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Étude biblique : 1 Corinthiens

 

Résumé-Notes d’études bibliques à Paris rédigé par Jean Muller.

Certaines parties de l’épître ne sont pas traitées (absence du rédacteur des notes)

 

 

Table des matières abrégée :

1     1 Corinthiens 1

2     1 Corinthiens 2

3     1 Corinthiens 3

4     1 Corinthiens 4

5     1 Corinthiens 6

6     1 Corinthiens 7

7     1 Corinthiens 10

8     1 Corinthiens 11

9     1 Corinthiens 12 et 13

10      1 Corinthiens 13

11      1 Corinthiens 14

12      1 Corinthiens 15

 

 

 

Table des matières détaillée :

1     1 Corinthiens 1

1.1      1 Cor. 1:3-6

1.2      1 Cor. 1:6-9

1.3      1 Cor. 1:8, 9

1.4      1 Cor. 1

2     1 Corinthiens 2

2.1      1 Cor. 2:1-5

2.2      1 Cor. 2:6, 7

2.3      1 Cor. 2:8-10

3     1 Corinthiens 3

4     1 Corinthiens 4

4.1      1 Cor. 4:1, 2

4.2      1 Cor. 4:2-4

4.3      1 Cor. 4:5-7

4.4      1 Cor. 4:8, 9

4.5      1 Cor. 4:10-13

5     1 Corinthiens 6

5.1      1 Cor. 6:1-4

5.2      1 Cor. 6:6-10

5.3      1 Cor. 6:11

5.4      1 Cor. 6:12, 13

5.5      1 Cor. 6:13-20

5.6      1 Cor. 6:19 à 7:2

6     1 Corinthiens 7

7     1 Corinthiens 10

7.1      1 Cor. 10:12, 13

7.2      1 Cor. 10:14-17

7.3      1 Cor. 10:16, 17

8     1 Corinthiens 11

9     1 Corinthiens 12 et 13

9.1      1 Cor. 12:1-3

9.2      1 Cor. 12:31 et 1 Cor. 13:1-3

10      1 Corinthiens 13

10.1    1 Cor. 13:4, 5

10.2    1 Cor. 13:5-8

10.3    1 Cor. 13:8-13

11      1 Corinthiens 14

11.1    1 Cor. 14:1-4

11.2    1 Cor. 14:3-6

11.3    1 Cor. 14:7-13

11.4    1 Cor. 14:13-19

11.5    1 Cor. 14:20-25

12      1 Corinthiens 15

12.1    1 Cor. 15:4-8

12.2    1 Cor. 15:9-11

12.3    1 Cor. 15:12-19

12.4    1 Cor. 15:51-54

 

 

 

1                    1 Corinthiens 1

1.1   1 Cor. 1:3-6

22-05-79

La salutation du verset 3 donne à l’épître aux Corinthiens une portée générale pour tous les temps, dépassant largement les exhortations et enseignements adressés par l’apôtre à l’assemblée de Corinthe. Au moment où cette épître a été écrite, la maison de Dieu sur la terre et le corps de Christ étaient identifiés, car il n’y avait sur la terre que les Juifs (le peuple terrestre de Dieu), les Grecs (les nations idolâtres) et l’Assemblée de Dieu constituée de tous les vrais croyants qui formaient le corps de Christ (1 Cor. 10:32 et 1 Cor. 12:13). Peu de temps après, au moment où Paul écrivait la deuxième épître à Timothée, la maison de Dieu sur la terre était déjà devenue une grande maison contenant des professants sans la vie divine (vases à déshonneur) et les vrais chrétiens, le Seigneur seul pouvant dès lors connaître les siens ; mais la responsabilité de chaque croyant est de se retirer de l’iniquité et de rechercher ceux qui invoquent le Seigneur « d’un cœur pur » (caractère ajouté à la salutation de 1 Cor. 1:2).

L’épître est adressée à une assemblée particulière, mais établit en même temps un ordre commun, qui doit régner selon l’autorité du Seigneur dans toutes les assemblées :

·       4:17 : « selon que j’enseigne partout dans chaque assemblée »

·       7:17 : « c’est ainsi que j’en ordonne dans toutes les assemblées »

·       11:16 : « nous, nous n’avons pas une telle coutume, ni les assemblées de Dieu »

·       14:33 : « Dieu n’est pas un Dieu de désordre, mais de paix, comme dans toutes les assemblées des saints »

·       16:1 : « comme j’en ai ordonné aux assemblées de Galatie, ainsi faites, vous aussi ».

 

Les assemblées de Dieu (Actes 9:31) sont donc vues comme un tout dans la Parole, réunies en des lieux divers sur le terrain de l’unité du corps de Christ. En même temps, chaque assemblée locale réunie comme corps au Nom du Seigneur (selon Matt. 18:20), représente en un lieu l’Assemblée de Dieu et possède des privilèges et des responsabilités particulières, notamment en matière de discipline, car seuls les deux ou trois réunis au Nom du Seigneur ont pouvoir de lier et de délier, toute décision prise au Nom du Seigneur sur la terre étant ratifiée par Lui dans le ciel.

L’unité de l’Assemblée sur la terre n’est plus maintenant visible en raison du désordre introduit par notre infidélité. Elle n’est connue que du Seigneur seul, mais rappelée toutefois à la Table du Seigneur, car il y a un seul pain, un seul corps. L’unité du corps est fondée sur l’œuvre parfaite de Christ. Son expression pratique est l’unité de l’Esprit que nous sommes invités à garder par le lien de la paix (Éph. 4:3).

L’apôtre souligne ensuite les fruits de la grâce chez les Corinthiens, selon son habitude dans les différentes épîtres, avant de traiter les nombreux sujets d’exercices :

1)     Romains 1:8 : foi publiée dans le monde entier

2)     1 Cor. 1:4, 5 : enrichis en Christ en toute parole et toute connaissance, ne manquant d’aucun don de grâce

3)     2 Cor. 1:3 : ressources du Dieu de toute consolation

4)     Galates : néant, introduit tout de suite le sujet

5)     Éph. 1:15, 16 : foi au Seigneur Jésus et amour pour tous les saints

6)     Philippiens 1:3 : le souvenir laissé à l’apôtre par les Philippiens et leur part à l’évangile

7)     Col. 1:3, 4 : foi dans le Christ Jésus — amour pour tous les saints — espérance réservée dans les cieux

8)     1 Thes. 1:3 : œuvre de foi — travail d’amour — patience d’espérance

9)     2 Thes. 1:3, 4 : la foi augmentait — l’amour abondait — patience et foi dans la persécution — (l’espérance est omise).

