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Étude biblique : Jude

 

Résumé-Notes d’études bibliques à Paris rédigé(es) par Jean Muller. Janvier à Avril 1974

Certaines parties de l’épître ne sont pas traitées (absence du rédacteur des notes)

 

Jean Muller

 

Table des matières :

1     Jude v. 4

2     Jude v. 5, et plan de ce qui suit

3     Jude v. 5-7

4     Jude v. 8

5     Jude v. 9-10

6     Jude v. 10-11

7     Jude v. 11

8     Jude v. 14-18

9     Jude v. 19

10      Jude v. 20-21

11      Jude v. 21 — La miséricorde

 

 

1                    Jude v. 4

8-01-1974

L’épître est une prophétie morale, qui présente l’apostasie du christianisme, qui appellera sur lui le jugement de Dieu.

Dans la seconde épître de Pierre, il est question du péché des moqueurs qui viendront aux derniers jours.

Dans l’épître de Jude, c’est l’apostasie c’est-à-dire l’abandon par l’assemblée, responsable sur la terre, de son état primitif devant Dieu, par l’oubli progressif de la sainteté et des droits du Seigneur.

Ici le mal est vu comme s’infiltrant au milieu des chrétiens, par le moyen d’hommes impies qui se glissent parmi les fidèles.

Ces hommes présentent un double caractère :

changer la grâce de notre Dieu en dissolution : c’est la souillure.

renier notre seul maître et Seigneur Jésus Christ : c’est le mépris de l’autorité (il est remarquable que l’apôtre présente le Seigneur Jésus Christ comme maître et Seigneur, et non pas comme Sauveur. L’apôtre Pierre (2 Pierre 2) ajoute que le maître est celui qui les a achetés, ayant ainsi les droits sur eux).

 

Nous sommes maintenant sous la grâce, qui selon l’épître à Tite 2:12 : « nous enseignant que, reniant l’impiété et les convoitises mondaines, nous vivions dans le présent siècle sobrement, et justement, et pieusement ». La vraie grâce est celle qui règne « par la justice pour la vie éternelle par Jésus Christ notre Seigneur » (Rom. 5:21).

Toutefois, la perversité de la chair qui est en nous pourrait prendre la grâce comme excuse au péché. Il ne doit jamais en être ainsi, et notre sauvegarde est l’application constante de la mort de Christ aux tendances du vieil homme, ce qui conduit à l’affranchissement (Rom. 6).

En face des caractères de l’apostasie manifestés de façon étonnante dans la chrétienté, l’assemblée doit être la colonne et le soutien de la vérité (la vérité morale), dans une séparation sans compromis à l’égard de tout mal, et dans la vigilance vis-à-vis de ces impies qui cherchent à s’infiltrer pour corrompre le vase du témoignage de Dieu dans le monde.

À cet égard, l’exemple des Gabaonites au temps de Josué est d’une solennelle actualité. Non seulement le peuple n’avait pas interrogé l’Éternel, mais il avait manqué de discernement spirituel en face de la ruse et de la fraude : le pain sec et moisi, les outres à vin crevassées et recousues, les sandales rapiécées et les vieux habits auraient du être autant d’indices que ce peuple n’avait rien de commun avec le peuple élu qui avait la manne, l’eau du rocher et dont la sandale ne s’userait pas dans le désert.

Un autre enseignement lié à celui-ci pour le temps actuel est l’absolue nécessité de la séparation d’avec les milieux de couleur chrétienne, où toute la vérité de la Parole et les droits du Seigneur ne sont pas maintenus.

Enfin, il faut souligner que cette épître qui présente de façon si solennelle le jugement de l’apostasie mentionne à deux reprises — au début et à la fin — la miséricorde, appelée non seulement sur des individus comme dans les épîtres pastorales de Paul, mais aussi collectivement sur des saints, en face de la puissance du mal dont la puissance de Dieu peut seule nous garder.

 

2                    Jude v. 5, et plan de ce qui suit

15-01-1974

Les deux caractères moraux des impies qui s’étaient glissés parmi les saints — à savoir la dissolution et le rejet de l’autorité du Seigneur — ont marqué à un très haut degré l’église professante pendant de nombreux siècles : après le mal des Nicolaïtes (une secte du dedans) ou la doctrine de Balaam (le mal du dehors), les profondeurs de Satan ont caractérisé le système de Thyatire (qu’on a appelé les annales de l’enfer), iniquités qui ont dépassé et dépassent maintenant celles du monde de Noé ou des nations païennes.

C’est d’un tel état de choses que les croyants de la Réformation se sont séparés, car en face de l’iniquité le seul chemin du fidèle est de se retirer (2 Tim. 2:19) : « Sortez du milieu d’elle, mon peuple » (Apocalypse 18:4).

La séparation du mal, qui est une manifestation extérieure de la sainteté selon Dieu, a caractérisé les croyants du cri de minuit qui a retenti au 19ème siècle.

Le danger dans les assemblées aujourd’hui est de perdre ces traces-là et de reprendre des relations avec des personnes ou des milieux chrétiens aux principes mélangés.

