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ÉTUDES SUR LA PAROLE :

 

 

LES PSAUMES

 

par J.N.Darby

LIVRE 1

 

[Les sous-titres et les textes en italique rouge, entre crochets, sont des ajouts de Bibliquest, principalement des références permettant de faciliter la lecture et la compréhension]

 

Table des matières :

1     [Introduction]

2     [Psaume 1]

3     [Psaume 2]

4     [Psaume 3]

5     [Psaume 4]

6     [Psaume 5]

7     [Psaume 6]

8     [Psaume 7]

9     [Psaume 8]

10      [Psaumes 9 et 10]

11      [Psaume 9]

12      [Psaume 10]

13      [Psaume 11]

14      [Psaume 12]

15      [Psaume 13]

16      [Psaume 14]

17      [Psaume 15]

18      [Psaume 16]

19      [Psaume 17]

20      [Psaume 18]

21      [Psaume 19]

22      [Psaume 20]

23      [Psaume 21]

24      [Psaume 22]

25      [Psaumes 23 et 24]

26      [Psaume 23]

27      [Psaume 24]

28      [Psaume 25]

29      [Psaume 26]

30      [Psaume 27]

31      [Psaume 28]

32      [Psaume 29]

33      [Psaume 30]

34      [Psaume 31]

35      [Psaume 32]

36      [Psaume 33]

37      [Psaume 34]

38      [Psaume 35]

39      [Psaume 36]

40      [Psaume 37]

41      [Psaumes 38 et 39]

42      [Psaume 38]

43      [Psaume 39]

44      [Psaume 40]

45      [Psaume 41]

 

 

 

1                    [Introduction]

Nous avons à nous occuper maintenant de l’ordre du premier livre et du contenu de chacun des Psaumes qui le composent. Ce premier livre, par l’aperçu général et caractéristique qu’il nous donne des sujets qui sont traités dans les Psaumes, est peut-être de tous le plus complet et le plus intéressant ; les autres livres s’occupent davantage des détails qui servent à mettre en relief l’idée générale qui a été donnée dans le premier. En général on peut remarquer que dans ce premier livre, et plus ou moins dans les autres, il arrive souvent que quelque grande vérité ou quelque fait historique important relatifs à Christ, au résidu ou à tous les deux à la fois, sont mis en avant, et qu’ensuite vient une série de Psaumes exprimant les pensées et les sentiments du résidu en rapport avec cette vérité ou ce fait.

Conformément à ce principe, nous diviserons le premier livre en plusieurs parties distinctes. Les huit premiers Psaumes forment un tout, qui sert d’introduction à l’ensemble des Psaumes, les deux premiers posent la base de ce qui est enseigné ou exprimé dans les Ps. 3 à 7, tandis que le Ps. 8 se présente comme une conclusion.

Après cette première division, nous trouvons les Ps. 9 et 10 qui forment la base des Psaumes suivants jusqu’à la fin du Ps. 15: cette seconde série ne s’occupe pas tant des grands principes fondamentaux de l’histoire d’Israël aux derniers jours, que de la condition historique du résidu à cette époque. Les Ps. 11 à 15 développent les pensées et les divers sentiments auxquels donnent naissance cette condition du résidu fidèle et les circonstances au milieu desquelles ce résidu se trouve placé.

Une troisième série, comprenant les Ps. 16 à 24, nous montre le Messie entrant formellement dans les circonstances du résidu pieux, les témoignages de Dieu, les souffrances du Messie et la manifestation finale de sa gloire, lorsqu’il est reconnu comme Jéhovah, à son retour. On y trouve également le résidu (Ps. 17: 20 et 23) ; mais le sujet principal de toute cette série, avec la seule exception du Ps. 19, qui nous présente le témoignage de la création et de la loi, c’est le Messie.

Une quatrième série, formée des Ps. 25 à 39, nous expose les divers sentiments du résidu au milieu de ces circonstances. Puis le livre se termine et se complète, dans les Psaumes 40 et 41 par la présentation des motifs supérieurs de l’intervention du Messie, puisés dans les conseils et les desseins de Dieu, — de la position qu’il a prise dans l’humiliation, comme affligé et pauvre, et de la bénédiction qui en résulte pour celui qui, avec une intelligence divine, a su discerner la nécessité de cette humiliation dans laquelle Christ est entré, en communion avec le résidu juste qu’il associait à Lui-même. C’est ce dernier aspect de la vérité que les Psaumes sont particulièrement destinés à mettre en évidence.

 

S’il est extrêmement important que certains Psaumes nous présentent la personne du Messie lui-même, il ne l’est pas moins que nous apprenions à connaître les traits moraux qui forment la beauté et l’excellence de son caractère devant Dieu et qui attirent sur lui les bénédictions que Dieu se plaît à lui prodiguer, afin que, d’un côté, nous puissions en jouir, et que de l’autre, l’indissoluble union morale entre Christ et le résidu soit mise en lumière. Ce rapport moral dont nous parlons et sa manifestation en Christ, nous sont présentés d’une manière bien claire au commencement du discours sur la montagne (Matt. 5) ; le Seigneur déclare bienheureux ceux qui manifestent certains traits ou qualités morales : ces traits caractérisent le résidu, et d’un autre côté, si on les considère attentivement, on verra qu’ils nous présentent le caractère de Christ lui-même.

On comprend ainsi comment il se fait que Christ et le résidu se trouvent si intimement confondus dans un grand nombre de Psaumes, tandis que d’autres, comme nous l’avons déjà fait remarquer, nous présentent le grand fondement de bénédiction en Lui-même, On saisira aussi, de cette manière, la différence qui existe entre l’association de Christ avec le résidu d’Israël et l’union de l’Église avec lui. Celle-ci commence après que la rédemption est accomplie et que Christ est déjà élevé dans la gloire : par l’Esprit envoyé du ciel les saints sont unis à lui dans cette gloire, et leurs expériences comme chrétiens découlent de leur union avec Christ en conséquence d’une rédemption accomplie, et ils se trouvent au milieu de l’opposition du monde, en tant que jouissant déjà de cette rédemption. Avant qu’ils aient éprouvé la puissance de la rédemption, et pour cette raison même, les saints peuvent passer aujourd’hui par des expériences analogues et qui en principe sont les mêmes que celles que nous rencontrons dans les Psaumes, et trouver, par conséquent, une grande consolation dans la lecture de ce livre, mais leur vraie et propre position comme chrétiens est dans leur union avec Christ (*), union bien différente des relations du Seigneur avec le résidu. Les expériences de ces saints du résidu ne seront pas le fruit de leur union (**) avec Christ ; si Christ a parcouru le même chemin qu’eux, — en grâce envers eux — ce n’est pas qu’ils fussent unis à lui, car il a été seul ; mais il a été affligé dans toute leur affliction et dans toute l’oppression dont le monde les accablera jusqu’à la mort. Comme nous l’avons déjà dit, il est entré, en grâce, dans les souffrances résultant pour eux des conséquences pénales du gouvernement de Dieu à leur égard, à cause de l’état dans lequel se trouvait alors Israël. Souffrant sous la main d’Israël incrédule et pervers et sous l’oppression des Gentils, comme devront souffrir en ce jour-là les fidèles du résidu, Christ s’associe ainsi à eux prophétiquement par son Esprit, dans toutes leurs afflictions, et, par la voix de son Esprit en eux, les fait avancer dans le chemin qui les conduit à la découverte de la rédemption.

(*) De là vient aussi que, dans l’épître aux Romains, la Parole nous présente des expériences, parce que l’âme passe au travers du travail intérieur qui l’introduit dans la liberté, tandis que dans l’épître aux Éphésiens nous ne trouvons pas d’expériences, parce que l’homme est considéré, d’abord comme mort dans le péché, et ensuite comme uni à Christ, élevé à la droite de Dieu. L’épître aux Philippiens nous occupe presque exclusivement de l’expérience propre du chrétien.

(**) L’union n’est le propre que de la position de l’Église, elle a lieu par le baptême du Saint Esprit. Par un seul Esprit nous sommes baptisés pour être un seul corps (1 Cor. 12: 13) ; celui qui est uni au Seigneur est un seul Esprit (1 Cor. 6: 17) ; les Écritures rie font pas dépendre l’union de la vie seulement (comp. Jean 14: 20).

Ce qui précède rend le langage et le but des Psaumes clairs et intelligibles. Sur la croix, accomplissant l’oeuvre d’expiation, — fruit de la grâce — Christ dit : «Père, pardonne-leur, car ils ne savent ce qu’ils font» (Luc 23: 34). Le jugement d’Israël était ainsi suspendu, et le Saint Esprit relevant ces paroles par la bouche de Pierre, au chapitre 3 des Actes, engage les Juifs à se repentir afin que Jésus revienne au milieu d’eux, fils des prophètes, peuple en qui les nations devaient être bénies (Actes 3: 17). Celte grâce fut vaine alors ; mais aux derniers jours, tous les fruits de la croix et de cette intercession de Jésus sur la terre, seront accomplis sur la terre, lorsqu’ils se seront repentis et qu’ils auront regardé vers Celui qu’ils ont percé. L’intercession de Christ elle-même et l’accomplissement final de ce qu’il a demandé, sont fondés sur l’expiation accomplie avec Dieu seul, sur cette oeuvre qui a sa source dans la grâce et apportera la grâce ; ils ne sont pas liés à ce que le Sauveur a souffert de la part des hommes, ce qui amènera le jugement sur ses adversaires. Les Psaumes, d’un bout à l’autre, nous présentent ce jugement comme une conséquence de la méchanceté des hommes contre Christ et comme l’objet des voeux du résidu : mais, dans l’Évangile, jamais Christ n’exprime un désir de ce genre ; il prononce de prophétiques malédictions contre ceux qui empêchaient les âmes de venir à lui, mais c’est l’amour pour ces âmes qui est la source de ces paroles et il ne s’y joint aucune demande de jugement. D’un autre côté, on ne trouve nulle part, dans les Psaumes, de passage semblable à ce : «Père, pardonne-leur...» bien que le fruit de la grâce, après la propre délivrance du Christ d’entre les cornes des buffles, y soit développé d’une manière très frappante. L’Évangile était la bonne nouvelle de la visitation du monde et d’Israël, en amour, par le Fils de Dieu. L’incarnation était l’entrée solitaire de Christ dans ce chemin de l’amour envers tous : Dieu était en Christ réconciliant le monde avec lui-même. Rien d’autre, ni rien de plus, n’était ni ne pouvait être alors révélé et développé ; — il s’agissait de ce qu’il était personnellement dans le monde. Mais le résidu du peuple de Dieu devait passer par ces afflictions ; le seul moyen possible de la délivrance des fidèles, était la destruction de leurs ennemis. Nous, chrétiens, du milieu de nos afflictions, nous irons à la rencontre du Seigneur en l’air (1 Thess. 4) ; nous ne nous trouvons pas dans la nécessité de désirer la destruction de nos ennemis pour être délivrés nous-mêmes ; dans l’évangile, nous avons à faire avec la grâce et la gloire, avec un Christ céleste, qui ne passe pas maintenant par les souffrances.

On comprend maintenant pourquoi le résidu d’Israël demande l’exécution du jugement contre ses ennemis ; il n’a pas à faire comme nous avec cette grâce céleste, souveraine et abondante qui nous place «nets» avec Christ en dehors du monde, n’étant pas du monde comme il n’est pas du monde, lui qui a été aimé avant la fondation du monde ; les fidèles du résidu ont affaire avec le gouvernement de ce monde. Sans doute ils sont eux-mêmes des objets de la grâce, de la parfaite grâce, car ils ont rejeté les promesses en Christ qui leur ont été présentées selon la vérité de Dieu (Rom. 15: 8) et ont été renfermés dans l’incrédulité pour être des objets de miséricorde (Rom. 11: 31), mais néanmoins ils sont la nation dans laquelle le gouvernement de ce monde a son centre et à l’égard de laquelle ce gouvernement est manifesté. Ils attendent donc le jugement et la manifestation du juste exercice de ce gouvernement, le retranchement de l’oppresseur et des méchants. Ainsi Christ aussi, qui est entré et entrera en esprit dans leurs afflictions, mais a été retranché lui-même, au lieu de voir ses ennemis retranchés, car il accomplissait une oeuvre plus excellente et plus glorieuse, n’a pas fait alors de demandes pour le monde, mais pour les siens, et a demandé pour eux qu’ils fussent avec lui là où il était. Le chapitre 17 de l’évangile de Jean fait ressortir le contraste formel qu’il y a entre les deux systèmes, contraste que nous désirons mettre ici en lumière. Il ne voulait pas faire descendre le feu du ciel ni exécuter le juste jugement. Le sermon sur la montagne, il est vrai, nous fait comprendre que Christ était «en chemin» avec Israël, comme Jean nous apprend que «le monde ne l’a pas connu». Il n’en est pas moins vrai que la voie du chrétien, c’est de faire le bien, de souffrir pour l’avoir fait et de souffrir patiemment comme Lui. Ainsi donc, en passant par les souffrances, Christ n’a pu être associé que prophétiquement à ces désirs et à ces aspirations du résidu à l’égard du jugement ; ils seront légitimement à leur place, quand le temps du gouvernement public de Dieu dans ce monde et du jugement sera venu. C’est pourquoi, déjà au Psaume 2, nous trouvons le Christ dans cette position ; et ce point de vue se retrouve au travers de tous les Psaumes. Ainsi le résidu, en souffrant et en demandant le jugement, retourne en arrière jusqu’à Celui qui, quoique n’ayant jamais recherché le jugement pour lui-même, a souffert, et qui pour le résidu, recherchera et exécutera le jugement, étant lui-même le centre de ce cercle du gouvernement terrestre de Dieu. L’Esprit prophétique le voit dans les mêmes circonstances que le résidu, et la demande du jugement est exaucée : mais on remarquera que, comme nous l’avons dit, toutes les fois que ceci a lieu, le résidu, c’est-à-dire d’autres personnes, se trouvent associées avec le Seigneur lui-même.

En principe, tout Juif souffrant peut s’exprimer ainsi ; seulement, comme Christ a souffert plus que tous, les expressions que nous rencontrons dans les Psaumes où se trouve la demande de la vengeance, s’élèvent quelquefois jusqu’aux circonstances qui ont été littéralement vraies pour lui, dans ses souffrances sur la terre. Mais le point de départ du sentiment exprimé et de tout ce qui l’accompagne, c’est l’état d’âme d’un Juif pieux, quel qu’il soit, aux derniers jours. — C’est dans cette position que Christ s’est placé mais on ne peut lui faire, à lui-même, l’application directe et exclusive d’un passage, que lorsque le passage dont il est question, soit dans les circonstances qu’il rapporte, soit dans les expressions dont il se sert, en fournit la preuve. Le point de départ moral, c’est toujours le résidu et sa situation. Christ est seulement associé avec lui dans la pensée de l’Esprit prophétique, bien que, quant aux faits, Christ soit descendu dans une plus profonde souffrance qu’aucun des fidèles. De là, l’importance immense qu’il y a de saisir avant tout la position et les pensées qui sont le propre du résidu dans les Psaumes. Christ est seulement associé en grâce à la position du résidu, quoiqu’il doive toujours et partout où il se place, former le centre et occuper la première place. En dehors de cela, il est impossible de comprendre les Psaumes en aucune façon. Toute interprétation qui n’a pas son point de départ dans ce principe ou cette vérité, pèche par la base et ne peut être qu’erronée. Quand nous entrons sur le terrain de la prophétie et de l’ordre gouvernemental de Dieu, même dans le Nouveau Testament, nous retrouvons immédiatement ces mêmes demandes de vengeance dont nous parlons : il s’agit de jugement et non de grâce. Ainsi les âmes qui sont sous l’autel (Apoc. 6: 9, 10) demandent que leur sang soit vengé, et les saints apôtres et prophètes sont invités à se réjouir de la destruction de Babylone (Apoc. 18: 20).

Établissons donc ce principe important, que tout Psaume auquel le résidu pieux peut avoir une part, c’est-à-dire tout Psaume dont la personne de Christ n’est pas le sujet direct (car nous avons vu que certains Psaumes, tels que les Psaumes 2, 102, et d’autres, parlent de Christ personnellement), ne doit pas être, en général, appliqué entièrement et directement à Christ, mais bien à la condition du résidu : c’est de celle-ci qu’il s’occupe, et la manière d’agir de Dieu à l’égard du résidu, par Christ, est souvent présentée comme le grand exemple de ses voies envers l’homme pieux souffrant. C’est pourquoi aussi telle partie d’un Psaume, dans les circonstances auxquelles il se rapporte, peut s’élever jusqu’aux circonstances mêmes que Christ a traversées, montrant ainsi de quelle manière Christ s’est associé aux circonstances des fidèles et alors cette partie du Psaume pourra évidemment en constituer la part la plus importante, mais le principe exposé plus haut, n’en est pas altéré. Il peut se trouver aussi des Psaumes qui introduisent le résidu collatéralement sur la scène comme sujet final de bénédiction, mais dont une partie spéciale peut être évidemment applicable à Christ qui, seul, peut amener cette bénédiction. Le Psaume 22 a un caractère tout particulier en ce que, dans ce Psaume, Christ, en exprimant des souffrances qui, par leur caractère, sinon par leur degré, sont communes à lui et au résidu comme s’y trouvant déjà, passe de ces souffrances-là à une situation dans laquelle il a été absolument seul. On peut même dire que ce Psaume a pour but de faire ressortir ces deux genres de souffrances en les plaçant en contraste l’un avec l’autre. Les justes ont été dans la détresse, le résidu y sera ; les justes ont été délivrés quand ils ont crié à lui, et le résidu, lui aussi, sera délivré ; mais Christ, parfait dans la souffrance la plus profonde et la plus complète, n’a pas été délivré, en sorte qu’il est réellement tout seul ici, bien que, pour mettre en relief le contraste entre ce qu’il souffre ici et ce que d’autres saints ont pu souffrir et ont réellement souffert, il soit fait mention de souffrances qui ne sont pas la part de Christ seul. Nous avons déjà signalé, et il est important de le répéter pour former notre jugement en cette matière, que, dans les Psaumes qui sont l’expression des souffrances de l’homme pieux de la part des hommes, celui qui parle implore toujours la vengeance, tandis que Christ, dans sa vie, comme il nous est présenté dans les évangiles, c’est-à-dire comme la vérité venue personnellement dans le monde, et étant placé seul comme témoin dans le monde, ne fait jamais ainsi. Non seulement Christ n’a pas imploré la vengeance, mais il a fait tout le contraire sur la croix ; et durant sa vie, quand ses disciples lui demandent la vengeance, il la leur défend expressément et leur reproche de ne pas savoir de quel esprit ils sont animés : ce fait nous montre jusqu’à quel point et en quelle manière nous trouvons dans les Psaumes le Christ vivant et historique comme objet direct des paroles de l’auteur inspiré.

Passons maintenant aux détails.

 

Un lecteur attentif reconnaîtra facilement qu’un principe, auquel j’ai fait allusion, ressort clairement de l’ordre des Psaumes du premier livre, savoir que la Parole met en tête des Psaumes types, présentant quelque grand principe ou quelque fait important, et qu’elle fait suivre ensuite ces Psaumes d’une série d’autres, exprimant les pensées, et les sentiments produits par les premiers dans l’âme des fidèles du résidu. C’est ainsi qu’aux Psaumes 1 et 2 succèdent les Psaumes 3 à 7, qui expriment l’état de choses tel qu’il se présentait au Psalmiste en connexion avec les Psaumes 1 et 2, Christ étant rejeté, — et puis le Psaume 8 qui est le résultat (*). Les Psaumes 9 et 10 nous présentent l’ordre des faits des derniers jours ; les Psaumes 11 à 15, les sentiments divers du résidu, qui s’y rattachent. Puis, dans les Psaumes 16 à 24, Christ et tout le témoignage de Dieu, puis Christ sur la croix, c’est-à-dire l’expiation, ayant été placés devant nous, les sentiments qui en découlent sont décrits dans les Psaumes 25 à 39. La première mention des péchés est faite au Psaume 25. Il a bien été question auparavant d’épreuves et de délivrances, mais les péchés ne peuvent pas être confessés, si ce n’est en vue et sur le fondement de l’expiation, lorsque Dieu lui-même est celui qui enseigne ; il en sera de même d’Israël aux derniers jours, historiquement, quoique ce point ne soit pas touché ici.

(*) Le Psaume 8, tout en étant le grand résultat des voies de Dieu, en Christ, présente un changement considérable dans la position de Christ selon les conseils de Dieu, qui forme la base de tout ce qui suit. Cette nouvelle position, comme Fils de l’homme, est mentionnée en Jean 1 en contraste avec la confession de Nathanaël faite selon le Ps. 2. On la trouve en Luc 9: 26 et dans les passages parallèles des autres évangiles. Elle est citée en Éphésiens 1, 1 Cor. 15 et développée en Héb. 2. À la fin de l’évangile de Jean, nous avons aussi les trois caractères sur lesquels ces Psaumes sont fondés, Dieu revendiquant en cela la gloire de son Fils rejeté : Il ressuscite Lazare et le Fils de Dieu en est glorifié. Il fait son entrée à Jérusalem comme roi d’Israël, et, lorsque les Grecs se présentent, Il dit : «L’heure est venue pour que le Fils de l’homme soit glorifié». Mais pour prendre cette place selon le conseil de Dieu, il doit souffrir et mourir. Comme conséquence, au chap. 13, il prend sa position céleste. C’est une autre sphère de gloire qui n’est pas ordinairement envisagée dans les Psaumes, quoique dans notre Psaume 8, il en soit parlé prophétiquement au moment où il y entre. Il y est appelé Fils de l’homme et c’est aussi le titre qu’il aimait prendre quand il était sur la terre.

J’ai déjà fait remarquer que les deux premiers Psaumes forment une sorte d’introduction, base de tout le livre des Psaumes. Ils montrent le caractère moral et la position du résidu, puis les conseils de Dieu à l’égard de Christ, roi en Sion. La loi et Christ sont les deux grandes bases des voies de Dieu envers Israël.

2                    [Psaume 1]

Le Psaume 1 place sous nos yeux le résidu pieux et la bénédiction qui accompagne sa piété, selon le gouvernement de Dieu. Cette bénédiction, sauf pour ce qui touche à la consolation et à la paix du coeur intègre, n’a jamais été accomplie, mais elle est introduite ici de la même manière que la part des débonnaires, lorsque Christ présente le royaume au chapitre 5 de l’évangile de Matthieu : «Ils hériteront de la terre» ; — cependant le royaume n’était pas, et n’a pas encore été établi en puissance (ce qui est le sujet du Psaume 2) (*) ; c’est pourquoi le Seigneur, en Matthieu 5, parle de souffrir pour la justice. Le royaume des cieux est la part de ceux qui font ainsi ; et s’ils souffrent pour son nom, le ciel aussi est introduit, et la récompense sera grande, là, pour eux. Nous trouvons la même chose en 1 Pierre 3: 14 et 4: 14.

(*) Ici, le résidu est envisagé comme étant dans les derniers jours, au moment où le jugement est sur le point de s’exécuter.

Le Psaume 1, toutefois, nous présente simplement le résidu pieux sur la terre ; et je dis «résidu» parce que le sujet du Psaume est caractérisé par la fidélité individuelle : les méchants, les pécheurs, les moqueurs environnent le juste ; la loi est son plaisir ; il est un Juif pieux, se tenant loin des méchants ; il est béni et prospère. Tel est le principe de ce Psaume ; mais pour son accomplissement le jugement de la terre doit intervenir, et dans ce jugement les méchants ne subsisteront pas, ni les pécheurs dans l’assemblée des justes alors délivrés de l’oppression de ceux qui ne se souciaient pas de Dieu. Le Psaume 1 nous donne le caractère général de l’homme pieux, et le résultat de sa piété sous le gouvernement judiciaire de Dieu.

Un autre élément est alors introduit : l’Éternel connaît la voie des justes, mais la voie des méchants périra. D’un côté, il y a un jugement ; de l’autre, une approbation morale avant ce jugement, approbation liée à la relation d’alliance de l’Éternel avec Israël. Nous avons vu que Christ a été, sur la terre, cet homme pieux, et qu’il s’est placé au milieu du résidu fidèle, des «excellents de la terre» selon le Psaume 16 ; il a été parfait dans cette position. C’est en cela que ce Psaume s’applique à Christ, quoique ce ne soit pas encore d’une manière directe. Le sujet propre du Psaume, c’est, je le répète, le caractère de l’homme pieux, et le résultat de sa piété sous le gouvernement de Dieu, de l’Éternel, au milieu de son peuple. Il ne s’agit pas encore de souffrir pour la justice : ceci viendra en son temps ; mais il s’agit du caractère de l’homme pieux en présence des méchants, et du résultat, mesuré par les principes immuables du gouvernement de Dieu. L’Éternel connaît les justes ; — les autres périront certainement.

Le Psaume 1 nous donne donc le caractère moral du résidu, sa position au milieu des méchants, le gouvernement général de Dieu, et le lien entre l’Éternel et le juste. À côté de cela on peut remarquer que le Psaume 1 place le juste et le méchant en présence d’un jugement prochain, par lequel les méchants sont chassés au loin, comme la balle, tandis que les justes constituent une assemblée, ce qui indique bien explicitement qu’il s’agit du résidu dans les derniers jours. Les principes de ce Psaume, le caractère des personnes dont il y est question, et la position de ces personnes sont suffisamment clairs ; ils sont en même temps d’une haute importance, en ce qu’ils forment une des parties essentielles de la base de tout l’édifice des Psaumes, savoir le gouvernement de Dieu et les afflictions du résidu qui sembleraient démentir ce gouvernement, car ce dernier ne trouvera son accomplissement que dans le jugement, après que le mystère de Dieu aura été accompli. Nous sommes placés ici en face d’Israël et du gouvernement de Dieu selon la loi, mais les justes sont distingués des méchants, et la bénédiction n’est pas la part de tout Israël comme tel, mais la part des justes qui formeront l’assemblée quand le jugement sera exécuté. La bénédiction est sur les justes, mais ce sont eux qui formeront le peuple quand les méchants seront chassés au loin comme la balle : c’est exactement la doctrine de la fin d’Ésaïe (voyez És. 48: 22 ; 57: 20 ; 65 ; 66). Seulement, dans ce dernier chapitre, le jugement atteint aussi les nations.

