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Études sur la Parole de Dieu
1 SAMUEL
par J.N. Darby
Cette édition ne diffère du texte original que par l’ajout, entre les paragraphes, des titres et sous-titres et subdivisions, ainsi que par l’indication, dans le texte, de la référence des versets bibliques dont l’auteur fait le commentaire ou qu’il cite
Table des matières abrégée :
20 [Résumé de l’histoire de David]
Table des matières détaillée :
0.1 [Contenu, période et grands sujets des livres de Samuel]
0.1.1 [Place du livre de Ruth, entre deux époques pour le peuple d’Israël]
0.1.2.1 [Israël en relation directe avec Dieu, sous la sacrificature]
0.1.2.1.1 [Incapacité de la sacrificature, quand l’arche, trône de Dieu, est prise par l’ennemi]
0.1.2.2 [Dieu suscite un prophète, pour maintenir le lien direct avec le peuple infidèle]
0.1.2.3 [La royauté, puissance intermédiaire établie de Dieu entre Lui et le peuple]
0.1.2.3.1 [Le roi est responsable devant Dieu pour le peuple sur lequel il est établi]
0.1.2.3.2 [Dieu établit le roi en ayant la gloire de Christ en vue, malgré la faute du peuple]
0.1.2.4 [Sujets des livres de Samuel, jusqu’à l’établissement de la royauté selon Dieu]
0.1.3 [Chute d’Israël et de la sacrificature, et établissement d’un roi selon Dieu]
0.1.4 [Comme partout, un seul reste fidèle, ce qui humilie l’homme]
0.2 [Nécessité et rôle de la sacrificature, et manquement à sa position]
0.2.2 [Responsabilité du maintien de la relation entre le peuple et Dieu]
0.2.2.1 [Le souverain sacrificateur représentait le peuple devant Dieu]
0.2.2.2 [Abandon de cette position par le peuple et le sacerdoce lui-même]
0.2.2.3 [Établissement d’un roi pour assurer les relations avec Dieu, image de Christ]
0.2.3 [Position en contraste de l’Église]
0.2.3.1 [Union de l’Église à Christ et faveur de Dieu sur les membres de Son corps]
1.1 [ch. 1 v. 1 à 2 v. 11 — Manifestation de la grâce divine au milieu de la ruine]
1.1.1 [ch. 1 — État de la sacrificature, et grâce agissante malgré la faiblesse de l’homme]
1.1.2 [ch. 2 v. 1-11 — Grâce souveraine et toute-puissance de Dieu envers Israël]
1.2 [ch. 2 v. 12-36 — État du peuple et de la sacrificature, et jugement divin annoncé]
1.2.1 [ch. 2 v. 12-26 — Iniquité de la sacrificature, amenant le jugement sur le peuple]
1.2.2 [ch. 2 v. 27-34 — Aveuglement par le mal quant au jugement annoncé par Dieu]
1.2.3 [ch. 2 v. 35-36 — Changement du gouvernement divin et établissement d’un oint]
2.1 [ch. 3 — Révélation de Dieu à Samuel, et annonce du jugement d’Éli]
2.1.1 [ch. 3 v. 19-21 — Samuel est reconnu comme prophète à qui Dieu se révèle]
2.1.2 [Caractère d’Éli et jugement de Dieu sur lui]
2.1.2.1 [Piété et dévouement d’Éli pour l’Éternel, et soumission au jugement]
2.1.2.2 [Dieu juge le manque de fermeté, qui laisse le mal prospérer même dans la sacrificature]
2.1.3 [Samuel, nouveau moyen de relation entre Dieu et Son peuple]
2.2 [ch. 4 — Jugement du peuple par les ennemis, selon les voies de Dieu]
2.2.1 [Les Philistins, image de l’ennemi intérieur à la chrétienté]
2.2.2 [Rupture des relations entre Dieu et Son peuple corrompu]
2.2.3 [Dieu revendique Sa gloire, quand tout lien est rompu avec Son peuple infidèle]
3.1 [ch. 5 v. 1 à 7 v. 2 — Maintien de la majesté de Dieu, liée à l’arche]
3.1.1 [ch. 6 v. 1-12 — Les Philistins doivent reconnaître la puissance de Dieu]
3.1.2 [ch. 6 v. 19-21 — Dieu juge ceux qui oublient Sa majesté, au milieu de Son peuple]
3.1.3 [Israël sent l’absence de Dieu, quand les Philistins s’en débarrassent]
3.1.4 [Dieu revient vers Son peuple, mais sans que l’ancien ordre soit rétabli]
3.2 [ch. 7 v. 3-17 — Restauration du peuple par le service de Samuel]
3.2.1 [ch. 7 v. 3-6 — Retour du peuple vers Dieu, par le service de Samuel]
3.2.1.1 [ch. 7 v. 3-4 — Purification nécessaire du peuple pour revenir à l’Éternel]
3.2.1.2 [Samuel est le lien entre le peuple et Dieu, non plus l’arche, hors de sa place]
3.2.1.3 [ch. 7 v. 3-6 — Repentance et confession du peuple, jugé par Samuel]
3.2.2 [ch. 7 v. 7-13 — Victoire sur l’ennemi qui s’oppose au retour vers Dieu]
3.2.2.1 [ch. 7 v. 7 — Opposition de l’ennemi au peuple qui reconnaît Dieu]
3.2.2.2 [ch. 7 v. 8-13 — Bénédiction du peuple et déroute des ennemis, par le service de Samuel]
3.2.3 [ch. 7 v. 14-17 — Position particulière de Samuel, seul lien du peuple avec Dieu]