Si l’église demeure pratiquement attachée à Son Seigneur, elle n’aura pas un cœur partagé et ne retournera pas dans le monde d’où elle a été tirée, les valeurs morales du monde n’ayant aucune entrée dans son sein.

À partir du v. 5, l’écrivain rappelle des choses déjà connues des saints, pour maintenir en eux la vigilance. L’enseignement des apôtres devait être ainsi rappelé, comme au v. 17 : « souvenez-vous des paroles qui ont été dites auparavant par les apôtres de notre Seigneur Jésus Christ ». De même l’apôtre Paul peut dire aux Thessaloniciens : « Ne vous souvenez-vous pas… je vous disais ces choses ? » (2 Thess. 2:5). Pierre aussi : « je réveille votre pure intelligence en rappelant ces choses à votre mémoire, afin que vous vous souveniez des paroles qui ont été dites à l’avance » (2 Pierre 3:9).

Comment pouvons-nous pratiquement nous souvenir de ces choses, sinon en lisant régulièrement la Parole, et les écrits qui nous aident à la comprendre ?

Jude expose alors la chute et le jugement des professants en prenant

             d’abord l’exemple d’Israël dans le désert (v. 5),

             ensuite les anges qui n’ont pas gardés leur origine,

             puis Sodome et Gomorrhe (v. 7).

 

Après une parenthèse sur une forme particulière de la corruption des impies se signalant par le mépris de la domination, et les injures aux dignités (v. 8 à 10), nous avons ensuite trois autres formes de mal :

celui de Caïn, celui de la nature,

Balaam, mal ecclésiastique qui enseigne l’erreur pour une récompense,

la contradiction de Coré, rébellion ouverte (v. 11).

 

C’est ainsi que le mal qui s’était insinué au milieu des chrétiens, déjà du temps des apôtres, continuerait et se développerait jusqu’à ce que le Seigneur revienne pour le jugement (fin du paragraphe jusqu’au v. 16).

Les chrétiens ont le privilège d’être avertis de ces choses, toutes tristes qu’elles soient, et de compter sur la puissance de Dieu qui peut les garder au milieu d’un tel état de choses.

 

3                    Jude v. 5-7

5-02-1974

L’épître de Jude présente de remarquables analogies avec 2 Pierre 2.

Parmi les 6 exemples cités par Jude, l’apôtre Pierre en cite 3 : les anges qui ont péché, Sodome et Gomorrhe, et Balaam (qui a aimé le salaire d’iniquité). Cependant Pierre a en vue surtout le mal et la corruption des méchants, le gouvernement de Dieu se poursuivant jusqu’à l’état éternel, — tandis que Jude montre l’apostasie, abandon d’une position antérieure en quittant la vérité, qui conduit au jugement lors de l’apparition du Seigneur.

Dieu est lent à la colère (Ex. 34:6 ou Jonas 4:2), attendant que l’iniquité soit parvenue à son comble (Gen. 15:16) et qu’il n’y ait plus de remède (2 Chron. 36:16), alors « l’Éternel sort de son lieu pour visiter l’iniquité des habitants de la terre » (Ésaïe 26:21), « pour faire son œuvre, son œuvre étrange, et pour accomplir son travail, son travail inaccoutumé » (Ésaïe 28:21).

Une leçon importante de l’épître de Jude est de comprendre que les chrétiens fidèles souffrent en face du désordre et du mal qui règnent dans ce qui porte le nom de l’Église, et que Dieu est patient ; un temps viendra toutefois où Dieu jugera tout.

En face de la patience de Dieu les méchants s’endurcissent. « Parce que la sentence contre les mauvaises œuvres ne s’exécute pas immédiatement, à cause de cela le cœur des fils des hommes est au dedans d’eux plein d’envie de faire le mal » (Eccl. 8:11). En face du mal, les chrétiens fidèles souffrent mais sont appelés à maintenir la sainteté dans leurs voies et dans l’assemblée.

Le premier exemple cité par Jude est celui d’Israël dans le désert. Tous avaient été mis au bénéfice de la délivrance d’Égypte, mais bien peu sont entrés en Canaan, car la plupart ont été incrédules : ils n’ont pas cru, « la parole qu’ils entendirent ne leur servit de rien, n’étant pas mêlée avec de la foi dans ceux qui l’entendirent » (Héb. 4:2). L’apôtre met ainsi en garde contre la désobéissance et l’endurcissement du cœur.

Ce qui est arrivé à Israël dans le désert, d’après 1 Cor. 10, est en même temps un solennel avertissement pour les croyants à considérer avec sérieux la vie et la responsabilité du chrétien.

Le deuxième exemple est celui des anges qui ont péché (2 Pierre 2:4) ou « qui n’ont pas gardé leur origine, mais qui ont abandonné leur propre demeure » (v. 6). Ils sont réservés « dans des liens éternels, sous l’obscurité, pour le jugement du grand jour ». L’apôtre fait allusion à des événements mystérieux, rapportés en Gen. 6, le déluge ayant fait disparaître la scène et tous les fruits de ces circonstances qui ont été reprises dans la mythologie païenne.