Telles sont les premières vérités que nous rencontrons : un résidu pieux du peuple prenant son plaisir en la loi, puis le jugement de Dieu, manifestant l’assemblée des justes selon le vrai caractère de Jéhovah, et les méchants chassés au loin ; c’est le gouvernement moral de Dieu sur la terre, accompli par le jugement en Israël (*). C’est pourquoi les derniers jours sont clairement en vue.

(*) Plus spécialement sur les Juifs, alors que le tiers est épargné et passe par la tribulation quand les deux tiers sont retranchés (Zacharie 13: 8). Le jugement des dix tribus est une autre chose qui a lieu hors du pays où les rebelles n’entrent pas, selon Ézéchiel 20: 35. Le nom d’Israël, appliqué à la nation, est le terme général en rapport avec la promesse.

3                    [Psaume 2]

Nous avons dit que le Messie, les conseils de Dieu touchant son Oint, constituent le second élément essentiel de la condition d’Israël et du gouvernement de Dieu. Ici, les Gentils sont introduits et forment le sujet principal du Psaume. Comme au Psaume 1, nous nous retrouvons aux derniers jours, alors que les droits de Christ seront revendiqués et établis contre les rois de la terre et tous les opposants; mais Israël est, encore ici, le centre et la sphère de l’accomplissement de ces conseils de Dieu : l’Oint sera roi en Sion. Les adversaires sont les puissants d’entre les nations, le mal, hélas ! s’étendant jusqu’aux chefs d’Israël, qui, comme nous le verrons, «mourront comme un homme, et tomberont comme un des princes»... «une nation sans piété» (Ps. 82: 7 ; 43: 1). Nous en trouvons déjà l’application faite par Pierre en Actes 4: 25-26.

J’ai dit que les conseils de Dieu à l’égard du Messie sont l’élément des voies de Dieu formant le sujet des Psaumes, qui est introduit ici ; mais le Psaume 2 s’ouvre par le soulèvement des nations qui veulent se soustraire à l’autorité de ce Messie et à celle de l’Éternel qui l’a établie ; les Juifs apostats, comme nous l’avons vu, étant engagés dans cette grande lutte contre Dieu. Les nations s’agitent ; les peuples méditent la vanité ; les rois et les princes de la terre veulent rompre les liens de l’Éternel et de son Oint ; mais ce soulèvement ne fait qu’amener la colère et le courroux, contre lesquels toute résistance est vaine. Celui qui est assis dans les cieux se rira d’eux, Adonaï (*) s’en moquera ; en dépit de tous, l’Éternel a oint son Roi sur Sion, la montagne de sa sainteté : tel est le propos assuré de Dieu, accompli par sa puissance. La présomption de l’homme qui résiste ne fait qu’amener sa ruine.

(*) Ici, Adonaï veut dire Seigneur, dans le sens d’un titre exprimant sa suprématie officielle.

Il y a plus encore : Ce roi, qui est-il ? l’Éternel lui a dit : «Tu es mon Fils ; aujourd’hui, je t’ai engendré». Ce Roi, c’est quelqu’un qui étant engendré dans ce qui peut être appelé «aujourd’hui», c’est-à-dire dans le temps, en contraste avec l’éternité, est reconnu Fils par l’Éternel. Il n’est donc pas question ici de la précieuse vérité de la filialité éternelle du Fils avec le Père, bien qu’il ne faille pas l’en séparer (ce qui ne saurait se faire), mais la Parole nous présente Celui qui, étant l’Homme Oint, la «sainte chose» née dans le monde, avec le titre de Fils de Dieu aussi (Luc 1: 35), est reconnu tel par l’Éternel. C’est pourquoi Paul nous dit que cet acte, par lequel Jésus a été suscité (non pas ressuscité), est l’accomplissement de la promesse faite aux pères, citant le Psaume 2 comme confirmation de son dire ;. il rapporte ensuite un autre passage à l’égard de sa résurrection et de son incorruptibilité (voyez Actes 13: 33-35).

Christ donc, né sur la terre, est reconnu Fils de Dieu par l’Éternel, et de vastes conséquences découlent de ce titre. Christ n’a qu’à demander à l’Éternel et les nations lui seront données pour héritage et les bouts de la terre pour possession. Il les gouvernera avec un sceptre de fer et les mettra en pièces comme un vase de potier; avec une puissance irrésistible il dominera en jugement sur toute l’impiété et l’impuissance qui se sont élevées contre son trône. Ce jugement toutefois n’est pas accompli encore, et le Psaume invite les rois et les juges de la terre à se soumettre en reconnaissant le Fils, de peur qu’ils ne périssent si sa colère s’embrase tant soit peu. On peut et on doit se confier en lui, et qui peut réclamer cette confiance, sinon l’Éternel ? Cet appel aux rois de la terre est fondé, il faut le remarquer, sur la revendication du titre de Christ au jugement royal et au pouvoir sur la terre. Mais Christ est-il établi roi sur Sion ? Il a été jeté hors de Sion, pendu au bois, en vue de choses meilleures et d’une gloire plus excellente que celle qu’il avait auprès du Père avant que le monde fût ; toutefois il a été rejeté de Sion à laquelle il s’est présenté comme Roi ; et pour ce qui concerne les nations et l’héritage terrestre, il ne les a pas encore demandés : quand il le fera, «au temps déterminé par le Père», ils lui seront certainement donnés et ses ennemis seront mis pour marchepied de ses pieds. Il déclare lui-même (Jean 17) qu’il n’a pas fait de demande à ce sujet, mais seulement pour ceux qui lui ont été donnés du monde. Les rois de la terre continuent à régner, plusieurs se réclament de son nom, pour être cependant trouvés rebelles quand il prendra en main sa grande puissance, et que les nations s’irriteront, et que sa colère sera venue. Nul sceptre de fer ne les a encore frappées ; — le vase de potier mis en pièces n’est pas leur image maintenant ; le Seigneur ne s’est pas encore réveillé pour les mépriser ; elles règnent par l’autorité de Dieu ; mais il n’y a point de roi en Sion : Christ a été rejeté. Cependant nous savons qu’Il est Adonaï dans les cieux.

 

Nous avons eu devant nous, dans ces deux premiers Psaumes, les grands événements des derniers jours : un résidu Juif attendant le jugement, les méchants étant toujours sur la scène, les nations se mutinant contre l’Éternel et son Oint ; Celui qui est assis dans les cieux se riant de leur vaine rage, l’Éternel établissant Christ roi sur Sion et, à sa demande, lui donnant toutes les nations pour son héritage : la soumission étant imposée à tous par un jugement auquel rien ne peut résister. Point de souffrances dans tout cela, pas même quant au résidu du Ps. 1, mais simplement les conseils et les décrets de Dieu et une puissance à laquelle nul ne peut résister. De fait, les rois de la terre se sont levés et les princes ont consulté ensemble, et, pour ce qui est de la puissance et de la scène terrestre, ont réussi. Christ a été rejeté et n’a pas résisté. Et maintenant, si nous cherchons où est le résidu et quelle est sa condition au milieu de la scène juive de l’histoire de ce monde, nous verrons que les grands principes caractéristiques de sa position nous sont présentés dans les Ps. 3 à 7.

On comprendra maintenant facilement comment les deux premiers Psaumes forment la base de tout le livre, bien que les Psaumes suivants soient l’expression des exercices produits dans l’âme par le non-accomplissement, pour un temps, des conseils révélés dans les deux premiers ; et sous ce rapport on peut dire que l’ordre du livre tout entier ressemble à celui d’un grand nombre des Psaumes eux-mêmes. La thèse est établie dans le premier ou les premiers versets ; puis viennent les circonstances, souvent entièrement contraires, au travers desquelles le fidèle passe, et qui l’amènent à ce qu’exprimait le commencement du Psaume.

Conformément à cette règle, les Ps. 3 à 7 nous présentent en général, et quant au principe, la condition du résidu et les pensées et les sentiments produits dans les fidèles par l’Esprit de Christ, au milieu de l’état de choses qui est la conséquence, en Israël, du rejet personnel du Christ. On ne rencontre pas d’allusion aux circonstances au milieu desquelles les fidèles se trouvent historiquement eux-mêmes, avant les Ps. 9 et 10 ; c’est pourquoi ces cinq Psaumes nous exposent l’opération de l’Esprit de Christ dans les fidèles, produisant les fruits moraux convenables, de manière à nous initier ainsi à la condition du résidu pieux, la sainte semence qui est en Juda, quand tout est en ruine. Les principes caractéristiques de la position de ces fidèles, les divers sentiments qui s’y déploient, sont placés devant nous. Il n’y a pas là cette puissante expression qui s’échappe du coeur sous la pression des circonstances au milieu desquelles il se trouve ; mais chaque phase morale met au jour les sentiments divers que l’Esprit de Christ doit produire en relation avec Dieu.

4                    [Psaume 3]

Le Ps. 3 place, le premier, devant nous, la condition du résidu en général, en contraste avec le Ps. 2, ainsi que l’appui et la confiance de la foi dans cette condition. Les persécuteurs de l’homme pieux sont multipliés ; ils s’élèvent et triomphent sur lui comme si Dieu lui faisait défaut : mais l’Éternel est son bouclier. Il se couche en paix, et, par la foi, il voit ses ennemis frappés et leur puissance renversée. Le salut est de l’Éternel et sa bénédiction est sur son peuple. Ici de nouveau, remarquons-le, nous nous retrouvons aux derniers jours ; l’homme pieux, bien qu’environné par ses ennemis, repose en paix et, prophétiquement, voit leur destruction, et la bénédiction sur Israël. Ce Psaume est l’expression de la confiance en Dieu au milieu d’ennemis multipliés et dans une position sans ressource. Sans doute Christ est entré pleinement dans cette position, mais le Psaume nous reporte aux derniers jours, après qu’a été établie la preuve du non-accomplissement du Ps. 2, lors de la première présentation de Christ comme Messie à Israël.

5                    [Psaume 4]

Le Ps. 4 diffère, sous ce rapport, du Ps. 3 ; comme d’autres que nous rencontrerons plus tard, il n’est pas seulement l’expression de la confiance en Dieu, mais il demande aussi la justice contre les fils des hommes qui diffament toute la gloire qui appartient au peuple de l’Éternel et particulièrement à son Roi ; mais Dieu a choisi l’homme pieux, et la lumière de la face de l’Éternel est sa ressource. Le Ps. 3: 4 et le Ps. 4: 1, font tous deux mention de la grâce de l’Éternel comme étant connue par expérience.

6                    [Psaume 5]

Le Ps. 5 nous présente la requête de l’homme pieux ; il fait appel au caractère de Dieu, comme correspondant nécessairement à celui du juste et comme exigeant qu’il l’écoute et juge le méchant. Si le juste aime la piété, assurément l’Éternel l’aime aussi ; si le juste hait la méchanceté, assurément l’Éternel la hait. Celui que le fidèle invoque dans ce Psaume, répond à ce qu’est le «Père juste» dans la bouche du Seigneur, au chap. 17 de l’évangile de Jean, avec cette différence seulement que, là, la réponse a été le ciel ; — ici, la terre ; — conséquence nécessaire de la différence de position de Christ sur la terre et du résidu.

7                    [Psaume 6]

Au Ps. 6, le résidu se place sur un autre terrain. Les fidèles sont opprimés, leur âme est troublée, la grandeur de leur détresse et l’absence d’une conscience purifiée, font naître dans leur esprit accablé la crainte que l’Éternel ne se tourne contre eux dans sa colère, et ils demandent que celui-ci ne les reprenne point en sa colère et ne les châtie point en sa fureur, qu’ils ont bien méritées comme nation, mais au sujet desquelles le coeur des rachetés implore la miséricorde. Ils s’attendent à être délivrés par miséricorde et à être sauvés de la mort, et invitent le méchant à se retirer, car l’Éternel a entendu leur cri.

8                    [Psaume 7]

Ls Ps. 7 est un appel à l’Éternel, fondé sur la juste et plus que juste conduite du fidèle envers ses ennemis, afin que l’Éternel se lève et se réveille pour le jugement qu’il a ordonné, et qu’ainsi, par la délivrance du résidu au moyen du jugement, l’assemblée des diverses nations de la terre l’environne (vers. 6, 7). Alors l’Éternel jugera les peuples ; cela introduit distinctement le jugement à venir. Mais nous trouvons ici une autre vérité : le Seigneur juge l’homme juste ; si un homme ne retourne pas en arrière, mais va en avant dans sa méchanceté, Sa colère le suivra.

Dans tout ceci nous voyons l’Esprit de Christ s’associant au résidu juif, et, sous certains rapports, nous entrevoyons Christ lui-même, comme passant au travers des circonstances qui l’ont mis à même de prendre part à celles du résidu avec vérité, car nous avons vu que l’effet sur sa propre âme n’a jamais été ce que cet effet est dans le résidu. Il ne s’agit pas de l’histoire de Christ, mais de ses sympathies pour les fidèles du résidu; et sous ce rapport, nous pouvons reconnaître deux principes qui lient ensemble Christ et le résidu aux derniers jours : en premier lieu, Christ introduit les fidèles, en grâce, dans sa propre position sur la terre, et, en second lieu, il s’associe à leur position à eux. C’est ce que nous montre Matthieu 17: 24-27 où il associe les siens à sa position, sans doute par anticipation, seulement il leur révélait déjà le nom du Père. Quant à la nature et aux principes de leur vie, les justes ont moralement les sentiments produits par l’Esprit de Christ : leurs cris et leurs supplications sont l’expression de ce fait. Dieu reconnaît les droits des justes, bien qu’ils n’en aient pas eux-mêmes clairement l’intelligence, et il leur en fournit l’expression dans les Psaumes. C’est à la fois un besoin et un désir, que la vie qui est en eux légitime, devant le coeur de Celui qui peut tenir compte du fondement que Christ a posé pour la bénédiction : il est donc juste dans son support, quoique la justice, quant aux Juifs, ne soit pas encore manifestée. La connaissance qu’a le résidu de ce qu’est l’Éternel — de ce qu’il a toujours été — pour ce qui concerne l’intégrité et l’oppression, lui donne d’attendre une délivrance qui semble impossible (*).

(*) Les versets 22-24 du chap. 9 du Lévitique nous présentent cette vérité d’une manière frappante. L’acceptation par Dieu du sacrifice n’était pas manifestée avant que Moïse et Aaron — Christ comme sacrificateur et roi, — fussent sortis du tabernacle, après y être entrés (vers. 23). Ensuite le peuple adore ; mais Aaron bénissait auparavant d’auprès de l’offrande (vers. 22). Nous savons par l’Esprit, descendu du ciel, que l’offrande a été acceptée, tandis que le sacrificateur est encore au-dedans du voile ; et par lui, nous connaissons la pleine et entière valeur de la justice divine.

Nous trouvons ici (Ps. 4: 2 ; 6: 3 et ailleurs) une expression qu’il faut remarquer : «Jusques à quand ?» Ce cri est l’expression de l’attente de la foi : Dieu ne peut pas rejeter son peuple à toujours ; — jusques à quand agira-t-il envers eux comme il l’a fait et ne tiendra-t-il aucun compte de l’oppression ? C’est pourquoi il est dit quelque part : «Il n’y a personne... qui sache jusques à quand» (Ps. 74: 9).

 

Les Psaumes dont nous venons de parler, en les considérant comme un seul tout, sont donc une exposition générale de l’état du résidu des Juifs devant Dieu aux derniers jours, et des principes selon lesquels les fidèles sont reconnus comme étant intègres : jusqu’ici nous n’avons pas encore trouvé la puissante effusion des sentiments des fidèles sous le poids de l’affliction. Christ est-il donc loin d’eux tous ? Certainement non ; autrement nous n’aurions pas les Psaumes. Christ entre par ses sympathies dans leur condition, il forme la foi de leurs coeurs dans cet état par son Esprit, et entre ainsi pleinement et de la manière la plus touchante dans leur condition d’abaissement. Ces Psaumes ne sont pas l’expression (*) de ses propres sentiments lorsqu’il était sur la terre, bien que (précieuse vérité !) il ait appris par ses propres souffrances dans des circonstances semblables, à soutenir par une parole celui qui est las et accablé (comp. És. 50).

(*) Je n’ai pas la pensée que ce ne soit le cas d’aucun des Psaumes: nous savons au contraire que plusieurs d’entre eux, et notamment le Psaume 22, nous fournissent l’expression de ses sentiments personnels, et que, d’un autre côté, il ne serait pas exact d’affirmer qu’on ne trouve dans les Psaumes qui ne s’appliquent pas directement à Lui, aucune parole qui exprime ses sentiments. J’aurai l’occasion d’en citer plusieurs exemples dans le cours de notre étude, et j’ai déjà établi le principe de leur application : mais ici je parle des Psaumes qui nous occupent dans ce moment, savoir des Ps. 3 à 7.

9                    [Psaume 8]

Nous sommes arrivés maintenant au Ps. 8, qui clôt l’exposition de la condition du résidu et des conseils de Dieu concernant l’Oint de l’Éternel, rejeté. Ce qui est dit ici, l’est encore par la bouche du résidu, considéré comme délivré. «Éternel, notre Seigneur !» C’est en vain que les nations se sont élevées contre toi ! «Que ton nom est magnifique par toute la terre ; tu as mis ta majesté au-dessus des cieux !» Il ne s’agit pas ici du Roi en Sion, — bien que, certainement, il régnera comme tel ; — mais d’une gloire qui est établie au-dessus des cieux. Ce n’est pas seulement le peuple du grand Roi, qui est ainsi béni ; mais nous avons devant nous la gloire du nom de l’Éternel, le Seigneur d’Israël, en quelque lieu qu’habitent les enfants des hommes ; non pas comme s’il était question, dans ce Psaume, de l’établissement de Christ sur la sainte montagne de Sion ; mais la Parole nous présente ici cette gloire en relation avec l’élévation du Fils de l’homme, non seulement au-dessus des fils des hommes, mais au-dessus de toutes les oeuvres de ses mains dans tous les lieux de sa domination, sans qu’aucune soit exceptée.

Et qui est ce Fils de l’homme ? Il a été fait un peu moindre que les anges, à cause de la passion de la mort, couronné maintenant de gloire et d’honneur, et établi (l’épître aux Hébreux nous montre que ceci n’est pas encore accompli) sur toutes les oeuvres des mains de Dieu (*). Il n’a pas pu être rejeté comme Christ (lors même que ce titre doive être aussi réalisé plus tard en lui, par Celui qui, du haut des cieux, se rit de la rage impuissante des rois de la terre) sans que les conseils de Dieu lui eussent préparé une position encore plus glorieuse, savoir d’être couronné de gloire dans les cieux et établi dominateur sur toutes choses. Les titres de Fils de Dieu et de Fils de David, Roi en Sion, sont ses titres sur la terre (comparez Jean 1: 49-51) ; mais sa première réjection comme tel, lui ouvre cette gloire plus étendue qu’il a également justement acquise, — ce qui appartient au Fils de l’homme selon les conseils de Dieu. C’est pour ce motif que nous voyons le Seigneur défendre à ses disciples de dire plus longtemps qu’il fût le Christ (Matt. 16: 20, 21 ; 17: 12 ; Luc 9: 20-22), car il était alors virtuellement rejeté par Israël, parce que le Fils de l’homme devait souffrir et être rejeté, livré aux nations, mourir et ressusciter. Sans doute, il y avait la grâce envers Israël, — mais c’était la grâce envers l’homme, envers l’homme en Christ: — et le Seigneur d’Israël, l’Éternel, avait ainsi un nom magnifique par toute la terre.

(*) La petitesse de l’homme, comparée à la grandeur de la création dans les cieux, donne occasion à la révélation des conseils de Dieu dans l’homme.

Ce résultat glorieux de la fin de notre Psaume est proclamé par la bouche du résidu, bien que ce résultat soit amené par une gloire bien plus excellente et soit dépendant d’elle. En présence de la fureur et de la méchanceté de ses ennemis, et pour confondre les oppresseurs et les infatigables et impitoyables persécuteurs de ses saints et de son peuple, Dieu a choisi ce qu’il y a de plus faible sur la terre pour en tirer sa parfaite louange. La réception du Christ, entrant à Jérusalem sur le poulain d’une ânesse, nous en présente comme une image anticipée, mais le plein accomplissement est pour les derniers jours. Christ avait reçu témoignage comme Fils de Dieu en ce qu’il avait ressuscité Lazare ; comme Fils de David, dans son entrée à Jérusalem ; comme Fils de l’homme, lorsque les Grecs étaient montés, mais il devait mourir pour avoir cette dernière gloire (Jean 12: 24). Aux derniers jours tout ne faillira pas ainsi sur la terre, mais sera accompli en puissance : en attendant il est couronné de gloire et d’honneur dans un lieu plus excellent.

Tout le Psaume dont nous nous occupons a un caractère d’élévation et d’énergie en rapport avec la grande délivrance qu’il célèbre. L’homme est si peu de chose devant la création : qu’est-ce que l’homme quand nous considérons l’étendue et la gloire de l’univers ? Mais regardez à Christ, et toute cette magnificence pâlira devant la gloire excellente de Celui sous les pieds duquel sont placées toutes choses. Ces choses mêmes en recevront un nouvel éclat. L’homme est, en effet, grand et élevé au-dessus de toutes choses en Lui, le Fils de l’homme, établi sur toutes choses.

Ce n’est pas ici le lieu de faire remarquer l’emploi que le Nouveau Testament fait de ce Ps. 8, mais l’emploi qui en est fait rend évidents et son sens et son importance. Le chapitre 15 de la première épître aux Corinthiens nous montre qu’il est accompli en résurrection ; par le chap. 2 de l’épître aux Hébreux, nous apprenons que l’assujettissement de toutes choses sous les pieds du Fils de l’homme aura lieu dans le monde à venir, et que ces choses ne sont pas encore actuellement placées sous les pieds de Christ, mais qu’il est déjà maintenant couronné de gloire et d’honneur ; par le chap. 1 de l’épître aux Éphésiens, nous voyons de plus que l’Assemblée est unie à lui dans cette position de gloire, mais ce point n’entre en aucune manière dans le but et la portée du Psaume, car il fait partie du mystère caché dès les siècles et les générations (Col. 1: 26).

 

Avant d’entrer dans l’examen des Psaumes suivants, je voudrais passer brièvement en revue le champ que nous venons de parcourir, en nous occupant des Psaumes qui forment comme l’introduction de tout le livre. Nous avons vu d’abord le résidu des derniers jours, ensuite les conseils de Dieu touchant le Messie. Mais les rois et les princes de la terre s’élèvent contre l’Éternel et contre son Oint : cependant il sera établi Roi dans Sion. Nous avons trouvé ensuite, dans les Ps. 3 à 7, les grands principes de la marche du résidu au milieu des circonstances dans lesquelles il se trouvera lui-même : on n’y rencontre pas ces expressions profondes des sentiments que produit ailleurs la grandeur de la détresse, mais celles-là seulement qui se rapportent aux sentiments de confiance et de foi que la grâce fait naître dans la position où le résidu se trouve. Au Ps. 3, nous trouvons la confiance ; au Ps. 4, l’imploration adressée au Dieu de la justice, et le sentier du juste ; au Ps. 5, le juste crie à l’Éternel, parce que l’Éternel distingue le mal du bien, et ainsi il faut que le méchant soit ôté et que Jéhovah bénisse le juste qui se confie en lui. Le Ps. 6 fait appel à la compassion : le juste, troublé dans son âme, supplie l’Éternel de ne pas le reprendre dans sa colère, et Celui-ci l’a entendu dans sa détresse, afin de le sauver de la mort ; au Ps. 7, le juste demande l’intervention de l’Éternel contre ses persécuteurs, plaçant en contraste leur conduite, et la sienne envers eux ; mais l’Éternel juge son peuple.

