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LETTRE SUR LA DIVINITÉ de CHRIST

 

 

Mon cher Monsieur,

 

Votre traité me fournit une occasion de m’étendre un peu plus sur les preuves scripturaires de la, Déité du Seigneur.

La question est bien : Que disent les Écritures ? Aucun chrétien ne nie qu’il ait à prier le Père, mais il est également certain que des prières sont adressées au Seigneur, et même «invoquer le nom du Seigneur Jésus» est, pour ainsi dire, une définition du chrétien (1 Cor. 1:2). Étienne demande au Seigneur Jésus de recevoir son esprit, et Paul le supplie afin que l’écharde lui soit ôtée (2 Cor. 12:8). Un enfant de Dieu prie son Père, mais l’administration de la maison de Dieu est entre les mains du Seigneur.

C’est une assertion étrange d’affirmer que les Écritures ne disent pas que Jésus est Dieu, et je vous prie de remarquer que la question se lie étroitement avec celle-ci : «Qu’était-il avant d’être un homme ?» Or nous lisons : «La Parole était auprès de Dieu, et la Parole était Dieu». Ensuite : «Et la Parole devint chair et habita au milieu de nous». Vous ne nierez pas que ce fût Jésus. Est-ce que Dieu — car Jésus était tel — cesse d’être Dieu ? Il était «en forme de Dieu», il mit de côté sa gloire et a pris «la forme d’esclave» ; mais il est toujours appelé Dieu : Jésus est Emmanuel, Dieu avec nous (Matth. 1:23). Ainsi les Écritures le nomment Dieu. De plus, Jésus veut dire Jah ou Jéhovah le Sauveur. Son nom même affirme qu’il est Jéhovah (ou Yahvé) ; est-ce que Jéhovah n’est pas Dieu ? Jésus reçut ce nom, parce qu’il devait sauver «son peuple de leurs péchés» — le peuple de qui ? C’est pourquoi, en Jean 12, l’évangéliste cite un passage d’Ésaïe 6, où est déployée la gloire la plus élevée de Jéhovah, et dit (v. 41) que le prophète vit la gloire de Christ et parla de lui. C’est pourquoi encore le Seigneur dit aux Juifs ; «Détruisez ce temple, et en trois jours je le relèverai».

Votre question relative au Fils de David ne signifie rien. Personne ne dit que Dieu est le Fils de David : tous les chrétiens reconnaissent que Christ est né dans le monde comme homme ; ce qu’ils disent est que le Fils de David était aussi Dieu. Prenez la fin du second chapitre de la 1° épître de Jean, et le commencement du troisième. Au v. 28 du second chapitre, nous lisons : «Il sera manifesté» ; il, c’est Christ ; au v. 29, les saints sont présentés comme nés «de lui», mais au chap. 3:1, ils sont «enfants de Dieu» ; puis le monde ne «l’a pas connu», est-il dit, c’est-à-dire n’a pas connu cette même Personne qui est Christ sur la terre. Au v. 2, «nous sommes maintenant enfants de Dieu», puis vient «quand il sera manifesté», maintenant c’est Christ. Personne ne peut lire ce passage, sans voir que Christ et Dieu étaient un seul et même Objet, une seule et même Personne, dans la pensée de l’apôtre. Il en est de même à la fin de l’épître : «Nous sommes dans le Véritable, savoir dans son Fils Jésus Christ : lui est le Dieu véritable et la vie éternelle».

