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Dispensations
Jacques-André MONARD
Table des matières :
1.1 [Les dispensations : de quoi s’agit-il ?]
2.1 Une juste application des Écritures
2.2 Qu’est-ce qu’une dispensation ?
2.3 Les mots «dispensation» et économie»
2.4 La révélation progressive de Dieu
2.5 La responsabilité de l’homme
3 Chapitre 2 — Esquisse des diverses dispensations
3.2 Depuis la chute jusqu’au déluge
3.3 Depuis le déluge jusqu’à Abraham
3.7 L’Église et la période chrétienne
4 Chapitre 3 — Le peuple d’Israël, les nations et l’Église
4.1 Étapes de l’histoire d’Israël sous la loi
4.2 Israël au milieu des nations
4.3 L’Église, hors d’Israël et des nations
4.5 Le gouvernement confié à l’homme
4.6 Le résidu juif au début du christianisme
4.8 Les premiers temps de l’Église
5.1 L’alliance faite avec Abraham
5.4 Liens entre ces trois alliances
6 Chapitre 5 — Le royaume de Dieu
6.2 L’annonce du royaume, dans l’Ancien Testament
6.3 La prédication du royaume, dans les Évangiles
6.5 La porte du royaume ouverte aux nations
6.6 L’établissement du royaume de Dieu
6.7 Le royaume remis à Dieu le Père
6.8 Remarque au sujet du «royaume des cieux
7 Chapitre 6 — La loi et la grâce
7.3 Deux principes de justification
7.3.1 1 ° le principe de la loi
7.3.2 2° Le principe de la foi
7.7 La grâce de Dieu durant la dispensation de la loi
7.8 Pas sous la loi, mais sous la grâce
7.9 Le Seigneur Jésus et la loi
8 Chapitre 7 — Le gouvernement de Dieu
8.1 Le gouvernement au cours des dispensations
8.2 Le gouvernement et la grâce
8.3 Quand la rétribution a-t-elle lieu ?
8.4 Qui est celui qui rétribue ?
8.5 Gouvernement et discipline paternelle
9.1 Des choses nouvelles et des choses vieilles
9.2 Explications et applications
Dans le langage chrétien, on appelle volontiers dispensations ou économies les différentes périodes de l’histoire de l’humanité. Non pas les périodes définies par les grands événements qui retiennent l’attention du monde, mais les périodes caractérisées par les révélations que Dieu a faites aux hommes et par les dispositions qu’il a prises envers eux dans la souveraineté de son administration. (*)
(*) Note Bibliquest : Ce mot dispensation traduit le grec oikonomia = oikonomia (d’où l’expression économie par translittération) que la Bible version JND traduit par administration. Cet usage du mot administration se trouve dans le langage moderne à propos de l’administration de tel président des États-Unis. Le mot dispensation, plus connu en anglais, est devenu rare dans la langue française, mais figurait dans les dictionnaires du 19° siècle. Voir détails explicatifs aux points 2.2 et 2.3 ci-après.
La révélation de Dieu a été progressive. Ce n’est pas que l’intelligence de l’homme, au cours des temps, ait fait des progrès lui permettant de saisir toujours mieux ce qu’est Dieu ! Mais il a plu à Dieu de communiquer sa volonté, ses pensées, ses plans, par étapes successives — la révélation de chaque étape dépendant à la fois de la conduite de l’homme à l’égard de la révélation précédente et des plans souverains de Dieu.
Les communications divines ont placé les hommes qui les ont reçues — que ce soient Adam, Noé, Abraham, le peuple d’Israël, ou d’autres — dans une position particulière de responsabilité. Et l’histoire biblique nous montre, dans chaque cas, comment l’homme s’est acquitté de sa responsabilité. Mal, le plus souvent. Mais à l’histoire décevante de l’homme répond la révélation glorieuse de la grâce de Dieu, qui a «surabondé» là où le péché abondait (cf. Rom. 5:20).
Aujourd’hui, l’ensemble de la révélation de Dieu étant entre nos mains, comment pouvons-nous faire bon usage de ce qui a été communiqué à d’autres dans les temps qui ont précédé ? Sans doute, en recevant par la foi tout ce que la parole de Dieu nous dit. Mais aussi en comprenant les différences entre les diverses conditions dans lesquelles se trouvaient les hommes auxquels Dieu s’est adressé. Cela pourra nous éviter de regrettables méprises, en particulier celle d’appliquer aux chrétiens des éléments périmés du système légal institué autrefois par Dieu en Israël, et de nous priver par là des pleines bénédictions du christianisme. Il serait aussi faux de laisser simplement l’Ancien Testament de côté, que de le lire sans la lumière du Nouveau.
Le sujet qu’aborde ce petit livre est immense, puisqu’il s’agit de toute la révélation de Dieu, de ce que l’homme en a fait, et des voies de Dieu envers lui au cours des temps. Il n’a évidemment été possible que d’en esquisser quelques grandes lignes. Les abondantes références bibliques insérées dans le texte permettront au lecteur, non seulement de vérifier ce qui est exposé, mais d’étendre ses connaissances en allant à la source, et de fonder ainsi ses convictions sur la parole de Dieu elle-même.
Comme on le voit [dans la table des matières, cet] ouvrage n’est pas conçu comme une présentation chronologique des dispensations. Pour aider le lecteur à mieux comprendre les analogies et les contrastes qu’il y a entre les diverses dispensations, il a paru préférable de découper le sujet en grands thèmes qui, chacun, embrassent une très longue période de l’histoire de l’homme. Ainsi, chaque chapitre fait un survol de plusieurs dispensations, de ce qu’il a plu à Dieu d’y révéler, et des dispositions qu’il y a prises.
Cette structure de l’ouvrage implique nécessairement un certain nombre de répétitions.
À la fin du livre, on trouvera un index des principaux passages cités, de même qu’un index des sujets traités ou touchés. En outre, après la table des matières, un tableau récapitulatif pourra aider à avoir une vue d’ensemble des dispensations.
La lecture de la parole de Dieu nous place souvent devant des situations qui nous paraissent bien éloignées de nos circonstances actuelles. Nous avons devant nous des hommes d’époques très anciennes, dans des civilisations très différentes de la nôtre. La question peut surgir dans notre esprit : Dans quelle mesure ce qui leur est dit, ce qui leur est demandé, ou ce qui leur arrive, nous concerne-t-il ? En fait, c’est une question fondamentale.
En parlant aux Corinthiens des événements qu’avaient connus les Israélites environ quinze siècles plus tôt, lors de la sortie d’Égypte, l’apôtre Paul dit : «Or toutes ces choses leur arrivèrent comme types, et elles ont été écrites pour nous servir d’avertissement» (1 Cor. 10:11). Il y a dans l’Ancien Testament des récits historiques, comme aussi des prescriptions concernant le service divin, qui ont pour nous valeur de types. Ce sont des figures des choses qui étaient à venir. C’est une forme extrêmement riche de l’enseignement que Dieu s’est plu à nous donner.
À propos d’une ordonnance du Deutéronome concernant les boeufs, Paul demande : «Dieu s’occupe-t-il des boeufs ? ou parle-t-il entièrement pour nous ?» Et il répond : «C’est pour nous que cela est écrit» (1 Cor. 9:9, 10). On voit ici la double portée d’un enseignement qui, a priori, paraissait ne pas nous concerner. Dans son sens premier, l’instruction «Tu n’emmuselleras pas le boeuf qui foule le grain» manifeste la bonté de Dieu envers ses créatures, fussent-elles des animaux. Mais l’apôtre, conduit par l’Esprit de Dieu, fait une application de cet enseignement au serviteur de l’évangile : il est juste qu’il vive de l’évangile (v. 14).
Le même apôtre dit : «Toutes les choses qui ont été écrites auparavant ont été écrites pour notre instruction, afin que, par la patience et par la consolation des Écritures, nous ayons espérance» (Rom. 15:4). Et «toute Écriture est inspirée de Dieu, et utile pour enseigner, pour convaincre, pour corriger, pour instruire dans la justice...» (2 Tim. 3:16). Il est donc hors de doute que toute la Bible, l’Ancien Testament aussi bien que le Nouveau, est pour nous.
D’un autre côté, il est tout aussi évident qu’au cours des siècles durant lesquels Dieu s’est révélé, des choses ont changé. Par exemple, on lit dans l’épître aux Hébreux : «Car il y a abrogation du commandement qui a précédé, à cause de sa faiblesse et de son inutilité (car la loi n’a rien amené à la perfection), et introduction d’une meilleure espérance par laquelle nous approchons de Dieu» (Héb. 7:18, 19). Et dans l’épître aux Galates : «La loi a été notre conducteur jusqu’à Christ, afin que nous fussions justifiés sur le principe de la foi ; mais, la foi étant venue, nous ne sommes plus sous un conducteur» (3:24, 25).
Tandis que nous lisons la Bible, nous avons donc besoin de discernement spirituel pour savoir si ses enseignements nous concernent directement ou non. Et dans ce dernier cas, il s’agit de savoir quelle est la juste application que nous pouvons en faire. La question se pose même sur le plan de la vie pratique ; ce n’est pas une affaire de doctrine abstraite.
Dans l’Exode, l’ordonnance du sabbat est appelée «une alliance perpétuelle» (31:16). Les chrétiens devraient-ils donc observer le sabbat ? La réponse n’est pas difficile à découvrir ; il suffit de lire attentivement le passage ci-dessus. «Les fils d’Israël garderont le sabbat, pour observer le sabbat en leurs générations, — une alliance perpétuelle. C’est un signe entre moi et les fils d’Israël, à toujours» (v. 16, 17). Le sabbat concerne Israël.
