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Méditations  de  J. N. Darby

 

 

 

1     Méditations de J. N. Darby    Luc  2    Gloire à Dieu dans les Lieux Très-Hauts !

2     Méditations de J. N. Darby    Luc  2:1-16

3     Méditations de J. N. Darby    Luc  2:1-20

4     Méditations de J. N. Darby    Luc  2:1-20    La Naissance du Sauveur

5     Méditations de J. N. Darby    Luc  4:1-13 : Jésus en face de l’Ennemi

6     Méditations de J. N. Darby    Luc  4:1-14

7     Méditations de J. N. Darby    Luc  4:16-44    Christ, Accomplissement des Promesses et Puissance de Dieu

8     Méditations de J. N. Darby    Luc  5:12-15

9     Méditations de J. N. Darby    Luc  7:31-50

10          Méditations de J. N. Darby    Luc  8:40-56

11          Méditations de J. N. Darby    Luc  9 : Le Royaume de Dieu

12          Méditations de J. N. Darby    Luc  9:18-45

13          Méditations de J. N. Darby    Luc  9:18-45 :  La Croix et la Gloire

14          Méditations de J. N. Darby    Luc  10:9-24

15          Méditations de J. N. Darby    Luc  11

16          Méditations de J. N. Darby    Luc  11:14-36

17          Méditations de J. N. Darby    Luc  12:13-59

18          Méditations de J. N. Darby    Luc  15 : La  Grâce  qui  cherche et  la  Grâce  qui  reçoit

19          Méditations de J. N. Darby    Luc  16:1-16

20          Méditations de J. N. Darby    Luc  17:11-19

21          Méditations de J. N. Darby    Luc  19:1-10

22          Méditations de J. N. Darby    Luc  22:1-38

23          Méditations de J. N. Darby    Luc  22:14-30

24          Méditations de J. N. Darby    Luc  22:39-46

25          Méditations de J. N. Darby    Luc  23:32-46

26          Méditations de J. N. Darby    Luc  23:33-44

27          Méditations de J. N. Darby    Luc  24:36-53 : Jésus et les siens après sa Résurrection

 

 

 

 

1              Méditations de J. N. Darby    Luc  2    Gloire à Dieu dans les Lieux Très-Hauts !

n°240 : ME 1929 p. 256

Les anges sont occupés de Lui. Ils ne s’occupent pas, du péché de l’homme. Ils ne parlent point de l’inhumanité de ceux qui laissent ce petit enfant dans la crèche. Mais, occupés de Jésus, ils voient la création délivrée du mal. Il y a là un principe important : penser à Jésus a la puissance de faire oublier même le péché. Comment me soustraire aux souillures et à toute la misère du péché ? Le seul moyen, c’est que Jésus m’occupe au point de m’empêcher de penser à ces choses. Ce n’est point là de l’endurcissement, mais le coeur qui s’affaissait sous le poids du péché a maintenant un objet qui peut le remplir, l’objet qui occupe les êtres célestes ! On ne voit que la grâce.

Le mal n’a pas cessé, ce n’est pas le paradis terrestre revenu, mais je m’occupe de l’amour de Dieu, je le vois surmontant le péché dans la pire manifestation de celui-ci, et l’ôtant. Que je contemple la crèche ou la croix, je trouve bien la haine de l’homme contre Dieu, le péché dans toute son horreur, mais combien la bonté, la grâce, l’amour de Dieu le dépassent ! Il y a, là pour moi délivrance, sanctification et joie. Et il en sera ainsi dans les détails de la vie, cela est très précieux : c’est toujours la puissance de Jésus qui délivre. Dans les soucis, les difficultés, la foi introduit Jésus, trouve là sa force, et le coeur se repose. Y a-t-il beaucoup de coeurs ici qui se reposent ? Vous ne le pourriez, ni ne le devriez, si vous avez conscience d’être au milieu du péché. Mais lorsqu’on trouve le Seigneur Jésus dans le lieu même du péché, dans ce monde, le coeur peut se reposer, rempli de sa pensée. Cela s’applique à toutes les circonstances de la vie et à tous les besoins du coeur. Dieu veuille que nous l’éprouvions davantage.

Les anges sont ainsi occupés exclusivement de ce que Dieu fait, de la venue de Jésus en grâce. «Gloire à Dieu dans les lieux très hauts !» Jamais Dieu n’a été glorifié de cette manière. En un sens, Dieu est glorifié dans la création qu’il a tirée du néant, mais ici il vient créer à nouveau ce qui avait été déshonoré par le péché. Il n’est pas seulement au-dessus du néant, il est au-dessus du mal. Alors que Satan est le prince de ce monde, la faiblesse de Dieu est plus forte que ce monde et son prince, et un enfant dans une crèche est le Sauveur ! Il trouve dans le mal même, déploiement du pouvoir de l’ennemi, l’occasion de manifester l’impuissance absolue de l’homme, et de montrer sa toute-puissance à lui. Quant à son amour, sont-ce les anges qui en sont les objets ?

C’est l’homme qu’Il visite, l’homme qui ne veut pas de Lui. Les anges ont vu dans la naissance de Jésus un amour dont ils n’avaient aucune idée. «Gloire à Dieu dans les lieux très hauts !» Dieu manifeste son amour en ce que lorsque nous étions encore pécheurs, Christ est mort pour nous. Tout était gâté, l’ennemi était venu, et il pouvait croire les plans de Dieu écartés, se réjouir que tout fût ruiné ; les anges voyaient cette ruine de ce que Dieu avait fait. Mais ici ils voient Celui qui vient pour accomplir les conseils de Dieu. Ces desseins de Dieu vont trouver leur réalisation par le fait même que le péché a tout détruit. L’homme n’y est pour rien, c’est Dieu qui est à l’oeuvre dans son amour. «Gloire à Dieu dans les lieux très hauts !» Je sais où est cet amour, je puis contempler Dieu de près : l’enfant est dans la crèche, venu tout près de moi qui ai besoin de l’amour divin. Il nous l’a apporté pour que nous en profitions, que nous le possédions. C’est là ce que les anges n’avaient jamais vu encore, et ils célèbrent Dieu comme ils ne l’avaient jamais célébré.

«Paix sur la terre !» Que Jésus fût là assurait aux anges l’établissement de la paix ici-bas. L’homme l’a rejeté (aussi ne voyons-nous pas la paix établie maintenant) et il fallait qu’Il fût rejeté pour que la paix fût obtenue. Mais ce n’est pas la question ici. Tout dépend de la présence de Celui qui est là dans la crèche. Du moment où je vois en Jésus la grâce venue au milieu des hommes, j’ai la certitude absolue de l’accomplissement des desseins de Dieu en lui, et je vois d’avance la paix sur la terre. Quel bonheur pour nos coeurs de voir les effets de la grâce en Sa personne ! Cela aussi est de toute importance en pratique. Si mon coeur s’éloigne de Jésus, me voilà occupé de moi, et il n’y a que doute et que trouble. Mais je pense à lui, me voilà assuré qu’il me prendra à lui, que je serai tel qu’il est. C’est en lui seul que j’ai cette assurance. En lui j’ai la nouvelle vie, et la gloire m’appartient. Par cette assurance je ne fais, remarquez-le, qu’attribuer à Jésus la gloire qui lui revient : le Fils de Dieu est venu dans ce monde, et comment cela n’entraînerait-il pas des résultats certains ? Il est là Lui-même, somme de la gloire, certitude de toute espérance, et c’est Lui que je possède. Les anges célèbrent la paix sur la terre en regardant à Lui : elle était renfermée dans Sa personne.

«Bon plaisir dans les hommes !» Quelle merveille ! Non seulement il y a gloire pour Dieu, paix et repos pour le coeur, mais voici que sont révélées les pensées de Dieu. Cela ne doit-il pas être une source infinie de jouissance pour moi que de connaître les pensées de Dieu ? Ayant maintenant la paix de la conscience, j’apprends à connaître le Dieu qui m’a donné cette paix, j’apprends ses pensées. Et quelles pensées ? Son bon plaisir est dans les hommes. Ce bon plaisir s’est trouvé, non dans les anges, mais dans les hommes. Il est devenu un homme dans la personne de son Fils. Il a voulu être un petit enfant dans ce monde, croître en sagesse et en stature. Le bon plaisir de Dieu est dans l’homme, j’en ai la certitude en voyant que Jésus est né homme dans ce monde. Il a visité l’homme et non les anges de cette manière. Il s’est intéressé à l’homme et il a voulu que l’homme le comprît. Si un ange veut voir l’amour de Dieu, il lui faut regarder ici le petit enfant. Voilà manifesté le bon plaisir de Dieu, toute la satisfaction de son amour dans toute son étendue. Dieu est connu, le coeur qui a connu Jésus sait où l’affection de Dieu se repose, c’est dans les hommes en la personne de Jésus, et ceux qui sont à lui participent à ce bon plaisir.

Avez-vous trouvé tout cela avec les anges, comme les bergers ? Ceux-ci montrent de la foi. «Allons voir cette chose qui est arrivée». Et ils vont voir l’enfant dans une crèche ! Cela nous met en dehors de ce monde et de tout ce qu’il admire, mais nous fait trouver la source de toute joie. Si le coeur s’égare ailleurs, il n’est point de Sauveur.

Avez-vous vu Dieu glorifié si parfaitement que votre pensée peut s’arrêter avec Lui sur un objet qui est entièrement en dehors du péché ? Votre coeur a-t-il trouvé cette paix qui n’est pas maintenant dans ce monde, mais que Christ a faite par le sang de la croix, en ôtant le péché par le sacrifice de lui-même ? C’est là ce que les anges ont célébré, et ce que je suis heureux de croire. Il est venu vers moi, et c’est quand Il a quitté les anges pour venir vers moi que ceux-ci ont pu le célébrer, mais maintenant je le connais mieux qu’un ange, qui ne peut le connaître qu’extérieurement pour ainsi dire, alors que, entrant dans le secret de son coeur, je jouis de son bon plaisir en Jésus.

Dieu vous donne de connaître, de comprendre et de savourer son amour qui a surabondé dans ce don de Jésus. Qu’Il vous donne par là de chanter Sa gloire, la paix, le bon plaisir divin, déjà sur la terre puisque c’est sur la terre que Jésus a été vu. «C’est ici la vie éternelle, qu’ils te connaissent seul vrai Dieu et celui que tu as envoyé, Jésus-Christ».

 

 

 

 

2              Méditations de J. N. Darby    Luc  2:1-16

n°83 : ME 1895 p. 354

La naissance de Jésus est un thème pour les pensées mondaines ou superstitieuses des hommes ; mais le fait est que toutes les circonstances de cette naissance sont propres à bouleverser les idées du monde. Tout l’empire romain est mis en mouvement pour l’enregistrement ordonné par l’empereur ; c’est de ce dernier que le monde entier est préoccupé et non de Dieu, et cependant, de cette circonstance ordonnée de Dieu, dépend l’accomplissement des prophéties au sujet de son Fils. Au milieu de la foule, personne n’est moins considéré que Joseph et Marie. En les estimant selon leur rang dans le monde, on les loge dans une écurie. Rien n’exprime mieux le taux d’appréciation du monde que la place donnée aux voyageurs dans une hôtellerie. Quant à Jésus, on ne trouve point de place pour lui.

Pour Dieu, il n’y a rien de grand ou de petit. Ce qui était grand pour le monde, c’était le décret de l’empereur ; ce qui était très petit, ce qu’il ignorait même, c’était le voyage de Joseph à Bethléhem ; et cependant, sans cette circonstance, rien de ce que la Bible nous dit n’aurait pu s’accomplir. C’est pour l’enfant qui va naître à Bethléhem et dont Dieu et les anges sont occupés, que tout l’empire romain est mis en mouvement, car, dans la pensée de Dieu, les passions, la politique des hommes, tout en un mot, doit aboutir à Jésus et à sa gloire.

Dieu s’est humilié, jusqu’à devenir un petit enfant, et les anges le contemplent, désirant sonder de telles choses jusqu’au fond. C’est en voyant, d’un côté, Jésus homme, de l’autre, l’amour de Dieu pour nous, qu’ils comprennent la grâce de Dieu, d’un Dieu qui va jusqu’à prendre une Marie de Magdala, possédée de sept démons, pour la faire asseoir dans la gloire de Christ lui-même. Toute la bonté et tous les conseils de Dieu se manifestent ainsi en Jésus. Où nous faut-il aller le chercher ? Le monde irait sans doute le chercher à la cour d’un roi, ou à Jérusalem, la ville sainte, mais qui songerait à l’aller trouver à Bethléhem dans une crèche ? Le signe donné par les anges que Dieu est là, c’est qu’il est couché dans une crèche, et qu’il n’y a point de place pour lui dans le monde. L’homme ne trouve pas de place pour Dieu. Quand ce dernier vient en grâce pour les hommes, il vient au milieu des bêtes d’une étable, dans la plus basse humiliation. Il faut que l’homme cherche Dieu comme il se manifeste, et non pas autrement, car ce qui le glorifie dans les lieux très hauts, c’est de s’être humilié. S’humilier, se mettre au-dessous du niveau de l’homme, était la seule chose nouvelle pour Dieu. Le résultat de son amour, c’est qu’il se fait serviteur pour nous sauver.

