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Étude biblique : Éphésiens
Résumé-Notes d’études bibliques à Paris rédigé par Jean Muller.
Certaines parties de l’épître ne sont pas traitées (absence du rédacteur des notes)
Table des matières abrégée :
Table des matières détaillée :
3.6 Résumé des chapitres 1 à 3 de l’épître aux Éphésiens
17.11.1970
Lors de son troisième voyage, Paul était venu à Éphèse, capitale de l’Asie mineure, province romaine (Actes 19), et y avait séjourné 3 ans (Actes 20), une porte grande et efficace lui étant ouverte par Dieu malgré beaucoup d’adversaires (1 Cor. 16:9).
Il avait prêché le royaume de Dieu et n’avait mis aucune réserve à leur annoncer tout le conseil de Dieu (Actes 20:27).
Dans son adieu aux anciens de l’Assemblée qu’il avait appelés à Milet, l’apôtre avait déclaré qu’après son départ il entrerait parmi eux des loups redoutables qui n’épargneraient pas le troupeau, des hommes devant se lever d’entre eux-mêmes pour annoncer des doctrines perverses.
Lorsque l’apôtre écrit cette épître, il était prisonnier à Rome (voir 3:1 ; 4:1 et 6:20) ; cette lettre a été portée par Tychique (6:21-22) en même temps que celle aux Colossiens (Col. 4:7-8).
L’Assemblée d’Éphèse était encore dans un bon état, les vérités qui lui sont présentées étant les plus élevées touchant la position et les privilèges des enfants de Dieu et de l’Assemblée dans leur union avec Christ.
Une deuxième lettre parviendra plus tard à la même assemblée, de la part de Christ lui-même sous la plume de Jean (Apoc. 2), alors qu’elle avait abandonné le premier amour. Éphèse n’a pas tenu compte de l’avertissement en grâce qui lui était adressé, et la lampe a été ôtée de son lieu : solennelle leçon pour nous tous individuellement et pour les assemblées à veiller sur l’état de nos cœurs et de nos affections pour Christ.
L’épître aux Éphésiens est adressée par Paul, apôtre de Jésus Christ par la volonté de Dieu aux saints et fidèles d’Éphèse c’est-à-dire aux croyants qui gardaient fidèlement la foi qu’ils avaient reçue. Elle n’est pas adressée à l’assemblée de Dieu comme celle aux Corinthiens ; elle ne comporte que de brèves salutations (1:2 ; 6:23-24), de telle sorte qu’elle présente un caractère de lettre circulaire.
Tout est présenté dans cette épître comme découlant de Dieu pour l’accomplissement de ses conseils selon le bon plaisir et le mystère et le conseil de Sa volonté (1:5, 9) — soit Dieu dans sa nature, Christ étant envisagé comme homme — soit le Père dans sa relation, Christ étant considéré comme le Fils de son amour.
En même temps tout est en Christ, « bénis… en Christ,… élus en Lui,… adoptés… par Jésus Christ,… agréables dans le bien-aimé », et l’Esprit Saint est souvent mentionné, à la différence de l’épître aux Colossiens.
L’esprit de l’apôtre était rempli du sentiment de la bénédiction, qui appartient à l’Assemblée, liée à l’immensité de la grâce de Dieu.
Le Dieu et Père de notre Seigneur Jésus Christ nous a bénis de toute bénédiction spirituelle dans les lieux célestes en Christ. Le premier chapitre développe ces bénédictions :
· le moyen d’y participer (v. 4-7)
· le propos arrêté de Dieu pour la gloire de Christ (v. 8-11)
· l’héritage et l’Esprit Saint comme sceau et arrhes (v. 12-14)
Vient ensuite la prière de la fin du premier chapitre, prière de possession de caractère objectif, alors que celle du chapitre 3 est une prière de réalisation de caractère plus subjectif.
Les bénédictions des croyants et de l’Église sont spirituelles (non pas matérielles comme pour le peuple juif) en caractère et dans les lieux célestes (non pas terrestres comme pour les rachetés de la période millénaire).
C’est dans les lieux célestes qu’est Christ (1:20) ; donc les chrétiens y sont aussi en Lui (2:6). En même temps les saints sont encore sur la terre et le Seigneur vient au milieu d’eux (Matt. 18:20), non pas dans des édifices faits de main.
Les croyants de l’Ancien Testament avaient autrefois entendu l’appel céleste, les croyants hébreux y étaient participants (« frères saints, participants à l’appel céleste », Héb. 3:1). L’appel spécial de l’Église unie à Christ était maintenant une chose nouvelle, la première dans les conseils de Dieu, mais mystère révélé maintenant par l’apôtre. L’Église ne peut pas être séparée de Christ ; elle est sa plénitude, bien que n’ayant pas part à Sa déité ou à la gloire de Fils éternel. Elle a part à la gloire de Christ comme Fils de l’homme.
23.11.1970
Ayant parlé des bénédictions spirituelles dans les lieux célestes en Christ, qui sont la part de tous les vrais croyants, et non pas des frères seulement, l’apôtre expose la première d’entre elles qui est l’élection en Christ avant la fondation du monde.
L’élection concerne la personne ; elle est liée au nom de Dieu ; et les caractères attribués aux croyants — saints et irréprochables devant lui en amour — sont ceux de Dieu lui-même.
Vient ensuite la prédestination qui touche à la place ou à la condition, liée au verset 5 au nom du Père ; la prédestination a toujours un but : c’est ici de nous adopter pour Dieu par Jésus Christ selon le bon plaisir de Sa volonté.
Les saints de l’Église sont donc élus avant la fondation du monde. Si Dieu choisit maintenant quelques-uns d’entre les hommes, c’est comme Souverain qu’Il le fait, mais avant que le monde fût. L’Église était dans les conseils de Dieu en Christ avant la création du monde ; son origine et sa destinée sont entièrement célestes ; elle est en dehors du monde lorsque celui-ci existe, sauf qu’elle y est laissée pour rendre témoignage ; elle subsistera dans l’éternité à venir lorsque le monde aura passé et que le temps aura pris fin.
C’est aussi avant la fondation du monde que le Père a aimé le Fils (Jean 17:24) et que l’Agneau de Dieu était préconnu (1 Pierre 1:19).
L’élection, secret de famille, la famille céleste, entre le Père et les saints, touche aux conseils de Dieu. En même temps, l’évangile est prêché à tous les hommes dont la responsabilité demeure de répondre aux appels de la grâce de Dieu, « car Dieu veut que tous les hommes soient sauvés » (1 Tim. 2:4) et aussi « Il ordonne maintenant aux hommes que tous, en tous lieux, ils se repentent » (Actes 17:30), et « la justice de Dieu est envers tous (tous les hommes) et sur tous ceux qui croient » (les élus) (Rom. 3:21).
À la croix la responsabilité du premier homme a été mise à l’épreuve finale, tandis que le conseil de Dieu en Christ dans la nouvelle création était manifesté. « Dieu qui nous a sauvés et nous a appelés d’un saint appel … selon son propre dessein, et sa propre grâce qui nous a été donnée dans le Christ Jésus avant les temps des siècles, mais qui a été manifestée maintenant par l’apparition de notre Sauveur Jésus Christ » (2 Tim. 1:9-10), et aussi « l’espérance de la vie éternelle que Dieu, qui ne peut mentir, a promise avant les temps des siècles » (Tite 1:2).
L’élection des saints est présentée comme en Christ, qui est l’image du Dieu invisible et celui en qui Dieu trouve toutes ses délices : nous sommes élus pour être saints et irréprochables devant Dieu en amour ; Lui-même est saint dans son caractère, irréprochable dans ses voies et amour dans sa nature. Il y a maintenant parfait accord entre notre nature et celle de Dieu. Le choix de Dieu est le fruit de sa grâce et la preuve de son amour, et nos bénédictions sont liées maintenant à la nature même de Dieu.
Si nous sommes élus pour être saints et irréprochables, nous sommes néanmoins encore sur la terre et exhortés à la fin de cette épître ou dans d’autres épîtres à manifester pratiquement de tels caractères : « Soyez saints, car moi je suis saint » (Lév. 19:2, cité en 1 Pierre 1:16) ; « Poursuivez … la sainteté » (Héb. 12:14) ; « Soyez sans reproche et purs, des enfants de Dieu irréprochables » (Phil. 2:15).