Tels sont les principaux éléments des relations de l’Éternel et du résidu de son peuple en ce jour-là. Combien il sera précieux pour les fidèles de trouver ainsi pour leur foi un soutien et une expression, élevés au-dessus de leurs craintes, par le moyen de ces témoignages de grâce de l’Esprit de Christ, afin d’être conduits par eux, justifiés dans leurs meilleures espérances et calmés au milieu de leurs plus justes craintes ! Il me semble qu’il est facile de comprendre pourquoi Christ n’a pas pu avoir personnellement les sentiments et les désirs qui sont exprimés ici, et comment il se fait qu’il a pu produire cependant par son Esprit, prophétiquement, ces mêmes désirs dans le résidu et entrer par ses sympathies dans toutes les circonstances qui entourent celui-ci. Il descendit du ciel et ne perdit jamais l’esprit qu’on y respire, bien qu’il se trouvât dans les circonstances que sa présence sur la terre a amenées sur lui ; mais cet esprit, c’est l’amour. Christ était au-dessus du mal dans la puissance de l’amour et dans la conscience des sentiments divers que devait nécessairement avoir le Fils de l’homme «qui est dans le ciel», quoiqu’il passât par toutes les afflictions auxquelles pouvait être assujetti le Fils de l’homme sur la terre. Il passa au travers de toute la détresse que le péché et l’inimitié infatigable de l’homme, aussi bien que l’insensibilité de ses disciples (*), pouvaient attirer sur lui ; — mais d’autant plus sensible lui-même à cette détresse et la ressentant d’autant plus profondément, qu’il était parfait, il était élevé au-dessus de tout le mal, en amour, dans la perfection personnelle du bien. Le résidu ne sera pas ainsi : il sera soutenu par Dieu, non pas seulement au milieu du mal, mais sous le mal, quand il sera oppressé par lui, par le sentiment de la culpabilité, par la crainte de la colère ; et non seulement par un sentiment profond de la colère, mais, plus que cela, par une frayeur de cette colère, agissant sur l’âme pour la cribler. Il n’y a point de délivrance pour les fidèles, si ce n’est par la destruction de leurs ennemis ; et ils soupirent après cette destruction : ces ennemis sont aussi ceux du Seigneur, et le désir des fidèles est juste (voyez Ps. 6: 5, 7, 10). Christ, nous l’avons fait remarquer, n’a pas fait ainsi : il était élevé au-dessus de toute cette haine, en amour céleste et en vraie et consciente communion avec son Père, dont il avait à accomplir en paix la volonté, sachant qu’il était approuvé de lui, jusqu’à ce que, à la fin, il entrât dans cette sombre vallée, où, pour l’amour de nous et d’Israël, il dut rencontrer la colère ; mais là tout se passe entre Dieu et lui. Quant à ses ennemis humains, il dit seulement : Si c’est moi que vous cherchez, laissez aller ceux-ci (Jean 18), et tous tombent à la renverse devant lui ; c’est à lui de leur dire en paix : «C’est ici votre heure, et la puissance des ténèbres !» C’est pourquoi lui-même, l’amour divin, traversant toutes les afflictions qu’Israël, ou bien nous-mêmes pouvons avoir à traverser, il passa au travers de tout personnellement, en amour : tout a été senti par lui, mais il était élevé au-dessus du mal, en amour envers les hommes, étant en parfaite communion avec le ciel, son amour et sa faveur. En cela Christ est un modèle pour nous chrétiens, non pas pour Israël. Mais il traversa réellement tout ce par quoi le résidu ne pourra jamais passer, étant toutefois assez libre à l’égard de toute la puissance que pouvaient exercer sur lui ces circonstances, pour sentir pour les autres, dans ce chemin qu’il traversait. Parfait dans ce sentier, il inspire prophétiquement les expressions de la foi à ceux qui ne connaissent pas encore l’amour céleste et la délivrance, à ceux qui sont oppressés au milieu de leurs afflictions ; et il exprime par l’esprit prophétique, devant Dieu (comme ferait l’Esprit en de telles gens), les sentiments de leurs coeurs oppressés, sentiments auxquels les circonstances donnent naissance, là où la faveur divine et la délivrance ne sont pas connues. Nul ne peut entrer aussi bien dans les afflictions d’autrui sous cette détresse, que Celui qui en connaît les causes et l’effet, quant aux relations avec Dieu, mais qui ne s’y trouve pas lui-même. Christ a été dans toute leur affliction ; il l’a sentie, mais il n’a pas senti, comme à l’égard d’autres afflictions, ce que ceux-là sentent qui s’y sont plongés, et qui, à cause de leurs fautes, nécessairement et justement, sont occupés d’eux-mêmes. Il était rempli d’amour divin pour ses oppresseurs. Ses sympathies étant parfaites, elles l’ont fait entrer dans toutes les circonstances et les sentiments du résidu, et en ont fourni l’expression divine.

(*) Ils ne comprirent pas une seule fois ce qu’il leur disait.

On dira peut-être qu’il a été facile pour lui de fournir cette expression par l’Esprit prophétique, si lui-même n’est pas réellement entré dans ces circonstances. Mais à cela je réponds que dans chaque partie des afflictions, il est entré pleinement ; et infiniment plus complètement que ne le fera jamais le résidu, ayant souffert, en outre, ce que celui-ci ne souffrira jamais, précisément parce que lui l’a souffert à leur place. Or, cette souffrance plus profonde dans laquelle il est entré, loin de l’empêcher de sympathiser parfaitement, l’a rendu capable d’avoir cette sympathie en rapport avec toute la détresse qui venait de Satan et de Dieu sur sa propre âme, tandis qu’il n’était pas question chez ceux qui avaient causé la détresse de sentir cela. Il traversa tout de la même manière qu’eux, bien plus profondément toutefois, et sa part a été la plus lourde, en ce qu’il a pris sur lui ce qu’aucun d’eux n’aura jamais à porter.

Lorsque les fidèles du résidu seront dans les mêmes afflictions, sans connaissance de la faveur divine, il leur apportera, par ces Psaumes, tous les sentiments auxquels Dieu peut donner son approbation et prêter son oreille. Il conduira leurs âmes au travers de ces afflictions. Que de fois, lorsque nous-mêmes nous osions à peine exprimer ce que nous sentions, par crainte d’offenser Dieu, au milieu des incertitudes d’une foi environnée de nuages, n’avons-nous pas été calmés par un texte qui exprimait nos afflictions d’une manière qui, étant de Dieu, doit être juste, et n’avons-nous pas été ainsi fortifiés dans la foi en regardant à Dieu : il en sera de même pour le résidu.

10               [Psaumes 9 et 10]

Les Ps. 9 et 10 nous introduisent historiquement au milieu des circonstances dans lesquelles se trouve le résidu aux derniers jours, dans la terre d’Israël. Les grands principes ont été posés : le résidu ; — le Messie ; — l’affliction au milieu d’Israël en suite de son rejet ; — un sentier qu’il a personnellement appris à connaître ; — la gloire dans le Fils de l’homme ; et nous trouvons maintenant, dans ces deux Ps. 9 et 10, une sorte de préface qui, nous initiant à ces circonstances, nous fait connaître la scène des exercices d’âme des fidèles, l’état de choses qui donne naissance à ces exercices, et la délivrance opérée par le jugement de Dieu.

Nous pouvons remarquer ici, comme confirmation de ce que nous avons avancé précédemment, que l’homme juste, le Messie selon les conseils de Dieu, — mais rejeté (avec les afflictions du résidu qui en découlent et dans lesquelles il entre), et en résultat glorifié comme Fils de l’homme et établi sur toutes les oeuvres des mains de Dieu — ayant été placé devant nous dans les huit premiers Psaumes, nous nous trouvons d’abord aux derniers jours, alors que le résidu juste sera sous l’oppression des méchants et des nations. Les Ps. 9 et 10 nous font entrer d’une manière plus détaillée dans les circonstances de ces derniers jours. Le Messie, en esprit, dans le résidu opprimé, reconnaît la justice du Dieu qui est assis sur le trône, jugeant justement.

Remarquons également en passant, la grande différence qu’il y a entre la célébration de la justice de Dieu, assis sur le trône, jugeant justement et vengeant l’homme juste de l’oppresseur, — et cette autre scène, où nous voyons Christ sur la croix qui n’a pas été vengé sur la terre, mais qui se déclare lui-même abandonné de Dieu ; ses ennemis, en apparence, accomplissant tout leur méchant conseil contre lui ; mais alors, la justice étant établie par des voies célestes, la justice de Dieu le fait asseoir à sa droite dans les lieux célestes : «De justice, parce que je m’en vais à mon Père et que vous ne me voyez plus» (Jean 16: 10). Pour ce qui concerne cette justice, il a été entièrement retiré de ce monde, de manière que les disciples, comme étant dans la chair, et c’était le cas des Juifs, ne l’ont plus vu. Il avait glorifié Dieu, et était glorifié en Dieu comme Dieu avait été glorifié en lui. La justice qui jugeait l’oppresseur, quoique exercée par Dieu qui seul est réellement juste et a la puissance, avait sa sphère et sa mesure dans le gouvernement terrestre et dans la distinction qu’elle faisait entre le juste et le méchant au milieu des hommes, entre l’opprimé et l’oppresseur : elle se liait au juste gouvernement de Dieu. L’intelligence de cette différence est une clef pour la compréhension de toute la structure des Psaumes.

Un autre point qu’il ne faut pas passer sous silence est celui-ci : Dans nos traductions, divers mots hébreux sont rendus par peuple. Ainsi : Ham, Hammi, (au singulier) «peuple», «mon peuple» (Israël) Ps. 3: 6, 8 ; Gojim, «les nations ou les païens», Ps. 2: 8, c’est-à-dire ceux du dehors, en contraste avec Israël, peuple de Dieu (Israël est une fois désigné par ce mot pour signaler sa culpabilité, Ps. 43: 1) ; l’ummim, «les peuplades» Ps. 7: 7, en général, sur la terre, les diverses races de l’humanité ; Hammim, pluriel, «les peuples» Ps. 7: 8, je pense les nations envisagées en connexion avec Israël rétabli et placées en relation avec Jéhovah.

Nous pouvons aborder maintenant l’examen des deux Psaumes que nous avons devant nous.

11               [Psaume 9]

Le Ps. 9 nous présente l’Éternel, le Très-Haut (noms que Dieu prend en relation avec les Juifs d’une part et avec l’accomplissement millénaire des promesses faites à Abraham d’autre part), délivrant le peuple de l’oppression des nations et mettant fin à la puissance du méchant par le jugement. Le Juif délivré célèbre cette bonté qui a revendiqué les droits du juste et maintenu sa cause. C’est réellement l’Esprit de Christ qui parle ici, comme ayant pris en main la cause du juste : c’est le droit de Christ ; si le Juif a quelque droit, c’est par lui, et si les fidèles invoquent ce droit, c’est lui qui a mis les paroles dans leur bouche. En effet, si Christ n’était pas entré dans leur affliction, et s’il ne leur avait pas donné ces paroles, ils n’eussent pu parler de «mon droit».

Pénétrons maintenant un peu plus avant dans le détail des circonstances auxquelles ce Psaume nous initie. L’homme humble et opprimé célèbre Dieu de tout son coeur, sous le double nom de l’Éternel et du Très-Haut (comparez Ps. 91 et Genèse 14:19-20). La défaite de ses ennemis n’est pas seulement une victoire humaine ; ils tombent et périssent devant la face de l’Éternel qui est intervenu pour revendiquer le droit du juste et maintenir sa cause, proprement le droit et la cause de Christ qui s’était placé lui-même au milieu des fidèles dans ses sympathies miséricordieuses.

Au vers. 6 nous trouvons un principe important pour la foi dans tous les temps, alors réalisé de fait : les efforts de l’ennemi ici-bas sont pour un temps ; il peut, si Dieu le permet, détruire la prospérité présente ; — le Seigneur demeure à jamais ; nous n’avons qu’à faire sa volonté sur le chemin qui est devant nos pieds ; sa volonté s’accomplira toujours à la fin. Cette volonté que nous accomplissons dans notre course, peut-être dans l’affliction et la souffrance maintenant, dominera certainement au terme de la route. Le moment était venu où les destructions devaient prendre fin pour toujours — les villes et leur mémoire avaient été détruites : l’Éternel demeure à toujours. Nous avons ouï parler de la patience de Job — c’était pendant le cours de son épreuve ; mais nous avons vu la fin du Seigneur — ceci devient un fondement de la foi. La foi marche avec Celui qui tient certainement la fin entre ses mains : il est assis à toujours ; il a préparé son trône pour le jugement. Il jugera en justice le monde universel et exercera le jugement sur les peuples avec droiture.

Tel est le caractère public de l’Éternel ; mais il y a un côté particulier de son caractère personnel, si l’on peut parler ainsi, dont la manifestation, publique aussi, est le sujet principal du Ps. 9 ; avec le premier caractère public dont nous venons de parler, elle forme réellement le grand sujet de tous les Psaumes ; ces deux caractères sont connus seulement de la foi et ils sont célébrés par anticipation. Ce second caractère est que l’Éternel est un refuge pour l’opprimé, un refuge au temps de la détresse. C’est pourquoi ceux qui connaissent son nom, se confient en l’Éternel en tout temps. Son intervention en faveur de ceux qui le cherchent dans ce jour-là, rendra son nom glorieux en tout lieu.

Un autre point nous est encore présenté ici : l’Éternel, se révélant ainsi, habite en Sion. Ses exploits (c’est-à-dire ce qu’il fait pour la gloire de son nom, par le jugement en faveur du résidu) seront publiés parmi les peuples, afin que les fidèles du résidu soient ainsi rendus capables de se confier en Lui. Le mot hébreu que nous trouvons ici n’est pas celui qui est employé souvent pour désigner les peuples ; et ce mot particulier doit s’appliquer, je pense, aux nations que Dieu reconnaît. L’Éternel est ainsi retourné dans Sion à la fin. Aux vers. 13 et 14 les fidèles du résidu implorent l’Éternel, faisant appel à sa miséricorde, afin que leurs coeurs le célèbrent en Sion aussi bien que ses jugements. Le verset 15 célèbre le jugement, dont le côté moral nous est donné au verset 16 : l’Éternel se fait connaître par le jugement qu’il exécute.

La manière dont ce Ps. 9 sert ainsi de préface au livre des Psaumes tout entier, et nous fait connaître, et sa portée, et son application aux derniers jours, est évidente ; et une fois bien saisie, elle sert grandement à la compréhension de la structure générale du livre.

Aux derniers versets, les méchants (ici c’est au pluriel et cela a son importance, car il y a aussi «le méchant» comme Paul l’appelle), quels qu’ils soient d’ailleurs, Juifs ou Gentils, mais plus particulièrement le Juif et puis toutes les nations qui oublient Dieu, c’est-à-dire qui n’avaient pas voulu se souvenir de Dieu, sont présentés comme devant être rejetés et jugés, placés dans le hadès par le jugement. C’est en ceci que Dieu se souvient des opprimés, car la destruction des méchants est leur délivrance, et c’est pourquoi le résidu s’écrie : «Lève-toi, ô Éternel !» Ce trait nous fournit l’explication de certaines expressions des Psaumes auxquelles j’ai fait allusion plus haut, — l’imploration du jugement. Comparez les caractères de ceux qui sont jugés, dans les chap. 1 et 2 de l’épître aux Romains ; remarquez seulement que la colère, dans ces chapitres, est la colère révélée du ciel et non pas la colère gouvernementale sur la terre, colère qui vient de Sion ; remarquez encore que, comme on pouvait s’y attendre, on trouve, dans l’épître aux Romains, un développement moral plus grand et non pas le jugement extérieur des nations. En Apocalypse 4, nous avons, dans les quatre animaux, les caractères des chérubins aussi bien que des séraphins, pour annoncer, je crois, que les jugements qui vont s’exécuter sont à la fois conformes à la sainte nature de Dieu et à ses voies gouvernementales. Il est vrai que le cas d’Ésaïe 6, où nous ne trouvons que les séraphins, s’applique à un jugement gouvernemental, alors que la grâce épargne un résidu, mais l’incompatibilité entre l’Éternel et la souillure est placée devant le prophète.

12               [Psaume 10]

Le Ps. 10, dans son ensemble, dépeint l’état des choses aux derniers jours, jusqu’au moment où l’Éternel se lève pour le jugement, et plus particulièrement le caractère du méchant, car on reconnaît le méchant à son caractère, et c’est dans le Juif spécialement que ce caractère se retrouve. (Comp. És. 40 à 48 qui s’occupe particulièrement de l’idolâtrie et de Babylone; et 49 à 58 qui traite du rejet du Messie, ces deux péchés capitaux qui amènent les Juifs sous le jugement, le péché contre l’Éternel et celui contre son Oint). Le méchant, dans son orgueil, agit d’après ce qui se voit, tandis que le juste agit en se confiant au caractère de l’Éternel, par la foi en lui. Le méchant se glorifie du désir de son âme et bénit l’avare que l’Éternel abhorre ; il poursuit ses plans, sans conscience, cherchant à détruire l’affligé par ses artifices, et estimant que Dieu l’a oublié. De quel secours Christ ne peut-il pas être ici pour le résidu ? Les débonnaires élèvent leur voix sous l’oppression; pourquoi l’Éternel se tient-il loin et se cache-t-il au temps de la détresse ?

Les débonnaires sont loin en effet d’être là où Christ a été ; toutefois l’ombre, si je puis dire ainsi, de ces souffrances que Christ a traversées, passe sur eux, mais ils peuvent espérer en Dieu. Ainsi au verset 12, ils implorent Dieu afin qu’il élève sa main, qu’il n’oublie pas les affligés ; pourquoi le méchant méprise-t-il Dieu ? — L’Éternel l’a vu, et recherchera : — le malheureux s’abandonne à lui.

Les versets 16 et suivants célèbrent l’entrée de l’Éternel sur la scène en réponse aux supplications des débonnaires, et les résultats qui découlent de cette intervention. L’Éternel est Roi à toujours, — les nations ont péri de dessus sa terre. Voilà le jugement public ; puis le secret de Jéhovah : Jéhovah a exaucé le désir des débonnaires ; il a préparé leur coeur ; ensuite il a entendu leur cri ; et sa réponse sera le jugement ; il sera juge en faveur de l’orphelin et de celui qui est opprimé, en sorte que l’homme de la terre, celui qui a sa force et son espérance sur la terre, n’effraye plus désormais.

 

Quelques observations supplémentaires sur les deux Psaumes que nous venons de parcourir ne seront pas hors de propos.

À côté du résidu pauvre et débonnaire qui s’attend à Dieu, il y a deux autres, et même dans un certain sens, trois autres classes de personnes : — il y a les nations, gojim, étrangères à Israël, qui l’oppriment, des ennemis de Dieu ; puis les méchants, qui seront alors plus spécialement au milieu des Juifs, comme nous l’avons vu. Mais ces méchants sont mentionnés à un double point de vue, et c’est pourquoi j’ai parlé de trois classes de personnes : en général, — dans le Ps. 10 partout, et dans le Ps. 9 partout, excepté au vers. 17, — il est parlé du méchant au singulier ; au vers. 17, il est parlé des méchants au pluriel, afin de montrer qu’ils seront tous précipités dans le shéol. L’expression de méchant, au singulier, définit le caractère, bien que je ne doute pas qu’il y aura un Méchant particulier, harashah, o anomos l’antichrist ; il est mentionné ici certainement par son caractère, non pas par une prophétie distincte touchant sa personne. L’anomia est manifestée, — mais non pas l’anomos — et elle n’est pas restreinte à un seul. L’analogie de tout ce qui concerne le Christ dans ses circonstances de réjection sur la terre est claire ; il en est ainsi de toutes les formes de la méchanceté: la trinité même est imitée, en mal, dans l’Apocalypse; on y trouve la cité de la corruption, comme aussi l’épouse de Christ, et ainsi de suite. Jusqu’ici, sauf pour ce qui est du Messie des conseils de Dieu, présenté au Ps. 2, l’homme juste a été placé devant nous caractéristiquement ; ici, comme cela est nécessaire, la Parole caractérise toute la classe des personnes opposées à l’Éternel et à son Christ, bien qu’un seul homme puisse être l’expression concentrée, pour ainsi dire, de ce caractère. Le résidu était appelé à juger d’après ce caractère, moralement.

De plus, remarquez-le, les méchants sont jugés avec les nations ; ils tombent tous ensemble sous le même jugement. Les méchants seront repoussés jusque dans le shéol, et avec eux toutes les nations qui oublient Dieu : «Tu as tancé les nations, tu as fait périr le méchant» (9: 5). Ce Ps. 9 nous présente, comme nous l’avons vu, l’aspect général de l’intervention de l’Éternel en jugement ; au Ps. 10 nous avons particulièrement la position du résidu affligé et tourmenté, au-dedans ; c’est pourquoi nous trouvons qu’il est fait mention du méchant (un homme), non pas des nations, jusqu’à ce que, lors de l’exécution du jugement, ils se trouvent tous également retranchés de la terre de l’Éternel, de manière à identifier le jugement avec les déclarations générales du Ps. 9. Il est inutile d’ajouter combien tout ceci répond pleinement à l’histoire qui nous est donnée des derniers jours.

13               [Psaume 11]

Le Ps. 11 nous montre ce que doit faire le résidu juste lorsque le pouvoir du mal est établi dans la terre d’Emmanuel. Nous avons déjà dit que les Ps. 11 à 15 nous donnent les pensées et les sentiments du résidu dans ce temps-là, c’est-à-dire à la suite de l’état de choses dont il a été question dans les Ps. 9 et 10. En voici les traits généraux.

Le Ps. 11 nous présente le juste rejetant loin de lui l’idée de faiblir, comme s’il était sans ressource devant l’impie méchanceté de ceux qui ne craignent pas Dieu : il se confie en l’Éternel. Cependant le méchant, de toute sa force, cherche la destruction de ceux qui sont droits de coeur. Si toute ressource humaine, tout terrain sur lequel l’espérance aurait pu s’établir sur la terre, font défaut, que fera le juste ? L’Éternel demeure le même, immuable comme toujours : Il est au palais de sa sainteté ; il a son lieu sur la terre, lieu que la foi reconnaît, quelque ruiné qu’il soit ; et son trône est dans les cieux. Là, aucun mal n’a accès, et son trône domine à jamais. Mais il y a plus que cela : si l’Éternel habite dans un repos que rien ne peut troubler, parce qu’il est le Tout Puissant et s’il est élevé au-dessus de tout mal, dans les cieux, il regarde vers la terre : il la gouverne, car c’est de la terre, et non pas de la part céleste de l’Église, qu’il est question, comme du reste dans tout l’Ancien Testament. Ses yeux voient, ses paupières sondent les fils des hommes. Quelle solennelle et puissante consolation pour ceux qui sont dans l’épreuve. Les voies gouvernementales de Dieu nous sont encore découvertes davantage. L’Éternel sonde le juste : l’histoire de Job, image de ce qui arrive à Israël, nous l’apprend. Aujourd’hui, l’état de choses qui nous entoure n’est en aucune manière une révélation du gouvernement de Dieu ; la foi sait que Dieu a la haute main et que toutes choses concourent ensemble au bien de ceux qui aiment Dieu ; mais Dieu ne gouverne pas immédiatement, en sorte que l’état de choses présent puisse montrer le résultat de l’estimation que Dieu fait du bien et du mal ici-bas. S’il en était ainsi, nous ne verrions aucun mal toléré ; le juste fleurirait et prospérerait dans toutes ses voies : mais il en est tout autrement. Pendant ce temps, l’Église a sa part en dehors du monde, elle a le lieu de son habitation là où Christ est allé lui préparer place ; elle souffre avec lui et régnera avec lui. Mais quant à tous ses saints, il les éprouve ; quant au méchant qu’il hait, il fera pleuvoir sur lui le jugement, des pièges, du feu et du soufre ; car l’Éternel juste aime la justice et sa face regarde l’homme droit.

Tel est donc, pour ce temps-là, le vrai fondement de la foi, alors que le résidu sera dans l’épreuve. Dieu regarde : il éprouve le juste et exécutera son jugement au temps convenable. Cela découle du fait que : «l’Éternel juste aime la justice». Mais si c’est là le fondement général de la confiance et de la marche de l’homme pieux, le juste, cependant, n’est pas insensible au mal, et il peut le présenter à Dieu, comme nous le voyons au Psaume suivant.

14               [Psaume 12]

Ps. 12. «Sauve, Éternel ! car l’homme pieux n’est plus» ; l’Éternel retranchera les lèvres flatteuses et la langue orgueilleuse, car tel est le méchant. Le méchant ne connaît ni résistance, ni frein à sa volonté ; il dit : «Qui est seigneur sur nous’ ?» Mais, parce qu’il opprime les débonnaires, à cause de cela même, l’Éternel. se lève. La parole de Dieu en laquelle les fidèles avaient mis leur confiance, et qui leur promettait du secours, comme témoignage nécessaire du caractère de l’Éternel vers lequel ils ont regardé, cette parole de Dieu est pure, éprouvée par sept fois ; elle portera infailliblement son fruit promis ; il n’y a en elle rien de trompeur. L’Éternel préservera ses pauvres de la génération des méchants ; mais les méchants ont libre carrière quand les gens vils sont élevés parmi les fils des hommes.

15               [Psaume 13]

Au Ps. 13, le juste est réduit à la dernière extrémité, en tant qu’il s’agit du mal qui vient des hommes : on pourrait penser que Dieu l’a entièrement et définitivement oublié. Son ennemi a été exalté par-dessus lui, et lui, consultait dans son coeur ; mais alors il a crié, il a regardé vers l’Éternel pour être entendu, de peur qu’il ne périt, d’un côté, et de peur aussi que son ennemi ne pût dire qu’il a eu le dessus. Jéhovah l’entend ; le juste peut se réjouir de sa délivrance et chanter la louange de Celui dans la miséricorde duquel il s’est confié et qui, à la fin, agit envers lui dans sa bienveillance.

16               [Psaume 14]

Au Ps. 14, le mal a atteint son apogée devant Dieu. Ce qui est toujours vrai de la chair est placé maintenant sous le regard de Dieu, au temps où il va juger. Les hommes s’élèvent orgueilleusement contre Lui : oui, c’est là ce qui amène le jugement. L’Éternel regarde des cieux pour voir s’il y a, parmi les hommes, quelqu’un qui ait de l’intelligence ou qui cherche Dieu. Mais il n’y a personne. Il y a bien un résidu, en qui la grâce opère, que l’Éternel reconnaît déjà comme son peuple (verset 4) ; et les méchants le dévorent comme ils mangeraient du pain ; ils n’invoquent point l’Éternel. L’orgueil et la méchanceté de l’homme sont là dans leur plein épanouissement ; mais bientôt tout change : Dieu est au milieu de la génération juste. La frayeur tombe sur l’orgueilleux qui, peu auparavant, jetait de l’opprobre à l’affligé parce qu’il se confiait en l’Éternel. Le verset 7 nous montre que tout ceci est présenté d’une manière anticipée et prophétique et nous fait voir où et comment tout sera accompli : c’est le désir de l’homme pieux selon l’intelligence de la foi. Le juste attend la délivrance, il l’attend de Sion, remarquons-le, n’étant pas satisfait jusqu’à ce que le Seigneur établisse là sa louange. Le peuple est envisagé comme étant captif.

