lui-même en la présence de Dieu avec l’efficacité de ce sang. La vie que Jésus avait, comme homme, a été donnée ; nos péchés, portés par lui, se sont écoulés, pour ainsi dire, avec son sang ; ce sang les a lavés ; la mort les a expiés, et le sang est présenté à Dieu. Nos âmes pensent à Jésus mort et se nourrissent de cette mort par la foi.

Dès lors, et tant que nous sommes ici-bas, Jésus nous nourrit continuellement de sa vie et de sa mort. Nos affections sont attachées à lui, qui est le témoignage de la tendresse et de l’amour de Dieu pour nous ; et, tandis qu’il est en haut, intercédant pour nous, nous sommes attirés à lui et détachés de coeur des principes de ce monde. Si Jésus a été pauvre, parce qu’il m’a aimé, puis-je désirer les richesses ? Tous les motifs qui dirigent les hommes sont parfaitement contraires à la seule chose glorieuse pour moi, un Christ que les hommes ont méprisé et rejeté. L’unique place que Jésus ait pu prendre en ce monde est la plus basse de toutes ; c’est là que mon coeur s’attache à lui. Si sa mort me montre la sainteté et la colère de Dieu, elle donne en même temps une réponse à tout ce que Dieu exige. C’est dans la personne et l’amour de Jésus que nous apprenons à connaître Dieu comme un feu consumant.

La cène est le symbole de cette mort, mais ce n’est pas d’elle qu’il est question dans ce passage, où il s’agit de manger la chair et de boire le sang de Christ, pour avoir la vie éternelle. Cette nourriture que la foi s’approprie, nous fortifie de jour en jour, elle nous attache à Christ et nous soustrait à l’influence du monde qui perd ainsi sa puissance sur nous. Christ est la source et l’aliment de notre vie ; nourris de lui, nous sommes satisfaits et joyeux, car nous sommes détachés du monde, et nous avons Christ, et nous jugeons de toutes choses selon que nous apprécions Jésus, notre nourriture. Que devient alors pour nous l’orgueil du monde — il a crucifié Jésus ; l’opinion du monde — il a rejeté Jésus. Les choses de la chair sont amères pour l’Esprit, comme celles de l’Esprit sont amères pour la chair. Nous ne pensons pas assez à Jésus, nous ne portons pas assez son empreinte. La chair estime les choses du monde autrement que Jésus ne les aurait estimées. Nous cherchons à faire de Dieu notre serviteur pour nous exalter ici-bas, et nous ne pensons pas que Christ est notre serviteur, pour arracher nos âmes à tout l’effet du poison répandu dans le monde.

 

 

 

9              Méditations de J. N. Darby    Jean  7

n°192 : ME 1912 p. 472

La fête des tabernacles caractérise ce chapitre. Quant aux fêtes, il y en avait trois grandes : 1° la Pâque, 2° la Pentecôte, et 3° la fête des tabernacles (Voir Lév. 23 et Deut. 16). Outre ces fêtes principales, nous avons premièrement le sabbat, repos de l’ancienne création, repos impossible tant que le péché est dans le monde, mais qui aura sa pleine réalisation pour les Juifs d’une manière terrestre, quand Satan sera lié, et pour nous d’une manière céleste, comme le repos qui reste pour le peuple de Dieu. Ensuite venait la Pâque, sacrifice de Christ, et après cela la fête des pains sans levain, car la sainteté accompagne ce sacrifice. Puis la fête des prémices de la moisson ; ensuite la Pentecôte — après quoi un long intervalle suivi de la fête de la nouvelle lune, préfigurant le retour des Juifs ; enfin le grand jour des expiations, jour d’humiliation, quand Israël reconnaîtra son péché et en portera deuil (És. 63) Alors seulement vient la septième fête, celle des tabernacles.

Jusqu’à la Pentecôte, qui représente en type la descente du Saint-Esprit, toutes ces fêtes ont déjà eu leur accomplissement ; car, s’il s’agit de la Pâque, Christ est mort, c’est un fait ; s’il s’agit de la Pentecôte, le Saint-Esprit est descendu, nous le savons (Actes 2:39), mais s’il s’agit de la fête des tabernacles, où en voyons-nous l’antitype dans le Nouveau Testament ? Nulle part ; car il s’agit d’une chose future qui n’aura lieu que lorsque Christ sera manifesté en gloire, et que Dieu sera entouré des siens. Cette fête avait lieu après la moisson et après la vendange. — Nous savons que la moisson représente la séparation du bon grain d’avec l’ivraie. C’est donc un jugement de séparation du bon d’avec le mauvais, tandis que la vendange représente le jugement pur et simple. — La fête des tabernacles clôt les travaux ; c’est le temps du repos. Dans És. 63, ils reconnaissent avoir perdu tout droit aux promesses, et viennent (v. 19) comme de pauvres gentils ; ce n’était donc pas le moment de Jean 7:4, car les Juifs ne s’étaient pas repentis et en étaient, au contraire, bien éloignés ; ce ne pouvait donc pas être le moment de la bénédiction qui suivra leur repentance. Voilà pourquoi le Seigneur ne pouvait pas se montrer publiquement au monde, comme prenant part à cette fête, chose que ses frères ne pouvaient pas comprendre. Or un intervalle s’écoule entre la Pentecôte et la fête des tabernacles, et cet intervalle est rempli par l’Église ; mais aussi certainement que la Pâque et la Pentecôte ont été accomplies, aussi certainement la fête des tabernacles aura son accomplissement. Le cycle des faits n’est pas encore accompli, mais nous en avons le cadre.

Il est à remarquer que les miracles de l’Ancien Testament sont des actes de puissance, et ceux du Nouveau des actes d’amour, sauf une exception ; je parle du figuier maudit. Ce figuier est le type de l’homme sous la loi, de l’homme soigné de Dieu de plusieurs manières, et finalement par les prophètes. L’homme sous l’ancienne alliance ne porta jamais de fruit ; là il est manifesté tel et condamné. Cela introduit une chose toute nouvelle. Nous voyons un homme glorifié dans le ciel, au delà de la mort, du jugement, de la puissance de Satan et du péché, et c’est comme homme ressuscité qu’il dit par Marie de Magdala aux siens : «Mon Père est votre Père, mon Dieu est votre Dieu». Or c’est de là que le christianisme découle.

Il y a deux côtés du christianisme : 1° Dieu a été manifesté en amour ; 2° L’homme est monté dans la gloire. C’est alors que vient le Saint-Esprit, et c’est là le grand secret qui caractérise le christianisme. Dans Jean 3, nous voyons la nouvelle naissance ; dans Jean 4, la relation formée ; mais dans Jean 7, des fleuves qui débordent — le Saint-Esprit. Dès lors, Dieu peut demeurer en nous, mais pas avant. Dieu n’a pas demeuré en Eden avec Adam, nous le savons ; pas davantage avec Abraham, bien qu’il le bénît ; ce n’est qu’en Ex. 29, qu’il demeure au milieu d’Israël, la rédemption étant accomplie en figure. Quand la rédemption a été accomplie en réalité, c’est-à-dire quand il prend sa place dans la gloire, le Saint-Esprit descend, pas avant cela. La présence du Saint-Esprit sur la terre était la preuve qu’il y avait un homme glorifié dans le ciel à la droite de Dieu, et voilà ce qui caractérise le christianisme, l’Église (j’entends par là ce qui est vivant, comme tel) et le chrétien. Toutes choses seront assujetties à Christ et, en attendant, nous voyons au ciel un homme couronné de gloire et d’honneur. Quand toutes choses lui seront assujetties, alors il jouira du fruit du travail de son âme et sera satisfait — ce sera la fête des tabernacles. Les Juifs y auront une part terrestre, mais nous avons quelque chose de meilleur ; ils croiront, parce qu’ils verront ; nous croyons sans voir et sommés scellés de l’Esprit, parce que nous avons ainsi cru (je parle d’une foi réelle). Si je suis seulement réveillé à l’égard de mes péchés et cherchant le salut — bien que je sois en chemin pour le trouver — Dieu ne peut sceller cela. Il ne peut pas sceller un pécheur. Christ est assis à la droite de Dieu, après en avoir fini avec nos péchés ; il n’y est pas assis avec nos péchés. Si nous avons cru cela, la conscience est parfaite ; je ne dis pas que nous soyons parfaits de fait, car je ne connais pas d’autre perfection que d’être semblables à Christ dans la gloire, et nous n’y sommes pas, cela est certain ; mais le péché ne nous est pas imputé, et nous avons toute assurance devant le tribunal de Christ (devant lequel il nous faudra tous être manifestés), car nous serons dans la même position que Celui devant qui nous comparaîtrons.

Quant au sceau de l’Esprit, le Saint-Esprit demeure dans le croyant, c’est un fait, mais il faut pouvoir dire : Abba, Père ! c’est-à-dire en vérité, car vous ne devez pas dire Père, si vous n’êtes pas sûrs d’être des enfants. La demeure du Saint-Esprit en nous, en tant que chrétiens, est une réalité. «En ce jour-là, vous connaîtrez que je suis en mon Père et vous en moi, et moi en vous, telle est la mesure de ma position (vous en moi) et de ma responsabilité (moi en vous). Si je suis en Christ, Christ est donc en moi ; c’est, dis-je, la mesure de ma responsabilité, c’est-à-dire de ne pas laisser paraître autre chose que Christ dans ma vie — il s’agit de «porter, toujours, partout, dans le corps, la mort de Jésus, afin que la vie aussi de Jésus soit manifestée dans notre corps». Telle est notre responsabilité. «Et par ceci nous savons qu’il demeure en nous, savoir par l’Esprit qu’il nous a donné». Si donc j’ai l’Esprit (et je l’ai si j’ai cru, et si je puis en toute vérité crier : Abba, Père !), alors Dieu demeure en moi. Cela est certain, car si Dieu ne demeure pas en moi, je n’ai pas l’Esprit, et si je n’ai pas l’Esprit, je ne suis pas de Christ. Mais quelle pensée à la fois heureuse et solennelle ! Il demeure en chaque chrétien. «Quiconque confessera que Jésus est le Fils de Dieu, Dieu demeure en lui, et lui en Dieu». Le confessez-vous ? Vous dites : Oui. Je dis alors : Dieu demeure donc en vous. Vous reculez devant cette pensée qui vous paraît présomptueuse, mais qu’il est impossible de renverser, car c’est Dieu, dans sa Parole, qui le dit clairement, et quand Dieu dit qu’il demeure dans celui qui confesse Christ ainsi, vous n’avez pas le droit de dire qu’il n’y demeure pas. Eh bien ! je vous adresse une question : Si Dieu demeure en vous (et c’est un fait, si vous pouvez l’appeler votre Père), comment traitez-vous cet hôte ? Quand nous recevons quelqu’un qui nous est cher et que nous voulons honorer, nous mettons notre maison à sa disposition ; nous désirons qu’il trouve les choses à sa convenance, nous désirons lui faire plaisir. Eh bien ! cherchons-nous ainsi à plaire à Dieu ? Il ne s’agit pas d’éviter les gros péchés, mais quelle est ma vie, ma marche tout entière, ma marche dans le monde d’où Christ a été rejeté, dans le monde qui n’a pas voulu de Dieu en grâce ? Souvenons-nous que si nous vivons par l’Esprit, nous devons aussi marcher par l’Esprit, mener une vie pratique selon l’Esprit

 

 

 

10         Méditations de J. N. Darby    Jean  8:12-49

n°48 : ME 1892 p. 333

Jésus avait déjà dit aux Juifs tout ce qu’il avait à leur annoncer, mais ils avaient rejeté sa doctrine. Le Seigneur discute ici devant eux cette rejection de sa parole. Il était venu au milieu d’eux, apportant la grâce et non pas le jugement. Eux se confiaient à la loi, à leur descendance d’Abraham, enfin à la religion de la chair. Au milieu de beaucoup d’autres choses, la chair a sa religion. Cette religion consiste : 1° en devoirs à accomplir ; 2° à suivre la religion de nos pères et à être zélé pour leur traditions, en s’opposant à toute innovation.

Ces choses sont communes aux païens et à tous les non-chrétiens ; elles n’engagent en rien la conscience. La religion vraie commence au moment où Dieu se présente au coeur, et jamais auparavant ; au moment où nous avons la conscience d’avoir manqué à tous nos devoirs. C’est une religion de grâce. Nous trouvons dans ce chapitre les effets que la religion de Dieu produit sur l’homme. Les Juifs étaient à la vérité la postérité d’Abraham, mais non pas spirituellement. Ils se prévalaient de leur naissance ; ils se disaient libres, quoique esclaves des Romains (v. 33). Leur confiance, fondée sur la chair, avait l’orgueil pour racine.

La religion de Dieu doit nous rendre libres. L’état dans lequel l’homme se trouve est à la fois l’esclavage de la loi et du péché. «Quiconque pratique le péché», dit le Seigneur, «est esclave du péché» (v. 34). Il est des hommes qui voient les conséquences du péché et cependant en subissent le joug. On est toujours esclave des motifs qui agissent sur le coeur ; ainsi l’homme est esclave de ses convoitises, du monde, de Satan. La loi nous fait sentir encore plus cet esclavage. Les Juifs, comme peuple de Dieu, étaient dans sa maison, mais ils étaient sous la loi et dans l’esclavage du péché, et «l’esclave ne reste pas dans la maison pour toujours» (v. 35). Si le Fils ne nous affranchit pas, nous demeurons sous l’esclavage de la loi, qui nous place sous le jugement et la malédiction. «Maudit est celui qui ne persévère pas dans toutes les choses qui sont écrites au livre de la loi pour les faire». La loi devrait rendre l’homme esclave de Dieu, mais l’esclave qui ne fait pas la volonté de son maître peut être renvoyé.

Du moment qu’étant né de Dieu, je me trouve en présence de la loi, je reconnais toute sa spiritualité ; j’accepte ainsi une vérité qui me remplit de crainte ; mais ce n’est pas la vérité que la grâce nous révèle et qui nous affranchit. Dieu n’a pas envoyé la loi pour que nous la pratiquions, mais pour mettre en évidence le péché. La vérité nous affranchit ; elle nous présente l’obéissance de Christ et la justice de Dieu.

L’homme qui veut accomplir la loi cherche sa justice, et non la justice de Dieu. Dieu présente à l’homme sa justice à Lui, en Christ. Cela veut dire que, parce que Dieu est juste, il accepte Christ et l’oeuvre qu’il a faite pour nous. Voilà ce qui nous rend libres. Plus de crainte, ni de servitude. La vérité nous affranchit par la connaissance de ce que Dieu a fait pour nous. Nous sommes en règle devant Dieu. Il fait plus encore, il nous donne l’Esprit d’adoption. Il fait de nous ses enfants, dans toute la familiarité et la jouissance de cette qualité.

Dieu fait grâce selon son amour. Nous sommes en sa présence selon le principe de l’oeuvre de Dieu, et non selon le principe de la loi. C’est une relation d’amour. Il n’attend rien de notre part et c’est par amour qu’il agit envers nous, comme un père envers ses enfants. Notre liberté consiste en ces relations d’abandon filial avec le Père. Cette liberté ne peut pas se perdre. «Le fils demeure pour toujours» dans la maison, indépendamment de sa conduite ; c’est une chose établie pour l’éternité. Si j’avais à craindre de perdre un héritage, je serais d’autant plus angoissé que l’héritage serait plus grand. Or je ne puis le perdre. Il va sans dire que si, comme enfant, j’ai commis des fautes, je serai mal à l’aise devant mon père, bien que je me sente aimé de lui. Nous sommes dans la maison. Si nous péchons nous serons misérables, parce que notre conscience aura le sentiment d’avoir déshonoré notre Père et contristé son Esprit.

Demeurer dans la maison de Dieu conduit à une connaissance de Lui, toujours plus intime. Mais dans cet état il peut nous arriver de penser à notre jouissance, au lieu de penser à ce qui en est la source ; ou bien de divulguer cette jouissance, ce qui nous attache à nous-mêmes, nous détache de Dieu et nuit considérablement à notre communion. Cette perte momentanée de la communion travaille le coeur et l’humilie. Cela est nécessaire ; mais le bon Berger restaure l’âme malade et la rétablit dans l’intimité qui est la part d’un enfant fidèle. Il y a pour nous force et vigueur devant Dieu, quand le Saint-Esprit n’est pas contristé, quand il n’est pas obligé d’être le médecin de l’âme, mais qu’il reste, au contraire, son principe de vie et de communion.

