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Étude biblique : 2 Corinthiens

 

Résumé-Notes d’études bibliques à Paris rédigé par Jean Muller.

Certaines parties de l’épître ne sont pas traitées (absence du rédacteur des notes)

 

 

Table des matières abrégée :

1     2 Corinthiens 1

2     2 Corinthiens 3

3     2 Corinthiens 4

4     2 Corinthiens 5

5     2 Corinthiens 6 à 7:1

6     2 Corinthiens 7:2-16

7     2 Corinthiens 8

8     2 Corinthiens 9

9     2 Corinthiens 10

10      2 Corinthiens 11

11      2 Corinthiens 12

12      2 Corinthiens 13

 

Table des matières détaillée :

1     2 Corinthiens 1

2     2 Corinthiens 3

2.1      2 Corinthiens 3:1-9

2.2      2 Corinthiens 3:10-18

3     2 Corinthiens 4

3.1      2 Corinthiens 4:1-4

3.2      2 Corinthiens 4:4-6

3.3      2 Corinthiens 4:7-11

3.4      2 Corinthiens 4:10-12

3.5      2 Corinthiens 4:13

3.6      2 Corinthiens 4:15-18

4     2 Corinthiens 5

4.1      2 Corinthiens 5:1-3

4.2      2 Corinthiens 5:4-9

4.3      2 Corinthiens 5:13

4.4      2 Corinthiens 5:14-16

4.5      2 Corinthiens 5:17

4.6      2 Corinthiens 5:18-19

4.7      2 Corinthiens 5:18-21

5     2 Corinthiens 6 à 7:1

5.1      2 Corinthiens 6:1-3

5.2      2 Corinthiens 6:4-6

5.3      2 Corinthiens 6:6 à 8

5.4      2 Corinthiens 6:8-10

5.5      2 Corinthiens 6:11-15

5.6      2 Corinthiens 6:16 à 7:1

6     2 Corinthiens 7:2-16

6.1      2 Corinthiens 7:2-7

6.2      2 Corinthiens 7:8-12

6.3      2 Corinthiens 7:12-16

7     2 Corinthiens 8

7.1      2 Corinthiens 8:1-9

7.2      2 Corinthiens 8:10-15

7.3      2 Corinthiens 8:16-24

8     2 Corinthiens 9

9     2 Corinthiens 10

9.1      2 Corinthiens 10:1-7

9.2      2 Corinthiens 10:3-9

9.3      2 Corinthiens 10:10-18

10      2 Corinthiens 11

10.1    2 Corinthiens 11:1-3

10.2    2 Corinthiens 11:4

10.3    2 Corinthiens 11:5-15

10.4    2 Corinthiens 11:16-23

10.5    2 Corinthiens 11:23-28

10.6    2 Corinthiens 11:28-32

11      2 Corinthiens 12

11.1    2 Corinthiens 12:1-6

11.2    2 Corinthiens 12:5-9

11.3    2 Corinthiens 12:7-10

11.4    2 Corinthiens 12:11-15

12      2 Corinthiens 13

12.1    2 Corinthiens 13:1-5

12.2    2 Corinthiens 13:5-8

 

 

 

 

 

 

1                    2 Corinthiens 1

25-02-1969

v. 1-2.

La deuxième épître a été écrite un an environ après la première — d’après le chapitre 9 —, lorsque l’apôtre Paul était en Macédoine. Il avait quitté la Troade où il travaillait pour l’évangile du Christ (2 Cor. 2:12), et était venu à la rencontre de Tite qui lui avait rapporté les nouvelles de l’heureux effet de la première épître sur l’état moral des Corinthiens. En même temps, l’apôtre était encore sous l’influence des consolations de Christ qu’il avait éprouvées lorsqu’il était dans la détresse en Asie et à Éphèse.

Les deux épîtres sont revêtues de l’autorité apostolique de Paul qui s’associe Sosthène dans la première et Timothée dans la deuxième.

Paul se présente comme :

·       apôtre dans les deux épîtres aux Corinthiens, dans les épîtres aux Galates, aux Éphésiens, aux Colossiens et dans les deux épîtres à Timothée,

·       esclave et apôtre dans les épîtres aux Romains et à Tite,

·       esclave seulement, dans l’épître aux Philippiens,

·       prisonnier de Jésus Christ dans l’épître à Philémon,

·        

·       dans les deux épîtres aux Thessaloniciens, l’apôtre se nomme sans aucune addition,

·       et enfin l’épître aux Hébreux ne comporte aucune salutation et ne porte pas le nom de son auteur.

 

L’apôtre s’adresse à tous les saints de l’Achaïe et à l’assemblée de Corinthe, capitale de cette contrée. Il leur souhaite la grâce et la paix (la miséricorde n’est ajoutée qu’à l’adresse des individus).

v. 3

L’apôtre se place immédiatement dans la sphère des consolations divines qu’il avait éprouvées en bénissant le Dieu et Père de notre Seigneur Jésus Christ, le Père des miséricordes et le Dieu de toute consolation.

L’expression : « Béni soit le Dieu et Père de notre Seigneur Jésus Christ » se rencontre trois fois dans les épîtres :

·       1 Pierre 1:3 : l’apôtre bénit Dieu pour la régénération et la réception de la vie divine. Le chrétien n’a rien dans le monde : il a l’espérance d’un salut futur.

·       Éphésiens 1:3 : le chrétien au contraire a tout en Christ dans le ciel.

·       2 Corinthiens 1:3 : enfin l’apôtre bénit Dieu pour les consolations dans son affliction, en tant qu’elles lui permettaient d’être le canal de la consolation et de la bénédiction pour les autres.

 

Les consolations éprouvées par l’apôtre étaient celles de Dieu (v. 4) et par le Christ (v. 5). Le Saint Esprit est aussi appelé le Consolateur en Jean 16:7 et les assemblées du début « croissaient par la consolation du Saint Esprit » (Actes 9:31).

« Or notre Seigneur Jésus Christ lui-même, et notre Dieu et Père, qui nous a aimés et nous a donné une consolation éternelle et une bonne espérance par grâce, veuille consoler vos cœurs » (2 Thess. 2:16, 17).

La consolation, qui comprenait l’encouragement, est aussi produite par l’exercice de la prophétie dans l’assemblée (1 Cor. 14:3).

 

Les souffrances que l’apôtre endurait étaient celles du Christ ; c’était Le connaître Lui et la communion de ses souffrances (Phil. 3:10), à la différence de l’apôtre Pierre qui était « témoin des souffrances de Christ » (1 Pierre 5:1).

L’apôtre accomplissait dans la chair « ce qui reste encore à souffrir des afflictions du Christ pour son corps qui est l’assemblée » (Col. 1:24).

Les Corinthiens enduraient les mêmes souffrances, ils y avaient part (v. 6 et 7), de même qu’à la consolation. Ces souffrances montraient la réalité du christianisme des Corinthiens en dépit de leurs fautes ; l’apôtre était assuré que le mal serait jugé et que les Corinthiens jouiraient des consolations de Christ.

 

2                    2 Corinthiens 3

2.1   2 Corinthiens 3:1-9

08-04-1969

L’apôtre n’avait pas frelaté la Parole de Dieu, comme certains docteurs judaïsants qui voulaient mêler la loi à l’évangile, et se recommandaient eux-mêmes.

Les Corinthiens, convertis par le moyen de l’apôtre, étaient la preuve vivante de son ministère et de sa doctrine ; maintenant que leur obéissance à la Parole de Dieu avait été manifestée, ils étaient la lettre de Christ, un témoignage public et bien connu.

Le début du chapitre présente donc l’usage et l’importance de la lettre de recommandation pour un croyant se rendant d’une assemblée de Dieu dans une autre, témoignage écrit signé par deux ou trois témoins (Deut. 19:15 et Jér. 32:10).

La lettre de Christ était écrite, par le moyen du ministère de l’apôtre qui était celui de la nouvelle alliance, sur les tables de chair du cœur des Corinthiens, en contraste avec le ministère de l’ancienne alliance qui avait donné lieu à des tables de pierre écrites du doigt de Dieu. Plus tard, la loi de Dieu sera écrite dans le cœur du résidu d’Israël lorsque la nouvelle alliance, celle de la grâce, aura remplacé l’ancienne, celle de la loi, selon la promesse de Jér. 31:31-34.

Paul ne se permettait pas de penser quelque chose par lui-même, mais il avait confiance par Christ envers Dieu, quant à son ministère, qu’il l’exerçait dans la puissance de l’Esprit.

Ce ministère de l’apôtre est présenté en contraste avec celui de la loi dans le chapitre 3, et en rapport avec les propres souffrances de l’apôtre et en rapport avec le vase dans le chapitre 4. La parenthèse des v. 7 à 16 développe ce contraste en prenant le touchant exemple de Moïse et en parlant du peuple Juif jusqu’à la fin. La fin du v. 6 « l’Esprit vivifie » se rattache à Christ (« le Seigneur est l’esprit », v. 17).

On remarque en passant que Dieu a conclu plusieurs alliances avec l’homme :

1)     en Éden, avec Adam innocent, mentionnée en Osée 6 et Romains 5,

2)     avec Noé et les hommes du monde actuel (Gen. 9),

3)     avec Abraham, une alliance de promesse, assurée par l’œuvre de Christ,

4)     l’alliance du Sinaï basée sur l’obéissance, ayant un caractère médiatorial après le veau d’or,

5)     enfin la nouvelle alliance, fondée sur le sang de Christ.

 

Ces deux dernières sont considérées ici. L’alliance de Sinaï était un ministère de mort et de condamnation (v. 7 et 9), et la lettre tue (v. 6). La nouvelle alliance est un ministère de l’Esprit, qui vivifie (v. 6), c’est aussi un ministère de justice (v. 9). Le contraste est ainsi établi entre la lettre et l’Esprit — la mort et la vie — la condamnation et la justice.

Dans le paragraphe des v. 7 à 16, l’apôtre parle de la deuxième descente de Moïse de la montagne de Sinaï. La première fois, la peau du visage de Moïse ne rayonnait pas, et il brisa les tables de la loi en voyant le veau et les danses (Ex. 32:19). La deuxième fois, Dieu fit passer toute sa bonté devant Moïse, et son visage, à son insu, reflétait quelque chose de la gloire de Dieu. Mais Moïse, auparavant, était monté pour faire propitiation pour le peuple (Ex. 32:30), faible mais précieuse image de Christ, médiateur, qui a fait propitiation, puis est monté dans le ciel même, ayant obtenu une rédemption éternelle.

 

2.2   2 Corinthiens 3:10-18

15-04-1969

Le paragraphe des v. 7 à 16 établit un parallèle et un contraste entre deux ministères :

·       celui de l’ancienne alliance, la loi qui était un ministère de la lettre, de mort et de condamnation,

·       celui de la nouvelle alliance, la grâce qui est le ministère de l’Esprit, de vie et de justice.

 

Tous deux ont été introduits avec gloire :

·       le premier, une gloire partielle qui doit prendre fin, comme ce ministère lui-même,

·       le deuxième, une gloire plus excellente qui l’emporte de beaucoup sur la première : ce qui demeure — c’est-à-dire l’objet de l’évangile qui est Christ, annoncé par le ministère de l’apôtre — ce qui subsiste en gloire.

 

Moïse, sur la montagne de Sinaï, avait demandé à Dieu de voir Sa gloire. Dieu avait répondu en faisant passer toute Sa bonté devant sa face, car l’homme ne pouvait voir Dieu et vivre (Ex. 33:19-23), bien que devant la tente d’assignation il ait été dit que « l’Éternel parlait à Moïse face à face, comme un homme parle avec son ami » (Ex. 33:11).

Lorsque Jésus est venu sur la terre, Sa gloire — comme d’un Fils unique de la part du Père — a été vue des Siens. « La grâce et la vérité vinrent par Jésus Christ » (Jean 1:17).

Et c’est sur le pied de la grâce que les disciples, entrant dans la nuée sur la sainte montagne, ont pu voir Christ recevoir « de Dieu le Père honneur et gloire, lorsqu’une telle voix lui fut adressée par la gloire magnifique » (2 Pierre 1:17), et Moïse était là témoin de la gloire du royaume de Christ.

Mais la gloire du Seigneur n’est pleinement révélée que dans un Sauveur glorifié, l’homme Christ Jésus, assis dans le ciel, que les siens peuvent contempler par la foi.

La part du peuple d’Israël était tout autre : Moïse mettait un voile sur son visage afin que les fils d’Israël ne voient pas la gloire qui devait être cachée à ceux qui étaient sous la loi. Ce même voile demeure sur le cœur du peuple Juif d’aujourd’hui. C’est un endurcissement gouvernemental, à cause de la désobéissance du peuple décrite en Ésaïe 6:10 et rappelée par le Seigneur en Matthieu 13 : « Engraisse le cœur de ce peuple… bouche ses yeux », mais c’est « un endurcissement partiel » qualifié de mystère en Romains 11:25, qui prendra fin en Christ, lorsque le résidu repentant de la fin reconnaîtra son Messie, et « ils regarderont vers moi, celui qu’ils auront percé » (Zach. 12:10). C’est alors que s’accomplira la prophétie d’Ésaïe 29:18 : « Et en ce jour là les sourds entendront les paroles du livre, et les yeux des aveugles, délivrés de l’obscurité et des ténèbres verront ».

Le siècle de la loi — à la consommation du siècle — fera place ainsi à celui de la grâce (le siècle à venir ou millénium) pour le peuple terrestre de Dieu.

La part présente des chrétiens, est au contraire d’user d’une grande liberté. Leur ministère est celui de l’Esprit qui vivifie, et le Seigneur est l’Esprit. Leur ministère est aussi celui de la justice, une justice justifiante, la justice de Dieu « révélée sur le principe de la foi pour la foi » (Rom. 1:17), par laquelle règne la grâce. Par opposition aux fils d’Israël placés sous l’esclavage de la loi — comme les enfants de Agar, esclave d’Abraham — les chrétiens sont maintenant libres, enfants de la femme libre (Gal. 4:31), placés par Christ dans la liberté en étant affranchis. C’est dans cette glorieuse liberté des enfants de Dieu que nous pouvons contempler à face découverte la gloire du Seigneur. La contemplation de Jésus dans la gloire opère une transformation pratique progressive en la même image que Christ lui-même, par la puissance de l’Esprit qui nous permet de réaliser les choses excellentes et d’en jouir : c’est ainsi que se réalise le progrès dans la vie chrétienne : les saints individuellement et l’assemblée deviennent davantage comme la lettre de Christ.

 

3                    2 Corinthiens 4

3.1   2 Corinthiens 4:1-4

22-04-1969

Dans le chapitre 3, l’apôtre avait présenté son ministère, celui de la nouvelle alliance, en contraste avec celui de la loi pour le peuple Juif. Ce ministère (ou : service) est maintenant présenté en relation avec les nations (« toute conscience d’homme devant Dieu »), mais aussi relativement aux propres souffrances de l’apôtre et au vase qui contenait le trésor que Dieu lui avait confié.

Au reste, le ministère ou service chrétien forme un des grands sujets de l’épître, présenté dans le chapitre 4 en rapport avec l’apôtre.

Paul était un objet de la miséricorde divine — « miséricorde m’a été faite » (1 Tim. 1:12) — et le Seigneur l’ayant estimé fidèle, l’avait établi dans le service, et lui avait confié « l’évangile de la gloire du Dieu bienheureux ». Il désirait user de hardiesse en Lui, comme il devait parler (Éph. 6:20), et il ne se lassait pas.

Sa marche était dans la lumière, il renonçait aux choses honteuses faites en secret (la corruption du monde, mais surtout les intrigues, les calculs et les ruses qui caractérisaient les faux docteurs judaïsants occupés à un travail clandestin).

L’apôtre présentait ainsi la doctrine dans toute sa pureté, et ne cachait rien de la gloire de Dieu manifestée dans la face de Christ. Il manifestait ainsi la vérité, à l’image du Seigneur Jésus : qui était Lui-même la vérité (Jean 14:6), qui l’apportait dans le monde, (car la grâce et la vérité vinrent par Jésus Christ, Jean 1:17), et qui avait fait à la fin de Sa vie la belle confession devant Ponce Pilate : « Moi, je suis né pour ceci, et c’est pour ceci que je suis venu dans le monde, afin de rendre témoignage à la vérité » (Jean 18:37).

La manifestation de la vérité dans le ministère de l’apôtre le recommandait lui-même à toute conscience d’homme devant Dieu. C’est la réponse à la question du début du chapitre 3 : « Commençons-nous de nouveau à nous recommander nous-mêmes ? » D’autres choses aussi recommandaient l’apôtre comme serviteur de Dieu : la grande patience, les tribulations… toute cette liste d’exercices moraux, d’épreuves et d’états d’âme donnée au chapitre 6.

À la différence de Moïse qui voilait sa face devant les fils d’Israël, l’apôtre ne voilait rien de l’évangile de la gloire du Christ devant les nations : « des nations vers lesquelles moi je t’envoie pour ouvrir leurs yeux, pour qu’ils se tournent des ténèbres à la lumière, et du pouvoir de Satan à Dieu » (Actes 26:17). Mais Satan, le dieu de ce siècle, appelé ailleurs chef du monde (Jean 14:30) aveugle les pensées des incrédules : l’évangile est voilé pour eux et ne resplendit pas pour eux. La bonne odeur de Christ pour Dieu que l’apôtre apportait, était pour ceux qui périssent, une odeur de mort pour la mort (2 Cor. 2:16). Satan peut aussi aveugler les chrétiens s’ils ne sont pas vigilants, et, s’il ne peut rien contre le salut de leurs âmes, il cherche ainsi à leur faire perdre le salut de la course.

L’évangile est présenté ici comme celui de la gloire de Christ qui resplendit comme la lumière. Jésus ici-bas était la lumière du monde (Jean 8:12 et 9:5), et Christ dans la gloire est la source de la lumière : la gloire de Dieu illumine la cité céleste d’Apocalypse 21, et l’Agneau est sa lampe. Il est pour les Siens maintenant l’étoile brillante du matin, avant d’être le soleil de justice pour le monde.

 

3.2   2 Corinthiens 4:4-6

29-04-1969

L’évangile de la grâce est appelé ici l’évangile de la gloire du Christ qui est l’image de Dieu. Il s’agit de la période de la grâce et de la dispensation chrétienne, plutôt que de l’évangile éternel mentionné en Apocalypse 14:6. Ce dernier est appelé éternel en contraste avec d’autres bonnes nouvelles d’ordre temporaire, telles que certaines promesses faites aux Juifs. L’évangile éternel touche à la pleine réalisation des promesses divines dans le Fils de l’homme par la rédemption, en rapport avec le royaume. Christ, semence de la femme, selon la promesse de Genèse 3:15, brisera la tête du serpent en établissant Son royaume, prenant en main son grand pouvoir et agissant comme roi : l’évangile de la grâce annonce, en contraste, la mort et la résurrection de Christ : un Christ qui est l’image de Dieu.

Adam a été créé par Dieu, à son image, et à sa ressemblance (Gen. 1:26). L’homme, dans la première création, est ainsi l’image et la gloire de Dieu (1 Cor. 11:7).

Christ est l’image de Dieu (2 Cor. 4:4), l’image du Dieu invisible (Col. 1:15). Il n’est pas l’image du Père, mais Il révèle le Père et conduit au Père : « Celui qui m’a vu, a vu le Père » (Jean 14:9).

Dans la nouvelle création, les croyants seront « conformes à l’image de son Fils » (Rom. 8:29), et « le nouvel homme… est renouvelé en connaissance, selon l’image de celui qui l’a créé » (Col. 3:10).

Nous ne connaissons Dieu qu’en Christ, non par une analyse ou un effort de notre esprit mais par une opération divine.

