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ÉTUDES SUR LA PAROLE :

 

 

LES PSAUMES

 

 

LIVRE QUATRIÈME

 

par J.N.Darby

 

Table des matières :

1     [Psaume 90]

2     [Psaume 91]

3     [Psaume 92]

4     [Psaume 93]

5     [Psaume 94]

6     [Psaumes 95 à 100]

7     [Psaume 95]

8     [Psaume 96]

9     [Psaume 97]

10      [Psaume 98]

11      [Psaume 99]

12      [Psaume 100]

13      [Psaume 101]

14      [Psaume 102]

15      [Psaumes 103 à 106]

16      [Psaumes 103 et 104]

17      [Psaume 104]

18      [Psaume 105]

19      [Psaume 106]

 

 

 

 

[Les sous-titres et textes en italique rouge, entre crochets, sont des ajouts de Bibliquest, principalement des références permettant de faciliter la lecture et la compréhension]

 

 

Le quatrième livre ne diffère pas du troisième d’une manière aussi marquée que les trois précédents l’un de l’autre, et spécialement le troisième des deux premiers, par la raison que le troisième, tout en annonçant prophétiquement la bénédiction, décrit un état de choses qui prépare le chemin à l’intervention divine pour introduire une pleine bénédiction. Le premier livre avait donné les grands principes de la position du résidu juif en rapport avec l’histoire de Christ ; le second avait présenté les fidèles hors de Jérusalem ; le troisième revient à la condition d’Israël comme nation rétablie dans le pays, mais pas encore dans la pleine bénédiction de l’Éternel ; le quatrième, comme je l’ai dit, complète le tableau par la venue du Messie et rattache ensemble la nation et Christ, la nation et l’Éternel. Le livre s’ouvre donc en présentant la nation en relation avec l’Éternel, au retour duquel on s’attend et qui, finalement, bénit les Israélites afin que son bon plaisir soit sur eux. Le second Psaume du livre nous fait voir la nation en rapport avec Christ, en tant qu’homme dans ce monde ; le troisième, Psaume 92, célèbre d’une manière prophétique le grand résultat, dans le plein établissement duquel nous font entrer les Ps. 93 à 100. Viennent ensuite quelques détails profondément intéressants sur Christ Ps. 101 et 102, tandis que le résultat général, en tant que manifestant les voies de l’Éternel envers Israël et la terre, est traité dans les louanges des Psaumes 103 et 104. Les voies de l’Éternel, depuis le commencement, et celles d’Israël envers lui, se trouvent dans les Ps. 105 et 106 qui terminent le livre.

1                    [Psaume 90]

Le premier Psaume du livre, le Ps. 90, place le peuple — c’est-à-dire sa portion fidèle — sur le fondement de la foi en l’Éternel, et exprime son désir d’être délivré et béni de sa main. D’abord l’Israélite pieux reconnaît que le Seigneur a été de génération en génération la demeure d’Israël ; ensuite qu’il est le Dieu éternel, avant que le monde fût, qu’il tourne et retourne l’homme en un moment, comme il lui semble bon, et que pour lui le temps n’est pas le temps. Actuellement Israël était consumé par sa colère. Mais ce n’est pas tout : quoique son pouvoir soit absolu, il n’en use pas d’une façon arbitraire. Son gouvernement est un vrai et saint gouvernement moral ; les fidèles le reconnaissent par une confession sincère, non seulement des fautes extérieures, mais aussi des péchés secrets que ce gouvernement met en lumière, car c’est la manière d’agir de Dieu. Leurs jours s’en allaient par sa grande colère ; ils demandent que l’orgueil de leur coeur soit tellement brisé, qu’il leur soit donné de se souvenir de leur faiblesse et de leur mortalité, de telle sorte qu’ils soient débarrassés de la suffisance si naturelle à leurs pauvres coeurs et qu’ils en acquièrent un coeur sage, par la crainte de Dieu. L’homme est mis à sa place et Dieu à la sienne, en même temps qu’Israël se confie en l’Éternel : tout ceci est plein d’instruction relativement à la position morale qui convient dans ce jour-là au résidu, ainsi qu’à tous ceux qui ont affaire avec Dieu. Ainsi on regarde à l’Éternel. pour qu’il revienne en délivrance, comme l’indique la parole de la foi : «Jusques à quand ?» Quant à ses serviteurs, ils demandent que, de même que l’affliction est venue sur Lui, ainsi aussi son oeuvre apparaisse désormais : que la gratuité du Seigneur soit sur eux et que leur oeuvre soit établie par lui. C’est la vraie foi, quant à la relation avec le Dieu suprême dans son saint gouvernement sur la terre. Mais s’il en est ainsi, c’est que l’Éternel est le Dieu d’Israël.

