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Thèmes de l’Épître aux Romains

 

Jean Muller

 

Table des matières abrégée :

1     Introduction de l’épître : 1:1-15

2     L’état de l’humanité devant Dieu : 1:16 à 3:20

3     Le pardon et la justification des péchés : 3:21 à 5:11

4     La délivrance du péché : 5:12 à 8:39

5     Israël et l’évangile : ch. 9 à 11

6     Les exhortations pratiques et le service de l’apôtre — ch. 12 à 15

7     Salutations et conclusion de l’épître : ch. 16

8     Complément A — Comparaison entre le Pentateuque et les écrits du NT

9     Complément B : Dates probables des épîtres de Paul

10      Complément C : Les deux familles d’Adam et de Christ (Rom. 5:15-21)

11      Complément D — Les dons de grâce et les exhortations pratiques (Rom. 12:6-21)

12      Complément E — Tableau des personnes saluées par l’apôtre (Rom. 16:1-16)

 

 

Table des matières détaillée :

1     Introduction de l’épître : 1:1-15

2     L’état de l’humanité devant Dieu : 1:16 à 3:20

3     Le pardon et la justification des péchés : 3:21 à 5:11

4     La délivrance du péché : 5:12 à 8:39

4.1     Le croyant et le péché — 5:12-21

4.2     Le croyant et la chair — ch. 6

4.3     Le croyant et la loi — ch. 7

4.4     Délivrance et bénédictions — ch. 8

5     Israël et l’évangile : ch. 9 à 11

5.1     Ch. 9

5.2     Ch. 10

5.3     Ch. 11

6     Les exhortations pratiques et le service de l’apôtre — ch. 12 à 15

6.1

6.2

6.3

6.4

6.5

7     Salutations et conclusion de l’épître : ch. 16

8     Complément A — Comparaison entre le Pentateuque et les écrits du NT

9     Complément B : Dates probables des épîtres de Paul

9.1     Deuxième voyage missionnaire

9.2     Troisième voyage missionnaire

9.3     Première captivité à Rome

9.4     Après la première captivité

9.5     Seconde captivité à Rome

9.6     Martyr de Paul

10      Complément C : Les deux familles d’Adam et de Christ (Rom. 5:15-21)

11      Complément D — Les dons de grâce et les exhortations pratiques (Rom. 12:6-21)

12      Complément Esprit — Tableau des personnes saluées par l’apôtre (Rom. 16:1-16)

 

 

 

 

L’épître aux Romains, présentée la première dans nos bibles, occupe une place essentielle dans le Nouveau Testament (voir complément A et complément B). Les Évangiles montrent le commencement du christianisme, comme la Genèse avait montré le commencement du monde dans la première création. À la suite, les Actes des apôtres présentent l’Église appelée hors du monde, pour être une habitation de Dieu par l’Esprit ; parallèlement, l’Exode avait présenté la sortie d’Égypte du peuple d’Israël par la Rédemption et le tabernacle, demeure de Dieu sur la terre. Les épîtres vont maintenant développer les résultats glorieux de l’oeuvre de Christ : d’une part, les moyens de s’approcher de Dieu et la position chrétienne en Christ (comme le Lévitique dans l’Ancien Testament) ; d’autre part, les ressources célestes assurées aux chrétiens pendant leur vie de pèlerins sur la terre (comme le livre des Nombres pour Israël). Enfin, l’Apocalypse, dernier livre de la révélation divine, présente la scène finale de l’histoire du monde et de l’humanité, de même que le livre du Deutéronome avait présenté les résultats finaux de l’histoire d’Israël dans le désert.

 

L’apôtre Paul révèle d’abord le salut par la foi en Christ, qui assure le pardon des péchés et la justification, comme aussi la délivrance du péché (Romains). Il présente ensuite le chrétien devant Dieu en Christ, comme mort avec Lui et ressuscité en Lui (Col. 3:1, 3), placé dans une position entièrement nouvelle, « une nouvelle création » (2 Cor. 5:17). Seul, l’apôtre Paul parle de l’Église, comme habitation et maison de Dieu, corps et épouse de Christ. Découlant de révélations reçues directement de Christ dans la gloire par l’apôtre, « sa doctrine » (2 Tim. 3:10) repose sur quatre fondements :

·        L’Assemblée est le corps de Christ (Éph. 3:6) ;

·        La cène du Seigneur, le mémorial de sa mort, exprime l’unité de son corps, le Christ, c’est-à-dire Christ lui-même et son Église (1 Cor. 10:17 ; 11:23 ; 12:12) :

·        La première résurrection des croyants endormis en Jésus (1 Cor. 15:3) ; et,

·        L’enlèvement des saints vivants à sa venue (1 Cor. 15:51).