L’apôtre avait vu la gloire du Christ sur le chemin de Damas et la lumière avait resplendi du fond des ténèbres de son âme. Il rendait témoignage de ce qu’il avait reçu, mais ce témoignage était intercepté, pour plusieurs, par Satan, le dieu de ce siècle : ainsi l’évangile était, et demeure encore voilé, pour ceux qui périssent.

Dans le ministère qu’il accomplissait, l’apôtre ne se présentait pas comme un docteur ou comme se prêchant lui-même. Il prêchait la seigneurie de Christ et se présentait comme l’esclave des Corinthiens et de ceux à qui il s’adressait, pour l’amour de Jésus ; le serviteur s’effaçait devant le maître, comme Jean le Baptiseur.

Le v. 6 nous rappelle les gloires de Dieu dans la création, et celles plus grandes dans la rédemption.

Dieu a appelé la lumière dans la création par une seule parole : « Que la lumière soit. Et la lumière fut » (Gen. 1:3). Par la rédemption, le travail de Dieu en grâce souveraine fait luire la lumière dans un cœur plein de ténèbres. Mais pour que cette opération intérieure puisse maintenant se réaliser dans les croyants, il a fallu l’œuvre de Christ et son sang versé.

Dieu fait luire ainsi la connaissance de sa gloire dans la face de Christ. L’évangile ne se borne donc pas à l’œuvre de la croix. — Satan essaie même d’arrêter les âmes avant la croix et tout est perdu. — Il conduit le croyant à contempler un Christ glorifié, resplendissant de la gloire de Dieu ; et cette gloire est constituée de l’ensemble de toutes les perfections divines.

La révélation de la gloire de Dieu en Christ est néanmoins déposée dans des vases de terre ; le paragraphe des v. 7 à 18 nous montre, comment, en prenant l’exemple de l’apôtre, la puissance était celle de Dieu et non pas celle du vase. En même temps, un état moral intérieur en rapport avec la lumière divine était constamment produit ; il ne peut y avoir aucune communion entre la lumière et les ténèbres (2 Cor. 6:14) ; et l’homme naturel, qui depuis Adam cherche à s’élever et à se glorifier lui-même disparaît. Dieu nous donne un objet dans lequel Il se manifeste lui-même, et c’est en Christ que nous est présentée la nature que nous avons à imiter, au milieu des circonstances que nous traversons.

 

3.3   2 Corinthiens 4:7-11

06-05-1969

L’apôtre avait reçu le ministère de la nouvelle alliance, dont il développe les caractères en opposition à celui de l’ancienne au chapitre 3, et en rapport avec les nations au chapitre 4. Il en vient maintenant à parler de lui-même, non pas pour se glorifier, mais pour présenter ce vase préparé et gardé par Dieu pour y déposer le trésor de la révélation de la gloire de Dieu en Christ.

Dans les v. 7 à 9 nous avons les circonstances personnelles de l’apôtre, au v. 10 la réalisation morale dans le cœur de l’apôtre, par la foi, du principe divin que la puissance du ministère n’était pas de l’homme, faible instrument — et c’est une leçon que tous les chrétiens ont à apprendre toute leur vie. Enfin au v. 11 c’est l’opération divine dans l’apôtre pour concourir au même but.

On trouve donc à la fois la possession du trésor dans le vase, et l’effet du trésor sur le vase.

Le serviteur était comparé à un vase de terre — d’argile : non seulement un vase qui est dans la main du potier (comme autrefois Israël était dans la main de l’Éternel en Jérémie 18), mais aussi un vase que Dieu brisait pour manifester Sa puissance, à l’image de Gédéon et de ses compagnons qui devaient briser leurs cruches vides pour manifester la lumière des torches qu’elles contenaient (Juges 7:16). Moïse aussi a été formé à cette école pendant 40 ans au désert de Madian.

La faiblesse du vase était évidente :

·       dans la tribulation de toute manière,

·       dans la perplexité (donc sans moyen de sortir de la tribulation),

·       persécuté,

·       abattu.

Mais néanmoins l’homme :

·       n’était pas réduit à l’étroit, car Dieu était avec lui,

·       n’était pas sans ressources, car Dieu était son secours dans les détresses,

·       il n’était pas abandonné, car le Père était avec lui,

·       et n’était pas détruit non plus, car Dieu le gardait.

 

Dieu est tout. La Parole est de Dieu, comme le trésor et la puissance.

Mais si Paul avait été brisé sur le chemin de Damas, il contribuait lui-même maintenant au maintien de ce brisement, en portant toujours partout dans le corps la mort ou le mourir de Jésus. La mort de Jésus, c’est le caractère moral de Christ s’offrant lui-même à Dieu en obéissance parfaite. Pour l’apôtre c’était la réalisation pratique, dans l’homme intérieur, de la vérité présentée de manière absolue en Col. 3:3 : « Vous êtes morts, et votre vie est cachée avec le Christ en Dieu » et de l’appel à la responsabilité de tous les chrétiens : « tenez-vous vous-mêmes pour morts au péché, mais pour vivants à Dieu dans le Christ Jésus » (Rom. 6:11).

En même temps, Dieu lui-même lui faisait réaliser ces choses par les circonstances : « toujours livrés à la mort pour l’amour de Jésus » (2 Cor. 4:11), « je meurs chaque jour » (1 Cor. 15:31) — c'est-à-dire ce qui était de l’homme, et de sa vie naturelle, disparaissait pour que la vie de Christ se déploie en lui. L’apôtre était rendu conforme à la mort de Christ (Phil. 3:10), avant que le Seigneur transforme « le corps de notre abaissement en la conformité du corps de sa gloire » (Phil. 3:21).

L’apôtre était un serviteur en vue, possédant beaucoup de dons, peut-être tous, auquel un service incomparable avait été confié, et Dieu veillait sur son cher serviteur pour qu’il ne soit pas emporté, notamment par l’orgueil (cf. 2 Cor. 12) ; appelé par Dieu, il était aussi gardé par Dieu et par Sa grâce.

 

3.4   2 Corinthiens 4:10-12

13-05-1969

Nous sommes revenus sur les v. 10 et 11 si importants : « portant toujours partout dans le corps la mort de Jésus, afin que la vie aussi de Jésus soit manifestée dans notre corps ».

L’apôtre donne l’exemple — en rapport ici plutôt avec son ministère, mais valable pour notre vie à tous — de la mortification de nos membres qui sont sur la terre, par la grâce et dans la conscience de cette grâce. Des moines sincères ont bien essayé de réaliser par la chair cette mortification de la chair ; le résultat n’en est qu’une profonde misère spirituelle, car pour mortifier il faut la vie et réaliser qu’on est mort avec et en Celui qui est mort pour nous.

C’est à Guilgal — le lieu de la mortification de notre propre chair — qu’on goûte la communion avec la mort de Jésus. En même temps, on ne reste pas dans le Jourdain — le fleuve de la mort — mais on se tient dans le pays pour que l’âme se nourrisse d’un Christ céleste et que Sa vie soit manifestée dans notre corps : c’est alors qu’on réalise la vie des saints sur la terre. Mais c’est là aussi que se trouve le secret de la force : aussi l’apôtre pouvait-il dire : « Je puis toutes choses en celui qui me fortifie » (Phil. 4:13).

Si l’apôtre connaissait cette mort vis-à-vis de l’homme intérieur (« portant toujours partout dans le corps la mort de Jésus »), il la connaissait aussi quant aux circonstances extérieures (« toujours livrés à la mort pour l’amour de Jésus ») et Dieu permettait de telles circonstances. C’était la communion des souffrances de Christ, qui le rendait conforme à Sa mort (Phil. 3:10, 11). Il encourageait Timothée à faire de même et à prendre « sa part des souffrances » et d’« endurer les souffrances » (2 Tim. 2:3 et 4:5). Nos circonstances sont en apparence plus faciles. Mais la couronne de vie est promise non seulement à ceux qui sont fidèles jusqu’à la mort (Smyrne, Apocalypse 2:10), mais aussi à ceux qui le sont dans leur vie chrétienne (Jacques 1:12) et qui sont fidèles dans l’épreuve.

L’apôtre traversait toutes ces choses pour les Corinthiens, « la mort opère en nous, mais la vie en vous » (v. 12). Son ministère était béni parce qu’il réalisait la mort pour lui-même et il endurait toutes choses — des souffrances jusqu’à être lié de chaînes comme un malfaiteur — pour l’amour des élus (2 Tim. 2:10).

Dans une mesure infiniment plus élevée encore, la mort de Jésus a opéré la vie dans les siens. Le grain de blé devait tomber en terre et y mourir pour porter beaucoup de fruit. Toutefois, dans cet état, il est resté seul, car seul il pouvait souffrir pour le péché.

Paul était moralement semblable à Christ dans ses souffrances pour la justice, et la grâce de Christ passait par le cœur de Paul pour atteindre le cœur des autres, en dépit de la faiblesse manifeste du vase. L’esprit de foi qui était en Paul lui permettait de se servir des paroles de l’Esprit de Christ dans les Psaumes : « j’ai cru, c’est pourquoi j’ai parlé » (Ps. 116:10) ; alors il parlait de Christ, pour apporter Christ, seule réponse à tous les besoins de l’âme.

 

3.5   2 Corinthiens 4:13

20-05-1969

L’Esprit de foi qui était en Paul lui permettait de se servir des paroles de l’Esprit de Christ dans les Psaumes : « J’ai cru, c’est pourquoi j’ai parlé ». L’apôtre croyait : « Je sais qui j’ai cru (c’est-à-dire Christ) » (2 Tim. 1:12), aussi n’avait-il pas de honte et il parlait de Christ.

Pierre et Jean, devant les Juifs de Jérusalem, « ne pouvaient pas ne pas parler des choses qu’ils avaient vues et entendues » (Actes 4:20).

Étienne, le premier martyr chrétien, a parlé devant ceux qui allaient le mettre à mort, à l’image du Seigneur Jésus, — le témoin fidèle et véritable (Apocalypse 1:5 et 3:14) — qui a fait la belle confession en rendant témoignage à la vérité.

Paul était « un vase d’élection pour porter le nom du Seigneur devant les nations, et les rois et les fils d’Israël » (Actes 9:15) ; et le message du Seigneur à Paul par Ananias, rapporté enActes 22:14, 15, à l’occasion du discours de Paul aux Juifs de Jérusalem était : « Le Dieu de nos pères t’a choisi d’avance pour connaître sa volonté, et pour voir le Juste, et entendre une voix de sa bouche ; car tu lui seras témoin, auprès de tous les hommes, des choses que tu as vues et entendues ».

L’apôtre a rempli cette mission avec beaucoup de fidélité, bien qu’au travers de grandes souffrances. Il parlait de l’abondance du cœur, étreint par l’amour du Christ, sa vie et sa marche étant à la hauteur de ce qu’il disait.

L’enseignement de notre Dieu Sauveur était ainsi orné en toutes choses (Tite 2:10) par l’apôtre.

Dieu avait permis que l’apôtre soit délié de tous les liens ordinaires de la vie : loin de faire de lui-même son propre centre dans une telle solitude, il s’oubliait lui-même pour ne penser qu’aux autres. Paul sentait tout et même lorsque son cœur était blessé, il ne manifestait ni amertume ni esprit de vengeance ; à tous égards, il servait les saints, pour eux-mêmes et non pas pour lui. Quel était son secret ?: il tirait sa force de Christ, sa foi était trempée dans la connaissance personnelle de Lui, et il parlait de Quelqu’un qu’il avait appris à connaître comme Libérateur et comme Sauveur : c’est encore de nos jours le secret de tout ministère et de toute vie chrétienne bénie.

Nos devanciers ont imité l’apôtre dans une mesure précieuse. Le Seigneur a fait Son travail avec des serviteurs sans ressource, mais remplis de l’Esprit. Le témoignage philadelphien n’a pas recouvré la puissance extérieure du début, mais a été caractérisé néanmoins par une grande puissance intérieure morale.

L’apôtre parle ensuite de la résurrection. « Celui qui a ressuscité le seigneur Jésus, nous ressuscitera aussi avec Jésus, et nous présentera avec vous » (v. 14). C’est la confiance et la foi au-delà de la mort qui donne de la fermeté aux témoins de Dieu. Nous sommes liés à un Christ vainqueur de la mort, ressuscité par la gloire du Père, et nous avons la promesse de la résurrection — une meilleure résurrection pour les saints de l’Ancien Testament selon Hébreux 11 — C’est pourquoi, l’apôtre, pour le temps présent, ne se lassait point.

 

3.6   2 Corinthiens 4:15-18

27-05-1969

Toutes choses étaient pour les Corinthiens, comme elles étaient toutes à eux (monde, vie, mort, choses présentes et choses à venir) (1 Corinthiens 3:22, 23).

L’apôtre était prêt à affronter la mort même pour communiquer la vérité aux Corinthiens. La grâce, par le canal du ministère de l’apôtre, produisait en eux des actions de grâce ; de même au premier chapitre, le don de grâce accordé au serviteur en réponse aux supplications des Corinthiens, produisait des actions de grâce chez plusieurs d’entre eux. Ces actions de grâce étaient à la gloire de Dieu. L’évangile de la gloire du Christ ou du Dieu bienheureux produit à la fin des résultats à la gloire de Dieu. C’est l’effet de tout service fidèle, qui s’applique à chercher, non la gloire l’un de l’autre, mais la gloire qui vient de Dieu seul (Jean 5:44).

C’est pourquoi l’apôtre ne se lassait point, son homme extérieur dépérissait : c’était son corps naturel qui supportait une grande affliction, quoique passagère. Toutefois son homme intérieur était renouvelé de jour en jour : c’était le nouvel homme, c’est-à-dire Christ lui-même dans l’apôtre, qui était ainsi « renouvelé en connaissance, selon l’image de celui qui l’a créé » (Col. 3:10).

La promesse d’Ésaïe 40:31 s’accomplissait ainsi : « ceux qui s’attendent à l’Éternel renouvelleront leur force », de même qu’autrefois Moïse et Caleb à travers le désert renouvelaient leurs forces, et David dans le désert de Juda réalisait que son âme était « rassasiée comme de moelle et de graisse » (Ps. 63:5) ; la nouvelle nature trouve alors ses propres délices en Dieu.

Moïse « tint ferme, comme voyant celui qui est invisible » (Héb. 11:27). L’apôtre qui avait vu Christ dans la gloire, fixait les yeux sur Jésus et les choses qui ne se voient pas. D’autres passages nous décrivent les afflictions et les tribulations qu’il traversait : « Nous avions en nous-mêmes, la sentence de mort » (2 Cor. 1:9), « dans les travaux surabondamment, sous les coups excessivement, dans les prisons surabondamment, dans les morts souvent… dans les périls… dans la faim, et la soif, dans les jeûnes souvent, dans le froid et la nudité » (2 Cor. 11:23-27). L’apôtre apprenait ainsi à réaliser la communion des souffrances du Christ, ne s’attendrissant pas sur son propre sort. Ces « choses exceptionnelles » n’étaient pour lui qu’une légère tribulation d’un moment, par opposition au poids éternel de gloire qui était opéré en mesure surabondante pour lui. On remarquera le contraste entre les expressions employées par la Parole : légère et poids, tribulation et gloire, d’un moment et éternel.

Dans la gloire, il y aura plein accord entre la condition extérieure et l’état intérieur des croyants. Maintenant la puissance et la gloire de Dieu se déploient dans le néant de l’homme. L’apôtre montre l’exemple de quelqu’un qui fixait les yeux sur les choses invisibles bien que réelles, alors que les choses visibles ne sont que l’apparence (« Certainement l’homme se promène parmi ce qui n’a que l’apparence », Ps. 39:6) et appartiennent à un monde dont la figure passe.

Pour cela il faut la foi — y joindre la vertu —, que les yeux de notre cœur soient éclairés (Éph. 1:18), et il faut être fortifiés en puissance par son Esprit, quant à l’homme intérieur (Éph. 3:16).

Le but est de tendre vers l’état des pères, de ceux qui connaissent Celui qui est dès le commencement.

 

4                    2 Corinthiens 5

4.1   2 Corinthiens 5:1-3

03-06-1969

Les chapitres précédents ont présenté le sujet du ministère et du vase préparé pour celui-ci, et se terminent par le poids éternel de gloire, opéré en mesure surabondante pour l’apôtre.

Le chapitre 5 présente le dessein de Dieu quant au serviteur, et la gloire de Dieu par nous, vérités liées à notre responsabilité : le tribunal de Christ est donc introduit, puis l’amour du Christ qui étreignait l’apôtre. Le fondement de ces choses, c’est l’évangile de la mort de Christ, plus que celui de la gloire du Christ ou du Dieu bienheureux, bien que tous deux soient l’évangile de la grâce, basé sur les deux faits essentiels de l’incarnation et de la mort de Christ.

Les expressions rencontrées au début de ce chapitre : la maison terrestre, la tente, un édifice, une maison, un domicile sont toutes relatives au corps.

La maison terrestre peut être détruite pour un croyant : c’est le corps qui retourne à la poussière, selon les lois du gouvernement de Dieu suite à l’entrée du péché dans le monde ; mais pour le croyant ce qui est de beaucoup meilleur, c’est déloger et être avec Christ.

La mort n’est pas notre espérance ; celle-ci est plutôt la possession effective de la vie dans un corps glorifié semblable à Christ dans le ciel.

Ce domicile de la part de Dieu est non seulement le corps individuel glorifié du croyant, mais l’ensemble de la nouvelle condition de la création de Dieu dont Christ est le commencement.

Paul, par la grâce, attendait le retour du Seigneur, et en même temps il envisageait la mort (qu’il voyait de près dans ses circonstances) comme lui permettant d’être avec Christ. Dans la tente il n’était pas chez lui, son home c’était le ciel, un domicile qu’il désirait avec ardeur avoir revêtu.

Aux Romains il pouvait dire : « nous soupirons en nous-mêmes, attendant l’adoption, la délivrance de notre corps » (Rom. 8:23) ; ce n’était pas par insatisfaction ou par manque de certitude dans son acceptation devant Dieu qu’il soupirait, mais c’était en pensant au ciel, qui était près de lui, et à Christ qui y habitait, car pour Paul, le corps était une entrave et la nature humaine terrestre, un fardeau.

Dans une moindre mesure, et dans le cadre des dispensations précédentes, plusieurs saints de l’Ancien Testament avaient fait de semblables expériences au milieu de leurs épreuves : Job pouvait dire : « Je verrai Dieu, moi, pour moi-même » (Job 19:27) ; le Psalmiste au Psaume 84:2, « Mon âme désire, et même elle languit après les parvis de l’Éternel ».

Paul désirait donc avoir revêtu son domicile qui est du ciel, mais c’est du côté de la conscience que le sujet est présenté ici à notre attention ; aussi ajoute-t-il : « si toutefois, même en étant vêtus, nous ne sommes pas trouvés nus ». Ce passage s’applique essentiellement aux chrétiens, mais sa portée s’étend aussi à tous les hommes, comme du reste la manifestation devant le tribunal de Christ (v. 10). La nudité, c’est la condition d’Adam pécheur, avant que Dieu le revête de vêtements de peau. Devant le grand trône blanc, tous seront nus, quoique dans leur corps (c’est la résurrection des injustes) ; ils ne sont pas revêtus de Christ, et pour eux ce qui est mortel n’est pas absorbé par la vie, c’est au contraire la seconde mort.

Un chrétien pourra, s’il a négligé la grâce et le témoignage de l’Esprit, ne pas avoir porté les fruits qu’il aurait du produire. Son œuvre sur la terre sera détruite par le feu, et il sera lui-même sauvé comme à travers le feu.