Pour que nous puissions réaliser ces choses pratiques, le Seigneur purifie Son Assemblée par le lavage d’eau par la Parole, puis Il se la présentera « sainte et irréprochable » (Éph. 5:27).
À partir du verset 5 nous sont présentés des privilèges particuliers, auxquels nous sommes prédestinés. Ce n’est plus en rapport avec la nature de Dieu, mais dans la réalisation d’une relation positive, celle de l’adoption, Dieu étant pour nous un Père bien-aimé.
En Romains 8:29 la préconnaissance précède la prédestination, qui est présentée là en rapport avec notre conformité à l’image de Christ, lui étant premier-né entre plusieurs frères. Le Père veut donc nous avoir en relation intime avec Lui-même comme avec des fils. La conscience personnelle de cette relation avec le Père est par le Saint Esprit, l’Esprit d’adoption, par lequel nous crions : « Abba, Père ! » (Rom. 8:15).
Si donc Christ est l’image du Dieu invisible, nous portons Son image ; s’Il est Fils nous entrons dans la même relation avec le Père.
1.12.1970
Les vérités présentées au début de ce chapitre sont d’une merveilleuse richesse, au reste, le mot richesse, rencontré 6 fois, caractérise l’épître :
· 1:7 : les richesses de sa grâce
· 1:18 : les richesses de la gloire de son héritage dans les saints
· 2:4 : Dieu est riche en miséricorde
· 2:7 : les richesses de sa grâce
· 3:8 : les richesses insondables du Christ
· 3:16 : les richesses de sa gloire
La louange et les richesses de la grâce, sont toujours mentionnées avant celles de la gloire de Dieu.
Les bénédictions qui sont développées ici ne peuvent être saisies que par la foi et par l’action de l’Esprit Saint. On ne peut comprendre l’adoption que si on est effectivement dans la relation d’enfants vis-à-vis de celui qui est un Père. Il faut être croyants, assurés du pardon et ayant la vie éternelle d’abord, mais ensuite affranchis de la loi du péché et de la mort (dans l’état moral de Romains 8 et non plus de Romains 7).
Dieu, selon le bon plaisir de Sa volonté a voulu nous adopter pour Lui par Jésus Christ
· Les anges sont appelés fils de Dieu (Gen. 6:2 et Job 38:7).
· Israël est présenté comme l’objet de l’élection (Rom. 9:11 et 11:7), de la préconnaissance (Rom. 11:2) et de l’adoption (Rom. 9:4) divines, le peuple de Dieu, ses fils et ses filles (2 Cor. 6:18).
· Les saints de l’Ancien Testament : Abraham, Joseph, David (par ex.) étaient l’objet de l’appel céleste et avaient la vie et la nature de Dieu.
· Dans la dispensation millénaire, les rachetés terrestres jouiront du royaume qui leur est préparé dès la fondation du monde (Matt. 25:34).
· Les saints de la période actuelle (s’étendant de la Pentecôte à la venue du Seigneur), par nature créatures terrestres inférieures aux anges, ont, comme tous les élus des autres dispensations la vie et la nature divines. Ils sont seuls à former toutefois la famille céleste du Père, et l’Église, corps de Christ ; la volonté souveraine de Dieu, le Père, a été telle ; le caractère de cette relation, c’est qu’elle est en Christ et par Lui et pour Dieu lui-même. Dans Ses conseils d’amour, Dieu lie ainsi les saints à Christ en grâce. Si c’était la volonté de Dieu de nous adopter pour Lui, c’est Christ qui a accompli cette volonté en venant ici-bas (Héb. 10:7 et Ps. 40:7) ; nous sommes sanctifiés par l’offrande du corps de Jésus Christ (Héb. 10:10). L’adoption — en tant que réception de la position de fils comme don — est également liée à la venue de Jésus sur la terre en Galates 4, et à l’envoi de l’Esprit du Fils de Dieu dans nos cœurs qui crient « Abba, Père ! » (Gal. 4:6).
La présence de l’Esprit Saint dans les saints et dans l’Église sur la terre caractérise la période actuelle. C’est un frein efficace au débordement du mal et de l’apostasie morale et religieuse, « celui qui retient » (2 Thes. 2:7) qui sera ôté à la venue du Seigneur pour enlever l’Église.
Ceux qui sont nés de nouveau et scellés du Saint Esprit sont enfants pour toujours et ont aussi le Saint Esprit pour toujours (le Consolateur que le Seigneur a envoyé pour être avec nous éternellement, Jean 14:16). Les bénédictions qui en découlent sont saisies par la foi dans un exercice continuellement entretenu, afin qu’étant enfants, nous soyons des enfants obéissants, et qu’ayant l’Esprit Saint nous en soyons remplis et qu’il ne soit ni contristé ou attristé en nous, ni éteint parmi nous.
8.12.1970
L’adoption des saints pour Dieu par Christ est selon le bon plaisir de la volonté de Dieu et à la louange de la gloire de Sa grâce. Selon la nature d’amour de Dieu, Ses conseils opèrent ainsi tout pour Sa gloire. C’est pour cette gloire que Christ a été offert, le Père n’ayant pas épargné son propre Fils (Rom. 8:32). Il convenait pour Dieu de consommer le chef de notre salut par des souffrances (Héb. 2:10), « il plut à l’Éternel de le meurtrir » (És. 53:10). Si l’œuvre de l’expiation était donc selon le bon plaisir de la volonté de Dieu, le Père lui-même a connu des souffrances préfigurées par Abraham offrant Isaac sur la montagne de Morija dont le nom signifie « Amertume de l’Éternel » (Gen. 22). La gloire de Dieu sera révélée plus tard dans le jugement des impies car elle l’est maintenant dans Sa grâce qui est venue ici-bas par Jésus Christ qui en est la mesure et par qui nous sommes rendus agréables à Dieu. Mais Christ est présenté ici comme le bien-aimé de Dieu, l’objet particulier des affections du Père. C’est en Lui que nous sommes bénis, aimés par le Père du même amour que Jésus lui-même (Jean 17).
Si notre position est en Christ selon les conseils de Dieu, nous trouvons aussi en Lui la rédemption qui nous y place : « la rédemption par son sang, la rémission des fautes » (1:7). Christ a pris notre place comme Agneau de Dieu quand Dieu a visité le péché, et maintenant Il nous donne la sienne quant aux résultats de son œuvre accomplie.
La rédemption présente le rachat :
Nous sommes achetés et rachetés alors que nous étions esclaves de Satan et de la chair.
La rémission des fautes a trait au pardon. « Nous ayant pardonné toutes nos fautes » (Col. 2:13)
La rédemption est « par le sang précieux de Christ » (1 Pierre 1:19) et « sans effusion de sang il n’y a pas de rémission » (Héb. 9:22).
· C’est le sang de l’agneau pascal que Dieu voyait pour épargner les maisons sur lesquelles le signe en était placé (Ex. 12:13).
· Le sang placé sur le propitiatoire sous le regard de Dieu (Lév. 16 et Héb. 9), avec lequel Christ est entré dans le ciel et qui transforme le trône de jugement en trône de grâce pour nous.
· Le sang qui nous approche de Dieu (Éph. 2:13) et par lequel la paix est faite (Col. 1:20).
· Le sang par lequel Dieu s’est acquis l’Assemblée (Actes 20).
· Le sang par lequel nous sommes justifiés (Rom. 5:9) et lavés de nos péchés (Apoc. 1:5).
· Le sang qui nous purifie de tout péché (1 Jean 1:7).
L’enseignement du v. 6 est donc que Dieu, dans ses conseils s’est révélé à la gloire de Sa grâce.
Celui du v. 7 est que, dans Son œuvre par Christ, Il a pensé à nous selon les richesses de sa grâce, car Dieu est riche en miséricorde (2:4).
L’épître aux Romains nous présente les richesses de sa bonté de sa patience et de sa longue attente (Rom. 2:4), les richesses de sa gloire (Rom. 9:23).
L’épître aux Colossiens nous parle des richesses de la gloire de ce mystère parmi les nations, c’est-à-dire Christ en vous l’espérance de la gloire (Col. 1:27) et les richesses de la pleine certitude d’intelligence (Col. 2:2).
