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La vie et la piété — 2 Pierre 1:3-11

 

Hamilton Smith

Scripture Truth, vol.40, p.51-55 (1959-1961)
[Les textes entre crochets ont été ajoutés par Bibliquest]

Table des matières :

1       [État de la chrétienté aux derniers jours]

2       [Il est toujours possible au croyant d’échapper à la corruption environnante et de vivre une vie de piété]

3       [Plan de l’épitre]

4       [Tous les croyants sont en danger, y compris ceux qui se sont séparés du mal]

5       [Les ressources]

5.1         [1:1]

5.2         [1:3 — … tout ce qui regarde la vie et la piété]

5.3         [1:4 — Les très grandes et précieuses  promesses]

5.4         [1:5-7 — Huit qualités de la vie de piété]

5.4.1      [La foi]

5.4.2      [La vertu]

5.4.3      [La connaissance]

5.4.4      La tempérance

5.4.5      [La patience (ou : endurance)]

5.4.6      [La piété]

5.4.7      [L’affection fraternelle]

5.4.8      [L’amour]

5.5         Cinquièmement

5.6         Sixièmement

5.7         Septièmement

6       [En Résumé]

 

1         [État de la chrétienté aux derniers jours]

Dans la seconde épître de Pierre, l’Esprit de Dieu s’adresse aux croyants qui, tout comme l’apôtre Paul, sont caractérisés par « une foi de pareil prix » (1v1). L’apôtre nous met en garde contre les « faux docteurs » qui se trouveront dans le cercle chrétien, car il dit : « parmi vous » ; et il prédit la corruption qui marquera la chrétienté « dans les derniers jours » (2v1 ; 3v3).

Souvenons-nous que l’apôtre ne décrit pas ici le paganisme, mais l’état de la chrétienté, dans laquelle nous nous trouvons inévitablement, et telle qu’elle existe de nos jours ; car qui peut mettre en doute le fait que nous vivons dans « les derniers jours » ? – ce terrible état est dépeint de manière si expressive.

Le caractère affreux de cette corruption nous est fait sentir par les illustrations et les figures utilisées pour la dépeindre. Elles remontent loin en arrière, jusqu’aux « anges qui ont péché » (2v4), pour trouver quelque chose de comparable à la rébellion de la chrétienté contre Dieu. Le monde d’impies d’avant le déluge sert d’illustration à la violence et à la corruption dans la chrétienté. Les vies méchantes et « débauchées » des hommes de Sodome et de Gomorrhe sont utilisées pour mettre en évidence la dégradation morale qui existe dans la chrétienté. L’histoire de Balaam est citée pour montrer l’exercice de la cupidité (2v14) prévalant aux derniers jours. Pour trouver des figures qui illustrent avec justesse le retour de la chrétienté aux conditions du paganisme, l’apôtre utilise l’image du chien qui retourne à son vomi, et de la truie lavée qui retourne se vautrer au bourbier (2 Pierre 2v22).

 

2         [Il est toujours possible au croyant d’échapper à la corruption environnante et de vivre une vie de piété]

Mais il y a un autre aspect à ce tableau solennel. L’apôtre ne nous met pas seulement en garde contre le mal, mais, pour notre consolation et notre encouragement, il montre que dans les moments les plus sombres des derniers jours, le croyant a toujours la possibilité d’échapper à la corruption qui l’entoure et de vivre une vie de piété. Et pour nous encourager encore davantage à vivre une telle vie, l’apôtre place devant nous les promesses de la gloire à venir où mène ce chemin de piété.

Nous pouvons ainsi dire que les deux grands thèmes de cette seconde épître sont :

l d’abord, la vie de piété qui mène le croyant à la gloire ;

l ensuite, la mise en garde contre la terrible corruption de la chrétienté qui aboutit au jugement.

Un bref examen de la façon dont ces choses sont présentées dans l’épître va le montrer clairement.

 

3           [Plan de l’épitre]

l En 2 Pierre 1, l’apôtre place devant nous la vie de piété et la gloire du royaume à laquelle elle conduit.

l En 2 Pierre 2 et jusqu’au verset 10 du ch. 3, il présente les différentes formes de corruption et le jugement auquel elles aboutissent.

l Au ch. 3 nous sommes aussi avertis de ne pas nous laisser entraîner par les moqueurs qui, profitant de la patiente grâce de Dieu, poursuivent leurs convoitises et nient tout jugement à venir.

l Enfin, après avoir été ainsi mis en garde, nous sommes à nouveau exhortés à vivre une vie de piété et à croître en elle.