 

Les écrits de Paul présentent l’ordre qui convient dans la maison de Dieu (1 Cor. 1 à 9 ; 1 Tim.) ou les ressources spéciales pour le fidèle lorsqu’elle est en ruine (2 Tim.). L’assemblée, corps de Christ, est nourrie par les dons spirituels envoyés par son Chef glorifié dans le ciel (Rom. 12:4-8 ; 1 Cor. 12 ; Éph. 4:7-16). Les quatre épîtres de la première captivité de l’apôtre ont un prix particulier par nos coeurs. Le grand apôtre des nations y révèle les desseins éternels de Dieu (Éphésiens et Colossiens) sans oublier le sort d’un esclave fugitif (Philémon). Paul, simple esclave de Jésus Christ, nous déclare aussi ce que son maître était pour son coeur — sa vie, son modèle, son but, sa joie et sa force — (Philippiens) : ce qu’il doit être pour nous.

 

Les épîtres de Jean parlent de la révélation du Père dans le Fils, en qui est la vie éternelle. Les croyants sont les enfants du Père, formant sa famille céleste. Selon le témoignage même de Dieu, celui qui a le Fils possède la vie éternelle (Jean 3:15, 16 ; 1 Jean 5:11, 12). Christ, lumière et amour, est donc dans le croyant : ce qui était vrai en Christ sur la terre, est maintenant vrai en nous, les croyants (1 Jean 2:8). Lorsque les fondements sont détruits (Ps. 11:3), la stabilité demeure dans la personne de Christ, et le témoignage de la vérité est de toute importance (2 et 3 Jean).

Les épîtres catholiques (de Pierre, de Jacques et de Jude) et l’épître aux Hébreux considèrent le chrétien encore dans le monde (comparé moralement à un désert, comme Israël dans le livre des Nombres), pèlerin par la foi en route vers le ciel. Les ressources divines lui sont assurées, particulièrement la sacrificature de Christ dans le ciel (Hébreux). L’avenir du monde et le déclin de la chrétienté lui sont aussi annoncés pour le mettre en garde contre les dangers des derniers jours, précisément ceux que nous vivons aujourd’hui (2 Pierre et Jude). Cet aspect important de la révélation divine complète les enseignements de certains écrits de Paul et de Jean. La période présente doit donc s’achever sur une double apostasie (le rejet de la vérité reçue auparavant), morale (2 Tim. 3) et religieuse, cette dernière étant à la fois juive et chrétienne (2 Thess. 2 ; 1 Jean 2:18-22). Ainsi, les épîtres du Nouveau Testament se terminent sur la promesse de la délivrance pour les rachetés du Seigneur, mais aussi sur le jugement du monde et de l’église professante, et enfin la destruction complète de la première création et des homme impies (2 Pi. 3:7, 12).

 

 

1                        Introduction de l’épître : 1:1-15

 

Le grand but de l’épître aux Romains est de répondre à cette solennelle question : « Comment l’homme sera-t-il juste devant Dieu ? » (Job 9:2). Pour cela, elle développe le message de l’évangile, la bonne nouvelle de la grâce et ses résultats pratiques pour l’homme pécheur. Mais cette épître ne montre pas en détail le côté des pensées de Dieu à l’égard de Christ et de Son assemblée. Cet aspect essentiel de la vérité divine, déjà exposé partiellement dans la première épître aux Corinthiens, ne sera pleinement révélé que par les derniers écrits de Paul, datés de sa captivité à Rome (épîtres aux Éphésiens et aux Colossiens). En reprenant l’exemple d’Israël, l’épître aux Romains voit le chrétien encore dans le désert (le monde), l’épître aux Éphésiens dans le pays (les lieux célestes), et l’épître aux Colossiens à la traversée du Jourdain (mort et ressuscité avec Christ). L’épître aux Romains présente le côté de la responsabilité de l’homme ; celle aux Éphésiens, l’aspect des desseins divins. Le centre sur lequel tout se concentre demeure Christ et Son oeuvre.