Nos propres besoins ne sont donc pas la mesure des pensées et des conseils de Dieu à notre égard, ce sont les richesses et la gloire de la grâce de Dieu.
L’Éternel a tout fait pour lui-même, et même le méchant pour le jour du malheur (Prov. 16:4).
15.12.1970
Selon les richesses de la grâce de Dieu, nous avons en Christ la rédemption par son sang, et la rémission des fautes ; le vrai croyant est ainsi assuré, d’une manière absolue et définitive, que toutes ses fautes lui sont pardonnées. Pratiquement il peut manquer à l’énergie de la foi pour s’approprier cette vérité, ou, au contraire, penser pouvoir pécher afin que la grâce abonde (Rom. 6:1, 15).
Nous ne pouvons éviter ces deux dangers qu’en nous tenant devant Dieu où nous apprenons à nous connaître dans le sentiment de la rédemption et de la rémission des fautes.
En rapport avec les conseils de Dieu et notre adoption pour Lui, nous est présentée la louange de la gloire de Sa grâce, ornement du ciel dès avant la fondation du monde (1:6).
La grâce maintenant est manifestée dans toutes ses richesses, en tant qu’adaptée à notre état par nature, auquel elle fait face. Ce n’est plus la nature même de Dieu qui est présentée, mais ce qu’Il s’est plu à accomplir pour de pauvres pécheurs : les sauver puis les bénir. Les détails des effets produits par l’œuvre de Christ ne sont pas donnés ici, mais les vérités sont présentées comme liées aux conseils de Dieu et aux lieux célestes, la position des croyants étant acquise et assurée pour toujours.
Cette grâce de Dieu, qui n’est jamais aveugle règne maintenant par la justice surabondant là où le péché abondait (Rom. 5:20-21) ; elle anéantit l’homme plus que ne peut le faire la loi ; elle affermit le cœur (Héb. 13:9) et nous enseigne quant à notre marche dans ce monde et à l’attente du Seigneur (Tite 2:12) ; maintenant elle abonde envers nous en toute sagesse et intelligence.
C’est de la plénitude de la personne de Jésus — la Parole faite chair, pleine de grâce et de vérité que nous avons reçu grâce sur grâce (Jean 1:16), la faveur de Dieu en abondance de bénédictions divines données comme fruit de son amour.
Les conseils de Dieu en grâce envers les croyants sont donc développés dans les versets 3 à 8. Les versets 9 et 10 déploient maintenant ses conseils en gloire à l’égard de Christ, mystère révélé par le ministère de l’apôtre. Nous sommes ainsi les dépositaires du propos arrêté de Dieu à l’égard de la gloire universelle de Christ, pour l’administration de la plénitude des temps.
La sphère du déploiement de la volonté de Dieu à cet égard est la première création, la terre sur laquelle Jésus est venu, a souffert, et a été déshonoré. Là où la question du péché a été réglée, tout ce qui est créé sera un jour — dans le temps et non pas dans l’éternité — réuni sous la main de Christ, comme résultat des voies de Dieu en gouvernement.
C’est l’état annoncé au Psaume 8, Christ prenant la place de premier-né (c’est-à-dire chef) de toute la création, « toutes choses ont été créées par lui et pour lui » (Col. 1:16). De Salomon — dixième fils de David — et type de Christ régnant en gloire — il avait été dit : « Aussi moi, je ferai de lui le premier-né, le plus élevé des rois de la terre » (Ps. 89:27).
L’administration de la plénitude des temps touche au royaume établi par le Dieu des cieux et qui ne sera jamais détruit (Daniel 2, 7, 9), au siècle à venir des bénédictions juives, introduit par le changement moral complet annoncé par Ésaïe « Je crée de nouveaux cieux et une nouvelle terre » (Ésaïe 65:17). L’état éternel dans lequel Dieu est tout et en tous est autre chose : c’est l’aboutissement de tous les conseils de Dieu selon la perfection de Sa nature. Mais pour que la terre puisse être le lieu de la bénédiction des rachetés terrestres selon le règne glorieux de Christ s’associant Son Église, il fallait que Satan soit vaincu, que son pouvoir sur l’homme soit annulé, que la création souillée et les lieux célestes mêmes soient purifiés. C’est ce que Christ a fait par l’œuvre de la croix, et en vertu du sang versé, ayant réconcilié toutes choses avec la plénitude de la Déité (Col. 1:20) et ayant fait aussi propitiation pour le sanctuaire (Lév. 16 et Héb. 9:24).
Satan qui avait pris la terre par fraude, en mentant à l’homme, et qui aura pendant tant de siècles été l’accusateur des croyants (Job, Joshua) et des frères (Apoc. 12:10), après avoir été précipité du ciel, sera lié pour 1000 ans dans l’abîme. La création étant remise en ordre, toutes choses seront réunies en paix sous l’autorité de Christ, Fils de l’Homme et Fils de Dieu, l’Église étant associée avec Lui dans cette gloire. Que cette pensée nous amène à plus de séparation du monde, le présent siècle mauvais, et à plus de vraie compassion à l’égard de tant de créatures emportées !
5.1.1971
Les conseils de Dieu sont exposés dans le paragraphe des versets 3-14 :
· en rapport avec les saints (v. 3-8) à la louange de la gloire de la grâce de Dieu et selon les richesses de celle-ci
· en rapport avec Christ, héritier sur toutes choses (v. 9 et 10)
· enfin touchant l’héritage, cet héritage de Dieu dans les saints, à la louange de sa gloire, l’Esprit Saint en étant les arrhes, comme il est aussi le sceau de l’appel des saints.
L’exposé de ces vérités devrait marquer le caractère de notre vie ici-bas. Nous sommes assez riches en bénédictions spirituelles célestes pour ne pas contester aux habitants de la terre les richesses et les biens de ce monde. Un jour viendra où ceux qui ont eu part à l’opprobre de Christ sur la terre règneront avec Lui.
À partir du verset 15, l’apôtre intercède pour les Éphésiens ; ils n’avaient pas encore abandonné leur premier amour, et leur bon état permettait à l’apôtre de déployer devant eux toutes les richesses des bénédictions divines. Néanmoins des progrès illimités restaient encore à faire : même dans le ciel, nous étudierons la gloire.
Cette remarquable prière qui termine le chapitre 1 découle des révélations qui précèdent selon lesquelles les saints, bénis en Christ, sont unis comme assemblés à Lui-même. Christ créateur de toutes choses, comme Fils de Dieu, prend, comme homme, la première place dans cet univers qu’Il a créé. La puissance de Dieu qui opère à cet effet en Christ, opère aussi dans les saints. Aussi, la prière est-elle naturellement adressée à Dieu, le Dieu de notre Seigneur Jésus Christ, car Jésus y est vu comme homme. C’est une prière de possession. La prière qui termine le troisième chapitre est, au contraire, une prière de réalisation, plus subjective car touchant davantage l’état intérieur des saints ; on y trouve plus de communion que de conseils. Au reste, elle est adressée au Père de notre Seigneur Jésus Christ car Jésus y est vu comme Fils.
Comme toujours, l’apôtre prend comme départ, ce qu’il y avait de bon dans les saints auxquels il s’adressait :
· Leur foi au Seigneur Jésus : une foi pratique et vivante,
· L’amour pour tous les saints : des rapports heureux avec le Seigneur engendrent naturellement l’amour pour tous les saints, celui-ci se manifestant toutefois de manière différente suivant la conduite et l’état de chacun. Il ne faut pas confondre amour et communion : si l’apôtre manifestait de la réserve et de la froideur extérieure vis-à-vis de Démas, il aurait été en même temps prêt à donner sa vie pour lui.
Dans les Colossiens les actions de grâce de l’apôtre découlaient de leur foi et de leur amour pour tous les saints lié à l’espérance qui leur était réservée dans les cieux.
Aux Thessaloniciens, l’apôtre parle de leur œuvre de foi, de leur travail d’amour et de leur patience d’espérance dans la première épître ; et seulement de leur foi et de leur amour, dans la deuxième épître.
Les Éphésiens étant vus moralement déjà dans le ciel, l’espérance est liée ici à l’appel de Dieu (v. 18) de même que leur marche au début du chapitre 4.
