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Esdras : leçons pour les croyants d’aujourd’hui

 

Michael Hardt

 

Table des matières abrégée :

1     Introduction

2     Esdras 1 — Des cœurs réveillés par Dieu

3     Esdras 2

4     Esdras 3

5     Esdras 4

6     Esdras 5. Les vraies raisons de l’arrêt du travail. Les prophètes interviennent

7     Esdras 6

8     Esdras 7. La mission d’Esdras

9     Esdras 8

10      Esdras 9

11      Esdras 10

 

Table des matières détaillée :

1     Introduction

1.1      Aide

1.2      Sommaire des circonstances

2     Esdras 1 — Des cœurs réveillés par Dieu

2.1      L’appel de Cyrus : Côté humain, côté divin.

2.2      Signification des lieux

2.3      Les ustensiles du temple

3     Esdras 2

3.1      Revenir ou ne pas revenir ?

3.2      Ceux qui montent. Carence en lévites

3.3      Pas de généalogie

4     Esdras 3

4.1      Les fêtes

4.2      L’autel rebâti sur son emplacement. Adoration retrouvée. Conformité à l’Écriture

4.3      Joie et pleurs

4.4      Signification pour le temps actuel. Ce qui a été perdu, ce qui est retrouvé

5     Esdras 4

5.1      L’ennemi sous des apparences aimables

5.2      L’œuvre s’arrête

6     Esdras 5. Les vraies raisons de l’arrêt du travail. Les prophètes interviennent

7     Esdras 6

7.1      Exercices de cœurs et intervention de Dieu

7.2      Dédicace de la maison. Unité du peuple tout entier

7.3      Purification nécessaire

8     Esdras 7. La mission d’Esdras

9     Esdras 8

9.1      L’arrêt au bord du fleuve Ahava

9.2      Transport des trésors et protection divine

10      Esdras 9

10.1    Une tâche inattendue

10.2    Ceux qui ont péché avaient été les objets de la grâce

11      Esdras 10

11.1    Résolution du problème qui avait déshonoré Dieu. Confession et engagement

11.2    Mieux vaut obéir

11.3    Une liste de restaurés

 

 

1                    Introduction

1.1   Aide

Esdras signifie « aide », ou « celui qui aide ». Il ne fait aucun doute qu’Esdras, personnellement, fut une grande aide pour son peuple. Le récit de sa mission donné dans les quatre derniers chapitres de son livre le prouve. Il a non seulement enseigné le peuple comme un scribe accompli, mais il s’est aussi humilié de leurs péchés et de leurs manquements (ch. 9). Cela eut pour effet une confession du peuple, qui à son tour conduisit à une grande restauration.

Le livre d’Esdras peut aussi être une grande « aide » pour les chrétiens aujourd’hui. C’est ce que je voudrais expliquer ici. Esdras nous donne un récit historique du retour d’une partie du peuple de Dieu à Jérusalem. Plusieurs des évènements relatés dans son livre constituent de bons exemples illustrés pour le peuple de Dieu aujourd’hui. Au fur et à mesure que nous avancerons dans ce livre, nous trouverons beaucoup de parallèles entre le temps dont il parle et le nôtre. Dans ce sens, Esdras est parfaitement d’actualité, et très pertinent en rapport avec beaucoup de problèmes rencontrés par notre témoignage chrétien aujourd’hui. Ce livre ancien jette vraiment beaucoup de lumière sur plusieurs questions que les chrétiens se posent aujourd’hui, comme :

·             comment les chrétiens doivent-ils se rassembler ?

·             une minorité peut-elle avoir raison ?

·             que signifie l’unité de l’église pour nous aujourd’hui ?

·             que faire quand beaucoup se détournent de l’enseignement biblique ?

·             y a-t-il contradiction entre la séparation d’avec le mal et l’unité de l’église ?

·             comment reconnaître un vrai réveil ? etc.

 

1.2   Sommaire des circonstances

Le livre d’Esdras décrit un réveil merveilleux qui se produisit au bout de 70 ans de la période la plus noire de l’histoire du peuple de Dieu. Qu’était-il arrivé ? En l’an 722 avant J-C, les 10 tribus avaient été amenées en captivité en Assyrie (2 Rois 17:6). Le temps passant, elles disparurent complètement, et nous ne savons toujours pas où elles sont aujourd’hui. Seules deux tribus, Juda et Benjamin, furent laissées dans le pays. Cent ans plus tard, en l’an 606 avant J-C, Nebucadnetsar vint et prit les ustensiles du temple, et emmena captifs les jeunes hommes les plus prometteurs (2 Chron. 36:6-7). Une captivité de 70 ans s’ensuivit, exactement comme Jérémie l’avait prédit (Jér. 25:12 ; 29:10). Ils étaient là, loin de Jérusalem, sans temple, sans sacrifice, sans fêtes nationales, et incapables de chanter les cantiques de Sion (Ps. 137:1-4).

À la fin de ces 70 ans, un roi perse, Cyrus, fit la conquête de l’empire Babylonien, et fonda l’empire Médo-Perse. Ce nouveau roi fit une proclamation déclarant que tous les Juifs qui le désiraient étaient libres de retourner à Jérusalem et d’y construire la maison de l’Éternel.

Environ 43000 personnes répondirent à cet appel et montèrent à Jérusalem. Leurs expériences sont extrêmement instructives pour les croyants aujourd’hui. Leur retour à Jérusalem nous encourage à retourner aux premiers principes, c’est à dire à l’enseignement du Nouveau Testament, non modifié par les idées des hommes.

La foi de ceux qui retournèrent, leurs échecs, leur travail, « leurs hauts et leurs bas », tout parlent surabondamment au croyant d’aujourd’hui. Dans la mesure où, de la même manière, nous ne sommes pas satisfaits de « Babylone », mais nous avons à cœur le lieu que Dieu a choisi, nous serons capables de retirer une grande « aide » de ce livre d’Esdras.

 

2                    Esdras 1 — Des cœurs réveillés par Dieu

2.1   L’appel de Cyrus : Côté humain, côté divin.

Le tout premier verset ne nous laisse pas dans le doute. Quelque chose n’allait vraiment pas. Le temps est compté d’après « la première année de Cyrus, roi de Perse… », ce qui est bien différent des livres des Rois et des Chroniques où le temps était compté selon les années des rois d’Israël et de Juda. Pourquoi ce changement ? Le trône de Dieu avait été ôté de Jérusalem (1 Chron. 29:23). Le « temps des nations » avait commencé (Luc 21:24), et 70 ans s’en était déjà écoulés ; ils dureront jusqu’à ce qu’Israël soit restauré par le Seigneur après la grande tribulation.

