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Obéir à Dieu plutôt qu’aux hommes — Actes 5:29

 

Jacques-André Monard

ME 2016 p.129

Table des matières :

1       Un enseignement de base

2       La soumission aux autorités — 1 Pierre 2:13-14

3       Cas de Désobéissance à l’autorité

3.1     Exemples bibliques, par crainte de Dieu

3.2     Des chrétiens, par fidélité

4       Faut-il vérifier que les ordres donnés sont selon la volonté de Dieu ?

5       La situation des employés avec contrat de travail

6       La possibilité d’annoncer l’évangile dans le cadre professionnel

 

1         Un enseignement de base

Avant d’être élevé dans le ciel, le Seigneur a ordonné à ses disciples : « Allez dans tout le monde, et prêchez l’évangile à toute la création » (Marc 16:15). La repentance et la rémission des péchés doivent être « prêchées en son nom à toutes les nations, en commençant par Jérusalem » (Luc 24:47). Les disciples s’acquitteront de cette mission, mais ce ne sera pas facile.

La première prédication de Pierre, au chapitre 2 des Actes, ne suscite pas de difficultés particulières, et trois mille personnes sont amenées au Sauveur. Mais la seconde prédication, à la suite d’une guérison miraculeuse, déclenche l’inquiétude et l’hostilité des chefs religieux (chap. 3 et 4). Ils arrêtent Pierre et Jean. Après les avoir fait comparaître, ils leur enjoignent « de ne plus parler ni enseigner, en aucune manière, au nom de Jésus » (4:18). Avec un grand courage et une franchise entière, ces témoins de Christ leur répondent : « Jugez s’il est juste devant Dieu de vous écouter plutôt que Dieu. Car, pour nous, nous ne pouvons pas ne pas parler des choses que nous avons vues et entendues » (v. 19-20).

Les apôtres persévèrent avec zèle dans leur prédication, et Dieu confirme leur témoignage en accordant que de nombreux miracles soient accomplis (5:12).

L’hostilité des chefs des Juifs s’accroît. Ils mettent les apôtres en prison (v. 18). Durant la nuit, un ange les délivre et les envoie au temple pour continuer leur prédication (v. 20). Ils sont alors amenés sans violence devant le sanhédrin, et invités à rendre compte de leur désobéissance (v. 27-28). Pierre et les apôtres répondent : « Il faut obéir à Dieu plutôt qu’aux hommes » (v. 29). Dieu intervient pour que ses serviteurs ne soient pas mis à mort, mais ils sont battus, et reçoivent une nouvelle fois l’ordre « de ne pas parler au nom de Jésus ». Ils se retirent de devant le sanhédrin « en se réjouissant d’avoir été estimés dignes de souffrir des opprobres pour le nom » et ils ne cessent « tous les jours d’enseigner et d’annoncer Jésus comme le Christ, dans le temple et de maison en maison » (v. 41-42).

Le comportement des apôtres en cette occasion nous donne un enseignement précis, qui doit nous aider dans certaines situations difficiles que nous pouvons rencontrer.

 

2         La soumission aux autorités — 1 Pierre 2:13-14

Pierre écrit dans sa première épître : « Soyez donc soumis à tout ordre humain pour l’amour du Seigneur, soit au roi comme étant au-dessus de tous, soit aux gouverneurs comme à ceux qui sont envoyés de sa part pour punir ceux qui font le mal et pour louer ceux qui font le bien » (2:13-14). De son côté, Paul écrit dans l’épître aux Romains : « Que toute âme se soumette aux autorités qui sont au-dessus d’elle ; car il n’existe pas d’autorité, si ce n’est de par Dieu ; et celles qui existent sont ordonnées de Dieu ; de sorte que celui qui résiste à l’autorité résiste à l’ordonnance de Dieu » (13:1-2). Rappelons que les hommes qui détenaient le pouvoir public à cette époque n’avaient aucune crainte de Dieu et étaient, le plus souvent, les ennemis des chrétiens.