Le monde parle beaucoup d’ordre ; l’ordre de Dieu, c’est que son Fils naisse dans une écurie. Il commence par la crèche, il finit par la croix. Cela montre que tout était en désordre dans le monde, et que Dieu ne pouvait avoir place au milieu de ce désordre engendré par le péché.

Tout ce que l’homme reconnaît pour haut et élevé, Dieu ne peut le reconnaître ; ce qu’il place en haut, Dieu le place en bas. Et, quant aux coeurs de ceux qui lui appartiennent, impossible, quand nous voyons Jésus n’avoir pas un lieu où reposer sa tête, de nous trouver à l’aise dans un monde où il n’y a pas de place pour lui. Nous ne pouvons nous tenir que près de la crèche ou de la croix. D’un autre côté, nous voyons dans cette humiliation de Christ, l’amour de Dieu qui prend la dernière place pour nous servir, dans la puissance de son amour. Il y a une distance infinie entre le trône de Dieu et mon coeur de péché. Le Seigneur Jésus a rempli de son amour tout cet intervalle. Je vois Jésus descendre jusqu’à ce monde de pécheurs, s’abaisser jusqu’à la croix, puis remonter jusqu’au trône de Dieu, et je puis dire : Il n’y a rien entre Dieu et moi qui ne soit rempli de l’amour de Christ.

Le bon plaisir de Dieu se manifeste, en Jésus, envers les hommes (v. 14) ; la source de toutes les louanges à Dieu parmi les anges, c’est l’amour que Dieu a eu pour toi, pour moi, pauvres pécheurs. Dieu qui est amour est ainsi glorifié ; c’est en Jésus, et seulement en lui, que nous trouvons cet amour.

Ce qui attache nos coeurs à Jésus, c’est son humiliation, ce qu’il est, et ce qu’il est devenu pour nous. Cela condamne entièrement le monde, où Christ n’a pas même pu trouver la place que vous et moi nous y occupons. Quelle place désirons-nous dans ce monde, où Jésus n’en a point trouvé ? Occupons-nous toujours de cet amour qui a fait descendre Jésus dans la crèche et jusqu’à la croix !

 

 

3              Méditations de J. N. Darby    Luc  2:1-20

n°184 : ME 1912 p. 154

Il est merveilleux de voir comment Dieu agit, quand il veut s’occuper de ce monde et prendre une part dans ce qui s’y passe, et en outre quels signes il donne de son intervention.

Il n’y a aucun rapport entre les voies de Dieu et celles des hommes ; elles se contredisent même totalement. L’empereur et son édit sont pour Dieu des instruments, mais de peu d’importance. César Auguste agit en vue de ses grands desseins et de la formidable puissance de son empire, mais il est simplement, sans le savoir, un instrument de Dieu pour accomplir la prophétie, disant que Jésus naîtrait à Bethléem. Tout le train de ce monde est en dehors des pensées de Dieu. Le fait capital pour Dieu et pour son royaume, fait auquel l’empereur ne pensait pas, était la naissance de ce petit enfant. L’édit remue tout l’empire, mais, au milieu de cette agitation, et par elle, Dieu réalise et effectue calmement ses pensées.

Mais ce passage nous parle encore d’un autre point. Toute intelligence des choses de Dieu vient de la révélation que Dieu a faite de ces choses, et non des raisonnements ou de la sagesse de l’homme. Les simples vont plus loin dans cette intelligence que les raisonneurs, car Dieu agit de manière à mettre de côté toute apparence de sagesse chez l’homme. Celui-ci a bien de la peine à se soustraire à l’empire de ses raisonnements et à laisser Dieu agir. Heureux celui qui a assez saisi le but de Dieu pour s’identifier avec ce but, et n’a besoin d’autre chose que de Dieu seul ! Tel est le cas des pauvres bergers. Ils avaient peu de connaissance du but visé par l’enregistrement, mais c’est à eux que Dieu se révèle. Ils deviennent sages par la révélation de Dieu.

(v. 8-14). — La vue de la gloire de Dieu effraie toujours l’homme. Les bergers épouvantés ne peuvent douter que la gloire de Dieu ne soit là. Mais Dieu qui se manifeste ainsi, les rassure et leur révèle l’espérance d’Israël dans la personne de Jésus, pivot de tous les conseils de Dieu en grâce : Dieu lui-même se faisant chair et se manifestant au milieu de la misère et du péché de l’homme.

Tout roule ici autour du fait que Dieu est devenu chair, est devenu homme, car Adam lui-même n’était qu’une image de Celui qui devait venir et qui était de toute éternité dans la pensée de Dieu.

Le signe donné par révélation à de pauvres bergers, que toutes les promesses sont accomplies par l’intervention de Dieu dans ce monde — ce signe est un enfant dans une crèche, tout ce qu’il y a de plus faible et de plus humilié, mais Dieu se trouve là !

De telles choses sont au-dessus de la portée de l’homme, mais Dieu les met à la portée de la foi, comme signe de son intervention, et la foi les sonde et y pénètre toujours davantage.

Ce signe est une faiblesse complète : un petit enfant qui ne fait que vagir et pleurer, un petit enfant couché, faute de place, dans une crèche, quand il lui aurait fallu toutes sortes de soins, et c’est là que l’on trouve le Seigneur ! C’est là ce que Dieu choisit et nous donne comme signe ; c’est à cette bassesse que l’on reconnaît Dieu et son intervention.

Certes, l’homme n’aurait pas inventé cela ; c’est une révélation. Joseph et Marie, très pauvres, ne trouvent place qu’à l’écurie, mais, à cette occasion, la multitude de l’armée céleste loue Dieu. Rien ne peut faire éclater davantage en louanges ceux qui ont l’intelligence des pensées divines ; c’est là que les créatures célestes voient Dieu. Dieu manifesté en chair a été vu des anges. La pensée qui s’attache pour eux au nom de Jésus est : «Gloire à Dieu dans les lieux très hauts ; et sur la terre paix, et bon plaisir dans les hommes». Dieu déclare que, par sa grâce, il va trouver ses délices dans les hommes.

Nous voyons donc ici la grâce de Dieu indépendante de tout le train de ce monde. Ces choses sont invisibles, sauf à l’oeil spirituel, quand elles ne sont pas le sujet d’une révélation particulière. Qui aurait pensé à voir dans ce petit enfant, au milieu de telles circonstances, Dieu, le Seigneur, le Christ ? Dieu s’était révélé autrefois à Israël dans les flammes de feu d’un buisson, qu’elles ne consumaient pas ; ici, c’est en grâce, dans ce qu’il y a de plus faible, de plus méprisable pour le monde, mais infini pour la foi.

L’âme a de la peine à accepter cette vérité, que l’oeuvre de Dieu et de son Christ s’accomplit toujours dans la faiblesse. Paul est faible à Corinthe ; les chefs et les anciens ne voient dans les apôtres que de gens de rien, mais la force de Dieu s’accomplit dans l’infirmité. «Quand je suis faible, alors je suis fort». L’écharde dans sa chair rendait Paul méprisable ; il pensait qu’il vaudrait mieux qu’elle lui fût ôtée ; il avait besoin d’apprendre la leçon : «Ma grâce te suffit». C’est la manière de faire de Dieu, de choisir les choses faibles. Il faut que tout repose sur Sa puissance, autrement Son oeuvre ne pourrait s’accomplir. Combien nous avons de peine à croire qu’il faut que nous soyons faibles pour accomplir l’oeuvre de Dieu ! C’est qu’il faut que la force soit divine. Christ a été crucifié en faiblesse ; c’est ainsi qu’il a accompli l’oeuvre ; mais la faiblesse de Dieu est plus forte que les hommes. Cette oeuvre dure et demeure, alors que toute la terre sera secouée, ébranlée et, finalement, entièrement détruite

 

 

 

4              Méditations de J. N. Darby    Luc  2:1-20    La Naissance du Sauveur

Lausanne, 29 août 1852    n°236 : ME 1927 p. 273

Les choses ont une tout autre apparence aux yeux de la foi et aux yeux de la chair. Ce qui était grand pour les hommes, c’était Auguste, qui pouvait à son gré faire d’Hérode un roi ou le révoquer, et mettre tout le monde habité en mouvement en ordonnant que chacun allât à sa ville pour y être recensé. Or ce recensement ne fut pas même achevé, et tout ce mouvement des populations eut lieu afin seulement qu’une humble femme allât avec son fiancé pour être enregistrée à Bethléem. Les plus puissants de ce monde ne font rien, ainsi, qu’accomplir ce que Dieu a voulu. L’important à ce moment-là ce n’était en réalité ni Auguste, ni le recensement, mais le fait qu’un petit enfant naquît à Bethléem. L’éternité y est intéressée ; il n’est pas une âme, qu’elle ait vécu avant ou après, dont le sort ne dépende de ce petit enfant, et qui ne doive avoir affaire avec lui comme Sauveur ou comme juge.

Il s’agit donc pour nous de venir trouver ce petit enfant ; seuls des coeurs simples l’ont trouvé, mais ils sont en présence des anges chantant les louanges de Dieu. Tout parle là de l’état moral où nous sommes, hommes pécheurs : aussi bien toute la vie de Jésus, tous les sentiments de son coeur, jusqu’à la croix, supposent le péché autour de lui. Ce n’est pas vers l’homme innocent qu’il est venu ; sans péché l’homme n’aurait pas besoin de la grâce. Mais il est venu apporter une grâce dont l’étendue est en proportion des besoins de l’homme pécheur, et c’est pourquoi il est né au milieu des hommes dans cet état. Le voici emmailloté dans une crèche, il s’est fait petit pour moi, il est né au sein de l’extrême humilité. Il n’y avait pas de place pour le Sauveur dans l’hôtellerie, et c’est là le signe donné aux bergers : vous le trouverez là où personne n’aurait mis un enfant ! C’est le témoignage d’un amour qui dépasse tout, la misère comme l’égoïsme de l’homme, et c’est la marque que le Sauveur est là. La gloire de Dieu dans les lieux très hauts est vue. Au milieu de ce peuple qui n’a aucune place pour Dieu, Il s’est fait une place pour lui-même, au milieu des hommes et cependant mis dehors par l’homme qui ne veut pas de Dieu. Notre état moral est effrayant : non seulement je ne puis retrouver un chemin vers le ciel, mais Dieu n’a pas de place dans mon coeur, comme le monde n’avait pas de place pour Jésus dans l’hôtellerie où d’autres étaient admis ; eh bien, le Sauveur venant ici-bas accepte dans son amour parfait d’être dehors, et d’avoir là une crèche pour berceau. Cette place d’abaissement, il s’y est mis par sa puissance et par sa bonté, quand la méchanceté de notre coeur l’y a mis. Et c’est en face de ce fait précieux, le Seigneur emmailloté dans une crèche, que l’Esprit de Dieu nous amène. Il nous fait sortir du monde pour regarder à Jésus. Quelle place Jésus a-t-il dans nos coeurs ? S’Il n’y chasse pas le monde, c’est le monde qui chasse Jésus.

Dieu visite les bergers pour attirer leur coeur vers Jésus. Ils suivaient leurs occupations ordinaires qui les tenaient hors du monde agité, mais ils étaient très ignorants, et l’ignorance nous sépare de ce que Dieu fait. Mais Dieu dans sa grâce leur envoie annoncer que le Christ est né : «un Sauveur, qui est le Christ, le Seigneur». Il est l’accomplissement de toutes les promesses de Dieu ; on ne peut le trouver en dehors de Lui, car l’Homme innocent n’avait pas besoin de promesses, et l’homme pécheur n’a aucun droit à en jouir, tout est dans le second Adam. Si Dieu avait donné des promesses à Abraham et au peuple lorsque celui-ci était en relations reconnues avec Lui, toutes ces promesses sont en Christ, et toutes sont amen en lui. Pour que le pécheur y ait part, il faut la grâce, par laquelle Dieu se montre au-dessus du péché. Le lépreux disait à Jésus : Si tu veux, tu peux me rendre net. Jésus dit : Je veux. Dieu seul peut parler ainsi, et chasser le péché en touchant le lépreux sans être souillé. Dieu a employé tous les moyens possibles pour mettre en évidence cette vérité qu’il est impossible que le Dieu de sainteté entre en relations avec le pécheur sans la grâce qui le sauve ; et pourtant, que de personnes prétendent être en relation avec Lui autrement que par la grâce souveraine ! Dieu a fait passer l’homme par toutes les circonstances on l’on peut le supposer en relation avec Lui, et toujours il a été démontré que cela était impossible à cause du péché. Et c’est dans cet état qu’il nous visite ! De sorte que la démonstration suprême a été celle-ci : lorsque le Fils de Dieu est venu visiter l’homme, il n’a point trouvé de place. Mais il a montré en même temps que l’amour qui était en Lui était supérieur au péché qui était en l’homme.