17               [Psaume 15]

Alors vient la question : Qui aura part aux bénédictions de cette sainte montagne lorsque le Seigneur aura établi en Sion le siège de son juste pouvoir ? Le Ps. 15 répond à cette question : Ce sera celui qui marche dans l’intégrité de son coeur dans le chemin de la loi. Remarquez ici que, tandis que les hommes pieux, — quand tout est obscurité autour d’eux, quand la méchanceté a complètement le dessus, que les fondements de toute espérance terrestre de la part des hommes, même dans les choses qui concernent Dieu sur la terre, sont détruits, et que la méchanceté a pris la place de la justice, — élèvent leurs yeux en haut et voient le trône immuable dans le ciel, et ainsi toutes choses dans le ciel et sur la terre mises en rapport ensemble ; cependant le point qu’ils ont en vue, c’est l’Éternel dans le temple de sa sainteté, et la délivrance venant de Sion. C’est, en effet, ainsi que les choses s’accompliront (voyez És. 66: 6). Le trône immuable dans le ciel établira en puissance le trône longtemps vide sur la terre. L’Éternel sera dans son temple, mais il régnera, en la personne de Christ, en Sion. C’est une délivrance juive dans son caractère, et selon les justes espérances des Juifs.

Nous devons faire ici une remarque générale et importante : c’est que le résidu jouit pleinement du sentiment de sa relation avec l’Éternel. Quelle que soit l’épreuve, quelle que soit la condition du résidu, quelle que soit la méchanceté du peuple ou l’oppression des nations dans le pays, la foi du résidu regarde à sa relation avec l’Éternel. C’est pourquoi aussi l’Éternel est vu comme étant dans son temple, bien que, pour le moment, il n’y ait encore aucune manifestation de sa puissance. Le résidu, par conséquent, n’est pas envisagé non plus comme encore entièrement chassé hors du pays, ni la puissance de l’antichrist comme manifestée : quand l’antichrist établira sa puissance, il y aura révolte ouverte et les fidèles seront obligés de s’enfuir. Mais le méchant et les nations, comme telles, dans le pays, sont en vue, et nous apprenons clairement par le Ps. 11, que l’expression : «le méchant» désigne ici un caractère et non une personne ; c’est pourquoi nous avons le pluriel partout, excepté au vers. 5, où le méchant est mis en contraste avec le juste.

Les Psaumes qui nous occupent dans ce moment, passent par-dessus l’expulsion du résidu hors de Jérusalem, nous introduisent en espérance sur une autre scène, et nous montrent la délivrance opérée par l’Éternel quand il est réellement revenu à Jérusalem : non pas, comprenons le bien, la destruction de l’antichrist par la venue du Seigneur descendant du ciel ; mais l’expulsion des oppresseurs Gentils par l’Éternel établi en Sion. C’est pourquoi tout Israël est introduit (Ps. 14: 7), et la délivrance vient de Sion. C’est pourquoi aussi, ces Psaumes, dans la mesure où ils s’appliquent à Christ, ont en vue le temps durant lequel Christ marchait sur la terre avant sa réjection finale. En général ils ne s’appliquent pas directement à lui, sauf les Ps. 2 et 8, mais au résidu ; cependant dans sa marche sur la terre depuis son baptême par Jean-Baptiste, Christ s’est associé publiquement au résidu, dans sa grâce, comme, à la fin de sa carrière, il a goûté en grâce les souffrances finales des fidèles au terme de leur histoire.

Tous ces Psaumes nous présentent l’état du résidu pendant qu’il a encore sa place au milieu des nations qui n’ont pas encore ouvertement rompu avec l’Éternel par l’apostasie, mais dont la méchanceté se montre de fait et mûrit jusqu’à son plein développement : les fidèles devancent, par la foi, le temps où l’Éternel, assis en Sion, délivrera son peuple, jetant hors de son pays tous les Gentils, et ramenant tout Israël de la captivité. Toute la scène des derniers jours est devant nous, excepté la dernière demi-semaine du pouvoir de l’antichrist. Jéhovah est encore dans sa demeure, publiquement reconnu. Il en a été ainsi exactement aux jours du Seigneur. Le Ps. 14:5 nous parle d’Élohim parce que ce n’est pas la relation qui est ici en question, mais Dieu lui-même dans sa nature et son caractère. Ce n’était pas l’homme, ni rien qui fût de l’homme, ni même la puissance de Satan, qui était là, mais Dieu était avec la génération juste.

18               [Psaume 16]

Avec le Ps. 16, nous commençons une série importante de Psaumes, — ceux dans lesquels la relation de Christ lui-même avec le résidu nous est présentée par l’Esprit divin. Dans le Ps. 16, Christ prend formellement place au milieu du résidu. Ce Psaume est cité par l’apôtre Pierre en Actes 2, et par Paul en Actes 13: 35, pour prouver la résurrection de Christ, et l’allusion qui y est faite en Hébreux 2: 13 : «Je me confierai en lui», a pour but de montrer sa participation à la nature humaine. Quant à la citation textuelle d’Hébreux 2, elle est la traduction littérale d’Ésaïe 8:18, d’après les Septante.

Au verset 2, Christ dit à l’Éternel : «Tu es le Seigneur, ma bonté, etc...» ; et au verset 3 il dit aux saints : «En eux sont toutes mes délices !» Ce Psaume prend ainsi une valeur toute particulière : Christ prend place en grâce au milieu du pauvre résidu d’Israël ; il prend la place de serviteur, pour parcourir ce sentier de la vie que nul homme dans la chair n’avait trouvé dans ce monde, et qui conduisait par la mort au-delà de la mort, où il y a abondance de joie. Christ prend une position de dépendance, de confiance, non pas d’égalité divine ; et celui qui dit qu’il ne prend pas cette place, doit avoir un titre à faire ainsi, sans quoi il serait inutile de le dire. Il prend une autre position ; il prend la place de serviteur et appelle l’Éternel son Seigneur. Mais ce n’est pas tout : quelque seul qu’il puisse être dans sa perfection, quelque parfait qu’il puisse être en s’anéantissant ainsi, il prend place au milieu des saints sur la terre; et il ne prend pas cette place seulement de fait, mais avec la plus complète affection. Il prend son plaisir en eux ; il se réjouit de les appeler «les excellents de la terre».

Ajoutons que ce n’est pas aux saints célestes qu’il s’associe, et que ceux dont il parle ici, ne sont pas unis à lui dans le ciel ; — mais il s’associe à eux. Quelques-uns peuvent entrer dans le ciel par ce chemin de vie dont il a lui-même tracé l’empreinte, mais il s’associe à eux et il se les associe sous ce nom d’«excellents de la terre».

Remarquez de plus que le Psaume tout entier respire cet esprit et porte ce caractère de dépendance si précieux pour le pauvre résidu. Ce n’est pas ici : «Détruisez ce temple, et en trois jours je le relèverai»; — ce qui était prendre une place divine : son corps était un temple, — il l’a relevé lui-même! Mais ici, il s’appuie comme homme sur l’Éternel, parfait dans cette position comme dans la première. «Tu n’abandonneras pas mon âme au shéol, tu ne permettras pas que ton saint voie la corruption».

Considérons ce Psaume plus en détail ; nous avons dit quelques mots déjà sur les premiers versets ; mais les principes qu’il renferme sont de la plus haute importance et méritent une attention toute spéciale à cause de la place que Christ prend ici.

Le Messie, comme homme, s’attend à Dieu, afin que Dieu le garde. Il prend la position d’homme, non pas seulement comme un Juif invoquant l’Éternel, mais comme un homme devant Dieu : il met sa confiance en Dieu, et ce principe de confiance est présenté en Hébreux 2: 13, comme un témoignage que le Messie est le vrai homme. — Ensuite il prend la position de serviteur, disant à Jéhovah : — car il prend maintenant sa position devant lui — «Tu es mon «Adon», mon Seigneur», et c’est là une position bien définie et distincte. — De plus il ne prend pas cette position en bonté divine envers d’autres personnes, mais il se place devant Dieu comme homme: «Ma bonté, dit-il, ne s’élève pas jusqu’à toi», comme nous le voyons répondre au jeune homme qui s’approcha de lui en l’appelant bon Maître : — Pourquoi m’appelles-tu bon ? Nul n’est bon sinon un seul, Dieu (Luc 18: 19). Mais, bien qu’en vérité il soit réellement seul, si nous le considérons dans sa relation avec l’homme, car tous étaient pécheurs, il prend place avec le résidu, «les excellents de la terre». Historiquement il a pris cette position lorsqu’il vint au baptême de Jean-Baptiste avec ceux que l’Esprit amenait à Dieu par la sainte voie de la repentance. C’était leur premier pas, et il s’associe à eux en grâce. Néanmoins, même ici, nous sommes placés en face du résultat final aux derniers jours. Il ne veut qu’on lui parle d’aucun Dieu, sinon de l’Éternel : les misères de ceux qui courent après un autre seront multipliées. L’Éternel lui-même est sa part, il l’a gardée dans la paisible jouissance de ce dont il était appelé à jouir dans le conseil de Dieu, et les cordeaux lui sont échus en des lieux agréables. L’héritage de l’Éternel sur la terre était sa part, et cet héritage est tout particulièrement en Israël. — Voilà sa part! — mais le chemin à parcourir vient d’abord ; et ici encore, il bénit l’Éternel ; c’est Lui qui toujours le conduit par son conseil ; le conseil de l’Éternel est avec lui pour le diriger, et quand, loin des hommes, tout est amené au plus profond de son coeur, ses propres sentiments les plus intimes ont été lumière et direction. Il en est toujours ainsi quand nous sommes en communion avec Dieu, car bien que de tels sentiments soient dans le coeur même, ils sont toujours lumière de Dieu dans le coeur, le fruit, et le fruit moral de l’opération de son Esprit. Il y avait la direction positive de l’Éternel, et puis cette intelligence intérieure de l’âme, résultat de l’opération de Dieu en elle.

En Christ, sans doute, tout ceci a été parfait. En même temps qu’on juge toutes choses par la Parole, il ne faut pas négliger ce travail de l’âme poussée et enseignée par Dieu : on y trouve la pensée de l’Esprit en discernement moral. À côté de cette direction, il y avait le propos positif du coeur : il s’était toujours proposé l’Éternel devant lui ! Il n’avait pas d’autre guide, et parce que l’Éternel était toujours proche, et à sa droite, il ne serait pas ébranlé. Ce n’était pas dépendre de soi-même, mais c’était la confiance en l’Éternel, et véritablement le chemin de la vie, quoique non encore manifesté en puissance visible (comparez Rom. 1: 4).

C’est pourquoi il se réjouira au travers de tout et passera par la mort avec une foi sans nuage ; sa chair reposera en assurance ; comme homme, il n’a pas craint la mort. L’Éternel en qui il s’est confié, ne laissera pas son âme au shéol, ni ne permettra que son saint voie la corruption. L’âme et le corps, bien que s’en allant respectivement là où vont les esprits des trépassés et où leurs corps sentent la corruption, ne seront, ni l’une laissée au shéol, ni l’autre atteint par la corruption. Jéhovah lui montrera le chemin de la vie au travers, mais au-delà de la mort : et de quelle manière bénie ne l’a-t-il pas fait ? Ce chemin de la vie menait à des joies plus glorieuses que la bénédiction d’Israël au milieu duquel il était venu habiter ; et là, sans doute, les excellents de la terre ne pouvaient pas le suivre (Jean 13: 33, 36 et 21:19) : il faut auparavant qu’il dessèche les eaux du Jourdain pour eux, et qu’il en fasse le chemin pour eux aussi, après y avoir lui-même passé. Car ce sentier, depuis qu’il a conduit au travers de la mort, doit conduire (s’il est réellement le chemin de la vie) à ce qui est au-delà de la mort — dans la présence de Celui dont la face est un rassasiement de joie, et là où il y a des plaisirs à sa droite pour toujours.

Tels sont, et la bienheureuse issue et les résultats bénis du chemin du Seigneur au travers de ce monde, où il est venu prendre place au milieu des saints, et où, dans la confiance en l’Éternel, entre les mains duquel il a remis son esprit, il a suivi le chemin qui, — s’il s’est chargé de nous, — devait conduire à travers la mort, et qu’il a retrouvé alors en résurrection pour entrer ainsi comme homme auprès de Celui devant qui il y a plénitude de joie. L’Esprit de sainteté caractérisa la vie du Fils de Dieu d’un bout à l’autre : il a été déclaré tel, en puissance, par la résurrection ; mais, étant homme, il a été élevé et est entré dans la présence de Dieu qu’il s’était toujours proposé devant lui. La vie de sainteté et de confiance trouve là sa parfaite joie. Il est notre précurseur ; — Dieu en soit béni, et loué soit le précieux Nom de Celui qui a parcouru ce chemin ! (*)

(*) Comparez à ce point de vue Jean 12: 23-24, où Christ est rejeté, et la revendication de sa gloire telle qu’elle apparaît dans les chap. 11, 12 et 13, comme Fils de Dieu, roi d’Israël et Fils de l’homme.

Arrêtons-nous un moment ici pour considérer la relation de tout ceci avec d’autres écritures auxquelles nous avons déjà fait partiellement allusion ; nous arriverons ainsi a mieux comprendre la vraie position de Christ au milieu d’Israël et la différence qu’il y a entre les relations d’Israël et celles de l’Église avec Lui. En même temps nous apprendrons à connaître les sentiments divinement parfaits de Christ lui-même dans cette position. Christ s’est associé aux saints en Israël; seulement cette position qu’ils sont appelés à prendre, en témoignage de leur retour à Dieu, il l’a prise volontairement. Nous apprenons (Héb. 2: 11) que cette association a lieu avec «ceux qui sont sanctifiés» : Christ forme, avec le résidu pieux, manifesté ainsi pour Dieu, une seule compagnie ; il ne prend point à honte de les appeler frères, s’étant chargé de leur cause et étant en conséquence devenu homme, devenu chair et sang, parce que les enfants que Dieu lui avait donnés participaient à la chair et au sang. Il est réellement devenu homme, mais pour s’identifier avec les intérêts et assurer la bénédiction des saints (*), du résidu des enfants que Dieu amenait à la gloire et qui sont distingués de la masse d’Israël pour laquelle ils devaient être un signe (voyez És. 8: 18). Ce passage du prophète envisage la condition de ce résidu et l’attente de meilleurs jours : laissant de côté l’Église qui n’est pas le sujet de la prophétie, la Parole passe ici, comme elle le fait souvent ailleurs, de la relation personnelle de Christ avec les saints en Israël, à la position et à la part de ces saints aux derniers jours. Le passage d’Ésaïe que nous venons de citer est particulièrement clair sur ce point, et nous aide grandement à bien saisir la manière dont l’Esprit de Dieu passe de l’histoire précédente des saints en Israël, aux derniers jours, omettant entièrement l’Église. Christ, en Esprit, n’a en vue que ces saints, c’est-à-dire sa relation avec eux, le résidu d’Israël, et dans cette mesure, avec la nation ; il passe ainsi par-dessus toute l’histoire de l’Église, afin de se retrouver de nouveau dans la même relation avec la nation aux derniers jours. «Lie le témoignage», dit-il, «scelle la loi parmi mes disciples. Et je m’attendrai à l’Éternel (comme en Héb. 2: 13), qui cache sa face de la maison de Jacob, et je l’attendrai» (És. 8: 16, 17) : ceci a été accompli quand il est devenu le sanctuaire rejeté et la pierre d’achoppement. Le passage va ensuite jusqu’à la gloire finale, alors qu’Israël le possédera, Lui, comme «le Fils qui nous est né» (És. 9: 6, 7). Si nous ne faisons pas abstraction de l’Église, il nous est impossible de comprendre les prophéties de l’Ancien Testament — l’Église a une part céleste, mais Christ peut considérer séparément sa relation avec son peuple terrestre.

(*) Devenant ainsi homme et en ce qu’il glorifie Dieu dans son oeuvre comme homme, il a aussi droit — par le don de Dieu — sur toute chair.

Reprenons notre Psaume 16. Le lecteur remarquera l’allusion qui y est faite, au vers. 4, à l’idolâtrie, ce grand sujet de controverse entre Dieu et Israël. Nous apprenons, par Matt. 12: 43, 45, et És. 65, que les Juifs tomberont dans l’idolâtrie aux derniers jours. L’Esprit prophétique de Christ reconnaît l’Éternel seul, et ce n’est qu’après que toute cette idolâtrie aura été ôtée, que, aux jours qui sont à venir, il se réjouira dans la part que le Seigneur lui a donnée avec les «excellents de la terre». La certitude de cette espérance est liée à la résurrection, qui est la condition nécessaire de son accomplissement, et que la faveur de l’Éternel assure à son Oint, en vertu de cette puissance qui ne souffrira pas que son Saint voie la corruption. C’est pourquoi l’apôtre fait allusion aux «grâces assurées de David» (Actes 13: 34), c’est-à-dire à l’accomplissement de toutes les promesses de Dieu à Israël, comme preuve que Christ devait ressusciter d’entre les morts pour ne plus voir la corruption.

Rien, si ce n’est sa mort, ne peut être plus beau que l’expression des sentiments du Seigneur qui nous sont donnés dans ce Psaume, dans lequel il exprime lui-même la position qu’il a prise et qu’il a prise avec les saints. L’Éternel est sa part ! Combien cela a été vrai ! Quel autre avait-il que l’Éternel ? Cependant il a pris son plaisir dans les saints. Ne voyons-nous pas qu’il a pris plaisir en ses disciples ? Dès le premier pas de la vie spirituelle dans les fidèles du résidu, manifestée dans leur soumission au baptême de la repentance prêché par Jean, il s’identifie avec eux, lui qui certainement n’avait pas besoin de repentance; et ainsi, comme un homme fidèle, un Israélite, il se propose toujours l’Éternel devant lui. Ainsi, même dans la mort, il se confie en lui pour la résurrection, chemin de la vie au travers et en dépit de la mort (chemin qu’il a ouvert pour nous) ; et là, il le sait, l’Éternel, Dieu, la présence de son Père, est une plénitude de joie, — «il y a des plaisirs à sa droite pour toujours». C’est la joie la plus élevée, la propre joie de l’âme et de l’Esprit de Christ : — non pas la gloire, mais la présence de Dieu.

19               [Psaume 17]

La clef du Ps. 16 se trouve dans les mots : «Je me confie en toi» ; celle du Ps. 17 dans ceux-ci : «Écoute, ô Éternel, la justice !» Au Ps. 16, nous avons trouvé le chemin bienheureux et l’opération de cet esprit de confiance : et ce Psaume, nous l’avons vu, est essentiellement applicable à Christ lui-même, en personne, bien que le même esprit opère aussi dans le résidu. Le Ps. 17 s’applique également à Christ, mais non pas aussi complètement : le point de vue en est un peu moins élevé, quoiqu’il soit également celui de l’Esprit de Dieu : nous voyons clairement qu’au vers. 11, il a en vue d’autres personnes que Christ lui-même, bien que non pas sans Christ, comme le montre le verset 11 : «À chacun de nos pas, maintenant ils nous environnent». Cependant Christ est là, car, sans lui, nul ne peut dire avec raison : «Écoute la justice !» Notre Psaume est un appel à l’Éternel pour qu’il juge, Dieu se levant pour défendre la justice de celui qui l’invoque. Le résidu fidèle sera finalement délivré de ses ennemis mortels; l’Éternel se lèvera pour confondre ceux-ci. Toutefois quelques-uns, même d’entre les sages, tomberont (Dan. 11) : Christ lui-même, parfait en toutes choses, a succombé, quoique pour des raisons bien plus glorieuses, mais cependant dans ses sympathies pour son peuple. C’est pourquoi la justice s’élève bien plus haut que la délivrance présente du résidu pieux sur la terre par le gouvernement de Dieu, — à un résultat vrai à l’égard de Christ et qui fait la consolation de la foi de tous ceux qui tomberont sous l’oppression de l’ennemi : «Moi, je verrai ta face en justice ; quand je serai réveillé, je serai rassasié de ton image» (verset 15). Ceci est entièrement vrai de Christ qui est devant son Père en justice et qui est l’image même du Dieu invisible, celui en qui Dieu est manifesté en gloire. Mais Christ a tracé le chemin qu’il a parcouru, comme le Juste sur la terre, au milieu du mal, et là où il fut exposé aux tentations de l’ennemi. Avant tout il y avait en lui, jusque dans ses pensées les plus secrètes, une parfaite intégrité de coeur ; il y avait en lui, dans l’obéissance, le propos de ne pas transgresser ; les paroles de la bouche de Dieu le dirigeaient dans l’obéissance ; et ainsi il ne mit jamais un seul instant le pied dans les sentiers du destructeur ; les paroles de la bouche de Dieu ne conduisent jamais là, comme le Seigneur nous le montre dans sa tentation au désert. Dans les sentiers de l’Éternel, il regardait à l’Éternel afin qu’il affermît ses pas : or c’est ici une partie de la justice dans l’homme, savoir la dépendance. Il a imploré Dieu, avec la pleine assurance que Dieu l’entendrait, et telle est la confiance que nous avons.

Tel a été le sentier de Christ : Christ en fait ensuite le fondement de son attente en l’intervention de la puissance de Dieu pour sa protection, comme Dieu délivre ceux qui se confient en lui, de l’oppression des méchants : «Rends admirable ta bonté, toi qui, par ta droite, sauves de leurs adversaires ceux qui se confient en toi» (vers. 7). Ils étaient dans la prospérité, ils s’enorgueillissaient ; mais l’Éternel était le refuge de Christ quand il n’intervenait pas encore, et Christ s’attendait à son intervention ouverte en sa faveur.

Remarquez que la perfection du caractère moral établit une proximité de confiance et donne le sentiment qu’on a du prix aux yeux de l’Éternel : Dieu voudrait voir ce sentiment en nous aussi. Combien plus valons-nous que des passereaux ; les cheveux mêmes de notre tête sont comptés ! Ici tout cela est parfait, et le juste en appelle à l’Éternel pour être gardé comme la prunelle de l’oeil, comme ce qui est le plus précieux à celui qui le possède.

Après tout, ces oppresseurs prospères ne sont que les instruments de l’Éternel, — des hommes de ce monde, rassasiés de tout ce que leur coeur peut désirer, par la providence extérieure de Dieu — mais quelle leçon pour les Juifs dont la part, selon la loi, était d’être bénis dans «leur corbeille, dans leur huche et dans le fruit de leur ventre». (Comparez la parabole du riche et de Lazare, et celle de l’économe infidèle). La Parole nous présente ici clairement la rupture avec ce monde et une place dans la gloire du monde à venir. «La face de l’Éternel en justice» et «son image» après le réveil dans un autre monde, valent bien la part des «hommes de ce monde». Mais, remarquez-le, la mort et un autre monde sont ici pleinement en vue, — bien que la délivrance aussi le soit, le résidu étant introduit ici d’une manière plus distincte : il en est ici comme de Matthieu 5, où nous trouvons ces deux mêmes choses. — Nous trouvons ainsi, dans ce premier livre, les Juifs à la fin des jours, mais au milieu de circonstances pareilles à celles de la vie de Christ, c’est-à-dire vivant pieusement au milieu d’un peuple méchant.

20               [Psaume 18]

Le Ps. 18 nous présente la relation de Christ avec toute l’histoire d’Israël, et en particulier Christ entrant dans les souffrances de la mort (non pas cependant dans les souffrances expiatoires ; celles-ci nous sont présentées au Ps. 22). Ce Psaume fait ressortir la liaison de la délivrance d’Israël et du jugement final exécuté en sa faveur sur la terre, avec le droit que Christ avait à cette intervention. Sans doute l’expiation était absolument nécessaire pour l’accomplissement de ces choses, mais ce n’est pas à ce point de vue que les souffrances de Christ sont envisagées ici. Dieu prend son plaisir en lui ; Il lui répond selon l’intégrité de son coeur, et délivre le résidu souffrant, aux souffrances duquel il s’est associé. Christ, en un mot, est la base de toutes les délivrances d’Israël, la cause de leur délivrance d’Égypte, et de leur complète et finale rédemption en puissance aux derniers jours, et leur libérateur personnel également. Il est dépendant de l’Éternel ; l’Éternel l’entend ; ses souffrances sont devant nous : mais à la fin il accomplit avec la puissance de l’Éternel la délivrance de son peuple, et est alors le témoin fidèle de la miséricorde de Dieu (khesed) envers David son oint, et envers sa semence à toujours. La miséricorde ici n’est pas seulement cette miséricorde dont nous parlerions à des pécheurs, mais la faveur et la grâce manifestées et goûtées, devenant ainsi la source de la piété dans l’homme. Cette miséricorde est célébrée particulièrement dans le Ps. 89, où le terme «khasid», saint, est appliqué à Christ en qui se concentrent la bonté, la piété et la miséricorde. Il est le «khasid» (Ps. 89: 19). C’est pourquoi les grâces accordées à Israël à la fin (et réellement à tous ceux qui en jouissent) sont appelées «les grâces assurées de David», confirmées par une alliance éternelle, et de fait, comme l’apôtre nous le montre, assurées par la résurrection de Christ, rendant ainsi bien claire leur liaison avec les douleurs de la mort dont parle notre Psaume.

Le Ps. 18 place également sous nos yeux une preuve scripturaire directe et un exemple de l’application d’un principe essentiellement important concernant la nature de tous les Psaumes, et nous donne ainsi une clef de leur caractère général et de leur forme. Nous apprenons par 2 Sam. 22 que l’occasion de ce Psaume a été la célébration par David de la délivrance qui lui a été accordée de la main de Saül et de tous ses ennemis. Mais il est évident que les paroles du Psaume ne s’arrêtent en aucune manière à quelqu’un des événements particuliers de la vie de David, et que dans son dessein général l’Esprit de Dieu n’a pas même en vue ce qui est arrivé à ce David souffrant, déjà oint, qui a été l’occasion du Psaume. L’Esprit de Dieu s’empare de la circonstance qui a un intérêt présent et personnel pour celui dont il se sert uniquement comme prophète, comme d’une occasion pour dévoiler la scène plus vaste dont Christ seul peut être le centre et l’explication complète, et relativement à laquelle les circonstances de David ne forment qu’un des anneaux (peut-être d’un haut intérêt) de cette chaîne qui conduit jusqu’à la pleine manifestation de Dieu et de ses voies dans leur grand résultat.

