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Méditations  de  J. N. Darby

 

 

 

1     Méditations de J. N. Darby    [2  Chroniques  3 ; Hébreux 8:5 ; 10:19-20]    Le Caractère distinctif de la Position Chrétienne

 

 

1            Méditations de J. N. Darby    [2  Chroniques  3 ; Hébreux 8:5 ; 10:19-20]    Le Caractère distinctif de la Position Chrétienne

Lausanne, 22 août 1850    n°264 (ex 261) : ME 1957 p. 204

Le dessin du temple a été donné à David par inspiration directe de Dieu, comme le plan du tabernacle l’avait été à Moïse sur la montagne de Sinaï. Ce n’était pas affaire d’architectes. Seulement le tabernacle était le modèle des choses célestes, alors qu’il n’en était pas ainsi du temple.

Je voudrais à ce propos faire ressortir les privilèges qui nous appartiennent comme membres de l’Église de Dieu.

Il importe avant tout de distinguer ces deux choses : le gouvernement de Dieu et la grâce. Sous le gouvernement de Dieu l’homme est béni s’il fait le bien, puni s’il fait le mal. Ce gouvernement s’exerce actuellement d’une manière cachée. Bientôt il y aura une manifestation directe, pleine et entière de ce gouvernement et de ses heureux résultats : Satan sera lié, la terre bénie. Le chap. 3 de 2 Chroniques nous présente précisément le temple comme le siège de ce gouvernement.

Or il arrive souvent qu’on veuille employer le christianisme en vue d’obtenir la bénédiction qui résulte du gouvernement de Dieu ; mais le christianisme a un tout autre but, qui est de nous faire jouir de la présence de Dieu dans le ciel, de nous introduire avec Christ dans la jouissance des choses dont Lui-même jouit en la présence de son Père. Toutes choses ont été créées par Lui et pour Lui ; Il est héritier de toutes choses ; mais, si sa gloire doit être manifestée au jour où Dieu lui assujettira toutes choses, sa joie dans la communion de son Père, comme homme, est quelque chose de plus grand et de plus élevé encore. Et la part de Christ est celle de l’Église, l’Épouse de Christ. Nous régnerons avec Lui, nous partagerons sa gloire quand Il exercera le gouvernement de la part de Dieu ; mais, quelque grand que soit ce bonheur il ne peut être comparé avec celui d’être auprès de Lui. «Nous serons toujours avec le Seigneur». «Notre communion est avec le Père et avec son Fils Jésus Christ». Nous sommes aimés du Père comme Jésus en est aimé. Nous sommes en Lui et Lui en nous. Nous sommes dans la lumière comme Lui est dans la lumière. Nous n’avons, il est vrai, l’une ou l’autre de ces bénédictions qu’en espérance, en Esprit, nous ne sommes pas effectivement en sa présence comme nous y serons. Mais déjà nous voyons sa face sans voile, nous en avons la conscience.

Ainsi, non seulement régner avec Christ sera quelque chose de plus que de jouir de la bénédiction qui découle de son règne, comme le feront ceux qui seront bénis sur la terre, mais il est plus précieux encore de pouvoir se trouver dans la présence de Dieu son Père comme Lui s’y trouve, et de jouir de cette présence. Cette part future, la foi la saisit dès maintenant. Quelque chose dans ce chapitre se rattache à cela, nous aidant à discerner ce qu’a de distinctif la position dans laquelle le christianisme nous introduit.

C’est comme figure et type du Seigneur Jésus que Salomon, fils de David, a de l’importance. Hébreux 1 applique à Jésus ce que Dieu dit à David relativement à Salomon. Le règne de celui-ci contraste avec ce qui avait précédé, il préfigure le règne de Christ. Aussi le temple diffère-t-il du tabernacle antérieur, quand les deux chérubins regardaient vers l’arche, parce que rien n’était encore accompli. Non seulement le voile était là, et Dieu caché, mais l’arche était l’arche de l’alliance, le trône de Dieu avant l’accomplissement des promesses.

Dans le temple tel que ce chapitre le présente, les chérubins n’avaient pas les yeux dirigés vers l’alliance, mais ils regardaient dehors. Tout étant accompli, en figure, il ne s’agissait pas de la fidélité de Dieu à l’alliance en attendant l’accomplissement des promesses, mais tous les attributs de Dieu s’appliquaient à la bénédiction de la terre. C’est ainsi que sous le gouvernement du Seigneur tout sera bénédiction. Les colonnes font voir la solidité de cette domination. «Il établira» et «En Lui est la force». «Une colonne dans le temple de mon Dieu» est une figure qui représente cette force que rien ne peut ébranler. En cela Salomon a manqué mais Christ ne manquera pas. Il est doux de penser ainsi au règne de Christ. La misère, la malédiction, les angoisses, l’oppression, les guerres, les déchirements, tout cela aura pris fin. Un coeur étreint par l’amour de Christ éprouve un sentiment de honte aussi bien que de peine en voyant les fruits du péché et les effets de la puissance de Satan, non seulement dans les pays païens mais dans ceux qui portent le nom de chrétiens. Quel soulagement et quel repos, alors, de savoir que bientôt la malédiction sera entièrement ôtée ! Ce sera l’effet du gouvernement de Dieu. Quand Jésus était sur la terre Il chassait les démons, guérissait les malades, et le mal s’enfuyait de devant sa face, mais quand Il gouvernera, le mal ne pourra lever la tête. Oh ! quel soulagement pour notre coeur en traversant le monde actuel !

