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La lumière du monde

J.-A. Monard

ME 2010 p. 257-265

Table des matières :

1      La lumière des hommes

2      Un témoignage rendu à la lumière

3      Haïr la lumière ou venir à la lumière ?

3.1       Un exemple — en Samarie

3.2       Un autre exemple — à Jérusalem

4      Moi, je suis la lumière du monde ;

5      Marcher de jour et marcher de nuit

6      Croire en la lumière, être fils de lumière, ne pas demeurer dans les ténèbres

7      Vous êtes la lumière du monde

 

 

Cette expression se trouve trois fois dans la Bible. Dans le sermon sur la montagne, Jésus dit à ses disciples : « Vous êtes la lumière du monde » (Matt. 5:14). Et dans l’évangile de Jean, le Seigneur dit à deux reprises : « Je suis la lumière du monde » (8:12 ; 9:5). Nous nous arrêterons essentiellement sur les passages de cet évangile qui nous présentent Jésus comme la lumière, et nous montrent comment celle-ci a été reçue par les hommes, croyants ou incrédules.

 

1         La lumière des hommes

L’évangile de Jean s’ouvre majestueusement en nous présentant Jésus comme étant « la Parole », l’expression de ce que Dieu est, sa pleine et entière révélation. Tout d’abord, son éternité est affirmée. « Au commencement était la Parole... » (v. 1). Cette Parole n’a pas commencé à exister. Elle « était » « au commencement », elle était « auprès de Dieu », et elle « était Dieu ». C’est une personne distincte de Dieu, mais qui est Dieu. Elle est aussi la Parole créatrice : « Toutes choses furent faites par elle » (v. 3). Que les hommes ne mêlent pas leurs raisonnements à ces révélations infiniment élevées !

Il y a eu autrefois des communications partielles de Dieu au peuple d’Israël. C’est l’Ancien Testament. Elles ont apporté aux hommes quelque lumière ; et surtout, elles ont annoncé la venue de Christ. Il n’y a rien de plus important que cette venue. « Personne ne vit jamais Dieu ; le Fils unique, qui est dans le sein du Père, lui, l’a fait connaître » (v. 18). Comment cela a-t-il eu lieu ? « La Parole devint chair, et habita au milieu de nous... pleine de grâce et de vérité » (v. 14).

Mais les hommes à qui Dieu s’est ainsi révélé étaient très loin de lui, et dans un état misérable à cause du péché. Ils étaient « dans les ténèbres » — ignorant la vraie nature et le vrai caractère des choses, aveugles quant à leur propre état et aveugles quant à Dieu. De plus, ils étaient moralement « morts », morts dans leurs péchés (Éph. 2:1, 5). La Parole divine, en venant dans le monde, contenait en elle-même tout ce qu’il fallait pour remédier à leur état. « En elle était la vie, et la vie était la lumière des hommes » (Jean 1:4). Mais comment ont-ils reçu cette lumière ? « La lumière luit dans les ténèbres ; et les ténèbres ne l’ont pas comprise » (v. 5). Dans la nature, l’arrivée de la lumière dissipe l’obscurité. Mais dans l’univers moral, il n’en a pas été ainsi. Les hommes — du moins la plupart d’entre eux — ont refusé la lumière divine et sont restés dans leurs ténèbres. Il nous sera expliqué pourquoi au chapitre 3.

 

2         Un témoignage rendu à la lumière

Peu de temps avant l’entrée de Jésus Christ dans son ministère, Dieu a envoyé à Israël un précurseur, pour préparer son chemin. C’est Jean le baptiseur. « Celui-ci vint pour rendre témoignage, pour rendre témoignage de la lumière, afin que tous croient par lui. Lui n’était pas la lumière, mais pour rendre témoignage de la lumière : la vraie lumière était celle qui, venant dans le monde, éclaire tout homme » (v. 7-9).

Le rôle de Jean était d’attirer l’attention sur l’arrivée de Celui qui venait après lui, mais qui était avant lui (v. 15). Enseigné directement de Dieu, il a pu rendre témoignage que Jésus est « le Fils de Dieu » (v. 32, 34).