L’autorité qui est au-dessus de nous a des formes très diverses : pour les enfants, il y a les parents et les maîtres d’école ; pour les femmes, il y a les maris ; pour les employés, il y a les chefs, les patrons ; et pour tous, il y a les autorités civiles et les lois.

Notre ligne de conduite est en principe très simple. C’est la soumission à l’autorité, et quand celle-ci nous impose quelque chose qui est contraire à la volonté de Dieu, « il faut obéir à Dieu plutôt qu’aux hommes ».

 

3         Cas de Désobéissance à l’autorité

3.1        Exemples bibliques, par crainte de Dieu

L’exemple des apôtres en Actes 4 et 5, présenté ci-dessus, est l’un des plus parlants.

En 1 Samuel 22, on voit les serviteurs de Saül refuser d’obéir au roi lorsqu’il leur demande de mettre à mort les sacrificateurs de l’Éternel (v. 17). Ils agissent dans la crainte de Dieu, et le roi doit utiliser un Édomite pour exécuter ses ordres.

L’exemple d’Abigaïl, en 1 Samuel 25, est très remarquable. Elle sait que David est l’homme que Dieu a choisi pour régner sur Israël. Sa foi la conduit à agir contrairement à la volonté de Nabal, son mari, en apportant à David et à sa troupe la nourriture dont ils ont besoin. En faisant ainsi, elle sauve sa maison d’une mort certaine. Puis elle informe son mari de ce qu’elle a fait. Dieu la protège et récompense son acte.

En Daniel 3, le roi Nebucadnetsar ordonne à tous ses sujets de se prosterner devant la statue d’or qu’il a dressée, sous peine d’être jetés dans une fournaise.

Shadrac, Méshac et Abed-Nego, trois jeunes Hébreux déportés à Babylone, refusent ouvertement d’adorer cette statue, et le disent courageusement au roi. Ils sont jetés dans la fournaise, mais Dieu les protège miraculeusement.

En Daniel 6, le roi Darius ordonne à tous ceux qui sont dans son royaume de n’adresser aucune prière à qui que ce soit pendant 30 jours. « Or Daniel, quand il sut que l’écrit était signé, entra dans sa maison ; et, ses fenêtres étant ouvertes dans sa chambre haute, du côté de Jérusalem, il s’agenouillait sur ses genoux trois fois le jour, et priait, et rendait grâce devant son Dieu, comme il avait fait auparavant » (v. 10). Immédiatement dénoncé, il est jeté dans la fosse aux lions, mais Dieu le délivre.

Dans chacun de ces récits du livre de Daniel, le châtiment injuste infligé à des hommes fidèles a deux résultats positifs : il donne l’occasion d’une délivrance merveilleuse et il amène un témoignage public à la gloire de Dieu de la part du souverain lui-même (3:28-29 ; 6:25-27).

 

3.2        Des chrétiens, par fidélité

À certaines époques, dans certains pays, les autorités ont interdit d’introduire des Bibles, d’en posséder, d’en acheter ou d’en vendre. Les croyants, conscients de la nécessité de se nourrir de la parole de Dieu et de la faire connaître, ont introduit clandestinement des Bibles, et les ont répandues selon leur pouvoir. Personne ne peut douter qu’en faisant ainsi, ils ont agi conformément à la pensée de Dieu. Ils ont accepté le risque d’être poursuivis et gravement punis par les autorités.

De même, le rassemblement des croyants pour lire la Bible, prier et s’édifier mutuellement a parfois été interdit par les autorités civiles. L’obéissance à Dieu a conduit des croyants fidèles à transgresser la volonté de l’autorité. Ils se sont rassemblés en cachette, ou par petits groupes, en comptant sur la protection de Dieu.

À une époque guère éloignée de nous, un gouvernement a interdit tout rassemblement chrétien qui ne soit pas dûment reconnu par l’État et soumis à son contrôle. Là encore, les croyants fidèles ont été contraints de désobéir à l’autorité établie.

