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Première épître de Jean

 

F. B. Hole

 

Table des matières abrégée :

1     Introduction

2     Chapitre 1

3     Chapitre 2

4     Chapitre 2:29 et 3

5     Chapitre 4

6     Chapitre 5

 

Table des matières détaillée :

1     Introduction

2     Chapitre 1

2.1      Ch. 1:1-2

2.2      Ch. 1:3-4

2.3      Ch. 1:5-7

2.4      Ch. 1:8-9

2.5      Ch. 1:10

3     Chapitre 2

3.1      Ch. 2:1-11

3.1.1           Ch. 2:1

3.1.2           Ch. 2:2

3.1.3           Ch. 2:3-4

3.1.4           Ch. 2:5

3.1.5           Ch. 2:6

3.1.6           Ch. 2:7-8a

3.1.7           Ch. 2:8b

3.1.8           Ch. 2:9

3.1.9           Ch. 2:10-11

3.2      Ch. 2:12-17

3.2.1           Ch. 2:12

3.2.2           Ch. 2:13

3.2.3           Ch. 2:14a

3.2.4           Ch. 2:14b

3.2.5           Ch. 2:15-16

3.2.6           Ch. 2:17

3.3      Ch. 2:18-27

3.3.1           Ch. 2:18-19

3.3.2           Ch. 2:20-21

3.3.3           Ch. 2:22-23

3.3.4           Ch. 2:24

3.3.5           Ch. 2:25

3.3.6           Ch. 2:26-27

3.4      Ch. 2:28

4     Chapitre 2:29 et 3

4.1      Ch. 2:29 à 3:3

4.1.1           Ch. 2:29 et 3:1

4.1.2           Ch. 3:2

4.1.3           Ch. 3:3

4.2      Ch. 3:4-9

4.2.1           Ch. 3:4

4.2.2           Ch. 3:5

4.2.3           Ch. 3:6

4.2.4           Ch. 3:7

4.2.5           Ch. 3:8

4.2.6           Ch. 3:9

4.3      Ch. 3:10-17

4.3.1           Ch. 3:10

4.3.2           Ch. 3:11

4.3.3           Ch. 3:12

4.3.4           Ch. 3:13

4.3.5           Ch. 3:14

4.3.6           Ch. 3:15

4.3.7           Ch. 3:16a

4.3.8           Ch. 3:16b

4.3.9           Ch. 3:17

4.4      Ch. 3:18-24

4.4.1           Ch. 3:18-19

4.4.2           Ch. 3:20

4.4.3           Ch. 3:21

4.4.4           Ch. 3:22-23

4.4.5           Ch. 3:24

5     Chapitre 4

5.1      Ch. 4:1-6 — L’Esprit de vérité et l’esprit d’erreur. 3 Critères de distinction

5.1.1           Ch. 4:1-3

5.1.2           Ch. 4:4

5.1.3           Ch. 4:5

5.1.4           Ch. 4:6

5.2      Ch. 4:7

5.3      Ch. 4:8

5.4      Ch. 4:9-10

5.5      Ch. 4:11

5.6      Ch. 4:12

5.7      Ch. 4:13

5.8      Ch. 4:14 — Sommaire intermédiaire

5.9      Ch. 4:15-16

5.10     Ch. 4:17

5.11     Ch. 4:18-19

5.12     Ch. 4:20-21

6     Chapitre 5

6.1      Ch. 5:1-5

6.1.1           Ch. 5:1

6.1.2           Ch. 5:2-3

6.1.3           Ch. 5:4-5

6.1.4           Sommaire intermédiaire

6.2      Ch. 5:6-13

6.2.1           Ch. 5:6

6.2.2           Ch. 5:7-8

6.2.3           Ch. 5:9-10 — une parenthèse

6.2.3.1     Ch. 5:9

6.2.3.2     Ch. 5:10

6.2.4           Ch. 5:11 — Le témoignage de Dieu

6.2.5           Ch. 5:12

6.2.6           Ch. 5:13

6.3      Ch. 5:14-15

6.4      Ch. 5:16-18

6.5      Ch. 5:19-21

6.5.1           Ch. 5:19

6.5.2           Ch. 5:20

6.5.3           Ch. 5:21

 

 

 

1                        Introduction

Une simple lecture rapide de la première épître de Jean suffit à montrer une forte ressemblance avec l’évangile de Jean. Les mêmes thèmes apparaissent dans les deux. Dans l’évangile, ils sont mis en évidence, principalement mais pas exclusivement, dans les paroles du Seigneur et par l’illustration qu’en donne Sa vie. Dans l’épître, on les retrouve mis en évidence, l’important étant désormais qu’ils soient manifestés dans la vie des enfants de Dieu. L’évangile nous montre des choses qui sont vraies en Lui, tandis que l’épître parle d’un « commandement nouveau … ce qui est vrai en lui et en vous » (1 Jean 2:8). Cette courte phrase nous donne la clé de toute l’épître.

Cette épître est l’une des dernières à avoir été écrites. Il y avait déjà des « antichrists » ça et là, comme l’indique le ch. 2. Ces hommes se targuaient d’une connaissance supérieure. Ils clamaient que leurs enseignements étaient une avancée, une amélioration sur ce qui avait existé auparavant. Mais derrière la prétention d’une avancée, ils ne faisaient qu’entraîner loin du fondement qui avait été posé en Christ, et loin de la vie qui avait été manifestée en Lui dès le commencement, lorsqu’Il était venu parmi nous en chair. Il s’ensuit que la première chose nécessaire était de montrer très nettement qu’il y avait eu une manifestation réelle, vraie et objective de la vie éternelle en Christ.

 

2                        Chapitre 1

2.1   Ch. 1:1-2

Il est important de ne pas confondre les expressions « dès le commencement » du début de l’épître et « au commencement » du début de l’évangile. Dans l’évangile, il s’agit de l’affirmation de l’existence éternelle et de la déité de la Parole, et nous remontons au commencement, et même au-delà du commencement de toutes les choses dont il peut être dit qu’elles ont eu un commencement. Dans l’épître, nous sommes occupés du fait que toute vérité chrétienne commence avec la révélation arrivée jusqu’à nous en Christ dans Son incarnation. C’est ceci qui était le commencement de la vraie manifestation de Dieu et de la vie éternelle. C’est ceci qui était la base de tout l’enseignement apostolique. Les antichrists mettaient en avant leurs enseignements séducteurs dont l’origine se trouvait simplement dans leurs propres esprits insensés. Les apôtres déclaraient ce qui était dès le commencement, et non pas quelque chose introduit depuis.

Dans les versets 1 et 2, le Seigneur Jésus n’est pas mentionné personnellement, car l’accent est plutôt mis sur ce qui nous a été présenté en Lui. Il était « la Parole de vie ». En Jean 1, Il est « la Parole », et comme tel Il crée, de telle sorte que la création peut au moins exprimer quelque chose de Dieu. Il devient aussi chair et habite au milieu de nous pour pouvoir être pour nous la pleine expression de Dieu. Ici au début de l’épître, la pensée est similaire, mais plus limitée. La Vie est le point essentiel : Il était « la vie éternelle, qui était auprès du Père », et elle nous a été manifestée en Lui. C’est en L’ayant Lui que nous avons la vie ; mais en premier lieu, il faut voir le plein caractère de la vie telle qu’elle a été manifestée en Lui.

La vie était la vie éternelle, mais elle était aussi « auprès du Père ». Cette déclaration, selon ce qu’il nous est dit, donne le caractère de la vie, de sorte qu’il ne s’agit pas simplement d’une déclaration du fait que la vie était auprès du Père, mais plutôt du fait que c’était une vie telle que celle-là. Elle était auprès du Père dans la mesure où Lui qui est la Source de cette vie, était auprès du Père, et en Lui elle nous a été manifestée. Il est devenu chair pour qu’elle soit manifestée.

Par le fait de Son incarnation, Il s’est placé à la portée de trois des cinq sens dont l’homme est pourvu. Il a pu être entendu, vu et touché. Entendu vient en premier, car dans notre condition déchue, l’ouïe est la faculté à laquelle Dieu s’adresse spécialement. « La foi est de ce qu’on entend, et ce qu’on entend par la parole de Dieu » (Rom. 10:17). Ainsi donc en premier lieu, les apôtres ont entendu la Parole de Vie, et par là, ils ont été capables de Le [La] comprendre.

Mais ensuite ils L’ont aussi vu de leurs yeux, et ils l’ont même contemplé. Il y avait eu autrefois des manifestations fugitives de cette Personne grandiose, comme « l’Ange de l’Éternel », mais il n’avait pas été alors possible de Le contempler car Il n’était visible que brièvement. Maintenant, venu en chair, c’était tout différent. Les apôtres ont passé des années avec Lui, et ont pu Le scruter attentivement. Ils L’ont regardé longuement et sérieusement, même s’ils n’ont pas compris correctement tout ce qu’ils observaient avant de recevoir le don du Saint Esprit.

Ils sont aussi entrés en contact physique avec Lui. Leurs mains L’ont effectivement touché. C’est la garantie de ce qu’Il n’était pas une simple manifestation de l’Esprit. Il a été parmi eux dans un corps humain réel, fait de chair et de sang. Après Sa résurrection, Il a séjourné parmi eux dans Son corps ressuscité, fait de chair et d’os, et nous nous souvenons qu’Il leur a spécialement commandé de Le toucher pour qu’ils se rendent compte qu’Il n’était pas un Esprit après Sa résurrection.

Tout ceci établit donc de manière incontestable qu’il y a eu devant eux cette manifestation réelle de la vie éternelle. Jean 1:18 montre qu’Il a fait connaître le Père ; Colossiens 1:15 montre que Dieu a été parfaitement représenté en Lui comme Son image ; Hébreux 1:2-3 montre que, comme Fils, Il est la Parole, et qu’Il est l’expression [l’empreinte] et le resplendissement de l’Être et de la gloire de Dieu. Nous trouvons ici (1 Jean 1) qu’Il a fourni la seule manifestation vraie et objective de la vie éternelle. Il est remarquable que, tout comme nous avons quatre évangiles qui font ressortir différents aspects de Sa vie, nous avons aussi ces quatre passages qui font ressortir différents aspects de tout ce qui a été révélé en Lui.

La raison pour laquelle Jean insistait sur ce point dans ces premiers versets de l’épître, c’était que les docteurs anti-chrétiens le dépréciaient, ou même le niaient tout à fait. Ils étaient appelés des « Gnostiques » parce qu’ils se targuaient d’être « ceux qui savent ». Ils préféraient leurs propres impressions subjectives et leurs spéculations philosophiques aux faits objectifs établis en Christ. Or pour les apôtres comme pour nous, tout commence par des faits bien établis. La foi qui a été une fois enseignée aux saints, est enracinée et établie sur des faits. Nous ne saurions être trop clairs ni trop insister sur ce point. Ce qui est produit subjectivement dans les saints (comme nous le verrons) est strictement en accord avec ce qui a été manifesté objectivement en Lui.

 

2.2   Ch. 1:3-4

La manifestation en a tout d’abord été faite aux apôtres. Le « nous » des premiers versets les représente. Mais dans la phrase « ce que nous avons vu et entendu, nous vous l’annonçons », le « vous » représente les saints en général. La manifestation qui a été faite devant les apôtres les a introduits dans la « communion … avec le Père et avec son Fils Jésus Christ ». Ils nous ont fait connaître ce qui a été manifesté, pour que nous puissions être introduits dans cette même communion merveilleuse. Le Père et le Fils nous ont été révélés. La vie éternelle en relation avec le Père et le Fils nous a été manifestée par eux. Les choses du Père et du Fils ont été révélées. Rien ne pouvait être plus merveilleux que ceci : rien de plus absorbant une fois que nous commençons à nous en saisir par le Saint Esprit ; rien de plus propre à remplir nos cœurs d’un bonheur qui demeure. Il n’est pas surprenant que l’apôtre ajoute : « Nous vous écrivons ces choses, afin que votre joie soit accomplie » (1:4).

Le verset 4 établit tout à fait clairement que la communication de ces choses par les apôtres nous a été faite par les Écritures : « Nous vous écrivons ces choses… ». Les apôtres avaient entendu, vu et touché. Il nous faut lire. Nous rendons grâce à Dieu pour les Saintes Écritures qui nous apportent la connaissance de ces choses pour notre joie.

 

2.3   Ch. 1:5-7

Au v. 5, Jean commence son message. Par quoi commence-t-il ? Par ce grand fait que « Dieu est lumière » et non pas, comme nous aurions pu nous y attendre, par le fait que « Dieu est amour ». Si la manifestation de Dieu avait eu lieu dans un domaine de pureté et de lumière sans souillure, l’accent aurait été mis sans aucun doute sur Son amour. Mais comme la manifestation a été faite dans ce monde, tellement souillé par le péché et rempli de ténèbres, l’accent est mis avant tout sur la lumière.

Qui peut définir la lumière ? Les hommes ont formulé des théories pour rendre compte de la lumière de la création, mais ils ne peuvent pas réellement l’expliquer. Qui donc pourra expliquer la Lumière qui n’a pas été créée ? Nous savons que la lumière est nécessaire pour que la vie existe sous quelque forme que ce soit, même les plus humbles. Nous savons qu’elle est source de ce qui est sain, qu’elle illumine et expose toutes choses, et que l’obscurité s’enfuit là où elle pénètre. En Dieu il n’y a pas du tout de ténèbres, car l’obscurité représente ce qui échappe à l’action de la lumière, ce qui est caché et péché.

Non seulement Dieu est Lui-même lumière, mais, comme le verset 7 nous le dit, Il est « dans la lumière ». Autrefois l’Éternel avait dit « qu’il habiterait dans l’obscurité profonde » (2 Chron. 6:1) ; et le fait que Salomon Lui construise une maison n’a pas modifié cela, car Sa présence continuait à se trouver dans le lieu très saint où régnait l’obscurité. Ceci fut changé par la venue du Seigneur Jésus, car en Lui Dieu se mis en pleine lumière. Le Dieu qui est lumière est maintenant dans la lumière.

Ce fait est utilisé comme test au v. 6. Nous avons dans ce verset le premier de plusieurs tests proposés. La présence de nombreux faux docteurs avec leurs prétentions variées et vantardes rendait ces tests nécessaires ; et nous remarquerons qu’aucun d’eux n’est basé sur des considérations élaborées ou forcées. Ils sont d’un genre tout simple, et basés sur la nature fondamentale des choses. Ici, par exemple, le fait que Dieu est lumière et qu’Il est dans la lumière est un critère qui teste toute affirmation d’être en communion avec Lui. Une telle personne ne peut marcher dans les ténèbres car, comme nous le lisons ailleurs : « quelle communion a la lumière avec les ténèbres ? » (2 Cor. 6:14). Il n’y a pas du tout de communion entre les deux. Elles sont diamétralement opposées.

Ce qui est en cause ici, n’est pas de savoir si nous marchons toujours selon la lumière que nous avons reçue. Nous sommes tous défaillants à cet égard, à un moment ou à un autre, à notre honte. « Marcher dans les ténèbres » c’est marcher dans l’ignorance de la lumière qui a brillé en Christ. Il vaut la peine ici de se reporter à Ésaïe 50:10-11 : « Quiconque marche dans les ténèbres et n’a pas de lumière » doit « se confier dans le nom de l’Éternel et s’appuyer sur son Dieu ». Cependant même aux jours d’Ésaïe, certains préféraient allumer un feu et marcher à la lueur du feu et des étincelles qu’ils avaient allumées. C’était la même chose aux jours de Jean, et cela le reste encore de nos jours. Il y a encore bien trop de faux docteurs qui préfèrent les étincelles qu’ils font jaillir eux-mêmes plutôt que la lumière de la révélation divine. Il s’ensuit qu’eux et leurs disciples sont dans les ténèbres malgré toutes leurs prétentions, et ils n’ont pas de communion avec Lui.

Le vrai croyant marche dans la lumière où Dieu est pleinement révélé. La lumière l’a scruté, bien sûr ; il ne pouvait pas en être autrement. Mais il marche avec bonheur dans la lumière parce qu’il a appris dans cette lumière que « le sang de Jésus Christ Son Fils nous purifie de tout péché ». Toute tache de souillure exposée par la lumière est ôtée par le Sang.

Le verbe « nous purifie » est au présent. Certains en ont déduit que le sang doit être appliqué continuellement. Mais le temps présent est aussi utilisé pour indiquer la nature ou le caractère des choses, tout comme nous disons : le liège flotte, le feu brûle, le savon lave. Telles sont leurs natures respectives. Ces propriétés leur appartiennent. Telle aussi est la nature du sang de Christ de purifier de tout péché. C’est une propriété intrinsèque, et bénie. L’idée que le Sang doive être appliqué continuellement ou de manière répétée est contredite par l’enseignement de Hébreux 9:23 à 10:14. Nous sommes « purifiés une fois pour toutes » par « une seule offrande » de manière à ce que nous n’ayons plus « aucune conscience de péchés ».

 

2.4   Ch. 1:8-9

Non seulement il y a des hommes qui professent avoir communion avec Dieu alors qu’ils marchent encore dans les ténèbres, mais il y en a qui vont jusqu’à dire : Nous n’avons pas de péché. Aucun test n’est proposé vis-à-vis de cette méchante prétention. Il n’y en a pas besoin car ils seraient forcément vite découverts. Ces gens se trompaient eux-mêmes et Jean le leur dit clairement. Ils ne tromperaient guère quelqu’un d’autre ; et si même ils y arrivaient pour un moment, la tromperie serait vite dissipée par la manifestation bien trop évidente du péché en eux. Si certains se laissent aller à de telles prétentions si hautes et sans fondement, ils ne montrent pas que le péché n’est pas en eux, ils ne font que manifester clairement que la vérité n’est pas en eux.

On a peine à imaginer que des vrais croyants se séduisent eux-mêmes de cette manière, sauf pour un temps très bref. La seule attitude vraie et honnête pour nous, c’est de confesser nos péchés, et de le faire tout de suite. Il est vrai bien sûr pour le non-croyant, que la seule chose honnête à faire lorsque la conviction de péché l’atteint, c’est de confesser ses péchés ; alors le pardon, plein et éternel, lui sera accordé. Cependant il s’agit ici du croyant. Il est dit : « Si nous confessons … ». Le péché d’un croyant ne compromet pas ni ne renverse le pardon éternel qu’il obtient quand, comme pécheur, il se tourne vers Dieu en se repentant. Il compromet néanmoins sa communion avec Dieu, comme nous venons de le lire. La communion sera suspendue jusqu’à ce qu’il confesse le péché qui l’a interrompue.