10) 1 Tim. 1:12 : pour l’apôtre lui-même, pour son service

11) 2 Tim. 1:3 : souvenir de Timothée

12) Tite : néant

13) Philémon : amour et foi envers le Seigneur Jésus et pour tous les saints.

 

1.2   1 Cor. 1:6-9

29-05-79

L’assemblée de Corinthe possédait une plénitude de dons ; elle ne manquait d’aucun don de grâce (v. 7).

Les dons-signes (miracles, guérisons, langues) confirmaient le témoignage du Christ au milieu d’eux, devant le monde, comme le Seigneur lui-même l’avait fait pendant Son service ici-bas (Actes 2). Toutefois, ces dons servaient à nourrir la vanité des Corinthiens, plutôt qu’à apporter de l’édification à l’assemblée. Cet état attristant de Corinthe est constaté par l’apôtre dès le début de cette épître, par l’absence de mention des effets moraux, normalement produits par l’exercice des dons.

En même temps, l’apôtre s’adresse à la conscience des Corinthiens, pour les amener à considérer leur état. C’est la raison pour laquelle les dons sont présentés en rapport avec la révélation du Seigneur Jésus Christ (v. 7) et la journée du Seigneur Jésus Christ (v. 8).

Il s’agit ici du second acte de la venue du Christ désignée selon différentes expressions dans le Nouveau Testament :

 

·       apparition : 2 Tim. 4:1, 8

·       apparition de sa venue : 2 Thes. 2:8

·       révélation du Seigneur Jésus : 1 Cor. 1:7 ; 2 Thes. 1:7

·       sa manifestation : Col. 3:4

·       venue du Fils de l’Homme : Marc 13:26

·       jour de Christ : Phil. 1:10

·       jour du Seigneur : 1 Thes. 5:2

 

Le jour du Seigneur qui englobe toute la période millénaire :

 

·       commence par la venue du Fils de l’Homme qui vient comme un voleur (2 Pierre 3:10)

·       est introduit par le jugement guerrier et judiciaire des vivants (Apoc. 19 ; 2 Thes. 1 ; Apoc. 20:4)

·       les jugements introduisent le règne millénaire

·       ensuite la fin (1 Cor. 15) — Le jugement des morts devant le grand trône blanc (Apoc. 20)

·       la destruction finale de toute la création céleste et terrestre.

 

Enfin est introduit le jour de Dieu lorsque le Fils remet à Son Père le royaume médiatorial, lorsque Dieu est tout en tous. C’est l’introduction des nouveaux cieux et de la nouvelle terre dans lesquels la justice habite (2 Pierre 3 et Apocalypse 21), le jour d’éternité : 2 Pierre 3.

Dans l’Ancien Testament le jour de l’Éternel est le jour du jugement : Joël 2 ; Mal. 4.

Le jour que Je ferai est le jour de la bénédiction millénaire (Mal. 3:17).

 

1.3   1 Cor. 1:8, 9

05-06-79

Le Seigneur Jésus Christ nous affermit jusqu’à la fin de notre course ici-bas de sorte que nous soyons irréprochables au jour de Sa gloire manifestée.

Le travail de la grâce du Seigneur par le Saint Esprit opère ainsi maintenant en nous, pour nous former en vue de la position céleste que nous occuperons en plénitude dans la gloire. Le même travail s’accomplit dans les saints et dans l’assemblée. Dieu est puissant pour nous affermir (Rom. 16:25) selon l’évangile de l’apôtre. La fidélité du Seigneur opère ainsi (2 Thes. 3:3). Le but final du Dieu de grâce sera aussi de nous établir sur un fondement inébranlable (1 Pierre 5:10).

En même temps, nous sommes invités à coopérer nous-mêmes à ce travail par la foi. L’apôtre dit aux Corinthiens : « affermissez-vous » (1 Cor. 16).

Lorsque nous serons introduits dans la gloire, nous serons irréprochables.

C’était le but que Dieu s’était proposé en lui-même :

·       pour les saints individuellement :

o      Éph. 1:4 : « élus en Christ avant la fondation du monde, pour que nous fussions saints et irréprochables devant lui en amour ».

o      Col. 1:22 : « réconciliés dans le corps de sa chair, par la mort, pour vous présenter saints et irréprochables et irrépréhensibles devant lui ».

·       pour l’assemblée : sainte et irréprochable

o      Éph. 5:27 : « Afin que lui se présentât l’assemblée à lui-même, glorieuse, n’ayant ni tache, ni ride, ni rien de semblable, mais afin qu’elle fût sainte et irréprochable ».

 

La marche du chrétien ici-bas doit porter ce caractère :

·       en face d’un monde impie : « que vous soyez sans reproche et purs, des enfants de Dieu irréprochables, au milieu d’une génération tortue et perverse » (Phil. 2:15),

·       en pensant au jugement du monde : « bien-aimés, en attendant ces choses, étudiez-vous à être trouvés sans tache et irréprochables devant lui » (2 Pierre 3:14),

·       pour exercer un service dans l’assemblée (charge de surveillant ou de serviteur) (Tite 1). L’apôtre était un modèle dans cet exercice (1 Thes. 2:10) : conduite irréprochable. Le résidu de Juda en Apocalypse 14 en manifeste aussi le caractère moral. De nouveau nous comptons sur Dieu pour qu’il nous en donne la force : « Or le Dieu de paix lui-même vous sanctifie entièrement ; et que votre esprit, et votre âme, et votre corps tout entiers, soient conservés sans reproche en la venue de notre Seigneur Jésus Christ » (1 Thes. 5:23).

 

Enfin, nous serons dans le ciel « irréprochables devant sa gloire (la gloire de Dieu) avec abondance de joie » (Jude 24) et enfin 1 Cor. 1:8 : « notre Seigneur Jésus Christ, qui aussi vous affermira jusqu’à la fin pour être irréprochables dans la journée de notre Seigneur Jésus Christ ».