La vraie lumière, en venant dans le monde, « éclaire tout homme » (v. 9). L’évangile de Jean nous montre son effet sur différentes personnes qui l’ont ou reçue ou rejetée, et nous pourrons en considérer quelques-unes. Mais qu’elle ait été reçue ou rejetée, cette lumière a été ressentie comme ce qui révèle le véritable état de l’âme.

 

3         Haïr la lumière ou venir à la lumière ?

En Christ, la lumière divine est venue dans le monde. Elle a révélé ce qu’est Dieu, aussi bien sa sainteté et son horreur du mal que sa grâce prête à pardonner aux coupables. Elle a révélé aussi ce qu’est l’homme, sa nature désespérément mauvaise et son incapacité à satisfaire les justes exigences de Dieu. Hélas ! la plupart des hommes ont montré qu’ils préféraient ne pas voir la réalité. Ils ont préféré demeurer dans les ténèbres et s’illusionner sur leur propre état. Leur cœur n’a pas été sensible à l’amour de Dieu et au don de sa grâce. Ils ont refusé le salut que Dieu offre sur la base de l’œuvre de Christ. À cause de cela, ils se sont placés sous le jugement qui viendra inexorablement sur eux. « Or c’est ici le jugement, que la lumière est venue dans le monde, et que les hommes ont mieux aimé les ténèbres que la lumière, car leurs œuvres étaient mauvaises ; car quiconque fait des choses mauvaises hait la lumière, et ne vient pas à la lumière, de peur que ses œuvres ne soient reprises » (3:19-20).

Il y a toutefois des réchappés. Ce sont ceux qui ont laissé la lumière divine éclairer leur cœur. Ils ont vu leur état de péché et confessé leurs fautes. La lumière divine leur a aussi révélé la grâce infinie et l’amour de Dieu. Ils ont appris et cru que l’œuvre de Christ à la croix a fourni une base parfaitement suffisante pour que Dieu puisse leur accorder un pardon entier, et en toute justice. Ils ont accepté Jésus comme leur Sauveur. Maintenant, ils suivent Jésus. Ils ont reçu une nouvelle nature et ils aiment la lumière. « Celui qui pratique la vérité vient à la lumière, afin que ses œuvres soient manifestées, qu’elles sont faites en Dieu » (v. 21).

 

3.1       Un exemple — en Samarie

Le chapitre 4 de Jean nous présente la rencontre de Jésus avec une femme de Samarie. La manière d’agir de notre Seigneur est admirable : ses paroles ont d’abord pour but d’attirer le cœur de cette personne, d’éveiller en elle le désir de connaître « l’eau vive » qu’il apporte, cette eau qui répondra aux besoins profonds de son âme (v. 10, 13, 14). Lorsque ce désir est éveillé, il lui dit : « Va, appelle ton mari, et viens ici » (v. 16). Alors la lumière inonde son âme, met en évidence sa vie dépravée et les péchés dont elle est coupable. Mais cette lumière est jointe à l’amour qui attire. Et elle n’est pas refusée.

Le travail de Dieu s’opère dans son âme. Elle reçoit le Sauveur. Et à son tour, elle appelle les hommes de la ville : « Venez, voyez un homme qui m’a dit tout ce que j’ai fait ; celui-ci n’est-il point le Christ ? » (v. 29).

Et « plusieurs des Samaritains de cette ville-là crurent en lui, à cause de la parole de la femme qui avait rendu témoignage : Il m’a dit tout ce que j’ai fait » (v. 39). Le travail de Dieu se fait aussi dans leur cœur, et finalement, ils peuvent dire à la femme : « Ce n’est plus à cause de ton dire que nous croyons ; car nous-mêmes nous l’avons entendu, et nous connaissons que celui-ci est véritablement le Sauveur du monde » (v. 42).

La lumière divine avait éclairé leur cœur et ils l’avaient reçue.