2                    [Psaume 91]

Ps. 91. Nous trouvons ici un autre principe fort important. En prenant place avec Israël, dans la position de la confiance en l’Éternel, le Messie devenait le canal qui doit amener la pleine bénédiction du peuple. Trois noms d’Élohim (Dieu) nous sont présentés dans ce Psaume : celui par lequel il fut en relation avec Abraham, le nom de Tout-Puissant; puis un autre nom, dont Abraham a pu avoir connaissance d’une manière prophétique par le témoignage de Melchisédec, le titre millénaire d’Élohim, quand il prend son titre le plus élevé sur la terre (comp. Gen. 14: 18-20), le nom de Très-Haut. Ces deux noms, comme tous les noms de Dieu, ont l’un et l’autre leur signification propre : l’un rappelle sa puissance parfaite, l’autre sa suprématie absolue. Le troisième nom est celui d’Éternel. Alors surgit la question : Quel est le Dieu à qui appartient cette place ? Qui est ce Dieu suprême au-dessus de tout sur la terre ? Qui trouvera le lieu secret de sa demeure pour y habiter ? Celui qui se sera logé là, sera complètement protégé par le pouvoir du Tout-Puissant. Le Messie (Jésus) dit aussitôt : «J’ai dit de l’Éternel : Il est ma confiance et mon lieu fort». Il prend l’Éternel, le Dieu d’Israël pour sa demeure. Les vers. 3-8 nous font connaître la réponse qu’il reçoit. Sans aucun doute ces choses sont vraies de tout pieux Israélite, et tous les fidèles peuvent les avoir, mais conduits par l’Esprit de Jésus, le seul parfait fidèle, qui a réellement pris cette position. Je pense qu’au vers. 9, c’est Israël qui parle, c’est-à-dire que l’Esprit personnifiant Israël, s’adresse au Messie : «Parce que toi tu as mis l’Éternel, mon refuge, le Très-Haut pour ta demeure, aucun mal ne t’arrivera». L’allocution continue jusqu’au vers. 13 ; puis au vers. 14, l’Éternel lui-même parle du Messie (Jésus) comme de celui qui a mis son affection sur Lui et qui obtiendra la pleine bénédiction de l’Éternel, parce qu’il a connu Son nom. C’est un Psaume très intéressant à ce point de vue.

Mais nous avons à remarquer que tout, — le caractère de Dieu sous tous ses aspects — est envisagé ici au point de vue de la terre. Quant à la question de savoir comment Christ a pu faire l’abandon de toutes les bénédictions terrestres, comme chose actuelle, afin de prendre 1a position de parfaite obéissance, en se confiant d’une manière absolue en son Père, elle nous conduit à des vues plus profondes sur les desseins de Dieu et sur le sentier du Bien-aimé lui-même. Satan aurait voulu se servir précisément de ce qui est dit ici pour le détourner du chemin de l’obéissance, et l’amener dans celui de la défiance et de la volonté propre. Mais, Dieu soit béni, ce fut en vain, comme nous le savons. Les gratuités assurées à David devaient se trouver dans un Être obéissant et ressuscité — (ce point est traité plus loin dans un Psaume d’une incomparable beauté) — et des bénédictions plus profondes et des gloires plus hautes devaient être ainsi introduites. Mais celui qui a suivi cette marche parfaite de la soumission, n’en a pas moins assuré tout le fruit à ceux qui marcheront après lui dans cette position de confiance en l’Éternel sur la terre. Ce principe se montre sous diverses formes tout le long du livre des Psaumes : et même l’oeuvre expiatoire de Christ, impliquant qu’il renonçait personnellement à la bénédiction terrestre, était nécessaire pour que d’autres pussent suivre ce chemin dans lequel il a pu, naturellement, marcher personnellement sans elle. Nous trouvons, au Ps. 21, une révélation divine quant à la manière dont la promesse de la vie s’est accomplie pour le Seigneur.