Mais Dieu continuait à agir. Il avait dit à l’avance par Jérémie au peuple que la captivité à Babylone serait limitée à 70 ans (c’est ce qui bouleversa Daniel quand il lut ceci et découvrit que le temps de captivité touchait à sa fin ; voir Daniel 9). Maintenant le temps était arrivé, et Dieu se servit d’un roi païen, Cyrus, comme instrument pour opérer le retour promis.

Le roi Cyrus est un personnage extrêmement intéressant. Dans l’histoire profane, il est connu pour sa façon humaine de traiter les populations conquises. Son objectif était d’apporter la paix à l’humanité. Il exprima ses choix politiques dans un décret fameux, qu’on appela plus tard « la première charte des Droits de l’Homme ». Aujourd’hui encore, le fameux « rouleau de Cyrus », en argile, peut être admiré au British Museum de Londres. Autoriser des captifs à retourner dans leur pays d’origine était tout à fait conforme à sa politique humaine.

C’est le côté profane, ou humain, des choses. Le côté de Dieu est bien plus intéressant. Longtemps avant la naissance de Cyrus, Ésaïe avait prophétisé au sujet de ce roi, et l’avait même mentionné par son nom ! « qui dit de Cyrus : Il est mon berger, et il accomplira tout mon bon plaisir, disant à Jérusalem : Tu seras bâtie, et au temple : Tes fondements seront posés » (Ésaïe 44:28). Nous ne disons pas que Cyrus avait une foi vivante en Dieu, mais que Dieu dans Sa souveraineté l’utilisait comme instrument. Cyrus eut l’occasion de lire la prophétie d’Ésaïe, et il semble qu’il était conscient de sa mission. Il dit donc : L’Éternel, le Dieu des cieux, m’a donné… et il m’a chargé de lui bâtir une maison à Jérusalem… » (Esd. 1:2).

La manière dont Dieu travaille est remarquable. D’abord Il « réveille l’esprit » de ce roi païen, de sorte qu’il promulgue un décret invitant les Juifs à retourner à Jérusalem. Puis Il réveille l’esprit de ceux qui retournèrent ainsi (Esd. 1:1, 5). Quoi que fassent les hommes, un vrai réveil est toujours l’œuvre de Dieu.

L’appel fut donc promulgué : « Qui d’entre vous, quel qu’il soit, est de son peuple, — que son Dieu soit avec lui, et qu’il monte à Jérusalem… et qu’il bâtisse la maison de l’Éternel… ». En un sens, le roi Cyrus est toujours vivant, et le même appel se fait encore entendre aujourd’hui. Y a-t-il quelqu’un parmi vous ? Y a-t-il quelqu’un qui ne se satisfait pas de Babylone ? Y a-t-il quelqu’un qui aime Jérusalem ? Y a-t-il quelqu’un qui s’intéresse à la maison de Dieu ?

 

2.2   Signification des lieux

Pour voir la portée de cet appel, ayons à l’esprit que les lieux parlent de principes :

·             « Eden » est le paradis,

·             « Sodome » la dépravation morale,

·             « Égypte » parle du monde dans sa puissance asservissante,

·             « Sinaï » le lieu de la terreur de la loi,

·             « Jourdain » est le fleuve de la mort,

·             « Guilgal » évoque le jugement de la chair,

·             et ainsi de suite.

 

On peut donner beaucoup d’autres exemples de ce genre. Il est fort intéressant de voir la signification des lieux dans la Bible. Qu’est-il de Babylone et de Jérusalem ?

 

Babylone, si nous pouvons l’identifier avec la Babel de Genèse 11, nous rappelle deux choses : d’abord la confusion (c’est là que les langues furent divisées). Ensuite l’idolâtrie (voir Zach. 5:5-11). Cela ressemble beaucoup à la chrétienté d’aujourd’hui. Il y a beaucoup de confusion, toutes sortes d’enseignements, un éloignement général de la saine doctrine ; en fait, comme Paul le disait, on ne supporte plus le sain enseignement (2 Tim. 4). Toutes sortes d’enseignement peuvent être trouvées sur la prophétie, sur l’assemblée (ou : église), sur Christ Lui-même. Il y a aussi l’idolâtrie : l’adoration adressée à ce qui n’est pas Dieu, aux prétendus « saints », à « la vierge Marie », etc. Que doit faire le croyant dans un tel contexte ?

 

La réponse à cette question nous amène à la signification de Jérusalem. C’était le lieu choisi par Dieu, d’entre tous les autres lieux. Deutéronome 12 insiste à de multiples reprises sur le « le lieu que l’Éternel votre Dieu aura choisi pour y faire habiter son nom », et ce lieu fut Jérusalem. Ce n’était qu’à cet endroit que le temple pouvait être bâti, que le peuple devait se rassembler, que les fêtes nationales devaient se célébrer, que les sacrifices devaient être offerts et les offrandes apportées. Et c’était là que le peuple devait se réjouir en l’Éternel.

Aujourd’hui, il y a encore un lieu choisi par Dieu pour « y mettre son nom », pour y être présent en Personne. Ce n’est bien sûr pas un lieu géographique, mais un lieu spirituel. Le Seigneur Lui-même le révèle. Il dit à Pierre qu’Il bâtirait Son assemblée (Matt. 16). Un peu plus loin nous lisons que là où deux ou trois sont assemblés à Son nom, Il sera là au milieu d’eux (Matt. 18:20). Rassemblés « à » Son nom est davantage que « en Son nom ». Tout ce qu’un croyant fait, il doit le faire « en Son nom ». Mais quand deux ou trois sont rassemblés à Son nom, ils font de Lui le centre, ils reconnaissent Son autorité, l’attention se focalise sur Lui. Son autorité est reconnue, Ses droits respectés, Sa volonté faite.

Cette Jérusalem spirituelle existe encore aujourd’hui. Elle est encore accessible, même à des croyants en petit nombre, pour jouir de Sa présence. Qu’en est-il de vous ? Avez-vous quitté Babylone, le lieu de la confusion et de l’idolâtrie, pour aller à Jérusalem, le lieu où Christ est honoré et où Ses droits sont reconnus, où Il est le centre ? La proclamation du roi Cyrus court toujours aujourd’hui : « qui d’entre vous… ? » !

 

2.3   Les ustensiles du temple

Ceux dont l’esprit fut réveillé devaient se lever, devaient monter (Esd. 1:5), et les autres qui ne voulaient pas eux-mêmes monter sont exhortés à les assister par une aide matérielle (Esd. 1:4) ; il est beau de voir que c’est ce qu’ils firent effectivement (Esd. 1:6).

