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Méditations  de  J. N. Darby

 

 

 

1     Méditations de J. N. Darby    Deutéronome  1

2     Méditations de J. N. Darby    Deutéronome 16

 

1            Méditations de J. N. Darby    Deutéronome  1

n°107 : ME 1897 p. 132

Nous avons ici un triste résumé de l’histoire d’Israël dans le désert et de la manière dont l’incrédulité se prive, en chemin, de grandes bénédictions. Dieu avait fait passer Israël par le chemin le plus long, afin qu’ils ne rencontrassent pas un peuple aguerri ; il les avait fait traverser la mer Rouge pour qu’ils apprissent à connaître la puissance de Dieu, au lieu de celle de l’ennemi.

Maintenant il s’agit pour eux de la possession et de la jouissance des promesses. Canaan leur avait été promis ; aucun d’eux, sauf Josué et Caleb, n’y est entré, à cause de leur incrédulité ! Il n’y a que onze journées depuis Horeb jusqu’en Canaan (v. 2), et le résultat de leur incrédulité est qu’ils mettent 40 ans à ne faire que ce court trajet. Ce simple fait est un avertissement très solennel. Je me demande si nous avons beaucoup réalisé les promesses de Dieu, la gloire du Seigneur Jésus, l’amour du Père, la communion de ceux qui ont leur bourgeoisie dans les cieux.

Ce chapitre nous explique comment cela a pu arriver. Au livre des Nombres, Dieu compte le peuple et se le consacre à lui-même. Il les a conduits en Horeb dans ce but, il les met en ordre en sa présence ; à leur départ d’Horeb, il sépare les Lévites pour le service ; Dieu est là au milieu d’eux, Israël n’étant que l’avant- et l’arrière-garde de la gloire et de la présence de Dieu. Israël devient l’armée d’Israël ; l’arche va devant eux dès leur première étape pour trouver le lieu où ils doivent se reposer. L’arche est leur gloire et leur guide. Et voici qu’il n’y a, tout le long du voyage d’Israël, que murmures et iniquité ! (Nombr. 10 à 12). Ils veulent retourner en Égypte, ne pensent qu’au temps où ils étaient dans le monde et à leurs aises passées. Dieu les châtie, et pourtant les conduit, malgré leurs murmures, jusqu’à Kadés-Barnéa. Là ils sont tout près de Canaan et de la possession des promesses. C’est là aussi que le chrétien arrive. Il n’est pas encore dans la gloire, mais à la frontière de la gloire et du monde à venir. Encore une courte traversée et j’y suis !

Dieu qui leur avait donné toutes ses promesses, les encourage : «Ne crains point et ne t’effraie point». Israël désire obtenir une connaissance plus exacte du pays, et l’Éternel ne le lui refuse pas. Le Saint-Esprit, comme les messagers d’Israël, vient nous dire : Le pays que notre Dieu nous donne est bon. Il prend les choses de Christ, toutes les choses que le Père a données au Fils, les fruits de ce pays béni, et nous les communique. Mais Israël refuse d’y monter, quand l’Éternel lui donne les arrhes de ce que le pays contient. Ce que Satan fait, c’est de nous présenter les difficultés pour nous rendre infidèles. Les dangers, la force de l’ennemi, tout cela est vrai. Il est vrai qu’il faut compter si, avec 10000 hommes, on peut aller contre celui qui en a 20000, mais Satan dit ces choses pour nous effrayer. Dieu avait aplani jusque-là toutes les difficultés devant Israël, il s’était associé à eux après les avoir rachetés d’Égypte, il avait combattu pour eux (Ex. 17). Il permet qu’ils comprennent les difficultés ; mais eux se placent devant les difficultés et le coeur leur manque. Ils ont beau voir les fruits du pays, leur coeur refuse d’y entrer. Dieu leur dit : «L’Éternel, votre Dieu, qui marche devant vous» (v. 30). C’était donc l’Éternel qui rencontrait les difficultés, quelque grandes qu’elles fussent, comme le Berger qui marche devant les brebis. Impossible que l’homme les surmonte. Dieu dit : Il faut compter sur moi. Il ajoute : «Votre Dieu combattra lui-même pour vous». Sans doute, il nous exerce au combat pour la jouissance des promesses ; il nous faut renoncer à nous-mêmes, vivre de régime en toutes choses. Israël ne succombera-t-il pas ? Non, «votre Dieu combattra lui-même pour vous». Dieu ne nous a-t-il pas déjà délivrés de la puissance de Satan ? C’est la folie des enfants de Dieu, de penser que ce même Dieu n’aura pas la puissance de les délivrer des difficultés que Satan élève sur leur chemin, car ils ne sont plus ses esclaves. Dieu n’a-t-il pas rendu impuissant notre ennemi ? D’où vient donc ce manque de foi ? De ce que, en route, le coeur est retourné en Égypte et s’est écarté de la présence de Dieu et de son témoignage. Hélas ! n’avaient-ils pas vu que l’Éternel leur Dieu «les avait portés comme un homme porte son fils» ? (v. 31). Il ne leur avait pas demandé de la force. Sa patience les avait conduits jusqu’ici. N’est-il pas honteux de ne pas compter sur sa puissance et sur sa force ? Dieu s’était servi des difficultés pour manifester sa fidélité. «Il allait devant eux dans le chemin, la nuit, dans le feu, pour leur faire voir le chemin où ils devaient marcher» (v. 33). La nuit était pour eux le moment le plus sûr et le plus heureux.

