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Méditations  de  J. N. Darby

 

 

 

1     Méditations de J. N. Darby    Nombres  6

2     Méditations de J. N. Darby    Nombres  6:1-12

3     Méditations de J. N. Darby    Nombres  9:15-23 ;  10:1-6, 33-36

4     Méditations de J. N. Darby    Nombres  11

5     Méditations de J. N. Darby    Nombres  18:1-13

6     Méditations de J. N. Darby    Nombres  19

7     Méditations de J. N. Darby    Nombres  20:1-13

8     Méditations de J. N. Darby    Nombres  23

9     Méditations de J. N. Darby    Nombres  23:1-24

10          Méditations de J. N. Darby    Nombres  23  et  24  et  31:1-12 : L’intervention de Dieu    Justification – combats – défaites – victoire

11          Méditations de J. N. Darby    Nombres  24:1-9 : L’Église  aux  Yeux  de  Dieu

12          Méditations de J. N. Darby    Nombres  25

13          Méditations de J. N. Darby    Nombres  35:9-35

 

 

1              Méditations de J. N. Darby    Nombres  6

n°177 : ME 1911 p. 96

Nazaréen signifie séparé ; quel terme précieux : le Seigneur a été appelé de ce nom ! Ce que le Nazaréen nous présente en figure, dans ce chapitre, c’est une séparation de coeur pour Dieu, caractère dont Christ est le modèle. Pour les hommes, c’est un terme de mépris ; et nous ne trouverons, en effet, que cela de la part du monde, si nous sommes réellement séparés de lui, pour appartenir à Dieu. Le monde, lui, est séparé de Dieu par le péché ; nous qui appartenons à Dieu, nous avons besoin d’un dévouement positif pour jouir des choses qui sont de Lui. Dieu a chassé l’homme pécheur de sa présence ; mais l’homme pécheur a chassé Dieu de sa présence en crucifiant le Seigneur de gloire. Lorsque nos coeurs sont attachés à Christ, nous lui montrons notre fidélité en nous séparant du monde, parce que Lui en est séparé. Le Fils de Dieu, envoyé dans le monde, y a été un vrai Nazaréen, saint, fidèle au Père, et nécessairement méprisé du monde pour cela, car, pour être fidèle, il s’est anéanti et a pris une forme d’esclave. Nazareth était un lieu méprisé ; il a convenu à Dieu, pour éprouver les coeurs des hommes, d’en faire le lieu d’habitation de son Fils bien-aimé. S’il était venu pour les Juifs comme le Messie glorieux selon la chair, ils l’auraient reçu, mais au lieu de cela il a été «séparé des pécheurs et élevé plus haut que les cieux» (Hébr. 7:26).

Il était défendu au Nazaréen de boire du vin. Le vin est le symbole de la joie des hommes, réunis en société. Jésus, par son ascension, s’est entièrement séparé de cette joie. Il a dit : «Je ne boirai plus du fruit de la vigne jusqu’à ce que le royaume de Dieu soit venu» (Luc 22:18). Aujourd’hui même, le temps des épanchements de son coeur au milieu des siens, n’est pas venu ; l’Église n’est pas rassemblée et le jour des noces de l’Agneau n’est pas encore là. Comme Lui, nous devrions donc être moralement séparés des pécheurs et élevés plus haut que les cieux. Dans le ciel, nous nous laisserons aller librement à nos affections sans rien perdre de notre sainteté ; ici-bas, c’est le contraire, car le laisser-aller n’y est pas autre chose que le péché : si, dans ce monde, nous ne mettons pas une ceinture à nos vêtements, ils traîneront dans la boue.

C’est en nous attachant aux choses d’en haut, en nous occupant des gloires de Christ, dont Dieu lui-même s’occupe, que nous sommes séparés des pécheurs et réellement libres. Notre liberté est de faire toujours la volonté de Dieu, selon les désirs du nouvel homme. Le moyen de jouir de cette liberté et d’être heureux, c’est d’être occupés de Christ et de penser à lui par l’efficace du Saint Esprit. Jésus est le chef des Nazaréens. Pour avoir à faire avec Dieu, il faut se séparer du monde qui est séparé de Dieu. Mais Christ n’est pas seulement séparé des pécheurs : il est élevé plus haut que les cieux. Le Christ que j’aime est là : mes pensées, mon coeur, ne doivent-ils pas être dans le ciel où est mon Ami, et où le Saint-Esprit me fait entrer ? (1 Cor. 2:7-12).

Nous avons besoin de vigilance ; ce n’est pas le moment de chercher la joie dans le monde (v. 2-7), car cette joie bannit le Seigneur et empêche ceux qui lui appartiennent d’être saints à l’Éternel. Dans ce monde que Dieu a créé, il ne faut pas parler de Christ ni chanter dans les rues des cantiques en son honneur.

(v. 9-12). — Christ vit en nous et nous vivons à Dieu ; notre vie doit donc être dévouée à Dieu : c’est une chose positive et non pas négative seulement, comme de s’abstenir du mal. Il est de toute importance d’être positivement occupé de Christ ; cela ferme la porte à Satan qui ne demande qu’à entrer pour tout souiller et détruire. Quand le Nazaréen s’était souillé, tous les jours de son nazaréat qui avaient précédé ne comptaient pour rien ; il en est de même pour nous, quant à la jouissance pratique de la communion avec Dieu. Lorsque Satan a troublé cette communion, notre force est perdue et tout est à recommencer ; nous sommes obligés de retrouver cette force comme si nous n’avions jamais été en communion avec Dieu.

Si je vis à Dieu, je dois vivre pour Lui, afin que les grâces dont il m’a comblé soient non seulement manifestées au monde, mais montent vers Dieu lui-même, comme un parfum de bonne odeur.

Quel privilège immense d’être unis à Jésus par son Esprit, d’être séparés du monde et élevés plus haut que les cieux !

 

 

2              Méditations de J. N. Darby    Nombres  6:1-12

n°75 : ME 1895 p. 35

Le mot Nazaréen signifie séparé ; ce qui le rend précieux, c’est que Christ a été appelé de ce nom. Ce type nous présente un esprit de séparation du coeur à Dieu, dont Christ est le modèle.

«Nazaréen» était parmi les Juifs, un terme de mépris. Que cela ne nous étonne pas, car ce qui nous sépare pour Dieu nous expose nécessairement au mépris du monde.

Le monde est séparé de Dieu par le péché. Dieu a chassé l’homme pécheur de sa présence, et l’homme pécheur a aussi chassé Dieu de la sienne, en crucifiant le Seigneur Jésus. En s’attachant à Christ, en lui étant fidèle, on se sépare du monde, parce que Lui est séparé du monde. Lorsque Dieu l’envoya dans le monde, sa sainteté et sa fidélité au Père ont fait de lui le méprisé du monde. Nazareth même était un lieu méprisé : «Quelque chose de bon peut-il venir de Nazareth ?»

Dieu a voulu qu’il y eût cette épreuve pour le coeur, que Celui qui est son Fils bien-aimé ait été le méprisé des hommes. S’il était venu selon la chair et comme Messie glorieux pour les Juifs, il aurait été reçu. Mais maintenant ce Jésus rejeté est «séparé des pécheurs, et élevé plus haut que les cieux» (Hébr. 7:26).

Il était défendu au Nazaréen de boire du vin. Le vin est le symbole de la joie du monde, de la joie des hommes dans la société de leurs semblables. Jésus s’est séparé de nous par son ascension, c’est pourquoi il dit : «Je ne boirai plus de ce fruit de la vigne, jusqu’à ce jour où je le boirai nouveau avec vous dans le royaume de mon Père» (Matt. 26:29). Ce n’est plus aujourd’hui le temps de l’épanchement de son coeur au milieu des siens, et cela ne peut plus être avant que l’Église ait été rassemblée et que le moment des noces de l’Agneau soit venu.

«Séparé des pécheurs et élevé plus haut que les cieux…» tel devrait être aussi notre caractère. Dans le ciel, notre sainteté consistera à nous laisser pleinement aller à nos affections ; ici-bas, c’est le contraire : nous y laisser aller, c’est nous associer au mal. Si nous ne sommes pas ceints ici-bas, nos vêtements traînent dans la boue. C’est en nous attachant aux choses d’en haut, en étant occupés de la grâce, de la beauté, de la gloire de Jésus, en aimant ce que Dieu aime, que nous sommes séparés des pécheurs. Alors nous sommes vraiment libres ; notre liberté est de pouvoir toujours faire la volonté de Dieu, selon le désir du nouvel homme. Ainsi le moyen de jouir de cette heureuse liberté, c’est d’être Nazaréens, séparés pour Dieu, par l’efficace du Saint-Esprit, en étant occupés de Christ et en pensant à lui. Jésus est le chef des Nazaréens. Pour avoir affaire avec Dieu, il faut se séparer d’un monde qui est séparé de Dieu.

Christ n’est pas seulement séparé des pécheurs, mais «élevé plus haut que les cieux». Ce Jésus que j’aime, est là. Il faut que nos pensées et nos coeurs soient dans le ciel où est notre ami, et Dieu a mis son Esprit en nous, par lequel nous pouvons connaître ces choses (1 Cor. 2:7-12).

«Je ne boirai plus du fruit de la vigne...» Ce n’est pas de sociabilité, de joie selon le monde, qu’il s’agit maintenant pour nous, mais de vigilance, d’un dévouement positif au Seigneur. La joie du monde chasse Christ et nous empêche d’être «saints à l’Éternel». Ce n’est pas dans les rues qu’on oserait chanter des cantiques ; il ne faut pas qu’on parle de Christ dans ce monde qui a été fait par lui.

Notre vie doit être dévouée à Dieu. C’est positif, et non plus négatif, comme de s’abstenir du mal. Il est d’une grande importance d’être positivement occupés de Christ, cela ferme la porte à Satan ; sinon il entre et souille tout. Le Nazaréen une fois souillé, les jours précédents de son nazaréat ne comptent pour rien (v. 12). Il en est de même pour nous, dans la jouissance pratique de la communion avec Dieu. Si Satan entre, cette communion qui était auparavant notre force est perdue, et tout est à recommencer. Nous sommes obligés de retrouver notre force, comme si nous n’avions jamais encore été en communion avec lui.

Quel privilège immense d’être unis à Jésus par l’Esprit, séparés du monde et élevés en Esprit plus haut que les cieux !

 

 

3              Méditations de J. N. Darby    Nombres  9:15-23 ;  10:1-6, 33-36

n°39 : ME 1892 p. 76

L’histoire d’Israël est un tableau de notre histoire, car il est dit que toutes ces choses leur sont arrivées en type et pour notre instruction. Comme le peuple était conduit par l’Éternel dans le désert, nous sommes conduits dans ce monde par la grâce de Dieu. Aussitôt qu’il reconnaît Israël comme son peuple, Dieu habite au milieu de lui ; de même il demeure dans l’Église par le Saint-Esprit. Le peuple avait pour se diriger la nuée et les trompettes ; nous avons la volonté et le dessein de Dieu dans sa Parole écrite et le Saint-Esprit pour nous les faire comprendre.

La rédemption nous place dans le désert avec Dieu ; c’est la présence de Dieu lui-même qui nous conduit. Pour être forts et courageux pendant le voyage, il faut reconnaître cette présence de Dieu. Le jour où le pavillon fut dressé, la nuée couvrit le tabernacle de la tente du témoignage ; la présence de Dieu s’attachait ainsi à sa loi. De nuit, la nuée avait l’apparence du feu ; il était -facile d’apercevoir ce feu pendant la nuit. Il en est de même pour nous auxquels la présence de Dieu est bien plus manifeste et plus visible dans les ténèbres et les difficultés.

Israël campait et marchait au commandement de l’Éternel. Rien de plus beau et de plus simple que la manière dont il s’attendait à chaque moment à la volonté de Dieu. Ce qui nous est le plus préjudiciable, c’est de nous laisser diriger par notre propre volonté, et tout spécialement dans les choses de Dieu. Israël ne savait où il allait, mais il marchait sans question et sans hésitation, en suivant la direction que lui indiquait la nuée. Les circonstances n’ont pas de pouvoir sur le fidèle, car il fait la volonté de Dieu dans toutes les circonstances et n’a pas d’autre règle. Comment Israël aurait-il trouvé sa route, de nuit ou de jour, dans un désert où il n’y avait pas de chemin ? Les circonstances n’étaient rien ; il lui fallait prendre garde à la nuée. Philippe était extrêmement béni à Samarie, mais au milieu de toute son activité, l’Esprit lui dit : Va à Gaza la déserte ; le Seigneur y avait une brebis. Philippe obéit et quand son oeuvre est faite, le Saint Esprit le conduit ailleurs. Cet homme avait les yeux fixés sur la nuée pour obéir, et nous donne un bel exemple de la conduite d’un enfant de Dieu. Obéir est plus important que tout le reste. Christ, le parfait serviteur, est venu pour faire la volonté de Celui qui l’avait envoyé. Quand il faut agir, il agit ; il dit : Si quelqu’un marche de jour, il ne bronche pas. Quant à nous-mêmes, qu’il s’agisse de nous lever ou de nous reposer, tout doit être fait selon la volonté de Dieu.