 

4         [Tous les croyants sont en danger, y compris ceux qui se sont séparés du mal]

Dans sa seconde épître à Timothée, l’apôtre Paul a tenu un même langage. Il nous avertit que « dans les derniers jours » la chrétienté aura « la forme de la piété », mais « en ayant renié la puissance » (2 Timothée 3v5). S’il insiste pour que nous suivions le chemin de la séparation, il nous avertit également qu’après avoir pris ce chemin, nous avons à « fuir les convoitises de la jeunesse ; et poursuivre la justice, la foi, l’amour, la paix » (2 Tim. 2v22).

Il y a quelques siècles, le Protestantisme a jugé les erreurs grossières de l’Église catholique romaine et s’en est séparé. À leur tour, les dissidents ou non-conformistes ont déploré certains maux des églises protestantes nationales et s’en sont séparé. Les « frères », comme on les appelle, peuvent avec raison condamner le mal qui se trouve dans le catholicisme, dans le protestantisme et chez les dissidents, et prendre un chemin de séparation.  Mais qu’ils se rappellent que ni les protestants, ni les dissidents ni les frères n’échapperont au jugement gouvernemental de Dieu par le simple fait de s’être séparés du mal, et de ce qui est contraire à la vérité. À moins de maintenir une vie intérieure de piété en accord avec le chemin extérieur de séparation, toute position prise extérieurement sera sans effet, même si elle est juste.

 

5         [Les ressources]

Si nous désirons donc échapper à la corruption de la chrétienté, et vivre une vie de piété, nous ferons bien d’examiner les riches ressources fournies par Dieu à tout croyant pour vivre une telle vie au sein des maux épouvantables des derniers jours.

 

5.1        [1:1]

Notons tout d’abord que la base solide pour la vie de piété trouve son fondement à la croix de Christ. L’apôtre s’y réfère quand il parle de « la justice de notre Dieu et Sauveur Jésus Christ » (1v1). À la croix, les droits de Dieu ont été maintenus par notre Sauveur qui s’est donné Lui-même pour être la propitiation pour « le monde entier » (1 Jean 2v2). Dieu a été ainsi pleinement satisfait et glorifié, de sorte qu’Il peut maintenant, en toute justice, proclamer à tous la rémission (ou : pardon) des péchés, et déclarer que celui qui croit est « justifié [de tout ce dont il n’a pu être justifié par la loi de Moïse] » (Actes 13v39). Nous pouvons ainsi dire qu’à la croix, la justice de Dieu et l’amour de Dieu ont été satisfaits ; Dieu Lui-même a été glorifié, et le croyant en Christ est justifié.

 

5.2        [1:3 — … tout ce qui regarde la vie et la piété]

Deuxièmement, nous apprenons que nous croyants, sommes non seulement sauvés, mais que Dieu, dans « Sa divine puissance » « nous a donné tout ce qui regarde la vie et la piété » (1v3). Nous avons à faire face à la puissance de la chair en nous, à la puissance du monde autour de nous, et à la puissance du diable contre nous ; mais la puissance de Dieu, qui est bien au-dessus de toute puissance adverse, est pour nous, et par cette puissance il est possible de vivre la vie de piété. 

 

5.3        [1:4 — Les très grandes et précieuses  promesses]

Troisièmement, pour nous encourager à vivre cette vie de piété, il nous est dit qu’il s’y rattache « les très-grandes et précieuses promesses ». Au cours de l’épître, on apprend que ces promesses nous mettent en relation avec le « royaume éternel de notre Seigneur et Sauveur Jésus Christ » (1v11) et avec « les nouveaux cieux et la nouvelle terre » (3v13).

 

5.4        [1:5-7 — Huit qualités de la vie de piété]

Quatrièmement, les magnifiques qualités morales qui caractérisent la vie de piété sont déployées devant nous. L’apôtre parle de la foi, de la vertu, de la connaissance, de la tempérance, de la patience (ou : endurance), de la piété, de l’affection fraternelle et de l’amour. Nous sommes exhortés à posséder ces qualités toutes ensembles, chacune influant sur l’autre, afin qu’il puisse en résulter une vie de piété unie et équilibrée.