La vérité nous affranchit. Le Fils nous affranchit, parce qu’il nous place devant le Père selon ce qu’il est lui-même. Maintenons ce qui est convenable à la maison que nous habitons. Gardons nos coeurs, afin que notre communion ne soit pas interrompue !

 

 

 

 

11         Méditations de J. N. Darby    Jean  13    La Gloire Brillant dans la Honte

n°230 : ME 1925 p. 141

Il est frappant de voir comment Dieu fait tout tourner à sa gloire et pour la bénédiction des siens. Il est au-dessus de tout, et les événements qui se déroulent aboutissent, non à réaliser ce que Satan a voulu, mais toujours à glorifier Dieu et à bénir ses enfants. Cela donne un sentiment profond de la fidélité de la grâce divine ; toutes les fois qu’on regarde plus haut que les circonstances, on trouve Dieu qui les domine et qui agit, toutes choses travaillant à l’accomplissement de ses grands desseins de grâce et de gloire.

En Jésus on voit cela à la fois réalisé et manifesté. Nous trouvons dans ce chapitre que «le fils de l’homme est glorifié». Voilà tout le résultat des efforts de l’ennemi ! Le coeur de l’homme ne pouvait aller plus loin dans son inimitié que Judas : «L’un de vous me trahira», dit Jésus, l’un de vous, l’un de mes intimes... Au lieu de chercher à arrêter le mal qui s’élève contre lui, Jésus dit : «Ce que tu fais, fais-le promptement» ; le plus vite est le mieux, au point où en sont les choses, il faut que tout s’accomplisse et que je sois mis au rang des malfaiteurs. Il est temps. Or c’est à ce moment qu’Il ajoute : «Maintenant le fils de l’homme est glorifié». Tout ce que Satan a pu faire aboutit là ! C’est pour Jésus l’occasion de son obéissance, pour Dieu celle de son amour. Plus le mal se montre, plus c’est le moment de Dieu. Alors que l’homme arrive au comble de son péché, le fils de l’homme est glorifié ! (v. 31).

De quelque côté que nous nous tournions, nous apercevons le péché de l’homme. Où l’on peut s’attendre à trouver du bien voilà le mal qui s’y oppose. En Pilate, le jugement inique, dans les sacrificateurs l’accusation, dans l’ami la trahison. Le bien est partout surmonté par le mal. Or au milieu de tout cela vient briller la gloire du divin fils de l’homme qui brillera dans sa plénitude à la croix. Le voici, plein de tendresse pour les siens, de patience envers Judas. Sa perfection fait ressortir ce que le mal a d’horrible, mais le coeur qui cherche la gloire de Dieu trouve en Lui, au milieu de cette sombre scène, un point où se fixer. Dieu est glorifié en Lui, dans un homme : en Jésus l’homme est le moyen de la gloire de Dieu, et c’est pourquoi lui-même acquiert la gloire.

La justice divine eût été glorifiée par le châtiment éternel du péché, mais l’amour n’aurait pas eu sa place. En Christ l’amour et la justice sont manifestés ensemble ; il s’offre volontairement pour qu’ils le soient dans toute leur étendue. Plus Satan et l’homme montraient ce qu’il y avait d’entièrement opposé à cet amour et à cette justice, plus Il a été, Lui, ce qui répondait aux caractères divins, plus Il a glorifié Dieu. Il rencontre la lâcheté, l’injustice, la trahison, mais en Lui c’est toujours le même amour. C’est une parfaite supériorité au mal ; plus celui-ci s’affirme, plus Lui manifeste sa patience et sa fidélité à Dieu son Père. Ainsi les événements tournent à la pleine gloire de Dieu.

Ils tournent pareillement à notre bénédiction. Ce qui semblerait devoir nous séparer de Jésus, devient l’occasion pour Lui de montrer la fidélité et l’efficace de son amour. C’est ce que nous voyons au début de ce chapitre. Satan a amené le mal au point que Jésus va être trahi par l’un des siens, et c’est le moment où l’on voit Jésus entrer dans toute sa gloire (il venait de Dieu et il allait à Dieu), mais Il ne nous sépare pas de Lui-même. «Vous êtes nets», dit-il aux siens. Et s’il y a des souillures contractées du fait de la marche, le voilà qui lave leurs pieds. C’est une scène merveilleuse. Il est trahi, il ne se retrouvera plus à table avec ses disciples, il quitte ce monde. Ce serait donc la séparation complète, éternelle, entre Christ et l’homme, à cause de cette trahison ? Loin de là, il vient s’occuper d’eux, de leurs misères, de leurs pieds souillés, il veut que rien de souillé ne s’attache à eux, parce qu’il les veut dans la gloire où il va entrer. Rien ne doit rester, des suites de la marche ici-bas, qui contredirait le caractère du ciel. Il faut que les siens aient une part avec lui, son coeur ne peut être satisfait à moins. Eh bien, je le répète, c’est la trahison de Judas, c’est le déploiement de la puissance de Satan, propres en apparence à nous séparer de Jésus, qui aboutissent à cette précieuse révélation. C’est ainsi que Dieu intervient dans les choses de ce monde, pour que brillent toute la clarté et toute la perfection de cet amour actif, qui travaille à l’accomplissement de ses desseins éternels de grâce, en se servant même des efforts de l’adversaire.

Votre repos, c’est d’arrêter nos coeurs sur Celui qui nous révèle toute cette bonté de Dieu. Si d’un côté je vois la séparation complète entre le coeur de l’homme et la pureté du ciel, je vois en même temps Jésus qui me rend propre pour le ciel. Je trouve le bien en présence du mal, et d’autant plus abondant que le mal abonde. La pensée même du mal ne peut envahir le coeur quand il saisit que plus il se manifeste, plus la grâce de Jésus le domine. Que Dieu nous enseigne à étudier toujours plus ce que Jésus a été, et que nos coeurs se nourrissent de sa précieuse personne !

 

 

 

12         Méditations de J. N. Darby    Jean  13:1

n°157 : ME 1906 p. 453

Il est évident que Jésus s’adresse ici particulièrement à ses disciples, mais ce que ce verset nous présente attirera à Lui toute âme dans laquelle le Saint-Esprit agit. La seule chose qui attire le pécheur et lui inspire confiance, c’est ce qui est en Jésus, comme nous le trouvons dans ce verset.

Je désirerais vous parler de la constance et de la fidélité de son amour. Rien ne l’a ralenti, ni affaibli. Si nous pensons à ce qu’étaient les trois classes de personnes qui entouraient le Sauveur : ses disciples, ses adversaires et les indifférents, nous trouvons en eux tout ce qui pouvait l’arrêter dans ses desseins d’amour.

Les adversaires sont plus particulièrement les enfants du diable. Ayant vu que le Seigneur Jésus venait revendiquer le royaume afin de régner sur toutes choses, ils disent : «Nous ne voulons pas que celui-ci règne sur nous». On trouve en effet des personnes qui, au fond du coeur, ont la certitude que Jésus est le Christ, et qui ne veulent pas de Lui. Les adversaires peuvent s’emparer des indifférents et les entraîner.

Tout ce qu’il trouvait dans le monde était propre à détourner Jésus de son oeuvre, mais rien ne blesse plus l’amour que l’indifférence. Par nature, nous aimons le péché et nous nous servons de tout ce que Dieu nous a donné, pour satisfaire nos convoitises. Devant cet état déroutant du monde, Jésus dit : «Jusques à quand vous supporterai-je ?» Nous pensons comme Lui, quand nous sommes dans la lumière de Dieu. Mais Jésus a vu toute cette corruption de l’homme, et c’est ce qui l’a poussé à venir en grâce ici-bas. Dieu a vu tout cela ; sa compassion en a pris connaissance. Que rencontre-t-elle ? L’indifférence du coeur. Le coeur de l’homme voit en Jésus quelque chose de méprisable ; il ne veut ni reconnaître son propre état, ni être redevable à Dieu d’en sortir. Rien ne rebute plus l’amour que l’indifférence.

Jésus a rencontré aussi la haine. Tous ceux qui tenaient à ce que Dieu fût absent, pour pouvoir satisfaire leur propre volonté, haïssaient Jésus. Orgueil, conscience, volonté, tout repoussait Dieu. «Ils m’ont vu, et ont haï et moi et mon Père». Il n’y avait rien dans la souillure, dans l’indifférence et dans la haine, qui pût attirer l’amour de Jésus. Il y avait de quoi pousser l’amour au désespoir, de se voir trahi par Judas. Si un seul homme devait nous trahir, nous serions trop occupés de nous-mêmes pour penser à ceux qui ne nous trahiraient pas. Au commencement de sa carrière, Jésus prononce des béatitudes, à la fin, il dit : «Malheur à vous». L’iniquité a abondé, mais alors Jésus fait voir tout son amour et ses disciples même l’abandonnent. N’y a-t-il pas de quoi réduire l’amour au désespoir ? Même ceux qui l’aimaient étaient si égoïstes et si liés par la crainte de l’homme, qu’il était impossible de s’appuyer sur leurs coeurs. Pierre, qui l’aimait, devait le renier. Cela prouve que le coeur de l’homme est tel que, lors même qu’il aime Jésus, ce coeur ne vaut rien. Jésus a dû aimer en présence d’une haine qui ne se ralentissait jamais ; il a dû nous aimer, couverts de souillures, indifférents, ayant en haine la lumière, nous qui, mille fois, l’avons renié. Celui qui se connaît le mieux, peut le mieux savoir que c’est là son portrait. Si vous traitiez un ami comme vous traitez Jésus, l’amitié ne durerait pas une semaine.

Jésus trouvait dans le ciel l’amour du Père, la pureté parfaite ; son amour parfait ne pouvait, par conséquent, s’y manifester. En regard de ce qu’il a quitté, il aime les siens qui sont dans le monde, tels qu’ils sont dans leurs souillures. Il n’en est pas rebuté ; elles sont l’objet de ses compassions ; elles attirent la grâce, car l’objet de la grâce, c’est l’iniquité et le mal.

L’indifférence des siens démontrait pour Jésus l’étendue de leur misère et le besoin qu’ils avaient de Lui. La haine même de l’homme prouvait qu’il était perdu. Dieu est venu chercher l’homme qui était hors d’état même de le chercher. Que de choses il a supportées, que d’indifférence, de trahisons, de reniements ! Néanmoins, rien ne l’arrête, et il a aimé les siens jusqu’à la fin. Il agissait selon ce qu’il y avait dans son coeur, et tout ce qu’il voyait dans l’homme n’était que l’occasion de manifester ce qu’il était.

Jésus fait tout ce qui est nécessaire pour rétablir l’âme dans ses relations avec Dieu. Tout pécheur que vous êtes, la grâce vient vous chercher. La justice et la loi exigent que le mal et le méchant soient ôtés. Jean-Baptiste prêche la repentance, et c’est un commencement de grâce ; mais, de fait, la grâce, loin de dire à l’homme de quitter son état pour venir à Dieu, vient à l’homme dans son péché. Elle pose sa main sur le lépreux pour le mettre en relation avec elle, et afin que Dieu soit beaucoup plus pleinement manifesté que si le péché n’avait pas existé.

La grâce applique l’amour de Dieu aux besoins de notre ruine. Si Jésus a connu la joie du Père et tout ce qui est dans le Père, c’est pour l’adapter aux besoins de l’homme.

Quelle consolation de savoir que Jésus est tout ce qu’il faut pour tout ce que nous sommes ! Cela nous place dans le vrai et nous amène à confesser le mal en nous, au lieu de le cacher : la grâce seule produit la sincérité (Ps. 32:1) et la vérité ; elle nous fait reconnaître que nous sommes faibles, infirmes, que nous ferions exactement ce que Pierre a fait, si nous n’étions pas gardés.

«Jésus aime les siens qui sont dans le monde», à travers leur pèlerinage, leurs circonstances, leur misère, leur égoïsme, leur faiblesse. Tout ce que Satan pouvait faire, tout ce qui était dans l’homme, était propre à empêcher Jésus de l’aimer, d’aimer les siens, et pourtant il les aime jusqu’à la fin.

Pouvez-vous dire que vous avez part à cet amour, que, malgré votre faiblesse, vous avez compris la grâce, la manifestation en Jésus de l’amour du Dieu invisible pour des pécheurs ? Avez-vous reconnu qu’il était nécessaire que Jésus vînt au monde, pour que vous ne soyez pas jetés là où il y a des pleurs et des grincements de dents ? Avons-nous pris notre parti de nous reconnaître tels que nous sommes ? Cela est désagréable et pénible. C’était là l’écharde de Paul, quelque chose qui lui disait sans cesse : Tu es faible. C’est précisément dans ce but que Dieu la lui avait envoyée. Notre chair est-elle assez jugée pour que nous soyons contents que Jésus soit tout et que nous ne soyons rien, et pour que nous nous réjouissions que la manifestation de notre faiblesse soit celle de la force de Dieu pour nous ? Jésus n’a oublié aucun de nos besoins : «Ayant aimé les siens qui étaient dans le monde, il les aima jusqu’à la fin».

 

 

 

 

 

 

13         Méditations de J. N. Darby    Jean  13:1-18

n°148 : ME 1903 p. 416

Nous avons lu ce chapitre plus d’une fois dans nos méditations. Je désire vous parler aujourd’hui, non pas du sujet général, mais de son application. Ce chapitre fait allusion à ce qui avait lieu dans le temple pour les sacrificateurs qui, lorsqu’ils entraient pour le service, se lavaient les mains et les pieds dans la mer d’airain. Nous sommes appelés à nous laver les pieds les uns aux autres ; il s’agit d’un service de grâce. De son côté, le Seigneur Jésus lui-même l’accomplit envers nous ; cela a lieu dans la conscience. Ce que Jésus fait ici en figure, il le fait réellement en nous. Il est venu par l’eau et par le sang, pour purifier et expier. Il n’est pas question dans ce chapitre du sang de l’expiation, mais de l’eau de la purification. Jésus purifie son Église et les saints individuellement, par le lavage d’eau, par la Parole. Jamais celui qui est purifié par le sang ne peut en avoir besoin de nouveau ; mais le Saint-Esprit agit dans le coeur pour le purifier par l’eau, c’est-à-dire par la Parole.

La position que Jésus prend ici nous montre que la source de toute humilité est dans la conscience de nos privilèges et de notre exaltation. Ce n’est pas loin de Dieu qu’on trouve l’humilité, ni quand on est abaissé, qu’il y a de l’humilité à l’être. Un ver n’est pas humble, parce qu’il ne prétend pas être un homme. Celui qui est élevé peut seul descendre et s’humilier. La seule manière de marcher avec humilité, c’est d’être près de Dieu. Ce n’est qu’alors que nous pouvons exercer la grâce envers les autres, agir envers eux en charité et nous occuper de leurs misères selon cette grâce. Lorsque je suis près de Christ et que je sens ce qu’est le péché, j’ai horreur de voir du péché en quelqu’un que Jésus aime ; je comprends le contraste entre ce que Jésus est et ce qu’est mon frère. Cela me donne une angoisse pleine d’amour pour ce dernier, parce que je comprends la peine que son péché occasionne au Seigneur. Impossible que nous puissions sentir ces choses quand nous sommes loin de Lui. Laver les pieds de nos frères est nous occuper de leurs misères dans le sentiment de ce que Jésus est, et de ce qu’il éprouve.

Cette communion où l’on réalise, les richesses de la grâce de Jésus, donne la grâce. On est sensible au mal ; il est jugé, même dans notre propre coeur ; on est dans l’humilité, tandis que l’humiliation est produite par la conscience du mal en nous. C’est quand toute la grâce coule dans mon âme, que je vois une tache ou une souillure aux pieds de mon frère. En jouissant de la communion de Christ, je juge tout ce qui est contraire à sa grâce.

La puissance de cette communion se manifeste dans la vie, dans la conduite ; on traverse même l’affliction selon la puissance de Dieu ; dans tous ces cas, le malin ne nous touche pas. Ce n’est pas une joie légère et bruyante qui ne juge pas le mal, mais une proximité de Dieu qui garde l’âme dans la communion. Le péché est une chose entièrement jugée ; le résultat est l’humilité. Près de Dieu, on n’a pas besoin d’être orgueilleux ; on est trop heureux de la gloire de Dieu, pour désirer de la gloire pour soi-même. La position de Christ consistait à être assez près de Dieu pour être entièrement humble ; assez près de Dieu, pour s’occuper de tout son peuple selon l’activité du Saint-Esprit. Le chrétien peut trouver la grâce qui est en Jésus, parce qu’il a lui-même les pieds lavés. Mais il ne doit pas s’en contenter ; il est aussi appelé à laver les pieds de ses frères, et c’est pour cela qu’il lui faut la proximité de Jésus et la plénitude de sa grâce. Nous goûtons cette grâce ; nous désirons y participer ; elle nous rafraîchit et nous fortifie, et nous met en état d’agir selon elle envers les autres.