Il y a des questions un peu plus difficiles. Lors du réveil qui eut lieu au temps de Néhémie, on trouve qu’après une lecture assidue du livre de la loi (8:18), les Israélites firent une alliance à laquelle ils apposèrent leur sceau. Ils s’engagèrent par serment à marcher selon la loi de Dieu et à pratiquer ses commandements, et ils s’imposèrent une taxe pour le service de la maison de Dieu (10:28-32). Avons-nous à suivre leur exemple ? Qu’ils eurent l’approbation de Dieu en cela, il serait difficile d’en douter. Mais l’histoire d’Israël nous montre à l’évidence que tous les engagements que l’homme a pris, il n’a pu les tenir. Il était conforme à l’esprit de la loi qu’un peuple sous la loi s’impose des obligations. Mais une telle façon de faire ne correspond absolument pas à l’esprit du christianisme. En revanche, nous pouvons faire une application utile de ce passage à ce qui nous concerne. Nous y trouvons un encouragement à garder les commandements du Seigneur et à avoir à coeur la maison de Dieu.
Après une pressante exhortation à la prière, le Seigneur Jésus dit : «... combien plus le Père qui est du ciel donnera-t-il l’Esprit Saint à ceux qui le lui demandent» (Luc 11:13). Cela signifie-t-il que nous devrions demander l’Esprit Saint ? Si nous avons conscience que, dans l’époque chrétienne (à partir du jour de la Pentecôte), ceux qui ont cru ont été scellés du Saint Esprit et que celui-ci habite en eux (Éph. 1:13 ; Rom. 8:11), il est évident que nous n’avons pas à demander ce que nous possédons déjà ! En revanche, nous pouvons toujours demander à Dieu qu’il nous accorde d’être remplis de l’Esprit, c’est-à-dire que nous soyons dans un état de coeur où le Saint Esprit est libre d’agir (Éph. 5:18).
L’Éternel promet à Josué : «Je ne te laisserai point et je ne t’abandonnerai point» (Jos. 1:5). Or l’épître aux Hébreux nous dit expressément que cette promesse est aussi pour nous : «...étant contents de ce que vous avez présentement ; car lui-même a dit : Je ne te laisserai point et je ne t’abandonnerai point ; en sorte que, pleins de confiance, nous disions : Le Seigneur est mon aide et je ne craindrai point» (13:5). Ce passage nous encourage donc à nous emparer des promesses que nous trouvons dans l’Ancien Testament, bien qu’elles aient été adressées à d’autres, et dans des circonstances qui ne sont pas les nôtres. Cependant, serait-il juste de nous approprier des promesses touchant une longue vie, ou des richesses, ou l’écrasement de nos ennemis ?
En face de ces déclarations de l’Ancien Testament qui sont, les unes à prendre littéralement et les autres à transposer ou même à ne pas nous approprier, nous pourrions nous sentir dépassés et nous écrier : Mais comment puis-je savoir ce qui est vraiment pour moi ? Heureusement, nous avons affaire à un Dieu qui désire nous enseigner ; et s’il nous a donné sa Parole, elle demeure entre ses mains pour opérer en nous selon son bon plaisir (cf. És. 55:10, 11). Elle est «la vivante et permanente parole de Dieu» (1 Pierre 1:23). Elle opère en nous qui croyons (1 Thess. 2:13). Nous pouvons donc compter sur lui pour qu’il nous éclaire par son Esprit et par sa Parole elle-même, afin que nous en fassions une application juste. D’autre part, nous ne devons pas rester de petits enfants. Dieu veut que nous avancions «vers l’état d’hommes faits» (Héb. 6:1), que nous croissions dans la connaissance de ses pensées.
Il est de la plus haute utilité pour tout chrétien d’avoir une compréhension claire du développement des révélations que Dieu a faites aux hommes au cours des âges, et du caractère des relations qu’il a établies avec ceux auxquels il s’est révélé. En d’autres termes, il faut connaître quelque chose des dispensations (*).
(*) «Le mot dispensation est généralement utilisé pour désigner un certain état de choses, établi par l’autorité de Dieu, durant une période donnée» (J.N. Darby, Collected Writings 1, p. 169).
Ce mot peut désigner aussi bien les dispositions que Dieu prend dans son administration, que les périodes durant lesquelles il prend ces dispositions. La dispensation de la loi, par exemple, c’est la condition dans laquelle se trouvait le peuple d’Israël par le fait qu’il avait reçu la loi de Moïse et était sous l’autorité de cette loi ; et c’est aussi l’époque allant depuis Moïse jusqu’à la venue de Jésus sur la terre.
La connaissance des dispensations — au moins dans leurs grandes lignes — est nécessaire pour pouvoir, ainsi que Paul le disait à Timothée, découper droit, ou exposer justement, la parole de la vérité (2 Tim. 2:15).
Dieu s’est révélé aux hommes pour leur bénédiction et pour manifester les différents aspects de sa gloire. Mais il s’est révélé de façon progressive. Dans chaque dispensation, l’homme a été mis à l’épreuve, et le résultat de ces tests a été la faillite sur toute la ligne. Mais au fur et à mesure que l’homme manifestait le fond de sa nature, Dieu a tiré de ses trésors de nouvelles richesses. L’étude du plan de Dieu dans la révélation qu’il a faite de lui-même est une source d’enrichissement particulier. Elle nous fait croître dans la connaissance de Dieu et du Seigneur Jésus Christ.
La notion de dispensation est clairement présentée dans la Bible, mais le mot lui-même n’y est pas forcément mentionné. Dans la version Darby, que nous utilisons ici, il ne l’est pas. En revanche, des mots équivalents s’y trouvent — et doivent s’y trouver — pour traduire le mot grec «oikonomia»,qui est à l’origine du mot français «économie». Ce mot est traduit dans la version Darby par administration. Il apparaît en Éphésiens 1:10, dans le sens précis de dispensation ou d’économie. Dans ce passage, il est parlé du propos éternel de Dieu quant à «l’administration de la plénitude des temps». Il s’agit des dispositions que Dieu, qui gouverne tout dans les périodes successives, a ordonnées pour le Millénium, temps qui couronne, ou complète, tous les autres.
Le mot «oikonomia» se trouve aussi en Éphésiens 3:2, 9 et en Colossiens 1:25. Dans ces passages, il est question du «mystère» de l’Église, que Dieu, dans sa souveraineté, avait entièrement caché dans tous les temps précédents, et qu’il a révélé au temps convenable par le moyen de l’apôtre Paul. Ces versets évoquent à la fois l’administration de Dieu et celle qu’il avait confiée à Paul. Il est d’ailleurs difficile de les distinguer l’une de l’autre. En 1 Corinthiens 4:1, 2, Paul se présente comme un «administrateur (ou économe — oikonomos) des mystères de Dieu». Et «ce qui est requis dans des administrateurs, c’est qu’un homme soit trouvé fidèle» (v. 1 et 2). Le mot «oikonomia» se trouve aussi en Luc 16:2, 3, 4, où est bien mise en évidence la pensée d’une gestion confiée à un administrateur qui devra en rendre compte.
Comme termes techniques pour désigner ce qui est l’objet de notre étude, les mots dispensation et économie sont équivalents. L’avantage du premier, bien qu’il n’appartienne pas au langage courant, c’est qu’il évoque l’idée de dispenser, c’est-à-dire d’accorder ou de donner. Ainsi, les dispensations de Dieu, c’est ce que Dieu dispense, dans sa souveraine administration.
«Dieu ayant autrefois, à plusieurs reprises et en plusieurs manières, parlé aux pères par les prophètes, à la fin de ces jours-là, nous a parlé dans le Fils» (Héb. 1:1, 2).
Ce verset indique une charnière de toute importance dans les communications divines : c’est la venue de Jésus ici-bas. Tout ce qui précède était en quelque sorte un crépuscule (*) dont la lumière croissante annonçait le lever du soleil. «Le peuple assis dans les ténèbres a vu une grande lumière ; et sur ceux qui sont assis dans la région et dans l’ombre de la mort, la lumière s’est levée» (Matt. 4:16, citation d’Ésaïe 9:2).
(*) Note Bibliquest : dans le sens ancien de lumière avant le lever du soleil
L’Ancien Testament — le crépuscule — a été écrit en hébreu, la langue d’Israël, par des auteurs appartenant tous à ce peuple. C’était une révélation de Dieu à Israël, bien que nous puissions en profiter beaucoup aujourd’hui. Le Nouveau Testament — la pleine révélation de Dieu — a été écrit en grec, la langue la plus répandue dans les pays civilisés de l’époque (*), et le Seigneur a ordonné à ses disciples d’annoncer l’évangile à toute la création. Les communications qui ont été faites par le Seigneur et ses apôtres ont une portée universelle.
(*) Dieu a préparé cela en conduisant Alexandre le Grand, fondateur du 3° grand empire des nations, à imposer le grec comme la langue officielle de l’empire.
L’Ancien Testament place devant nous quatre grandes périodes :
1° Dans la Genèse, jusqu’au chapitre 11 : les temps qui ont précédé l’appel d’Abraham. De façon générale, les nations sont sans Dieu et sombrent dans la corruption et l’idolâtrie. Il y a toutefois quelques communications de Dieu à des hommes de foi.
2° Dans la Genèse, depuis le chapitre 12 : l’époque des patriarches. Dieu est en relation avec la famille d’Abraham, auquel il s’est révélé et a fait des promesses.