L’homme ne s’occupe pas du petit enfant, mais tout le ciel est en émoi et s’en occupe. Les anges chantent. Remarquez qu’ils ne disent rien de la gloire céleste de Christ ; ce n’est pas ce sujet-là qui fait résonner le cantique : Gloire à Dieu dans les lieux très-hauts ! Il ne s’agit point de la venue de Jésus en gloire sortant du ciel pour juger le monde. Ce qui émeut le ciel, ce n’est pas un fait céleste, c’est quelque chose qui nous regarde, nous les hommes, ici-bas, c’est l’amour de Dieu envers nous, c’est l’enfant qui est né, c’est la présence de Jésus sur la terre.

 

 

 

5              Méditations de J. N. Darby    Luc  4:1-13 : Jésus en face de l’Ennemi

Lausanne, 12 septembre 1852    n°273 (ex 268) : ME 1963 p. 324 et ME 1968 p. 319

«Satan se retira de lui pour un temps». Je désire examiner, parallèlement à la tentation qui nous est relatée ici, quelle a été l’autre occasion dans laquelle Satan s’est présenté au Seigneur, et considérer comment Jésus a remporté une victoire finale : tout ce qui était entre nous et Dieu, Il l’a traversé, et nous sommes dans la paix qu’Il nous a acquise.

Le premier fait du ministère de Jésus, c’est une rencontre avec Satan. Il est en présence de l’ennemi de nos âmes, celui qui enchaîne l’homme, le rend tellement ignorant de Dieu qu’il l’oublie et devient comme une bête brute. Sous sa puissance l’homme tombe dans un état de folie complète, puisqu’il oublie Dieu, c’est-à-dire la chose la plus importante, pour les affaires du moment. Le fou a de l’intelligence, mais mal dirigée, elle est en activité à faux. Voilà l’homme ; il passe sa vie à des joujoux d’enfants, au lieu de s’occuper de la seule chose vraie, et Satan emploie ces joujoux pour entretenir cette folie qui oublie Dieu et pour tromper l’homme par ses convoitises. Mais d’un autre côté, Satan a l’empire de la mort, et il manie cette épée terrible — qui est en même temps le jugement de Dieu — vis-à-vis de la conscience, comme un moyen de séparer l’homme de Dieu. Par la crainte de la mort, il peut tenir l’homme en esclavage et éloigner complètement son coeur de Dieu. Ainsi il a l’empire du plaisir et l’empire de la mort. Il place les tentations, les plaisirs, entre l’âme et Dieu, et s’il ne réussit pas il place devant l’homme la mort et ses terreurs. Et l’homme, en face de ces choses, veut tout, excepté Dieu ; la mort fait peur, car il y a là le jugement de Dieu. La mort est entrée dans le monde par le péché, et elle porte ce caractère d’une condamnation ; pour l’homme pécheur, jugement et condamnation sont la même chose : si la mort existe, c’est parce que l’homme est pécheur, et le jugement est nécessairement la condamnation. «N’entre pas en jugement avec ton serviteur, car devant toi nul homme vivant ne sera justifié» (Ps. 143:2). Ainsi l’homme est entraîné par le monde dont Satan est le prince, et il préfère, par crainte de la mort, avoir affaire à Satan qu’à Dieu.

Le Seigneur Jésus est venu, Il s’est placé en face de toute cette puissance de Satan, et, se présentant comme un homme, Il lui a permis de faire tout ce qu’il pourrait contre Lui. Satan a employé contre Lui successivement ses différentes armes. Au commencement, il n’emploie aucune frayeur ; c’est ce que nous trouvons ici. Il cherche à l’entraîner hors de la volonté de Dieu par des choses agréables ; mais Jésus n’a pas voulu même satisfaire sa faim sans la volonté de Dieu. Satan est vaincu par cette obéissance, et il se retire de Lui «pour un temps». À la fin, Satan est venu dans le second de ses caractères, pour jeter le trouble, l’angoisse de la mort dans l’âme de Jésus, et l’empêcher ainsi d’accomplir la tâche que le Sauveur avait entreprise. C’est alors que celui-ci déclare : «Le chef de ce monde vient», et : «Mon âme est saisie de tristesse jusqu’à la mort».

Telles sont les deux occasions où Jésus a rencontré Satan : au désert, et à Gethsémané (Ce n’est pas à la croix : Il s’adresse ici à son Père ; ce qu’Il montre, ce n’est pas la frayeur de l’homme, qui accable le coeur et le rend incapable de servir Dieu, mais c’est l’obéissance ; sur la croix Il a porté le jugement de Dieu pour nous délivrer non de l’ennemi, mais de la justice de Dieu). Dans les deux cas Jésus a triomphé, opérant la délivrance pour nous. C’est une délivrance complète. Maintenant nous qui en sommes les objets nous possédons en tout temps le Saint Esprit pour employer la parole de Dieu afin que Satan ne nous touche pas, et pour le chrétien en tant que chrétien la mort même est un gain, elle n’apporte plus aucune frayeur ; remettre son esprit à Jésus ne cause aucun effroi.

Il vaut la peine de considérer attentivement ce que Jésus a fait pour nous donner une délivrance aussi merveilleuse.

Quand Jésus est venu, Il nous a rencontrés dans un état de péché épouvantable, Il s’est trouvé en face non seulement de la folie de l’homme, mais de son inimitié contre Dieu, à ce point que, parce que Lui venait pour plaire à Dieu en toutes choses, l’homme ne devait pas vouloir de Lui : la pensée de la chair est inimitié contre Dieu.

Au désert, première victoire. Satan place devant Jésus tout ce que l’homme peut rencontrer dans ce monde, faim, objets pour les convoitises, etc... Jésus se présente absolument dans les circonstances où l’homme se trouvait. Adam a été tenté dans l’innocence, et dans la jouissance de ce que Dieu lui avait donné. Jésus n’est pas venu pour l’homme dans cet état-là, mais Il vient lorsque l’homme est dans la misère, l’affliction, et Il se place en présence de Satan dans ces circonstances. Jésus, après quarante jours, a faim ; mais Il n’a pas de parole de Dieu pour faire du pain de ces pierres. Le Fils de l’homme a droit au monde entier, et Satan vient lui dire : Tu n’as pas besoin de tant de souffrances pour l’acquérir, reconnais-moi, et je te donne tout. Enfin Satan emploie la parole de Dieu elle-même pour le faire douter de la fidélité de Dieu. Si je reste dans le chemin de l’obéissance, je suis sûr de la fidélité de mon Père, et je n’ai pas besoin d’en faire l’essai ; essayer si Dieu sera pour nous ou non, ce n’est pas, comme on le dit, aller trop loin dans le chemin de la foi, c’est l’opposé de la foi, c’est tenter Dieu.

Jésus n’a pas dit : Je suis Dieu, va-t-en. Cela n’aurait été pour nous ni un secours ni un exemple. Il a cité la parole donnée à l’homme, en homme obéissant, et l’homme fort a été vaincu. Satan a gardé l’homme esclave par ses convoitises, mais Christ a vaincu Satan parce que l’obéissance était dans le coeur de Christ, et que désobéir l’eût détaché de son Père, privé de la joie de la communion avec Lui. L’homme fort n’avait pas d’armes qui pussent atteindre le coeur de Jésus. Son impuissance ayant été rendue manifeste, Jésus a commencé à piller ses biens, guérissant les malades, ressuscitant les morts, détruisant toutes les oeuvres du démon. «Lève-toi», dit-il à la fille de Jaïrus ; Il rend la vie au fils de la veuve ; Il nettoie le lépreux... Tous les signes de la puissance de Satan sur l’homme disparaissent. Un seul mot du vainqueur de l’homme fort suffit. Satan est impuissant devant le Seigneur Jésus ; il dit : «Ne me tourmente pas avant le temps». De sorte que si l’homme avait reçu Jésus, Jésus aurait pu ressusciter Abraham, Isaac et Jacob, comme tous les autres, Il aurait pu rendre l’homme heureux dans ce monde par la grâce du Fils de Dieu venu pour détruire les oeuvres du démon. La mort ne peut résister à la puissance de cette parole. Voilà le bonheur sur la terre. Pénurie, maladie, démons, mort, tout disparaît. L’homme malheureux et enchaîné par Satan est délivré.

Tel est l’effet de cette première victoire de Jésus. Satan rendu impuissant, le monde pouvait devenir le séjour du bonheur !

Mais c’est maintenant que nous allons voir ce que c’est que le péché, — quelque chose de beaucoup plus grave que d’être sous la puissance de Satan par les convoitises. Si c’était une joie pour l’homme de voir ses maladies, ses maux divers disparaître dès que Jésus s’occupait de lui, lorsque Jésus dévoile les pensées de Dieu à l’égard du coeur de l’homme on n’en a pas voulu. Il est allé de village en village amener le bonheur sur la terre de la part de Dieu, et on l’a chassé de village en village. Les Gadaréniens l’ont renvoyé : ils s’accommodaient d’une légion de démons mais d’un seul Seigneur, jamais ! L’homme est sous les chaînes de tous ses péchés, le Seigneur vient, et ce que l’homme ne peut réussir à détruire, Lui le fait ; mais c’est là la preuve d’une puissance qui est plus intolérable au coeur de l’homme que la puissance de Satan, et le monde n’en veut pas !

Un tel refus montre la misère de l’homme bien plus que ne le font tous les maux dont il souffre. Alors que Christ aurait pu faire du monde le séjour du bonheur et de la paix, l’homme n’en a pas voulu du moment que c’était le Seigneur qui le faisait. Voilà ce que c’est que le péché dans le coeur de l’homme. Il n’y a pas seulement esclavage, mais c’est la pensée même de la chair qui est inimitié contre Dieu. La raison, la source du mal est en nous qui ne voulons pas Dieu, et qui ne pouvons pas nous délivrer de cette nature rebelle.

Jésus s’occupe de l’homme qui en est là, si bas, si loin, si misérable, et Il va de nouveau à la rencontre de Satan. Mais il s’agit du péché, et cette fois Satan semble se ranger du côté même de Dieu, car il y a là le jugement de Dieu. Si l’homme cherche ainsi sa satisfaction au-dessous de l’homme, c’est qu’il n’a pas voulu ce qui est au-dessus de l’homme, et Dieu l’a abandonné à la souillure parce qu’il a préféré la souillure à Dieu. L’homme peut-il être sauvé ? C’est la deuxième partie de l’oeuvre de Jésus. Du moment qu’il s’agit de rencontrer Dieu, il trouve la frayeur de la condamnation et de la mort prête à se placer entre lui et Dieu. Satan fait valoir cette frayeur : le pécheur ne peut se présenter devant Dieu. Il ne peut le voir que comme un juge, et la mort est là pour l’écraser ; devant elle il est comme un voleur en face du gendarme qui va le conduire devant le tribunal. Pour sauver l’homme il a fallu que Jésus se présentât devant Satan qui manie cette arme terrible : la frayeur de la mort. Il n’a pas reculé. Il ne fallait rien moins que la grâce souveraine, absolue, pour venir ainsi chercher et prendre là l’homme pécheur, comme il ne fallait rien moins que l’oeuvre de la croix pour le racheter et l’introduire auprès de Dieu sur un pied entièrement nouveau. C’est lorsqu’elle a été clairement manifestée comme indispensable que Jésus se présente pour l’accomplir. Les circonstances de sa vie, et des derniers jours particulièrement, montrent en effet d’une manière frappante que le péché dans l’homme est sans remède. Ses amis l’abandonnent, c’est l’opposé de ce qu’un ami devrait être : Judas trempe au plat avec lui et le trahit ; le sacrificateur, au lieu d’intercéder, accuse ; le juge, au lieu de justifier l’innocent, le livre. Chaque homme agit contrairement à ce que son caractère ou sa position l’appellent à être. Il est le jouet du mal ; Jésus à Gethsémané dit : «C’est ici votre heure et le pouvoir des ténèbres». Mais ce précieux Sauveur a tout accepté, Il s’est placé dans l’état désespéré où nous étions. Pour nous, impossible de vaincre, de nous échapper, de nous soustraire à cet état ; Christ a voulu le faire pour nous, et Il vient lui-même se placer là. Telle est sa grâce infinie : quand l’homme a été démontré entièrement méchant et inimitié contre Dieu, Jésus a voulu le sauver et l’introduire dans la présence de Dieu, où le mal ne peut pas entrer.