3.3 [ch. 8 — Absence de foi du peuple pour se confier en Dieu]
3.3.1 [ch. 8 v. 1-5 — Impossibilité de transmettre la position de Samuel devant Dieu]
3.3.2 [ch. 8 v. 6-22 — Le peuple veut un roi et rejette l’Éternel, malgré les avertissements]
4.1 [ch. 9 — Dieu prépare un roi selon le désir du peuple et pour lui]
4.2 [ch. 10 v. 1-16 — Signes donnés à Saül pour le former comme roi]
4.2.1 [Simplicité du langage divin pour celui qui y prête attention]
4.2.2 [ch. 10 v. 2 — Premier signe : le tombeau de Rachel, origine de Benjamin]
4.2.3 [ch. 10 v. 3-7 — Deux autres signes : foi restante en Dieu, et présence de l’ennemi]
4.2.3.1 [ch. 10 v. 7 — La foi seule discerne clairement ce qu’elle doit faire]
4.2.3.2 [Signification de ces signes, Dieu reprenant Ses relations avec Israël]
4.2.4 [ch. 10 v. 8 — Dépendance de Samuel nécessaire pour recevoir la bénédiction divine]
4.2.5 [ch. 10 v. 5 — Présence des Philistins, ennemis dont le peuple doit être délivré]
4.2.5.1 [Les Philistins sont l’ennemi qui met la foi à l’épreuve]
4.2.5.2 [Domination des puissances spirituelles dans l’Église, et puissance contre elles]
4.2.5.3 [Épreuve de Saül par les Philistins, dans l’attente de Samuel pour délivrer Israël]
4.3 [ch. 10 v. 17 à 11 v. 15 — Établissement de Saül comme roi]
4.3.1 [ch. 10 v. 17-24 — Dieu choisit un roi selon le cœur du peuple]
4.3.2 [La chair considère le roi selon ce qu’elle voit extérieurement, non selon la foi]
4.3.3 [ch. 11 — Tout va bien pour Saül affermi comme roi, Dieu lui donnant toute bénédiction]
5.1 [Fidélité de Samuel et amour pour le peuple malgré son péché]
5.2 [ch. 12 v. 1-2 — Autorité sur le peuple confiée à Saül, Samuel restant prophète]
5.3.1 [Relations de Dieu avec Son peuple, malgré son infidélité]
5.3.2 [Actions de Dieu en faveur de Saül, roi oint]
6.1 [ch. 13 v. 1-5 — Action de l’énergie de la foi contre les ennemis]
6.1.1 [ch. 13 v. 1-3 — Jonathan frappe l’ennemi et provoque son hostilité]
6.1.2 [ch. 13 v. 3 — Saül, image de la chair employée pour agir pour le peuple de Dieu]
6.1.3 [Tableau de l’Église professante et de la foi qui peut se manifester en elle]
6.2 [ch. 13 v. 6-14 — Épreuve de Saül comme conducteur du peuple]
6.2.1 [Saül est éprouvé et manque à reconnaître le lien avec Dieu par le prophète]
6.2.2 [Manifestations de l’incrédulité de la chair dans toute l’action de Saül]
6.3 [ch. 13 v. 15-23 — État du peuple face à l’ennemi]
6.3.1 [L’ennemi effraye et pille le peuple, qui a abandonné le chemin de la foi]
6.3.2 [Impuissance totale du peuple, sans arme contre l’ennemi]
7.1 [ch. 14 v. 1-15 — Énergie de la foi contre les ennemis]
7.1.1 [Dieu bénit la foi, qui regarde à Lui, et lui donne la victoire]
7.1.2 [ch. 14 v. 4-15 — La foi compte sur Dieu seul, fidèle à Son peuple, pour vaincre]
7.2 [ch. 14 v. 16-46 — Action de l’incrédulité en Saül, gâtant la victoire de la foi]
7.2.1 [ch. 14 v. 16-19 — Saül ne sait que faire, n'ayant pas de lien avec Dieu]
7.2.2 [ch. 14 v. 20-22 — Présence d’Hébreux avec les ennemis, ayant oublié leur lien avec Dieu]
7.2.3 [ch. 14 v. 23-46 — Action de l’incrédulité dans l’œuvre de la foi, pour la gâter]
7.2.3.1 [ch. 14 v. 24 — Saül pense à lui-même et entrave la poursuite de l’ennemi]
7.2.3.2 [Saül montre un zèle charnel pour Dieu, ne dévoilant que sa folie]
7.2.3.3 [Contraste entre l’énergie de la foi agissante, et le zèle charnel gâtant cette œuvre]
7.3 [ch. 14 v. 47-52 — Dieu agit encore par Saül pour délivrer d’Israël]
7.3.1 [Dieu délivre Son peuple de ses ennemis, par Saül qu’Il n'a pas encore abandonné]
7.3.2 [ch. 14 v. 52 — Guerre contre les Philistins sans pouvoir les abattre, par la force charnelle]
7.4 [chap. 13-14 — Saül face à ses ennemis, la chair agissant dans l’œuvre de Dieu]
7.4.1 [Rapidité de l’ennemi pour dominer ceux qui ne suivent pas Dieu]
7.4.2 [Saül a toutes les formes de la piété et de la religion selon Dieu]
7.4.3 [Liberté de la foi de Jonathan, avec Dieu, mais loin de la folie de l’incrédulité]
7.4.4 [Contraste entre les marches de la foi et de la chair, dans l’œuvre de Dieu]
8.1 [Épreuve finale de Saül par le jugement sur Amalek]
8.1.1 [Dieu envoie Saül détruire Amalek, ennemi continuel et déjà jugé]
8.1.2 [Saül craint le peuple plus que Dieu et, désobéissant, est privé du royaume]