3° Dans tout le reste de l’Ancien Testament : l’époque de la loi. Dieu est en relation avec Israël, qu’il a racheté de l’esclavage et qu’il a choisi pour être son peuple. Par le ministère de Moïse d’abord, puis des prophètes, Dieu révèle à ce peuple ce qu’Il est, et quels sont ses plans. En particulier, il annonce la venue du Messie. Par l’expérience faite avec Israël, on apprend ce qu’est l’homme et, bien heureusement, ce qu’est Dieu.
4° Dans les prophètes : l’époque de la bénédiction future. Cet état de choses est décrit avec une quantité de détails, mais la chronologie des événements n’est pas toujours facile à discerner. Une partie de ces événements s’est réalisée lors de la première venue de Christ, le reste s’accomplira à sa seconde venue. C’est la restauration d’Israël à travers l’épreuve d’un feu d’affineur, puis la bénédiction milléniale. Les prophéties de l’Ancien Testament ont toujours essentiellement Israël en vue, et la bénédiction particulière de ce peuple, qui gardera dans l’avenir sa place à part.
De son côté, le Nouveau Testament place devant nous trois périodes :
1° Dans les Évangiles : celle de la vie du Seigneur sur la terre. Le Messie est présenté à Israël. C’est la suprême épreuve de l’homme, la démonstration de son état incurable. C’est en même temps la merveilleuse démonstration de l’amour de Dieu qui donne son Fils pour racheter des hommes perdus.
2° Dans les Actes et les épîtres : le temps de l’Église. C’est la révélation d’un mystère qui avait été caché jusqu’alors. De façon générale, ce n’est pas l’accomplissement des prophéties de l’Ancien Testament, mais une sorte de parenthèse dans les voies de Dieu. Le peuple d’Israël comme tel est momentanément mis de côté et l’évangile est prêché aux nations.
3° Dans l’Apocalypse et dans plusieurs passages ailleurs : les temps futurs. Les bénédictions futures se réalisent après les jugements terribles qui frappent toute la terre. Ces bénédictions incluent tout ce qui a été promis à Israël, mais vont plus loin. Le Nouveau Testament seul nous révèle que le règne de Christ sur la terre aura une fin, et qu’il sera suivi de l’état éternel.
De tout temps et en tous lieux, les hommes ont été responsables devant Dieu selon la mesure de ce que Dieu leur avait fait connaître de lui-même, de ses pensées et de sa volonté, et selon la nature des relations qu’il avait établies avec eux. Le Seigneur pose le principe : «Or cet esclave qui a connu la volonté de son maître, et qui ne s’est pas préparé et n’a point fait selon sa volonté, sera battu de plusieurs coups ; et celui qui ne l’a point connue, et qui a fait des choses qui méritent des coups, sera battu de peu de coups ; car à quiconque il aura été beaucoup donné, il sera beaucoup redemandé» (Luc 12:47, 48). L’esclave est jugé — selon sa conduite — parce qu’il est dans la relation d’esclave avec le maître. De plus, s’il a «connu la volonté de son maître», c’est-à-dire s’il a reçu une communication positive de celui-ci, sa responsabilité est plus grande. Ne pas avoir reçu une telle communication diminue la responsabilité, mais ne l’efface pas.
Tout homme, en tant que créature de Dieu douée d’intelligence, a déjà une responsabilité envers son Créateur. «Ce qui ne se peut voir de lui, savoir et sa puissance éternelle et sa divinité, se discerne par le moyen de l’intelligence, par les choses qui sont faites, de manière à les rendre inexcusables» (Rom. 1:20). En outre, depuis la chute, l’homme possède une conscience, qui lui donne une certaine connaissance du bien et du mal, et par conséquent une certaine responsabilité. Il est dit des païens : «... leur conscience rendant en même temps témoignage, et leurs pensées s’accusant entre elles, ou aussi s’excusant» (Rom. 2:15).
À chaque étape des communications divines, les hommes qui les ont reçues ont été placés dans une certaine relation avec Dieu. Chacune de ces relations implique une responsabilité correspondante. L’appel d’Abraham l’a mis, lui et ses descendants, dans une relation privilégiée avec Dieu. Il en a été de même du peuple d’Israël, lorsque l’Éternel l’a appelé, délivré et amené à lui. Il en est encore de même des chrétiens, qui sont «participants à l’appel céleste». Ces relations constituent la base de la responsabilité de ceux avec lesquels Dieu les a établies, et cela d’autant plus que les privilèges qu’elles comportent sont grands.
Parmi les peuples où il y a eu une certaine connaissance du vrai Dieu (notamment Israël, puis les nations christianisées), une responsabilité particulière résulte de ce qu’on peut appeler l’héritage spirituel. Nous héritons de nos parents (au sens large) non seulement des biens matériels, non seulement éducation et instruction, mais encore ce qu’ils nous ont transmis de leur connaissance de Dieu. Cela implique une responsabilité, à la mesure de ce qui nous a été transmis — et que nous avons à communiquer aussi.
Ce devoir est formellement rappelé au psaume 78 : «Il a établi un témoignage en Jacob, et il a mis en Israël une loi qu’il a commandée à nos pères, pour qu’ils les fassent connaître à leurs fils, afin que la génération à venir, les fils qui naîtraient, les connaissent, et qu’ils se lèvent et les annoncent à leurs fils, et qu’ils mettent leur confiance en Dieu, et qu’ils n’oublient pas les oeuvres de Dieu, et qu’ils observent ses commandements» (v. 5-7). De même, il est rappelé à Timothée la foi de sa mère et de sa grand-mère, et l’enseignement qu’il avait reçu d’elles (2 Tim. 1:5 ; 3:15). À l’égard de cette transmission, la Parole souligne aussi bien le devoir des parents que celui des enfants (Deut. 6:6-9 ; Prov. 1:8, 9 ; 6:20-23).
Lorsque l’imprimerie n’existait pas et que la plupart des gens ne savaient pas lire, ce moyen de transmission jouait un rôle primordial. Quant à nous qui avons la parole de Dieu complète entre nos mains, notre responsabilité demeure entière de garder fidèlement l’héritage spirituel que nous avons reçu, et de le transmettre, tout en remontant continuellement à sa source avec l’attitude des Béréens. Ils examinaient «chaque jour les Écritures pour voir si les choses étaient ainsi» (Act. 17:11).
Lorsque nous nous occupons des changements qui sont intervenus dans les dispositions que Dieu a prises à l’égard de ses créatures, souvenons-nous que Dieu lui-même ne change pas. Il est «le Même», «le Dieu éternel», celui qui dit : «Moi, l’Éternel, je ne change pas» (Ps. 102:27 ; Rom. 16:26 ; Mal. 3:6). Par conséquent, ce qui est bon et ce qui est mauvais aux yeux de Dieu est indépendant des dispensations. Les normes du bien et du mal sont les mêmes dans tous les temps.
Il y a des principes immuables que nous pouvons trouver au travers de toutes les dispensations. Mentionnons quelques exemples.
— L’amour divin est la source de toutes les relations que Dieu a établies avec l’homme, qu’il s’agisse des patriarches, d’Israël ou des chrétiens (Deut. 4:37 ; 7:8 ; Éph. 2:4). Pour cette raison, Dieu attend de ceux qui sont en relation avec lui qu’ils manifestent l’amour. «L’amour... est la somme de la loi», comme il est le signe distinctif des disciples de Jésus (Rom. 13:10 ; Jean 13:35).
— L’acceptation d’un homme pécheur par le Dieu saint ne peut avoir lieu que sur la base d’un sacrifice offert. Il faut un substitut qui porte sa culpabilité devant Dieu. Le seul vrai Substitut est Christ. Avant sa venue, les divers sacrifices offerts le représentaient aux yeux de Dieu.
— Dans tous les temps, si l’homme entre dans une vraie relation avec Dieu, c’est par la foi. C’est ce dont témoigne Hébreux 11.
— De la Genèse à l’Apocalypse, Dieu se présente comme le juste juge qui, «sans acception de personnes, juge selon l’oeuvre de chacun» (1 Pierre 1:17). Cela est encore vrai pour ceux qui ont été mis à l’abri du jugement éternel et qui invoquent Dieu comme Père.
— Bien qu’il puisse revêtir des formes différentes, le gouvernement de Dieu à l’égard des hommes existe toujours. «Ce qu’un homme sème, cela aussi il le moissonnera» (Gal. 6:7). La grâce n’annule pas ce principe.
— La crainte de Dieu est, dans tous les temps, l’attitude qui convient à l’homme (Job 28:28 ; Ps. 111:10). Et si, dans le christianisme, toute crainte du jugement est ôtée pour les croyants, ils ont néanmoins à servir Dieu avec crainte (Héb. 12:28).
— Dans le Nouveau Testament comme dans l’Ancien, Dieu attend de ceux qui sont en relation avec lui une marche dans la sainteté, dans la séparation du mal. «Comme celui qui vous a appelés est saint, vous aussi soyez saints dans toute votre conduite ; parce qu’il est écrit : Soyez saints, car moi je suis saint» (1 Pierre 1:15, 16).
— Aussi bien à Israël «sous la loi» qu’à nous-mêmes qui sommes «sous la grâce», Dieu s’est révélé comme un Dieu de miséricorde (Ex. 33:19 ; 34:6 ; Luc 1:50 ; Éph. 2:4). Et le Seigneur nous dit : «Soyez donc miséricordieux, comme... votre Père est miséricordieux» (Luc 6:36).