3                    [Psaume 92]

Le Ps. 92 emploie les noms de Dieu : Éternel et Très-Haut ; seulement il ne s’agit plus du domicile secret que connaissent seules la fidélité et la foi. Les vers. 7 et 8 montrent comment la Toute-Puissance assure la bénédiction et répond à la foi. Ce qui est célébré ici n’est point l’exercice de la foi, sous la discipline, mais la réponse à la foi, annonçant (verset 15) que l’Éternel est droit et qu’il n’y a point d’injustice en lui. Les Psaumes 90, 91 et 92 forment ensemble une introduction au grand thème qui suit, caractérisé par l’expression : «L’Éternel règne». Déjà la puissance avait été déployée ; on en attend maintenant le résultat parfait et final dans le jugement de tous les ennemis, et dans la bénédiction permanente, non pas simplement comme objet d’espérance, mais fondée sur l’intervention manifeste de Dieu. Ces choses sont exprimées dans la position que le Messie avait prise au Psaume précédent, où il est identifié avec Israël dans les derniers jours, restauré par la puissance divine, mais non pas encore dans la pleine et paisible jouissance de la bénédiction divine, précisément comme nous l’avons vu dans le Livre 3. Le Messie prend donc la direction de la célébration des louanges, et voit sa corne élevée en gloire (comp. Ps. 75). Mais les pensées de l’Éternel sont plus profondes. Il voit de loin, il voit la fin dès le commencement, et il accomplit sa parole et tous ses desseins. C’est là ce dont la foi doit se souvenir.

4                    [Psaume 93]

Le Ps. 93 annonce les grands et bienheureux résultats de l’intervention finale de Dieu en puissance. L’Éternel règne. Certes son trône était établi dès l’éternité ; mais les fleuves avaient élevé leur voix ; les flots mugissant des hommes impies s’étaient fait entendre, seulement l’Éternel, dans les lieux hauts, était plus puissant qu’eux tous. Deux autres grands principes complètent ce court, mais remarquable sommaire de toute l’histoire du gouvernement de Dieu à l’égard de l’homme : «Les témoignages de l’Éternel sont très sûrs». Quoi qu’il puisse arriver, la foi peut compter sur eux. D’autre part, il en ressort une autre grande vérité concernant le caractère de Dieu : «La sainteté sied à la maison de Dieu». Mais je regarde cette dernière phrase comme décrivant la sainteté qui convient à la maison de Dieu durant la période finale de laquelle ces Psaumes parlent et en vue de laquelle la terre a été établie. Puis, au Psaume suivant, viennent les détails de la venue du Fils unique dans le monde, à l’effet d’y établir la gloire et l’ordre selon Dieu, venue à laquelle la requête du résidu d’Israël sert d’introduction.

5                    [Psaume 94]