L’Éternel avait entendu tous les entretiens de leurs coeurs (v. 34-40), et voici le résultat : Pour tout Israël le fruit de l’incrédulité est un triste trajet de 40 ans dans le désert, au lieu d’entrer directement dans le pays de Canaan. C’est l’histoire continuelle de nos âmes. Tandis que Dieu nous porte comme un homme porte son fils, nous ne voulons pas compter sur sa force pour nous. Ensuite, quand Dieu ne veut pas qu’il monte, la présomption d’Israël le pousse à monter quand même, et il est défait par l’ennemi. Dieu nous présente des occasions de bénédiction ; si nous manquons ces occasions, elles ne se retrouvent pas ; Dieu nous les retire. Plus tard, Dieu n’y est pas et l’on va au-devant d’une défaite.

Dieu ne demande pas mieux que de nous voir jouir des promesses. Il nous y encourage. Si nous voulons connaître le pays, le Saint-Esprit nous en présente les fruits et les difficultés, les raisins d’Eshcol et les villes fortifiées jusqu’au ciel ; mais si, au lieu de chercher à mesurer d’avance les difficultés, nous nous en tenons aux promesses de Dieu, nous allons en avant sans peine. Dieu nous avertit aussi ; laissons sa Parole agir sur nos consciences et craignons de perdre l’occasion.

Jouissez-vous des choses que Dieu nous a promises en Christ ? Voici le pays que Dieu vous a donné. Qu’est-ce qui vous arrête ? Y a-t-il, des craintes, et ne savez-vous pas compter sur le Seigneur ? Si vous allez en avant sans crainte, vous trouverez l’Éternel et rien d’autre. Les difficultés que Satan présente seront des occasions de victoire. Pour nous encourager, le Saint Esprit, dans sa grâce, nous rappelle tout ce que Dieu a fait, l’amour parfait de Celui qui nous a délivrés, la tendresse de Dieu qui nous a conduits jusqu’ici et qui veut nous faire entrer dans la gloire !

 

 

 

2            Méditations de J. N. Darby    Deutéronome 16

n°286 (ex 281) : ME 1977 p. 241 / 276

Il y avait trois grandes fêtes pour la célébration desquelles tout Israël devait monter à Jérusalem. D’autres jours solennels étaient à observer, chaque semaine le sabbat, chaque mois la nouvelle lune, chaque année, au septième mois, le premier jour (les trompettes) et le dixième jour (les propitiations). Mais ces trois-là, savoir la Pâque, la Pentecôte (ou fête des semaines, ou de la moisson), et la fête des Tabernacles, étaient les fêtes solennelles, celles du rassemblement du peuple tout entier. Il y a dans ce rassemblement devant Dieu une pensée commune aux trois cas, mais chaque fête a un caractère particulier.