Car la grâce d’une part, et la responsabilité et le gouvernement d’autre part, restent toujours distincts au point de vue des conseils de Dieu ; nous sommes sauvés par la grâce, mais du point de vue de son gouvernement, le salut de notre course est une conséquence de la marche.

 

4.2   2 Corinthiens 5:4-9

10-06-1969

L’apôtre était chargé et gémissait dans cette enveloppe passagère qu’était son corps. Il ne désirait pas être dépouillé, mais plutôt être revêtu afin que ce qui était mortel en lui fût absorbé par la vie. C’est en un Christ glorifié (que Paul contemplait par la foi) qu’était cette puissance de vie qui pouvait opérer cela pour l’apôtre, sans même qu’il fût nécessaire de passer par la mort.

Dieu formait l’apôtre, et les chrétiens aussi, à cela même, car « nous sommes son ouvrage » (Éph. 2:10) ; et pour que nous puissions jouir de cette espérance avant d’être effectivement glorifiés, Dieu nous a donné les arrhes de l’Esprit.

Tout vrai croyant, ayant cru à l’évangile, est scellé du Saint Esprit de la promesse, qui est les arrhes de notre héritage (Éph. 1:13). C’est aussi l’Esprit de Celui qui a ressuscité Jésus d’entre les morts : Dieu a ressuscité Christ ; et si Son Esprit demeure en nous, Il ressuscitera nos corps mortels aussi : c’est la délivrance finale.

L’Esprit qui nous fait savoir que nous sommes enfants et héritiers de la gloire, nous fait aussi comprendre la misère de la première création déchue, à laquelle nos corps nous lient encore. Aussi, comme Paul, nous sommes formés à attendre la délivrance, la rédemption de notre corps (Rom. 8:11 et 23).

L’effet de ces choses, c’est de nous remplir de confiance dans cette alternative présentée devant les chrétiens :

1)                  Être présents dans le corps et absents du Seigneur : c’est notre vie ici-bas où nous sommes appelés à marcher par la foi, non par la vue, dans les choses excellentes qui ne se voient pas.

2)                  Être absents du corps, mais présents avec le Seigneur : c’est l’état de l’âme séparée du corps, une chose que l’apôtre préférait pour lui-même, car pour lui « déloger, et être avec Christ cela était de beaucoup meilleur » (Phil. 1:23).

 

L’apôtre était pressé des deux côtés et ne savait pas ce qu’il devait choisir (Phil. 1:22), mais il s’appliquait toujours à être agréable au Seigneur : c’est un état qui résume de manière très belle la vie chrétienne : nous appliquer avec ardeur à lui être agréable — soit que nous soyons trouvés absents de notre corps, — soit que nous soyons présents dans ce corps, lorsque Jésus viendra pour nous prendre à Lui (v. 9).

On remarque que le v. 8, « absents du corps, présents avec le Seigneur », est l’un des 4 passages de l’Écriture qui parlent de l’état de l’âme des croyants après la mort, dans cet état intermédiaire qui sépare le délogement des saints et le retour du Seigneur qui leur donnera des corps glorifiés. Ce n’est donc pas la gloire, mais la bénédiction d’être avec Christ lui-même, la source d’une joie ineffable. Ces 4 passages sont :

·       Luc 23:43 : la promesse du Seigneur au brigand : « aujourd’hui tu seras avec moi dans le paradis ».

·       Actes 7:59 : Étienne priant : « Seigneur Jésus, reçois mon esprit ».

·       Philippiens 1:23 : « déloger et d’être avec Christ, car cela est de beaucoup meilleur ».

·       2 Corinthiens 5:8 : « absents du corps et être présents avec le Seigneur ».

 

D’autres passages établissent en outre l’immortalité de l’âme pour les hommes :

·       Luc 20:38 : « Or il n’est pas le Dieu des morts, mais des vivants ; car pour lui tous vivent ».

·       Luc 16 : la parabole de Lazare et du riche : Lazare, après sa mort, « est porté par les anges dans le sein d’Abraham », le riche est, en hadès et dans les tourments.

 

4.3   2 Corinthiens 5:13

09-09-1969

« Si nous sommes hors de nous-mêmes, c’est pour Dieu ; si nous sommes de sens rassis, c’est pour vous ».

L’apôtre en révélant des vérités divines, présente en même temps leurs effets pratiques sur son âme. Dans cet état intérieur, subjectif, l’Esprit nous présente deux moyens pour sortir de nous-mêmes, car l’apôtre était, soit absorbé en Dieu, soit occupé exclusivement des autres : il marchait ainsi constamment dans la puissance des choses qu’il enseignait.

Lorsqu’il était hors de lui-même, c’était pour Dieu : son esprit était libre de s’élever au-dessus du service journalier pour s’occuper de ce qu’il était en Christ : il était absorbé en Dieu et ainsi enlevé hors de lui-même, mais non pas sous l’influence d’une excitation produite par des pensées humaines. Sous sa forme la plus élevée, cette relation avec Dieu était une extase : Pierre en a connu une, à l’occasion de son ministère vis-à-vis de Corneille ; l’apôtre Paul, aussi, en Actes 22, avant sa captivité ; d’une manière moins exceptionnelle, une communion profonde avec Dieu, des rapports entretenus et continus avec Lui, élèvent le croyant au-dessus de lui-même.

S’il était de sens rassis, c’était pour les autres : le deuxième côté de la vérité touche aux rapports avec les autres — les saints en particulier. Il fallait faire face aux difficultés qui se présentaient, et, moralement, redescendre sur la scène d’ici-bas, pour juger avec sobriété et bon sens des choses qui étaient devant lui. Dieu, dans son amour, travaillait par lui et l’apôtre s’oubliait absolument lui-même pour ne penser qu’aux autres car l’amour du Christ l’étreignait.

On remarquera l’ordre moral invariable dans lequel les deux vérités sont présentées.

Les rapports vrais avec Dieu et la communion avec le Père et avec Son Fils Jésus Christ, précédent toute activité extérieure et tout service.

Au reste, la Parole et l’Esprit agissent toujours dans le croyant et le serviteur, avant d’agir par son moyen.

Vivre d’abord, en-haut, avec le Seigneur, est le secret pour accomplir un service fidèle et béni à l’image du Maître, qui était venu pour servir et non pour être servi (Matthieu 20:28 et Marc 10:45), et qui était ici-bas au milieu des siens comme celui qui sert (Luc 22:27).

Gardé de l’égoïsme ou de l’exaltation de l’homme, le serviteur peut alors s’occuper des autres sans découragement ou fatigue, les sentiments les plus élevés s’associant en lui à une attention des détails qui n’oublie pas les réalités de la vie dans la première création. On ne cherche pas à acquérir de l’ascendant sur les autres, à dominer sur ses frères ou à les obliger pour les rendre redevables vis-à-vis de soi-même.

Un serviteur appelé et formé par son Maître, rend compte à Lui seul de son service et ne se place pas entre Christ et les âmes. Le motif du service c’est l’amour pour Christ, et l’amour pour les âmes, dans la pensée du tribunal du Christ et de la frayeur du Seigneur.

Paul réalisait ces choses à un très haut degré : à Festus qui prétendait qu’il était hors de sens, il pouvait répondre qu’il prononçait des paroles de vérité et de sens rassis.

Nous pouvons, dans notre faible mesure, nous aider les uns les autres, en priant les uns pour les autres et en encourageant à rechercher la communion avec le Seigneur — hors de nous-mêmes pour Dieu — pour servir le Seigneur et les saints fidèlement et avec intelligence spirituelle — de sens rassis pour les autres.

 

4.4   2 Corinthiens 5:14-16

16-09-1969

Aux v. 14 et 15, l’apôtre présente les fondements du ministère qu’il exerçait devant le monde, le service de la prédication de l’évangile. C’était, non pas son amour pour Christ, mais l’amour du Christ qui étreignait l’apôtre. Ses relations avec Dieu imprimaient leur caractère sur sa marche et formaient la base de son service vis-à-vis des autres, car Paul vivait pratiquement comme mort et ressuscité avec Christ.

Si Christ était mort pour tous — c’est-à-dire que la justice de Dieu par la foi en Jésus Christ est envers tous, tous ceux qui croient (Rom. 3:22) — c’était la preuve que tous les hommes, sans exception, sont morts, ou étaient morts, par nature, car les conséquences de la faute d’Adam furent envers tous les hommes en condamnation (Rom. 5:18).

Mais, grâces à Dieu, la justice de Dieu est sur tous ceux qui croient, appelés ici ceux qui vivent, car ils ont la vie divine, qui est Jésus lui-même.

La mort de Jésus a donc proclamé que tous les hommes étaient irrémédiablement perdus ; la période où l’homme a été mis à l’épreuve est terminée à la croix. Mais la vie de Jésus, et sa résurrection, ont commencé un nouvel ordre de choses, une nouvelle création dont Christ est le commencement et le chef.

Ceux qui vivent par Lui et en Lui doivent vivre aussi pour Lui ; les croyants appartiennent à Christ et doivent vivre, non pas pour eux-mêmes — l’égoïsme naturel est touché ici à la racine —, ni avant tout pour leur travail ou leur service. Mais nous vivons d’un Christ ressuscité, dans la gloire. Pour ce qui touche des relations avec le monde d’ici-bas, Christ est mort : le peuple a crucifié son Messie, et le monde a perdu son Sauveur. Christ selon la chair, c’était l’homme de douleurs, dont le visage était défait plus que celui d’aucun homme. Si le Seigneur conserve les marques de ses souffrances, néanmoins nous ne Le connaissons pas ainsi selon la chair. Christ, autrefois Messie vivant sur la terre, vase des promesses terrestres faites à des hommes vivant ici-bas, prend maintenant un caractère nouveau, entièrement céleste. Jérusalem, la ville bien-aimée, n’est plus maintenant le centre du monde ; nos espérances et notre héritage sont maintenant célestes. Par la grâce de Dieu, nous sommes conservés pour Son royaume céleste. Pierre, qui avait vu le Seigneur en témoin oculaire, peut dire : « Jésus Christ, lequel, quoique vous ne l’ayez pas vu, vous aimez ; et, croyant en lui, quoique maintenant vous ne le voyiez pas, vous vous réjouissez d’une joie ineffable et glorieuse » (1 Pierre 1:8).

Le Seigneur parle à Thomas de la béatitude de « ceux qui n’ont point vu et qui ont cru » (Jean 20:29).

 

4.5   2 Corinthiens 5:17

23-09-1969

L’évangile comprend, non seulement la justification, le pardon et le salut de l’âme, mais aussi les vérités (moins souvent enseignées et réalisées) touchant l’introduction des croyants (appelés « ceux qui sont en Christ ») dans une nouvelle création, dont Christ est la source et le chef, en tant que premier-né d’entre les morts (Col. 1:18).

La première création est la scène où se meut l’homme responsable, assujetti aux choses vieilles, ou lié à l’ancienne alliance qui vieillissait et qui était près de disparaître.

Dans la nouvelle création, tout est de Dieu, et toutes choses sont faites nouvelles. C’est la sphère où sont appelés à vivre ceux qui sont en Christ. Le Seigneur dit à ses disciples en Jean 14:20 : « En ce jour-là, vous connaîtrez que moi je suis en mon Père, et vous en moi et moi en vous » : L’expression « les croyants en Christ » nous parle de notre position devant Dieu ; l’expression « Christ dans les croyants » nous parle de notre responsabilité actuelle de témoignage devant le monde.

« Christ est tout et en tous » (Col. 3:11) : tout comme objet, en tous comme puissance de vie.

L’apôtre, qui s’appelle lui-même « un homme en Christ » au chapitre 12, s’adresse aux Galates : « Vous êtes un dans le Christ Jésus… vous êtes de Christ » (3:28).

Jésus étant mort pour nos péchés, ressuscité pour notre justification, entré dans le ciel comme notre précurseur, nous sommes maintenant en Lui, ressuscités, assis dans les lieux célestes, glorifiés, bénis de toute bénédiction spirituelle.

La part du croyant dans la nouvelle création touche à la fois aux relations avec le Père et à la position en Christ devant Dieu. Nous sommes adoptés comme de bien-aimés enfants, l’Esprit rendant témoignage que Dieu est notre Père : c’est une nouvelle relation.

Nous sommes en Christ devant Dieu, agréables dans le Bien-aimé : c’est une position nouvelle.

Si notre état pratique correspond à ces choses, nous jouissons dès maintenant des privilèges de la nouvelle création, sans négliger les responsabilités qui se rattachent à la première, et nos devoirs liés aux relations courantes de la vie.

Nous puisons dans la nouvelle création les ressources répondant aux besoins de la nouvelle nature, les joies célestes qui sont le secret de notre force, la consolation qui porte nos regards vers le moment où les premières choses sont passées.

Collectivement, nous sommes nés de nouveau en Christ, et l’Assemblée possède ce qui demeure et qui subsistera en gloire (2 Cor. 3:8).

Si l’Assemblée a été infidèle, et que le témoignage responsable a manqué, Christ demeure le commencement de la création de Dieu, — chef sur toutes choses — et le témoin fidèle de cette création.

 

4.6   2 Corinthiens 5:18-19

30-09-1969

Dans la nouvelle création, toutes choses sont faites nouvelles, et toutes sont de Dieu. L’œuvre parfaite de Dieu se déploie envers les rachetés, qu’Il a vivifiés ensemble avec le Christ, ressuscités ensemble, et fait asseoir ensemble dans les lieux célestes dans le Christ Jésus. Tout est de Dieu, qui nous a réconciliés avec Lui-même par Jésus Christ. Nous étions pécheurs, morts dans nos fautes et ennemis, et maintenant « nous avons été réconciliés avec Dieu par la mort de son Fils » (Rom. 5:10).

Cette œuvre de la réconciliation est présentée ici dans ses conséquences présentes pour les croyants. Elle s’étendra aussi à la création et portera des effets universels, car en Christ, en qui toute la plénitude de la déité habite corporellement, toutes choses seront réconciliées avec elle-même (c’est-à-dire la plénitude) ; puis elle est offerte à tous les hommes, aussi Dieu avait-il confié à l’apôtre un ministère de réconciliation ; chaque croyant l’a reçu aussi, dans sa mesure et selon sa propre responsabilité.

Ce ministère était lié à la vérité que Dieu était en Christ : c’est ainsi que Dieu, qui avait vu autrefois l’affliction de son peuple qui était en Égypte, et était descendu, s’est approché maintenant de nous. En même temps, il fallait que Christ fût fait péché pour nous, œuvre parfaite de propitiation, sacrifice qui ôte le péché et base d’une nouvelle relation entre Dieu et l’homme fondée sur la grâce, et rendue efficace pour tous les croyants par l’action du Saint Esprit en eux.

La pensée de Dieu s’approchant de l’homme en grâce, présentée ici en rapport avec le ministère de l’apôtre, est liée à trois vérités :

1)     Dieu était en Christ,

2)     réconciliant le monde avec lui-même, et ne leur imputant pas leurs fautes,

3)     mettant dans l’apôtre la parole de la réconciliation.

 

1)                  Non seulement Dieu était avec Christ comme homme (Actes 10:39), mais Dieu était en Christ : l’image du Dieu invisible, le Fils manifestant le Père, la Parole faite chair, qui venait parmi les siens qui ne l’ont pas voulu, dans un monde qui l’a rejeté. Aussi à la fin de Sa vie le Seigneur a dû dire : « Père juste ; — et le monde ne t’a pas connu », et plus encore : « ils ont, et vu, et haï et moi et mon Père » (Jean 17:25 et 15:24).

2)                  Dieu, en Christ, a réconcilié le monde avec Lui-même et n’impute pas les fautes aux croyants qui sont en Christ : Dieu nous a pardonné toutes nos fautes, ayant effacé l’obligation qui était contre nous (Col. 2:14) ; Dieu, en Christ, nous a pardonné (Éph. 4:32).

3)                  Comme troisième résultat de l’incarnation — le mystère de la piété — l’apôtre prenait le caractère d’un ambassadeur pour Christ. Durant Son ministère sur la terre, le Seigneur avait accompli ce service et maintenant, le Maître étant absent, le service de la réconciliation était confié aux siens.

 

Les motifs qui poussaient l’apôtre à accomplir fidèlement ce service étaient :

·       qu’il était manifesté à Dieu (v. 11),

·       qu’il fallait que tous les hommes soient manifestés devant le tribunal de Christ et de Dieu (v. 10)

·       l’amour du Christ qui l’étreignait (v. 14).

 

4.7   2 Corinthiens 5:18-21

07-10-1969

La réconciliation est un mot d’une très grande portée : c’est la restauration sur un pied nouveau des relations de l’homme avec Dieu ; Dieu est révélé dans tout ce qu’il est, et l’homme est placé devant Lui selon cette révélation, toutes choses étant mises en ordre.

Dieu, par la mort de son Fils, réconcilie avec lui-même des créatures coupables et souillées, qui étaient des ennemis. Christ est venu, en grâce et non pas comme juge, « afin que le monde fût sauvé par lui », mais le ministère et le service de Jésus sur la terre ne pouvaient, à eux seuls, opérer l’œuvre de la réconciliation : il fallait l’œuvre de la rédemption, dans laquelle la propitiation constitue la base de la réconciliation. En Ésaïe 49 le Seigneur peut dire prophétiquement quant à son service qu’il a travaillé pour le néant et en vain ; mais en Ésaïe 53, lorsque Sa mort et Son sacrifice sont présentés, les résultats éternels de Son œuvre sont déployés. Toute la déité (les trois personnes divines) était engagée dans cette œuvre merveilleuse de la rédemption par laquelle toutes choses sont réconciliées avec la plénitude :

Les choses qui sont sur la terre : la création, sans être coupable, est maintenant souillée ; elle sera affranchie de la servitude de la corruption pendant la période millénaire dans l’accomplissement de la promesse de Daniel 9:24 : « faire propitiation pour l’iniquité, et introduire la justice des siècles ».

Les choses qui sont dans les cieux : les lieux célestes, dans lesquels sont actuellement Satan et la puissance spirituelle de méchanceté, seront purifiés selon la vertu du sang de Christ : il était nécessaire que les choses célestes elles-mêmes fussent purifiées par de meilleurs sacrifices (Héb. 9:23). Une image de ces choses nous est donnée par l’aspersion du sang sur le propitiatoire en faisant propitiation pour le lieu saint lors du grand jour des expiations (Lév. 16).

Mais les croyants, par nature coupables et souillés, sont maintenant réconciliés dans le corps de la chair de Christ, par sa mort (Col. 1:21), et deviennent des ambassadeurs pour Christ durant son absence pour prêcher la réconciliation. Dieu exhorte par le moyen des serviteurs qui supplient pour Christ ; Dieu lui-même ne supplie pas, car même quand il fait grâce Il ne se départit jamais de sa majesté souveraine.

Mais avant que Dieu pût faire grâce au pécheur et agir dans l’homme pour l’amener à Jésus pour son salut, il fallait que la question préalable de l’offense du péché soit réglée à la satisfaction de la gloire de Dieu. Aussi l’œuvre de Christ est-elle présentée ici de cette manière : « Celui qui n’a pas connu le péché, il l’a fait péché pour nous » ; c’est le péché dans sa nature, selon l’état qui produit des fruits qui sont les péchés. Le Seigneur a porté en son corps sur le bois les péchés des croyants.

Mais si Christ a été fait péché, c’est afin que nous devinssions justice de Dieu en Lui, expression qui a beaucoup embarrassé les croyants d’autrefois, surtout à la réformation. La justice de Dieu, est pour Lui, d’agir conformément aux droits immuables de Sa nature qui est amour et lumière.