8.1.3 [Confession sans humiliation, et abandon du roi par Samuel]
8.2 [Fin de l’histoire du règne de Saül, et introduction de David]
9.1 [ch. 16 v. 1-13 — Onction de David, méprisé, par Samuel, selon Dieu]
9.2 [Nécessité du chemin d’épreuve pour David, pour former sa foi]
9.3 [ch. 16 v. 14-23 — Introduction de David devant Saül, qui règne toujours]
10.1 [ch. 17 v. 1-16 — Nouvelle attaque des Philistins, avec leur champion]
10.2 [ch. 17 v. 17-51 — David affronte Goliath avec l’aide de Dieu]
10.2.1 [ch. 17 v. 17-40 — La foi regarde à Dieu seul pour triompher]
10.2.2 [ch. 17 v. 41-51 — Victoire de David, image de Christ, au nom de l’Éternel]
10.3 [ch. 17 v. 52-58 — David est inconnu pour Saül, la chair ne le connaissant pas]
11.1 [ch. 18 v. 1-5 — Affection de Jonathan, image du Résidu, pour David]
11.1.1 [ch. 18 v. 1 — Le Résidu aime Christ dans Son humiliation et désire Son règne]
11.1.2 [Différence entre la foi de David et celle de Jonathan, contre l’ennemi]
11.1.3 [Affection de Jonathan pour David comme digne de régner, en contraste avec Saül]
11.2 [ch. 18 v. 6-30 — Élévation de David et inimitié croissante de Saül]
11.2.1 [ch. 18 v. 6-11 — La gloire de David dépasse celle de Saül en louanges]
11.2.2 [Manifestations de la foi de David dans ses circonstances]
11.2.3 [ch. 18 v. 10-16 — Dieu est avec David en toutes choses, et le peuple l’aime]
11.2.4 [ch. 18 v. 17-30 — Saül craint David et veut s’en débarrasser, mais Dieu est avec lui]
12.1 [ch. 19 v. 1-18 — Attitude de Saül envers David, avec qui Dieu est]
12.1.1 [ch. 19 v. 1-8 — Changements de pensée de Saül, qui ne peut supporter David vainqueur]
12.1.2 [ch. 19 v. 8 — Épreuve de la foi par les Philistins, manifestant son énergie]
12.1.3 [ch. 19 v. 9-18 — David échappe encore à Saül qui veut le tuer]
12.2 [ch. 19 v. 19-24 — David fuit Saül rejeté et va vers Samuel]
12.2.1 [David reconnaît la puissance de Dieu, alors que Saül la subit sans effet sur son cœur]
12.2.2 [David devient errant, Saül ayant rejeté tout lien avec Dieu]
12.3 [ch. 20 — Attachement de la foi de Jonathan à David]
12.3.1 [Jonathan aime David même rejeté, mais marche toujours dans l’ancien système]
12.3.2 [L’attachement au système charnel fait tomber avec celui-ci]
12.3.3 [Séparation de David et Jonathan]
12.4 [ch. 21 — Fuite de David rejeté de devant Saül]
12.4.1 [ch. 21 v. 1-6 — La grâce dépasse les ordonnances, quand Dieu est rejeté]
12.4.2 [David image de Christ, plus grand que les ordonnances aux yeux de Dieu]
12.4.3 [ch. 20 v. 7-9 — Puissance de la mort comme arme, dans les mains du Seigneur]
12.4.4 [ch. 20 v. 10-15 — David se réfugie chez les Philistins, à sa honte]
13.1 [Tout ce qui appartient au témoignage de Dieu se joint à David]
13.2 [Chute continue de Saül, rejetant tout ce qui est de Dieu]
13.3 [ch. 23 v. 1-13 — David agit comme roi en Israël, selon la pensée de Dieu]
13.4 [ch. 22 v. 6-19 — Progrès de Saül, dans l’apparence extérieure et dans le mal]
14.1 [Prospérité extérieure, et réalisation des ressources de Dieu dans le besoin]
14.2 [Caractère de David, type de Christ, dans sa marche comme rejeté]
14.2.1 [David agit comme sacrificateur, devenant dépositaire des bénédictions dans la ruine]
14.2.2 [Marche par la foi, dans le discernement de ce qui correspond à la volonté divine]
14.3 [Dieu dirige toutes choses pour le bien de David]
14.3.1 [Accomplissement des desseins de Dieu pour préparer David par l’épreuve]
14.3.2 [ch. 23 v. 14-28 — Dieu intervient pour garder David de Saül]
16.1 [ch. 25 v. 1 — Mort de Samuel et fin d’une époque]
16.2 [Abigaïl, image du résidu, souffrant avec David, en contraste avec Jonathan]
16.2.1 [Abigaïl se joint à David et partage ses souffrances, quand Jonathan reconnaît le roi]
16.2.2 [Caractère de la grâce dans le lien entre David et Abigaïl]
16.2.3 [Abigaïl a la position de l’Église, soumise et discernant la place de David]
16.2.4 [La foi d’Abigaïl entre dans les conseils de Dieu quant à David]
16.3 [Manifestations de la foi d’Abigaïl, jugeant tout par rapport à David]
17.1 [ch. 26 — Saül poursuit de nouveau David, et Dieu juge publiquement entre eux]
17.2 [ch. 27 à 28 v. 2 — David fuit chez les Philistins]
17.2.1 [ch. 27 v. 1-4 — David manque de foi et craint, et est exposé aux tentations chez l’ennemi]
17.2.2 [Faiblesse de l’homme après avoir été l’objet d’une intervention divine]