Quand nous confessons un péché, Dieu est fidèle et juste pour tout ce que Christ est, et a fait, et le péché est pardonné, en sorte que la communion peut être restaurée. C’est ce qu’on peut appeler le pardon paternel, à distinguer du pardon éternel que nous obtenons quand nous sommes pécheurs.

Non seulement Il pardonne, mais Il purifie aussi de toute iniquité. La confession honnête du péché par un croyant non seulement lui assure le pardon, mais elle a aussi un effet purificateur. La confession du péché signifie le jugement dans nos propres cœurs et dans nos pensées de ce que nous confessons. Et cela signifie la purification de son influence et la délivrance de son pouvoir.

 

2.5   Ch. 1:10

Une troisième prétention apparaît au verset 10. Certains peuvent aller jusqu’à se faire des illusions et à dire qu’ils « n’ont pas péché ». Un test leur est proposé à ce sujet, à savoir la Parole de Dieu. Faire une déclaration aussi déraisonnable nous place en opposition à la Parole de Dieu et Le fait menteur. Il déclare clairement que nous avons péché, ce qui clôt le débat. Nous ne pouvons pas contredire Sa Parole, et avoir malgré tout Sa Parole habitant en nous.

Autan il est sûr que nous sommes dans la lumière, autant nous saurons que nous avons péché et que le péché est encore en nous. Mais nous connaîtrons aussi la valeur du sang de Christ et son pouvoir purificateur, ainsi que la restauration qui est la nôtre après une confession honnête. Ainsi la communion dans la lumière avec le Père et Son Fils, est établie pour nous, et aussi maintenue. Nous sommes rendus capables de connaître la vie qui a été manifestée et de nous réjouir en elle, et dans tout ce qui, dès le commencement, a été mis en évidence dans le précieux Fils de Dieu.

Notre joie étant complète sur de tels sujets, nous ne nous sentirons pas enclins à courir après les hommes qui voudraient nous attirer avec leurs prétendues améliorations et extensions de « ce qui était dès le commencement ». Les étincelles qu’ils déploient devant nous peuvent être fort belles, mais ce sont eux qui les ont allumées, et elles s’évanouissent dans les ténèbres.

 

3                        Chapitre 2

3.1   Ch. 2:1-11

3.1.1        Ch. 2:1

Les derniers versets du chapitre 1 nous ont montré que nous ne pouvons pas dire que nous n’avons pas de péché, ni que nous n’avons pas péché. Les premiers versets du ch. 2 en sont la contrepartie, de peur que nous ne nous hâtions de conclure que nous sommes excusables de pécher au motif que l’on ne peut guère s’en empêcher, que c’est pratiquement inévitable. Or il n’y a rien de la sorte. Jean écrivait ces choses afin que nous ne péchions pas. D’autres passages des Écritures parlent des ressources spéciales pour nous empêcher de tomber : le point mis ici en relief est que, si nous entrons dans la sainte communion dont parle le ch. 1:3, nous serons préservés. La jouissance de cette communion exclut le péché, tout comme le péché exclut de la jouissance de cette communion, jusqu’à ce qu’il soit confessé.

Nous avons de grandes ressources pour ne pas pécher, même si le péché est encore en nous. Nous ne devrions pas pécher. Nous n’avons pas d’excuses si nous péchons ; mais si cela arrive, il y a pour nous, grâces à Dieu, « un avocat auprès du Père ». Le mot traduit ici par « avocat » est le même que celui traduit par « consolateur » en Jean 14 — un mot qui signifie littéralement « quelqu’un qui est appelé pour aider côte à côte ». Le Ressuscité, « Jésus Christ, le juste », a été appelé côte à côte avec le Père dans la gloire pour aider Ses saints, si et quand ils pèchent. Le Saint Esprit a été appelé à nos côtés ici sur la terre pour nous aider.

Il est bien dit : « le Père », notons-le, parce que l’Avocat paraît pour ceux qui sont déjà enfants de Dieu. Les premiers mots du chapitre sont : « Mes enfants » — le mot utilisé n’est pas celui qui signifie « petits enfants », mais celui utilisé pour les « enfants » en général. Par ce terme affectueux, l’apôtre embrassait comme siens tous ceux qui sont de vrais enfants de Dieu. Nous avons été introduits dans cette relation bénie par le Sauveur, comme Jean 1:12 nous le dit. Étant dans cette relation, nous avons besoin des services de l’Avocat quand nous péchons.

La justice de notre Avocat est soulignée. On aurait pu s’attendre à ce que l’attention soit attirée sur Sa bonté et Sa miséricorde ; ailleurs aussi on trouve l’accent mis sur la justice quand il est question du péché, comme c’est le cas ici. Celui qui se charge de notre cas en la présence du Père quand nous péchons, fera en sorte que la justice prévale. D’un côté, la gloire du Père ne sera pas ternie par notre péché ; et de l’autre, Il s’occupera de nous d’une manière juste, pour que nous en arrivions à un jugement correct et juste de notre péché, et que nous le confessions et qu’il soit pardonné et que la purification en soit faite.

 

3.1.2        Ch. 2:2

Celui qui est notre Avocat dans le ciel est aussi « la propitiation pour nos péchés ». Ceci nous ramène au fondement de roc sur lequel tout repose. Par Son sacrifice expiatoire, toutes les exigences de Dieu contre nous ont été satisfaites ; et Il exerce Son service d’Avocat auprès du Père sur cette base de justice. Sa propitiation a réglé pour nous en tant que pécheurs les questions d’ordre éternel soulevées par nos péchés. Sa fonction d’avocat règle les questions en rapport avec le Père qui se soulèvent lorsque nous péchons en tant qu’enfants de Dieu.

La propitiation est ce que nous pouvons appeler le côté de Dieu de la mort de Christ. Elle concerne le sujet le plus fondamental de tous : satisfaire aux exigences divines contre le péché. Répondre aux besoins du pécheur doit être une question secondaire vis-à-vis de ce premier sujet. C’est pourquoi, quand Paul développe l’évangile dans l’épître aux Romains, nous trouvons que la première mention de la mort de Christ est la propitiation par la foi en son sang (3:25). La substitution n’est pas clairement affirmée avant Romains 4:25 où nous lisons qu’Il « a été livré pour nos fautes ».

Comme il s’agit du côté de Sa mort envers Dieu, le cercle le plus large est envisagé : « le monde entier ». Quand il est question de substitution, seuls les croyants sont envisagés : ce sont « nos fautes » ou « les péchés de plusieurs ». Mais bien que les croyants soient seuls à profiter des bénéfices acquis par la mort de Christ, Dieu a besoin d’une propitiation pour chaque péché jamais commis par les hommes, à cause de tout le grand outrage causé par le péché. Propitiation a donc été faite vis-à-vis de Dieu par la mort de Christ, et à cause de cela Il peut offrir gratuitement le pardon aux hommes sans faire le moindre compromis quant à Sa nature et Son caractère.

Propitiation est un mot qui suscite beaucoup de colère et de mépris chez les opposants à l’évangile. Ils supposent que la propitiation a le même sens que chez les païens, c’est-à-dire qu’il s’agit de pacifier, en versant beaucoup de sang, une puissance en colère, ennemie et assoiffée de sang. Mais dans les Écritures, le mot a un sens d’un niveau bien plus élevé. Il contient encore le sens général d’apaiser ou de rendre favorable par un sacrifice, mais il n’y a aucune raison de considérer Dieu comme ennemi ou comme sanguinaire. Il est infiniment saint. Il est juste dans toutes Ses voies. Il est d’une majesté éternelle. Sa nature et tous Ses attributs doivent recevoir leur dû et être magnifiés dans l’exécution du châtiment approprié : pourtant Il n’est pas contre l’homme, mais pour lui, car ce que la justice demandait, l’amour y a pourvu. Comme nous le lisons maintenant dans notre épître, « Dieu nous aima et il envoya Son Fils [pour être la] propitiation pour nos péchés » (4:10). Dieu lui-même a fourni la propitiation. Son propre Fils, qui était Dieu, est devenu propitiation. Cette propitiation, bien comprise, n’est pas une idée dégradante, mais une idée qui élève et ennoblit. La seule chose dégradante, c’est l’idée du sujet faussement entretenue par ceux qui s’y opposent. Ils essaient de glisser leur idée dégradée dans l’évangile, mais la Parole de Dieu la réfute.

 

3.1.3        Ch. 2:3-4

Nous considérons maintenant une autre affirmation, faite à tort maintes fois : « je Le connais ». Il est en effet possible que le croyant dise avec un grand bonheur qu’il connaît Dieu, puisque la « communion avec le Père et avec son Fils Jésus Christ » nous est accordée, et il ne peut pas y avoir de communion sans connaissance. Mais là encore, un test est nécessaire pour déterminer si une telle affirmation n’est qu’une simple prétention. Ce test, c’est l’obéissance aux commandements qu’Il nous a donnés. Connaître Dieu est inséparable de Lui obéir.

En gardant Ses commandements, nous savons que nous sommes arrivés à Le connaître. En dehors de cette obéissance, il ne peut pas y avoir cette connaissance, et si on prétend quand même Le connaître, cela ne fait que manifester que la vérité n’est pas chez celui qui a cette prétention. Comparez les versets 2:4 et 1:8. La vérité n’est pas dans celui qui affirme ne pas avoir de péché, pas plus qu’elle n’est dans celui qui affirme avoir la connaissance de Dieu, et qui malgré cela n’est pas obéissant à Ses commandements.

Il nous faut bien comprendre qu’il y a des commandements dans le christianisme, bien qu’ils ne soient pas d’ordre légal ; par cela nous voulons dire qu’ils ne nous sont pas donnés pour pouvoir établir ou maintenir notre position devant Dieu par leur moyen. Toute expression précise de la volonté de Dieu a force de commandement, et nous verrons que cette épître a beaucoup à nous dire sur Ses commandements, et qu’ils ne sont pas « pénibles » (5:3). La loi de Christ est une loi de liberté, du fait que nous participons à Sa vie et à Sa nature.

 

3.1.4        Ch. 2:5

De « garder Ses commandements », nous passons à « garder Sa parole », au v. 5. C’est un pas de plus. Sa parole comprend tout ce qu’Il nous a révélé de Ses pensées et de Sa volonté, y compris Ses commandements bien sûr, mais allant au-delà. Un homme pourrait donner à ses fils beaucoup d’instructions précises — ses commandements. Mais outre cela, ses fils ont comme glané une connaissance intime de ses pensées au cours de leurs entretiens journaliers et de leurs rapports mutuels pendant des années et, même en l’absence d’instructions précises, ils observent soigneusement ses paroles avec une dévouement filial. C’est ainsi qu’il devrait en être des enfants de Dieu. Quand c’est le cas, l’amour de Dieu est « véritablement consommé » [ou : « rendu parfait »], car il a produit en eux ses propres effets et ses propres réponses.

En outre, par une telle obéissance « nous savons que nous sommes en lui ». Être « en Lui » implique notre participation à Sa vie et à Sa nature. Il y a bien sûr un lien très étroit entre savoir « que nous Le connaissons » (2:3), et savoir « que nous sommes en Lui » (2:5). Le second nous introduit dans quelque chose de plus profond. Les anges Le connaissent et obéissent à Ses commandements. Il faut que nous Le connaissions comme ceux qui sont en Lui, et dès lors nous comprendrons la moindre indication de Ses pensées ou de Ses désirs, et cela nous incitera à une obéissance heureuse.

 

3.1.5        Ch. 2:6

Étant en Lui, nous avons à « demeurer en Lui », ce qui signifie, comme nous le comprenons, demeurer dans la conscience et la puissance d’être en Lui. Il est facile pour n’importe qui de nous de dire : « je demeure en Lui » ; mais s’il en est ainsi, nous devons produire ce qui prouve la réalité de cette affirmation. Une telle personne « doit aussi marcher comme Lui a marché ». Si nous sommes dans Sa vie, et aussi dans la puissance et la jouissance de cette vie, cette vie doit nécessairement s’exprimer dans nos voies et nos activités, comme cela a eu lieu en Lui. La grâce et la puissance de notre marche comparée à la Sienne, seront pauvres et faibles, mais ce sera pourtant une marche du même ordre. Il n’y aura pas de différence de nature mais seulement de degré.

 

3.1.6        Ch. 2:7-8a

Quelle élévation extraordinaire devrait donc caractériser notre marche ! Combien nous sommes au-delà du niveau accepté au temps de l’Ancien Testament ! Quand Jean écrivait ces paroles, un bon nombre a dû se sentir porté à protester que le niveau attendu était trop haut et qu’il introduisait quelque chose de tout nouveau. C’est pourquoi au v. 7 il les assure de ce qu’il ne disait pas quelque chose de nouveau — comme les enseignements des antichrists, qui eux étaient nouveaux — mais que c’était plutôt un commandement ancien. En même temps, dans un autre sens, c’était un commandement nouveau. Cela ne se contredit pas, bien que ce soit un paradoxe. C’était un commandement ancien car il avait déjà été mis en évidence dès le commencement en Christ, comme étant la sainte volonté de Dieu et Son plaisir pour l’homme : il n’y avait donc rien en lui qui ressemblât aux notions nouvelles des Gnostiques. Cependant c’était un nouveau commandement, car il devait être maintenant mis en évidence en ceux qui étaient de Christ, et en cela, c’était comme du nouveau pour eux. La chose, dit Jean, « est vraie en Lui et en vous ». La vie qui a été manifestée en Christ, et qui en premier lieu était exclusivement en Lui, doit se trouver maintenant dans les croyants qui sont en Lui. Tant qu’ils demeurent en Lui, la vie s’exprimera en eux de la même manière, et produira des fruits semblables.

 

3.1.7        Ch. 2:8b

Et nous lisons donc : « La vraie lumière luit déjà ». Entre la vie et la lumière il y a le lien le plus étroit possible. Si la vraie vie a été manifestée en Christ, la vraie lumière a également brillée en Lui. Si nous participons à cette vraie vie, la vraie lumière brillera aussi en nous. « Les ténèbres s’en vont », écrit l’apôtre, et non pas : « sont passées ». Il faudra attendre jusqu’au monde à venir pour dire qu’elles sont passées, cependant il est clair qu’elles s’en vont [qu’elles sont en train de s’en aller], car la vraie lumière a commencé à briller en Christ et dans les Siens. Quand Dieu agira en jugement et que la fausse vie et la fausse lumière de ce monde seront chassées, alors les ténèbres seront effectivement passées. Actuellement nous pouvons nous réjouir dans l’assurance qu’elles s’en vont, et que la vraie lumière brille. Plus nous marcherons comme Lui a marché, plus la lumière brillera effectivement par nous.

 

3.1.8        Ch. 2:9

Mais en outre, si la lumière va désormais briller en nous et par nous, il faut que nous soyons nous-mêmes dans la lumière. Prétendons-nous être dans la lumière ? Eh bien, il y a un test simple par lequel on peut savoir si cette déclaration est authentique. Si quelqu’un dit être dans la lumière et qu’il haïsse son frère, sa déclaration est fausse et il est dans les ténèbres, c’est-à-dire qu’il ne connaît pas réellement Dieu — il n’est pas dans la lumière de Dieu révélée en Christ. Personne ne peut être dans la lumière de Dieu s’il n’a pas la vie de Dieu, qui est amour. C’est pourquoi un peu plus loin dans l’épître nous lisons que « celui qui n’aime pas son frère demeure dans la mort » (3:14). Nous découvrons donc maintenant que la vie, la lumière et l’amour vont tous de pair ; et dans la nature même des choses, ils fonctionnent comme des tests l’un vis-à-vis de l’autre. Celui qui aime son frère manifeste la vie, selon le ch. 3. Ici, l’accent est mis sur le fait qu’il demeure dans la lumière.

 

3.1.9        Ch. 2:10-11

Jean ajoute la remarque : « il n’y a point en lui d’occasions de chute » (2:10). C’est en contraste avec ce qui suit au verset 11 où celui qui hait son frère est décrit comme étant dans les ténèbres, marchant dans les ténèbres, et ne sachant pas où il va. Nous n’avons pas de lumière en nous, tout comme la lune n’a de lumière que quand elle est dans la lumière du soleil. Ainsi celui qui hait son frère, étant dans les ténèbres, est entièrement ténèbres lui-même, et il devient par conséquent une occasion de chute pour les autres. Il trébuche lui-même et agit comme une pierre d’achoppement. Tels étaient les antichrists et leurs adeptes. Celui qui aime, comme fruit de ce qu’il possède la vie divine, marche dans la lumière et ne trébuche pas ni n’est une pierre d’achoppement.

Aimer son frère, c’est bien sûr aimer tous ceux qui pareillement à nous, sont nés de Dieu ; c’est aimer chacun d’eux. C’est l’amour, divin par nature, étendu à tous ceux qui sont entrés dans la famille divine, — l’amour qui aime les enfants de Dieu en tant qu’enfants de Dieu, indépendamment des préférences ou aversions humaines.

 

3.2   Ch. 2:12-17

3.2.1        Ch. 2:12

Un nouveau paragraphe commence au v. 12. Au verset 1:4, Jean indiquait les thèmes sur lesquels il écrivait. Maintenant nous avons la base sur laquelle il écrivait. Tous ceux auxquels il s’adressait étaient dans la merveilleuse grâce d’avoir les péchés pardonnés, et tous étaient dans la position d’enfants. Le mot traduit par « enfants » n’est pas celui utilisé pour les « petits enfants ». Il inclut tous les enfants de Dieu sans distinction. Le pardon qui est le nôtre est notre part uniquement à cause de Son Nom. La vertu et le mérite n’en reviennent qu’à Lui. C’est en tant que pardonnés et introduits dans une relation formée divinement, que ces paroles nous sont adressées.

 

3.2.2        Ch. 2:13

D’un autre côté, il y a des distinctions dans la famille de Dieu, et le v. 13 les fait apparaître. Il y a des « pères », des « jeunes gens », des « petits enfants ». C’est la manière dont Jean indique les différentes étapes de la croissance spirituelle. Nous devons tous nécessairement commencer comme des petits enfants dans la vie divine. Normalement nous devrions nous développer en jeunes gens et finalement devenir des pères. Chacune des trois classes a des caractères précis.