 

Mais, pour le temps présent Dieu nous appelle, dans sa fidélité, à la communion de son Fils Jésus Christ, c’est-à-dire à participer dès maintenant à ce que Christ est : la vie éternelle et le but qui nous est assigné. Mais cette vie est déjà notre position par la foi et cette vie est dans le Fils. Et nous sommes dès maintenant en Lui quant à notre acceptation devant Dieu.

La réalisation pratique de cette communion qui implique la puissance d’un objet commun, soit avec Dieu, soit les uns avec les autres, est indissociable d’une marche dans la lumière

Nous sommes appelés à la communion du Fils de Dieu. « Notre communion est avec le Père et avec son Fils Jésus Christ » (1 Jean 1:3). Mais nous ne pouvons pas dire que nous avons communion avec Dieu et marcher dans les ténèbres. D’autre part « si nous marchons dans la lumière, comme lui-même est dans la lumière, nous avons communion les uns avec les autres, et le sang de Jésus Christ son Fils nous purifie de tout péché ».

Cette précieuse communion fraternelle (Ps. 133) s’exprime dans sa forme la plus élevée au culte (sacrifice de prospérité), mais aussi dans le combat, dans le service.

 

1.4   1 Cor. 1

12-06-79

La salutation et l’introduction de l’épître (v. 1 à 9) se terminent par un rappel de la fidélité de Dieu. L’apôtre aborde alors le sujet essentiel qui chargeait son cœur : l’ordre dans l’assemblée de Corinthe et plus généralement l’ordre dans l’Assemblée de Dieu c’est-à-dire comme maison de Dieu sur la terre, ch. 1:9 jusqu’au ch. 10:13. Plus loin, l’apôtre parlera de l’Assemblée comme corps de Christ.

Dans cette première partie, les sujets abordés sont les suivants :

Ch. 1 : les divisions, les écoles de doctrine et toute la sagesse humaine (des Grecs) sont jugées par la croix, qui demeure la base de la position chrétienne.

Ch. 2 : la sagesse humaine est remplacée par la sagesse de Dieu et les communications de Son Esprit.

Ch. 3 : l’édifice de Dieu est confié sur la terre à la responsabilité de l’homme, et divers ouvriers y travaillent.

Ch. 4 : l’administration de cette maison est aussi confiée à des serviteurs.

Ch. 5 : la corruption des mœurs à Corinthe et la discipline ecclésiastique.

Ch. 6 : les affaires temporelles (procès) et la sainteté dans le corps.

Ch. 7 : le mariage et la liberté chrétienne en rapport avec lui.

Ch. 8 : la liberté chrétienne en rapport avec les idoles.

Ch. 9 : la liberté du ministère chrétien, la réponse aux faux docteurs, les exercices personnels de l’apôtre introduisent au début du ch. 10 l’exemple d’Israël dans le désert.

 

En regard de tout : Dieu demeure fidèle.

 

L’apôtre constate d’abord les dissensions et les divisions au sein de l’assemblée de Corinthe, à tel point que les Corinthiens faisaient des principaux ministères chrétiens et de Christ lui-même, des chefs d’écoles philosophiques concurrentes. En fait, les Corinthiens se divisaient entre eux, pour des hommes, alors qu’ils auraient dû (et nous aussi) se séparer pour Christ, pour s’unir autour de Lui.

 

L’apôtre les exhorte (1:10) par le nom de notre Seigneur Jésus Christ (ce qui confirme l’autorité qu’il avait reçue du Seigneur) :

 

1) à parler un même langage : c’est le langage qui convient à des saints, paroles honnêtes, bienséantes, dans lesquelles la mention même du mal n’est pas envisagée (Éph. 5:3 ; Col. 3:17). Ce langage des saints doit être enseigné par les parents à leurs enfants, caractère distinctif de la famille chrétienne (à la différence des enfants de familles infidèles du temps de Néhémie 13:24 qui parlaient l’asdodien et ne savaient pas parler le juif). Les paroles des croyants doivent être toujours dans un esprit de grâce mais assaisonnées de sel (Col. 4:6). Ce principe du jugement du mal (le sel) maintient la paix parmi les saints. « Ayez du sel en vous-mêmes, et soyez en paix entre vous » (Marc 9:51).

 

2) à éviter les divisions : il s’agit ici premièrement de divisions produites par l’activité de l’esprit naturel de l’homme non soumis à l’autorité du Saint Esprit. Les divisions sont le fruit du travail de Satan et de l’activité de la chair. Quelquefois Dieu n’intervient pas pour les éviter, de sorte que chacun prouve son niveau moral (1 Cor. 11:19), afin que ceux qui sont approuvés soient manifestés parmi nous.

 

3) à être parfaitement unis dans un même sentiment et dans un même avis : ce même sentiment, ce même avis sur toutes choses, ne peuvent être réalisés que si la Parole habite dans le cœur. Au temps d’Esdras et de Néhémie (Esd. 3 ; Néh. 8) le peuple était comme un seul homme pour lire dans la loi de Moïse et lui obéir (c’est l’autorité de la Parole pour nous).

 

L’apôtre parle ensuite des dissensions entre les saints qui lui avaient été signalées par une famille de Corinthe qui souffrait de cet état. L’apôtre cite ses sources et établit les choses par un témoignage complet (2 ou 3 témoins comme en 2 Cor. 13:1).

Faisons comme lui dans les difficultés, tout en évitant de propager inutilement le mal et les choses douloureuses. Les difficultés individuelles entre les saints devraient se régler individuellement (Matt. 18:15).

 

2                    1 Corinthiens 2

2.1   1 Cor. 2:1-5

30-10-79

La sagesse humaine, étant jugée par la croix de Christ dans le chapitre 1, est remplacée par les communications de l’Esprit de Dieu dans le chapitre 2.