 

3.2       Un autre exemple — à Jérusalem

Au début du chapitre 8, les scribes et les pharisiens — les conducteurs religieux du peuple — amènent à Jésus une femme « surprise en adultère ». Ce qu’ils possèdent de lumière par l’Ancien Testament leur fait discerner qu’il s’agit d’un péché grave qui devrait entraîner la lapidation. Cependant ils ont refusé la lumière de Christ et sont toujours dans les ténèbres. Ainsi, ils ne sont nullement conscients d’être eux aussi des coupables devant Dieu. Comme ils cherchent une occasion de trouver Jésus en défaut, afin de pouvoir l’accuser et le faire mourir, ils lui tendent un piège : « Moïse nous a commandé de lapider de telles femmes : toi donc, que dis-tu ? » (v. 5). Jésus se baisse, écrit avec le doigt sur la terre. Puis, s’étant relevé, il leur répond : « Que celui de vous qui est sans péché, jette le premier la pierre contre elle ! » (v. 7). Puis il se baisse de nouveau et écrit sur la terre. La lumière divine éclaire ces hommes, elle met en évidence leur état réel et leur fourberie. Mais ils ne peuvent la supporter et s’en vont un à un.

La femme aussi a été placée dans la lumière. Le Seigneur n’a pas dit un mot qui puisse atténuer la gravité de sa faute. « Nul ne t’a-t-il condamnée ?... Moi non plus, je ne te condamne pas ; va, — dorénavant ne pèche plus » (v. 11). Il est venu pour apporter « la grâce » et « la vérité ».

Les paroles que le Seigneur prononce immédiatement après cette scène sont en rapport direct avec elle. « Jésus leur parla encore disant :

 

4         Moi, je suis la lumière du monde ;

celui qui me suit ne marchera point dans les ténèbres, mais il aura la lumière de la vie » (8:12).

Dans leur état naturel, tous les hommes marchent dans les ténèbres. Mais ceux qui suivent Jésus, ceux qui l’ont reçu, ceux qui ont cru en lui, ne sont plus dans les ténèbres. Ils ont la lumière, la lumière de la vie. Ils marchent dans la lumière. Nous retrouvons ici, intimement associées, la lumière et la vie, comme au début de l’évangile (1:4).

« La lumière du monde » a brillé devant les Juifs qui étaient venus questionner Jésus. Mais ils ont rejeté le Sauveur et sont restés dans leurs ténèbres. Ils ont haï la lumière parce que leurs œuvres étaient mauvaises (cf. 3:19).

Une seconde fois dans cet évangile, le Seigneur se présente comme « la lumière du monde ». C’est dans le chapitre 9, qui rapporte la guérison d’un aveugle-né — tableau merveilleux plaçant sous nos yeux un homme qui passe des ténèbres à la lumière, au sens physique et au sens spirituel.

Sur son chemin, le Seigneur rencontre un homme « aveugle dès sa naissance » (v. 1). C’est l’occasion pour lui d’accomplir « les œuvres de Dieu », ces œuvres de puissance et de délivrance que le Père lui a données à faire. Il est pour peu de temps dans le monde, et il faut qu’il travaille pendant qu’il est jour, car « la nuit vient, en laquelle personne ne peut travailler ». Jésus déclare alors : « Pendant que je suis dans le monde, je suis la lumière du monde » (v. 5).

Il y a un moment où l’on peut profiter de cette lumière (cf. 12:35). Pour chacun, ce moment peut se terminer définitivement. Qu’en aurons-nous fait ?

Dans la conclusion qu’il exprime à la fin du chapitre, le Seigneur met en évidence le caractère déterminant de cette lumière venue dans le monde. « Moi, je suis venu dans ce monde pour le jugement, afin que ceux qui ne voient pas, voient ; et que ceux qui voient deviennent aveugles » (v. 39). Ceux qui pensaient voir et qui ont refusé Jésus — notamment les Juifs instruits — ont été manifestés aveugles. Ceux qui se savaient aveugles et qui ont cru en Jésus — comme l’homme guéri dans ce récit — ont été amenés dans la lumière.

Les soins du Seigneur pour développer progressivement la vision spirituelle de cet homme, au cours de ce récit, sont aussi remarquables que son intervention miraculeuse pour ouvrir ses yeux physiques.