Comme on le sait, les deux premières fêtes ont eu leur antitype ; «Notre pâque, Christ, a été sacrifiée «(1 Cor. 5:7) ; «comme le jour de la Pentecôte s’accomplissait...» (Actes 2:1). Mais la fête des Tabernacles n’a pas eu encore d’antitype. La vraie pâque a été sacrifiée, mais le grand rassemblement que figure la fête des Tabernacles n’aura lieu que lorsque le peuple terrestre aura reconnu Christ comme sa pâque ; il ne l’a pas encore fait, mais le fera un jour.

 

Je voudrais premièrement faire ressortir la liaison entre ces deux premières fêtes, plus exactement entre la fête des pains sans levain, complément inséparable de la Pâque, et la Pentecôte. La fête de la moisson avait en effet un prélude, le lendemain du sabbat après la Pâque, donc pendant les pains sans levain, quand on offrait «la gerbe des prémices de la moisson» que l’on tournoyait devant l’Éternel (Lév. 23:10-14). Cette gerbe représente Christ ressuscité d’entre les morts, et elle était présentée avec une offrande de gâteau sans levain et un agneau en holocauste. Depuis ce moment, qui correspond en Deut. 16 à celui où la faucille commence à être mise aux blés, on comptait sept semaines, et le lendemain du septième sabbat on présentait «les premiers fruits à l’Éternel». Deux pains étaient tournoyés devant lui, comme l’avait été la gerbe des premières prémices, mais ils avaient été «cuits avec du levain» (Lév. 23:17) : ce sont là, en type, les fruits de l’oeuvre de Christ, et, tout particulièrement l’Église ici-bas.

Le ch. 2 du Lévitique nous parle des gâteaux d’offrande, faits de fine farine mêlée d’huile, et oints d’huile, avec de l’encens dessus, sans levain ni miel. C’est Christ dans la perfection de son humanité : rien de la nature pécheresse ni de sa douceur apparente ne pouvait être agréé dans ce sacrifice, il n’y avait en Christ que la perfection, exprimée par l’huile et l’encens, avec le sel qui parle de pouvoir sanctifiant et de consécration à Dieu. Et à la fin de ce ch. 2 nous trouvons l’offrande des premiers fruits présentée à l’Éternel : «une offrande de gâteau de tes premiers fruits, des épis nouveaux rôtis au feu, les grains broyés d’épis grenus», avec l’huile et l’encens dessus : type de Christ offert dans toute sa perfection, avec l’odeur agréable unique, provenant de ce sacrifice. Mais les deux pains de «l’offrande de gâteau nouvelle» de la Pentecôte étaient cuits avec du levain (Lév. 23:16) : «Si nous disons que nous n’avons pas de péché, nous nous séduisons nous-mêmes» (1 Jean 1:8). Ils sont offerts en même temps que sept agneaux, un jeune taureau et deux béliers «en holocauste à l’Éternel, avec leur offrande de gâteau et leurs libations, un sacrifice par feu, une odeur agréable à l’Éternel» — toujours Christ dans sa pure perfection ; mais vient ensuite, pour répondre au levain, un sacrifice pour le péché (Lév. 23:17-19).

Ainsi, Christ ressuscité d’entre les morts, la gerbe tournoyée ; et sept semaines plus tard, les pains tournoyés, où nous voyons l’Église. La venue du Saint Esprit à la Pentecôte se rattache entièrement à cette place nouvelle de l’homme, place de résurrection qui est vue en Christ. Après qu’il eut été «fait péché pour nous», après la mort, après que le jugement de Dieu eut passé sur lui, Dieu l’a ressuscité d’entre les morts, et maintenant, en conséquence de ce que Christ a fait, l’homme est devant Dieu dans une place et un état totalement nouveaux. Lazare revint dans ce monde, mais pour Christ c’est un état nouveau. L’homme responsable ayant failli, Dieu a fait face à cette chute par la mort de Christ, l’a ressuscité, et a mis l’homme dans une condition toute nouvelle. La mort ne domine plus sur Christ : la place où il se trouve est le résultat de l’oeuvre par laquelle Il a parfaitement glorifié Dieu.