 

Une assemblée nombreuse avait été formée à Rome, sans l’intervention de l’apôtre, qui désirait beaucoup lui rendre visite, pour annoncer l’évangile (1:15) aux saints de Rome, appelés de Jésus Christ. Cet évangile, au-delà du salut de l’âme par la foi, concerne le déploiement de tout le dessein de Dieu envers l’homme, réalisé par l’oeuvre de Christ. En fait, l’apôtre Paul ne devait venir à Rome que comme un prisonnier de Jésus Christ (Éph. 3:1).

 

2                        L’état de l’humanité devant Dieu : 1:16 à 3:20

L’évangile de Dieu concerne le Fils de Dieu, Jésus Christ (*). En Lui, un salut éternel est offert par la grâce. L’évangile, qui est la puissance de Dieu, s’adresse à tous les hommes, dans l’état irrémédiable dans lequel ils se trouvent tous, sans exception. L’évangile révèle aussi la justice de Dieu, sur le principe de la foi et pour la foi : « Or le juste vivra de foi » (**) .

 

 

(*) La Parole présente Christ, comme Fils de Dieu :

·        Dans l’éternité passée (Ps. 2:7 ; Héb. 1:5),

·        À Sa naissance dans le monde (Luc 1:35),

·        Au début de son ministère, au baptême de Jean (Matt. 3:17),

·        À la fin de celui-ci, sur la montagne de la transfiguration (Matt. 17:5),

·        À Sa mort, selon le témoignage du centurion (Matt. 27:54 ; Marc 15:39),

·        Par Sa résurrection (Rom. 1:4), et selon la puissance d’une vie impérissable,

·        Dans l’éternité future (Héb. 7:28).

 

(**) Cette déclaration du prophète Habakuk : « Or le juste vivra de foi », est citée 3 fois dans le Nouveau Testament. L’accent est mis successivement sur le juste (Rom. 1:17), vivra (Héb. 10:38) et la foi (Gal. 3:11).

 

L’apôtre démontre d’abord l’état de perdition dans lequel se trouve l’humanité tout entière (1:18 à 3:20) :

·        La colère de Dieu est révélée contre les païens : ils ont refusé le témoignage de la création (1:19-20) ; ils ont oublié la connaissance du vrai Dieu (1:21) et, finalement, ils ont négligé la voix de leur propre conscience (2:14-15). La corruption païenne (1:29-32), qui appelle la juste sentence de Dieu, n’a été dépassée que par la corruption de la chrétienté (2 Tim. 3:2).

·        Les philosophes et les moralistes (Juifs ou païens) sont aussi inexcusables dans leur hypocrisie (2:1-16). Ils sont aussi nombreux dans le monde contemporain qu’ils ne l’étaient dans le monde grec d’alors. Comme les Pharisiens au temps du Seigneur, ils étaient (et sont encore) prompts à donner des leçons aux autres, mais ils commettent les mêmes choses, et même trouvent leur plaisir en ceux qui les commettent.

·        Le peuple d’Israël, dont les privilèges ont été si grands, est coupable d’avoir transgressé la loi, et blasphémé le nom de son Dieu (2:17-29).

 

L’homme (Juif ou non) peut élever toutes sortes d’objections (3:1-8), mais le terrible tableau de la culpabilité et de la ruine de l’homme est complet. Six témoignages de l’Ancien Testament établissent l’attitude intérieure, les paroles et les actes, et le comportement général (3:10-18). Le fait demeure que toute bouche est fermée et que tout le monde est coupable devant Dieu. Personne ne peut être justifié par ses propres oeuvres (3:19-20).

 

3                        Le pardon et la justification des péchés : 3:21 à 5:11

« Mais maintenant, sans loi, la justice de Dieu est manifestée » (3:21).

Après cette longue parenthèse qui établit la culpabilité de l’homme (1:18 à 3:20), la réponse divine s’élève : un salut gratuit, fondé sur l’oeuvre propitiatoire (*) de Christ, est offert par la justice même de Dieu à tous les hommes. Le croyant est maintenant justifié par le moyen de la foi et par la grâce de Dieu. Le salut s’adresse aux Juifs comme aux hommes des nations (3:21-31). La loi de la foi (3:27) ne désigne pas la loi de Moïse, mais une règle morale connue, un principe d’expérience qui agit de façon permanente pour produire les mêmes effets (**).