— Dès les premiers âges de l’humanité, Dieu s’est fait connaître comme le Dieu de patience (Rom. 15:5 ; 1 Pierre 3:20). Tout l’Ancien Testament est un témoignage à son immense patience envers Israël, et aujourd’hui encore, selon «les richesses de sa bonté, et de sa patience, et de sa longue attente», il pousse les hommes à la repentance (Rom. 2:4). C’est pourquoi il attend des siens qu’ils manifestent la patience, que ce soit dans leur vie chrétienne en général, dans leur attente du Seigneur, dans leurs épreuves ou dans leurs relations les uns avec les autres (Col. 1:11 ; 1 Thess. 1:3 ; Jacq. 5:11 ; 1 Thess. 5:14).
Nous nous proposons d’esquisser les dispensations successives comme étant les grandes étapes de la révélation de Dieu aux hommes, depuis la création. Nous considérerons neuf périodes caractéristiques, tout en étant bien conscients que le découpage du temps peut être fait diversement :
1° Le temps de l’innocence è 2° Depuis la chute jusqu’au déluge è 3° Depuis le déluge jusqu’à Abraham è 4° L’époque des patriarches è 5° La loi è 6° Le ministère de Jésus è 7° L’Église et la période chrétienne è 8° Les jugements futurs è 9° Le Millénium
La Parole ne nous dit que peu de choses de la condition de l’homme dans le jardin d’Éden. Adam et Ève ont transgressé la seule interdiction que Dieu leur avait donnée. Dès l’origine, l’homme a failli à sa responsabilité. «Par un seul homme le péché est entré dans le monde, et par le péché la mort, et... ainsi la mort a passé à tous les hommes, en ce que tous ont péché» (Rom. 5:12). C’est de la chute aussi que date une faculté d’origine divine dans l’homme : la connaissance du bien et du mal (Gen. 3:5), c’est-à-dire la conscience.
Il est intéressant de noter que l’institution divine du mariage date de ce début de l’humanité, et que le Seigneur Jésus y fait référence lorsqu’on lui pose une question touchant le divorce. Il renvoie à ce qui était «au commencement» (Matt. 19:3-9). Le principe «et ils seront une seule chair» (Gen. 2:24), rappelé plusieurs fois dans l’Écriture, constitue la base sur laquelle la rupture du lien conjugal, la fornication et l’adultère sont prohibés (Matt. 19:6 ; 1 Cor. 6:16, 17).
L’histoire d’Adam et d’Ève nous donne un exemple de chacune des deux façons dont l’Ancien Testament annonce Christ : les types et les prophéties formelles. Le sommeil dans lequel Adam reçoit de Dieu une femme, «os de ses os et chair de sa chair» (Gen. 2:23), est une image de la mort de Christ, par laquelle il acquiert une épouse, l’Assemblée ; «car nous sommes membres de son corps, — de sa chair et de ses os» (Éph. 5:30). Ensuite, après l’entrée du péché dans le monde, en prononçant le jugement sur le serpent, Dieu fait une déclaration prophétique des plus claires concernant «la semence de la femme», qui est Christ : «Elle te brisera la tête, et toi tu lui briseras le talon» (Gen. 3:15). Le Seigneur sera arrêté momentanément dans sa marche, mais remportera par là même une victoire définitive sur Satan.
Durant les temps qui séparent l’entrée du péché dans le monde et le déluge, la Parole nous montre d’une part la famille de Caïn, s’établissant dans le monde, cruelle et faisant fi de l’institution divine du mariage (Gen. 4:19), et d’autre part une famille dans laquelle «on commença à invoquer le nom de l’Éternel» (4:26). C’est dans celle-ci qu’on trouve des hommes de foi — Hénoc et Noé — qui marchent avec Dieu, et auxquels Dieu fait des révélations personnelles (Gen. 5:24 ; 6:9-22 ; Jude 14). Mais la corruption et la violence se développent au point que «l’Éternel se repentit d’avoir fait l’homme sur la terre» (Gen. 6:6). Les hommes n’ayant pas écouté le «prédicateur de justice», «le déluge vint et les emporta tous» (2 Pierre 2:5 ; Matt. 24:39). On peut remarquer que les révélations que Dieu fait à cette époque sont : le jugement qui doit venir sur les hommes impies et le moyen d’échapper à ce jugement. En substance, ce sont les premiers éléments de l’évangile qui est prêché aujourd’hui.
Après le déluge, Dieu introduit quelque chose de nouveau. Pour freiner la violence qui conduit au meurtre, il confie le gouvernement à l’homme. Celui-ci devient responsable de mettre à mort le meurtrier : «Qui aura versé le sang de l’homme, par l’homme son sang sera versé ; car à l’image de Dieu, il a fait l’homme» (Gen. 9:6). Dieu permet à l’homme de manger de la chair, mais lui donne l’interdiction de la manger avec le sang (9:3, 4), interdiction répétée dans la loi de Moïse et dans le christianisme (Lév. : 7:26, 27 ; Act. 15:20, 29).
À part ces quelques traits distinctifs, cette période est identique à la précédente, la responsabilité des hommes étant augmentée par le fait qu’ils ont connu le jugement de Dieu lors du déluge, ce qui devrait les amener à le craindre. Dans cette période aussi, Dieu a fait des communications individuelles à des hommes qui le craignaient, tels Job, Élihu, Melchisédec. Mais de façon générale, l’idolâtrie s’est développée sur la terre et c’est hors d’un tel état de choses que Dieu a appelé Abraham (Jos. 24:2). Pour les gens des nations, cette dispensation va se poursuivre jusqu’au début du christianisme. Leur dépravation morale est décrite en Romains 1:18 à 32. Les communications divines faites à Abraham et à ses descendants vont maintenant occuper le devant de la scène.
Tout ce qui précède tient dans les onze premiers chapitres de la Genèse. Dans les chapitres 12 à 50 nous est donnée l’histoire des patriarches : Abraham, Isaac et Jacob. Dieu choisit un homme et l’appelle à lui. Il lui fait des promesses de bénédiction dont la portée s’étend jusqu’à la fin des temps : une descendance nombreuse et un pays. Plus encore, de «sa semence», la bénédiction découlera sur toutes les nations de la terre (22:16-18). «L’ami de Dieu» et ses descendants vivent une vie de foi comme des étrangers dans le pays qui leur a été promis. Abraham commande fidèlement «à ses fils et à sa maison après lui de garder la voie de l’Éternel» (18, 19). De leur côté, Isaac et Jacob se montrent attachés à la bénédiction promise.
Quel est le genre de communications que Dieu fait aux patriarches ? Pour l’essentiel, ce sont des promesses ; occasionnellement, des ordres concernant un acte à accomplir ou un déplacement à effectuer. À ces promesses s’attache leur foi, à ces ordres répond leur obéissance. Dans ces pages de la Genèse, nous trouvons peu d’instructions morales directes, de préceptes. Néanmoins Dieu attend de ses serviteurs une conduite qui soit en rapport avec leur appel. Il dit à Abraham : «Je suis le Dieu Tout-puissant ; marche devant ma face, et sois parfait» (17:1). Et l’épître aux Hébreux rend le témoignage que «Dieu n’a point honte d’eux, savoir d’être appelé leur Dieu» (11:16). Le récit de leur fidélité ou de leurs défaillances est une source très riche d’enseignements pratiques.
En dehors de cette famille privilégiée, Dieu prend aussi connaissance des voies des hommes, et quand le mal s’aggrave, son jugement gouvernemental s’exerce. C’est ainsi que Sodome et Gomorrhe subissent une destruction complète (Gen. 19).
Mais si la destruction de ces villes, comme le déluge, met en évidence le gouvernement de Dieu sous la forme d’un jugement destructif, final, l’histoire des patriarches nous révèle un autre aspect de ce gouvernement : la discipline. Dieu prend connaissance de toutes les actions de ceux qui sont en relation avec lui, et en fait venir sur eux les conséquences. Ce principe de rétribution est particulièrement mis en évidence dans la vie de Jacob et dans l’histoire des frères de Joseph. Cette forme de gouvernement n’est pas seulement une exigence d’un Dieu qui se doit à lui-même d’exercer la justice, elle est l’expression de la bonté d’un Dieu qui veut former les siens, pour leur plus grande bénédiction. Ces choses ne nous sont pas présentées dans la Genèse sous forme de principes abstraits, mais dans les faits.
Jacob et sa famille descendent en Égypte, au temps de Joseph. La descendance des patriarches se multiplie extrêmement, mais souffre l’oppression et l’esclavage. Dieu entend leur gémissement et se souvient des promesses faites à Abraham, Isaac et Jacob. Fait très significatif, il reconnaît leur descendance comme étant «son peuple». Pour la première fois, Dieu établit une relation avec un peuple. Israël devrait être, au milieu des autres peuples, «une nation sainte» et «un royaume de sacrificateurs», témoin du seul vrai Dieu (Ex. 19:5, 6). Après sa délivrance d’Égypte, au Sinaï, Dieu lui donne la loi des dix commandements, et de nombreuses ordonnances. Commence alors une nouvelle épreuve de l’homme, qui durera jusqu’à la venue de Christ.
La responsabilité particulière d’Israël est fondée, dès le départ, sur deux grands faits. Premièrement, ce peuple a été racheté de l’esclavage en Égypte, délivré de la puissance du Pharaon. Il a vu les merveilles de l’Éternel agissant en bonté envers lui et en jugement envers ses oppresseurs (Ex. 19:4). Deuxièmement, dans toute la solennité du feu et des tonnerres de Sinaï, ce peuple a entendu la voix de Dieu (Deut. 4:33-35).
Cependant, si la loi exprime ce que l’homme doit être pour satisfaire aux exigences du Dieu saint, elle ne lui donne aucune force, aucune capacité, pour l’accomplir. Le peuple d’Israël, ne connaissant pas ce qu’est l’homme, s’exclame d’une seule voix : «Tout ce que l’Éternel a dit, nous le ferons» (Ex. 19:8 ; 24:3, 7). Mais à peine donnée, la loi sera violée dans son premier commandement, lors de l’affaire du veau d’or (Ex. 32).