Il en a été ainsi de tous les prophètes et, ici, d’une manière toute spéciale. L’invasion de Sanchérib, par exemple, sert d’occasion pour introduire sur la scène l’Assyrien des derniers jours. De cette façon, les prophéties avaient une application du plus haut intérêt dans le temps où elles étaient prononcées et révélaient alors le gouvernement de Dieu, mais elles étaient en même temps la révélation de ces événements de la fin, sur la terre, au milieu de ces mêmes peuples et nations dans lesquels le gouvernement de Dieu doit être et sera entièrement et finalement manifesté. Les prophéties ne sont pas «d’une interprétation particulière», «idiaV epilusewV» (2 Pierre 1: 20), mais elles font partie du plan général du gouvernement de Dieu. Dans les Psaumes, en particulier, l’écrivain et l’occasion immédiate disparaissent quelquefois presque entièrement, et ne sont jamais l’objet principal, bien qu’il faille toutefois en tenir compte, là où les paroles du Psaume sont l’expression propre de sentiments personnels, au lieu d’être la révélation de faits objectifs. Dans ce dernier cas, les circonstances au milieu desquelles se trouvait l’écrivain, ont peu d’application. Les Psaumes, plus que d’autres parties de la prophétie, introduisent l’écrivain sur la scène, quoique le croyant reconnaisse que le Saint Esprit s’est servi des sentiments de celui qui parle pour créer ainsi une ressource pour d’autres, l’Esprit dominant cependant et opérant en eux, et connaissant l’écrivain par sa propre puissance bien au-delà de tout ce que les circonstances auraient suggéré à son esprit. Le sentiment, produit par la circonstance qui pouvait donner lieu au Psaume, n’était que l’occasion pour le Saint Esprit de se servir de l’écrivain pour préparer un document divin qui guidât les fidèles dans les âges futurs, ou révélât les sentiments de Christ lui-même comme prenant la cause de son peuple. Ces sentiments pouvaient être ceux de l’écrivain également comme cela se présente souvent quand il s’agit de piété ; mais, dans tous les cas, les paroles qui nous sont rapportées étaient comme la provision faite par l’Esprit pour les jours à venir, ou bien une prophétie relative à Christ lui-même et à la part qu’il prend aux voies de Dieu envers Israël et s’étendant, — si nous considérons le livre des Psaumes dans son entier — jusqu’à la célébration complète et manifeste des résultats de ces voies.

Le Ps. 18, nous l’avons dit, introduit l’histoire d’Israël tout entière, et parle comme si déjà la délivrance de dessous l’oppression de la puissance hostile était accomplie ; mais il célèbre particulièrement l’Éternel lui-même, le Libérateur, exprimant toujours la dépendance dans laquelle demeure à son égard celui qui parle. Tel est le sujet de ce Psaume. Ensuite, selon l’habitude des Psaumes, il passe par toutes les circonstances qui ont amené l’âme à ce qui est célébré dans le, ou les premiers versets. Christ nous est présenté : les douleurs de la mort l’environnent, la foule des méchants le presse ; les souffrances du hadès l’accablent et les cordeaux de la mort entourent son âme. Je ne doute pas que nous n’ayons ici l’expression littérale de ce que David a éprouvé, comme le montre d’ailleurs le verset 50 ; cependant, ainsi que je l’ai dit plus haut, ceci n’est que l’occasion, et le fond du Psaume s’applique à Christ : Christ passe dans son âme, comme à Gethsémané, au travers des douleurs de la mort. Là est le fondement de tout le reste. — Viennent ensuite la dépendance et les supplications : dans sa détresse il implore l’Éternel et crie à son Dieu ; l’Éternel l’entend comme habitant au milieu d’Israël, et son cri parvient jusqu’à Lui — puis les résultats suivent. Christ ici ne représente qu’Israël, car l’Église n’a rien à faire ici. Les vers. 7 à 16 nous présentent la délivrance d’Israël hors d’Égypte par l’intervention puissante de l’Éternel ; mais Israël avait d’autres difficultés ; il fallait que la puissance des ennemis qui étaient plus forts que lui, pour ce qui concerne la chair, fût annulée : ceci aussi a été accompli, et il a été amené en un lieu prospère.

Un autre principe est ainsi introduit : — la justice dans laquelle Dieu prenait plaisir, et qui, bien qu’elle ne se trouve parfaitement et absolument qu’en Christ, comme homme vivant, caractérise cependant les fidèles du résidu d’Israël, dans le coeur desquels est gravé l’amour de la loi de Dieu. Ce principe est développé depuis la fin du vers. 19 jusqu’au vers. 26. Christ est le fondement de tout ceci, mais c’est comme entrant dans la condition et les souffrances de son peuple. Il est l’Israël en esprit ; et c’est pourquoi, tandis que toute la valeur de sa perfection est devant Dieu pour les fidèles, — perfection de Celui dont toute la vie, dans son identification avec eux, était agréable à Dieu — nous devons nous placer au point de vue du résidu, et de David lui-même. Car si Christ prit place au milieu des fidèles du résidu, dans sa propre perfection, pour leur donner la valeur de cette perfection devant Dieu comme lui étant agréables, c’est cependant l’état de ceux à qui elle devait être comptée qui est réellement placé sous nos yeux dans notre Psaume. De là vient cette expression importante pour bien juger de l’usage littéral des Psaumes : «Je me suis gardé de mon iniquité» (vers. 23). Christ eût pu dire : «Je me suis gardé de l’iniquité», mais non pas «de mon iniquité». Mais l’Esprit de piété (de Christ) dans les fidèles du résidu les garde, en sorte qu’ils ne suivent pas la chair : ils reconnaissent qu’Israël s’est égaré ; ils se sont tous égarés. Mais, comme principe général, cette méchanceté était la leur propre, — ce qu’ils étaient en eux-mêmes ; — seulement ils en étaient gardés, et c’est là la vérité dans l’homme intérieur ; exactement ce que Dieu recherche. C’est le gouvernement de Dieu qui nous est ici clairement présenté dans ses immuables principes (vers. 25, 26). Or Christ, ayant entrepris la cause du résidu, comme s’étant associé à lui, à ces «excellents de la terre», toute la valeur de ce qui appelait sur lui le bon plaisir de Dieu, et qui, par grâce, se reproduisait en eux, était le principe de leur acceptation devant Dieu, bien que finalement tout dût reposer sur l’expiation. Mais, dans les fidèles, cette intégrité et cette nature divine intérieure se manifestaient en ce qu’ils étaient préservés de leur voie naturelle. À côté de cela il y avait une autre partie de ce gouvernement, savoir les tendres soins pour les affligés, par lesquels ceux-ci étaient sauvés, et tout l’orgueil de l’homme abaissé (vers. 27) : au milieu des ténèbres la lampe pouvait luire et la lumière se lever dans les ténèbres pour le juste.

Une autre scène se présente maintenant à nous: — la puissance qui délivre le résidu pieux ; et comme Christ avait pris part à l’affliction, au commencement, et qu’ensuite nous avons trouvé les fidèles dans leur propre position à eux, Christ cependant n’étant pas séparé d’eux, pour ce qui est de l’intérêt qu’il leur porte, et de son association avec eux (car il ne s’agit pas ici d’union qui est la part de l’Église) ; — ainsi il faut ici que Christ saisisse le pouvoir en personne (précisément comme dans Marc, nous le voyons occupé des semailles et de la moisson, aussi tout le temps intermédiaire s’écoule sans que son intervention personnelle ou ses soins apparaissent, quoique la récolte fût toujours à lui). La parole de Dieu s’est montrée ferme au travers de tout, et l’Éternel lui-même a été un bouclier pour ceux qui se confient en lui ; mais maintenant il donne la force et la victoire à son Oint pour Israël, depuis le vers. 29 jusqu’à la fin du Psaume. Sans doute, le langage est celui de David ; mais c’est réellement l’introduction du royaume de Christ. Si l’on a bien saisi le caractère général de la dernière partie de notre Psaume, quelques observations suffiront pour en faire ressortir les détails : la victoire, une victoire à laquelle rien ne peut résister, domine toute cette fin du Psaume, mais au vers. 43 il y a quelques particularités à noter. Trois classes de personnes y sont mentionnées comme devant servir le Messie : le peuple, aux séditions duquel il a échappé ; les nations dont il a été établi chef ; puis un peuple, jusque-là inconnu, avec lequel il n’avait pas encore été en relation. Le Messie est délivré des luttes et des débats des Juifs impies — il est établi chef des nations ; enfin un peuple, jusque là étranger, le servira, — devenu maintenant un peuple qui lui appartient. La soumission sera immédiate, tant sont manifestes maintenant sa puissance et sa gloire ; même là où il n’y a pas de vraie sincérité, ou au moins de preuves de cette sincérité, il sera obéi sans coup férir, tout genou se ployant devant lui. Il s’agit ici du millénium ; l’Éternel est de nouveau reconnu.

Ayant traversé toutes les difficultés du chemin avec Israël, ou du moins avec les Juifs, nous nous retrouvons en face du but originel du Psaume. Je ne vois pas l’antichrist ici : le seul mot qui pourrait sembler se rapporter à lui, est l’expression du vers. 48 : «l’homme violent» ; mais je pense que cet homme violent est un ennemi du dehors : c’est pourquoi le Psaume célèbre l’Éternel parmi les nations, tandis que la destruction de l’antichrist serait célébrée parmi les Juifs.

Il faut le remarquer ici, Christ quoique revêtu de force de par Dieu, est envisagé comme l’homme dépendant, et, sur la terre, soit souffrant, soit victorieux. Nous le trouvons tel que nous avons pu apprendre à le connaître par l’étude des versets 4-6, au commencement du Psaume, dans ses souffrances et sa détresse ; et bien que David soit partiellement en scène, cependant c’est réellement le Messie qui nous est de nouveau présenté depuis le vers. 32. Dans l’intervalle, nous trouvons Israël, premièrement délivré comme nation, ensuite traversant les afflictions et la calamité. Alors les principes du gouvernement de Dieu sont établis, et la délivrance est introduite. Il est du plus haut intérêt de voir, après que la personne du Messie a été introduite et que son association avec le résidu pieux a été établie, l’histoire publique d’Israël rattachée tout entière, depuis le commencement jusqu’à la fin, à son intérêt pour eux, et à sa participation à leurs douleurs : «Dans toutes leurs angoisses, il a été en angoisse».

21               [Psaume 19]

Nous arrivons maintenant aux témoignages rendus dans le monde ou à Israël. Le Ps. 19 nous fournit deux de ces témoignages : d’abord la création, et particulièrement la création dans les cieux, qui se trouve au-dessus de l’homme et n’a pas été corrompue par lui : c’est là un témoignage à Dieu, comme Dieu. Ensuite il y a la loi (vers. 7), la loi de l’Éternel. Devant ce double témoignage, le péché apparaît sous un double aspect au Juif pieux dans son humble condition : en premier lieu, il ne peut pas dire son péché, tant il le connaît peu — et ici il désire être purifié. En second lieu, il entrevoit des actions commises par fierté ; et de celles-ci, il désire être gardé. De cette manière il sera préservé de se détourner de l’Éternel en quoi que ce soit.

22               [Psaume 20]

Au Ps. 20, au milieu des souffrances et du mal qui est entré dans le monde, en rapport avec les deux témoignages précédents, la Parole place devant nous le témoin fidèle, le témoin vivant lui-même. On le voit au jour de sa détresse, car il est descendu au milieu d’un peuple impie; le résidu, prophétiquement désigné par le fait qu’il prend part à la détresse du Messie, est assuré que l’Éternel exaucera son Oint. Il y a de la conscience dans les fidèles ; la vérité est dans leurs coeurs en présence de la loi, et de la loi comprise spirituellement ; ils s’intéressent de coeur au Messie lorsqu’il est méprisé et rejeté des hommes ; toutefois nous sommes en Israël et ils attendent le secours du Dieu d’Israël et de ce Dieu comme demeurant au milieu d’eux et ayant là son sanctuaire. Au Ps. 16, le Seigneur s’identifiait avec le résidu ; ici les fidèles s’associent de coeur avec lui dans ses souffrances et son combat, bien qu’ils n’en voient peut-être que le dehors, étant assurés toutefois de son acceptation devant l’Éternel. Ils désirent que ses oblations soient acceptées, que le désir de son coeur et ses conseils soient accomplis et que toutes ses demandes lui soient accordées. Leur joie est dans la pleine délivrance de cet Oint béni, mais dépendant, et le vers. 6 exprime la parfaite assurance de leur foi à cet égard : l’Éternel a exaucé du ciel, les puissants sont tombés, les pauvres du troupeau sont relevés et soutenus devant lui. — Au vers. 9, le Messie prend une autre position : l’Oint, dépendant de l’Éternel, avait été délivré au jour de sa détresse ; maintenant les fidèles du résidu attendent que le roi les exauce au jour qu’ils crient à lui. C’est toujours à l’Éternel qu’on s’attend comme Sauveur, mais on invoque le Messie, le Roi ; ils savent maintenant que l’Oint est élevé sur le trône. Nulle autre partie des Écritures ne dévoile la personne de Christ comme les Psaumes, à l’exception toutefois des deux premiers chapitres de l’épître aux Hébreux, qui s’y rapportent et leur servent de clef. — Ici le Messie associé au résidu est l’homme dépendant, mais élevé aussi comme Roi pour être invoqué par Israël ; un peu plus loin nous trouverons qu’il est l’Éternel lui-même.

Je ne vois pas de raison pour changer ici le texte conformément aux Septante, que d’autres, et parmi eux la Vulgate, ont suivi. Les anciens, la version syriaque et toutes les interprétations juives lisent comme nous, au lieu de lire, comme le veulent quelques-uns : «Éternel, sauve le roi ! réponds-nous, etc... !» Déjà au Ps. 21 l’Éternel et le Roi sont associés dans le jugement, comme nous les avons vus associés plus haut, au Ps. 2 ; et c’est ici précisément le point capital de l’instruction des Psaumes, — le mystère de la manifestation de Christ dans la chair.

23               [Psaume 21]

Le Ps. 21 est la réponse à la requête du Ps. 20 : l’élévation de Christ y projette sa lumière pour mettre en relief le vrai caractère des demandes du Ps. 20. Le roi se réjouit dans la force de l’Éternel et s’égaie de la délivrance que cette force a introduite. Cette délivrance est ensuite manifestée : l’attente patiente du résidu, comme nous l’avons vu au Psaume précédent, était que l’Éternel accorderait au Messie souffrant le désir de son coeur et exaucerait toutes ses demandes. Maintenant, par l’élévation de Christ, ils peuvent dire, et l’Esprit dit pour eux : «Tu lui as donné le désir de son coeur et tu ne lui as pas refusé la requête de ses lèvres». Bien plus, la bienveillance et l’amour de l’Éternel pour lui, le prévenaient par des bénédictions excellentes et mettaient sur sa tête une couronne d’or fin. Mais ce Psaume nous révèle avec plus de détails ce qui s’était réellement passé et ce qui avait été accompli. Le Messie avait demandé la vie à l’Éternel (comp. Héb. 5) et Il la lui avait donnée, même une longueur de jours pour toujours et à perpétuité, c’est-à-dire la vie éternelle de l’homme ressuscité et glorifié. Telle avait été la réponse de l’Éternel au cri du Messie souffrant, quand la mort avait été devant lui ; cela est clairement manifesté dans ce qui suit. Sa gloire est grande par cette délivrance, par la faveur de l’Éternel ; il a été ressuscité d’entre les morts par la gloire du Père ; l’Éternel l’a revêtu de majesté et de magnificence ; il l’a mis pour bénédictions à toujours et l’a rempli de joie par Sa face. Telle a été la délivrance du Messie souffrant, la réponse de Dieu à son cri, la glorification de l’homme souffrant. Il n’est pas envisagé ici comme portant la colère de Dieu ; au contraire, lorsqu’il est abattu, le secours doit venir de l’Éternel, et le jugement de ses ennemis en est, comme nous l’avons vu, la conséquence. L’inimitié et les machinations de l’homme sont en vue, puis vient le jugement : la droite du Roi trouve tous ses ennemis ; l’Éternel les engloutira. Je le répète, ce ne sont pas les souffrances expiatoires du Christ qui nous sont ici présentées, mais les machinations méchantes des hommes. C’est pourquoi les souffrances du Messie n’amènent pas la paix, mais le jugement.

Nous trouvons donc ici Christ souffrant, et criant à l’Éternel ; Christ élevé comme homme, couronné de gloire et d’honneur ; Christ, enfin, exécutant le jugement sur ses ennemis ; et les trois Psaumes qui viennent de nous occuper, ont fait passer successivement devant nous le témoignage de la création, le témoignage de la loi, puis les souffrances et l’élévation du Messie (le vrai et fidèle témoin), véritable et final témoignage des justes voies de Dieu. Ce témoignage sera de la plus haute importance pour le résidu aux derniers jours, soit quant aux souffrances, soit quant à l’assurance de la délivrance. Christ a souffert comme homme de la part des hommes et pour sa fidélité ; le jugement des hommes en sera la conséquence ; en attendant il est élevé en haut. Mais il a aussi souffert de la part de Dieu pour le péché, et les faits qui s’y rapportent sont développés au Ps. 22, de même que les résultats de ces souffrances spéciales.

24               [Psaume 22]

Au Ps. 22, les souffrances de Christ ont un caractère différent et bien plus profond qu’au Ps. 20. Nous sommes placés en face de l’oeuvre glorieuse qui est le fondement de toute la bénédiction développée dans les autres Psaumes, ainsi que de toute la bénédiction et de la gloire éternelles. En même temps, cette oeuvre rend possible l’intérêt que Christ prend à ses saints, parce qu’elle rend cet intérêt légitime et aboutit à la gloire de Dieu. — Nous avons déjà fait observer ailleurs, comme principe général, que souvent le sujet d’un Psaume nous est donné dans le premier ou les premiers versets : c’est encore ici le cas. Christ avait souffert de la part des hommes, de la part d’hommes aussi violents qu’insensibles; des chiens l’avaient environné, de puissants taureaux de Basan l’avaient entouré. Mais si la mesure de ces souffrances dépasse toute expression, si ce que Christ a souffert ainsi, il l’a senti plus et autrement que des souffrances ordinaires de la part des hommes, parce qu’ici, ces souffrances étaient entièrement injustes, et supportées par amour pour l’Éternel pour le nom duquel il souffrait la honte ; cependant d’autres que lui avaient, dans une certaine mesure et pour l’amour du Seigneur, enduré des souffrances de la part des hommes sans pitié ; si lui, en grâce, a été le Chef et le Consommateur de la foi, d’autres que lui — et c’était, quant à eux, le privilège qui leur était accordé, et quant à Dieu, la bonne volonté de sa grâce — avaient par grâce fait quelques pas dans ce sentier tracé par Dieu. Ils s’étaient confiés en Dieu et ils avaient été délivrés ; selon qu’il l’avait promis, l’Éternel ne les avait jamais délaissés ou oubliés ; ils savaient, dans leurs consciences, qu’il ne manquait jamais à aucune de ses bonnes et miséricordieuses promesses. Mais ici, nous nous trouvons en face d’une souffrance qui était hors de la portée de la promesse, et bien plus, qui devait poser le fondement de son juste accomplissement ; nous sommes en présence d’une scène nouvelle, d’une scène sans pareille dans le passé et dans l’avenir de l’histoire éternelle des cieux et de la terre, d’une scène unique : —  le juste abandonné de Dieu. Impossible qu’elle se retrouve une seconde fois, car elle y perdrait son caractère et détruirait ou ruinerait son premier témoignage, Dieu parfaitement glorifié, moralement glorifié à l’égard du péché (et Dieu ne l’aurait pas été, si la scène avait dû être répétée). Elle s’accomplit une fois pour toutes, complètement et parfaitement. La nature de Dieu est établie moralement, en témoignage dans l’univers ; et il n’y a plus aucune place pour la répétition d’une telle oeuvre. Tout est accompli, la gloire de Dieu est parfaitement et éternellement établie.

Mais pour amener ce résultat, à l’égard du bien et du mal, afin que la justice, la grâce et l’amour pussent être établis là où sont la faiblesse et le péché, il a fallu que tout ce que Dieu était contre le mal fût constaté et réalisé. Mais contre qui ? — Qui est-ce qui pourra l’endurer ? — Si c’est contre le pécheur, ce sera pour lui le malheur éternel, et l’amour, ce que Dieu est, ne sera pas manifesté. Mais le Seigneur se donne lui-même, lui qui était seul capable de porter le fardeau et qui, dans la plus profonde humiliation de ceux dont il prit la cause, était puissant pour accomplir l’oeuvre dans leur nature. Il porte dans son âme le poids de tout ce que Dieu est contre le mal. Heure terrible! Elle seule peut nous faire comprendre ce que sont la justice et le jugement.

Voilà ce qui nous est présenté ici, ce qui nous est présenté dans les paroles même de Christ, manifestant le grand fait et le sentiment qu’il en avait : ce qui s’est passé là, nul coeur d’homme ne peut le sonder. C’est le fait qui est placé devant nous ici, mais avec l’expression du sentiment qu’il en a eu lui-même. Cependant nous avons sous les yeux le juste, conscient de sa justice, celui qui est parfaitement obéissant ; il a le sentiment de son néant quant à sa position, mais aussi le sentiment de la perfection certaine et immuable de l’Éternel. Il est juste, et il peut dire : Pourquoi ? Il est soumis — «et toi, tu es saint». Ici, nulle activité de la volonté mettant en question les voies de Dieu, mais un état sûr et parfait qui voit, quoi qu’il en soit, la perfection de Dieu. Car le seul juste qui eût glorifié Dieu dans toutes ses voies, est seul exclu ici de toutes les voies de la juste faveur de Dieu envers les justes : il est abandonné ; il crie et l’Éternel ne l’entend pas ; il est un ver et non pas un homme. Mais cette position ne pouvait durer, pas plus qu’il ne pouvait être retenu par la mort, parce qu’il avait glorifié Dieu parfaitement en allant jusqu’au bout de l’épreuve et en attendant le temps qui conviendrait à Dieu. Celui qui faisait partout et toujours les délices de l’Éternel ne pouvait pas être exaucé jusqu’à ce que tout fût accompli, bien qu’il fût l’objet de ce bon plaisir de l’Éternel plus glorieusement, et à plus juste titre, que dans l’accomplissement d’une justice vivante, quelque parfaite qu’elle eût été. Dans sa vie, il avait glorifié Dieu à l’égard du bien ; il avait été parfait dans son obéissance comme homme et parfait en manifestant le nom de grâce de son Père, proclamant ce que Dieu était, quoi qu’il pût lui en coûter ; les outrages de ceux qui outrageaient Dieu, sont tombés sur lui : — mais maintenant, étant fait péché, il glorifie Dieu à l’égard du mal ; et ceci a un caractère et une valeur absolument uniques dans son genre, comme nous l’avons vu : À cause de ceci le Père m’aime, c’est que moi je laisse ma vie, afin que je la reprenne (Jean 10: 17).

Là où le péché est placé devant Dieu, c’est-à-dire où Christ était fait péché, mais dans une position où son obéissance était absolue et parfaite, dans un entier dévouement de lui-même pour Dieu; — ce qui est le contraire du péché — là où la justice de Dieu trouvait un motif d’amour : dans cette position même Dieu devait l’abandonner, pour poser à la fois le fondement de la justice éternelle et de la bénédiction éternelle. Là, Dieu était parfaitement glorifié et le fondement de l’accomplissement de tous ses conseils en gloire était établi d’une manière immuable.

Plus nous étudions la croix, plus nous y voyons la solution de toute la question du bien et du mal, ainsi que l’établissement de la base immuable de la bénédiction parfaite que Dieu veut manifester en justice, en grâce et aussi en majesté, dans les nouveaux cieux et la nouvelle terre où la justice habite. Pour nous, nous y découvrons d’abord le témoignage béni que la croix fait face à tous nos besoins ; mais en la contemplant en paix, nous y voyons l’homme dans tout son péché, haïssant et rejetant Dieu manifesté en grâce et en bonté ; puis, toute la puissance de Satan ; les disciples s’enfuyant de peur et le monde tout entier exerçant sa puissance contre Christ ; tandis qu’il y avait, d’autre part, dans la personne de Christ, l’homme, dans une bonté et une obéissance absolues, aimant le Père et glorifiant Dieu quant au péché même et selon que ce péché l’avait rendu nécessaire. En même temps, nous voyons là, comme nulle part ailleurs, Dieu dans sa justice parfaite contre le péché et dans son amour parfait envers le pécheur. L’innocence était une bénédiction conditionnelle, mais la croix établit une bénédiction parfaite dont la valeur ne peut jamais changer. C’est une justice éternelle. C’est pourquoi la bénédiction des nouveaux cieux et de la nouvelle terre est immuable. Nous avons eu un Eden innocent, un monde pécheur; nous aurons, outre le règne de la justice, de nouveaux cieux et une nouvelle terre où la justice habite, et nous le devrons à la croix.