Le v. 13 énonce les traits caractéristiques de ceux à qui il écrit, non pas les thèmes qu’il traite, ni la base sur laquelle il écrit. Les pères sont caractérisés par la connaissance de Celui qui est dès le commencement ; c’est-à-dire qu’ils ont mûri dans la connaissance de Christ, cette « Parole de Vie », en qui la vie éternelle a été manifestée. Ils connaissaient réellement Celui en qui a été révélé tout ce qui doit être connu de Dieu. Tout autre connaissance est insignifiante si on la compare à cette connaissance-là : les pères, eux, la possèdent.

Les jeunes gens sont caractérisés par ce qu’ils ont vaincu le méchant. Les versets qui suivent dans le chapitre montrent plus exactement la force de cette expression. Ils ont surmonté les pièges subtils du diable opérant par les enseignements des antichrists, et ils l’ont fait parce qu’ils étaient édifiés sur et dans la Parole de Dieu. Au début de notre course chrétienne, avant d’avoir eu le temps d’être bien fondés dans les enseignements de la Parole, nous sommes bien plus susceptibles de nous laisser égarer par des enseignements subtils contraires à la Parole, et d’être ainsi vaincus par le méchant.

C’est le danger auquel les petits enfants sont exposés, comme nous le verrons. Pourtant, un beau trait les caractérise : ils connaissent le Père. Le bébé humain manifeste vite l’instinct qui lui permet de reconnaître ses parents, et il en est de même pour les enfants de Dieu. Ils ont Sa nature, donc ils Le connaissent. Ils ont encore beaucoup de choses à apprendre sur le Père, mais ils Le connaissent. En tant qu’enfants de Dieu, soyons exercés à ne pas rester des petits enfants. Nous devons commencer par là, mais aspirons à cette connaissance de la Parole de Dieu qui développera notre croissance spirituelle, et nous permettra de devenir des jeunes gens, et même des pères en temps voulu.

 

3.2.3        Ch. 2:14a

Après avoir donné, au verset 13, les traits caractéristiques respectivement des pères, des jeunes gens et des petits enfants, l’apôtre commence au verset 14 le message spécial adressé à chacun d’eux.

Il commence par les pères et son message à leur égard est des plus brefs ; de plus l’apôtre reprend exactement les mêmes mots qu’au verset précédent quand il décrivait leur trait caractéristique. C’est vraiment remarquable et nous pouvons bien nous demander pourquoi. Nous croyons que la raison en est que, une fois arrivés à la connaissance de « Celui qui est dès le commencement », nous atteignons la connaissance de Dieu dans une plénitude infinie et éternelle, au-delà de laquelle il n’y a plus rien. Celui qui est « Fils » et « la Parole », « la Parole de vie », manifesté parmi nous, est Celui qui est dès le commencement. En Lui nous connaissons Dieu, et il n’y a rien qui dépasse une connaissance d’une telle profondeur infinie.

Les pères Le connaissent donc de cette manière profonde et merveilleuse. Le Dieu qui est amour est devenu la demeure de leurs âmes, et demeurant dans cet amour ils demeurent en Dieu et Dieu en eux. Ils n’avaient qu’à continuer à approfondir cette connaissance bénie. Il n’y avait pas besoin de leur dire rien de plus.

 

3.2.4        Ch. 2:14b

Les jeunes gens n’avaient pas encore atteint cette stature, mais ils en étaient sur la voie. Leur caractéristique était d’avoir vaincu le méchant, selon v. 13. Nous apprenons maintenant comment cette victoire avait pu avoir lieu. Ils avaient été rendus forts par la Parole de Dieu demeurant en eux.

Nous commençons tous notre vie chrétienne comme des petits enfants, et si nous avons une croissance saine, nous avancerons vers l’état de jeunes gens. Or la connaissance de la Parole de Dieu doit venir en premier. Nous ne pouvons pas demeurer dans ce dont nous sommes ignorants. Ceci nous fait voir en face la raison pour laquelle tant de vrais chrétiens sont restés depuis de nombreuses années des petits enfants — juste des bébés chétifs. Ils n’ont jamais vraiment fait connaissance avec la Parole de Dieu. Le grand adversaire du travail de Dieu connaît très bien cette nécessité, ce qui éclaire vivement l’habileté de ses desseins en profondeur.

Le catholicisme romain a ôté les Écritures des mains de ses adeptes au motif que, s’agissant de la Parole de Dieu, elle est bien trop au dessus des laïques, et seulement propre à être mise entre les mains des docteurs de l’église, seuls capables de l’interpréter. Le modernisme prévaut dans le monde protestant. Dans sa forme la plus évoluée, il renie entièrement la Parole de Dieu : la Bible n’est pour eux qu’une collection de légendes douteuses parsemée de réflexions religieuses obsolètes. Dans sa forme diluée — qui séduit souvent de vrais chrétiens et est donc encore plus nuisible en ce qui nous concerne — il affaiblit l’autorité de la Parole, et condamne ainsi ses adeptes à un infantilisme spirituel perpétuel. Et là où ces maux sont absents, les gens se contentent trop souvent de tirer ce qu’ils connaissent de la Parole, des textes sur lesquels il arrive à leur ministre de prêcher. Ils ne lisent pas, ni n’observent ni n’étudient ni ne digèrent intérieurement la Parole pour eux-mêmes. C’est pourquoi leur croissance ne se poursuit pas.

Mais la Parole ne doit pas simplement être connue, elle doit demeurer en nous. Elle doit demeurer dans nos pensées et dans nos affections ; de cette façon elle nous contrôlera, gouvernant nos vies entières. Si ce point est atteint par l’un quelconque d’entre nous, alors on peut dire qu’il est fort, car sa vie est fondée sur le roc invincible de l’Écriture Sainte. Cependant même ainsi, la force n’est pas tout, car il faut encore être conduit à cette connaissance de Celui qui est dès le commencement qui caractérise les pères.

 

3.2.5        Ch. 2:15-16

Les jeunes gens ont affaire à un danger qui, s’il prévaut, les empêchera de poursuivre leur progression vers cette connaissance bénie. Ce danger, c’est le monde et l’amour du monde : non pas le monde simplement comme un concept abstrait, mais les choses concrètes et matérielles qui sont dans le monde. Nous utilisons un grand nombre de ces choses, et occasionnellement au moins, nous y prenons plaisir, mais nous ne devons pas les aimer. Ce que nous aimons nous domine, et nous ne devons pas être dominés par le monde, mais par le Père. L’amour du monde et l’amour du Père sont mutuellement exclusifs. Nous ne pouvons pas être possédé par les deux. Il faut que ce soit ou l’un ou l’autre. Lequel nous possède ?

Si l’amour du Père nous possède, nous verrons le monde sous son vrai jour. Nous possèderons la faculté spirituelle qui agit à la manière des rayons-X. Nous descendrons sous la surface des choses jusqu’à l’ossature du squelette sur lequel tout est construit. Ce squelette nous est révélé au verset 16 comme « la convoitise de la chair, et la convoitise des yeux, et l’orgueil de la vie » ; tout cela ne vient pas du Père mais est entièrement du monde.

La convoitise de la chair, c’est le désir d’avoir — le désir de posséder pour soi ces choses qui nourrissent et entretiennent la chair. La convoitise des yeux, c’est le désir de voir, que ce soit avec les yeux de la tête ou les yeux de l’esprit, toutes les choses qui nourrissent et entretiennent ce qui nous plait. Cela couvre la soif intellectuelle insatiable de l’homme, ainsi que sa recherche continuelle de plaisirs spectaculaires. L’orgueil de la vie, c’est le désir d’être — le désir ardent d’être quelqu’un, ou quelque chose qui nourrisse et entretienne l’orgueil du cœur. C’est le mal ancré le plus profondément des trois, et souvent celui qu’on soupçonne le moins.

Nous venons donc de voir le cadre sur lequel est bâti le système du monde ; tous les éléments sont en opposition totale au Père, et au monde à venir quand l’ordre mondial actuel aura été mis de côté. Il nous est dit : « le monde s’en va, et sa convoitise ». Il n’est pas surprenant de l’entendre dire. Quelle grâce qu’il s’en aille, car la pire calamité ne serait-elle pas que le monde et ses convoitises se perpétuent à jamais ? Le monde disparaîtra ; le Père et Son monde demeureront. Nous serions bien fous d’être remplis d’amour pour ce qui disparaît plutôt que de l’amour pour Celui qui demeure.

 

3.2.6        Ch. 2:17

Quel contraste frappant au v. 17 ! On se serait attendu à ce que la fin du verset soit : « mais le Père demeure » ; mais cela est si évident qu’il n’est guère besoin de le dire. « Celui qui fait la volonté de Dieu demeure éternellement » : c’est un fait merveilleux. Ce qui disparaîtra, c’est le monde. Quand des croyants meurent, on remarque qu’un tel « a disparu ». Le monde continue très bien sans eux et semble parfaitement stable. L’apôtre Jean voit les choses du côté divin et nous aide à faire de même. Alors nous voyons le monde en train de disparaître, tandis que celui qui fait la volonté de Dieu, même s’il est retiré de la scène terrestre, c’est lui qui demeure éternellement. Il sert la volonté de Dieu, et cette volonté est fixe et elle demeure. Le serviteur de cette volonté demeure lui aussi.

 

3.3   Ch. 2:18-27

Du v. 18 au v. 27, l’apôtre s’adresse aux « petits enfants ». Sans aucune préface, l’apôtre se lance dans un avertissement contre les docteurs anti-chrétiens qui commençaient à abonder. L’« Antichrist » est un sinistre personnage dont l’apparition aux derniers jours est prédite. Il n’est pas encore venu, mais de nombreux hommes de moindre importance, ayant le même caractère mauvais à des degrés divers, existent depuis longtemps sur la terre. Cela nous montre que nous sommes dans les derniers temps, c’est-à-dire, l’époque précédant immédiatement le temps où le mal culminera et subira le jugement final.

 

3.3.1        Ch. 2:18-19

Or les antichrists apparus du temps où Jean écrivait, avaient eu un temps leur place parmi les croyants, comme le montre le v. 19. Mais depuis, ils avaient rompu leur relation et étaient sortis du milieu d’eux. Ce faisant, ils avaient rendu manifeste qu’ils n’avaient jamais réellement fait partie de la famille de Dieu — ils ne faisaient pas partie « de nous ». Le caractère du vrai croyant est de tenir ferme la foi. Ils l’avaient abandonnée et étaient sortis de la compagnie des chrétiens, révélant par là qu’ils n’avaient pas de lien vital avec les enfants de Dieu. Le vrai enfant de Dieu a l’onction de la part du Saint, et c’est précisément ce que les antichrists n’ont jamais possédé.

 

3.3.2        Ch. 2:20-21

L’« Onction » du v. 20 est la même que celle du v. 27, et les deux fois il est fait référence au Saint Esprit. Demeurant dans les enfants de Dieu, Il devient la Source d’où provient leur intelligence spirituelle. Or le plus jeune enfant de la famille divine a reçu cette onction, et on peut donc dire qu’il « connaît toutes choses ». Le terme « connaître » ici signifie une connaissance intérieure et consciente. S’il s’agissait d’une question de connaissance acquise, il y a dix mille détails ignorés actuellement du jeune enfant, mais l’Onction lui donne cette capacité intérieure qui met toutes choses à sa portée. Il connaît toutes choses potentiellement, mais non pas encore de manière détaillée.

On peut donc même dire que le jeune enfant « connaît la vérité », et qu’il possède la capacité de faire la différence entre la vérité et ce qui est mensonge. Pour le moment, il se peut qu’il ne connaisse que l’évangile le plus élémentaire ; cependant dans l’évangile il a la vérité non diluée — la vérité fondamentale d’où jaillissent toutes les vérités subséquentes — et tous les mensonges du diable peuvent être détectés s’il sont placés en contraste avec le fond brillant de l’évangile.

 

3.3.3        Ch. 2:22-23

Tout mensonge du diable vise en quelque manière la vérité concernant le Christ de Dieu. Ce n’est pas un tireur de niveau juste moyen, et même quand il paraît tirer au bord extérieur de la cible, il calcule une action de rebond qui lui fera atteindre finalement juste le centre de la cible. Aux jours de l’apôtre, il visait ouvertement le centre de la cible. Les antichrists niaient ouvertement que Jésus était le Christ : ils niaient le Père et le Fils. À notre époque, certains en sont encore à ce stade, mais d’autres, bien plus nombreux, font autre chose ; ils introduisent des enseignements d’un genre très subtil, pas trop dommageables en apparence, mais conduisant finalement exactement aux mêmes reniements, ce qui fait que le centre de la cible est atteint.

Quand l’Antichrist paraîtra, il sera la négation totale et parfaite du Père et du Fils. Il « s’exaltera, et s’élèvera contre tout dieu, et proférera des choses impies contre le Dieu des dieux » (Daniel 11:36), et cette prédiction est développée en 2 Thes. 2:4. Les « plusieurs [nombreux] antichrists » qui l’auront précédé suivent tous des voies semblables. Leurs reniements portent plus particulièrement sur le Fils qui a été manifesté sur la terre, et ils vont même jusqu’à déclarer qu’ils n’ont rien à dire pour ou contre le Père. Une telle déclaration est vaine. Nier le Fils, c’est nier le Père. Confesser le Fils, c’est avoir aussi le Père. Bien qu’étant des personnes distinctes, Ils sont un dans la Déité, et celui qui a l’Onction (le saint Esprit), qui est aussi un avec Eux dans la Déité, sait très bien cela, et ne risque pas d’être trompé sur ce point.

Tout le courant de l’Ancien Testament montre que Jésus est le Christ, comme nous le voyons en Actes 17:2-3. La vérité quant au Père et au Fils est révélée dans le Nouveau Testament. Ce n’est pas que la relation du Père et du Fils n’a commencé qu’alors, mais cette relation qui existait éternellement dans la Déité fut alors pour la première fois révélée pleinement. La communion dans laquelle nous sommes introduits est avec le Père et le Fils, comme le dit le début de l’épître ; c’est pourquoi le reniement de cette vérité est destructeur de notre communion.

Il faut remarquer que l’erreur prend le plus souvent la forme de la négation d’une vérité. Les négations sont dangereuses : elles devraient n’être énoncées qu’avec le plus grand soin, et se baser sur une connaissance étendue. Habituellement, il faut une plus grande connaissance pour nier quelque chose que pour l’affirmer. Par exemple, je peux affirmer qu’une certaine chose est dans la Bible ; pour le prouver, il suffit de connaître un seul verset de la Bible, celui où cela est indiqué. Mais si je nie que c’est dans la Bible, j’ai besoin de connaître la Bible du début à la fin, avant d’être sûr que je ne serai pas valablement contredit.

 

3.3.4        Ch. 2:24

Dès le commencement, Jésus a été manifesté comme le Christ, et comme Fils Il a révélé le Père. Même les petits enfants étaient arrivés à cette connaissance, laquelle devait demeurer en eux comme aussi en nous maintenant. Jésus est le Christ, c’est-à-dire l’Oint : nous avons reçu l’Onction pour que la vérité puisse demeurer en nous, et alors par conséquent, nous demeurerons dans le Fils et dans le Père.

L’apôtre Paul nous instruit que nous sommes « en Christ » comme le fruit de l’œuvre de grâce de Dieu. L’apôtre Jean nous instruit au sujet de la révélation du Père et du Fils, et de la communion établie en rapport avec cette relation dans laquelle tout enfant de Dieu, même le plus jeune, est introduit, de sorte que nous pouvons demeurer « dans le Fils et dans le Père ». Le Fils vient en premier car nous ne pouvons demeurer dans le Père que si nous demeurons dans le Fils. Demeurer, c’est rester dans la connaissance et la jouissance conscientes du Fils et du Père, rendues possibles pour nous du fait que nous sommes nés de Dieu et que nous avons reçu l’Onction.

 

3.3.5        Ch. 2:25

Demeurer dans le Fils et dans le Père, c’est la vie éternelle. La promesse de la vie éternelle existait même « avant les temps des siècles » selon Tite 1:2. Le Seigneur Jésus disait de la vie éternelle : « c’est… qu’ils te connaissent seul vrai Dieu, et celui que tu as envoyé, Jésus Christ » (Jean 17:3). Le v. 25 de notre chapitre va un stade plus loin. Celui qui demeure dans le Fils et dans le Père demeure dans la vie qui est éternelle. La Vie Éternelle avait été manifestée et vue, mais seuls les apôtres avaient eu ce privilège. Maintenant nous pouvons posséder cette vie et demeurer en elle, et c’est pour nous tous, car ces choses ont été écrites aux petits enfants de la famille de Dieu.

 

3.3.6        Ch. 2:26-27

L’apôtre a dit tout cela pour fortifier les petits enfants contre ceux qui enseignaient des séductions. Au v. 27 il revient encore à l’Onction, car c’est par l’Esprit qui leur a été donné que toutes ces choses sont à leur disposition. Quel encouragement de savoir que l’Onction demeure en nous ! Il n’y a ni variation ni échec ici. Et l’Onction non seulement demeure en nous, mais elle nous enseigne toutes choses. L’instruction peut provenir de l’extérieur, mais c’est par le Saint Esprit que nous avons la capacité de la saisir. Nous n’avons pas besoin qu’un homme nous enseigne. Cette remarque n’a pas pour but de discréditer les docteurs [enseignants] que le Seigneur peut avoir suscité et doué pour faire Son oeuvre, sinon elle pourrait servir à discréditer justement cette épître que nous sommes en train de lire. Elle a pour but de nous faire réaliser que même les docteurs doués ne sont pas absolument indispensables, tandis que l’Onction, elle, est indispensable.

L’Onction — Celui-là même qui oint — est la vérité. C’est répété en des termes légèrement différents au ch. 5 v.6. Christ est la vérité comme un Objet devant nous. L’Esprit est vérité, l’apportant dans nos cœurs par l’enseignement divin. À ces petits enfants, Jean pouvait dire « selon qu’elle vous a enseignés » car ils avaient déjà l’Onction.

Grâce à Dieu, nous avons aussi l’Onction. C’est pourquoi cette parole « vous demeurerez en Lui » est aussi pour nous. Nous pouvons n’être que de petits enfants, avec peu de connaissance, mais que rien ne nous détourne de cette vie et de la communion dans laquelle nous sommes ! Tout est centré sur Lui. Demeurons en Lui.

 

3.4   Ch. 2:28

Le paragraphe adressé spécialement aux « petits enfants » commençait au v. 18 pour se terminer au v. 27. Au verset 28, il y a l’expression « enfants », dans un sens général : c’est le même mot qu’aux versets 1 et 12 (ch. 2), et on le retrouvera au ch. 3 v. 7, 10, 18.