En Matth. 11:25-26, Jésus célèbre le Père, parce que telle a été sa bonne volonté. Il dit : Apprenez de moi, qui suis doux et humble de coeur, à vous soumettre entièrement à la volonté de Dieu. L’enfant de Dieu doit avoir une confiance entière en son Père, unie à une obéissance parfaite. Au milieu de la nuit, la nuée se lève. Dieu dit : Va. L’on va, sans savoir où, mais avec la certitude que c’est Dieu qui nous conduit. Nous n’avons à tenir compte, ni du temps, ni des circonstances. Jésus met dehors ses propres brebis, mais il va devant elles. C’est comme la nuée qui conduisait les Israélites. Quel privilège, d’être conduit à chaque moment par lui ; mais il faut prendre garde à l’Éternel, sinon la nuée pourrait se lever sans qu’aucun de nous le sût. C’est en prenant garde à lui, que l’on est capable d’aller chaque fois que la nuée se lève. Il faut le faire dans les détails de la vie de chaque jour. Si le vieillard Siméon, conduit par le Saint-Esprit, ne s’était pas rendu au temple, il n’aurait pas eu le privilège de rencontrer Jésus. Si nous ne prenons pas garde à l’Éternel, les moindres circonstances peuvent avoir des suites très graves. N’oublions pas que nous sommes les rachetés de l’Éternel pour prendre garde à lui et marcher où il nous conduit.

Les trompettes étaient le témoignage de Dieu. Reconnaître ouvertement, franchement, la vérité de l’Éternel nous importe beaucoup, car l’Éternel se met en avant pour rendre témoignage à sa vérité.

On voit au chap. 10:11-32, que, selon l’ordre de marche, Juda et deux autres tribus allaient les premières, ensuite venait le tabernacle, puis trois autres tribus, puis l’arche de l’alliance ; mais aux v. 33-36, l’arche de l’alliance marche devant eux pour leur chercher un lieu de repos. Dieu sait très bien que, même dans le désert, nous avons besoin de repos en sa présence, et sa fidélité nous le prépare. Lorsqu’Israël dut traverser le Jourdain, l’arche de l’alliance alla devant eux, se plaça au milieu de la rivière et le cours du fleuve s’arrêta, et cependant il débordait, car c’était le temps de la moisson. L’arche se tint là jusqu’à ce que chaque Israélite eût passé. Même dans la mort, nous pouvons compter sur cette conduite.

Dieu s’accommode, non au péché, mais aux résultats du péché. Lorsqu’Israël, effrayé des Cananéens, manque de fidélité et se détourne de la terre promise, la nuée se détourne aussi. À combien plus forte raison, les fidèles doivent-ils souffrir de l’état du peuple de Dieu ? Josué et Caleb ont dû, pendant 38 ans, accompagner Israël dans le désert et subir les conséquences extérieures de son péché. Il nous faut aussi, non pas suivre le péché, mais subir les conséquences pénibles de l’état de l’Église ; mais nous pouvons compter sur la nuée, sur la présence avec nous du Dieu de fidélité.

Si le Saint-Esprit a été contristé, Dieu ne peut pas sanctionner le mal, mais ne manquera pas à sa fidélité envers nous. Jésus a été isolé ; il a passé lui-même par le désert ; il comprend et sent l’état du peuple de Dieu et lui prépare des lieux de repos dans la terre altérée. Nous pouvons toujours compter dans le désert sur la bonté de Dieu, car sans lui nous ne saurions découvrir un chemin. Moïse aurait voulu trouver en Hobab un guide ; c’était oublier la nuée comme guide. Il n’y a pas de chemin au désert, mais Dieu y est. Si nous ne sommes pas attentifs à la nuée, quand tout est facile, nous ne la discernerons pas dans les difficultés, et c’est à la suite du péché que tout devient difficile.

Deux choses nous donnent confiance pour marcher dans le désert : la Parole écrite et le Saint-Esprit. L’une ne servirait de rien sans l’autre, car ce n’est pas la raison humaine qui peut sonder les pensées de Dieu. Le Saint-Esprit nous conduit, mais il nous faut les deux choses, non pas la Parole sans l’Esprit, ni l’Esprit sans la Parole. Il faut le Saint-Esprit pour avoir le désir de comprendre la Parole, puis pour avoir la force de marcher et d’obéir. Dieu est là pour nous instruire et nous conduire ; l’enfant de Dieu peut, quand il y est attentif, discerner clairement la direction du Saint-Esprit. On ne peut être conduit par l’Esprit, quand on fait ce qui est contraire à la Parole ; mais si nous sommes conduits par lui, nous pourrons dire comme Moïse (10:35) : «Lève-toi, ô Éternel, et que tes entremis soient dispersés !»

 

 

4              Méditations de J. N. Darby    Nombres  11

n°36 : ME 1891 p. 406

Le livre des Nombres qui fait le récit du voyage des Israélites à travers le désert, fait aussi la relation de leurs rébellions continuelles. C’est la triste histoire du peuple de Dieu, pleine toutefois d’encouragement pour nos âmes, en ce qu’elle exalte Dieu et montre toute sa patience envers son peuple. Tout à la fin du voyage, Dieu déclare «qu’il n’a pas aperçu d’iniquité en Jacob, ni n’a vu d’injustice en Israël» (Nomb. 23:21).

Israël campait au commandement de l’Éternel ; l’arche de l’alliance conduisait le peuple et Dieu lui donnait en toutes choses ses directions. Mais lorsque l’arche, partant de la montagne de Sinaï, les eut conduit trois jours, ils se mirent à murmurer et à se plaindre de la fatigue. Nos coeurs ne font-ils pas de même ? Se plaindre du chemin, c’est le commencement de l’incrédulité, même dans le coeur des fidèles. Après avoir passé la mer Rouge, Israël avait chanté le cantique d’une délivrance parfaite ; mais quand il est question de marcher dans un désert où il n’y a ni eau, ni chemin, et où il faut, en tout, dépendre de Dieu, la chair commence à se fatiguer et regrette les jouissances qu’elle avait en Égypte. Il nous est permis d’être fatigué, non pas de Dieu, mais de ce que nous sommes et de ce qu’ayant un trésor, nous le portons dans des vases de terre, car cette fatigue-là ne nous éloigne pas de Dieu. Plus je suis en la présence de Dieu, plus mon coeur est fatigué du mal. C’est une fatigue et une tristesse selon Christ, qui était lui-même un homme de douleur et sachant ce que c’est que la langueur. Dieu approuve cette fatigue et la soulage : elle provient de l’amour de Christ en nous ; elle ne se relâche pas dans le travail, ne succombe pas dans la tentation. Si je suis fidèle, impossible que je ne sois pas fatigué du péché qui est en moi et autour de moi. Combien était différente la fatigue d’Israël ! Elle provenait de la faiblesse de la chair qui craint les difficultés, n’aime pas à résister, redoute l’effort, et qui, au fond, se plaint de Dieu et murmure contre lui ; et comment pourrait-elle lui être agréable ?

Dieu entend les plaintes de son peuple et sa colère s’embrase contre lui, car en se plaignant, ils avaient «méprisé l’Éternel» qui était au milieu d’eux (v. 20). N’avait-il pas pris soin de tout ce qui les concernait. ? Sans doute, mais la chair ne veut pas être fatiguée et se plaint. Alors, l’Éternel leur fait sentir sa présence et le feu de son jugement en dévore quelques-uns (v. 1). L’humiliation survient et la miséricorde reprend son cours.

Il y avait parmi le peuple des gens dont le coeur était encore en Égypte. Nous n’avons besoin que de peu de chose pour le voyage. Plus notre bagage sera léger, plus la marche nous sera facile. Dieu ne nous donne pas ce qui pourrait nous attacher à ce monde de péché, mais ce qui nous suffit pour le voyage vers Canaan. Les mondains ne peuvent se contenter de ce que Dieu donne, parce que Canaan n’est pas leur but, et qu’ils n’y ont ni leur espoir, ni leur héritage. Israël se met à pleurer et désire de la chair, c’est-à-dire autre chose que ce qui est nécessaire pour le voyage. Quel malheur pour nous, si Dieu nous accordait ce qui nous attache à la terre ! Notre repos n’est pas ici-bas ; c’est la chair qui désire un repos dans ce monde.

Israël dit: «Il nous souvient du poisson que nous mangions en Égypte pour rien, des concombres, et des melons, et des poireaux, et des oignons, et de l’ail ; et maintenant notre âme est asséchée ; il n’y a rien, si ce n’est cette manne devant nos yeux» (v. 5-6). Ils retrouvent le souvenir des choses du monde, mais c’est un souvenir et non une espérance. La manne que leurs yeux voyaient était la grâce suffisante pour le voyage, et rien de plus. Elle n’avait aucun rapport avec ce qui était en Égypte, elle n’était pas non plus la nourriture que le peuple allait trouver en Canaan ; mais elle contenait tout ce qui était nécessaire pour le sustenter pendant le voyage. Israël se souvenait des ressources agréables de l’Égypte, mais il avait oublié les briques ; car Satan a soin de ne pas nous rappeler les souffrances qui se trouvent dans le monde.

Israël pensait que la nourriture d’Égypte le rendrait heureux ; mais si Dieu nous rendait heureux ici-bas avec les choses qui s’y trouvent, il ne serait pas satisfait dans son amour envers nous. Jamais il ne nous donnera ce qui peut nous faire oublier que nous sommes des voyageurs dans le désert. Il veut que sa grâce nous suffise et, quand elle ne nous suffit plus, c’est que la chair agit en nous. Il en est de la grâce comme de la manne. Impossible d’en faire provision pour demain, ni de s’appuyer sur la grâce d’hier ; il faut que nous n’ayons aucun autre appui que Dieu, que nous dépendions journellement de lui ; voilà ce qu’il veut. Quant à lui, il se souvient chaque matin d’Israël pendant quarante ans. S’il n’avait donné la manne qu’une fois par mois, il n’aurait montré son amour qu’une fois et non tous les jours ; mais il nous montre à chaque moment combien il nous aime. Si nos yeux ne sont pas satisfaits de voir la manne tous les matins ; nous méprisons l’amour de Dieu. La joie du fidèle est de comprendre cet amour et de vivre dans une continuelle dépendance de Dieu.

Aux v. 13 et 14, Moïse manque de foi. Il dit : «D’où aurais-je de la chair pour en donner à tout ce peuple ?.. Je ne puis, moi seul, porter tout ce peuple, car il est trop pesant pour moi». Il oublie que la difficulté est devant Dieu et qu’elle concerne Dieu. Les disciples dans la nacelle ont peur, comme si Jésus, qui était avec eux, était en danger d’être noyé. Alors que Dieu a lié sa gloire à nos intérêts, notre incrédulité sépare nos intérêts de la gloire de Dieu.

Le plus grand châtiment que Dieu puisse nous infliger est d’accorder à la chair ce qu’elle désire (v. 18-20). Les Israélites auraient dû, à la vue des cailles, confesser leur péché et retourner à Dieu. Loin de là, ils en mangent, et la chose même qui satisfait leur convoitise les frappe, et les punit.

 

 

5              Méditations de J. N. Darby    Nombres  18:1-13

22 juin 1847    n°180 : ME 1911 p. 214

Nous avons vu, dans une précédente méditation, que lorsque Dieu prit en main la cause d’Israël, ce n’était pas au commencement, mais à la fin de la traversée du désert, quand tout le mal, existant chez le peuple, avait été manifesté. C’est alors que Balaam fut obligé de déclarer qu’il ne pouvait maudire. Dieu sait apprécier l’oeuvre de son Fils et en connaît la valeur. L’accusateur peut bien nous troubler ou nous séduire, mais non pas tromper Dieu, ni nous toucher. Malgré cela, Dieu a beaucoup à faire avec nous, non pas comme un juge assis sur son tribunal, et qui nous condamne, mais comme un père de famille qui ne laisse rien passer chez ses enfants, parce qu’il est leur père et qu’il les aime. Il le fait en grâce, mais d’une manière très exacte. Il n’y a pas une heure de la vie du chrétien qui ne porte des conséquences et dont Dieu ne se serve pour le bénir. Comme il fait notre éducation pour le ciel, il prendra connaissance de tout et corrigera chacune de nos fautes.