La Parole ne dit rien des anges de Satan qui sont maintenant avec lui dans les lieux célestes, et qui seront chassés du ciel et précipités sur la terre après le combat contre Michel et ses anges (Apocalypse 12:8, 9). Il est seulement dit que le feu éternel est préparé pour eux (Matt. 25:41). Les anges ont été créés avant l’homme puisqu’ils étaient les témoins de la création (Job 38:7), et occupent un rang plus élevé que l’homme dans la chair, qui est assujetti à la mort (Héb. 2:9). Les rachetés, identifiés avec Christ, sont maintenant placés au dessus des anges qui sont des esprits administrateurs envoyés pour servir en leur faveur (Héb. 1:14). Quand Christ jugera le monde et réglera le sort des anges, l’Assemblée lui sera associée et prendra part au jugement que Christ exécutera, car elle a Son Esprit et Sa pensée (1 Cor. 6).

Ensuite, le cas des anges déchus amène celui de Sodome et Gomorrhe, noms qui sont identifiés, même dans le monde, avec l’idée de corruption. L’état de ces villes est un témoignage perpétuel à leur jugement ici-bas (Gen. 19). Sodome typifie le mal incurable de la nature humaine, lié à l’opulence d’un monde impie : « Voici, c’est ici l’iniquité de ta sœur Sodome : orgueil, abondance de pain et insouciant repos » (Éz. 16:49), paroles dites à Israël infidèle pour souligner son état qui était pire à la fois que celui de Sodome et que celui des filles des Philistins. En effet, la corruption païenne (Rom. 1) n’a été dépassée moralement, que par la corruption de la chrétienté apostate (1 Tim. 4 et 2 Tim. 3).

 

4                    Jude v. 8

12-02-1974

Le jugement de Sodome et de Gomorrhe subissant la peine d’un feu éternel, sont là comme un exemple selon lequel Dieu prend connaissance de tout le mal qui se commet, le condamne et le juge au temps convenable.

En rapport avec ce même exemple, l’apôtre Pierre rappelle l’avertissement donné par le cas de Lot, cet homme juste qui habitait Sodome, en tourmentant son âme juste de jour en jour (2 Pierre 2:8). Ayant négligé la séparation du monde — qui est pour nous un acte d’obéissance envers le Seigneur  — et ayant ainsi perdu son caractère de témoin, il a été sauvé de devant le jugement de Sodome par la grâce de Dieu, et a perdu sa course ici-bas pour un choix initial selon la pensée de son propre cœur.

Les trois exemples, des Israélites dans le désert, des anges tombés et gardés pour le jugement, et de Sodome et Gomorrhe, préfigurent l’état moral et le jugement des impies, appelés au v. 8 des rêveurs, dont les caractères sont :

la souillure de la chair,

le refus de l’autorité et les injures aux dignités.

 

De tels caractères complètent le tableau moral du v. 4 où les impies changent la grâce de Dieu en dissolution et renient l’autorité du Seigneur.

Le rejet des droits du Seigneur et des autorités est un péché très grave, qui caractérise maintenant le monde dans lequel le mystère d’iniquité opère déjà et qui s’achemine vers les temps de la fin où la rébellion ouverte s’oppose à Dieu.

La première responsabilité de toute créature humaine est de reconnaître les droits de Christ, à qui toute autorité a été donnée dans le ciel et sur la terre (Matt. 28:18), comme un maître qui a acheté tous les hommes, et le monde dans lequel ils sont (parabole du trésor : Matt. 13:44 et 2 Pierre 2:1). En particulier, les croyants sont élus en sainteté de l’Esprit (par opposition à la souillure des impies) pour l’obéissance de Jésus Christ (par opposition à son rejet) et l’aspersion du sang de Jésus Christ par lequel ils ont été rachetés (1 Pierre 1:2, 18).

Dans la famille, l’obéissance des enfants envers les parents est l’expression de l’honneur qui leur est rendu, le premier commandement avec promesse (Éph. 6:2) ; avec l’obéissance de la femme à son mari, c’est un sûr indice de la crainte de Dieu régnant dans le sanctuaire familial.

L’absence de l’obéissance de la part des enfants montre l’absence de la vraie piété, c’est l’hypocrisie des pharisiens (Matt. 15:7-9) ; de même l’absence d’affections naturelles est un signe de l’apostasie sans espoir (2 Tim. 3 ; Michée 7:6 et Malachie 1:6).

Mais l’obéissance doit être réalisée aussi vis-à-vis des autorités, car elles sont ordonnées par Dieu (Rom. 13). Si le chrétien fidèle ne peut pas voter car il n’est pas du monde, il se soumet aux résultats du vote qui établissent des autorités reconnues par Dieu, et cela à cause de la colère et de la conscience (Rom. 13:5), comme aussi par amour pour Christ (1 Pierre 2:13).