Au v. 28, l’apôtre recommence à s’adresser à toute la famille de Dieu, à tous ceux qui sont Ses enfants, indépendamment de leur croissance ou de leur état spirituels. Il venait d’assurer aux petits enfants qu’ils avaient l’Onction et que, par conséquent, ils pouvaient « demeurer en Lui ». Il se tourne maintenant vers toute la famille de Dieu et les exhorte à « demeurer en Lui ». Ce qui est bon pour les petits enfants est bon pour tous, et le seul moyen de croître spirituellement et de porter  du fruit, c’est ce fait de demeurer en Lui. Quand nous nous détournons de Lui et que les affections et les intérêts de nos cœurs sont centrés sur les choses du monde, alors nous sommes faibles et stériles. L’apôtre considérait la manifestation de Christ quand nous serons tous manifestés dans notre vrai caractère, et il désirait que nous ayons tous de l’assurance en ce jour-là, et que nous n’ayons pas honte.

Il sera manifesté, et nous aussi nous serons manifestés à Sa venue ; il est évidemment possible qu’un croyant soit couvert de honte à cette heure solennelle. Il est très probable que, par ces mots, l’apôtre indiquait son propre sens de responsabilité à leur égard, et il souhaitait qu’ils lui fassent honneur — si on peut s’exprimer ainsi — en ce jour-là. Mais ces paroles indiquent sûrement aussi que chacun de nous peut être couvert de honte pour notre compte. Que chacun d’entre nous demeure réellement en Lui, afin que maintenant nous portions du fruit, et qu’alors nous ayons de l’assurance ; et qu’ainsi il n’y ait de la honte ni pour nous ni pour ceux qui ont travaillé en notre faveur, que ce soit des évangélistes ou des pasteurs.

 

4                        Chapitre 2:29 et 3

4.1   Ch. 2:29 à 3:3

Le v. 28 forme un court paragraphe autonome, et il aurait mieux valu que le chapitre 2 se termine par lui. Le v. 29 commence un autre paragraphe qui s’étend jusqu’au v. 3 du ch. 3.

 

4.1.1        Ch. 2:29 et 3:1

On pourrait bien vouloir demander maintenant : mais qui sont les enfants de Dieu ? et comment les distinguer avec exactitude d’avec ceux qui n’en sont pas ?

La réponse donnée ici c’est que ceux qui sont nés de Dieu sont les enfants de Dieu, et qu’on peut les distinguer par ce qu’ils pratiquent la justice. Pratiquer, c’est quelque chose d’habituel et de caractéristique. Ce n’est pas qu’ils agissent selon la justice par intermittence, de temps à autre ; mais ils la pratiquent comme une habitude dans leur vie. Ils sont loin de le faire parfaitement — Un seul l’a fait. Et encore, comme nés de Dieu ils ont nécessairement Sa nature. Il est juste : nous le savons très bien. Alors ceux qui sont nés de Lui sont nécessairement caractérisés par la justice : il ne pourrait pas en être autrement. Ainsi donc quand nous voyons quelqu’un pratiquer réellement la justice, nous pouvons à bon droit admettre qu’il s’agit d’un vrai enfant de Dieu.

La pratique de la justice est une questions très importante, qui dépasse de beaucoup le fait de payer cent centimes en échange d’un euro. Il faut commencer avec Dieu et Lui rendre ce qui Lui est dû, et ensuite considérer comment rendre à tous les autres ce qui leur est dû. On ne peut pas dire d’un inconverti qu’il pratique la justice, car il n’a jamais commencé par le premier pas de la justice. Il ne pratique pas ce qui est juste au regard de Dieu.

Nous connaissons Dieu. Il est juste. Voici quelqu’un qui pratique la justice. Nous pouvons sans risque considérer qu’il est né de Dieu. Il appartient à la famille divine. Mais alors quel merveilleux amour il y a là ! Et il nous est accordé par le Père Lui-même !

Le mot que Jean utilise ici est « enfants » plutôt que « fils ». C’est un terme plus intime. Il est parlé des anges dans l’Écriture comme étant des « fils de Dieu ». Toutes choses sont à Lui comme ayant été créées par Lui, mais pour être Ses enfants il nous faut être « nés de Lui ». C’est quelque chose de plus profond et en même temps de plus intime, et nous pouvons bien nous émerveiller de la manière dont l’amour de Dieu agit, nous accordant une pareille grâce. Nous avons été introduits dans cette nouvelle relation par l’opération de Dieu Lui-même, accomplie en nous par la puissance du Saint Esprit. Il aurait pu Lui plaire, tout en nous sauvant, de nous introduire dans une relation avec Lui bien inférieure à celle-ci. Mais non, telle a été la manière d’agir de Son amour.

Mais il y a plus ; tout comme cet acte de nous engendrer nous a liés à Lui dans cette nouvelle relation, ainsi aussi cet acte nous a détachés du monde, et cela d’une manière tout à fait fondamentale. Quand Christ était ici-bas, le monde n’a connu et compris ni Lui ni Son Père : c’était parce qu’Il lui était totalement opposé, tant quant à l’origine que quant au caractère. Il leur dit : « Vous êtes d’en bas ; moi, je suis d’en haut : vous êtes de ce monde ; moi, je ne suis pas de ce monde ». Et encore, quand ils prétendaient avoir Dieu pour Père, Il dit : « Si Dieu était votre père, vous m’aimeriez » (Jean 8:23, 42). Le problème était qu’ils n’avaient pas la nature qui les aurait rendus capables de connaître ou de comprendre Christ. Or nous, grâces à Dieu, nous avons la nature qui Le connaît et qui L’aime ; mais c’est justement la raison pour laquelle, nous non plus, le monde ne nous connaît pas, ni ne nous comprend. C’est inhérent à la nature des choses.

 

4.1.2        Ch. 3:2

La place d’enfants nous appartient MAINTENANT. L’amour du Père, qui est le propre de la relation, est à nous MAINTENANT. Mais il y a ce que nous attendons. Ce que nous serons n’a pas encore été manifesté ; mais ce sera manifesté quand Il apparaîtra. Quand Il sera manifesté en gloire, nous serons non seulement avec Lui, mais aussi comme Lui, car nous Le verrons comme Il est. En ce jour-là, le monde Le verra, revêtu de Sa majesté et de Sa puissance. Ils Le verront dans Ses gloires officielles. Nous, nous Le verrons dans Ses gloires personnelles plus intimes. On voit les rois de ce monde dans leurs vêtements d’apparat pour les cérémonies officielles, mais les membres des familles royales les voient dans le privé tels qu’ils sont.

Or nous devons être comme Lui pour Le voir comme Il est. Ce n’est que comme porteurs de l’image du Céleste que nous pourrons marcher dans les parvis célestes et Le contempler de manière intime. Nous allons être effectivement COMME LUI. Il n’y a rien à regarder de spécial chez les enfants de Dieu aujourd’hui. Ce sont souvent des gens pauvres et méprisés. À l’automne on peut voir nombre de chenilles ternes et inintéressantes ramper sur les orties. Ce qu’elles vont devenir n’apparaît pas encore. Attendez l’été prochain quand elles écloront sous forme de splendides papillons ! C’est de cette même manière que nous surgirons à Sa ressemblance au jour de Sa manifestation. Nous serons vus alors dans l’état qui convient aux enfants de Dieu.

 

4.1.3        Ch. 3:3

Telle est notre espérance en Christ. Quand nous la considérons, nous devons sûrement être conscients de sa puissance pour élever et purifier. Si c’est notre haute et sainte destinée, nous ne pouvons nous contenter d’accepter les souillures de ce monde, qu’elles soient au dedans ou au dehors de nous. Nous devons nous purifier avec une telle espérance en vue. Nous pourrions nous satisfaire de la souillure si ces choses n’étaient pour nous que de simples notions et théories, mais c’est impossible si c’est une espérance réelle. Avec une espérance brûlante dans nos cœurs, nous devons nous purifier et ce processus continuera aussi longtemps que nous serons ici-bas, car la mesure de la pureté c’est : « comme Lui est pur ». Nous pouvons faire une application de Marc 9:3 qui parle de Ses vêtements qui « devinrent d’une extrême blancheur, comme de la neige, tels qu’il n’y a point de foulon sur la terre qui puisse ainsi blanchir ». Aucun foulon sur terre ne peut nous blanchir jusqu’à ce niveau, nous ne l’atteindrons que quand nous serons semblables à Lui en gloire.

 

4.2   Ch. 3:4-9

4.2.1        Ch. 3:4

En passant du v. 3 de notre chapitre au v. 4, nous sommes conscients d’un changement très abrupt. Il vient de nous être dit comment nous pouvons discerner les vrais enfants de Dieu par leur pratique de la justice. Nous allons voir maintenant le contraste complet qui existe entre les enfants de Dieu et les enfants du diable. Ce sont deux semences distinctes sur la terre du point de vue moral et spirituel, et diamétralement opposées l’une à l’autre. On ne peut ni les confondre ni les mélanger, bien qu’un individu puisse passer de l’une à l’autre par une opération de Dieu, en étant engendré de Lui.

Mais tout d’abord, la vraie nature du péché doit être exposée. Certaines versions traduisent le mot « iniquité » par « transgression de la loi ». Ce n’est pas le sens du mot ni du texte, mais « quiconque pratique le péché pratique aussi l’iniquité, et le péché est l’iniquité » [iniquité signifiant, ici et dans la suite, « une marche sans loi, sans frein »]. Si le péché avait été la transgression de la loi, alors il n’y aurait pas eu de péché commis d’Adam à Moïse, comme Romains 5:13, 14 le dit. Mais le péché est quelque chose de plus profond que cela, car l’iniquité est la négation et le refus de toute loi, et non pas seulement la violation d’une loi une fois promulguée. Si les planètes qui tournent autour du soleil se mettaient soudain à rejeter toute loi, le système solaire serait détruit. L’iniquité [ou : « marche sans loi, sans frein »] chez les créatures intelligentes de Dieu est pareillement mortelle, et destructrice de Son ordre moral et de Son gouvernement.

 

4.2.2        Ch. 3:5

Ainsi donc le péché est une abomination pour Dieu, qui ne peut pas le laisser toujours perdurer. C’est pourquoi Christ (Celui chez qui le péché était entièrement absent) a été manifesté pour l’ôter. Le v. 5 va seulement jusqu’au point que Lui, a été manifesté pour ôter nos péchés, les péchés des enfants de Dieu. Nos péchés ne sont qu’une partie de tous les péchés, mais ils sont la partie dont il est question ici ; car l’accent est mis ici sur le fait que les enfants de Dieu ont été retirés de l’iniquité qui les caractérisait autrefois, et ont été introduits dans l’obéissance.

 

4.2.3        Ch. 3:6

Celui en qui il n’y a pas de péché a été manifesté, et le résultat en est qu’Il a ôté nos péchés pour que nous demeurions en Lui et que nous ne péchions plus. Le verset 6 présente le contraste d’un point de vue abstrait et doit être lu en relation avec le v. 4, en sorte que la force du mot « pécher » est « pratiquer l’iniquité ». Les enfants de Dieu sont caractérisés par ce qu’ils demeurent en Celui qui a été manifesté pour ôter nos iniquités ; dès lors sous Sa direction, ils ne pratiquent pas l’iniquité. À l’opposé, celui qui pratique l’iniquité n’a ni vu ni connu cette Personne bénie.

 

4.2.4        Ch. 3:7

La justice du v. 7 fait contraste avec l’iniquité du v. 6. Ne nous trompons pas sur ce point car l’arbre se reconnaît à son fruit. Nous pouvons raisonner bien sûr en partant de l’arbre vers son fruit, et dire que celui qui est juste pratique la justice. Cependant ici, nous raisonnons du fruit en remontant à l’arbre, car Jean déclare que celui qui pratique la justice est juste, selon la justice de Celui qui l’a engendré. C’est ce qui apparaît si nous relions les versets 3:7 et 2:29.

 

4.2.5        Ch. 3:8

D’un autre côté, celui qui pratique l’iniquité n’est pas de Dieu du tout. Il est du diable puisqu’il montre exactement le même caractère que Celui dont il est issu. Depuis le commencement le diable pèche. Il a été adonné à l’iniquité dès le commencement, et le Fils de Dieu a été manifesté pour détruire ses œuvres. Ce que le diable a fait, en conduisant les hommes à l’iniquité, le Fils de Dieu est venu le défaire.

 

4.2.6        Ch. 3:9

Le verset 9 met l’accent sur ce qui vient d’être dit aux v. 6 et 7, en le formulant de manière plus solennelle. Personne qui est né de Dieu ne pratique l’iniquité, et cela pour une raison très fondamentale. La semence divine demeure en lui, et du fait qu’il est né de Dieu, il ne peut pas pécher. Ce sont des énoncés dogmatiques d’une grande force. Il n’est pas permis d’apporter aucune restriction susceptible d’en modifier la force positive. C’est pourquoi ils ont présenté une grande difficulté pour beaucoup de personnes.

Deux choses aident à éclaircir ces difficultés. La première est de comprendre simplement la force des déclarations abstraites. En disant « abstraites », nous éliminons à dessein dans nos esprits et nos paroles toute idée de restriction — ceci afin de pouvoir faire ressortir plus clairement la nature essentielle de ce dont nous parlons. Prenons une illustration très simple : nous disons le liège flotte, l’alcool intoxique, le feu brûle. Nous énonçons par là le caractère essentiel ou la nature de ces choses, sans nous prononcer sur ce qui peut sembler le contredire en pratique. La vieille dame dans une chaumière éloignée, par exemple, pourrait dire que par tel jour froid et venteux, elle aurait bien voulu que son feu brûle effectivement. Nous savons tous que cette anomalie malheureuse qui arrive de temps à autres, n’altère pas la vérité de l’affirmation abstraite : le feu brûle.

La seconde chose est que nous lisons ce passage à la lumière du v. 4 qui en est comme une préface. Il n’est pas fait mention de péché depuis 2:12 jusqu’à 3:4. Mais du v. 4 au v. 9 le mot péché apparaît environ dix fois sous des formes diverses ; et d’entrée il nous est donné le sens exact attaché à ce mot. Le mot est défini pour nous, c’est pourquoi une erreur dans sa traduction [ce serait une « transgression de la loi » selon la version autorisée (anglaise) du roi Jacques] est particulièrement malheureuse. Tout le long il est question de la pratique de la justice qui s’exprime dans l’obéissance, en contraste avec la pratique de l’iniquité qui s’exprime dans la désobéissance.

Au v. 9 celui qui est né de Dieu est vu dans son caractère abstrait. Si on le considère en dehors de son caractère abstrait, on trouve en lui du péché, et des péchés qui, quand il y en a, doivent être confessés et pardonnés, selon ce qui a été dit auparavant dans l’épître (1:8 à 2:1). Vu abstraitement, il ne pratique pas l’iniquité, et en effet il ne peut pas être inique simplement parce qu’il est né de Dieu.

Quel énoncé merveilleux, parfaitement merveilleux ! Telle est notre nature comme nés de Dieu. Actuellement le fait est souvent obscurci à cause de la chair qui est encore en nous, et parce que nous lui laissons de la place. Mais quand nous serons avec Lui et comme Lui, et que nous le verrons comme Il est, la chair aura été éliminée pour toujours. Il n’y aura plus de restrictions alors. Le fait sera absolu, et non pas seulement abstrait. Quand nous serons glorifiés avec Christ, ce ne sera plus seulement que nous ne pécherons plus, mais nous ne pourrons absolument plus pécher. Nous ne pourrons pas plus pécher que Lui.

Si quelqu’un désire davantage d’aide pour saisir ce sujet, il peut l’avoir en regardant le contraste entre notre passage et Romains 8:7-8. La chair est vue là dans sa nature abstraite, et c’est exactement le contraire de ce que nous avons ici. La chair est essentiellement inique [sans loi, sans frein] et complètement opposée à Dieu et à Sa nature.

 

4.3   Ch. 3:10-17

4.3.1        Ch. 3:10

Le verset 10 présente un autre fait caractéristique des vrais enfants de Dieu. Non seulement ils pratiquent la justice, mais ils sont aussi marqués par l’amour. D’autres passages de l’Écriture nous montrent que l’amour doit caractériser nos contacts avec le monde. Ici il nous est dit de faire preuve d’amour envers nos frères, c’est-à-dire tous ceux qui, comme nous, sont nés de Dieu. Ceux qui ont leur origine en Dieu et ceux qui ont leur origine dans le diable sont donc nettement différenciés par ces deux choses : L’un a la justice et l’amour, l’autre n’a ni l’un ni l’autre.

L’amour et la justice sont étroitement liés, mais distincts. L’amour est entièrement une question de nature. « Dieu est amour », lisons-nous, tandis que nous ne lisons pas que Dieu soit justice. L’amour est ce qu’Il est en Lui-même. La justice exprime Sa relation avec tous ceux qui sont extérieurs à Lui. Nous sommes nés de Dieu : par conséquent, d’un côté nous manifestons Sa nature, et d’un autre côté nous agissons comme Lui agit.

 

4.3.2        Ch. 3:11

Chez l’enfant de Dieu, l’amour doit nécessairement se déverser vers tous ceux qui sont Ses enfants. C’est l’amour de la famille divine. L’instruction de s’aimer l’un l’autre n’était pas nouvelle, car elle avait été donnée dès le commencement. Dès le commencement nous avons été exhortés à l’amour. Voyez à quel point le Seigneur insiste sur ce sujet en Jean 13:34-35.

 

4.3.3        Ch. 3:12

Tout à fait pareillement, la haine qui caractérise le monde, et ceux qui trouvent leur origine dans le diable et son mensonge, date de temps très anciens. Elle remonte aussi au commencement, le début des activités du diable parmi les hommes. À peine y eut-il un homme engendré dans le péché, et qu’il y eut moralement de cette manière la semence du diable, immédiatement cette caractéristique fut trouvée en cet homme. Caïn fut cet homme, et la haine inhérente à la semence du diable a été mise au jour dans toute sa force. Il tua son frère. Il n’y avait pas d’amour, mais de la haine. Et pourquoi ? Parce qu’il n’y avait pas de justice mais de l’iniquité.

Le tableau fait ainsi une illustration complète. Caïn, la semence du diable, était un homme inique qui, à cause de cela, haïssait et tua son frère. Comme nés de Dieu, nous avons l’amour comme notre nature propre, et nous sommes laissés ici-bas pour pratiquer aussi la justice. En aimant notre frère et en pratiquant la justice, nous manifestons clairement que nous sommes des enfants de Dieu.