Quant à ses voies envers Israël, Dieu l’avait placé sous la conduite de Moïse qui était un homme de foi, s’il en fut ; mais Moïse représentait le principe de l’autorité de Dieu, selon Sa sainteté, et le peuple ne pouvait la supporter. Alors, quand toutes les misères de ce peuple eurent été manifestées, Dieu les plaça, non plus sous la conduite de Moïse, mais sous celle d’Aaron, et cela est très important à remarquer. Pour faire cesser leurs murmures Dieu ne les frappe plus ; Moïse dit aux princes de mettre chacun une verge, représentation d’un sceptre, devant l’arche (Nombres 17) La verge d’Aaron se trouve avoir poussé des boutons, produit des fleurs et mûri des amandes : Dieu montre ainsi qui il a choisi pour conduire son peuple ; il place ce dernier sous la sacrificature. Moïse avait parmi eux la place d’un roi, d’un représentant de Dieu, mais maintenant, ils n’étaient plus sous la puissance et l’énergie divines ; la verge morte était vivifiée et devenait le signe de la sacrificature. Dieu dit : «Prends la verge et parle au rocher et il donnera son eau». Il ne s’agissait plus de frapper le rocher, mais de lui parler ; et c’était la grâce. Christ a été frappé ; l’autorité de Dieu a fait ce qu’il fallait, tout est expié ; il n’est donc plus nécessaire de frapper ; des fleuves de bénédictions peuvent sortir du Rocher pour nous. Dieu, voyant la dureté de nos coeurs, la difficulté de nous faire arriver au bout du désert pour entrer en Canaan, nous a placés sous le régime de la grâce. Israël aurait succombé, sans cela, comme Dathan et Abiram, sous un gouvernement d’autorité et de sainteté. Dieu place maintenant le peuple sous la direction du Souverain Sacrificateur (de Christ), qui agit en grâce et a intérêt à le conduire. Il sera châtié, s’il le faut (21:5-9), mais c’est la grâce ; car autrement jamais il ne serait arrivé au bout du désert. Il y a des murmures, mais il y a de l’eau (20:2-13). Combien de fois, au lieu du châtiment que nous avions mérité, avons-nous rencontré la bénédiction ! Le coeur charnel pourrait dire, afin de se justifier : Si ma faute produit la grâce, peu importe que je pèche... Non, mais le Souverain Sacrificateur intercède et l’Esprit nous fait sentir la faute et nous humilie

Christ place toujours ses disciples dans la position qu’il occupe lui-même ; quand il vivait dans ce monde, ils étaient ses compagnons dans toutes les circonstances qu’il traversait ; maintenant il nous associe à la gloire qu’il occupe. — Il est caché en Dieu, et notre vie l’est aussi. Notre position suit donc toujours celle de Jésus. Il est maintenant sacrificateur ; nous aussi. Quelle en est la conséquence ? Notre conduite doit toujours être selon la grandeur et la hauteur de la grâce. Que l’on soit serviteur, compagnon ou fils, que l’on soit en esprit dans la gloire, notre règle de conduite est selon la position que Dieu nous a faite. Alors Dieu dit : «Toi et tes fils, et la maison de ton père avec toi, vous porterez l’iniquité du sanctuaire ; et toi, et tes fils avec toi, vous porterez l’iniquité de votre sacrificature» (18:1). Cela veut dire que la conduite sous la grâce doit être selon la sainteté du sanctuaire, et selon celle des sacrificateurs. Il en est de même pour nous ; ce n’est pas qu’il soit question du salut, mais, plus nous sommes rapprochés de Dieu, plus le mal est insupportable à ses yeux : nous portons l’iniquité de notre sacrificature. Il y avait des choses permises dans le camp, qui ne l’étaient pas pour la famille sacerdotale, que Dieu avait placée près de Lui et qui devait avoir une connaissance plus entière de ses pensées et de sa sainteté. Dans la proximité de Dieu et la communion avec Lui, nous connaissons mieux le bien et le mal et sommes plus capables d’être attachés à l’un et séparés de l’autre. Telles sont notre règle de conduite et notre responsabilité, quand Dieu nous introduit en sa présence.

«Je vous donne votre sacrificature comme un service de pur don ; et l’étranger qui approchera, sera mis à mort» (v. 7). Il est impossible que l’étranger, l’homme qui n’a pas le Saint-Esprit, jouisse de ces bénédictions. Ce n’est pas qu’on le lui défende, mais il ne le peut pas. Coré et les autres avec lui, avaient essayé, et n’ont pu atteindre la sacrificature, ni s’approcher du sanctuaire. C’est par un pur don de Dieu que, lavés par le sang de son Fils, nés de nouveau et amenés à lui, nous sommes devenus rois et sacrificateurs pour lui rendre culte.

Dieu nous conduit dans le désert et nous introduit devant Lui. C’est par pure grâce qu’il nous donne tout ce qui Lui est offert : «Voici, je t’ai donné la charge de mes offrandes élevées, de toutes les choses saintes des fils d’Israël ; je te les ai données, à cause de l’onction, et à tes fils, par statut perpétuel» (v. 8).

Nous avons été oints, scellés du Saint-Esprit, et la conséquence est que nous avons part à tout. Rien de ce qu’il a fait, en se dévouant toute sa vie, rien de ce qu’il a été ici-bas, dont nous ne soyons pas rendus capables de jouir ; tous les fruits que Dieu produit dans ce beau pays arrosé et fertile, tout cela nous appartient. «Toutes leurs offrandes... sont pour toi et pour tes fils» (v. 9). Quel privilège immense ! Nous avons le droit de nous nourrir de tout ce que Christ a fait dans ce monde, de ce qu’il a accompli sur la croix, dans un amour qui ne s’est jamais démenti, prompt à répondre en grâce à tous les besoins ! Telle est la nourriture du sacrificateur. Le brigand converti dit : «Celui-ci n’a rien fait qui ne se dut faire !» Il comprenait la vie de Jésus. Jamais il ne fit une chose pour lui-même ; qu’il fût fatigué, qu’il eût besoin de manger, tout son temps appartenait aux autres. Celui qui est près de Dieu se nourrit de Lui ; il ne désire pas les gousses des pourceaux, il a Christ ! Ce même Jésus, quand il porte la colère de Dieu, manifeste une patience, une soumission, un amour parfaits ; il n’emploie jamais sa puissance pour se délivrer du mal, mais pour le supporter ; il montre son amour au brigand, sans penser à ses propres souffrances.

La perfection était dans son coeur, et celui qui est près de Lui, le comprend et s’en nourrit ; en sorte que, quand il voit le péché, il peut le porter, comme sacrificateur, en intercession devant Dieu, entrer dans les pensées de Jésus, et faire valoir envers d’autres la grâce qu’il a saisie pour lui-même.

«Tes fils et tes filles en mangeront». Il y a des joies dont on ne peut se nourrir que dans le sanctuaire ; il y en a d’autres dont on jouit en famille ; c’est la communion des saints. Mais il reste encore une autre nourriture pour les enfants de Dieu : «Les prémices qu’ils donneront à l’Éternel, je te les donne» (v. 12). Ceux qui sont nets en mangent. Ce ne sont pas seulement des choses dont on jouit dans la communion des saints, mais d’autres plus générales, des fruits qui ne sont pas exclusivement dans la personne de Christ. Tout ce qui est pur, ou de bonne renommée, tout ce qui a quelque vertu ou quelque louange ; tels sont les fruits de l’Esprit, dans le pays «que l’on n’arrose pas avec son pied» (Deut. 11:10). C’est ce qui fait la joie de l’Église de Dieu : elle se nourrit avant tout de Christ, mais les fruits du ciel sont aussi sa nourriture.

On se plaint parfois de ne pouvoir s’élever, de manquer de vie ; il ne faut pas en rester là. Vous êtes sous la conduite de Christ qui est là pour vous bénir, pour vous donner à boire, quand vous murmurez. Vous ne pouvez pas entrer dans le sanctuaire, dites-vous ? Mais vous avez à faire à la puissance qui fait sortir la vie de la mort, qui couvre, en un moment, un morceau de bois sec, de bourgeons, de fleurs et de fruits. Ne vous contentez donc pas d’une vie incomplète, mais rappelez-vous que Dieu vous nourrit des fruits du sanctuaire, tout en vous disciplinant selon la position que vous occupez, soit dans le camp soit dans le sanctuaire. Si nous nous traînons péniblement dans le chemin chrétien, reconnaissons notre faute, mais comptons sur la grâce qui connaît et comprend tous nos besoins, et veut nous rendre heureux, malgré toutes nos faiblesses

 

 

6              Méditations de J. N. Darby    Nombres  19

n°138 : ME 1902 p. 14

Un grand principe se retrouve continuellement dans l’Ancien Testament, savoir l’effet de la présence de Dieu au milieu de son peuple. Ce principe suppose la grâce. Le Seigneur ne peut demeurer au milieu de son peuple que par grâce, car c’est par grâce qu’il l’a acquis pour Lui appartenir et l’a rassemblé (Ex. 29:43-46). Il en est de même de l’Église ; Dieu veut la bénir par Sa présence au milieu d’elle, non dans le ciel, mais manifestée ici-bas, prenant connaissance de tout ce que son peuple fait, et étant pour lui la source de toute bénédiction. Israël n’était heureux et béni qu’en entourant le tabernacle.

La pensée qui nous est présentée en Ex. 29, c’est que la puissance et la grâce de Dieu avaient été en oeuvre afin de retirer le peuple d’Égypte, de l’avoir à Lui et d’habiter au milieu d’eux, selon la sainteté qu’il avait manifestée et selon laquelle il agira toujours au milieu de son peuple. Il est leur Dieu, mais leur Dieu est saint. Quand il agit dans sa grâce, ce n’est pas la loi qui devient la règle de notre conduite, mais c’est sa présence au milieu de nous, et il agit selon ce que sa présence demande. Un homme naturel peut être gai et joyeux, parce qu’il ignore Dieu complètement et la légèreté de son coeur apaise en un sens sa conscience. Mais la présence de Dieu ne peut réellement réjouir l’âme que lorsque Dieu se révèle en grâce. Israël avait été délivré d’Égypte et des misères du péché qui l’obligeait à faire des briques sans paille. Dieu l’avait conduit dans le désert, à la demeure de sa sainteté, et désormais il agissait au milieu de son peuple selon la sainteté de sa présence. Il en est de même de nous. Dieu nous amène dans le désert, seuls avec Lui, et déploie ce qu’il est pour nous. Dans sa bonté, il nous fait souvent sentir la sainteté de sa présence par des souffrances et des angoisses, et néanmoins il agit toujours en grâce ; il pense à son peuple qu’il a délivré pour l’avoir à Lui seul, et il demeure avec lui pour l’enseigner et l’instruire.

Il est de toute importance que nous comprenions la différence entre notre relation éternelle avec Dieu et l’effet de sa présence au milieu de nous. Les chrétiens se trouvent dans «le grand jour d’expiation» ; ce qui n’avait de valeur que pour un an en Israël, est pour nous éternel, et nous sommes placés pour toujours en la présence de Dieu. Ces choses ne sont pas sensibles et palpables au milieu de nous comme en Israël, mais elles sont beaucoup plus réelles, car, par la mort de Christ, la sainteté de Dieu nous a été manifestée d’une manière beaucoup plus profonde. Nous sommes placés dans la présence de Dieu avec une chair de péché et au milieu d’objets qui agissent sur nos convoitises. Une âme inconvertie ne peut supporter cette présence ; elle veut être heureuse sans la sainteté. Mais si nous avons goûté que le Seigneur est bon, nous aurons l’amour de la sainteté. Le Ps. 139:1-12, exprime le sentiment du coeur qui n’est pas sous la grâce et rencontre la présence de Dieu. Quand il a senti que Dieu veut sauver, qu’il a sauvé, il désire que Dieu le sonde encore, comme on le voit à la fin de ce même Psaume. L’âme a compris que Dieu veut nous conduire à la gloire et désire qu’il la sonde et la purifie, afin que rien n’empêche la bénédiction. Sous la grâce, c’est une joie pour nous que Dieu prenne connaissance de tout. Il ne veut pas laisser en nous des choses qui nous empêchent de jouir de sa communion éternelle. Quelle joie pour le coeur ! Vos coeurs ont-ils compris cela ?

Pour ceux qui entourent le tabernacle de l’Éternel la souillure est quelque chose, tandis que pour le monde elle n’est rien. Dans le monde, pourvu que la société ne soit pas scandalisée, le péché est honorable et on le tolère. Mais la souillure empêchait un Israélite de s’approcher du tabernacle de l’Éternel. La souillure se communiquait. La tente de l’Éternel était là et l’Éternel ne supportait rien de ce qui pouvait la souiller. Si l’Éternel n’avait pas été là, ces souillures n’auraient pas même été mentionnées. Il avait aimé son peuple d’un amour éternel et l’avait racheté pour Lui. Mais Dieu veut que nous réalisions pleinement l’effet de sa présence dans nos consciences. Il nous a placés dans une telle relation avec Lui, qu’il veut que nos consciences sentent le péché comme il le sent, afin qu’elles ne se trouvent pas à l’aise dans le péché.