Ceci fournit à Dieu l’occasion d’introduire un nouvel élément, bien différent de la loi, sans lequel l’homme pécheur ne pourrait subsister devant lui : la miséricorde. «Je ferai grâce à qui je ferai grâce, et je ferai miséricorde à qui je ferai miséricorde» (Ex. 33:19). Dans sa souveraineté, Dieu «fait miséricorde à qui il veut» (Rom. 9:18). Il y a là un mystère profond, mais lorsqu’on est soi-même un objet de cette grâce totalement imméritée, on ne peut que rendre grâces et adorer.
Dans toute l’histoire subséquente, depuis le désert de Sinaï jusqu’à Christ, Israël demeure un peuple sous la loi. Dieu manifeste son gouvernement envers lui : il l’avertit, le châtie, lui pardonne, le reprend, le supporte. Plus le temps avance, plus se manifeste l’état incurable de l’homme et l’immense patience de Dieu. Et lorsque cette épreuve de l’homme aura démontré que «sur le principe des oeuvres de loi nulle chair ne sera justifiée» (Gal. 2:16), le moment sera venu pour Dieu d’envoyer son Fils sur la terre.
Durant l’histoire d’Israël, telle qu’elle nous est révélée dans l’Ancien Testament, Dieu se manifeste de deux manières, pour notre plus grande instruction. D’une part, nous contemplons ses voies envers son peuple, d’autre part, nous entendons les nouvelles révélations qu’il lui fait.
Ses voies, ce sont ses manières d’agir. Il prend connaissance de la conduite de son peuple, qui si souvent s’éloigne de lui, et par les prophètes, il parle à son coeur pour le ramener à lui. Il le discipline, comme un père ses enfants. Ses voies révèlent ce qu’il est : un Dieu saint, qui ne peut supporter le mal et se doit de le punir, mais en même temps un Dieu de patience, lent à la colère, qui ne prend pas «plaisir à la mort du méchant» mais «plutôt à ce qu’il se détourne de ses voies, et qu’il vive» (Ézéch. 18:23). «Et l’Éternel... envoya vers eux par ses messagers, se levant de bonne heure et envoyant, car il avait compassion de son peuple et de sa demeure. Mais ils se moquaient des messagers de Dieu, et méprisaient ses paroles, et se raillaient de ses prophètes, jusqu’à ce que la fureur de l’Éternel monta contre son peuple et qu’il n’y eut plus de remède» (2 Chron. 36:15, 16).
Mais les prophètes ont aussi un autre ministère. Ils sont les canaux par lesquels Dieu fait de nouvelles révélations. Bien que le peuple soit encore sous la loi, Dieu se plaît à annoncer ses plans de grâce envers lui et l’oeuvre profonde qu’il accomplira un jour en sa faveur : «Je vous donnerai un coeur nouveau, et je mettrai au dedans de vous un esprit nouveau ; et j’ôterai de votre chair le coeur de pierre, et je vous donnerai un coeur de chair» (Ézéch. 36:26). Et son sujet de prédilection, c’est la venue du Messie.
Sous des formes plus ou moins voilées, ce Messie est annoncé tout au long de l’Ancien Testament. De sorte que Jésus pourra expliquer à ses disciples, «dans toutes les Écritures, les choses qui le regardent» (Luc 24:27). Il faudra, il est vrai, qu’il leur ouvre les Écritures, et qu’il leur ouvre l’intelligence pour qu’ils puissent les comprendre (v. 32, 45). Pour croître dans la connaissance de notre Sauveur, l’Ancien Testament est pour nous une source inépuisable. Le Seigneur Jésus nous y est présenté par divers moyens, quatre au moins :
— par des personnages typiques (tels Joseph et David),
— par des institutions lévitiques (tels les sacrifices),
— à travers des expériences vécues par les fidèles (comme dans les Psaumes),
— par des annonces prophétiques explicites (comme És. 7:14 ; 9:6, 7 ; 49:1-9 ; 53:1-12).
On peut dire que la dispensation de la loi a connu un certain changement par l’introduction du ministère prophétique, à partir de Samuel. Les prophètes avaient pour mission de ramener le peuple à la loi, mais Dieu les a utilisés de façon spéciale pour manifester sa grâce, dans la mesure où cela était possible dans cette dispensation-là. Leur importance morale est telle que, pour caractériser cette dispensation, le Seigneur utilise l’expression «la loi et les prophètes». Il dit : «La loi et les prophètes ont été jusqu’à Jean ; dès lors le royaume de Dieu est annoncé» (Luc 16:16). Ce passage nous montre aussi le moment précis qui marque la fin de la dispensation de la loi.
Les années du ministère de Jésus sur la terre constituent une période de transition entre la dispensation de la loi et celle de l’Église. Elles appartiennent déjà au temps de la grâce, mais pas encore à celui de l’Église, qui ne commence que le jour de la Pentecôte.
Il est bien naturel que les chrétiens cherchent dans les Évangiles, dans les enseignements du Christ lui-même, l’essence du christianisme. Dans un sens, c’est juste : les paroles et les actes de Jésus ont une valeur insurpassable pour le coeur de tout vrai croyant. Cependant, le Seigneur lui-même a dit : «J’ai encore beaucoup de choses à vous dire ; mais vous ne pouvez les supporter maintenant. Mais quand... l’Esprit de vérité sera venu, il vous conduira dans toute la vérité» (Jean 16:12, 13). Le christianisme ne pouvait pas être révélé dans sa plénitude avant l’achèvement de l’oeuvre de Christ à la croix et son élévation dans la gloire.
Le Seigneur est venu sur la terre pour accomplir ce qui était annoncé de lui dans l’Ancien Testament. Toutes les espérances des fidèles en Israël étaient concentrées sur Celui qui devait venir et sur le règne glorieux qu’il devait instaurer (cf. Matt. 11:3). Le rejet du Messie était, bien sûr, parfaitement connu de Dieu, et les prophètes en avaient parlé, mais le Seigneur ne s’est pas présenté à Israël comme le Roi rejeté. Il s’est présenté comme celui qui devait être accueilli.
Ceci donne un caractère particulier au message qu’il a apporté, du moins au début de son ministère. Il s’est adressé d’abord à un peuple qui avait des espérances terrestres, qui attendait le royaume de Dieu sur la terre. Ce n’est que petit à petit, tandis que son rejet se marquait plus clairement, qu’il a fait comprendre aux siens qu’ils n’avaient rien à attendre sur la terre. Le royaume de Dieu est devenu le royaume des cieux, expression caractéristique de Matthieu. Le royaume est bien pour la terre, mais le Roi sera pour un temps caché dans les cieux. Le royaume aura une forme mystérieuse, non annoncée dans l’Ancien Testament. Dans Matthieu, la progression du rejet de Jésus est particulièrement bien marquée. Dans Jean, par contre, le Seigneur nous est déjà présenté dès le premier chapitre comme rejeté (v. 5, 10, 11).
Le témoignage du Seigneur Jésus parmi les juifs était pour eux une nouvelle mise à l’épreuve, après celle de la loi. Dans la parabole du figuier, le maître dit au vigneron : «Voici trois ans que je viens chercher du fruit sur ce figuier, et je n’en trouve point : coupe-le ; pourquoi aussi occupe-t-il inutilement la terre ?» (Luc 13:7). Le figuier est l’image d’Israël. Ce peuple devait être mis de côté lorsqu’il aurait donné la preuve qu’en dépit des meilleurs soins qui pouvaient lui être prodigués, il était incapable de porter du fruit pour Dieu. En fait c’était un test de l’homme dans la chair. Et tant que ce test n’était pas achevé, tout ce qui découlait de ses résultats ne pouvait pas encore être annoncé, si ce n’est dans un langage voilé.
Beaucoup des enseignements du Seigneur à ses disciples ont un caractère juif très marqué. Il en est particulièrement ainsi des discours prophétiques (Matt. 24 et 25 ; Marc 13 ; Luc 21). Lorsque le Seigneur parle de son retour, il est presque toujours question de sa venue en gloire sur la terre, et non de sa venue pour prendre les siens auprès de lui dans le ciel. Cet événement-là se trouve bien annoncé en Jean 14:3, et même très clairement, mais le plus souvent le Seigneur envisage son retour dans la perspective des promesses faites à Israël, qui sont toutes en rapport avec la terre. La période de l’Église s’insère, comme une merveilleuse parenthèse, dans l’histoire d’Israël. De sorte que, dans le développement de cette histoire, la «génération» qui précède immédiatement l’ouverture de la parenthèse et celle qui la suit immédiatement sont assimilées l’une à l’autre : «Cette génération ne passera point que tout ne soit arrivé» (Luc 21:32).
C’est à cette «génération» -là que le Seigneur enseigne la prière connue sous le nom de l’oraison dominicale (Matt. 6:9-13). Cette prière est sans doute pleine d’instruction pour nous, comme d’ailleurs celles que nous trouvons dans l’Ancien Testament, mais elle n’est guère adaptée à la dispensation chrétienne. Dans celle-ci, le principe même d’une prière apprise et récitée n’est pas en accord avec la ressource du Saint Esprit par lequel nous pouvons prier, et qui nous conduit à exprimer nos besoins spécifiques (Éph. 6:18 ; Jude 20).