 

Dieu, ayant été parfaitement glorifié en Christ et par Son œuvre, a ressuscité Jésus et l’a fait asseoir à Sa droite en le glorifiant. Selon cette même justice de Son Être, Dieu associe à Christ ceux qui croient en Lui : aussi la justice de Dieu se voit-elle maintenant dans les saints : Dieu donc est juste, et Il justifie celui qui est de la foi de Jésus (Rom. 3:26) ; Dieu le Père est juste (Jean 17:25), mais Jésus aussi est appelé le juste (le saint et le juste que les Juifs avaient renié) ; notre avocat devant le Père est Jésus Christ le Juste (1 Jean 2:1) ; « Si nous confessons nos péchés, il (Dieu) est fidèle et juste pour nous pardonner et nous purifier de toute iniquité » (1 Jean 1:9).

 

5                    2 Corinthiens 6 à 7:1

5.1   2 Corinthiens 6:1-3

14-10-1969

L’apôtre avait parlé des principes et de l’origine de son ministère. C’était le ministère de la justice et de l’Esprit (en contraste avec celui de la première alliance) — fondé sur un Christ glorifié, contemplé à face découverte (ch. 3), mais s’accomplissant au milieu de beaucoup de souffrances (ch. 4) — ayant sa source en Dieu lui-même, ce ministère prenant vis-à-vis du monde la forme du service de la réconciliation, l’apôtre exhortant les hommes (5:20).

Maintenant, poursuivant cette œuvre, il exhorte les nations et les Corinthiens en particulier, à n’avoir pas reçu la grâce de Dieu en vain ; puis, il rappelle la manière et l’esprit selon lesquels il avait exercé son propre ministère au travers des circonstances variées qu’il avait rencontrées.

Recevoir la grâce de Dieu en vain, c’est perdre tout le bénéfice de cette grâce. Une âme qui a reçu la grâce de Dieu en vain n’est pas régénérée ; c’est l’état de nudité du ch. 5:3.

En Hébreux 6:4-6, des hommes ont goûté la bonne parole de Dieu, et s’ils abandonnent le christianisme, il n’y a plus de salut pour eux, ainsi que l’enseigne la parabole du semeur ; il faut non seulement entendre la Parole, mais la recevoir et la croire.

Pour les vrais croyants, cette expression constitue aussi une solennelle exhortation à ne pas être sans fruit pour le Seigneur dans ce monde.

Paul cite ensuite la parole d’Ésaïe, s’adressant au Messie rejeté par les Juifs, devenant la lumière et le salut des nations et la source de la bénédiction pour les Gentils : « Ainsi dit l’Éternel : Au temps agréé je t’ai exaucé, et en un jour de salut je t’ai secouru » (Ésaïe 49:8). L’apôtre appliquait cette vérité aux Corinthiens qui étaient tirés d’entre les nations. Pour eux, comme pour nous, c’est maintenant « le temps agréable et le jour du salut » : c’est la période de la grâce.

Mais Paul, quant à lui, n’avait pas reçu la grâce de Dieu en vain : « sa grâce envers moi n’a pas été vaine » (1 Cor. 15:10). Il était ministre de Dieu et représentait Dieu dans son service. Il fallait d’abord qu’il soit en toutes choses sans reproche, afin d’orner l’enseignement de notre Dieu Sauveur ; ensuite, il devait maintenir les caractères pratiques d’un vrai service selon Dieu à travers toutes les difficultés. Et c’est en cela que se manifestait la puissance pratique des remarquables vérités exposées au chapitre précédent.

Paul, un vieillard, exhortait le jeune homme Timothée, cosignataire de la lettre aux Corinthiens, d’être « le modèle des fidèles, en parole, en conduite, en amour, en foi, en pureté » (1 Tim. 4:12). Il exhortait aussi Tite, son véritable enfant dans la foi, à se montrer « en toutes choses un modèle de bonnes œuvres » (Tite 2:7).

L’apôtre, vase de la révélation des pensées divines et des plus hautes manifestations de la grâce, veillait avant tout sur lui-même — mortifiant son corps et l’asservissant (1 Cor. 9:27) — attentif à écarter de sa conduite toute occasion de mériter un reproche ou de donner un scandale en quoi que ce fut afin que le service ne soit pas blâmé.

L’exhortation de ne donner scandale en rien (c’est-à-dire ne rien faire qui puisse être une occasion de chute) est donnée à la fois à des chrétiens et à une assemblée de Dieu.

C’était la préoccupation constante d’un chrétien fidèle et spirituel comme Paul qui réalisait en même temps à un très haut degré, sa position en Christ dans les lieux célestes. Pour nous, cette exhortation d’apparence élémentaire, est fondamentale à la fois dans notre marche individuelle et dans le témoignage collectif.

Nous devons veiller sur nos voies, sur nos paroles (le langage du monde n’est pas celui des chrétiens), sur notre attitude pour ne pas faire broncher nos frères ou éloigner des âmes encore inconverties. L’amour chrétien va plus loin encore. Selon l’enseignement de Romains 14 et 1 Corinthiens 8, nous devons aussi nous abstenir des choses qui n’étant pas mauvaises en elles-mêmes, pourraient être une occasion de chute pour notre frère, celui pour qui Christ est mort.

 

5.2   2 Corinthiens 6:4-6

21-10-1969

Paul maintenait son caractère de ministre de Dieu, ainsi que l’exercice du service qui s’y rattachait, à travers toutes les circonstances, jalonnées par l’opposition des hommes et les ruses de Satan. Appelé et envoyé par Dieu, l’apôtre prouvait par son comportement l’authenticité de son appel, en représentant dignement Dieu lui-même au milieu de la persécution, de la contradiction et des circonstances exceptionnelles.

Les développements remarquables des v. 4 à 10 nous montrent successivement :

·       [A] La patience de l’apôtre (v. 4),

·       [B] 9 circonstances exceptionnelles qu’il rencontrait ou avait rencontré (v. 4 et 5),

·       [C] 9 motifs ou ressources qui dirigeaient ou aidaient l’apôtre dans l’exercice de son ministère (v. 6 et 7),

·       [D] 9 doubles caractères distinctifs présentés sous forme de contrastes, entre l’apparence extérieure et la réalité intérieure, marquant sa vie et son service (v. 8, 9 et 10).

 

[A] Paul ne se recommandait pas par des paroles — « ce n’est pas celui qui se recommande lui-même qui est approuvé, mais celui que le Seigneur recommande » (2 Cor. 10:18) — mais avant toutes choses par une grande patience. Au ch. 12:12 l’apôtre dira : « les signes d’un apôtre ont été opérés au milieu de vous avec toute patience ».

La patience n’est pas une vertu naturelle — au reste on peut penser que Paul, d’après ses paroles à Ananias dans le sanhédrin (Actes 23), ne possédait guère ce caractère dans son homme naturel.

La patience est un caractère de Dieu lui-même — « le Dieu de patience et de consolation » (Rom. 15:5). Pour les croyants la patience est liée à la souffrance (la tribulation produit la patience : Rom. 5:3) et aussi à la joie (« toute patience et constance, avec joie » : Col.1:11) et à l’espérance (« patience d’espérance » : 1 Thes. 1:3) dans l’attente du retour du Seigneur (Jacques 5:7).

Ici, la patience est présentée en rapport avec le service, comme une vertu brillante, montrant l’énergie intérieure du nouvel homme, dans le sentiment de la dépendance de Dieu et la réalisation de sa présence.

 

[B] L’apôtre pouvait ainsi dominer les circonstances qu’il traversait tout en étant gardé humble et abaissé. Mais ces circonstances sont ensuite présentées dans leurs caractères variés :

·       [Ba] D’abord les nécessités, les tribulations et les détresses,

·       [Bb] ensuite les coups, les prisons et les troubles,

·       [Bc] enfin les travaux, les veilles et les jeûnes.

 

[Ba] Les trois premières circonstances concernent des difficultés et des épreuves d’intensité croissante (qui font dire au Résidu Juif des Psaumes et des Prophètes : Jusque à quand ?).

[Bb] Les trois suivantes touchent aux choses que l’apôtre a souvent personnellement subies selon le récit des Actes ou la relation du ch. 11:23 : « sous les coups excessivement, dans les prisons surabondamment ».

[Bc] Les trois dernières, par contre, résultaient du libre choix du serviteur (les travaux, les veilles et les jeûnes) et manifestaient l’énergie intérieure divine dans la patience, pour compléter la carrière de dévouement d’un fidèle serviteur du Seigneur.

 

[C] Viennent ensuite les motifs et les ressources de l’apôtre :

Par la pureté : dans sa vie personnelle, Paul exerçant sur lui-même un contrôle constant, — dans son ministère, car il parlait avec sincérité en Christ sans frelater la Parole de Dieu.

Par la connaissance : elle est liée à la doctrine dans 1 Corinthiens 14, à la différence de la révélation qui se rattache à la prophétie.

C’est avant tout la connaissance de Christ lui-même : « l’excellence de la connaissance du Christ Jésus » et « le connaître lui » (Phil. 3:8, 10), part des petits enfants puis des pères dans la famille de Dieu.

La connaissance est l’un des maillons de la chaîne des vertus chrétiennes de 2 Pierre 1 qui nous gardent des dangers du monde.

La connaissance dans le cœur occupe une grande place dans la formation du serviteur de Dieu, pour établir les âmes sur les fondements de la vérité touchant aux éléments importants du plan divin, à l’intention de Dieu vis-à-vis de l’Église, et au terrain de séparation des croyants et du témoignage.

 

5.3   2 Corinthiens 6:6 à 8

28-10-1969

L’apôtre se recommandait comme serviteur de Dieu, à travers les circonstances exceptionnelles dont il parle dans les v. 4 et 5, par les qualités et vertus intérieures des v. 6 à 8. Le livre des Actes ne rapporte pas toutes les circonstances que l’apôtre a traversées. Le chapitre 11 de 2 Corinthiens en relate d’autres, où la foi de Paul a triomphé des ruses et de la rage de l’Adversaire. À Philippes, Paul en prison chantait les louanges de Dieu (dans une circonstance analogue, un autre apôtre dormait et avait dû être réveillé par l’ange) et la puissance de l’Esprit Saint libère Paul de ses chaînes.

À la fin du livre des Actes, on voit Paul, maître des circonstances, ayant reçu une communication d’un ange du Dieu à qui il était et qu’il servait (Actes 27:23), traverser le naufrage et les détresses de son voyage à Rome. Mais l’apôtre ne se recommandait pas par des paroles, mais plutôt par la manifestation de caractères moraux qui sont ceux de Dieu lui-même, et qui ont brillé en perfection en Jésus : la pureté, la connaissance, la longanimité, la bonté, l’amour. L’amour, la longanimité et la bonté sont présentés comme un fruit de l’Esprit dans Gal. 5:22.

L’apôtre vivait, marchait, priait et rendait culte par l’Esprit ; il possédait tous les dons de l’Esprit et en manifestait le fruit, par opposition aux œuvres de la chair (Gal. 5:25) ; aussi se recommandait-il par l’Esprit Saint.

Il le faisait aussi par la parole de la vérité ; l’amour et la vérité étant liés, ici comme toujours dans la Parole. La vérité est la manifestation du caractère de lumière de Dieu adapté à l’état de l’homme. Dieu est un Dieu de vérité (Ésaïe 65 nous le présente comme tel dans le caractère de Dieu d’amour). Christ est la vérité, « en Lui est le oui et en Lui l’amen » (2 Cor. 1:20).

Les saints sont lumière dans le Seigneur, et en marchant comme tels, ils doivent manifester le fruit de la lumière qui consiste en toute bonté, et justice, et vérité (Éph. 5:9).

L’amour sans hypocrisie lié à la vérité avait poussé Paul à reprendre Céphas devant tous à Antioche.

Paul se recommandait ensuite par la puissance de Dieu, évidente dans un vase de faiblesse, mais à laquelle il ne faisait pas appel pour guérir ses compagnons de voyage (il avait laissé Trophime malade à Milet, 2 Tim. 4:20).

Les paroles et la prédication de l’apôtre avaient été en démonstration de l’Esprit et de puissance (1 Cor. 2:4), car les armes de notre guerre ne sont pas charnelles, mais puissantes par Dieu pour la destruction des forteresses (2 Cor. 10:4).

Et ceci conduit au dernier caractère sur lequel s’appuyait le ministère de l’apôtre : les armes de la justice de la main droite et de la main gauche :

Ce sont les armes de la justice pratique qui est à la base de tout : si celle-ci n’est pas maintenue constamment, le serviteur est disqualifié pour le service. Le croyant est exhorté à revêtir l’armure complète de Dieu (Éph. 6), et les armes de la lumière (Rom. 13:12). Deux de celles-ci sont rappelées ici par l’apôtre :

·       Dans la main droite, une arme offensive : l’épée de l’Esprit qui est la Parole de Dieu.

·       Dans la main gauche, une arme défensive : le bouclier de la foi pour éteindre les dards enflammés du méchant.

Mais auparavant, tout combat commence par la prière et se continue par elle : Épaphras combattait toujours par des prières (Col. 4:12).

 

5.4   2 Corinthiens 6:8-10

11-1969

[D] L’apôtre termine l’exposé des sources et du caractère de son ministère par la description de 9 circonstances dans lesquelles apparaît le contraste, entre l’appréciation par Dieu et devant Lui de l’état intérieur, et l’apparence extérieure des choses selon le monde.

Toutes les expressions sont données ici au pluriel ; les expériences étaient celles de l’apôtre qui s’associait Timothée, cosignataire de la lettre, mais elles sont offertes à tous les croyants, et pourront être réalisées par chacun de nous, dans une mesure, si nous sommes fidèles au Seigneur, car nous sommes exhortés à prendre notre « part des souffrances, comme un bon soldat de Jésus Christ » (2 Tim. 2:3).

 

Dans la gloire et dans l’ignominie :

La gloire est, non pas celle qui vient des hommes, mais celle de Dieu. Paul n’a pas été vu revêtu de cette gloire dans le monde, et comme son Maître, il a quitté le monde en inconnu et c’était une grande gloire pour lui. Sa gloire sera vue en Christ, au jour de Christ, et à la venue de Jésus, ainsi qu’il dit aux Thessaloniciens : « Quelle est… la couronne dont nous nous glorifions ? N’est-ce pas bien vous devant notre Seigneur Jésus, à sa venue ? Car vous, vous êtes notre gloire et notre joie » (1 Thess. 2:19, 20).

Si Paul n’a pas eu de gloire dans ce monde, il a eu part à l’ignominie, à l’infamie, à l’opprobre et à la honte. C’est une chose de considérer les choses du monde comme des ordures ; c’est tout autre chose d’être fait les balayures du monde, de supporter son mépris (arme redoutable de Satan) et d’être rejeté par le monde.

 

Dans la mauvaise et dans la bonne renommée :

Un croyant ou une assemblée ne se préoccupent pas de leur renommée. Ils recherchent la pensée du Seigneur et Sa volonté ; alors Dieu prend soin de Sa propre gloire et de la renommée des siens.

Satan cherche à nous arrêter par des insultes, comme autrefois il a poussé la foule à dire au Seigneur qu’il avait un démon (Jean 7:20). Une béatitude est promise à ceux qui sont ainsi l’objet d’injures et de mensonges (Matt. 5:11).

 

Comme séducteurs et véritables :

La séduction est un caractère de Satan et de l’antichrist (toute séduction d’injustice en 2 Thess. 2:10).

Christ, qui a été appelé séducteur par les Juifs (Matt. 27:63 et Jean 7:12), se présente comme le Véritable à Philadelphie (Apocalypse 3:7).

Les devanciers ont été traités de faux docteurs et séducteurs, alors qu’ils étaient véritables devant Dieu. Leur nom a été en opprobre, et on a fait autour d’eux la conjuration du silence ; on les a traités en inconnus, mais pour Dieu ils étaient bien connus.

 

Inconnus, et bien connus :

C’est le seul passage, gravé sur la sépulture de l’un d’eux que nous « estimons très haut en amour à cause de son œuvre » (1 Thess. 5:13). Si le monde ne nous connaît pas (1 Jean 3:1), comme il n’a connu ni Jésus (Jean 1:10), ni le Père (Jean 17:25) ; le Seigneur connaît ceux qui sont siens (2 Tim. 2:19), et nous sommes connus de Dieu (1 Cor. 8:3).

 

Mourants, et voici, nous vivons ; comme châtiés, et non mis à mort :

L’apôtre portait en lui-même la sentence de mort de la part du monde (2 Cor. 1:9), il avait été dans les morts souvent (2 Cor. 11:23), et pourtant Dieu le maintenait en vie. Il était châtié, et Dieu se servait de la verge, dans la main du monde, pour la prospérité morale de Son serviteur. Dieu arrêtait Satan qui aurait voulu se débarrasser de Paul.

 

Attristés, mais toujours joyeux :

Paul pleurait en face des ennemis de la croix de Christ (Phil. 3:18), il avait de la tristesse en voyant Épaphrodite malade, qui risquait d’être enlevé à son affection (Phil. 2:27).

La sollicitude pour toutes les assemblées l’assiégeait aussi tous les jours. Et néanmoins, il se réjouissait toujours dans le Seigneur, le cœur toujours rempli de Lui.

 

Pauvres, mais enrichissant plusieurs ; comme n’ayant rien, et possédant toutes choses :

Derniers caractères de ce tableau remarquable qui nous parle de Paul, mais plus encore de son Maître, qui « étant riche, a vécu dans la pauvreté pour vous, afin que par sa pauvreté vous fussiez enrichis » (2 Cor. 8:9). Le Seigneur accomplissait un miracle pour payer les didrachmes, car Il n’avait rien dans ce monde ; Pierre non plus, n’avait ni argent ni or (Actes 3:6).

La leçon pour nous dépasse la mise en garde contre les dangers des richesses du présent siècle. Nous devons manifester en toutes choses les sentiments et l’esprit de pauvreté, l’absence de moyens mondains, surtout dans le service et le travail du Maître, car toutes nos ressources ne sont et ne peuvent être que spirituelles. Le manque de puissance spirituelle ne peut être compensé par les ressources humaines ou les éléments du monde de Colossiens 3, si ce n’est pour notre dommage et celui du Seigneur.

 

5.5   2 Corinthiens 6:11-15

11-1969

Avec le v. 11, commence la deuxième partie de cette épître, où l’apôtre revient avec affection à ses bien-aimés Corinthiens ayant vu en eux les heureux effets de sa première lettre ; il était libre à leur égard, sa bouche était ouverte, son cœur élargi vis-à-vis de ceux qu’il appelle ses enfants ; à l’image du Seigneur qui dit à Laodicée qu’Il reprend et châtie tous ceux qu’Il aime, l’apôtre, dans son amour pour les Corinthiens, avait dû les reprendre et leur écrire sévèrement.

Maintenant que la grâce de Dieu les avait ramenés à de justes sentiments, le cœur de l’apôtre s’ouvre, et en récompense, leur demande seulement l’élargissement de leur propre cœur.

Prenant donc cette place de père vis-à-vis des Corinthiens, Paul revient à l’exhortation du premier verset de n’avoir pas reçu la grâce de Dieu en vain, — cette grâce qui devait conduire les Corinthiens à se maintenir dans la position où Dieu les avait placés et à réaliser la sainteté.

À l’exception de la mention de la sainteté à l’occasion du sabbat de la création (Gen. 2:3), celle-ci n’est mentionnée qu’après la traversée de la mer Rouge, les fils d’Israël étant invités à célébrer pendant sept jours (image du cours complet de notre vie ici-bas) la fête des pains sans levain.

La sainteté pratique, expression de notre mise à part pour Dieu, revêt trois caractères, déjà donnés en type dans les passages cités par l’apôtre de Lév. 19:19 et Deut. 22:10 :

 

·       aux v. 14 et 15 c’est la sainteté en rapport avec nos associations avec le monde : deux espèces différentes de bétail ne devaient pas être accouplées,

·       au v. 16 c’est la sainteté en rapport avec le monde religieux : dans le champ de Dieu on ne peut pas semer des espèces différentes,

·       au v. 1 du ch. 7, c’est la sainteté individuelle, l’Israélite ne devait pas se vêtir d’une étoffe mélangée de laine et de lin tissés ensemble.