Le voici en présence d’une telle oeuvre à accomplir. Il est là dans l’agonie, dans le combat, avec toute la puissance de la mort pesant sur son âme. Il s’y place lui-même. Satan, qui s’était retiré pour un temps, revient, et Jésus se livre complètement à la puissance de l’ennemi. Mais Il est là en perfection. «Père, dit-il, s’il est possible, que cette coupe passe loin de moi...». Au lieu que Satan réussisse à placer cette frayeur entre son âme et Dieu, Jésus place cela devant son Père en obéissance. Il ne pouvait pas aimer la colère de Dieu ni la mort. Sa piété lui en faisait sentir toute l’horreur, ce que notre folie nous empêche de sentir ; mais Satan n’aboutit qu’à le faire aller, pour prier, vers son Père, et à prendre la coupe de la main de son Père. Il ne la prend pas de celle de Satan, ni de Judas, ni des sacrificateurs, mais de la main de Dieu, comme juste jugement du péché dont Il vient se charger. Si Satan avait pu réussir, l’homme était perdu à tout jamais. Mais tout ce que Satan fait, c’est de le pousser plus près de Dieu, et Il prend la coupe de la colère et non de la tentation. Il traverse la puissance de Satan, et, au lieu que Satan puisse lui cacher la colère de Dieu ou l’effrayer en l’étourdissant, Il va se placer droit devant cette colère de Dieu, prêt à la subir pour nous, mais sans qu’il y ait rien entre Dieu et lui. Il s’est placé où nous sommes. Nous sommes des pécheurs devant la colère de Dieu, et Satan peut nous étourdir là-dessus ; mais Christ est allé se placer où nous sommes, sans voile, sans Satan, sans frayeur autre que la colère de Dieu lui-même. Le péché nous avait placés là, et c’est la plénitude de l’amour de Jésus qui l’y conduit. Puis, ayant pris la coupe, Il l’a bue sur la croix, quand Il s’est écrié : «Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ?» Ensuite Il en a fini avec le péché, le monde, le combat, la douleur ; l’heure est venue où Il est passé de ce monde à son Père, et, remettant son esprit à son Père, Il a pris place dans la perfection de la lumière d’un autre monde. Mourant à la mort et au péché, vivant à Dieu, quittant cette scène où Satan exerce sa puissance, Il entre dans une autre où Il est tout à Dieu. Et c’est là qu’Il nous introduit. Il ôte pour nous la frayeur, la colère de Dieu, parce qu’Il a bu la coupe, et en vertu d’une nouvelle vie Il nous place au-delà de toute question de tentation, de jugement, de puissance de Satan. Ce terrible débat entre la vie et la responsabilité qui a commencé au jardin d’Eden, Christ l’a résolu. Il a subi les conséquences de la malédiction et Il devient, par delà la malédiction, la puissance de vie pour nous. Tout ce que le péché pouvait faire contre lui a été fait, mais la vie a passé outre, la question de notre responsabilité a été entièrement vidée. Il n’est rien de ce que le péché a introduit dans le monde que Christ n’ait traversé en grâce, et Il se trouve au delà, victorieux, dans la lumière. Quelle délivrance Il a opérée, quel amour que le sien ! Quoi que cela lui ait coûté, rien n’a été de trop pour son amour ; son amour a été le plus fort, et a tout traversé. Il s’était fait homme pour souffrir, et Il était Dieu pour être capable de tout souffrir.

Êtes-vous maintenant en sa présence, sauvés ? Jouissez-vous de cette rédemption que Jésus a effectuée, telle que l’exigeait l’état de l’homme ? Avez-vous cru à cette rédemption ? Vos âmes sont-elles en liberté parce que Jésus est dans le ciel, selon la puissance de la vie divine, après avoir tout traversé et être sorti victorieux ? C’est la liberté selon laquelle Christ nous affranchit. Vos âmes ont-elles goûté que le Seigneur est bon ? En croyant en Lui vous jouirez de tout cela. «Tu as oint ma tête d’huile, ma coupe est comble», peut dire le racheté.

Quand il saisit Celui qui a accompli une telle oeuvre, le coeur s’attache à Lui. On aura des combats ici-bas, mais on jouit de son amour, on en connaît le prix, et la fidélité, et, dans la certitude de la perfection de la délivrance opérée par Lui, on marche avec l’espérance sûre qu’Il nous prendra bientôt à Lui dans la Maison du Père.

 

 

6              Méditations de J. N. Darby    Luc  4:1-14

n°186 : ME 1912 p. 352

Il était nécessaire que le Seigneur Jésus, le Fils de l’homme, le second Adam, fût tenté comme le premier. Il a dû l’être, afin qu’il fût victorieux comme second Adam, car il n’aurait pu se prévaloir de sa victoire et de sa puissance, s’il n’était entré dans le combat. Notre péché avait donné à Satan le droit de mettre Jésus à l’épreuve ; mais, à part cela, cette épreuve eut lieu, afin qu’il pût sympathiser avec nous. Pour compatir à nos infirmités, il a dû être tenté en toutes choses, comme nous, à part le péché.

Adam innocent fut induit en tentation par sa faiblesse qui le porta à écouter l’Ennemi ; nous avons, de plus que lui, dans notre coeur, les mauvaises convoitises par lesquelles Satan nous amorce. Jésus est venu, par amour et par obéissance, au point où notre désobéissance nous avait placés. Seulement nous sommes tentés par notre propre volonté et par le péché, tandis que Jésus a été conduit par le Saint-Esprit dans le désert pour y être tenté. Il y avait entre ces deux tentations un contraste absolu, car c’était la grâce qui conduisait l’Agneau de Dieu pour le mettre aux prises avec la puissance de Satan.

Moïse a jeûné quarante jours, Élie a fait au désert un repas qui lui a donné de la force pendant quarante jours ; mais si Moïse et Élie ont dû jeûner quarante jours, c’était pour rencontrer Dieu. Ici, nous avons tout autre chose : Jésus jeûne quarante jours pour rencontrer Satan. Moïse jeûnait par l’énergie de Dieu qui le soutenait d’une manière surnaturelle pour le rendre capable de recevoir la loi de la main de l’Éternel. Les circonstances d’Élie étaient différentes ; il atteignait la fin de l’économie commencée par Moïse avec Dieu et qu’Israël avait enfreinte dès le premier moment en faisant le veau d’or. Élie, comme plus tard Jean-Baptiste, prêchait au peuple la repentance et lui rendait témoignage pour le ramener au vrai Dieu ; et, voyant que la repentance ne pouvait pas sauver Israël, il revint, en désespoir de cause, à Horeb, au Sinaï, la montagne de Dieu. Alors Dieu lui révèle qu’il s’était réservé en grâce 7000 hommes. Mais, qu’il s’agît d’entrer en relation avec Dieu sur le pied de la loi, ou sur celui de la repentance, l’homme ne le pouvait que s’il était extraordinairement soutenu de Dieu.

Jésus, au contraire, était habituellement avec Dieu ; la force de Dieu était sa vie, mais il devait être placé dans la plus extrême faiblesse, comme séparé extérieurement de Dieu, afin de rencontrer Satan, et non, comme Moïse ou Élie, séparé de l’homme pour rencontrer Dieu.

Comme second Adam, il vient donc, en grâce, visiter les hommes dans leur état de péché, et quand ils ne sont que pécheurs. Il entre dans les circonstances où l’homme pécheur se trouve, reconnaît sa ruine et son absolue faiblesse, et se place en face de Satan afin de manifester que, pour l’homme, la puissance de Dieu se trouve dans l’obéissance. Il descend ainsi en grâce jusqu’au niveau des circonstances de l’homme pour être tenté, reconnaissant que l’homme est sous la puissance de Satan, mais voulant être tenté et combattre pour lui et vaincre l’Ennemi par l’obéissance.

C’est par l’obéissance d’un homme que Satan est vaincu, et cela nous sert d’exemple. Les réponses que Jésus lui fait sont des réponses d’homme et nous montrent comment nous devons nous y prendre pour remporter la victoire sur l’Ennemi.

L’évangile de Matthieu nous fait ce récit en suivant l’ordre historique (les pains, le temple, la montagne) et termine par les paroles : «Va arrière de moi, Satan !» Luc omet ces dernières pour présenter les faits dans l’ordre moral, rapportant en dernier lieu la tentation, la plus subtile de toutes (Les pains, la montagne, le temple).

La première tentation invite l’homme à satisfaire à sa manière les besoins de la chair. La seconde est plus subtile. Bien des personnes qui ne voudraient pas de la première, désirent cependant avoir une place convenable dans le monde. Jésus avait le droit de posséder le monde, mais pour cela il lui fallait abandonner Dieu. En dernier lieu, Satan se sert des promesses pour tenter Jésus. Il le traite de Fils de Dieu et le pousse à agir selon sa propre volonté, en se basant sur ces promesses. Cette tentation est la plus subtile de toutes.

Jésus agit dans une parfaite obéissance ; il ne veut pas faire sa volonté, même pour se nourrir. Tout en lui était obéissance ; c’était pour obéir qu’il ne montait pas à Jérusalem (Jean 7:8), puis, pour obéir, qu’il montait y mourir. Quand la volonté de Dieu nous est révélée, nous pouvons aller de l’avant avec une parfaite certitude (Jean 11:6-8). Dieu est là, si seulement nous obéissons.

Quand Satan nous offre le monde, c’est afin que nécessairement l’hommage lui soit rendu. Jésus lui répond par l’obéissance : «Il est écrit». Il est des tentations très grandes, malgré que leur caractère satanique soit très évident et les fasse aisément reconnaître ; mais l’âme, quand elle se trouve devant elles, sent sa faiblesse et n’a de ressource que dans l’obéissance. Les avantages mondains, l’amitié du monde, nous sont offerts, mais les accepter ne serait pas l’obéissance et je perdrais Dieu.

Dans la dernière tentation, Satan présente la Parole, mais en la tronquant. Vouloir obtenir les promesses de Dieu hors du chemin de l’obéissance, c’est manquer de foi. Jésus répond : «Tu ne tenteras pas le Seigneur, ton Dieu», c’est-à-dire, tu ne douteras pas que Dieu ne soit avec toi. Tenter Dieu, c’est le mettre à l’épreuve, parce qu’on n’est pas sûr qu’il soit avec nous. Les Israélites, après avoir refusé d’entrer en Canaan quand Dieu l’es y invitait, voulurent s’y rendre ensuite quand Dieu le leur défendait, afin d’essayer si Dieu ne serait pas avec eux (Deut. 1:26, 42). C’était tenter Dieu ; mais la hardiesse qui compte sur Dieu dans le chemin de l’obéissance n’a jamais ce caractère.

Christ a passé victorieux par les tentations les plus subtiles. Satan le laisse pour un temps, mais revient à la fin, toujours pour l’empêcher de suivre le chemin de l’obéissance. Dans le premier cas, le Seigneur lie l’homme fort pour piller ses biens ; dans le second, il prend la place de l’homme coupable pour subir la mort et le jugement ; alors Satan revient pour le dissuader, par l’effroi, d’entreprendre cette oeuvre. Venu une première fois lui présenter tous les royaumes de la terre pour le tenter, il revient à la fin avec tous les royaumes de la terre contre Lui, pour l’effrayer, mais il ne l’empêche pas de se charger de la croix. Tout est dans ce moment-là contre Celui qui obéit, mais il n’hésite pas à prendre le chemin des souffrances, parce que l’obéissance l’y conduit. C’est par elle que sa grâce sort triomphante de ces deux tentations.

Nous aussi, nous trouvons, par grâce, dans l’obéissance, la force qui se glorifie dans notre infirmité. Notre Sauveur a entièrement renoncé à sa volonté, et c’est la place à laquelle son exemple nous convie.

 

 

7              Méditations de J. N. Darby    Luc  4:16-44    Christ, Accomplissement des Promesses et Puissance de Dieu

Lausanne, 16 septembre 1851    n°228 : ME 1924 p. 289

Deux choses ressortent de ce que nous venons de lire et je désire vous en faire remarquer les conséquences. La première est que Christ est venu en accomplissement des promesses. Quelque précieuses que soient des promesses comme aide le long du chemin, et quelque glorieux qu’en soit le résultat, ce qui nous est présenté ce ne sont plus des promesses, mais leur accomplissement. Je puis désormais, et c’est là chose nouvelle, être avec Dieu dans la pleine certitude de son amour révélé en Christ, je ne me fonde pas sur des promesses seulement, mais sur cette révélation parfaite. La seconde chose, c’est que, Christ étant venu, la puissance du Seigneur lui-même est là, Il la fait valoir, elle s’exerce en notre faveur, et tout ce qui s’oppose à elle est absolument impuissant. De sorte que notre ressource est : «Ma grâce te suffit, ma force s’accomplit dans l’infirmité»

 

1

 

Abraham a reçu des promesses, et il a vu les choses de loin, mais il n’avait pas la possession de «ce qui avait été promis, Dieu ayant en vue quelque chose de meilleur pour nous». Jésus peut dire à ses disciples : «Plusieurs prophètes et plusieurs justes ont désiré de voir les choses que vous voyez, et ils ne les ont pas vues, et d’entendre les choses que vous entendez, et ils ne les ont pas entendues». Mais il dira aussi, ne l’oublions pas : «Bienheureux ceux qui n’ont point vu, et qui ont cru», et c’est dans cette dernière consolation que nous avons une paix parfaite. Ce qui a tout changé, c’est que Christ est venu. «Les yeux de tous ceux qui étaient dans la synagogue étaient arrêtés sur lui. Et il se mit à leur dire : «Aujourd’hui cette écriture est accomplie, vous l’entendant». Voilà la parole, et me voici ! Abraham avait pu tressaillir de joie à la pensée qu’Il viendrait, mais maintenant Il est venu. La réalité est mieux que l’espoir ; être hors de prison est mieux qu’espérer en sortir bientôt. L’Écriture annonçait : «Maintenant cette écriture est accomplie».