Le Ps. 94 nous donne cette requête des fidèles ; elle est en même temps l’expression de la parfaite intelligence de leur position, des voies de Dieu, de la position des méchants et du résultat qui va être produit, et cela, pour ce Psaume comme pour tous ceux de ce livre, sur le pied de la relation connue du peuple avec l’Éternel. Nous avons vu qu’au Ps. 91, Christ prend cette place avec le peuple, afin que la pleine bénédiction puisse venir sur le peuple en tant qu’associé avec Lui. Le Ps. 94 s’adresse à l’Éternel comme au Dieu des vengeances et lui demande de se montrer, de s’élever comme juge de la terre et de rendre la récompense aux orgueilleux. Le «Jusques à quand ?» devient instant et pressant ; la conduite et l’impiété des méchants sont exposées. Les vers. 4-11 s’adressent aux Israélites incrédules touchant la folie de cette conduite. Les versets 12-15 renferment une explication bien instructive des voies de l’Éternel : «Bienheureux l’homme» que Jah châtie et qu’il enseigne par sa loi ! Telle est la position du résidu souffrant, cette position dans laquelle Dieu le met à l’abri des mauvais jours jusqu’à ce que la fosse soit creusée pour le méchant. Sans doute les fidèles (comme les Psaumes nous le montrent) avaient été quelquefois bien près d’oublier cette précieuse vérité (voy. Ps. 73) ; pas toujours cependant (voyez Ps. 27: 5) ; mais la foi ne l’oublie pas, et c’est là le vrai sens des afflictions du résidu, et des nôtres aussi sous les soins de notre Père. Le coeur, au milieu du mal, a affaire avec Dieu, non seulement dans la soumission, mais comme sachant que la coupe qui lui est présentée vient de l’Éternel (de notre Père). Ainsi le trouble et la misère que nous ressentons, lorsque nous rencontrons la volonté de l’homme dans notre volonté, sans qu’il nous reste de ressource, prennent fin; et la volonté (le grand obstacle) étant soumise, Dieu enseigne alors le cœur humble et soumis qui est dans sa vraie position devant lui (*). Pour la foi, c’est d’ailleurs une chose établie que l’Éternel ne rejettera jamais son peuple : mais le jugement retournera à la justice et tous ceux qui sont droits de coeur le suivront. C’est là le grand principe, le principe essentiel et capital du changement qui s’effectue dans le temps dont parle notre Psaume. Le jugement, longtemps séparé de la justice, revient désormais à elle. Le jugement se trouvait en Pilate, la justice en Christ. Là l’opposition de ces deux choses était complète ; — partout ailleurs elle l’est plus ou moins. Souffrir pour la justice, — or la justice divine établie dans les cieux est certainement la meilleure part — c’est la part de Christ, comme homme, maintenant glorifié ; mais ce n’est point là le maintien de la justice sur la terre. Cette justice sur la terre doit être maintenue d’une manière effective ; mais où trouver celui qui la fera triompher ? Qui se chargera de la cause des fidèles, ou se lèvera pour le résidu, contre les puissants ouvriers d’iniquité ? Si l’Éternel ne s’était levé pour eux, leurs âmes eussent été bientôt logées dans le lieu du silence. Il est à peine besoin de faire remarquer combien tout cela est vrai de Christ, à l’égard des hommes, combien il entre pleinement dans toute la position qui nous est présentée ici. Même lorsque le résidu avait peur de glisser, la bonté de l’Éternel l’a soutenu ; et sous le poids accablant des pensées, où se trouve toute la puissance du mal, les consolations de l’Éternel ont fait les délices de son âme. Le verset 20 nous présente une demande très remarquable : le trône d’iniquité et celui de l’Éternel sont-ils prêts à s’unir ensemble ? Non, sans doute ; alors les jours du trône de l’iniquité sont comptés. La méchanceté est là, elle est maintenant patente. Mais l’Éternel, la retraite des fidèles, le juge des méchants, qui fera venir leur iniquité sur eux-mêmes, les détruira. Comme je l’ai déjà fait observer, ce Psaume nous présente donc, d’une manière remarquable, la revue la plus complète de l’ensemble de la position du résidu et des voies de l’Éternel.

(*) Christ, tout en sentant profondément ce qui était devant Lui, est Précisément le contraste avec cette lutte contre la volonté propre, car il est parfait dans sa soumission (voir Jean 12 et Gethsémané). Pierre aurait résisté, mais Christ a pris la coupe de la main de son Père.

6                    [Psaumes 95 à 100]

Les Ps. 95 à 100 nous montrent très distinctement la marche de l’introduction du Fils unique dans le monde; mais ici, il est toujours vu comme l’Éternel venant du ciel en jugement, et, à la fin, prenant place entre les chérubins et appelant le monde à l’adorer là. Cela met en contraste l’établissement d’Israël dans la bénédiction par le moyen de la puissance, avec son ancienne chute, quand il fut délivré pour la première fois.

7                    [Psaume 95]

Le Ps. 95 appelle Israël à venir devant l’Éternel avec des cris de joie, des louanges et des actions de grâce ; il décrit (vers. 3-5) sa grandeur par-dessus tous les dieux et comme Créateur. Mais l’Éternel est Celui qui a fait Israël, il est aussi son Dieu ; et Israël maintenant peut attendre le repos, même après un si long temps et une si longue chute. Jusqu’à ce que la puissance intervienne pour exercer le jugement, pendant qu’il est dit : «aujourd’hui» (car dans ce grand «demain» Dieu ne supportera plus de mal ni de volonté rebelle), le peuple est invité à ne pas endurcir son coeur, comme autrefois dans le désert, lorsque Dieu jura qu’il n’entrerait point dans son repos. Mais maintenant, après tout, la grâce dit : «Aujourd’hui !» Elle les invite à venir en sa présence à lui, le rocher de leur salut.

8                    [Psaume 96]

Le Ps. 96 appelle toute la terre à entrer dans l’esprit de l’Évangile éternel : tous doivent reconnaître l’Éternel; les dieux des nations ne sont que vanité ! Au Ps. 95, l’invitation était faite comme de compagnie : «Venez, chantons, agenouillons-nous !» Ici, il est dit à ceux qui sont loin : «Chantez à l’Éternel... racontez parmi les nations sa gloire». L’Éternel est le Créateur ; et son excellence est alors déclarée, mais c’est dans ses parvis, en Israël sur la terre, qu’il est connu. Les nations sont de nouveau invitées à le reconnaître là, à l’adorer conformément à l’ordre établi dans sa maison sur la terre, car l’Éternel règne, le monde est affermi ; Il exercera le jugement sur les peuples avec droiture. Cela introduit l’invitation à tout le monde créé de se réjouir dans un choeur de louanges devant l’Éternel, car il vient pour juger la terre en justice et selon sa fidélité.