Ce que nous avons à désirer et à chercher, c’est que nos âmes soient en communion immédiate avec le Seigneur, familières avec ses grâces. Si je comprends sa patience, sa bonté, je saurai mieux juger dans mon coeur les racines et les principes du mal. Nous devons désirer avoir les coeurs où tout soit jugé en relation avec les détails de la grâce de Christ.

Quand nous sommes en communion avec Lui, nous ne pouvons nous contenter de voir nos frères n’être pas dans ce même état. Cette communion donne à l’âme la puissance de l’amour ; c’est là ce qu’on trouve dans le coeur de Christ. Il ne peut se contenter de voir les siens avec des pieds souillés, et si nous jouissons de sa communion, nous avons à coeur ce qu’il a lui-même à coeur.

Est-ce là notre état ? Nos âmes, pleines de la grâce de Christ, soupirent-elles après la manifestation de cette grâce dans tous nos frères ? Loin de Lui, il nous est facile d’exhorter, c’est-à-dire de voir le mal et de le juger ; près de Lui, il y a assez de grâce pour porter remède à tout le mal qui se trouve en nous et chez les chrétiens autour de nous. S’il en est ainsi, il sera porté remède au mal. Jésus est une source de grâce plus puissante que toutes les sources de souillure que Satan et le péché ont introduites dans le monde.

La clef de tout cela, c’est la réponse de Jésus : «Si je ne te lave, tu n’as pas de part avec moi». L’objet de tous nos désirs est d’avoir part avec Lui ; et personne ne peut avoir cette part, s’Il ne le lave pas selon la pureté de l’eau qui a découlé de son côté percé.

 

 

 

 

 

14         Méditations de J. N. Darby    Jean  13:1-32

n°129 : ME 1901 p. 53

J’ai à coeur de vous présenter les caractères divers de Pierre, de Jean et de Judas, au moment où le Seigneur fut trahi.

Nous avons parlé plus d’une fois de la nécessité d’être lavés par Jésus lui-même, et de cette grâce par laquelle le Seigneur s’humilie pour rester toujours notre serviteur, occupé à laver nos pieds. Christ agit en humilité et dans la conscience de toute la gloire qui Lui appartient. La place qu’il prend, quoique le Père Lui au mis toutes choses entre les mains, est celle de serviteur pour nous. Il n’oublie jamais ce qui est encore plus élevé que la gloire, l’amour, amour qui l’engage à s’occuper de nos souillures, ce qui est le plus humiliant exercice de l’amour. Jésus seul a les yeux assez purs pour discerner la moindre souillure et assez d’amour pour la laver. C’est ce qu’il fait aussi maintenant qu’il est entré en possession de la gloire. Nos misères et nos fautes, du moment qu’il y a chez nous une véritable humiliation, sont un chemin — triste chemin, en vérité — qui nous conduit à comprendre l’amour de Jésus. Il possède la gloire, mais il est amour et ne peut, dans la gloire, abandonner le service de l’amour.

En présence de cette grâce et de cet amour, nous voyons ce que sont ses disciples.

Judas est l’exemple le plus triste de la carrière du péché. La Parole nous présente ici le péché qui est en nous tous, dans ses résultats les plus frappants, afin que, les voyant, nous en fuyions les causes. Les enfants de Dieu seuls ont la spiritualité qui peut profiter même de l’exemple des réprouvés, exemple qui ne peut être profitable qu’à eux, parce que seuls ils peuvent discerner les mêmes choses dans leur propre coeur.

Je ferai remarquer trois points dans le cas de Judas.

1° L’avarice, l’amour de l’argent, qui peut être accompagné d’une apparence de dévouement. Judas avait en outre la profession de disciple. Le mal, pendant longtemps, ne produit, chez lui que de petits effets : il volait les sommes qui lui étaient confiées. La convoitise était là, et Satan l’emploie pour lui faire commettre le plus affreux péché possible. L’amour de l’argent est encore plus mauvais dans le coeur d’un enfant de Dieu, que dans le coeur de Judas. Si un chrétien aime mieux deux écus qu’un seul, il est animé du même principe qui fit agir ce traître. Le monde approuve une convoitise honnête qui est beaucoup plus difficile à atteindre ; mais ce péché sépare de Dieu autant que toute autre chose. En Judas, c’était la source du mal.

2° Judas ayant connu Jésus selon la chair et vu sa bonté, sa patience, ses miracles, Satan lui suggère de trahir le Seigneur. Sauf dans le cas d’Adam, chez lequel le mal entre quand il écoute Satan, ce dernier ne produit pas en nous la convoitise ; elle existe et il agit par elle. Il présente l’occasion de gagner de l’argent en vendant le Maître, et emploie la foi extérieure de Judas pour lui faire croire que Jésus saura bien échapper. Judas aveuglé, ne voit les conséquences du mal qu’après la condamnation de Jésus. C’est le second pas : Satan suggère quelque chose qui correspond à notre convoitise.

3° Jésus agit en grâce : il lave les pieds de Judas et lui donne le morceau trempé. Il n’y a rien comme l’hypocrisie pour ouvrir le coeur de l’homme à Satan. Judas était hypocrite ; il avait le dessein de trahir son Maître et néanmoins il mange avec Lui comme si de rien n’était. Satan entre dans son coeur et endurcit sa conscience. Dès lors tout est fini. Jésus ne l’engage pas à ne pas faire ce qu’il fait ; il peut désormais le trahir par un baiser, parce que ce coeur que Satan occupe est désormais garanti contre l’effet naturel des affections. C’est l’endurcissement parvenu au dernier degré, car le coeur naturel n’en arrive pas toujours là. Telle est l’influence de la présence de Satan dans le coeur de l’homme placé devant la grâce. Si cette dernière ne touche pas le coeur, elle l’endurcit.

On voit chez les autres disciples une grande ignorance, mais aussi une grande défiance d’eux-mêmes, unie à une grande confiance dans la parole de Jésus. Ils étaient en perplexité pour savoir qui le trahirait et demandent : «Est-ce moi ?» Leur confiance en la parole du Seigneur manifestait que leur coeur n’était pas endurci ; ils craignaient que cela ne fût vrai d’eux-mêmes. Les avertissements de la Parole produisent le même effet sur des coeurs chrétiens. Mais Jésus gardait ces coeurs humbles qui se défiaient d’eux-mêmes. Cette défiance est entretenue par l’amour ; si nous avons de l’affection pour quelqu’un, nous craignons de faire quelque chose qui ne l’honore pas.

Mais une forte affection pour le Seigneur ne suffit point. Pierre l’aimait beaucoup ; il avait un esprit ardent qui s’intéressait directement à Lui. Cependant il s’adresse à un autre pour savoir de qui Jésus avait parlé, parce que ce disciple que Jésus aimait était dans son sein. Pierre n’avait pas l’habitude d’y être et ne s’y trouve pas dans cette occasion. Jean y était comme à sa place naturelle, la plus près possible du Seigneur, une place où l’on trouve l’intimité de ses pensées. On ne peut pas instantanément connaître les pensées de Christ ; il faut être habituellement dans son sein. Ce n’était pas seulement au moment du souper que Jean jouissait de cette intimité ; elle lui était habituelle ; aussi le Seigneur lui répond-il, et il y a de la bénédiction pour tous. L’affection de Pierre ne suffit pas pour recevoir cette communication.

Il résulte de ce que nous venons de dire qu’il y a trois pas dans le bien.

l° La confiance dans la parole de Jésus et la défiance de soi-même. Lorsque cette parole nous présente le péché, le vrai chrétien se défie de lui-même et craint de déshonorer le Seigneur. Que Dieu nous fasse la grâce d’avoir une telle affection pour sa gloire, que nous ayons cette même crainte du mal.

2° Une affection sincère et ardente pour Jésus qui ne peut être satisfaite si tout n’est pas mis au clair. C’est le cas de Pierre.

3° La communion habituelle avec le Seigneur, nous donnant la connaissance de ses pensées. C’est le cas de Jean.

Le Seigneur Jésus a autant de coeur que de connaissance. Du moment que Judas est sorti, il ne voit que le résultat de ce que Judas allait faire et dit : «Maintenant le fils de l’homme est glorifié». C’est quand le mal est à son comble que le second Adam glorifie Dieu et est glorifié. Si l’oeuvre du premier Adam a déshonoré Dieu en présence de Satan et des anges, celle du dernier Adam l’a pleinement honoré. La gloire était donc due au Seigneur comme homme, parce que, dans la nature humaine, il a parfaitement accompli la gloire de Dieu lui-même.

Que Dieu rende ces exemples précieux à nos coeurs, afin que nous évitions dans notre marche le mal et tout ce qui pourrait contrister notre Sauveur bien-aimé.

 

 

 

 

15         Méditations de J. N. Darby    Jean  13:3-19

n°5 : ME 1886 p. 96

Jésus garde toujours le caractère de serviteur. Dans ce passage, il rend à ses disciples le service le plus vil, celui d’un esclave à la réception d’un hôte. Comme l’amour du Père ne cesse jamais à notre égard, de même, par amour, le Fils est notre serviteur à toujours. Il est dans la gloire ; il y a une inconséquence apparente entre l’idée de Dieu et celle de serviteur, entre l’idée de gloire et celle de service. S’humilier était la seule chose nouvelle pour Dieu ; ici, il le fait à l’égard des siens, encore dans le monde, encore ignorants et privés d’intelligence pour comprendre les discours de Jésus et ce qui se passait dans son coeur. L’amour de l’homme a pour objet ce qui attire l’amour, mais Dieu aime parce qu’il est amour ; il aime à cause de ce qui est en lui, il aime par sa nature. Jésus aima jusqu’à la fin les siens qui étaient dans le monde. L’amour de Christ pour nous, le porte à s’humilier et vient s’appliquer à nous dans nos misères. Mais cette humiliation du Seigneur manifeste Judas, car la présence du bien met le mal en lumière.

1° Judas aimait l’argent. 2° Satan lui offre l’occasion de satisfaire cette convoitise. 3° Satan lui endurcit la conscience. Il met au coeur de Judas de trahir Jésus ; il n’y met pas la convoitise, mais il donne à cette convoitise une pâture.

C’est à la vue de tout cela, en présence de cette contradiction de la part des pécheurs et de la gloire qui était devant lui, que Jésus se fait le serviteur de ses disciples. Se ceindre est un signe de servitude ; car il fallait se ceindre pour travailler. Jésus a dû non seulement servir Dieu et se présenter devant lui pour nous, mais aussi s’occuper de nous pour nous laver les pieds. Il y a deux choses dans l’enfant de Dieu : 1° Sa perfection en Jésus : «Comme il est, lui, nous sommes, nous aussi dans ce monde». 2° Nous sommes, ici-bas, au milieu de faiblesses et de misères, et le Seigneur s’occupe de nos souillures, et bien que dans la gloire, Jésus se fait encore serviteur dans ce but.

Le chrétien doit chercher la dernière place, mais il ne peut l’occuper ; Jésus y est déjà. Le serviteur qui, par amour pour son maître, sa femme et ses enfants, ne voulait pas sortir pour être libre, et avait l’oreille percée pour être serviteur à toujours, était une figure de Jésus.

Le croyant a d’abord tout le corps lavé d’eau, comme cela se faisait pour les sacrificateurs. C’est l’image de la purification qui n’a lieu qu’une fois et ne se répète plus. Le Seigneur nous lave par la Parole. Étant nés de Dieu, nous sommes nets ; mais Jésus lave constamment nos pieds des souillures que nous contractons dans le monde ; il est sacrificateur pour cela. De quelle manière ce lavage a-t-il lieu ? Par la Parole, le Seigneur nous montre nos souillures et les place sur nos consciences. Le Saint-Esprit nous les fait voir, comprendre, haïr, par leur contraste avec le Seigneur Jésus et en nous le montrant. Nous n’avons donc pas besoin d’être consacrés et purifiés de nouveau ; mais il nous faut toujours le lavage des pieds, quand ils ont été souillés par leur contact avec le monde. Il en était de même du sacrificateur qui devait se laver les pieds toutes les fois qu’il entrait dans le lieu saint.

L’amour s’humilie toujours ; si nous le faisons pour ceux que nous aimons, à bien plus forte raison le Seigneur Jésus l’a fait pour nous.

 

 

 

 

16         Méditations de J. N. Darby    Jean  14 :  La Vraie Piété

n°249 : ME 1935 p. 229

Il y a dans ce chapitre deux choses distinctes : la position dans laquelle Dieu, dans ses conseils de grâce, nous a placés, et ensuite notre condition présente ici-bas. Il est important pour nos coeurs qu’ils saisissent ces deux vérités et la différence qui les distingue.

Lorsqu’on n’a pas compris l’affranchissement, on risque de considérer la piété comme moyen d’arriver à la connaissance de Christ, au lieu qu’elle découle de cette connaissance de ce qu’est le Seigneur pour nos âmes. Nous ne pouvons être davantage approchés de Lui que nous le sommes, car «il a souffert une fois pour les péchés, le juste pour les injustes, afin qu’il nous amenât à Dieu» (1 Pierre 3:18). Nous sommes même «assis dans les lieux célestes en Lui» (Éph. 2:6). Le Saint Esprit nous a été donné et nous sommes scellés comme étant à Christ, et, de ce fait, nous sommes devant Dieu dans la perfection même de Christ. Lui a pu s’asseoir parce qu’il a achevé son oeuvre à la satisfaction de Dieu, et nous sommes assis en Lui. Il est notre sacrificateur en ce qu’il présente à Dieu pour nous une justice qui convient à Dieu.

Bien des âmes s’exercent à la piété en vue de gagner le ciel ; mais, si nous croyons, nous y sommes déjà. Jésus était dans le Père (v. 10), et nous sommes en Lui, et Lui est en nous. Nous sommes bien-aimés de Dieu et nous lui sommes rendus agréables en Jésus, le Bien-aimé (Éph. 1:6). Si une telle position est ainsi acquise aux croyants, quel est donc le caractère de la piété ? Elle n’est pas un moyen d’acquérir la faveur de Dieu, mais elle est la conséquence de cette faveur connue et appréciée de l’âme. Jésus nous donne la paix dont il a joui ici-bas, Lui qui était agréable au Père, et dont c’étaient les délices d’accomplir la volonté de Dieu. Il a été tenté en toutes choses comme nous à part le péché, mais sa communion avec son Père et sa paix étaient parfaites ; et il nous a laissé cette paix qui est la racine de la piété. La piété du croyant découle, non seulement de ce qu’il se sait sauvé par Christ, mais encore de ce que Jésus l’a placé, dès ici-bas, dans la même relation avec le Père dont il jouissait Lui-même. La joie de nos âmes est en rapport avec la connaissance de cette vérité. L’amour du Père pour Jésus est aussi notre portion : «Et je leur ai fait connaître ton nom, et je le leur ferai connaître, afin que l’amour dont tu m’as aimé soit en eux, et moi en eux» (Jean 17:26).

C’est là que commence la responsabilité du chrétien. Celui qui dit demeurer en Lui, doit marcher comme il a marché. «Celui qui a mes commandements et qui les garde, c’est celui-là qui m’aime» (Jean 14:21). Ses commandements sont les communications qu’il a faites aux siens de la part de son Père. Il était la vie, et chacun de ses commandements était l’expression de cette vie, mais n’était pas donné comme moyen de l’obtenir. Si nous aimons le Seigneur, la manifestation de cet amour, c’est que nous gardons ses commandements. Un enfant, s’il est affectueux pour son père, sera attentif à connaître ses pensées, sinon il ignorera tout ce qui peut plaire au coeur de son père.