Puisse ce fait être manifesté toujours plus clairement en chacun de nous.

Toute chose créée se reproduit « selon son espèce ». Ce fait est déclaré dix fois en Genèse 1. Dans notre chapitre nous voyons la même loi valable aussi dans le domaine spirituel. Ceux qui sont « nés de Dieu » sont caractérisés par l’amour et la justice, ceux qui sont « enfants du diable » sont caractérisés par la haine et l’iniquité, parce que c’est « selon leur espèce ». Les deux semences sont clairement manifestes en cela, et elles sont totalement opposées l’une à l’autre.

 

4.3.4        Ch. 3:13

Il n’y a donc rien d’étonnant si le croyant est confronté à la haine de ce monde. Le « monde » ici n’est pas le monde comme système — celui-ci ne peut pas haïr — mais c’est les gens dominés par le monde comme système. L’enfant de Dieu ne les hait pas. Comment le pourrait-il, quand aimer est sa vraie nature ? Le monde le hait, pour la même raison que celui qui fait le mal hait la lumière, pour la même raison que Caïn haïssait Abel. Il faut confesser comme un fait bien triste que très souvent nous nous étonnons d’être haïs, alors que c’est ridicule de notre part. C’est plutôt à cette haine que nous devons nous attendre selon la nature des choses.

 

4.3.5        Ch. 3:14

Le chrétien ne hait pas, il aime. Mais au v. 14 il n’est pas dit, sous forme de contraste, que nous aimons le monde. Si c’était dit, nous serions en danger d’entrer en conflit avec le verset 2:15. Il est vrai que nous devons être caractérisés par l’amour pour les hommes en général, comme le montre Romains 13:8-10, mais ce qui est dit ici c’est que nous aimons les frères, c’est-à-dire tous ceux qui sont nés de Dieu. L’amour est la vie même de la famille de Dieu.

Comment passons-nous de la mort à la vie ? Une réponse à cette question nous est donnée en Jean 5:24. C’est en entendant la parole de Christ et en croyant Celui qui L’a envoyé. Dans le passage qui est devant nous, la réponse est évidemment : en étant nés de Dieu — le contexte le fait voir. En associant les deux passages, nous obtenons d’une part ce que nous pourrions appeler notre côté du sujet, et d’autre part le côté de Dieu. Décider précisément comment les deux côtés, le divin et l’humain, se combinent, cela nous dépasse. Le mode exact par lequel le divin et l’humain sont réunis nous dépasse forcément toujours, que ce soit en Christ lui-même, ou dans l’Écriture sainte ou n’importe où ailleurs.

Mais le fait demeure que nous sommes passés de la mort à la vie, et la preuve en est que nous aimons les frères, car l’amour est pratiquement la vie même de la famille, comme il est celle du Père Lui-même. Ce que l’apôtre Jean dit ici corrobore les déclarations infinies sur l’amour, de l’apôtre Paul au début de 1 Corinthiens 13. Il nous dit que si quelqu’un d’entre nous n’aime pas son frère, il demeure dans la mort, en dépit de nos apparences. Paul nous dit que, en dépit de tout ce que nous paraissons avoir, si nous n’avons pas l’amour nous ne sommes rien — nous ne comptons simplement pour rien du tout dans les comptes de Dieu.

 

4.3.6        Ch. 3:15

Le v. 15 établit le cas encore plus fortement. Nous ne pouvons pas être neutres dans ce domaine. Si nous n’aimons pas notre frère, nous le haïssons ; et celui qui hait, est potentiellement un meurtrier. Caïn en a été effectivement un, mais en Matthieu 5:21, 22, le Seigneur Jésus met l’accent non pas sur l’acte, mais sur la colère et la haine qui poussent à l’acte ; c’est aussi ce que fait notre passage. Celui qui est possédé par un esprit de haine, est possédé par l’esprit de meurtre, et une telle personne ne peut pas posséder la vie éternelle. Comme nous l’avons vu, la vie éternelle est à nous en tant que demeurant « dans le Fils et dans le Père » (2:24, 25). Demeurant en Lui, la vie éternelle demeure en nous, et la nature essentielle de cette vie est l’amour.

 

4.3.7        Ch. 3:16a

Mais bien que l’amour soit la simple respiration de la vie que nous possédons, aucun de nous ne l’a comme si nous étions chacun une petite fontaine autonome. La manifestation subjective de l’amour en nous ne peut jamais être détachée de sa manifestation objective en Dieu. C’est pourquoi nous avons toujours besoin de regarder en dehors de nous, si nous voulons réellement percevoir l’amour comme il est réellement en lui-même. « Par ceci nous avons connu l’amour, c’est que Lui a laissé Sa vie pour nous » (3:16). C’était la manifestation suprême de l’amour réel.

Si nous désirons percevoir l’amour d’une manière quelque peu adéquate, nous devons méditer très profondément sur toute la vertu et l’excellence et la gloire renfermées dans ce mot : « LUI », et ensuite contempler le péché, le malheur et la misère qui caractérisaient le « nous ». Il est très important de le faire, car c’est le seul moyen de pouvoir faire face à l’obligation qui par conséquent repose sur nous. Il a manifesté l’amour en laissant Sa vie pour nous. En tant que fruits de cette œuvre, nous vivons dans Sa vie qui est une vie d’amour. Cela achève un cercle de toute beauté : Il nous a aimés ; Il a laissé Sa vie pour nous ; nous vivons de Sa vie ; nous aimons.

 

4.3.8        Ch. 3:16b

Passons maintenant à l’obligation : « nous devons laisser nos vies pour les frères » (3:16). L’amour en nous devrait aller jusque là. Priscilla et Aquilas étaient allés jusque là pour Paul, car ils avaient, « pour sa vie, exposé leur propre cou » (Rom. 16:4). L’auraient-ils fait pour un croyant très humble et tout à fait quelconque, nous demandons-nous ? Très certainement, car ils sont placés en tête de la longue liste des chrétiens dignes d’être salués en Romains 16. En tout cas, c’est jusque là que va l’amour de nature divine.

Si l’amour va jusque là, il ira jusqu’à n’importe quel point en deçà. Il y a de nombreuses manières par lesquelles un enfant de Dieu peut mettre sa vie pour les frères sans que cela implique la mort, ou même sans l’envisager effectivement. La maison de Stéphanas, par exemple (dont il est question en 1 Corinthiens 16:15), s’était vouée au service des saints. S’ils ne mettaient pas leur vie pour les frères, au moins ils la consacraient à leur service. Ils servaient Christ dans Ses membres, et déployaient l’amour de manière très pratique.

 

4.3.9        Ch. 3:17

L’amour de Dieu demeurait en eux, et il doit demeurer en nous comme le v. 17 le montre. Si c’est le cas, il doit nécessairement trouver à se déverser vers les autres enfants de Dieu. Dieu n’a pas de besoins auxquels nous pourrions pourvoir. Le bétail sur mille montagnes est à Lui (Ps. 50:10), s’Il en avait besoin. Ce sont les enfants de Dieu ont des afflictions et des besoins dans ce monde. La manière pratique de montrer notre amour envers Dieu, c’est de prendre soin de Ses enfants si nous les voyons dans le besoin. Si nous avons ces moyens du monde, et que nous refusions la compassion envers notre frère dans le besoin afin de profiter de nos biens tout seuls, il est très certain que l’amour de Dieu ne demeure pas en nous.

Arrivés à ce point, on souligne ce mot très caractéristique de cette épître : demeurer. Il est important de le noter pour mieux suivre la continuité de la pensée de l’apôtre. Du fait qu’il traite de ce qui est fondamental et essentiel dans la vie et la nature divines, il est inévitable qu’il parle des choses qui demeurent.

 

4.4   Ch. 3:18-24

4.4.1        Ch. 3:18-19

Le verset 18 n’est pas adressé aux petits enfants, mais à tous les enfants de Dieu indépendamment de leur niveau spirituel. Rappelons-nous toujours que l’amour n’est pas un simple sentiment, ni une question de paroles tendres prononcées des lèvres. C’est une question d’action et de réalité. L’amour que nous avons vu au v. 16 n’existe pas simplement dans des mots, mais il éclate dans un acte de vertu suprême. L’amour de Dieu demeurait en Lui, et Il a laissé Sa vie pour nous. Si l’amour de Dieu demeure en nous, nous exprimerons notre amour envers notre frère en action et en œuvre, plutôt qu’en paroles seulement.

Si nous aimons ainsi EN vérité il sera manifeste que nous sommes DE la vérité. Nous sommes, pour ainsi dire, nés de la vérité, et c’est pourquoi la vérité s’exprime dans nos actions ; et non seulement les autres seront assurés que nous sommes de la vérité, mais nous gagnerons de l’assurance pour nos propres cœurs et devant Dieu. Un homme peut acheter ce qu’on lui dit être un pommier de telle variété, et pour le lui assurer on lui tend un certificat signé par l’horticulteur qui a cultivé l’arbre. C’est bien, mais une erreur est quand même possible. Quand, en sa saison, l’homme ramasse sur cet arbre des pommes de la variété en question, il a alors l’assurance la plus parfaite possible. Quand l’amour et la vérité de Dieu portent leur fruit dans la vie et dans les actes, nos cœurs peuvent bien être assurés.

 

4.4.2        Ch. 3:20

« Hélas ! je ne suis guère positif ; ce fruit désirable a souvent manqué en moi » — c’est ainsi que beaucoup de nous s’exprimeraient. Et l’apôtre l’anticipe justement au verset suivant. Considérant ces choses, nos cœurs nous condamnent. Combien est solennel alors le fait que « Dieu est plus grand que notre cœur et il sait toutes choses » (3:20). C’est solennel et pourtant très béni ; car voyez comment ce grand fait a opéré dans le cœur de Simon Pierre, selon le récit de Jean 21:17.

Pierre qui s’était vanté avec tant d’assurance de son amour pour le Seigneur, avait remarquablement manqué à le montrer en actes. Au lieu de cela, il L’avait renié trois fois avec serment et imprécations. Le Seigneur le questionne maintenant à trois reprises sur ce point, sondant ainsi sa conscience. Au lieu d’avoir de l’assurance, le cœur de Pierre le condamnait, bien qu’il sût au fond de son cœur qu’il aimait vraiment le Seigneur. Si Pierre avait quelque conscience de sa faute, le Seigneur qui savait toutes choses en voyait la profondeur bien mieux que Pierre. Mais pourtant, justement parce qu’Il voyait tout, Il savait que, malgré son reniement, il y avait chez lui un amour authentique. Pierre dit donc : « Seigneur, tu connais toutes choses, tu sais que je t’aime » (Jean 21:17). Il était heureux de se rejeter sur le fait que « Dieu est plus grand que notre cœur et il sait toutes choses ». Que cela puisse être notre part, en pareille situation.

 

4.4.3        Ch. 3:21

D’un autre côté il arrive des occasions où, grâces à Dieu, notre cœur ne nous condamne pas ; des occasions où la vie et l’amour et la vérité de Dieu dans nos âmes ont eu de la vigueur, et se sont exprimés dans la pratique. Alors nous avons confiance et assurance devant Dieu. Nous avons de la liberté en Sa présence. Nous pouvons Lui faire des requêtes avec l’assurance qu’Il y réponde, et que nous recevrons en son temps ce que nous avons demandé.

 

4.4.4        Ch. 3:22-23

L’expression « quoi que nous demandions » du verset 22 nous présente un chèque en blanc, avec liberté à nous de le remplir. Mais le « nous » à qui ce chèque est présenté, est limité par ce qui suit aussi bien que par ce qui précède. Ce sont ceux dont le cœur ne les condamne pas, ceux qui gardent Son commandement, et qui font les choses qui Lui plaisent. À de telles personnes on peut confier des chèques en blanc. Ce sont les chrétiens qui aiment en action, et non pas seulement en paroles ; ils sont marqués par cette obéissance qui plaît tant à Dieu. Celui qui est caractérisé par l’amour et l’obéissance aura ses pensées et ses désirs en harmonie avec ceux de Dieu de sorte qu’il demandera selon Sa volonté, et il recevra par conséquent les choses qu’il désire.

Nous gardons Ses commandements, mais il y a un commandement qui se détache tout spécialement, et qui se divise en deux chefs — la foi et l’amour. Nous devons croire au nom de Jésus Christ, le Fils de Dieu, et puis nous aimer l’un l’autre comme Il l’a commandé à Ses disciples, notamment en Jean 13:34-35. Nous reconnaissons ici les deux choses si souvent mentionnées ensemble dans les épîtres. Paul n’avait pas été à Colosses, mais il rendait grâces à Dieu à leur sujet « ayant ouï parler de votre foi dans le Christ Jésus et de l’amour que vous avez pour tous les saints » (Col. 1:4). Ces deux choses familières sont la preuve d’une vraie conversion, évidence d’un travail authentique de Dieu.

Ce qui ne nous est peut-être pas si familier, c’est que la foi et l’amour soient tous les deux traités comme un commandement. Il vaut la peine de bien remarquer que, parmi tous les apôtres, Jean est celui qui a le plus écrit aux chrétiens sur les commandements qui nous ont été donnés. Il écrivait quand les autres apôtres étaient déjà délogés, et quand la tendance à transformer la grâce en dissolution commençait à s’accentuer ; c’est la raison de cette insistance particulière, croyons-nous. Ce ne sont pas des commandements légaux, à accomplir pour établir notre justice en la présence de Dieu ; mais ce sont néanmoins des commandements. Ce que Jean nous déclare dans cette épître, c’est pour que nous puissions être introduits dans la communion avec Dieu. Si nous entrons dans cette communion, nous découvrons vite les commandements, et il n’y a rien d’incompatible entre eux. Ils sont en complet accord, car la communion n’est goûtée et maintenue que dans l’obéissance aux commandements.

 

4.4.5        Ch. 3:24

C’est ce sur quoi le v. 24 insiste ; dans ce verset, celui qui demeure en Lui, c’est le saint qui marche dans l’obéissance. À la fin du ch. 2, les enfants — c’est-à-dire toute la famille de Dieu — étaient exhortés à demeurer en Lui, car c’est le chemin d’une vie chrétienne vraie et fructueuse. Ici nous trouvons que demeurer en Lui dépend de notre obéissance. Les deux choses vont ensemble, agissant et réagissant l’une sur l’autre. Celui qui demeure en Lui obéit, mais il est également vrai que celui qui obéit demeure en Lui.

Mais l’obéissance conduit à ce qu’Il demeure en nous, autant qu’à ce que nous demeurions en Lui. Si nous demeurons en Lui, nous tirons nécessairement de Lui toutes les sources fraîches de notre vie spirituelle, et comme notre vie pratique est ainsi tirée de la Sienne, c’est Sa vie qui vient à être manifestée en nous, et On voit qu’Il demeure en nous. Nous croyons que Jean fait ressortir ici en principe ce que Paul énonce comme sa propre expérience en Galates 2:20. C’était parce qu’il « vivait dans la foi au Fils de Dieu » qu’il pouvait dire : « Christ vit en moi ».

Par l’Esprit qui nous a été donné, nous savons que Christ demeure en nous. L’Esprit est l’énergie de la vie nouvelle que nous avons en Christ, et d’autres passages nous montrent qu’Il est « l’Esprit de Christ ». D’autres gens peuvent savoir que Christ demeure en nous en observant au moins quelque chose de Son caractère manifesté en nous. Nous le savons par Son Esprit qui nous a été donné.

Il a été fait allusion au Saint Esprit au chapitre 2 comme étant l’Onction, donnant ainsi même aux petits enfants la capacité de connaître la vérité ; mais maintenant nous pensons à Lui comme à l’Esprit par lequel Christ demeure en nous pour que nous puissions Le manifester ici-bas. Il a aussi demeuré ici-bas afin qu’Il puisse faire que la Parole de Dieu soit exprimée. Il l’a fait au commencement par le moyen des apôtres et des prophètes qu’Il a inspirés. Il est la puissance par laquelle la Parole de Dieu est donnée, aussi bien que la puissance par laquelle elle est reçue.

Ce fait fournit aux antichrists un point d’attaque. Ces antichrists du début sont connus comme les « Gnostiques », un mot qui signifie : « ceux qui savent ». Eux aussi parlaient par une puissance qui émanait à l’évidence d’un esprit. Ils prétendaient savoir, et établir leurs idées en opposition à ce qui avait été révélé par les apôtres. C’est à cause de cela que l’apôtre s’éloigne un petit peu de son thème principal dans les premiers versets du chapitre 4.

La digression était importante à cette époque, et elle l’est non moins de nos jours, comme nous allons le voir.

 

 

5                        Chapitre 4

5.1   Ch. 4:1-6 — L’Esprit de vérité et l’esprit d’erreur. 3 Critères de distinction

5.1.1        Ch. 4:1-3

Parmi les ruses du diable, l’imitation prend une place de premier ordre. Dans l’Ancien Testament par exemple, quand Dieu opéra en puissance par Moïse en présence du Pharaon, les magiciens égyptiens imitèrent ce qui était fait autant qu’ils purent, afin de neutraliser l’impression faite sur l’esprit du Pharaon. Nous retrouvons cela au temps où un sanctuaire était établi à Jérusalem avec ses cérémonies pour le service divin : Jéroboam en détourna facilement les dix tribus en mettant en place une religion d’imitation à Béthel et à Dan. Les premiers versets du ch. 4 montrent que Satan a commencé ses imitations trompeuses très peu après que la foi eut été transmise aux saints par les apôtres choisis de Dieu.

L’apôtre Jean, le dernier des apôtres, vécut assez longtemps pour voir beaucoup de faux prophètes déjà sortis dans le monde (4:1). Les apôtres avaient manifestement été animés et soutenus par le Saint Esprit pour transmettre la parole inspirée de Dieu soit par écrit soit oralement. Il ne fallut pas attendre longtemps pour que d’autres hommes se lèvent. Eux aussi parlaient aussi comme portés par la puissance d’un esprit, et ce qu’ils prononçaient était donc aussi inspiré. Mais ce qu’ils disaient était très différent de ce que les apôtres avaient enseigné, bien qu’ils prétendissent que leurs enseignements n’en étaient qu’une amélioration et une extension. Tout cela avait l’air plutôt attrayant, et était donc séduisant. Mais était-ce la vérité ? Comment pouvait-on le tester ?