9                    [Psaume 97]

Le Ps. 97 célèbre la venue même de Christ. L’Éternel a pris à lui sa grande puissance et son règne : la terre et la multitude des îles sont appelées à se réjouir. Les nuées et l’obscurité sont autour de lui, car ce n’est pas de la révélation de lui-même qu’il s’agit, mais de celle de ses jugements en puissance. La justice et le jugement caractérisent toujours son trône : le feu du jugement marche devant lui et consume tous ses adversaires. L’Éternel, le Seigneur de toute le terre, sort de son lieu. Les cieux (car sur la terre il n’y a personne pour le faire) déclarent sa justice avec puissance, et tous les peuples voient sa gloire. Ensuite l’effet du jugement est déclaré : le culte des idoles est couvert de confusion devant l’Éternel, et tous les pouvoirs, toutes les autorités, depuis les anges et au-dessous, doivent désormais le reconnaître. Mais un autre fait se produit, qui est la joie et la délivrance pour Sion : C’est le jugement du mal qui est sa délivrance, car il est la glorieuse exaltation de l’Éternel son Dieu (*). Les versets 10-12 signalent les objets bénis de la délivrance, savoir le résidu fidèle. La lumière est semée pour le juste et la joie pour ceux qui sont droits de coeur. Le Psaume tout entier est un exposé fort complet du caractère de la venue du Seigneur sur la terre.

(*) En Ésaïe 30:32, où le bâton ordonné, qui est la verge décrétée, devait passer, ce devait être avec des tambourins et des harpes.

10               [Psaume 98]

Dans le Ps. 98, Israël sur la terre célèbre le résultat de cette intervention personnelle. L’Éternel a fait connaître son salut et s’est souvenu de sa bonté et de sa fidélité envers la maison d’Israël. Tout le pays (ou toute la terre) est invité à célébrer l’Éternel comme Roi. Ici l’invitation ne s’adresse point aux cieux, comme au Ps. 96 : les cieux sont déjà remplis de sa gloire, et les anges ont été appelés à adorer ; mais la mer, avec tout ce qui la remplit, le monde et ceux qui y habitent, doivent faire éclater leur joie au-devant de l’Éternel qui vient pour juger la terre et tout le monde habitable.

11               [Psaume 99]

Le Ps. 99, quoique d’un caractère très simple, renferme quelques principes importants. L’Éternel règne maintenant, non pas seulement en rendant manifeste la puissance céleste, mais en établissant cette puissance comme Roi sur la terre. Maintenant il est assis, comme jadis, entre les chérubins, en Israël. Il est grand en Sion et haut élevé par-dessus tous les peuples. Je pense que ce mot peuples («Ammim»), traduit généralement par «peuple», ce qui le confond avec Israël, est employé, non pas comme «Goïm» (98: 2 et souvent ailleurs), en opposition avec Israël et la connaissance de l’Éternel, mais pour désigner les nations qui ne sont pas Israël, en tant que mises en relation avec Israël et par là avec l’Éternel lui-même. Israël est appelé «Goï» (43) quand il est jugé et rejeté. En outre le Roi (le Messie, mais toujours l’Éternel), aime la justice et établit la droiture, exerçant le jugement et la justice en Jacob. Ainsi l’Éternel, le Dieu de Jacob, devait être exalté et cela dans Jérusalem.