« Dieu a choisi les choses folles du monde pour couvrir de honte les hommes sages ; et Dieu a choisi les choses faibles du monde pour couvrir de honte les choses fortes ; et Dieu a choisi les choses viles du monde, et celles qui sont méprisées, et celles qui ne sont pas, pour annuler celles qui sont » (1 Cor. 1:27, 28). L’apôtre appliquera cet enseignement aux Corinthiens personnellement, à la fin du chapitre 3 : « si quelqu’un parmi vous a l’air d’être sage dans ce siècle, qu’il devienne fou, afin de devenir sage… Que personne donc ne se glorifie dans les hommes » (1 Cor. 3:18, 21). Auparavant, l’apôtre expose aux Corinthiens son propre cas et son propre état (1 Cor. 2:1-5), puis parle de la sagesse de Dieu remplaçant la sagesse des hommes, toute révélation, transmission ou réception de la vérité divine ne pouvant être que par l’Esprit de Dieu.

Paul était un homme instruit (Actes 22:3), possédant une grande connaissance des Écritures, selon le témoignage de Festus en Actes 26:24 ; homme simple quant au langage, il ne l’était pas quant à la connaissance (2 Cor. 11:6). Paul était lui-même conscient du danger qu’il courait car la connaissance enfle, mais l’amour édifie (1 Cor. 8:1). Et le Seigneur, veillant sur Son cher serviteur, lui avait envoyé une écharde dans la chair pour le maintenir dans l’humilité (2 Cor. 12:7) : elle tendait à rendre l’apôtre méprisable dans sa prédication. Quel que soit l’extraordinaire des révélations qui lui avaient été faites, il fallait qu’il passe par les exercices ordinaires de la foi personnelle, afin que le Saint Esprit puisse déployer sa puissance dans l’infirmité du vase. L’apôtre vivait avec cette épreuve : « moi qui, présent, quant à l’apparence suis chétif au milieu de vous » (2 Cor. 10:1), et les Corinthiens se chargeaient de le lui rappeler sans égards pour lui : « Car ses lettres, dit-on, sont graves et fortes, mais sa présence personnelle est faible et sa parole méprisable » (2 Cor. 10:10). C’est ainsi que l’apôtre s’était présenté à Corinthe, pour y accomplir un long et difficile travail car Dieu avait un grand peuple dans cette ville (Actes 18:10). Il y avait prêché Jésus comme le Christ (Actes 18:5 et 28), mais dans Son caractère d’humiliation le plus profond, comme le crucifié (v. 2), crucifié en infirmité (2 Cor. 13:4). C’est ce qui convenait à l’état moral des Corinthiens, de même qu’au mauvais état doctrinal des Galates (Gal. 3:1).

La suite de l’épître nous montre que le verset 2 ne signifie pas que Paul se désintéressait de l’état de l’assemblée à Corinthe, ou couvrait par sa présence du mal non jugé, au contraire. Au reste, Paul était venu à Corinthe en connaissant de très profonds exercices. Lorsque l’état moral de l’assemblée est meilleur, il ouvre son cœur dans la deuxième épître en parlant de ses afflictions en toute manière : — au dehors des combats — au-dedans des craintes (2 Cor. 7:5).

La faiblesse, la crainte, et le grand tremblement de l’apôtre (v. 3) n’étaient pas produits dans son cœur par l’opposition extérieure et les blasphèmes des Juifs mentionnés en Actes 18:6, mais par l’inquiétude de ne pas répondre pleinement au service que le Seigneur lui confiait à Corinthe. D’un côté, c’est la faiblesse de l’homme qui reconnaît en avoir eu du regret (2 Cor. 7:8), de l’autre, la fidélité et la tendresse du maître qui fortifie la foi du serviteur : « Ne crains point… parce que je suis avec toi » (Actes 18:9).

C’est précisément la promesse qui était faite au Résidu remonté de Babylone, auquel s’adressent les trois derniers prophètes de l’Ancien Testament : Aggée, Zacharie, Malachie. « Je suis avec vous, dit l’Éternel des armées. La Parole… et mon Esprit, demeurent au milieu de vous ; ne craignez pas » (Aggée 2:4, 5).

C’était pour eux, comme pour nous, un temps de petites choses, à ne pas mépriser, dans lequel l’Esprit pouvait toutefois agir. « Ni par force, ni par puissance, mais par mon Esprit » (Zach. 4:6), auquel répond la déclaration de l’apôtre aux Corinthiens : « en démonstration de l’Esprit et de puissance » (1 Cor. 2:4).

 

2.2   1 Cor. 2:6, 7

6-11-79

Dans le paragraphe du verset 6, l’apôtre s’adresse, parmi les Corinthiens, aux hommes parfaits c’est-à-dire aux hommes faits, pour leur parler de la sagesse de Dieu qui remplace la sagesse humaine.

Un homme fait est un croyant, qui possède la connaissance de l’œuvre de Christ, dont l’âme est enseignée et établie dans la doctrine du salut en Christ et de ses conséquences.

L’état d’homme fait ou d’homme parfait ne sera réalisé en plénitude que dans la gloire. Paul le dit aux Philippiens : « Non que je sois déjà parvenu à la perfection » (Phil. 3:12).

 

La Parole nous invite à faire ici-bas des progrès dans ce sens :

·       « Avançons vers l’état d’hommes faits » (Héb. 6:1).

·       « Jusqu’à ce que nous parvenions tous à l’unité de la foi et de la connaissance du Fils de Dieu, à l’état d’homme fait » (Éph. 4:13), passage important qui montre que tout progrès spirituel est lié à la connaissance de Christ (état des pères de la famille chrétienne dans 1 Jean 2).

·       « Perfectionnez-vous » (2 Cor. 13:11).

 

L’apôtre travaillait pour que de tels progrès soient réalisés chez les croyants qu’il portait sur son cœur :

·             « Nous demandons… votre perfectionnement » (2 Cor. 13:9).

·             « Exhortant tout homme et enseignant tout homme en toute sagesse, afin que nous présentions tout homme parfait en Christ » (Col. 1:28).

 

Deux obstacles pratiques s’opposent à de tels progrès :

·             la chair non mortifiée en nous : c’était le cas des Corinthiens : « N’êtes-vous pas charnels et ne marchez-vous pas à la manière des hommes ? » (1 Cor. 3:3),

·             la paresse spirituelle : c’était le cas des Hébreux qui étaient restés de petits enfants (Héb. 5:11-14). Ils avaient besoin de lait (nourriture complète), mais adaptée à l’état de l’enfant.

