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TROIS ISSUES

1 Corinthiens 6:1-11

ME 2002 p.170-173

J.-A. Monard

 

Parmi les nombreux désordres que l’apôtre Paul devait reprendre à Corinthe, il y avait des querelles entre frères — des querelles si graves qu’elles conduisaient à des procès devant les incrédules. L’apôtre reprend vertement les Corinthiens à ce sujet. Il leur montre d’abord combien il est déplacé que les croyants — qui un jour participeront au jugement du monde — fassent aujourd’hui appel à son arbitrage. Il leur donne ensuite quelques enseignements de base concernant les litiges entre frères et indique les chemins qui peuvent conduire à une issue.

 

1         Une médiation

Si vraiment il faut que les deux parties fassent appel à un arbitre, qu’au moins elles s’adressent à un frère, non à un incrédule ! (v. 4). Pour une telle tâche, il n’y a pas lieu de regarder à des frères spécialement doués ; même un frère «peu estimé» devrait être en mesure de l’accomplir. «Je parle pour vous faire honte» ajoute l’apôtre. Puis il attire l’attention sur la nécessité de confier cette mission difficile à un «homme sage... qui soit capable de décider entre ses frères» (v. 5).

Ce n’est sans doute pas le meilleur chemin, comme nous allons le voir. Mais s’il faut qu’il en soit ainsi, on peut désirer que celui qui est appelé à cette tâche prenne garde aux recommandations que faisait Moïse à ceux qu’il avait établis comme juges en Israël : «Jugez avec justice entre un homme et son frère... Vous ne ferez point acception des personnes... Vous entendrez aussi bien le petit que le grand ; vous n’aurez peur d’aucun homme» (Deut. 1:10, 17). Plus encore, le médiateur peut, s’il est conduit par le Seigneur, exercer un service pastoral envers ses frères en litige, en vue de les amener à reconnaître leurs torts respectifs et à s’en humilier réellement.

 

2         Le support et le pardon

Cependant, l’apôtre ne s’arrête pas sur la manière dont doit s’accomplir la médiation. Il a un autre chemin à montrer, bien meilleur. «C’est donc de toute manière déjà une faute en vous, que vous ayez des procès entre vous. Pourquoi ne supportez-vous pas plutôt des injustices ? pourquoi ne vous laissez-vous pas plutôt faire tort ?» (v. 7)

Il est très humain de chercher à faire valoir ses droits. Il est dur d’accepter d’être lésé, d’être injustement traité, d’être accusé à tort... Notre nature se regimbe vite, et riposte. Et pourtant le Seigneur a dit : «Ne résistez pas au mal ; mais si quelqu’un te frappe sur la joue droite, présente-lui aussi l’autre ; et à celui qui veut plaider contre toi et t’ôter ta tunique, laisse-lui encore le manteau» (Matt. 5:39, 40).

Et notre Seigneur n’a pas seulement donné cet enseignement, il l’a admirablement mis en pratique. Pierre, qui a pu le contempler dans son chemin sur la terre, nous rappelle que «lorsqu’on l’outrageait, il ne rendait pas d’outrage, quand il souffrait, il ne menaçait pas, mais se remettait à celui qui juge justement» (1 Pierre 2:23). Et il nous a donné un modèle afin que nous suivions ses traces (v. 21).

Il est peut-être plus dur d’accepter des torts de la part de ses frères dans la foi que de la part des gens du monde. Mais les enseignements du Seigneur et ceux des épîtres ne nous autorisent pas à avoir moins de support ou d’être moins disposés à pardonner si les torts nous sont faits par des croyants. Rappelons l’une des paroles de l’apôtre Paul : «Revêtez-vous donc, comme des élus de Dieu, saints et bien-aimés, d’entrailles de miséricorde, de bonté, d’humilité, de douceur, de longanimité, vous supportant l’un l’autre et vous pardonnant les uns aux autres, si l’un a un sujet de plainte contre un autre ; comme aussi le Christ vous a pardonné, vous aussi faites de même» (Col. 3:12, 13). Quelle mesure !

Il est vrai que, s’il s’agit de torts faits par des frères dans la foi, l’état de leur cœur et de leur conscience devant Dieu doit nous préoccuper aussi. C’est tout spécialement l’occasion de prier pour ceux qui nous font du tort, ainsi que le Seigneur l’a enseigné (Matt. 5:44). Et un service d’amour fraternel pour gagner son frère est à sa place (Matt. 18:15). Mais en aucun cas, ce service ne peut supprimer ou atténuer notre devoir de support et de pardon, tel que les passages précédents nous l’ont rappelé. Les différends entre frères doivent être réglés, mais dans un esprit d’humilité, d’amour et de pardon — et non dans le but de réhabiliter un honneur offensé ou d’obtenir une juste réparation.

 

3         La reconnaissance de ses propres torts

Revenons à 1 Corinthiens 6. Après avoir invité les croyants à supporter les injustices et à se laisser faire tort, l’apôtre ajoute abruptement : «Mais vous, vous faites des injustices et vous faites tort, et cela à vos frères» (v. 8). Le «vous» du verset 7 et celui du verset 8 peuvent fort bien désigner les mêmes personnes. Il est toujours beaucoup plus facile de voir les torts qui nous sont faits que ceux que nous faisons à d’autres. Ainsi nous pouvons estimer qu’il y a beaucoup de choses qu’il faudrait pardonner à notre frère, et ne pas nous rendre compte qu’il y en a tout autant, ou peut-être même plus, que notre frère doit nous pardonner.

La prise de conscience de ses propres torts est un élément essentiel dans le règlement d’une difficulté entre frères. Et si le Seigneur nous découvre quelque chose de nos torts — soit par la voix de notre conscience soit par celle d’un messager — ne passons pas légèrement par-dessus. «Dieu résiste aux orgueilleux, mais il donne la grâce aux humbles. Humiliez-vous donc sous la puissante main de Dieu» (1 Pierre 5:5, 6).

En confessant à notre frère nos propres torts — après les avoir confessés à Dieu — nous encourageons notre frère à faire de même.

Souvenons-nous de l’immense dette qui nous a été remise (Matt. 18:32). Et n’agissons pas comme le serviteur impitoyable.

Si, un jour, nous sommes venus à Dieu avec des cœurs repentants et lui avons confessé tous nos péchés, n’est-ce pas parce que nous savions qu’il est «riche en miséricorde», qu’il «pardonne abondamment», et que même il ne se souviendra «plus jamais» de nos manquements ? (Éph. 2:4 ; És. 55:7 ; Héb. 10:17). Il a mis nos cœurs en confiance devant lui, et nous sommes allés à lui. «Soyez donc imitateurs de Dieu comme de bien-aimés enfants» (Éph. 5:1).