L’apôtre ne cessait de rendre grâces et priait sans cesse, comme il exhortait les Thessaloniciens à le faire (1 Thess. 5:17).
Il priait pour tous les saints, les exhortant en même temps à prier pour lui (Éph. 6:18) comme aussi les uns pour les autres. C’est un aspect, peut-être le plus important, du combat chrétien, comme Épaphras (Col. 4:12).
On peut remarquer enfin que Dieu, le Dieu de notre Seigneur Jésus Christ est appelé ici le Père de gloire, car Il en est la source et l’auteur ; c’est le déploiement des perfections divines, liées à l’excellence de Son être. Le chrétien peut se glorifier dans l’espérance de la gloire de Dieu (Rom. 5:2) en la contemplant dès maintenant dans la face de Christ (2 Cor. 4:6).
12.1.1971
Le Dieu de notre Seigneur Jésus Christ, à qui l’apôtre adresse la prière qui clôt le chapitre 1, est aussi appelé le Père de gloire. Le Dieu créateur, est Dieu et Père de tous — tous les hommes dans la chair — Il est aussi Père de gloire, seul dispensateur de toute gloire, dans laquelle Il veut introduire des hommes car : « Il nous appelle à son propre royaume et à sa propre gloire » (1 Thess. 2:12). La puissance de cette gloire céleste est notre part présente par la foi. Dès lors « comment pouvez-vous croire, vous qui recevez de la gloire l’un de l’autre et qui ne cherchez pas la gloire qui vient de Dieu seul ? » (Jean 5:44). La gloire du croyant est d’honorer Dieu dans la première création, en gardant la place qu’Il a assignée à chacun.
L’apôtre demande d’abord dans sa prière que les saints possèdent l’intelligence des choses qui leur sont données : l’effort humain et les capacités naturelles ne le permettent pas. Il faut la piété par la grâce de Dieu et l’action de l’Esprit Saint qui éclaire l’intelligence. Dans la prière du chapitre 3 le Saint Esprit fortifie l’homme intérieur.
Le cœur est présenté ici comme le chemin de la connaissance : les yeux de notre cœur (ou de notre entendement) sont éclairés. Cette lumière est en sagesse et révélation dans la connaissance de Dieu, alors qu’au v. 8 les richesses de la grâce de Dieu envers nous étaient en toute sagesse et intelligence. Lorsque la Parole nous parle de notre état pratique, la conscience est présentée comme le seul moyen de faire entrer la lumière dans l’âme.
La prière elle-même se divise ensuite en deux parties, l’apôtre demandant que les Éphésiens comprennent avec tous les saints :
· quels sont l’appel et l’héritage de Dieu (v. 18).
· quelle est la puissance qui opère envers nous, celle-là même qui a opéré en Christ en résurrection.
Tout ceci est rapporté à Dieu : ce sont l’appel et l’héritage de Dieu (pas les nôtres), la puissance de Dieu aussi.
L’épître aux Romains, traitant de la responsabilité de l’homme et non des conseils de Dieu rapporte tout à Lui aussi : l’évangile, la colère, la justice, la gloire. Au chapitre 8 de cette épître les saints sont vus appelés, justifiés et glorifiés alors que dans les Éphésiens l’espérance de l’appel de Dieu est placée devant nous. Dieu, seul souverain, peut parler de l’avenir avec la certitude du présent car tous les résultats sont entre ses mains, ceci n’exclut évidemment pas la responsabilité des hommes, et des saints en particulier, et le fruit de nos actes qui portent des conséquences éternelles.
L’appel et l’héritage nous introduisent dans deux sphères différentes de bénédictions pour les saints :
· l’appel est lié aux bénédictions spirituelles dans les lieux célestes développées aux versets 3-5 en rapport avec le Saint Esprit comme sceau, et Dieu agissant en grâce,
· l’héritage est lié à l’univers où Christ fera valoir ses droits, Dieu agissant en gloire et le Saint Esprit étant les arrhes pour nous.
Il convient de remarquer cette expression : « les richesses de la gloire de son héritage dans les saints ». Les saints eux-mêmes ne sont pas l’héritage, et l’héritage n’est pas celui des saints : c’est l’héritage de Dieu lui-même qui en prend possession dans les saints qui sont faits héritiers, cohéritiers de Christ.
L’image du peuple d’Israël est instructive à cet égard. La terre d’Emmanuel était à l’Éternel : « le pays est à moi ; car vous, vous êtes chez moi comme des étrangers et comme des hôtes ». Mais Dieu introduit son peuple terrestre sur la montagne de son héritage (Ex. 15:17), et Il lui a plu d’hériter du pays dans son peuple Israël (Éz. 20).
Il en est de même pour les rachetés célestes, l’Église : l’univers entier, rempli de la gloire de Dieu, lui appartient, comme à Christ. Il l’hérite dans Ses saints qui en jouissent avec Christ.
19.1.1971
Nous avons dans ces deux versets la seconde partie de la prière l’apôtre pour les Éphésiens : qu’ils sachent quelle est l’excellente grandeur de la puissance de Dieu envers les croyants, puissance qui a opéré en Christ, en le ressuscitant d’entre les morts.
Une nouvelle question est ainsi touchée maintenant, celle de la mort :
· le roi des terreurs (Job 18:14),
· les gages du péché (Rom. 6:23),
· ce qui, selon le gouvernement de Dieu, est réservé aux hommes (Héb. 9:27).
Christ, comme homme, est venu sur la terre et a passé partout où les conséquences du péché avaient produit leurs effets. Il a été crucifié en infirmité, étant entré dans la mort dans un abaissement volontaire (Phil. 2), mais, en résurrection, Il prend cette position glorieuse de premier-né d’entre les morts (Col. 1), où toute trace d’infirmité ayant disparu, la puissance de Dieu triomphe à jamais. La puissance de Dieu qui a ressuscité Jésus et l’a fait asseoir à sa droite dans les lieux célestes, est aussi celle qui nous vivifie, nous ressuscite et nous fait asseoir ensemble dans les lieux célestes dans le Christ Jésus (c’est l’enseignement du chapitre 2). La présence du Saint Esprit en nous est le gage aussi que cette puissance vivifiera nos corps mortels (Rom. 8:11).
Christ est Fils de Dieu et Fils de l’Homme. Comme Fils de Dieu il est créateur de toutes choses et comme Fils de l’Homme il hérite de l’univers (Il est premier-né de toute la création). Comme Fils de Dieu il vivifie qui Il veut, et comme Fils de l’Homme il a autorité de juger (Jean 5). Déterminé Fils de Dieu en puissance par la résurrection des morts (Rom. 1), Il avait, comme tel, le pouvoir de reprendre Sa vie (Jean 10). Comme Fils de L’Homme il est ressuscité par Dieu, par la gloire du Père (Rom. 6:4). Nous savons aussi que la Parole nous enseigne qu’Il a été vivifié en Esprit, les trois Personnes divines étant ainsi engagées dans cette œuvre de la rédemption et de la résurrection de Christ. Il en est de même de plusieurs faits du christianisme :
La venue de Jésus dans ce monde. Dieu l’a envoyé. Il est venu conçu de l’Esprit et appelé Fils de Dieu (offrande de gâteau pétrie à l’huile et ointe d’huile).
Au baptême de Jean, le ciel s’ouvre, l’Esprit Saint descend sur Jésus, et la voix du Père désigne son Fils bien-aimé.
Pendant son ministère Jésus accomplissait les œuvres de son Père, le monde a rejeté les œuvres de Jésus (Jean 9) et Il chassait les démons par l’Esprit de Dieu.
À la croix, Dieu a livré son propre Fils, le Seigneur s’est donné lui-même, et Il s’est offert par l’Esprit éternel à Dieu (Héb. 9).
La Déité est engagée dans le salut des pécheurs (Luc 15), les trois Personnes divines étant activées maintenant pour garder le croyant : la grâce du Seigneur, l’amour de Dieu et la communion du Saint Esprit (2 Cor. 13).
Dans la première partie du chapitre, la grâce souveraine de Dieu introduit les croyants dans la position de Christ devant Dieu, et expose les bénédictions qui en découlent.