 

L’apôtre voulait parler de la sagesse de Dieu en mystère, une sagesse cachée inconnue du monde et donnée à connaître en Christ, car c’est en Lui que « sont cachés tous les trésors de la sagesse et de la connaissance » (Col. 2:3).

L’apôtre n’insiste pas ici sur le développement de ce mystère, mais le mentionne en contraste avec la fausse sagesse du monde, et en rapport avec l’action du Saint Esprit qui le communique à l’âme du croyant (v. 10), sujet essentiel du chapitre 2.

C’est ici l’un des douze mystères du Nouveau Testament révélé par Dieu, à ses enfants et à l’Assemblée, qui possèdent les choses qui demeurent.

Brièvement, les mystères sont les suivants, révélés essentiellement dans les écrits de Paul qui en a été l’administrateur (1 Cor. 4:1) :

·       Corps de Christ (Éph. 3 ; Col. 4:3)

·       Conseil pour la gloire de Christ (Col. 2:2)

·       Mystère de Sa volonté (Éph. 1:9)

·       Mystère de l’Épouse (Éph. 5:32)

·       Venue du Seigneur (1 Cor. 15)

·       Évangile (Éph. 6)

·       Christ parmi les Gentils (Col. 1:27)

·       Foi et piété (1 Tim. 3:16)

·       Endurcissement d’Israël (Rom. 4)

·       Iniquité (2 Thes. 2:7), de Babylone (Apocalypse 17)

·       Sept étoiles (Apocalypse 1:20)

·       Des jugements (Apocalypse 10:7 et Apocalypse 15)

 

2.3   1 Cor. 2:8-10

13-11-79

Christ est la puissance de Dieu et la sagesse de Dieu (1 Cor. 1:24).

Cette sagesse était préordonnée avant les siècles pour notre gloire (v. 7) selon le conseil éternel de Dieu.

Dans l’accomplissement du mystère de la piété, Dieu manifesté en chair dans la personne de Christ, cette sagesse a été présentée au monde et n’a été connue par personne. Aucun des chefs de ce siècle ne l’a connue : Pilate, Hérode, chefs du peuple, anciens d’Israël et principaux sacrificateurs. Israël était gouvernementalement endurci et les nations aveuglées ; ignorance de la part du peuple et de ses chefs (Actes 3:17), et en même temps, haine et inimitié du monde contre Dieu et contre Christ (Jean 15). Tous se sont assemblés contre Jésus, saint serviteur de Dieu (Actes 4:27), pour crucifier le Seigneur de gloire, expression remarquable.

Par la foi, nous voyons les gloires de Christ dans son humiliation. À la croix, ici-bas, répond Sa gloire en Haut.

Le Dieu de gloire (Actes 7:1) a glorifié son serviteur Jésus (Actes 3:13), après une réponse à la prière de Son Fils : « Je t’ai glorifié sur la terre… et maintenant glorifie-moi, toi, Père » (Jean 17:4).

Aux Corinthiens l’apôtre présente donc le Seigneur de gloire dans son abaissement et comme crucifié, en contraste avec les fausses gloires et la sagesse du monde.

Dans l’épître de Jacques, l’humiliation du Seigneur de gloire est le motif puissant pour ne plus faire acception de personnes.

Poursuivant la révélation des mystères de Dieu, l’apôtre cite au verset 9 le passage d’Ésaïe 64:4, dans lequel la foi du cœur du résidu pieux d’Israël saisit, à travers toutes les circonstances extérieures le lien qui subsiste entre le peuple élu et Dieu. Dieu prépare pour celui qui s’attend à Lui des choses qui ne seraient jamais montées au cœur de l’homme. Ce passage cité par l’apôtre montre la différence frappante entre la position du résidu qui s’attend à Dieu et la connaissance qu’apporte l’évangile. Ces choses qui ne pouvaient pas monter au cœur de l’homme, nous ont été révélées à nous chrétiens, par l’Esprit de Dieu (v. 10) qui nous les communique librement (v. 12). Cette connaissance est toutefois liée à l’amour du chrétien pour Dieu. La même pensée se retrouve en Jacques 2:5 sur l’héritage du royaume qu’il a promis à ceux qui l’aiment, et en Romains 8:28 en rapport avec les soins de la grâce de Dieu pour les chrétiens sur la terre.

Le Saint Esprit est présenté dans ces passages comme le seul agent pour la révélation et la communication des choses de Dieu, leur transmission et leur réception. Témoin à l’égard du monde, de péché, de justice et de jugement, le Saint Esprit nous conduit dans toute la vérité.

 

3                    1 Corinthiens 3

22-09-80

Versets 21-23

La tendance des Corinthiens de se glorifier dans les hommes les poussait à prendre les serviteurs du Seigneur comme Paul, Apollos ou Céphas pour en faire des chefs de partis dans l’assemblée, au même titre que le monde qui se choisissait des philosophes de renom pour en faire des chefs d’école. L’apôtre avait déjà signalé ce danger au ch. 1:12 où les mêmes serviteurs sont mentionnés. Les Corinthiens se réclamaient même de Christ dans cette tendance de leurs cœurs naturels à l’esprit de parti, mais ici, au ch. 3, Christ n’est pas mentionné au même titre que les apôtres, car si personne ne doit se glorifier dans les hommes, tout fidèle serviteur qu’il soit, le croyant est invité à se glorifier dans le Seigneur (1 Cor. 1:31 et 2 Cor. 10:17).

 

Mais la raison essentielle pour laquelle les Corinthiens et les chrétiens en général, ne devaient pas se glorifier dans les hommes est d’un autre ordre.

Toutes choses sont à nous :

Toutes choses sont déjà pour nous à la gloire de Dieu (2 Cor. 4:15), et si nous devons réaliser que nous n’avons rien dans ce monde, nous possédons toutes choses en Dieu et en Christ (2 Cor. 6:10).