 

La sainteté nous est d’abord présentée en rapport avec nos associations avec le monde : « Ne vous mettez pas sous un joug mal assorti avec les incrédules » (v. 14).

Quatre raisons sont invoquées par l’apôtre :

·       il ne peut y avoir de participation entre justice et iniquité (ici la marche sans frein et sans loi),

·       pas de communion entre lumière et ténèbres,

·       pas d’accord entre Christ et Béliar (c’est-à-dire Satan et son empire),

·       pas de part du croyant avec l’incrédule.

 

On remarquera que les expressions même employées par l’apôtre sont attribuées au croyant quant à sa position devant Dieu :

·       Justice de Dieu en Christ : 2 Cor. 5:21

·       Lumière dans le Seigneur : Éph. 5:8

·       Le temple de Dieu (v. 16 pour l’individu et Éph. 2:21 pour le corps de Christ)

·       Appelés même du nom de Christ : « tous les membres du corps, quoiqu’ils soient plusieurs, sont un seul corps, ainsi aussi est le Christ » (1 Cor. 12:12)

 

Cette solennelle exhortation s’applique en particulier aux associations avec le monde dans les affaires de la vie, aux mariages entre un vrai croyant et un professant ou un incrédule. L’opposition de nature ne peut autoriser aucune union de ce genre.

Les tristes fruits produits par de telles alliances avec le monde sont donnés en figure par l’histoire de Josaphat et des rois de Juda s’associant avec Achab et les rois d’Israël. Dans une alliance entre la vérité et l’erreur, la vérité cesse d’être vérité, et l’erreur ne devient pas vérité ; la seule chose perdue, c’est l’autorité de la vérité.

Nous sommes appelés au contraire à marcher comme des enfants de lumière en n’ayant rien de commun avec les œuvres infructueuses des ténèbres (Éph. 5:9 et 11).

 

5.6   2 Corinthiens 6:16 à 7:1

09-12-1969

Les versets 16 à 18 présentent le sujet de la sainteté en rapport avec les associations religieuses, en s’appuyant sur la vérité que nous sommes le temple du Dieu vivant : l’assemblée du Dieu vivant est la maison de Dieu (1 Tim. 3:15) ; collectivement nous sommes le temple de Dieu (1 Cor. 3:16), une habitation de Dieu par l’Esprit (Éph. 2:22) ; individuellement, nos corps sont les temples du Saint Esprit qui est en nous (1 Cor. 6:19). Dieu n’avait pas fait son habitation avec Adam innocent ; Il l’a fait au milieu de son peuple racheté, en Christ homme (Dieu était en Christ) et dans l’état éternel, au milieu des hommes dans les nouveaux cieux et la nouvelle terre.

La citation de Lévitique 16 : « Je mettrai mon tabernacle au milieu de vous », était une promesse de Dieu à Israël, dépendant de l’obéissance du peuple : « Si vous gardez mes commandements ». De même, si le peuple écoutait attentivement la voix de l’Éternel, il Lui serait un royaume de sacrificateurs et une nation sainte (Ex. 19:6). La position et la bénédiction du peuple dépendaient donc de son obéissance et de sa fidélité.

Dans le christianisme, au contraire, notre position devant Dieu, en Christ, est liée à la perfection de Son œuvre, et notre sainteté est une conséquence de notre position. Néanmoins, les si dans le Nouveau Testament ont trait à la réalisation pratique de notre position, et l’âme est ainsi gardée dans la vigilance.

La sainteté liée à la présence de Dieu conduit à la séparation du monde religieux. Pour Israël, il s’agissait de sortir d’une Babylone idolâtre : « Sortez du milieu d’elle, soyez purs, vous qui portez les vases de l’Éternel » (Ésaïe 52:11). Notre séparation, pour Dieu, est maintenant de sortir de la Babylone de la fin, l’église professante coupable et infidèle : « Sortez du milieu d’elle mon peuple » (Apocalypse 18:4). C’est la place de Moïse sortant du camp vers la tente d’assignation ; nous sommes appelés à sortir vers Jésus hors du camp, portant son opprobre (Héb. 13:13) en réalisant la séparation ecclésiastique de 2 Tim. 2:19 : « qu’il se retire de l’iniquité quiconque prononce le nom du Seigneur ». Une grande bénédiction se rattache à cette séparation. Dieu qui se révélait comme l’Éternel (Jéhovah) et le Tout-Puissant (Shaddaï — son nom d’alliance) aux patriarches et à Israël, prend à notre égard le nom de Père ; nous jouissons de cette relation d’enfants, dans la mesure pratique de notre séparation pour Dieu.

Toutes ces promesses faites par Dieu : « J’habiterai au milieu d’eux, je serai leur Dieu, je vous serai pour Père, vous me serez pour fils et pour filles », conduisent à la séparation individuelle préfigurée dans l’absence d’un vêtement d’un tissu mélangé.

Nous sommes exhortés à nous purifier nous-mêmes de toute souillure de chair et d’esprit :

·       la sainteté dans la conduite individuelle au dehors : la marche, les paroles et les actes,

·       la sainteté aussi dans l’état intérieur de nos âmes et de nos cœurs.

En réalisant celle-ci, notre pensée ne va pas au delà de notre parole (Ps. 17:3) ; toute pensée est amenée captive à l’obéissance du Christ (2 Cor. 10:5) ; nos cœurs sont maintenus en ordre et dans la vigilance ; la sainteté dans les actes en découle.

Enfin, la sainteté s’achève dans la crainte de Dieu.

Si ces trois caractères de sainteté pratique (vis-à-vis de nos associations avec le monde, en rapport avec le monde religieux, dans notre marche individuelle) sont réalisés par les enfants de Dieu, c’est que nous n’avons pas reçu la grâce de Dieu en vain.

 

6                    2 Corinthiens 7:2-16

6.1   2 Corinthiens 7:2-7

16-12-1969

Dans le chapitre 7, l’apôtre revient à ses relations avec les Corinthiens, et montre l’intérêt profond qu’il leur portait.

Nous savons que Paul avait envoyé Tite à Corinthe porter sa première lettre, lui-même s’étant dirigé vers l’Asie Mineure et la Troade, où Tite devait venir à sa rencontre.

Dans son affection pour les Corinthiens, et sans nouvelles d’eux, Paul avait quitté la Troade et l’œuvre dans cette région, pour se diriger vers la Macédoine (2 Cor. 2:12-14), où il avait enfin rencontré Tite, qui lui avait rapporté les heureux effets moraux produits par la première lettre. C’est maintenant de Macédoine que l’apôtre, avec Timothée, écrit cette seconde lettre.

Ayant développé dans les premiers chapitres les principes de son ministère, Paul ouvre maintenant son cœur — les Corinthiens y étaient à mourir ensemble et à vivre ensemble — montrant ainsi le lien entre ses sentiments et ses affections et l’exercice de son ministère.

Il dirige d’abord les Corinthiens dans le chemin de l’amour (v. 2 à 7), puis dans celui de la repentance (v. 8 à 12), et enfin de l’obéissance (v. 15).

L’apôtre n’avait pas voulu être à charge à l’assemblée de Corinthe (2 Corinthiens 11:9) pour ne pas donner occasion à ceux qui le critiquaient injustement. Il manifeste une sagesse semblable vis-à-vis des Éphésiens (Actes 20).

Cet exemple de l’apôtre ne diminue toutefois pas la responsabilité des assemblées et des saints vis-à-vis des serviteurs (Gal. 6) et la valeur aux yeux du Seigneur des dons de libéralité à ceux-ci (Phil. 4:18 ; 2 Cor. 8:1-5).

Paul parle ensuite des circonstances qui lui étaient survenues en Macédoine, expliquant la valeur des consolations dont il avait déjà parlé au chapitre 1. Dieu lui-même l’avait consolé (1) par la venue de Tite, (2) par la consolation de Tite lui-même, de telle sorte qu’il pouvait à son tour consoler aussi les autres.

Tite était un grec converti que Paul n’avait pas circoncis, à la différence de Timothée, en l’emmenant avec lui à Jérusalem (Galates 2:3 et voyage de Actes 15). Plus tard, il le laissera en Crète (épître à Tite), puis le fera appeler à Nicopolis. Enfin, Tite ira à Rome et quittera Paul pour la Dalmatie pendant la captivité de l’apôtre.

Ici, nous voyons combien Tite avait partagé les afflictions de l’apôtre, puis avait été consolé par Dieu au sujet des Corinthiens.

Mais les afflictions et les exercices de l’apôtre avaient été aussi partagés par Timothée, témoignage lui étant rendu qu’il avait été connu à l’épreuve, alors que tous avaient abandonné l’apôtre.

Il importe de remarquer que Dieu console les affligés et les abaissés, encouragement profond pour les faibles et les pauvres du troupeau. Si Dieu résiste aux orgueilleux, Il donne la grâce aux humbles.

 

6.2   2 Corinthiens 7:8-12

30-12-1969

Les versets 8 à 12 montrent le travail de repentance produit dans la conscience des Corinthiens et de l’assemblée par la première lettre de l’apôtre et par le ministère de Tite parmi eux.

On y voit en même temps le touchant conflit dans le cœur de Paul entre la nécessité d’écrire sévèrement cette lettre inspirée, selon l’énergie du Saint Esprit d’une part, et les affections profondes qui l’unissaient aux Corinthiens d’autre part.

Ayant laissé pour un temps le libre cours de ces affections, Paul en était venu à regretter même d’avoir écrit cette lettre se plaçant ainsi au dessous du niveau de l’énergie de l’inspiration qui l’avait poussé à présenter les commandements du Seigneur. En 1 Corinthiens 7, on voit la différence entre l’apôtre inspiré, l’apôtre seulement revêtu de l’autorité apostolique, et le chrétien d’expérience, fidèle dans sa marche, auquel s’attache une autorité morale. Ici, en 2 Corinthiens 7, on trouve la différence dans l’expérience elle-même de Paul serviteur.

En écrivant sa deuxième lettre, l’apôtre était encore peiné d’avoir attristé les Corinthiens, mais réjoui de ce que cette tristesse avait été selon Dieu, opérant une repentance à salut.

Dans l’assemblée de Corinthe, un mal public grave avait été en effet toléré ; la crainte de Dieu, perdue, était remplacée par de l’enflure d’orgueil. Comme autrefois la faute d’Acan souillait tout le peuple (c’est Israël qui avait péché), l’assemblée toute entière était souillée par ce mal mentionné en 1 Corinthiens 5. Une telle plaie ne pouvait se guérir toute seule, Dieu seul pouvait amener l’humiliation, la confession, la repentance et la restauration.

Devant une telle situation, Paul, de la part de Dieu, avait parlé comme il devait le faire, sans s’épargner lui-même ou les autres en face des droits et de la gloire du Seigneur, mais sans que cessent les exercices de son cœur toujours rempli d’affection et de délicatesse, sans enfin sortir jamais de sa place de serviteur de tous les saints.

Le service de l’apôtre avait porté des fruits de la part de Dieu et une vraie repentance avait été produite. Le jugement moral de ce qui avait été commis était porté dans la présence de Dieu : c’est le côté des herbes amères de la Pâque qui, dans un sens, caractérisent toute la vie du chrétien, et le sacrifice pour le péché devait être mangé dans un lieu saint après la désobéissance de Nadab et Abihu (Lév. 10:17, 18). Lorsque la conscience est atteinte, l’humiliation accompagne la tristesse, remplaçant l’irritation d’un état d’endurcissement.

Toutes ces vérités solennelles comportent des enseignements pour nous maintenant. Une assemblée est souillée par un mal manifesté, ou même caché, car l’Esprit est contristé. Un mal public ne peut être ôté que s’il est réglé devant tous ceux vis-à-vis de qui Christ a été déshonoré, et toute la lumière doit être faite quand cela est nécessaire. Mais bien des manquements moins graves que celui qui était présent à Corinthe, peuvent être réglés devant Dieu sans venir au jour. Mais à tous égards, la sainteté sied à la maison de Dieu et à la Table de Celui qui est le Saint et le Véritable. Au reste, la mesure de cette sainteté, c’est la valeur du sang de Christ aux yeux de Dieu.

Dieu seul peut nous garder, mais nous devons veiller sur nous-mêmes, pour que des défaillances de détail ne conduisent pas à des chutes graves, et veiller aussi les uns sur les autres : précieux service lié au don de pasteur et à la charge d’ancien, tous deux si rares dans les assemblées aujourd’hui.

 

6.3   2 Corinthiens 7:12-16

6-01 1970

Satan livrait à Corinthe de terribles assauts pour emporter l’assemblée.

Dieu a permis de telles circonstances déjà au début de la période de l’Église, pour que la Parole inspirée, écrite à de telles occasions, soit le secours et l’instruction de ceux qui devaient connaître des combats semblables plus tard, car Satan a renouvelé bien souvent, ailleurs et depuis, ses assauts contre le témoignage du Seigneur.

À cet égard, ce chapitre est pour nous d’une grande importance, surtout le fond du tableau présenté par l’histoire de cette assemblée, et les voies du Seigneur envers elle, tous les détails, à leur place, devant en même temps retenir notre attention.

La chute des Corinthiens avait son origine dans le fait qu’ils avaient perdu de vue la position chrétienne, comme le montre 1 Cor. 1:2, oubliant qu’ils étaient « sanctifiés dans le Christ Jésus, saints appelés ».

L’orgueil (un simple contentement de soi-même d’abord) — le sommeil spirituel, le laisser aller moral (danger bien plus caractérisé encore maintenant qu’il y a un siècle) peuvent nous conduire à être emportés dans toutes sortes de maux et jusqu’à la corruption (Judas n’aurait jamais pensé qu’un jour il livrerait son Maître).

Et comment supposer que dans l’état des Corinthiens, certains soutenaient encore le coupable ? On aurait pu penser que c’en était fait du témoignage à Corinthe. Mais, lorsque tout est désespéré, des croyants fidèles dirigés par Dieu se tournent vers Lui pour mener deuil et implorer Son secours. C’est la position de Daniel à Babylone (Daniel 9), ici de l’apôtre.

Au siècle dernier, des frères ont imité Paul de très près dans des circonstances au moins aussi éprouvantes que celles de Corinthe. Que le Seigneur suscite dans les assemblées de tels croyants humbles et fidèles pour prendre part à de tels combats !

On sait d’après les chapitres 10 et 13 de cette deuxième épître que tout n’était pas encore réglé à Corinthe. Néanmoins, les Corinthiens s’étaient séparés moralement du mal et avaient montré qu’ils étaient purs dans l’affaire.

L’apôtre avait été réjoui de constater les fruits de la grâce en eux : il était à la fois consolé et encouragé (c’est le même mot) quant aux Corinthiens, le ministère de l’apôtre avait eu trois effets sur eux :

·       de resserrer les liens d’affection avec lui,

·       de les amener à la repentance,

·       puis à l’obéissance (v. 15),

car ils avaient de plus reçu Tite avec crainte et tremblement, justes sentiments liés à la présence du Seigneur réalisée.

Aussi ce chapitre se termine-t-il par la reconnaissance de l’apôtre qui avait de la confiance à leur égard.

 

7                    2 Corinthiens 8

7.1   2 Corinthiens 8:1-9

13-01-1970

Dans la deuxième partie de l’épître qui s’étend du chapitre 6 au chapitre 9 inclus, et qui présente les fruits du ministère, les chapitres 8 et 9 inclus touchent le sujet des dons matériels et du service de la bienfaisance.

Lorsque l’apôtre Paul, lors d’un précédent voyage à Jérusalem, avait été reconnu apôtre des Gentils, il avait été convenu avec les autres apôtres, qu’une collecte devait être faite pour les saints pauvres à Jérusalem (Gal. 2:10). L’apôtre avait donné ses instructions aux assemblées de la Galatie au sujet de cette collecte spéciale, comme il en avait parlé aux Corinthiens dans la première épître (1 Cor. 16:1-3). Il développe maintenant ce sujet dans ces deux chapitres 8 et 9. Plus tard, en montant à Jérusalem, il parlera du même sujet aux Romains (Rom. 15:25-32). Ce rapprochement montre incidemment que l’épître aux Romains est postérieure aux deux épîtres aux Corinthiens. Nous savons aussi historiquement que l’apôtre est allé été lui-même porter les dons à Jérusalem, et que ce voyage a été l’occasion de ses liens. Il dit à Félix en Actes 24:17 : « après plusieurs années, je suis venu pour faire des aumônes à ma nation et des offrandes ». Le ministère de Paul a ainsi pris fin, Rome n’a été que la prison de l’apôtre, et l’Esprit ne dit pas qu’il ait été en Espagne ; mais d’un autre côté, ces circonstances ont été pour lui l’occasion d’écrire les épîtres aux Éphésiens, aux Philippiens, aux Colossiens, à Philémon, peut-être même aux Hébreux. Combien les voies de Dieu sont insondables, combien l’est la grâce du Seigneur !

Un sujet délicat, d’apparence secondaire, mais tellement sorti de sa place dans la chrétienté, fait l’objet d’un enseignement simple et profond, qui élève nos cœurs à la hauteur de la grâce de Dieu, grâce si souvent soulignée dans ces deux chapitres. Nous trouvons ici l’application pratique des enseignements que le Seigneur lui-même donne dans les chapitres 15, 16 et 17 de l’évangile de Luc, touchant en particulier l’économe infidèle et les richesses injustes. Tout appartient à Dieu : tout bien lui appartient et revient à Lui. Dieu crée l’état du cœur, la spontanéité et la libéralité des offrandes, sans que soit oublié le jugement sain des choses, qui nous conduit notamment à faire face aux responsabilités dans le cadre de la famille (les enfants, les parents et les veuves : 1 Tim. 5:4, 8, 16).

Dans les versets 1 à 5, les assemblées de Macédoine sont données en exemple (la Parole mentionne celles de Philippes, Thessalonique et Bérée). Elles avaient subi de grandes tribulations, et au milieu de leur profonde pauvreté avaient abondé en libéralité. Considérant comme une grâce de Dieu de pouvoir faire dons de leurs biens matériels, ils avaient agi avec spontanéité, s’étant d’abord donnés premièrement au Seigneur.

À partir du verset 6, l’apôtre envisage le cas des Corinthiens, plus riches et moins prompts à donner, car depuis une année que la collecte pour les pauvres de Jérusalem avait commencé, leur zèle s’était ralenti. Ce peu d’empressement était lié, en fait, à leur mauvais état moral ; et si Paul ne voulait pas accepter pour lui-même un don de Corinthe, il désirait cependant que leurs offrandes pour d’autres soient à la hauteur de l’exemple des assemblées de Macédoine.

Dans la première épître, l’apôtre rendait grâce de ce qu’ils étaient enrichis en toute parole et connaissance, en dépit de leur triste conduite. Maintenant, la repentance avait produit l’amour ajouté ici au verset 7 à la foi, à la parole et à la connaissance ; et l’amour devait les conduire à abonder dans cette grâce de s’occuper des pauvres. La sincérité de leur amour était mise à l’épreuve. L’apôtre leur parle alors de Jésus le Pauvre ; au Ps. 41 une béatitude est conférée à celui qui le comprend. Jésus était riche, Il a tout donné et a vécu dans la pauvreté pour nous enrichir. Au sein de cette pauvreté volontairement acceptée, le Seigneur n’a pas oublié les pauvres laissant aux siens cette parole : « Il est plus heureux de donner que de recevoir » (Actes 20:35), et l’exemple parfait d’un dévouement sans limites.