Désormais le croyant possède Jésus. Il ne dit plus : Il viendra, comme tous les fidèles depuis Adam ont dû dire. Mais : «Maintenant, Seigneur, tu laisses aller ton esclave en paix... car mes yeux ont vu ton salut», dit Siméon. Nous possédons le Seigneur ; nous le possédons même mieux que lorsqu’il était sur la terre, car, dit-il, «il est avantageux pour vous que je m’en aille». En parlant à un croyant je puis dire : Le Messie est venu, il a pris place au milieu de nous ; tout est renfermé dans ce simple fait : voici le Sauveur lui-même. Il a accompli la rédemption, et tout ce qui était nécessaire pour que nous fussions entièrement purifiés. Ce n’est pas une promesse, mais un fait, et sur lequel il n’y a pas à revenir ; Il ne peut mourir de nouveau. Il n’est plus question de promesse ni de prophétie, mais quant au coeur, quant à l’âme, Dieu m’a donné la vie éternelle, et cette vie est dans son Fils, et celui qui a le Fils a la vie (1 Jean 5:13). Il n’y a pas d’autre objet pour la foi, croire autrement ne serait pas croire : ce serait renier le Sauveur que de ne pas considérer sa venue et son oeuvre comme des réalités. Le possédant, je possède la vie éternelle, cette vie qui était auprès du Père et qui a été manifestée (1 Jean 1:1-2). Quel repos, quelle paix, quelle certitude pour le coeur ! Celui qui est le pardon, la vie éternelle, le salut, est là, je le possède, et je trouve en Lui plus que ce qui était manifesté lorsqu’Il lisait dans la synagogue de Nazareth.

La conséquence pratique de cela est d’une immense portée. Au lieu de dire : J’espère, je dis : Je sais que Dieu m’aime ; j’ai avec Dieu une communion fondée sur ce qu’Il est en amour pour moi ; je puis me tenir en sa présence, Christ m’a purifié. Dieu m’aime, car Il a donné son Fils. Telle est ma relation chaque jour avec celui qui m’a sauvé ; j’ai communion avec le Père et avec son Fils Jésus-Christ ; son Esprit me fait jouir ainsi de la faveur de Dieu. Je puis le bénir, le louer, être rassasié de moelle et de graisse, parce qu’entre moi et Dieu il n’y a que Christ, preuve éternelle que Dieu m’a aimé, et d’un amour sans bornes. Comment le coeur ne trouverait-il pas là son repos ? Dieu ne m’a pas envoyé un message, Il est venu Lui-même en la personne de son Fils. C’est à Lui que j’ai affaire ; je ne sais pas seulement que je suis sauvé, mais Lui-même est venu me dire : Je t’aime. Je réponds : Je crois. Son amour est la force de mon coeur, c’est comme s’il parlait entre moi et Dieu. Je ne puis pas vivre avec Dieu d’une autre manière que dans une confiance illimitée en son amour. Je me vois faible, mais Lui ne manque jamais, et ma communion est établie avec le Père et avec son Fils Jésus Christ. Telles sont nos relations avec Dieu ; le croyant ne peut en connaître d’autres que celles fondées sur l’amour parfait manifesté dans le don de Jésus sur la croix. Tout, je le répète, se résume en ceci : il n’y a pas entre moi et Dieu d’autre pensée que celle qu’Il est amour.

 

2

 

S’il s’agit de marcher, d’une manière conséquente, nous trouvons au dedans la faiblesse, au dehors les tentations. Alors interviennent des promesses, sans doute : «Je ne t’abandonnerai point», etc. Mais là encore il y a plus que des promesses : «Ma grâce te suffit, ma puissance s’accomplit dans l’infirmité». Il est avec moi, sa puissance est là. Satan peut m’entraîner, mais la puissance de Dieu est plus forte que l’Adversaire ; il est un ennemi vaincu. «Résistez au diable, et il s’enfuira loin de vous». Résister ! Mon méchant coeur le peut-il ? Hélas, un bon désir ne suffit pas, il faut la puissance, et je n’en ai pas ; il me faut, à chaque moment, une autre puissance qui vienne à mon secours. Mais Jésus est le même, Il nous aime, et pour nous Il est allé à la rencontre de l’ennemi et du jugement de Dieu, de sorte que nous avons avec nous, pour nous, toute la puissance que Jésus peut exercer. Nous avons à demander à Dieu la grâce de penser à Lui plus continuellement ; Lui pense à nous, même quand nous l’oublions, comme un bon père vient au secours de son enfant tombé et n’attend pas qu’il se relève pour intervenir.

Que surviennent les combats, les tentations, les difficultés, Jésus est toujours là avec nous. C’est ce que montrent les signes qui confirment ses paroles dans notre chapitre. Voici un homme possédé d’un démon : la puissance qui est là rend Satan impuissant. Encore une fois il ne s’agit pas de promesse ni d’espoir en la venue d’un libérateur. Il est là, et voilà ce que nous trouvons en lui : la délivrance. C’est un Sauveur qui est venu et qui a accompli toute rédemption, et mon âme est placée dans la jouissance de sa puissance et de son amour. Il a mis en nous ses affections, c’est la grâce, cette grâce qui nous est montrée ici, en Naaman le Syrien et dans la veuve de Sarepta, franchissant toutes les barrières pour aller partout où est le besoin. Par elle nous avons la jouissance actuelle de l’amour de Dieu versé dans nos coeurs par le Saint Esprit qui nous a été donné. Il faut de la vigilance, nous avons des ennemis spirituels dans les lieux célestes mêmes, mais la grâce est là, elle nous suffit, la puissance du Seigneur s’accomplit dans l’infirmité.

Telle est la précieuse réalité présente. Dans l’avenir, il reste une chose, une seule, c’est de Le voir tel qu’Il est, et c’est ce que le coeur désire. Dans la Jérusalem céleste, la gloire de Dieu éclaire la sainte cité, mais c’est Jésus qui en est la lampe.

Que Dieu nous donne de tenir notre coeur près de Lui, que notre vie actuelle se passe dans la jouissance de l’amour divin, et soit une vie de communion avec cet amour. Et qu’il nous donne de réaliser la pleine suffisance de sa grâce, en attendant que le Seigneur vienne afin que là où Il est, nous y soyons aussi avec Lui !

 

 

 

 

8              Méditations de J. N. Darby    Luc  5:12-15

n°105 : ME 1897 p. 95

Ce passage nous présente une guérison complète, opérée par le Seigneur Jésus, la guérison d’un mal qui chassait l’homme de la présence de Dieu et de la société de ses enfants. Jésus l’opère par sa seule parole. Le lépreux ne pouvait demeurer dans le camp et encore moins s’approcher du tabernacle.

Le péché nous est dépeint de plusieurs manières : il nous paralyse ; c’est une mort ; ici, il nous empêche d’entrer dans la présence de Dieu. Si Dieu veut nous bénir, ce ne peut être qu’en sa présence. Adam, quand il a péché, se cache de lui. Dieu a fait sortir Israël d’Égypte pour habiter au milieu de lui. Cette présence de Dieu est la seule source de joie et la seule force de l’âme convertie. L’inconverti sait que, malgré lui, il lui faut avoir affaire à Dieu, que cela doit arriver infailliblement ; mais il n’y a point de joie pour lui en la présence de Dieu et il ne peut avoir aucune idée du bonheur du ciel. Ce qui donne de la joie dans le ciel lui est étranger. Quand Adam se voit nu, il sent qu’il ne peut se présenter devant Dieu. L’âme inconvertie peut s’étourdir, mais elle n’est pas heureuse ; elle est malade et le montre par son malaise ; elle n’a aucun goût pour les choses de Dieu et Sa présence le trouble.

Pierre, au v. 8 de ce même chapitre, sent qu’il ne peut être tel quel en la présence de Dieu. Il dit : «Retire-toi de moi, car je suis un homme pécheur» ; il sent qu’il ne mérite pas de se trouver devant Lui et que Dieu ne peut pas souffrir un pécheur en sa présence. Dieu a des droits à faire valoir et ne peut pas s’accoutumer au péché. Impossible que Lui et l’homme dans ses péchés se trouvent ensemble. S’il y a un Être saint et pur, il faut que la pureté de cet Être repousse l’impureté où elle se trouve. Le coeur de l’homme sent bien qu’il existe un Être tel, qui a ses droits et qui doit les maintenir. Pierre comprend qu’il ne peut être dans une même nacelle avec Jésus ; il faudrait être endurci pour ne pas sentir que le péché a souillé nos consciences. La conscience peut avoir besoin d’une règle pour juger du péché ; Satan, le monde, peuvent l’aveugler, et l’on peut croire bien faire en tuant les enfants de Dieu — néanmoins la conscience est là et ne peut ignorer, si la lumière l’éclaire, que le péché la souille et qu’il n’est pas convenable que Dieu l’admette en sa présence. La conscience est toujours égoïste, car elle pense toujours à elle-même. Donc la pureté de Dieu et la conscience empêchent que Dieu et le pécheur se rencontrent.

Du moment qu’un homme était lépreux, il était chassé hors du camp, parce que le péché souille tout ce qu’il touche, (Lév. 13:45-46). Le lépreux se condamne lui-même et crie : «Impur, impur». Il en est de même quand la conscience est atteinte. Se couvrir la barbe est l’expression de la douleur. Quand le Saint-Esprit agit dans le coeur, on trouve le sentiment de la misère et l’abattement.

Si l’homme ne peut s’approcher de la source du bonheur et de la vie, et c’est le cas de tous, y a-t-il une ressource ? L’homme le prétend, mais s’il n’était pas réduit à un état d’insensibilité par le péché, il saurait qu’il lui est impossible d’obtenir par lui-même la guérison.

«Seigneur, dit le lépreux, si tu veux, tu peux me rendre net». Tout homme reconnaît que Dieu peut guérir, mais cela ne suffit pas et ne soulage pas, car, en général, plus quelqu’un est puissant, moins il se soucie des choses qui sont au-dessous de lui. Il faut que le lépreux reconnaisse en Dieu, non seulement le pouvoir, mais aussi le vouloir. Lorsque nous reconnaissons à la fois la puissance et la bonté de Dieu dans la personne de Jésus, nous avons tout ce qu’il faut pour nous guérir. S’il s’agit de pureté, notre état est repoussant pour Dieu ; s’il s’agit de justice, Dieu nous repousse.

Jésus étend la main et touche le lépreux ; tout autre en eût été souillé, mais Jésus peut toucher le mal sans en être atteint. Quand il agit en grâce, le péché ne le repousse pas ; au contraire, le péché attire la grâce ; la grâce seule peut s’occuper de lui. Jésus vient nous démontrer que le péché ne repousse pas Dieu, parce que Dieu est amour. Il s’approche de nous et nous touche dans notre état de souillure. Sa présence chasse le péché, le bannit de l’âme. Le péché a été plus puissant que l’homme, mais la foi comprend et saisit que Dieu est plus puissant que le péché. Dieu s’en est approché en la personne de Jésus. Il n’y a rien du tout entre nos péchés et Dieu ; Jésus a touché le lépreux.

La présence de Dieu dans la personne de Jésus est la démonstration de la grâce et que Dieu veut nous guérir, nous rendre nets. Ayant manifesté l’état de péché dans lequel nous sommes tous, nous qui haïssons la loi et la lumière, Jésus vient comme l’un de nous. Cela démontre que Dieu pense à nous et qu’il nous a vus dans notre état de faiblesse et de ruine. Il a pesé lui-même ce que c’était que le péché dans la balance de sa sainteté. Dieu pense à nous, à nos péchés, et n’en a pas été repoussé. Ces péchés sont-ils plus puissants que Dieu qui est là au milieu de nous ? S’il est venu maintenant ce n’est pas pour juger. Il est venu en humiliation pour se soumettre à nos besoins, pour s’intéresser à nous, comme s’il avait été lui-même sous le poids du péché ; il est venu se placer sous l’effet du péché, comme devant en être lui-même responsable !

Le coeur a besoin d’être non seulement attiré, mais aussi encouragé. Lorsque Jésus jette un regard sévère sur quelqu’un, c’est sur ceux qui empêchent un pauvre pécheur de venir à lui. Quand le coeur est brisé par la conscience du péché, Jésus le touche par le sentiment de ses besoins et veut encourager ce coeur à se présenter à Dieu.

Une fois que l’âme en est là, il faut encore que la conscience soit à l’aise. Je sens mes péchés, ma misère, je sais que ces péchés ont attiré ses compassions. Je puis avoir confiance en Dieu, et au lieu de sentir que Dieu doit me repousser, je ne trouve en Jésus que Dieu venu en grâce et j’ai la confiance qu’il s’est occupé du mal pour chasser le péché et le guérir. Mon coeur est réconcilié avec Dieu ; il a mis sa confiance en ce Dieu qu’il avait offensé.