 

Nos bénédictions sont en plénitude d’ordre spirituel, dans les lieux célestes par Dieu et en Christ :

·             nous avons part à la béatitude qui est en Dieu lui-même,

·             introduits dans la relation d’enfants vis-à-vis de Dieu connu comme Père,

·             unis à Christ en un seul corps comme ses membres (le Christ en 1 Cor. 12:12 comprend le Christ et l’Église) ou unis à Lui comme Épouse céleste,

·             ayant part à la gloire officielle future de Christ comme rois, et au service de l’adoration comme sacrificateurs,

·             jouissant maintenant et pour l’éternité à venir, d’un bonheur individuel goûté maintenant par la foi et plus tard en plénitude,

·             goûtant le bonheur collectif des saints marchant ensemble sur la terre, en attendant d’être recueillis dans le lieu de l’éternel repos.

·             Dieu nous a donné les choses en Christ (Rom. 8:32) et nous a donné de Son Esprit, don inexprimable, qui nous assure présentement et éternellement la jouissance de ces dons.

 

Les serviteurs de Christ étaient comme donnés aux Corinthiens. Autrefois les lévites (figurant le service) étaient donnés en don à Aaron (figure de Christ) et à ses fils (figure des croyants comme sacrificateurs).

 

Les Corinthiens et nous-mêmes aussi avons (1 Cor. 7) :

·       le monde : pas pour en user à notre gré, mais comme victoire de la foi en nous (1 Jean 5),

·       la vie : vie éternelle qui est en Christ,

·       la mort : la mort est vaincue par Christ à la croix. Elle a perdu son aiguillon et sa victoire (1 Cor. 15) vis-à-vis des croyants qui vivent de la vie de Christ ressuscité ; mais la mort est aussi pour nous le chemin de l’affranchissement et de la liberté dans la vie chrétienne. L’épée de Goliath a tué le géant dans la vallée d’Éla (1 Sam. 17), mais cachée derrière l’éphod, et donnée à David rejeté, il n’y en avait point de pareille (1 Sam. 21),

 

·       Choses présentes, choses à venir, tout est au croyant.

 

Mais nous sommes à Christ, et Christ à Dieu. Ici Christ est vu comme homme, de même que dans les deux autres passages :

·       1 Cor. 11 : qui parle de l’ordre dans l’Assemblée et de la position de la femme, où l’ordre moral est donné : Dieu, Christ homme, l’homme, la femme.

·       1 Cor. 15 : où Christ est vu comme Fils de l’homme régnant sur la terre, rendant au terme du règne millénaire le Royaume à Dieu qui lui a assujetti toutes choses.

 

Comme Dieu, Christ est l’égal du Père, Son compagnon (Zacharie 13), éternel dans son existence, distinct dans Sa personne inscrutable, mais toujours divin dans Sa nature.

 

4                    1 Corinthiens 4

4.1   1 Cor. 4:1, 2

29-01-80

La sagesse humaine jugée par la croix de Christ (ch. 1) est remplacée par les communications de l’Esprit de Dieu (ch. 2). Dans l’édifice de Dieu (l’Assemblée est vue sous le caractère de Maison de Dieu sur la terre jusqu’au ch. 10) confié à la responsabilité de l’homme, le travail de chacun est éprouvé (ch. 3). Paul, quelles que soient l’étendue et la valeur de son travail, n’était au fond qu’un serviteur du Seigneur dans lequel les hommes n’avaient pas à se glorifier. Au reste, les croyants possédaient toutes choses en Christ.

Mais les Corinthiens contestaient le ministère de l’apôtre. Paul traite brièvement le sujet au ch. 4 avant de s’occuper de l’état moral des Corinthiens (ch. 5 et suivants). Le sujet du ministère chrétien et de son propre travail sera développé plus complètement dans la deuxième épître (particulièrement les ch. 11 et 12).

L’apôtre se présente ici sous le caractère de serviteur, bien qu’investi d’autorité apostolique (1 Cor. 4:21 ; 5:4 ; 2 Cor. 13:2), belle image de son maître, le serviteur parfait, qui répondait aux disciples qui s’élevaient au cours du dernier souper sur la terre : « Je suis au milieu de vous comme celui qui sert » (Luc 22:27).

L’apôtre ici s’associe de plus avec Apollos et Céphas (bel exemple d’humilité) comme :

·             serviteur de Christ

·             administrateur des mystères de Dieu

 

Dans le Nouveau Testament, un serviteur est présenté sous trois caractères :

·             Esclave de Jésus Christ (particulièrement dans l’épître aux Galates) comme dépendant entièrement de son Maître

·             Diacre c’est-à-dire qualifié pour un service dans la mesure où l’état moral est maintenu bon par la grâce (épîtres pastorales).

·             Ministre c’est-à-dire comme représentant de Dieu ou de Christ pour une mission ou un office particuliers

§       Ce dernier titre est appliqué à Christ dans l’épître aux Hébreux : « ministre des lieux saints » (8:2)

§       Les autorités humaines sont dans le monde des ministres de Dieu (Rom. 13:6)

§       Paul avait reçu son administration de Christ lui-même : « ministre du Christ Jésus envers les nations, exerçant la sacrificature dans l’évangile de Dieu » (Rom. 15:16).

 

En même temps, Paul était ambassadeur pour Christ (2 Cor. 5:20), de même que chaque croyant dans sa mesure vis-à-vis des âmes perdues.

Ambassadeur lié de chaînes pour le mystère de l’évangile (Éph. 6:20) ; ici, l’évangile contient tous les conseils de Dieu touchant Christ et l’Église.

 

Le conseil caché dès les siècles en Dieu était maintenant révélé par Paul (Éph. 3:9) qui en avait reçu l’administration (fonction qui dépasse la simple révélation).

Paul devient ainsi serviteur de l’évangile (dans la première création) et serviteur de l’Assemblée (en vue de la nouvelle création), double caractère de son ministère mentionné en Col. 1:23 et 25.

 

L’apôtre présente ici particulièrement son service en rapport avec l’administration du mystère de Dieu :

·       mystère gardé dans le silence mais maintenant manifesté (Rom. 16:25),

·       mystère du corps de Christ (Éph. 3:2-11), et de son Épouse (Éph. 5:32),

·       mystère du conseil de Dieu pour la gloire de Christ (Col. 2:2).

 

La même expression est employée en rapport avec les jugements de la fin. Le mystère de Dieu se termine par les 7 coupes du jugement universel, contenues dans la septième trompette (Apocalypse 10:7).