Le désarroi des disciples au moment de la crucifixion montre bien qu’ils n’avaient pas encore saisi le plan de Dieu. «Nous espérions qu’il était celui qui doit délivrer Israël» (Luc 24:21). Et même, après la résurrection, ils demandent : «Seigneur, est-ce en ce temps-ci que tu rétablis le royaume pour Israël ?» (Act. 1:6). Les choses ne deviendront claires pour eux qu’après la descente du Saint Esprit sur la terre.
On peut dire, un peu paradoxalement, que les évangiles ne constituent pas tout l’évangile ! Dans ceux-ci, nous voyons le Seigneur Jésus, le Fils de Dieu devenu homme sur la terre, apportant la grâce et la vérité. Nous le voyons ému de compassion envers ses créatures perdues, révélant le coeur de Dieu, agissant en grâce et en bonté. Nous le voyons aussi comme la lumière divine qui manifeste le vrai état de tout homme — aussi bien celui du pharisien fier de sa propre justice que celui du plus grand pécheur. Il montre que tous sont perdus, ont besoin d’un Sauveur, et qu’il est, lui, celui qui sauve. Il fait appel à la foi de ceux auxquels il s’adresse, et il donne la vie éternelle à celui qui croit en lui. Tout cela, c’est bien l’évangile, et les épîtres compléteront ce message.
La venue de Christ dans le monde, sa vie, sa mort, sa résurrection et son élévation dans la gloire, sont des faits qui constituent le fondement de l’évangile prêché par les apôtres. Leur prédication sera d’abord la proclamation de ces grands faits, attestés par de nombreux témoins (cf. Act. 2:32 ; 4:20 ; 5:32 ; 13:31 ; 1 Cor. 15:1-8). Puis l’Esprit de Dieu développera, par leur moyen, tout ce qui découle de la venue et de l’oeuvre de Christ. C’est dans les épîtres que l’on trouve l’enseignement complet concernant la ruine de l’homme, la certitude du salut, les deux natures, notre mort avec Christ, l’affranchissement, l’action du Saint Esprit, l’appel céleste...
Le Seigneur avait parlé de l’Église (ou assemblée) comme d’une chose future : «Je bâtirai mon assemblée» (Matt. 16:18). Celle-ci a commencé d’exister le jour de la Pentecôte, lors de la venue du Saint Esprit sur la terre. La présence du Fils de l’homme glorifié dans le ciel, et celle du Saint Esprit sur la terre, liant les croyants à Christ dans le ciel, donnent au christianisme son caractère particulier.
Nous reviendrons plus loin sur le sujet de l’Église, et des différences caractéristiques entre cette dispensation et celles qui l’entourent. Disons ici quelques mots sur les révélations divines qui prennent place dans cette période.
Le Seigneur Jésus, nous venons de le rappeler, avait encore beaucoup de choses à dire à ses disciples, mais ils ne pouvaient pas les supporter alors. Avant sa mort, sa résurrection et son élévation dans la gloire, ces choses ne pouvaient être révélées. Elles ne pouvaient être comprises que par l’action du Saint Esprit en ceux qui allaient le recevoir (Jean 16:12, 13). Pour les croyants, posséder l’Esprit est un privilège inestimable. «L’Esprit sonde toutes choses, même les choses profondes de Dieu... Nous avons reçu, non l’esprit du monde, mais l’Esprit qui est de Dieu, afin que nous connaissions les choses qui nous ont été librement données par Dieu» (1 Cor. 2:10-12).
À celui «qui auparavant était un blasphémateur, et un persécuteur, et un outrageux» (1 Tim. 1:13), il a été accordé un service spécial quant à «l’administration de la grâce de Dieu» (Éph. 3:2). Un mystère, qui en d’autres générations n’avait pas été donné à connaître, a été révélé par l’Esprit aux apôtres et prophètes du Nouveau Testament (3:5). Et très particulièrement à l’apôtre Paul. «À moi, qui suis moins que le moindre de tous les saints, cette grâce a été donnée d’annoncer parmi les nations les richesses insondables du Christ» (3:8).
Les épîtres de Paul développent ces richesses. Il n’est guère possible de les exposer ici, mais soulignons deux faits importants à cet égard.
1° Avec ce qui a été communiqué aux apôtres, notamment à Paul, s’achève le cycle des révélations de Dieu aux hommes. Paul parle de l’administration qui lui a été donnée, «pour compléter la parole de Dieu» (Col. 1:25). Toute prétention à de nouvelles révélations n’est qu’une imposture !
2° Si le Seigneur Jésus ne pouvait pas encore exposer tous les éléments de la vérité chrétienne, il a pourtant mis son sceau par avance sur la plupart d’entre eux, par une brève mention. C’est une constatation très encourageante ! Citons quelques exemples.
— La venue du Seigneur pour enlever à lui les siens est développée dans les épîtres de Paul (en particulier : 1 Cor. 15:51-58 ; 1 Thess. 4:13-18), mais le Seigneur Jésus en a dit l’essentiel en Jean 14:3 : «Si je m’en vais et que je vous prépare une place, je reviendrai, et je vous prendrai auprès de moi ; afin que là où moi je suis, vous, vous soyez aussi».
— La doctrine de l’assemblée est présentée dans les épîtres, mais le Seigneur y a fait des allusions claires en Matthieu 16 et 18.
— L’introduction des nations dans les privilèges qui découlaient des promesses faites à Israël n’a eu lieu qu’après la révélation faite à Pierre en Actes 10. Et la position particulière de ce peuple durant l’époque de l’Église est exposée dans les épîtres. Mais le Seigneur, qui pourtant n’était «envoyé qu’aux brebis perdues de la maison d’Israël», y avait déjà fait allusion. Il avait dit : «Plusieurs viendront d’orient et d’occident, et s’assiéront avec Abraham et Isaac et Jacob dans le royaume des cieux ; mais les fils du royaume seront jetés dans les ténèbres de dehors» (Matt. 8:11, 12).
— L’union du croyant avec Christ, largement développée dans les épîtres, avait déjà été décrite en quelques mots par le Seigneur : «En ce jour-là, vous connaîtrez que moi je suis en mon Père, et vous en moi et moi en vous» (Jean 14:20).
Les croyants de l’époque actuelle — auxquels seront joints les croyants de tous les temps passés, ressuscités par la puissance du Seigneur Jésus — seront enlevés au ciel à son retour. Dès ce moment, il n’y aura plus de chrétiens sur la terre, ni d’Église, si ce n’est ce qui restera de ses formes extérieures : une profession sans vie — la grande Babylone — sur laquelle le jugement le plus sévère va tomber (Apoc. 17 et 18). Dans l’Apocalypse, l’histoire de l’Église est esquissée prophétiquement dans les chapitres 2 et 3, au moyen des lettres aux sept assemblées d’Asie. Ce sont «les choses qui sont» (1:19). À partir du chapitre 4, nous avons «les choses qui doivent arriver après celles-ci» (1:19 ; 4:1), c’est-à-dire les jugements terribles qui tombent sur toute la terre. Ceux dont la responsabilité est particulièrement grande, parce qu’ils ont été mis en contact avec la vérité, sont l’objet d’un jugement extrêmement sévère : «Et à cause de cela, Dieu leur envoie une énergie d’erreur pour qu’ils croient au mensonge, afin que tous ceux-là soient jugés qui n’ont pas cru la vérité, mais qui ont pris plaisir à l’injustice» (2 Thess. 2:11, 12). Tel sera le sort des nations dites christianisées.
Mais au sein des douleurs inimaginables de cette période, l’Apocalypse nous montre la présence d’un résidu juif fidèle, persécuté et soupirant après la délivrance. Leurs souffrances culmineront dans la période de trois ans et demi appelée la grande tribulation (Matt. 24:21), dans laquelle l’épreuve atteindra une intensité jamais égalée sur la terre. Par ces tribulations, Dieu produira un travail de conscience dans beaucoup de coeurs et les amènera à se repentir (Ézéch. 36:24-32 ; Osée 2:14-23 ; Zach. 12:8-14). Lorsque ce travail sera complet, l’Éternel renouera ses relations avec Israël, qu’il appellera de nouveau «mon peuple» (Osée 2:23).
De nombreuses prophéties de l’Ancien et du Nouveau Testament concernent cette période. C’est le cas des Psaumes, dont beaucoup présentent les sentiments, les angoisses et les supplications des fidèles, ou même leurs appels à la vengeance. C’est aussi le cas (du moins en bonne partie) des discours prophétiques du Seigneur dans les trois premiers Évangiles. Il est clair que tout ceci est en dehors du terrain chrétien, bien que nous puissions y trouver de l’instruction.
L’évangile du royaume, que le Seigneur avait annoncé en Israël au début de son ministère, sera de nouveau proclamé, mais cette fois-ci à toutes les nations, pour annoncer l’avènement du règne millénaire (Marc 13:10). Cet évangile est appelé l’évangile éternel en Apocalypse 14:6. Beaucoup le recevront dans leur coeur (És. 2:3, 4 ; Zach. 8:22, 23). Mais, de gré ou de force, tout homme devra s’incliner devant le Dieu Tout-puissant, Créateur et Juge, et lui donner gloire.
Lorsque la terre aura été purifiée par les jugements, lorsque tout ce qui est opposé à Dieu aura été balayé, viendront «les temps de rafraîchissement», «les temps du rétablissement de toutes choses dont Dieu a parlé par la bouche de ses saints prophètes de tout temps» (Act. 3:19, 21).
C’est effectivement dans l’Ancien Testament que l’on trouve le plus de renseignements concernant ce règne de justice et de paix. L’Apocalypse, qui fixe sa durée à mille ans, nous dit que pendant ce temps Satan sera lié, en prison, hors d’état de séduire (20:1-3, 7).