Même le roi y contribua, et de manière très significative : « Et le roi Cyrus fit sortir les ustensiles de la maison de l’Éternel, que Nebucadnetsar avait fait sortir de Jérusalem et qu’il avait mis dans la maison de son dieu » (Esd. 1:7).

Cette question des ustensiles est extrêmement importante. Il y avait eu trois déportations, une aux jours de Jehoïakim (2 Chron. 36:6), puis une dans les jours de son fils Jehoïakin (2 Chron. 36:10), et finalement une aux jours de Sédécias (2 Chron. 36:11-21). Cette dernière fut la plus importante en termes de dommages subis : Le temple fut brûlé, et un grand peuple emmené captif. Mais les 70 ans de captivité se comptent à partir de la première déportation, qui fut relativement minime, dirions-nous. Pourquoi cette première déportation fut-elle la plus importante aux yeux de Dieu ? C’est à cause des ustensiles. Nebucadnetsar avait pris les ustensiles du Temple, les avait emportés à Babylone, et les avait même mis dans la maison de ses idoles. Jamais pareille chose ne s’était passée auparavant. Certes des rois avaient pris l’argent du trésor, et même dépouillé les portes du temple (Achaz et Ezéchias) pour apaiser le roi d’Assyrie. Mais les saints ustensiles n’avaient jamais été touchés.

Sans ustensiles, il était impossible d’apporter les sacrifices de la manière prescrite. Pas d’ustensiles, pas d’adoration ! C’était là la tragédie. Cela ne nous fait-il pas souvenir du triste fait que l’idée même de l’adoration, particulièrement l’adoration collective, a été largement perdue dans la chrétienté ? Les réunions pour le culte ont été remplacées par des concerts, des représentations théâtrales, et toute sorte de choses. Connaissez-vous un lieu où aller avec des chrétiens pour adorer ensemble en toute liberté le Père et le Fils ? C’est précisément ce que cherche le Père : des adorateurs (Jean 4:23-24).

 

3                    Esdras 2

3.1   Revenir ou ne pas revenir ?

Ce très long chapitre consiste essentiellement en des listes de noms, qui pour la plupart nous sont complètement inconnus. Mais Dieu se plait à tenir compte de ceux qui firent ce grand pas, de ceux qui montèrent de la captivité pour aller à Jérusalem (Esd. 2:1).

Ce fut sans doute une décision très difficile à prendre. Beaucoup devaient la critiquer. Pensez seulement aux arguments suivants :

·             Il y avait d’abord l’argument du confort, qu’on peut aussi appeler l’argument de la tradition ou de la coutume. On peut le formuler comme suit : « Nous sommes établis à Babylone. Nous y avons été élevés, et nos parents aussi, du moins pour certains. Nous en avons pris l’habitude. Comment pouvons-nous tout laisser et tout quitter, simplement pour aller dans un lieu qui nous est étranger ? »

§       Mais est-ce le confort ou la coutume qui doivent faire pencher la balance, ou devons-nous nous enquérir de la volonté de Dieu ?

·             Il y a aussi l’argument de la minorité. Cet argument est toujours très populaire aujourd’hui, particulièrement dans les grandes institutions religieuses : « Comment une minorité peut-elle avoir raison ? Quand Israël quitta l’Égypte, ils étaient 600000 hommes plus les familles. Quand ils entrèrent en Canaan, ils étaient à peu près le même nombre (comparer Nombres 1 et 26). Depuis, le peuple a dû s’accroître. Et maintenant il n’y en a que 43000 qui pensent qu’on doit être à Jérusalem ».

§       Mais la foi ne regarde pas aux nombres pour être dirigée, mais à la parole de Dieu.

·             L’argument de l’unité peut sembler particulièrement spirituel. Il peut se traduire ainsi : « Vous ne pouvez pas partir au nom de l’unité. Il est clair que tous n’iront pas à Jérusalem : certains ne peuvent pas, tout simplement, et d’autres ne veulent pas. Si donc vous partez à Jérusalem, vous causez une division ».

§       Nous verrons plus loin que l’unité du peuple de Dieu s’exprimait à Jérusalem. La première priorité est de faire la volonté de Dieu. Si tout le monde la faisait, il y avait l’unité. Si certains ne la faisaient pas, ceux qui étaient à Jérusalem comptaient pour le peuple tout entier (on les voit offrir douze boucs pour les douze tribus, bien que deux tribus seulement fussent représentées ; Esd. 6:17 et 8:35). L’unité du peuple de Dieu est d’une grande valeur, mais cet objectif ne justifie pas de désobéir à Christ.

·             L’argument « pourquoi à Jérusalem ? » est aussi parlant de nos jours : « Après tout, qu’y a-t-il de si spécial à Jérusalem ? N’est-ce pas aujourd’hui un lieu de ruines, rempli de décombres. Ce serait tellement plus simple de recommencer à zéro, sur un terrain neuf ! » — Il est vrai que cet argument a l’air très bon ; il semble tout à fait logique et pragmatique. Les choses ont si mal tourné, alors pourquoi ne pas recommencer une église neuve, pourquoi ne pas fonder une organisation qui ne souffre pas des mêmes carences ?

§       Mais est-ce la voix de la foi ? Si Dieu a choisi Jérusalem, alors la foi n’essaie pas de trouver quelque chose de « mieux » ou de « plus commode ». De même, il peut sembler plus facile aujourd’hui de commencer « quelque chose de nouveau ». Mais les pensées de Dieu sont immuables, et tout ce qu’Il nous demande, c’est de revenir aux principes anciens qu’Il a établis au commencement, même s’il y a beaucoup de « décombres » sur le chemin.

·             Pour tous ceux dont Dieu avait réveillé l’esprit, tous ces arguments sont détruits par l’argument de la foi : Dieu a choisi Jérusalem, et c’est là que nous voulons être ! ! !

 

3.2   Ceux qui montent. Carence en lévites

Dieu a pris soigneusement note de tous ceux qui ont surmonté les nombreux contre-arguments, et qui sont revenus. Il est heureux de voir qu’il y avait parmi eux des sacrificateurs (Esd. 2:36), et aussi des lévites (Esd. 2:40). Il est heureux de voir un renouveau d’activité sacerdotale parmi le peuple, aussi bien que de service lévitique. Mais il semble toujours manquer de lévites. Ici il n’y en a que 74 pour environ 4000 sacrificateurs (et le manque sera encore plus grand au ch. 8). Ceux qui sont disposés à s’engager dans le travail pratique au profit du peuple de Dieu sont notoirement peu nombreux. Mais loué soit le Seigneur, il y en a quelques-uns quand même !

Il y avait aussi des chantres (Esd. 2:41 ; de sorte que la louange pouvait être offerte à Dieu), et des portiers (Esd. 2:42 ; responsables de maintenir dehors tout ce qui était susceptible d’interférer avec la gloire du Seigneur).