C’est ainsi que commence le christianisme : le Saint Esprit nous liant avec Christ dans cette condition nouvelle.

 

Revenons à ce que figurait la Pâque. Là l’homme comme tel est une race jugée et condamnée. L’orgueil de l’homme refuse de le reconnaître, et il cherche à se rétablir lui-même tel qu’il est. On présente un Christ venu dans la condition des enfants d’Adam, comme s’il s’agissait de relever les hommes en tant qu’enfants d’Adam. Cela est entièrement faux. Au contraire, Christ est entré dans une place totalement nouvelle. Il en a fini avec le monde, Dieu a démontré sa justice non seulement en ressuscitant Christ mais en le mettant à sa droite. La justice du Père a été manifestée. «Père juste ; et le monde ne t’a pas connu, mais moi je t’ai connu», dit Jésus. Le monde l’a chassé et mis à mort, mais nous trouvons le fruit de la justice dans cet homme assis à la droite de Dieu. Dieu n’attend pas jusqu’au moment futur où son Fils viendra dans la gloire du royaume : dès maintenant, en vertu de ce que Christ a glorifié Dieu là où se trouve le péché, il y a un homme à la droite de Dieu. La méchanceté de l’homme, la puissance de Satan, le jugement de Dieu, et l’amour de Dieu, tout a été manifesté à la croix.

Dieu a été ainsi parfaitement glorifié, dans son amour infini. La résurrection est maintenant le grand point de départ. Christ a été ressuscité pour notre justification, mais la réponse de Dieu à son oeuvre n’a été complète que lorsqu’il l’eut placé à sa droite dans la gloire. Du fait que la mort et le jugement ont eu lieu il y a maintenant pour l’homme un état absolument nouveau. Tout a été réglé à la croix. J’étais un de ces pauvres pécheurs pour lesquels Christ est venu ici-bas ; mais maintenant je ne suis plus du tout dans la chair : je suis en Christ, là où il est maintenant. Ma position et mon état ne sont plus ceux d’un enfant d’Adam. Il n’y avait pas de remède pour le vieil homme, mis à l’épreuve sans loi, sous la loi, et par les prophètes. C’est ce que résume Étienne quand il dit : Vous n’avez pas gardé la loi, vous avez tué les prophètes, crucifié le Messie, et résisté au Saint Esprit — ce qui déchaîna la fureur des Juifs. Ils le lapidèrent, et il alla au ciel. Tel est le début historique du nouvel état de choses, dans lequel, j’y insiste encore, l’homme est dans une condition toute nouvelle quant à sa place devant Dieu. Seulement, nous n’avons pas encore cela en ce qui concerne nos corps.

Considérons l’état d’âme qui résulte de ce grand changement. La Pâque nous le fait voir. Il ne devait pas y avoir de pain levé parmi les Israélites, et ils ne devaient pas en manger pendant sept jours. Les pains sans levain sont des «pains d’affliction». Vous devez être saints, mais si vous regardez à cette sainteté que vous devriez avoir, n’est-ce pas comme si vous mangiez des pains d’affliction ? Sans la sainteté nul ne verra le Seigneur, et, hélas, je ne suis pas saint pratiquement. Les «pains sans levain de sincérité et de vérité» comportent de l’affliction.

Remarquez une autre chose en rapport avec la Pâque en Deut. 16:7 : «Et tu la cuiras et la mangeras au lieu que l’Éternel, ton Dieu, aura choisi ; et le matin tu t’en retourneras, et tu t’en iras dans tes tentes». Il n’est pas question de communion, de joie, de relations, rien de cela ! Le pain sans levain est un pain d’affliction. Ils sont sauvés, c’est tout. Ce peuple était dans la servitude, Dieu était passé comme juge, le sang de la pâque mis sur l’encadrement de la porte avait fermé l’entrée au jugement de Dieu. Comment puis-je échapper autrement au jugement, puisque Dieu veut la sainteté, et que je n’en ai point ? Il y a le sang, Dieu ne s’approchera pas de moi en jugement ; mais on mange le pain d’affliction. La conscience est atteinte : c’est toujours une chose individuelle. Plus d’une âme sincère se contente de voir le contraste entre le lieu dont elle est sortie et celui où elle a été amenée, mais, en réalité, où a-t-elle été introduite ? dans le désert.