Et l’apôtre suivait maintenant les traces de son Maître : prêt à dépenser et à être entièrement dépensé pour les saints, au milieu de tant d’exercices et de souffrances, n’ayant rien quant au monde et enrichissant plusieurs.

 

7.2   2 Corinthiens 8:10-15

20-01-1970

La comparaison des versets 10 et 11 avec Phil. 2:13 : « c’est Dieu qui opère en vous et le vouloir et le faire », nous montre que dans tout service, celui de la charité en particulier, l’ordre moral selon Dieu est de vouloir, de faire et enfin d’achever.

Dieu produit la volonté — le cœur étant engagé — mais le service ne peut s’accomplir que si l’on est en état de le faire. Les Corinthiens avaient été réveillés dans leur conscience à cet égard et la charité pouvait s’accomplir dans un état moral que Dieu aimait.

La charité peut être individuelle — le fruit d’un exercice du croyant avec le Seigneur — réalisée sans que sa main gauche sache ce que fait sa droite (Matt. 6:3). Le Seigneur apprécie l’état du cœur qui donne — la pauvre veuve à la porte du Temple avait donné plus que tous les autres (Marc 12:43 et Luc 21:1-4), et chacun devrait faire selon ce qui est en son pouvoir comme Marie répandant le parfum (Marc 14:8).

La bienfaisance est aussi collective comme nous le montre le cas des Corinthiens. L’administration de ces biens matériels demande de la sagesse et de la délicatesse. C’est comme appartenant au Seigneur qu’ils doivent être distribués, sans que les frères qui en sont chargés, avec la confiance de l’assemblée locale, en tirent un profit moral pour eux-mêmes.

Les versets 13 à 15 montrent que le service de la bienfaisance doit se faire sur un principe d’égalité.

Les saints de Jérusalem étaient persécutés par les Juifs et les nations, emprisonnés, dépouillés de leurs biens (Héb. 10:34), traversant une famine qui avait été annoncée par le prophète Agabus (Actes 11:27-30). L’abondance spirituelle de ces croyants Juifs avait suppléé aux besoins des nations (les Corinthiens en particulier) ; aussi les nations devaient-elles maintenant les servir dans les choses charnelles (Rom. 15:27).

Ce principe d’égalité ne suppose certainement pas le nivellement des fortunes (la fortune fait également partie des éléments du monde de Col. 2:20 et Gal. 4:9), pas plus qu’il n’implique que certains soient opprimés ou dans le besoin tandis que d’autres seraient dans l’abondance. Un ordre formel n’est pas donné, mais le travail de l’Esprit dans la puissance de la grâce devait s’accomplir pour que chacun profite de ce que les autres possèdent, la conscience de tous étant en exercice : ceux qui ont beaucoup ou ceux qui n’ont rien, ceux qui donnent ou ceux qui reçoivent.

La pensée d’un serviteur fidèle conserve maintenant encore toute sa valeur : « Faites votre service, parlez peu, passez ».

À partir du verset 16, l’apôtre montre, par son exemple personnel, la sagesse qui élève le serviteur au-dessus de tout soupçon ; plus un serviteur est en avant de la part du Seigneur et plus son comportement doit être exempt de toute équivoque. Paul lui-même ne voulait pas être seul pour se charger des collectes ; il s’adjoint Tite dans ce service et deux autres frères aussi.

 

7.3   2 Corinthiens 8:16-24

27-01-1970

Tite, heureux du résultat de sa première visite, dans son affection et son zèle pour les Corinthiens, était prêt à aller à nouveau auprès d’eux pour recueillir le fruit de la grâce de Dieu en eux dans leur service pour les saints. Mais Tite n’était pas seul pour ce service ; deux autres frères, messagers des autres assemblées qui avaient contribué à la même collecte pour les pauvres de la Judée accompagnaient Tite à Corinthe. L’un d’entre eux, au moins, avait été en outre choisi par les assemblées comme compagnon de voyage de l’apôtre pour monter à Jérusalem. Car l’apôtre ne voulait pas se charger seul de l’argent des collectes sans être accompagné par des frères ayant la confiance des assemblées, prenant soin que tout soit honnête, non seulement devant le Seigneur, mais aussi devant les hommes (v. 21).

Le nom de ces deux frères, compris sans doute dans la liste des 7 compagnons de l’apôtre donnée en Actes 20:4, ne nous est pas donné ici, mais le témoignage de leur marche fidèle est plus précieux que leur nom : ils étaient les envoyés des assemblées, la gloire de Christ.

On voit donc dans ces deux chapitres le déploiement d’exercices et de sentiments produits par l’Esprit dans l’activité de la grâce, aussi nécessaire pour donner que pour recevoir, et dont la place significative est soulignée par le fait qu’elle est nommée 12 fois dans ces chapitres (8:1, 4, 6, 7, 19) — 3 fois touchant la bénédiction divine (8:9 et 9:8, 14) — 4 fois exprimant les remerciements rendus à Dieu soit par l’apôtre (8:16 et 9:11, 15), soit par les bénéficiaires des dons (9:12).

Le sentiment de la grâce maintient dans la dépendance et nous garde de la routine. Si Dieu permet qu’il y ait des pauvres dans Sa famille, c’est pour que la puissance d’un amour vrai et sans égoïsme se manifeste pratiquement dans les besoins des saints.

Le service de la bienfaisance est donc une manifestation de l’amour (c’est lui qui lui donne sa valeur, 1 Cor. 13:3) dans son exercice collectif. Il est lié à la réalisation du culte (Héb. 13:16), et doit toujours être accompli à la gloire du Seigneur lui-même (v. 19), dans le sentiment que nous sommes Ses rachetés, et que c’est au Seigneur que nous donnons. Autrefois, en Israël, les Lévites — absolument donnés à Aaron et à ses fils — n’avaient pas de part (Dieu était leur part et leur héritage) ; de la dîme qu’ils recevaient des fils d’Israël, ils devaient offrir à l’Éternel la dîme de la dîme, et cette offrande élevée était pour Aaron, le sacrificateur (Nb. 18:6 et 25-32), précieuse figure des droits du Seigneur vis-à-vis de tous les croyants et des serviteurs en particulier.

La charité accomplie selon Dieu, s’exerce d’abord vis-à-vis de ceux de la maison de la foi, avec la sagesse que Dieu donne pour qu’il soit répondu à tous les besoins, sans que certains soient comblés au-delà de la mesure. La dépendance de Dieu remplace avantageusement tout contrôle ou organisation humaine.

La charité bien exercée produit des liens heureux d’affection fraternelle, l’amour étant en exercice dans la vie courante ; le contact, dans la communion avec le Seigneur, avec les besoins et même les détresses est profitable à l’âme, le Seigneur prend alors Sa place comme centre et objet dans le cœur de tous.

 

8                    2 Corinthiens 9

3-02-1970

L’apôtre avait parlé du service des saints dans sa première épître, et maintenant il envoyait à Corinthe trois frères, afin que tout soit prêt quand lui-même y viendrait avec les frères de la Macédoine ; il avait déjà parlé en Macédoine de la disposition du cœur des Corinthiens à donner et maintenant il ne voulait pas que ce qu’il avait dit soit démenti par les faits ; néanmoins la libéralité devait venir du cœur et non pas être une chose extorquée. On remarque que Paul, non seulement rappelait ces choses aux Corinthiens avec une grande délicatesse, mais lui-même aussi participait à cette collecte (v. 5).

Les conséquences de la fidélité dans le service envers les saints sont ensuite développées dans les versets 6 à 14.

 

Verset 6 : nous moissonnerons en proportion de ce que nous aurons semé, soit chichement, soit libéralement. À la chute l’homme a perdu tous ses droits, et tout ce que nous possédons ne constitue que des richesses injustes : nos biens appartiennent à Dieu et doivent être employés pour Sa gloire. Pour le peuple d’Israël, la libéralité ouvrait, de la part de Dieu, les écluses des cieux (Malachie 3:10). La récompense du chrétien est d’ordre spirituel : ce sont les richesses impérissables, la consolation du pauvre Lazare dans le monde invisible (Luc 16), et le trésor dans le ciel promis au jeune homme riche.

 

Verset 7 : Dieu aime celui qui donne joyeusement. L’absence de regret et de contrainte dans l’élan du cœur à donner avec joie, produit dans l’âme une connaissance spéciale de l’amour de Dieu et de Son approbation.

 

Versets 8-10 : Dieu est puissant pour bénir ceux qui donnent, Il fait abonder toute grâce envers eux, afin qu’ils abondent pour toute bonne œuvre. La citation du Ps. 112 nous parle de l’homme bienheureux qui craint l’Éternel : c’est un juste qui donne, et sa justice pratique demeure à perpétuité. Dieu honore les saints qui emploient leurs biens pour Lui. Les fruits de leur justice, conséquence de leur marche fidèle, sont alors répandus au dehors dans une entière libéralité.

 

Versets 11-13 : les actions de grâces étaient rendues à Dieu, par l’apôtre et par ceux qui profitaient des libéralités des saints ; ils bénissaient Dieu de ce que le nom de Christ était confessé ; les liens de la charité étaient resserrés et toute la gloire en revenait à Dieu.

 

Enfin au verset 14 des supplications étaient présentées à Dieu en faveur des Corinthiens. Les serviteurs sont ainsi portés par les saints devant le trône de la grâce.

 

Alors l’apôtre peut conclure : « Grâces à Dieu pour son don inexprimable (ou ineffable) ». Christ, affligé et pauvre, a manifesté Sa grâce en vivant dans la pauvreté pour nous enrichir (8:9). Et Dieu dans sa libéralité nous a fait le don inexprimable de la personne de Christ lui-même. Ce don de Dieu est la preuve et la puissance de la grâce dont les fruits ont été présentés dans ces deux chapitres, qui terminent le sujet proprement dit de l’épître.

 

9                    2 Corinthiens 10

9.1   2 Corinthiens 10:1-7

10-02-1970

Une nouvelle et dernière division de l’épître commence avec le chapitre 10.

Les chapitres 1 à 5 ont présenté le ministère, ses différents aspects et les sujets qu’il traite ; les chapitres 6 à 9 en présentent les fruits, alors qu’à partir du chapitre 10, par l’exemple de Paul lui-même, la personne du ministre est présentée, en contraste avec celle des faux docteurs dont l’activité tendait à éloigner les Corinthiens de la personne de Christ.

Satan avait livré à l’assemblée de Corinthe des assauts pour la détruire en y introduisant les activités de la chair et la corruption. D’autres dangers se faisaient jour maintenant, par l’activité de faux apôtres et d’ouvriers trompeurs qui, en s’élevant eux-mêmes, cherchaient à détruire l’autorité morale de l’apôtre aux yeux des Corinthiens.

Dans un tel combat, qui, en fait, était celui de la puissance de Satan contre Christ lui-même et les saints, nous trouvons Paul à la brèche, énergique et infatigable, mais revêtu d’abord de la douceur et de la débonnaireté même de Christ.

Paul chétif quant à l’apparence, était un vase brisé, mais la puissance qui se manifestait par lui, et son ministère, étaient de Dieu ; à tous égards, son état moral était au niveau de son ministère. Car l’apôtre, s’il était encore dans la chair (c’est-à-dire lié à la première création par son corps), ne marchait pas et ne combattait pas selon la chair (c’est-à-dire selon les principes moraux du vieil homme condamné) comme certains l’affirmaient.

Il est instructif de voir chez Paul le travail en grâce et en patience pour produire le bien et chercher à ramener à Christ les âmes qui s’égarent, en même temps que l’exercice de l’autorité reçue de Dieu, manifestée avec hardiesse et assurance et pouvant aller jusqu’au jugement.

La guerre que Paul faisait au mal trouvait sa force dans les armes spirituelles, puissantes par Dieu.

En Éphésiens 6, le combat dans les lieux célestes de chaque chrétien requiert l’armure complète de Dieu, surtout les armes défensives. Ici, le côté du serviteur et de l’apôtre est plus spécialement en vue, et les armes sont essentiellement offensives. Mais rien n’est charnel dans le combat : il fallait la puissance de Dieu pour que la muraille de Jéricho tombât sous elle-même ; il nous faut la même puissance pour le combat chrétien et pour suivre un Maître qui a dit : « Mon royaume n’est pas de ce monde » (Jean 18:36) ; aussi, la place des chrétiens, pas plus que celle des disciples, n’est d’avoir une épée à la main.

Les armes spirituelles qu’avait l’apôtre produisaient 3 résultats présentés dans les versets 5 et 6 :

·       détruire les raisonnements et toute hauteur : l’orgueil de l’homme qui se substitue à Dieu,

·       amener toute pensée captive à l’obéissance du Christ, contrairement aux faux docteurs qui cherchent à attirer les âmes après eux (comme les loups redoutables d’Actes 20),

·       tirer vengeance de toute désobéissance après que celle des Corinthiens aurait été rendue complète.

Car, par les exhortations de l’apôtre, ceux qui voudraient écouter seraient ramenés, et se soumettraient à Christ. Les autres, les faux docteurs en particulier, seraient ainsi isolés et l’objet de la juste discipline de Dieu par le moyen de l’autorité apostolique de Paul à laquelle se liait la conscience de ceux qui avaient été ramenés au bien.

Par la puissance et la direction de l’Esprit, un jugement gouvernemental séparatif serait ainsi opéré pour la gloire de Christ dans l’assemblée.

 

9.2   2 Corinthiens 10:3-9

17-02-1970

À Corinthe, on cherchait à se débarrasser de la personne de l’apôtre Paul pour attaquer son œuvre ; les faux docteurs qui s’y employaient n’avaient pas conscience d’être en cela des instruments de Satan, en résistant à l’Esprit Saint et à la Parole de Dieu.

L’apôtre répond à tout, par un dévouement sans limite par l’assemblée de Dieu à Corinthe ; sa patience est parfaite (c’est l’enseignement de Jacques 1:4) et néanmoins il ne cède sur aucun point.

L’apôtre parle de manière solennelle pour que la conscience de l’assemblée soit atteinte et que la séparation s’opère au sein de l’assemblée entre ceux qui seraient formés à l’obéissance — qui serait rendue complète après ce temps de mise à l’épreuve — et les autres qui refuseraient de se soumettre, et qui seraient l’objet du jugement, car il viendrait un jour où Paul n’épargnerait pas (ch. 13).

Dans le désert autrefois, tout Israël était mis à l’épreuve : « Tous les professants sont mis à l’épreuve sur la base d’une rédemption accomplie ; s’ils n’ont pas la vie, ils tombent en chemin, tandis que les vrais croyants persévèrent jusqu’au bout » (Introduction JND p. 15).

Les exercices qui marquaient l’assemblée de Corinthe devaient manifester le véritable état moral de chacun, et Paul ne s’attendait pas à ce que tous obéissent : dans les questions d’assemblée et les décisions ecclésiastiques, la pensée de l’unanimité ou d’une majorité numérique ne se trouve pas dans l’Écriture, bien que nous soyons toujours exhortés à être un cœur et une âme, à être d’une même pensée et à rechercher une seule et même chose. C’est la pensée et l’approbation du Seigneur qui doivent seules compter pour les saints. Le Seigneur saura faire valoir Sa volonté, si les siens s’attendent à Lui, et Le recherchent dans l’humilité et le deuil.

L’apôtre s’appuie donc sur son autorité comme apôtre, mais elle lui était confiée par le Seigneur pour l’édification et non pour la destruction (v. 9). Il ne s’en glorifiait donc pas vis-à-vis des Corinthiens, acceptant de demeurer chétif à leurs yeux pour ne pas les effrayer. Quelle remarquable manifestation de la puissance de l’Esprit et de la grâce dans cet homme !

Paul s’appliquait à rechercher l’unité chrétienne, en revêtant sa propre autorité apostolique de la puissance de la conscience de l’assemblée réveillée à cet effet par l’action de l’Esprit.

On remarque donc combien ces deux épîtres sont riches d’enseignements pour la vie pratique des assemblées. Il n’y a plus d’autorité apostolique (toute succession ecclésiastique est étrangère à l’Écriture), mais dans une certaine mesure, une énergie spirituelle de même nature a réapparu, par la grâce de Dieu, à la Réformation et au Réveil.

Lorsque les soins de l’apôtre manquent, Dieu peut se servir des surveillants et des serviteurs (Phil. 1). La présence de croyants pieux et exercés dans une assemblée peut prévenir les difficultés préparées souvent par le sommeil spirituel, le relâchement et l’influence du monde.

Néanmoins, tout le travail en grâce préventive, reste celui du Seigneur.

 

9.3   2 Corinthiens 10:10-18

24-02-1970

L’apôtre n’avait, extérieurement, pas d’apparence — à l’image de Son Maître qui n’avait eu ni forme, ni éclat (És. 53). Mais, pour l’apôtre, sa présence personnelle faible et sa parole méprisable étaient permises par Dieu comme discipline nécessaire pour le conserver dans l’humilité (2 Cor. 12 et Gal. 4). Paul, caché derrière Christ, acceptait ainsi d’être sans apparence, preuve que Dieu agissait (c’est là une leçon pour nous). La puissance de Dieu en lui n’était pas moins réelle, manifestée moralement d’abord, ensuite aussi par des miracles extraordinaires (Actes 19:11).

L’autorité que le Seigneur lui avait confiée pour l’édification pouvait aller jusqu’au châtiment : par exemple livrer un homme à Satan. Un tel exercice d’autorité divine en jugement n’est pas vu dans l’Écriture confié à d’autres hommes qu’à des apôtres. Néanmoins, le Seigneur continue à reprendre et châtier tous ceux qu’Il aime (Apocalypse 3:19, Laodicée), et Il conduit les saints à dénoncer le mal.

L’apôtre n’osait pas se comparer à lui-même ni se recommander lui-même. C’est celui que le Seigneur recommande qui est approuvé. C’était le cas de Paul qui savait être apôtre, non de la part des hommes, ni par l’homme, mais par Jésus Christ et Dieu le Père (Gal. 1), retiré du milieu du peuple et des nations (Actes 26), vase d’élection pour porter le nom de Jésus.

La pensée pour un serviteur d’être appelé de la part du Seigneur et recommandé par Lui est un grand réconfort intérieur.

Mais ce n’était pas le cas de ces faux docteurs qui n’avaient d’autre mesure qu’eux-mêmes ; leur vanité orgueilleuse et inintelligente ne leur permettait de se comparer à personne ; en fait, Dieu ne leur avait donné aucune mesure. Entrant sans y avoir participé dans le champ du travail de l’apôtre, ils essayaient d’y ruiner l’œuvre de Dieu au milieu d’un peuple déjà devenu chrétien.

Paul, lui, ne dépassait pas la mesure que le Dieu de mesure lui avait départie. Il travaillait là où la vérité n’avait pas encore été prêchée. Il espérait, par une visite aux Corinthiens restaurés, que son ministère s’agrandirait au milieu d’eux par l’accroissement de leur foi (v. 15), et qu’il pourrait ainsi prêcher l’évangile en d’autres lieux (Rom. 15).

Combien il est important de nos jours de rapporter tout au Dieu de mesure et d’être conscient de la mesure de la règle départie à chacun ! Un frère peut être qualifié pour un service, et moins ou pas du tout pour un autre ; nous sommes appelés à reconnaître ce que le Seigneur a, ou n’a pas donné aux autres, pour le bien de tout le corps.

Au reste, le vrai serviteur de Dieu n’a qu’un seul sujet de se glorifier, le Seigneur.

 

10               2 Corinthiens 11

10.1                   2 Corinthiens 11:1-3

3-03-1970

Le chapitre précédent présentait surtout l’état intérieur et la condition de Paul en rapport avec le service ; maintenant est présentée la révélation de ses sentiments en rapport avec Christ lui-même dans les exercices de l’apôtre vis-à-vis des Corinthiens.