Mais n’oublions pas que ce règne millénaire est le règne de Christ sur la terre. C’est ce grand fait qui est surtout mis en évidence dans les passages des épîtres qui en parlent. À cette dernière dispensation, l’épître aux Éphésiens donne le nom de la plénitude des temps. C’est la période de l’accomplissement de tous les desseins et toutes les voies de Dieu, pour la gloire de son Fils. Dieu nous a «fait connaître le mystère de sa volonté selon son bon plaisir, qu’il s’est proposé en lui-même pour l’administration de la plénitude des temps, savoir de réunir en un toutes choses dans le Christ, les choses qui sont dans les cieux et les choses qui sont sur la terre, en lui» (1:9, 10). Actuellement, nous ne voyons pas encore que toutes choses soient assujetties à Christ (Héb. 2:8), bien que, dans un sens, il en soit ainsi (Éph. 1:22). Glorifié et exalté, il est «Chef sur toutes choses» et a été donné comme tel à l’assemblée qui est son corps. L’existence du mal sur la terre (et dans le ciel, puisque Satan s’y trouve encore), l’existence de volontés humaines opposées à celle de Dieu, sont des éléments de désordre qui empêchent la réalisation de l’unité parfaite sous la main de Christ. Mais Dieu veut réunir en un toutes choses, dans les cieux et sur la terre, dans une harmonie et un ordre parfaits. Et cela se réalisera par l’assujettissement de toutes choses à Christ.
Or, en lui «nous avons aussi été faits héritiers», ajoute l’apôtre (v. 11). C’est le privilège inestimable de l’Église. Ceux qui sont unis à Christ comme étant les membres de son corps sont introduits dans sa relation avec son Dieu et Père, et ils lui seront associés dans sa position glorieuse de chef sur toutes choses. Ils régneront avec lui (Apoc. 5:10). Ainsi, Celui qui a été un objet de mépris sur cette terre de péché y sera honoré comme il en est digne.
À la fin de cette dernière et glorieuse dispensation, Christ remettra le royaume à Dieu le Père (1 Cor. 15:24). Un passage de l’Apocalypse nous dépeint brièvement les derniers événements qui se passeront sur la terre : «Quand les mille ans seront accomplis, Satan sera délié de sa prison ; et il sortira pour égarer les nations...» (voir Apoc. 20:7-10). Le règne de justice et de paix n’aura pas changé le coeur de l’homme, et tous ceux qui s’étaient soumis «en dissimulant» (Ps. 18:44) se laisseront entraîner par Satan à la révolte contre Christ et «les saints». Mais le jugement de Dieu ne tardera pas à les consumer. «Le premier ciel et la première terre» disparaîtront et feront place à «de nouveaux cieux et une nouvelle terre, dans lesquels la justice habite» (2 Pierre 3:7, 10, 13 ; Apoc. 21:1).
Ce sera l’état éternel qui, lui, ne peut guère être considéré comme une dispensation. Dans cet état de gloire et de perfection, l’homme ne sera plus dans une condition de responsabilité devant Dieu, comme étant dépositaire d’une révélation particulière de sa part.
L’apôtre Paul distingue clairement ces trois catégories de personnes lorsqu’il dit : «Ne devenez une cause d’achoppement ni aux juifs, ni aux Grecs, ni à l’assemblée de Dieu» (1 Cor. 10:32). Nous allons maintenant considérer leurs caractères distinctifs, leurs relations et quelques éléments de leur histoire.
Dans notre esquisse des diverses dispensations successives, au chapitre précédent, nous n’avons considéré celle de la loi que de façon globale. Or cette période de quinze siècles est extrêmement riche en communications divines et en événements. Essayons d’en préciser les grands traits.
1° Israël est quarante ans dans le désert, sous la conduite de Moïse. Le tabernacle a été construit, et l’Éternel habite au milieu de son peuple. Selon ses instructions détaillées, le culte a été institué. Le lien entre l’Éternel et son peuple est maintenu par le moyen de la sacrificature. La traversée du désert — avec toutes ses difficultés — est une épreuve de l’homme, en même temps qu’une manifestation des soins de la grâce de Dieu envers les siens (Deut. 8). Les murmures, l’incrédulité et l’infidélité du peuple jalonnent les pages qui nous présentent cette période, de l’Exode au Deutéronome. D’un autre côté, toutes les institutions lévitiques sont des types des choses meilleures que Dieu a en vue pour le temps de la venue de Christ. Elles sont «l’ombre des biens à venir» (Col. 2:17 ; Héb. 10:1), «la figure et l’ombre des choses célestes» (Héb. 8:5).
2° Sous la conduite de Josué, successeur de Moïse, Israël fait la conquête de Canaan, pays que Dieu avait promis à Abraham et à ses fils. Le tabernacle est dressé à Silo et la sacrificature demeure le lien officiel du peuple avec Dieu. La fidélité d’Israël est mise à l’épreuve d’une nouvelle manière. Le peuple aura-t-il l’énergie nécessaire pour conquérir de fait le pays que Dieu lui a donné ? (Jos. 1:3). Et saura-t-il demeurer «séparé de tout peuple qui est sur la face de la terre» ? (Ex. 33:16). Hélas ! la conquête incomplète du pays ouvre la porte à la cohabitation avec des nations idolâtres. Et les conséquences en sont désastreuses : «Les fils d’Israël habitèrent au milieu des Cananéens... Et ils prirent leurs filles pour femmes, et donnèrent leurs filles à leurs fils, et servirent leurs dieux» (Jug. 3:5, 6).
3° Dans la période des juges, l’histoire d’Israël se déroule selon un cycle navrant : le peuple abandonne l’Éternel et s’attache aux idoles ; l’Éternel le livre en la main de ses ennemis pour le discipliner ; dans la détresse, le peuple crie à l’Éternel ; celui-ci use de miséricorde envers son peuple et suscite un juge pour le délivrer. Puis, le pays est en repos quelques années, et le cycle recommence (cf. Jug. 2:16-19). De façon générale, le rôle du juge comme conducteur du peuple est très limité ; Israël est sous le gouvernement direct de Dieu, selon cette parole prononcée plus tard : «Et l’Éternel, votre Dieu, était votre roi» (1 Sam. 12:12). Mais en fait : «En ces jours-là, il n’y avait pas de roi en Israël ; chacun faisait ce qui était bon à ses yeux» (Jug. 17:6 ; 21:25).
4° La vie de Samuel fait la transition entre la période des juges et celle de la royauté. En outre, elle marque l’avènement du ministère des prophètes. Samuel est à la fois le dernier des juges (1 Sam 7:15-17 ; Act. 13:20) et le premier des prophètes (Act. 3:24). Jusqu’alors, le souverain sacrificateur était le représentant du peuple devant Dieu, l’arche était le témoignage de la présence de Dieu au milieu du peuple, et les sacrifices, le moyen de maintenir les relations qu’il avait établies. Au moment où parait Samuel, la sacrificature montre sa déchéance morale complète, dans la personne d’Éli et de ses fils ; les sacrificateurs eux-mêmes entraînent le peuple à la transgression (1 Sam. 2:12-36). Alors, sans être formellement ôtée, la sacrificature est reléguée au second plan. L’arche de l’Éternel est emmenée captive pour un temps chez les Philistins et le sanctuaire de Silo, où l’Éternel avait demeuré depuis l’entrée en Canaan, est détruit (Jér. 7:12). Dès lors, ce sont les prophètes qui constituent le vrai lien entre l’Éternel et son peuple.
5° Il appartient à Samuel, le prophète, d’établir la royauté en Israël. Le peuple ne sera plus sous le gouvernement direct de l’Éternel, mais sous celui du roi qu’il a établi. La demande d’un roi résultait d’un manque de foi et d’un désir mondain du peuple, et elle équivalait à un rejet de l’Éternel (1 Sam. 8:5, 7 ; 12:12). Mais d’autre part, Dieu allait accomplir par là ses desseins concernant la gloire de son Fils (1 Chron. 17:7-14 ; Ps. 2:6). Le rapport entre les rois et les prophètes est digne d’être relevé : les rois sont institués par les prophètes (quand les choses sont normales), et les prophètes usent sur les rois d’une autorité qui vient de Dieu. Trois rois règnent sur tout Israël : Saül — le roi selon le coeur de l’homme — puis David et Salomon — types du Messie établissant sa domination universelle et son règne de justice et de paix. Le grand événement du règne de Salomon est la construction du temple de l’Éternel à Jérusalem. C’est le lieu que l’Éternel a choisi pour y faire habiter son nom, le lieu dont il dit : «Mes yeux et mon coeur seront toujours là» (1 Rois 9:3).
6° Mais l’infidélité de Salomon amène la division du royaume (1 Rois 11). Les deux tribus qui restent sous l’autorité de la famille de David (le royaume de Juda) connaissent quelques réveils spirituels, notamment sous Ézéchias et sous Josias, tandis que les dix autres tribus (le royaume d’Israël), conduites dès le départ dans l’idolâtrie, suivent un chemin d’apostasie croissante. Après deux siècles et demi d’existence, le royaume d’Israël prend fin, et les dix tribus sont déportées en Assyrie par Shalmanéser (2 Rois 17). Le royaume de Juda, quant à lui, subsiste un siècle de plus, puis les deux tribus sont déportées à Babylone par Nebucadnetsar (2 Rois 25 ; 2 Chron. 36). Dans la suite, il n’est plus question que de Juda.