17.2.3 [ch. 27 v. 5-12 — Triste position de David, mais grâce de Dieu pour le garder]
17.2.4 [ch. 28 v. 1-2 — David obligé de servir Akish, dans la fausse position qu’il a prise]
17.3 [ch. 28 v. 3-25 — Condition effrayante de Saül et du peuple]
17.3.1 [ch. 28 v. 3-6 — Saül et Israël n’ont plus de rapport avec Dieu ni de secours]
18.1 [ch. 29 à 30 v. 6 — Triste état de David devant Akish, et châtiment de Dieu]
18.2 [ch. 30 v. 6-20 — L’épreuve ramène David à Dieu]
18.2.1 [ch. 30 v. 6-8 — Soins de la grâce de Dieu pour relever les siens, après le châtiment]
18.2.2 [Dieu prépare David pour sa future position, et le garde dans son égarement]
18.2.3 [La défaillance de la foi devant les difficultés jette le fidèle dans les bras de l’ennemi]
18.3 [ch. 30 v. 21-31 — Générosité de David, selon la volonté de Dieu]
20 [Résumé de l’histoire de David]
20.1 [ch. 17-18 — Simplicité de la foi, contre l’ennemi ou devant Saül]
20.2 [ch. 19-26 — David dans la position de la foi, près de Dieu]
20.3 [Difficulté de demeurer dans la position de la foi]
20.3.1 [La nature se lasse du combat, quand la foi devrait être fortifiée par les victoires]
20.3.2 [Énergie de la foi dans le service ici-bas, avec les affections de la grâce]
20.3.3 [La grâce domine toutes choses, et Dieu se glorifie même quand l’homme y manque]
Nous avons vu que le livre de Ruth occupe une place intermédiaire entre la fin de l’époque où Israël était placé sous le gouvernement immédiat de Dieu, qui intervenait de temps en temps par le moyen des juges, et l’établissement du roi qu’il lui choisit. Cette fin, hélas ! était amenée par la chute du peuple, et son incapacité à profiter, par la foi, de ses privilèges.
Les livres de Samuel contiennent 1° la cessation des relations originelles d’Israël avec Dieu, fondées sur l’obéissance du peuple aux termes de l’ancienne alliance et aux prescriptions spéciales du Deutéronome ; 2° l’intervention souveraine de Dieu par la prophétie, et 3° l’établissement du roi que Dieu lui-même avait préparé, et les circonstances qui précédèrent cet établissement. Ce n’est pas seulement qu’Israël ait manqué sous le gouvernement de Dieu ; il a rejeté ce gouvernement.
Placé sous la sacrificature, il s’approchait de Dieu, dans la jouissance des privilèges qui lui étaient accordés, comme peuple reconnu de l’Éternel. Nous verrons l’Arche (le premier, le plus immédiat et le plus précieux lien entre le Dieu souverain et le peuple), tomber aux mains de l’ennemi [(4:11)]. Que pouvait un sacrificateur, quand ce qui donnait à sa sacrificature toute son importance était dans les mains de l’ennemi, et quand le lieu où il s’approchait de l’Éternel, le trône de Dieu au milieu d’Israël, — la place de propitiation par laquelle, en grâce, la relation d’Israël avec Dieu était maintenue, — n’y était plus ?
Ce n’était plus là simplement l’infidélité d’Israël dans les circonstances où Dieu l’avait placé. Ces circonstances mêmes étaient complètement changées par suite du jugement de Dieu. Le lien extérieur des relations de Dieu avec le peuple était rompu ; l’Arche de l’alliance, centre et base de ces relations, avait été livrée par la colère de Dieu aux mains de leurs ennemis. La sacrificature était le moyen naturel et normal de maintenir ces relations entre Dieu et le peuple. Qu’en faire à cette fin maintenant ?
Toutefois Dieu, agissant en souverain, pouvait se mettre en communication avec son peuple, en vertu de sa grâce et de sa fidélité immuable, d’après lesquelles ses liens avec les siens subsistaient de son côté, lors même que toute relation reconnue entre lui et le peuple fût interrompue par l’infidélité de ce dernier. C’est ce qu’Il a fait en suscitant un prophète [(3:20)]. Par son moyen, Dieu communiquait encore directement avec son peuple, lors même que le peuple n’avait pas maintenu ses relations avec lui dans leur état normal. La fonction du sacrificateur était en rapport avec l’intégrité de ces relations ; le peuple avait besoin de lui dans ses infirmités. Toutefois, sous la sacrificature, le peuple lui-même s’approchait de Dieu par l’intermédiaire du sacrificateur, selon les relations que Dieu avait établies et qu’il reconnaissait. Mais le prophète agissait de la part de Dieu, en dehors de ces relations, ou plutôt au-dessus, lorsque le peuple n’était plus fidèle.