Ce qui satisfait le coeur et apporte la joie à l’âme, c’est que Jésus se manifeste à elle : «et moi je l’aimerai et je me manifesterai à lui» (v. 21). Dieu veut qu’il y ait en nous la réalisation de notre union avec Christ, que Jésus habite en nous par la foi, et ce qui nourrit la piété c’est qu’il se manifeste à l’âme. Le repos du coeur en est la conséquence parce qu’on trouve en Jésus tout ce qu’il faut, la réponse à tous les besoins : en le possédant je possède tout. Plus il est révélé à mon coeur, plus je désire le posséder en marchant personnellement dans l’obéissance à ses commandements. C’est une affaire individuelle ; il y a une action positive du Seigneur à l’égard de celui qui fait ainsi, car Jésus ajoute : «Je me manifesterai à lui» (v. 21). Nous lisons ensuite au verset 23 : «Si quelqu’un m’aime, il gardera ma parole, et mon Père l’aimera ; et nous viendrons à lui, et nous ferons notre demeure chez lui». Si je garde sa parole, c’est-à-dire sa pensée, non seulement Christ sera ma force, mais encore je jouirai de sa communion et de celle du Père. Garder la parole d’une manière légale ne procure rien à l’âme, mais si mes affections sont en exercice, l’amour pour Christ est le mobile de mon attachement à la Parole ; alors il se révèle à moi d’une manière intime, il me remplit de son amour, de sa force, il me fait jouir de sa gloire, et me rend capable d’être en bénédiction à d’autres.

Voilà la vraie piété : c’est la manifestation de Jésus dans une âme dans laquelle le Père et le Fils demeurent. Les commandements de la loi disaient à l’homme : Fais cela et tu vivras. Jésus dit au contraire : Parce que je t’ai donné la vie je veux que tu marches avec moi. Si nous gardons ses commandements nous portons les fruits de l’Esprit ; autrement l’Esprit est contristé et la communion est perdue. La joie et la force de la piété se puisent dans la marche individuelle avec Jésus.

 

 

 

17         Méditations de J. N. Darby    Jean  14:15-21

n°104 : ME 1897 p. 77

Il y a de la ressemblance entre ce qui a été dit au peuple juif, ce que le Seigneur nous dit ici, et ce que Paul dit en plusieurs endroits.

«Je prierai le Père, et il vous enverra le Consolateur». Cet envoi du Saint-Esprit est un très grand encouragement pour le fidèle et un grand reproche d’amour pour notre coeur qui ne produit pas les fruits que la présence du Saint-Esprit doit produire. Au milieu de la plus grande ruine, on ne peut pas nous priver de cette promesse de Dieu : L’Esprit «demeure avec vous», car elle n’est pas incompatible avec la ruine absolue de l’Église.

Jésus, au moment de quitter les siens, leur promet un autre Consolateur que lui-même. Jésus ne devait pas demeurer éternellement avec l’Église, mais il dit du Saint-Esprit : «Le Père vous donnera un autre Consolateur pour être avec vous éternellement». Ce Consolateur ne nous a jamais quittés. Jésus sur la terre a été présenté au monde pour être reçu, mais, quant au Saint-Esprit, le monde ne peut pas le recevoir, et tout effort pour le faire recevoir du monde est contraire à la déclaration de Jésus. Toute grâce, tout ce qui selon Dieu est aimable, pur et juste, découle du Saint-Esprit, et le monde ne peut le recevoir, tandis que ceux avec lesquels le Saint-Esprit demeure le connaissent. Il est avec nous et se fait connaître à nous et non pas au monde. C’est à la suite de cela qu’on garde la parole de Jésus, et que le Père et le Fils viennent faire leur demeure chez nous. C’est l’inverse de ce qui est dit au commencement du chapitre : Il y a des demeures pour nous dans la maison du Père ; en attendant, le Père demeure en nous.

«Parce que moi je vis, vous aussi vous vivrez». Si Jésus pouvait mourir, nous le pourrions aussi. Jésus reproche à Philippe de ne pas avoir compris et connu qu’il était dans le Père et le Père en lui ; mais en ce jour-là, quand le Saint-Esprit sera donné, dit-il, vous connaîtrez sans incertitude l’unité du Père et du Fils et de plus, tout aussi bien, l’unité du Fils et de l’Église. Le don du Saint-Esprit est une base assurée de toute bénédiction. Le monde n’en sait rien et ne peut le savoir ; tout ce qui constitue la bénédiction entre Dieu et les fidèles n’existant pas pour le monde.

La jouissance de la présence du Consolateur et sa manifestation dépendent de l’obéissance pratique. C’est pourquoi l’on peut voir la plus grande ruine à côté de l’immuable fidélité de Dieu. Un seul mal non jugé peut mettre en ruines l’assemblée de Dieu. En Deut. 29:18-23, il n’y avait qu’une racine d’amertume en Israël et tout le peuple était faible et souillé. Aussi «tout son sol n’était que soufre et sel, un embrasement, comme la subversion de Sodome et de Gomorrhe». Si le chrétien ou l’assemblée admettent un seul péché, le Saint-Esprit est contristé, et l’âme est affaiblie à tous égards. Moïse savait qu’après sa mort Israël ne manquerait point de se corrompre, mais que la fidélité de Dieu ne manquerait jamais (Deut. 31:29).

C’est exactement aussi ce que Paul dit de l’Église (Actes 20:29-31). On voit la même chose au livre d’Aggée 2:3-5. L’Esprit de Dieu ne peut quitter l’Église, mais si le peuple de Dieu rejette l’Esprit, tout est ruiné. C’est une chose très sérieuse pour nous, de voir que la présence de Dieu avec nous est compatible avec l’état de ruine de l’ordre de choses où nous sommes.

Mais nous avons le privilège d’être le témoignage de Dieu dans le monde et d’y remplacer le Seigneur Jésus. Il n’y aurait que le seul Élie de fidèle en Israël, que ce serait un grand privilège d’être ce témoin-là au milieu de l’infidélité générale. La présence de Dieu dans sa maison y apporte des affections douces et aimables, et c’est notre privilège de jouir tellement de cette présence au milieu de nous, que nous soyons un témoignage au monde du bonheur que Dieu peut donner à son peuple.

 

 

 

18         Méditations de J. N. Darby    Jean  14:15-31 :  Je vous laisse la Paix

n°252 : ME 1948 p. 137

Au commencement de ce chapitre, le Seigneur avait présenté à ses disciples plusieurs motifs de n’être pas troublés pendant son absence. Ces motifs étaient des promesses très précieuses, telles que : «Je vais vous préparer une place». Il leur faisait aussi comprendre que le voyant, Lui, ils avaient vu le Père ; Il les délivrait ainsi de toute recherche, et de toute anxiété. Puis Il leur annonce que le Consolateur viendra sur eux, et qu’ainsi ils ne seront plus orphelins. Jésus donc leur disait des paroles consolantes et encourageantes pour leur marche ici-bas. Il ajoute quelque chose d’encore plus précieux ; Il dit : «Je vous laisse la paix ; je vous donne ma paix ; je ne vous donne pas, moi, comme le monde donne». Celui-ci ne donne jamais la paix de Jésus, et il ne le peut pas, puisqu’il ne la possède pas.

La première chose qu’il y a à remarquer, c’est que la paix dont Jésus parle ôte toute agitation et toute crainte : «Que votre coeur ne soit pas troublé, ni craintif». Il n’y a point de paix là où il y a de l’agitation.

Remarquons aussi que pendant que Jésus était ici-bas, jamais Il n’avait parlé de paix. Il avait dit aux disciples, effrayés de le voir marcher sur l’eau : «C’est moi, n’ayez point de peur» — , et en les envoyant sans argent et sans sac : «Ne craignez pas», car Il les pourvoyait de tout ; mais jamais Il ne leur avait parlé de paix ; c’est seulement quand Il vient au milieu d’eux, après sa résurrection, qu’Il dit : «Paix vous soit». C’est là une paix parfaite qui ne pouvait pas se trouver dans une âme avant le départ de Jésus pour le ciel. C’est pourquoi Il n’en parle pas plus tôt. Il y a deux choses à noter : d’abord que c’est sa paix ; ensuite que c’est la même paix dont Il a joui pendant qu’Il était dans le monde, au milieu de toutes les difficultés et de toutes les douleurs. Il est évident que dans le ciel il y aura la paix ; mais c’est ici-même, au milieu de tout ce qui est de nature à ébranler cette paix, que Jésus nous la laisse ; rien ne peut la détruire. C’est de sa bouche même que sort cette consolante parole : «Je vous laisse la paix». Vous allez être seuls au milieu du mal, comme des brebis au milieu des loups ; pour sauvegarde je vous laisse ma paix.

Pour posséder cette paix, il faut d’abord avoir celle du coeur. Il faut avoir compris que le péché n’est plus imputé, et de plus avoir une pleine et entière confiance en Dieu lui-même. Il faut que le coeur et la conscience réalisent ce que Dieu est pour nous, et qu’il n’y a pas en Lui d’autre pensée que celle de nous bénir. La paix est faite entre nous et Dieu par Jésus Christ, d’une manière parfaite, car Dieu ne peut pas faire quelque chose qui soit imparfait.

Pour que nous soyons en paix, il faut que nous puissions dire sans réflexion, sans hésitation : Dieu est pour moi. Il y a des personnes qui disent : oui, la paix est parfaite, et qui n’osent aller plus loin. Nous savons que Dieu est amour ; mais Lui veut que nous sachions que nous sommes les objets de son amour. Ainsi pour connaître ce qui vaut la peine d’être appelé paix, il faut connaître Dieu. On peut avoir de la joie en pensant à l’efficace du sang de Christ, mais cela ne dure pas tous les moments. Il faut de plus que nous ayons la conscience que toute la pensée de Dieu est de nous bénir ; alors nos relations avec Lui dépendront, non de ce que nous sommes, mais de ce qu’Il est. Voilà la vraie paix. Mais quelle était sa paix, à Lui Jésus ? N’était-ce pas toujours la connaissance de ce que Dieu est ?

Il avait à supporter la contradiction des hommes et celle de Satan, et bien d’autres choses encore, mais cela ne changeait rien en Dieu pour Lui ; cela changeait les circonstances ici-bas à son égard, mais cela ne touchait en rien à la source de sa joie. Il faut que nous désirions que Dieu soit toujours tel envers nous, c’est-à-dire amour.

Pour avoir la paix, il faut que nous n’ayons point d’autre désir que celui d’être aimés de Dieu ; si notre coeur a envie de quelqu’autre chose, être aimés de Dieu ne serait plus notre paix, car si notre coeur ne désire pas d’une manière pratique l’amour de Dieu, la simple connaissance de cet amour de Dieu ne suffit pas. Tout le désir de Christ était de plaire à son Père ; Il ne cherchait que cela et tout le reste Lui était assuré. Il en est de même pour nous ; il se peut que le désir de plaire à Dieu se trouve en nous, au milieu de beaucoup de luttes et de tentations ; mais enfin s’il y est, il y a paix ; tandis que si notre volonté garde quelque chose de contraire à Dieu, il n’y a point de paix au milieu de toutes les tentations que nous présentent Satan et notre propre coeur ; rien ne nous trouble si nous sommes sincères dans notre désir de faire la volonté de Dieu.

«Je ne vous donne pas, moi, comme le monde donne». C’est d’un principe que Jésus veut parler ici. Il n’est pas dit : «comme le monde la donne», mais «comme le monde donne». Si quelqu’un du monde donne, il donne le plus souvent de son superflu, et ce qui arrive toujours c’est qu’il reste donateur au-dessus de l’obligé ; mais Jésus s’est donné lui-même, c’est-à-dire qu’Il veut que nous soyons dans la même gloire que Lui. Voilà comment Christ donne ; le monde ne peut pas donner ainsi.

Nous avons des chagrins, des luttes, mais nous aurons la paix dans toutes ces choses, si Christ est l’objet de notre désir ; et même dans les difficultés nous le trouverons plus près de nous que dans d’autres moments ; Il est évident que Dieu nous veut toujours heureux, et point agités ni craintifs. Il n’est plus question de savoir si nous n’aurons plus de combats, ni de tentations, car ces choses auront lieu jusqu’à la fin, mais si nous avons la paix, même dans ces difficultés ; ce ne sont pas les circonstances qui nous empêchent d’être heureux ; ce qui nous manque c’est Christ. Si malgré cela, nous sommes agités et craintifs, c’est qu’il manque quelque chose à notre confiance. C’est la puissante énergie du Saint Esprit qui révèle Christ, et l’amour parfait que Dieu nous a donné en Jésus. Occupons-nous de Christ et non de nous-mêmes et de nos difficultés, car en nous occupant de la chair nous ne nous faisons pas de bien. Si nous avons une tentation quelconque, ne pensons pas à nos luttes et à nos combats, mais à Celui qui peut les vaincre en attirant à Lui notre coeur ; alors nous serons délivrés, et nous trouverons en Jésus ce qu’il faut pour nous rendre capables de jouir de cette paix qui surpasse toute intelligence ; tout devient bonheur parce que Dieu est avec nous et que son amour est versé dans nos coeurs par le Saint Esprit. Nous sommes alors dans cette position qui faisait dire à Paul prisonnier : «Plût à Dieu que tous vous devinssiez tels que je suis, hormis ces liens».

 

 

19         Méditations de J. N. Darby    Jean  14:20-31    «Nous Viendrons à Lui»

Genève 1850    n°237 : ME 1928 p. 348

Le verset 20 de ce chapitre est de toute importance pour nous. Il nous parle de la connaissance intime, non pas de notre salut, mais du fait que Jésus est en nous, et nous en Lui. Une telle connaissance est le fruit du Saint Esprit dans l’âme. Il y a beaucoup de choses qui se passent dans l’âme en vertu de la présence du Saint Esprit, et si je perdais la conscience de cette présence, ce serait la preuve que chez moi quelque chose n’est pas en ordre. Cette conscience, c’est d’être un avec Jésus ; il est notre seul partage ; c’est le grand principe de notre sanctification. Cette union avec Christ, est une connaissance dont on jouit, bien plus qu’une doctrine. Elle agit puissamment sur nos âmes pour leur donner la paix, le calme et la confiance. Elle influe même sur nos prières.

Ayant par l’Esprit la conscience de la présence de Dieu, je ne lui demande pas qu’il m’approche de Dieu ; mais je Lui expose tous mes besoins. Cela produit chez moi, non la joie bruyante du salut, mais la joie calme de quelqu’un qui est sauvé, et introduit dans la présence de Dieu, avec un coeur habitué à sa présence, et jouissant de son intimité. En un mot c’est la familiarité avec la maison, et non la joie inattendue de s’y voir introduit. Nos coeurs déjà introduits devant Dieu, et un avec Jésus, jouissent en paix de leurs rapports familiers avec Dieu. Il n’y a pas ici un effort pour s’approcher de Lui, mais la jouissance de Son intimité.

Jude ne comprenait pas cela (vers. 22), ni comment Jésus se manifestait aux disciples et non pas au monde. Le Père a un autre amour que celui qui sauve le pécheur, c’est l’amour qu’Il ressent pour son enfant, et même un amour qui trouve en lui quelque chose d’agréable. Un père connaît les besoins de son enfant, et agit d’après ces besoins sans même que l’enfant les manifeste. Si l’enfant se conduit mal, Dieu l’aime malgré ses fautes ; s’il marche selon le coeur du Père, ce dernier prend plaisir à ses voies. Ce qui est agréable au Père, ce qui attire Son coeur, c’est que nous gardions les paroles de Jésus et que nous les aimions. Le Père a mis Jésus à la première place, Il l’aime, et Il aime ceux qui écoutent ses paroles, ceux qui prennent part à son humiliation, et, en un mot, qui l’aiment. Il prend plaisir en eux. Sentir l’affection du Père pour le Fils et être aimé du Père, me tient lieu de tout. Du moment que je plais au Père en écoutant la parole du Fils, je suis entré dans un secret que le monde ne peut connaître et dont il ne peut me priver. Il y a des joies infinies en Sa présence. Ce n’est pas un raisonnement qui démontre que le monde n’est rien ; c’est un système d’affection en dehors du monde. Quel bonheur d’être introduit dans cette région d’affection où le Père aime le Fils et ceux qui gardent la Parole du Fils. «Nous viendrons à lui».

Un père et une mère ont une affection commune pour un objet commun. Le Père nous aime parce que nous lui sommes précieux comme rachetés au prix du sang de Christ. Le Fils nous aime et s’est donné pour nous. Il dit : «Nous viendrons à lui». Nous sommes l’objet commun de cet amour du Père et du Fils. Nous partageons l’intérêt commun du Père et du Fils, et c’est un nouveau système de vie, d’affection et de pensées. Le Saint Esprit nous y introduit et il sait demeurer dans les coeurs simples beaucoup mieux que dans les autres. Cela se rencontre quand on suit Jésus en simplicité, et en comptant sur Lui : être là, c’est pénétrer dans les affections de Dieu.