Combien de croyants en effet sont ainsi ! Le sang les a préservés du jugement de Dieu et c’est tout. On s’est vu ruiné en Égypte, on a vu que Dieu y est comme juge, on ne pense pas autre chose de Dieu. On a été trouvé dans cet état par l’aspersion du sang, et l’on est sauf. On s’en estime heureux. Regardez les hymnes couramment chantées dans la chrétienté, où trouvez-vous quelque chose de plus que le simple fait d’avoir échappé à la ruine ? Et, comme la conscience de péché et la justification ne peuvent être qu’individuelles, on doit, comme les Israélites, retourner dans ses tentes et y demeurer.

S’en tenir à la sécurité que l’on éprouve hors de l’Égypte où Dieu agit en juge à l’égard du péché, c’est rester bien en deçà de ce qu’Il veut pour nous. Bien des vrais croyants, hélas, ne voient pas clairement que Dieu comme juge n’a plus affaire avec eux maintenant comme étant dans leurs péchés. Aussi n’ont-ils certainement pas la Pentecôte, et encore moins la fête des Tabernacles. Sans doute, ils voient l’amour de Christ accomplissant ce qui était nécessaire pour rencontrer le jugement de Dieu à notre place, et ils sont en sûreté. Je n’ai pas besoin de dire que cela est parfaitement vrai, et que c’est la base de tout. Mais, encore une fois, ils ne connaissent Dieu que comme un juge, ils retournent à leurs tentes n’ayant rien d’autre. Mais n’avons-nous pas bien davantage ? Nous avons le Saint Esprit, et cela dans la nouvelle condition qui est la nôtre en Christ, celle de l’homme ressuscité. Ce qui caractérise la position chrétienne est la présence du Saint Esprit et l’attente du retour de Christ.

Ayant bu la terrible coupe, et ayant glorifié Dieu en ma faveur quant au péché, Christ est entré au ciel comme mon précurseur. Et la présence du Saint Esprit sur la terre, habitant en moi, est ce qui m’associe avec Christ là où il est maintenant, à la droite de Dieu. Que la mort vienne, elle m’est un gain.

Qu’en est-il donc de mes péchés ? Ils sont ôtés.

Qu’en est-il de la justice ? Christ est ma justice.

Et le Saint Esprit est descendu avec ce témoignage béni, pour m’amener au plein sentiment des résultats de ce que Christ a accompli, et de la place qu’Il a prise maintenant comme homme. Christ est ma vie, et le Saint Esprit m’identifie avec Lui. «Celui qui est uni au Seigneur est un seul esprit avec Lui» (1 Cor. 6:17).

Les souffrances sont passées pour Christ, et en conséquence il est entré comme homme dans la gloire. Et maintenant ? Le Saint Esprit nous a été donné, et nous connaissons notre relation, comme le Seigneur l’a déclaré : «Je monte vers mon Père et votre Père, vers mon Dieu et votre Dieu». Les petits enfants connaissent le Père, ils crient «Abba, Père», mais il n’en est ainsi que lorsqu’ils ont reçu le Saint Esprit. «Vous êtes tous fils de Dieu par la foi dans le christ Jésus» ; «et parce que vous êtes fils, Dieu a envoyé l’Esprit de son Fils dans nos coeurs, criant Abba, Père» (Gal. 3:26 ; 4:6). «Vous n’avez pas reçu un esprit de servitude, pour être derechef dans la crainte ; mais vous avez reçu l’Esprit d’adoption, par lequel nous crions Abba, Père «(Rom. 8:15). De même, en Jean 14:20, le Seigneur dit : «en ce jour-là», c’est-à-dire quand le Saint Esprit sera venu, «vous connaîtrez que moi je suis en mon Père, et vous en moi, et moi en vous».