L’établissement du roi avait une plus grande portée. C’était un nouvel ordre de relation qui impliquait des principes de toute importance ; Dieu n’était plus en relation immédiate avec le peuple. Il y avait une puissance établie sur Israël. Dieu attendait la fidélité de la part du roi. Le sort du peuple dépendait de la conduite de celui qui était responsable devant l’Éternel, pour l’observation de cette fidélité.
Dieu avait l’intention d’établir ce principe pour la gloire de Christ. Je parle de sa royauté sur les Juifs et sur les nations, sur le monde entier. Cette royauté a été préfigurée en David et en Salomon. Demander l’établissement d’un roi en rejetant le gouvernement immédiat de Dieu lui-même, c’était folie et rébellion de la part du peuple [(8:7)]. Combien de fois nos folies et nos fautes sont-elles l’occasion du déploiement de la grâce et de la sagesse de Dieu, et de l’accomplissement de ses conseils jusqu’alors cachés au monde ! Nos péchés et nos fautes ont seuls pris part à leur accomplissement glorieux en Christ.
Voilà les sujets importants qui sont traités dans les livres de Samuel, au moins jusqu’à l’établissement de la royauté. L’état glorieux de cette royauté et sa chute sont racontés dans les deux livres des Rois.
C’est la chute d’Israël qui met fin à ses premières relations avec Dieu. L’Arche est prise [(4:11)] ; le sacrificateur meurt [(4:18)]. La prophétie introduit le roi, un roi méprisé et rejeté, l’homme en ayant établi un autre ; mais un roi que Dieu établit selon l’efficace de sa puissance ; tels sont les grands principes développés dans les livres de Samuel.
L’histoire nous fait voir, ici comme partout, qu’il n’y en a qu’un seul qui ait gardé sa fidélité ; résultat humiliant pour nous, de l’épreuve à laquelle Dieu nous a soumis, mais bien propre à nous garder dans l’humilité.
Si nous avons parlé de la chute de la sacrificature, il ne faut pas en induire que la sacrificature eût cessé d’exister. Elle était toujours nécessaire à un peuple rempli d’infirmités (ainsi qu’à nous-mêmes sur la terre) ; elle intervenait dans les choses de Dieu, pour y maintenir les relations individuelles avec lui, mais elle cessa d’être la base des relations du peuple tout entier avec Dieu. Le peuple n’était plus capable de jouir de ces relations par ce moyen seul, et la sacrificature elle-même avait trop manqué à sa position pour pouvoir y suffire. Nous ferons bien de nous arrêter un peu sur ce point, qui est le pivot des vérités qui nous occupent en ce moment.
Dans l’état primitif d’Israël établi dans la terre qui lui avait été donnée, et en général dans sa constitution, la sacrificature était la base de ses relations avec Dieu, c’est ce qui les caractérisait et les maintenait (voyez Hébr. 7:11). Le souverain sacrificateur était leur chef et représentant devant Dieu, comme peuple d’adorateurs ; et dans cette relation (je ne parle ici ni de la délivrance d’Égypte, ni des conquêtes, mais d’un peuple devant Dieu et en relation avec lui), au grand jour des expiations, il confessait leurs péchés sur Azazel [(Lév. 16:21)]. Ce n’était pas seulement l’intercession ; il se trouvait là comme chef et représentant du peuple qui était, pour ainsi dire, résumé en lui devant l’Éternel. Le peuple était reconnu, quoique fautif. Il se présentait dans la personne du souverain sacrificateur pour pouvoir être en relation avec un Dieu, qui, après tout, se cachait à ses yeux derrière le voile. Le peuple présentait tout au sacrificateur ; le souverain sacrificateur se tenait devant Dieu : cette relation ne supposait pas l’innocence. L’homme innocent aurait dû se tenir lui-même devant Dieu. «Adam, où es-tu ?» [(Gen. 3:9)] Cette question décèle sa chute.
Mais le peuple n’était pas chassé non plus, quoique le voile fût entre lui et Dieu ; et le souverain sacrificateur qui sympathisait avec les infirmités du peuple, comme en faisant partie, maintenait la relation avec Dieu. C’était un peuple bien imparfait, il est vrai, mais qui, par ce moyen, entrait lui-même en rapport avec le Saint. Mais Israël n’a pas su se maintenir dans cette position ; non seulement il y avait du péché (le souverain sacrificateur aurait pu y porter remède), mais il péchait contre l’Éternel, se détournait de lui et cela dans ses chefs mêmes. Le sacerdoce qui aurait dû maintenir la relation, travaillait lui-même à la détruire, en déshonorant Dieu, et repoussant de son culte le peuple qu’il aurait dû y attirer.
Je passe par-dessus les circonstances préparatoires pour les considérer en détail à mesure que l’occasion s’en présentera. Dieu établit donc un roi, chargé de maintenir l’ordre et d’assurer les relations de Dieu avec ce peuple, par sa fidélité à Dieu et son gouvernement du peuple. C’est ce que Christ accomplira dans le siècle à venir ; il est l’Oint. Lorsque le roi est établi, le sacrificateur marche devant lui [(2:35)]. C’est une institution nouvelle, seule capable de maintenir les rapports du peuple avec Dieu. La sacrificature n’est plus, ici, une relation immédiate. Elle pourvoit aux besoins du peuple, il est vrai, dans ses fonctions à elle. Le roi y veille et assure l’ordre et la bénédiction.