 

4.2   1 Cor. 4:2-4

5-02-80

4.2.1       (v. 2)

Le caractère essentiel d’un administrateur qui a reçu un service de la part de Dieu est sa fidélité. Le Seigneur l’a réalisé en perfection et en plénitude comme chef sur sa maison (Héb. 3:6). La Parole nous présente des serviteurs qui dans leur mesure, ont été trouvés fidèles :

Moïse mentionné aussi en Héb. 3 et en Nb. 12:7 : « Mon serviteur Moïse, qui est fidèle dans toute ma maison », témoignage donné par Dieu lui-même. Le caractère de fidélité dans le service est lié pour ce précieux serviteur à la douceur et à l’humilité.

Hanania du temps de Néhémie, qui était fidèle, qui craignait Dieu plus que beaucoup d’autres (Néh. 7:2), à un moment où « la crainte des hommes tend un piège » à beaucoup (Prov. 29:25).

Daniel dont la fidélité a excité la méchanceté des hommes jaloux qui entouraient le roi Darius (Dan. 6:4). La consécration à Dieu et la séparation du mal à la cour de Babylone caractérisaient aussi ce serviteur.

Élie a été fidèle dans son service pour autant qu’il se tenait dans la présence de Dieu ; la crainte d’une femme (fut-elle reine d’Israël) a produit du découragement dans son cœur et voilé pour un moment la valeur de son service au milieu du peuple d’Israël, encore reconnu de Dieu malgré son infidélité.

 

4.2.2       (v. 3)

Au reste Paul, serviteur de Dieu et administrateur des mystères de Dieu, recherchait avant tout cette présence de Dieu et l’approbation de son maître, même si l’influence de mauvais ouvriers et de faux docteurs de l’assemblée influençait le jugement des Corinthiens.

Il lui importait peu d’être soumis à un interrogatoire de leur part, comme s’il devait rendre compte de ses actes aux hommes. Ce n’était encore que le jour de l’homme et non pas le jour du Seigneur où tout sera jugé et pesé.

Lui-même ne s’autorisait pas à porter sur sa conduite un jugement. Son affaire, comme la nôtre maintenant, était de se tenir dans la présence de Dieu et sa lumière qui manifeste tout, dans un constant jugement de soi-même, qui conduit à appliquer la mort de Christ aux mouvements de notre cœur naturel. C’est ainsi que Paul montrait aux Corinthiens comment il convenait pour tout chrétien de « porter toujours partout dans le corps la mort de Jésus » (2 Cor. 4:10).

Paul s’appliquait ainsi à maintenir :

 

·       « une conscience sans reproche devant Dieu et devant les hommes » (Actes 24:16),

·       « l’amour qui procède d’un cœur pur et d’une bonne conscience et d’une foi sincère » (1 Tim. 1:5),

·       servant Dieu « avec une conscience pure » (2 Tim. 1:3),

·       ouvrier « approuvé à Dieu » (2 Tim. 2:15),

·       « est approuvé… celui que le Seigneur recommande » (2 Cor. 10:18).

 

En définitive, c’est le Seigneur qui justifie, qui approuve et qui seul a qualité pour juger, et le moment d’exercer ce jugement n’est pas encore venu.

Tout sera manifesté à la venue du Seigneur (1 Cor. 4:5).

 

4.3   1 Cor. 4:5-7

12-02 80

Le verset 5 se relie à d’autres passages du Nouveau Testament qui présentent la manifestation des choses cachées :

·       premier groupe : Matt. 10 ; Marc 4 ; Luc 8 et Luc 12,

·       deuxième groupe : Rom. 14:12 ; 2 Cor. 5:10, devant le tribunal de Dieu et de Christ ; Rom. 2:16 et 1 Cor. 4:5.

 

Ces passages posent 3 grands principes :

1)                  personne ne peut rien garder secret, car toutes choses sont nues et découvertes aux yeux de Celui à qui nous avons affaire (Héb. 4:13),

2)                  chacun doit rendre compte de lui-même à Dieu,

3)                  nous n’avons pas à craindre les hommes mais Dieu.

 

Il est intéressant, en passant, de souligner que la fin du verset 5 : « chacun recevra sa louange de la part de Dieu » ne signifie pas que tout chrétien (et encore moins tout homme) doit recevoir une louange de la part de Dieu, mais qu’une louange quelconque ne peut être attribuée que par Dieu, lorsque les conseils des cœurs seront manifestés. L’apôtre quant à lui-même s’appliquait à se tenir dans la lumière de la présence de Dieu, tout en marchant dans l’humilité. Il peut ainsi se présenter comme modèle : notamment au verset 16 de ce chapitre ainsi qu’au ch. 11:1 de la même épître et plus tard, pendant sa captivité en Phil. 3:17.

Cette humilité de l’apôtre contrastait avec l’orgueil des Corinthiens :

·       1 Cor. 4:18 : « quelques-uns se sont enflés d’orgueil ».

·       1 Cor. 5:2 : « vous êtes enflés d’orgueil ».

·       2 Cor. 12:20 : « je crains que, quand j’arriverai… il n’y ait… des enflures d’orgueil ».

 

Cet orgueil se manifestait de la manière la plus triste dans le domaine spirituel, où les Corinthiens doués de manière exceptionnelle par le Seigneur, employaient leurs dons pour se glorifier, tout en se jalousant et en étant jaloux de l’apôtre. Triste tableau de l’homme, même croyant, mais qui n’a pas découragé Paul qui a continué à se dépenser sans compter pour le bien de ceux qu’il aimait.

Cette sollicitude pour les Corinthiens, dans l’humilité, se manifeste de façon très belle déjà au verset 6 où l’apôtre ne cite pas nommément les chefs de doctrine qui s’opposaient à lui, mais reporte sur lui et sur Apollos le débat causé par la triste attitude des Corinthiens.

Ce n’était pas en suivant l’exemple de Paul ni d’Apollos, deux serviteurs fidèles chacun à leur place, que les Corinthiens avaient pu apprendre à s’élever. D’autre part, se réclamer de l’un ou de l’autre n’avait pas de sens puisque de toutes manières, toutes choses étaient déjà à eux (1 Cor. 3:21), même les serviteurs qui avaient travaillé parmi eux.