Aujourd’hui encore, dans certains pays, il est interdit de prêcher l’évangile. Les croyants qui veulent obéir à Dieu le prêchent malgré tout, mais en cachette. L’énergie de leur foi les conduit à accepter le risque d’être emprisonnés ou mis à mort.

 

4         Faut-il vérifier que les ordres donnés sont selon la volonté de Dieu ?

Est-il juste de dire que nous devons être soumis aux autorités seulement si les ordres qu’elles donnent sont selon la volonté de Dieu ?

La Bible ne dit pas ainsi. Nous savons que le monde est gouverné par Satan. Les décisions de ceux qui détiennent l’autorité portent la marque de celui qui est « le chef de ce monde ». La plupart de ces décisions, et des obligations ou interdictions qu’elles entraînent, ne sont pas selon la volonté de Dieu — bien que nous soyons assurés que Dieu a la haute main sur tout ce qui se passe dans le monde et qu’il fait tout concourir à l’aboutissement de ses desseins.

Nous sommes des étrangers ici-bas, et par conséquent ce n’est pas notre affaire d’évaluer les décisions que prennent ceux qui dirigent nos pays, pour juger si elles sont conformes à la volonté de Dieu ou non. Et nous avons à être soumis à ce que l’autorité nous impose pour autant que cela ne nous conduise pas à désobéir à Dieu.

Un exemple : prêcher l’évangile. Si les autorités nous interdisent de le faire, nous devons leur désobéir, comme les apôtres au début des Actes. Par contre, si elles nous interdisent de le faire à certaines heures ou dans certaines rues ou en procédant d’une certaine façon, mais nous laissent libres de le faire autrement, soyons-leur soumis. Et soyons reconnaissants qu’elles nous laissent la possibilité d’obéir à notre Maître.

Il nous a demandé de prêcher l’évangile, non de le prêcher à l’heure et au lieu que nous nous sommes proposés, et selon la méthode que nous pensons bonne. Si des portes se ferment et que d’autres s’ouvrent, ce sont des éléments du chemin que Dieu nous trace. C’est de cette manière qu’ont agi les apôtres, ainsi que nous le montrent les Actes et les épîtres.

Nous ne devons être insoumis à l’autorité que si elle veut nous conduire à désobéir à Dieu, ou à agir contrairement à sa volonté exprimée dans sa Parole. Nous pouvons respecter les exigences de ceux qui sont placés au-dessus de nous lorsqu’il s’agit du cadre extérieur, pour autant que cela ne soit pas contraire à ce que Dieu dit. Mais jamais le moindre compromis ne doit être fait quant à la vérité de l’évangile, quant à sa substance. Si l’autorité voulait nous imposer de ne pas parler de certaines parties de la vérité chrétienne, nous ne devrions évidemment pas lui être soumis.

Si, en pensant bien faire, nous enfreignons les règles qui nous sont imposées, nous indisposons les autorités contre les chrétiens et nous les incitons à fermer des portes qui étaient ouvertes jusque-là.

 

5         La situation des employés avec contrat de travail

Le statut de l’employé actuel, avec un contrat de travail fixant ses obligations vis-à-vis de son employeur, n’a pas son équivalent exact dans la Bible. Néanmoins, les instructions données aux esclaves et aux domestiques d’autrefois fournissent des enseignements de principe qui nous sont applicables. L’apôtre Paul en donne dans quatre passages (Éph. 6:5-6 ; Col. 3:22-25 ; 1 Tim. 6:1 ; Tite 2:9-10) et l’apôtre Pierre dans un passage (1 Pierre 2:18-19). Parmi les points saillants de ces instructions, on trouve :

 

  des exhortations à l’obéissance, à la fidélité et à l’honnêteté,

  la nécessité de servir aussi bien en l’absence qu’en la présence du maître,

  le soin d’agir de manière que l’enseignement chrétien ne soit pas « blasphémé », mais « orné »,

  l’encouragement pour l’esclave de savoir qu’en servant son maître, il sert en fait le Seigneur Jésus et qu’il recevra de lui sa récompense.