Si le Père et le Fils viennent faire leur demeure chez nous, est-il possible qu’il n’en résulte pas quelque chose de visible ? n’est-il pas évident que quand le Père et le Fils demeurent dans le coeur, il doit y avoir là une séparation réelle du monde, pour que le coeur jouisse de l’union avec Dieu ? On sent que cela est éternel. Cet amour de Dieu peut-il ne pas être éternel ? Il est l’avant-goût de ce que nous possèderons dans la maison du Père pour toujours. Avant que nous y entrions, le Père demeure en nous. L’éternité de cette joie en augmente le prix.

Quand Jésus nous donne la paix (v. 27), Il se donne lui-même. L’âme n’est ni troublée ni craintive. Elle se sent l’objet des affections du Père et du Fils. Elle a la conscience que Dieu est souverain et qu’Il fait concourir toutes choses au bien de ceux qui l’aiment ; que le Père aime le Fils et que le monde a beau s’opposer et mettre tout en oeuvre contre Lui, Dieu fait tout travailler à la gloire de son Fils. Étant en Jésus, nous sommes déjà là où se trouve le but de Celui-ci. Cela donne de la force dans tous les détails de la vie. Rien ne peut nous séparer de l’amour de Dieu en Christ, car c’est notre tout. Le monde n’a de puissance sur nous qu’autant qu’il en a sur notre coeur, et s’il m’ôte la vie, il ne m’ôte que ce que j’ai déjà donné à Christ ; il ne peut pas toucher à la vie éternelle. Nous sommes parfois troublés par la crainte du monde ; cela montre que nous aimons quelque chose d’autre que le Seigneur Jésus ; déracinez en effet, ce qui, en vous, est du monde ; vous en éprouverez du déchirement ; cela nous rend troublés et craintifs, parce que Jésus n’est pas notre tout. Dieu veut arracher de nos coeurs toutes les choses qui ont leur racine dans le monde, et quand cela est fait nous réalisons tout le bonheur qu’il y a de vivre de foi.

On ne pouvait rien ôter à Jésus, parce que Dieu était son tout. Le chef du monde n’avait rien en Lui ; il ne pouvait donc rien faire contre Lui, ni pour le tenter, ni pour le troubler. Remarquez que c’est à la fin de sa vie dans le monde, que Jésus dit cela. Il avait gardé la Parole de Dieu et avait été parfaitement obéissant. Satan l’avait tenté inutilement, puis l’avait quitté pour un temps. Jésus alors avait chassé les démons et obéi à Dieu en toutes choses. Viennent ensuite les jours mauvais, mais quoiqu’Il ait été éprouvé de toutes manières, nous ne voyons en Lui que l’amour et l’obéissance, et le chef du monde n’a rien en Lui.

Demandons-nous si le désir et le principe de notre vie est de dire : Le chef du monde vient et il n’a rien en moi ! Contemplons ce cher Sauveur ; Lui a pu le dire ; cela attirera sur Lui toutes nos affections, et nous serons transformés à son image, de gloire en gloire.

 

 

 

 

 

20         Méditations de J. N. Darby    Jean 15 : Que votre joie soit accomplie

Genève, mai 1850    n°253 : ME 1949 p. 133

Le Seigneur a en vue pour nous des choses qui vont bien au delà du salut. Il a pourvu à ce que nous n’allions pas en enfer, mais aussi à ce que nous trouvions le bonheur et la joie dans sa communion. Certes, les tentations sont là, mais si nous avons la jouissance de Christ, il y a un bonheur réel dont Jésus connaît la puissance parce qu’il est tout en Lui, et qu’Il veut que nous le réalisions dès ici-bas au milieu des difficultés, et plus tard dans la plénitude. Pour le moment, Il veut que nous ayons déjà une joie parfaite en Lui, une pleine certitude de son amour, et que nos affections et notre être tout entier soient fondés, pour cette jouissance, sur la révélation qu’Il en a faite. L’effet de la révélation de Dieu, c’est que le coeur de l’homme peut refléter la manifestation de Dieu, «la lettre de Christ connue et lue de tous les hommes». C’est ce qui se voyait sur le visage de Moïse, tout illuminé parce qu’il avait parlé avec Dieu, au point qu’il dut mettre un voile sur sa face. Quand on en est là, on ne pense plus à soi, mais on jouit de la communion de Dieu et l’effet en est visible. Voilà ce qu’est un chrétien. Souvent on s’arrête au salut, mais si nous avons la vie de Dieu, nous en aurons les pensées, les goûts, les désirs, et Dieu peut encore nous communiquer bien plus que cela. C’est ce que Jésus nous présente dans ce chapitre. «Je vous ai dit ces choses, afin que ma joie soit en vous, et que votre joie soit accomplie» (v. 11). Dieu veut que selon l’expression de Jésus «Sa joie soit en nous, et que notre joie soit accomplie». Il parle de cela comme étant la portion des disciples dans ce monde ; en effet, c’est ici-bas seulement qu’il s’agit de porter du fruit ; on ne le pourra plus dans le ciel. C’est dans ce monde que Jésus se présentait comme le cep, et dans tout ce chapitre il s’agit de l’état de ses disciples dans le monde.

Nous ne devrions pas nous étonner que Dieu veuille notre bonheur dès ici-bas, et pourtant quelle difficulté n’éprouvons-nous pas, à cause de ce que nous sommes, à comprendre l’amour de Dieu ? Quand nous sommes envisagés comme assis en Christ dans les lieux célestes, il ne peut pas s’agir de nettoyer ou de retrancher les sarments, mais ce n’est pas sous ce point de vue que ce chapitre nous considère. Il prend l’homme tel qu’il est dans le monde. Il était dit dans l’Ancien Testament que Dieu avait planté une vigne, que la maison d’Israël était cette vigne et que les hommes de Juda en étaient les ceps (És. 5). Mais Jésus se présente dans notre chapitre en disant : «Moi, je suis le vrai cep», «vous les sarments». Il ne dit pas : «Je serai le vrai cep et vous, les sarments», parce qu’Il parle de l’état des disciples tels qu’ils étaient : «Vous êtes déjà nets, à cause de la parole que je vous ai dite». Sans doute faut-il que l’union avec Lui fasse porter des fruits, mais Il les engage aussi à profiter de cette union pour en jouir. Et pour qu’ils puissent en jouir, Il commence par les mettre à l’aise en leur disant : «vous êtes déjà nets». Dans tout ce chapitre Il parle de la responsabilité du chrétien et de la force qui peut nourrir ses affections afin qu’il soit capable d’agir selon cette responsabilité. Dieu nous voit, nous pécheurs, morts dans nos fautes et dans nos péchés. Il est venu dans la personne de Jésus, s’est approché de nous dans notre souillure, afin que nous réalisions qu’il n’y a rien dans l’homme et que tout vient de la grâce de Dieu. La mort de Jésus est l’expression de ce qu’est l’homme naturel : «Ils m’ont haï sans cause». Ils ont été jusqu’à insulter même un mort, car Jésus était déjà mort quand on lui perça le côté avec une lance !

Mais du côté de Dieu, c’est l’amour parfait et pur, et la vraie délivrance de soi-même est de pouvoir se mettre de côté pour être capable de voir ce qu’Il est. Dieu nous a aimés tels que nous sommes, vérité qu’il est important de bien retenir ; et Jésus est l’ami des pécheurs ; Il l’a dit lorsque nous n’étions que pécheurs ; mais ici Il nous dit : «Vous êtes mes amis, si vous faites tout ce que moi je vous commande» (v. 14). Nous ne sommes ses amis, que si nous faisons tout ce qu’il nous commande, et c’est très différent. L’amour dont il est question dans ce chapitre est l’amour d’un père pour ses enfants, amour qui amène des rapports d’affection ; la jouissance de ces rapports dépend de l’obéissance. «Si quelqu’un m’aime», a-t-Il dit, «il gardera ma parole, et mon Père l’aimera» (14:23). Lorsqu’on marche ainsi dans les voies de Jésus, il y a une bénédiction immense, et nous sommes appelés, une fois nets, à jouir des confidences de Jésus. Il se manifeste à nous. Il ne nous appelle plus esclaves, mais Il nous appelle ses amis, parce qu’Il nous fait connaître tout ce qu’Il a ouï de son Père. Nous sommes appelés à marcher en vue du témoignage de son amour, en vue du bonheur qui se trouvera dans le ciel.

Remarquons maintenant une chose très importante ; le Seigneur dit : «vous êtes déjà nets». Il veut tout d’abord que nos coeurs soient bien au large, que notre conscience ne vienne pas nous troubler, en nous faisant douter du droit que nous avons de jouir de ces bénédictions. C’est Lui-même, Lui qui connaît si bien nos coeurs, qui nous dit : «vous êtes nets». C’est Lui qui nous a rendus tels, Lui qui exige la sainteté, Lui dont la parole est efficace : «à cause de la parole que je vous ai dite». Les disciples ne savaient pas encore qu’ils étaient nets ; Jésus le leur apprend. Quand donc nous sentons le besoin d’être nets, et de l’être assez pour être avec Lui, il faut que nous en venions là, et nous ressentirons ce bonheur immense de pouvoir dire : Il m’a dit : Tu es net ! — Notez qu’Il ajoute et répète : «demeurez en moi».

«Si vous demeurez en moi, et que mes paroles demeurent en vous, vous demanderez ce que vous voudrez, et il vous sera fait». C’est une promesse merveilleuse ; nous savons maintenant que Dieu nous écoute et nous donnera ce que nous demandons, si nous le Lui demandons selon sa volonté. Il y a dans ce verset deux conditions : «Si vous demeurez en moi», et : «si mes paroles demeurent en vous». Il faut que le chrétien jouisse de la communion, car hors de la communion il n’y a point d’intelligence ; il faut qu’il soit dans la dépendance de Christ, car hors de Lui il n’y a rien. Quand on est dans cette jouissance et dans cette dépendance, c’est Christ qui agit dans l’homme, et ce que celui-ci fait dans cette communion, c’est le Saint Esprit qui le fait en lui. Il en est ainsi de nos demandes. On pense parfois : «faut-il donc que pour tout ce que je fais, je regarde à Christ ? pour la moindre des choses, la plus insignifiante, faut-il que j’aille m’adresser à Lui et chercher en Lui la réponse ?» Oui, il le faut. Il faut de notre côté un réel anéantissement, une confiance totale en Lui. Cela suppose une pleine certitude de l’amour de Jésus, une âme qui Le connaît. Si notre coeur demeurait toujours en Jésus, ne sortait pour ainsi dire jamais de Lui, nous aurions atteint la perfection en pratique. Quand nous ne demeurons pas en Jésus, le monde a prise sur nous. Demeurer en Lui est exprimé par une seule phrase de l’apôtre Paul : «Pour moi, vivre c’est Christ, et mourir un gain». C’est avoir les mêmes intérêts que Lui, sa joie aussi, comme nous aurons la même gloire. S’il s’agit de Christ, il s’agit de moi, car je suis un avec Lui.

Jésus ajoute : «Si mes paroles demeurent en vous». Il avait déjà dit au chapitre 14 : «Celui qui a mes commandements et qui les garde, c’est celui-là qui m’aime». Si un enfant aime son père, il sera attentif à ses ordres, il cherchera à lui plaire, il apprendra à discerner ce qu’il désire. Le coeur qui aime comprend la volonté de celui qui est aimé, et si c’est Dieu que nous aimons, il en sera ainsi de nous avec Lui. L’intelligence de sa volonté sera le résultat de notre communion avec Lui, et l’amour nous fera garder les pensées de Dieu : cela implique toute une vie d’attention à ce qui Lui plaît, qui nous donnera une intelligence et une vue de prophète. Je ne parle pas ici du don de prophète, mais de cette intelligence qu’a celui qui peut dire : «nous avons la pensée de Christ». Si l’on en est là, on peut demander, et l’on demande selon la volonté de Dieu. C’est un principe reconnu ailleurs dans la Parole. C’est parce qu’Abraham vivait dans la communion de Dieu qu’il avait le caractère de prophète, et Dieu dit de lui à Abimélec : «Il est prophète, et il priera pour toi» Jérémie dit à peu près la même chose : «s’ils sont prophètes, et si la parole de l’Éternel est avec eux, qu’ils intercèdent auprès de l’Éternel». Il est vrai qu’il s’agissait à cette occasion de reconnaître si les prophètes étaient de vrais prophètes. Aussi je le répète, ce n’est pas du don de prophète que je parle, mais de ce caractère que donne la communion, qui rend capable de discerner et de demander avec intelligence ce qui est selon Dieu, qui ne veut que cela en demeurant en Christ. Ses paroles nous guident dans nos désirs mêmes : «Vous demanderez ce que vous voudrez». Quelle part que celle que Jésus nous fait ! Nous sommes moralement identifiés avec Lui et pouvons disposer de sa force ! Voilà ce que sont les chrétiens. Et quelle certitude n’acquiert-on pas si l’on demeure dans son amour, et si l’on se sert chaque jour de ses privilèges, comme un enfant jouit habituellement de tout ce qui se trouve dans la maison de son père. Vous direz peut-être : «Je n’en suis pas là !» N’oubliez pas qu’Il veut que nous estimions les choses d’après la révélation qu’Il nous en a faite. Il dit aux disciples : «Vous savez ou moi je vais, et vous en savez le chemin», et Thomas lui répond : «nous ne savons pas». C’est qu’il n’avait pas réalisé ce que Jésus avait révélé, et souvent nous ne l’avons pas réalisé non plus. Mais c’est égal : Jésus nous place dans nos privilèges, et nous communique tout ce qui est en Lui, pour que nous en jouissions.

Il dit encore : «Comme le Père m’a aimé, moi aussi je vous ai aimés». Il ne dit pas : «comme le Père m’aime», mais : «comme le Père m’a aimé», c’est-à-dire comme le Père l’a aimé sur la terre, dans sa perfection. Il nous aime sur la terre malgré nos imperfections. Cela dépasse toutes nos pensées. Il veut que nos coeurs aient une confiance pleine et entière, que nous comptions sur ce qu’Il est malgré nos imperfections, notre faiblesse, notre ignorance. C’est l’absence de cette confiance dans son amour qui produisait le manque de fidélité chez les disciples. Il nous a pourtant donné, comme à eux, assez de preuves de son amour !

Le Seigneur entend-Il vraiment que notre joie puisse être accomplie alors que nous sommes encore dans ce monde ? Il y a tant de choses qui viennent nous troubler, difficultés, épreuves, etc., mais c’est bien dans ce monde que Jésus a accompli toute son oeuvre et que son amour a pris soin de nous. Il ne dit pas : «Quand vous serez dans le ciel, demeurez dans mon amour» ; car il est évident que nous ne pourrons pas en sortir ; mais c’est ici-bas qu’Il veut que nous demeurions en Lui, afin qu’ici-bas déjà sa joie soit accomplie en nous. Croyez-vous cela ?

Les disciples avaient vu maintes preuves de son amour, et nous, en marchant jour après jour en Lui, nous constaterons en toutes choses une telle fidélité chez Lui, que nous aurons pleinement de quoi nous réjouir et nous assurer en Lui. Quelle joie délicieuse de pouvoir dire : «Je suis dans ses bras». C’est ce qui verse la joie dans le coeur ; c’est en marchant dans ses commandements que l’on jouit de ces choses, autrement l’Esprit de Dieu en nous devient un Esprit de répréhension.

Jouissons-nous de cet amour de Jésus ? Croyons-nous que quand Il dit : «Je vous appelle mes amis», nous le sommes effectivement ? Pouvons-nous dire : Oui, nous le sommes, nous savons ce que c’est ; notre confiance journalière en Lui est basée sur ce précieux témoignage qu’Il nous donne. Marchons-nous avec Lui de manière à ce que notre lumière et nos intérêts soient les mêmes que les siens ? Notre coeur se tourne-t-il vers Lui dans toutes les circonstances, car voilà ce que doit être un chrétien ? Il faut que les affections de nos coeurs soient toutes formées sur cette révélation qu’Il est venu attacher nos coeurs à Dieu. La joie céleste ici-bas c’est la conscience que ce qu’on a, c’est la joie du ciel. Nous ne trouverons dans le ciel ni un autre Père, ni un autre Jésus que celui qui veut habiter dans nos coeurs. Pourrait-il y avoir en Lui une autre intention que celle de nous rendre parfaitement heureux ? C’est en regardant à Lui que les affections sont produites et en même temps satisfaites.