Le Seigneur lui-même a reconnu l’autorité qu’avait reçue Pilate : « Tu n’aurais aucun pouvoir contre moi, s’il ne t’était donné d’en haut » (Jean 19:11), quelque soit l’injustice avec laquelle cette autorité était exercée contre le seul juste.

C’est maintenant que la nuit morale la plus sombre est étendue sur un monde révolté contre Dieu, où contestation et opposition se généralisent, que la lumière du témoignage pour Christ devrait briller. L’occasion est donc toujours offerte à tout croyant par le Saint Esprit de Lui montrer que son cœur lui est attaché.

 

5                    Jude v. 9-10

26-02-1974

Au v. 9, la Parole tire le voile sur une scène ancienne du monde invisible : Michel l’archange contestant avec Satan au sujet du corps de Moïse.

Michel est le seul archange mentionné par la Parole :

             en Dan. 10:13 et 12:1 comme le grand chef qui tient pour les fils du peuple d’Israël,

             puis en Apocalypse 12 comme devant combattre en un temps futur avec ses anges, contre Satan et les anges déchus encore dans les lieux célestes.

 

Cette contestation entre Michel et Satan complète ce qui est dit en Deut. 34:5, 6 : « Moïse, serviteur de l’Éternel, mourut là… et personne ne connaît son sépulcre, jusqu’à aujourd’hui ». Satan intervenait là pour amener du mal sur Israël et pour le pousser à l’idolâtrie.

Ici Jude cite l’exemple de Michel, l’archange, comme modèle de la modération dans les paroles et l’absence totale de tout jugement injurieux, la seule parole prononcée étant « que l’Éternel te censure » ; même parole que celle de l’Éternel à Satan lorsque celui-ci s’opposait à Joshua, le grand sacrificateur : « Que l’Éternel te tance, Satan » (Zach. 3:2).

La Parole de Dieu abonde en mises en garde contre les séductions et la puissance de Satan, cet être doué d’une intelligence et d’une position exceptionnelles.

Créé comme la forme accomplie de la perfection (selon Éz. 28:12), créature de Dieu, Satan est tombé par orgueil (la faute du diable de 1 Tim. 3), en élevant son cœur comme un cœur de dieu.

Satan est maintenant le chef d’un monde qui a rejeté Christ. Il a été vaincu par Christ à la croix, par la mort (comme David a frappé Goliath dans la vallée d’Éla avec sa propre épée). Satan exerce toutefois encore maintenant sa puissance, avant d’être lié dans l’abîme pour 1000 ans, puis, après la dernière révolte de Gog et Magog, jeté dans l’étang de feu et de soufre où sont la bête et le faux prophète (Apocalypse 20).

Les incrédules sont aveuglés par Satan (2 Cor. 4:4), et malgré leur fébrile activité sont conduits par Satan qui peut aller jusqu’à prendre dans leur cœur la place que Dieu aurait dû occuper.

Les chrétiens, en Christ, peuvent remporter la victoire sur Satan : c’est l’état des jeunes gens qui ont vaincu le méchant ; encore faut-il l’armure complète de Dieu pour résister à ses dards enflammés (Éph. 6) et l’épée de l’Esprit, qui est la Parole de Dieu, pour remporter la victoire, qui est celle de l’obéissance dans la dépendance, toujours maintenue par la prière. Dans cet état moral, le chrétien ne donnera pas occasion au diable (Éph. 4:27), résistera au lion rugissant (1 Pierre 5:8) et discernera les séductions de l’ange de lumière déguisé (2 Cor. 11:14).

Le jugement porté par la Parole (v. 10) sur les impies qui se laissent aller à de telles injures est très solennel ; ils sont comparés à des bêtes sans raison : la même expression est employée dans le passage parallèle de 2 Pierre 2:12, « des bêtes sans raison, purement animales, nées pour être prises et détruites », passage qui montre en passant que les animaux, qui n’ont pas la respiration de vie donnée par Dieu, cessent toute existence par la mort.

La figure employée ici pour les impies marque la perte de toute conscience d’une relation avec Dieu (c’est l’état momentané de Nebucadnetsar en Daniel 4, comme jugement sur son orgueil).

 

6                    Jude v. 10-11

5-03-1974

Les impies et rêveurs, « se corrompent dans tout ce qu’ils comprennent naturellement comme des bêtes sans raison » : expression très forte qui ne sied qu’à Dieu lui-même pour caractériser l’homme naturel (ou animal) n’ayant pas l’Esprit de Dieu (c’est l’état de l’homme animal animé seulement par son âme créée, sans l’enseignement et la puissance du Saint Esprit : 1 Cor. 2:14).

Les croyants doivent toujours user de modération dans leurs paroles pour parler à des hommes tombés le plus bas, en se souvenant que tout homme a été créé à la ressemblance de Dieu et possède une âme immortelle.