Mais il y a dans ce chapitre un autre élément à remarquer. Le voile est encore dans le temple (v. 14). Ceux qui seront sur la terre en ce jour-là sauront que la bénédiction ici-bas vient de Dieu par Christ, mais le voile sera encore là. Ce qui distingue le christianisme, c’est que le voile est déchiré du haut en bas ; mais pour ceux qui se trouveront sur la terre pendant le règne de Christ, ce ne sera pas le ciel, ils ne jouiront pas de la bénédiction céleste. Dieu, en un sens, sera encore caché. De sorte que nous, qui sommes maintenant au milieu des souffrances, des luttes contre la chair, nous sommes plus heureux qu’ils ne le seront ; notre sort est meilleur que le leur, alors même qu’ils vivront sur une terre où Satan n’agira plus et où la malédiction sera ôtée. Ils profiteront des résultats de l’oeuvre de Christ, mais nous sommes placés avec Christ lui-même dans la position d’où découle cette bénédiction. C’est une différence du tout au tout. Dans l’Apocalypse il n’y a plus de voile ; on peut remarquer d’autre part qu’il n’est pas mentionné dans le livre des Rois. Cela nous parle de Dieu parfaitement révélé : on est dans la lumière, comme Dieu est dans la lumière, alors qu’en dehors du voile il ne peut en être question. En Lui il n’y a point de ténèbres : il faut donc que nous soyons devant sa face en perfection ; nous ne pourrions nous tenir là autrement, bien moins encore que l’Israélite à la place qui lui était assignée, et qui était en dehors de cette présence de Dieu au dedans du voile. Quand cette présence se manifeste un instant et que la nuée remplit le temple les sacrificateurs ne peuvent y poursuivre leur service : ils ne marchaient jamais, à proprement dire, en la présence de Dieu.

Or qu’est-ce que Christ a fait ? Le voile a été déchiré. Nous avons pleine liberté pour entrer dans les lieux saints. Les sacrificateurs n’avaient pas cette liberté bien qu’ils pussent être bénis en dehors. Mais maintenant l’oeuvre, qui a pleinement manifesté Dieu dans sa justice et sa sainteté et par laquelle le voile a été déchiré, est la même qui ôte tous les péchés qui étaient sur moi aux yeux de Dieu. La perfection de la sagesse de Dieu dans cette oeuvre de Christ est déployée par un acte qui atteste que le péché qui était sur nous est ôté. Nous sommes en la présence de Dieu sans voile et sans péché. Si le chrétien n’était pas sans péché devant Dieu, sa situation serait pire que celle d’un Israélite, puisque Dieu était caché à celui-ci. Il ne voyait pas ce qu’il y avait derrière le voile, ni quant aux péchés, ni quant à la mort. Il pouvait y avoir, du reste, une vraie piété, mais Dieu était caché.

Qu’un travail d’âme soit nécessaire pour nous amener à comprendre qu’en nous il n’existe aucun bien, cela n’ôte rien à ce fait d’une portée immense que Dieu communique avec nous sans voile. Christ a porté nos péchés, les conséquences en ont été sur Lui, Dieu l’a frappé à notre place, et a déchiré le voile ; Il n’est plus caché. La conséquence pratique est que nous pouvons avoir communion avec Dieu. Christ, l’oeuvre parfaitement accomplie, entre dans la présence de Dieu comme premier-né entre plusieurs frères. La position qu’Il nous a faite, c’est la sienne. «Il y a plusieurs demeures dans la maison de mon Père... Je vais vous préparer une place, afin que là où moi je suis, vous, vous soyez aussi».

Jusqu’à quel point jouissons-nous de ces choses maintenant ? Assurément nous n’en aurons la pleine jouissance que lorsque nous serons au ciel. Mais le Saint Esprit a été envoyé pour que nous comprenions que cette position est la nôtre.