 

 

 

 

21         Méditations de J. N. Darby    Jean  15 : «Moi en mon Père, et vous en moi, et moi en vous»

Lausanne, 5 décembre 1848    n°269 (ex 264) : ME 1962 p. 241

Nous trouvons dans les chapitres 14 à 16 de l’Évangile de Jean les relations dans lesquelles se trouvent les disciples du Seigneur (je dis les disciples, plutôt que les enfants de Dieu) avec le Père lui-même, avec le Fils, et aussi leurs rapports avec le Saint Esprit descendu du ciel, tout cela étant d’ordre éminemment pratique. Il n’est guère question ici de notre position avec Jésus monté dans le ciel, comme dans l’épître aux Éphésiens, mais de notre position ici-bas en rapport avec les sources de bénédiction et de grâce qui sont dans le Père, le Fils et le Saint Esprit.

Les disciples avaient ici-bas le Seigneur avec eux ; c’était pour eux une bénédiction évidente. Jésus leur explique quelle sera leur position quand, Lui parti, «un autre Consolateur» sera venu. Il montre que la bénédiction leur sera apportée par la présence de ce dernier, et il expose quelle sera leur situation à eux dans le monde.

Au chapitre 14  Il met devant eux toute la grandeur du privilège qui avait été le leur dans ce monde, étant avec Lui. Ils auraient dû voir la révélation du Père dans le Fils ; il n’était pas nécessaire pour cela qu’Il s’en allât ; ils auraient dû voir en Lui le vrai cep, et comprendre que le fils appelé d’Égypte n’était pas l’ancien Israël, mais Jésus Lui-même, comme en Esaîe 49 Israël est vu en Christ Lui-même, la racine. Ils auraient dû voir que le Messie n’était pas le couronnement de l’ancien cep, mais qu’Il était le vrai cep. L’ancien cep avait perdu provisoirement sa place, et le vrai cep l’avait remplacé.

Voilà le premier point qui est présenté dans ce moment-là, avant que Jésus s’en soit allé (15:3). Puis, ayant dit aux disciples : «Vous êtes déjà nets», Il leur fait voir la différence qui existera dans leur position quand le Consolateur aura été envoyé, et comment ils pourront continuer à jouir des bénédictions qui se trouvent en Jésus et puiser en Lui la force nécessaire pour marcher à la gloire de Dieu, de telle sorte qu’Il pourra leur dire, ch. 16:7 : «Il vous est avantageux que je m’en aille». Le Saint Esprit sera ici-bas, pendant l’absence du Maître, mettant les croyants à même de jouir de ce qu’ils n’avaient pas su voir auparavant.

La bénédiction qui leur appartenait quand Jésus était avec eux, c’était qu’en voyant Jésus ils voyaient le Père dans le Fils ; ils auraient dû en jouir ; quand l’autre Consolateur vient pour être avec eux, ce n’est pas pour leur imposer un devoir mais pour leur apporter une bénédiction, savoir, toujours, le privilège de voir le Père dans le Fils (14:19-21). Le Fils s’en va, le Saint Esprit vient, et il répand la bénédiction. Les disciples sont appelés à connaître que Jésus est «en son Père», et qu’eux sont en Jésus (v. 20). «Le Consolateur vous enseignera toutes choses, et il vous rappellera toutes les choses que je vous ai dites (v. 26). Quand Lui-même s’en serait allé, le Consolateur les rendrait parfaitement heureux dans leur union en Lui et avec le Père.

Remarquons bien que nous n’avons pas là l’amour d’élection qui cherche le pauvre pécheur, mais que Jésus parle des relations avec les siens, et des affections du coeur du Père, pour rendre les enfants heureux dans la jouissance de ces affections (v. 21). Il nous a cherchés comme pauvres pécheurs, mais quand il s’agit des siens comme disciples, Il parle à leur coeur comme à des personnes qui le connaissent, qui le comprennent, et Il s’attend à des affections de leur part. Il nous rappelle ces choses pour que nos coeurs en jouissent, étant mis en relation avec Lui pour les recevoir.

Dans les v. 21-23, il ne s’agit pas de la vie éternelle, ils l’avaient, mais de cette affection pratique, et de la joie du Seigneur. Il vous arrive de ne pas être heureux ; ce n’est pas que Jésus ne vous aime pas, ni qu’il n’y ait pas en Lui la grâce nécessaire. Mais il vous manque de goûter la réalité de la relation avec Lui, pour votre bonheur. Il a laissé sa paix aux siens. Sa paix était que son coeur savait compter en toute simplicité sur l’amour de son Père et qu’Il en jouissait dans le chemin de ses commandements ; c’est dans ce chemin-là qu’on jouit de cet amour, c’est ainsi que pratiquement nos âmes trouvent tranquillité et joie, quoi qu’il en soit des circonstances ; elles se reposent avec confiance sur l’amour de Jésus. On rencontre des pièges, des difficultés, mais Il est là. Tant qu’il s’agit de difficultés inhérentes à ce monde et à l’état de la société, il n’y a rien là qui puisse nous séparer de l’amour de Dieu qui est dans le Christ Jésus ; et cela détache nos coeurs d’ici-bas. Mais le plus souvent nos soucis viennent d’affections qui nous lient au monde, et dans lesquelles nous ne pouvons trouver la sympathie divine. Il n’est pas normal qu’un chrétien ne soit pas joyeux dans le Seigneur : les neuf dixièmes de nos soucis sont des soucis d’incrédulité, et le dixième restant doit être l’occasion de la plus grande joie en Jésus. «Je vous laisse ma paix». Tout ce que Jésus était par Lui-même, Il l’est pour nous et en nous. «Celui qui mange ma chair et qui boit mon sang demeure en moi, et moi en lui «(Jean 6:56). Si nos coeurs se nourrissent d’un tel aliment, il n’y a pour nous que joie, paix, tranquillité constante.

Dans le ch. 14 donc, le Saint Esprit, le Consolateur, nous rappelle les choses que Jésus a dites, et il nous faut savoir compter sur son amour. Il ne veut pas nous donner des appuis qui nous empêcheraient de dépendre de Lui et nous cacheraient notre dépendance. L’âme en cherche souvent, mais elle cherche alors, hélas, ce qui lui ôte sa confiance.

 

Au chapitre 15, c’est autre chose. Il s’agit de produire du fruit, et de rendre témoignage. Jésus parle comme étant le vrai cep dans le monde, et du fruit qui en provient. Ce n’est pas la manifestation de Jésus à l’âme, mais la manifestation de Jésus par les siens. C’est pourquoi il faut que le Père émonde, retranche. «Demeurez en moi».

On voit la suite mais aussi la différence de ces deux chapitres. Dans un certain sens, les disciples ne sont plus seuls, le Père et Jésus viennent demeurer en nous, et le Saint Esprit verse dans nos âmes la consolation de la présence du Père et du Fils. Ils viennent se manifester à nous par le Saint Esprit ; voilà la joie et la paix ici-bas. Quand il est question du fruit, ce n’est plus cela, il s’agit que nous manifestions Jésus devant le monde et non que Lui se manifeste à nous. «Moi, je suis le cep, vous, les sarments. Celui qui demeure en moi, et moi en lui, celui-là porte beaucoup de fruit» (v. 5). «En ceci mon Père est glorifié, que vous portiez beaucoup de fruit» (v. 8). Je vous place dans le monde afin que vous portiez du fruit, beaucoup de fruit, «et vous serez mes disciples». Et plus loin : «Vous êtes mes amis, si vous faites tout ce que moi je vous commande» (v. 14). Il veut voir les siens jouir de cette précieuse relation d’amis. Mais il fait dépendre de leur marche cette jouissance de son amitié. Qu’ils demeurent en Lui ! Jésus est vu dans la gloire, là-haut, Il envoie ici-bas la force et la puissance pour nous conduire, mais il faut demeurer en Lui. C’est là ce qu’il place en première ligne. Il fait dépendre sa demeure dans un homme de la demeure de cet homme en Lui.

Nous avons à prendre conscience de notre faiblesse, de notre totale impuissance quant à nous-mêmes, car «séparés de moi vous ne pouvez rien faire», mais prendre conscience aussi que nous devons produire du fruit, non seulement en quantité mais en qualité. Jésus a porté un fruit exquis. Nous avons à rechercher une activité qui ne présente pas moitié la chair et moitié Christ, mais une activité qui soit le produit de l’amour de Dieu, et propre à montrer Jésus aux âmes. Jésus apportait une lumière parfaite, de la part de Dieu, au milieu de beaucoup de profession et peu de piété. Un pharisien parcourait terre et mer pour faire un prosélyte, mais personne ne pouvait dire en voyant son activité : Voilà ce que Dieu est. Il faut que notre vie et notre conduite soient telles que le monde puisse dire : Voilà ce que Christ est. C’est là la qualité du fruit. Nous sommes dans ce monde l’épître de Christ, nous avons à y porter la vie de Jésus, et le disciple accompli sera comme son Maître. Nous n’avons rien à faire ici-bas que la volonté de Christ, et nous ne pouvons l’accomplir que par la puissance de l’Esprit de Christ. Autrement, c’est l’énergie charnelle qui agit en nous, et qui gâte tout : la chair, quand elle se mêle de l’oeuvre de Dieu, ne peut que manifester le contraire de Jésus. Le secret de la vie pratique est la proximité de Jésus ; c’est celui de la joie, mais c’est ainsi que se manifeste le caractère de Dieu. Demeurer en Jésus, dans la conscience qu’Il est là, voilà ce qui ôte toute crainte quant aux difficultés et à tout ce qui peut se présenter soit pour nous soit pour l’Église. Lui est la ressource. Au lieu de dépendre des circonstances on est dans la dépendance de Christ pour marcher dans la joie et pour l’apporter.

«Si mes paroles demeurent en vous», dit-Il au v. 7, et quelle précieuse promesse Il attache à cela : «vous demanderez ce que vous voudrez, et il vous sera fait» ! Si je n’ai que Christ pour mon objet et pour ma force, ses paroles demeurent en moi, je reste dans le sentiment de ma dépendance de Lui, et Il me dirige. L’homme ne vit pas de pain seulement, mais de toute parole de Dieu : voilà la dépendance, et les paroles demeurant en lui. Et alors : «Demandez ce que vous voudrez». Il s’agit de disposer de la force et de la puissance de Dieu pour faire la volonté de Dieu. Qu’un obstacle se présente, je prie Dieu qu’il l’ôte, et l’obstacle est ôté, quel qu’il soit.

 

 

 

 

22         Méditations de J. N. Darby    Jean  15

n°41 : ME 1892 p. 117

La puissance et l’action du Saint-Esprit nous sont présentées dans la Parole de trois manières distinctes : il nous communique la vie ; il demeure en nous ; il distribue à chacun des dons comme il lui plaît. Nous avons ainsi la vie, la communion et les dons. Quant à ces derniers, il y a des dons de l’Esprit, indépendants de la vie de l’Esprit ; Balaam et Saül nous en offrent des exemples. L’Esprit de vie est aussi bien un Esprit de communion que de puissance. Comme Esprit de communion, il est donné aux disciples seuls, à ceux qui possèdent la vie. Ils ont la communion avec Dieu, dont le Saint-Esprit est la source, lui qui nous communique la connaissance des choses de Christ, les rend vivantes dans nos coeurs et devient ainsi en nous une fontaine d’eau jaillissant en vie éternelle.

Nous trouvons trois espèces d’assurance dans la parole de Dieu : 1° Assurance de foi (Hébr. 10:22), quand la foi s’arrête à ce que Dieu nous dit et que l’Esprit scelle ces vérités dans nos coeurs. 2° Assurance de l’espérance (Hébr. 6:11), quand nous avons par le Saint-Esprit le sentiment intime de la certitude des promesses qui nous sont faites, et la jouissance de ces choses en espérance. 3° Assurance d’intelligence (Col. 2:2), quand nous connaissons le conseil de Dieu et comprenons comment Dieu a réglé et ordonné toutes choses pour la gloire de son Fils et la manifestation de son caractère. L’âme se repose alors dans la nécessité de ces choses.

Mais le Saint-Esprit nous conduit encore plus loin ; il nous place dans l’amour de Dieu qui est la source de toute sagesse. Le plus petit des enfants de Dieu y est placé au même titre que le plus avancé dans les Écritures. Le résumé de toute expérience que nous faisons de Dieu, c’est qu’il est amour. Plus on avance, plus on comprend que Dieu est amour. Nous sommes introduits par le Saint-Esprit dans une telle intimité avec Dieu, que nous pouvons sonder même les choses profondes de Dieu. Dieu aime le Fils ; le Saint-Esprit nous fait pénétrer dans toutes les relations du Père avec le Fils. L’amour de Dieu est versé dans nos coeurs par l’Esprit Saint qui nous a été donné.

C’est comme Esprit de communion qu’il est parlé du Saint-Esprit à la fin de l’évangile de Jean. Il y est appelé le Consolateur ; au chap. 16:16, Christ est présenté comme Médiateur pour nous obtenir le Saint-Esprit. Chap. 15:26, il nous l’envoie lui-même. Chap. 14:26, le Père l’envoie. Cet Esprit est le moyen de notre communion avec Dieu. Il nous fait connaître que ce Jésus qui a lavé les pieds des disciples, mangé avec eux, vécu avec eux, est un avec le Père, et que nous sommes un avec lui ; il nous fait connaître que nous sommes enfants de Dieu, que nous sommes un en Jésus avec le Père. Notre communion est avec le Père et avec son Fils Jésus-Christ. Nous sommes introduits, non seulement dans la certitude que Dieu nous aime, mais dans la connaissance des relations du Père avec le Fils, et aussi dans la communion des enfants de Dieu les uns avec les autres.

Comme Esprit de dons, le Saint-Esprit agit envers l’Église par notre moyen, pour communiquer certaines choses à d’autres personnes ; comme Esprit de communion, il est dans tous les enfants de Dieu, il appartient à tous. Il est moins important de chasser des démons, que d’avoir son nom écrit dans les cieux.

Le Saint-Esprit appartient à tous les enfants de Dieu. Il est un Esprit de vérité. Les vérités qu’il nous fait connaître, sont les canaux de la communion avec Dieu. Il suffit de connaître une seule de ces vérités, que Jésus est le Christ, pour être sauvé. Une âme qui ne connaît Christ que très peu et qui est fidèle, est plus avancée que celle qui, connaissant plus de vérité, est infidèle. On peut trouver du plaisir et de la joie à entendre expliquer la Parole ; mais cette joie n’est rien, si la Parole ne se réalise pas en nous et si nous n’avons pas une communion habituelle avec le Seigneur. On peut être joyeux de savoir que Christ est notre Berger, mais à quoi cela sert-il si on ne le suit pas. Voilà pourquoi nous sommes souvent très faibles, malgré nos connaissances ; c’est que nous ne réalisons pas ce que nous connaissons. Ce qui nourrit notre amour pour Dieu, c’est de réaliser toutes ces choses.

Ne disons jamais, nous dont le privilège est de connaître ces vérités, qu’il nous suffit de savoir que nous sommes sauvés. C’est mal reconnaître la grâce qui nous introduit dans la maison du Père, que de se refuser à ouvrir les yeux sur les trésors qui y sont accumulés pour nous. Cette communion nous rend toujours humbles, parce qu’elle nous place dans la présence de Dieu ; or dans cette présence, Satan lui-même ne saurait être orgueilleux.

 

 

23         Méditations de J. N. Darby    Jean  15:1-11

n°131 : ME 1901 p. 233

L’expression le vrai cep, est une allusion au côté terrestre des choses de Christ, c’est-à-dire à ce qui en est manifesté ici-bas. Israël est la vigne de l’Éternel, selon És. 5 et Ps. 80, mais Jésus dit : Israël n’est plus le vrai cep ; c’est moi, moi, le véritable résidu d’Israël. Il s’agit donc ici, non de la position céleste du Seigneur Jésus, mais de sa position comme représentant Israël, et prenant sa place ici-bas.

Nous trouvons ensuite celui qui prend soin de ce cep : «Mon Père est le cultivateur». Le cep a des sarments qui sortent de lui et produisent du fruit sur la terre ; c’est la profession de christianisme, ce à quoi les soins et la discipline du Père s’appliquent. S’agissait-il du vieux cep, Israël, un Juif pouvait ne pas porter de fruit et cependant ne pas être retranché, pourvu qu’il évitât d’enfreindre la loi d’une manière grossière. Il n’en est pas de même du vrai cep, dans lequel il s’agit de porter du fruit d’une manière positive. Dieu cherche ce fruit ; il veut qu’il se manifeste sur la terre, en contraste avec les principes du gouvernement de Dieu envers Israël. Dieu cherche dans l’Église un fruit positif à la gloire de son nom par Jésus-Christ. Nos campagnes peuvent être ornées de beaux arbres qui ne sont pas des arbres fruitiers, mais un cep qui n’a pas de fruit ne vaut rien, son bois même n’est bon qu’à être brûlé.