La génisse rousse était une offrande pour le péché. Elle représente Christ fait péché pour nous. C’est une offrande pure, mais censée souillée, parce qu’elle portait nos péchés. Le Saint-Esprit nous ayant amenés à Dieu par le sang de Christ, nous sommes en sa présence selon l’efficace de ce sang. On brûlait la génisse, on conservait ses cendres et avec l’eau vive qui était versée sur elles, on aspergeait l’homme souillé. Ce n’était pas l’aspersion de sang faite une fois pour toutes, car c’est une seule fois, et pour toujours, que nous sommes justifiés en la présence de Dieu. Pour jouir de la communion avec Dieu, il faut que la puissance du Saint-Esprit applique la mort de Christ à la conscience et au coeur. Quand cette communion existe, c’est comme si le péché n’existait pas ; il ne reste rien entre nous et Dieu, et Il remplit nos coeurs pour que nous n’ayons aucune conscience de péché. Tel est l’état normal du chrétien. Mais s’il entre en contact avec le péché, il perd pour un moment la communion. Dieu ne peut être indifférent à notre indifférence pour Lui. Tout ce qui, en la présence de Dieu, n’est pas la communion avec Lui est un péché et interrompt cette communion. Nous sommes toujours ses enfants, mais, pour s’approcher du tabernacle, il faut être pur et sentir l’effet de la présence de Dieu sur sa conscience. Il n’est pas possible que Satan puisse prévaloir contre nous, mais il nous faut sentir, par le Saint-Esprit, que le péché nous sépare de la présence de Dieu. Rien ne nous fait plus comprendre quelle distance il y a entre le péché et Dieu, que le fait qu’il a donné son Fils. Oui, quand je vois tout ce que Jésus a souffert sous la malédiction, et son amour à travers tout cela, quand je vois qu’il a été rejeté lui-même de Dieu comme une chose souillée, je comprends ce que c’est que le péché et je puis me juger selon la sainteté de la présence de Dieu, devant laquelle je suis introduit ; je vois avec horreur où le vieil homme m’a conduit. Ce sont les cendres de la génisse. Quand la communion est perdue, il faut un peu de temps pour la retrouver et pour que l’âme soit pleinement restaurée. Le coeur doit être sondé et vidé du mal, alors, semblable au soleil, la présence de Dieu peut briller comme auparavant.

Dieu n’admet rien de mauvais en nous, car il veut nous faire jouir pleinement de Lui-même et de sa bonté. Ceux-qui ont eu leurs âmes restaurées par cette grâce peuvent seuls connaître tout l’amour de Christ. Ne cherchons pas à éviter que Dieu nous sonde ; laissons-le faire ; Dieu est toujours amour. Cela finit par un coeur humilié et brisé, mais un coeur qui jouit de Dieu. Si l’application des cendres de la victime nous est pénible en nous faisant comprendre le péché, c’est qu’il y a en nous quelque chose à ôter et à restaurer.

 

 

7              Méditations de J. N. Darby    Nombres  20:1-13

Lausanne, juillet 1847    n°181 : ME 1911 p. 293

Il n’y a rien de plus impossible à l’homme, soit comme créature, soit comme pécheur, que de connaître véritablement Dieu. Et cependant : «C’est ici la vie éternelle, qu’ils te connaissent seul vrai Dieu, et celui que tu as envoyé, Jésus Christ» (Jean 17:3).

Cette connaissance de Dieu, qui est la vie éternelle, manque absolument à l’homme naturel, et ne peut se trouver en lui, parce qu’elle ne peut découler de l’intelligence de l’homme. Sans cela, Dieu ne serait pas Dieu, car, si mon intelligence forme un jugement sur une chose, elle est supérieure à l’objet qu’elle juge, et cet objet ne peut être Dieu, sinon je serais supérieur à Dieu. Si moi, pécheur, je pouvais le connaître, cette connaissance serait ma ruine. L’homme ne peut voir Dieu et vivre. Quand, en Exode 33:18-23, Dieu eut mis Moïse dans la fente du rocher, pendant que Sa gloire passait, et qu’il l’eut couvert de sa main, Moïse put le voir par derrière, mais Sa face ne se voyait point. Toute sa bonté passait devant la face de Moïse qui pouvait la connaître, mais, sans cela, voir Dieu ne pouvait être que la ruine éternelle de tout homme.

Une fois Dieu vraiment connu, l’on comprend parfaitement bien que, le connaître, c’est connaître l’amour. On voit cet amour dans tout ce que Dieu a fait pour nous, depuis la grâce qui s’applique au pécheur perdu, dans son état de péché. Marcher dans la connaissance de Dieu, ce qui est la vraie sainteté, c’est marcher dans la connaissance de son amour. Dieu reste toujours pour nous ce qu’il a été dans la mort de son Fils, et celui qui connaît Dieu de cette manière, compte sur un tel amour. Dépendre continuellement de Lui, fortifie la vie, donne et augmente l’intelligence, et le progrès consiste à le sentir toujours plus profondément et plus continuellement.

Au contraire, le déclin extérieur a toujours pour conséquence et pour cause que Dieu est moins bien connu et que l’on ne s’appuie plus autant sur sa grâce. Du moment que l’homme se trouve réduit à sa propre capacité, il est en chute. La rivière tarit, parce qu’elle n’est plus en rapport ave la source. Cesser de compter absolument sur la grâce de Dieu qui est toujours à notre disposition, c’est la clef de toute décadence spirituelle.

Une chose caractérise le christianisme, et nous ne la trouvons qu’en type dans l’ancienne alliance, c’est que nous avons affaire à Dieu par le moyen d’un Médiateur, tandis qu’en Eden, l’homme avait personnellement affaire avec Lui. C’est en Jésus que la grâce de Dieu se manifeste, en rapport avec nos besoins et nos fautes ; de cette manière Dieu devient infiniment précieux à nos coeurs.

Israël avait commencé, dans le désert, jusqu’au Sinaï, par la connaissance d’un Dieu de grâce. Délivré de l’Égypte, il avait tout quitté pour entrer dans un pays «non semé». C’était «l’amour des fiançailles, quand Israël était saint à l’Éternel» (Jér. 2:2-3). Le peuple ne trouvait dans le désert aucun attrait, aucun motif quelconque, sinon de servir Dieu ; il le suivait, heureux, réjoui, ne s’inquiétant de rien, parce que le Dieu qui l’avait sauvé, l’y précédait. Dieu suffisait au coeur ; c’était le premier amour, l’amour des fiançailles.

Du moment que Dieu n’est plus le seul objet de nos affections, elles se refroidissent ; on ne s’occupe pas autant de Lui ; le coeur se tourne vers quelque autre chose, et, si ce n’est pas une chute plus évidente, la faiblesse et la misère s’en suivent. Alors on se préoccupe du désert, comme tel, et Dieu ne suffit plus au coeur, envahi par l’inquiétude et le découragement.

Dieu sait bien pourquoi il nous a introduits dans le désert. Qu’y a-t-il fait pour les Israélites ? Il allait devant eux, chercher un lieu pour les y faire camper, un lieu de repos (Nomb. 10:33), avec le tabernacle et l’arche au milieu d’eux. C’est aussi ce que Dieu fait pour nous dans ce monde. Il nous cherche un repos dont nous puissions jouir autour de Lui, et va pour cela devant nous. La nuée s’arrête : nous trouvons le calme et le rafraîchissement ; la nuée se lève : il faut marcher en avant, mais «de force en force». Hélas ! cela ne suffit pas à Israël : au bout de trois jours, il se plaint déjà de la fatigue (Nomb. 11:1), puis il passe d’une rébellion à l’autre. Telle est l’histoire de nos coeurs !

Mais Dieu déploie la richesse des ressources de sa grâce. Après la rébellion de Coré, Dieu n’abandonne point ses pensées de grâce envers son peuple. Il fait fleurir la verge d’Aaron, Moïse n’ayant ici aucun rôle, et il nous montre les fonctions de cette verge à l’égard d’Israël.

La terre avait englouti Coré, Dathan et Abiram (Nomb. 16:33), mais cela ne conduisait pas le peuple jusqu’à la terre promise. Dieu voulait «faire cesser de devant lui les murmures des fils d’Israël» (Nomb. 17:5), et dans ce but, il fait placer les verges d’Aaron et des princes à l’intérieur du tabernacle, devant le témoignage. La verge qui fleurit est celle de la sacrificature, et c’est sous ce caractère que Dieu devient le conducteur de son peuple, type de la sacrificature de Christ pour nous. Son autorité s’adapte à nos besoins et en prend connaissance pour les présenter devant Dieu, afin que sa grâce y réponde. La sacrificature n’est pas seulement instituée pour nous procurer le pardon, la miséricorde et la grâce (Hébr. 4:16) ; elle nous communique une provision nécessaire pour le renouvellement de nos forces.

Nous allons voir l’usage de la verge d’Aaron et la bonté parfaite de Dieu à notre égard. Au chap. 19, la génisse rousse et l’eau de la purification appliquent au coeur les souffrances de Christ et donnent l’horreur du péché. Mais outre cela, nous avons des besoins ; la soif se fait sentir ; il nous faut être rafraîchis, en voyage vers le pays de la promesse. Le peuple murmure, parce qu’il n’a point d’eau et désire même la mort ; les difficultés l’amènent au découragement et il dit, dans sa folie : «Que n’avons-nous péri, quand nos frères périrent devant l’Éternel» (v. 3), c’est-à-dire quand Dieu jugeait sur eux leur péché ! Dans le désert, ils auraient préféré être restés en Égypte, quoiqu’ils eussent vu le jugement de Dieu sur elle ! Ils avaient complètement oublié la joie de leurs fiançailles, et le désert n’est plus, à leurs yeux, qu’un méchant lieu qui n’est point un lieu pour semer, ni pour des figuiers, des vignes et des grenadiers, et où il n’y a point d’eau pour boire (v. 5). Que de fois nous disons dans nos coeurs : «Ce méchant lieu !» Nos bouches et notre conscience n’oseraient peut-être parler ainsi, mais que de coeurs, je n’en doute pas, même dans cette assemblée, disent : «Ce méchant lieu !» Les Israélites avaient les yeux fixés sur le désert ; ils n’avaient pas la conscience que Dieu s’y trouvait parce que leur coeur y cherchait autre chose.

Mais ici, Dieu ne dit pas, comme après le veau d’or (Exode 32:10), ou après le refus de monter en Canaan (Nomb. 14:12), ou après la rébellion de Coré (16:21), qu’il retranchera le peuple. Ce n’est pas même, cette fois, l’intercession de Moïse qui détourne le jugement de Dieu. Les pensées de Dieu et son coeur sont dirigés d’un tout autre côté. Pour répondre aux murmures du peuple, il se rappelle la verge d’Aaron qu’il a instituée, la sacrificature appliquée à notre état et produisant la grâce pour répondre à nos besoins. Que de misères en Israël ! mais Dieu voulait agir en grâce, en faisant jaillir l’eau dans le désert : «Vous parlerez au rocher et il donnera ses eaux» (v. 8). Pour cela, Dieu ordonne de prendre la verge d’Aaron, cette verge bien connue, qui était devant d’Éternel, dans le tabernacle.

Moïse agit différemment. Il suit, il est vrai, les ordres de Dieu, prend la verge et convoque l’assemblée devant le rocher, mais il se sert de sa verge à lui, employant l’autorité de Dieu pour se faire valoir.

Sauf le caractère de Jésus, on n’en trouve peut-être pas, dans la parole de Dieu, de plus beau que celui de Moïse. C’est en tout cas une chose solennelle, un sentiment pénible et humiliant, que de rencontrer le péché chez un serviteur de Dieu. Dieu prononce son jugement sur lui ; à cause de cela, Moïse n’introduira pas le peuple en Canaan. Plus tard, quand Moïse le pria, Dieu ne voulut pas retirer sa parole : «C’est assez, dit-il, ne me parle plus de cette affaire» (Deut. 3:26).

Moïse dit au peuple : «Écoutez, rebelles» (v. 10). Il jugeait d’une manière parfaitement saine l’iniquité du peuple, mais il «s’irrite et parle légèrement de ses lèvres» (Ps. 106:33). Il ne voyait pas que Dieu dépassait ici ses voies ordinaires. Moïse avait été fidèle dans sa maison, mais il ne s’agissait pas ici de fidélité ; il s’agissait de grâce, et Moïse n’était plus à la hauteur des pensées de Dieu. Il pensait à la rébellion du peuple, tandis que Dieu pensait à la verge d’Aaron qui n’était nullement destinée à frapper les rebelles.

Dieu avait fait fleurir et fructifier un bois mort. C’était un principe entièrement nouveau : la vie, communiquée à ce qui était mort. Boutons, fleurs, amandes sur une branche sans vie, ce sont là des phénomènes qui proviennent de Dieu seul. Dans ce moment-là, Moïse juge les rebelles et ne comprend pas Dieu. Il dit au peuple : «Vous ferons-nous sortir de l’eau de ce rocher ?» Vous ferons-nous ! Il s’attribue cette puissance à lui-même. Moïse frappe le rocher de sa propre verge. Il ne peut s’élever à la hauteur de la grâce qui agit de son chef pour bénir le peuple et donner à la sacrificature l’importance qui lui est due.

Avez-vous des besoins ; souffrez-vous de sécheresse, de soif, de manque d’eau, à la fin du trajet du désert ? Qu’y a-t-il à faire ? La sacrificature est là. Il n’y a qu’à présenter cette floraison, cette puissance de vie éternelle sortie de la mort, pour que l’eau jaillisse du rocher. La première fois qu’Israël a manqué d’eau (Exode 17:6), il fallut que le rocher (Christ) fût frappé à la place du pécheur et en sa faveur. L’autorité de la justice de Dieu devait agir ainsi, mais une seule fois suffisait. Si Christ pouvait souffrir une seconde fois, ce serait nier l’efficace de ses souffrances, non seulement pour la première, mais aussi pour la seconde fois. Dès la première fois, le rocher avait fourni son eau pour le peuple ; il n’y avait qu’à lui parler sans le frapper, et il la donnait et la donnerait toujours.