Maintenant l’œuvre qui a été opérée en Christ à la croix, la puissance qui L’a élevé du tombeau à la droite du Père sont l’expression de la puissance qui arrache des pécheurs à leur état de mort et les introduit dans la gloire avec Christ. Toute la position de l’Assemblée en découle. L’Esprit Saint est présenté ici, de plus, comme se manifestant de deux manières dans l’Église : c’est un Esprit de sagesse et un Esprit de puissance. Du reste Christ lui-même est « la puissance de Dieu et la sagesse de Dieu » (1 Cor. 1:24). Ces deux bases de tout ministère chrétien sont présentées en Luc 24 comme normalement liées à l’élévation de Christ, quittant les siens de Béthanie et présenté comme homme glorifié devant son Père.
Nous pouvons comprendre par la sagesse et l’intelligence spirituelles notre position en Christ et la position de l’Église, mais cette connaissance est liée à la puissance de résurrection qui nous place dans la même position que Christ dans les cieux.
26.1.1971
La seconde partie de la prière de l’apôtre, à partir du verset 19, nous introduit dans le sujet qui forme l’objet essentiel de l’épître et lui en donne son caractère. La grâce et la puissance de Dieu se déploient pour accomplir ses conseils, tels qu’ils ont été développés au début du chapitre 1 en rapport avec les relations des saints individuellement avec Dieu. Christ est présenté au verset 20 comme dans la mort, c’est-à-dire là où nous étions à cause du péché ; mais Dieu par sa puissance, le ressuscite et le fait asseoir à sa droite, en l’élevant au-dessus de tous les cieux.
Nous, nous étions morts dans nos fautes et nos péchés : Dieu nous a vivifiés ensemble avec le Christ, les saints ressuscités étant unis à Lui comme son corps. C’est là le mystère du conseil de Dieu relativement à l’Église. Ces vérités sont développées jusqu’au verset 10 du chapitre 2. Christ ayant accompli la rédemption, a été exalté à la droite de Dieu comme homme glorifié ; Il prend la place dans laquelle Il est Chef de l’Assemblée, Tête du corps. Christ, vainqueur, peut seul s’asseoir avec son Père sur Son Trône (Apoc. 3:21), mais Il ne sera pas seul dans la gloire, l’Assemblée étant unie à Lui — spirituellement dès maintenant — comme Sa plénitude c’est-à-dire son complément.
La parenthèse des versets 21 à 23 relative à Christ, présentée au verset 20, est remarquable.
Dieu l’a fait asseoir à sa droite, dans les lieux célestes, au-dessus de tout, lui assujettissant toutes choses. Toutes ces vérités sont présentées ici dans leur caractère absolu.
L’expression du Ps. 110 : « L’Éternel a dit à mon Seigneur : Assieds-toi à ma droite » est citée :
· dans les trois évangiles synoptiques (Matt. 22, Marc 12 et Luc 20) en rapport avec la question du Seigneur restée sans réponse, sur Lui-même
· en Actes 2, dans le deuxième discours de Pierre, Christ, homme exalté, ayant reçu l’Esprit Saint promis.
· en Hébreux 1:13 pour montrer la supériorité de Christ aux anges, bien que fait de peu inférieur à eux, à cause de la passion de la mort.
· Christ prend cette place à la droite de Dieu
o en Hébreux 10:13, comme ayant achevé l’œuvre de la rédemption,
o en Hébreux 1:3 : ayant fait la purification des péchés,
o en Hébreux 8 : apôtre, mais aussi souverain sacrificateur.
· en Marc 16 : Serviteur parfait se reposant de son service, bien que coopérant avec les siens sur la terre.
· dans les trois évangiles, le Seigneur est enfin vu assis à la droite de Dieu, en rapport avec le jugement du monde, « dorénavant vous verrez le fils de l’homme assis à la droite de la puissance, et venant sur les nuées du ciel » (Matt. 26:64 ; Marc 14:62 ; Luc 22:69).
Christ est aussi au-dessus de toutes principautés, autorités, puissances, dominations, toutes choses étant assujetties sous ses pieds. C’est devant ces autorités et principautés que l’Assemblée est le vase par lequel, Dieu donne à connaître dans les lieux célestes, sa sagesse si diverse (Éph. 3:10). Parmi toutes ces autorités, les mauvaises ont été produites en public à la croix (Col. 2), le combat chrétien se livre contre elles (Éph. 6), avant qu’elles ne soient détruites par Christ lui-même, quand le royaume millénaire sera remis à Dieu (1 Cor. 15).
Cette domination universelle de Christ s’accomplit aussi bien dans ce siècle (le temps présent) que dans le siècle à venir (le millénium). Moralement, et aux yeux de Dieu, ces choses sont déjà accomplies : « nous ne voyons pas encore… mais nous voyons Jésus… couronné de gloire et d’honneur » (Héb. 2).
Il y a donc ici plus qu’une révélation prophétique ; ce qu’est le ciel nous est maintenant révélé.
L’Église se réjouit en contemplant son Seigneur, s’oubliant elle-même, tout en pensant que toute trace du monde sur elle ne peut être qu’une tache.
2.2.1971
Christ ressuscité d’entre les morts, reçoit comme homme une place au-dessus de tout, Dieu l’établissant chef sur toutes choses, et unissant l’Assemblée à Lui comme Son corps. L’Assemblée, corps de Christ, est Sa plénitude, le corps formant le complément de la Tête. Christ, Dieu et homme, remplit toutes choses (mais la Tête n’est pas sans le corps qui complète la Tête), dans Sa gloire qui remplira l’univers. Christ donc remplit tout en tous, et l’Assemblée est Sa plénitude.
Voilà le mystère de l’Église, le premier dans les conseils de Dieu, caché dès les siècles et les générations, mais révélé par le ministère de Paul pour compléter la Parole de Dieu (Col. 1:25, 26), mystère fondé sur l’œuvre expiatoire et la mort de Christ.
La puissance de Dieu opère maintenant sur la terre par l’action de l’Esprit Saint depuis le jour de la Pentecôte et jusqu’au retour du Seigneur pour former ce corps et le donner à Christ.
De précieux types dans l’Ancien Testament et dans la Genèse déjà, dirigent nos cœurs vers ces vérités :
· Adam était chef de la première création. Dieu lui donne Ève, sa femme, formée de lui-même dans son sommeil, figure de la mort,
· Abraham, vase de toutes les promesses reçoit Isaac, l’héritier céleste, comme ressuscité d’entre les morts, après l’avoir offert,
· Sara, instrument naturel de la promesse, ayant quitté la scène, le serviteur fidèle Eliezer — figure du Saint Esprit — cherche une épouse pour Isaac qui demeure dans le pays promis.
Christ, par Sa mort, est le Sauveur de nos âmes, de notre course et de notre corps, assurance de tous ceux qui croient en Lui. Mais Sa mort nous arrache au monde pour nous constituer en un seul corps dans la puissance de l’Esprit, qui produit aussi dans le cœur de l’Église, des sentiments correspondants à Sa relation avec Christ.
Les saints constituant l’Église sont pardonnés de leurs fautes, rachetés et réconciliés par la mort de Christ (c’est la deuxième réconciliation de Col. 1:21). L’héritage dont le Seigneur prendra possession un jour avec Son Église, est encore actuellement en plein désordre, la réconciliation de toutes choses dans les cieux et sur la terre n’étant pas encore accomplie (c’est la première réconciliation de Col. 1). La paix est faite par le sang de la croix, mais la promesse de Dieu n’est pas encore intervenue pour placer tout en relation avec Lui et sous l’assujettissement de Christ.
Les cieux sont actuellement souillés par la puissance de Satan et des anges déchus, « les cieux ne sont pas purs à ses yeux » (Job 15:15). Ils en seront purifiés à la suite du combat d’Apocalypse 12, à l’issue duquel Satan et ses anges sont précipités sur la terre, et qui marquera le début de la dernière demi-semaine de la tribulation finale, et l’introduction du royaume céleste. Alors les choses célestes elles-mêmes seront purifiées (Héb. 9:23).
La terre est pleine de corruption et de violence, le royaume de Satan ; elle sera elle aussi purifiée, lorsque Satan sera lié dans l’abîme, et que les jugements introduiront le règne millénaire de Christ.
Alors Christ sera tout et en tous. C’est comme homme qu’Il est présenté ici prenant cette place. « Celui qui est descendu est le même que celui qui aussi monté au-dessus de tous les cieux, afin qu’il remplît toutes choses » (Éph. 4:10).