Il demande aux fidèles d’entre eux, qui avaient été restaurés, de le supporter un peu pendant qu’il agissait en insensé en parlant de lui-même, expression qu’il est obligé de répéter plusieurs fois (11:1, 16, 21 ; 12:11) en raison de la conduite et des propos des faux docteurs qui mettaient en cause l’authenticité du ministère de l’apôtre.

Mais si Paul paraissait parler de lui-même, en fait, il s’occupait des saints pour les attacher à Christ exclusivement. Dans la pureté de ses motifs, le ministère de l’apôtre avait pour objet de former les Corinthiens à répondre aux affections de Christ pour Sa gloire. Paul avait été appelé à évangéliser (1 Corinthiens 1:17), mais la prédication du salut de l’âme, toute fondamentale qu’elle soit, ne constituait pas sa seule mission, et Dieu lui avait confié quatre autres révélations liées aux mystères de Son conseil éternel relatif à Christ et à l’Église ;

 

·       L’Assemblée, corps de Christ, pour laquelle Il s’est livré Lui-même (Éph. 5).

·       L’unité du corps (Éph. 1 et 4) exprimée dans la Cène, à la Table du Seigneur (1 Cor. 10 et 11).

·       La première résurrection, notamment celle des saints qui se sont endormis pendant la dispensation de l’Église (1 Cor. 15).

·       L’enlèvement des saints au retour du Seigneur (1 Thess. 4) pour être avec Lui.

 

C’est du côté des affections de Christ pour les saints et des saints pour Christ que cette première révélation de l’assemblée est mentionnée ici, en prenant comme symbole l’union d’Adam et d’Ève, ou du mari et de sa femme (comme en Éph. 5:32 : « Ce mystère est grand ; mais moi je parle relativement à Christ et à l’assemblée »). Car l’Église (dont les Corinthiens faisaient partie) est unie à Christ par le lien indissoluble de l’épouse et de l’époux et, quoique les noces de l’Agneau soient encore à venir, néanmoins la jouissance de cette relation produit dans le cœur un caractère d’affection qui lui est propre. En fait, la seule réponse de chaque croyant qui soit à la hauteur de l’œuvre de Christ, est la consécration des affections pour Lui.

Bien que les relations de Christ avec Son peuple terrestre, puis le Résidu fidèle de la fin, soient d’un autre ordre, elles nous sont données pour notre application morale. Dieu parle à Son peuple, en Jérémie 2:2, de « la grâce de ta jeunesse, de l’amour de tes fiançailles… dans le désert ». Le Cantique des Cantiques présente en figure trois expressions de la satisfaction du cœur du chrétien : posséder Christ, Lui appartenir, enfin, posséder l’indicible connaissance qu’Il trouve Ses délices en nous.

L’état pratique de l’Église dépend donc de ses affections pour Christ ; si elles disparaissent, le lien n’a plus de sens, comme dans les relations humaines. Ceci rend très solennel le reproche que le Seigneur adresse à Éphèse, en Apocalypse 2, d’avoir abandonner son premier amour. Cet état conduit à l’infidélité caractérisée, manifestée au sein de Thyatire, suivie de l’apparition de la fausse épouse, Babylone, jugée par Dieu lui-même.

Paul était donc jaloux à l’égard des Corinthiens d’une jalousie de Dieu. Comme lui, tous les serviteurs devraient avoir comme but de lier les âmes à Christ et de ne pas ravir les affections des saints pour Christ.

Inversement, Satan, introduit ici comme le serpent, accomplissait son travail : sur la terre la séduction pour détourner et corrompre, dans le ciel l’accusation des frères jour et nuit (Apocalypse 12:10).

Nos pensées ne seront pas corrompues si notre entendement est renouvelé (Rom. 12:2 et Éph. 4:22-24).

Elles ne seront pas non plus détournées de la simplicité quant au Christ, si nos affections pour Lui sont puissantes. L’attachement exclusif à Christ ne permet pas le partage.

 

10.2                   2 Corinthiens 11:4

10-03-1970

On découvre en poursuivant la lecture de ces épîtres aux Corinthiens à quel degré l’ennemi avait ruiné cette assemblée. La présence de l’immoralité, de la corruption et de l’orgueil en particulier, la conduisait insensiblement vers le rejet total de la vérité et du christianisme, car un mal ne demeure jamais seul.

Or les Corinthiens étaient dans un état moral tel qu’ils auraient bien pu supporter qu’un faux docteur hébreu (11:13 et 22), touché par l’esprit même de l’apostasie, vienne à eux en prêchant un autre Jésus que Paul n’avait pas prêché ; ils auraient reçu un esprit différent et un évangile différent.

Paul avait prêché, à Corinthe et ailleurs, un Christ crucifié (1 Cor. 1:23), en paroles enseignées de l’Esprit, ayant la pensée de Christ (1 Cor. 2:13 et 16), annonçant l’évangile du Christ.

Que dirait Paul, s’il revenait aujourd’hui au milieu de la chrétienté et même parmi nous ?

Si l’apostasie déclarée n’est pas encore manifestée, ses signes sont présents dans le monde, de même que l’esprit de l’antichrist qui viendra en propre nom (Jean 5:43). Mais dans les assemblées, il faut veiller à l’égard de la tendance qui se fait jour de rechercher un christianisme à notre convenance et à notre mesure. Le sommeil et la paresse spirituels, liés au fléchissement de la piété, manifestent un déclin qui porte des effets différés : la force spirituelle pour maintenir la vérité disparaît et les fausses doctrines ne sont plus repoussées ; nous sommes exposés aux dangers des petits enfants de Éphésiens 4:14 (ballottés et emportés çà et là par tout vent de doctrine), ou de Hébreux 5:14 (qui n’ont pas les sens exercés à discerner le bien et le mal).

La mise en garde de ce v. 4, qui est donc pour nous d’une grande actualité, est à rapprocher des enseignements de l’épître aux Galates qui recevaient un évangile différent. Si Christ nous a retirés du présent siècle mauvais, et si nous sommes crucifiés avec Lui, ce n’est pas pour rétablir dans sa propre importance l’homme dans la chair, avec tous ses éléments humains et mondains.

Mais 1 Jean 4, établit distinctement aussi les critères du vrai christianisme et donne les marques du véritable Esprit de Dieu : c’est la confession de Jésus venu en chair, la réception de l’enseignement des apôtres (les épîtres du Nouveau Testament), l’esprit d’erreur vaincu par l’Esprit de Dieu qui demeure dans les vrais croyants.

Notre sauvegarde est de veiller à notre état intérieur et de donner à Christ Sa place dans notre cœur : le service et les œuvres suivront, et « nous ne mettrons pas le service à la place de l’holocauste » ; mais, au fond, le Saint Esprit nous maintient dans la vérité, et Dieu seul, peut nous garder sans que nous bronchions.

 

10.3                   2 Corinthiens 11:5-15

17-03-1970

Paul était apôtre par la volonté de Dieu, appelé après les douze, le moindre des apôtres (1 Cor. 15:9) ; mais dans ses travaux, il n’avait été en rien moindre que les plus excellents (v. 5).

Nous le voyons ici, serviteur fidèle — la vérité de Christ était en lui — aux prises avec les adversaires de la vérité. Il avait accepté d’être méprisé, inférieur aux autres, simple quant au langage, bien que ne l’étant pas quant à la connaissance, toujours exercé à ne donner aucune prise à la critique pour que sa marche soit à la hauteur de la vérité divine. Mais, quand cette vérité était en jeu, comme ici, Paul était prêt à sortir de son état habituel (c'est-à-dire à parler en insensé) pour revendiquer sa dignité comme ministre de Christ et révéler des points sur sa conduite, ses circonstances et ses infatigables travaux.

Les faux docteurs de Corinthe voulaient mettre en défaut l’apôtre, qui se glorifiait de n’accepter aucun don de personne. Paul aurait eu droit de vivre de l’évangile (1 Cor. 9:14) ainsi que le Saint Esprit l’avait ordonné. Il avait choisi plutôt d’être abaissé et dans le besoin (quelle leçon pour le cœur et la conscience des Corinthiens), n’acceptant rien, pour retrancher l’occasion à ces ouvriers trompeurs.

On l’accusait aussi de manque de dévouement : la révélation de ses propres circonstances montrera de quel côté se trouvait le dévouement.

À tous égards, Paul manifestait l’intégrité de cœur et l’indépendance vis-à-vis des hommes — beaucoup plus que Pierre qui était toujours sensible à l’opinion des autres — conscient que le Seigneur le recommandait et qu’il était par là approuvé.

Les Corinthiens n’étaient pas conscients de la présence des mauvais ouvriers qui accomplissaient le travail de Satan. L’apôtre les dénonce en termes très forts aux v. 13 à 15, car il peut arriver un moment où hommes et choses doivent être ainsi qualifiés.

Au reste, Paul veillait à cet égard sur le bien de toutes les assemblées : il met en garde les Philippiens contre ceux qui sont ennemis de la croix du Christ (Phil. 3:18), les Romains contre ceux qui causent des divisions et servent leur propre ventre (Rom. 16:18), et les anciens d’Éphèse (à Milet) contre les loups redoutables qui n’épargneront pas le troupeau (Actes 20:29).

Éphèse, bien qu’ayant abandonné son premier amour, ne pouvait supporter les méchants et éprouvait les faux apôtres (Apocalypse 2:2).

Un rassemblement de croyants ou une assemblée en bon état moral possède le discernement spirituel, fruit de la vraie piété, qui permet d’éprouver toutes choses, et de faire face aux ennemis du dehors et à ceux du dedans.

Corinthe n’en était plus là, puisque certains osaient même mettre en cause ouvertement la personne et le service de l’apôtre, avant que tous l’abandonnent et que le Seigneur seul se tienne près de lui (2 Tim. 4:16, 17).

 

10.4                   2 Corinthiens 11:16-23

24-03-1970

Les Corinthiens qui se prétendaient sages, supportaient volontiers les insensés qui se glorifiaient selon la chair (11:18, 19) ; aussi devaient-ils supporter l’apôtre quand il était contraint à parler en insensé et à se glorifier, quoiqu’il le fît avec assurance (v. 17), sans cesser d’agir en apôtre inspiré.

Paul se glorifiait en Dieu et dans l’espérance de Sa gloire ou dans le Seigneur (2 Cor. 10:17) et dans Sa croix (Gal. 6:14) ; ici il se glorifie dans ses infirmités (11:30 et 12:9) et dans les tribulations (Rom. 5:3), dans des choses où la chair ne pouvait trouver aucun attrait ; il le faisait de manière à atteindre le cœur des Corinthiens et à les délivrer de l’influence des faux docteurs.

Ceux-ci, en s’élevant, asservissaient et dévoraient les Corinthiens, les prenaient eux-mêmes et prenaient leurs biens et les frappaient au visage, à l’image des mauvais pasteurs de Éz. 34, du berger insensé de Zach. 11 et plus tard de l’antichrist. C’est parce que « les hommes dormaient » que l’ennemi a pu semer l’ivraie parmi le froment. Or les Corinthiens étaient prêts à tout supporter et à abandonner l’apôtre, son sain enseignement et ses soins d’amour. Combien l’homme est prêt à accepter ce qui vient de la chair, car ce qui est faux plait à celle-ci ; l’enseignement de Satan est reçu plus promptement que celui de Dieu, la superstition et l’idolâtrie prenant la place de Dieu dans l’esprit de l’homme.

L’apôtre répond à partir du v. 21. Certains avaient dit que sa présence personnelle était faible et sa parole méprisable (10:10) : c’était un déshonneur.

Étaient-ils hébreux ? c’est-à-dire Juifs natifs de Judée (à la différence des hellénistes de Actes 6 nés dans les contrées grecques ou païennes). Paul aussi était hébreu des hébreux, de la secte la plus exacte du culte juif (Actes 26:5), pharisien, fils de pharisien (Actes 23:6), instruit aux pieds de Gamaliel (Actes 22:3) docteur à Jérusalem.

Étaient-ils israélites ? c’est-à-dire appartenant au peuple élu, en relation avec le vrai Dieu-Jehovah, auquel était l’adoption, la gloire, les alliances et la loi. Lui aussi.

Étaient-ils la semence d’Abraham, descendants de lui selon la chair, ayant la prétention à la partie terrestre des promesses, comme les Juifs disaient au Seigneur qu’Abraham était leur père (Jean 8:39) ? Paul, vrai croyant, l’était d’autant plus, ayant accès par la foi aux promesses célestes (Rom. 4 et Gal. 3).

Les faux apôtres, ministres de Satan, se prétendaient être ministres de Christ. Paul l’était, lui, authentiquement ; les circonstances qu’il avait traversées le démontraient.

Dieu a permis que l’immixtion de ces misérables hommes judaïsants dans l’œuvre de l’apôtre, soit l’occasion de nous faire connaître quelque chose de ses travaux infatigables qui ne nous est pas donné dans le récit des Actes.

Trois circonstances seulement nous sont rapportées dans ce livre :

·       à Philippe, l’apôtre, avec Silas, a été fouetté d’un grand nombre de coups (Actes 16:23),

·       à Lystre, il a été lapidé et laissé pour mort (Actes 14:19),

·       enfin la dernière circonstance du chapitre 11 : l’apôtre s’échappant de Damas est relatée en Actes 9:25.

 

Et l’apôtre écrivait aux Corinthiens avant son naufrage de Malte lorsqu’il montait à Rome.

Nous avons donc ici un aperçu des souffrances de l’apôtre dont il parle ailleurs :

·       au début de cette épître et en 1 Cor. 15:32,

·       aux Philippiens : la communion des souffrances de Christ,

·       aux Colossiens (1:24) : ce qui reste encore à souffrir des afflictions du Christ pour son corps qui est l’assemblée,

·       à Timothée : les souffrances jusqu’à être lié de chaînes comme un malfaiteur — ses souffrances à Antioche, à Iconium et à Lystre, quelles persécutions il a endurées (2 Tim. 2:9 ; 3:11).

 

Mais le Seigneur l’avait délivré de toutes, et comme les souffrances du Christ abondaient à son égard, sa consolation aussi abondait (2 Cor. 1:5).

 

10.5                   2 Corinthiens 11:23-28

31-03-1970

Ces versets nous présentent le dévouement chrétien, tel qu’il a été manifesté dans la vie de l’apôtre, dans les peines et les dangers du dehors, en même temps que par les exercices intérieurs.

Quatorze circonstances exceptionnelles ou choses de dehors, d’ordre matériel ou moral, sont citées ici, dont trois seulement nous sont relatées dans le livre des Actes : les travaux, les coups, les prisons, les morts, les voyages, les périls (huit sortes sont mentionnées), la peine, le labeur, les veilles, la faim, la soif, les jeûnes, le froid, la nudité.

Paul a suivi de près les traces du Seigneur Jésus, bien qu’il n’y a pas eu en lui l’égalité constante et la perfection de Celui qui n’a jamais manqué à être « le fils de l’homme qui est dans le ciel ».

Le Seigneur a été fouetté, accomplissant la prophétie du Ps. 129 et de Ésaïe 50 ; l’apôtre a reçu 5 fois 40 coups moins un de la part des Juifs qui le regardaient comme le méchant de Deut. 25:1-3. Les Juifs respectaient scrupuleusement la loi, mais outrageaient les serviteurs de Jésus, comme ils L’avaient mis à mort. Paul était l’objet de la haine de tous : des Juifs — qui ne lui pardonnaient pas d’annoncer Jésus comme le Christ — et des païens — parce qu’il considérait leurs dieux comme des idoles, tant il est vrai que la haine religieuse est la plus implacable.

Les mauvais traitements et les dangers extérieurs s’accompagnaient chez l’apôtre des souffrances dans son corps : comme le Seigneur sur la croix, l’apôtre aussi a eu soif ; il a connu la faim, les jeûnes, le froid, comme la grande nuée de témoins des hommes de foi de Héb. 11. Mais rien ne pouvait séparer l’apôtre de l’amour du Christ, comme il le dit en Rom. 8.

Si Jésus était Celui qui l’avait fait entrer dans toutes les peines et les labeurs de son service, Il était aussi Celui qui remplissait son cœur, et la mesure de l’amour qui le faisait déborder. Quelle leçon pour nous tous, et combien aussi notre égoïsme est jugé à sa racine par le dévouement absolu de l’apôtre.

Mais en dehors des épreuves extérieures, il y avait aussi le labeur du nouvel homme et les exercices de l’homme intérieur : la sollicitude pour toutes les assemblées. Le Nouveau Testament nous présente les écrits inspirés de l’apôtre à sept assemblées différentes, et chaque épître contient quelque chose de cette sollicitude qui assiégeait l’apôtre.

Mais Paul en avait visité beaucoup d’autres : maintenant il priait pour toutes ainsi que pour tous les saints individuellement, prêt à se dépenser entièrement pour leurs âmes.

 

10.6                   2 Corinthiens 11:28-32

7-04-1970

Parallèlement aux exercices du dehors rapportés aux v. 23 à 27, il y avait aussi chez l’apôtre les afflictions et les labeurs intérieurs.

Au verset 28 : la sollicitude pour toutes les assemblées, de caractère général.

Au verset 29 : la sympathie pour les saints individuellement.

Paul était un évangéliste puissant, il prêchait sans relâche pour la conversion des pécheurs, mais annonçait en même temps les vérités du rassemblement autour de Christ. Lorsque des assemblées avaient été formées dans le champ de son travail, il retournait, malgré les dangers et l’opposition, visiter les saints et les assemblées ainsi que le montre le livre des Actes, fortifiant les âmes des disciples (Actes 14:22), visitant les frères (Actes 15:36).

Les objets qui remplissaient le cœur de l’apôtre étaient Christ — et ce que Christ aime — c’est-à-dire l’assemblée qui est Son corps. Dans son service à l’égard de l’assemblée, Paul complétait les afflictions du Christ pour elle (Col. 1:24).

Parallèlement, il entrait en sympathie dans les circonstances personnelles des saints, portant les infirmités des faibles (Rom. 15:1-3), mais toujours maintenu humble et se glorifiant dans son infirmité (v. 30). Les v. 30 et 31 se lient au v. 18 : « Puisque plusieurs se glorifient selon la chair, moi aussi je me glorifierai », et introduisent le chapitre 12 où Paul montre comment il pouvait se glorifier dans les infirmités (12:9).

En revenant en arrière sur sa vie, Paul ne faisait que de dire la vérité : « la vérité de Christ est en moi » (11:10) et devant le Dieu béni éternellement il ne mentait point (v. 31 et Gal. 1:20). Quel cachet de sincérité et de simplicité dans ces déclarations ! Et, en terminant, il revient à la mémoire de l’apôtre une dernière circonstance (v. 32 et 33), qui avait marqué le début de son ministère, trois ans après sa conversion, d’après le récit de Actes 9 et la déclaration de Galates 1:18. Il avait dû s’échapper de Damas dans une corbeille, de nuit, par la muraille, fait extérieurement peu glorieux, dont il n’avait pas honte.

On voit dans l’apôtre un homme capable dans la puissance de l’Esprit de Dieu d’exposer les doctrines les plus élevées, avec une étonnante flexibilité de puissance, à la fois de généralisation et d’individualisation. Toutefois, Paul restait un homme simple, prêt à entrer jusque dans les circonstances d’un pauvre esclave fugitif. Que le Seigneur nous aide à considérer sa conduite et imiter sa foi !

 

11               2 Corinthiens 12

11.1                   2 Corinthiens 12:1-6

14-04-1970

D’un caractère exceptionnel, ce chapitre présente la grâce merveilleuse accordée à l’apôtre Paul, un homme en Christ, d’être ravi dans le troisième ciel, source et puissance de son ministère ; puis le même homme, quant à ce qu’il est en lui-même, dans une humiliation nécessaire pour que la puissance de Christ puisse se déployer en lui ; alors la force pratique et les preuves de son ministère apostolique sont données, dans l’expression d’un amour prêt à se dépenser entièrement, en contraste avec des chrétiens charnels tombés dans un triste état moral.