C’est là que nous en sommes. Christ, ressuscité d’entre les morts, portant des fleurs et des fruits, démonstration éternelle de l’efficace de son oeuvre devant Dieu, comparaît devant Lui pour remédier à nos misères ici-bas. Nous n’avons qu’à présenter à Dieu sa sacrificature, et l’eau coule pour nous en abondance. Cela est si simple que, comme Naaman, on ne veut pas y croire (2 Rois 5). Sans cette grâce, agissant en leur faveur, il était inutile de conduire ce peuple avec l’espérance d’entrer en Canaan.

Tant que le désert est désert, et que l’homme est homme, rien ne nous soutient, sinon cette grâce constante, toujours prête à se répandre. La simplicité de coeur compte sur cela et s’appuie sur la sacrificature de Christ, dont elle a besoin ; elle compte sur lui comme sur un ami.

Les eaux de Meriba sont les eaux de contestation (v. 13) ; les enfants d’Israël contestèrent avec l’Éternel, et Dieu se sanctifia en leur donnant de l’eau, malgré la faute de Moïse. Dieu ne voulait pas descendre de la hauteur de sa grâce. Il a châtié Moïse à cause de sa faute, et agi selon la plénitude de sa grâce à l’égard des besoins de son peuple qui ne voulait pas se servir de cette grâce quand elle était là. Que de fois cela nous arrive !

Que Dieu nous donne l’intelligence des droits de sa grâce ; qu’il nous enseigne à venir à Lui, dans la conscience que Jésus est là, à user, dans une confiance simple et enfantine, de la sacrificature de Jésus ! Heureux sommes-nous toutefois, de ce que, si nous ne savons pas sanctifier Dieu, il se sanctifie lui-même. Si nous ne le faisons pas, nous y perdons à la vérité, mais il faut alors que Lui le fasse, afin d’acquérir dans nos coeurs l’importance qu’il mérite !

 

 

8              Méditations de J. N. Darby    Nombres  23

n°38 : ME 1892 p. 52

À la fin des quarante années du désert, Israël, arrivé sur les confins de Moab, était près d’entrer dans le pays de Canaan. Alors Balak mande Balaam pour lui faire maudire Israël. Balaam, pour un salaire d’iniquité, répond à cette invitation, mais Dieu l’empêche de parler comme il le voudrait et met Ses propres paroles dans sa bouche.

C’est ainsi que Satan, à la fin de la vie d’un chrétien, voudrait prononcer la malédiction sur lui et l’empêcher d’entrer dans les bénédictions de la Canaan céleste. C’est la fin de notre carrière qui présente à l’Ennemi la meilleure occasion pour accomplir ses desseins, parce que toute notre vie, contemplée à la lumière de Dieu, offre toujours infiniment de choses à reprendre.

Le jugement que Moïse, homme doux et débonnaire, porte sur Israël, est celui-ci : «Sache que ce n’est pas à cause de ta justice, que l’Éternel, ton Dieu, te donne ce bon pays pour le posséder ; car tu es un peuple de cou roide» (Deut. 9:6). À la même époque, voici le jugement de Dieu sur Israël, à la veille du jour où, ne pouvant maudire le peuple, Balaam enseigna à Balak «à jeter une pierre d’achoppement devant les fils d’Israël, pour qu’ils mangeassent des choses sacrifiées aux idoles, et qu’ils commissent la fornication» (Apoc. 2:14). «Il n’a pas aperçu d’iniquité en Jacob, ni n’a vu d’injustice en Israël» (Nomb. 23:21). «Car il n’y a pas d’enchantement contre Jacob, ni de divination contre Israël». Balak croyait à ces enchantements, parce qu’il ne connaissait pas Dieu. Mais pour Dieu, il n’est pas question de ce qu’Israël a fait : «Selon ce temps, il sera dit de Jacob et d’Israël : Qu’est-ce que Dieu a fait ?» (v. 23). Quand Satan nous accuse, Dieu nous juge selon ce qu’il est pour nous et non pas selon ce que nous sommes. Dieu a racheté son peuple et l’a guidé par sa force jusqu’à la demeure de sa sainteté, le délivrant par sa puissance des pièges que Satan mettait sur son chemin. Mais lorsqu’Israël a passé quarante ans par le désert, mettant à nu son méchant coeur, prouvant qu’il était un peuple de col roide, et pour cela châtié et discipliné de Dieu, Satan, l’accusateur des frères, dit : Tu n’as pas le droit de voir les promesses s’accomplir pour toi. Cela est vrai, en un sens, mais Israël étant accusé devant Dieu, il y va non seulement de la conduite de l’homme, mais de la gloire de Dieu, et Dieu nous juge selon ce qu’il est pour nous.

Zach. 3 nous en offre un exemple. Joshua, le grand sacrificateur, ne pouvait rien répondre ; il était vêtu de vêtements sales, mais quand Satan l’accuse, Joshua est pour Dieu un tison sauvé du feu. Comment Satan ose-t-il donc s’en mêler ? Mais entre Dieu et Joshua, une tout autre question surgit. Comment Dieu le recevra-t-il ? Il le revêt d’habits de fête. Dieu connaît d’avance tous les péchés dont Satan peut nous accuser. L’Esprit de Dieu les place devant nous. Satan s’en empare pour nous accuser et nous dire : Qu’as-tu fait ? La foi répond : «Qu’est-ce que Dieu a fait ?» La conscience étant éveillée, plus nous considérons notre état, plus nous voyons que nous n’avons point d’excuse. Si nous repassons notre vie, impossible d’y découvrir la vie ; mais si nous repassons ce que Dieu a fait, nous faisons de tout autres découvertes. Du moment que nous détournons les yeux de ce que Dieu a fait, nous perdons aussi la certitude de l’amour de Dieu pour nous.

Dieu nous a bénis ; Satan est obligé de reconnaître la main de Dieu. Dieu nous a aimés lorsqu’il nous a vus dans notre inimitié contre lui, dans notre état de péché et de ruine, n’ayant rien de bon en nous, esclaves de Satan, malgré la conscience qui nous jugeait. C’est de là qu’il nous a tirés sans notre participation. Dans cet état, l’homme peut avoir le désir d’échapper à l’enfer, mais non celui d’aller à Dieu, car il préfère de beaucoup se passer de Dieu. Quelle consolation pour nous de savoir que sa puissance et son amour sont à l’oeuvre pour nous sortir de cet état. Dieu a entrepris lui-même toute l’oeuvre de notre salut ; il a fait le nécessaire pour effacer le péché et nous délivrer de la puissance de Satan. Satan a vu Jésus se soumettre à sa puissance dans la mort pour nous sauver ; mais Satan n’a pu le comprendre, car il ne comprend rien à l’amour, et, de fait, il s’est détruit lui-même en mettant à mort le Prince de la vie.

Jésus a tout accompli ; toute iniquité est effacée par son sang ; il est impossible maintenant que Dieu voie aucune iniquité en Jacob. Christ est mort pour nous, non seulement pour nos péchés, mais pour nous, tels que nous sommes, dans notre état de rébellion et de péché. Dieu, en donnant son Fils, a condamné le péché dans la chair. La résurrection de Christ a manifesté la puissance de Dieu, pour nous délivrer entièrement de la puissance de Satan. La vie du second Adam est plus puissante que la mort du premier Adam. Maintenant nous avons pleine conscience que Dieu est avec nous et pour nous. Il a tiré du sépulcre et accepté Jésus, Celui qui s’était rendu responsable de tous nos péchés et de tout notre état de péché. Il est le Dieu fort qui nous a tirés d’Égypte, et s’il l’a fait, comment ne nous introduirait-il pas en Canaan ?

Tout ce que Satan pouvait faire, il l’a fait en mettant Jésus à mort. Le résultat en est notre salut. La foi dit : «Qu’est-ce que Dieu a fait ?» Elle ne dit pas : J’espère que Dieu me pardonnera, mais elle dit : Celui qui pour moi n’a pas épargné son propre Fils, comment ne me fera-t-il pas don aussi, librement, de toutes choses avec lui ? Dieu est pour moi, qui sera contre moi ? Si Satan m’accuse, c’est Dieu qui répond pour moi.

 

 

9              Méditations de J. N. Darby    Nombres  23:1-24

n°135 : ME 1901 p. 351

Quand l’âme est réveillée, il est très naturel qu’elle pense exclusivement à elle-même — la conscience est toujours égoïste — mais, pour être affermis dans la foi et au large avec Dieu, il nous faut comprendre les voies de Dieu pour sa gloire. Après avoir trouvé le soulagement dans le sang de Christ, il faut, pour être affermi dans la paix, comprendre comment Dieu a pris notre cause en main, et comment il juge en notre faveur. En Égypte, Israël, esclave de Pharaon, faisait des briques. Bien que l’homme naturel croie être libre en faisant sa propre volonté, le fait est que Satan se l’est assujetti comme son esclave. Dieu prend soin de nous faire sentir cet esclavage par les misères qui sont la conséquence du péché, car, même dans ce monde, les hommes moissonnent ce qu’ils sèment. Avant que l’homme soit revenu à Dieu, l’Esprit agit pour lui faire éprouver un malaise qu’il cherche en vain à satisfaire, une sujétion à Satan, dont il sent ne pouvoir se délivrer. C’est le cas d’Israël en Égypte ; alors il crie à Dieu. Mais, pour avoir affaire à Lui, il faut commencer par le sang, car le Dieu juste et saint ne peut délivrer un pécheur d’une autre manière.

Il envoie l’ange exterminateur pour exécuter le jugement, mais en mettant Israël à l’abri. Il manifeste qu’il est pour son peuple, quand il s’agit du jugement, et pour le prouver il fait tomber le jugement sur la victime. Il nous parle de la justice qui n’épargne pas, mais en nous présentant le sang de son Fils que la justice n’a pas épargné. La vue de l’expiation nous remplit d’espérance, mais lorsque, aux prises avec Satan, nous l’oublions, nous ne pouvons éprouver que de l’angoisse. C’est ce qui arriva à Israël devant la mer Rouge où Pharaon les acculait. L’esclavage qu’il connaissait et redoutait, l’avait affaibli et rendu timide ; il est rempli de frayeur. Est-ce, dit-il à Moïse, parce qu’il n’y a pas de sépulcres en Égypte, que tu nous as emmenés pour mourir dans le désert ? Mais Dieu les délivre et les conduit à pied sec à travers la mer Rouge. Ce qui est devant nous comme mort et jugement, quand Satan nous poursuit, devient la délivrance quand nous voyons que Christ a subi la mort et le jugement, et qu’il est ressuscité, pour nous. Nous sommes ainsi délivrés et affranchis en vertu de ce que Christ a tout accompli. C’est alors que commence la vie chrétienne en présence de Dieu.

Dès qu’Israël a passé la mer, tout est joie et cantique de louange. Dieu a conduit son peuple à la demeure de sa sainteté. Maintenant il s’agit de voir comment il s’y conduira. Il est avec Dieu dans le désert ; comment va-t-il commencer la vie avec Lui ? L’expérience qu’il fait de lui-même, montre qu’il a un coeur revêche et rebelle (Deut. 9).

Quand nous en sommes là, il s’agit de savoir si les accusations de Satan seront pour nous une entrave à la bénédiction. Balak pourra-t-il, par Balaam, trouver l’occasion de maudire Israël, et l’empêcher de posséder les promesses, de passer le Jourdain et d’entrer en Canaan ? Cela a lieu à la fin du désert, après les nombreuses infidélités du peuple et quand Moïse a dû dire : «Vous avez été rebelles jusqu’à maintenant».

Par deux fois (22:41 ; 23:13), Balak fait voir à Balaam l’extrémité du peuple, pour que la puissance d’Israël n’ait pas d’influence sur son esprit. Ensuite il a tout le peuple devant lui. Mais Balaam bénit Israël (v. 19-21) qui s’était si tristement conduit dans le désert, où son entrée avait été accompagnée d’un chant de triomphe. En sera-t-il de même pour sa sortie ? Oui, mais sans que le peuple le sache et y prenne part. L’ennemi lui-même est contraint contre son gré à célébrer la pensée de Dieu à l’égard d’Israël.

Nos expériences nous trompent assez souvent et nous en faisons de bien tristes quand nous croyons pouvoir nous conduire mieux que Dieu ne nous conduit. Si nous sommes faibles, il nous conduit par un chemin plus long, afin que nous ne nous trouvions pas trop vite aux prises avec Satan. Puis, dans ce chemin, Dieu a pour but de nous mettre dans le vrai quant à nous-mêmes. On se plaint de Dieu, quand la volonté n’est pas brisée. Nous nous croyons pieux quand Dieu nous envoie des choses agréables, mais nous ne voyons plus sa bonté quand les circonstances pénibles nous arrivent. Il nous est facile d’aimer la volonté de Dieu quand notre volonté est d’accord avec elle. Moïse, l’homme le plus doux de la terre, dit de tout le peuple : «Vous avez été rebelles jusqu’à aujourd’hui». C’est ce que nous sommes, mais il est de toute importance que nous connaissions aussi la pensée de Dieu à notre égard. Il faut à la fois se connaître et connaître la pensée de Dieu. Tandis que Satan cherche à nous placer sous la malédiction, Dieu déclare qu’il «n’a pas aperçu d’iniquité en Jacob, ni n’a vu d’injustice en Israël». C’est la réponse de Celui qui voit tout, qui le voit beaucoup mieux que Satan, qui a pris une entière connaissance de notre rébellion. Oui, quand Israël est en présence de Satan qui veut le maudire, voici la réponse de Dieu qui n’est pas un homme pour mentir, ni fils d’homme pour se repentir : «Je n’ai pas aperçu d’iniquité en Jacob !» Dieu ne peut pas, ne veut pas voir l’iniquité de son peuple sauvé, pour le livrer au jugement, quoiqu’il ait vu toutes ses infidélités pour le discipliner et le châtier, qu’il ne lui ait pas passé une seule faute, et qu’il ait interdit l’entrée de Canaan à Moïse lui-même, comme objet de discipline sous la loi. Mais Israël, tout misérable qu’il soit, entre où Moïse n’entre pas, parce qu’il s’agit, non de la loi, mais de la justification. Dès lors, Dieu ne peut voir de péché dans son peuple, parce qu’il a fait venir sur Jésus l’iniquité de tous.