 

(*) La propitiation définit l’acte de couvrir le péché sur la base d’un sacrifice. Dans le tabernacle, le propitiatoire d’or pur, couvercle de l’arche, recevait le sang du sacrifice, figure du sang de Christ qui expie le péché.

(**) Le mot « loi » est appliqué dans la même acception dans le langage scientifique. Par exemple, la loi de la pesanteur.

 

Par l’exemple des croyants de l’Ancien Testament (Abraham et David en particulier), l’apôtre montre alors la place de la justification par la foi en rapport avec les oeuvres, la circoncision, les promesses et la puissance de la résurrection, celle de Christ en particulier (ch. 4).

·        La foi et les oeuvres (4:1-8) : Abraham, appelé le père des croyants, a été justifié par le moyen de la foi, sans les oeuvres ; néanmoins, celles-ci sont essentielles pour prouver la réalité de la foi (Jacq. 2:21-24). Le salut demeure gratuit, un don de Dieu.

·        La foi et la circoncision 4:9-12 : la foi d’Abraham lui a été comptée à justice (Gen. 15:6) 14 ans avant que lui soit donné la circoncision, le signe de la mise à part du monde pour Dieu. La circoncision est le sceau de la justice (4:11), et Abraham devient le père de circoncision, comme chef de file de ceux qui sont ainsi séparés du monde pour Dieu.

·        La foi et les promesses (4:13-16) : Abraham a reçu de Dieu des promesses inconditionnelles, dont l’accomplissement ne dépendait que de la fidélité de Dieu, bien avant le don de la loi à Israël.

·        La foi et la résurrection (4:17-22) : Enfin, les promesses reposent sur la puissance du Dieu de résurrection.

En conclusion (4:23-25), Jésus notre Seigneur a été livré pour nos fautes, et a été ressuscité pour notre justification. La foi du croyant se fonde ainsi sur le sang de Christ (3:25) et sur Sa résurrection (4:25).

 

Les conséquences de cette partie de l’épître sont triomphantes (5:1-11). Le croyant possède pour en jouir dès maintenant :

·        La paix avec Dieu par notre Seigneur Jésus Christ (celle de la conscience) ;

·        La faveur de Dieu (Sa grâce) ;

·        L’espérance de la gloire de Dieu ;

·        La joie dans les souffrances (tribulation, patience, expérience, espérance) ;

·        L’amour de Dieu est versé dans nos coeurs par le Saint-Esprit ;

·        La réconciliation avec Dicu et le salut. Enfin, il attend,

·        la gloire de Dieu en Christ.

 

À l’égard des péchés commis, Dieu accorde le pardon et la justification. L’oeuvre de Christ a été accomplie envers nous pour ôter nos péchés. L’évangile de Dieu répond ainsi à la question posée par Dieu à l’homme (Caïn) : « Qu’as-tu fait ? » (Gen. 4:10).

 

4                        La délivrance du péché : 5:12 à 8:39

L’épître apporte maintenant la réponse divine à la première question posée par Dieu à l’homme (Adam) dans le jardin après la chute : « Où es-tu ? » (Gen. 3:9). Au péché, la source de mal qui est en nous (et non plus les péchés, les actes mauvais), répond la délivrance. La mort de Christ a maintenant des conséquences en nous, à l’égard du péché.

 

4.1   Le croyant et le péché — 5:12-21

Bien qu’Adam soit la figure de Celui qui devait venir (c’est-à-dire Christ), l’apôtre établit le contraste entre le premier homme (Adam), et le second homme (Christ, le dernier Adam). L’un et l’autre sont chefs d’une famille d’humains (la famille terrestre d’Adam et la famille céleste de Christ) ; et chaque famille manifeste les caractères moraux de son chef (voir le tableau du complément C) :

·        Pour Adam : la désobéissance et le péché, la mort, la condamnation.

·        Pour Christ : l’obéissance et la justice, la vie, la grâce et la justification.

 

Rattaché à Adam par sa naissance dans le monde, le croyant est désormais lié à Christ. Et maintenant, pour lui, « la grâce règne par la justice pour la vie éternelle par Jésus Christ » (5:21).