Le Père émonde le sarment pour qu’il porte du fruit et ôte celui qui n’en porte pas. Dans tout ce passage, le mot demeurer désigne la communion habituelle. Quant à notre position et à notre conduite sur la terre, nous avons à demeurer en Lui et en son amour. Jésus lui-même, dans sa nature, est un avec le Père, mais quand il parle de sa position sur la terre, dans l’obéissance et l’accomplissement de la volonté du Père, il dit qu’il «demeure dans son amour». Il ne s’agit pas ici de l’union, mais de la communion. La communion découle de l’union et nous est présentée comme l’objet à rechercher.

Un chrétien pourrait se contenter de ne pas faire des choses que le monde réprouve ; ce ne serait pas demeurer dans l’amour de Christ. Son amour à Lui ne s’en est pas tenu là ; il n’aurait pas été manifesté comme Fils de Dieu s’il s’était borné à ne pas faire de mal. Dieu est amour ; Jésus était l’activité de l’amour de Dieu sur la terre, et cet amour produisait du fruit. Il en est de même pour nous ; nous sommes la manifestation de la vie de Christ sur la terre, et l’effet naturel de la conscience de son amour et de la communion avec Lui, sera de nous faire produire du fruit. Ce dernier se trouvera nécessairement là où l’amour de Jésus se trouve ; il manquera s’il n’y a pas une communion habituelle avec Lui.

Pour que nous ayons à coeur la gloire du Seigneur, il faut que Sa vie en nous soit nourrie, soit entretenue par la communion avec Lui. Si nous demeurons en Lui, c’est-à-dire si nous sommes dans sa communion, nous désirerons sa gloire, et c’est déjà beaucoup, mais ce n’est pas tout. Jésus ajoute (v. 7) : «Si mes paroles demeurent en vous» : si vous recevez de mes paroles l’instruction pour pouvoir me glorifier, alors vous aurez ce qu’il faut afin de pouvoir demander tout ce que vous voudrez.

(v. 8). «En ceci mon Père est glorifié, que vous portiez beaucoup de fruit, et vous serez mes disciples». Le mot disciple va quelquefois plus loin que celui de chrétien. Un disciple est instruit par son maître, tandis que les chrétiens, quoique de vrais chrétiens, tirent souvent leur instruction du monde, de leur propre sagesse et de leurs pensées. Un homme pourrait ainsi être chrétien sans être disciple ; il peut vouloir que le christianisme soit honorable parmi le monde, ce qui est le contraire de la pensée de Christ, tandis que le disciple connaît et suit la pensée et l’instruction de son Maître.

(v. 9). C’est infiniment précieux de voir Jésus nous placer à son égard dans la position où il est à l’égard du Père. Christ s’occupe de nous, comme le Père s’occupait de Lui quand il était sur la terre.

(v. 11) «Je vous ai dit ces choses, afin que ma joie soit en vous, et que votre joie soit accomplie». La joie d’un père, c’est que ses enfants se conduisent selon son coeur. Jésus est dans le ciel et nous envoie dans le monde ; il est joyeux en pensant aux siens, quand ils glorifient le Père ; son coeur n’a pas de plus grande joie. Mais il y a aussi une pleine joie dans les enfants quand ils portent beaucoup de fruit, accomplissant la volonté du Père et le glorifiant. Une maison n’est pas heureuse, si les enfants se conduisent bien un jour, et mal un autre. Ce qui constitue la joie du Seigneur, c’est que nous demeurions dans son amour. S’il n’en est pas ainsi, notre vie chrétienne devient souvent la proie du monde. Le Seigneur nous appelle spécialement à demeurer dans son amour et à ne pas être tantôt mondains, tantôt chrétiens. L’activité de l’Esprit de Dieu en nous, nous conduira toujours à demeurer en Lui, et c’est ainsi que nous porterons beaucoup de fruit. Jésus ajoute : «Et que votre joie soit accomplie». Il ne peut y avoir de joie quand on est au-dessous de sa tâche ou qu’on y succombe, mais, dans la communion de Jésus, nous sommes au niveau de notre tâche ; la joie déborde dans nos coeurs et nous fait agir.

Que Dieu nous fasse la grâce d’être remplis d’affection pour le Seigneur, car alors nous dirons : Il faut que je le glorifie.

 

 

24         Méditations de J. N. Darby    Jean  16:1-20

n°7 : ME 1886 p. 135

Le sentiment de notre état actuel devant Dieu provient du jugement du Saint-Esprit en nous. L’inquiétude ou la paix que nous éprouvons viennent du langage du Saint-Esprit qui révèle Dieu à nos âmes. Le Saint-Esprit illumine notre intelligence et agit par la conscience. On peut recevoir l’évangile avec joie, et ne pas durer, parce que la conscience n’a pas été atteinte. On se contente de garder son caractère d’honnête homme, et on ne craint pas de faire devant Dieu ce qu’on n’oserait pas faire devant les hommes. Nos idées du péché sont fausses. Si un homme fait tort au bien de son prochain, on le punit comme un criminel ; s’il nuit, par sa médisance, au caractère de son prochain, il est considéré comme méchant ; s’il médit de Dieu ou blasphème, on le considère, presque avec indifférence, comme un pécheur. Mais, en fait, il n’est pas bienséant de nommer Dieu dans le monde qu’il a fait, ni de nommer Jésus dans les sociétés du monde. Il y a dans l’homme de mauvaises pensées, une mauvaise volonté, et la haine du coeur contre les bienfaits de Dieu.

Le monde est convaincu de péché en ce qu’il a rejeté Jésus, et en ce que le Saint-Esprit est venu prendre, dans cette économie, la place de Jésus rejeté.

Le monde est convaincu de justice, parce que Dieu rejette le péché de sa présence et le pécheur de sa société. Si Dieu admettait le moindre péché dans le ciel, ce dernier serait un lieu aussi misérable que la terre. Les hommes ont tellement maltraité Jésus que, même un brigand, osait l’outrager du milieu de son supplice. Mais la justice se manifeste aussi en ce que Dieu a placé le Juste à sa droite, et le Saint-Esprit en est la preuve : il est ici-bas parce que Jésus est là-haut.

Le monde est convaincu de jugement. Satan s’est fait condamner par la mort qu’il a fait subir à Christ, et cette condamnation, ce jugement se manifestent en ce que Christ est assis à la droite de Dieu. La condamnation de Satan n’a pas encore eu son exécution. Le second Adam a été accepté et admis en la présence de Dieu.

 

 

 

 

 

25         Méditations de J. N. Darby    Jean  17

n°55 : ME 1893 p. 337

Le point capital de ce chapitre est la révélation du nom du Père, la connaissance, non pas de l’Éternel, mais du Père. Le résultat de l’oeuvre de Christ est de nous donner le droit d’être faits enfants de Dieu.

L’unité dont le Seigneur parle au v. 11, est celle des disciples dans ce monde, et non dans le ciel. Jésus la veut, pendant que lui est dans le ciel auprès de Dieu, et que les siens sont dans le monde. «Garde-les en ton nom, afin qu’ils soient un». C’est une unité entièrement divine : «Afin qu’ils soient un, comme nous sommes un»; un seul vase de la vie, des pensées, de la révélation du Père lui-même, comme Christ l’avait été. Ce n’est pas seulement communication, c’est union. Si, de fait, nous ne sommes pas un, c’est que nous sommes charnels (1 Cor. 3:3-11).

L’unité de ceux qui croiraient par la parole des disciples est développée au v. 21.

Jean ne parle jamais de l’unité de l’Église, mais de l’unité de la famille de Dieu ; mais, en nous reportant aux écrits de Paul, nous trouvons que l’unité est le grand témoignage que Dieu est sur la terre, par le Saint-Esprit, dans l’Église. L’Église y a manqué, et le monde ne croit pas. L’Église est une, malgré Satan ; plus nous le sentirons, plus nous serons humiliés de l’état de l’Église universelle dans le monde. Dieu a placé la bénédiction dans l’unité du corps de Christ. On ne peut comprendre qu’avec tous les saints, quelle est la largeur et la longueur, la profondeur et la hauteur (Éph. 3).

Depuis longtemps, l’Église s’est contentée d’accepter une unité qui aura lieu dans la gloire, quand il n’y aura plus de témoignage à rendre, et de réduire le témoignage ici-bas à un témoignage individuel. Qu’est-ce que cela prouve, sinon l’abandon de la vérité de Dieu ? Au temps de l’apostasie complète d’Israël, Élie fut béni lui seul, pour son témoignage de fidélité individuelle. Mais quand nous nous reportons à ce qui avait lieu au commencement (Actes 2:42-47), nous comprenons l’importance du témoignage collectif, et nous voyons que c’est ce témoignage qui contraint le monde à glorifier Dieu.

Au v.23, l’unité est présentée dans son résultat en gloire. Le monde alors connaîtra que le Père a envoyé le Fils, quoiqu’il soit trop tard pour y croire. Il verra que nous avons été aimés comme Christ ; en ce jour-là, l’Église sera sans tache ni ride, et Dieu la verra selon la pureté de Christ.

Ces trois unités viennent du Saint-Esprit ; elles sont divines ; les deux premières sont manifestées dans le monde et sont réalisées quand Christ est notre seul objet et que nous avons renoncé à nous-mêmes. Pour renoncer à soi-même, il faut avoir un autre objet que soi, et Christ est cet objet. Cela détruit tout égoïsme. Si nous possédons une chose ici-bas, un autre ne la peut posséder ; mais si nous possédons Christ et le ciel, plus nous verrons d’âmes y prendre part, plus nous serons heureux.

C’est une insouciance coupable, de se contenter du fait que l’Église soit une dans la gloire. Humilions-nous-en, comme Daniel, le plus fidèle des Juifs, s’humiliait de la ruine de son peuple à Babylone. L’Esprit de Christ ne pousse jamais le fidèle à s’élever en se glorifiant d’être hors du mal. Au contraire, il nous humilie, et sans cela nous ne pouvons trouver la bénédiction. Que Dieu agisse puissamment en nous, pour nous humilier dans nos coeurs !

 

 

26         Méditations de J. N. Darby    Jean  17:6-19

n°109 : ME 1897 p. 176

Jésus dit ces paroles au moment où il quittait le monde pour aller vers son Père. Il avait, par toute sa conduite individuelle, glorifié le Père sur la terre et il demande que le Père le glorifie. Il veut aussi glorifier le Père par le moyen de ses disciples qu’il place dans le même chemin d’obéissance que lui. Ce que Jésus a fait en glorifiant le Père, il nous appelle à le faire. C’est un principe de toute importance. Si je puis glorifier Dieu sur la terre, c’est parce que la grâce m’a placé dans la même position que Jésus, c’est parce que je suis fils de Dieu et que, ce que Jésus est, je le suis devant Dieu. Dieu a trouvé et trouve son repos dans l’oeuvre et la personne de son Fils. C’est pourquoi Dieu a voulu glorifier Jésus comme récompense de sa fidélité sur la terre. On voit, en Phil. 2:1-16, comment Jésus, après son départ, recommence à glorifier le Père par notre moyen. L’ayant déjà glorifié, il nous place, vis-à-vis du Père, dans la même position que lui-même. Comme cela relève notre règle de conduite !

Nous appartenons au Père, par un effet de son amour. Nous étions au Père avant de le savoir ; il s’est intéressé à nous et nous a donnés au Fils qui a accompli pour nous l’oeuvre du salut et qui a révélé le nom du Père à nos âmes. Ce nom, il ne peut pas nous le faire connaître autrement qu’il ne l’a connu lui-même, étant encore au monde. Jésus ayant été ici-bas dans la faiblesse et la difficulté, il l’a connu comme homme et nous le fait connaître comme il l’a connu, nous plaçant dans la même relation que lui vis-à-vis du Père (v. 6).

Au v. 7, la grâce du Seigneur est très touchante. Il attribue aux disciples toutes les grâces dont le germe est dans leur coeur, et parle d’eux comme si ces grâces étaient déjà accomplies. C’est ainsi que, dans un autre passage, lorsque ses disciples ont chassé quelques démons, il voit Satan lui-même tombant du ciel comme un éclair.

Au v. 9, en envoyant les siens dans le monde, Jésus, avant de les quitter, commence à prier pour ses disciples. Les deux motifs qu’il présente au Père pour qu’il les garde, sont : 1° qu’ils sont au Père ; 2° que le Fils est glorifié en eux. Si le Père ne nous gardait pas, il ne serait pas fidèle à son caractère de Père et à conserver ce qui lui appartient. Si le Père aime son Fils, il faut qu’il les garde, puisque Jésus est glorifié en eux. En pensant à sa fidélité, il faut que le Père garde ses enfants ; en pensant à la gloire de Jésus, il faut encore qu’il les garde. Combien il est précieux qu’il nous soit ainsi donné de connaître ce qui se passe entre le Père et le Fils à notre égard ! Jésus, en quittant les siens, les place sous les soins du Père et se place avec eux, pour ainsi dire, comme leur frère aîné.

Je vois trois caractères de la gloire de Jésus (v. 13) : la joie de communion, la joie d’obéissance, la joie d’aimer : c’est là sa joie accomplie. Il a la joie de communion : «Père, je te rends grâces... je sais que tu m’entends toujours» (Jean 11:41, 42) ; la joie d’obéissance : «Ma viande est de faire la volonté de Celui qui m’a envoyé» (4:34) ; la joie d’amour : «Levez vos yeux et regardez les campagnes ; car elles sont déjà blanches pour la moisson» (4:35). Il se réjouit de voir la moisson des âmes prête à être recueillie dans le grenier.

Il y a, au v. 14, une chose pratique. Jésus nous a donné la parole du Père ; le Père lui parlait, lui avait confié ses pensées. C’est autre chose ici que seulement la vérité. Lorsque Dieu parle, il dit la vérité, mais le Père a communiqué sa parole au Fils. Cette communication implique une parfaite confiance. Elle est une parole de grâce, comme une parole de vérité. Lorsque je prie Dieu et que, me plaçant devant mon Père, je reçois la parole, la pensée de mon Père que le Fils me communique, c’est tout autre chose que simplement la vérité.

Vous trouverez toujours, dans la Parole, le Père en contraste avec le monde, l’Esprit avec la chair, le Fils avec Satan. La parole du Père nous détache du monde. Du moment que nous avons la parole du Père et qu’elle devient notre règle et ce qui conduit nos affections à lui, impossible de cheminer avec le monde. Le monde nous hait ; il ne peut en être autrement. Je suis faible, mais je me réjouis de la haine du monde. Je bénis Dieu qu’il soit assez manifesté dans les siens pour que le monde, lui, manifeste qu’il n’a rien de commun avec Dieu. Vous êtes attaché au Père, vos affections sont auprès de lui ; le monde ne peut le supporter, puisqu’il a rejeté le Fils du Père. Le Seigneur Jésus veut que nous demeurions exposés à la haine du monde, parce que nous possédons la Parole. Cette haine du monde est un trésor. Quand le conseil des Juifs outrageait les apôtres, c’était pour eux une joie de souffrir pour le Seigneur Jésus.

Ce n’est pas tout que d’être haïs du monde, si, par la grâce de Dieu, nous en sommes là ; il faut, n’étant pas du monde comme lui n’est pas du monde, que nous soyons sanctifiés. La Parole que nous avons reçue ne nous manifeste pas seulement au monde comme n’en étant pas, mais elle nous conduit directement à Dieu. Elle forme nos coeurs d’après les choses qui sont dans un autre monde, en déployant devant nous la vérité, les richesses et la gloire de Christ. La Parole prend toutes les choses de Christ et nous sanctifie par la vérité qu’elle contient. Jésus s’est mis à part comme Fils de l’homme, afin que la vérité, la révélation de ce qu’il est, nous sanctifiât, le Saint-Esprit appliquant à nos coeurs la vérité de l’homme selon Dieu, de Jésus. Voilà notre position. Ce n’était pas seulement que Jésus n’était pas du monde ; tout ce qu’il faisait était sanctifié pour Dieu. Jésus veut que, n’étant pas du monde, nous soyons sanctifiés par la vérité, afin que nous soyons des témoins fidèles de la vérité. Tout ce que Jésus faisait, son silence, ses discours, tout en lui rendait témoignage à Dieu. Ce n’est pas notre cas, mais la vie de Jésus en nous sera toujours nécessairement un témoignage rendu à Dieu.