Lorsque l’oeuvre, cette oeuvre morale de la glorification de Dieu, est complète, alors il est exaucé des cornes des buffles. L’homme et tout ce qui s’y rattache est hors de vue, d’épaisses ténèbres le couvrent, alors que tout ce qui est de Dieu, comme ce qui est de la puissance et de l’impuissance du mal s’opposant à la souveraine bonté et à la justice de Dieu, a été amené à ce résultat divin où Dieu a été glorifié. Tout se passe entre l’âme de Celui qui est une offrande pour le péché et le juste Jéhovah, et tout est accompli. Il est parfait ; il a établi la gloire de Dieu ; il l’a glorifié lorsqu’il ne pouvait pas être exaucé ; puis il a été exaucé, et tout est accompli ! Il descend, il est vrai, dans le tombeau, sûr et irréfutable témoin du fait que tout ce qui tenait à cette grande cause dont la mort était le témoin ordonné, était arrivé à son terme ; mais il y descend seulement afin de ressusciter sans que rien manque désormais à la perfection de l’oeuvre de propitiation et à la glorification de Dieu à l’égard du péché ; à la victoire complète sur l’ennemi, quel qu’il soit, même le dernier ennemi, la mort. Il est exaucé ! Qui pouvait le mettre en question parmi ceux qui ont su qu’il était ressuscité ?

Que reste-t-il maintenant ?

    Le péché ? En ce qui concerne les résultats de l’oeuvre accomplie, il était entièrement et à jamais ôté de devant les yeux de Dieu pour ceux qui avaient une part avec Christ (*).

    La colère ? Il en avait bu la coupe.

    Le jugement contre le péché ou le jugement du croyant à cause du péché ? Il l’avait porté.

    La puissance de la mort sur l’âme ? Il en avait triomphé.

    La puissance de Satan qui avait l’empire de la mort ? Il l’avait anéantie.

Mais la lumière de la face et de l’amour du Père était là, le bon plaisir du Père en justice divine et en notre faveur. Jésus entre dans une nouvelle relation avec son Dieu et Père, en tant qu’établie devant lui en justice sur le fondement de ce qu’il avait accompli pour le glorifier et non pas seulement comme objet personnel des éternelles délices du Père : c’est pourquoi cette position est immuable pour ceux qui y ont une part avec lui, ainsi que pour la bénédiction éternelle des nouveaux cieux et de la nouvelle terre. Cette position a été acquise pour des pécheurs en ôtant leur péché, et elle est fondée sur la justice de Dieu lui-même. Comme homme il entre maintenant dans la pleine bénédiction de cette relation avec Dieu sur la base de la justice divine.

(*) Cela a été manifesté par l’envoi du Saint Esprit après que le Seigneur eut été glorifié. Les nouveaux cieux et la nouvelle terre seront la pleine manifestation des résultats de l’oeuvre de la croix qui sera, en outre, la juste base de la condamnation de l’homme incrédule.

Christ, durant sa vie ici-bas, employait naturellement, dans sa relation avec Dieu, le terme «Père». À la croix, après les heures de ténèbres, il dit : «Mon Dieu, mon Dieu» (en mourant, de même qu’en Gethsémané, il dit : «Père») et après sa résurrection, Père et Dieu (Jean 20: 17) — le premier terme exprimant sa relation personnelle et les délices du Père, le second, la justice divine dans laquelle il nous a introduits.

Mais Jésus avait «ses frères» — ceux, du moins, auxquels il s’était associé et qu’il aimait plus que tout après la gloire de son Père. Une fois entré dans le lieu sans nuages de la bénédiction, son coeur n’avait plus besoin que de déclarer à ses frères le nom qui était l’expression de cette bénédiction ; le connaître, c’était être amené à cette bénédiction : «Je déclarerai ton nom à mes frères». Ce témoignage si particulièrement précieux de son amour est précisément celui que Christ a donné à ses disciples après sa résurrection : «Va vers mes frères, et dis-leur : Je monte vers mon Père et votre Père, vers mon Dieu et votre Dieu» (Jean 20: 17).

Remarquez que c’est «des cornes de buffles» qu’il a été exaucé, au moment où son oeuvre s’achevait, lorsqu’il avait soumis son âme à la mort comme jugement divin. L’obéissance jusqu’à la mort étant complète, l’exaucement devenait juste et nécessaire. La résurrection en a été la preuve pour l’homme ; mais lui pouvait dire : «Père, entre tes mains je remets mon esprit» ; remettre son esprit réellement à son Père, et assurer le brigand qu’il serait ce jour-là même avec lui dans le Paradis.

J’ai déjà fait observer un caractère infiniment précieux de ce Ps. 22, si différent de ceux qui parlent des souffrances de Christ de la part des hommes, et même en contraste avec eux, car, ici, tout est grâce. Pas un mot de jugement ! En effet, qui donc aurait à passer en jugement, après que Dieu lui-même avait infligé les souffrances et caché sa face à Celui qui se présentait comme le substitut des croyants. Par ces souffrances mêmes, ils étaient délivrés de leurs péchés. Sans doute, ces souffrances étaient l’expression du jugement, mais d’un jugement passé, épuisé, de sorte que tout était grâce désormais. Dès lors, la grâce coule comme un fleuve, flot après flot, portant la bénédiction et rien d’autre. Remarquons, toutefois, que cette bénédiction est ici tout entière sur la terre, tant il est vrai que le Seigneur n’a en vue qu’Israël et les Juifs, dans les Psaumes ; et quoique nous ayons vu passer devant nous sa propre résurrection et que nous ayons plus loin la mention de son ascension, en sorte que le chemin de la vie soit ainsi ouvert à la foi jusqu’en la présence de Dieu lui-même, néanmoins le lieu d’habitation céleste des saints n’est pas révélé. Nous savons bien que les vérités sur lesquelles repose la bénédiction, s’étendent plus loin que la terre, mais le Psaume n’en parle pas : «Je te louerai au milieu de la congrégation». Le résidu rassemblé alors est le premier cercle réuni dans les parvis de la louange ; — puis vient la bénédiction millénaire de tout Israël. Ceux qui craignent l’Éternel sont invités à le louer. Les hommes ne savent que craindre Dieu, et rien de plus ; mais cette oeuvre fait que ceux qui le craignent le louent en ce jour-là. Ainsi, ceux qui craindront l’Éternel pendant la tribulation à venir et qui souffriront pourront désormais prendre courage, car Christ sera le garant de leur délivrance et leur confiance (et il peut l’être parce qu’il a fait la propitiation). De fait, il sera leur délivrance positive, parce que l’Éternel, au jour où Christ affligé a crié, n’a pas fermé l’oreille à son cri, ni caché sa face de lui, lorsqu’il avait crié : Jéhovah l’avait entendu. — Il avait été affligé pour un moment, mais seulement afin que dans ces souffrances la propitiation fût faite ; il est exaucé, maintenant qu’elle est accomplie. Il pouvait donner à d’autres aussi l’assurance de la délivrance. Il en résulte que les débonnaires de la terre mangeront et seront rassasiés ; ils seront en paix. Mais la bénédiction ne sera pas limitée à Israël : tous les bouts de la terre s’en souviendront, et se tourneront vers l’Éternel, et se prosterneront devant lui, car le règne appartiendra au Seigneur ; c’est lui qui dominera et tout genou fléchira devant lui. La bénédiction n’est pas même limitée à cette génération, mais ils viendront et raconteront sa justice à un peuple qui naîtra et lui annonceront que le Seigneur a fait ces choses.

En m’occupant ici de l’explication des Psaumes, je dois laisser de côté la méditation de l’oeuvre elle-même sur laquelle le Ps. 22 est fondé ; je dis : fondé, parce que le Psaume parle de ce que Christ a senti en accomplissant l’oeuvre, plutôt que de l’oeuvre elle-même. Je désire seulement que ce constant et inépuisable sujet de méditations des saints ait sur l’âme de mon lecteur, comme sur la mienne propre, toute la force dont de faibles créatures humaines, par la puissance du Saint Esprit, peuvent être capables. Pour ce qui concerne la paix, notre consolation est que, comme l’oeuvre a eu sa source dans l’amour de Dieu, Dieu aussi apprécie cette oeuvre parfaitement, et qu’en même temps qu’il a glorifié Jésus, il a lui-même accepté cette oeuvre pour notre paix. Mais, je le répète, je ne suis occupé ici que de la structure du Psaume lui-même, pour la développer de mon mieux.

Quant aux souffrances extérieures, le lecteur remarquera combien elles étaient profondes ; mais Christ seul, entre tous les justes, devait porter le poids de l’abandon de Dieu : lui qui avait souvent exprimé sa confiance en l’Éternel, et l’intimité de sa relation avec lui, et qui avait enseigné ses disciples à mettre leur confiance en Celui qui exauçait toujours la prière, il faut qu’il proclame publiquement qu’il n’est pas exaucé, mais abandonné ! Quelle expression de ce que fut cette heure ! — Comme nous l’avons déjà fait remarquer, les souffrances de Christ de la part des hommes amènent le jugement sur ses ennemis ; tandis que l’abandon qu’il souffre de la part de Dieu, étant expiatoire, — et c’était, pour lui, endurer le jugement — tout ce qui en découle n’est que grâce sans mélange! Une fois exaucé des cornes des buffles, tout est grâce. Un fleuve de grâce coule pour le résidu, ensuite pour Israël, pour le monde, pour la génération à venir — et la seule et unique source de cette grâce, c’est l’oeuvre inébranlable et divinement parfaite de l’expiation, accomplie dans la mort de Christ. Quant à l’oeuvre, dans les souffrances, il a été seul. — Cela fait et accompli, il prend place au milieu de la congrégation dont il s’entoure.

Remarquez combien parfaite a dû être en Christ la connaissance du nom de son Dieu et Père, dans la jouissance de laquelle il entrait comme homme après qu’il eut ôté le péché, combien parfaite a été en lui la joie qui en découlait, comme aussi la pleine satisfaction de Dieu en lui et dans son oeuvre. Tout ce que Dieu a été contre lui alors, il l’est pour lui maintenant, en vertu de l’excellence de son oeuvre ! Quelle connaissance Christ ne doit-il pas avoir de ce que c’est, que de passer des souffrances insondables de la croix dans cette lumière de la joie divine ! Eh bien ! cette délivrance est ici le motif de sa louange, et tel doit être aussi le caractère de nos louanges ; elles doivent découler de la bienheureuse certitude que nous sommes sortis de l’enceinte du péché, de la mort et du jugement, et entrés dans la perfection de la faveur divine. Tout ce qui ne découle pas de ce sentiment-là est en désaccord avec Celui qui conduit nos louanges.

25               [Psaumes 23 et 24]

Les Psaumes 23 et 24 s’interprètent en quelque sorte, eux-mêmes : nous y trouvons la parfaite confiance dans le Berger, l’Éternel, fondée sur l’expérience de ce qu’il est en toute circonstance, puis le caractère de ceux qui auront une part avec Jacob : deux principes que les Ps. 16 et 17 ont mis en évidence relativement à Christ, et qu’on retrouve dans un grand nombre d’autres Psaumes : savoir la confiance en la fidélité de l’Éternel, et la justice pratique qui caractérise ceux qui se tiendront dans la sainte demeure de l’Éternel au temps de sa gloire millénaire. Mais l’Éternel y prend place, comme Roi de gloire. Ceci nous donne le côté divin, dans toute sa perfection, du chemin suivi par le Seigneur et du résultat manifesté dans la gloire terrestre, par rapport au résidu, à Christ, et à l’Éternel. Nous trouvons, en outre, le témoignage précieux pour nous que, d’un côté, Christ a sa place et sa part avec les fidèles dans le sentier que Dieu leur a tracé, et que, d’un autre côté, il l’a avec l’Éternel, car il était réellement homme, et réellement l’Éternel. Mais entrons un peu plus dans les détails.

26               [Psaume 23]

Ce qui rassure et réjouit l’âme au Ps. 23, ce n’est pas ce que l’Éternel donne, mais l’Éternel lui-même. Il nous fait reposer (car c’est là le fruit naturel de sa grâce en tout temps et cela en sera aussi le résultat) dans de verts pâturages et nous mène à des eaux paisibles. Douce et abondante pâture, là où ne peut atteindre aucune sécheresse, — sécurité pour en jouir et conduite sûre vers ces rafraîchissements divins, dont on jouit en paix, telle est la portion donnée par les soins du Berger ; mais ce qui donne confiance et ôte les craintes, c’est lui-même. Le mal est entré sur la scène : nous devons le sentir en nous-mêmes, [mais] Christ, dans tout ce qui l’a entouré, en sorte qu’il a pu être saisi d’une profonde tristesse et troublé ; mais nous, hélas, plus que cela ! Le bon Berger, — et Christ est pour nous le bon Berger — restaure l’âme et nous conduit dans des sentiers de justice à cause de son nom. La bénédiction dépend de ce qu’il est, non pas de ce que nous avons saisi. Sans doute j’ai de la bénédiction et j’apprends à la goûter dans les verts pâturages ; et, si j’ai été troublé ou que je me sois égaré, il restaure mon âme. Mais avec le chagrin et la douleur, le péché a apporté aussi la mort. Alors il vient et me fait passer au travers de la mort et me console. Ensuite, il y a des ennemis mis sur le chemin ; il dresse la table devant moi et je m’en rassasie en leur présence. Quelle consolation, là aussi, pour le chrétien ! Puisque c’est de l’Éternel lui-même que je suis appelé à dépendre, et non pas des circonstances dans lesquelles je me trouve, — je peux dire : «Tu as oint ma tête d’huile, ma coupe est comble». Lorsque j’ai vu toutes les peines et les difficultés de la route, j’ai l’Éternel lui-même plus distinctement comme étant la bénédiction, en sorte que je puis compter sur elle pour toujours, car lui ne change pas. En ayant fait l’expérience dans le passé, devant tous les effets de la puissance de l’ennemi, et sachant ce qu’il a été Lui-même pour moi dans ces circonstances, je puis compter sur la bénédiction en tout temps, pour l’avenir. — La fin des voies du Seigneur est que nous serons amenés à habiter avec lui à jamais. La bénédiction est moins apparente à la fin, mais bien plus profonde et plus personnelle, et, comme nous l’avons dit, l’âme se repose sur l’Éternel, connu dans toutes les circonstances, et non pas sur la bénédiction qu’il se plaît à donner. Une âme exercée a ainsi, comme résultat, une bénédiction bien plus profonde qu’une âme simplement bénie. Le résultat pour Israël — et bien plus pour nous — est plus que les verts pâturages dans lesquels, à l’origine, le peuple avait été le troupeau placé par l’Éternel ; il est dans la profonde connaissance qu’une âme exercée a acquise de la fidélité de l’Éternel, et ainsi, selon la béatitude de sa propre nature, le repos sera son repos. Les verts pâturages convenaient à des brebis, mais la tête ointe, la coupe débordante et la maison du Seigneur pour toujours, voilà ce qui convenait à Celui qui demeurait là.

Tel est le résultat de la confiance du résidu en l’Éternel alors que les verts pâturages sont, en quelque sorte, perdus pour un temps : dans ces conditions, on suit l’Agneau. Pour nous c’est Christ qui est le Berger. Nous souffrons avec lui, et nous avons de plus une meilleure bénédiction. En attendant, les soins du Berger sont là sous une autre forme.

27               [Psaume 24]

Le Ps. 24, comme nous l’avons vu, nous présente le second aspect de la condition du résidu à l’égard du bien, de ce que la grâce produit en eux. L’Éternel était le Berger tout le long du chemin ; à la fin, la terre et tout ce qu’elle contient, le monde et ceux qui l’habitent, sont à lui. Le ciel n’est pas directement introduit sur la scène, ni le long du chemin, ni à son terme ; mais l’Éternel a, sur la terre, un lieu spécial de son habitation, une montagne qui est particulièrement son héritage. Qui montera en ce lieu-là ? — Ceux dont la parole nous donne le caractère: — l’homme qui a les mains innocentes et le coeur pur ; qui ne s’attache pas aux idoles ; qui ne jure point faussement à son prochain. — Ceux-là seront bénis ; ils sont la génération et ont le vrai caractère de ceux qui recherchent Jacob, car Dieu a établi en Jacob le lieu de sa demeure. Ils recherchent Jacob en tant que peuple béni du Seigneur ; mais s’ils montent à la montagne de l’Éternel et entrent dans sa sainte demeure, la couronne de leur bénédiction, c’est que l’Éternel lui-même entre par les portes ouvertes afin de demeurer là. Le Seigneur victorieux, l’Éternel des armées, entre. Christ lui-même qui a pris la place de ses brebis pour marcher devant elles, occupe alors la place de l’Éternel, qui lui appartient de droit, et dans laquelle il est reconnu lorsque la plénitude de la bénédiction est introduite et révélée. Ceci vient clore le développement de la position de Christ en rapport avec le résidu, tel que nous l’ont présenté les Psaumes que nous venons d’étudier, à partir du Psaume 16, le premier qui introduise formellement ce sujet, et nous avons à nous occuper maintenant de la position du résidu à un point de vue et sur un terrain nouveaux.

28               [Psaume 25]

Christ ayant été introduit, non pas encore en gloire, mais comme s’associant au résidu et souffrant même la mort pour lui, la Parole peut maintenant nous occuper prophétiquement de tout ce qui concerne l’état d’Israël. Ici, au Ps. 25, nous rencontrons pour la première fois la confession des péchés. Il ne s’agit plus simplement d’une position, comme nous pouvions la trouver dans les Ps. 3 à 7, ni du sentiment des circonstances au milieu desquelles l’homme pieux se trouve, tel que nous l’ont retracé les Ps. 11 à 15, fondés sur les Ps. 9 et 10 ; mais la condition tout entière du résidu, comme celui-ci la sentira, est maintenant placée devant nous.

Les premiers mots caractérisent les fidèles «À toi, Éternel, j’élève mon âme !» L’homme pieux exprime sa confiance en son Dieu et demande à ne pas être confus dans son attente comme le seront ceux qui agissent perfidement. Le vers. 3 distingue clairement le résidu. Il y a dans l’âme des fidèles le désir de connaître les voies de l’Éternel, d’être enseignés dans ses sentiers, car il est le Dieu de leur salut ; ils se sont toujours attendus à lui. Au vers. 6, le fidèle se jette entre les bras de la miséricorde divine, s’abandonnant à Dieu tel qu’il s’était lui-même manifesté en bonté ; il supplie Dieu de ne plus se souvenir des péchés passés d’Israël, mais de lui-même, à cause de sa bonté ; le fidèle sait que l’Éternel est bon et droit et que, par conséquent, il enseignera le chemin aux pécheurs, et c’est ici un point important. — Ensuite, nous trouvons le caractère du résidu : les fidèles sont les débonnaires de la terre et l’Éternel les fera marcher dans la justice ; toutes ses voies ne sont que gratuité et vérité envers eux, et ils gardent son alliance et ses témoignages (vers. 9-10). L’homme pieux confesse ici, de la manière la plus complète, non plus seulement les péchés passés d’Israël, mais son propre péché ; il s’attend à la miséricorde seule, tant son péché est grand, et ne fonde son espérance que sur le nom de l’Éternel. Ceci est d’une grande beauté. Les premiers versets de ce Psaume avaient présenté l’appréciation que fait l’homme pieux du nom de l’Éternel, comme il avait été révélé en Israël ; — de ses voies de grâce et de vérité. La réponse de Dieu à ce cri du résidu, telle qu’elle apparaît dans l’oeuvre efficace de Christ, quoique annoncée par les prophètes et formant la base de tout, aux yeux de Dieu, n’est pas connue du résidu pieux, à cette époque ; elle ne le sera que lorsqu’ils regarderont vers Celui qu’ils ont percé. Mais s’ils n’ont pas cette connaissance, ils ont celle des voies de Dieu et de ses promesses ; ils ont les nombreuses déclarations de l’Éternel, dans les prophètes, que si leurs péchés étaient comme le cramoisi, ils seraient blanchis comme la neige. Toute cette révélation est liée pour eux au nom de l’Éternel, et c’est à lui qu’ils regardent, étant, jusqu’à un certain point, dans la position de la pauvre femme pécheresse avant qu’elle eût reçu la réponse du Seigneur : Va-t-en en paix ! (Luc 7). Aux vers. 12 à 14, nous trouvons la réponse prophétique de l’Esprit en espérance ; aux vers. 15-21, celui qui est débonnaire, plaçant toute sa position devant le Seigneur. Le grand résultat et le vrai sens du Psaume nous sont donnés dans le dernier verset.

Ce Ps. 25 place toute la condition du résidu devant l’Éternel dans l’expression devant lui des sentiments d’une âme attirée et enseignée par la grâce ; on y trouve l’expression claire et complète de la position du résidu et de ses instances devant l’Éternel, selon ce qu’Il est. Quelques points très spéciaux sont mis en évidence : la confession des péchés passés d’Israël, la confession des propres péchés de celui qui parle ; — la miséricorde est considérée comme la seule ressource. Cependant on peut attendre d’un Dieu si plein de grâce qu’il enseigne des pécheurs ; mais ces pécheurs sont les débonnaires qui doivent hériter de la terre. L’intégrité de coeur les caractérise ; ils se confient en l’Éternel et s’attendent à lui. — Comparez avec ce Psaume le tableau merveilleux du résidu que nous trouvons au commencement de l’évangile de Luc. — Le Ps. 25 est à la fois plein de beauté et tout particulièrement caractéristique.

29               [Psaume 26]

Le Ps. 26 est une invocation à l’Éternel, fondée sur l’intégrité et la confiance en lui. L’homme pieux s’étant confié en lui ne chancellera certainement pas. Il invite l’Éternel à sonder son coeur jusqu’au fond, ainsi que fit Pierre (Jean 21: 17) bien qu’il fût tombé. Ici encore la bonté de l’Éternel est le premier motif de l’homme pieux. — Ensuite la séparation des fidèles de la masse infidèle de la nation est mise en pleine lumière et invoquée comme motif pour que les âmes des fidèles ne soient pas réunies avec les pécheurs (vers. 9). Cependant si le fidèle invoque son intégrité, il recherche la rédemption et la miséricorde; il sait que la fin sera bénédiction pour lui : son pied s’est arrêté dans un chemin uni ; il bénira l’Éternel au milieu de toute la congrégation réunie. En substance, la Parole nous présente ici la complète séparation des fidèles d’avec la nation, et ces fidèles devenant la congrégation de Dieu.

Ainsi, dans ces deux Psaumes 25 et 26, nous, avons la confession des péchés et l’intégrité dont se réclame l’homme pieux, le double témoignage du renouvellement de l’entendement. Quoique la possibilité du gouvernement de Dieu, en pardon et en miséricorde, soit fondée sur l’expiation qui nous a été présentée au Ps. 22 et qui est pleinement reconnue par Israël en Ésaïe 53, postérieurement au temps de ces Psaumes, cependant le point de vue auquel tout est envisagé par le résidu, dans ces deux Psaumes, est le caractère bien connu et le gouvernement de l’Éternel en Israël ; les sentiments du coeur renouvelé sont exprimés en rapport avec ce gouvernement, c’est-à-dire avec les voies de l’Éternel. Son nom est la clef de leurs pensées et réveille leurs meilleures et leurs plus vraies affections. C’est la foi d’un Israélite pieux aux derniers jours. Toute cette portion des Psaumes nous occupe spécialement de l’état moral du résidu, et plus particulièrement de l’état des fidèles à l’égard de l’Éternel, les circonstances au milieu desquelles les fidèles se trouvent étant comparativement moins en vue, quoique les ennemis au-dehors et les transgresseurs au-dedans soient nécessairement l’occasion des sentiments exprimés quant à la délivrance et à la rédemption. Le coeur du fidèle a le secret de toute l’histoire d’Israël et de toutes les voies de l’Éternel envers son peuple, parce que le fidèle s’attend à la grâce et a fait confession du péché. C’est le vrai principe de l’intelligence en tout temps, et pour le résidu aussi. Les voies de Dieu ont été et sont parfaites : on l’invoque afin qu’il se souvienne de ses compassions et non pas des péchés de la jeunesse de son peuple : on lui présente les ennemis du peuple. L’espérance du pardon est fondée sur le nom de l’Éternel (elle est liée, comme nous l’avons vu, avec son gouvernement ; les fidèles n’ont pas encore tourné leurs regards vers Christ et compris l’expiation) ; le fidèle dans sa conduite recherche la direction de l’Éternel et compte sur sa fidélité : il présente tous ses péchés, toutes ses afflictions, tous ses ennemis, à coeur ouvert, à l’Éternel ; il peut envisager et attendre les grâces de l’alliance, parce que l’Éternel se trouve réellement auprès d’un pécheur qui confesse son péché d’un coeur droit.

30               [Psaume 27]

Le Psaume 27 se divise en deux parties, et nous présente ensuite dans les deux derniers versets, le résultat de l’enseignement de Dieu dans l’âme du fidèle. La première partie, vers. 1-6, est l’expression de la confiance absolue du croyant, quels que soient ses ennemis ; la seconde, vers. 7-12, le cri de sa détresse. Le fondement de la confiance, dans la première partie, est «l’oeil simple» ; dans la seconde, c’est l’appel de l’Éternel. à rechercher sa face. Les ennemis du dehors ou les oppresseurs du dedans (car le résidu les trouvera tous deux contre lui), toute une armée et la guerre qui s’élève, ne lui inspirent aucune crainte. L’Éternel est la lumière et la délivrance de son âme ; son seul désir, c’est d’habiter dans la maison de l’Éternel pour voir sa beauté et s’enquérir diligemment de Lui dans son temple. Il l’a connu quand il mettait en déroute les ennemis du fidèle ; il le cherche comme l’objet du désir de son coeur. Au temps de la détresse, l’Éternel le mettra à couvert dans sa loge ; les ennemis qui l’attaquent ne seront pour lui que l’occasion d’élever sa tête au-dessus d’eux, et alors il sacrifiera des sacrifices de cris de réjouissance.