Il y a de plus l’exercice de cette puissance de Dieu. Quand même Jésus serait bon comme il l’est, cela ne change pas la justice de Dieu ; mais son sang nous purifie de tout péché. Dieu savait ce qui était nécessaire pour nous en purifier, et il l’a fait. Il a pesé tous nos péchés et a fait venir sur Jésus l’iniquité de nous tous. Vous ne savez pas juger vos péchés comme il faut, en la présence de Dieu ; Dieu l’a fait, et de plus il a fait ce qui ôte le péché. Il ne s’agit pas de ce que je puis penser de mes péchés. Quand j’en serais accablé, quand ils me plongeraient dans un continuel désespoir, cela ne m’aiderait pas, mais Dieu a vu le péché comme Dieu seul peut le voir et l’a effacé par une oeuvre comme Dieu seul peut l’accomplir.

Il y a enfin la communication de la vie de Dieu à nos âmes. Dieu nous fait participer à la vie de Christ qui, n’ayant point de péché, a touché le péché et a vaincu la mort. Nous avons à faire à Christ ressuscité qui nous communique sa vie. Dieu s’approche des plus grands pécheurs, les choisit et leur communique sa vie. Si Dieu était ici, vous attendriez-vous à ce qu’il choisît les gens de mauvaise vie, pour faire comprendre aux âmes accablées qu’il est plus puissant que le mal ? Tel est Jésus ! Nous avons besoin d’une puissance en nous, d’une vie qui ne succombe pas au péché comme la vie d’Adam ; c’est ce que nous avons en Jésus.

En êtes-vous arrivés à pouvoir dire : «Impur, impur !» Tant que vous n’avez pas dit cela, la fraude demeure dans votre coeur. Personne n’ira de lui-même le dire à ses voisins ; on ne peut le dire qu’en la présence de Dieu et par la lumière de l’Esprit. Mais quand nous avons honte de nous-mêmes, Dieu n’a pas honte de nous et ne nous méprise pas. Croyez-vous que Dieu, qui seul peut mesurer le péché, en a pris toute la mesure en donnant son Fils ? Croyez-vous qu’il l’a expié par la croix de Christ ? Ou cela est vrai, ou bien la sagesse de Dieu lui a fait défaut, car Dieu aurait donné, aurait jugé son Fils en vain !

Que Dieu fasse retentir à vos oreilles la réponse de Jésus : «Je veux, sois net !»

 

 

 

 

9              Méditations de J. N. Darby    Luc  7:31-50

n°119 : ME 1898 p. 133

Il est écrit que les pensées de Dieu et ses voies ne sont pas semblables aux nôtres, et c’est ce que nous voyons ici. Quel que soit son instrument, Dieu agit en grâce, et quand la grâce a touché le coeur, non seulement elle l’attire, mais encore elle prononce positivement sur le sort de ceux qu’elle a attirés. Elle appelle, soit par bonté, soit par menace, et, de plus, elle pardonne et remet les péchés.

On voit ces deux appels aux v. 31-35. Dieu s’y prend de toute manière : il menace, il avertit, disant que la cognée est déjà mise à la racine des arbres ; il vient aussi en grâce vers des péagers et des gens de mauvaise vie. L’homme repousse tout. S’il y a sévérité, il dit : «Il a un démon». S’il y a grâce et débonnaireté, il dit : «C’est un mangeur et un buveur». Mais Dieu ne peut pas classer les hommes en justes et en injustes, comme l’homme le fait dans son aveuglement ou dans son hypocrisie. Il faut qu’il s’y prenne ainsi : ou il doit se séparer de tout, comme Jean Baptiste, et agir en justice, selon la perfection de cette justice ; ou bien aller en grâce vers des gens de mauvaise vie, selon la perfection de sa grâce. Dieu se sépare de nous tous, s’il veut garder la place qui convient à sa justice, ou bien il vient en Jésus vers les plus mauvais, pour démontrer la richesse de sa grâce. Il faut que l’homme ait affaire à Dieu, soit en justice, soit en grâce, à Dieu tel qu’il est. Selon la grâce, vous pouvez tout recevoir de Dieu. Vous ne pouvez être entre la grâce et la justice et présenter votre justice à Dieu. La justice de Dieu a déjà dit : «Il n’y a pas de juste, non, pas même un seul». «Aucun homme vivant ne sera justifié devant toi» (Ps. 143:2). Votre sentence est aussi absolument prononcée que si vous étiez déjà devant le grand trône blanc.

S’agit-il de la justice de Dieu, nous sommes déjà jugés. Dieu a déjà prononcé le jugement de toutes nos âmes, et c’est une pensée sérieuse. Ou il nous faut rejeter le témoignage de Dieu (mais le jugement ne peut être rejeté), ou il nous faut admettre qu’il n’y a pas un juste au milieu de nous. Si Dieu juge, c’est en justice. Y a-t-il une plus grande folie et une plus grande témérité, que d’avoir la moindre espérance d’entrer dans le ciel, quand le jugement de Dieu a déjà prononcé qu’il n’y a pas un juste ?

L’homme a démontré son propre péché et son injustice en rejetant tout ce que Dieu a fait pour lui, et en montrant qu’il ne voulait pas de Dieu, quand Dieu venait à lui en bonté dans la personne de Jésus. Il n’y a personne parmi nous qui n’ait pas rejeté des avertissements et des appels personnels de Dieu, et repoussé ainsi les moyens que Dieu emploie pour nous amener à sa connaissance. Si le Saint-Esprit agit dans le coeur, cela même peut devenir, une occasion de conviction de péché, en manifestant que notre coeur ne désire point se soumettre à Dieu.

Si, en me comparant à un autre homme, je me trouve juste et lui pécheur, je ne pense pas à Dieu. Oui, l’homme a oublié Dieu, s’il peut se croire juste ; et il ne peut se trouver juste, lorsqu’il se place en la présence de Dieu. On pourrait penser que plus tard, moitié par miséricorde, moitié par l’éloignement du jugement, on échappera quand le jour viendra. Cela aussi est l’oubli de Dieu. La conscience n’aime pas la lumière et le coeur n’aime ni la grâce, ni la beauté de Jésus ; c’est ce que manifeste la présence en grâce du Seigneur. Mais la sagesse de Dieu, dans le témoignage de Jean Baptiste et dans le témoignage de Jésus, a été justifiée par ses enfants.

Les pharisiens se croyaient plus justes que les autres. Jésus ne se détourne de personne, pas plus d’un pharisien que d’un péager ; la lumière est la même devant tous ; elle a le même caractère et met tout en évidence selon ce caractère. Rien de plus dégradé, de plus misérable, quoique Dieu puisse en avoir compassion, qu’une femme de mauvaise vie. Le pharisien met en doute ce qu’est Jésus pour en juger, mais il se place devant la lumière et il est jugé lui-même. Il faut être dans de bien profondes ténèbres pour prétendre juger Jésus. Simon ne comprenait pas qu’il y eût en Dieu de l’amour et de la grâce ; il ne voit pas que Jésus est prophète ; il ignore que Dieu est là ; c’est le terme de toute la sagacité de l’homme. Mais Jésus, étant prophète, discerne les pensées de Simon, avant de lui parler de cette femme. C’est ce que Dieu fait. On peut juger la parole de Dieu, mais celui que vous voulez juger, Dieu, dans sa Parole, discerne vos pensées, les secrets de votre coeur, et sait si vous recevez la Parole ou si vous la jugez. La lumière met en évidence tout ce qu’elle atteint. Le pharisien se montre entièrement ignorant de Dieu ; il ne voit pas que la justice de Dieu l’atteint lui-même et il ne voit pas que la grâce de Dieu peut atteindre même une femme de mauvaise vie.

Il faut que nos coeurs aiment Dieu ; c’est ce que-la loi commande et ce que la grâce produit. Si une créature aime Dieu parfaitement, elle est pure. C’est ce que Jésus propose à Simon : Celui à qui il aura été plus pardonné, aime plus. Le Seigneur applique cela directement à Simon lui-même. La parole de Dieu va droit à la conscience et dit : Tu es cet homme. Dieu dit de vous, de chacun de vous : Il n’y a pas un juste. Il a patience et ne frappe pas encore, mais le mépris de ses appels trouvera sa rétribution au jour du jugement. Jésus juge Simon par son propre jugement. L’homme peut juger droitement, quand il s’agit de quelque chose qui ne le touche pas, mais non pas quand il s’agit de se condamner lui-même. Simon se trouve ainsi plus éloigné de Dieu qu’une femme de mauvaise vie. L’homme pense plus à sa propre réputation qu’au jugement de Dieu ; c’est une hypocrisie de coeur qui fait qu’on veut paraître bon devant les hommes, quand on est plein de souillures devant Dieu. Simon avait invité Jésus pour le juger, et il se trouve jugé par lui.

Nous avons, de la bouche même de Celui qui jugera les vivants et les morts, ce qu’il pense de Simon et de la pécheresse. Pour Simon, Jésus était un charpentier qui s’était fait prédicateur, et il voulait en juger ; il n’avait ni discerné, ni estimé, ni aimé le Fils de Dieu. Les affections n’étaient pas atteintes par la présence de Celui en qui Dieu a mis tout son bon plaisir. Tout ce qui était en dehors de ce monde maudit, était au delà de son intelligence. Le monde ne peut supporter la présence du Seigneur Jésus, et Simon n’avait pas même observé les convenances de la vie envers lui.

La pécheresse avait discerné ce que Jésus était ; elle ne craint pas d’entrer dans la maison du pharisien ; elle est si préoccupée de Jésus qu’elle oublie les convenances de la vie ; elle a besoin de lui, elle est attirée vers lui et ne pense qu’à lui ; rien ne l’arrête pour le chercher au moment où on peut le trouver ; elle sait que c’en est fait d’elle, si elle ne le trouve pas ; alors tout disparaît ; il faut le posséder, et elle oublie tout dans le besoin qu’elle a de lui.

Le Seigneur avait l’air de ne pas faire attention à cette femme, il la laisse faire ; il veut mettre en évidence le jugement de Dieu. Elle ne se borne pas à estimer Jésus ; elle ne lui apporte pas de l’eau, ce que Simon avait négligé de faire ; elle arrose ses pieds de larmes et les couvre de baisers. Elle était accablée du poids de ses péchés et attirée vers lui ; elle discernait en lui la grâce, et que Dieu était amour, et qu’il pouvait avoir compassion d’une pécheresse, dont le monde même ne pouvait avoir compassion. En même temps, elle dépense inutilement pour lui tout ce qu’elle a, car l’amour ne calcule pas. Simon, avec toute sa sagesse et sa sagacité, ne discerne pas la manifestation de Dieu en Christ ; il ne cherche pas Dieu ; il n’a point d’amour, pas même assez pour offrir de l’eau afin de laver les pieds du Seigneur. Son coeur n’est pas touché, quand il voit la bonté du Sauveur pour cette pauvre femme ; il n’a pour lui ni eau, ni baisers. La femme, dans sa conviction de péché, n’ose pas lui adresser la parole ; elle oublie tout, et, dans son besoin, fait pour lui ce qu’elle peut, lui donne ce qu’elle a.

Lequel des deux est le plus près de Dieu ? Auquel des deux ressemblez-vous ? Auquel aimeriez-vous ressembler ? À Simon, ou à cette pauvre femme, perdue de réputation, mais préoccupée de Celui qui attire son coeur, par la conviction terrible de ses péchés ? Alors, tout est changé ; Jésus prononce l’appréciation de Dieu sur ce coeur attiré. Quand on voit qu’il ne nous repousse pas, cela soulage, mais ce n’est pas la paix, car la paix se lie au pardon. Le Seigneur prend décidément et publiquement le parti de cette femme et s’identifie avec elle et non avec Simon. Elle était convaincue de péché, mais, pour elle, Jésus était tout. Ayant trouvé Dieu, elle trouve la grâce, la justice et un Dieu qui prend décidément son parti. Elle avait tout perdu, sauf Jésus, et Simon est laissé de côté. Ce dernier peut porter sur Christ le jugement qu’il veut ; le coeur de la femme est touché et brisé et le Seigneur lui répond. L’homme blâme l’Évangile, le critique, le juge... et l’homme sera jugé, tandis que les élus seront sauvés par le même Évangile que l’homme a critiqué. L’homme perdu et pécheur a besoin d’être sauvé. Si vous n’avez pas ce besoin, Jésus vous laissera là, pour aller vers le plus misérable d’entre les hommes.

Toute l’érudition, toute la sagesse, tous les jugements du monde sont mis en balance avec un coeur brisé. Dieu est avec celui-ci et rejette les autres. Si je trouve dans ce chapitre ma sentence de la bouche de Dieu, je trouve aussi la pensée de Dieu sur l’âme attirée : «Tes nombreux péchés sont pardonnés ; ta foi t’a sauvée». Jésus nous donne la connaissance et l’assurance de notre salut. Si vous croyez au Fils de Dieu, comme un pauvre pécheur perdu, Dieu vous dit aussi : «Ta foi t’a sauvé ; va-t’en en paix». C’est une appréciation prononcée pour l’éternité, et Satan, ni quoi que ce soit, ne peut empêcher ce pardon et cette paix.

Que Dieu vous donne d’avoir le coeur brisé de cette pauvre femme et de trouver ainsi votre place avec elle !