L’oeuvre de l’Esprit en nous est la même, dans la même puissance, que celle qui a pris Christ dans le tombeau pour le faire asseoir à la droite de Dieu dans les lieux célestes (Éph. 1:19-20). Le croyant n’est pas seulement béni, il l’est «dans les lieux célestes dans le Christ Jésus», et «de toute bénédiction spirituelle». Il n’a pas seulement pour lui le sang en vertu duquel il peut s’approcher de Dieu, mais le voile est déchiré, nous avons une pleine liberté pour entrer dans le lieu très-saint, sachant, par le Saint Esprit et par la Parole, que nous possédons cette entrée par le chemin nouveau et vivant qu’Il nous a consacré à travers le voile. Le résultat, quant à nous-mêmes, est la conscience de l’amour parfait de Celui qui nous a introduits là, et celle que le péché est ôté vis-à-vis de Dieu. J’ai à lutter contre le péché, mais je ne puis me présenter devant Dieu qu’en vertu du sang de Christ, et par le chemin consacré à travers le voile déchiré. Si Dieu voit le sang, il est impossible qu’il voie le péché, ou autrement le sang ne l’aurait pas lavé, et il n’y aurait point d’Évangile. Le sang des taureaux et des boucs, répandu en dehors du voile, n’ôtait pas la conscience du péché, mais Christ nous a rendus parfaits à perpétuité, étant sanctifiés par la volonté de Dieu.

Dira-t-on que cela donne liberté au mal ? Mais comment le fait de se trouver dans la lumière comme Dieu est dans la lumière pourrait-il donner liberté au mal ? Pourrait-il y avoir liberté de pécher en la présence de Dieu ? Non, certes. La «pleine liberté» qui nous est donnée est celle de jouir de cette présence dans la certitude d’un amour parfait, qui n’a pas épargné Christ afin de nous faire entrer là, avec la conscience que Dieu nous aime. Voilà notre position et dans le ciel et quant à notre coeur dès maintenant. De quoi jouirais-je, de fait, au dedans du voile, sinon de l’amour du Père ? Cet amour est démontré dans le don de Jésus, et dans le fait qu’Il est maintenant auprès du Père. Si je parle du ciel, et de la présence de l’homme dans le ciel, je puis y entrer, le voile est déchiré par la mort de Christ. L’oeuvre qui m’introduit est faite, et j’entre dans le lieu très-saint. C’est là ma position actuelle ; toute autre position signifierait que Christ n’a pas accompli cette oeuvre et que Dieu n’est pas complètement révélé. La perfection de l’oeuvre qui nous amène devant Dieu sans péché et sans voile nous place dans la lumière. Il ne peut y avoir une autre position pour le croyant. Voilà ce qui distingue essentiellement le christianisme. Un fidèle des temps anciens avait des promesses, tandis que je me fonde non sur des promesses mais sur une oeuvre accomplie. Nous ne sommes pas en prison, mais hors de captivité. Christ, l’oeuvre faite, est entré, en la présence du Père comme homme ; telle est notre position en Lui, et ce qui devrait caractériser le chrétien c’est d’être un homme qui marche dans la présence de Dieu sans voile. Il a la certitude d’avoir été «rendu agréable dans le Bien-aimé», d’être positivement agréable à Dieu comme Christ Lui-même, d’être devenu «justice de Dieu en Christ», d’être l’objet de l’amour du Père comme Christ en est l’objet. Appelé à marcher et à trouver sa joie en Lui, la marche dans la sainteté est pour le chrétien le ciel même. Les choses qui font sa jouissance et en sont la source sont exclusivement célestes ; il est mort et ressuscité avec Christ, mort à la loi et au monde ; il n’est pas du monde ; son propos est de demeurer dans l’amour de Dieu, la sainteté de Dieu. Il a tout à craindre dans ce monde ; il a peur de Lui-même, de sa chair, de Satan, et sa sagesse est dans tout cela ; mais devant Dieu, il n’a aucune peur : il est aimé de Dieu en Christ. S’il Lui est demandé d’être parfait comme son Père céleste est parfait, c’est parce qu’il connaît ce Père. Il n’est pas dit : «Soyez parfaits avec votre Père», mais «comme votre Père». Il s’agit pour lui de présenter Dieu au monde, en qualité d’enfant ; le caractère de Dieu doit se reproduire en lui, parce qu’il est en Sa présence et appartient à Sa famille. La vie de Jésus est à manifester dans nos corps mortels. Dieu a aimé, aimez comme Lui. Dieu a pardonné, pardonnez. Faites du bien à ceux qui vous font du mal. Ce sont là les fruits qui sont produits par la grâce, dans la présence de Dieu. La joie, le bonheur du chrétien, se trouvent dans cette présence, en toute liberté. Une telle position est sa force et sa règle. Son caractère résulte du fait que le voile a été déchiré lorsque Jésus est mort.

Si nous n’osons pas accepter cela, en alléguant que nous en sommes indignes, nous n’avons pas l’intelligence de ce qu’est la grâce de Dieu. La grâce n’a rien à faire avec la dignité de celui qui en est l’objet. Comprenons que ce qui distingue dès maintenant la position du chrétien dans ce monde, c’est sa position céleste en Christ. Quelle joie d’entrer dans le ciel comme Christ y est entré, quel droit que celui d’être déjà dans la présence de Dieu comme Lui-même y est !

Que Dieu nous donne de croire qu’Il veut nous rendre heureux en Christ, dans sa présence : Christ est à nous et nous sommes à Christ, et Christ à Dieu. Dieu veuille produire en tous les siens le besoin de jouir des conséquences de cet amour de Christ, qu’Il a donné.