Tout découle de l’amour de Dieu. Quelle en est la preuve ? Il a donné son Fils. Comment le savez-vous ? Par le Saint Esprit. Par ceci nous savons que nous demeurons en lui, et lui en nous, parce qu’il nous a donné de son Esprit (1 Jean 3:24).

Ensuite, qu’en est-il de l’héritage ? Le Saint Esprit en nous en est les arrhes.

Ainsi le Saint Esprit réfléchit toute la lumière de la connaissance divine sur ce que Christ a fait, nous fait connaître la faveur présente de Dieu, et nous apprend que nous sommes aimés comme Jésus est aimé. Nous comprenons ainsi notre position, et nous y vivons jour après jour. Si je crois que le Fils bien-aimé de Dieu est devenu un homme et est mort, qu’il a été fait péché pour moi, qu’il a souffert à ma place, alors ne puis-je pas dire qu’il n’est rien de trop grand pour moi ? Dieu me fera don librement de toutes choses avec Christ ; je suis devenu une partie de la gloire de Christ. Peut-on supposer que Christ soit dans la gloire sans ses rachetés ? Où serait la gloire du Rédempteur ?

Qu’ai-je à faire maintenant ? «Tu compteras sept semaines ; depuis que la faucille commence à être mise aux blés, tu commenceras à compter sept semaines, et tu célébreras la fête des semaines à l’Éternel, ton Dieu, avec un tribut d’offrande volontaire de ta main, que tu donneras selon que l’Éternel, ton Dieu, t’aura béni». Il s’agit donc que je vienne avec une offrande volontaire. Il n’y en avait pas à la Pâque. Mais le Saint Esprit nous ayant donné connaissance de notre part en Christ, nous rend maintenant capables d’apporter une offrande volontaire, offerte de coeur, comme Israël était appelé à le faire une fois en possession de Canaan. Le point important désormais n’est plus de quoi nous sommes sauvés, mais pour quoi nous l’avons été. Le coeur est rempli d’affections nouvelles. Je sais que je suis dans la faveur de Dieu, Christ habite en moi, et moi en Lui, et je viens à Dieu avec ces premiers fruits. Le coeur vient au Dieu et Père avec les dons qu’il a reçus du Dieu et Père.

La fête des Tabernacles n’a pas eu encore d’accomplissement, parce qu’elle présente les résultats effectifs de l’oeuvre de Christ dans leur plénitude. Mais la grâce opère déjà en puissance dans le coeur, et c’est là la Pentecôte. J’ai toujours lieu d’apporter : «Tu donneras selon que l’Éternel ton Dieu t’aura béni». Il se peut que je sois dans un état affligeant de froideur, la récolte peut être mauvaise, et je n’ai pas grand-chose à offrir. Mais même ainsi, «tu te réjouiras devant l’Éternel, ton Dieu», ce qui n’avait pas lieu à la Pâque. Non que j’aie oublié d’avoir été tiré d’Égypte, loin de là, l’Esprit de grâce, dans la puissance du Saint Esprit, fait que l’âme s’en réjouit : «Tu te souviendras que tu as été serviteur en Égypte». Je me souviens que j’étais autrefois captif, et que j’ai été délivré par la puissance du Saint Esprit, par lequel maintenant je viens en adorateur.