 

4.2   Le croyant et la chair — ch. 6

Le croyant est délivré de l’esclavage du péché parce qu’il est « mort au péché », identifié avec Christ dans Sa mort. Tel est le signe du baptême (6:4). Désormais, le chrétien vit en pratique pour Christ, en manifestant Sa vie ; une vie nouvelle qui produit pour Dieu des fruits ici-bas dans une marche de sainteté pratique. La chair dans le croyant (ce principe mauvais qui habite dans tous les hommes depuis la chute d’Adam) a été crucifiée avec Christ (6:6) et le croyant est appelé à la tenir dans la mort. Les trois étapes de cet exercice, mis en évidence par le propre exemple de l’apôtre, sont :

·        « Car vous êtes morts, et votre vie est cachée avec le Christ en Dieu » (Col. 3:3, 5)

·        « Tenez-vous vous-mêmes pour morts au péché, mais pour vivants à Dieu dans le Christ Jésus » (Rom. (6:11),

·        « Portant toujours partout dans le corps la mort de Jésus, afin que la vie aussi de Jésus soit manifestée dans notre corps » (2 Cor. 4:10).

 

4.3   Le croyant et la loi — ch. 7

Le croyant est aussi « mort à la loi », la loi de Moïse. La valeur de celle-ci n’est pas en cause ; elle a révélé l’état de l’homme, sans y apporter aucun remède. Mais le chrétien est pratiquement affranchi (c’est-à-dire libéré comme un esclave racheté pour son maître) de l’autorité de la loi parce que sa mort avec Christ a rompu l’obligation qui l’y attachait. Le conflit intérieur se poursuit tant que le croyant se débat seul avec lui-même. Mais Jésus Christ, le grand libérateur, répond à la détresse de l’âme pour lui faire saisir la délivrance. L’apôtre montre :

·        La délivrance de la loi est par la mort (7:1-6),

·        La connaissance du péché est par la loi (7:7-13),

·        État et expérience d’une âme qui n’est pas affranchie (7:14-23). L’apôtre s’identifie à cette âme pour démontrer :

o       qu’il n’habite pas de bien dans la chair (7:18),

o       que la différence existe entre nous-mêmes et le péché qui est en nous ; enfin,

o       qu’il n’y a aucune force en nous.

·        En conséquence nous ne pouvons pas nous délivrer nous-mêmes ; il nous faut l’aide d’un autre, celle de Christ. Rien n’est à faire parce que son oeuvre est parfaite et accomplie.

 

4.4   Délivrance et bénédictions — ch. 8

Les conclusions de cette seconde partie doctrinale de l’épître sont aussi triomphantes que celles de la première. Délivrés du péché, de la chair et de la loi, les chrétiens goûtent la glorieuse liberté des enfants de Dieu. Le Saint Esprit en eux est vie et puissance :

·        La puissance de l’Esprit de vie nous libère de tout esclavage. L’épître aux Galates ajoute la délivrance du monde à celle du péché, de la chair et de la loi.

·        Le Saint Esprit est notre vie (8:10),

·        L’Esprit de Dieu nous conduit (8:14 ; Gal. 5:18),

·        L’Esprit d’adoption témoigne que nous sommes fils et enfants de Dieu (8:14, 15, 16). La position de fils implique privilèges et responsabilités. À la relation d’enfants avec le Père, se lie l’adoption et les affections divines.

·        Les prémices de l’Esprit témoignent de notre délivrance finale,

·        L’Esprit nous est en aide dans nos infirmités,

·        Enfin, tandis que nous soupirons en nous-mêmes (8:23) au milieu d’une création qui soupire (8:22), l’Esprit lui-même intercède pour nous par des soupirs inexprimables (8:26). Christ aussi intercède pour nous (8:39)

 

Au milieu des souffrances, nous sommes fortifiés par l’espérance de la gloire à venir. Objets de l’amour de Dieu et du Christ dont rien ni personne ne peut nous séparer, nous sommes en sécurité. Ce merveilleux chapitre contient une brève vision (8:29, 30) des desseins éternels de Dieu à l’égard de son Fils, le « premier-né entre plusieurs frères ». Les croyants sont présentés comme :

·        préconnus,

·        prédestinés à être conformes à l’image du Fils de Dieu,

·        appelés,

·        justifiés, et

·        déjà glorifiés.

 

5                        Israël et l’évangile : ch. 9 à 11

Une question essentielle restait à traiter en rapport avec l’évangile, maintenant offert à tous les hommes, Juifs ou nations, sans distinction. Comment concilier ce message du salut avec les promesses particulières faites auparavant par Dieu à son peuple Israël ?