Dieu tient même compte de ceux que nous aurions pu oublier : les Nethiniens (Esd. 2:43) et les serviteurs de Salomon (Esd. 2:55). Ils n’étaient peut-être pas de descendance juive, et ils étaient occupés à des taches subalternes. Mais Dieu se plait à mentionner tous les noms des pères de ceux qui sont allés jusqu’à Jérusalem. De même, dans le corps de Christ, les membres ont des tâches différentes, des fonctions et des capacités différentes, et les plus apparentes peuvent ne pas être les plus importantes (1 Cor. 12).

 

3.3   Pas de généalogie

Une situation difficile apparut alors. Il y avait des sacrificateurs qui cherchèrent leurs registres (Esd. 2:61), et qui ne purent pas prouver leur généalogie. Sans généalogie, ils ne pouvaient pas prouver leur droit à être des sacrificateurs. Que devait-on faire ?

Tout d’abord, il est important de voir que ce genre de problème n’aurait pas pu surgir aux temps du commencement, car alors, tous savaient qui étaient les sacrificateurs et leurs familles. C’est seulement à cause de l’interruption de 70 ans du service sacerdotal, et à cause de toute la confusion issue de la captivité babylonienne, que ce problème surgissait. Autrement dit, c’était une conséquence de la ruine du peuple (et, naturellement, d’une certaine négligence de la part de ces sacrificateurs à conserver leurs documents, pour autant qu’ils fussent réellement sacrificateurs). Une difficulté supplémentaire venait de ce qu’ils ne possédaient plus les Urim et les Thummim, comme c’était le cas autrefois, ce qui leur auraient permis de découvrir la vérité.

Il est essentiel de réaliser que l’église, du point de vue de son témoignage et de son état pratiques, est en ruine aujourd’hui. Nous ne vivons plus aux premiers jours où aucun « élément étranger » n’aurait osé essayer de se joindre aux chrétiens (Actes 5:13). Nous ne vivons plus aux jours où 3000 âmes se convertissaient au cours d’une prédication (Actes 2:41), ni aux jours où Dieu confirmait le message par des dons-signes (Héb. 2:4). Dans les circonstances d’aujourd’hui, la meilleure ligne de conduite est de tenir compte de notre faiblesse, et de ne pas prétendre avoir ce que nous n’avons pas (Esd. 2:63). Cela a dû être dur de refuser ces sacrificateurs, mais le faire démontra justement qu’ils mettaient Dieu en premier, non pas des sentiments humains.

Il est beau de lire au verset 68 qu’« ils arrivèrent à la maison de l’Éternel ». Quelle maison ? pourrait-on demander. Le temple avait été brûlé bien des années auparavant, et rien n’avait été reconstruit. Mais ils étaient venus au bon endroit, et aux yeux de Dieu, c’est là où Sa maison doit être et est.

Et quand ils y sont arrivés, « ils donnèrent volontairement » (Esd. 2:69). C’est un autre caractère de ce réveil. Il y a un intérêt véritable pour les choses de Dieu, pour Son œuvre. Et nous lisons qu’ils « donnèrent selon leur pouvoir » (Esd. 2:69).

 

4                    Esdras 3

4.1   Les fêtes

Le premier jour du septième mois était une date importante. Selon Nombres 29:1, c’était le jour de la fête des trompettes. En fait, nous trouvons trois fêtes importantes dans ce chapitre :

·             la fête des trompettes (Esd. 3:1 ; comparer avec Lévitique 23:24),

·             la fête de la nouvelle lune (Esd. 3:5),

·             la fête des tabernacles (Esd. 3:4).

 

Il est beau de voir la portée de ces fêtes. Une merveilleuse unité est manifestée, tout le peuple se rassemble à Jérusalem le premier jour du septième mois. C’est exactement la signification de la fête des trompettes. Elle préfigure le moment où le peuple d’Israël, maintenant dispersé sur tout le globe, sera de nouveau rassemblé.

Deuxièmement, il y avait la fête de la nouvelle lune au commencement du mois. Oh, combien la lune d’Israël avait cessé de briller durant ces 70 ans de captivité ! Quel genre de témoignage avaient-ils rendu ? Dieu les avait fait sortir du pays d’Égypte pour le pays promis, et ils L’abandonnèrent et s’adonnèrent à l’idolâtrie. Mais maintenant, nous avons un nouveau commencement. Ce n’est pas encore la pleine lune, mais une bande étroite apparaît dans le firmament — la nouvelle lune (Ps. 81:3).

Finalement, la fête des tabernacles est célébrée (Esd. 3:4). C’était une fête de joie. Elle demandait qu’on habite dans des huttes faites de jeunes rameaux et de feuilles. C’était impossible, bien sûr, de célébrer cette fête dans le désert. Où aurait-on pu se procurer les jeunes branches dans le désert ? C’était clairement une fête liée au pays de Canaan. Et cette joie du pays leur est redonnée. Aujourd’hui encore, Dieu veut nous accorder un réveil en rapport avec notre position céleste : assis en Christ dans les lieux célestes — Jouissons-nous de la fête des tabernacles dans ce sens ?

 

4.2   L’autel rebâti sur son emplacement. Adoration retrouvée. Conformité à l’Écriture

Il est intéressant de voir que la première chose faite par le résidu à son retour n’a pas été de se bâtir des maisons, ni de bâtir une grande muraille à la ville, ni même de reconstruire le temple. Leur première priorité a été de rebâtir l’autel (Esd. 3:2). Bâtir l’autel parle du rétablissement de l’adoration. Combien leurs vies devaient être vides à Babylone, sans autel, sans sacrifice pour leur Dieu, et sans adoration. Redisons-le, c’est une caractéristique de réveil, et Dieu veut restaurer ceci aujourd’hui pour quiconque a perdu le privilège de l’adoration. Dans la chrétienté, comme dit plus haut, beaucoup ont remplacé les réunions d’adoration par des représentations plus ou moins théâtrales ou autres, mais il est toujours possible, encore aujourd’hui, de s’approcher du Père, et de Lui parler de ce qui concerne Christ et que nous avons appris à apprécier.

Notez un autre caractère de ce réveil : la confirmation répétée que tout était fait selon la parole De Dieu :

·             leur objectif était d’offrir des holocaustes « selon ce qui est écrit » (v.2),

·             ils célébrèrent la fête des tabernacles « selon ce qui est écrit » (v.4),

·             ils offrirent les sacrifices journaliers « selon l’ordonnance » (v.4),

·             même leur culte est dirigé selon l’ancien modèle, « selon les directions de David, roi d’Israël » (Esd. 3:10).