Par la nouvelle naissance et l’action du Saint Esprit, le croyant reçoit une nouvelle vie et une onction qui le rend capable de comprendre les choses spirituelles. Toutefois, s’il s’abandonne à ses propres pensées naturelles, il peut perdre pour un temps l’intelligence spirituelle et présenter des caractères comparables à ceux de l’homme animal, comme Asaph dans le Ps. 73, qui est obligé de reconnaître devant Dieu, « Jusqu’à ce que je fusse entré dans les sanctuaires de Dieu… J’étais alors stupide et je n’avais pas de connaissance ; j’étais avec toi comme une brute » (v. 17, 22).

 

Au v. 11 le malheur est appelé sur les impies à cause de trois caractères de leur égarement :

le chemin de Caïn : le mal de la nature et l’opposition de la chair à Dieu lui-même,

l’erreur de Balaam : le mal ecclésiastique enseigné pour une récompense,

la contradiction de Coré : opposition et rébellion ouvertes.

 

Caïn s’est d’abord approché de Dieu avec le fruit de son labeur sorti d’une terre maudite par Dieu à cause de la désobéissance d’Adam, ignorant tout ce qui s’était passé et que Dieu avait chassé l’homme du paradis. Au péché contre Dieu commis par Adam, Caïn ajoute ensuite le péché contre son frère. Caïn tue Abel, son frère, et le meurtre entre dans le monde.

La terre est de nouveau maudite et refuse son fruit à Caïn, qui est lui-même maudit de la part de la terre qui avait reçu le sang d’Abel.

Chassé, errant et vagabond, Caïn organise son monde loin de Dieu, bâtit une ville qu’il appelle du nom de son fils, en signe d’orgueil, établit les arts, les techniques et les sciences, toutes choses qui se sont prodigieusement développées depuis 60 siècles.

Ensuite la violence et l’éloignement de Dieu ouvrent la porte à la corruption dans la descendance de Caïn, en Lémec.

On a remarqué que Dieu a posé deux questions à Adam et à Caïn, qui résument tout l’état moral de l’homme devant Dieu :

             à Adam : Où es-tu ? C’est l’état et la position de l’homme dans le péché. À ceci correspond la deuxième partie doctrinale de l’épître aux Romains (5:12 à 8) qui traite du péché. À cet état correspond la délivrance et pour le chrétien l’affranchissement,

             à Caïn, la question est posée : Qu’as-tu fait ? Ce sont les péchés de l’homme, qui sont mis en évidence dans la première partie de l’épître aux Romains (1 à 5:11 : chez les Juifs, les moralistes et les Gentils, tous renfermés dans la désobéissance). Aux péchés, répond le pardon en vertu du sang de Christ qui fait propitiation : le seul remède, déjà indiqué à Caïn comme sacrifice pour le péché, au bénéfice duquel Caïn ne s’est pas placé.

 

Le seul chemin pour venir à Dieu reste le sang d’aspersion qui parle mieux qu’Abel.

 

7                    Jude v. 11

12-03-1974

Pour saisir la portée de l’enseignement de l’épître de Jude, il faut se souvenir que l’Esprit de Dieu y donne un tableau d’ensemble de la chrétienté, depuis la première introduction du mal, son développement progressif, les diverses formes qu’il prendrait, et enfin son jugement à l’apparition de Christ.

Des éléments étrangers ayant pénétré dans une sphère morale qui était entièrement de Dieu au début, tous les croyants fidèles sont invités à la vigilance pour maintenir la séparation. Celle-ci se réalise d’abord intérieurement, dans le cœur, puis extérieurement, dans la marche. C’est une question d’obéissance au Seigneur, pour laquelle nous avons été sanctifiés (1 Pierre 1:2), la force étant alors donnée pour la réaliser, car l’ordre moral selon Dieu est l’obéissance, puis la force, selon l’enseignement de Juges 6 dans l’histoire de Gédéon.

En rapport avec la contradiction de Coré, mentionnée au v. 11 comme caractérisant l’état des impies, Dieu avait adressé à Israël un solennel appel à la séparation : « Ne touchez à rien qui leur appartienne, de peur que vous ne périssiez dans tous leurs péchés » (Nb. 16:26).

Un enseignement similaire se dégage de l’histoire de Balaam qui avait enseigné au peuple d’Israël (selon la parole dite à Pergame en Apocalypse 2:14) à manger des choses sacrifiées aux idoles pour tenter de mettre le peuple en relation avec les démons (cf. Deut. 32:17).

Et ceci conduit, sur le plan religieux, à la séparation ecclésiastique, en rapport avec la communion à la Table du Seigneur, comme dans la marche et le service.

Deux passages apportent une grande lumière sur ce sujet :

             Jérémie 15:19 : « Si tu sépares ce qui est précieux de ce qui est vil, tu seras comme ma bouche. Qu’ils reviennent vers toi, mais toi ne retourne pas vers eux ».

             2 Timothée 2:19, 22 : « Qu’il se retire de l’iniquité, quiconque prononce le nom du Seigneur… poursuis la justice, la foi, l’amour, la paix, avec ceux qui invoquent le Nom du Seigneur d’un cœur pur ».