Mais voici un autre principe touchant et important. Israël avait entièrement failli ; il avait repoussé l’Éternel, rejeté le Messie, et avait été jugé et chassé. Mais Dieu n’avait jamais abandonné sa fidélité et sa grâce. Aussi l’Esprit revient-il ici en arrière pour reconnaître les saints de l’ancienne alliance qui, par grâce, avaient été fidèles. Le résidu a toujours été reconnu ; en un sens nous sommes tous encore enfants de Jérusalem, la délaissée, et nous attendons, sous la discipline et le gouvernement, qui sont pour nous ceux d’un Père. Moïse et Aaron parmi ses sacrificateurs, Samuel parmi ceux qui invoquaient son nom, les vrais prophètes sans office, quelle que fût leur mesure, tous ont crié à l’Éternel et il leur a répondu. Il y avait entre eux et lui la relation de la foi : l’Éternel leur répondait, mais il gouvernait son peuple, tirant vengeance de leurs actes. Il en sera de même à la fin : quiconque invoquera le nom du Seigneur sera sauvé, mais certainement les actes de ceux qui l’invoqueront seront punis. Ce sont là les deux pivots de toutes les voies de Dieu : d’un côté la grâce et des oreilles de compassion attentives au cri des débonnaires et des affligés ; de l’autre, un gouvernement saint et vrai. Il en est de même pour nous ; seulement nous sommes sous le gouvernement du Père (quoiqu’il soit toujours le gouvernement du Dieu saint), mais après le salut et l’adoption. L’Israël régénéré est ainsi identifié avec l’Israël fidèle de jadis. L’enfant de Ruth et de Booz est un fils né à Naomi. On ne connaît plus Mara.

12               [Psaume 100]

Le Ps. 100 est une invitation universelle à adorer l’Éternel avec allégresse et louange. L’Éternel est bon. Le vers. 5 présente en principe la grande vérité si souvent posée comme fondement de l’espérance d’Israël : «Sa bonté demeure à toujours», vérité qui leur donnait aussi lieu de dire : «Jusques à quand ?» L’expression : «Toute la terre» du verset 1, désigne tout le pays d’Israël ; le droit que réclame le peuple d’Israël d’être le peuple de l’Éternel et le troupeau de sa pâture, semble s’étendre à la terre entière ; cependant, j’incline beaucoup à penser qu’il est question simplement de «tout le pays d’Israël». Ce Psaume termine la remarquable série de ceux qui décrivent la venue de l’Éternel (Christ) pour établir la justice et le jugement sur la terre, et son trône en Israël.

13               [Psaume 101]

Le Ps. 101 pose les principes d’après lesquels le roi gouvernera sa maison et le pays quand il prendra le royaume au nom de l’Éternel.

14               [Psaume 102]

Le Ps. 102 est un des plus remarquables, peut-être le plus remarquable de tous les Psaumes ; il présente Christ d’une manière divinement admirable. Le vers. 10 fait voir quelle a été l’occasion du cri par lequel le Psaume commence. Christ est complètement envisagé comme homme, élu d’entre le peuple et exalté pour être le Messie; et maintenant, au lieu de prendre le royaume, il est rejeté et chassé (*). Le temps auquel nous sommes reportés, est celui de l’approche immédiate de la croix; mais il fut, nous le savons, anticipé, peut-être souvent, en pensée, par le Seigneur, comme Jean 12 nous en fournit un exemple. Christ regarde à l’Éternel, qui avait jeté par terre Celui qu’il avait appelé à la position de Messie, mais qui rencontre maintenant l’indignation et la colère. Ici, il n’envisage pas ses souffrances comme lui venant de la part de l’homme. Elles venaient de sa part, sans doute, et il le sentit ; mais les hommes ne sont pas devant lui dans ce jugement ; ce n’est pas non plus de son oeuvre expiatoire qu’il est question, quoique nous trouvions ici ce qui l’opérait, l’indignation et la colère qui ont eu leur plein effet à la croix : il s’agit de Christ lui-même, de son retranchement comme homme. Il est dans la détresse, son coeur est frappé, semblable au pélican du désert et au hibou des lieux désolés ; ses jours sont comme une ombre qui s’allonge ; il est sec comme l’herbe. Tel était le Messie à qui appartenaient toutes les promesses. Mais l’Éternel demeurait éternellement ; ses promesses étaient certaines. Il se lèverait et aurait compassion de Sion ; le temps assigné était venu. Toute la scène, depuis Christ sur la terre jusqu’au résidu des derniers jours, est une scène seule et unique. Lorsque Sion sera restaurée, les nations craindront le nom de l’Éternel. Quand l’Éternel bâtira Sion, il paraîtra dans sa gloire. Il aura égard à la prière du désolé et exaucera le pauvre résidu, afin qu’on annonce son nom en Sion et sa louange dans Jérusalem, alors que les peuples seront rassemblés et les royaumes, pour servir l’Éternel. Mais où était alors le Messie ? Sa force avait été abattue dans le chemin ; ses jours avaient été abrégés. Il avait crié à celui qui pouvait le délivrer, le sauver de la mort. Sion devait-elle être restaurée et pas le Messie ? Devait-il, lui, rester abattu et retranché ? Vient alors l’admirable et glorieuse réponse : il est lui-même le Créateur des cieux et de la terre; il est toujours le même ; ses années ne défaudront pas, lorsque l’univers créé sera changé comme un habit. Les enfants de ses serviteurs continueront d’habiter près de lui et leur semence sera établie devant lui. Le Christ, Jésus, le méprisé et le rejeté, est l’Éternel le Créateur. Le Jéhovah dont nous avons appris qu’il doit venir, est le Christ qui est venu. L’Ancien des jours vient : c’est Christ qui l’est, tout en étant Fils de l’homme. Ce contraste entre l’extrême humiliation et l’isolement de Christ, et sa nature divine, est d’une puissance incomparable. Mais il faut nous rappeler que nous avons ici le sentiment personnel de la réjection de Christ, en rapport avec le résidu, et non le fait de porter dans son âme le jugement du péché, pour les hommes. Considérez la différence des résultats au Psaume 22, bien que cette oeuvre parfaite fût nécessaire aussi pour la «nation» qui sans elle n’aurait pu être délivrée.