 

Ce qui est nécessaire parmi le peuple de Dieu aujourd’hui n’est pas tellement d’innover, mais de revenir aux principes fondamentaux qui étaient dès le commencement, de revenir à l’Écriture (bien que ce puisse être une idée innovante pour nous, si nous avons été habitués aux traditions ou aux genres de cultes qui cherchent à plaire aux hommes, et non à Dieu). S’il y a un réveil authentique, il sera marqué par la redécouverte de l’Écriture (Josias, Daniel, Esdras, Néhémie, etc.) — non pas qu’il fût impossible de connaître l’Écriture auparavant, mais elle était tombée dans l’oubli par négligence.

L’autel fut rétabli « sur son emplacement » (Esd. 3:3). Il n’y avait qu’un endroit où l’autel pouvait être selon la pensée de Dieu : c’est ce qui est appelé ici « son emplacement ». Il est intéressant de voir que 2 Chron. 3:1 parait identifier le lieu où Salomon a construit le temple, avec le lieu où Abraham avait offert son fils Isaac (Dieu l’a vu comme un sacrifice, Héb. 11), et aussi avec l’aire d’Ornan où le jugement fut arrêté après le péché de David (1 Chron. 21:15-18 ; 2 Chron. 3:1). C’est tout près de là, mais hors de la ville, que, environ 550 ans après le temps d’Esdras 3, le sacrifice suprême (de Christ) devait être offert.

Bâtir l’autel sur son emplacement était la chose juste à faire, mais pourquoi est-ce présenté comme une bonne stratégie de défense ? En effet il est dit : « Et ils établirent l’autel sur son emplacement ; car la terreur des peuples de ces contrées était sur eux ». C’est que la seule protection de ce faible résidu (sans armée, sans muraille entourant la ville, etc.) était de se confier pleinement dans le Dieu dont ils avaient bâti l’autel.

Il est beau de voir qu’ils commencèrent à offrir des sacrifices dès le premier jour (Esd. 3:6). Il y avait à la fois les sacrifices continuels et les offrandes volontaires.

Le commencement était achevé. Ils avaient un autel, mais pas encore de temple, ni même de fondation. Mais leur libéralité s’étendit aussi aux préparatifs pour la construction de la maison (Esd. 3:7).

À ce moment, le résidu s’appuyait humblement sur le décret proclamé par le roi païen Cyrus.

 

4.3   Joie et pleurs

La seconde année, les Lévites furent établis, le travail de construction commença, et finalement les fondements du temple furent posés. Quel rétablissement accordé par Dieu ! Après 70 ans d’exil, ils avaient maintenant retrouvé l’adoration (l’autel), et les fondements du temple étaient posés. Il y avait les chants, et la louange à Dieu. Mais en même temps, il y avait des pleurs. De sorte que « le peuple ne pouvait distinguer entre le bruit des cris de joie et la voix du peuple qui pleurait » (Esd. 3:10-13).

Comment cela était-il possible, et qui avait raison ? Les plus jeunes poussaient des cris de joie parce qu’ils voyaient ce que Dieu leur avait redonné. Les plus âgés, se souvenant de la magnificence du temple de Salomon, étaient attristés en comparant ce qu’ils voyaient maintenant avec ce qui avait été autrefois.

 

4.4   Signification pour le temps actuel. Ce qui a été perdu, ce qui est retrouvé

Ces divers sentiments sont tous à leur place. En considérant le glorieux commencement de l’église au jour de la Pentecôte, en pensant aux milliers de conversions qu’il y avait alors, et au puissant témoignage des premiers croyants (Actes 2 à 4), ne sommes-nous pas attristés de ce que nous voyons aujourd’hui ? D’un autre côté, nous avons le droit et le devoir de tenir compte de ce que Dieu nous a redonné. Il y a beaucoup de ruine, et de la petitesse en nombre ; mais l’autel est là (nous pouvons adorer), la nouvelle lune est là (nous pouvons donner quelque lumière), la fête des tabernacles est là (nous pouvons jouir de notre position céleste), et les fondements de la maison de Dieu sont là (nous pouvons nous réunir au nom du Seigneur). Des vérités oubliées depuis des siècles ont été redécouvertes dans la parole de Dieu, par exemple :

·             la vérité de l’enlèvement de l’église,

·             la vérité de l’unité du corps de Christ,

·             la distinction entre Israël et l’Église,

·             l’interprétation littérale des prophéties de l’Ancien Testament, etc.

 

En pensant à tout cela, il y a bien de quoi avoir de la joie, même aujourd’hui.

Des années plus tard, Aggée confirma la justesse de ces deux attitudes opposées, pleurer et se réjouir. D’un côté, en regardant la construction en cours, il dit : « N’est-elle pas comme rien à vos yeux ? » (Aggée 2:3). D’un autre côté, il soulignait que cette même maison serait remplie d’une gloire plus grande que la première [gloire] (Aggée 2:7). La gloire millénaire du temple dépassera celle de Salomon, et aux yeux de Dieu il n’y a qu’une seule maison de Dieu. De même, la gloire future de l’Assemblée (Apoc. 21 et 22) dépassera sa première gloire du début des Actes. Et le faible témoignage que nous voyons aujourd’hui est identifié avec cette église que Christ se présentera à Lui-même glorieuse.

 

5                    Esdras 4

5.1   L’ennemi sous des apparences aimables

Quand il y a un travail positif, l’opposition de l’ennemi ne manque jamais. À première vue, on peut s’étonner de ce que ces gens soient appelés « les ennemis de Juda et Benjamin » (Esd. 4:1). Ne sont-ils pas plutôt des amis animés de bonnes intentions, puisqu’ils disent : « Nous bâtirons avec vous, car nous recherchons votre Dieu, comme vous » (Esd. 4:2) ? Que désirer de plus ?

Mais la phrase suivante les trahit : « nous lui offrons des sacrifices depuis les jours d’Ésar-Haddon, roi d’Assyrie, qui nous a fait monter ici ». Une comparaison avec 2 Rois 17 montre ce qui était arrivé. Les dix tribus avaient été déportées en Assyrie, et le roi d’Assyrie avait repeuplé la Samarie avec des gens d’Assyrie. Alors Dieu envoya des lions qui en tuèrent quelques uns. Après avoir pris conseil, le roi d’Assyrie leur envoya des sacrificateurs pour les instruire des pratiques juives, espérant apaiser le Dieu d’Israël. Le résultat fut un étrange mélange du culte institué par Dieu et d’idolâtrie.