Le verset 7 présente de plus trois principes importants :

1)                  Dieu donne des dons qui différent de l’un à l’autre : capacités naturelles du vase et dons spirituels pour le remplir,

2)                  tout don vient de Dieu : « Un homme ne peut rien recevoir, à moins qu’il ne lui soit donné du ciel » (Jean 3:27) ; « Tout ce qui nous est donné de bon et tout don parfait descendent d’en haut, du Père des lumières » (Jacq. 1:17),

3)                  en conséquence, personne ne peut se glorifier de quoi que ce soit, comme lui étant propre ; principe moral de toute importance, foulé aux pieds dans le monde où l’homme se met en avant et cherche les honneurs.

 

La femme avait déjà prêté l’oreille à la voix de Satan : « Vous serez comme Dieu ». C’est le propre de l’orgueil, piège et faute du diable. Cet orgueil sera porté à son comble dans l’antichrist, l’homme de péché, qui viendra en son propre nom et se présentera comme étant Dieu. Les Juifs apostats l’écouteront et le recevront. Déjà du temps du Seigneur, les Juifs ne pouvaient croire en Lui, car ils recevaient de la gloire l’un de l’autre et ne cherchaient pas la gloire qui vient de Dieu seul (Jean 5:44).

 

4.4   1 Cor. 4:8, 9

19-02-80

En écrivant au verset 8 sur le ton de l’ironie, l’apôtre, en fait, décrit le triste état moral profond des Corinthiens, qui avaient fait de l’assemblée de Dieu, leur propre monde et sphère de gloire : ils étaient rassasiés, riches et régnaient déjà sans les apôtres. L’apôtre ajoutera un autre caractère lié au règne, c’est le jugement du monde et des anges, au ch. 6, pour montrer aux Corinthiens que le temps n’était pas venu, mais bien celui de la séparation et de la souffrance pour Christ

L’état pratique des Corinthiens tenait à la fois de celui de Laodicée : riche, enrichi, sans besoins donc sans cœur pour Christ (Apoc. 3:16) et de la Babylone de la fin : « Je suis assise en reine » (Apoc. 18:7). C’était déjà l’iniquité de Sodome : « orgueil, abondance de pain, insouciant repos » (Éz. 16:49).

Pour nous maintenant, comme pour les Corinthiens alors, la conformité au présent siècle tarit la jouissance des choses divines. Le danger est particulièrement signalé lorsque les forces spirituelles déclinent. Le cœur du peuple d’Israël s’est découragé à la dernière étape du désert (Nb. 21), et en vient à traiter la nourriture céleste (la manne) « de pain misérable dont leur âme est dégoûtée ».

Ce n’était pas pour les Corinthiens le temps de régner, pas plus que pour nous encore maintenant. C’est le temps de souffrir pour Christ, car les souffrances et le service précèdent toujours la gloire et le repos. Il en a été ainsi en perfection de Christ, et il doit en être de même pour ses disciples s’ils sont fidèles.

« Si nous souffrons, nous régnerons aussi avec lui » (2 Tim. 2:12).

« Tous ceux aussi qui veulent vivre pieusement dans le Christ Jésus, seront persécutés » (2 Tim. 3:12).

C’est une part offerte à tous les chrétiens, mais acceptée par bien peu d’entre eux. Quant à Paul, son compte était fait avec Christ et pour Lui :

« Je ne fais aucun cas de ma vie, ni ne la tiens pour précieuse » (Actes 20:24).

« Si même je sers d’aspersion sur le sacrifice et le service de votre foi, j’en suis joyeux » (Phil. 2:17).

« Pour moi, je sers déjà de libation » (2 Tim. 4:6).

 

De sorte qu’il se présente, avec les autres apôtres, de la part de Dieu, comme produits les derniers sur la scène du monde moral (v. 9), empruntant ainsi une image aux spectacles du monde romain. Déjà les saints hommes de foi de l’Ancien Testament avaient été éprouvés jusqu’à la mort (Héb. 11:35-38).

La croix du Seigneur était un spectacle pour le monde (Luc 23:48 ; Ps. 22). Quelle conformité entre l’apôtre et son Maître lorsque Paul se présente comme compté parmi ceux qui sont voués à la mort (v. 9), ayant déjà en lui-même la sentence de mort (2 Cor. 1:9), en raison des épreuves qu’il traversait ! Comme plus loin dans cette deuxième épître, l’apôtre empruntera une autre image à la puissante Rome : celui du triomphe où les apôtres et les croyants apportent au monde la bonne odeur de Christ pour la mort ou pour la vie, suivant la position de chaque homme par rapport à l’évangile.

Mais la position des apôtres va beaucoup plus loin, et Paul en avait accepté toutes les conséquences pour Christ, car en fait, pour lui, vivre c’était Christ et alors mourir un gain.

 

4.5   1 Cor. 4:10-13

26-02-80

L’apôtre acceptait d’être considéré comme hors de sens par le monde pour l’amour de Christ, (c’est le témoignage précis de Festus à son égard en Actes 26:24), les Corinthiens étaient eux, sages en Christ. Fondamentalement, ils l’étaient bien car Christ leur avait été fait sagesse de la part de Dieu (1 Cor. 1:30). Mais, dans la pratique, quelle différence et quel contraste, entre l’état et le comportement, de l’apôtre et de ses compagnons, et ceux des Corinthiens.

D’un côté des serviteurs fidèles au Seigneur, acceptant d’être fous, faibles, dans le mépris. D’un autre, des chrétiens mondains et charnels, influencés par l’atmosphère d’une ville cultivée et corrompue, qui étaient sages à leurs propres yeux, forts et en honneur, vivant dans la nonchalance un christianisme commode et sans opprobre. En fait, le dévouement pour Christ et pour les âmes, était du côté de l’apôtre qui suivait le seul chemin sur la terre, celui de Christ.

Cette similitude entre le chemin parfait de Jésus sur la terre, et celui que par grâce Paul a réalisé dans sa mesure, est encore plus apparente à travers les circonstances de sa vie qui sont rappelées dans les versets 11 à 13 (et dont les détails sont donnés en 2 Cor. 11)

 

 

 

L’apôtre

 

 

Le Seigneur