Le Père étant glorifié dans le Fils, nous sommes donc dans la même position : haïs du monde, sanctifiés pour le Père et, enfin, comme troisième chose, au v. 18, envoyés dans le monde, comme lui a été envoyé dans le monde, après en avoir été retirés et avoir été sanctifiés pour Dieu — envoyés dans le monde pour y manifester la grâce et la vie de Jésus. C’est là que la grâce nous place ; c’est là notre vocation. Que le Saint-Esprit nous donne de la réaliser !

 

 

 

27         Méditations de J. N. Darby    Jean 18:1-11 ; 19:25-30 : Laissez aller Ceux-ci

Genève, mai 1850    n°261 (ex 258) : ME 1954 p. 247

La pensée de Dieu et de Jésus est de nous rendre parfaitement heureux ; et bien que nos âmes aient souvent à passer par des exercices dont le but est de nous purifier et de mûrir nos âmes devant Dieu, il n’en est pas moins vrai que son intention est de nous rendre parfaitement heureux.

Et cela non seulement pour l’éternité auprès de Lui dans la gloire ; mais déjà ici-bas Il veut que nous jouissions de tous les effets de son amour. Il veut que nous goûtions la réalité de cet amour en sachant que malgré les tentations et les afflictions «rien ne nous séparera de l’amour de Dieu qui est dans le Christ Jésus notre Seigneur».

Il est vrai que si nos coeurs ne sont pas attachés à Jésus, nous ne serons pas heureux ici-bas ; Dieu nous appelle à croire et à connaître son amour dont Il a donné la preuve dans le don de son Fils. Cependant il y a des difficultés, des tentations par lesquelles Satan cherche à nous détourner et à nous effrayer ; mais le Seigneur Jésus nous a entièrement délivrés de ces difficultés, et je suis toujours plus convaincu que seule la foi en l’efficace de l’oeuvre de Christ nous rend capables de surmonter le mal. Nous ne pourrions pas jouir de cette délivrance, si la colère de Dieu n’était pas satisfaite, mais nous savons que Jésus a subi tous les effets de cette colère et l’a éteinte. À Gethsémané Il était en présence de la coupe qu’il lui fallait boire ; Il n’était pas encore sous la colère de Dieu. C’est sur la croix qu’Il s’y est trouvé, quand Il a dit : «Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ?» En Géthsémané Il n’était pas abandonné car Il s’adresse directement à son Père, et un ange aussi fut envoyé pour le fortifier. Mais là, Satan l’environnait de ses terreurs, tâchant de le séparer de la communion avec son Père ; cependant Il a tout surmonté et a pu aller avec calme au devant de tout.

Le croyant qui contemple Jésus sur la croix, buvant la coupe, trouve en cela une paix pleine et complète, et de quoi être parfaitement heureux. La colère de Dieu a passé comme un nuage qui a éclaté sur Jésus, et le soleil de l’amour de Dieu parait maintenant dans tout son éclat. Satan a cherché à empêcher l’oeuvre de Jésus de deux manières, d’abord en le tentant au commencement de son ministère, ensuite dans le jardin de Gethsémané. Au début de sa vie publique, en résistant à la tentation, Jésus a lié l’homme fort, et si l’homme avait pu être béni et entrer dans la jouissance de la bénédiction, c’était le moment : Jésus guérissait les malades, rendait la vue aux aveugles, etc. Mais l’homme n’était pas même capable de recevoir ce que Dieu lui envoyait : Christ, source de bénédiction sur la terre, a été rejeté. Quoiqu’il en soit, comme nous le savons et ne le saurons jamais assez, Jésus n’a pas reculé, car Il nous voulait dans le ciel à la fin. Voyant l’homme comme tel incapable de recevoir la bénédiction, Il a dû opérer une nouvelle création pour nous introduire dans la jouissance du ciel.

Dans Jean 18, Jésus se trouve en présence de l’ennemi et de tout ce qui pouvait cribler un homme, sauf la colère de Dieu, car Il ne la subissait pas encore, quoiqu’elle fût devant ses yeux.

«Ayant dit ces choses, Jésus s’en alla avec ses disciples au delà du torrent du Cédron, où était un jardin dans lequel il entra, lui et ses disciples». Que d’entretiens, que de communications intimes et d’épanchements d’amour n’avait-Il pas eus avec ses disciples dans ce lieu ! Judas s’y était trouvé et le connaissait bien, et cependant c’est dans cet endroit même qu’il trahit Jésus ! Chose affreuse, mais tel est l’homme !

Il est dit dans Luc 22:44 : «Et étant dans l’angoisse du combat, il priait plus instamment». Satan cherchait à obscurcir son âme, à l’ébranler, à l’accabler en Lui montrant ce qui allait arriver. Il tentait de détruire sa communion avec son Père, et c’est ainsi qu’il agit aussi avec nous, quand il travaille à nous décourager. Mais sur Jésus l’effet de tous ces efforts de Satan nous sont révélés par cette parole : «Il priait plus instamment». Satan, le Prince des ténèbres, mettait en oeuvre toute sa puissance pour le faire tomber, mais le résultat est de rapprocher toujours plus Jésus du Père, de manifester sa fidélité, de le rattacher avec toujours plus d’énergie à la volonté de son Père. C’était là sa perfection ; plus Satan le tentait, plus Il cherchait Dieu ; s’Il devait boire la coupe, c’était la coupe de son Père. Il ne recevait rien, ni de Satan, ni de Judas, mais Il recevait tout de son Père. Toute la force de Satan, ses droits sur nous, tout était détruit pour Lui.

Dans l’Évangile de Jean, c’est la personne glorieuse de Christ qui nous est présentée avant tout ; aussi voyons-nous au chap. 18, v. 4, qu’Il s’avance Lui-même et leur dit : «Qui cherchez-vous ?» C’est le berger «qui met sa vie pour ses brebis» ; «Personne ne me l’ôte», dit-Il, «mais moi je la laisse de moi-même». Il aurait pu s’en aller tranquillement, l’impuissance de ceux qui venaient pour le prendre étant ainsi rendue manifeste, mais Il s’avança pour nous garantir du mal qui sur Lui n’avait aucun empire.

Il avait déjà passé intérieurement par l’exercice de coeur dans lequel Satan le tentait, alors qu’Il prenait sur Lui les conséquences de notre position. Son âme avait été saisie de tristesse jusqu’à la mort. C’est pourquoi maintenant Il peut être tranquille devant l’ennemi. Il a déjà vaincu intérieurement ; Il ne voit dans tout ce qui l’attend que la volonté de son Père ; en l’accomplissant Il mettait les siens à l’abri par une délivrance pleine et entière.

«Quand donc Il leur dit : C’est moi, ils reculèrent et tombèrent par terre». Ils ne peuvent rien contre Lui ; Il n’est pas pris, Il se donne. Il dit encore : «Si donc vous me cherchez, laissez aller ceux-ci». Quand l’ennemi est là, Il se met à la brèche et se livre pour délivrer les siens.

Christ s’est entretenu avec son Père, il s’agit maintenant de savoir si c’est Lui ou nous qui devons être pris. Mais Il a dit : «Laissez aller ceux-ci». Son oeuvre nous rassure complètement, si nos coeurs ont vraiment saisi que Christ s’est avancé pour nous au devant de l’ennemi et qu’Il a dit : «Laissez aller ceux-ci» ; ils peuvent jouir d’une pleine paix. Il y a des tentations, il est vrai, mais il n’en reste pas moins que Jésus a dit : «Laissez aller ceux-ci». Satan n’a aucun droit, aucun empire sur nous, il a été vaincu à Gethsémané.

Nous ne réalisons pas assez tout ce que nous vaut cette parole, et il nous faut apprendre à en jouir.

«Personne ne m’ôte la vie», dit-Il ; sa victoire sur l’ennemi, dont c’était l’heure, l’avait placé dans cette paix parfaite. C’est parce que la puissance des ténèbres n’agissait que sur ses ennemis, qu’Il a dit : «La coupe que le Père m’a donnée, ne la boirai-je pas ?» Or cette coupe, la colère que nous avions méritée, était encore à boire ; mais dans le chapitre 19:28, Il dit : «J’ai soif». En cela nous voyons Jésus parfaitement tranquille. C’est afin que l’Écriture fût accomplie en cela comme en toute autre chose qu’Il dit : «J’ai soif» ; au verset 26, voyant sa mère et près d’elle le disciple qu’Il aimait, Il dit à sa mère : «Femme, voilà ton fils. Puis il dit au disciple : Voilà ta mère». Ces paroles encore nous révèlent que l’état moral de Jésus était une paix entière. Il s’occupe de sa mère ; son âme a une intelligence parfaite de tout ce qui l’entoure, et Il est en pleine paix à l’égard de toutes ces choses.

«Quand donc Jésus eut pris le vinaigre, il dit : C’est accompli. Et ayant baissé la tête, il remit son esprit». Il ne meurt pas comme tous les hommes meurent, Il rend son esprit après avoir souffert dans son âme toute l’ardeur de la colère de Dieu. Mais la coupe elle-même est maintenant vidée, car Il a vaincu Satan en affrontant toute la puissance de celui qui avait l’empire de la mort. Il se donne Lui-même pour subir la mort sur la croix comme effet de la colère et du jugement de Dieu et non comme effet de la puissance de Satan. Là Il boit la coupe et subit, sans que rien en intercepte la force, la réalité du jugement.

Nous voyons en même temps que toute la colère de Dieu est apaisée, et que la mort pour nous comme pour Jésus, c’est de rendre l’esprit. Jésus a souffert en Gethsémané et Il y a vaincu la puissance de Satan ; sur la croix Il a bu la coupe de la colère ; maintenant pour nous, la mort c’est être avec le Seigneur, et comme il est écrit : «Pour moi vivre, c’est Christ ; et mourir un gain». Toutes choses sont à nous, soit la vie, soit la mort, et rien ne peut nous séparer de l’amour de Dieu en Jésus, ni la mort, ni la vie. Si donc Satan est vaincu par celui qui croit, il ne reste plus pour nous que les effets de l’amour de Dieu qui introduit déjà l’âme dans la pleine jouissance de la grâce et qui l’introduira plus tard dans celle de la gloire.

L’oeuvre de Christ s’est appliquée à tout ce que nous sommes, et notre âme doit trouver dans la puissance de Jésus le moyen de remporter des victoires pour Lui.

Le chrétien commence sa carrière en obtenant une délivrance parfaite, et s’il a des combats ensuite, c’est pour apprendre à se servir des armes que Dieu lui a données ; pour apprendre aussi que ses ennemis ont déjà été vaincus.

Nous sommes le fruit de l’efficace de l’oeuvre parfaite de Jésus. Ne nous tenons pas pour satisfaits tant que nous n’en jouissons pas. Si Satan vient, «résistons-lui et il s’enfuira» de nous, comme il s’est enfui de Jésus après l’avoir tenté dans le désert.

Connaître Dieu dans son amour est une grâce continuelle ; je le sais par mon expérience ; il y a des combats, mais il n’en est pas moins vrai qu’en contemplant l’oeuvre de Jésus, on jouit d’une paix parfaite. Soyez sûrs que Jésus a vaincu ce qui pouvait nous empêcher d’en jouir.

Dieu est juste, c’est certain, et Il veut le jugement du mal ; mais ce jugement est tombé sur Christ, et Il n’a plus maintenant qu’à aimer. Le monde et la chair nous font encore la guerre, mais nous pouvons être heureux en Christ ; nous pouvons dire : «Mon âme s’attache à toi pour te suivre, ta droite me soutient». Voilà le bonheur !

Le Saint Esprit lui-même en nous, nous fait comprendre que l’amour de Dieu pour nous est sans bornes. Christ nous a acquis tout cela. Le Dieu d’amour a fait éclater son amour pour nous dans le don de son Fils, afin que nous vivions dans la paix, dans un esprit tranquille, et qu’en jouissant de Dieu, rien ne nous manque. Oui, dans ce pauvre monde perdu, Jésus s’est avancé afin que les autres échappent. «Laissez aller ceux-ci» ; savoir cela c’est ce qui sanctifie et qui rend parfaitement heureux.

 

 

 

28         Méditations de J. N. Darby    Jean  20

n°3 : ME 1886 p. 56

Marie de Magdala aimait Jésus, mais elle le cherchait parmi les morts au lieu de le chercher parmi les vivants. Elle vient au sépulcre, comme beaucoup d’âmes attachées au Sauveur, et y pleure. Elle n’avait pas compris la puissance du Seigneur ; elle le cherche où il n’est plus, et s’afflige. Jésus vient au-devant d’elle et parle à son coeur ; au lieu de le trouver dans la mort, elle le retrouve dans la vie, mais il doit remonter vers le Père afin d’y attendre les siens.

C’est tout premièrement à Marie de Magdala, cette pauvre femme qui avait eu sept démons, que Jésus se révèle après sa résurrection. Il fait d’elle son messager pour annoncer la plénitude de sa résurrection.

Il l’envoie vers ses frères : «Va vers mes frères». Maintenant que Jésus est dans le ciel et qu’il nous a faits enfants de Dieu, il nous appelle ses frères. Ressuscité et glorifié, il est plus près de nous et nous sommes plus près de lui qu’avant sa résurrection.

Jésus va vers son Père et notre Père, vers son Dieu et notre Dieu ; il nous met sur la même ligne que lui-même ; ensemble avec Jésus, nous sommes placés dans la même relation devant Dieu. Si je crois aux paroles de Jésus et me confie en ce qu’il m’a dit, j’accepte et je saisis cette place qu’il nous donne, et dans laquelle Dieu satisfait, non pas seulement notre amour, mais son amour à lui envers nous.

Cette espérance, effet du message qui les place comme des enfants devant Dieu, rassemble les disciples. Quand Jésus était ici-bas il gardait les siens ; il disait, non pas : «Paix vous soit», mais : N’ayez pas peur, ne craignez pas. Maintenant il dit : «Paix vous soit». Les disciples fermaient la porte aux Juifs ; ils étaient pleins de crainte devant l’homme. Maintenant ils sont pleins d’espoir quant au ciel, ayant Jésus au milieu d’eux. Ce dernier leur communique la joie et la paix de sa présence, et en même temps il les envoie dans le monde. Il n’y a point de paix dans le monde, mais le Seigneur y envoie un message de paix. Toute la force de leur oeuvre devait s’accomplir par le Saint-Esprit.

Lorsque les disciples se réunissent, ce qu’ils ont à désirer avant tout, ce n’est pas de recevoir du bien, mais c’est d’avoir la présence de Jésus et de jouir de cette présence. Ils se réunissent en communion pour goûter ensemble la présence personnelle du Seigneur au milieu d’eux.

 

 

29         Méditations de J. N. Darby    Jean  20

20 juin 1847    n°179 : ME 1911 p. 176

Marie de Magdala manquait de lumière ; elle cherchait Jésus parmi les morts, mais toutes ses affections étaient fixées sur Lui. Jésus l’avait délivrée de sept démons, de la plénitude de la puissance satanique, représentée par ce chiffre ; aussi le Seigneur était-il devenu son tout, et, lui absent, ce monde n’était pour elle qu’un sépulcre vide, auquel son affection entière pour Christ donnait ce caractère. D’autres disciples se rendent aussi au sépulcre et s’en retournent à la maison, parce qu’ils avaient un chez-eux dans ce monde. Pour cette femme, le monde n’existait pas, du moment que son Sauveur n’y était plus. Beaucoup de chrétiens, avec plus de lumière que Marie-Madeleine, n’en sont pas là. Malgré son entière affection pour Christ, il y avait cependant encore quelque présomption chez cette femme. Cela peut arriver à des âmes très sincères ; où ne trouve-t-on pas du mal, même chez les plus dévouées ? mais il est précieux de voir que le Seigneur n’en poursuit pas moins son travail d’amour envers elle. Marie pensait que Jésus lui appartenait ; elle demandait où on l’avait mis, afin de disposer de lui, et aurait voulu accomplir à son égard ses propres pensées. C’est ce qui arrive souvent. Une âme est tout occupée de Jésus selon ses idées à elle, plutôt que d’être disposée à écouter ce qu’il veut faire pour accomplir ses desseins d’amour envers elle.

Pour être reconnu d’elle, il faut qu’il l’appelle par son nom ; mais alors elle dit aussitôt : Rabboni, mon maître ! Combien il est précieux de pouvoir dire à Jésus, avec affection : Mon Maître ! — Le Seigneur se sert alors de cette pauvre femme, dont il avait chassé sept démons, comme du premier instrument, choisi pour rendre témoignage à sa résurrection. Il l’envoie vers les disciples et l’honore ainsi du premier acte, par lequel il rassemble, comme par anticipation, l’Église, au milieu de laquelle il vient apporter la connaissance des résultats de sa résurrection