 

5.4.1        [La foi]

La foi vient naturellement en premier, car c’est par « la porte de la foi » (Actes 14v27) que nous entrons dans les bénédictions ; et, dans nos vies pratiques comme croyants, « sans la foi il est impossible de plaire » à Dieu (Hébreux 11v6).

 

5.4.2        [La vertu]

La vertu parle d’excellence morale, et doit être jointe à notre foi. En 1 Pierre 2v9, nous apprenons que nous sommes élus « pour annoncer les vertus » de Celui qui nous a appelés. La réalité de la foi est prouvée par un changement de vie qui manifeste quelques-unes des qualités morales qui ont été vues en perfection en Christ.

 

5.4.3        [La connaissance]

La connaissance est nécessaire pour manifester ces qualités, et doit ainsi être associée à la vertu. Quelque vrai et sincère que soit le cœur, s’il y a de l’ignorance au sujet des commandements du Seigneur, il y aura défaillance dans l’obéissance. Comme quelqu’un l’a dit : « Un cœur vrai est d’une importance capitale ; mais un esprit instruit quant à la volonté de Dieu est nécessaire pour régler et guider le cœur le plus ardent ». Le service de Marthe pour le Seigneur présentait d’excellentes qualités, mais il n’a pas été tempéré par la connaissance de Sa pensée – connaissance que Marie a acquise en s’asseyant aux pieds de Jésus et en écoutant Sa parole. Nous pouvons bien faire nôtre la prière de l’apôtre Paul et demander à « être remplis de la connaissance de Sa volonté » (Colossiens 1v9) ; et aussi, que notre « amour abonde encore de plus en plus en toute connaissance et toute intelligence » pour que nous « discernions les choses excellentes » (Philippiens 1v9-10).  

 

5.4.4        La tempérance

La tempérance doit être jointe à la connaissance [cf. Galates 5v23]. Ce mot peut aussi être traduit par : « maîtrise de soi ». Posséder la connaissance sans avoir cette maîtrise de soi peut nous conduire, comme les saints de Corinthe, à être enflés du sentiment de leur propre importance. Il nous est donné l’avertissement, en 1 Corinthiens 8v2, que si quelqu’un se sert de sa connaissance pour s’élever, il ne connaît rien encore comme il faut connaître. Combien il est important de nous juger nous-mêmes afin que notre connaissance soit jointe à des pensées modestes quant à nous-mêmes — n’ayant pas une haute pensée de nous-mêmes, au-dessus de celle qu’il convient d’avoir, mais pensant de manière à avoir de saines pensées (Romains 12v3).

 

5.4.5        [La patience (ou : endurance)]

La patience (ou : endurance doit accompagner de saines pensées quant à soi-même. Si par grâce nous avons une saine estimation de nous-mêmes, nous pouvons être en danger d’être impatient vis-à-vis d’une personne sûre d’elle-même et qui, n’étant rien, pense être quelque chose (Galates 6v3). Nous avons à supporter de telles prétentions, prenant garde à nous-mêmes, de peur que nous aussi nous ne soyons tentés (Galates 6v1).

 

5.4.6        [La piété]

La piété, ou crainte de Dieu, doit être jointe à la patience. Sinon il y a danger de se servir de la patience vis-à-vis de la faiblesse et des manquements des uns ou des autres, comme d’une excuse pour passer légèrement sur du mal réel chez nous ou chez les autres.

 

5.4.7        [L’affection fraternelle]

Il faut de l’affection fraternelle, afin que, tout en cherchant toujours à donner à Dieu Sa vraie place, nous n’oubliions pas ce qui est dû à notre frère. Avec la piété, nous devons ne pas oublier de montrer l’amour fraternel.

 

5.4.8        [L’amour]

L’amour vient en dernier, car nous devons prendre garde que notre amour pour un frère ne dégénère pas en un simple penchant ou en une amitié d’ordre naturel. Ce doit être l’amour selon le modèle divin. Ayant commencé avec la foi, nous terminons par l’amour divin, et nous sommes ainsi « participants de la nature divine » selon ce que dit l’apôtre au v. 4. Voilà les belles qualités qui composent la vie de piété.