L’aimable proposition devait donc être rejetée, et il en fut ainsi. Les adversaires laissent alors tomber leur masque amical, et commencent à « affaiblir » et à « troubler » ceux qui bâtissaient. Ils soudoyèrent des conseillers contre eux, et ceci persista pendant le règne de trois rois perses : Cyrus, Assuérus, et Darius (Esd. 4:5-6). Autrement dit, il y eut une opposition permanente.

Aujourd’hui encore, l’œuvre de Dieu doit être poursuivie par le peuple de Dieu. Si le monde offre de coopérer, il faut refuser. Si nous le faisons, ceux qui ont proposé leur aide montreront alors leur vrai visage. Si nous ne le faisons pas, nous gâterons l’œuvre rapidement. Nous finirons par être gouvernés par les principes du monde dans l’œuvre que nous voulions faire pour Dieu.

Je signale au passage un cas récent : on a rapporté qu’un groupe de chrétiens a reçu une offre de financement par le conseil municipal de l’endroit en vue de leur « bonne œuvre ». Ils acceptèrent avec joie cette subvention. Peu après, le conseil municipal les informa que pour rester qualifiés à la recevoir, ils devaient consentir à suivre la politique du Conseil concernant les « mariages » de même sexe. Ils apprirent vite leur leçon, et rendirent l’argent.

Dans une mesure, le même principe s’applique à la coopération avec des croyants qui ne se réunissent pas selon l’Écriture, et avec lesquels nous ne pouvons pas avoir communion à la table du Seigneur. Si je ne peux pas avoir communion lors de la cène du Seigneur, puis-je réellement coopérer avec eux sans courir le risque sérieux de compromettre le message que j’apporte ?

 

5.2   L’œuvre s’arrête

Le reste de ce chapitre est tragique. Nous apprenons que l’une de ces multiples attaques fut couronnée de succès. Durant le règne d’Assuérus, une lettre fut écrite contre les Juifs et contre Jérusalem. Des preuves défavorables furent trouvées et alléguées contre eux. Une fois que les ennemis reçurent l’autorité, ils en firent usage. « Ils les firent cesser par force et par puissance » (Esd. 4:23).

La conséquence fut fatale : « alors le travail de la maison de Dieu cessa… » (Esd. 4:24).

 

6                    Esdras 5. Les vraies raisons de l’arrêt du travail. Les prophètes interviennent

En apparence, l’interruption du travail décrite au chapitre 4 était due à des circonstances hors du contrôle des bâtisseurs. Que pouvaient-ils faire s’ils étaient arrêtés par la force et par l’autorité ?

Pourtant, à la lumière des prophéties prononcées par les deux prophètes cités au début du chapitre 5, particulièrement Aggée, nous apprenons les raisons sous-jacentes. Le peuple avait en fait perdu son intérêt pour la maison de Dieu, et avait reporté son intérêt sur leurs propres maisons. Aggée dut délivrer un message sévère, et parler aux consciences. Ce n’est qu’après, qu’il put adresser un message de consolation, assurant au peuple la présence et le soutien de Dieu (Aggée 1).

Ainsi Aggée et Zacharie prophétisèrent (Esd. 5:1), et le résultat fut la reprise du travail de construction (Esd. 5:2).

Cela ne voulait pas dire que l’opposition avait cessé. Les ennemis revinrent, posèrent des questions, exigèrent des justificatifs de la construction. Les conducteurs du peuple firent une belle réponse, en déclarant que :

·             ils servaient le Dieu des cieux,

·             ils étaient sous la discipline de Dieu parce que leurs pères avaient péché,

·             Cyrus avait promulgué un décret les autorisant à construire.

 

Ils étaient fermes mais humbles. Les ennemis écrivirent une autre lettre, au roi Darius cette fois. Quel allait en être le résultat ?

 

7                    Esdras 6

7.1   Exercices de cœurs et intervention de Dieu

Les opposants avaient écrit à Darius avec objectif final d’arrêter la construction du temple et de la ville. Mais leur stratégie se retourna contre eux. Par la providence de Dieu, l’ancien décret du roi Cyrus fut retrouvé à Akhmetha, quelque part en province.

Ce décret déclarait aussi que les frais du projet devaient être payés par le trésor du roi. Le résultat de cette attaque contre l’œuvre fut que le travail fut facilité. Darius publie un décret interdisant strictement à quiconque de gêner ou empêcher ce travail.

Le verset 14 nous fait voir ce qui se passait derrière la scène : « ils prospérèrent par la prophétie d’Aggée, le prophète, et de Zacharie, fils d’Iddo. Et ils bâtirent et achevèrent ».

Les prophètes avaient touché les consciences du peuple. Un travail divin s’opéra dans leurs cœurs. Une fois les cœurs en règle, Dieu assura, dans son gouvernement, que le travail ne puisse pas être arrêté par les ennemis.

Si on regarde les chapitres 4 à 6 comme un tout, il en ressort une leçon importante : là où il n’y a pas d’exercice, Dieu peut permettre des circonstances rendant le travail impossible. Extérieurement, il semble que le travail cesse par cause de force majeure, mais la raison profonde est le manque, voire l’absence d’exercice dans les cœurs du peuple de Dieu. D’un autre côté, Dieu intervient, par exemple, en envoyant des prophètes qui parlent au cœur du peuple. Puis, quand les cœurs se tournent vers Dieu, Il se charge des circonstances. Dès lors plus personne n’est capable d’arrêter le travail jusqu’à son achèvement, « selon le commandement du Dieu d’Israël ».

 

7.2   Dédicace de la maison. Unité du peuple tout entier

Nous arrivons donc au moment où la maison de Dieu est achevée, et où on en fait la dédicace à Dieu avec des sacrifices (Esd. 6:17). L’un des sacrifices arrête tout spécialement notre attention. Ils offrent « comme sacrifice pour le péché, pour tout Israël, douze boucs, selon le nombre des tribus d’Israël ».

Ils étaient là, une minorité issue de deux tribus parmi douze. Et pourtant ils ont la conscience de l’ensemble du peuple. Ils offrent douze boucs, réalisant que le peuple était composé de douze tribus, et que toutes les douze tribus avaient péché, et que la seule façon dont Dieu pouvait les bénir et leur pardonner était sur la base du sacrifice pour le péché. Le fait que dix tribus étaient complètement absentes et que beaucoup de ceux de Juda et Benjamin étaient restés à Babylone ne les empêchaient pas de se souvenir de tout le peuple devant Dieu.