 

Pour un employé aujourd’hui, la nécessité d’un service fidèle est peut-être encore plus grande que pour un esclave autrefois, parce que son emploi est fondé sur un contrat qu’il a signé. Il s’est engagé à utiliser son temps de travail pour l’entreprise qui lui donne son salaire, et il ne peut pas en consacrer une partie importante à d’autres activités, même s’il devait s’agir de la prière, de la lecture de la Bible ou du témoignage évangélique.

Le principe : « Il faut obéir à Dieu plutôt qu’aux hommes » s’applique certainement aussi aux serviteurs et aux employés. Si un patron ou un chef demande à un employé croyant de faire quelque chose qui est contre sa conscience, il est juste qu’il refuse. Beaucoup de chrétiens se sont trouvés dans la situation difficile où leur supérieur leur demandait de dire un mensonge, ou d’accomplir un acte qui n’était pas droit. La fidélité à Dieu leur a donné l’énergie de refuser d’exécuter l’ordre, et de le dire ouvertement à celui qui le leur avait donné. Une telle attitude peut apporter de graves ennuis à un employé — perte de poste, licenciement — mais la Parole nous encourage à accepter cela avec soumission au Seigneur et avec joie (1 Pierre 2:19-20 ; 3:14, 17 ; 4:16, 19).

Avant de signer un contrat de travail, le chrétien ferait bien de regarder soigneusement si les obligations professionnelles qu’il stipule sont compatibles avec la fidélité à Dieu. S’il s’agit d’enseignement, par exemple, devra-t-il présenter et inculquer à ses élèves des doctrines ou des théories contraires à la vérité biblique ? Aura-t-il la possibilité de prendre clairement ses distances relativement à de telles choses ?

Quand nous sommes placés devant ces questions, soyons profondément exercés devant Dieu pour discerner quelle est sa pensée, et quelle est sa volonté pour nous. Agissons de manière à pouvoir garder une bonne conscience « devant Dieu et devant les hommes » (Actes 24:16). Que les jeunes gens réfléchissent à tout cela lors des choix qu’ils ont à faire au cours de leur formation professionnelle !

 

6         La possibilité d’annoncer l’évangile dans le cadre professionnel

Certains emplois placent l’employé dans une situation où il lui est expressément interdit de faire de la « propagande religieuse ». C’est le cas, suivant les pays et les époques, pour les enseignants, les assistants en soins, et pour beaucoup d’autres. Cette interdiction est en principe à respecter. Mais s’il y a des limitations officielles et contraignantes à notre témoignage sous forme de prédication chrétienne claire, nous ne sommes pourtant pas condamnés à un mutisme complet.

Nous pouvons déjà être des témoins pour Dieu par notre comportement. Même sans nos paroles, des âmes peuvent être gagnées au Seigneur par notre conduite — honnête, fidèle, consciencieuse. C’est ce qui nous est dit du témoignage des femmes croyantes ayant un mari incrédule : « ... afin que, si même il y en a qui n’obéissent pas à la Parole, ils soient gagnés sans parole, par la conduite de leur femme » (1 Pierre 3:1).

En outre, Dieu nous donne souvent des occasions où nous pouvons être des témoins pour lui par quelques mots à propos. Il nous faut les saisir. L’apôtre Paul écrit : « Marchez dans la sagesse envers ceux de dehors, saisissant l’occasion » (Col. 4:5). Ces brefs témoignages peuvent être le point de départ de contacts personnels que rechercheront ultérieurement les personnes qui les ont entendus, et dans le cœur desquelles Dieu aura travaillé.

En conclusion, si les hommes — que ce soient les parents, le mari, le patron ou les autorités — veulent nous faire désobéir à Dieu, ou nous faire agir d’une manière qui est manifestement contraire à sa volonté, soyons soumis à Dieu, sur un principe de foi, et abandonnons-lui les conséquences.