Le passage d’Israël à travers la mer Rouge correspond à notre délivrance. Mais s’il pèche après cela, le vrai chrétien en souffrira beaucoup plus que de tous ses péchés précédents. Mais Dieu a chargé son Fils de tous nos péchés ; il ne les voit donc plus sur nous.

C’est après la rébellion du peuple, déclaré être «une génération tortue et perverse», que Dieu force Balaam à dire : «Je n’ai point vu d’iniquité en Israël»;  «l’Éternel, son Dieu, est avec lui»;  «un chant de triomphe royal est au milieu de lui». Le Dieu fort qui les a tirés d’Égypte, a été leur force dès le commencement. Il est avec eux, et il n’y a aucune machination possible de Satan, ni enchantement contre Jacob, ni divination contre Israël, car, pour le maudire, il faudrait pouvoir attaquer Dieu lui-même. Si Dieu est pour nous, qui sera contre nous ? Dieu en haut, dans le monde invisible où la foi pénètre, ne voit point d’iniquité. Dieu est là ; sa force soutient le peuple qu’il a tiré d’Égypte et l’introduit en Canaan. Humilions-nous dans la poussière, quand nous avons manqué, mais Dieu est pour nous !

Où en êtes-vous quant à ces choses ? Le peuple de Dieu est le sujet de la controverse entre Dieu et Satan. Dieu est descendu en Jésus pour délivrer son peuple ; le combat entre la puissance de Satan et la puissance de Dieu en Jésus-Christ, a été soutenu pour le peuple qui en est l’objet. Satan a l’apparence du droit, quand il invoque la justice de Dieu en condamnation sur l’homme pécheur, mais Dieu a répondu à Satan et a maintenu sa justice propre en livrant Jésus. La victoire est remportée pour nous. Sans doute, il faut que cette puissance se manifeste en nous ; Dieu juge, en discipline, toutes nos infidélités, mais, quant au salut et à la justification, il a déjà tout jugé en Christ et c’est Lui qui répond pour nous à toutes les accusations de l’ennemi. Il faut que toute notre propre volonté et la rébellion de nos coeurs soient jugées en sa présence, et nous ne les connaissons bien qu’après avoir vécu longtemps de la vie chrétienne, mais aussi nous ne connaissons qu’alors l’étendue des richesses de la grâce.

Celui qui confond la discipline du Seigneur à notre égard avec le jugement que Jésus a porté pour nous, sera troublé, même sur son lit de mort. Mais Jésus a porté nos péchés en son corps sur le bois, afin que Dieu pût dire en vérité : «Je n’ai pas aperçu d’iniquité en Jacob !»

 

 

10         Méditations de J. N. Darby    Nombres  23  et  24  et  31:1-12 : L’intervention de Dieu    Justification – combats – défaites – victoire

n°281 (ex 276) : ME 1966 p. 186

Les chapitres 23 et 24 du livre des Nombres nous montrent comment Dieu intervient pour son peuple et prend sa cause en mains. Cet épisode de l’histoire d’Israël est, pour nous, une figure de la manière bénie dont Dieu intervient et délivre, et nous fait comprendre à quel point Il considère la justification comme étant son affaire à Lui.

Dans le chapitre 3 de Zacharie, Satan se tenait à côté de Joshua pour s’opposer à lui, mais il ne peut rien dire. Joshua portait des vêtements sales et n’était donc pas dans une condition qui pût convenir à la présence de Dieu. Satan avait donc raison ; mais Dieu lui-même s’interpose : Quoi, j’ai retiré ce tison hors du feu, et tu voudrais encore le brûler ! Dieu avait retiré Joshua du feu comme un tison, et Il tance Satan. Il n’admet pas des vêtements sales, mais Il ne veut pas rejeter Joshua ; ce sont les vêtements qu’Il rejette. C’est l’oeuvre et l’affaire de Dieu, et Il la fait tout seul.

Balak voulait aussi s’opposer aux promesses de Dieu, et il est très important de remarquer que cette histoire ne se place pas au commencement de la vie du peuple dans le désert, mais à la fin. C’est quand le coeur du peuple a été manifesté, que l’ennemi cherche à barrer le chemin ; et c’est quand le chrétien, ou l’Assemblée, sont près d’entrer dans le pays de la promesse, que Satan cherche à faire venir la malédiction sur eux. Elle est sans doute méritée ; mais c’est là la pensée de Satan, non celle de Dieu. Dieu ne descend pas au milieu du camp, parce que le péché avait été commis ; le peuple ne pouvait être rendu innocent mais il pouvait être justifié. Dieu prend sa puissance en main, comme quand Il avait retiré le peuple d’Égypte. Il s’agissait, dans ce pays, des droits de Dieu sur son peuple ; la question était entre Dieu et le Pharaon. Dieu avait dit : Laisse aller mon peuple. Le Pharaon avait répondu : Je ne veux pas. Lequel des deux devait l’emporter ? La possession du peuple était l’enjeu. La difficulté ne résidait pas dans la puissance de Dieu, mais dans l’état du peuple, qui était plus coupable que les Égyptiens par l’idolâtrie ; et Dieu ne peut pas abandonner ses principes.

C’était le droit de Dieu de délivrer, tout en restant conséquent avec Lui-même, car Dieu ne peut pas supporter le péché. Il prend toute l’affaire sur Lui ; Il intervient au moyen du sang sur les portes des Hébreux, afin de ne pas détruire les premiers-nés d’Israël avec les premiers-nés des Égyptiens. Mais le sang était là ; le péché a été expié par Christ, et Dieu en a fini avec lui, mais Il donne libre cours à sa justice sur les Égyptiens. Voilà le peuple au désert et, à la fin du trajet, l’ennemi qui n’a pas pu l’empêcher de sortir d’Égypte, veut faire prononcer sur lui la malédiction pour empêcher l’effet de la promesse. Le peuple n’a rien à dire ; c’est Dieu qui intervient, Lui tout seul, et Il répond à l’ennemi. Là où ce dernier cherche à faire venir la malédiction, Dieu dit : Je n’ai point vu d’iniquité en Jacob.

Il est le peuple de Dieu, et Balaam ne peut pas empêcher la malédiction de tourner en bénédiction. Dieu est avec son peuple et proclame sa beauté (24:5) ; et la couronne du peuple de Dieu, c’est Jésus (Nomb. 24:7).

Satan avait complètement manqué son but ; Dieu avait pris la cause de son peuple en main, et il est très précieux de voir comment Il agit entièrement en dehors du peuple. Il en est de même pour nous ; c’est à notre insu et sans que Dieu nous en ait rien dit, que Christ a fait tout ce qu’il fallait pour nous délivrer et faire venir sur nous la bénédiction. Quel bonheur qu’il en soit ainsi ! Nous aurions tout gâté, mais Dieu l’a fait tout seul, et la bouche de Satan est fermée.

Pour en revenir à la justification, c’est Dieu qui justifie, non seulement devant Lui, mais devant tous. Si Satan nous déclare méchants, Dieu nous connaît beaucoup mieux que lui. Il sait que cela est vrai, que nous ne valons rien ; malgré tout Il justifie ; Satan est réduit au silence et, s’il ne peut plus se présenter comme au commencement, il essaie d’empêcher Dieu de bénir ; il doit s’y prendre d’une autre manière. Ce même Balaam qui a dû bénir savait très bien que Dieu est saint et ne peut bénir le péché ; mais Dieu fait grâce au pécheur. Balaam descend donc dans la plaine pour avoir affaire avec le peuple (Nomb. 31:16), parce qu’il n’a eu aucune action en haut auprès de Dieu ; il cherche à associer le peuple de Dieu avec le monde, en lui présentant des choses qui amorcent sa convoitise. Sachant que Dieu est saint, il cherche à amener le peuple dans une position où Dieu ne peut bénir. Mais n’oublions pas qu’il ne peut absolument rien. Il est en effet écrit : «Résistez au diable, et il s’enfuira de vous». Il n’est pas dit : vous vaincrez, mais : résistez-lui, et il s’enfuira. Quand il rencontre la résistance, il sait que c’est Christ, et il ne peut rien. Mais il sait discerner le côté faible ; et quand le peuple de Dieu est ami du monde, il tombe dans le péché et attire sur lui la plaie (31:16).

Balaam n’avait pas changé ; il engage Balak à présenter une tentation aux fils d’Israël, et c’est ainsi que Satan cherche à empêcher la bénédiction en nous engageant à nous mêler avec les principes du monde et à le reconnaître, lui, Satan. Il veut que le peuple vienne dans sa folie l’adorer comme Dieu. Si l’on veut être ami du monde, on est bientôt assujetti à l’ennemi, et Dieu ne peut pas bénir (33:55, 56).

Si le peuple de Dieu se trouve dans la même position morale que le monde, Dieu dit : «Je vous chasserai», car Il ne peut pas abandonner son gouvernement moral. Les enfants de Dieu oublient souvent le gouvernement de Dieu. Nous n’avons pas toujours la conscience du péché ; et il ne s’agit pas du tribunal pour être jugé, mais Dieu prend connaissance de nos actes parce qu’Il nous aime. Balaam a réussi en prenant le peuple comme il l’a fait, et la conséquence de son union avec le monde a été l’adoration de Satan. Incroyable folie ! conséquence d’avoir aimé les choses que le monde nous présente et qui sont agréables à la chair.

Dieu veut-Il détruire ? Non ! Il veut châtier, et c’est ce qui arrive au chrétien. Si Israël n’était pas tombé, il n’eût pas été châtié. Il n’avait rien à faire dans le désert avec les puissances spirituelles de méchanceté. Dieu pourvoyait à tout ; leurs pieds n’avaient pas enflé, leurs vêtements ne s’étaient pas usés ; il y avait une activité pratique : ramasser la manne chaque matin. Nous n’avons rien à faire dans le désert qu’à le traverser ; le combat est à livrer seulement dans les lieux célestes ; quand Israël est entré en Canaan, il a dû livrer combat pour s’emparer du pays et de ses villes. Si je suis au milieu du monde et que je le traverse comme un désert sans y avoir de part, j’ai la manne et l’eau du rocher (Christ), mais si je veux jouir de ce qui est dans le monde, j’aurai des guerres. Si je suis un chemin droit, je fais connaissance avec la puissance et les soins de Dieu dans le désert ; il n’y a point alors de combat. Mais pour jouir des bénédictions dans les lieux célestes, il faut au contraire les acquérir par la lutte dans ces lieux célestes ; nous ne nous attirons le combat ici-bas qu’en faisant amitié avec le monde. Quand nous faisons alliance avec le monde, Dieu n’épargne pas et nous fait passer par le châtiment. Il nous fait comprendre la folie qu’il y a à abandonner Dieu pour suivre celui qui ne peut nous résister quand nous sommes avec Dieu.

Gardons-nous de nous placer sous la puissance de l’ennemi et de nous attirer la peine de l’opprobre, là où nous n’avons rien à faire qu’à passer tranquillement. Il faut faire le bien, sans doute, et même à tous ; le chrétien est ici pour cela, mais il ne doit rien connaître dans le désert sinon la manne et l’eau, et la jouissance des promesses ; nous traversons le Jourdain et notre place est avec les ressuscités. S’il y a combat, il y a victoire aussi par sa grâce, à condition que nous soyons fidèles, et que la chair soit franchement mortifiée.

Apprenons donc, et il est très important de le discerner, la folie qu’il y a à nous laisser entraîner par un ennemi qui ne peut pas nous vaincre ni nous maudire, mais qui nous attire des combats qui peuvent être évités.

 

 

11         Méditations de J. N. Darby    Nombres  24:1-9 : L’Église  aux  Yeux  de  Dieu

24 juin 1847    n°262 (ex 259) : ME 1954 p. 330

Cette prophétie de Balaam a un caractère particulier. Elle n’est pas du tout adressée au peuple d’Israël et est même prononcée à son insu. Elle ne fait aucun appel à la conscience du peuple.

Les prophéties s’adressaient ordinairement à la foi et parlaient de choses à venir auxquelles la foi prêtait attention. Ce n’est pas le cas ici.