 

Comme les chrétiens hébreux étaient invités à sortir vers Christ hors du camp Juif (Héb. 13:13) à l’image de ceux qui cherchaient l’Éternel en sortant vers la tente d’assignation que Moïse avait tendue hors du camp, loin du camp, après le veau d’or (Ex. 33:7), nous sommes aussi appelés à sortir vers Christ hors de la chrétienté infidèle, et à ne pas y retourner.

La séparation selon Dieu produit la tristesse du cœur, puisqu’elle nous tient éloignés de vrais enfants de Dieu qui n’ont pas été éclairés et sont restés dans le camp.

Elle produit en même temps la joie de l’approbation du Seigneur, comme le résidu du temps d’Esdras (Esdras 6:19, 22).

Toutefois, la séparation perd son caractère si elle s’accompagne d’un sentiment de supériorité vis-à-vis des autres. L’amour selon Dieu à leur égard nous conduira toujours à chercher leur bien et à les éclairer, sans nous autoriser à aller vers eux et leur manifester la communion, soit par la fraction du pain, soit dans la marche.

De tels exercices supposent évidemment la grâce et la patience. Si la séparation du mal demeure le principe immuable de l’unité selon Dieu et du rassemblement autour du Seigneur selon la Parole, l’amour et la grâce en sont la puissance effective par l’action de l’Esprit Saint.

 

8                    Jude v. 14-18

9-04-1974

La prophétie des v. 14 et 15 a été prononcée par Énoch, le septième homme après Adam, avant le déluge.

Énoch attendait le Seigneur ; aussi après avoir marché avec Dieu trois cents ans, a-t-il été enlevé sans passer par la mort pour échapper au jugement des impies par le déluge : c’est un précieux type de l’Église qui sera retirée de la terre avant la tribulation, tandis que Noé, l’une des 8 personnes ayant traversé le déluge dans l’arche est un type du résidu Juif de la fin qui sera sauvé à travers la grande tribulation pour jouir des bénédictions millénaires ; aussi est-il nommé le 8ième en 2 Pierre 2:5, comme ayant part au jour de la résurrection au-delà de la mort.

La prophétie d’Énoch parle de jugements guerriers exécutés par le Seigneur ayant les siens avec Lui ; d’autres formes de jugements auront lieu par le Fils de l’homme à qui tout le jugement a été donné par le Père (Jean 5:27) : des séances de jugements judiciaires pour les vivants (Matt. 25) et le grand Trône blanc pour les morts (Apoc 20).

Tous les hommes par nature ont le caractère d’impies, « car Christ… au temps convenable, est mort pour des impies », « lorsque nous étions encore pécheurs, Christ est mort pour nous » (Rom. 5:6, 8). Ceux qui sont au bénéfice de l’œuvre de Christ échappent au jugement qui demeure la part des incrédules, qui conservent ce caractère d’impies : la Parole les distingue particulièrement ici comme objets du jugement, à cause de leurs œuvres d’impiété et leurs paroles dures contre Christ. Insatisfaction permanente, relâchement moral, orgueil, fraude et flatterie : tels sont aussi leurs caractères moraux profonds, souvent cachés sous le manteau d’une apparence de piété.

Alors que Dieu s’est révélé en amour dans la personne de Christ, les paroles dures contre Lui manifestent une ignorance complète de ce qu’Il est, comme le méchant esclave des paraboles des talents : « Maître, je te connaissais, que tu es un homme dur » (Matt. 25:24) et des mines (Luc 19:21) : « Je t’ai craint, parce que tu es un homme sévère » ; cet esclave sera jugé par le Seigneur selon sa propre parole, car il est toujours vrai que Dieu se montre roide avec le pervers (2 Sam. 22:27 et Ps. 18:26).

La flatterie des impies à l’égard des autres hommes, pour leur profit, est aussi un caractère saisissant de l’apostasie comme un danger appelant la vigilance de la part des saints.

Impiété et flatteries caractériseront l’anti-Christ, selon la prophétie de Daniel 11:36, 39 : « il proférera des choses impies contre le Dieu des dieux… à qui le reconnaîtra, il multipliera la gloire ».

Considérant le rôle de la flatterie dans le monde, surtout dans les sphères élevées, les croyants doivent veiller à en être gardés, ainsi que Job qui disait : « je ne sais pas flatter, celui qui m’a fait m’emporterait bientôt ».

 

Après l’exposé de ces prophéties morales, qui se réalisent maintenant devant nous, l’apôtre exhorte avec affection les « biens-aimés » à partir du v. 17, en leur rappelant l’enseignement des apôtres et prophètes du Nouveau Testament dont les écrits prophétiques (Rom. 16:26), non seulement révèlent le mystère de l’Église (Éph. 3:5), mais aussi le déploiement du mystère d’iniquité (2 Thess. 2:7) auquel les moqueurs des derniers jours coopéreront. Le passage correspondant de 2 Pierre lie le témoignage du Seigneur et des apôtres à celui des prophètes de Ancien Testament.

L’immutabilité apparente de la création était l’occasion pour les moqueurs de nier le retour du Seigneur et la réalité des jugements qu’Il exécutera alors.