Quant à la fête des Tabernacles, voyez en Jean 7 la manière dont se comporte le Seigneur Jésus. Ses frères lui disent : «Va en Judée... montre-toi au monde». Il répond : «Je ne monte pas à cette fête, car mon temps n’est pas encore accompli» : Cependant, en la dernière journée, la grande journée de la fête, le huitième jour, «Jésus se tint là et cria, disant : Si quelqu’un a soif, qu’il vienne à moi, et qu’il boive. Celui qui croit en moi, selon ce qu’a dit l’Écriture, des fleuves d’eau vive couleront de son ventre. Or il disait cela de l’Esprit qu’allaient recevoir ceux qui croyaient en lui ; car l’Esprit n’était pas encore, parce que Jésus n’avait pas encore été glorifié». Nous voyons là que lorsque s’accomplira la fête des Tabernacles ceux qui seront venus à Christ recevront le Saint Esprit. Cette fête venait après la moisson, c’est-à-dire après le jugement séparatif, mettant à part le froment d’avec le chaume, et après la vendange, c’est-à-dire purement et simplement la vengeance, l’indignation et la colère du Seigneur Dieu tout-puissant. À la fête des Tabernacles, tout cela est passé, ils habitent dans leurs tentes, etc., ce qui préfigurait, dans un sens terrestre, pour les Juifs, le repos de Dieu. Le temps était venu en Jean 7 de célébrer cette fête figurative de l’avenir terrestre. Mais nous avons un bien meilleur repos, c’est pourquoi il y avait un huitième jour, ce que ne comportaient pas les autres fêtes. Cela est pour nous, et ce huitième jour se rapporte à ce qui est nouveau et céleste, le jugement et la vengeance étant passés. Nous étions étrangers, pèlerins, vagabonds, mais nous ne le sommes plus. Le jugement est passé, nous avons à jouir du pays ; pour nous il s’agit, bien entendu, du ciel.

Les saints ressuscités et glorifiés sont le centre de la bénédiction céleste, tout comme les Juifs seront le centre de la terre pendant le millénium. «Et tu te réjouiras dans ta fête, toi, et ton fils, et ta fille, et ton serviteur, et ta servante, et le Lévite et l’étranger, et l’orphelin, et la veuve qui sont dans tes portes. Tu feras pendant sept jours la fête à l’Éternel, ton Dieu, au lieu que l’Éternel aura choisi, car l’Éternel, ton Dieu, te bénira dans toute ta récolte» — non selon ta récolte (v. 10) mais dans — et dans tout l’ouvrage de tes mains ; et tu ne seras que joyeux» (v. 14, 15).

Repos de Dieu et joie éternelle, telle est la fête des Tabernacles. Le Saint Esprit qui nous introduit dans la joie présente de notre relation avec Dieu nous montre encore plus, savoir les choses à venir. Le Seigneur nous ayant bénis en tout, nous pouvons célébrer déjà la fête, et contempler cet avenir. Comment comprendrais-je ce qui nous est dit : «Pensez aux choses qui sont en haut, et non point à celles qui sont sur la terre», si j’ignore ce que sont ces choses d’en haut ?

Présentement, au lieu de la fête des Tabernacles, Christ donne le Saint Esprit ; mais quand cette fête sera venue, Il se montrera lui-même au monde. Il ne pouvait le faire au temps où ses frères lui en parlaient, mais alors toutes choses seront accomplies.

Et maintenant demandons-nous : jusqu’à quel point nos âmes réalisent-elles non seulement la grâce et la faveur présentes, mais notre portion dans ce qui nous a été acquis, de telle sorte que nous vivions en citoyens des cieux ? C’est ainsi que nos coeurs seront détachés de la terre. Pour un chrétien, la connaissance des choses qui lui sont données librement par Dieu fait partie de sa condition même. Elles nous sont révélées par le Saint Esprit. On les pense généralement si grandes, si merveilleuses, si bénies, que nous ne pouvons les connaître, mais l’apôtre nous montre que c’est une erreur. Elles ne sont pas révélées dans l’Ancien Testament, mais elles sont pour nous, chrétiens. Sans doute, nous en jouirons inégalement, selon notre spiritualité, mais quoi qu’il en soit «nous avons reçu, non l’esprit du monde, mais l’Esprit qui est de Dieu, afin que nous connaissions les choses qui nous ont été librement données par Dieu» (1 Cor. 2:12). C’est expressément pour cela que nous avons reçu l’Esprit.