Or, l’Église est dans une position tout autre. Outre la sacrificature qui s’exerce pour les saints sur la terre, afin de les maintenir pendant leur marche et dans la jouissance de leurs privilèges, elle est unie à l’Oint ; il n’y a plus de voile. Nous sommes assis dans les lieux célestes en Christ [(Éph. 2:6)], rendus agréables dans le Bien-aimé [(Éph. 1:6)]. La faveur de Dieu est sur nous, membres du corps de Christ, comme sur Christ lui-même. Ce qui a dévoilé la sainteté de Dieu, a découvert tout le péché de l’homme et l’a ôté (*).
(*) Bien entendu à l’égard de son peuple croyant.
Ainsi en Christ, membres de son corps, nous sommes devant Dieu parfaits et parfaitement agréables. Le sacrificateur ne cherche pas à nous donner une telle position, ni à maintenir avec Dieu les relations de ceux qui ne sont pas dans cette position. L’œuvre de Christ nous y a placés. Comment intercéder pour la perfection ? L’intercession rend-elle la personne et l’œuvre de Christ plus parfaites aux yeux de Dieu ? Certainement pas. Or, nous sommes en lui. De quelle manière cette sacrificature s’exerce-t-elle donc pour nous ? En maintenant des êtres faibles et trop souvent souillés, dans la réalisation de leurs relations avec Dieu (*). Le chrétien entre de fait dans une relation avec Dieu encore bien plus absolue ; il est dans la lumière, comme Dieu est dans la lumière [(1 Jean 1:7)]. Nous sommes assis dans les lieux célestes [(Éph. 2:6)], rendus agréables dans le Bien-Aimé [(Éph. 1:6)], aimés comme Il est aimé, la justice de Dieu en Lui [(2 Cor. 5:21)]. Il est notre vie, Il nous a donné la gloire qui lui a été donnée [(Jean 17:22)]. Or, le Saint Esprit, qui est descendu d’en haut après la glorification du Seigneur Jésus, nous a introduits en union avec Lui, dans la présence de Dieu sans voile. Cependant, quoique nous soyons sans excuse, nous manquons de plusieurs manières [(Jac. 3:2)] et contractons de la souillure ici-bas. L’office d’Avocat, de Celui qui est dans la présence de Dieu pour nous, nous lave les pieds par l’Esprit et la Parole, et nous rend capables de maintenir avec cette lumière la communion à laquelle les ténèbres sont étrangères. Plus tard, dans la présence de Jésus Roi, la sacrificature sans doute maintiendra les relations du peuple avec lui, tandis que Lui portera le fardeau du gouvernement et de la bénédiction du peuple, sous tous les rapports.
(*) Il y a une légère différence entre la sacrificature de Christ et son office d’Avocat (1 Jean 2 [v. 1]). La sacrificature consiste en la présence de Christ devant Dieu pour nous ; mais cette présence est la perfection quant à notre position devant Dieu. La sacrificature, dans son exercice journalier, ne se rapporte donc pas au péché, mais à la miséricorde et à la grâce pour que nous ayons du secours au moment opportun [(Héb. 4:16)]. Nous entrons en pleine liberté dans le lieu très saint [(Héb. 10:19)]. L’office d’Avocat s’exerce à notre égard quand nous avons péché, parce qu’il est question en 1 Jean de communion et que celle-ci est complètement interrompue par le péché.
Nous trouvons donc, au commencement du livre, la sacrificature subsistant devant Dieu dans la position dont nous avons parlé. Éli, pieux lui-même et craignant Dieu, ne maintenait pas l’ordre dans la famille sacerdotale. La sacrificature, au lieu de lier le peuple à Dieu, rompait moralement ce lien [(2:24)]. [1:3] Hophni et Phinées, les fils d’Éli, étaient là à Silo, [2:17] et leur conduite avait pour résultat que «les hommes méprisaient l’offrande de l’Éternel». Tel était l’état de choses en Israël. [1:1-3] En même temps, dans la famille d’Elkana, Anne, élue de l’Éternel pour la bénédiction, était dans l’épreuve ; les souhaits de son cœur naturel n’étaient pas satisfaits, [1:6] et l’adversaire la tourmentait par le moyen de celle qui prospérait à son gré. Or, celui dont la force s’accomplit dans la faiblesse, ayant démontré (comme toujours en pareil cas), l’impuissance de la chair, bénit selon sa volonté contre toute espérance, afin que ce qui était de Lui fût évidemment accompli par sa puissance à Lui. [1:27-28] Anne a un fils selon sa requête, un fils consacré à l’Éternel. [1:1] Sa famille était de la tribu de Lévi (1 Chron. 6 [v. 22-28]).
Anne reconnaît dans le beau cantique du chapitre 2 ce grand principe de la grâce souveraine et de la puissance de Dieu, [2:7] qu’Il abaisse l’orgueilleux, et celui qui se fie à la chair, [2:8] et relève le faible et l’impuissant. «Car les piliers de la terre sont à l’Éternel, et sur eux il a posé le monde» ; c’était ce qu’Israël, misérable et déchu, et un faible résidu qui s’attendait à l’Éternel, avaient besoin de savoir : c’est-à-dire, que tout dépendait de Dieu et de Dieu seul, qui ne cherchait pas la puissance dans l’homme, [2:10] mais la démontrait dans ses voies en détruisant tous ses adversaires ; et qui, enfin, «donnerait la force à son Roi, et élèverait la corne de son Oint». C’est l’histoire de l’intervention de Dieu en faveur d’Israël déchu et misérable, et cela par la manifestation de sa puissance en donnant force à son Roi, à son Christ. C’est une prophétie des voies de Dieu, des grands principes de son gouvernement qui se rapportaient à la position d’Israël, depuis le moment où elle a été prononcée jusqu’à l’établissement de la royauté millénaire, dans la personne du Seigneur Jésus.