Nous avons déjà fait des remarques sur la manière dont, dans cette épître, toute prétention est testée, et il est évident que plus on se trouve en présence d’imitations, plus il est nécessaire de faire des tests. La question maintenant est de la plus haute importance. Comment peut-on distinguer « l’Esprit de Dieu » et « l’esprit de l’Antichrist », « l’esprit de vérité et l’esprit d’erreur » ? Les esprits doivent être éprouvés, mais par quel critère ?

En premier lieu, le test porte sur Christ Lui-même et la vérité sur Sa Personne. L’esprit confesse-t-il Jésus Christ, venu en chair ? Si oui, il est de Dieu, si non il n’est pas de Dieu. C’est un test très simple, et si nous méditons un petit peu là-dessus, nous verrons qu’il est très profond.

Il n’est pas correct de dire, en parlant de nous, que nous sommes venus en chair. L’Éternel avait dit il y a longtemps déjà : « Mon Esprit ne contestera pas à toujours avec l’homme, puisque lui n’est que chair » (Gen. 6:3). Nous sommes chair. Et même, en dehors de cette considération, nous ne devons pas parler de nous-mêmes comme étant venus en chair, car nous n’existions pas auparavant, et nous n’avions aucun choix entre différentes options quant à la manière de venir. Pour faire partie de la race humaine, il nous faut être ici-bas avec des corps de chair et de sang. Or il en a été autrement pour Jésus Christ. Il existait au préalable, et Il aurait pu venir selon d’autres manières. Et en effet au temps de l’Ancien Testament, Il est vraiment apparu en d’autres manières (nous le croyons), par exemple comme « l’Ange de l’Éternel ».

La vérité c’est que Jésus Christ — cette Personne qui est le Fils éternel de Dieu — est venu en chair pour être un vrai homme parmi nous. Les docteurs antichrétiens ne confessaient pas cela. Ils n’étaient pas sains concernant Sa déité comme le verset 2:22 le montre. Ils n’étaient pas sains concernant Son humanité, comme ce verset 4:3 le montre. — L’histoire nous rapporte que l’une des premières hérésies ayant affligé l’église du commencement est celle dont Jean traite ici. On l’appelle le Docétisme : ils enseignaient que, la matière étant mauvaise, Christ ne pouvait pas avoir eu un corps de chair et de sang véritablement humain ; il ne pouvait qu’en avoir eu l’apparence, mais c’était en réalité une illusion. — Une autre forme d’erreur au sujet de l’humanité de Christ a aussi troublé l’église du commencement quand des hommes se levèrent pour dire que le siège du péché se trouve dans la partie spirituelle de l’homme plutôt que dans son corps matériel. Ils niaient la partie spirituelle de Son humanité et mettaient l’accent sur la réalité de Sa chair ; cela eut lieu un ou deux siècles plus tard, et il n’y a ici aucune référence à ces hommes.

Jésus Christ vint en chair, une chair d’une nature parfaitement sainte, et il y avait donc en Lui cette manifestation merveilleuse de la vie éternelle dont parle le premier verset de l’épître. Nier Sa venue en chair revient non seulement à nier la possibilité de cette manifestation claire parmi nous, mais aussi à nier qu’il y ait eu là, en Lui, la plénitude divine qui a à se manifester. Or ce sujet est traité ici encore plus vigoureusement. Nous n’avons pas besoin d’attendre un démenti ouvert, car l’absence même de confession de la vérité suffit à trahir l’esprit de l’antichrist.

 

5.1.2        Ch. 4:4

Au v. 4 nous avons le contraste entre les saints (le mot utilisé ici recouvre toute la famille de Dieu, et non pas simplement les petits enfants) et les faux prophètes. Les uns sont « de Dieu », les autres sont « du monde ». Au ch. 2 nous avons vu combien le Père et le monde forment un contraste complet ; ici nous trouvons deux familles issues respectivement de ces deux sources, — deux familles formant un contraste tout aussi grand que les sources dont elles sont issues. De plus chez chacune d’elles une puissance habite, bien que la manière d’habiter soit sans aucun doute différente. Il y a « Celui qui est en vous » et « celui qui est dans le monde ». Les enfants de Dieu ont l’Onction de l’Esprit de Dieu. Quant au monde, il « gît dans le méchant » (1 Jean 5:19) ; par conséquent le méchant est en lui.

Quel immense encouragement de savoir que l’Esprit de Dieu est plus grand que toute la puissance de l’adversaire. C’est là le secret de la merveille de la survivance de la foi en Christ. Le Seigneur Lui-même a affirmé que « les fils de ce monde [de ce siècle] sont plus sages [prudents] que les fils de la lumière ». Nous ne sommes pas des gens sages si l’on en juge selon des critères ordinaires, et hélas, l’histoire ne se termine pas là : il y a eu beaucoup d’infidélité. Les coups les plus grands et les plus durs contre la foi ont été portés pas ceux qui l’ont professée. Pourtant la foi a survécu à tous les coups portés par les croyants infidèles, autant qu’à tous les coups portés par les méchants contre les croyants fidèles, — la foi leur a survécu à cause du Saint Esprit qui habite dans les croyants. L’accent est mis ici sur le fait que c’est par Lui que nous surmontons les enseignements séducteurs des antichrists. Au ch. 2 nous avons vu que nous sommes vainqueurs par la Parole de Dieu qui habite en nous. Mais bien sûr elle ne demeure en nous que si nous sommes gouvernés par l’Esprit de Dieu. L’Esprit et la Parole vont ensemble.

 

5.1.3        Ch. 4:5

Les six premiers mots du v. 5 « Pour eux, ils sont du monde » sont en contraste complet non seulement avec ce qui précède : « Vous, vous êtes de Dieu », mais aussi avec ce qui suit : « Nous, nous sommes de Dieu ». Le « nous » désigne évidemment ici les apôtres et prophètes du Nouveau Testament par le moyen desquels la Parole nous est parvenue, puisque le contraste réside dans ce qui a été proféré par les uns et par les autres. Ceux qui sont du monde parlent selon les principes du monde ; c’est le monde qui caractérise à la fois leur origine et leurs propos. Ceux qui sont de Dieu parlent comme étant de Dieu.

Ce fait nous présente un autre critère par lequel nous pouvons tester les enseignements qui nous parviennent. Les faux enseignements sont « du monde », car ils procèdent de principes mondains et portent l’empreinte du monde. Il en résulte que les gens de ce monde y prennent plaisir, les comprennent et les reçoivent. Ils sont flattés et confirmés dans leur mondanité, au lieu d’être troublés et dérangés par eux.

L’enseignement des apôtres était d’un tout autre ordre. Ils parlaient de Dieu et de la part de Dieu, et la puissance et l’autorité de leurs déclarations étaient tout de suite reconnues par ceux qui étaient de Dieu et qui connaissaient Dieu, tandis que ceux qui n’étaient pas de Dieu ne les écoutaient pas.

 

5.1.4        Ch. 4:6

Ici nous avons un troisième critère. Ceux qui viennent à nous comme enseignant la vérité acceptent-ils l’autorité des apôtres, ou non ? S’ils ne les « écoutent » pas, nous pouvons considérer sans risque qu’ils ne sont pas de Dieu.

Notez bien que ce test est le même que celui que le Seigneur affirmait s’appliquer à Lui-même, en Jean 10 : « Mes brebis écoutent ma voix », tandis que ceux qui n’étaient pas Ses brebis ne croyaient pas. Quand le Seigneur était sur la terre, ceux qui étaient de Dieu se caractérisaient par ce qu’ils L’écoutaient avec l’oreille de la foi. Quand les apôtres étaient ici sur la terre, ceux qui étaient de Dieu se caractérisaient par ce qu’ils les écoutaient avec l’oreille de la foi. Et maintenant qu’ils ne sont plus, nous avons leurs écrits, ces écrits apostoliques, l’Écriture inspirée, et ceux qui sont de Dieu sont caractérisés par ce qu’ils les écoutent avec l’oreille de la foi. Le mode de communication peut être différent, mais ce qui est communiqué a dans tous les cas la même autorité. Un roi de la terre peut parler en personne, ou par la bouche d’un ministre dûment accrédité, ou il peut coucher son message par écrit : il y a des différences quant au mode de transmission, mais aucune quant à l’autorité du message.

Il est bon d’être tout à fait clair sur ce point, car de nos jours, il ne manque pas de gens pour discréditer les apôtres et leurs écrits inspirés sous le cri spécieux de « Revenons à Christ ». Ils commencent par dire qu’on ne doit faire des citations que de Ses seuls propos directs, car c’est eux qui font totalement autorité ; mais ils n’en restent pas longtemps à cela. Il n’y a pas d’assise solide dans une telle position, car toutes les paroles qui ont été rapportées du Seigneur l’ont été par les écrits des apôtres ou prophètes. C’est pourquoi ils en arrivent vite à la position de n’écouter que la ration qu’ils veulent des enseignements qui nous sont rapportés. Ils finissent donc par croire en leur propre pouvoir de discrimination et de sélection, c’est-à-dire en eux-mêmes. Combien toute cette incrédulité moderne qui fait tant de tapage, montre un esprit lourd et vulgaire quand on la soumet tant soit peu à quelque analyse.

Soyons vraiment reconnaissants que Dieu ait été plus fort que la montée de ces hérésies du début en nous donnant ces tests simples, encore aussi valides aujourd’hui qu’au premier jour où ils ont été proposés. C’est en effet le moyen permettant de reconnaître l’esprit de vérité et l’esprit d’erreur. Si nous restons sages quand nous nous trouvons confrontés à des enseignements douteux, nous appliquerons de suite ces tests au lieu de nous appuyer sur notre propre intelligence.

 

5.2   Ch. 4:7

Avec le verset 7, nous revenons au fil principal de la pensée de l’apôtre. Il est nécessaire de faire des digressions à plusieurs reprises pour mettre en garde contre le mal, mais ce qui nous concerne avant tout, c’est ce qui est bon et qui est de Dieu. Or l’amour est de Dieu, et en tant qu’enfants de Dieu, nous avons avant tout à nous aimer l’un l’autre. C’est la manière de manifester la nature divine, et de mettre en évidence que nous sommes nés de Dieu, et que nous Le connaissons. Celui qui est né de Dieu aime à la manière divine. Celui qui aime à la manière divine est certainement né de Dieu. Ces deux affirmations sont vraies ; la seule différence étant que dans la première on raisonne de la source vers l’épanchement extérieur, et dans la seconde, on remonte de cet épanchement extérieur vers la source.

 

5.3   Ch. 4:8

Au contraire, celui qui n’aime pas à la manière divine ne connaît pas Dieu pour la simple raison que Dieu est amour. Au début de l’épître nous avons entendu que Dieu est lumière. Ce fait se trouve à la base de tout ce qui a été manifesté en Christ. Dans notre chapitre nous en avons deux fois le pendant, à savoir que Dieu est amour. En apparence il semblerait qu’il y ait conflit entre les deux. Le péché a été introduit par le diable pour qu’il y ait conflit entre la lumière et l’amour en Dieu. Toute l’Écriture peut être considérée comme la concrétisation d’une réponse de Dieu à ce défi — l’histoire de la manière merveilleuse dont la lumière et l’amour se meuvent tous les deux harmonieusement pour établir Sa gloire et notre bénédiction.

 

5.4   Ch. 4:9-10

Dieu est amour. C’est effectivement l’énoncé d’un dogme ; et si les hommes cherchent la confirmation de ce dogme dans le monde pécheur et en désordre qui les entoure, ils n’y arriveront pas. Il faut regarder dans la bonne direction. Il y a eu une manifestation parfaite de l’amour de Dieu, mais seulement dans une direction, comme les versets 9 et 10 le disent clairement. L’envoi du Fils, et tout ce que cela a impliqué, l’a manifesté complètement. Le Fils a été envoyé dans le monde où nous gisions, spirituellement morts, sous le poids de nos péchés. Il est venu avec l’objectif que nous vivions par Lui, et à cette fin Il a fait la propitiation pour nos péchés. La vie était l’objectif, mais pour que nous vivions, il était nécessaire qu’il y eût propitiation.

Vie et propitiation, deux choses immenses ! Juste après la conversion, c’est la propitiation qui occupe principalement nos pensées. Nous avons été convaincus de nos péchés et nous savons combien nous avions besoin de pardon ; et combien notre soulagement a été grand de découvrir la propitiation accomplie par le Fils envoyé dans le monde comme don de l’amour de Dieu ! Puis maintenant, nous commençons à réaliser que la propitiation nous a ouvert la porte de la vie, et que le propos de Dieu était que nous vivions par Celui qu’Il nous a envoyé.

Ce grand fait est énoncé ici de manière très générale : nous vivons par Lui, car c’est Lui qui a fait que nous avons été amenés à la vie. Au chapitre suivant, nous verrons que la vie que nous avons est en Lui : c’est parce que nous sommes en Lui, que nous avons la vie. En Galates 2:20, nous trouvons que, sur un plan pratique, notre vie est par Lui, car Il en est l’objet. En 1 Thessaloniciens 5:10, nous apprenons que notre vie sera avec Lui pour toujours. Nous pouvons bien être remplis de louange et d’actions de grâces de ce qu’Il soit venu dans le monde pour que nous vivions par Lui, spécialement quand nous considérons tout ce que Sa venue a impliqué à la fois pour Lui et pour Dieu qui L’a envoyé. C’était vraiment de l’amour !

 

5.5   Ch. 4:11

Cet amour merveilleux nous impose une obligation : « nous devons ». Ce n’est pas : « nous pouvons », ni même « nous aimons effectivement », mais « nous devons nous aimer l’un l’autre » comme ayant été nous-mêmes aimés d’un si grand amour. N’esquivons pas la pensée d’une obligation. Ce n’est pas une obligation légale, quelque chose de nécessaire pour établir notre position devant Dieu. C’est une obligation basée sur la grâce, et sur la nature qui est la nôtre comme nés de Dieu. En tant qu’enfants de Dieu, c’est notre nature d’aimer, mais cela n’altère pas le fait que nous en avons le devoir.

 

5.6   Ch. 4:12

Nous devons nous aimer parce que, selon le verset 12, c’est par là que l’amour de Dieu est consommé [rendu parfait] en nous. L’amour a été versé sur nous, et son but est atteint complètement, ou parfaitement, quand il se déverses au travers de chaque saint vers tous les autres. Alors vraiment Dieu demeure en nous — car Il est amour — et on peut Le voir dans Son reflet dans Ses enfants. Ce verset doit être comparé à Jean 1:18. Les deux versets commencent de la même manière. Dans l’évangile, Dieu est déclaré dans le Fils. Dans l’épître, Il doit être vu comme demeurant dans Ses enfants. C’est ce qu’implique clairement ce verset.

 

5.7   Ch. 4:13

Si Dieu demeure en nous, Il sera certainement vu en nous, mais notre connaissance de ce qu’Il demeure en nous est par l’Esprit qu’Il nous a donné. Comparez le verset 13 avec le verset 3:24. Il s’agissait là de ce qu’Il demeure en nous, tandis qu’ici il s’agit de ce que nous demeurons en Lui et Lui en nous. Mais dans les deux cas, notre connaissance de ces deux réalités est par l’Esprit qui nous a été donné. Étant nés de Lui, nous avons Sa nature qui est amour ; mais en plus de ceci, Il nous a donné de Son Esprit ; et par cette onction nous savons que nous demeurons en Lui et Lui en nous.

 

5.8   Ch. 4:14 — Sommaire intermédiaire

En outre l’Esprit est la puissance pour témoigner, et le verset 14 place donc devant nous ce qui est le témoignage caractéristique des enfants de Dieu. Le « nous » de ce verset peut de nouveau être, en premier lieu du moins, les apôtres. Ils L’avaient vu comme le Sauveur du monde d’une manière que nous ne pouvons pas L’avoir vu. Mais dans un sens secondaire, nous pouvons tous le dire. Nous savons que le Père a envoyé le Fils avec rien moins que cela en vue. On a souvent fait remarquer que l’évangile de Jean éloigne nos pensées de ce qui était limité aux Juifs pour les fixer sur les desseins plus vastes en rapport avec le monde.

En Jean 1 par exemple, Il est annoncé non comme le Libérateur d’Israël, mais comme Celui « qui ôte le péché du monde ». En Jean 4 les Samaritains L’écoutent eux-mêmes et découvrent qu’Il est le Christ, le Sauveur du monde. Or, ce que eux ont découvert, nous, nous l’avons tous découvert, et ayant fait cette découverte, c’est devenu le thème de notre témoignage.

Combien l’enchaînement de tout ce que nous venons de considérer est merveilleux ! Dieu est amour. Son amour a été manifesté dans l’envoi de Son Fils. Nous vivons par Lui. L’Esprit nous est donné. Nous demeurons en Dieu. Dieu demeure en nous. Nous nous aimons l’un l’autre. Dieu qui est invisible, nous le reflètons devant les hommes. Nous rendons témoignage aux hommes de ce que le Père a envoyé le Fils comme le Sauveur du monde. Tout dépend de l’amour — l’amour divin — qui nous a été révélé et qui opère maintenant en nous.

Et plus l’amour opère en nous, plus le témoignage que nous rendons au Sauveur du monde sera effectif.

 

5.9   Ch. 4:15-16

Quand Jean écrivait son épître, chacun savait qu’un homme — Jésus de Nazareth — était apparu dans le monde et était mort sur la croix. Il n’y avait pas besoin de témoigner particulièrement à ce sujet. Le témoignage qui devait être rendu concernait la vérité quant à qui Il était réellement, et ce quIl était venu faire. C’est pourquoi nous déclarons qu’Il était le Fils, envoyé du Père, ayant en vue le salut du monde. Tous ceux qui reçoivent le témoignage chrétien croient en Jésus comme le Fils de Dieu, et Le confessent comme tel. Or quiconque Le confesse ainsi, « Dieu demeure en lui, et lui en Dieu ».

Nous avons remarqué auparavant que ce mot « demeurer » caractérise cette épître. Au chapitre 2, nous avons quatre références (2:6, 24, 27, 28) au fait que nous demeurons en Lui ; une cinquième référence se trouve en 3:6 et une sixième en 3:24. Mais dans cette sixième référence est introduit le fait réciproque que Lui demeure en nous : « par ceci nous savons qu’Il demeure en nous, [savoir] par l’Esprit qu’il nous a donné ».