 

9                    Jude v. 19

16-04-1974

Les bien-aimés auxquels l’apôtre Jude s’adressait étaient appelés à se souvenir des choses qui leur avaient été déjà révélées par les apôtres du Seigneur Jésus.

L’apôtre Pierre, avant de déposer sa tente, s’applique aussi à deux reprises dans sa deuxième épître à le faire :

             « Je m’appliquerai aussi à vous faire souvenir toujours de ces choses » (1:12).

             « Rappelant ces choses à votre mémoire, afin que vous vous souveniez des paroles qui ont été dites à l’avance » (3:1, 2).

 

Il ajoutait au témoignage des apôtres du Nouveau Testament, celui des prophètes d’autrefois en qui Christ, par l’Esprit, parlait de ses souffrances et de ses gloires.

Ces deux épîtres de Jude et de Pierre qui présentent, la seconde le mal comme iniquité, et la première l’abandon du premier état, viennent moralement avant celle de Jean, où nous sommes à la dernière heure, les apostats manifestés et les antichrists dans le monde étant sortis de l’assemblée.

Dans l’épître de Jude, les impies s’étaient glissés parmi les fidèles (v. 4), bien qu’inscrits à l’avance pour le jugement.

Ils introduisaient des sectes de perdition (2 Pierre 2:1), prenant part aux agapes des saints comme des taches au milieu d’eux.

À la fin de l’épître, ils sont présentés comme se séparant eux-mêmes (v. 19). Il ne s’agit pas d’une séparation ouverte d’avec l’assemblée visible, mais restant au milieu d’elle, ils se mettaient à part, comme plus excellents — de même que les pharisiens au milieu des Juifs au temps du Seigneur. Ces impies, vus encore ici au milieu des saints, seront laissés en arrière pour le jugement lors de l’enlèvement de l’Église du Seigneur.

Leur caractère est enfin celui d’hommes naturels ou d’homme animal, n’ayant ni la vie ni l’Esprit de Dieu.

C’est l’état de l’homme en Adam, animé seulement par son âme créée, sans l’enseignement et la puissance du Saint Esprit.

Dans d’autres passages (Dan. et Ps. 73), le caractère de l’homme animal est celui d’une bête ou même d’une brute, ayant perdu la conscience d’une relation avec Dieu, sans aucune intelligence.

En face du caractère général d’apostasie et de chute, développé dans toutes les épîtres catholiques, les ressources de Dieu à l’égard des fidèles demeurent inchangées. Elles sont rappelées à notre foi à partir du v. 20.

1)                  « Vous édifiant vous-mêmes sur votre sainte foi », la foi qui a été une fois enseignée aux saints (v. 3) : c’est l’ensemble de la doctrine chrétienne contenue dans la sainte Parole de Dieu. La communion fraternelle entre les saints, dans la lumière, entretient ainsi l’exercice d’une foi vivante et produit la consolation et l’encouragement et l’édification (cf. Rom. 1), chacun étant consolé par la foi qui est dans l’autre. Les réunions d’assemblée et le ministère de la Parole qui s’y exerce dans la puissance de l’Esprit concourent au même but (1 Cor. 14, Éph. 4).

2)                  « Priant par le Saint Esprit », expression de la dépendance constante de Dieu.

3)                  « Conservez-vous dans l’amour de Dieu », dans l’absence de distractions qui en obscurcissent la jouissance.

4)                  « Attendant la miséricorde de notre Seigneur Jésus Christ pour la vie éternelle » : c’est l’espérance chrétienne, la promesse de Dieu touchant le retour du Seigneur, expression de Sa miséricorde. La vie éternelle possède plutôt ici le sens des écrits de Paul que ceux de Jean.

 

Toutes ces ressources sont en rapport avec les trois personnes divines :

L’amour de Dieu,

La miséricorde et le retour de Christ, Fils de Dieu,

La prière par le Saint Esprit.

 

10               Jude v. 20-21

23-04-1974

Nous sommes revenus sur ces exhortations de l’apôtre Jude :

« Vous édifiant vous-mêmes sur votre très-sainte foi,

priant par le Saint Esprit,

conservez-vous dans l’amour de Dieu,

attendant la miséricorde de notre Seigneur Jésus Christ pour la vie éternelle »,

qui toutes supposent un exercice actif de la part des saints en face du mal et de l’apostasie.

Si les inconvertis sont des hommes naturels, n’ayant pas l’Esprit de Dieu, les vrais chrétiens le possèdent et sont invités à prier par lui.

L’introduction dans la profession chrétienne a lieu par le baptême d’eau, porte d’entrée dans la maison de Dieu sur la terre.

L’entrée dans l’unité vitale des vrais chrétiens est par la nouvelle naissance (produite par l’action de la Parole et de l’Esprit de Dieu) et le sceau du Saint Esprit, — les opérations de l’Esprit étant le baptême du Saint Esprit et l’onction, puis après la foi le sceau en rapport avec l’appel, et les arrhes de la promesse en rapport avec l’héritage, part de tous les vrais chrétiens qui sont membres du corps de Christ. La conscience de notre relation d’enfants avec Dieu est par l’Esprit d’adoption, dont la présence en nous est la preuve que Dieu vivifiera nos corps mortels.