Le livre des Nombres nous raconte la formation du camp d’Israël autour du tabernacle de Dieu, et ce qu’Israël a été en traversant le désert. À la fin du livre nous avons les pensées et les voies de Dieu après la manifestation de tout ce que le peuple de Dieu a été dans le désert où Dieu marchait devant lui, où sa puissance était au milieu de lui, mais où ils ont montré d’un bout à l’autre leur esprit de rébellion. Dans cet état même, la grâce de Dieu les devance ; et au lieu que le peuple soit rangé et rassemblé autour du tabernacle comme le camp de Dieu, l’arche va devant eux le chemin de trois journées pour leur chercher du rafraîchissement et un lieu de repos. Ce qu’on voit d’eux ce sont des plaintes, de la fatigue, des murmures, des rébellions. Leur histoire dans le désert n’est que celle de leurs révoltes continuelles. Néanmoins, Dieu, en grâce, les place sous la verge d’Aaron, figure de la sacrificature de Christ, et non sous la conduite de Moïse.

Il s’agissait de savoir si Satan pouvait finalement leur barrer le chemin et les empêcher d’entrer dans le pays du repos. Dieu intervient, prend la chose en mains et arrête absolument toute la pensée de l’ennemi. Dieu avait arraché ce tison du feu, retiré ce peuple d’Égypte, et Il ne pouvait permettre que Satan l’y plaçât de nouveau.

C’est Dieu qui fait parler Balaam malgré lui ; car Balaam était un très méchant homme qui, même après toute cette expérience, enseignait à Balak à jeter une pierre d’achoppement devant les fils d’Israël pour les inciter au péché et pour qu’ils fussent privés de la bénédiction de Dieu. Balaam parle malgré lui, non au peuple, ni même guère à Balak pour ainsi dire. Il exprime seulement ce qui se passe sur le haut de la montagne où Dieu agit pour son peuple et à l’insu de son peuple, où Il prend en mains sa cause. L’ennemi ne peut barrer le chemin. Cette prophétie est la réponse de Dieu à l’ennemi qui veut maudire le peuple de Dieu.

Chacune des quatre prophéties de Balaam a un caractère particulier. La première nous présente Israël comme un peuple à part.

Dans la seconde, nous voyons la justification absolue du peuple. Dieu le voit de ses yeux et ne se trompe pas. À la fin de leur marche dans le désert, Dieu fait dire d’eux par Balaam qu’Il n’a pas aperçu d’iniquité en Jacob, ni d’injustice en Israël. Il n’y a pas d’enchantements possibles contre Israël. Dieu l’a tiré d’Égypte ; c’est une affaire de Dieu, et il est inutile d’en appeler à Satan.

La troisième prophétie nous montre la beauté d’Israël même. Balaam l’a vu dans le désert rangé selon ses tribus. C’est ce que l’Église est aux yeux de Dieu selon la puissance du Saint Esprit.

La quatrième prophétie présente la venue de Jésus ; l’étoile doit surgir de Jacob.

Arrêtons-nous un peu sur la troisième de ces prophéties. Voyant que Dieu veut bénir et qu’il n’y a pas de divination contre Israël, Balaam ne va plus à la rencontre des enchantements ; il tourne son visage vers le désert. Il ne voit ni Canaan, ni une anticipation de la gloire future. Il voit Israël dans le désert, dans ses tentes, rangé selon ses tribus. Il le voit dans l’ordre dans lequel Dieu l’avait placé. C’est ce que l’Esprit de Dieu voit dans l’Église ; mais en outre l’Esprit prend connaissance de ce qui se passe dans le chrétien et dans l’Église, de tout le mal qui s’y trouve, et le mal porte sa conséquence soit en faiblesse de communion, soit en châtiment. Balaam voit Israël du haut de la montagne, selon la pensée de Dieu. Il est ici l’homme qui a les yeux ouverts. Jusqu’à ce que nous voyions cette beauté de l’Assemblée de Dieu, nous avons les yeux fermés. L’homme qui tombe : la chair n’entre pour rien là-dedans. Il voit la vision du Tout-Puissant : voir ce que Dieu voit dans le désert, c’est là la chose importante. Considérer le peuple de Dieu dans le désert, cela humilie et cela attriste, mais nous avons besoin aussi de le voir selon la vision du Tout-Puissant. Il n’y a point alors d’iniquité en Jacob, ni d’injustice en Israël. Néanmoins Dieu le jugeait quand il s’agissait de son gouvernement sur le peuple.

On peut voir d’en haut, dans le désert même, la beauté du peuple de Dieu avec la vision du Tout-Puissant. Cela nous importe d’abord pour pouvoir juger de son état d’après ce que nous voyons dans la vision de Dieu, en puissance et abondance de grâce. C’est le moyen de former un jugement sain sur l’état du peuple. Ensuite parce que nous avons besoin d’être encouragés à cet égard. En effet si nos yeux sont tant soit peu ouverts, ils trouveront dans l’assemblée de quoi décourager le coeur de l’homme. Mais Dieu a aussi sa manière de voir, et cela rend courage. Cela nous fait sentir quelle est la beauté et la perfection de cette grâce qui voit le peuple de Dieu dans sa beauté quand même.

Quelques remarques encore sur des expressions particulières. «Que tes tentes sont belles !» Ce ne sont pas des demeures permanentes. «Comme des vallées elles s’étendent, comme des jardins auprès d’un fleuve». Point de sécheresse, même si l’on est incapable d’en jouir. Ce sont «des arbres d’aloès que l’Éternel a plantés». Qui est-ce qui les déracinera ? Et plantés afin que leurs racines puisent de l’eau dans le fleuve. Il n’y a rien de plus beau qu’une plante de Dieu ! Elle est, il est vrai, étrangère au désert ; mais c’est Dieu qui l’a plantée au désert. «Comme des cèdres auprès des eaux». Le cèdre est le plus beau des arbres. «L’eau coulera de ses seaux». Il y avait au-dedans de lui une abondance d’eau parce que le Saint Esprit était là. «Sa semence sera au milieu de grandes eaux». Outre le rafraîchissement il y a la force des buffles. Quels que soient les ennemis du peuple de Dieu, ils sont sans force contre Dieu. La force de la présence de Dieu est avec son peuple. Dieu s’est identifié avec lui, et béni est celui qui le bénit, maudit celui qui le maudit.

Nous voyons là ce que Dieu pense au sujet de son peuple : c’est entre Lui et Satan, et le peuple n’en sait rien. Aucun enchantement ne pouvait avoir d’effet. Peut-être, dans ce moment-là, Israël murmurait-il dans la plaine. Quoi qu’il en soit, voilà ce qui se passait en haut. C’est précisément quand Satan veut s’opposer à la bénédiction de Dieu que Dieu se manifeste pleinement. S’il s’agit des rapports entre Dieu et le peuple, Dieu châtiera le mal. S’il s’agit de l’inimitié d’Ésaü contre Jacob, Dieu lui-même lutte contre Jacob et le fait boiter toute sa vie, mais Il ne permet pas à l’ennemi de toucher les siens, sinon en discipline comme instrument de sa part.

Il est bien précieux de penser sous ce rapport aux richesses de la grâce de notre Dieu. Dieu ne nous trompe point. L’homme dans le camp ne pouvait voir cela. Mais du haut de la montagne on voit le peuple de Dieu avec les yeux de Dieu. C’est ce que fait la grâce. Cela nous humilie ; mais cela nous encourage aussi en nous faisant voir les conseils de la grâce de Dieu. Le fleuve est là ; l’eau est toujours là. Il est vrai qu’il y a souvent de l’incrédulité individuelle qui empêche de penser que l’eau est si près de nous. Dieu veut que nous voyions avec ses yeux ce qu’Israël est dans ses tentes.

Qu’Il nous fasse la grâce de monter quelquefois sur la montagne avec Lui. La foi alors comprend que l’amour de Dieu fait usage de sa puissance pour la bénédiction de son peuple.

 

 

12         Méditations de J. N. Darby    Nombres  25

21 juin 1847    n°178 : ME 1911 p. 154

Lorsque Balak voulut employer Balaam pour maudire Israël, Dieu intervint en faveur de son peuple et prit sa cause en main. Cette histoire est un type de la manière dont Dieu intervient, délivre et justifie les siens ; car c’est son affaire à Lui. Au chap. 3 de Zacharie, nous voyons Satan se tenir, comme accusateur, à côté de Joshua, et ce dernier n’avait rien à lui répondre, car il avait des vêtements sales et n’était pas dans un état convenable pour se tenir devant Dieu. Satan avait raison, mais Dieu lui-même intervient et dit : Tu te mêles de ce qui me regarde ; j’ai tiré ce tison du feu, et toi tu voudrais l’y rejeter ! Dieu met Satan entièrement de côté, quand il s’agit de ses conseils et de ses voies. Sans doute, il ne supporte pas des vêtements sales en sa présence, mais il ne veut pas non plus rejeter Joshua ; c’est là son affaire à Lui : il l’entreprend tout seul et la mène à bonne fin.

Balak voulait aussi s’opposer aux promesses de Dieu, et il est très important de remarquer que ce n’est pas au commencement, mais à la fin de la marche du désert. Quand le coeur du peuple a été pleinement manifesté, l’ennemi cherche à lui fermer l’accès de Canaan. Il en est de même pour le chrétien, ou pour l’Église, à la fin de sa carrière, quand, mise à l’épreuve, elle a manqué de toute manière et que le moment d’entrer dans la terre de la promesse approche. Satan cherche alors à faire tomber la malédiction, soit sur l’Église, soit, individuellement, sur le chrétien. Ce jugement est sans doute mérité, mais c’est la pensée de Satan et non celle de Dieu ; et Balaam est obligé de dire : «Comment maudirai-je ce que Dieu n’a pas maudit ?»

En Égypte, où il s’agissait des droits de Dieu sur son peuple, la question était entre Dieu et le Pharaon. Dieu lui avait dit : «Laisse aller mon peuple» ; Pharaon avait répondu : Je ne veux pas. Il s’agissait de savoir lequel, de Dieu ou du Pharaon, possédait les droits et avait la puissance. Mais la difficulté avait encore un autre caractère : elle résidait dans l’état du peuple en Égypte, car Israël était plus coupable d’idolâtrie que les Égyptiens. Dans cet état de choses, Dieu pouvait-il abandonner ses principes ? Il avait le droit de délivrer, mais il était un Dieu juste, c’est-à-dire conséquent avec lui-même, et il ne peut supporter le péché. C’est alors que Dieu prend toute l’affaire sur Lui ; il est impossible qu’il trouve de l’innocence dans le peuple, aussi intervient-il par le sang d’un agneau placé sur les poteaux et le linteau des portes. Sans cela, il eut fallu que Dieu détruisît des premiers-nés des Israélites, aussi bien que ceux des Égyptiens ; mais, pour le peuple, le sang était là sous les yeux de Dieu. Le péché était jugé ; Dieu y avait mis fin dans le sang de l’agneau ; mais il laisse cours à sa justice contre les Égyptiens. Ce jugement atteint d’abord les premiers-nés, puis le Pharaon et toute son armée à la mer Rouge. Israël n’a qu’à se tenir là, pour voir la délivrance de l’Éternel. C’est ainsi que Dieu a revendiqué ses droits en Égypte ; ensuite il amène son peuple dans le désert, où ce dernier commet faute sur faute. Alors, à la fin du voyage, Satan qui n’a pu empêcher la sortie d’Égypte, voudrait attirer la malédiction de Dieu sur le peuple pour l’empêcher d’entrer dans le pays de la promesse. Pas plus que Joshua, Israël ne peut rien invoquer pour sa défense ; mais Dieu intervient. C’est Lui, tout seul, qui répond à l’ennemi. Il dit, par la bouche même de l’accusateur : «Je n’ai pas aperçu d’iniquité en Jacob, ni vu d’injustice en Israël». Alors Balaam voit qu’il n’y peut rien et qu’il n’y a pas d’enchantements contre Jacob ; la malédiction est changée en bénédiction.

Satan avait manqué complètement son but ; Dieu avait pris en main la cause de son peuple. Il est très précieux de voir que cela a lieu, sans même qu’Israël en prenne connaissance. De même pour nous : c’est à notre insu, sans que Dieu nous en ait dit un mot, que Christ a tout accompli pour notre délivrance et que la bénédiction est venue sur nous, sans nous. Quel bonheur qu’il en soit ainsi ! Sans cela, nous aurions tout gâté, mais Dieu fait son oeuvre tout seul, et la bouche de Satan est fermée. Il en est de même quant à la justification : c’est Dieu qui justifie. Il ne le fait pas seulement devant Lui, mais devant tous. Satan dit : Cet homme est méchant ! Dieu sait que cela est vrai et que nous ne valons rien, mais, malgré cela, Dieu nous justifie et Satan est réduit au silence. Il ne peut rien, mais ne cesse pas, pour cela, d’être notre ennemi, aussi cherche-t-il à susciter des obstacles pour empêcher Dieu de nous bénir.

Il s’y prend maintenant d’une autre manière. Ce même Balaam, qui avait dû bénir contre son gré, savait fort bien que Dieu est saint et ne peut bénir un peuple dans le péché ; aussi descend-il dans la plaine pour se mettre en contact avec le peuple ; il agit en bas, parce qu’il n’a pu agir en haut contre Dieu. Alors il cherche à mêler Israël avec le monde, en l’amorçant par des convoitises. Israël s’y laisse prendre et, dans sa folie, adore Satan comme Dieu (25:2). Il s’assujettit à l’ennemi et attire sur lui le jugement d’un Dieu qui ne peut pas le bénir dans son péché, car il ne peut abandonner son gouvernement moral. C’est ce que les enfants de Dieu oublient souvent. Une pareille folie, de la part du peuple, serait incroyable, si ses yeux n’avaient pas été aveuglés, parce qu’il avait consenti à dire : «Oui, à ce que le monde lui présentait avec une apparence aimable et désirable selon la chair.