Ceci ne nous parle-t-il aujourd’hui ? Ceci ne nous donne-t-il pas une direction pour un temps de ruine ? Nous ne pouvons faire cesser la dispersion du peuple de Dieu. Nous ne pouvons pas forcer tout le monde à revenir aux principes fondamentaux représentés par Jérusalem (quoique nous puissions encourager le plus possible de personnes). Mais nous pouvons agir sur la base que le peuple de Dieu est un. Nous ne formons pas des églises, nous ne recueillons pas des adhésions pour être membre d’un groupe, mais nous agissons simplement sur la base de ce qu’il y a un seul corps. Quand nous recevons quelqu’un pour la fraction du pain, nous ne le recevons pas parce qu’il est membre d’une organisation, mais nous le faisons car :

·             il ou elle est un membre du corps de Christ et

·             il ou elle n’est pas disqualifié(e) de ce privilège par des choses qui déshonorent le Seigneur.

 

7.3   Purification nécessaire

Ce dernier aspect est aussi vu dans la manière de célébrer ici la Pâque. Tous les sacrificateurs et les Lévites se purifièrent (Esd. 6:20), et avec eux, tous ceux qui s’étaient séparés « de l’impureté des nations du pays pour rechercher l’Éternel, le Dieu d’Israël » mangèrent la Pâque. Rien de ce qui déshonore Dieu ne devait être associé à la fête qui leur rappelait la nuit où Dieu épargna ceux qui étaient à l’abri du sang de l’agneau pascal (Exode 12).

Il n’est dès lors pas étonnant que la fête des pains sans levain fut gardée, et cela avec joie (Esd. 6:22), et que le roi d’Assyrie soutint le travail de la maison de Dieu. C’est un principe immuable : l’obéissance amène la joie et la bénédiction.

 

8                    Esdras 7. La mission d’Esdras

La seconde partie du livre d’Esdras (chap.7 à 10) traite de la mission d’Esdras.

Pour saisir la portée du voyage d’Esdras à Jérusalem, nous devons garder à l’esprit que 80 ans s’étaient écoulés depuis le premier retour de Babylone (chap. 1 et 2), et environ 60 ans depuis l’achèvement de la reconstruction du temple. Nous sommes maintenant aux jours du règne du Roi Artaxerxès I (465-424). On peut se demander quel était à Jérusalem l’état de ceux qui avaient rebâti le temple, ainsi que l’état de leurs familles et de leurs enfants. Il est triste d’avoir à dire que les choses ne s’étaient pas développées dans le bon sens.

C’est là où intervient la mission d’Esdras. Il avait été préparé par Dieu pour être l’instrument approprié pour apporter une grande aide à ceux de Jérusalem. Il avait d’excellentes qualités :

·             il était un sacrificateur capable de prouver sa généalogie (Esd. 7:1-6, comparer avec 2:59-63),

·             il était un scribe versé dans la loi (Esd. 7:6),

·             il avait le cœur disposé à d’abord rechercher, puis à faire, et enfin à enseigner la loi (Esd. 7:10).

 

L’envoi d’un tel homme était une preuve forte de la grâce de Dieu envers les Juifs à Jérusalem, alors que, pendant ce temps, ils s’étaient mêlés si lamentablement au mal.

Esdras obéit à l’appel de Dieu. Cette fois, il n’y a guère qu’environ 1500 hommes qui montent, et leurs familles, et non 43000 comme au ch. 2. Mais c’était l’œuvre de Dieu, et Sa bonne main fut sur Esdras (7:6, 9, 28 ; 8:18, 22, 31). Tel était le secret de sa réussite.

 

Le reste du chapitre contient la copie d’une lettre du roi autorisant la mission d’Esdras (Esd. 7:11-21). On voit qu’Esdras avait de quoi être comblé par cette lettre. Elle donnait :

·             l’autorisation à tout Israélite qui le désirait, d’accompagner Esdras (Esd. 7:13),

·             de l’argent pour les sacrifices, les ustensiles du temple, et autres choses nécessaires pour le temple (Esd. 7:17-23),

·             une exemption d’impôt et de péages,

·             des pouvoirs judiciaires incluant la peine capitale pour quiconque gênerait la mission d’Esdras.

 

C’était plus que ce qu’Esdras aurait pu penser ou demander (Éph. 3:20), et il en est ainsi pour ceux qui jouissent de « la bonne main de Dieu » sur eux (Esd. 7:28).

 

9                    Esdras 8

Les hommes dont les noms sont donnés dans les quatorze premiers versets, avec leurs familles, vinrent avec Esdras. Il leur aurait été tellement plus facile de s’établir en Mésopotamie où ils avaient grandi, mais ils retournent au lieu choisi par Dieu (Deut. 12) et Dieu est avec eux.

 

9.1   L’arrêt au bord du fleuve Ahava

Il peut sembler étrange, à première vue, qu’Esdras les ait fait s’arrêter au fleuve Ahava (Esd. 8:15). Mais avant de continuer vers Jérusalem, il faut une préparation importante, en au moins deux domaines :

·             il y avait d’abord un manque de Lévites, et Esdras envoie onze hommes pour trouver des Lévites pour aller avec eux. On n’en trouve que 38, et 220 serviteurs (Nethiniens), mais ce petit nombre se joint à Esdras et à ceux qui étaient avec lui. Il semble qu’il y avait un manque chronique de « lévites », de personnes prenant soin de la maison et du peuple de Dieu (Nomb. 3:7) — que beaucoup puissent entendre l’appel aujourd’hui !

·             ensuite, Esdras appelle à jeûner, à s’humilier et à prier (Esd. 8:21). Plutôt que de s’appuyer sur l’escorte armée offerte par le roi païen, Esdras voulait s’appuyer sur Dieu et dépendre de Lui.

 

Vous voyez qu’Esdras, ici, n’est pas un scribe qui « sait tout » et qui va « faire le tri » à Jérusalem. Son état d’esprit est tout à fait différent. Le temps de prière au fleuve Ahava n’a pas été du temps perdu (Esd. 8:23).

 

9.2   Transport des trésors et protection divine

Finalement Esdras confie l’argent et l’or, et les vases pour la maison de Dieu, à douze des principaux sacrificateurs, et leur donne instruction de veiller sur ces trésors. Ils le font fidèlement. Tout est pesé et compté, et il est bon de voir qu’à l’arrivée tout est justifié, rien ne manque. Qu’il puisse en être ainsi en rapport avec ce que le Seigneur nous a confié, soit dans le domaine matériel soit dans le domaine spirituel (1 Timothée 6:20).

Le Seigneur les protégea des ennemis et des voleurs (Esd. 8:31). Arrivés à Jérusalem, ils offrent un sacrifice. Il est frappant de les voir de nouveau offrir, comme au ch. 6, « douze taureaux pour tout Israël ». Il n’y avait là qu’une minorité issue de deux tribus seulement. Mais ils étaient là où il fallait, et ils réalisaient qu’ils n’étaient pas le peuple de Dieu, mais seulement une partie de celui-ci. Dans leurs holocaustes comme dans leurs sacrifices pour le péché (douze boucs), ils tiennent compte de tout le peuple de Dieu, les douze tribus.