Au ch. 4, c’est cette deuxième pensée, le fait qu’Il demeure en nous, qui est mise en avant (4:12, 13, 15, 16). Elle n’est pas déconnectée du fait que nous demeurons en Lui, mais de toute évidence, c’est la vérité sur laquelle l’accent est mis maintenant. L’ordre observé est clair et instructif : nous devons d’abord être établis dans le fait que nous demeurons en Lui, et alors, comme découlant de cela, Il demeure en nous. Dans ces quatre versets, le fait qu’Il demeure en nous est mis en relation avec : 1) le fait de s’aimer l’un l’autre ; 2) le don qu’Il nous a fait de Son Esprit ; 3) la confession de Jésus comme Fils de Dieu ; 4) le fait de demeurer dans l’amour, Dieu Lui-même étant amour. Il demeure en nous pour que Son caractère, Son amour, Sa vérité, soient manifestés par nous.

Observons en passant combien tout cela est parallèle à l’enseignement de l’apôtre Paul. Dans les premiers chapitres de l’épître aux Éphésiens, nous trouvons que « en Christ » est ce qui caractérise tout. Nous sommes en Lui. Dans l’épître aux Colossiens, le thème est « Christ en vous ». Nous sommes en Christ pour que Christ soit en nous. Il y a toutefois une différence : Chez Paul, il est davantage question de notre position et de notre état ; chez Jean, il est plutôt question de vie et de nature.

Une autre chose digne d’être notée dans notre épître, c’est que, quand il est question de « demeurer en Lui », le « Lui » se réfère tantôt à Christ et tantôt à Dieu. Par exemple, en 2:6, 28 et 3:6, le « Lui » se rapporte assez clairement à Christ ; en 3:24 et 4:13, 15, 16, il se rapporte à Dieu. En 2:24, il s’agit de demeurer « dans le Fils et dans le Père » ; en 2:27, il est difficile de dire Lequel est en vue. L’ensemble de ce qui est dit sur ce sujet ici, a certainement en vue de nous enseigner combien le Fils est véritablement un avec le Père, en sorte que nous ne pouvons pas être dans le Fils sans être dans le Père, et que nous ne pouvons qu’être dans le Père en étant dans le Fils. C’est la raison pour laquelle le Fils vient en premier en 2:24.

Mais au v. 16, c’est Dieu dont il est question. Nous demeurons en Lui, et Lui demeurera en nous. Dans l’épître aux Colossiens nous sommes vus comme le corps de Christ, et Lui doit être manifesté en nous. Ici nous sommes les enfants de Dieu, formant Sa famille, tirant de Lui notre vie et notre nature, et ainsi Lui qui est le Père demeurera en nous, et sera manifesté. Dieu est amour, et celui qui demeure dans l’amour demeure en Dieu, et le Dieu qui est amour sera vu demeurer en nous.

Quelle chose merveilleuse que de demeurer dans l’amour ! Un récipient quelconque immergé dans l’océan et qui y reste, est plein de l’océan : de la même manière l’enfant de Dieu, immergé dans l’amour de Dieu, en est rempli. C’est de cela que dépend ce dont nous avons besoin pour que soit efficace notre témoignage rendu à ce que le Père a envoyé le Fils. Il est nécessaire et bon que nous témoignions par nos paroles, mais quand en outre, on voit Dieu dans la plénitude de Son amour demeurer dans Ses enfants, alors le témoignage est forcément efficace. Un chrétien plein de l’amour de Dieu exerce une puissance qui, bien qu’inconsciente, est des plus efficaces.

 

5.10                      Ch. 4:17

Au verset 4:17, il est question de « l’amour avec nous ». L’amour a été consommé [rendu parfait] avec nous, c’est-à-dire que l’amour de Dieu en ce qui nous concerne a été amené à son but final et à son apogée. Et il a été consommé [rendu parfait] « en ceci », ce qui fait référence sans aucun doute à ce précède immédiatement. Celui qui demeure en Dieu parce qu’il demeure dans l’amour, et en qui, par conséquent, Dieu demeure, celui-là doit nécessairement avoir toute assurance au jour du jugement. Il aura en effet de l’assurance quant au jour du jugement avant que le jugement n’arrive, c’est-à-dire déjà dans le moment présent.

Le seul fait que l’amour de Dieu brille sur nous est déjà une chose des plus merveilleuses. Mais que nous soyons amenés à demeurer en lui, en sorte que Dieu, qui est amour, demeure en nous, cela nous emmène vraiment à l’apogée de toute cette affaire. Cela signifie que « comme il est, Lui, nous sommes, nous aussi, dans ce monde ». Cette courte phrase est très profonde dans sa signification. Elle est parfaitement vraie si nous la lisons en relation avec notre position et notre acceptation devant Dieu. Mais ceci n’en est qu’une application, et non pas son interprétation dans son contexte. Quand le Fils est devenu chair, il y a eu là l’homme parfait, qui demeurait en Dieu et en qui Dieu demeurait, autant durant Son séjournement ici-bas que dans Sa gloire présente au ciel. Et nous devons redire maintenant : « ce qui est vrai en Lui et en vous » (2:8). Voilà les enfants de Dieu, et ils habitent en Dieu et Dieu en eux. Ils sont comme Il est, et ils le sont dès maintenant.

Quelle merveille, cette apogée de l’amour ! Si nous la comprenons, même que très faiblement, nous aurons certainement toute assurance au jour du jugement. Bien que ce jour soit un sujet de terreur du Seigneur pour ceux qui ne connaissent pas Dieu, il ne peut pas l’être pour le cœur de celui qui, dans le moment présent et dans ce monde, demeure en Dieu et Dieu en lui.

 

5.11                      Ch. 4:18-19

C’est ce que nous dit le v. 18. En vérité, « il n’y a pas de crainte dans l’amour ». Cet amour parfait du côté de Dieu — car tout procède de Lui — doit nécessairement chasser la crainte avec tous son tourment. Cependant il se peut que l’on en trouve chez certains, — de ceux qui entretiennent des craintes, soit quant au jour du jugement ou quant à autre chose. Ils ne sont pas consommés [rendus parfaits] dans l’amour. Du côté de Dieu, l’amour a été consommé [rendu parfait] à notre égard, mais de notre côté, il se peut que nous ne soyons pas consommés [rendus parfaits] dans l’amour. Nous pouvons croire vraiment que Dieu nous aime, et pourtant ne pas demeurer consciemment dans l’amour au point qu’il n’y a plus de place pour la crainte dans nos cœurs.

L’amour de Dieu, connu et dont on jouit, non seulement chasse toute crainte de nos cœurs, mais aussi produit l’amour en réponse à lui-même. Nous n’avons aucune capacité pour aimer de cet amour divin en dehors de cet afflux de l’amour de Dieu en nous. Dans ce domaine, nous ne sommes que comme de petites citernes. Lui est la Source qui ne tarit jamais. Une fois que nous sommes branchés sur cette Source, l’amour peut alors s’épancher en dehors de nous.

 

5.12                      Ch. 4:20-21

Au verset 20, Jean nous avertit d’être pratiques dans ce domaine. Un homme peut dire « j’aime Dieu » sur un plan général. Il peut même le dire dans un style très élaboré, en s’adressant à Dieu comme dans un esprit de louange, exprimant de belles pensées et des mots touchants. Mais, cela doit quand même être contrôlé par un test ; car Dieu est invisible, et chez certains esprits actifs, les belles pensées et les belles paroles à bon marché coulent facilement. Qu’est-ce qui vérifiera l’authenticité d’une telle profession ?

Eh bien ! Il y a le frère que l’on peut voir. Si je suis moi-même né de Dieu, tout autre qui est aussi né de Dieu est un frère pour moi. Le Dieu que je ne peux pas voir m’est présenté en celui qui est né de Dieu, ce frère que je peux voir. Ceci étant, le test proposé par la question de Jean est tout à fait imparable : « Celui qui n’aime pas son frère qu’il voit, comment peut-il aimer Dieu qu’il ne voit pas ? ». Le même test figure au premier verset du chapitre suivant, sous une forme positive et dogmatique : « Quiconque aime celui qui a engendré, aime aussi celui qui est engendré de lui » (5:1).

C’est la troisième fois dans cette épître relativement courte, que le sujet de l’attitude du croyant envers son frère est évoqué (voir 2:9-11 ; 3:10-23). C’est donc de toute évidence un sujet de très grande importance. Nous tirons cette conclusion non seulement de la longueur des passages qui lui sont consacrés, mais aussi parce qu’en 4:21, il en est parlé comme d’un commandement. Le devoir de s’aimer l’un l’autre comme frères n’est pas seulement le message « que vous avez entendu dès le commencement » (3:11), mais c’est « Son commandement [celui de Dieu]… selon qu’Il [Son Fils Jésus Christ] nous en a donné le commandement » (3:23). C’est le commandement du Seigneur Jésus ratifié et avalisé par Dieu. Un commandement donc de la plus extrême solennité.

La triste histoire de l’église montre combien il y en avait besoin. Les dissensions et même la haine au sein de la sphère chrétienne ont causé bien plus de déshonneur sur le Nom de Dieu, et de désastres pour les saints, que toute l’opposition et même que toute la persécution du monde extérieur. Si l’amour avait été pleinement en exercice chez nous, nous n’aurions pas éludé les difficultés, mais nous les aurions affrontées dans un esprit tout différent, et au lieu d’être défaits par elles, nous aurions prévalu. Ne sommes nous pas prévenus ailleurs de ce que l’amour ne périt jamais ? (1 Cor. 13:8).

 

6                        Chapitre 5

6.1   Ch. 5:1-5

6.1.1        Ch. 5:1

Quand nous considérons les responsabilités qui sont les nôtres à l’égard de nos frères, nous sommes toujours susceptibles, si la chair prévaut en nous, de retomber sur la question de Caïn : « Suis-je le gardien de mon frère ? ». Nous ne sommes peut-être pas exactement son gardien, mais nous avons certainement à être son aide dans un esprit d’amour. Nous risquons aussi de retomber dans une question similaire à celle posée par le docteur de la loi en Luc 10. Dans le désir de se justifier lui-même, il demanda : « et qui est mon prochain ? » (Luc 10:29). Nous pouvons bien demander : « Et qui est mon frère ? ». La réponse à cette question nous est donnée de manière très directe au début du ch. 5 : « Quiconque croit que Jésus est le Christ, est né de Dieu ». Ainsi donc nous avons à reconnaître comme notre frère, quiconque croit en Jésus comme le Christ, quel qu’il soit. Il n’est pas question de choisir ceux qui nous plaisent.

Beaucoup de ces croyants qui sont nés de Dieu, peuvent ne pas nous plaire du tout sur le plan naturel. Par éducation et par habitude, nous pouvons ne pas avoir grand’chose en commun ; en outre il se peut que nous ne voyions pas du même œil de nombreux sujets en rapport avec les choses de Dieu. Or ce sont justement ceux-là qui nous soumettent au test. Sommes-nous libres de nous désintéressés totalement d’eux, et de passer outre de l’autre côté du chemin ? Non. Si j’aime le frère qui est gentil et agréable pour moi, je ne fais que ce que n’importe qui ferait. « Si vous aimez ceux qui vous aiment, quelle récompense avez-vous ? Les publicains même n’en font-ils pas autant ? » (Matt. 5:46). Si j’aime mon frère parce qu’il est né de Dieu, même s’il n’est pas gentil et ne m’est pas agréable, je manifeste l’amour qui est la nature de Dieu lui-même. Et rien n’est plus grand que cela.

 

6.1.2        Ch. 5:2-3

Le verset 2 semble résumer le sujet en nous disant que nous aimons les enfants de Dieu quand nous aimons Dieu et que nous marchons dans l’obéissance. L’amour de Dieu nous pousse à aimer Ses enfants, et le commandement de Dieu nous l’enjoint. Alors certainement, quand nous aimons vraiment Dieu et que nous gardons Ses commandements, nous aimons vraiment Ses enfants. En outre l’amour et l’obéissance vont ensemble, comme nous l’avons vu précédemment dans cette épître, de telle sorte qu’il est impossible de L’aimer sans Lui être obéissant.

Peut-être avons-nous vu un enfant apparemment plein d’amour pour sa mère : « oh ! maman, je t’aime très fort ! » suivi d’une foule de câlins et de baisers. Et pourtant quelques minutes après, la mère a donné des directives qui vont quelque peu à l’encontre des désirs de l’enfant, et voilà une explosion de colère et de désobéissance ! Les spectateurs savent la valeur qu’il faut attribuer à l’amour affirmé si haut et si fort quelques instants auparavant : il ne vaut rien. Eh bien, rappelons-nous que « c’est ici l’amour de Dieu, que nous gardions Ses commandements » (5:3).

L’enfant peut avoir trouvé les demandes de sa mère quelque peu pénibles, car elles l’empêchaient de jouer. Si nous nous écartons pour aller dans des chemins de désobéissance, nous n’avons même pas cette excuse, car « Ses commandements ne sont pas pénibles ». Ce qu’Il nous enjoint est en plein accord avec l’amour, qui est la nature divine. Or nous possédons cette nature si nous sommes effectivement nés de Dieu.

Ce serait vraiment pénible si on nous commandait quelque chose de totalement opposé à notre nature — tout comme ce le serait pour un chien de manger du foin ou pour un cheval de manger de la viande. La loi de Moïse faisait peser des fardeaux lourds et pénibles à porter, mais c’était parce qu’elle avait été donnée à des hommes dans la chair. Nous avons reçu des commandements, mais nous avons aussi reçu une nature nouvelle qui trouve son plaisir dans les choses commandées ; et c’est ce qui fait toute la différence. Les paroles de Jean sont ici corroborées par Paul quand il dit : « c’est Dieu qui opère en vous et le vouloir et le faire, selon son bon plaisir » (Phil. 2:13), et Jacques le confirme aussi quand il parle de « la loi parfaite, celle de la liberté » (Jacq. 1:25).

 

6.1.3        Ch. 5:4-5

Nous reconnaissons heureusement chaque vrai croyant comme notre frère, puisque il est né de Dieu. Maintenant, au verset 4, nous découvrons qu’un autre fait le marque : il est victorieux du monde. En outre cette victoire sur le monde est liée à notre foi. Nous croyons que la « foi » ici n’est pas simplement cette faculté spirituelle en nous de voir et recevoir la vérité, mais aussi la vérité que nous recevons, la foi chrétienne. La véritable essence de cette foi est que Jésus est le Fils de Dieu, comme le verset 5 nous le montre.

 

6.1.4        Sommaire intermédiaire

Voyons maintenant à quoi nous en sommes arrivés. Nous avons eu devant nous le cercle chrétien, la famille de Dieu, composée de ceux qui sont nés de Dieu. Dieu est amour, et donc ceux qui sont nés de Lui partagent Sa nature, et demeurent dans Son amour. Demeurant en Lui, Il demeure en eux, et ils s’aiment l’un l’autre, et ainsi ils gardent Ses commandements. Mais ils sont aussi victorieux du monde au lieu d’être vaincus par le monde. De passage au travers de ce monde, la famille de Dieu est séparée du monde, et lui est supérieure.

Le secret de la victoire est double. D’abord, le travail divin opéré dans les saints, puis la foi en Jésus comme Fils de Dieu, qui nous est présenté comme but et que nous recevons par la foi.

Au verset 2:14, nous avons vu qu’il était possible de vaincre le méchant pour ceux qui sont nés de Dieu. Au verset 3:9, nous avons vu que celui qui est né de Dieu « ne pratique pas le péché ». Ici nous avons que celui qui est né de Dieu est victorieux du monde. Nous trouvons donc en fait, qu’être né de Dieu assure la victoire sur le diable, la chair et le monde.

Mais un autre élément entre en ligne de compte : non pas ce qui est accompli en nous, mais ce qui est placé devant nous dans l’évangile. Jésus est le Fils de Dieu. Il n’était pas simplement le plus grand des prophètes venu pour introduire un nouvel ordre de choses sur cette terre selon l’attente des prophètes. Il était le Fils dans le sein du Père, et Il a fait connaître les choses célestes situées loin au-dessus et en dehors de ce monde. Que la foi s’empare de cela, et voilà le monde qui perd son attrait, et peut être mis de côté comme une chose de rien. Celui qui est né de Dieu, et qui vit dans la foi de Jésus comme le Fils de Dieu, ne peut pas être captivé par le monde. Il en est vainqueur.

Bien sûr dans tout ceci, nous regardons les questions de manière encore abstraite. Nous regardons les choses selon leur nature fondamentale, en éliminant pour le moment de nos esprits toute autre considération en rapport avec notre état présent ici-bas, ce qui obligerait à faire des restrictions. Il vaut grandement la peine de voir les choses ainsi abstraitement, car c’est comme cela que nous sommes instruits de la vraie nature des choses, et que nous les voyons comme Dieu les voit. En outre nous voyons les choses comme elles vont être manifestées dans le jour à venir quand Dieu aura achevé Son travail avec nous, car Il « l’achèvera jusqu’au jour de Jésus Christ » (Phil. 1:6).

S’agissant de notre état réel aujourd’hui, combien nous sommes loin de ce que nous avons considéré ! Combien peu nous demeurons dans l’amour, et par conséquent en Dieu, et Dieu en nous ! Soyons honnêtes et reconnaissons-le ; mais en même temps, maintenons la norme divine, et jugeons-nous d’après elle. Cela contribuera à notre santé spirituelle et à porter du fruit.

La foi que Jésus est le Fils de Dieu est au cœur de tout ce que Jésus Christ — le personnage historique — a été dans ce monde. Personne ne peut valablement nier ce fait. Mais qui est-Il ? C’est là la question. Pour notre foi, la foi chrétienne, Il est le Fils de Dieu.

 

6.2   Ch. 5:6-13

6.2.1        Ch. 5:6

Ceci étant réglé, une autre question surgit. Comment et de quelle manière est-Il venu ? La réponse se trouve au verset 6 : Il « est venu par l’eau et par le sang ».

C’est un autre de ces énoncés brefs, si fréquents dans les écrits de Jean, très simples dans la forme, mais plutôt obscurs quant au sens, et livrant pourtant à la méditation pieuse une riche moisson de bénédiction. Il est clairement fait référence ici à ce qui est arrivé quand un des soldats romains a percé de sa lance le côté de Christ mort, selon le récit de Jean 19:34. Aucun autre évangéliste ne rapporte ce fait, et Jean met tout spécialement l’accent dessus quand il dit, dans son récit : « Et celui qui l’a vu rend témoignage ; et son témoignage est véritable ; et lui sait qu’il dit vrai, afin que vous aussi vous croyiez » (Jean 19:35). Jean écrivait son évangile afin que nous croyions « que Jésus est le Christ, le Fils de Dieu » (Jean 20:31). Il est tellement évident que cet épisode du sang et de l’eau rend témoignage au fait qu’Il est à la fois le Christ et le Fils, et ce sont ces deux points qui sont devant nous dans ce passage.