5.1   Ch. 9

La position des Juifs par rapport à Dieu et à son évangile découle de trois vérités générales :

·        Dieu est souverain. Sans avoir à rendre de comptes à l’homme, Il accomplit le dessein de Sa volonté, selon l’élection de la grâce (comme le montrent les exemples d’Isaac et d’Ismaël, de Jacob et d’Ésaü).

·        Dieu, dans sa grande patience, supporte les méchants, comme des vases de colère (le Pharaon par exemple), en attendant d’exercer son juste jugement.

·        Les richesses de la gloire de Dieu se manifestent dans des vases de miséricorde (nous, tous les croyants).

 

5.2   Ch. 10

Par sa désobéissance, Israël a perdu tout droit aux promesses. Il ne pourra être béni que par le moyen de la grâce. Le salut découle de la foi à la Parole de Dieu reçue dans le coeur ; mais la foi est confirmée par la confession de la bouche. Or, Israël a rejeté le témoignage de Dieu ; aussi un voile est-il placé sur son coeur (2 Cor. 3:14-16).

 

5.3   Ch. 11

Cependant, Dieu n’a pas définitivement rejeté Israël. L’apôtre en apporte trois preuves :

·        Son propre cas, lui, un Juif objet de la grâce de Dieu. Un résidu aussi subsistait selon l’élection de la grâce, confirmé par l’exemple d’Élie (11:1-10).

·        Dieu voulait se servir des nations pour réveiller la conscience d’Israël, et non pas pour le rejeter (*) (11:11-24)

·        Les desseins de Dieu étaient un mystère, celui de l’endurcissement partiel et momentané du peuple (11:25-31).

 

(*) Le gouvernement de Dieu sur la terre est comparé à un olivier. Les racines et le tronc figurent Abraham qui a reçu les promesses de Dieu. Israël est représenté par les branches. Dieu, source de verdure et de fruit, greffe les nations sur l’olivier pour les bénir avec Israël.

 

En définitive, les dons de grâce et l’appel de Dieu sont absolument assurés (11:29). Si tous les hommes sont désobéissants, à tous la miséricorde est offerte. La grâce et la sagesse de Dieu sont merveilleuses !

 

6                        Les exhortations pratiques et le service de l’apôtre — ch. 12 à 15

6.1    

Fondées sur la doctrine de l’épître, les exhortations ont leur source dans les compassions divines. Le chrétien appartient à Christ, pour s’offrir à Dieu. La séparation du monde (dans la marche) et l’humilité (dans le coeur) permettent en pratique de connaître la volonté de Dieu pour lui plaire (12:1-4).

 

6.2    

Des dons de grâce sont aussi donnés à l’assemblée (le corps de Christ sur la terre), pour maintenir les liens pratiques entre les croyants (les membres du corps). Les exhortations pratiques en découlent, pour toute l’activité des chrétiens, leurs relations mutuelles (12:9-16 sauf le v. 14) ou avec le monde (12:17-21). Les encouragements commencent par l’amour, et se terminent par le bien en activité pour surmonter le mal. Les dons de grâce et les exhortations pratiques sont liés les uns aux autres (voir complément D).

 

6.3    

Le chrétien est aussi invité à se soumettre à l’autorité et aux autorités ; à cause de la colère (sa responsabilité est envers les autorités humaines comme citoyen) et à cause de la conscience (sa responsabilité est envers Dieu comme chrétien). Le motif suprême demeure l’amour, une dette de tout croyant envers Dieu que rien ne peut éteindre (13:1-10).

Le temps est court jusqu’au retour du Seigneur : il faut se réveiller du sommeil spirituel pour rejeter les oeuvres des ténèbres et revêtir les armes de la lumière, revêtir le Seigneur Jésus Christ lui-même, dans l’attente de la venue du jour éternel (13:11-14).

 

6.4    

La liberté chrétienne est ensuite développée avec la responsabilité qui s’y rattache et les égards dûs aux autres (14:1 à 15:7). Christ est le modèle parfait de l’abnégation et du dévouement. En le contemplant, nous pouvons ainsi réaliser les caractères moraux du royaume de Dieu, justice, paix et joie dans l’Esprit Saint. En pratique, nous devons nous garder du laxisme et du légalisme, dans le respect de la conscience de son frère, « celui pour lequel Christ est mort » (14:15 ; 1 Cor. 8:11).

