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L’apôtre Jean et le virus CORONA — ou

« En Esprit dans la journée dominicale »

 

Michael Hardt

Biblecentre.org

 

« Je fus en Esprit, dans la journée dominicale » (Apocalypse 1:10)

 

1         La Pandémie Corona de 2020

Tandis que nous écrivons ces lignes, les divers pays du monde mettent en place ou renforcent des restrictions sur les mouvements des personnes et les contacts en société, le but étant de freiner la propagation du coronavirus. Une des conséquences est qu’en divers lieux les chrétiens ne peuvent plus passer le premier jour de la semaine comme ils le voudraient, et comme ils le feraient normalement. Certains ont à tenir compte de restrictions quant à la taille des rassemblements, d’autres subissent des couvre-feux. Beaucoup ont été surpris par les événements, d’autres en sont accablés ; certains ne peuvent se rassembler qu’en petits groupes, et d’autres se demandent encore que faire.

 

Ceci étant, la Parole de Dieu ne manque pas de donner des directions et aussi des consolations. Il y a près de 2000 ans le disciple bien-aimé, déjà âgé, se trouvait dans une situation semblable.

 

2         Banni à Patmos

En deux courts versets, Jean nous donne des informations très intéressantes sur sa situation :

 

« Moi, Jean, qui suis votre frère et qui ai part avec vous à la tribulation et au royaume et à la patience en Jésus, j’étais dans l’île appelée Patmos, pour la parole de Dieu et pour le témoignage de Jésus Christ. Je fus en Esprit, dans la journée dominicale [= la journée du Seigneur (un dimanche)], et j’entendis derrière moi une grande voix, comme d’une trompette » (Apocalypse 1:9-10).

 

Moi, Jean, qui suis votre frère

 

Jean était maintenant un homme âgé. C’est lui qui a écrit l’évangile qui présente la gloire du Fils de Dieu, et il était sur le point d’écrire comment Christ allait revenir pour prendre possession de la terre.

Jean était un apôtre, mais il se présente comme un frère. Ce qu’il partage maintenant avec nous n’est pas une expérience réservée aux apôtres ou aux serviteurs doués. Il écrit comme un frère.

 

qui ai part avec vous à la tribulation...

 

Jean se trouvait dans une situation difficile. Nous allons voir tout de suite ce qui en était. En tout cas, il parle de « tribulation », une situation où l’on est dans un besoin urgent. Si d’un côté il était tout seul, isolé, d’un autre côté il se considérait comme un « compagnon », quelqu’un « qui a part avec vous ». Beaucoup de ses frères et sœurs étaient dans une situation similaire, pour des raisons similaires. Ils étaient géographiquement dispersés. Néanmoins, ils étaient des « compagnons » de tribulation, des gens qui souffraient ensemble.

 

...et au royaume

 

Leur communion n’était pas seulement une question de souffrance et de besoin, mais aussi de participation au royaume. Ce royaume viendra un jour en puissance (il n’y aura alors plus de besoin, de misère, d’épidémies ou de « tribulation »). Mais avant d’en arriver là, le royaume implique de la souffrance. Christ ne règne pas encore sur la terre. C’est ce que Jean ressentait de façon aigüe, et ce que nous ressentons encore aujourd’hui. En cela aussi, Jean se savait en communion avec beaucoup d’autres. Ils souffraient tous parce qu’ils avaient part à un royaume dont le Roi était rejeté — mais qui, un jour, régnera en puissance.

 

...et à la patience (ou persévérance) en Jésus

 

Tant que le royaume était en suspens, il fallait « attendre » et « patienter » ou persévérer. Nous attendons que le Seigneur intervienne dans des situations d’urgence concrètes, et nous attendons qu’Il vienne nous prendre auprès de Lui et qu’ensuite Il remette l’ordre dans ce monde. Quand on attend dans des circonstances difficiles, il faut faire preuve de persévérance. Jean n’était pas seul en cela non plus. Il se savait en communion avec d’autres. Ils étaient des compagnons de patience ou de persévérance.

Un deuxième point qui adoucissait l’attente, en plus de la communion avec d’autres, c’était la patience « en Jésus ». Le Seigneur lui-même a souffert et a persévéré. Le Seigneur est Celui qui lie les croyants les uns avec les autres. Et Il est la source de la force dont nous avons besoin pour persévérer.