 

5.5        Cinquièmement

Après avoir placé devant nous la vie de piété, l’apôtre, dans les versets qui suivent, nous encourage à vivre cette vie en nous montrant les bénédictions qui en découlent et en nous mettant en garde contre la négligence à son égard. Il nous est dit que si « ces choses » sont en nous et y abondent, nos vies ne seront pas stériles. Là où se trouvent ces belles qualités selon le modèle de Christ, il y aura du fruit pour Dieu. Le Père sera glorifié, et il sera vu que nous sommes des disciples de Christ, selon ce que nous dit Jean 15v8. Ensuite nous sommes avertis que si « ces choses » ne se trouvent pas en nous, il en résultera de l’aveuglement spirituel qui nous empêchera de voir loin en avant vers la gloire à laquelle la piété nous conduit, et de regarder en arrière à la croix où toute impiété a été jugée.

 

5.6        Sixièmement

Nous sommes encouragés à « faire ces choses » pour que, dans le temps présent, nous soyons préservés de chutes, et que dans le futur, nous ayons une « riche entrée » dans le royaume éternel de notre Seigneur et Sauveur. Tous les croyants seront dans le royaume, mais seuls ceux qui vivent cette vie de piété auront une riche entrée. L’apôtre ne parle pas de prédication, ou d’enseignement, ou de l’exercice de dons, qui ne sont pas la part de tous, et qui peuvent donner de l’importance aux yeux des autres. Il parle de la vie secrète de piété, qui est à la portée de tous. Nous devons tous veiller à ne pas avoir une fausse appréciation de nous-mêmes sous prétexte de quelque petit service que nous rendons. En particulier, ceux qui ont reçu un don, et qui apparaissent beaucoup en public, doivent veiller à ce qu’au milieu de toutes leurs obligations, des prédications régulières et du service public devant les hommes, ils ne négligent pas la vie secrète de piété devant Dieu. L’Écriture nous avertit même qu’on peut prêcher avec toute l’éloquence des hommes et des anges, et pourtant n’être rien (1 Corinthiens 13v1). Ce qui porte du fruit pour Dieu, et qui aura sa grande récompense dans le jour à venir, c’est la vie de piété, de laquelle doit découler tout vrai service et sans laquelle aucun déploiement d’activité religieuse n’apportera de la bénédiction pour l’âme, même si, dans les voies souveraines de Dieu, cela puisse être utilisé pour la bénédiction d’autrui, selon Philippiens 1v15-18.

 

5.7        Septièmement

Pour nous encourager à vivre cette vie de piété, l’apôtre place devant nous la gloire du royaume auquel elle conduit. Lui, avec deux autres disciples, avaient été témoins oculaires de cette gloire sur la « sainte montagne » (2 Pierre 1v16-18). Ils y ont vu la puissance et la venue du Seigneur Jésus qui va introduire le royaume. Ils y ont aussi vu la « majesté » de Christ qui sera manifeste dans le royaume lorsque Celui qui avait reçu le déshonneur et la honte de la part des hommes, a « reçu de Dieu le Père honneur et gloire ». En outre, ils ont réalisé que les croyants seront « avec Lui » au jour de Sa gloire. Dans le dernier chapitre, l’apôtre, ayant toujours en vue quelles gens nous devrions être en sainte conduite et en piété (2 Pierre 3v11) nous transporte en esprit au-delà du royaume où la justice règne, jusque dans les nouveaux cieux et la nouvelle terre dans lesquels la justice habite (2 Pierre 3v13).

 

6           [En Résumé]

Pour résumer les vérités au sujet de la piété, exposées devant nous de façon si bénie dans cette portion de la Parole (2 Pierre) de Dieu, retenons :

1.      Le fondement de la vie de piété qui se trouve dans la croix (1v1)

2.      La puissance divine qui nous rend capable de vivre cette vie (1v3)

3.      Les précieuses promesses qui se rattachent à cette vie (1v4)

4.      Les qualités morales qui composent cette vie (1v5-7)

5.      Le fruit actuel pour Dieu qui découle de cette vie (1v8)

6.      La riche entrée dans le royaume que cette vie nous assure (1v11)

7.      La gloire du royaume et l’état éternel, à laquelle cette vie conduit (1v11-21 ; 3v11-14)

 

Quand ces choses se déploient devant nos âmes, nous réalisons la véracité des paroles de l’apôtre Paul : « La piété est utile à toutes choses, ayant les promesses de la vie présente et de la vie qui est à venir » (1 Timothée 4v8).