Après que Dieu a donné ce témoignage auquel la foi pouvait se fier, nous trouvons tout de suite la révélation de l’état intérieur du peuple et de l’iniquité de la sacrificature qui aurait dû être l’instrument pour purifier l’iniquité du peuple ; et qui, au contraire, amenait le jugement sur lui. [2:24-25] «Vous entraînez, dit Éli, à la transgression le peuple de l’Éternel. Si un homme a péché contre un homme, Dieu le jugera; mais si un homme pèche contre l’Éternel, qui priera pour lui ?». Voilà où en étaient les choses d’après Éli lui-même. [2:25-26] «Mais ils n’écoutèrent pas la voix de leur père, car c’était le bon plaisir de l’Éternel de les faire mourir. Et le jeune garçon Samuel allait grandissant, agréable à l’Éternel et aux hommes», heureux de partager, quelque faible que fût la copie, le témoignage rendu à Jésus lui-même.
Quant aux fils d’Éli, ils sont un exemple de ce qui n’arrive que trop souvent. Que de fois, hélas ! voyons-nous qu’au moment où le jugement de Dieu va éclater, on ne s’en aperçoit pas ! parce que le mal qui va l’amener obscurcit la vue morale, de telle sorte qu’on ne le reconnaît pas ! Les yeux de Dieu sont ailleurs, de même que l’intelligence spirituelle qu’il donne aux siens, [2:26] comme cela avait lieu ici pour Samuel. [2:27] Cependant Dieu avertit Éli, par le moyen d’un homme de Dieu. [2:30-36] Son jugement sur la famille sacerdotale et sur la sacrificature, est prononcé [3:7] avant que l’Éternel se révèle à Samuel.
[2:35] Ce jugement annonce le changement dans l’ordre du gouvernement divin, qui devait avoir lieu par l’établissement d’un Roi, d’un Oint (d’un Christ), et par la position qui en résulterait pour la sacrificature, ainsi que nous l’avons déjà fait remarquer (v. 35). «Et je me susciterai un sacrificateur fidèle : il fera selon ce qui est dans mon cœur et dans mon âme, et je lui bâtirai une maison stable, et il marchera toujours devant mon Oint».
Au chap. 3, [3:21] Dieu se révèle à Samuel, [3:20] et il est reconnu prophète de l’Éternel, depuis Dan jusqu’à Beër-Shéba.
[3:18] Éli, jugé pour avoir aimé ses fils plus que l’Éternel [(2:29)], console néanmoins nos cœurs par sa soumission. S’il lui manque l’énergie de la fidélité, on trouve cependant en lui un cœur droit devant l’Éternel ; [4:18] et sa piété personnelle ressort d’autant plus dans le dévouement à la gloire de Dieu, qu’il manifeste dans ces circonstances en trouvant la mort dans l’I-Cabod de son peuple.
Triste et touchante histoire de l’effet du juste jugement de Dieu sur une âme attachée à sa gloire dans son peuple, [3:13] mais qui n’avait pas eu la fermeté nécessaire pour empêcher que ce peuple, et même ses propres fils, ne déshonorassent l’Éternel lui-même dans le service sacerdotal !
[3:21] Ici commence le moyen que Dieu, dans sa souveraineté, emploie pour être en relation avec son peuple, [3:1] lorsque les relations ordinaires qu’il avait établies sont interrompues.
Au chap. 4, les ennemis de Dieu et de son peuple paraissent en force ; [4:2] les Philistins se rangent contre Israël. Dieu, dans sa providence toute puissante, fait concourir toutes choses à l’accomplissement de ses desseins.
Nous ferons bien de nous arrêter ici un instant ; car les Philistins ont une importance considérable par le rôle qu’ils jouent dans cette histoire, comme puissance de l’ennemi. Ils représentent, me semble-t-il, la puissance de l’ennemi agissant dans l’enceinte du peuple de Dieu. Ils étaient dans le territoire d’Israël, au dedans du pays et même en deçà du Jourdain. Ce n’étaient pas, comme les Égyptiens ou les Assyriens, des ennemis de dehors. Habituellement hostiles à Israël, à ceux qui, de la part de Dieu, auraient dû posséder le pays de la promesse ; d’autant plus dangereux, qu’ils étaient constamment à côté d’eux et prétendaient à la possession du pays, les Philistins nous présentent, en figure, la puissance de l’ennemi agissant au dedans. Je ne dis pas la chair, mais l’ennemi dans les limites de l’Église professante, oppresseur du vrai peuple de Dieu auquel les promesses appartiennent.