 

J’étais dans l’île appelée Patmos.

 

Patmos est une île grecque isolée. Jean parle de lui-même au singulier. Nous devons supposer qu’il était seul, qu’il n’avait aucun contact avec d’autres croyants.

 

pour la parole de Dieu et pour le témoignage de Jésus Christ

 

Jean était là « pour la parole de Dieu ». Il avait été banni à Patmos au cours de la persécution des chrétiens. Mais il ne parle pas de l’hostilité des hommes à l’origine de son exil, mais de la Parole de Dieu et du témoignage de Jésus.  Il était prêt à souffrir pour cela. Aucune trace d’amertume n’émane de ses paroles.

 

Je fus en Esprit, dans la journée dominicale

 

Que pouvait-il faire ? Il était tout seul, sans contact avec les croyants. Et voilà que c’était la « journée dominicale », le premier jour de la semaine. Des décennies auparavant, il avait été témoin de ce que le Seigneur ressuscité s’était soudain tenu au milieu des disciples rassemblés, les saluant par les paroles : « Paix vous soit » et leur montrant ses mains et son côté. Alors les disciples s’étaient réjouis en voyant le Seigneur.

Le dimanche suivant, huit jours après, Jean était de nouveau là. Et de nouveau Jésus s’était tenu là au milieu d’eux. Et depuis lors, chaque fois qu’il a pu le faire, Jean a aussi été là. Mais maintenant, des décennies plus tard, voilà un dimanche où il était tout seul. Que faire ? Quelqu’un de seul ne peut pas « se rassembler ». Il faut être au moins deux ou trois (Matt. 18:20). Mais Jean était profondément conscient que c’était la journée dominicale. Cette expression est très particulière. C’est le jour qui appartient au Seigneur, le jour caractérisé par le Seigneur. On ne le trouve qu’une seul autre fois dans le Nouveau Testament : « la cène dominicale » (1 Cor 11:20). Les deux vont ensemble : le jour du Seigneur (ou : journée dominicale) et la cène du Seigneur (ou cène dominicale — cf. Actes 20:7). Tous les deux sont caractérisés par le Seigneur. Mais maintenant un jour très étrange était arrivé : un jour du Seigneur sans la Cène du Seigneur.

Mais Jean a été « en Esprit ». Il était occupé de Celui à qui appartenait ce jour. Ni l’exil ni l’isolement ne pouvaient l’empêcher de jouir de Christ et d’être occupé de Lui. Et le Seigneur lui répondit. En ce jour même et précisément dans cette situation, Il parla à Jean. Bien que ce fût une question de prophétie, Il confia son message à Jean justement en ce jour spécial pour les chrétiens, le jour où ils pensent spécialement à leur Seigneur.

 

3         Et aujourd’hui ?

Chaque fois que nous pouvons nous rassembler avec des croyants en tant qu’assemblée, c’est un immense privilège — même si nous ne sommes que très peu. Peut-être ne l’avons-nous pas assez apprécié, moi y compris. Quand le Seigneur nous donne encore la possibilité de prendre part à la Cène aujourd’hui sur la base de l’enseignement de l’Écriture (*), nous ne pouvons que Lui rendre grâce. Lorsque des croyants individuels sont complètement isolés, ils ont encore la possibilité d’être « en Esprit dans la journée dominicale » comme Jean à Patmos. Il en est de même dans les lieux où les croyants ont besoin de temps pour trouver une manière commune et unanime de répondre au désir du Seigneur et à sa requête instante : « Faites ceci en mémoire de moi » (1 Cor. 11:24, 25).

 

(*) En particulier sur la base de l’unité du corps de Christ, dans la séparation du mal et dans la reconnaissance de l’autorité du Seigneur ; c’est en mémoire de Lui qu’on prend part au pain et à la coupe, cherchant à garder l’unité de l’Esprit (1 Cor. 10 ; 11 ; Éph. 4).

 

« Mais, pour moi, m’approcher de Dieu est mon bien ; j’ai mis ma confiance dans le Seigneur, l’Éternel, pour raconter tous tes faits » (Ps 73, 28).

« Et il arriva, comme ils s’entretenaient et raisonnaient ensemble, que Jésus lui-même, s’étant approché, se mit à marcher avec eux » (Luc 24, 15).