Cette vérité se trouve même dans l’Ancien Testament. En Dan. 7, le Fils de l’homme vient jusqu’à l’Ancien des jours (v. 13), mais, plus loin, c’est l’Ancien des jours qui vient. (v. 22). De même dans l’Apocalypse (1:17), «le premier et le dernier» est Celui qui est «le vivant» et qui a été «mort». Au chap. 1:8, l’alpha et l’oméga est le Tout-puissant ; et au chap. 22:12 et 13, l’alpha et l’oméga, c’est Christ qui vient. En 1 Tim. 6:14-16, «le bienheureux et seul Souverain» est «roi de ceux qui règnent et seigneur de ceux qui dominent», et en Apoc. 19:16, ce «Roi des rois, et Seigneur des seigneurs» est Christ. En Jean 17, Jésus demande d’être glorifié auprès du Père, mais cette gloire il l’avait eue avant que le monde fût. Ce qu’il dit est qu’il ne fait et ne peut rien faire comme venant de lui-même, (Jean 5:19). La même chose est dite de l’Esprit Saint (16:13) : «Il ne parlera pas de par lui-même» — de par lui-même comme source. Nul chrétien ne nie que Jésus a pris la forme d’esclave et a toujours vécu ainsi sur la terre ; mais qui «a pris la forme d’esclave» ? Ce n’est pas un ange. Un ange est un serviteur, et ne peut pas quitter son état originel. Christ «s’est anéanti lui-même» alors qu’il était en forme de Dieu ; était-ce une forme fausse ? Que le Seigneur me pardonne cette question ; je la pose pour l’amour de vous, mon cher Monsieur. Christ pouvait dire : «Avant qu’Abraham fût, JE SUIS». La plénitude de la Déité, vous l’admettez, habitait en lui. Le Fils de Dieu était beaucoup plus que le Fils de David : «Dieu était en Christ, réconciliant le monde avec lui-même». De qui étaient les pensées et les paroles de Christ ? N’étaient-elles pas d’un homme, et cependant de qui étaient-elles ? Il pouvait dire touchant lui-même : «Le Fils de l’homme qui est dans le ciel». Qu’était-il avant de descendre ici-bas ? La Parole qui devint chair, était-elle Dieu ou non, avant cela ?

Prouver qu’il était homme, ne prouve rien ; nous le croyons comme étant une vérité fondamentale. Mais était-il seulement un homme ? Évidemment non. Il était «la Parole» ; il était «descendu du ciel». Qu’était-il donc avant de devenir un homme ? Il affirme être Un avec le Père (Jean 10:30) ; cela appartient-il à une créature ? S’il n’était pas une créature, il était donc Dieu. Ou bien, nous aurions quelqu’un qui n’a pas été créé, qui a une existence indépendante en lui-même, et qui cependant ne serait pas Dieu ; c’est une confusion et une chose impossible. «Par lui ont été créées toutes choses», qui est-ce ? Il est «le premier-né de toute la création», parce qu’il l’a créée ; de plus, «toutes choses subsistent par lui». (Col. 1:16, 17). Il était au commencement, et, par lui, toutes choses furent faites ; sans lui pas une seule chose ne fut faite de ce qui a été fait (Jean 1:1, 3) : lui donc n’a pas été fait. Y a-t-il deux Dieux ? Il a posé les fondements de la terre, et les cieux sont l’ouvrage de ses mains ; il périront, mais lui demeure. (Héb. 1:10, 11). Tous les anges de Dieu doivent l’adorer. (v. 6). «Bienheureux tous ceux qui se confient en lui» ! (Ps. 2:12) en lui, le Fils ; et «béni soit l’homme qui se confie en l’Éternel», mais «maudit soit l’homme qui se confie en l’homme». (Jér. 17 : 7, 5). Lui et le Père sont un ; y a-t-il une créature qui puisse dire cela ? Je trouve donc que Jésus est appelé Dieu avant de venir dans le monde (Jean 1), et après qu’il est venu dans le monde : Il est «Dieu avec nous». Il a créé toutes choses, et «toutes choses subsistent par lui» ; il doit être adoré comme le premier et le dernier, l’alpha et l’oméga, ce qui est le titre donné expressément au Tout-puissant, Roi des rois et Seigneur des seigneurs, Ancien des jours. Et de peur que nous ne pensions qu’il est quelque Dieu inférieur, il nous est dit que «toute la plénitude de la Déité habite en lui corporellement». (Col. 2:9). L’enseignement moral de l’Écriture le confirme. «Christ est tout» pour le Chrétien, de sorte que s’il n’est pas Dieu, Dieu n’est rien. Il est l’objet de la suprême dévotion du coeur : je dois vivre pour lui. (2 Cor. 5:15). Cela conviendrait-il, s’il n’est qu’une créature ? C’est là la vraie question : «Est-il une créature ou bien le Créateur ?» Nul chrétien ne nie qu’il soit vraiment un homme, et qu’il ait pris une position d’infériorité quant au Père ; mais pour cela, il s’est anéanti lui-même lorsqu’il était en forme de Dieu, et a pris la forme d’esclave ; aucune créature ne pouvait faire cela.