L’expression est donnée aussi en Colossiens 3 où le chrétien est appelé à revêtir le caractère de Christ qui est pour l’objet de son cœur et de ses affections, et il est la puissance de vie. On note la différence avec l’état éternel où Dieu habite parmi les hommes : tout est en tous (1 Cor. 15).
La portée morale de ces vérités est immense pour nous :
· dans la prédication de l’évangile où le salut des âmes ne doit pas faire perdre de vue l’activité de l’Esprit pour former l’Assemblée,
· dans le maintien des vérités confiées à l’Assemblée dans les derniers jours, le terrain est celui de Philadelphie qui garde toute la Parole de la patience du Seigneur,
· dans la réalisation du culte, il nous convient de rappeler notre état (l’épître aux Éphésiens nous voit dans l’état le plus affreux, morts dans nos fautes et nos péchés), mais l’objet de la louange adressée au Père, c’est Christ lui-même qui remplit le cœur de Son Église.
9.2.1971
Ayant rappelé précédemment que les cieux et la terre, les deux sphères dans lesquelles Christ prendra possession de son héritage, seront un jour purifiés, toutes choses y étant mises en ordre ; nous avons ouvert une importante parenthèse sur la position de l’Église sur la terre aujourd’hui.
Il existe maintenant, au sein même de la première création en désordre, une sphère dans laquelle l’ordre de Dieu doit régner et les droits du Seigneur doivent être reconnus : c’est l’Assemblée de Dieu sur la terre. La mission et le devoir de tous les vrais croyants, membres du corps de Christ, sont de maintenir cet ordre divin dans les cœurs et les pensées, et de manifester maintenant dans le monde que l’Église, habitation de Dieu par l’Esprit Saint sur la terre, est céleste dans son appel et ses destinées. Deux choses ont marqué le témoignage du Seigneur au début :
· La pensée de Christ : « nous, nous avons la pensée de Christ » dit l’apôtre aux Corinthiens (1 Cor. 2:16) ; elle est liée à la piété vraie et l’Esprit Saint nous en donne l’intelligence.
· La puissance du Saint Esprit. Au cours des siècles, l’Église a abandonné son premier amour, et plus encore, Satan lui-même s’est introduit dans son sein. La piété remplacée par la forme a perdu sa puissance, et, ainsi que l’a remarqué un devancier : — La conscience fait place à l’intelligence — La vérité est remplacée par le jugement des individus — et Christ est remplacé par l’homme.
Néanmoins, dans la pensée de Christ, qui s’occupe de Son Assemblée pour la sanctifier, rien n’est changé, et si l’Église a failli quant à sa responsabilité, Lui demeure le fidèle témoin, et il reprendra, dans Sa personne, ce que l’Assemblée a cessé d’être.
Un chemin subsiste cependant toujours pour la foi : l’obéissance dans le cœur et le renoncement conduisent au progrès dans la connaissance de Christ, dans la puissance, et dans les bénédictions que nous vaut Son œuvre.
Chapitre 2 : Nous y avons l’opération de la puissance de Dieu sur la terre pour prendre des morts, les vivifier et les amener à la jouissance de leurs privilèges célestes en formant ainsi l’Assemblée.
Les deux premiers versets parlent de ceux qui étaient sortis d’entre les nations, les païens arrachés à l’idolâtrie, à la puissance de Satan et au gouvernement des démons.
Au verset 3, il parle des Juifs : « Nous aussi, nous avons tous ».
En rapport avec le déploiement des conseils de Dieu en grâce, l’apôtre présente ici l’état d’éloignement de Dieu, et de mort morale, spirituelle et judiciaire, partage de tous les hommes par nature, Juifs et Gentils. Aux Romains, la justification par le sang est présentée en rapport avec la conviction de péché, de ceux qui sont pécheurs par nature et vivants dans le péché, tous Juifs et Gentils étant enfermés dans la même désobéissance, car il n’y a pas de différence. L’épître aux Colossiens, en dépit des apparences extérieures, présente les deux côtés de la vérité.
En rapport avec les nations, l’apôtre parle de l’état universel du monde, ce système asservi à son prince. L’influence puissante de Satan pénètre partout, comme l’air qui est son siège. Nous en avons maintenant de solennels exemples : les tendances à la révolte et au mépris des autorités établies par Dieu, se font jour simultanément aux quatre coins de la terre.
Le chrétien est exhorté à se soumettre aux autorités (Rom. 13) et à ne pas porter de jugement sur les puissances de méchanceté (ou leur prince — Jude) contre lesquelles se livre le combat dans les lieux célestes (Éph. 6).
Cette marche dans les convoitises, en étant jouets de Satan, conséquence de l’état de mort, était l’état antérieur de ceux que Dieu avait vivifiés. « Vous avez marché autrefois ». La même pensée se trouve en Tite 3:3 : « Nous étions, nous aussi, autrefois, insensés, désobéissants, égarés, asservis ». Mais le croyant est maintenant délivré de cet esclavage, le Seigneur ayant triomphé de tous les ennemis à la croix. Nous aussi, nous pouvons avoir la victoire, car « c’est ici la victoire qui a vaincu le monde, savoir notre foi » (1 Jean 5:4).
16.2.1971
Le chapitre 2 se divise en trois parties :
· Les versets 1-7 présentent le sujet de la mort et de la vie en rapport avec l’état de ceux que Dieu a pris pour en faire le corps de Christ, et les vases des privilèges développés dans le chapitre 1.
· Les versets 8-10 traitent le sujet des bonnes œuvres.
· Les versets 11-22 traitent le sujet de l’éloignement et de la proximité de Dieu.
L’homme est vu comme mort dans ses fautes et dans ses péchés, c’est-à-dire sans aucun mouvement de vie spirituelle vers Dieu. L’état de l’homme est d’être, par nature, enfant de colère. Il ne s’agit pas d’un jugement prononcé par Dieu, sur le péché, les péchés ou les transgressions de l’homme, mais de l’état naturel dans lequel il se trouve, qui appelle nécessairement la colère de Dieu sur tous, Juifs et Gentils.
Le croyant, enseigné de Dieu, souscrit intérieurement à ces déclarations touchant à son état par nature. La profondeur des exercices qui se rattachent à ces vérités, marque l’authenticité de la conversion, la valeur de la piété vraie, et le niveau de la louange qui s’élève vers Dieu, qui nous a arrachés à notre état. Mais si l’homme montre ce qu’il est par nature, Dieu, qui est riche en miséricorde, montre aussi ce qu’est Sa propre nature, lumière et amour, en venant en grâce, délivrer par Sa puissance ceux qui étaient dignes de Sa colère.
Deux motifs sont donnés pour cette œuvre de Dieu envers nous.
Au verset 4 : « Dieu… à cause de son grand amour dont il nous a aimés ». En Romains 5:8, « Dieu constate son amour à lui envers nous, en ce que, lorsque nous étions encore pécheurs, Christ est mort pour nous ».
Au verset 7 : « Afin qu’il montrât dans les siècles à venir les immenses richesses de sa grâce, dans sa bonté envers nous dans le Christ Jésus ».
La parenthèse des versets 2 à 4 définit à la fois l’état des nations (« et vous, lorsque vous étiez morts ») et des Juifs (« nous aussi, nous avons tous conversé autrefois »). Les détails du tableau de l’homme de Romains 3 ne sont pas reportés ici, car l’apôtre n’a pas en vue d’établir la culpabilité de l’homme et la justification par la foi, choses infiniment importantes à leur place, mais de présenter ici l’état d’éloignement de Dieu où se trouvait l’homme, gisant dans les ténèbres.
Mais quel solennel avertissement néanmoins quant à notre état naturel, donc aux dangers qui guettent les croyants s’ils ne sont pas vigilants : la désobéissance, les convoitises et les volontés de la chair et des pensées. À tous égards, nous ne sommes pas meilleurs que les autres, mais beaucoup plutôt responsables de marcher d’une manière digne de notre appel, nous gardant du monde qui gît dans le méchant, et du mal dont il est rempli.