 

6.5    

Dieu est le Dieu d’espérance, pour les Juifs comme pour les nations. L’apôtre Paul avait prêché l’évangile dans tout le monde grec. Il ignorait maintenant ce que serait la suite de son service dans le monde latin (l’Italie et l’Europe occidentale). Toutefois, le Dieu de paix demeurait avec lui (15:8-33).

 

7                        Salutations et conclusion de l’épître : ch. 16

Les nombreuses salutations qui terminent l’épître (voir complément E) expriment le lien d’affection entre l’apôtre et les saints de Rome qu’il n’avait jamais vus, sauf quelques uns. Paul y associe les assemblées du Christ (16:1-16, 21, 24).

 

La vigilance reste nécessaire vis-à-vis de ceux qui troublaient l’assemblée par des doctrines étrangères. Il faut être sage quant au bien, et simple quant au mal, avant que le Dieu de paix ne brise Satan sous nos pieds (16:17-20).

 

L’épître a présenté l’évangile de Dieu et ses résultats pratiques pour l’homme pécheur. Elle montre que la croix de Christ répond parfaitement à la responsabilité de l’homme devant Dieu. De plus, elle place la vérité du salut par la foi en rapport avec les diverses phases des relations entre Dieu et l’homme sur la terre. L’apôtre ne peut toutefois pas terminer sa lettre sans mentionner ce qu’il appelle le mystère, le mystère par excellence : le dessein de Dieu d’unir spirituellement en un seul corps Christ et tous Ses rachetés (soit Juifs, soit des nations). Déjà partiellement exposé dans la première épître aux Corinthiens, ce mystère sera pleinement révélé dans les épîtres aux Éphésiens et aux Colossiens, lorsque Paul sera prisonnier à Rome.

 

Devant les merveilles insondables de l’évangile et des desseins éternels de Dieu, l’apôtre termine sur une doxologie au Dieu qui seul est sage. À Lui, compte à Christ, soit la gloire éternellement !

 

8                        Complément A — Comparaison entre le Pentateuque et les écrits du NT

 

Ordre

Pentateuque

Nouveau Testament

1

GENÈSE
Le commencement du monde
Gen. 1:1

ÉVANGILES
Le commencement de l’évangile
Marc 1:1

2

EXODE
La rédemption d’Israël hors d’Égypte

ACTES
L’église appelée hors du monde (Ecclesia)

3

LÉVITIQUE
Les moyens d’accès à Dieu

ÉPÎTRES de JEAN et PAUL
La position chrétienne en Christ devant Dieu

4

NOMBRES

La traversée du désert

ÉPÎTRES CATHOLIQUES (de Pierre, Jacques et Jude) Épître aux Hébreux
La traversée du monde

5

DEUTÉRONOME
Résultats finaux de l’histoire d’Israël dans le désert

APOCALYPSE
La scène finale de l’histoire du monde et de l’humanité

 

 

9                        Complément B : Dates probables des épîtres de Paul

 

9.1   Deuxième voyage missionnaire

Épître

Date

Lieu d’origine

1 Thessaloniciens

52

Corinthe

2 Thessaloniciens

53

 

 

9.2   Troisième voyage missionnaire

Épître

Date

Lieu d’origine

1 Corinthiens

57 (printemps)

Éphèse

2 Corinthiens

57 (été)

Macédoine

Romains

58 (printemps)

Corinthe

Galates

58 (?)

Corinthe

 

9.3   Première captivité à Rome

Épître

Date

Lieu d’origine

Colossiens

62

Rome

Philémon

62

 

Éphésiens

62

 

Philippiens

63

 

Hébreux (*)

63

Italie

 

(*) Pour autant que Paul en soit l’auteur

 

9.4   Après la première captivité

Épître

Date

Lieu d’origine

1 Timothée

64

Macédoine

Tite

64

 

 

9.5   Seconde captivité à Rome

Épître

Date

Lieu d’origine

2 Timothée

66

Rome

 

9.6   Martyr de Paul

 

Date

Lieu

 

67 (probable)

Rome

 

 

10                  Complément C : Les deux familles d’Adam et de Christ (Rom. 5:15-21)

 

 

Adam

 

Christ

1

 

Faute et don de grâce (5:15)

 

 

Par la faute d’un seul, plusieurs sont morts

 

Grâce et don abondent envers plusieurs

2

 

Condamnation et justification (5:16)

 

 

Jugement en condamnation

 

Don de grâce en justification

3

 

Règnes de la mort et de la vie (5:17)

 

 