Il était, comme vous le dites, le second Adam qui était préordonné, mais ce second Adam était le Seigneur venu du ciel. (1 Cor. 15:47).

Il ne vint pas, assurément, pour faire sa volonté ; comme homme, sa place était celle d’obéissance et de dépendance, mais il vint dans un corps que Dieu avait formé, s’étant offert lui-même pour cela. Vous pouvez dire qu’il est Fils de Dieu. Qu’entendez-vous par là ? «Baisez le Fils, de peur qu’il ne s’irrite» ;

 

«Dieu a parlé dans le Fils» (Hébr. 1:1). L’exaltation de Jésus, dont vous parlez, eut lieu après qu’il eut été fait «un peu moindre que les anges qu’il avait créés, à cause de la passion de la mort», étant «fait semblable à ses frères en toutes choses». Dieu «fait ses anges des esprits... mais quant au Fils, il dit : Ton trône, ô Dieu, etc.». Il ne le fait pas être quelque chose. Le sang d’un homme, de celui qui ne serait qu’un homme, purifierait-il de tout péché ?

Je ne comprends pas comment vous pouvez dire que les Écritures ne disent pas qu’il est Dieu. Elles le proclament à maintes et maintes reprises, directement et indirectement, en termes équivalents, Je n’ai pas cité les passages : «Dieu manifesté en chair» et «Christ qui est sur toutes choses, Dieu béni éternellement», parce que les critiques peuvent raisonner sur eux. Le dernier cependant (Rom. 9:5), est un témoignage aussi clair qu’on peut le concevoir, et l’expression est telle qu’il ne peut s’appliquer qu’à Christ. N’est-il pas singulier que vous ayez pu passer par-dessus tous les passages auxquels j’en ai référé, et que vous n’ayez cité que ceux qui montrent que Christ était vraiment un homme, ce que personne ne nie, et sans quoi, en fait, sa Déité ne servirait de rien pour nous ?

Je ne puis, dans le court espace d’une lettre, avoir la prétention de discuter pleinement un tel sujet. Mais toute l’Écriture confirme cette vérité que Jésus est Jéhovah. Jean le Baptiseur était «la voix de celui qui crie dans le désert : Préparez le chemin du Seigneur», c’est-à-dire de Jéhovah. Il en est ainsi de Luc 7:27, comparé avec Malachie 3:1 ; ainsi encore de Luc 1:76 ; et aussi lorsqu’il dit au lépreux : «Je veux, sois net». En Ésaïe 66:15, Jéhovah vient avec le feu et l’épée, mais nous savons que c’est Christ qui vient. Quelle est la signification de Michée 5:2 ? Qui est le compagnon de Jéhovah ? La purification du lépreux était l’oeuvre de Jéhovah ; la multiplication des pains pour nourrir les cinq mille hommes se rapporte aux Psaumes parlant de Jéhovah ; et quoique Jésus le fasse comme Fils de l’homme (Luc 9:10-17 et suivants), il accomplissait le Ps. 132:15, qui parle de Jéhovah. Non seulement il opérait des miracles, ce que Dieu peut donner à chacun de faire, s’il lui plaît, mais il conférait à d’autres, par sa propre puissance, le pouvoir d’en accomplir, ce que l’homme ne peut pas faire (Luc 4). Je mentionne tous ces passages, pour confirmer les témoignages directs que l’Écriture rend à sa divinité ; et ils ne peuvent s’accorder avec aucune autre doctrine. Et on pourrait les multiplier en en référant à chaque page de l’évangile. «Il vivifie ceux qu’il veut» (Jean 5:21) ; cela peut-il être dit d’un simple homme, d’une créature ? L’Ancien Testament déclare que l’Éternel devait venir, et que son chemin devait être préparé, mais c’était Christ. Hébreux 12:25, 26, montre positivement que Christ est le Jéhovah du mont Sinaï. ... Je vous prie de peser les passages ; car c’est la plus grande de toutes les consolations de savoir que Dieu est ainsi descendu et devenu un homme — qu’il se révèle à nous si près de nous. Je connais Dieu en connaissant Christ, je trouve ainsi qu’il est grâce et amour, et je ne puis le connaître d’aucune autre manière. Qu’il veuille vous donner de le voir !

 

J. N. Darby