La puissance de Dieu a agi envers nous pour nous vivifier avec le Christ. Cette puissance agit maintenant en nous pour nous donner conscience de notre état, de l’étendue de la grâce de Dieu, des dimensions de Ses conseils, de l’amour de Christ, et pour nous fortifier par Son Esprit quant à l’homme intérieur (Éph. 3).
Cette même puissance enfin nous garde ici-bas. « Vous, qui êtes gardés par la puissance de Dieu par la foi » (1 Pierre 1:5), Dieu est « celui qui a le pouvoir de nous garder sans que nous bronchions » (Jude 24).
23.2.1971
En regard de notre état, morts dans nos fautes et par nature enfants de colère, l’apôtre présente le grand amour de Dieu, les richesses de sa miséricorde et les immenses richesses de sa grâce.
Dieu a trouvé en Lui-même les motifs pour nous aimer, et le premier mouvement est venu de Lui, car jamais l’homme ne peut faire le premier pas : « À cause de son grand amour ».
La miséricorde, est une manifestation à l’individu de l’amour de Dieu, en rapport avec la grandeur de la misère dans laquelle l’homme se trouve ; la grâce présente plutôt la richesse de ce qui est en Dieu pour faire face à cette misère de l’homme.
Dieu nous a vivifiés, vivifiés ensemble et vivifiés ensemble avec le Christ. La puissance de Dieu opérant par l’Esprit, en Christ, pour le ressusciter d’entre les morts, opère maintenant pour notre vivification. C’est la vivification de l’âme et la communication de la vie éternelle. Dieu nous a vivifiés ensemble, c’est-à-dire Juifs et Gentils, sans les distinctions que la mort a abolies. Il n’y avait pas de différence quant à la culpabilité (Rom. 3:22), il n’y a pas de différence de Juif et de Grec, car le même Seigneur de tous est riche envers tous ceux qui l’invoquent (Rom. 10:22), et Dieu a renfermé tous, Juifs et nations, dans la désobéissance, afin de faire miséricorde à tous (Rom. 11:32).
Nous sommes enfin vivifiés ensemble avec le Christ : en étant vivifiés, nous sommes associés à Christ. Il sort de la mort, nous en sortons avec Lui.
Dans l’épître aux Romains nous trouvons la justification et la vie communiquée (la justification de vie de Rom. 15:18), mais non pas la vivification avec Christ. Celle-ci se trouve dans l’épître aux Colossiens 2:13, l’état de mort dans nos fautes étant alors lié à l’incirconcision de la chair (c’est-à-dire morts à l’égard de Dieu), et la vivification ensemble avec Christ liée au pardon des fautes et à la délivrance du vieil homme et des obligations.
Dans l’épître aux Éphésiens, la grâce de Dieu nous a trouvés morts dans nos péchés, nous en fait sortir avec Christ, en résurrection, pour nous placer dans la faveur de Dieu, comme une nouvelle création. Nous ne sommes pas envisagés comme ressuscités par Christ, mais avec Lui ; nous sommes ressuscités et glorifiés. Aussi est-il dit ensuite que nous sommes ressuscités ensemble : il s’agit d’une résurrection spirituelle (non pas celle de notre corps), la vie prenant maintenant pour le croyant le caractère d’une résurrection en dehors d’un état de mort dans les péchés.
De plus, la position de tous les croyants, Juifs et Gentils, est d’être maintenant assis ensemble dans les lieux célestes dans le Christ Jésus, nouvelle condition qui est celle de Christ lui-même, position bien assurée dont nous pouvons jouir par la foi, en attendant notre présence réelle avec le Seigneur à Sa venue.
On peut encore remarquer la différence avec l’enseignement de l’épître aux Colossiens où il est parlé des saints pris d’entre les Gentils, ressuscités avec Christ (pas en Lui), pour ce monde dans le baptême, ayant une espérance réservée pour eux dans les cieux, là où Christ et leur vie sont cachés en Dieu (Col. 3:1).
Dans l’épître aux Éphésiens les saints sont donc vus déjà dans les lieux célestes, là où est Christ et où ils sont bénis de toute bénédiction spirituelle, le lieu aussi où se situe le combat (Éph. 6).
L’épître aux Hébreux, celle des cieux ouverts nous montre Christ entrant et siégeant dans les lieux célestes pour nous, apôtre et souverain sacrificateur ayant offert un seul sacrifice pour les péchés ; avec son propre sang, Il est entré une fois pour toutes dans les lieux saints.
Rien ne souligne mieux la valeur du sang de Christ, que la déclaration des conséquences de Son œuvre parfaite : l’abandon de Dieu, l’entrée dans la mort, le sang versé, la résurrection, l’ascension dans la gloire ; Dieu est à tous égards pleinement satisfait et glorifié, et la louange de la gloire de Sa grâce est de recevoir tous ceux qui ont la foi en Son Fils, sur le terrain le plus élevé que nous présente l’épître aux Éphésiens : Christ est notre justice (1 Cor. 1:30) et nous sommes justice de Dieu en Lui (2 Cor. 5:21).
2.3.1971
Il est dit à deux reprises (versets 5 et 8) que nous sommes sauvés par la grâce.
Le salut est présenté comme une chose passée et entière dans cette épître, car le croyant est déjà vu dans le ciel, et la venue du Seigneur n’y est pas présentée. Dans d’autres épîtres — Romains, Philippiens, Hébreux, en particulier — le salut est présenté comme au bout de la course chrétienne ; le salut du corps étant alors lié au retour du Seigneur, car le salut est non seulement celui de l’âme, mais il comprend toute l’œuvre de Dieu pour arracher un homme à son état de péché, et l’introduire de fait dans la gloire.
Si le salut est par la grâce, il est aussi par la foi (opération intérieure par laquelle l’âme reçoit ce que Dieu offre), les deux choses étant un don de Dieu ; l’œuvre de Dieu se fait en nous, mais non par le principe de nos œuvres, afin que toute la gloire soit à Lui. « Nulle chair ne se glorifie devant Dieu. Or vous êtes de lui dans le Christ Jésus » (1 Cor. 1:29, 30). C’est nous qui sommes l’œuvre de la main de Dieu, « son ouvrage », « en Christ », une nouvelle création où toutes choses sont faites nouvelles.
Mais, de plus, Dieu nous a créés dans le Christ Jésus pour des œuvres qui sont selon le caractère même de cette nouvelle création. Dans la pensée de Dieu tout était déterminé à l’avance à notre égard, avant qu’existât la scène dans laquelle nous sommes maintenant introduits.
Le croyant n’est donc pas laissé ici-bas pour s’y promener ou s’y distraire, mais pour manifester Dieu en marchant dans les bonnes œuvres qu’Il a préparées pour lui.
Il n’appartient pas au serviteur de choisir ses œuvres ; le maître les place devant lui.
Pour les discerner, il faut être rempli de la connaissance de sa volonté, en toute sagesse et intelligence spirituelle (Col. 1:9, 10). On peut alors porter du fruit en toute bonne œuvre. C’est l’amour pour Christ qui nous rend intelligent à cet égard. Il faut aussi se purifier des vases à déshonneur, pour être soi-même un vase à honneur, sanctifié, utile au maître, préparé pour toute bonne œuvre (2 Tim. 2:21). Enfin, nous devons nous appliquer à être les premiers dans les bonnes œuvres (Tite 3:8).
Pour être fidèle et heureux, le serviteur doit être gardé dans la dépendance de son maître : il vaut mieux faire peu avec Lui que beaucoup sans Lui.
Ces progrès nous sont proposés dans ce chemin afin que « ceux qui ont bien servi acquièrent un bon degré pour eux et une grande hardiesse dans la foi qui est dans le Christ Jésus » (1 Tim. 3:13).
9.3.1971
Le chapitre 1 développe les conseils de Dieu, à l’égard des saints individuellement, en rapport avec Christ ressuscité et assis dans les lieux célestes.
Le chapitre 2 présente l’œuvre de Dieu envers eux pour former l’Assemblée.
Dans le premier paragraphe (versets 1-10) : ceux qui étaient morts (c’était notre position morale individuelle avant notre conversion) sont vivifiés avec Christ et introduits dans une nouvelle création, assis dans les lieux célestes.
À partir du verset 11, le deuxième paragraphe présente maintenant la manière dont les plans divins se réalisent sur la terre, en commençant par montrer l’état religieux des nations d’où les croyants Gentils avaient été tirés, en contraste avec la position religieuse des Juifs, le peuple terrestre de Dieu.