 

5         Marcher de jour et marcher de nuit

Dans le chapitre 11, le Seigneur accomplit l’un de ses miracles les plus remarquables, en ressuscitant Lazare qui était depuis quatre jours dans le sépulcre. Par la manifestation de sa puissance, il est « glorifié » comme « Fils de Dieu » (v. 4). Cependant, comme homme parfait, il agit toujours dans une entière dépendance de Dieu. Les disciples peuvent s’étonner de ce qu’il se rende en Judée, où sa vie est menacée, mais il s’y rend au moment opportun, sans avoir égard aux considérations humaines. À ce sujet, il rappelle qu’il y a douze heures au jour : le temps est limité (cf. 9:4) et doit être utilisé pour travailler selon la volonté de Dieu. Le Seigneur pose le principe général : « Si quelqu’un marche de jour, il ne bronche pas, car il voit la lumière de ce monde ; mais si quelqu’un marche de nuit, il bronche, car la lumière n’est pas en lui » (v. 9, 10).

Suivons l’exemple du Seigneur, qui marchait de jour, qui accomplissait fidèlement la tâche que le Père lui avait donnée à faire.

 

6         Croire en la lumière, être fils de lumière, ne pas demeurer dans les ténèbres

Dans le chapitre 12, le Seigneur est à la fin de son témoignage public. Maintes fois les Juifs ont cherché à le faire mourir et ils contestent sans cesse ses paroles. Cependant il leur adresse un dernier appel. « Encore pour un peu de temps la lumière est au milieu de vous ; marchez pendant que vous avez la lumière, afin que les ténèbres ne s’emparent pas de vous ; et celui qui marche dans les ténèbres ne sait où il va. Pendant que vous avez la lumière, croyez en la lumière, afin que vous soyez fils de lumière. Jésus dit ces choses, et s’en allant, il se cacha de devant eux » (v. 35, 36). Et quelques instants après, il leur dit encore : « Moi, je suis venu dans le monde, la lumière, afin que quiconque croit en moi ne demeure pas dans les ténèbres » (v. 46).

Combien est impressionnante la dureté du cœur humain, qui refuse la lumière divine malgré toutes les évidences que Jésus a fournies, et malgré tous les miracles qu’il a faits ! Nous sommes émerveillés de la patience du Seigneur, de son insistance à éclairer les cœurs qui sont dans les ténèbres.

Mais le temps où l’on peut ouvrir les yeux à cette lumière aura son terme. Viendra le moment où ceux qui ne l’ont pas fait non seulement demeureront dans les ténèbres mais en seront définitivement la proie — les ténèbres s’empareront d’eux. Que cela ne soit le sort d’aucun de ceux qui lisent ces lignes !

Pour échapper à cela, il s’agit, comme dit le Seigneur dans ces versets, de « croire en lui », de « croire en la lumière ». Celui qui croit deviendra un « fils de lumière ».

 

7         Vous êtes la lumière du monde

Nous pourrions nous étonner qu’une expression aussi riche que « la lumière du monde », qui s’applique entièrement et parfaitement au Seigneur Jésus, soit aussi utilisée pour ceux qui sont ses disciples (Matt. 5:14). Mais il en est bien ainsi. Le Seigneur attend des siens qu’ils fassent briller dans le monde quelques reflets de sa lumière. Ils sont, selon ses paroles rappelées plus haut, « des fils de lumière ». L’apôtre Paul dira : « Vous étiez autrefois ténèbres, mais maintenant vous êtes lumière dans le Seigneur ; marchez comme des enfants de lumière » (Éph. 5:8). Il nous exhorte à être « des enfants de Dieu irréprochables, au milieu d’une génération tortue et perverse » et à reluire « comme des luminaires dans le monde » (Phil. 2:15). Et il décrit ainsi son ministère : « Car c’est le Dieu qui a dit que du sein des ténèbres la lumière resplendît, qui a relui dans nos cœurs pour faire luire la connaissance de la gloire de Dieu dans la face de Christ » (2 Cor. 4:6).

C’est ainsi que le Seigneur peut placer devant les siens — et déjà au début de son ministère — cette belle tâche de faire briller la lumière qu’ils ont reçue de lui. « Vous êtes la lumière du monde » et « Que votre lumière luise ainsi devant les hommes, en sorte qu’ils voient vos bonnes œuvres, et qu’ils glorifient votre Père qui est dans les cieux ! » (Matt. 5:14, 16).