La mort règne

 

Les croyants règnent en vie

4

 

La portée de l’acte (5:18)

 

 

Par une seule faute, condamnation de tous les hommes

 

Par une seule justice, justification de vie envers tous les hommes

5

 

Désobéissance (pécheurs) et obéissance (justes) (5:19)

 

 

Par la désobéissance d’un seul, plusieurs ont été constitués pécheurs

 

Par l’obéissance d’un seul, plusieurs seront constitués justes

6

 

Mesure du péché et de la grâce (5:20)

 

 

Faute et péché
abondent

 

Grâce
surabonde

7

 

Règnes du péché et de la grâce (5:21)

 

 

Le péché a régné
par la mort

 

La grâce règne
par la justice
pour la vie éternelle

8

 

Salut de l’âme (6:23)

 

 

Les gages du péché, c’est la mort

 

Le don de grâce de Dieu, c’est la vie éternelle

9

 

Salut du corps (7:24 ; 8:11)

 

 

Qui me délivrera de ce corps de mort ?

 

(Dieu) vivifiera vos corps mortels

 

Conclusion :

« Aucune condamnation pour ceux qui sont dans le Christ Jésus » (Rom. 8:1)

 

 

11                  Complément D — Les dons de grâce et les exhortations pratiques (Rom. 12:6-21)

 

No

Don

Exhortations

Versets

A

B

C

 

1

Prophétie

Amour
sans hypocrisie

Affection
fraternelle

Honneur
rendu aux autres

9, 10

2

Service

Activité
sans paresse

Ferveur
en esprit

Service
du Seigneur

11

3

Enseignement

Joie
en espérance

Patience en tribulation

Persévérance
dans la prière

12

4

Exhortation

Bienfaisance

Hospitalité

Bénédiction des autres

13, 14

5

Distribution
(des dons)

Communion
dans la joie

Communion
dans les pleurs

Communion de sentiments

15, 16

6

Surveillance
(avec soin)

Humilité
en pensées

Humilité
en action

Humilité
d’esprit

16

7

Miséricorde
(avec joie)

Absence
de vengeance

Conduite
honnête

Recherche
de la paix

17-20

 

Conclusion : Le bien surmonte le mal (12:21)

 

Nota : Les six premières exhortations (12:9-16 sauf 12:14) s’adressent aux relations des chrétiens entre eux.

Les dernières exhortations (12:17-21) s’adressent aux rapports des saints avec le monde.

 

 

12                  Complément E — Tableau des personnes saluées par l’apôtre (Rom. 16:1-16)
                  

No

Frère

Soeur

Remarques

1

 

Phoebé

De Cenchrée, près de Corinthe (Act. 18:18)

2, 3

Aquilas

Priscilla

Époux chrétiens, nommés six fois (Act. 18:2 ; 18:18 ; 18:26 ; Rom. 16:3 ; 1 Cor. 16:19 ; 2 Tim. 4:19)

4

Épaïnète

 

 

5

 

Marie

La Parole ne permet pas de l’identifier à l’une des quatre Marie des évangiles

6

Andronique

 

En grec « Andronicos » est bien un homme

7

Junias

 

Apôtre, avec Andronique (*)

8

Amplias

 

 

9

Urbain

 

 

10

Stachys

 

 

11

Apellès

 

 

12

Aristobule

 

Avec les siens

13

Hérodion

 

Parent de Paul

14

Narcisse

 

Avec les siens

15

 

Tryphène

 

16

 

Tryphose

 

17

 

Persis

 

18

Rufus

 

Peut-être le fils de Simon de Cyrène (Marc 15:21)

19

 

et sa mère

 

20

Asyncrite

 

 

21

Phlégon

 

 

22

Hermas

 

 

23

Patrobas

 

 

24

Hermès

 

Avec les frères

25

Philologue

 

 

26

 

Julie

 

27, 28

 

Nérée

Avec sa soeur

29

Olympas

 

Avec les saints

 

Toutes les assemblées du Christ s’associent à l’apôtre (16:16).

Au total, 1 soeur recommandée ; 19 frères et 9 sœurs salués ; soit 29 croyants, tous chers au coeur de l’apôtre.

 

(*) Andronique et Junias sont ici appelés apôtres, comme Barnabas (Act. 14:14) ; ils sont ainsi ajoutés aux douze (Act. 1:26), et à Paul lui-même (1 Tim. 2:7).