Eh bien, Dieu va-t-il détruire le peuple ? Non, mais il le châtie, et il en est de même pour le chrétien. Si Israël ne fût pas tombé, il n’eût pas été châtié, car, dans le désert, Dieu pourvoyait à tous leurs besoins : leurs vêtements ni leurs chaussures ne s’étaient usés. Ils avaient sans doute à montrer de la diligence, mais n’avaient rien à faire qu’à passer comme étrangers à travers le désert. Le combat n’aurait dû commencer pour eux qu’en Canaan ; pour nous, dans les lieux célestes. Ce fut quand Israël eut passé le Jourdain qu’il dut livrer combat pour s’emparer de toutes les villes. Pour traverser le monde, nous avons, comme lui, la manne et l’eau du Rocher, mais du moment que nous voulons jouir de ce que le monde nous offre, nous tombons sous la discipline, et nous entrons dans le combat. Si nous passons ici-bas comme à travers un désert, nous y faisons l’expérience de la puissance et des soins de Dieu, et alors il n’y a point de combat. Si nous cédons au monde, Dieu dit : Il faut trancher la chose ! Les difficultés s’élèvent et se multiplient, Madian s’oppose ; Dieu veut à tout prix rompre les liens que nous avons formés. Il y réussira, mais combien de douleurs quand les liens que notre folie avait resserrés, sont arrachés.

Dieu, et cela est très précieux, mesure ce qui nous est nécessaire, car il n’abandonne jamais son peuple à Satan. Vingt mille hommes peuvent tomber sous le jugement, mais Dieu arrête la plaie par la fidélité de Phinées, tandis qu’en Canaan pas un d’entre eux n’a péri. Il en est de même quand Israël, après la discipline, est dans une position franche et doit combattre Madian ; la victoire est pleine et entière, et pas un d’eux ne tombe. Tout le peuple rentre dans le camp et offre des sacrifices à l’Éternel (31:49-50).

Toute cette histoire nous prouve combien il est important pour nous d’être continuellement en éveil, et de ne connaître, dans le désert, que la manne et l’eau du rocher, de ne pas nous replacer sous la puissance d’un ennemi qui n’a aucun droit sur nous, de ne pas céder à la chair au lieu de la mortifier, et de ne pas nous laisser séduire par elle, là où nous n’avons rien à faire qu’à marcher paisiblement avec notre Dieu

 

 

13         Méditations de J. N. Darby    Nombres  35:9-35

n°120 : ME 1900 p. 131

La parole de Dieu juge de toutes choses, pour montrer si elles conviennent à la présence de Dieu, et c’est là la seule mesure définitive du péché. Ce qui est souillé devant Dieu, et non devant l’homme, voilà ce qui est péché. La présence de Dieu au milieu de son peuple en est la règle et en juge (v. 34).

La gloire de Dieu se manifestait dans la nuée et tout était jugé par sa présence, car il s’est manifesté d’une manière sensible à Israël, de même qu’il s’est révélé à nous dans la personne de Jésus. Cette dernière manifestation étant beaucoup plus claire que l’autre, car Dieu n’était pas pleinement révélé à Israël, le jugement actuel de Dieu sur le péché est aussi plus clair et plus positif. Alors, certaines choses pouvaient être passées sous silence qui maintenant ne peuvent plus l’être (1 Jean 1:5). Dieu étant pleinement révélé dans la personne de Jésus, ne peut désormais passer sur rien, et il somme tous les hommes, en tout lieu, à se repentir.

Si l’on juge d’une chose autrement que par la Parole et la présence de Dieu, on se trompe. On peut être à l’aise dans le chemin de la perdition quand on n’a jamais connu Dieu, mais la paix dont on jouit est fausse, tant que l’on n’a pas compris que Dieu nous a lavés dans le sang de Jésus. Rien n’est plus étonnant que de voir des âmes tranquilles sans la certitude de cette purification, ni plus incompréhensible que l’insouciance du coeur de l’homme, devant la pensée de passer l’éternité ou en la présence de Dieu, ou bien chassé de sa présence, jugé ou pardonné par Lui. Dieu prend les choses au sérieux, le Seigneur Jésus était toujours sérieux ; Satan lui-même, craignant que les âmes ne lui échappent, est sérieux et préoccupé. Seules, les âmes que Satan domine sont insouciantes et légères. C’est la plus triste preuve que le coeur de l’homme, dans sa folie, est tombé aussi bas que possible. On voit tous les jours, autour de soi, des âmes passer dans l’éternité, et néanmoins le même oubli, la même dureté de coeur, subsistent toujours et tout s’efface, comme le mouvement de l’eau où une pierre est jetée. Le péché a des conséquences qui devraient réveiller le monde. En nous chassant de sa présence, Dieu, dans sa bonté, a ajouté au péché des misères sensibles, comme un appel aux hommes de penser à Lui. En même temps, Dieu dit la vérité et annonce qu’il ne peut y avoir de communion entre la lumière et les ténèbres, entre les enfants de la lumière et les fils des ténèbres. Le monde est ténèbres, Satan est le prince des ténèbres ; aimer ce que Dieu hait, aimer les choses que Satan nous offre, c’est être ténèbres. Si la présence de Christ gâte vos plaisirs, cela montre que Christ n’est pas la joie de vos coeurs. Quand il se présente, même vos plaisirs innocents cessent. Vous appelez innocent ce que sa présence dissipe ; vous n’avez donc pas même conscience de vos ténèbres !

Pourriez-vous dire qu’à un seul moment de votre vie, Christ ait été votre joie ? Quel est donc l’état de votre âme, et comment passeriez-vous une éternité de bonheur en sa présence ? Christ est venu dans ce monde et a été rejeté, parce que le monde le haïssait. «Ils ont vu et haï et moi et mon Père». Vous voilà, nous voilà tous, selon le jugement de Dieu en grâce. Je dis : «en grâce», car Dieu n’avait nul besoin de vous dire cela, mais, en rendant ce témoignage dans le monde, il a voulu vous avertir pour vous sauver.

Mais, en même temps qu’un Dieu de grâce, il est un Dieu de vérité, et il ne peut nous admettre en sa présence, dans l’état d’éloignement de nos coeurs. Tout est plus facile au pécheur que de se présenter devant Dieu : on accomplit des devoirs, on s’impose des pénitences, même celle de rendre culte à Dieu, mais tout cela n’est pas sa présence. Si Dieu n’est pas votre joie, il n’y aura rien que vous évitiez autant que le ciel, car si vous n’avez pas la joie de cette présence, la frayeur de la gloire de Dieu vous écraserait. Le monde, comme Adam, emploie les dons de Dieu pour se cacher de Lui, car sa conscience lui dit que Dieu est lumière. Mais Dieu qui nous juge selon sa sainteté est un Dieu de grâce, et veut que nous possédions une certitude et une paix qui ne se démentent pas quand nous serons en sa présence. C’est là le salut que Dieu nous a préparé.

Ces choses, nous les voyons dans ce chapitre des Nombres. Dieu juge le péché, au milieu des enfants d’Israël, selon la sainteté de sa présence, mais il donne en même temps un refuge au pécheur, et nous en voyons l’effet sur son âme.

Pour donner toute facilité d’y recourir, il y avait trois villes de refuge à l’orient et trois à l’occident du Jourdain. Le meurtrier avec préméditation devait mourir ; le meurtrier sans préméditation était aussi un pécheur ; il avait répandu sang et le pays était souillé. Dieu qui y habitait ne pouvait pas supporter la souillure, et il en est de même de tout péché. Si l’on pèche volontairement, si l’on veut, si l’on préfère le péché, il n’y a point de remède, puisque l’expiation est par là même rejetée. Dieu ne veut point de souillure ni de péché en sa présence, il faut donc un asile au pécheur qui n’a pas péché volontairement. Si nos âmes ignorent ce qu’est le péché, ce n’est qu’une preuve de plus de l’aveuglement où le péché nous a conduits. Dieu ne peut pas s’aveugler. Il ne veut pas de péché en sa présence et nous en a fourni la preuve en donnant Jésus. Le monde est souillé du sang de Jésus, et Dieu ne peut le voir sous un autre aspect. Quand la foi saisit cela, elle y trouve l’expiation dans le sang même de Christ. Vous êtes coupables du sang de Jésus ; vous avez manifesté que vos coeurs sont dans le même état que les coeurs de ceux qui l’ont rejeté. Les Juifs étaient le meilleur terrain que l’on pût trouver dans le monde, un terrain labouré, ensemencé et arrosé de Dieu, et ce terrain a rejeté Jésus. Les Juifs sont un échantillon du coeur humain, et le reste du monde est pire qu’eux. «Il est venu dans le monde, et le monde ne l’a pas connu ; il vint chez soi, et les siens ne l’ont pas reçu». C’est parce que vos coeurs sont ce qu’ils sont, que les Juifs ont rejeté Christ. Mais Jésus est votre ville de refuge, parce que vous l’avez fait par ignorance. Dieu veut habiter en Israël, et il faut que le péché en soit absent.

On se voit coupable d’avoir rejeté Jésus, quand on est travaillé par l’Esprit de Dieu ; alors, au lieu de raisonner, on s’enfuit à la ville de refuge. C’est Dieu qui a fixé le lieu du refuge selon sa volonté. Christ a pris la culpabilité de l’homme sur Lui ; sans cette expiation, il n’y aurait point de refuge et de salut. Il n’y a pas d’expiation sans le sang du coupable. Christ a été fait péché pour nous, et, dans sa personne, le sang du coupable a été répandu. Le sang de Christ est la démonstration de la méchanceté de l’homme, en même temps qu’il est le salut de l’homme et l’expiation de son péché. C’est là la sagesse de Dieu lui-même, reçue par la foi. L’âme peut sentir sa responsabilité et chercher, pour se tranquilliser, quelque remède dans sa propre justice. C’est alors que nous voyons que nous sommes perdus et qu’il n’y a qu’à fuir dans la ville de refuge. La même sainteté de Dieu qui a prononcé que le péché ne peut subsister là où Dieu habite, a donné un refuge que sa justice reconnaît. Le droit de vengeance est arrêté. La même justice de Dieu qui a exigé la mort de Jésus pour satisfaction, a mis cette mort pour refuge ; là, celui qui a le droit de vengeance ne peut rien.

Celui qui s’était réfugié ne pouvait retourner à son héritage avant la mort du souverain sacrificateur (*). Le chrétien n’a pas encore son héritage, n’en peut jouir encore, mais il est en paix dans la ville, aussi sûr de son salut, qu’il est sûr d’être pécheur. Le mondain se dit pécheur et espère néanmoins arriver au ciel, parce qu’il ne comprend ni le péché, ni le résultat du péché, selon Dieu, et ainsi il ne dit, ni que le pécheur soit perdu, ni que le chrétien soit sauvé, aveuglé qu’il est des deux côtés ; tandis que Dieu nous dit : Te voilà pécheur et te voilà sauvé.

(*) La mort du souverain sacrificateur représente la fin de l’économie et de l’intercession de Jésus.

Qu’est-ce que cela vous vaudra de vous excuser de vos péchés ? C’est vous excuser d’entrer au ciel. Le sang est versé, le pays est souillé, et Dieu ne peut le permettre. Vous ne pouvez, dans le péché, entrer dans le royaume de Dieu. Pour vos péchés, Dieu présente Christ. Il est notre ville de refuge, ordonnée de Dieu. Est-ce de la sagesse de rester dehors ? Vous ne serez pas plus perdus que vos voisins, dites-vous. C’est bien assez de l’être comme eux ! On n’en sera que plus malheureux, d’être nombreux en enfer. Dieu a vu que vous Lui préfériez toutes vos vanités, et, voyant votre péché, il a donné son Fils. C’est le refuge de vos âmes.

Quel est l’état d’un homme qui, réfugié dans la ville, entend les cris et les réclamations de celui qui a le droit de vengeance ? Il a une joie d’autant plus grande, qu’il est en sûreté. Impossible que la colère de Dieu franchisse la croix de Jésus. De l’autre côté tout est serein ; tout y est paix de la part de Dieu lui-même, et le pécheur y trouve la provision faite par Dieu, non pour les justes, mais pour les pécheurs.

Dieu, dans sa grâce, vous a-t-il fait entrer là ? Dans ce cas, pouvez-vous hésiter sur votre salut ? La gloire du second Adam n’est pas moins certaine que la ruine du premier. Avez-vous trouvé en Jésus le refuge de votre âme ? S’il en est ainsi, c’est la paix ; gardez-vous bien d’en sortir. Si vous n’avez pas la conscience d’être dans la ville, vous aurez nécessairement des craintes.

Vous n’avez autre chose à faire qu’à vous réfugier en Jésus. C’est là le sang de Celui qui a pris pour nous la place d’un coupable et qui a expié nos péchés. Vous saurez alors ce qu’est la paix que Dieu a acquise à votre âme.