Les choses qui nous sont ainsi révélées sont nombreuses. Moïse et Élie s’entretenaient avec Jésus sur la montagne, et là était montré un peu de ce qui allait avoir lieu ; ils pénètrent dans l’endroit même d’où se faisait entendre la voix du Père. Que de choses nous apprenons de cette manière ! C’est ainsi que le Seigneur dit : «Le monde ne me verra plus, mais vous vous me verrez» — non de nos yeux naturels, bien sûr. Et aussi je verrai chacun de vous aussi parfait que le coeur de Christ vous veut : n’est-ce pas un sujet de joie, dès maintenant révélé et connu, que nous serons absolument semblables à lui, oui, pleinement glorifiés ? C’est seulement par le Saint Esprit que nous saisissons cela. Encore ici-bas j’ai à prendre garde à chaque pas de peur que mes pieds ne marchent dans la boue ; mais il n’y a pas de boue dans le ciel, j’y marcherai par la rue d’or, où tout est sainteté, et je ne puis être en contact avec rien d’autre. N’est-ce pas là quelque chose de tout nouveau qui nous est révélé ? De même quand je vois que Christ va donner au fidèle un caillou blanc et un nom écrit que nul ne connaît que celui qui le reçoit : il y a entre lui et Christ un intérêt spécial, tout comme j’appelle mon enfant d’un petit nom d’amitié.

Le Saint Esprit communique tout cela, et bien d’autres choses, avec une vivante réalité à nos âmes. Rappelons-nous seulement que nous marchons maintenant par la foi, non par la vue. Non que nous puissions jamais perdre le Seigneur. Je serai pour toujours avec lui, avec Celui qui a attiré mon coeur, qui m’a aimé et qui s’est donné lui-même pour moi. Mais là-haut je n’aurai pas à penser à moi-même, la grâce souveraine m’aura fait semblable à Christ. Pour toujours avec le Seigneur ! N’avoir plus à soupirer après lui, ou à espérer en lui, mais être là, et, dans le sens le plus élevé, nous asseoir avec délices à son ombre, son fruit étant doux à notre palais !

Si le Seigneur ne pouvait pas célébrer la fête des Tabernacles, le Saint Esprit n’en devait pas moins être envoyé ici-bas, pour nous communiquer ces choses divines et célestes, et pour que nous abondions en espérance, par la puissance du Saint Esprit, ayant nos pensées aux choses qui sont en haut.

Remarquez le caractère que cela donnera même à notre culte. Celui-ci se limite souvent à : «J’étais un pauvre pécheur perdu, et me voilà lavé et sauvé». Est-ce donc là tout ? Supposez qu’au sein d’un orage dévastateur je trouve abri dans une maison. Dirai-je seulement : «J’ai échappé à l’orage» ? N’avez-vous rien trouvé dans la maison qui vous a accueilli ? Et cependant, combien restent dans cet état !

Quel est le niveau de nos relations avec Dieu ? Si nous marchons réellement avec lui, Il conduira nos âmes dans tout ce qui n’est encore pour nous qu’objet d’espérance, et nous fera progresser. Dans cette fête que le Seigneur ne pouvait célébrer, il annonçait le Saint Esprit, venu depuis pour nous faire vivre dans la puissance de ce qu’il révèle ; et quand le Seigneur viendra, il nous mettra en pleine possession de ce qu’il met déjà dans nos coeurs en attendant, car notre bourgeoisie est dans les cieux. Ainsi la sainteté même de notre marche ici-bas est identifiée avec notre espérance céleste. Jusqu’où nos coeurs peuvent-ils regarder en haut, au-dessus et en dehors du monde ?

Nous avons à y cheminer péniblement, c’est vrai. Christ l’a traversé pour nous, et nous l’y suivons, afin qu’au moins le caractère de notre passage à travers ce monde manifeste que nous sommes du ciel. C’est un fait que nous avons non l’esprit du monde mais l’Esprit qui est de Dieu, de telle sorte que nous vivions là où Christ est assis et est allé nous préparer une place. Nous avons à traverser ce monde, mais où sont nos coeurs, bien-aimés frères ? Pouvons-nous dire que toutes nos associations, dans cette vie, sont en haut ? Est-ce là que vivent ces coeurs ? Notre culte porte-t-il l’empreinte de pensées habituellement dans le ciel, empreinte heureuse et bénie exprimant notre association avec Lui là-haut ? Rappelons-nous que notre bien-aimé Seigneur s’est sacrifié pour nous acquérir ces choses invisibles qui sont éternelles, et aussi qu’Il est entré là lui-même, comme notre précurseur !