 

10               Esdras 9

10.1                   Une tâche inattendue

Combien Esdras a dû être éprouvé à l’ouïe des nouvelles qui l’atteignirent juste après ceci ! Il était là, un scribe accompli, bien fondé dans la loi, et prêt à instruire le peuple. Mais la première chose qu’il apprend est que cette loi qu’il était venu enseigner avait été bafouée de manière criante par beaucoup, et que les chefs, des gens respectés, avaient joué un rôle majeur dans cette affaire. Ils s’étaient mariés avec des femmes cananéennes, contre le commandement express de Dieu (Deut. 7:1-6).

Esdras est abattu ; il déchire ses vêtements, arrache ses cheveux et s’assied « désolé ». Ce n’est qu’à l’heure du sacrifice du soir (qui nous rappelle la valeur du sacrifice de Christ, et que Dieu voit Son peuple en Lui) qu’Esdras trouve le courage de se tourner vers Dieu, non pas pour accuser les autres, mais pour confesser le désastre. Et dans cette confession, c’est toujours « nous » avons péché, et non pas « ils ».

 

10.2                   Ceux qui ont péché avaient été les objets de la grâce

En lisant la prière d’Esdras, on a le sentiment que ce qui le désolait le plus était que ceux qui avaient ainsi péché étaient ceux qui avaient tout spécialement expérimenté la grâce de Dieu. Dieu les avait ramenés à Jérusalem, leur avait accordé de l’aide, leur avait donné un temple, un autel et des sacrifices ; et malgré toute cette grâce et cette miséricorde de Dieu, ils L’insultaient de cette manière (Esd. 9:8-11).

Le travail de Dieu ne peut pas être fait par un peuple qui se mélange avec le monde. L’assemblée a été appelée « hors de » (‘ecclesia’). Quand l’assemblée chercha la protection du monde (sous Constantin), ce fut le début d’un dangereux mélange (Pergame ; Apoc. 2:12). Aujourd’hui encore, le Seigneur se réjouit en ceux qui Le font passer avant tout, qui « gardent Sa parole » et « ne renient pas Son nom » (Apoc. 3:8). Il ne veut pas un mélange de choses qui n’ont rien en commun (2 Cor. 6:14-18), que ce soit pour le mariage ou pour le reste.

Beaucoup d’arguments ont pu être avancés pour se lier aux peuples environnants (pas assez de femmes juives convenables, relations paisibles avec les Cananéens, etc.), mais Dieu l’avait interdit, et l’obéissance est toujours ce qu’il y a de mieux.

 

11               Esdras 10

11.1                   Résolution du problème qui avait déshonoré Dieu. Confession et engagement

Qu’il est bon de voir Esdras se montrer à la hauteur, et agir ainsi avec humilité et à bon escient ! Son humiliation était le point de départ de la restauration du peuple. Il avait prié, ceux qui tremblaient à la parole de Dieu l’avaient rejoint (Esd. 9:4), et au début du chapitre 10 nous trouvons une « très grande congrégation », assemblée avec Esdras.

Là où il y a confession des manquements, il y a espoir. Shecania l’exprime bien : « Nous avons été infidèles à notre Dieu... Mais maintenant, il y a espérance pour Israël à cet égard ». Je ne pense pas qu’il ait pris cela à la légère. En fait, son père était parmi les « cas à problème » (Esd. 10:26). Il suggère que la confession et la prière soient accompagnées par l’action (Esd. 10:3) : quel encouragement pour Esdras (Esd. 10:4) !

Un engagement véritable pour établir l’ordre de Dieu est requis (Esd. 10:5). Une proclamation est faite, et en trois jours tout Juda et Benjamin s’assemble à Jérusalem (Esd. 10:9). Ils tremblent à cause de « ce problème » et à cause du temps peu clément (c’était en pleine saison des pluies). Peut-être que les chutes d’eau leur évoquaient le jugement de Dieu, mais en tout cas elles accentuaient le malaise.

Les paroles sévères d’Esdras « vous avez été infidèles » et « faites confession » sont tout à fait appropriées dans la mesure où il s’était lui-même humilié, et avait besoin maintenant d’atteindre les consciences de tous. Il fallait corriger le problème dans lequel ils avaient déshonoré leur Dieu, et ils acceptent de le faire (Esd. 10:10-12).

Il est fréquemment admis que des choses doivent être corrigées, mais il est dit que

·             ce serait une chose très complexe à faire, et

·             qu’il en résulterait de la douleur (et, en fait, il y eut même un peu d’opposition, même si ce ne fut que peu ; Esd. 10:15).

 

11.2                   Mieux vaut obéir

Certainement que le problème devant Esdras était complexe. Il ne pouvait pas être « réglé » en un jour. Un examen sérieux nécessita trois mois (Esd. 10:16). La complexité signifiait donc que le problème prendrait du temps à être réglé, et non pas qu’il ne fallait pas le régler.

Qui dirait qu’il n’y eut pas de douleurs ? Plus de 100 hommes avaient mal agi, et plusieurs  femmes avaient eu des enfants (Esd. 10:44). Mais il était mieux d’obéir à Dieu maintenant et de subir les conséquences gouvernementales de leur péché, que de continuer dans ce péché.

 

11.3                   Une liste de restaurés

Qu’il est triste, peut-on dire, qu’un livre de réveil se termine sur une note si sombre ! Esdras termine avec une liste de coupables (Esd. 10:18-44). Ce fut un problème qui divisa des familles. C’était triste en effet qu’il y ait eu un tel désastre parmi le résidu, la minorité qui était retournée au lieu que Dieu avait choisi ! Mais d’un autre côté, n’oublions pas que cette liste contient les noms de ceux qui « offrirent pour leur faute, un bélier du troupeau comme offrande pour le délit », et qui « s’engagèrent » à régler ce qui n’allait pas (Esd. 10:19). Autrement dit, le livre d’Esdras s’achève avec une liste de personnes qui ont été restaurées ! Nous nous souvenons des paroles de Jacques : « si quelqu’un parmi vous s’égare de la vérité, et que quelqu’un le ramène, qu’il sache que celui qui aura ramené un pécheur de l’égarement de son chemin, sauvera une âme de la mort et couvrira une multitude de péchés » (Jacques 5:19-20).

Quel succès pour la mission d’Esdras ! Il aurait été tellement plus facile pour lui (et ceux avec lui) de s’établir à Babylone. Mais il alla. Et Dieu l’utilisa pour la bénédiction et la restauration d’un grand nombre parmi Son peuple.