[4:3] Israël, corrompu dans toutes ses voies, et téméraire dans ses relations avec Dieu, parce qu’il avait oublié sa majesté et sa sainteté, veut, dans son état d’infidélité, identifier (*) l’Éternel avec lui, tel qu’il était dans son état primitif, au lieu de se présenter devant son trône, afin de savoir pourquoi il abandonnait son peuple. [4:10] Dieu ne veut ni le reconnaître, ni le secourir. [4:11] Au contraire, l’Arche de l’alliance, signe et lieu de ses relations avec le peuple, est prise. Son trône n’est plus au milieu de son peuple, son Tabernacle est vide, toute relation établie est interrompue. Où offrir des sacrifices ? Où s’approcher de l’Éternel leur Dieu ? [4:18] Éli, le sacrificateur, meurt ; [4:20-21] et sa pieuse belle-fille, succombant elle-même sous le coup de ces tristes nouvelles, prononce l’oraison funèbre du malheureux peuple, dans le nom qu’elle donne à l’enfant qui ne pouvait plus être sa joie. [4:22] Le fruit de son ventre ne porte que l’empreinte du malheur de son peuple, et n’est à ses yeux qu’I-Cabod !
(*) Remarquez le contraste de ce cas-ci avec celui d’Acan, bien qu’il y eût du péché dans ce dernier. Le péché est reconnu, jugé en détail, quoique le peuple soit châtié.
Quel bonheur d’avoir eu, par la grâce, le cantique d’Anne déjà donné par l’Esprit, pour soutenir la foi et l’espérance du peuple. Tout lien extérieur est rompu ; mais Dieu soutient lui-même sa Majesté ; [4:10] et si Israël infidèle n’avait pu tenir tête aux adorateurs des idoles, [5:4] le Dieu qu’il avait abandonné revendique sa gloire, et démontre, au sein même de leur temple, que ces idoles ne sont que vanité.
Les Philistins sont forcés de reconnaître la puissance du Dieu d’Israël, qu’Israël n’avait pas su glorifier. Les jugements suggèrent à leur conscience naturelle [6:10-12] un moyen qui, en démontrant que l’influence de la toute-puissance de Dieu domine même les créatures dénuées d’intelligence, en les faisant agir contre leurs instincts les plus puissants, [6:9] fait voir que c’était bien le Dieu fort, le Souverain, qui avait infligé le châtiment dont ils souffraient.
Dieu maintient sa Majesté au milieu même d’Israël. Il n’est plus au milieu d’eux, leur assurant les bénédictions promises. Son Arche, exposée par leur infidélité à des indignités de la part des Philistins et des curieux, [6:19] devient l’occasion (comme signe de la présence de Dieu), des jugements infligés à la témérité de ceux qui osent regarder au dedans d’elle, oubliant la majesté divine de Celui qui en faisait son trône et y gardait son témoignage.
[7:2] Mais, que de fois l’absence de Dieu fait sentir le prix de Celui dont on n’a pas su apprécier la présence !
[7:2] Israël, toujours privé de la présence de l’Éternel et de sa gloire, se lamente après Lui. Remarquons ici que Dieu n’a pas pu rester au milieu des Philistins. L’infidélité pouvait assujettir son peuple à ses ennemis, quoique Dieu fût là. [5:3-4] Mais, laissé pour ainsi dire à lui-même, sa présence jugeait les faux dieux. L’association était impossible ; [6:11] les Philistins n’ont aucun désir de Lui. [6:10] On ne peut se glorifier d’une victoire sur Celui qui vous tue lorsqu’il est là. Les Philistins s’en débarrassent. Jamais les enfants de Satan ne supportent la présence du vrai Dieu.
De plus, le cœur de Dieu ne se sépare pas de son peuple ; [6:10-12] Dieu retrouve d’une manière souveraine qui le déclare Dieu de toute la création, son chemin vers le peuple de son choix. [6:19] Mais il garde, ainsi que nous l’avons vu, sa majesté. Soixante-dix hommes (cf. note 6:19) paient l’amende de leur impie témérité. Dieu revient ; mais encore faut-il qu’il se fraie un chemin selon ses conseils, selon ses voies, d’après lesquelles il rétablit ses relations avec son peuple. [7:1] Ainsi, l’Arche (chap. 7) étant restée vingt ans à Kiriath-Jéarim, [7:2] lorsque Israël soupire après l’Éternel, [7:3] Samuel reparaît sur la scène. [7:1] L’Arche n’est pas remise à sa place, ni l’ancien ordre rétabli.
[7:3] Samuel commence à agir, par son témoignage, sur la conscience du peuple, et à le purifier de ce qui l’affaiblissait en déshonorant Dieu. Il lui dit que s’il voulait se tourner de tout son cœur vers l’Éternel, il fallait ôter les faux dieux et servir l’Éternel seul. Un culte mélangé était insupportable. Alors, l’Éternel le délivrerait. Samuel le prophète est maintenant le point de rapprochement entre le peuple et Dieu. Dieu ne reconnaît que lui maintenant.
[2 Sam. 6:17] L’Arche ne se retrouve à sa place que lorsque le roi élu de Dieu est établi sur le trône ; [1 Rois 8:6] elle n’est placée complètement selon l’ordre de Dieu, que lorsque le fils de David domine en paix et en puissance à Jérusalem (*). Une fois on la consulte (1 Sam. 14:18, 19), mais sa présence est sans effet et sans pouvoir. Elle existe, mais en rapport avec ceux en qui la foi et l’intégrité ne se trouvaient plus, de sorte qu’il n’y avait rien qui en résultât. C’était plutôt pour montrer que Dieu était ailleurs, ou du moins qu’il agissait ailleurs.
(*) Comparez les Ps. 78, 60, 61, et 132. L’Arche est en rapport avec Sion, siège de la grâce royale. Salomon seul a pu bâtir la maison, comme étant l’homme de paix.