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Méditations  de  J. N. Darby

 

 

1     Méditations de J. N. Darby    1  Samuel  14

 

1            Méditations de J. N. Darby    1  Samuel  14

n°60 : ME 1893 p. 432

Le caractère de Jonathan offre un grand intérêt. L’infidélité d’Israël avait réduit ce peuple à un triste état. Les Philistins, épargnés jadis quand ils auraient dû être anéantis, subsistaient maintenant «afin que les fils d’Israël connussent, en l’apprenant, ce que c’est que la guerre» (Juges 3:2). Si, par notre infidélité, il n’y a pas destruction des convoitises de Satan, elles deviennent une occasion de combat. C’était par manque de foi, qu’Israël n’avait pas détruit ses ennemis. L’Éternel les laissa subsister pour éprouver son peuple (Juges 2:21-33).

Israël fait un pas de plus ; il s’allie avec les Cananéens, et le résultat, c’est que les Philistins finissent par avoir le dessus au point d’empêcher le peuple de se forger des armes. Il arrive alors qu’Israël descend vers les Philistins pour aiguiser son soc et sa houe, et sa hache, et sa faucille (1 Sam. 13:19-23). Il en est de même pour l’Église : elle en est réduite à chercher auprès du monde les moyens de labourer le terrain que l’Éternel lui a donné.

Saül était un homme distingué, non selon Dieu, mais selon la chair ; aussi s’appuie-t-il sur la chair. David fut roi selon la grâce ; Saül le fut selon le coeur d’Israël. Jonathan est remarquable par son amour pour David. L’économie actuelle doit passer pour faire place au règne de Christ. C’est à lui que le résidu d’Israël s’attachera. Jonathan nous présente donc le type de ce résidu aux derniers temps, formé dans un temps où tout Israël sera plongé dans l’apostasie.

Saül ne délivre pas Israël ; toute son action, même quand il s’allie à Jonathan, ne sert qu’à mettre le peuple dans le plus cruel embarras. Saül désire le bien d’Israël, mais s’appuie sur la chair pour le procurer. Du moment qu’il se mêle des événements, il empêche le bien de se produire ; on trouve en lui à la fois l’incertitude et la témérité.

Jonathan sentait très bien l’état d’Israël, mais ce n’est pas en lui, ni dans le peuple, c’est en Dieu qu’il cherche des ressources. Il aime Israël, il s’attache à lui ; dans le moment dont parle notre chapitre, il possède seul la foi d’Israël, et comprend seul que les Philistins incirconcis, n’ont aucune puissance contre l’Éternel. Le camp des ennemis était rempli d’Hébreux ; ceux qui étaient restés avec Saül tremblaient. Il ne restait que Jonathan ; la délivrance d’Israël dépendait uniquement de lui, car la force de l’Éternel ne dépend pas du nombre. Quand il y a de la foi, même si cette foi est dans un seul homme, toute la force de Dieu est présente. La foi s’attache non aux avantages humains, mais à Dieu. La foi agit dans l’individu ; d’autres en voient l’effet et suivent. Il faut que chacun commence à croire en Jésus pour soi-même, et le résultat c’est que cela réunit à l’Église de Dieu.

La foi de Jonathan réalise l’état vrai des choses. Elle ne voit dans les Philistins autre chose que des incirconcis, et dans Israël autre chose que le peuple de Dieu. Elle se fonde sur le fait que l’Éternel est la vraie force des siens. Elle attaque les Philistins dans leur fort, en apparence inexpugnable, et où il faut grimper sans armes. Les Philistins ont la confiance insolente du monde en sa force ; ils se moquent d’Israël caché dans ses trous. Jonathan reconnaît à cela même, que l’Éternel les a livrés aux mains d’Israël. La hardiesse de la chair est pour l’Église une évidence que c’en est fait du monde. Les hommes du corps de garde tombent devant Jonathan. Il en est encore de même ; la force de la chair tombe toujours ainsi, quand il y a de la foi, et la présence de Dieu se manifeste (v. 15).

Jonathan agit par la foi seule, à l’insu de son père et d’Israël. Ce n’est pas la simplicité de la foi, que de s’arrêter pour voir qui nous suivra ; ce serait chercher de l’appui hors de Dieu seul. Saül songe à consulter Dieu, quand la chose est déjà faite, mais devant le résultat de la foi, il s’arrête.

Les Philistins s’entretuent ; c’est une délivrance pour Israël ; c’en est une aussi pour les Hébreux qui demeurent au milieu des ennemis. On trouve, hélas ! toujours des Hébreux parmi les Philistins. Les Israélites cachés sortent aussi pour la poursuite ; ceux qui entourent Saül font de même.

Au v. 24, le zèle téméraire de Saül se manifeste. Jonathan n’avait rien vu, ni entendu de tout cela. Au milieu même de sa fatigue, une seule bénédiction le rafraîchit et l’éclaire (v. 27-30).

Le résultat de la conduite de Saül se montre au v. 32. Il fait pécher le peuple ; ensuite il veut tuer même Jonathan. Dans tout cela, la patience, la douceur et la bonté de Jonathan sont bien remarquables. Il est libre de tous les embarras et de toutes les difficultés que suscite la marche selon la chair. Sa foi ne s’attend à rien qu’à Dieu seul.