(*) Remarquez qu’il n’y a pas ici l’introduction de «moi» en rapport avec l’indignation et la colère, comme au Ps. 22, bien que Christ réalise la chose en esprit ; mais, personnellement, il est élevé et jeté en bas. C’est une clef qui aide beaucoup à comprendre les Psaumes.

15               [Psaumes 103 à 106]

Les Ps. 103 à 106 nous présentent, en même temps que l’alliance, les résultats en grâce et en responsabilité de l’histoire d’Israël.

16               [Psaumes 103 et 104]

Le Ps. 103 nous fait entendre la voix du Messie en Israël, célébrant les louanges de Dieu selon ses voies envers ce peuple. Le Ps. 104 nous donne le chant de louange du Messie dans la création. Le Ps. 105 décrit les voies de Dieu en grâce envers Israël, depuis Abraham jusqu’au moment où Dieu donna à son peuple le pays dont il doit maintenant jouir en paix. Au Ps. 106, les voies d’Israël, depuis le commencement jusqu’à la fin, sont confessées, mais la bonté de l’Éternel est reconnue, et les fidèles s’attendent à elle, car elle demeure à toujours. La grâce et la faveur sont le seul fondement sur lequel puisse être édifiée l’espérance qui mène à l’obéissance. Cette pensée termine le livre.

Les Ps. 103 et 104 exigent quelques observations. Sans doute, c’est l’Esprit de Christ qui conduit les louanges que nous y trouvons, car sa louange commencera par l’Éternel dans la grande congrégation ; mais c’est au nom d’Israël que le Psaume s’énonce. Israël possède le pardon et la miséricorde par les tendres compassions de l’Éternel. Pour ce qui est de l’homme, ses jours sont comme l’herbe ; le peuple aussi a été comme l’herbe et desséché (És. 40), mais la bonté de l’Éternel est de tout temps et à toujours sur ceux qui le craignent, sur ceux qui lui obéissent. Ainsi tout est attribué à la grâce, — en même temps qu’à la fidélité — selon la nature même et le nom de l’Éternel; mais c’est pour ceux qui obéissent, pour le résidu fidèle. Maintenant l’Éternel les reconnaît avec amour et de tendres compassions ; tous leurs péchés sont entièrement éloignés d’eux ; le trône de l’Éternel est préparé dans les cieux : seul moyen d’assurer la bénédiction ! Maintenant son royaume a domination sur tout. Il ne s’agit pas seulement des droits de l’Éternel, mais son règne est établi de fait. Ce Psaume est le chant de louange d’Israël à la suite de l’intervention de l’Éternel, dont ont parlé les Psaumes précédents. Matt. 9: 1-6 signale Jésus comme l’Éternel qui maintenant, à la fin, guérit tout Israël, selon le verset 3 de notre Psaume. Plus nous apprenons à connaître à fond l’Écriture, plus la vérité que, tout en étant Fils de l’homme, Christ est le Jéhovah de l’Ancien Testament, apparaît claire et nette.