 

 

 

 

10         Méditations de J. N. Darby    Luc  8:40-56

n°174 : ME 1910 p. 389

Cette partie de l’évangile de Luc nous montre la puissance de Jésus, s’élevant contre celle de Satan, pour chasser les démons, guérir les malades, ressusciter les morts. Dans le passage que nous venons de lire, une femme vient par la foi, mais en tremblant, toucher le Seigneur et elle est guérie. Jaïrus, de son côté, vient demander la vie de sa fille, alors qu’elle était incapable de s’intéresser à elle-même. La femme a un sentiment intime et profond de la puissance de Jésus, la fille de Jaïrus n’en a aucun, et c’est la foi d’autrui qui agit pour elle.

Le péché est une maladie qui ne meurt ni ne guérit, mais qui tourmente continuellement ; la mort est une autre forme du mal ; elle ronge, et ne s’arrête jamais dans son oeuvre de destruction ; cet état est exprimé par «le feu qui ne s’éteint point et le ver qui ne meurt point».

Il est précieux de voir, dans tout ce chapitre, que Jésus est en chemin. Il va de ville en ville, agissant de la même manière, dans l’activité de la grâce. Il cherche ce qui est perdu ; et c’est encore aujourd’hui le temps favorable, le jour du salut. Son amour, au lieu d’être épuisé par la mort, y a trouvé une nouvelle occasion pour dire, par le Saint-Esprit, beaucoup plus qu’il ne pouvait dire pendant qu’il était présent sur la terre. Jésus avait passé la mer de Galilée pour guérir le démoniaque. Les Gadaréniens l’avaient repoussé, et il s’en revient. Sur le désir du chef de la synagogue, il va avec lui. En chemin, il est entouré par la foule. Il y avait alors, comme on le voit aujourd’hui quand l’Évangile est prêché, beaucoup d’âmes attirées qui ne se convertissaient jamais. Ce que le Saint-Esprit fait dans les autres, les attire, mais ensuite elles se retirent et ne portent pas de fruit. La semence se répand, indifféremment de leur état, de tous côtés. Cela n’empêche pas Jésus d’être en chemin. Écoutez ce que Dieu dit à Israël : «Pendant que tu es en chemin avec ta partie adverse, efforce-toi de te mettre en règle avec elle». Aujourd’hui Jésus est en chemin ; il a pris la forme de serviteur ; il est là pour répondre aux besoins de vos âmes. Si celui qui l’insultait hier, le cherche aujourd’hui, il trouvera en Lui le serviteur du Père pour le recevoir. Jésus a démontré quelle était sa volonté en se dévouant ainsi à la volonté du Père. On aurait pu répondre à Jaïrus : Ne l’importune pas, il est occupé ; mais Jaïrus comptait sur la bonté de Jésus, à laquelle il n’avait peut-être guère pensé auparavant, comme chef de synagogue, car un chef de synagogue vaut plus, dans le monde, qu’un fils de charpentier. Mais la bonté de Jésus, en se faisant connaître, avait gagné le coeur de cet homme, et il vient à celui qui ne se refuse pas à son appel. Jésus se met en chemin, va comme si la jeune fille n’était pas mourante, et la trouve morte.

La femme, par contre, sentait sa maladie et sa misère depuis fort longtemps. À d’autres, le Seigneur ne dit pas : Venez à moi, vous tous qui sentez que vos péchés vous travaillent, mais seulement : vous tous qui êtes travaillés et chargés, vous tous qui avez des besoins et des misères. Je comprends votre maladie ; vous ne sauriez trouver ni soulagement, ni repos. Venez à moi ; mon remède est la grâce de Dieu, et je vous promets le repos. La femme avait consulté toute sorte de médecins, mais le monde n’a point de remèdes ni de guérison pour l’âme. Quand le voile qui couvrait la réalité de son mal est ôté, il ne lui est plus possible de chercher du repos. Le monde craint cette découverte ; il y perdrait la raison ; c’est pourquoi il cherche à oublier et à s’étourdir. Mais alors, de deux choses l’une : ou bien les passions qu’il cultive pour ne pas penser à son état, s’emparent totalement de son âme, ou bien il tombe dans l’ennui, ne trouvant pas un objet qui l’intéresse. Il n’est pas étonnant, dans ce cas, que l’on cherche des médecins, car on ne peut se contenter de rester dans sa misère. On dépense tous ses biens à chercher ce qui peut enrayer cette maladie terrible qui nous épuise. Un tel sentiment produit toujours du malaise, car on n’aime à dévoiler son état, ni aux autres, ni à soi-même. Mais le monde sait que cette misère existe.

Cette pauvre femme était fermement convaincue que Jésus avait une ressource pour elle, mais elle se tenait au milieu de la foule sans oser se présenter devant lui. Elle avait un profond besoin de la grâce, en même temps que la honte du péché. Peut-être aurait-elle eu plus de courage, si elle eût rencontré Jésus tout seul ? Elle n’osait pas confesser le Fils de Dieu, mais elle était convaincue qu’en touchant le bord de son vêtement elle serait guérie. Elle croyait à l’efficace de la personne de Christ d’une manière remarquable. C’était une âme délicate, angoissée, qui n’osait se montrer, tout en se confiant en Lui. Aussitôt la puissance de Dieu se manifeste et la guérit.

On touche ici du doigt la différence entre la foi et l’empressement des mille personnes qui entouraient le Seigneur. Dans une certaine mesure, tout le monde voudrait de l’Évangile, mais on ne touche pas Jésus, quoiqu’on le presse et qu’on aille après lui. Dans ce cas, aucune vertu ne sort de lui, comme cela arrive nécessairement quand on le touche par la foi.

Cette femme aurait voulu être guérie sans être manifestée en public. Cela arrive à bien des âmes, bénies sous d’autres rapports, qui n’osent pas même dire à Jésus : C’est toi que je veux. Mais lui, connaissait la présence de cette femme et voulait établir une relation entre Lui et elle. Comme nous le voyons, en Luc 18:39, ceux qui entourent la Parole et l’Évangile, sans conscience, ne peuvent supporter ceux qui ont de vrais besoins. La femme vient en tremblant, comme si elle avait mal fait, elle trouve alors une entière ouverture de coeur. La timidité qui osait à peine toucher le Sauveur déclare tout, quand il le lui demande. Son coeur obéit instantanément, elle ne cache rien devant la foule, parce que Jésus est le tout de son âme. Dès ce moment, elle ne veut rien que Lui, et a maintenant autant de force qu’elle avait auparavant de faiblesse. Guérie, elle n’a besoin que d’être rassurée, car la gloire de Jésus est tout pour elle. Il veut la mettre à l’aise vis-à-vis de lui-même. Il ne lui dit pas : Ma vertu t’a guérie, mais : Ta foi t’a guérie. Il veut la rassurer, Lui qu’elle craignait tant, mais estimait si haut, en lui montrant que la foi est l’instrument, le moyen employé, pour la guérir. En même temps, le Seigneur montre publiquement l’intérêt qu’il lui porte ; sa gloire y est intéressée. Il ne voit que sa foi, là où elle ne voyait qu’une misère qui la couvrait de honte.

Pour trouver la paix, il faut deux choses : la foi, et la réponse du Sauveur. La foi réelle peut produire le sentiment du besoin, mais c’est la réponse de Christ qui affranchit l’âme. Lui qui connaît ses besoins et sa foi, la rassure, sans rien lui reprocher, pas même d’avoir cherché d’autres médecins que Lui. Il lui dit : Ta foi t’a sauvée, et veut être avec elle dans une relation qui soit connue de tout le monde.

Souvenez-vous que Jésus est en chemin pour se mettre en rapport avec vous ; sa présence peut attirer une foule qui n’en remportera aucun profit, parce qu’elle entoure Jésus en se défendant de l’avoir touché, mais au milieu d’elle un petit nombre est sauvé. La manière dont le Seigneur reconnaît la foi, là où il n’y a encore ni paix, ni confiance, et lui donne une réponse, rassure l’âme.

Quant à nous, chrétiens, mettons Jésus en avant, afin que, s’il se trouve ici une âme avec des besoins, elle se manifeste en y trouvant la réponse. Combien de fois il s’en rencontre au milieu des foules qui entendent la parole du Seigneur. Cela peut arriver à chaque instant ; nul de nous ne le sait, mais le Seigneur qui est en chemin, les connaît.

 

 

 

11         Méditations de J. N. Darby    Luc  9 : Le Royaume de Dieu

Genève, 22 octobre 1848    n°275 (ex 270) : ME 1964 p. 316

C’est au commencement de ce chapitre que nous trouvons le dernier témoignage rendu au Royaume de Dieu par les disciples du vivant de leur Maître. Le Seigneur les envoie deux à deux au milieu des Juifs, avec puissance de guérir et commission d’annoncer l’évangile du Royaume. Si les Juifs ne veulent pas reconnaître tout le bien que Jésus leur a apporté et ne reçoivent pas le témoignage des disciples qui leur annoncent le royaume, la porte sera désormais fermée et le peuple restera en dehors de la bénédiction (v. 1-6).

Nous assistons ensuite à l’incrédulité du peuple au sujet de Christ. Les uns disaient que Jean Baptiste était ressuscité d’entre les morts, d’autres qu’Élie était apparu, d’autres encore que l’un des anciens prophètes était ressuscité (v. 7-10, 18, 19). En contraste avec cette incrédulité nous trouvons la foi dans la bouche de Pierre : «Tu es le Christ de Dieu». La foi est une conviction, une parfaite certitude de ce que Dieu dit. Mais «s’adressant à eux avec force Jésus leur commande de ne dire ceci à personne». Les Juifs ne le recevant pas, toute possibilité d’établir maintenant le règne de Dieu sur la terre était annulée. Au lieu de cela il fallait que le Fils de l’homme souffrît beaucoup et fût mis à mort et ressuscité. Le royaume ne pouvait être établi qu’à la suite des souffrances de Christ. Pour être ses disciples il fallait le suivre dans le chemin du renoncement. Comme il fallait désormais être sauvé par la croix, il fallait aussi marcher en portant sa croix. Ce n’était pas que l’établissement du royaume de Dieu fût abandonné, et le Seigneur encourage ses disciples en donnant à quelques-uns d’entre eux un avant-goût de cette bénédiction future : «Je vous dis, en vérité, que de ceux qui sont ici présents, il y en a quelques-uns qui ne goûteront point la mort jusqu’à ce qu’ils aient vu le royaume de Dieu» (v. 27).

Après cela Il monte sur une montagne pour prier, prenant ainsi le caractère dépendant du serviteur. «Comme il priait l’apparence de son visage devint tout autre, et son vêtement devint blanc et resplendissant comme un éclair ; et voici deux hommes qui étaient Moïse et Élie parlaient avec lui, lesquels, apparaissant en gloire, parlaient de sa mort qu’il allait accomplir à Jérusalem» (28-31). Les disciples ont ainsi par anticipation la vue de ce royaume futur que nous n’avons pas encore atteint et que le monde ne connaîtra qu’en vertu des jugements. Aussi Pierre dit-il : «Nous vous avons fait connaître la puissance et la venue de notre Seigneur Jésus Christ comme ayant été témoins oculaires de sa majesté. Car il reçut de Dieu le Père honneur et gloire, lorsqu’une telle voix lui fut adressée par la gloire magnifique : Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui j’ai trouvé mon plaisir». Et il ajoute : «Nous entendîmes cette voix venue du ciel, étant avec lui sur la sainte montagne» (2 Pierre 1:16-18).

Moïse et Élie étaient aussi avec Jésus sur la montagne et parlaient familièrement avec Lui. Telles sont les deux premières conditions du bonheur : Être avec Jésus et parler avec Lui. Ces hommes parlaient de sa mort qu’Il allait accomplir à Jérusalem, c’est-à-dire qu’ils sympathisaient avec Lui et avaient l’intelligence de ce qui occupait le coeur de leur Maître. Jésus avait voulu entretenir ses disciples de ce sujet, mais Il n’avait pas trouvé en eux des sentiments pour y correspondre. Pierre comprenait bien que le bonheur était d’être avec Jésus, car il dit : «Il est bon que nous soyons ici», mais il plaçait Moïse et Élie au même niveau que son Maître en proposant de faire trois tentes. Alors une voix vient de la nuée : «Celui-ci est mon Fils bien-aimé, écoutez-le». Moïse et Élie ont disparu : Jésus se trouve seul. — Aussitôt qu’il est question pour nous de mettre quelque chose à la place de Jésus, il faut que le coeur du Père rende témoignage de l’affection qu’Il a pour son Fils. Il révèle ce qu’il y a dans son coeur, afin que les disciples aient communion avec Lui. Il veut nous amener à l’intelligence de ses pensées. Le Père aime le Fils et nous n’avons pas à attendre d’être dans le ciel pour le savoir. Cette vérité était communiquée à Pierre et à ses compagnons sur la terre. Je désire que nous soyons aussi maintenant pénétrés de ce bonheur !