7° La captivité à Babylone dure soixante-dix ans (Dan. 9:2 ; Jér. 29:10). C’est le temps de l’humiliation et de la misère pour le peuple de Dieu. Jérusalem est en ruines, le temple est détruit, l’arche a disparu. Selon la prophétie d’Osée : «Les fils d’Israël resteront beaucoup de jours sans roi, et sans prince, et sans sacrifice, et sans statue, et sans éphod ni théraphim» (3, 4) — c’est-à-dire sans roi, ni vrai Dieu, ni faux dieu. Commence le temps où Israël est déclaré «Lo-Ammi» (pas mon peuple). Ce temps doit durer jusqu’à la restauration d’Israël, à la fin des jours (Osée 1:6-11 ; 2:14-23). Mais la miséricorde de Dieu va accorder une restauration partielle à Israël — ou plus précisément, à Juda — après l’accomplissement des soixante-dix ans.
8° À la chute de l’empire babylonien, un édit de Cyrus, roi de Perse, invite tous les Israélites dispersés parmi les nations à retourner dans leur terre pour reconstruire la maison de l’Éternel, le Dieu des cieux, à Jérusalem (Esd. 1:1-4). Environ quarante-deux mille personnes, la plupart de la tribu de Juda, répondent à l’appel, rebâtissent le temple et, quelques décennies plus tard, reconstruisent la muraille et la ville. Ce retour de captivité est un accomplissement partiel des prophéties concernant la restauration d’Israël. Il permet la venue et la présentation du Messie au peuple, quelques siècles plus tard. Au départ, ce retour est un élan de coeur et de foi chez des hommes pieux dont Dieu a réveillé l’esprit (Esd. 1:5). Mais cet élan dégénère progressivement, et aboutit au formalisme et au pharisaïsme qui caractérise les Juifs religieux lorsque le Seigneur Jésus apparaît sur la terre. Cette dernière période d’Israël sous la loi est décrite par trois livres historiques : Esdras, Néhémie et Esther. Et trois prophètes datent de cette époque : Aggée, Zacharie et Malachie.
La simple lecture des Écritures montre que la plus grande partie des révélations de Dieu aux hommes s’est faite par le canal d’Israël. «Les oracles de Dieu leur ont été confiés» (Rom. 3:2), dit l’apôtre Paul en parlant de l’Ancien Testament. Une partie importante du Nouveau Testament nous place aussi dans le cadre d’Israël : les quatre évangiles nous présentent le ministère du Seigneur Jésus parmi les Juifs. Les Actes nous montrent la prédication de l’évangile «au Juif premièrement, et au Grec» (cf. Rom. 1:16) — cette expression caractérisant aussi bien la structure du livre que l’ordre suivi par les apôtres dans leur ministère (Act. 13:46). En outre, quelques épîtres sont expressément adressées à des Juifs : celle aux Hébreux, celle de Jacques et celles de Pierre.
Ceci attire notre attention sur la place unique du peuple d’Israël parmi toutes les autres nations. Cette place privilégiée résulte du libre choix de Dieu. «Parce qu’il a aimé tes pères, et qu’il a choisi leur semence après eux... il t’a fait sortir d’Égypte» (Deut. 4:37).
Il importe de souligner que l’alliance de Dieu avec Abraham était unilatérale et inconditionnelle. Dieu seul s’est engagé, et il l’a fait avec la plus grande solennité (Gen. 15). Abraham crut Dieu, et sa foi lui fut comptée à justice (v. 6). Cette alliance a placé les patriarches et leurs descendants, pour une période d’environ quatre cents ans, sur un terrain qui n’est pas du tout celui de la loi, sur un terrain très proche de celui de la grâce que nous connaissons. La foi d’Abraham est en quelque sorte le prototype de la foi chrétienne (Rom. 4:11, 12).
La relation de Dieu avec Israël comme peuple commence lors de sa délivrance d’Égypte. C’est le sujet du livre de l’Exode. «J’ai vu l’affliction de mon peuple qui est en Égypte... Et je suis descendu pour le délivrer... et pour le faire monter de ce pays-là... dans un pays ruisselant de lait et de miel» (Ex. 3:7, 8). «Je vous prendrai pour être mon peuple, et je vous serai Dieu» (Ex. 6:7). Dès lors, un peuple de la terre devient le peuple de Dieu. Jamais aucune autre nation n’aura ce privilège.
Israël reçoit la loi au Sinaï (Ex. 20), et la première alliance de Dieu avec le peuple est conclue, alliance bilatérale et conditionnelle (Ex. 19:5 ; 24:3-8 ; Héb. 9:19). Israël est entouré de tous les soins de Dieu durant sa marche à travers le désert, puis, sous la conduite de Josué, entre dans le pays promis. Mais, dès le début, c’est l’histoire décevante de l’homme incapable de garder les commandements de Dieu, et jamais à la hauteur des bienfaits qu’il reçoit de lui. C’est l’histoire de l’idolâtrie invétérée par laquelle il provoque à colère le Dieu de son alliance. Dieu interviendra plusieurs fois par des châtiments, en vue de ramener son peuple. Mais que ce soit sous les juges ou durant la royauté, les réveils ne seront que de courte durée. Pendant des siècles, les prophètes chercheront à ramener le peuple à l’Éternel, alternant avertissements et encouragements, reproches et promesses, jusqu’à ce qu’il n’y ait «plus de remède» (2 Chron. 36:16).
Il n’était pas demandé à Israël d’avoir une activité missionnaire envers les nations. Ce peuple devait bien témoigner de l’existence du seul vrai Dieu parmi les païens, mais ceux-ci étaient «sans espérance» et «sans Dieu» (Éph. 2:12). Le Seigneur Jésus lui-même n’était «envoyé qu’aux brebis perdues de la maison d’Israël» et c’est vers elles seulement qu’il a envoyé ses disciples au début de son ministère (Matt. 10:5 ; 15:24).
Durant des millénaires, Dieu «a laissé toutes les nations marcher dans leurs propres voies» (Act. 14:16). Mais «les temps de l’ignorance» ont pris fin lorsque le Seigneur Jésus ressuscité a dit à ses disciples : «Allez dans tout le monde et prêchez l’évangile à toute la création» (Marc 16:15). Et nous lisons dans les Actes : «Dieu donc, ayant passé par-dessus les temps de l’ignorance, ordonne maintenant aux hommes que tous, en tous lieux, ils se repentent» (17:30). L’apôtre Paul a été le pionnier de la prédication de l’évangile parmi les nations (Rom. 16:26 ; Gal. 2:7 ; Éph. 2:11-13 ; 3:8...).
Il est vrai que Dieu ne s’est «pas laissé sans témoignage», en plaçant devant les yeux de tous les hommes les signes de sa bonté et de sa puissance (Act. 14:17). Tous sont responsables selon cette mesure au moins (Rom. 1:20, 21). Pierre dit «que Dieu ne fait pas acception de personnes, mais qu’en toute nation, celui qui le craint et qui pratique la justice, lui est agréable» (Act. 10:35). Y a-t-il beaucoup de personnes qui auront été amenées à craindre Dieu par le témoignage de la création, et sans les révélations qu’il a faites par le canal d’Israël ? Dieu seul le sait.
Dès le jour de la Pentecôte (Act. 2:1), il y a sur la terre un nouveau peuple de Dieu. C’est l’Église, ou l’assemblée. «Car aussi nous avons tous été baptisés d’un seul Esprit pour être un seul corps» (1 Cor. 12:13). Ce jour-là, les disciples de Jésus — il y en avait alors environ cent vingt à Jérusalem (Act. 1:15) — ont été unis en un seul corps par le Saint Esprit. Dès lors, tous ceux qui croient en Jésus sont retirés soit du peuple juif soit de la nation terrestre à laquelle ils appartenaient (cf. Act. 26:17), pour faire partie de l’Église (le mot Église dérive d’un terme qui signifie : appelé hors de...). «Dieu a... visité les nations pour en tirer un peuple pour son nom» (Act. 15:14). L’épître aux Éphésiens nous dit que «des deux» (Israël et les nations), Christ «en a fait un», ayant «détruit le mur mitoyen de clôture» (la barrière d’origine divine qui séparait Israël de toutes les nations). Dès lors, quelle que soit leur origine, les croyants tous ensemble constituent «un seul corps» (Éph. 2:14-16).
Tout ce qui concerne l’Église était un mystère que Dieu avait caché dans les âges passés, bien que cela fasse partie de son propos éternel. Au moment convenable, Dieu l’a mis en lumière devant tous, «afin que la sagesse si diverse de Dieu soit maintenant donnée à connaître... par l’assemblée» (Éph. 3:2-12). L’instrument spécialement choisi de Dieu pour révéler ce mystère, c’est l’apôtre Paul (1 Cor. 3:10 ; Col. 1:25). Au moment même de sa conversion, par la question «pourquoi me persécutes-tu ?», il apprend que les disciples de Jésus sont unis à lui comme faisant partie de son corps. Il lui sera donné de développer par la suite les glorieuses vérités qui concernent l’assemblée.
Les privilèges distinctifs de l’Église découlent de son union avec Christ. Sa place à lui détermine sa place à elle, que ce soit devant Dieu ou devant le monde.
De la même manière, les privilèges distinctifs des chrétiens (c’est-à-dire des croyants qui font partie de l’Église) résultent de leur position en Christ. Il est éternellement le Fils du Père, et il amène ceux qui sont «en Christ» dans la relation avec Dieu qui est la sienne. Dieu «nous a rendus agréables dans le Bien-aimé» (Éph. 1:6). Il «nous a fait asseoir ensemble dans les lieux célestes dans le Christ Jésus» (2:6). De là découle une plénitude de bénédictions spirituelles.
Entre les deux peuples de Dieu, dans la dispensation de la loi et dans l