17               [Psaume 104]

Le Ps. 104, qui célèbre l’Éternel comme Créateur, exige fort peu de remarques. Il s’occupe presque exclusivement de la terre. L’Éternel y est présenté comme revêtu de la gloire des cieux, décrite ici en un magnifique langage ; mais c’est la terre qui est le sujet du Psaume. Elle est envisagée comme existant pour être la demeure de l’homme, ainsi qu’elle l’est effectivement, mais sous la dépendance absolue de la volonté souveraine de l’Éternel. Ce n’est pas la terre que l’on célèbre, mais son Créateur ; ce n’est pas le paradis, mais la terre, telle que nous la voyons entre les mains de l’homme. Seulement, le Psaume envisage les pécheurs comme consumés de dessus la terre, de sorte qu’il n’y a plus de méchants : ce trait donne à notre Psaume un caractère particulier et le rattache à l’introduction du Premier-né dans le monde.

18               [Psaume 105]

Le Ps. 105 offre des actions de grâces à l’Éternel et invite la postérité d’Abraham et de Jacob à se souvenir de lui et à se glorifier en son nom. Les vers. 7 à 9 nous en donnent les motifs. Il est l’Éternel leur Dieu ; ses jugements sont dans toute la terre, et il s’est souvenu de son alliance à toujours. Cette alliance devait être une alliance éternelle : elle était ordonnée pour mille générations ; maintenant il s’en est souvenu. Vient alors le récit de la manière dont Dieu avait pris soin des pères et avait jugé l’Égypte pour la délivrance de son peuple ; en dépit de la servitude, aucun n’avait chancelé parmi ses tribus. «Il se souvint de sa parole sainte, et d’Abraham son serviteur (*), et il fit sortir son peuple avec joie, ses élus avec chant de triomphe. Et il leur donna les pays des nations,... afin qu’ils gardassent ses statuts et qu’ils observassent ses lois». Quant à toutes leurs chutes subséquentes, il n’en est fait mention en aucune manière ; car maintenant Dieu s’est souvenu de nouveau de son alliance avec Abraham (vers. 8), et il a délivré son peuple par des jugements, car c’est l’accomplissement de la promesse; et «les dons et l’appel de Dieu sont sans repentance». Le Psaume suivant nous dira les voies d’Israël, mais seulement afin de faire ressortir la miséricorde de Dieu et sa bonté qui ne faillit jamais ; car tel est le thème précieux de ce Psaume.

(*) S’en référer aux promesses inconditionnelles faites à Abraham, ou à celles de Moïse dont l’accomplissement dépendait de la fidélité du peuple, est une chose bien différente et marque le caractère de la foi qui fait appel aux unes ou aux autres dans les temps où le peuple invoque la miséricorde.

19               [Psaume 106]

Ps. 106. «Alléluia ! célébrez l’Éternel, car il est bon ; car sa bonté demeure à toujours». Nous avons retrouvé souvent cette expression de la bonté inépuisable et fidèle de l’Éternel qui fait la sûreté d’Israël. Le Psaume décrit ensuite le caractère de ceux qui sont bienheureux, et demande, comme par la bouche d’un fidèle Israélite de la fin, que l’Éternel se souvienne de lui selon sa faveur envers son peuple, avec le désir de voir le bien de ses élus, de se réjouir dans la joie de sa nation et de se glorifier avec son héritage. C’est l’expression d’une piété vraie qui se met à confesser la culpabilité du peuple. Elle ne dit pas : ils ont péché, bien qu’elle le reconnaisse, comme manifestant la bonté de l’Éternel qui demeure ; mais : nous avons péché avec nos pères. C’est le langage de la piété pratique, faisant l’expérience, par sa propre confession, de la permanence de la miséricorde. Le Psaume parcourt alors toute l’histoire d’Israël à ce point de vue et montre à la fin que, malgré tout, l’Éternel se souvenant de son alliance, a considéré l’affliction d’Israël et a fait que les nations qui l’avaient emmené captif ont eu compassion de lui. Car c’est la miséricorde que les fidèles contemplent maintenant, afin de pouvoir triompher dans la louange de l’Éternel. Cela termine le livre quatrième.

 

On remarquera que, de même que le troisième livre, le quatrième parle de tout Israël, et que, tout en faisant ressortir le contraste remarquable entre l’humiliation de Christ et sa divinité éternelle, ce livre n’entre pas d’une manière particulière dans les circonstances des Juifs, ni dans l’association de Christ avec eux, quoique son Esprit soit dans tout ce que nous y trouvons. Dans le Ps. 94, l’antichrist nous est présenté, mais en vue de sa destruction par l’arrivée du Messie, le Roi, venant comme l’Éternel, le Juge.