 

 

 

12         Méditations de J. N. Darby    Luc  9:18-45

27 juin 1847    n°219 : ME 1917 p. 136

Je suis frappé de la manière dont le Seigneur Jésus ramène ici les pensées de ses disciples à sa croix et à ses souffrances. Il ne veut pas être reconnu comme le Christ, ni prendre sa place comme Messie dans le monde ; il prend une place beaucoup plus basse : «Il faut que le Fils de l’homme souffre beaucoup» (v. 22), et prenne sur lui les conséquences du péché de l’homme. Il s’agit pour Lui, de se placer là où Dieu prend connaissance du péché dans lequel l’homme se trouve. Cela fait de la croix de Christ une chose plus admirable même que sa gloire. Ayant dit cela, il veut que nous vivions dans un dévouement d’amour qui a toujours ici-bas le caractère de la croix (v. 23). L’amour qui descend d’en haut a toujours l’aspect d’un sacrifice qui monte à Dieu en bonne odeur. C’est ainsi que Jésus veut se présenter en amour au milieu du mal (Éph. 5:2).

D’autre part, une gloire se rattache au sacrifice : «Il y en a quelques-uns qui ne goûteront point la mort, jusqu’à ce qu’ils aient vu le royaume de Dieu» (v. 27). C’est la transfiguration. Nous voyons là, en un tableau, quel sera le bonheur de Jésus avec les siens, dans ce jour que nous attendons. La première pensée de l’Esprit de Dieu est la gloire de la personne de Jésus. Après la croix sur la terre, il reçoit la gloire. Ensuite nous voyons les saints célestes paraître en gloire et s’entretenir familièrement avec Lui, dans une parfaite intelligence de ses pensées. C’est alors que nous réaliserons une entière intimité de conversation avec Lui. Dieu veut nous glorifier avec et comme Lui ; nous apparaîtrons avec Lui en gloire. «La gloire que tu m’as donnée», dit-il, «je la leur ai donnée» ; mais ce n’est pas tout d’apparaître avec Lui. Ce qu’il y a de plus émouvant pour son coeur et ce qui est l’objet des conseils du Père, fait le sujet des entretiens des saints avec Lui. «Ils parlaient de sa mort qu’il allait accomplir à Jérusalem» (v. 31). Mais déjà nous annonçons sa mort, dans la faiblesse ici-bas, jusqu’à ce qu’il vienne, faisant ce qui nous est présenté ici comme notre portion dans la gloire.

Pierre, ne sachant ce qu’il disait, voulait placer Moïse et Élie sur le même pied de gloire que Christ. Cela était impossible. Alors un autre personnage entre en scène ; Celui qui est la source de tout, le Père.

On voit, dans tout ce tableau, le fruit anticipé des souffrances de Christ : «Il reçut de Dieu, le Père, honneur et gloire» (2 Pierre 1:17). Lors même que nous avons la même gloire que Jésus, tout est mis de côté pour laisser la place à Lui seul. Dès que nos pensées s’arrêtent sur notre gloire, sans donner tout honneur à Christ, il faut que le Père lui rende ce témoignage devant nous et que son coeur place Jésus à la hauteur unique de sa propre gloire. Moïse et Élie disparaissent : «Celui-ci est mon Fils bien-aimé. Écoutez-le» (v. 35).

Nos coeurs répondent par le Saint Esprit aux pensées du Père à l’égard de Jésus, et c’est notre joie. La transfiguration fut, pour Lui, un court moment de soulagement et de bénédiction. Il fallut ensuite qu’il rentrât dans la carrière de la foi. Jésus n’était pas toujours sur la montagne. Il en redescend, et agit, dans la vie de la foi, selon toute la perfection qui a été manifestée en Lui. S’il trouve le Père sur la montagne, il rencontre ici-bas le démon, la puissance de Satan, et l’incrédulité des disciples, impuissants devant le pouvoir du diable. Tout en s’écriant : «Jusqu’à quand vous supporterai-je ?» il dit : «Amène ici ton fils», montrant ainsi la perfection de son amour et de sa puissance. Le monde s’en étonne ; il s’étonne de la grandeur de Dieu, et non de la puissance de Satan, à laquelle il est accoutumé. Mais, comme tous s’étonnent, Jésus dit à ses disciples : «Vous, gardez ces paroles que vous avez entendues, car le Fils de l’homme va être livré entre les mains des hommes» (v. 44). Il ramène les pensées de ses disciples à la croix et à son amour, et non pas au déploiement de sa puissance ici-bas.

 

 

 

 

13         Méditations de J. N. Darby    Luc  9:18-45 :  La Croix et la Gloire

n°254 : ME 1949 p. 277

Il est instructif de voir dans ce passage de quelle manière le Seigneur Jésus ramène les pensées de ses disciples de la contemplation de sa gloire à sa croix et à ses souffrances.

Jésus ne veut pas être connu pour être le Christ et prendre dans le monde sa place comme Messie. Il Lui faut une place beaucoup plus basse, mais en un sens beaucoup plus glorieuse. Il faut que le Fils de l’homme souffre beaucoup, qu’Il prenne sur Lui les conséquences du péché de l’homme, et qu’Il se place là où Dieu prend connaissance du péché dans lequel l’homme se trouve, afin d’ôter le péché et de réconcilier l’homme avec Dieu ; ce qui fait que la croix de Jésus est encore plus admirable que sa gloire manifestée.

Ayant ainsi parlé de ses souffrances, Jésus exhorte ses disciples, nous exhorte tous, à le suivre avec ce dévouement d’amour qui, ici-bas, a toujours le caractère de la croix. C’est ce que nous voyons en Lui. Il s’est offert en offrande et sacrifice, en parfum de bonne odeur (Éph. 5:1). Si l’amour descend d’en haut, il a toujours le caractère d’un sacrifice qui monte de la terre à Dieu comme un parfum excellent. Ainsi Jésus qui, au milieu du mal, s’est offert à Dieu, en parfum de bonne odeur.

Mais une gloire s’y rattache. Jésus annonce aux siens que de ceux qui étaient là présents, il y en aurait qui ne mourraient point jusqu’à ce qu’ils aient vu le royaume de Dieu. Et six jours après, Il prit Pierre, Jean et Jacques avec Lui sur une montagne, et fut transfiguré. Nous voyons, dans cette révélation de la gloire de Jésus, quelque chose de ce que sera son bonheur avec les siens en ce jour que nous attendons.

La gloire de la personne de Jésus est ici la première pensée de l’Esprit de Dieu, v. 29. Au v. 22, c’est la croix sur la terre ; ici Christ en gloire. On voit ensuite les siens parler avec Lui et apparaître en gloire, dans la personne de Moïse et d’Élie. C’est un entretien familier dans l’intelligence des pensées de Christ, intelligence dans laquelle on peut réaliser une entière familiarité de conversation avec Jésus. Dieu a voulu nous glorifier avec Jésus et comme Jésus. Il n’est pas dit seulement que nous apparaîtrons avec Lui, mais que nous apparaîtrons en gloire. Jésus dit : «La gloire que tu m’as donnée, moi, je la leur ai donnée... afin que le monde connaisse... que tu les as aimés comme tu m’as aimé» (Jean 17:22, 23). Moïse et Élie s’entretiennent avec Jésus de sa mort à Jérusalem, c’est-à-dire de ce qu’il y a de plus émouvant pour le coeur de Jésus et de ce qui occupe les conseils du Père. Nous, nous annonçons la mort du Seigneur jusqu’à ce qu’Il vienne.

Pierre, en proposant de faire trois tentes, ne savait pas ce qu’il disait, et il voulait placer Moïse et Élie dans la même position que Christ. Cela ne se pouvait pas, Jésus ne peut pas, quoiqu’Il n’ait pas honte de nous appeler ses frères, être mis dans les pensées de Dieu au même rang que Moïse et Élie. Un autre personnage apparaît sur la scène, Celui qui est la source de tout, le Père, dont la voix se fait entendre dans la nuée. «Il reçut de Dieu le Père honneur et gloire, lorsqu’une telle voix lui fut adressée par la gloire magnifique : «Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui j’ai trouvé mon plaisir». C’est Celui-ci qui occupe particulièrement les pensées du Père et qui est le centre et l’objet de ses affections. Quand bien même nous avons la même gloire que Jésus, tout disparaît pour laisser place à Jésus seul. Aussitôt que la pensée s’arrête à notre gloire, sans donner toute la gloire à Christ, il faut que le Père nous rende ce témoignage : «Celui-ci est mon Fils Bien-aimé», et que le coeur du Père place Jésus à la hauteur de sa gloire. Moïse et Élie sont mis de côté et Dieu met en honneur Celui que ses affections et sa justice distinguent. Nos coeurs répondent par le Saint Esprit aux pensées du Père envers Jésus. C’est là notre joie.

La révélation de la gloire de Jésus était pour Lui un moment de soulagement et de bénédiction. Il faut qu’Il rentre maintenant dans la carrière et dans la marche de la foi. Il descend de la montagne et agit selon la perfection dans laquelle Il a été manifesté en gloire. Il trouve le Père là-haut ; ici-bas Il rencontre un démon et l’incrédulité de ses disciples qui étaient demeurés impuissants devant la puissance de Satan. Mais Jésus montre la perfection de son amour et de sa puissance. Tout en disant : «Jusques à quand vous supporterai-je ?» Il ajoute : «Amène ici ton fils». Le monde s’étonne de la puissance de Jésus, car il ne se fie pas à la puissance de Dieu à laquelle il n’est pas accoutumé ; mais il ne s’étonne pas de celle de Satan dont il subit les effets.

«Vous, gardez bien ces paroles que vous avez entendues» (v. 44). Jésus ramène alors ses disciples à la pensée de la croix, à son amour, après leur avoir montré sa gloire et sa puissance.

 

 

 

 

14         Méditations de J. N. Darby    Luc  10:9-24

n°185 : ME 1912 p. 215

La grande chose que nous avons à apprendre dans les évangiles, c’est Christ lui-même, le coeur de Christ. Les miracles sont à la surface du récit, pour attirer l’attention sur ce que Lui est ; mais Jésus a des choses particulières à communiquer à ses disciples, et ces choses ne sont pas, comme les miracles, une preuve pour le monde. Quoiqu’elles lui échappent et soient à peu près pour lui, comme les perles devant les pourceaux, elles ont pour effet de fortifier immensément la foi des disciples. Elles ne peuvent être communiquées au monde, parce que, pour les recevoir, il faut être avec Jésus et jouir de son affection. Ces choses, nous les voyons, et elles nous rendent heureux (v. 23), mais le monde ne les voit pas, parce qu’elles sont le privilège de l’obéissance (bien que le témoignage qui conduit à l’obéissance soit pour tout le monde). Le croyant sent qu’il possède ce que le monde ne peut ni donner, ni offrir ; ce dont il n’a pas même l’idée.

On voit dans les trois premiers évangiles la réjection progressive de Christ et ce qui se passe dans son coeur pour ses disciples, à mesure qu’il est ainsi rejeté. Sa face était résolument dressée vers Jérusalem pour y souffrir ; il était en chemin pour la mort, et ceux qui étaient près de lui comprenaient qu’il réalisait cette pensée : «Il faut que je sois rejeté». Tous s’étonnaient de le voir agir ainsi, mais Lui dit à ses disciples : «Vous, gardez bien ces paroles : Le Fils de l’homme va être livré entre les mains des hommes», au milieu desquels il a fait ces miracles (9:43, 44). Malgré tout cela, le Seigneur continue d’agir en patience. Nous trouvons dans les chapitres précédents un résumé de ce que Jésus faisait envers les Juifs et envers les gentils. Les chap. 9 et 10 contiennent diverses manifestations de sa puissance et de sa grâce. Il agit envers le monde par le moyen de ses disciples. Plus il est près de sa fin, plus il en envoie. Au chap. 10, ce sont les soixante et dix, afin que le témoignage fût rendu à tous en Israël. Il les envoie, munis d’autorité quand, au fond, tout était déjà fini, car ils étaient comme des agneaux au milieu des loups, et le Messie était déjà rejeté. Aussi le témoignage devait-il être prompt et évident. Les disciples n’ont pas le temps de s’arrêter pour saluer en chemin ; ils apportent la paix, mais, si on la rejette, elle retourne à eux. Plus la mort était près de lui, plus le Seigneur sentait l’importance de sa mission et de son témoignage. C’est ce qui nous arrive aussi quand la puissance de l’amour de Jésus est dans nos coeurs.

Les soixante-dix reviennent avec joie, car, disent-ils, les démons leur sont assujettis. Jésus reconnaît le fait sans s’y arrêter. Il y voit même la fin de tout, Satan chassé du ciel. Si la croix de Christ chasse Satan de la conscience, la puissance du Fils de l’homme chassera Satan du ciel et de la création. Mais Jésus montre ici à ses disciples, de quoi il veut faire jouir ceux qui le suivent, car il ne s’agit pas seulement pour nous de la manifestation de sa puissance, mais de ce que Lui seul peut nous révéler, c’est-à-dire que nos noms sont écrits dans les cieux. Il était nécessaire, comme résultat final, que Satan fût chassé du monde, car, aussi longtemps qu’il s’y trouve et en est le prince, c’est un monde d’iniquité et de misère, malgré la présence des chrétiens. Cepen