Mais les choses changent, à partir du vers. 7 nous ne trouvons plus le fidèle pensant au Seigneur, par la foi ; nous le trouvons criant à lui dans sa détresse. Il n’invoque pas son intégrité devant l’Éternel ; mais il se souvient qu’il a dit : «Cherchez ma face !» Après avoir parlé ainsi, l’Éternel la cacherait-il ? Le fidèle demande que l’Éternel le conduise dans un chemin droit : il y a de l’intégrité dans son coeur, mais ce qui l’occupe, c’est ce à quoi Dieu l’appelle. À la fin, il recherche et attend avec confiance la délivrance temporelle dans la terre des vivants ; en attendant, il faut qu’il se confie patiemment au Seigneur qui interviendra au temps convenable et qui fortifiera son cœur. — Nous avons ici un tableau instructif qui vient s’ajouter à ce que nous avons déjà appris sur la condition du résidu fidèle : la confiance abstraite des fidèles et la base de leur espérance, quand ils sont dans la détresse et qu’il leur faut s’attendre à l’Éternel, sont placées devant nous

31               [Psaume 28]

Ps. 28. Le Juif pieux, au temps de la détresse qui est venue sur la nation, demande à ne pas être confondu avec les méchants. Il est si réellement plongé dans la même détresse que ceux-ci, que si le Seigneur n’intervient pas en sa faveur, la mort l’engloutira : il demande le jugement des méchants ; ils méprisent l’Éternel et l’Éternel leur rendra selon leurs œuvres. — Les Psaumes ne fournissent pas seulement au résidu l’expression du cri de sa détresse ; mais encore le témoignage que le Seigneur a entendu ce cri. Le coeur se confie en l’Éternel ; il a trouvé du secours et ainsi la joie et la louange. Alors le Messie est pleinement associé avec le juste. L’Éternel est la force des fidèles ; il est celle du Messie. Ceci une fois établi, le désir prophétique de l’homme pieux, selon l’Esprit de Christ, est présenté à l’Éternel, afin qu’il sauve son peuple et bénisse son héritage, (car la foi aux bénédictions et aux relations d’alliance se retrouve tout le long de ces Psaumes) et qu’il paisse son peuple et l’élève éternellement. Être délivrés, bénis, nourris, élevés éternellement, — voilà ce que les fidèles attendent de l’intervention de l’Éternel en puissance.

Nous avons vu, aux Ps. 25 et 26, les grands principes moraux de la confiance en l’Éternel (même dans la confession des péchés) et l’intégrité, tandis que dans les derniers Psaumes qui viennent de nous occuper, nous sommes placés davantage en face du sentiment personnel de la condition des fidèles, et du fondement de leur relation avec Dieu. Le sentiment dont nous parlons se manifeste d’une manière admirable dans ce seul désir qui remplit le coeur au commencement du Ps. 27 ; et plus loin dans cette touchante invocation : Tu m’as dit de chercher ta face ! Alors, — en ces temps de divine instruction, — mon coeur te dit : «Je chercherai ta face» : Seigneur, — détournerais-tu ta face de moi maintenant que je suis dans la détresse, quand toi tu m’enseignas à chercher ta face et à me confier en Toi ? La vérité est la même au commencement et à la fin, seulement la première partie du Psaume est l’expression du désir seul et unique qui possède le coeur ; tandis que, dans la seconde, l’exhortation de Dieu à chercher sa face devient la ressource du coeur. L’Éternel lui-même est le refuge du fidèle et l’a enseigné à le rechercher.

Au Ps. 28, le poids du mal pèse plus lourdement sur le coeur ; il demande le jugement et la séparation du résidu d’avec les méchants. Cette séparation caractérise le témoignage de Dieu tout entier en rapport avec le Messie à venir, et ce fait nous aidera à saisir l’unité du résidu dans la pensée de Dieu. Non seulement la séparation du résidu est prophétiquement annoncée, comme au chap. 65 d’Ésaïe, mais Jean-Baptiste caractérise par elle la venue du Messie, avertissant ceux qui viennent de ne pas s’appuyer sur leur qualité extérieure d’enfants d’Abraham ce qui est sans valeur (Matt. 3:9). Cette séparation s’accomplit d’ailleurs spirituellement ainsi, seulement le Seigneur étant rejeté et ne venant pas encore en puissance, les séparés furent alors ajoutés à l’Assemblée comme les «swzomenoi» [Bibliquest : Actes 2 :47 — «ceux qui devaient être sauvés»]. C’est ce qui explique le langage de Pierre au chap. 2 des Actes, vers. 40. Le Seigneur lui-même les reçoit comme ses brebis (Jean 10) ; Paul aussi appuie sur le même fait son argumentation au chap. 11 de l’épître aux Romains.

32               [Psaume 29]

Le Ps. 29 somme les puissants d’écouter la voix plus puissante de l’Éternel, de le reconnaître et de l’adorer selon le saint ordre de sa maison, célébrant la puissance de sa voix dans toute la création. Mais il y a un lieu de service intelligent où sa gloire est comprise, — son peuple, où les hommes sont appelés à venir. Cet Éternel est élevé au-dessus de l’orgueilleux bruissement des flots de toutes puissances créées : Il préside comme Roi éternellement et en dépit de tout ; et c’est lui, ce puissant Éternel, qui donnera force à son peuple, et le bénira par la paix. Ce Psaume n’est pas un cri de détresse ou un appel à Dieu, mais un encouragement positif pour les fidèles, un témoignage pour eux, afin d’affermir leur coeur en présence des puissants. Celui qui prend soin d’eux est plus puissant que ces fils des forts.

33               [Psaume 30]

Au Ps. 30 nous trouvons le contraste entre la confiance dans la prospérité, même donnée par Dieu, et la confiance en Dieu lui-même. Il est intervenu ; il a élevé le pauvre et ne l’a pas abandonné à ses ennemis. Sa faveur est la vie ; sa colère n’est que pour un moment et pour le bien de ses saints : sa faveur est à toujours. Si la lamentation a demeuré chez eux le soir, le chant de joie y est le matin. Peut-être les laisserait-il descendre jusqu’aux portes du tombeau, mais c’est afin de manifester son pouvoir dans son infaillible délivrance. Quant à lui, l’homme pieux, — Israël lui-même comme peuple — il s’était confié en la prospérité qui lui avait été donnée, — maintenant, au sein de l’adversité, il a trouvé l’Éternel en délivrance. Surmonter définitivement la puissance du mal, vaut mieux que le bien incertain qu’on peut perdre. On est en sûreté sous la bénédiction et dans les bras de l’Éternel qui est pour nous : car c’est lui qui est le Libérateur. Nous voyons clairement ici que le peuple dont il s’agit est un peuple vivant qui doit être béni sur la terre (vers. 3, 9) ; et bien qu’il puisse y avoir des grâces analogues dans tous les temps, car il y a un gouvernement de Dieu pour les chrétiens aussi, il y aurait du danger à faire l’application de ce Psaume aux saints d’aujourd’hui. Il s’agit d’une délivrance temporelle pour jouir de la paix dans ce monde. Nulle montagne, même lorsque nous reconnaissons qu’elle a été rendue forte par l’Éternel, n’est semblable à l’Éternel lui-même, quand même nous serions aux portes du sépulcre: mon coeur, s’il en est occupé, dit d’elle: c’est «ma montagne» (vers. 7), et cela y apporte un certain caractère de faiblesse.

34               [Psaume 31]

Le Ps. 31 nous démontre comment Jésus a pu prendre dans sa bouche les pieuses et saintes paroles d’un Psaume, et réellement passer au travers de tout en esprit, sans que ce Psaume doive lui être appliqué d’une manière littérale.

Nous trouvons ici, en effet, (vers. 5) ces mots qu’il a prononcés : «En ta main je remets mon esprit», ce qui a été absolument vrai de Lui (Luc 23: 46). Mais le Psaume continue, disant : «Tu m’as racheté, ô Éternel ! Dieu de vérité», tandis que lui a dit : «Père !» Bien que je ne doute pas qu’alors son âme fut rentrée dans la jouissance de la faveur divine, cependant les paroles : «tu m’as racheté», ne peuvent s’appliquer à lui, si ce n’est à ce seul point de vue que son âme a été délivrée de la malédiction qu’il a portée lorsqu’il fut fait péché pour nous, tout en glorifiant parfaitement Dieu quant à nos péchés. Mais le Seigneur ne s’est pas servi de ces dernières paroles sur la croix. À ce moment, bien qu’il eût encore, de fait, à passer par la mort, l’amertume et l’aiguillon de la mort avaient disparu.

Ainsi ce Psaume tout entier est — sans parler de David — la requête et l’expression de la confiance du résidu, liant les deux principes de la confiance et de la justice ; le résidu recherche la direction de l’Éternel pour l’amour de son nom et il attend la délivrance alors qu’il est entouré par ses ennemis. Il a invoqué l’Éternel ; son nom était en cause. L’homme pieux a compté sur sa bonté, mise en réserve pour ceux qui le craignent, et cela au milieu d’une vie qui se consume «dans la tristesse et le gémissement». La détresse l’accable, sa force s’en va. Il est dans l’épreuve pour sa fidélité, mais ses voisins et ceux de sa connaissance l’ont abandonné et leur coeur l’a oublié comme un mort. Telle sera la condition du résidu, et combien réellement Christ ne s’y est-il pas associé ? Mais le temps de la délivrance et de tout ce que le fidèle doit jamais porter et traverser, est entre les mains de Dieu, non pas dans celles de l’ennemi, quelle que soit sa fureur. Au milieu de ses afflictions et de l’adversité, l’Éternel connaît l’âme du fidèle, car il marche devant lui dans la conscience de sa relation d’alliance avec lui. La présence du Seigneur est un tabernacle et un lieu de refuge pour lui. Dans son agitation, il s’était estimé retranché de devant ses yeux ; mais il a crié et l’Éternel l’a entendu (vers. 22). Au milieu de la fureur de ses adversaires, il a crié à lui comme à son Dieu (vers. 14) ; il en célèbre maintenant, dans les deux derniers versets, le résultat béni, et encourage les saints et tous ceux qui espèrent en l’Éternel : quelle que soit la détresse, l’Éternel garde les fidèles et juge les orgueilleux.

Ceci, en un certain sens, clôt et résume l’expression expérimentale, fournie par l’Esprit, de l’état du résidu, et manifeste pleinement cet état. Le Psaume qui suit parle de pardon et de grâce ; ensuite nous rencontrons une connaissance plus claire, une confiance plus objective en face du jugement de toutes choses, jusqu’à ce que nous arrivions aux Ps. 38 et 39 qui ont un caractère particulier. Sans doute la délivrance n’est pas encore venue, mais les sentiments exprimés dans ces Psaumes, sont plutôt l’expression de la faveur dans la lumière que celle de la confiance du fond de la détresse.

Tout lecteur instruit de Dieu saisira combien le Ps. 31, dont nous venons de nous occuper, est l’expression parfaite de l’Esprit de Christ et cependant la relation personnelle de Christ avec Dieu était autre. Il était Fils; et mourant, il remit son esprit à son Père, non pas à l’Éternel pour être préservé de la mort. Comme nous l’avons déjà fait remarquer dans l’introduction, il prie pour ses ennemis qui le crucifient, au lieu d’appeler sur eux la vengeance. Ici la prière de son Esprit dans le résidu est conforme à sa pensée pour ce jour-là, tandis qu’en lui personnellement, il a dû en être autrement, car il vint en grâce et donna sa vie en rançon pour Israël et pour plusieurs : c’est pourquoi il passe au travers de tout, selon sa perfection, avec son Père à Gethsémané, et se livre lui-même à la mort, parce que telle était la volonté de son Père. Toutefois, pour ce qui est de l’affliction et de l’épreuve, il a tout traversé, et l’Esprit prophétique dans les Psaumes déclare ici ce qui s’accomplira à la fin, comme conséquence de l’inimitié perverse des Juifs et des païens aussi. Les expressions dont il se sert ici deviendront de vivantes requêtes dans la bouche du résidu, dont ces jugements seront la seule et nécessaire délivrance. Christ a demandé la vie, et elle lui a été donnée en résurrection et en gloire, comme nous le voyons au Ps. 21 ; mais non pas, nous le savons, en ce qu’il a été épargné ici-bas. Dans l’accomplissement de la rédemption, le chemin de la vie, pour lui, conduisait à travers la mort, quoiqu’il ne pût pas être retenu par elle. — C’est ainsi que Christ est entré, en esprit, dans toute l’affliction du résidu. Les paroles, dans la pensée de l’écrivain, s’appliquaient, dans leur sens littéral, à ses propres sentiments, — dans le sens prophétique, au résidu pieux des derniers jours ; mais la variété des motifs et des sentiments réunis dans ce Ps. 31, exige quelques remarques supplémentaires.

J’ai déjà fait observer que nous rencontrons ici, réunis ensemble, les deux fondements, si fréquemment mentionnés, de la confiance en Dieu, base de la requête du fidèle, puis de la justice, comme motif sur lequel se fonde cette confiance. L’amour du nom de l’Éternel est ajouté (verset 3). Le verset 6 est la complète réprobation de ceux «qui prennent garde aux vaines idoles» ; au verset 7, la bonté de l’Éternel est reconnue comme étant miséricorde. Il a connu les détresses de l’âme du croyant dans l’adversité — douce pensée, quelque sombre qu’ait jamais été l’affliction. La délivrance a été accordée (vers. 8). Le vers. 9 est l’expression de la détresse de Christ, arrivée à son comble. Les huit premiers versets formaient comme une préface de principes généraux, mais maintenant le fardeau de sa condition présente pèse sur lui : il est en opprobre à ses ennemis, particulièrement à ses voisins, et une frayeur à ceux de sa connaissance ; il est pauvre, méprisé, et cependant haï et rejeté : il appartient à un caractère divin, à Dieu lui-même, d’être tous les deux. L’homme laisse de côté celui qu’il méprise ; mais jamais il ne peut laisser Dieu ainsi, ou ce qui est de Dieu. Le brigand, sur la croix, n’a pas insulté l’autre brigand crucifié à côté de lui, mais il a insulté Christ. L’homme couvrira Dieu d’opprobre, si Dieu s’abaisse (il fera de même pour ceux qui sont à lui) ; mais il craindra Dieu et le haïra tout à la fois. Il est mis en oubli, et malgré cela méprisé, insulté, environné d’ennemis qui consultent ensemble pour lui ôter la vie. Ces vers. 9 à 13 sont l’expression de la position que l’Esprit de Christ, ou Christ lui-même, occupe dans le monde. Le vers. 14 est frappant : il se confie en Dieu ! Tout ce qui doit lui arriver est après tout entre Ses mains ! — Ensuite un autre motif est présenté : «je t’ai invoqué» (vers. 17). — Que ce soient les lèvres menteuses qui soient rendues muettes (vers. 18)! La confiance dans la bonté de Dieu est mise en réserve ici pour les saints, et leur refuge est en Dieu pour le mauvais jour (vers. 20). Le vers. 21 célèbre la fidélité de Jéhovah ; les vers. 23 et 24 en font un motif d’encouragement pour les saints. Au milieu d’une détresse sans pareille, toutes les requêtes du fidèle sont merveilleusement rassemblées ici. Tous ces derniers Psaumes que nous venons de parcourir sont l’expression des sentiments d’Israël dans l’angoisse et cherchant la délivrance : et, de fait, c’est ce qu’Israël fera.

35               [Psaume 32]

Au Ps. 32, nous arrivons à ce qui, plus encore que cette délivrance, fait défaut à Israël, savoir la rémission des péchés. Le poids de l’affliction tourne son âme vers la loi de Dieu et par elle à la conscience qu’il l’a violée. Comment à ce point de vue invoquerait-il la justice ? c’est de pardon qu’il a besoin, et que l’Éternel ne lui impute pas son iniquité dont il a maintenant conscience. Longtemps il avait lutté contre ce sentiment, mais l’Éternel ne lui a pas laissé de repos : il confesse son péché et la fraude est ôtée de son coeur. Il est impossible que le coeur soit autrement : jusque-là nous y tenons cachée notre iniquité. Le pardon par la grâce attire l’homme pieux vers Dieu ; dans un déluge de grandes eaux, elles ne l’atteindront point ; l’Éternel est l’asile de son âme ; Lui garde, bénit et conduit. Seulement les fidèles sont exhortés à être intelligents en étant obéissants, au lieu d’être sans intelligence et de devoir être conduits par la providence de Dieu.

Remarquez ici que, tandis que le pardon est célébré, — et le résidu en aura un besoin profond — le grand trait distinctif qui sépare le résidu de la masse du peuple est clairement maintenu, savoir la confiance, la justice et l’intégrité de coeur tandis que plusieurs douleurs atteindront le méchant.

En principe, un Psaume comme celui-ci est d’une application très étendue, Dieu en soit béni. Pour le résidu, il est prophétique, afin de produire la vérité dans le coeur et d’encourager les fidèles, par la grâce, à cette confession du péché dans laquelle seule Dieu peut bénir, ici, comme toujours, — car le pardon et la fraude ne vont pas ensemble. Le résidu ne connaîtra la pleine acceptation devant Dieu que lorsqu’il regardera «vers Celui qu’ils ont percé» et qui vient, comme Jéhovah, pour délivrer. Mais allons plus loin et regardons au grand principe dont ce Psaume est l’expression. Le pardon complet, absolu, l’entière non-imputation du péché, voilà ce qui ôte la fraude du coeur. En dehors de là on fuit Dieu, on s’excuse, on pallie le mal si on n’ose le justifier. Mais avec le pardon devant les yeux, on a le courage d’être vrai de coeur. Qui ne dira toutes ses dettes lorsqu’il ne s’agit que de les voir acquittées par un autre ? Qui ne déclarera son mal en vue d’une guérison assurée ? La grâce apporte la vérité dans le coeur, l’amène à confesser ses transgressions et tout le fardeau des péchés est ôté. L’homme débonnaire et pieux est encouragé à s’approcher d’un Dieu connu de cette manière. «Mais il y a pardon auprès de toi, afin que tu sois craint» (Ps. 130: 4). Notre Psaume veut amener ainsi le résidu à une vraie confession : lorsque celle-ci sera devenue un fait, le résidu sera introduit dans la pleine bénédiction qui l’attend. Ce Psaume est donc une préparation prophétique et une école pour les saints ; il place devant eux ce qui ne sera pas entièrement accompli lorsqu’ils seront amenés à se tourner vers l’Éternel, mais avec la certitude que tous leurs besoins seront satisfaits. C’est pourquoi ces Psaumes parlent du caractère de l’Éternel, tel qu’il s’est révélé à l’égard des auteurs inspirés ; en principe, et souvent littéralement à l’égard de Christ, — afin de produire la confiance au jour de la détresse et de fortifier toute âme inquiète ; c’est pourquoi aussi nous voyons la célébration de la pleine délivrance mêlée à la requête qui demande cette délivrance ; car tout cela est prophétique et a eu des accomplissements.

Avant d’aller plus loin, remarquez combien l’absence de fraude, produite dans le coeur par un pardon entier, amène l’âme à cette intimité avec Dieu qui la fait jouir de la direction par son oeil. Nous avons une même pensée avec lui, et cela dans la perfection de sa propre nature.

36               [Psaume 33]

Le Ps. 33 est placé logiquement après le pardon. Le pardon conduit à la pleine bénédiction, et le Ps. 33 nous dépeint, en le célébrant, le résultat complet de la délivrance. Ceux qui sont droits de coeur sont invités à se réjouir ; le caractère de l’Éternel, sa parole, ses oeuvres, sont manifestés, et la terre est remplie maintenant de sa bonté. C’est lui qui a fait toutes choses, il est le Créateur ; que la terre le craigne ! Il dissipe les desseins et les conseils de l’homme, mais son conseil demeure à toujours. Bienheureuse la nation qui a l’Éternel pour son Dieu, le peuple qu’il a choisi pour son héritage ! L’Éternel regarde des cieux sur les fils des hommes et il dispose de tous; mais ses yeux sont sur ceux qui le craignent et qui s’attendent à sa bonté. Le glorieux résultat de l’intervention de l’Éternel est ainsi placé devant la foi du résidu et célébré comme s’il était déjà présent dans son entier ; les trois derniers versets nous montrent la confiance produite ainsi dans le coeur des fidèles.

37               [Psaume 34]

Ps. 34. L’assurance que c’est Dieu qui gouverne, rend la foi capable de bénir en tout temps. il a manifesté sa fidélité à ceux qui étaient dans la détresse. Le Psalmiste, Christ en esprit, engage le résidu à bénir, car l’Éternel a manifesté sa délivrance envers lui. Les yeux du Seigneur sont sur les justes et ses oreilles sont ouvertes à leur cri ; sa face est contre ceux qui font le mal pour les retrancher de la terre (vers. 15, 16). L’Éternel est près de ceux qui ont le coeur brisé, et il sauve ceux qui ont l’esprit abattu (vers. 18). Le juste doit s’attendre à souffrir aussi longtemps que l’homme a son jour, mais l’Éternel le délivre, tandis que le mal fait mourir le méchant ; l’Éternel rachète l’âme de ses serviteurs, et aucun de ceux qui se confient en lui ne sera tenu pour coupable. C’est l’expression de la pleine assurance du gouvernement de l’Éternel en faveur de celui qui est humble de coeur, et ce qui le rend capable de bénir non seulement lorsqu’il est béni — ce ne serait pas la foi — mais en tout temps, car l’Éternel entend le cri des justes, il les garde, il les rachète lorsqu’ils sont dans la détresse. Christ est l’exemple par excellence de tout ceci. Je ne pense pas qu’il parle ici personnellement, quoiqu’il le fasse en esprit dans les premiers versets. La foi du résidu s’empare de ce qui lui est arrivé, pour son propre encouragement (vers. 6). Le vers. 20 a aussi été accompli littéralement à son égard. Le Psaume tout entier est le secret de la foi seule qui, par son épreuve, est conduite à bénir en tout temps. Pierre en fait l’application aux principes immuables du gouvernement de Dieu.

Remarquez aussi que c’est le premier Psaume dans lequel nous ayons trouvé le caractère interlocutoire qu’on rencontre ailleurs quelquefois, comme aux Ps. 91 et 145, quoique ce Psaume soit certainement l’expression de l’expérience du Psalmiste qui parle de nouveau au vers. 11. Toutefois, je pense que, dans ce Psaume, Christ en esprit expose les voies de Dieu. Magnifiez l’Éternel avec moi ! J’ai cherché l’Éternel ! Il y a là l’encouragement le plus puissant pour le juste, humble de coeur.

38               [Psaume 35]

Le Ps. 35 est une pressante requête pour que l’Éternel intervienne en jugement contre les perfides et impitoyables persécuteurs qui poursuivent l’âme du juste. Les insultes, la ruse, la violence, tout a été employé contre lui : ses ennemis ont voulu le surprendre. Il a recherché la délivrance afin que l’Éternel soit loué dans la grande congrégation, savoir dans l’assemblée complète d’Israël restauré. Les vers. 13, 14 nous montrent la grâce dont l’homme pieux (Christ lui-même) a usé envers ces ennemis ; et tout le Psaume en général s’applique à l’homme pieux, mais Christ en particulier est introduit ici en esprit.

39               [Psaume 36]

Au Ps. 36 nous trouvons un avertissement nécessaire à l’égard des méchants, de ceux qui sont spécialement les ennemis de la justice, les instruments du pouvoir de Satan. On ne peut attendre d’eux qu’ils aient de la conscience, ni rien qui les arrête dans leurs machinations. La puissance et la bonté de l’Éternel sont le refuge assuré de ceux qui s’attendent à lui. Finalement les méchants sont renversés !

40               [Psaume 37]

Le Ps. 37 est d’un grand intérêt ; il s’adresse au résidu, et avec lui à toute âme, pour l’exhorter à s’attendre à Dieu et à ne point se laisser troubler dans son esprit par les méchants ; ils seront soudainement fauchés comme l’herbe ! Que les justes donc ne se tourmentent pas et ne se dépitent pas, mais qu’ils se confient en l’Éternel et qu’ils fassent le bien ; qu’ils aient leurs délices en lui, car leurs désirs seront accomplis ; ils jouiront de la prospérité ; qu’ils remettent leur voie sur l’Éternel, il les justifiera ; qu’ils se reposent en lui et s’attendent à lui patiemment, car il va intervenir, retrancher les méchants et donner le pays en héritage aux débonnaires !

Le résidu a un autre caractère largement développé ici : le caractère d’homme juste qui apparaît à partir du vers. 12. L’Éternel n’oublie pas ses saints ; il les garde ; les justes posséderont le pays. Ce à quoi ils sont particulièrement exhortés, après tout, c’est à s’attendre à l’Éternel et à garder sa voie. Les justes souffrent, mais ils ne sont point oubliés ; les méchants jouissent d’une grande prospérité, mais pour un moment, et leur lieu ne les reconnaît plus ! Combien tout ce que nous lisons ici, touchant le juste, nous montre la profondeur des souffrances de Celui qui fut abandonné, tout en étant la perfection de la justice.

Le Psaume qui nous occupe nous aide aussi à saisir la ressemblance qu’il y a eu entre les disciples et le résidu (lisez Matt. 5: 5) ; mais il nous montre aussi la différence qu’il y a entre eux : le Fils était avec les disciples ; ils pouvaient souffrir pour son nom ; et ceci introduisait le ciel (Matt. 5: 12). De même Jésus pouvait leur révéler le Père, et les établir comme la lumière du monde et le sel de la terre. Tout cela, joint à la révélation du Père qui agit en grâce, met les disciples en présence de certains détails de la grâce dont le résidu des derniers jours ne saura rien. Cependant, malgré ces différences de fait, nous avons devant nous le même résidu.