L’apôtre en vient au début à des visions et des révélations du Seigneur. Plusieurs avaient été des directions pour lui-même (le Seigneur lui était apparu sur le chemin de Damas ou à Jérusalem) ou des communications pour les autres (l’enseignement de la cène, les révélations touchant l’Église ou l’enlèvement des saints…) ; mais il parle ici d’un fait exceptionnel qui avait profondément marqué sa vie personnelle. Il parlait de lui-même comme d’un homme en Christ (une nouvelle création, car le corps n’avait aucune part à ce qu’il avait réalisé).

Paul avait été en extase, n’ayant pas la conscience de son existence dans le corps, ravi au troisième ciel et au paradis. Le troisième ciel était le lieu où il avait été ravi (dans le corps ou hors du corps) préfiguré autrefois par le lieu très saint du tabernacle où était le trône de Dieu entre les chérubins. Le paradis de Dieu (ou lieu de délices) est en rapport avec le caractère du lieu de la bénédiction, où Paul a entendu des paroles ineffables. L’homme, dans sa condition présente, ne pouvait entrer dans ces choses qui ne pouvaient lui être communiquées par des moyens humains. Rien n’est dit de ce que Paul a pu voir, à la différence des trois disciples sur la montagne qui ont pu contempler la gloire de Christ dans son royaume, ayant connu Christ selon la chair, et qui ont été témoins aussi de ses souffrances, et qui auront part à la gloire qui va être révélée (1 Pierre 1:5). Pour Paul et pour nous-mêmes aussi, « la gloire à venir… doit nous être révélée » (Rom. 8:18).

Mais, dès maintenant, nous sommes appelés à contempler à face découverte la gloire du Seigneur, pour être transformés en la même image (2 Cor. 3:18). C’est un moyen puissant de sanctification, d’encouragement, comme autrefois la révélation faite à l’apôtre et sa position en Christ le fortifiaient dans son ministère exceptionnel.

Nous pouvons désirer que des moments passés avec le Seigneur dans une communion profonde et vraie, marquent notre vie, moments auxquels notre cœur aime à se reporter avec reconnaissance.

Paul pouvait se glorifier dans un tel homme, un homme en Christ, gloire qui est celle de tout enfant de Dieu. Mais il ne se glorifiait pas de lui-même : ce moi-même c’était la personne de Paul, la vieille nature dans laquelle habite le péché, selon Rom. 7.

Les choses divines remplissaient le cœur et la vie de l’apôtre ; en pensant à sa position en Christ, il était heureux d’oublier ce qui pouvait l’exalter comme homme ; en même temps, il demeurait toujours de sens rassis pour l’accomplissement de ses tâches.

 

11.2                   2 Corinthiens 12:5-9

21-04-1970

Au verset 5 l’apôtre établit soigneusement la différence entre un tel homme, c’est-à-dire un homme en Christ, et lui-même (« moi-même »).

Cet homme en Christ, c’était bien Paul et non un autre ; mais c’était l’homme nouveau, séparé de tout ce qui tenait à la vieille nature, et propre pour le troisième ciel.

« Moi-même », c’était la personne de Paul, telle qu’on la voyait ici-bas, ayant un corps mortel et participant aux deux natures. C’est le moi-même de Rom. 7:25 : « Ainsi donc moi-même, de l’entendement je sers la loi de Dieu ; mais de la chair, la loi du péché ».

Paul ne s’en glorifiait pas, si ce n’est dans ses infirmités : celles-ci ne sont pas du péché dans la chair ; mais il s’agit du contraire de la force de l’homme : ce sont les épreuves extérieures ou les exercices intérieurs par lesquels Dieu brise et humilie, pour qu’il n’y ait pas dans la chair réduite à la faiblesse, le mouvement du péché qui lui est naturel.

Au reste, si Paul s’était glorifié, il n’aurait dit que la vérité (v. 6). Mais on trouve en lui le souci de ne pas être estimé par les autres au-dessus de ce qu’il était ou de ce qu’on entendait dire de lui. Le sérieux contrôle qu’il exerçait ainsi sur lui est un exemple pour nous tous, qui sommes si facilement portés à chercher l’estime des autres, ou à prêter l’oreille à ce qui nous flatte. Mais la portée du passage pourrait aussi s’étendre à notre marche et à notre responsabilité devant le monde.

 

Puis des leçons pratiques se rattachent à cette grâce faite à l’apôtre d’avoir été près de Dieu dans la gloire, là où Christ est tout. Y être n’élève pas, car le moi disparaît. Y avoir été est tout autre chose, car le moi peut alors se prévaloir de ce que nous y avons été lorsque nous n’y sommes plus. Mais Dieu veillait sur son cher serviteur, pour que cette chair incorrigible soit tenue constamment en échec et ne l’entraîne pas à être envahi par l’orgueil.

Dieu a donc soumis Paul à une discipline préventive, pour que la vie divine se forme dans le dépouillement de soi-même, sans connaître l’humiliation d’une chute. À cet égard, les carrières de Paul et de Pierre ont été bien différentes. Chez Pierre, volonté propre et confiance en soi avaient porté leur fruit, en dépit des avertissements du Seigneur. Chez Paul, le danger aurait été l’extraordinaire des révélations reçues. Apprenant dans les infirmités à connaître la tendance de sa chair, l’apôtre en est sorti humble et a échappé à l’humiliation. Mais en même temps, cette discipline de la chair que Dieu exerçait sur Paul, était unie en lui avec les souffrances pour Christ (c’est l’exemple donné au début de Héb. 12).

L’écharde envoyée dans la chair, qui le rendait méprisable dans sa prédication, se manifestait alors que c’était pour le Seigneur qu’il souffrait. Paul avait pensé que cette affliction était une entrave à son ministère et avait supplié trois fois le Seigneur de l’en délivrer. Le Seigneur lui avait montré la nécessité de cette écharde, pour qu’il pût continuer son service sans danger ; le secours de la grâce était là pour l’aider à porter son épreuve, la puissance du Seigneur trouvant occasion de se manifester ainsi dans l’infirmité du vase ; il est toujours vrai que Dieu bénit ceux qu’Il a brisés.

 

11.3                   2 Corinthiens 12:7-10

28-04-1970

La Parole dit peu de chose de ce qu’était pour Paul l’écharde pour la chair. C’était quelque chose de nature à le rendre méprisable dans son ministère, dont il parle aux Galates (4:13, 14) : « vous n’avez point méprisé, ni rejeté avec dégoût ma tentation qui était en ma chair ».

Dieu touchait Son serviteur au plus profond de lui-même, comme Job qui pouvait dire au début de son épreuve : « j’ai eu une crainte, et elle est venue sur moi, et ce que j’appréhendais m’est arrivé » (Job 3:25). Comme Dieu s’était servi de Satan pour l’humiliation de Job ; ainsi aussi Il lui laisse la tâche d’affliger l’apôtre par une épreuve qui empêcherait le péché d’agir en lui.

Trois fois (comme le Seigneur en Gethsémané à l’égard de la coupe que le Père lui donnait) l’apôtre avait supplié que l’écharde lui soit ôtée. La réponse du Seigneur à la supplication de son serviteur avait été : « Ma grâce te suffit, car ma puissance s’accomplit dans l’infirmité » (2 Cor. 13:9), promesse précieuse qui a encouragé bien des croyants éprouvés au travers des siècles. L’apôtre s’était soumis à la volonté du Seigneur et goûtait la joie dans cette soumission en prenant plaisir dans les infirmités et dans toutes les épreuves pour Christ, rendu fort en réalisant sa faiblesse. Car la vie divine ne pouvait se manifester pleinement que dans le dépouillement de la chair, au travers des exercices secrets de la foi personnelle. Tout ce qui tend à faire éprouver douloureusement ce qu’est la chair, se tourne en bénédiction spirituelle. Après la traversée des eaux de la mer Rouge, Israël a goûté aux eaux amères de Mara, rendues douces par le bois enseigné de Dieu à Moïse — la croix de Christ.

Le vase de terre brisé du chapitre 4, dans lequel l’apôtre portait la mort de Jésus, était aussi celui du déploiement de la puissance du Christ. Bien des exemples nous présentent cet enseignement si important :

Moïse, appelé à aller voir le Pharaon, qui réalisait qu’il ne savait pas parler ;

Ce même Moïse en Rephidim, bien qu’en pleine force, dont les bras devaient être soutenus pour le combat contre Amaleck,

Gédéon, le plus petit d’une maison du plus pauvre millier en Manassé, de la plus faible tribu,

Jonathan, tout seul contre les ennemis, conscient de sa faiblesse et remportant la victoire,

Jérémie, se considérant comme un enfant, que Dieu fortifiait comme une muraille d’airain bien forte (Jér. 15:20).

Enfin le parfait exemple de Jésus Lui-même, crucifié en infirmité, et qui par la mort (expression de la faiblesse de l’homme) a remporté la victoire et qui néanmoins vit par la puissance de Dieu (2 Cor. 13:4).

Mais cette puissance de Dieu et de Christ, s’accomplissant dans l’infirmité de serviteurs qui demeurent obéissants, ne peut être la part de ceux qui quittent le chemin de la dépendance, comme l’enseigne le solennel exemple de Samson.

Enfin on peut rappeler ces paroles d’un devancier à propos de ces passages : « On voit en Paul une puissance merveilleuse développée par le Saint Esprit, dans ce remarquable serviteur… Ceux qui sont tels que Paul sont des cordes que Dieu touche et sur lesquelles Il produit une musique merveilleuse, mais Christ est la musique elle-même.

 

11.4                   2 Corinthiens 12:11-15

5-05-1970

Parlant de lui-même, l’apôtre considérait qu’il agissait en insensé, bien qu’il ne se glorifiât que dans ses infirmités et non pas selon la chair comme les faux docteurs (2 Cor. 11:18). C’était comme en dehors de son œuvre naturelle qu’il parlait de ses travaux, de sa vie personnelle et des secrets qu’il avait avec le Seigneur. Mais, en fait, la folie était du côté des Corinthiens qui auraient dû être les premiers à proclamer l’excellence de son ministère, au lieu de le mettre en doute et de forcer l’apôtre d’apporter les preuves de son authenticité. Or, ces preuves, avaient été manifestées à Corinthe :

·       d’abord, avec toute patience (v. 12), la vertu chrétienne par laquelle l’apôtre se recommandait déjà au chapitre 6 comme serviteur de Dieu, à travers toutes les circonstances rencontrées ;

·       ensuite des signes, des prodiges et des miracles : triple témoignage de Dieu lui-même auprès des Juifs pour approuver Jésus dans son ministère ; après Lui ces dons ont été confiés aux apôtres (Paul en particulier d’après divers récits des Actes), et ils ont ensuite été retirés à l’Église infidèle. Les signes réapparaîtront aux derniers jours, en mensonge, lorsque le mystère d’iniquité opérera pleinement à la venue de l’antichrist et selon l’opération de Satan (2 Thess. 2:9).

 

Témoins de ces signes certains du ministère apostolique parmi eux, les Corinthiens n’avaient donc été en rien inférieurs aux autres assemblées. Toutefois, ils l’avaient été en une chose, et par leur faute, en ce que l’apôtre avait pris soin de ne jamais leur être à charge, et n’avait pas accepté d’eux de secours lorsqu’il était dans le besoin (2 Cor. 11:8).

Le Seigneur avait ordonné à « ceux qui annoncent l’évangile, de vivre de l’évangile » (1 Cor. 9:14). Mais l’apôtre maintenant, pas plus qu’autrefois, ne voulait user de ce privilège à l’égard des Corinthiens en raison de leur état moral.

Néanmoins, on voit combien la conduite de l’apôtre était empreinte de sagesse pour manifester à la fois la réserve et l’ouverture de son cœur, adaptées à l’état moral du moment chez les Corinthiens. À la différence des circonstances relatées dans la première épître, il était maintenant prêt à aller auprès d’eux, cette troisième fois.

En cela, l’apôtre cherchait leur bien spirituel, l’autorité que le Seigneur lui avait confiée étant toujours pour l’édification, et non pour la destruction. À travers tout, les affections de Paul pour les Corinthiens n’avaient pas varié, comme le montrent les v. 14, 15. L’abnégation et le renoncement se manifestaient dans l’apôtre prêt à donner et à se donner entièrement.

Ces exercices se liaient dans le cœur de l’apôtre à ce qui le tenait assiégé tous les jours, la sollicitude pour toutes les assemblées (2 Cor. 11:28).

 

Trois fois il est question de l’apôtre allant à Corinthe :

·       Actes 18,

·       au début de la deuxième épître explique pourquoi il n’y a pas été,

·       ici au chapitre 12, il est prêt à y aller.

 

12               2 Corinthiens 13

12.1                   2 Corinthiens 13:1-5

19-05-1970

Paul était prêt, pour la troisième fois, à se rendre à Corinthe. La première fois, selon le récit de Actes 18, il avait annoncé l’évangile pendant 18 mois, car le Seigneur lui avait dit qu’il avait un grand peuple dans cette ville. Lorsqu’il avait voulu les visiter une deuxième fois, en allant en Macédoine, leur état l’avait empêché de s’y arrêter et il leur avait écrit successivement ces deux lettres :

·       la première signée de Paul et de Sosthène,

·       la deuxième signée de Paul et de Timothée.

 

Sa parole était donc établie, par trois témoignages irrécusables, et si l’apôtre se rendait effectivement à Corinthe, il n’épargnerait pas ; il les en avertissait par avance, étant encore absent, mais comme s’il était déjà parmi eux pour la deuxième fois. C’est donc sur le côté de l’autorité en châtiment, que se termine le développement du ministère apostolique ou chrétien présenté tout au long de cette épître :

·       ministère de l’Esprit, de la grâce et de la liberté d’abord,

·       qui s’exerce envers le monde et dans l’assemblée, s’occupant jusqu’aux besoins naturels des saints,

·       reproduisant, dans la personne même de l’apôtre, les caractères de Christ source et puissance de ce ministère, au milieu des afflictions et de l’humiliation.

·       Le chapitre 13 montre enfin qu’un tel ministère peut aller jusqu’au jugement, dernière ressource pour maintenir ou restaurer la crainte et la sainteté dans l’assemblée.

 

Toutefois, le vrai ministère, exercé fidèlement comme par le Seigneur, et selon l’autorité reçue de Lui, demeure toujours pour l’édification (10:8 et 13:10) et non pour la destruction.

L’apôtre s’adressait donc à ceux qui avaient péché auparavant, et à tous les autres. Ceux qui voulaient écouter la voix de la répréhension seraient ramenés à Dieu et leur obéissance serait manifestée (2 Cor. 2:9 : l’apôtre voulait connaître à l’épreuve si les Corinthiens étaient obéissants en toutes choses, et 2 Cor. 10:6 : leur obéissance serait rendue complète). Quant à ceux qui n’écouteraient pas, l’apôtre ferait valoir l’autorité divine en jugement et en discipline.

Aux versets 3 et 5 l’apôtre revient sur le sujet de son ministère en apportant une pensée qui devait confondre ceux qui mettaient en doute son ministère : « Puisque vous cherchez une preuve que Christ parle en moi… examinez-vous vous-mêmes, et voyez si vous êtes dans la foi ». Si les Corinthiens étaient des chrétiens, Christ avait parlé par l’apôtre ; sinon mettre en question l’apostolat de Paul renversait leur christianisme.

Mais l’appel de l’apôtre était personnel et solennel : « examinez-vous… éprouvez-vous », exhortation à rapprocher de celle de 1 Cor. 11:28, 31 au sujet de l’état moral de ceux qui participent à la cène du Seigneur : « que chacun s’éprouve soi-même », « si nous nous jugions nous-mêmes, nous ne serions pas jugés ».

Le paragraphe des v. 3 et 4 se rapporte au caractère du ministère de Paul, selon les principes du chapitre 12 : la faiblesse du côté de l’homme et la puissance du côté de Dieu.

Christ lui-même avait été crucifié en infirmité et en faiblesse. Il avait été ressuscité par la puissance de Dieu et la gloire du Père : « l’opération de la puissance de sa force, qu’il a opéré dans le Christ, en le ressuscitant d’entre les morts » (Éph. 1:19).

L’apôtre était faible en Christ, et il vivait en Lui par la puissance de Dieu envers les Corinthiens.

 

12.2                   2 Corinthiens 13:5-8

26-05-1970

« Examinez-vous vous-mêmes, et voyez si vous êtes dans la foi » (v. 5).

Les croyants de Corinthe, en s’examinant eux-mêmes, devaient reconnaître qu’ils étaient dans la foi (le terrain sur lequel ils étaient et leur position devant Dieu), et que Jésus Christ était en eux.

C’est la déclaration absolue de la position chrétienne, présentée si souvent dans les écrits de Jean, par exemple 1 Jean 4:15 : « Quiconque confessera que Jésus est le Fils de Dieu, Dieu demeure en lui et lui en Dieu ». En s’examinant eux-mêmes, les Corinthiens devaient donc reconnaître qu’ils étaient une preuve que Christ avait parlé par l’apôtre. Ce passage, dans son contexte, ne peut donc justifier l’enseignement erroné selon lequel tout croyant devrait se contrôler pour voir s’il est dans l’état chrétien, sans avoir l’assurance permanente de son salut et de sa part en Christ.

Par la grâce de Dieu nous avons une telle assurance et Jésus Christ est en nous (2 Cor. 13:5). Nos corps sont les temples du Saint Esprit (1 Cor. 6:19). Christ est formé en nous (Gal. 4:19), Christ habite par la foi dans nos cœurs (Éph. 3:17). Christ est en nous l’espérance de la gloire (Col. 1:27), c’est la doctrine de l’épître aux Colossiens, alors que l’épître aux Éphésiens présente plutôt nous en Christ. Christ tout et en tous — ce que l’apôtre réalisait pour lui-même : « Christ vit en moi » (Gal. 2:20). Si Christ n’est pas dans un homme, c’est un réprouvé.

Paul, en ne demandant rien pour lui-même, priait ensuite Dieu que les Corinthiens ne fassent aucun mal (v. 7), alors que jusque là, ils en avaient fait beaucoup ; ils devaient donc cesser de mal faire et apprendre à bien faire (Ésaïe 1:16). L’apôtre désirait bien du reste qu’ils fassent ce qui est bon (v. 7), de même qu’au début de la première épître il les confiait déjà au Seigneur pour qu’ils soient irréprochables (1 Cor. 1:8), souhait et prière à rapprocher de la fin de l’épître de Jude.

L’apôtre, vrai serviteur approuvé de Christ, avait reçu de Lui un don pour toute la vérité morale et doctrinale ; aussi ne pouvait-il rien contre la vérité.

Paul ne pensait donc qu’aux autres et ne s’embarrassait pas de la question d’être approuvé ou réprouvé dans son service, c’est-à-dire indigne dans son ministère, car il s’agit de ministère au v. 7.

Il ne voulait pas dominer sur les Corinthiens dans son propre intérêt, mais était content d’être faible alors qu’eux seraient puissants (ses paroles ne sont pas exemptes d’une trace d’ironie, car variés sont les moyens que le Seigneur emploie pour atteindre la chair si tenace, là où elle se manifeste).

Néanmoins, l’apôtre, détenteur d’autorité de la part de Dieu, se contenait devant tant de provocations de la part des Corinthiens, preuve assurée du déploiement de la puissance spirituelle chez Paul.

L’énergie de la grâce en lui, bannissait tout ressentiment et toute amertume, étant active pour produire le bien, enseignement précieux de cette épître appelée, à juste titre, l’épître de la grâce restaurative.