Car nos corps sont les temples du Saint Esprit par lequel nous sommes appelés à vivre, marcher, chanter, prier et rendre culte, en en étant remplis, et en étant fervents en Esprit avant tout service.

Le Saint Esprit est dans chaque croyant l’énergie active qui donne le courage et la force à la vie spirituelle : c’est ainsi que la vertu est liée à la foi (2 Pierre 1:5). De plus, l’amour dans l’Esprit (réalisé par les Colossiens 1:8), qui est le premier fruit de l’Esprit (Gal. 5:22), l’amour selon Dieu, s’ajoute à l’affection fraternelle.

Cet amour divin ne rencontre pas d’obstacles sur son chemin qu’il ne puisse surmonter.

Il conduit à servir les autres, « par amour, servez-vous l’un l’autre » (Gal. 5:13). Étranger aux conflits du monde, il s’élève au-dessus des sentiments naturels ou personnels, et s’abaisse jusqu’aux pieds de nos frères pour s’occuper de leurs souillures, se dépensant pour eux, même au prix d’être moins aimé par eux, à l’image de Paul (2 Cor. 12:15).

C’est ainsi que peut s’exprimer pratiquement parmi les saints la réalisation de cette exhortation de se conserver dans l’amour de Dieu.

 

11               Jude v. 21 — La miséricorde

30-04-1974

Nous sommes revenus sur l’expression :

« Conservez-vous dans l’amour de Dieu, attendant la miséricorde de notre Seigneur Jésus Christ pour la vie éternelle » (v. 21).

La miséricorde est un caractère de Dieu lié à la grâce c’est-à-dire découlant de Son amour : « tu es un Dieu qui fais grâce et qui es miséricordieux » (Jonas 4:2), « le Père des miséricordes » (2 Cor. 1:3), riche en miséricorde (Éph. 2:4), « Dieu nous a sauvés selon sa propre miséricorde » (Tite 3:5), car nous ne sommes que « des vases de miséricorde qu’il a préparés d’avance pour la gloire » (Rom. 9:23), en face « des vases de colère tout préparés pour la destruction » (Rom. 9:22) ; car c’est la miséricorde qui fait la différence entre ceux qui tombent et ceux qui restent debout selon l’enseignement de Ex. 33 après le veau d’or, où Dieu, qui ne tient nullement le coupable pour innocent, fait miséricorde à qui il veut (vérité rappelée en Rom. 9:18).

Mais les individus, ayant une carrière à fournir, ont toujours besoin de miséricorde, quelles que soient leur piété et leur fidélité.

C’est pourquoi Paul la souhaite aux individus à qui il écrit personnellement (Timothée et Tite), sans la mentionner pour les assemblées (Philémon est associé dans l’épître qu’il reçoit, à l’assemblée qui se réunit dans sa maison).

Au reste, l’apôtre connaissait pour lui-même le prix de cette miséricorde dont il avait fait l’expérience : miséricorde m’a été faite (expression répétée 2 fois en 1 Tim. 1:13, 16).

Cette miséricorde découle du trône de la grâce (selon Héb. 4:16), comme conséquence de l’activité du Seigneur Jésus « comme miséricordieux et fidèle souverain sacrificateur » (Héb. 2:17).

Elle suppose l’absence de fraude dans le cœur : « qui cache ses transgressions ne prospèrera point, mais celui qui les confesse et les abandonne, obtiendra miséricorde » (Prov. 28:13).

Elle est promise à ceux qui réalisent le jugement d’eux-mêmes : « la croix de notre Seigneur Jésus Christ, par laquelle le monde m’est crucifié, et moi au monde… Et à l’égard de tous ceux qui marcheront selon cette règle, paix et miséricorde sur eux » (Gal. 6:14-16).

À la fin d’une dispensation, en voyant les fruits du cœur de l’homme et le mal qui se développe de toutes parts, on réalise qu’il faut toute la miséricorde du Seigneur Jésus Christ pour nous présenter devant Dieu pour la vie éternelle.

C’est ainsi que nous pouvons « espérer parfaitement dans la grâce qui nous sera apportée à la révélation de Jésus Christ » (1 Pierre 1:13), car nous sommes « gardés par la puissance de Dieu par la foi, pour un salut qui est prêt à être révélé au dernier temps » (1 Pierre 1:5).

La vie éternelle, en Jude 21, est placée comme au terme de la course (comme souvent dans les écrits de Paul) plus que ce que nous possédons en Christ (comme dans les écrits de Jean).

Toutefois, lorsque la foi, l’amour et l’espérance (les trois cités ici) sont en activité, et que nous cultivons la communion avec Dieu en nous conservant dans Son amour, nous pouvons « saisir la vie éternelle pour laquelle nous avons été appelés » (1 Tim. 6:12) et « saisir ce qui est vraiment la vie » (1 Tim. 6:19).