41               [Psaumes 38 et 39]

Les Ps. 38 et 39, comme nous l’avons déjà fait remarquer, ont un caractère particulier. Celui qui est droit de coeur a recherché et attendu la délivrance, et le pardon des péchés lui a été accordé comme bénédiction ; mais dans ces deux Psaumes, le résidu gémit sous le poids du châtiment gouvernemental des péchés, et il a le sentiment du pourquoi il souffre de la part de Dieu. Au Ps. 6, le fidèle suppliait l’Éternel de l’épargner dans sa colère, mais ici il est sous le poids tout entier de la discipline pour le péché : la verge a atteint le troupeau au-dehors, l’âme au-dedans. Il s’agit de chacun d’eux individuellement, mais c’est pourtant le résidu qui est en vue. Ceux qui aiment l’homme pieux et ses compagnons se tiennent loin de sa plaie ; des ennemis sans pitié complotent contre lui et cherchent sa vie. Toutefois il est devant Dieu avec tout son désir et tous ses soupirs. Il est droit de coeur envers Dieu, et il reconnaît Dieu, mais il est comme un muet à l’égard des hommes. Les flèches qui l’ont percé sont pour son âme les flèches de l’Éternel — et c’est à Lui qu’il a recours (vers. 13-16). Le saint courbe la tête et se soumet. Ses ennemis sont actifs et puissants, mais quoique l’Éternel le frappe, il se confie en lui, parce que l’âme qui est humble reconnaît que le châtiment est juste. Elle peut attendre d’être délivrée de tous ses ennemis. Ils seraient heureux que le pied du fidèle glissât, pour triompher de lui ; mais ce dernier déclare son iniquité et est en peine de son péché qu’il reconnaît. Il ne s’excuse, ni ne cache son âme devant Dieu : c’est à Dieu qu’il crie, afin qu’Il se hâte de le secourir.

42               [Psaume 38]

Ce Psaume 38 nous présente un admirable tableau de l’état d’une âme : car l’Esprit pourvoit à tout, même là où le juste a manqué et où il a pu appeler sur lui quelque grand châtiment, à la joie du méchant. Mais celui qui est droit de coeur accepte la punition de son iniquité et se place ouvertement devant Dieu, confessant son péché, mais se confiant en Lui pour être délivré des méchants. Quelque triste que puisse être un cas pareil, rien ne met plus en évidence la vérité devant Dieu et la confiance en lui. Comment confesser son péché et attendre le secours de Dieu, quand on a été infidèle, quand on l’a déshonoré et que l’ennemi s’en réjouit ? Point d’excuse ; nulle tentative de rien cacher ! Le juste confesse tout et s’abandonne entre les mains de Dieu.

Sans ces détails, le tableau de l’état du résidu eût été incomplet, aussi bien que les enseignements de la grâce pour toute âme en tout temps. Maintenant, jusqu’à quel point l’Esprit de Christ entre-t-il dans cette condition dont notre Psaume est l’expression ? Il y entre pleinement, je pense, quoique, sans doute, Christ en personne n’ait jamais pu s’y trouver. L’écrivain était évidemment sous l’impression de quelque grand châtiment, et d’un châtiment ouvertement manifesté. De pareils cas pourront se produire au milieu du résidu, dans toute leur étendue. Le principe d’ailleurs est d’une application universelle. En Christ, sans doute, il n’y a rien à discipliner ; mais ayant devant lui le péché dans toute sa gravité, et rencontrant dans son chemin toutes les afflictions qui tomberont sur le peuple, Christ peut, tout en étant «le bois vert», entrer dans le jugement qui viendra sur «le bois sec» (*). Il n’a pas pu dire ce qui est exprimé ici ; mais il peut sympathiser parfaitement avec ceux qui doivent parler ainsi : il leur a préparé les paroles qui, par son Esprit, en seront l’expression dans leurs coeurs. S’il n’avait pas porté toute la colère pour ces mêmes iniquités qui pèsent de tout leur poids sur leurs consciences, et à la pleine rigueur de laquelle ils échappent, ce n’aurait pas été simplement de la discipline gouvernementale qu’ils auraient eu à demander la délivrance, et c’est aussi pourquoi, lorsque l’affliction a ce caractère, Christ peut faire plus que de la sentir, car dans toutes les douleurs dont ils sont environnés, il a pris la plus large part.

(*) Quoique «le bois sec» soit proprement l’Israël sans vie, cependant, comme le résidu, qui a longtemps rejeté Jésus, le Messie, se trouve d’abord mêlé avec la nation, les fidèles traversent dans leurs âmes et en esprit les afflictions qui viennent sur la nation, exception faite toutefois de son jugement final de la part de Dieu qui a été porté par Christ pour eux : il mourut pour la nation. Mais, ce jugement final à part, ils traversent tout, et sentent plus que jamais l’amertume de la douleur et de l’angoisse, en face du jugement, parce qu’ils ont le sentiment du péché qui l’amène. C’est pourquoi Christ, qui connaissait la cause de ce jugement qu’il avait devant lui et qu’il devait traverser (subissant l’oppression, sans délivrance apparente, car l’heure était venue à laquelle il devait être compté parmi les transgresseurs), a pu entrer pleinement dans leur position ; et bien qu’il y soit entré en amour, cependant la justice qui effrayait Israël, était devant lui.

43               [Psaume 39]

Au Ps. 39, l’homme pieux est encore sous le châtiment de Dieu, mais plutôt avec le sentiment du néant de toute chair sous la main de Dieu, qu’avec celui de la défaveur, de la honte et de la crainte. Le fidèle courbe la tête devant Dieu, il se tait plutôt que de laisser son coeur déborder et sa langue parler follement. Il eût pu répliquer ; il eût pu être irrité pour mal faire, mais il lui faut savoir se contenir et se taire quand Dieu fait peser sa main sur lui : il en est de même en tout temps. Le fidèle s’est tu, même quant au bien, et sa douleur a été excitée ; il nous le dit dans l’admirable langage de notre Psaume. À la fin, son coeur déborde, mais c’est pour présenter à Dieu le néant dont le sentiment a mûri dans son âme. Il désire connaître sa fin et la mesure de ses jours, combien fragile il est : Il voit que tout est vanité, mais il voit sa propre transgression et son péché dans la présence de Celui dont la correction consume la beauté de l’homme comme la teigne. Il s’attend au Seigneur pour sa délivrance: ce dont il s’inquiète, c’est de son châtiment. Il a confiance en lui, qu’il ne le laissera pas devenir en opprobre à l’insensé. Cette expression de la vanité, trouvant son niveau dans l’anéantissement de soi-même, est d’une grande beauté, de même que la confiance en Dieu pour être délivré de l’orgueil des hommes, mais ce qui domine c’est que Dieu a affaire avec nos transgressions.

Ici se termine l’histoire morale du résidu au point de vue de sa relation d’alliance avec l’Éternel : le résidu invoque son nom, parce qu’il est en relation avec lui. C’est pourquoi nous trouvons tant de Christ lui-même dans les Psaumes de ce premier livre. Le Psaume suivant nous montre Christ prenant la place dans laquelle il devait être associé aux fidèles selon les conseils de Dieu, puis nous apprenons que cette position est la position réellement bénie.

44               [Psaume 40]

Au Ps. 40 donc, Christ n’apparaît pas seulement comme traversant les afflictions qui encombraient son chemin, du moment qu’il se chargeait de la cause du peuple de son amour, désobéissant et coupable, afflictions au milieu desquelles il a appris la langue des savants et par lesquelles il a été rendu capable d’entrer dans les afflictions de ceux qui seront éprouvés et épargnés aux derniers jours, et d’exprimer les désirs et les requêtes qui convenaient à leur état devant Dieu ; — mais ce Psaume nous place avant tout en face de la délivrance dans laquelle Christ, ayant attendu patiemment l’Éternel au milieu de ces afflictions, fait l’expérience de la fidélité de l’Éternel, en sorte qu’il est délivré de ces afflictions pour l’encouragement de plusieurs ; puis nous trouvons la clef de toute son histoire, lorsqu’il a entrepris de faire la volonté de l’Éternel, tout le système juif sous la loi prenant ainsi fin et étant mis de côté. Christ a été parfaitement fidèle à l’Éternel au milieu de toute la congrégation d’Israël, au travers de l’épreuve et de l’affliction la plus profonde ; mais le Psaume se clôt, comme il convenait, sur le thème de la délivrance.

De là vient que l’application de cette délivrance aux afflictions de Christ, analogues à celles du résidu, sera d’un si grand prix pour les fidèles du résidu lorsqu’ils se trouveront dans la détresse. Ce principe est développé ici d’une manière si claire, que le Ps. 40 prend une importance particulière au milieu de tout le livre. La relation de Christ avec Israël dans le résidu est mise en lumière d’une manière aussi frappante que possible, et posée comme base de tout l’enseignement des Psaumes, bien que les circonstances ne soient plus les mêmes après le Ps. 41.

J’ai à peine besoin de dire que le Psaume nous parle de Christ personnellement — (l’apôtre le cite comme les propres paroles de Jésus en Héb. 10), — de Christ entreprenant cette oeuvre glorieuse par laquelle les symboles et les figures sont mis de côté, et le croyant rendu parfait à perpétuité. «Voici, je viens», telles sont les paroles du Fils s’offrant lui-même de sa libre volonté, pour accomplir toute la volonté de Dieu dans son oeuvre ici-bas, selon les conseils éternels de la divinité. Je le répète, ce Psaume nous fait voir Christ entreprenant l’oeuvre. Son oeuvre, c’était d’obéir, mais il s’offre lui-même pour cela, de sa pleine et libre volonté, trouvant ses délices à faire le bon plaisir de Dieu. Dans la grande congrégation d’Israël, en accomplissant son service envers l’Éternel, il n’avait pas reculé, quelle que fût la réception qu’on lui fît : il avait prêché la justice ; il n’avait pas retenu ses lèvres ; il avait été fidèle à son service, coûte que coûte, et c’était l’Éternel qu’il avait ainsi proclamé. Il n’avait point caché sa justice, sa fidélité, son salut, sa bonté et sa vérité devant le corps tout entier d’Israël. — Tel avait été son service : mais ensuite tout change pour ce fidèle serviteur, car des maux sans nombre l’ont environné. Il s’attend à la gratuité et à la vérité de l’Éternel envers lequel il a été fidèle. Il y a plus encore : non seulement des maux sans nombre l’ont entouré, des hommes ont cherché son âme pour la détruire, mais il dit : «Mes iniquités m’ont atteint et je ne puis les regarder». Ces iniquités, sans doute, quand il s’agit de Christ, étaient celles d’autres personnes, de tous les rachetés et particulièrement aussi d’Israël envisagé comme nation. Dans cet état, il désire que ceux qui cherchent l’Éternel, puissent s’égayer et dire continuellement : «Magnifié soit l’Éternel» ; et que les autres soient rendus honteux et soient confondus ! Il sépare le résidu pieux qui cherche l’Éternel, de ceux qui, lorsqu’il se présente fidèlement et en amour, se montrent les ennemis de Celui dont il manifeste le nom. C’est ainsi que Christ termine son expérience du monde, affligé et pauvre, mais assuré que le Seigneur pense à lui.

Christ n’est pas abandonné dans la position dans laquelle il nous est présenté ici, mais il entre dans cette position par une vie de fidélité qui devait aboutir à cette heure terrible. C’est, en quelque sorte, son cri, au moment où il confesse les péchés avant que la victime soit consumée ou égorgée. Il est là dans la profonde affliction d’une telle position, implorant l’Éternel, mais non pas sous la colère manifestée au temps où il ne peut être entendu. Le Psaume, je le répète, ne dépeint pas cette colère, mais la fidélité de Christ, qui s’attend à l’Éternel lorsqu’il est dans l’affliction, plutôt que de rechercher le repos, ou douze légions d’anges, ou la myrrhe qui stupéfie, ou de reculer devant la souffrance qui doit résulter de l’entière soumission à la volonté de Dieu, de même qu’il n’a pas craint d’affronter les hommes quand il a annoncé cette volonté. Il a attendu patiemment l’Éternel, et Il s’est penché vers lui et a entendu son cri : c’est là la perfection de Christ. Il n’a pas cherché une issue pour éviter l’obéissance, il n’a pas hésité, il n’a pas reculé, ni ne s’est détourné : il a attendu le temps de l’Éternel dans le sentier de l’obéissance parfaite, et le temps vint où, comme il est dit de Joseph, sa cause fut connue.

Le but de l’Esprit, dans notre Psaume, est de montrer à ceux qui étaient éprouvés, que quelqu’un avait passé avant eux dans le chemin de la souffrance, et avait été exaucé. Nous pouvons dire que c’est en résurrection que Jésus a été pleinement exaucé ; mais, sur la croix même, l’heure des ténèbres était passée, et avec une forte voix, il put remettre son esprit à son Père, et sa mère à son disciple bien-aimé. Ces détails nous sont donnés par l’histoire, non par la prophétie, et ils n’auraient pas été profitables pour les fidèles du résidu, car ce dont ceux-ci ont besoin, c’est de savoir qu’ils seront exaucés lorsqu’ils s’attendront patiemment à l’Éternel. S’ils sont mis à mort, l’exaucement sera pour eux en résurrection ; s’ils demeurent vivants, ils seront exaucés pour jouir de la position d’Israël en bénédiction, je n’en doute pas, avec l’Agneau sur la montagne de Sion, parce qu’ils ont traversé, quelque faibles et infirmes qu’ils aient été, des épreuves et des souffrances semblables, fidèles à l’Éternel dans la grande assemblée. Si leurs iniquités les alarment, ils ne sont pourtant pas sans espérance ; ils ne connaissent pas l’expiation, mais ils savent que quelqu’un qui a pu dire : «Mes iniquités m’ont atteint», a attendu patiemment et a été exaucé et délivré. Ils attendent, se confiant en la miséricorde de l’Éternel, quoique maintenant ils ne connaissent pas encore la paix. Leurs iniquités les ont atteints, en sorte qu’ils se demandent comment ils peuvent espérer en l’Éternel pour être délivrés. «Il y a pardon auprès de toi, afin que tu sois craint» (Ps. 130: 4), et notre Psaume assure aux fidèles que quelqu’un, qui était dans un abîme pareil à celui dans lequel ils se trouvent, a été délivré. Quand ils regarderont à lui, ils jugeront leurs péchés dans cette lumière où ils verront Celui qui les a portés, et ils auront la paix ; mais le fondement de la paix est posé ici pour eux, en espérance. Un coeur accablé sous le poids de ses iniquités peut, en s’appuyant sur lui, attendre la délivrance. La délivrance est trouvée, et quelque obscure que soit la lumière des fidèles, car elle le sera, le fondement de l’espérance est posé. (Comparez Ésaïe 50: 10, 11, qui décrit cet état, résultat pour le résidu de ce que Christ a été justifié et secouru). Mais ce n’est pas tout : le Messie se place dans son association avec les saints : «Il a mis dans ma bouche un cantique nouveau, la louange de notre Dieu. Plusieurs le verront et craindront, et se confieront en l’Éternel». «Bienheureux l’homme qui a mis en l’Éternel sa confiance, et ne s’est pas tourné vers les orgueilleux et ceux qui se détournent vers le mensonge !» Telles sont les pensées de Dieu envers nous ! (vers. 5).

Aux premiers versets, nous voyons Christ qui a attendu patiemment l’Éternel, exaucé et tiré hors du puits de la destruction et d’un bourbier fangeux. Je ne doute pas que le coeur de David n’ait chanté cela, mais il s’agit certainement ici non de lui, mais de Christ, dans l’intention de la prophétie. Ensuite, nous l’avons vu, Christ, quoique distinguant le résidu, s’identifie avec Israël. La louange de notre Dieu, dit-il (vers. 3) ; le résultat est que «plusieurs le verront, et craindront, et se confieront en l’Éternel». Ce qu’ils ont vu agit sur les fidèles aux derniers jours et les encourage à se confier en l’Éternel ; ils peuvent s’attendre aussi à la délivrance ; plusieurs le feront. Sa prédication de la justice à la grande congrégation rassemble un petit troupeau ; sa délivrance, en tant que Christ souffrant, sera bénie pour un grand nombre. «Qui m’a engendré tous ceux-ci ?» dira Sion en ce jour-là (Ésaïe 49: 21). Cette expression embrasse, peut-être, les dix tribus aussi ; toutefois, comme principe, une multitude de gens sera là présente et bénie, ce qui n’a pas eu lieu à la première venue du Christ: alors, il a dû être, dans son histoire et ses souffrances personnelles, le méprisé et le rejeté des hommes.

Les pensées dont fait mention le vers. 5, sont les pensées de l’Éternel pour bénir ; elles nous amènent à la pensée capitale, au centre et au fondement de tout, savoir à Christ venant pour faire la volonté de Dieu ; et maintenant nous pouvons pénétrer plus avant et comprendre mieux la valeur de l’accomplissement de cette volonté, ou ce qui est mieux encore, l’Esprit le fait pour nous. Après le vers. 5, nous sommes placés beaucoup plus en présence de la fidélité de Christ, accomplissant cette volonté, accablé par les iniquités qui l’ont atteint dans sa propre âme tel que nous le voyons en Gethsémané, — mais en présence de la délivrance. La confession des péchés sur la tête de la victime, souvenons-nous-en, était autre chose pour elle que d’être mise à mort ou consumée — de même, lorsque Christ reconnaît ou confesse les iniquités dont il se chargeait comme siennes, ce n’est pas porter la colère, ni être retranché de la terre des vivants. Quelque terrible qu’ait été pour lui ce moment, comme nous le trouvons dans les évangiles — (et il voyait à l’avance tout ce qui devait en résulter pour lui), — ce qu’il a fait alors, confesser les péchés, est tout autre chose que de porter la colère qui leur est due. Il faut que son peuple, je ne dis pas imite sa confession de péchés, mais s’empare de cette confession avec la conscience que les péchés qu’il a confessés étaient les leurs ; et peut-être, jusqu’à ce que la grâce soit pleinement connue, auront-ils à le faire dans une profonde angoisse et une appréhension terrible de la colère à venir. C’est là, — les afflictions extérieures à part — ce qui constitue l’analogie entre le résidu juif et le Seigneur : quant à la colère de l’expiation, nous savons qu’il en a porté le poids, afin que nous n’ayons jamais à la souffrir.

Notre Psaume nous présente donc Christ, selon les conseils éternels de Dieu, venu ici-bas pour accomplir la volonté de Dieu dans la nature humaine, se plaçant au milieu de la grande congrégation d’Israël, souffrant en conséquence profondément, descendant jusque dans le puits de la destruction ; mais sa confiance en l’Éternel demeure ferme. Il l’a attendu patiemment ; il a été délivré et un nouveau cantique a été mis dans sa bouche. L’Éternel a entendu son cri et l’a fait sortir du bourbier. C’est une leçon pour tout le résidu: Oh ! que bienheureux est l’homme qui a mis en l’Éternel sa confiance et ne s’est pas tourné vers les orgueilleux ! — Puis vient la suite des événements : les conseils de Dieu ont été merveilleux ; Christ vient pour faire la volonté de Dieu comme homme ; il trouve ses délices à la faire ; il déclare la justice de Dieu devant tous. Mais il est amené par là dans la plus profonde détresse ; des maux sans nombre l’entourent, et de plus, ses iniquités (celles de son peuple) l’atteignent ; mais la patience a son oeuvre parfaite : il est parfait et accompli dans toute la volonté de Dieu, et comme le Psaume nous le montre au commencement, il est délivré. Toutefois, ainsi que je l’ai déjà fait remarquer, le Psaume annonce sa fidélité, tout spécialement ; c’est pourquoi nous le suivons jusqu’à l’accomplissement de l’épreuve, mais toujours sans qu’il en soit encore délivré. L’objet de sa requête est que les méchants, étant trouvés ses ennemis, soient retranchés, mais que les pauvres du troupeau soient rendus capables de louer, de s’égayer, et de se réjouir en l’Éternel. Qu’il est beau de voir sa parfaite patience dans l’épreuve, afin que toute la volonté de Dieu soit accomplie, et de le contempler cherchant la joie et la parfaite béatitude du pauvre résidu, mais prenant lui-même la position de dépendance vis-à-vis de l’Éternel et le priant d’intervenir comme Dieu. L’obéissance et la dépendance sont les deux traits caractéristiques de l’action de la vie divine dans l’homme à l’égard de Dieu.

On peut remarquer ici que le témoignage au milieu de la congrégation est clos lorsque «les maux sans nombre» l’atteignent. La préface du Psaume parle du puits de la destruction quand il en est déjà sorti, et nous apprenons en vue de quoi il a été obéissant, mais le Psaume ne fait pas mention de sa mort. Le corps même du Psaume nous le présente dans la fidélité de sa vie comme témoin, car il est venu pour faire la volonté de Dieu, et nous montre les maux qui l’ont atteint à la fin, quand il eut à porter le poids de l’iniquité de son peuple. Le verset 4 applique au résidu, pour son instruction, et son encouragement, le résultat de la fidélité de Christ.

Avant de passer plus avant, je dirai quelques mots de l’expression du vers. 6 : «Tu m’as creusé des oreilles». Cette expression n’est pas la même que celle que nous trouvons dans l’Exode, au chap. 21, où l’esclave a l’oreille percée avec une alène et attachée au poteau de la porte, afin qu’il devienne serviteur pour toujours. Ce n’est pas non plus l’expression dont se sert Ésaïe (chapitre 50) pour nous dépeindre son obéissance si entière et parfaite, comme serviteur, à la volonté de son Père, qu’il prête l’oreille chaque matin pour recevoir ses commandements. Le sens du mot que nous trouvons ici, au Ps. 40, est proprement que Dieu lui a «creusé des oreilles», c’est-à-dire que lui, il a pris la position de serviteur. Mais, selon que nous enseigne l’épître aux Philippiens, chap. 2, il a pris cette position en se faisant homme ; c’est pourquoi l’Esprit accepte ici l’interprétation que les Septante donnent de ce passage : «tu m’as formé un corps» (voyez Héb. 10: 5). Comparez Jean 13 (qui répond, quant au temps, à Exode 21) ; Luc 12: 37 et 1 Cor. 15: 28.

45               [Psaume 41]

Le Ps. 41 nous montre le bonheur de l’homme qui a l’intelligence de cette position des pauvres du troupeau et qui s’y associe (comp. Matt. 5: 3 ; Luc 6: 20). Les paroles du Psaume sont celles de l’un des fidèles du résidu souffrant, — sans doute, l’expression de l’expérience propre du Psalmiste. Nous avons devant nous un des Psaumes auxquels Christ emprunte une expression pour montrer comment, au terme de sa vie, lorsqu’il a pris part aux souffrances du résidu, il les a goûtées dans toute leur amertume. Cependant le pauvre est gardé dans l’intégrité et placé devant la face de l’Éternel. Le triomphe apparent des méchants est de courte durée.

Ainsi se termine le premier livre, dans lequel, comme ensemble, nous trouvons l’expérience du résidu avant qu’il soit chassé, ou au moins l’expérience de ceux qui ne seront pas chassés : le nom d’alliance de l’Éternel y est employé. C’est pourquoi nous y sommes initiés à la position de Christ, pour autant qu’il vint et se plaça lui-même au milieu des pauvres du troupeau sur la terre, et vécut dans la souffrance et l’intégrité, au milieu du mal : mais, comme je l’ai déjà observé, il n’est pas personnellement le sujet du dernier Psaume du livre, comme nous le fait voir le verset 4.

Comme nous l’avons dit aussi, les huit premiers Psaumes forment une sorte d’introduction dans laquelle la scène tout entière se déroule devant nos yeux dans ses principes et ses résultats selon le conseil de Dieu : après quoi les Ps. 9 et 10 nous font connaître les véritables circonstances historiques des Juifs aux derniers jours. — Ainsi, au point de vue des faits historiques, l’état des Juifs aux derniers jours forme la base et le sujet de tout le livre, en même temps que nous apprenons de quelle manière Christ a pu s’associer à leurs souffrances et devenir par son exemple un encouragement pour eux. Sa vie tout entière au milieu de la nation est passée en revue, et plus particulièrement à la fin, alors que, après avoir déclaré, la justice de Dieu dans la grande congrégation, il entra dans les profondes souffrances des dernières heures de son passage sur la terre, s’avançant au-devant de l’abandon de Dieu. Cependant le sentier qu’il suivait était pour lui, et grâce à Dieu certainement pour nous, le sentier de la vie. Dans cette suite de Psaumes, le Ps. 40 offre cet intérêt particulier, qu’il nous montre non seulement l’histoire de Christ, sa fidélité, mais la libre offrande qu’il fait de lui-même avant son incarnation, pour accomplir tout ce que les conseils du Père exigeaient de sa part ; — puis nous le présente, attendant dans l’obéissance jusqu’à ce qu’il plaise à l’Éternel d’intervenir, après quoi il chantera le cantique nouveau. La résurrection a été le témoignage solennel de l’intervention de Dieu, par laquelle, comme nous l’avons vu au Ps. 22, il a suscité ou plutôt créé ce cantique dans tant d’autres coeurs. Comme nous le voyons fréquemment ailleurs, les premiers versets (v. 1-3) nous fournissent le sujet même du Psaume, ceux qui suivent tout ce qui a produit ce résultat, avec ceci de particulier qu’ici, le sentier a pour point de départ l’offrande qu’il a faite d’abord de lui-même pour accomplir l’oeuvre.

Le lecteur remarquera aussi, dans le Ps. 41, que nous avons signalé comme caractérisant le résidu, la reconnaissance du péché (vers. 4) et la déclaration de l’intégrité (vers. 12). Nous avons déjà dit que Christ a emprunté une expression de ce Psaume qui montre, quoique le Psaume ne traite pas directement de Lui, comment il a pris la place à laquelle la teneur générale du Psaume s’applique (Jean 13: 18). Les orgueilleux et les méchants pouvaient le mépriser et le fouler aux pieds, lui, humble et débonnaire, et ce fait peut s’appliquer au résidu sous la discipline, mais ce qui est ici devant nous, c’est plutôt l’esprit de fausseté de ceux dans lesquels il aurait dû se confier. La bénédiction est pour ceux qui, humbles et débonnaires sous le châtiment, comprennent les voies du Seigneur. L’homme humble regarde au Seigneur quand sa main est sur lui. La portée du Psaume est que ceux qui comprennent la position des pauvres avec lesquels l’Éternel a affaire et qui s’y associent, sont bienheureux. Christ a pleinement pris cette place, quoiqu’il n’ait jamais été sur un lit de maladie.