En premier lieu, l’eau et le sang témoignent de Sa vraie humanité. Le Fils de Dieu est venu parmi nous, fait de chair et de sang, un Homme vrai et réel, et non pas un fantôme ni une apparition. Ce fait n’a jamais été aussi clairement établi que quand il sortit du sang et de l’eau de Son côté percé.

L’eau et le sang ont chacun leur propre signification. L’eau parle de la purification, et le sang de l’expiation. Nous pouvons donc ajouter que la venue de Jésus Christ a été caractérisée par la purification et l’expiation. Ces deux choses étaient absolument nécessaires pour que les hommes puissent être bénis : ils devaient être purifiés de la souillure dans laquelle ils se trouvaient, et leurs péchés devaient être expiés — telles étaient les conditions pour qu’ils puissent être amenés à Dieu. L’une règle la question morale, l’autre la question judiciaire, et les deux sont également nécessaires. Ni une rénovation morale sans levée judiciaire, ni une levée judiciaire sans rénovation morale ne suffisaient à régler notre cas.

Il y a ici un autre témoignage rendu au fait que Jésus est le Fils de Dieu. Il était en effet un homme véritable, mais aucun homme ordinaire ne pouvait venir dans la puissance de la purification et de l’expiation. Pour cela il devait être vraiment le Fils, qui était la Parole de Vie.

Dans l’évangile c’est « le sang et l’eau », dans l’épître c’est « l’eau et le sang ». L’évangile nous donne ce qu’on peut appeler l’ordre historique : d’abord notre besoin de pardon, ensuite notre besoin de purification. Mais dans l’épître l’accent est mis sur ce qui est opéré en nous, en tant que nous sommes nés de Dieu, et sur les caractéristiques saintes et bénies de notre vie nouvelle, une vie si sainte essentiellement (« il ne peut pas pécher, parce qu’il est né de Dieu » ; 3:9), que c’est bien une merveilleuse purification qui nous a ainsi atteints. Il était donc tout à fait approprié que l’eau vienne en premier, et elle est liée dans nos pensées avec la mort de Christ, car nous ne devons jamais séparer dans nos esprits l’œuvre accomplie en nous de l’œuvre accomplie pour nous.

Mais bien que l’eau soit mentionnée en premier, l’insistance est mise au v. 6 sur le fait qu’Il n’est pas seulement venu dans la puissance de l’eau, mais « dans la puissance de l’eau et du sang ». Sa venue dans le monde n’était pas seulement pour opérer une purification morale, mais aussi pour l’expiation. C’est un mot particulièrement important pour nous aujourd’hui, car l’une des idées favorites de l’incrédulité religieuse moderne est que nous pouvons abandonner toute idée d’expiation, tout en retenant que Christ est venu comme un réformateur pour nous donner à tous un merveilleux exemple, et pour purifier la moralité des hommes par la force de cet exemple. Ils soutiennent qu’Il est venu seulement par l’eau ; et que Sa mort, exemple suprême de sacrifice héroïque de soi, doit exorciser l’esprit d’égoïsme de tous nos cœurs. Sa mort, comme expiation de la culpabilité humaine par le sang, ils n’en veulent à aucun prix.

Ceux qui nient le sang tout en admettant l’eau devront à la fin rendre des comptes avec l’Esprit de Dieu dont ils nient le témoignage. L’Esprit qui rend témoignage est la vérité ; Son témoignage est donc la vérité ; et ils seront manifestés comme menteurs dans le jour à venir, si ce n’est pas avant. Dans l’évangile où le fait historique est relaté, l’évangéliste est content de rendre témoignage lui-même, comme nous l’avons vu. Mais lorsqu’il écrivait l’épître, des hommes s’étaient levés et défiaient tout ce qui était vrai, aussi Jean se retire, si on peut dire, en tant que canal humain du témoignage, au profit de l’Esprit qui est le témoin divin d’importance majeure, et il fait ressortir que Celui qui est la vérité a parlé. Son témoignage établit Qui est venu et ce que Sa venue signifiait réellement.

 

6.2.2        Ch. 5:7-8

Le v. 7 doit être lu simplement de la manière suivante : « car il y en a trois qui rendent témoignage, l’Esprit, et l’eau, et le sang, et les trois sont d’accord pour un même témoignage » (le « Texte Reçu » et la version autorisée (anglaise) du roi Jacques comprennent un complément important couvrant la plus grande partie du verset 7 et le début du verset 8 ; il doit être omis car il n’est pas basé sur l’autorité réelle des manuscrits anciens). L’Esprit de Dieu est le Témoin actif vivant ; l’eau et le sang sont des témoins silencieux, mais tous les trois convergent sur un seul point : ce qu’on trouve aux versets 11 et 12. Les versets 9 et 10 forment une parenthèse.

 

6.2.3        Ch. 5:9-10 — une parenthèse

6.2.3.1                 Ch. 5:9

Nous devons comprendre que le témoignage, qu’il soit rendu par l’Esprit ou par l’eau et le sang, est le témoignage de DIEU, et il doit être traité comme tel. Nous recevons bien sûr le témoignage des hommes ; nous sommes tenus de le faire pratiquement tous les jours de notre vie. Nous le faisons malgré qu’il soit fréquemment entaché d’inexactitude même là où il n’y a pas désir de tromper. Le témoignage de Dieu est bien plus grand dans son sujet et dans son caractère. Le sujet de ce témoignage est le Fils, et il a pour caractère d’être absolument la vérité. Quand le Fils était sur la terre, Il rendait témoignage à Dieu. Maintenant l’Esprit est là, et le témoignage de Dieu est rendu au Fils. N’est-ce pas vraiment remarquable ?

 

6.2.3.2                 Ch. 5:10

En outre, celui qui croit au Fils de Dieu a le témoignage au dedans de lui-même, puisque l’Esprit qui est le Témoin nous a été donné pour qu’Il habite en nous. Nous commençons bien sûr par croire le témoignage au Fils de Dieu qui est rendu à nous, puis, par l’Esprit qu’Il nous a donné, nous avons le témoignage en nous. Aucun incrédule ne peut avoir ce témoignage au dedans de lui, car ne croyant pas le témoignage que Dieu a donné au sujet de Son Fils, il a « fait Dieu menteur ». Qu’il est terrible de faire une chose pareille !

 

6.2.4        Ch. 5:11 — Le témoignage de Dieu

Le témoignage de Dieu est au sujet de Son Fils : mais c’est plus particulièrement que Dieu nous a donné, à nous les croyants, la vie éternelle, et que cette vie est dans Son Fils. L’Esprit de Dieu en est le témoin vivant qui demeure. L’apôtre Paul parle ailleurs de l’Esprit comme étant « l’Esprit de vie dans le Christ Jésus ». À cela aussi l’eau et le sang rendent témoignage, seulement d’une façon plus négative. Quand on voit la vie du Fils de Dieu versée dans la mort en faveur de ceux dont les vies étaient perdues, nous savons que cela signifie qu’il n’y avait pas de vie en eux. L’apôtre Paul à nouveau confirme ceci en disant : « si un est mort pour tous, tous donc sont morts » (2 Cor. 5:14) ; autrement dit : Tous étaient morts, et le Fils de Dieu a donc livré Sa vie dans la mort. L’eau et le sang attestent qu’il n’y a pas de vie dans les hommes (le premier Adam et sa race) mais seulement en Celui qui donne Sa vie et la reprend en résurrection.

 

6.2.5        Ch. 5:12

Le témoignage est donc que cette vie éternelle est à nous. Elle nous a été donnée par Dieu ; et elle est « dans Son Fils ». Celui qui a le Fils a la vie, et celui qui n’a pas le Fils de Dieu n’a pas la vie. La question est parfaitement claire. Personne ne peut « avoir » le Fils s’il nie le Fils, comme c’était le cas de ces enseignants antichrétiens. Au chapitre 2:22-23, nous avons vu que personne ne peut « avoir » le Père s’il nie le Fils. Ici nous voyons que de telles personnes ne peuvent « avoir » le Fils, et par conséquent ne peuvent avoir la vie.

 

6.2.6        Ch. 5:13

Le verset 13 indique la signification du mot « avoir » utilisé de cette manière. Le sens du verset est bien : « Je vous ai écrit ces choses afin que vous sachiez que vous avez la vie éternelle, vous qui croyez au nom du Fils de Dieu ». On se serait attendu à ce que Jean dise : « Je vous ai écrit ces choses à vous qui avez le Fils » ; au lieu de quoi, il insère ce qu’implique le fait d’avoir le Fils : on croit « au nom du Fils de Dieu ». C’est celui qui croit au Fils de Dieu qui a le Fils, et qui a la vie éternelle ; et Jean a été conduit à écrire ces choses afin que nous qui croyons, nous le sachions.

Sans aucun doute, quand Jean écrivait ces choses, il avait en vue d’aider et de donner de l’assurance aux croyants simples susceptibles d’être intimidés et ébranlés par les prétentions orgueilleuses des antichrists. Ils venaient avec leurs philosophies d’avant-garde et leurs nouvelles lumières ; et le croyant simple qui accrochait sa foi à « ce qui était dès le commencement » allait être traité par ceux-là comme totalement en dehors de la haute « vie » intellectuelle dont ils jouissaient. Après tout cependant, c’était justement celui qui croyait au nom du Fils de Dieu, qui avait le Fils et la vie ; et la vie qu’il avait était la vie éternelle, la seule qui compte.

Ce verset se dresse là avec toutes ses heureuses applications en faveur des croyants qui tremblent encore aujourd’hui. Dans ce qu’il a écrit, l’apôtre Jean nous a donné les marques caractéristiques de la vie ; et nous pouvons savoir que la vie est à nous, non seulement à cause de ce que Dieu a dit, mais aussi parce que ces marques de la vie se voient. D’heureux sentiments, auxquels certains pensent tellement, ne sont pas la grande caractéristique de la vie ; mais l’amour et la justice le sont.

 

6.3   Ch. 5:14-15

Le verset 14 semble présenter un changement de pensée abrupt et complet. L’apôtre reprend un fil qu’il avait suivi pendant quelques versets au chapitre 3, puis laissé de côté au verset 3:22. Si nous comparons les deux passages, nous trouverons que le changement n’est pas si radical qu’il paraît. La question à ce ch. 3 était que si nous aimons en action et en vérité, nos cœurs auront de l’assurance devant Dieu, et ils auront par conséquent de la hardiesse dans les prières. Ici la succession des pensées semble similaire. Comme fruit de ce que Jean nous a écrit, nous avons l’heureuse connaissance — une connaissance consciente — d’avoir la vie éternelle. Donc nous avons de la confiance (ou de la hardiesse) en Lui, avec l’effet que « si nous demandons quelque chose selon Sa volonté, Il nous écoute ». Et s’Il nous écoute, nos demandes sont sûrement accordées.

Ayant la vie, Sa volonté devient la nôtre. Combien nous pouvons alors demander simplement et heureusement selon Sa volonté ! C’est la normale pour le croyant, avec comme résultat la prière accordée. Il est dommage que notre expérience effective soit si souvent ce qui est anormal — parce que nous marchons selon la chair — au lieu d’être ce qui est normal.

 

6.4   Ch. 5:16-18

Le verset 16 implique que nous ne sommes pas égoïstes dans nos prières, mais que nous avons le souci des autres. Nous prions pour nos frères sous forme d’intercession. La pleine liberté que nous avons devant Dieu s’étend à cela, et n’est pas restreinte à des sujets purement personnels. Mais cela montre aussi clairement que, bien que nous ayons cette liberté, il y a certaines choses qu’il ne nous est pas permis de demander ou que nous ne pouvons pas demander. Le gouvernement de Dieu à l’égard de Ses enfants est une chose très réelle et Il ne peut pas y renoncer à notre demande. La mort dont il est parlé ici est la mort du corps, telle que nous la voyons par exemple dans le cas d’Ananias et de Sapphira.

Nous pouvons demander la vie, et certainement tout ce qui est en deçà, pour quiconque n’a pas péché d’un péché qui soit à la mort. Or toute iniquité [injustice] est péché, de sorte qu’on peut couvrir un très vaste champ. Mais si le péché est à la mort, nos lèvres sont clouées. Il est possible qu’en écrivant cela l’apôtre ait eu à l’esprit quelque péché particulier lié aux tromperies antichrétiennes environnantes, mais il ne le précise pas. Il nous reste donc à tenir compte du principe au sens large. Nous savons que l’hypocrisie et les fausses prétentions étaient le péché à la mort dans le cas d’Ananias, et que des désordres et de l’irrespect grossiers lors de la Cène étaient les péchés à la mort parmi les Corinthiens.

Les versets 16 et 17 nous occupent de ce qu’on voit dans la pratique parmi les saints, car celui qui peut avoir commis un péché à la mort est un « frère ». Au verset 18 nous revenons à une vue abstraite des choses. Celui qui est né de Dieu ne pèche pas, si nous le considérons selon sa nature essentielle. Nous avons déjà vu cela auparavant dans l’épître. En outre, puisqu’il en est ainsi, ceux qui sont nés de Dieu sont rendus capables de se garder eux-mêmes afin que le méchant ne les touche pas. Cette dernière remarque soutient passablement la pensée que le péché à la mort que Jean a en vue, est quelque chose de lié aux ruses du diable au travers des enseignements antichrétiens. Du point de vue abstrait, celui qui est né de Dieu est à l’abri du méchant. Du point de vue pratique, puisque la chair est encore dans le croyant bien qu’il soit né de Dieu, le frère peut être séduit par le méchant et être amené sous la discipline de Dieu, celle-ci pouvant aller jusqu’à la mort.

 

6.5   Ch. 5:19-21

6.5.1        Ch. 5:19

Nous arrivons maintenant aux dernières paroles de l’épître, et les choses nous sont résumées d’une manière très remarquable. Demeurant dans ce qui était dès le commencement, il y a certaines choses que nous connaissons. Nous connaissons la vraie nature de ceux qui sont nés de Dieu, selon le verset 18. Puis nous savons que nous — qui sommes la vraie famille de Dieu — nous sommes de Dieu ; et par là nous sommes totalement différents du monde qui gît dans « la méchanceté » ou dans « le méchant ». La différence n’était pas aussi claire avant le temps de Christ. La ligne de démarcation était alors plutôt tirée entre Israël comme nation appartenant à Dieu, et les nations (les Gentils) qui n’appartenaient pas à Dieu, bien que la foi pût sans doute toujours discerner qu’Israël n’était pas dans son entier le vrai Israël de Dieu.

Maintenant la ligne de démarcation est indépendante de toute considération nationale. Il est simplement question de ceux qui sont nés de Dieu et de ceux qui ne le sont pas, indépendamment  de la nation à laquelle ils appartiennent. La famille de Dieu est complètement et fondamentalement séparée du monde.

 

6.5.2        Ch. 5:20

En outre nous savons ce qui a fait arriver tout ceci. Le Fils de Dieu est venu. Cette Personne est arrivée sur la scène, et la vie a été manifestée en Lui. Nous sommes ramenés ici au point de départ de l’épître, mais avec un fait supplémentaire mis en lumière. Au début, nos pensées avaient à se focaliser sur ce qui était mis en lumière par Sa venue. Mais ce qui a été révélé plus loin dans l’épître nous a amenés à ceci que, comme fruit de Sa venue, il nous a été donné une intelligence pour pouvoir connaître et apprécier et répondre à Celui qui a été révélé. On voit bien que si l’intelligence manque, la plus parfaite des révélations nous serait donnée en vain.

Grâce à Dieu, nous avons cette intelligence. Nous sommes nés de Dieu, et Il nous a donné de Son Esprit, comme l’épître nous l’a montré, et nous n’aurions jamais pu posséder cette Onction si le Fils de Dieu n’était pas venu. Maintenant nous connaissons « le Véritable », car le Père a été donné à connaître dans le Fils. Or les paroles qui suivent nous disent que « nous sommes dans le Véritable, [savoir] dans son Fils Jésus Christ ». Donc, « le Véritable » est une expression qui recouvre à la fois le Fils et le Père (*), et nous passons presque insensiblement de l’Un à l’Autre. C’est un nouveau témoignage du fait que le Fils et le Père sont un dans Leur essence, bien qu’Ils soient des personnes distinctes.

 

(*) note Bibliquest : le raisonnement de l’auteur est basé sur la traduction retenue en anglais qui n’a pas le terme « [savoir] », soit qu’il s’agisse de la version autorisée (anglaise) du roi Jacques « nous sommes dans le Véritable, [et même] dans son Fils Jésus Christ », ou qu’il s’agisse de la version JND anglaise « nous sommes dans le Véritable, dans son Fils Jésus Christ ».

 

Alors, nous ayant ainsi amenés à « Son Fils Jésus Christ », Jean exprime d’une manière très nette que « Lui est le Dieu véritable et la vie éternelle ». Nous ne pouvons avoir d’affirmation plus forte de Sa Déité. Il est aussi la vie éternelle et, comme nous l’avons vu, la Source de cette vie pour nous.

Quel merveilleux sommaire de l’épître dans ce court verset ! La vie a été manifestée, et le Véritable a été donné à connaître par la venue du Fils de Dieu. Comme fruit de Sa venue, nous avons reçu une intelligence afin de pouvoir apprécier et recevoir tout ce qui a été mis en lumière. Mais alors, non seulement le Véritable est révélé, et nous sommes rendus capables de Le connaître, mais nous sommes en Lui parce que nous sommes dans Celui qui nous L’a révélé. Sans cela, nous n’aurions pu être que des spectateurs émerveillés, sans lien vital avec Dieu. Mais grâce à Dieu, ce lien vital existe. Et Celui dans lequel nous sommes est le Dieu véritable et la vie éternelle.

 

6.5.3        Ch. 5:21

Quel contraste alors dans les derniers mots, « Enfants [ce mot signifie toute la famille de Dieu], gardez-vous des idoles ». Une idole est tout ce qui usurpe dans nos cœurs la place suprême qui n’appartient qu’à Dieu. Si nous vivons dans la réalité et la puissance du verset 20, nous dirons certainement comme Éphraïm « qu’ai-je plus à faire avec les idoles ? » (Osée 14:8).

Laissons seulement le Fils de Dieu, et tout ce qu’Il a fait et apporté remplir nos cœurs, et les idoles qui nous ont charmés un temps, ne nous charmeront plus du tout.