Après le déluge par lequel Dieu a jugé le monde d’alors rempli de corruption et de violence, l’homme est tombé dans l’idolâtrie, les démons prenant la place de Dieu dans son cœur.
Dieu a alors élu Abraham, l’a appelé hors de son pays, et l’a mis à part en lui donnant le signe de la circoncision — qui est pour nous la figure du dépouillement de la chair, liée à l’identification par la foi à Christ dans sa mort (Rom. 4 et Col. 2). — En Genèse 17, la circoncision est liée aux alliances et aux promesses inconditionnelles, basées sur la fidélité de Dieu.
Dès lors, Dieu a eu un peuple sur la terre, extérieurement en rapport avec Lui, bien que la majorité des Israélites soit demeurée incroyante.
Collectivement, le peuple est retourné à l’idolâtrie, en abandonnant Dieu ; le gouvernement du monde lui a été ôté et transféré aux Gentils ; puis les Juifs remontés dans la terre d’Israël ont mis à mort leur Messie. Toute relation de Dieu avec Israël a cessé à la destruction de Jérusalem, et les croyants hébreux étaient exhortés à sortir vers Christ hors du camp (Héb. 13). Sur le pied de la grâce pure — la grâce règne par la justice (Rom. 5) — Dieu introduit dans l’Église ces croyants en vertu de l’œuvre de Christ et de la valeur de son sang versé.
Les Éphésiens, sortis d’une ville entièrement plongée dans l’idolâtrie, n’avaient aucun des privilèges extérieurs du peuple juif : incirconcis, sans Christ, sans droit de cité en Israël, étrangers aux alliances, sans espérance, sans Dieu et éloignés de Lui ; telle était leur condition morale et spirituelle qui est aussi la nôtre : aucun droit, aucun titre ; mais ces Gentils avaient maintenant part, avec les Juifs, au privilège de la nouvelle création, car ils étaient approchés par le sang du Christ. Les deux, Juifs et Gentils, sont créés maintenant en un seul homme nouveau.
Mais la paix aussi est faite, elle a été faite par Christ, par le sang de Sa croix (Col. 1:20).Tout est attribué à Christ, parce que tout est fondé sur la croix et sur son précieux sang, toujours placé sur le propitiatoire sous le regard de Dieu.
16.3.1971
· Christ est notre paix (v. 14)
· Il a fait la paix (v. 15), l’épître aux Colossiens nous dit qu’Il l’a faite par le sang de sa croix.
· Il a annoncé la bonne nouvelle de la paix aux Gentils et aux Juifs (v. 17)
Dieu donnait la paix comme au reste des Juifs remontés de la transportation par la parole d’Aggée 2:9 : « dans ce lieu, je donnerai la paix ». Il pouvait aussi l’ôter (dans son gouvernement) : « il n’y avait point de paix pour ceux qui sortaient et qui entraient » (2 Chroniques 15:5). En tout temps, « il n’y a pas de paix, dit l’Éternel, pour les méchants » (Ésaïe 48:22), mais elle est promise, avec la gloire et l’honneur, à tout homme qui fait le bien (Romains 2:10).
· La paix de la conscience est une conséquence de la justification par la foi : « Ayant donc été justifiés sur le principe de la foi, nous avons la paix avec Dieu par notre seigneur Jésus Christ » (Romains 5:1).
· La paix du cœur est donnée par le Seigneur aux siens : « Je vous laisse la paix ; je vous donne ma paix » (Jean 14:27). Elle sera goûtée par le résidu fidèle d’Ésaïe 26 : « Tu garderas dans une paix parfaite l’esprit qui s’appuie sur toi, car il se confie en toi ».
· Individuellement, nous goûtons la « paix de Dieu », par la prière (Philippiens 4:7) ; et si nous faisons les choses qui lui plaisent, « le Dieu de paix sera avec nous » (Philippiens 4:9).
· Collectivement, nous sommes exhortés à poursuivre la paix, avec la sainteté (Hébreux 12) ; de même en Marc 9:51 : « Ayez du sel en vous-mêmes, et soyez en paix entre vous ». La paix est le lien pratique par lequel l’unité de l’Esprit peut être maintenue entre les croyants (Éphésiens 4:3).
En Éphésiens 2, la pensée est très élevée : Christ est notre paix. Elle est fondée sur une personne en dehors des croyants, Christ lui-même ; elle est liée aux souffrances de Christ (« le châtiment de notre paix a été sur Lui » : Ésaïe 53) et à la valeur du sang de Christ versé.
De plus, la paix est établie entre les croyants Gentils et les croyants Juifs, le Saint Esprit les unissant ensemble en un seul homme nouveau, dans la sphère d’une nouvelle création. Les autres brebis qui n’étaient pas de la bergerie juive étaient amenées, elles aussi, pour qu’il y ait un seul troupeau, un seul berger (Jean 10:16).
Dans les dispensations antérieures, le peuple d’Israël avait joué un rôle considérable : « Un peuple merveilleux dès ce temps et au-delà » (Ésaïe 18:2), séparé de tous les autres peuples et dépositaire des oracles de Dieu. Après l’enlèvement de l’Église il reprendra sa place au centre du monde dans les voies et le gouvernement de Dieu. Mais maintenant, les Gentils étant approchés par le sang du Christ, le mur mitoyen de clôture (allusion au mur qui entourait le Temple et son parvis, dans lesquels aucun Gentil ne pouvait jamais pénétrer) était détruit moralement ; l’inimitié qui existait entre le Juif extérieurement près de Dieu et le Gentil idolâtre loin de Lui, était abolie par la croix de Christ, comme conséquence de Sa mort. En même temps, la loi des commandements qui séparait les Juifs des Gentils est aussi abolie. Les ordonnances qui s’y rattachaient avaient leur sphère d’action dans la chair ; au-delà de la mort de Christ, elles sont mises de côté et n’ont plus de prise sur le nouvel homme. Christ après avoir accompli la loi, s’est placé sous sa malédiction pour nous en délivrer. Christ « ayant effacé l’obligation qui était contre nous, laquelle consistait en ordonnances et qui nous était contraire, et il l’a ôtée en la clouant à la croix » (Colossiens 2:4) et « Christ nous a rachetés de la malédiction de la loi » (Galates 3:14).
Il demeure toutefois que « la loi donc est sainte, et le commandement est saint, et juste, et bon » (Romains 7:12). Ce que l’homme dans la chair ne pouvait accomplir, le nouvel homme peut en manifester maintenant les fruits dans la puissance de l’Esprit.
Il fallait sous la loi, aimer Dieu et son prochain, comme soi-même, car l’amour est la somme de la loi. Maintenant nous aimons Dieu car Lui-même nous a aimés le premier et que Son amour est versé dans nos cœurs, et nous devons laisser nos vies pour les frères.
23.3.1971
Retour sur une pensée au sujet de la loi : elle était si parfaite que personne n’a pu l’accomplir, sauf un seul, Christ. À la mort de Christ, elle est remontée jusqu’au trône de Dieu, qui l’avait donnée, et qui a été honoré de la manière la plus élevée par la mort du Juste.
Nous sommes maintenant délivrés de la loi, mais « pécherions-nous, parce que nous ne sommes pas sous la loi, mais sous la grâce ? » (Romains 6:15) — Qu’ainsi n’advienne ! Nous devons réaliser, comme l’apôtre, que n’étant pas nous-mêmes sous la loi, nous sommes justement soumis à Christ (1 Corinthiens 9:21).
Verset 17 : Christ lui-même est venu nous apporter la paix, aux Gentils et aux Juifs. Pierre dit à Corneille (en Actes 10) que Dieu avait « annoncé la bonne nouvelle de la paix par Jésus Christ ». Ici, c’est Christ lui-même et non pas l’Esprit qui apporte la paix, une paix accomplie devant Dieu.
Verset 18 : Puis c’est par Christ que nous avons, les uns et les autres, accès auprès du Père par un seul Esprit ; ce n’est pas au Jehovah de l’Ancien Testament, mais au Père : les rachetés de Christ sont les enfants de Dieu et constituent la famille du Père. Toute la Déité est présentée ici comme agissant pour nous bénir. Le Père agit par le Fil